{"id":40693,"date":"2026-09-21T15:00:00","date_gmt":"2026-09-21T21:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=40693"},"modified":"2026-09-21T14:02:56","modified_gmt":"2026-09-21T20:02:56","slug":"delatorre-entrevista-fernando-gonzalez-divan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/delatorre-entrevista-fernando-gonzalez-divan\/","title":{"rendered":"Du divan au confessionnal : entretien avec Fernando M. Gonz\u00e1lez"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Entretien avec Fernando M. Gonz\u00e1lez | Du divan au confessionnal.\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/yh9S42Ujfps?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">L'entretien avec Fernando M. Gonz\u00e1lez est le fruit d'un dialogue toujours pr\u00e9sent mais jamais concr\u00e9tis\u00e9 entre un psychanalyste et un pr\u00eatre-anthropologue. Tout a commenc\u00e9 il y a de nombreuses ann\u00e9es, lorsque le pr\u00eatre, th\u00e9ologien et anthropologue Enrique Marroqu\u00edn s\u2019est entretenu avec le psychanalyste, historien et sociologue lors d\u2019un congr\u00e8s qui s\u2019est tenu \u00e0 Cuernavaca, dans l\u2019\u00c9tat de Morelos, dans les ann\u00e9es 90. Entre deux bi\u00e8res, Enrique Marroqu\u00edn a fait remarquer \u00e0 Fernando \u00e0 quel point il serait int\u00e9ressant d\u2019\u00e9crire un article s\u2019appuyant sur son exp\u00e9rience de confesseur au sein de deux communaut\u00e9s aussi \u00e9loign\u00e9es que diff\u00e9rentes. Il faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une communaut\u00e9 autochtone d\u2019Oaxaca et aux paroissiens de la paroisse situ\u00e9e juste en face de la Plaza del Sol, un centre commercial implant\u00e9 dans un quartier r\u00e9sidentiel de la classe moyenne sup\u00e9rieure de la ville de Guadalajara.<\/p>\n\n\n\n<p>Enrique a parl\u00e9 \u00e0 Fernando des contrastes dans la perception de ce qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un p\u00e9ch\u00e9, car il existait de nombreuses diff\u00e9rences quant \u00e0 ce qu\u2019il fallait confesser au pr\u00eatre selon les endroits ; mais aussi quant \u00e0 la notion m\u00eame de p\u00e9ch\u00e9 ou de non-p\u00e9ch\u00e9 entre hommes et femmes. Cette conversation informelle a conduit \u00e0 envisager la possibilit\u00e9 qu\u2019Enrique publie un article sur le sujet, \u00e0 condition de respecter les m\u00eames r\u00e8gles \u00e9thiques qui r\u00e9gissent la production et la diffusion des travaux universitaires : l\u2019anonymat. Fernando, qui faisait d\u00e9j\u00e0 partie de l\u2019Institut de recherches sociales de l\u2019Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique (<span class=\"small-caps\">iis-unam)<\/span>, il lui a recommand\u00e9 de le publier dans la revue universitaire de cette institution, de le faire relire au pr\u00e9alable et s'est propos\u00e9 comme interm\u00e9diaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Enrique s'est attel\u00e9 \u00e0 cette t\u00e2che et a mis \u00e0 profit ses connaissances d'anthropologue dans le cadre de son exp\u00e9rience de pr\u00eatre-confesseur afin de construire des r\u00e9cits de communion \u00e0 partir d'\u00e9tudes de cas pr\u00e9sentant un int\u00e9r\u00eat en raison de leur valeur comparative en mati\u00e8re de repr\u00e9sentations culturelles structur\u00e9es par diff\u00e9rentes conditions ethniques, \u00e9conomiques, culturelles, g\u00e9n\u00e9rationnelles et de genre. L'article a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 et remis \u00e0 la <em>Revue mexicaine de sociologie<\/em>, mais il a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par le comit\u00e9 de r\u00e9daction au motif qu'il leur semblait peu \u00e9thique de publier des informations provenant du confessionnal. Malheureusement, nous ne pouvons pas consulter cet article car personne n\u2019en poss\u00e8de de copie ; nous pouvons toutefois nous appuyer sur nos souvenirs pour en reconstituer la valeur heuristique et mener une r\u00e9flexion tant sur le cas lui-m\u00eame que sur les relations complexes de diff\u00e9renciation des savoirs au sein du milieu universitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>On imagine ais\u00e9ment le dilemme que suscitent ces hybrides, d\u2019autant plus dans des milieux universitaires comme ceux du Mexique, qui \u00e9voluent dans des contextes la\u00efques o\u00f9 \u201c le religieux \u201d est consid\u00e9r\u00e9 comme une pens\u00e9e \u201c suspecte \u201d ou, \u00e0 tout le moins, peu s\u00e9rieuse au regard des exigences de la rigueur scientifique. Mais il s\u2019agissait en outre d\u2019un article dont l\u2019intersectionnalit\u00e9 donnait lieu \u00e0 un produit \u201c interm\u00e9diaire \u201d, c\u2019est-\u00e0-dire un produit hybride, difficile \u00e0 classer et, par cons\u00e9quent, \u00e0 appr\u00e9cier et \u00e0 \u00e9valuer. Pour reprendre les termes de Homi Bhabha, je consid\u00e8re que reconstruire dans cet entretien l\u2019article qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 est un exercice visant \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la fronti\u00e8re entre la culture religieuse et la culture universitaire en tant que probl\u00e8me d\u2019\u00e9nonciation de la diff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p>Le concept de diff\u00e9rence culturelle se concentre sur le probl\u00e8me de l\u2019ambivalence de l\u2019autorit\u00e9 culturelle : la tentative de domination au nom d\u2019une supr\u00e9matie culturelle qui ne se produit en soi qu\u2019au moment de la diff\u00e9renciation, et l\u2019autorit\u00e9 m\u00eame de la culture en tant que connaissance de la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9f\u00e9rentielle est en jeu dans le concept et au moment de l\u2019\u00e9nonciation (Bhabha, 2002 : 35).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L'article qui n'a jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9, mais qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 un dialogue int\u00e9ressant<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En 2025, un groupe d\u2019universitaires de Guadalajara s\u2019est r\u00e9uni pour organiser un colloque consacr\u00e9 aux contributions acad\u00e9miques et th\u00e9ologiques de l\u2019\u0153uvre et du parcours d\u2019Enrique Marroqu\u00edn Zaleta, que nous avons intitul\u00e9 \u201c Intersections dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Enrique Marroqu\u00edn \u201d.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> \u00c0 l\u2019occasion de cet \u00e9v\u00e9nement, divers universitaires ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 haute voix sur le d\u00e9fi que repr\u00e9sentent les intersections dans leurs travaux, tant au niveau de la convergence entre diff\u00e9rents domaines acad\u00e9miques \u2013 tels que la philosophie des sciences, la psychologie, l\u2019ethnographie, l\u2019histoire, l\u2019\u00e9ducation et la sociologie \u2013 que sur le carrefour entre savoir et croyance, les intersections entre des mondes culturellement \u00e9loign\u00e9s et la comparaison entre des pratiques sp\u00e9cialis\u00e9es \u2013 telles que la th\u00e9rapie psychanalytique et l\u2019acte de se confesser. C\u2019est dans ce dernier point de convergence que s\u2019inscrit l\u2019entretien avec Fernando Gonz\u00e1lez que nous publions dans ce num\u00e9ro de la revue <em>Encartes<\/em>. Comme il n'a malheureusement pas pu \u00eatre pr\u00e9sent \u00e0 l'\u00e9v\u00e9nement, une animation a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e au cours de laquelle a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9e l'enregistrement vid\u00e9o de l'entretien avec Fernando Gonz\u00e1lez, puis Enrique Marroqu\u00edn (qui \u00e9tait quant \u00e0 lui pr\u00e9sent) a repris le fil de la discussion.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour bien saisir l'importance de ce dialogue, il convient de pr\u00e9senter ces deux personnalit\u00e9s. Fernando Gonz\u00e1lez est psychanalyste et historien des institutions religieuses ; il a pr\u00e9par\u00e9 sa th\u00e8se de doctorat en analyse institutionnelle sous la direction du professeur Ren\u00e9 Loureau \u00e0 l'Universit\u00e9 de Paris. Il est actuellement chercheur titulaire au <span class=\"small-caps\">iis-unam <\/span>et membre \u00e9m\u00e9rite du Syst\u00e8me national des chercheuses et chercheurs (Secr\u00e9tariat des sciences, des sciences humaines, de la technologie et de l\u2019innovation, Secihti). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages qui, tout au long de sa carri\u00e8re universitaire, ont mis au jour des silences entretenus par l'institution catholique et ont mis le doigt sur des sujets d\u00e9licats, voire consid\u00e9r\u00e9s comme tabous. Voici quelques-uns des titres de ses livres :&nbsp;<em>Una historia sencilla<\/em>: <em>la mort accidentelle d'un cardinal<\/em>&nbsp;(1996), qui traite de l'assassinat du cardinal Juan Jes\u00fas Posadas, archev\u00eaque de Guadalajara, dans lequel l'\u00c9glise a \u00e9t\u00e9 mise en cause dans le trafic de drogue. <em>De matar y morir por Cristo Rey<\/em>&nbsp;(2001), un ouvrage qui d\u00e9mystifie la m\u00e9moire des \u00ab cristeros \u00bb en tant que victimes de l'histoire, en mettant en lumi\u00e8re l'autre facette du martyre : la volont\u00e9 de tuer. <em>Marcial Maciel. Les L\u00e9gionnaires du Christ : t\u00e9moignages et documents in\u00e9dits<\/em>&nbsp;(2006). Cet ouvrage, qui a marqu\u00e9 un tournant, analyse le profil criminel du p\u00e8re Maciel \u00e0 partir des t\u00e9moignages de ceux qui ont subi des abus sexuels de la part de leur guide spirituel. <em>L'\u00c9glise du silence : martyrs et p\u00e9dophiles<\/em>&nbsp;(2009), un ouvrage qui met au jour des documents d'archives d\u00e9tenus par le Vatican concernant l'affaire de p\u00e9dophilie du p\u00e8re Maciel et qui r\u00e9v\u00e8le la complicit\u00e9 de l'\u00c9glise qui l'a prot\u00e9g\u00e9 pendant plusieurs d\u00e9cennies. Dans <em>Crise de foi. La psychanalyse au monast\u00e8re de Sainte-Marie-de-la-R\u00e9surrection, 1961-1968 <\/em>(2011), Gonz\u00e1lez pr\u00e9sente un cas extr\u00eamement int\u00e9ressant dans lequel la psychanalyse pr\u00f4n\u00e9e par Iv\u00e1n Illich plonge une congr\u00e9gation religieuse dans la crise. Enfin, <em>Cuando un futuro se disuelve: de identidades trastocadas y radicalizaciones no previstas<\/em> (Mexique : <span class=\"small-caps\">iis-unam<\/span>, 2023) est un ouvrage qui aborde le th\u00e8me des mouvements secrets du radicalisme chr\u00e9tien et de leur alliance avec la gu\u00e9rilla des ann\u00e9es 70. En somme, Fernando est un chercheur perspicace qui cherche \u00e0 faire parler l\u2019histoire \u00e0 travers des th\u00e8mes controvers\u00e9s ou, comme il l\u2019a lui-m\u00eame d\u00e9fini, \u201c en r\u00e9fl\u00e9chissant l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait mal \u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Enrique Marroqu\u00edn est un religieux de l\u2019ordre clar\u00e9tain qui, sur le plan th\u00e9ologique, a repouss\u00e9 les fronti\u00e8res missionnaires. L\u2019un de ses ouvrages les plus c\u00e9l\u00e8bres, qui fait m\u00eame figure de texte de r\u00e9f\u00e9rence, est <em>La contre-culture comme forme de protestation<\/em>, dans lequel la mission chr\u00e9tienne du clar\u00e9tain a d\u00e9bouch\u00e9 sur l\u2019accompagnement de mouvements contre-culturels tels que le mouvement hippie mexicain, qu\u2019il a lui-m\u00eame qualifi\u00e9 de <em>jipiteca <\/em>pour le distinguer des hippies am\u00e9ricains, en soulignant que les <em>jipitecas<\/em> constituaient un m\u00e9tissage culturel qui cherchait \u00e0 donner un sens aux traditions autochtones<em>. <\/em>Le site <em>rocher<\/em>, la m\u00e9ditation transcendantale et la consommation de plantes sacr\u00e9es n'\u00e9taient pas incompatibles avec l'exp\u00e9rience mystique qu'il pr\u00f4nait. Encourag\u00e9 par les changements issus du Concile de Vatican <span class=\"small-caps\">ii<\/span>, Enrique fr\u00e9quentait des intellectuels et des artistes de la contre-culture au Mexique. Il a int\u00e9gr\u00e9 le <em>rocher<\/em> \u00e0 l'Eucharistie, et ses sermons m\u00ealaient des messages chr\u00e9tiens \u00e0 des th\u00e8mes propres \u00e0 la contre-culture.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 70, Enrique s'est engag\u00e9 dans le mouvement de la th\u00e9ologie de la lib\u00e9ration, en travaillant en \u00e9troite collaboration avec des communaut\u00e9s de base dans les quartiers et les villages de l'\u00c9tat de Puebla. Il a \u00e9galement \u00e9crit des ouvrages dans lesquels le th\u00e8me de l'inculturation occupe une place centrale, comme par exemple <em>La croix messianique : approches du syncr\u00e9tisme d'Oaxaca<\/em> (1986) et d'autres ouvrages, dans lesquels il d\u00e9veloppait les implications th\u00e9ologiques en misant sur la construction sociale d'un monde fond\u00e9 sur des valeurs, comme on peut le lire dans<em> Un autre monde est possible : justice, paix et int\u00e9grit\u00e9 dans la cr\u00e9ation et la vie consacr\u00e9e <\/em>(2006)<em>. <\/em>Enrique a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 un pionnier dans la remise en question des fronti\u00e8res entre les connaissances scientifiques, humanistes et th\u00e9ologiques. Bien qu\u2019il f\u00fbt un pr\u00eatre ordonn\u00e9, sa pratique alliait celle d\u2019un homme de religion \u00e0 celle d\u2019un anthropologue. En 1980, il a \u00e9tudi\u00e9 l\u2019anthropologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 autonome de Puebla (<span class=\"small-caps\">buap<\/span>) puis a obtenu son doctorat \u00e0 l'Universit\u00e9 autonome m\u00e9tropolitaine (<span class=\"small-caps\">uam<\/span>)-Xochimilco. D\u2019une part, le milieu universitaire lui imposait un puritanisme cognitif dans lequel les professeurs pr\u00f4naient l\u2019objectivit\u00e9 comme une connaissance d\u00e9barrass\u00e9e de toute croyance. \u00c0 cette \u00e9poque, la religion \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une id\u00e9ologie et l\u2019on souhaitait que la recherche de terrain et son analyse ne soient pas influenc\u00e9es par les croyances. Sa th\u00e8se de doctorat abordait le th\u00e8me de <em>Le conflit religieux \u00e0 Oaxaca, 1976-1992, <\/em>une \u00e9tude pionni\u00e8re et unique en son genre dans le domaine de l'anthropologie des religions au Mexique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Questions qui ont guid\u00e9 le dialogue : dilemmes moraux entre le monde universitaire et la religion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Avant d\u2019entamer les questions, j\u2019ai invit\u00e9 les deux interlocuteurs \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux dilemmes \u00e9thiques li\u00e9s \u00e0 la publication des r\u00e9sultats d\u2019\u00e9tudes de cas cliniques en psychanalyse et des confessions faites au sein d\u2019un lieu de culte. Bien que tous deux respectent le principe \u00e9thique de protection de l\u2019identit\u00e9 des informateurs, en publiant sous le couvert de l\u2019anonymat, cet aspect n\u2019\u00e9tait pas le seul point de friction \u00e9thique qui remettait en cause la possibilit\u00e9 de publication. L\u2019article a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 pour manque d\u2019\u00e9thique, car les cas d\u00e9coulaient de l\u2019acte de confession, bien que de nombreuses revues publient des articles psychanalytiques dont les cas ont \u00e9t\u00e9 recueillis dans des contextes th\u00e9rapeutiques et ne sont pas issus d\u2019entretiens acad\u00e9miques. C\u2019est pourquoi il m\u2019a sembl\u00e9 int\u00e9ressant de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qui fait que le premier n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme valable dans le monde \u201c universitaire \u201d, alors que le second l\u2019est.<\/p>\n\n\n\n<p>Je consid\u00e8re que ce qui s'est pass\u00e9 avec cet article in\u00e9dit offre l'occasion d'ouvrir une r\u00e9flexion dans le domaine des sciences sociales et sur les raisons (repr\u00e9sentations ou <em>habitus,<\/em> (comme dirait Pierre Bourdieu) qui poussent une revue universitaire \u00e0 rejeter un article et \u00e0 en accepter d\u2019autres. J\u2019ai demand\u00e9 si, dans ce domaine, une mentalit\u00e9 jacobiniste continuait d\u2019exercer une influence ou, au contraire, si une conception catholique du secret de la confession s\u2019\u00e9tendait au monde universitaire, qui consid\u00e9rait cela comme un manquement \u00e0 l\u2019\u00e9thique. La premi\u00e8re partie de l\u2019entretien a port\u00e9 sur les dilemmes et le refus de publication du texte, en rappelant quels avaient \u00e9t\u00e9 les arguments invoqu\u00e9s pour justifier ce refus.<\/p>\n\n\n\n<p>L'entretien aborde plusieurs questions qui m'ont sembl\u00e9 essentielles pour comprendre les tensions entre l'intersection d'un objet d'\u00e9tude peu explor\u00e9 et sous-estim\u00e9, comme le p\u00e9ch\u00e9 et la confession, en cherchant \u00e0 explorer \u2013 au-del\u00e0 de la simple anecdote, qui est en soi int\u00e9ressante \u2013 les tensions structurelles entre ces domaines. Pourquoi a-t-on d\u00e9cid\u00e9 de ne pas publier dans une revue acad\u00e9mique des travaux issus du domaine religieux ? Pourquoi le p\u00e9ch\u00e9 n\u2019est-il presque jamais consid\u00e9r\u00e9 comme un sujet d\u2019\u00e9tude ? Pourquoi peut-il \u00eatre m\u00e9pris\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>Je souhaite souligner l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une \u00e9tude critique et comparative des contenus socialement situ\u00e9s des r\u00e9cits sur le p\u00e9ch\u00e9, car cela pourrait conduire \u00e0 le \u00ab d\u00e9-universaliser \u00bb, en introduisant la reconnaissance et l\u2019analyse situationnelle des conceptions h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes des p\u00e9ch\u00e9s selon les diff\u00e9rentes cultures. D\u2019autre part, cet article pourrait d\u00e9construire le p\u00e9ch\u00e9 en tant que notion globale en mettant en \u00e9vidence des nuances dans le fait de p\u00e9cher, car certains p\u00e9ch\u00e9s ont plus de poids que d\u2019autres : certains m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre punis et d\u2019autres non ; certains m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre confess\u00e9s et d\u2019autres non. Quelles sont les tensions qui existent entre la morale du p\u00e9ch\u00e9 et la morale du d\u00e9lit, qui ne sont pas toujours synonymes et qui peuvent m\u00eame pr\u00e9senter des points de tension ou de conflit ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ces r\u00e9flexions et les questions destin\u00e9es \u00e0 susciter le dialogue avaient \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9es au pr\u00e9alable \u00e0 Fernando Gonz\u00e1lez et \u00e0 Enrique Marroqu\u00edn. J'ai contact\u00e9 Fernando et nous nous sommes retrouv\u00e9s pour enregistrer l'interview dans une salle du <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span> Occident. C\u2019est au cours d\u2019une conversation informelle que l\u2019entretien a pris son cours. Il a d\u00e9but\u00e9 par une reconstitution des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019article, en tentant de retracer la rencontre entre Enrique Marroqu\u00edn et Fernando, le contenu et l\u2019apport de l\u2019article r\u00e9dig\u00e9, ainsi que le parcours qui a conduit \u00e0 son rejet par la r\u00e9daction. L\u2019un des th\u00e8mes abord\u00e9s a \u00e9t\u00e9 la notion de \u201c p\u00e9ch\u00e9 \u201d, \u00e0 propos de laquelle Fernando explique comment la proposition de l\u2019article de Marroqu\u00edn relativisait l\u2019universalit\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9 en se concentrant sur sa conception sociale, qui se manifeste de diff\u00e9rentes mani\u00e8res selon le genre, l\u2019origine ethnique, la classe sociale et l\u2019\u00e2ge. L\u2019\u00e9conomie politique du p\u00e9ch\u00e9 est un sujet tr\u00e8s important qui a \u00e9t\u00e9 peu abord\u00e9. La discussion a \u00e9galement port\u00e9 sur les contrastes entre la confession et la th\u00e9rapie psychanalytique, en s\u2019int\u00e9ressant aux diff\u00e9rences d\u2019espace (confessionnal\/divan) et aux postures corporelles adopt\u00e9es dans ces espaces (\u00e0 genoux\/allong\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Enrique Marroqu\u00edn m\u2019a envoy\u00e9 par courrier un texte contenant ses r\u00e9flexions sur cet article jamais publi\u00e9 et sur les dilemmes moraux du dialogue entre un psychanalyste et un confesseur. Ce texte a \u00e9t\u00e9 lu par son auteur lors de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Je reviendrai sur ce point <span class=\"small-caps\">iii :<\/span> \u201c Mes confessions \u00e0 Morelia \u201d ; je n'en citerai qu'un extrait afin d'inscrire cet entretien dans cet \u00e9change d'id\u00e9es :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Partant d'un \u201c relativisme culturel \u201d mal compris,<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> Et comme ils refusent d'admettre que l'\u00c9glise catholique se r\u00e9serve le droit de statuer sur la morale de l'ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, les chercheurs en sciences sociales ont accord\u00e9 peu d'attention \u00e0 la culture morale. Mais comme ils ignorent les pratiques morales r\u00e9ellement en vigueur dans le milieu o\u00f9 ils pr\u00e9tendent agir, de nombreuses attitudes et comportements culturels leur \u00e9chappent.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> La morale s'entrem\u00eale avec d'autres disciplines, telles que l'\u00e9thique philosophique, la psychanalyse (sentiment de culpabilit\u00e9), les th\u00e9ologies morales ou les religions compar\u00e9es. Au Mexique et dans d'autres pays \u00e0 majorit\u00e9 chr\u00e9tienne, la morale proclam\u00e9e est g\u00e9n\u00e9ralement celle pr\u00f4n\u00e9e par les \u00c9glises.<\/p>\n\n\n\n<p>Par souci de concision, je vais r\u00e9sumer certaines des id\u00e9es d\u00e9velopp\u00e9es dans son texte, celui-ci d\u00e9passant les dix pages. Je m'attacherai notamment \u00e0 la partie dans laquelle Enrique aborde l'histoire de l'article jamais publi\u00e9 et la comparaison entre un confesseur et un psychanalyste.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but du texte, il explique que l'id\u00e9e d'un dialogue avec son ami et coll\u00e8gue Fernando Gonz\u00e1lez a germ\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es. Il se souvient qu'\u00e0 l'\u00e9poque, Enrique avait r\u00e9alis\u00e9 trois \u00e9chantillonnages sociom\u00e9triques de ses confessions : l'un dans la ville d'Oaxaca, un autre dans un village de cet \u00c9tat et le dernier \u00e0 Guadalajara. Il a fait part de son travail \u00e0 Fernando, qui lui a sugg\u00e9r\u00e9 d'engager un dialogue entre un psychanalyste et un confesseur. L'id\u00e9e sur laquelle ils se sont mis d'accord \u00e9tait de partir des dispositifs sc\u00e9niques eux-m\u00eames : le divan et l'ancien confessionnal. Selon Enrique, ils ont r\u00e9dig\u00e9 l'article ensemble et l'ont envoy\u00e9 \u00e0 la <em>Revista Mexicana de Sociolog\u00eda, <\/em>qui ne l\u2019a pas publi\u00e9, pr\u00e9textant que le sujet ne relevait pas de la sociologie et faisant valoir qu\u2019il valait mieux que ce pr\u00eatre se consacre \u00e0 la confession plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 jouer les sociologues. Enrique regrette qu\u2019ils ne puissent plus retrouver cet article car il a \u00e9t\u00e9 \u00e9gar\u00e9, mais il propose de retenter l\u2019exp\u00e9rience en analysant un \u00e9chantillon de confessions de la paroisse de Morelia, o\u00f9 il exerce actuellement son minist\u00e8re de pr\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte \u00e9tablit une comparaison entre les confesseurs et les psychanalystes. Il pr\u00e9cise que les premiers sont des pr\u00eatres et qu\u201c\u201d ils n\u2019aiment pas confesser \u201c, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit de jeunes pr\u00eatres. Il explique qu\u2019il manque actuellement de confesseurs dans l\u2019\u00c9glise et que, dans la plupart des cas, \u201d la confession dans nos paroisses est d\u00e9sagr\u00e9able et fastidieuse ; il y a une longue file de p\u00e9nitents qui attendent, sans m\u00eame laisser le temps au confesseur de se lever \u201c. En revanche, il estime que \u201d le psychanalyste pratique des honoraires \u00e9lev\u00e9s et est sollicit\u00e9 par les classes ais\u00e9es \u201c et pr\u00e9cise qu\u2019il ignore comment sont \u00e9valu\u00e9es les exp\u00e9riences de psychanalyse de groupe. Il souligne que \u201d le confesseur doit jouer un peu le r\u00f4le de th\u00e9rapeute, de th\u00e9ologien, de philosophe \u00e9thique et d\u2019accompagnateur \u201c ; il ajoute qu\u2019il doit \u00e9galement faire preuve de r\u00e9silience, car \u00ab il doit savoir \u00e9couter, donner au p\u00e9nitent <em>le temps <\/em>\u201d dont il a r\u00e9ellement besoin \u201c, contrairement au psychanalyste qui \u201d a une s\u00e9ance \u00e0 heure fixe, d\u2019une dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e et factur\u00e9e \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reconna\u00eet que \u201c le confesseur est peu pr\u00e9par\u00e9 \u201d, car dans les s\u00e9minaires, on ne forme g\u00e9n\u00e9ralement pas correctement les \u00e9tudiants \u00e0 cette pratique. Il rappelle qu\u2019autrefois, la situation \u00e9tait diff\u00e9rente : les pr\u00eatres traitaient chaque mois, au sein de leur communaut\u00e9, un \u201c cas de morale \u201d, qu\u2019ils mettaient en sc\u00e8ne avec des personnages fictifs, puis discutaient en groupe du jugement moral et de la r\u00e9ponse appropri\u00e9e du confesseur. Il regrette que cette pratique soit tomb\u00e9e en d\u00e9su\u00e9tude, en partie \u00e0 cause du manque de vocations. D\u2019autre part, il estime qu\u2019aujourd\u2019hui, la psychanalyse est une fili\u00e8re officiellement reconnue dans le milieu universitaire et m\u00eame clinique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce texte, Enrique a inclus un nouvel exercice destin\u00e9 \u00e0 l'\u00e9tude des repr\u00e9sentations du p\u00e9ch\u00e9 ; toutefois, pour des raisons de longueur et de paternit\u00e9 de l\u2019ouvrage, je me contenterai de mentionner que j\u2019esp\u00e8re que cet exercice de r\u00e9flexion, qui permet de dresser un catalogue comparatif de ce que les paroissiens d\u2019une paroisse situ\u00e9e dans un quartier de classe moyenne \u00e0 Morelia ont coutume de confesser (on suppose qu\u2019il faut confesser ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme un p\u00e9ch\u00e9 grave) soit publi\u00e9 prochainement ; mais j\u2019esp\u00e8re \u00e9galement que le sujet des p\u00e9ch\u00e9s ignor\u00e9s dans certains groupes et secteurs sociaux sera abord\u00e9. La comparaison montre que les diff\u00e9rentes <em>habitus<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> d\u00e9termin\u00e9es par des structures li\u00e9es au genre, \u00e0 la classe sociale et \u00e0 l'\u00e2ge, structurent et hi\u00e9rarchisent les notions morales de ce qui, pour les catholiques, est ou n'est pas consid\u00e9r\u00e9 comme un p\u00e9ch\u00e9, et cela n'est pas la m\u00eame chose pour les hommes et les femmes, ni pour ceux qui occupent certains postes d'autorit\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous vous invitons \u00e0 regarder et \u00e0 \u00e9couter l'interview de Fernando Gonz\u00e1lez dans la rubrique multim\u00e9dia de <em>Encartes<\/em>, et nous esp\u00e9rons pouvoir bient\u00f4t publier le texte \u201c Confessions \u00e0 Morelia \u201d d'Enrique Marroqu\u00edn.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bhabha, Homi (2002). <em> El lugar de la cultura.<\/em> Buenos Aires: Manantial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bourdieu, Pierre (1990). <em>Sociolog\u00eda de la cultura.<\/em> M\u00e9xico: Grijalbo\/Conaculta<span class=\"small-caps\">.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Gonz\u00e1lez, Fernando M. (1996).<em> Una historia sencilla<\/em>:&nbsp;<em>la muerte accidental&nbsp;de un cardenal. <\/em>M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">unam<\/span>\/Plaza y Vald\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2001). <em>De matar y morir por Cristo Rey<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">unam<\/span>\/Plaza y Vald\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2006). <em>Marcial Maciel. Los legionarios de Cristo: testimonios y documentos&nbsp;in\u00e9ditos.<\/em> M\u00e9xico: Tusquets.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2011).<em> Crisis&nbsp;de fe. Psicoan\u00e1lisis en el Monasterio de Santa Mar\u00eda de la Resurrecci\u00f3n 1961-1968. <\/em>Ciudad de M\u00e9xico: Tusquets.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2009). <em>La Iglesia del silencio: de m\u00e1rtires a pederastas<\/em>. M\u00e9xico: Tusquets.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2023).<em> Cuando un futuro se disuelve: de identidades trastocadas y radicalizaciones no previstas<\/em>. Ciudad de M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">iis-unam<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Ren\u00e9e de la Torre Castellanos<\/em> Elle est titulaire d'un doctorat en anthropologie sociale du Centre de recherches et d'\u00e9tudes sup\u00e9rieures en anthropologie sociale (<span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>) et l'universit\u00e9 de Guadalajara. Membre de l' <span class=\"small-caps\">snii<\/span> niveau <span class=\"small-caps\">iii<\/span> et de l'Acad\u00e9mie nationale des sciences. Professeure-chercheuse \u00e0 l' <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span> Occident. Cofondatrice du R\u00e9seau des chercheurs sur le ph\u00e9nom\u00e8ne religieux au Mexique (<span class=\"small-caps\">rifrem<\/span>). Au cours de sa carri\u00e8re de chercheur, il s'est consacr\u00e9 \u00e0 l'\u00e9tude de la diversit\u00e9 religieuse au Mexique, \u00e0 l'\u00e9tude des nouveaux mouvements religieux, \u00e0 l'\u00e9mergence de spiritualit\u00e9s alternatives telles que le <em>nouvelle \u00e8re<\/em> et la \u00ab n\u00e9o-mexicanit\u00e9 \u00bb ; plus r\u00e9cemment, il a men\u00e9 des recherches sur les dynamiques de transnationalisation des danses rituelles azt\u00e8ques et de la religiosit\u00e9 populaire. Il a organis\u00e9 plus d\u2019une dizaine d\u2019expositions de photographie ethnographique. Parmi ses publications les plus r\u00e9centes, on peut citer l\u2019ouvrage <em>Variations latino-am\u00e9ricaines du New Age<\/em>. M\u00e9xico:<span class=\"small-caps\"> ciesas<\/span>, 2013 ; publi\u00e9 en anglais <em>Le Nouvel \u00c2ge en Am\u00e9rique latine. Variations populaires et appropriations ethniques<\/em>, 2016. Auteure de \u201c Ultra-Baroque Catholicism: Multiplied Images and Decentered Religious Symbols \u201d, <em>Boussole sociale<\/em> (2016) ; co-auteure des articles suivants : \u201c Routes et sens postcoloniaux de la transnationalisation religieuse \u201d, <em>Tiers Monde<\/em> (2016) ; \u00c9tudes religieuses en Am\u00e9rique latine, <em>Revue annuelle de sociologie<\/em> (2016) ; \"Le temazcal : un rituel pr\u00e9hispanique transcultur\u00e9 par des r\u00e9seaux spirituels alternatifs\", <em>Sciences sociales et religion<\/em> (2016) et \"Religion and Rescaling : How Santo Toribio Put Santa Ana on the Global Religious Map\", <em>Sociologie actuelle<\/em> (2016). https:\/\/orcid.org\/0000-0003-3914-4805<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entretien de Ren\u00e9e de la Torre avec le psychanalyste Fernando M. 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