{"id":40429,"date":"2026-03-20T15:00:00","date_gmt":"2026-03-20T21:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=40429"},"modified":"2026-03-18T18:27:14","modified_gmt":"2026-03-19T00:27:14","slug":"morales-resena-humanizando-deportacion-narrativas-digitales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/morales-resena-humanizando-deportacion-narrativas-digitales\/","title":{"rendered":"R\u00e9flexions depuis la fronti\u00e8re : humanisation de l'expulsion par le biais de r\u00e9cits num\u00e9riques \u00e0 Tijuana"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap abstract\"><em>Humaniser l'expulsion : r\u00e9cits num\u00e9riques des rues de Tijuana<\/em> est une \u0153uvre collective qui explore les cons\u00e9quences humaines de la d\u00e9portation \u00e0 travers l'utilisation innovante de r\u00e9cits num\u00e9riques. Coordonn\u00e9 par Robert McKee Irwin et Guillermo Alonso Meneses depuis sa cr\u00e9ation en 2016, le projet \u00e9ponyme recueille et diffuse des t\u00e9moignages de migrants d\u00e9port\u00e9s qui souhaitent raconter leur exp\u00e9rience afin de rendre visibles les profondes cons\u00e9quences personnelles et sociales que la d\u00e9portation laisse dans leur vie. Gr\u00e2ce \u00e0 la technique du <em>la narration num\u00e9rique<\/em>, Dans ce livre, les d\u00e9port\u00e9s ne racontent pas seulement leurs exp\u00e9riences, mais reconstruisent \u00e9galement leur identit\u00e9, en utilisant leur voix pour remettre en question les r\u00e9cits d\u00e9shumanisants qui les marginalisent traditionnellement.<\/p>\n\n\n\n<p>Si ce projet est n\u00e9 de la n\u00e9cessit\u00e9 et de l'int\u00e9r\u00eat d'un groupe de chercheurs de recueillir, d'archiver et d'amplifier la voix et les exp\u00e9riences de personnes qui ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es \u00e0 l'expulsion ou ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es par ses r\u00e9percussions, les archives int\u00e8grent aujourd'hui les t\u00e9moignages de nombreux profils de migrants qui varient en fonction des contextes et des tendances migratoires dissemblables qui se rencontrent \u00e0 la fronti\u00e8re la plus fr\u00e9quent\u00e9e du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Le livre, structur\u00e9 en neuf sections, aborde tous les sujets, de l'histoire du ph\u00e9nom\u00e8ne de la d\u00e9portation aux \u00c9tats-Unis aux impacts \u00e9motionnels, familiaux et communautaires subis par les migrants. Chaque chapitre invite le lecteur \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l'intersection complexe entre les politiques migratoires et les droits de l'homme, tout en pr\u00e9sentant une approche m\u00e9thodologique qui responsabilise les sujets d'\u00e9tude. Chaque analyse pr\u00e9sent\u00e9e est le fruit de l'exercice <em>in situ<\/em>, de la pens\u00e9e, <em>expertise<\/em> et la sensibilit\u00e9 des universitaires et des \u00e9tudiants qui ont su interpr\u00e9ter ces passages de la vie pour syst\u00e9matiser, donner des couleurs, des visages et des paysages \u00e0 ce que les chiffres et les th\u00e9ories guind\u00e9es brouillent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Propositions m\u00e9thodologiques et reconstruction de la m\u00e9moire<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour commencer, il est important de souligner la syst\u00e9matisation historique de la d\u00e9portation en tant que processus\/ph\u00e9nom\u00e8ne aux \u00c9tats-Unis. Comme l'explique Guillermo Alonso Meneses dans son chapitre intitul\u00e9 \u201cConfronting Discourses on Deportation, Deportees and Deportability in the United States\u201d, la migration est per\u00e7ue comme une question sociale probl\u00e9matique, dans laquelle le migrant est constamment consid\u00e9r\u00e9 comme un objet de violations et de vuln\u00e9rabilit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L'expulsion, quant \u00e0 elle, est consid\u00e9r\u00e9e \u00e0 la fois comme un instrument punitif et une politique d'\u00c9tat mise en \u0153uvre par les gouvernements d\u00e9mocrates et r\u00e9publicains, soit pour lutter contre l'immigration irr\u00e9guli\u00e8re, soit pour r\u00e9duire la pr\u00e9sence d'\u00e9trangers sans documents l\u00e9gaux. Elle est \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9e comme un m\u00e9canisme de r\u00e9gulation de l'arm\u00e9e de r\u00e9serve des travailleurs migrants sans papiers et comme une mesure palliative face \u00e0 l'exacerbation des peurs, agissant comme une soupape d'\u00e9chappement pour les prisons surpeupl\u00e9es dont le fonctionnement est co\u00fbteux. Les t\u00e9moignages contenus dans les archives des r\u00e9cits audiovisuels offrent une vision de diff\u00e9rentes p\u00e9riodes historiques et de diverses modalit\u00e9s de passage des sans-papiers vers les \u00c9tats-Unis, certains d'entre eux \u00e9tant exprim\u00e9s en anglais comme signe d'enracinement culturel.<\/p>\n\n\n\n<p>L'une des contributions les plus innovantes du projet \u201cHumaniser la d\u00e9portation\u201d est l'utilisation de l'image de marque de l'Union europ\u00e9enne. <em>la narration num\u00e9rique<\/em> comme m\u00e9thodologie centrale. Cette approche - bas\u00e9e sur la production audiovisuelle participative - offre aux migrants d\u00e9port\u00e9s l'opportunit\u00e9 de raconter leur histoire \u00e0 travers de courts films de t\u00e9moignage. Le projet s'\u00e9loigne de l'interview structur\u00e9e traditionnelle et donne la parole aux sujets \u00e0 la premi\u00e8re personne, ce qui minimise l'interm\u00e9diation du chercheur et donne la priorit\u00e9 \u00e0 l'authenticit\u00e9 et au contr\u00f4le de la narration par les d\u00e9port\u00e9s. Ainsi, le chapitre \u201cReconfiguration m\u00e9thodologique pour les r\u00e9cits num\u00e9riques des \u00e9tudes latino-am\u00e9ricaines et humanisation de la d\u00e9portation\u201d, \u00e9crit par Yairamaren Rom\u00e1n Maldonado, parle du sens de l'humanisation de la d\u00e9portation, en racontant des histoires au-del\u00e0 des statistiques, en se concentrant sur l'amplification de la voix des d\u00e9port\u00e9s et en leur fournissant des plates-formes pour raconter leurs propres histoires.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9thodologie narrative num\u00e9rique ne cherche pas seulement \u00e0 documenter les faits, mais aussi \u00e0 amplifier les voix de ceux qui ont v\u00e9cu le traumatisme de la d\u00e9portation. En permettant aux migrants d'\u00eatre les auteurs de leurs propres r\u00e9cits, le projet parvient \u00e0 d\u00e9centraliser le discours acad\u00e9mique et \u00e0 placer les d\u00e9port\u00e9s comme des acteurs cl\u00e9s dans la construction de leur histoire. Les vid\u00e9os, qui sont structur\u00e9es en courts r\u00e9cits de trois \u00e0 cinq minutes, parviennent \u00e0 capturer l'essence des exp\u00e9riences des migrants, r\u00e9v\u00e9lant leurs peurs, leurs espoirs et leurs strat\u00e9gies de survie. Cette technique sert \u00e9galement d'outil de r\u00e9sistance sociale et politique, en remettant en question les repr\u00e9sentations stigmatisantes que les gouvernements et les m\u00e9dias ont construites autour des migrants.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, si la cr\u00e9ation d'un contenu num\u00e9rique peut \u00eatre simple, tout le monde n'a pas les ressources ou les connaissances n\u00e9cessaires pour le r\u00e9aliser par ses propres moyens. Ces r\u00e9cits contribuent \u00e0 minimiser l'interm\u00e9diation dans la repr\u00e9sentation des marginaux, en explorant les multiples facettes et r\u00e9percussions de l'expulsion sur la vie des migrants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Entre stigmatisation et survie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il est probable que ceux qui n'ont pas v\u00e9cu l'exp\u00e9rience de la d\u00e9portation de pr\u00e8s ou de loin pensent que tout ce qu'ils ont subi, c'est de tout perdre et de retourner au pays. Mais les t\u00e9moignages de <em>Humaniser<\/em> <em>l'expulsion<\/em> d\u00e9montrent que la patrie peut parfois \u00eatre un \u00e9tranger. La difficult\u00e9 d'adaptation au Mexique pour les migrants arriv\u00e9s enfants aux \u00c9tats-Unis d\u00e9montre que le retour dans le pays o\u00f9 l'on est n\u00e9 ne peut que se traduire par la n\u00e9cessit\u00e9 de s'adapter \u00e0 un environnement culturel et social qui peut \u00eatre \u00e9tranger et non familier. C'est ainsi que l'expuls\u00e9 incarne la double stigmatisation d'une terre qui l'aime mais le renie et l'expulse (les \u00c9tats-Unis), et d'une nation qui le reconna\u00eet mais le s\u00e9gr\u00e9ge (le Mexique), comme le r\u00e9v\u00e8lent les chapitres \u00e9crits par Ana Luisa Calvillo V\u00e1zquez et Jos\u00e9 Israel Ibarra Gonz\u00e1lez dans \u201cLa vida en el bordo\u201d (La vie \u00e0 bord).<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitants de la canalisation, par exemple, se retrouvent - je cite le Dr Ibarra - \u201csans la reconnaissance sociale de l'une ou l'autre culture, c'est-\u00e0-dire qu'ils sont doublement stigmatis\u00e9s, restreints, confin\u00e9s et catalogu\u00e9s par les institutions\u201d. En outre, ceux qui parviennent \u00e0 partir, \u00e0 s'int\u00e9grer, \u00e0 revenir, \u00e0 appartenir... deviennent des figures de prestige prim\u00e9es et des repr\u00e9sentants du pouvoir d'\u00eatre, quel que soit le nombre de blessures qu'ils portent dans leur corps et leur \u00e2me. Ceux qui n'y parviennent pas sont qualifi\u00e9s d'incapables, de brutaux, de vell\u00e9itaires et d'infructueux.<\/p>\n\n\n\n<p>Les histoires syst\u00e9matis\u00e9es par Calvillo et Ibarra montrent comment certaines personnes ont d\u00fb involontairement remplacer leur lit par un \u00e9gout, leur chien par un rat, leur maison par un moucheron, leur voiture par des chaussures us\u00e9es ou leur famille par la solitude. Tout simplement pour voir le r\u00eave s'\u00e9vanouir et rencontrer le cauchemar. Guadalupe, Ramiro, Davis, Mend\u00edvil et Luis t\u00e9moignent de cette r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout au long de la pi\u00e8ce, il est montr\u00e9 comment les d\u00e9port\u00e9s sont trait\u00e9s comme des migrants dans leur propre pays, confront\u00e9s \u00e0 des d\u00e9fis importants pour tenter de se r\u00e9int\u00e9grer, notamment en raison des barri\u00e8res qui rendent difficile la pertinence de leur vie pass\u00e9e dans le pr\u00e9sent. Il s'agit de repartir \u00e0 z\u00e9ro, de vivre une sorte de renaissance \u00e0 l'\u00e2ge adulte. L'expuls\u00e9 lui-m\u00eame est un personnage qui, parfois, repr\u00e9sente un citoyen ordinaire face aux structures de l'\u00c9tat et du pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette optique, le processus de r\u00e9int\u00e9gration des personnes expuls\u00e9es au Mexique est l'une des questions les plus importantes de ce travail. Les migrants se heurtent \u00e0 des obstacles consid\u00e9rables lorsqu'ils tentent de s'installer dans un pays qui, bien qu'\u00e9tant leur patrie, est devenu un lieu \u00e9tranger. De nombreuses personnes expuls\u00e9es sont arriv\u00e9es aux \u00c9tats-Unis alors qu'elles \u00e9taient enfants et n'ont aucun souvenir de leur vie au Mexique, ce qui rend le processus de retour extr\u00eamement traumatisant.<\/p>\n\n\n\n<p>L'ouvrage montre comment le manque de ressources et le manque de soutien institutionnel exacerbent les difficult\u00e9s de r\u00e9int\u00e9gration dans la soci\u00e9t\u00e9 mexicaine. Sans r\u00e9seaux familiaux ou communautaires, de nombreux migrants sont rel\u00e9gu\u00e9s en marge de la soci\u00e9t\u00e9, vivant dans des conditions extr\u00eamement pr\u00e9caires, comme dans le cas d'El Bordo \u00e0 Tijuana, o\u00f9 les expuls\u00e9s sont confront\u00e9s \u00e0 la stigmatisation et \u00e0 l'exclusion. Par le biais de r\u00e9cits num\u00e9riques, les personnes expuls\u00e9es racontent comment leur vie quotidienne est marqu\u00e9e par l'incertitude, la discrimination et le manque d'acc\u00e8s aux services de base.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il existe \u00e9galement des exemples de r\u00e9silience et de r\u00e9sistance. Les personnes expuls\u00e9es trouvent souvent dans les r\u00e9seaux communautaires un moyen de reconstruire leur identit\u00e9 et leur sentiment d'appartenance. Le projet \u201cHumaniser la d\u00e9portation\u201d ne se contente pas de documenter ces r\u00e9cits de lutte, il leur offre \u00e9galement une plateforme pour se faire entendre, ce qui leur permet de resignifier leur exp\u00e9rience de la d\u00e9portation et de cr\u00e9er de nouvelles formes de r\u00e9sistance culturelle et sociale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Impact \u00e9motionnel de l'expulsion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les auteurs abordent avec pertinence l'impact des traumatismes graves, qui entra\u00eenent d\u00e9pression, toxicomanie et d\u00e9nuement chez les personnes qui ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9es ou qui ont subi les cons\u00e9quences de leur expulsion. Ces probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale et de protection sociale sont une manifestation directe des difficult\u00e9s et des d\u00e9fis auxquels sont confront\u00e9es les personnes touch\u00e9es par l'expulsion.<\/p>\n\n\n\n<p>Et le plus douloureux, c'est de confirmer encore et encore qu'en tant que citoyen, on est reconnu d\u00e8s lors qu'on est utile et qu'on contribue mat\u00e9riellement, mais que pour cela il faut s'\u00e9lever socialement face aux in\u00e9galit\u00e9s, aux iniquit\u00e9s, \u00e0 la stigmatisation et \u00e0 autant de barri\u00e8res structurelles que le contexte l'exige. Parfois plus, parfois moins. Ceux qui jugent n'ont peut-\u00eatre pas conscience de ce qu'il en co\u00fbte de se (r\u00e9)ins\u00e9rer dans des soci\u00e9t\u00e9s qui n'ont de cesse de vous utiliser et de vous \u00e9carter \u00e0 leur guise.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, le livre aborde la situation particuli\u00e8re des v\u00e9t\u00e9rans militaires expuls\u00e9s, un groupe vuln\u00e9rable qui se trouve dans une position tr\u00e8s difficile apr\u00e8s avoir servi dans les forces arm\u00e9es am\u00e9ricaines. Le paradoxe de l'expulsion de ceux qui ont d\u00e9fendu le pays soul\u00e8ve des questions \u00e9thiques et morales complexes, qui sont examin\u00e9es et discut\u00e9es dans ce num\u00e9ro.<\/p>\n\n\n\n<p>L'un des th\u00e8mes r\u00e9currents est la s\u00e9paration des familles, un ph\u00e9nom\u00e8ne douloureux et complexe qui affecte profond\u00e9ment les personnes expuls\u00e9es et leurs r\u00e9seaux affectifs. Les discours sur la d\u00e9portation, les personnes d\u00e9port\u00e9es et l'expulsabilit\u00e9 aux \u00c9tats-Unis - souvent polaris\u00e9s et charg\u00e9s de stigmatisation - sont souvent polaris\u00e9s et stigmatis\u00e9s. Les discours souvent polaris\u00e9s et stigmatis\u00e9s sur l'expulsion, les d\u00e9port\u00e9s et la d\u00e9portabilit\u00e9 aux \u00c9tats-Unis influencent la perception du public et les politiques migratoires, qui \u00e0 leur tour ont un impact sur la vie des personnes concern\u00e9es, car il est parfois facile d'adopter une vision superficielle d'un probl\u00e8me structurel qui a autant de couches qu'il y a de circonstances. Ce n'est pas le sujet \u00e9tranger au contexte, ce n'est pas l'\u00eatre pour le plaisir d'exister, mais le conditionnement socio-structuro-culturel qui nous d\u00e9finit.<\/p>\n\n\n\n<p>Comprendre la complexit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne, c'est r\u00e9aliser que ces personnes vivant dans des conditions pr\u00e9caires sont des sujets subalternis\u00e9s par un syst\u00e8me qui les rend invisibles et les destine \u00e0 l'ostracisme social. Cependant, dans son chapitre intitul\u00e9 \u201cLas tecnolog\u00edas femeninas como herramientas de subversi\u00f3n y resistencia dentro de las narrativas digitales de mujeres (in)migrantes mexicanas\u201d, Marlen\u00e9 Mercado d\u00e9montre comment les strat\u00e9gies utilis\u00e9es par Sof\u00eda et Blanca, deux immigrantes mexicaines, leur permettent de d\u00e9fier et d'interrompre les r\u00e9cits dominants sur l'immigration. Ces strat\u00e9gies comprennent l'utilisation de la langue, l'organisation avec d'autres femmes, la participation \u00e0 la culture Rascuache, l'alphab\u00e9tisation et la cr\u00e9ation de r\u00e9cits dans le cadre du projet \u201cHumaniser la d\u00e9portation\u201d. En faisant entendre la voix de ces femmes marginalis\u00e9es, on souligne l'importance des connaissances qu'elles g\u00e9n\u00e8rent et poss\u00e8dent, et qui sont souvent n\u00e9glig\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Re-signifier et d\u00e9velopper l'empathie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les histoires ont la capacit\u00e9 de nous faire comprendre et ressentir l'exp\u00e9rience des autres. C'est pourquoi le livre et le projet cherchent \u00e0 approfondir le lien entre l'expulsion et la sant\u00e9 mentale, en explorant comment le manque de r\u00e9seaux de soutien et les conditions de vie difficiles, telles que le ch\u00f4mage et la mis\u00e8re, aggravent les probl\u00e8mes \u00e9motionnels et psychologiques des migrants. Cette situation, mentionn\u00e9e dans plusieurs chapitres, a conduit de nombreux migrants \u00e0 tomber dans la toxicomanie et \u00e0 adopter des comportements qui montrent comment certains migrants parviennent \u00e0 surmonter ces adversit\u00e9s gr\u00e2ce au soutien de la communaut\u00e9 et \u00e0 la reconstruction de leur identit\u00e9 dans le cadre du projet.<\/p>\n\n\n\n<p>Sarah Ashford Hart, dans son chapitre intitul\u00e9 \u201cAffecter l'humanit\u00e9, d\u00e9fier l'exclusion\", <em>d\u00e9placer-avec<\/em> Le r\u00e9cit de la d\u00e9portation d'Esther\u201d propose d'aller au-del\u00e0 de l'\u00e9coute passive de l'histoire de la femme d'Oaxaca et nous raconte comment le r\u00e9cit s'est transform\u00e9 en un exercice corporel capable d'interpeller les auditeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pratique de recherche appel\u00e9e <em>Se d\u00e9placer avec<\/em> \u201cL'expression \u201dse trouve dans les interactions, dans les mani\u00e8res sensorielles d'activer notre capacit\u00e9 d'affecter et d'\u00eatre affect\u00e9 en tant que t\u00e9moins impliqu\u00e9s au-del\u00e0 des mots. Le mouvement-avec peut \u00e9voquer un sens de r\u00e9ponse par le biais d'un accord affectif - qui ne consiste pas \u00e0 ressentir quelque chose, mais \u00e0 ressentir avec\". Activer tous les sens pour une \u00e9coute empathique, laisser le corps s'\u00e9couler : tomber, s'\u00e9lever, s'\u00e9couler. Ressentir les \u00e9motions des autres dans le corps afin de se connecter \u00e0 l'autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fait de ressentir l'\u00e9motion des autres dans notre corps nous donne une id\u00e9e de l'\u00e9preuve v\u00e9cue par ces visages qui nous sont inconnus. Comme le souligne Robert McKee Irwin, \u201cl'un des th\u00e8mes communs les plus remarquables, qui se retrouve dans l'ensemble des archives \u2018Humaniser la d\u00e9portation\u2019, est l'absence de r\u00e9solution des traumatismes\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 toutes les vicissitudes auxquelles sont confront\u00e9s ceux qui sont contraints de rentrer, il n'y a que peu d'issues : l'ali\u00e9nation (alcoolisme, drogue) ou l'espoir (d\u00e9passement, solidarit\u00e9, reconfiguration de soi et de l'environnement, refuge). L'histoire personnelle de Gerardo S\u00e1nchez, racont\u00e9e dans la section intitul\u00e9e \u201cD\u00e9portations cruelles et liens affectifs : l'ab\u00eeme sentimental \u00e0 l'ombre du mur\u201d par Irwin, met en \u00e9vidence l'importance de l'affection et des liens affectifs dans la d\u00e9termination de sa situation pr\u00e9caire. Son exp\u00e9rience est un exemple de la mani\u00e8re dont les facteurs affectifs peuvent jouer un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la vie et le destin des personnes confront\u00e9es \u00e0 la d\u00e9portation.<\/p>\n\n\n\n<p>Une \u00e9valuation tr\u00e8s personnelle est que, en tant que soci\u00e9t\u00e9, nous manquons d'empathie sociale et politique. L'alt\u00e9rit\u00e9 se r\u00e9incarne dans les diff\u00e9rents personnages qui nous mettent mal \u00e0 l'aise, non pas parce qu'ils nous d\u00e9fient dans notre vie quotidienne, mais parce que leur simple existence porte le poids de nos frustrations en tant que soci\u00e9t\u00e9 et qu'il est plus facile de chercher des coupables que des solutions, et souvent les coupables sont les plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n\n\n\n<p>Les t\u00e9moignages recueillis dans ces archives r\u00e9v\u00e8lent les profondes cons\u00e9quences psychologiques subies par les personnes expuls\u00e9es des \u00c9tats-Unis, souvent apr\u00e8s y avoir v\u00e9cu pendant des d\u00e9cennies. La s\u00e9paration familiale, le d\u00e9racinement et le choc culturel sont des facteurs cl\u00e9s dans le d\u00e9veloppement de troubles tels que la d\u00e9pression, l'anxi\u00e9t\u00e9 et la toxicomanie. Ce sentiment d'ali\u00e9nation et d'exclusion se traduit par une profonde crise d'identit\u00e9, de nombreux migrants ayant perdu leur sentiment d'appartenance aux deux cultures. Le traumatisme se refl\u00e8te non seulement dans les r\u00e9cits des expuls\u00e9s, mais aussi dans leur lutte quotidienne pour trouver une place dans un pays qui leur est \u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<p>C'est pourquoi comprendre l'expulsion, c'est aussi comprendre Tijuana. Comprendre Tijuana, c'est cesser de se consid\u00e9rer comme un territoire de passage et se comprendre comme un tourbillon de circonstances, o\u00f9 les antagonismes s'entrem\u00ealent, o\u00f9 la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9passe le possible et, parfois, l'improbable. C'est le charme et l'insouciance de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce travail et le projet du m\u00eame nom soulignent l'importance de la r\u00e9humanisation par opposition \u00e0 la d\u00e9shumanisation, en mettant l'accent sur l'individu. Ils mettent \u00e9galement en \u00e9vidence la revendication du savoir des migrants, en reconnaissant le sujet comme le propri\u00e9taire de sa propre histoire et le d\u00e9tenteur d'un savoir unique. Dans ce processus - comme l'explique Yairamaren Rom\u00e1n dans une perspective freirienne - l'humanisation du subalterne conduit \u00e0 un certain degr\u00e9 de libert\u00e9 personnelle, dans la mesure o\u00f9 elle permet \u00e0 l'opprim\u00e9 de comprendre sa capacit\u00e9 \u00e0 catalyser un changement transformateur au lieu de croire qu'il ne peut pas influencer sa situation.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Humaniser l'expulsion : r\u00e9cits num\u00e9riques des rues de Tijuana<\/em> est plus qu'un ouvrage scientifique : c'est un projet de documentation historique et politique qui transforme l'exp\u00e9rience de la migration en archives de la r\u00e9sistance. Gr\u00e2ce \u00e0 l'utilisation innovante de r\u00e9cits num\u00e9riques, ce livre r\u00e9v\u00e8le les complexit\u00e9s humaines qui accompagnent le ph\u00e9nom\u00e8ne de la d\u00e9portation, remettant en question les repr\u00e9sentations d\u00e9shumanisantes qui l'entourent souvent. La valeur du projet r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 donner la parole \u00e0 ceux qui ont \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9s par les politiques migratoires, en fournissant une plateforme aux d\u00e9port\u00e9s pour raconter leurs propres histoires, affronter les stigmates et reconstruire leur identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les archives g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par ce projet ne sont pas seulement un t\u00e9moignage vivant de la m\u00e9moire collective des migrants, mais deviennent \u00e9galement un espace o\u00f9 les histoires personnelles remettent en question les r\u00e9cits officiels qui perp\u00e9tuent l'invisibilit\u00e9 et le rejet. Ce livre offre une approche pr\u00e9cieuse pour comprendre comment la violence structurelle de l'expulsion a un impact durable sur la vie des migrants et, en m\u00eame temps, montre comment ces m\u00eames personnes trouvent des moyens de r\u00e9sister et de se reconstruire dans un contexte de vuln\u00e9rabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>D'un point de vue acad\u00e9mique, le livre apporte une contribution significative aux \u00e9tudes sur la migration en documentant les r\u00e9alit\u00e9s des d\u00e9port\u00e9s par le biais d'une m\u00e9thodologie qui donne du pouvoir aux sujets d'\u00e9tude. En centrant l'analyse sur les t\u00e9moignages directs et les exp\u00e9riences v\u00e9cues, les auteurs de ce livre remettent en question les formes traditionnelles de production de connaissances et proposent une nouvelle fa\u00e7on de penser la d\u00e9portation : non pas tant comme un acte politique, mais comme un processus humain qui laisse des traces profondes dans la subjectivit\u00e9 des gens.<\/p>\n\n\n\n<p>En bref, <em>Humaniser l'expulsion<\/em> est une contribution fondamentale \u00e0 l'\u00e9tude des migrations \u00e0 la fronti\u00e8re entre les \u00c9tats-Unis et le Mexique, ainsi qu'un outil politique et social qui cherche \u00e0 r\u00e9-humaniser le d\u00e9bat sur l'expulsion et \u00e0 transformer la fa\u00e7on dont nous concevons les droits des migrants. Les t\u00e9moignages recueillis dans ce livre ne sont pas seulement des histoires de douleur, mais des actes de r\u00e9sistance qui nous invitent \u00e0 repenser les politiques migratoires dans une perspective plus \u00e9thique et plus humaine.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Loraine Morales Pino<\/em> est une universitaire et journaliste cubaine sp\u00e9cialis\u00e9e dans les \u00e9tudes sur les migrations, la population et la communication. Elle est titulaire d'un doctorat en \u00e9tudes migratoires du El Colegio de la Frontera Norte (2019-2022) et d'une ma\u00eetrise en \u00e9tudes d\u00e9mographiques de l'Universit\u00e9 de La Havane (2015-2019), compl\u00e9t\u00e9s par des dipl\u00f4mes internationaux dans des domaines connexes. Elle est responsable de la recherche et des \u00e9tudes de troisi\u00e8me cycle \u00e0 l'Universidad Iberoamericana Tijuana. Ses publications r\u00e9centes abordent des sujets tels que le discours de haine et la discrimination dans les r\u00e9seaux sociaux, les processus migratoires dans les territoires contest\u00e9s de la r\u00e9gion, ainsi que l'effet redistributif de la migration interne et externe \u00e0 Cuba.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Humanizando la deportaci\u00f3n: narrativas digitales desde las calles de Tijuana es una obra colectiva que explora las consecuencias humanas de la deportaci\u00f3n a trav\u00e9s del uso innovador de narrativas digitales. 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