{"id":40014,"date":"2025-09-22T10:00:38","date_gmt":"2025-09-22T16:00:38","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=40014"},"modified":"2025-09-26T15:31:37","modified_gmt":"2025-09-26T21:31:37","slug":"silva-carvalho-melchor-peredo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/silva-carvalho-melchor-peredo\/","title":{"rendered":"Une nouvelle race ouverte sur l'avenir : la peinture murale de Melchor Peredo \u00e0 La Antigua"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap abstract\">Sur la base des travaux de recherche que nous menons depuis 2021 avec l'Universidade Aberta de Lisbonne (<span class=\"small-caps\">ua<\/span>b) en ce qui concerne la capacit\u00e9 d'adaptation des immigrants portugais au Mexique, nous avons constat\u00e9 qu'un nombre croissant de Mexicains rejoignent la communaut\u00e9 portugaise par naturalisation en raison de leurs origines juives s\u00e9farades de l'\u00e9poque coloniale. Comme le mentionne Miguel Le\u00f3n-Portilla, ce ph\u00e9nom\u00e8ne est le r\u00e9sultat des relations entre le Portugal et le Mexique depuis le <span class=\"small-caps\">xvi<\/span>Bien que peu connue, leur pr\u00e9sence s'est maintenue sous diverses formes au fil du temps. Ce fait a \u00e9veill\u00e9 notre int\u00e9r\u00eat pour un approfondissement du sujet et, dans le but de cr\u00e9er de nouvelles lignes de recherche, nous avons entrepris un projet en collaboration avec le d\u00e9partement d'histoire pour \u00e9tudier la pr\u00e9sence et l'influence des convertis juifs portugais dans la formation de la Nouvelle-Espagne. Lors d'une de nos visites de terrain \u00e0 La Antigua, Veracruz, nous sommes tomb\u00e9s sur une peinture murale intitul\u00e9e <em>Une nouvelle race ouverte sur l'avenir<\/em>Cela nous a amen\u00e9s \u00e0 \u00e9mettre l'hypoth\u00e8se que son auteur, Melchor Peredo y Garc\u00eda, c\u00e9l\u00e8bre muraliste mexicain, avait envisag\u00e9 l'arriv\u00e9e des Portugais qui ont accompagn\u00e9 Cort\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le maestro Melchor Peredo est n\u00e9 \u00e0 Mexico en 1927 ; d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, il a d\u00e9cid\u00e9 de devenir artiste, influenc\u00e9 par le muralisme mexicain, qui se refl\u00e8te clairement dans l'ensemble de son \u0153uvre. Ce mouvement, n\u00e9 apr\u00e8s la r\u00e9volution de 1910 et fond\u00e9 sur des id\u00e9aux socialistes et nationalistes, se caract\u00e9rise par sa protestation contre l'intol\u00e9rance sociale \u00e0 l'\u00e9gard des minorit\u00e9s - indig\u00e8nes, paysans ou prol\u00e9taires - et cherche ainsi \u00e0 sauver la dignit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re, \u00e0 mettre en \u00e9vidence les conditions d'exploitation dans lesquelles elle vit et \u00e0 exposer les relations de pouvoir complexes au sein de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9fendant la cause des opprim\u00e9s contre l'oppresseur, le muralisme s'est d\u00e9fini comme un projet politique, social et culturel, repr\u00e9sentant les principes du socialisme, l'apologie du progr\u00e8s de la science et de la connaissance et, plus tard, avec l'utilisation de sa puissante iconographie indig\u00e8ne, il a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les racines identitaires du peuple mexicain, agissant simultan\u00e9ment comme un v\u00e9hicule pour la revendication du pass\u00e9 et comme une forme de r\u00e9sistance dans le pr\u00e9sent. De m\u00eame, le mouvement refl\u00e9tait la critique des guerres et, surtout, du r\u00e9cit eurocentrique qui avait pr\u00e9valu dans l'histoire du Mexique ; il cherchait \u00e9galement \u00e0 avoir un impact sur le r\u00e9tablissement de la v\u00e9rit\u00e9 historique par rapport \u00e0 la conqu\u00eate et \u00e0 la colonisation et, surtout, \u00e0 la guerre d'ind\u00e9pendance et \u00e0 la r\u00e9volution mexicaine.<\/p>\n\n\n\n<p>L'art du muralisme a non seulement rendu visibles des th\u00e8mes diff\u00e9rents de ceux qui \u00e9taient alors institu\u00e9s, mais il a \u00e9galement cr\u00e9\u00e9 un r\u00e9pertoire esth\u00e9tique et technique novateur. Il a \u00e9galement assum\u00e9 une fonction p\u00e9dagogique, se distinguant par une communication \u00e0 partir de l'espace public - b\u00e2timents gouvernementaux, \u00e9coles et universit\u00e9s - en tirant parti de la monumentalit\u00e9 de ses \u0153uvres. Sans aucun doute, le mouvement muraliste a positionn\u00e9 le Mexique \u00e0 l'avant-garde culturelle internationale en lui conf\u00e9rant le prestige d'une \"Renaissance mexicaine\", comme l'affirme le maestro Melchor Peredo dans cette interview.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les noms les plus c\u00e9l\u00e8bres du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xx<\/span>L'\u0153uvre de Melchor Peredo, membre du mouvement muraliste mexicain depuis plus de sept d\u00e9cennies, est expos\u00e9e dans plusieurs b\u00e2timents embl\u00e9matiques au Mexique et dans d'autres pays tels que la France et les \u00c9tats-Unis. Sa vaste \u0153uvre, \u00e0 laquelle il se consacre depuis plus de sept d\u00e9cennies, est expos\u00e9e dans divers b\u00e2timents embl\u00e9matiques du Mexique et d'autres pays, comme la France et les \u00c9tats-Unis. Cependant, c'est \u00e0 Xalapa qu'il a \u00e9lu domicile il y a plusieurs d\u00e9cennies, et c'est l\u00e0 que l'on trouve la plus grande concentration de ses \u0153uvres dans diff\u00e9rents b\u00e2timents, tels que le palais municipal de Xalapa, la Cour sup\u00e9rieure de justice de Xalapa, des espaces de l'Universit\u00e9 Veracruzana et de nombreux autres b\u00e2timents de l'\u00c9tat de Veracruz.<\/p>\n\n\n\n<p>Le ma\u00eetre utilise la fresque comme technique principale, mais sa cr\u00e9ativit\u00e9 l'a amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper une nouvelle m\u00e9thode qui permet l'application de peintures murales sur des plaques de ciment ou des plafonds, ce qui facilite la mobilisation des \u0153uvres pour qu'elles puissent \u00eatre expos\u00e9es dans diff\u00e9rents lieux. Outre son travail d'artiste, il a concili\u00e9 l'enseignement en tant que professeur dans plusieurs universit\u00e9s avec un engagement ferme en faveur de l'\u00e9ducation artistique des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations, se consacrant \u00e0 la transmission de ses connaissances, notamment par le biais des ateliers qu'il a donn\u00e9s \u00e0 l'Universidad Veracruzana au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont <em>Xalapa, bastion de la r\u00e9volution muraliste mexicaine<\/em>dans lequel il a r\u00e9alis\u00e9 une compilation visant \u00e0 rendre visibles les peintures murales sur la r\u00e9volution mexicaine ayant le plus grand impact. On peut \u00e9galement trouver son travail dans <em>Los muros tienen la palabra<\/em>qui rassemble certaines des chroniques qu'il a \u00e9crites pendant cinq ans pour le journal <em>Journal de Xalapa<\/em>Comme le souligne Lourdes Hern\u00e1ndez Qui\u00f1ones dans la pr\u00e9sentation du livre, ses articles traitent de l'art, des r\u00e9cits historiques et de l'engagement social et politique de l'artiste.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, nous avons interview\u00e9 Maestro Melchor le 26 juillet 2024 par vid\u00e9oconf\u00e9rence via Microsoft Teams, ce qui a dur\u00e9 un peu plus d'une heure ; il \u00e9tait accompagn\u00e9 de son \u00e9pouse, Lourdes Hern\u00e1ndez Qui\u00f1ones. Au cours de l'entretien, il nous a fait part de la signification historique et culturelle de la peinture murale. <em>Une nouvelle race ouverte sur l'avenir<\/em>. Il a \u00e9galement abord\u00e9 l'importance de la repr\u00e9sentation de l'identit\u00e9 mexicaine \u00e0 travers le muralisme, en explorant l'influence du mouvement sur son art, et a avou\u00e9 que son but ultime dans l'art est de remettre en question les mensonges historiques et de favoriser une compr\u00e9hension plus profonde de l'histoire ; il a propos\u00e9 une r\u00e9flexion sur la pertinence de l'art mural pour l'\u00e9ducation et l'identit\u00e9 culturelle mexicaines, en conseillant aux jeunes muralistes de rester fid\u00e8les \u00e0 leurs racines culturelles et en soulignant le r\u00f4le de l'art en tant que moyen de r\u00e9sistance culturelle et de recherche de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/melchor-image001.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2000x900\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1. Mural Una nueva raza abierta al porvenir del maestro Melchor Peredo junto a la casa de Hern\u00e1n Cort\u00e9s en La Antigua, Veracruz, M\u00e9xico, parte frontal. Fuente: Charles Da Silva Rodrigues y Paula Alexandra Carvalho De Figueiredo\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/melchor-image001.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/melchor-image003.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2000x900\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2. Mural Una nueva raza abierta al porvenir del maestro Melchor Peredo junto a la casa de Hern\u00e1n Cort\u00e9s en La Antigua, Veracruz, M\u00e9xico, parte posterior. Fuente: Charles Da Silva Rodrigues y Paula Alexandra Carvalho De Figueiredo\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/melchor-image003.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Peinture murale Una nueva raza abierta al porvenir du ma\u00eetre Melchor Peredo \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la maison d'Hern\u00e1n Cort\u00e9s \u00e0 La Antigua, Veracruz, Mexique, avant. Source : Charles Da Silva Rodrigues et Paula Alexandra Carvalho De Figueiredo<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Peinture murale Una nueva raza abierta al porvenir du ma\u00eetre Melchor Peredo \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la maison d'Hern\u00e1n Cort\u00e9s \u00e0 La Antigua, Veracruz, Mexique, dos. Source : Charles Da Silva Rodrigues et Paula Alexandra Carvalho De Figueiredo<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><strong>Maestro Melchor, lors de notre visite \u00e0 La Antigua, nous avons eu le privil\u00e8ge d'observer votre fresque murale double face intitul\u00e9e <em>Une nouvelle race ouverte sur l'avenir<\/em>Pourriez-vous nous faire part de l'objectif de cette \u0153uvre et de ce qui a inspir\u00e9 sa cr\u00e9ation ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">C'est une histoire un peu particuli\u00e8re, disons un peu pittoresque, parce que le gouverneur de l'\u00e9poque \u00e9tait Miguel Alem\u00e1n, un jeune homme, et quelqu'un m'a recommand\u00e9 de peindre une peinture murale des seize chevaux qui avaient accompagn\u00e9 Hern\u00e1n Cort\u00e9s. Curieusement, tous les noms de ces chevaux sont d\u00e9crits dans les chroniques. Je suis donc tr\u00e8s amateur et, en plus, je m'implique beaucoup dans l'histoire des sujets que je dois peindre. Car je sais qu'il y a beaucoup de mensonges, et que les choses qui sont enseign\u00e9es et celles qui ne le sont pas comportent des fausset\u00e9s et des lacunes, les manuels, etc. M\u00eame les universitaires ont beaucoup d'informations erron\u00e9es. Je ne pr\u00e9tends pas en savoir plus que les autres, mais j'ai de tr\u00e8s bons amis ici avec plusieurs historiens, des personnes \u00e9minentes comme Carmen Bl\u00e1zquez et d'autres. De plus, d'apr\u00e8s ce que j'ai pu voir dans les chroniques, il s'av\u00e8re qu'il \u00e9tait possible de fabriquer une s\u00e9rie de chevaux. Mais j'aime \u00e0 dire que c'est ridicule [il rit], quel est le rapport avec ces chevaux ? D'ailleurs, \u00e7a ne dit rien, un cheval, une cavalerie, si c'\u00e9tait une \u00e9curie, non ? Eh bien, en plus d'un endroit comme La Antigua, le troisi\u00e8me endroit o\u00f9 il se trouve.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re ville, la ville de Vera Cruz de la Veracruz, ne leur pla\u00eet pas parce qu'il y a beaucoup de maladies, et ils vont \u00e0 ce qui s'appelle aujourd'hui Villa Rica, qui est une petite ville. L\u00e0, ils ont fond\u00e9 des villes \u00e0 leur mani\u00e8re ; la premi\u00e8re chose qu'ils ont faite a \u00e9t\u00e9 d'\u00e9riger un pilori [il rit]. Ils ont m\u00eame coup\u00e9 les pieds d'un soldat parce qu'il disait qu'il voulait retourner dans son pays : \"Si personne ne me laisse ici, je vais couler les bateaux de tout le monde, pour que personne ne puisse rentrer\" [rires].<em>.<\/em> Un homme intelligent, je parle d'Hern\u00e1n Cort\u00e9s, parce qu'il laisse un petit bateau, n'est-ce pas ? [il rit], alors il doit partir.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, ils se sont finalement rendus au Mexique et ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la destruction barbare de Tenochtitlan dans la merveilleuse ville. \u00c0 leur retour, ils s'install\u00e8rent pendant plusieurs ann\u00e9es \u00e0 cet endroit appel\u00e9 La Antigua, o\u00f9 une rivi\u00e8re appel\u00e9e Pescados se jette dans la mer.<em>.<\/em> C'est l\u00e0 que commencent \u00e0 arriver des bateaux en provenance de diff\u00e9rentes parties du monde, d'Am\u00e9rique centrale, d'Espagne et du Portugal, ainsi que des esclaves ; des personnes d'origines diverses d\u00e9barquent. Dans mes derni\u00e8res peintures murales, je repr\u00e9sente pr\u00e9cis\u00e9ment la sc\u00e8ne o\u00f9 l'on d\u00e9charge la mati\u00e8re premi\u00e8re pour construire une ville, c'est-\u00e0-dire la chair humaine, c'est-\u00e0-dire les esclaves.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, je me suis dit : \"Bon, faisons une liste de ces chevaux avec des noms, qui sont enregistr\u00e9s\", et l\u00e0, de l'autre c\u00f4t\u00e9, il y avait la liste des noms. Mais je me suis dit : \"Comme j'aime bien qu'on me donne des sujets que je trouve douteux\" ; j'aime bien, pardonnez-moi de le dire, mais j'aime bien me moquer des gens [rires]. Alors j'ai dit : \"Bon, les chevaux, mais oui, avec leurs cavaliers\", et ces cavaliers vous paraissent tr\u00e8s laids, tr\u00e8s agressifs, n'est-ce pas ? [rires]. C'est terrible, n'est-ce pas (voir image 1). Comme vous le savez, l'histoire nous apprend que les indig\u00e8nes pensaient que l'homme et l'animal ne formaient qu'un seul et m\u00eame animal ; il s'agissait des centaures, qui \u00e9taient assez terribles pour les indig\u00e8nes. C'est pourquoi ces petits chevaux sont l\u00e0, ils sont un peu diaboliques ; je me suis beaucoup amus\u00e9 \u00e0 faire cela.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><strong>L'objectif de votre \u0153uvre \u00e9tait donc de comm\u00e9morer les relations historiques entre le Mexique et l'Espagne. Oui, nous remarquons que l'image des chevaux est frappante, tandis que le dos offre une certaine \u00e9nigme. Pourriez-vous nous expliquer comment ces deux peintures murales refl\u00e8tent des symbolismes si diff\u00e9rents ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cette peinture murale a \u00e9t\u00e9 command\u00e9e par le gouverneur de Veracruz - Miguel Alem\u00e1n a eu la gentillesse de me commander cette \u0153uvre ! [il rit]. J'ai d\u00e9j\u00e0 fait la liste des petits chevaux, mais maintenant, pour cela, je vais lui donner un mural, et au dos, qui est le dos de celui-ci, il y a un autre mural de la m\u00eame taille, \u00e9galement fait avec de la mosa\u00efque de type talavera.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme il s'agissait de recevoir un groupe d'Espagnols qui allaient \u00eatre pr\u00e9sents, le gouverneur a voulu bien les recevoir et a invit\u00e9 des historiens comme [Miguel] Le\u00f3n-Portilla. Nous \u00e9tions l\u00e0, des gens int\u00e9ress\u00e9s par l'histoire. Je me suis dit : \"Je vais peindre quelque chose de positif, quelque chose que je ressens, en quoi je crois\" ; et c'est cette dispute dramatique et profonde qui survit encore : si nous sommes des Espagnols ou s'ils sont des Indiens mexicains, ou qui \u00e9taient les m\u00e9chants ou qui \u00e9taient les gentils [il rit]. C'est pourquoi j'ai choisi ce titre : nous sommes une nouvelle race, une race combin\u00e9e, une race riche en \u00e9l\u00e9ments artistiques et culturels, et elle est ouverte sur l'avenir, c'est-\u00e0-dire qu'elle est encore \u00e0 venir, \u00e0 voir, et c'est pour cela qu'elle s'appelle ainsi.<\/p>\n\n\n\n<p>Graphiquement, j'ai voulu repr\u00e9senter deux \u00e9l\u00e9ments : l'un est la Dame d'Elche de l'arch\u00e9ologie espagnole, qui est si importante et si belle, et l'autre moiti\u00e9 de la m\u00eame figure est constitu\u00e9e d'un indig\u00e8ne vu de profil. En d'autres termes, il s'agit d'une combinaison de deux figures qui n'en font qu'une (voir image 2). Et excusez-moi, mais j'ai beau faire, je ne peux pas m'emp\u00eacher d'\u00eatre un plaisantin [il rit]. L'homme fait une partie de la femme, mais il a la main sur sa hanche [rires]. Lorsque le gouverneur est arriv\u00e9, il a vu cet homme prendre la hanche de la dame d'Elche, eh bien oui, ils faisaient la course, n'est-ce pas ? [il rit]. Le gouverneur l'a regard\u00e9, a souri et l'a bien pris ; ce sont des choses tr\u00e8s mexicaines, nous mettons de c\u00f4t\u00e9 la m\u00e9chancet\u00e9. Je vois maintenant qu'il a un cadre de couleur terre, marron, il n'en avait pas, je suis d\u00e9sol\u00e9. Et c'est comme \u00e7a qu'est n\u00e9 ce nom, et c'\u00e9tait de tout c\u0153ur. J'insiste sur cette th\u00e8se parce que oui, on ne peut pas continuer \u00e0 combattre les bruns avec les blancs, ni les verts [il rit].<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><strong>Comme vous l'avez mentionn\u00e9, cette peinture murale se distingue par la technique de la mosa\u00efque de talavera, qui constitue une approche diff\u00e9rente et distinctive de votre travail habituel. Qu'est-ce qui vous a amen\u00e9 \u00e0 choisir cette technique, compte tenu notamment des difficult\u00e9s que peut entra\u00eener le travail avec des pigments ? Comment s'est d\u00e9roul\u00e9e l'exp\u00e9rience de cr\u00e9ation de cette \u0153uvre ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Oui, il est fait de talavera. Il arrive que dans diff\u00e9rentes villes et villages du Mexique, pour des raisons historiques parfois difficiles \u00e0 discerner, se cr\u00e9e une industrie, un artisanat sp\u00e9cifique \u00e0 ce lieu. Je ne sais pas pourquoi c'est \u00e0 Puebla que s'est d\u00e9velopp\u00e9 ce go\u00fbt pour la mosa\u00efque ; c'est probablement d\u00fb au type de mat\u00e9riaux tr\u00e8s r\u00e9sistants utilis\u00e9s. C'est peut-\u00eatre parce que de nombreuses \u00e9glises ont \u00e9t\u00e9 construites \u00e0 Puebla que ce mat\u00e9riau s'est impos\u00e9 dans les \u00e9glises, en raison de sa r\u00e9sistance ; et dans d'autres villes du Mexique, la religion chr\u00e9tienne n'a pas exerc\u00e9 une telle pression, ce qui leur a permis d'acqu\u00e9rir cette coutume.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces boues sp\u00e9ciales sont plac\u00e9es dans une cuve et malax\u00e9es avec les pieds jusqu'\u00e0 ce qu'elles soient parfaitement propres ; ensuite, cette valeur est transform\u00e9e en ce type de porcelaine. Le travail a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Puebla, c'est-\u00e0-dire que je l'ai fabriqu\u00e9 et peint, mais il a \u00e9t\u00e9 cuit, chaque mosa\u00efque a \u00e9t\u00e9 mise au four par des artisans tr\u00e8s renomm\u00e9s de Puebla. C'\u00e9tait vraiment une aventure pour moi, parce que je ne sais pas si vous avez d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 avec des mosa\u00efques ou si vous savez comment elles sont faites ; elles sont toutes de la m\u00eame couleur, elles sont comme de petites poudres grises et ce n'est que lorsqu'elles sont cuites qu'elles acqui\u00e8rent leur couleur. Nous avons donc calcul\u00e9, et si c'\u00e9tait vert, et si c'\u00e9tait bleu, et si c'\u00e9tait rouge, n'est-ce pas ? Et c'est une aventure, maintenant oui, ce n'est pas tr\u00e8s, tr\u00e8s facile. Ces travailleurs ont fait leur pot-au-feu, d'ailleurs, et vu la fa\u00e7on dont les choses se passent maintenant, lorsqu'ils sont venus participer \u00e0 l'inauguration, ils n'ont pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 entrer [il rit]. Chaque participant avait peint sur le sol l'endroit o\u00f9 il allait se tenir, n'est-ce pas, pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9 [rires].<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><strong>Comme nous l'avons mentionn\u00e9, notre visite \u00e0 Antigua \u00e9tait motiv\u00e9e par notre d\u00e9sir d'en savoir plus sur la pr\u00e9sence des Portugais qui sont arriv\u00e9s avec Cort\u00e9s. Au cours de vos recherches, avez-vous trouv\u00e9 des informations ou des t\u00e9moignages sur l'influence de ces Portugais dans la formation de l'identit\u00e9 culturelle du Mexique ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Vous pouvez consulter la liste ici, ce que je dis ici, c'est cette \"nouvelle race\". Nous serrons la main de nos fr\u00e8res espagnols, car nous sommes une nouvelle race, h\u00e9riti\u00e8re de la sagesse indig\u00e8ne et de la bravoure de l'Ib\u00e9rie 1519-2004\".<em>. <\/em>Et vous me demanderez : \"Eh bien ! <em>\u00bf<\/em>et ceci<em> O\u00f9 avez-vous trouv\u00e9 ce texte ?<\/em>\". La v\u00e9rit\u00e9, c'est qu'ils ont demand\u00e9 au gouverneur : \"Eh, qu'est-ce que vous allez \u00e9crire l\u00e0-bas ? Dites-moi, gouverneur, que voulez-vous que le peintre \u00e9crive ? [Le gouverneur a r\u00e9pondu : \"Qu'il \u00e9crive ce qu'il veut, qu'il \u00e9crive ce qu'il veut\" [il rit]. Nous sommes reconnaissants de cette confiance et c'est l'histoire de cet endroit.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense que vous devez conna\u00eetre un livre sensationnel d'\u00darsula Camba Ludlow, qui s'intitule <em>\u00c9chos de la Nouvelle Espagne : les si\u00e8cles perdus de l'histoire du Mexique<\/em>Il y a une biographie de chacun d'entre eux et, en plus de leurs noms et pr\u00e9noms, curieusement, leurs signatures sont \u00e9galement indiqu\u00e9es. Cela signifie qu'ils n'\u00e9taient pas aussi ignorants que beaucoup de gens le pensent : c'\u00e9taient des barbares, n'est-ce pas ? Ils savaient tous signer [rires]. Ce livre est fabuleux ; l'auteur est venu ici \u00e0 Xalapa pour le pr\u00e9senter. Et l\u00e0, on peut voir, comme vous le dites, qui \u00e9tait d'origine portugaise, etc. Pour le reste, outre les navires espagnols, beaucoup de Portugais sont venus \u00e0 La Antigua, parce que c'\u00e9tait un endroit en p\u00e9riph\u00e9rie o\u00f9 ils pouvaient ancrer leurs navires \u00e0 la sortie du fleuve.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais pas si vous avez \u00e9t\u00e9 en contact avec Bernardo Garc\u00eda D\u00edaz, qui a fait beaucoup de recherches sur ce sujet ; avec un autre chercheur, je pense qu'ils \u00e9tudient pr\u00e9cis\u00e9ment les Portugais, parce qu'il m'a demand\u00e9 ce livre, que j'avais ; mais je l'ai donn\u00e9 \u00e0 une grande chercheuse, Carmen Bl\u00e1zquez.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils sont donc arriv\u00e9s avec Hern\u00e1n Cort\u00e9s, qui est arriv\u00e9 le premier \u00e0 Villa Rica, et qui leur a dit : \"Vous ne retournerez pas chez moi ; ici vous \u00eates venus et ici vous restez\" ; et c'est pourquoi il a coul\u00e9 les navires, il ne les a pas br\u00fbl\u00e9s, comme beaucoup de gens le pensent ; il a envoy\u00e9 les capitaines la nuit pour les couler. Nous avons une petite cabane \u00e0 Villa Rica, juste en face de l'endroit o\u00f9 se trouvent les Fran\u00e7ais, les plongeurs trouvent des ancres et des parties de leurs navires.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><strong>Vous \u00eates une figure embl\u00e9matique du muralisme au Mexique. Quelles sont vos principales sources d'inspiration et comment ont-elles influenc\u00e9 la repr\u00e9sentation de l'identit\u00e9 mexicaine dans vos \u0153uvres ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les peintres mexicains plongent leurs racines dans le pass\u00e9 pr\u00e9hispanique, notamment dans l'art merveilleux des Olm\u00e8ques, et c'est \u00e0 partir de l\u00e0 que la peinture mexicaine s'est d\u00e9velopp\u00e9e sous le nom de muralisme mexicain, avec une majuscule. Elle a m\u00eame fait beaucoup de bruit dans le monde, elle a eu beaucoup d'importance. Certes, il y avait beaucoup de gens de pure race indig\u00e8ne, mais \u00e0 l'ext\u00e9rieur, il n'y avait pas beaucoup de peintres, il y avait peu de gens qui peignaient le muralisme mexicain, et nous dirions qu'il n'y en a qu'un petit nombre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ecoutez, nous avons eu une r\u00e9volution en 1910 parce que le dirigeant, Porfirio Diaz, \u00e9tait un homme tr\u00e8s <em>chic<\/em>\u00c0 la fran\u00e7aise. Bien s\u00fbr, \u00e0 juste titre, la France \u00e9tait une chose merveilleuse ; mais il y avait beaucoup d'Espagnols, \u00e9galement propri\u00e9taires d'haciendas, qui \u00e9taient les h\u00e9ritiers des conquistadors. Les conquistadors \u00e9taient venus et avaient r\u00e9duit les Indiens en esclavage ; ensuite, lorsque les haciendas ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es, ils en ont fait des travailleurs, parfois sans salaire, presque comme des esclaves. Toute cette situation de m\u00e9pris des indig\u00e8nes \u00e9tait tr\u00e8s hispanique, dans le style espagnol, qui \u00e9tait le style europ\u00e9anisant de Porfirio D\u00edaz.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a un moment o\u00f9 [Emiliano] Zapata se l\u00e8ve, prend son fusil et dit : \"Nous sommes des Mexicains\" [il rit] ; et Pancho Villa vient : \"Nous sommes des Mexicains\", et les peintres viennent et disent : \"Ah, eh bien, nous allons faire de l'art bas\u00e9 sur l'art pr\u00e9hispanique aussi\". C'est alors qu'est arriv\u00e9 un homme, Diego Rivera, qui a travaill\u00e9 toute sa vie pour sauver les valeurs artistiques et culturelles de l'\u00e8re pr\u00e9hispanique. \u00c0 tel point qu'avant de mourir, il a construit un \u00e9norme b\u00e2timent, l'Anahuacalli ou la maison du temple de l'Am\u00e9rique, avec les mat\u00e9riaux et le type de culture utilis\u00e9s pour les pyramides, une chose merveilleuse. Il l'a construit pour stocker environ deux mille pi\u00e8ces arch\u00e9ologiques qu'il avait amoureusement rassembl\u00e9es pour cr\u00e9er son mus\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont eux, et surtout lui, qui ont le plus cherch\u00e9 ce sauvetage, et tout cela a \u00e9t\u00e9 le mouvement nationaliste, que l'on a appel\u00e9 la renaissance mexicaine. De l\u00e0 sont n\u00e9s des artistes comme [Silvestre] Revueltas, le musicien \u00e0 la musique aux sonorit\u00e9s tr\u00e8s proches, \u00e9galement li\u00e9es au drame du son, \u00e0 l'esprit du Mexique. Un cin\u00e9ma tr\u00e8s mexicain a \u00e9merg\u00e9, bas\u00e9 sur la mexicanit\u00e9, une mexicanit\u00e9 qui est d\u00e9j\u00e0 un peu curieuse parfois parce qu'elle renforce la figure du charro, mais le charro est d'origine espagnole [il rit].<\/p>\n\n\n\n<p>Un critique tr\u00e8s, tr\u00e8s hostile a dit : \"Au Mexique, il n'y a rien d'autre que les peintures murales de Diego Rivera\" ; qu'ici, au Mexique, il n'y a rien d'autre que des peintures murales. Et, certainement, c'\u00e9tait le moment de la culture qui se d\u00e9veloppait, ce qu'on a appel\u00e9 l'\u00e2ge d'or, dans le cin\u00e9ma, la musique, la litt\u00e9rature et la peinture, tout en respectant la force et la profondeur de l'\u00e9poque pr\u00e9hispanique.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis vient un moment o\u00f9, il faut bien le dire, il y a une interf\u00e9rence de la Central Intelligence Agency (CIA) am\u00e9ricaine.<span class=\"small-caps\">cia<\/span>Et l'art mexicain a d\u00fb subir des attaques tr\u00e8s bien planifi\u00e9es pour le discr\u00e9diter ; et le temps est venu o\u00f9 c'\u00e9tait un p\u00e9ch\u00e9 de peindre des choses mexicaines, un p\u00e9ch\u00e9 de faire de la musique mexicaine [il rit]. Tout cela est une longue histoire, et il faudrait la raconter, non pas pour la justifier, mais pour l'expliquer, parce qu'il y avait des bombes atomiques des deux c\u00f4t\u00e9s, et qu'ils ne voulaient pas que quelqu'un au Mexique pense au nationalisme.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><strong>Alors, face \u00e0 ces pressions et attentes ext\u00e9rieures, comment a-t-il r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9sister et \u00e0 rester fid\u00e8le \u00e0 sa vision artistique ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Je veux donner une r\u00e9ponse tangible, une r\u00e9ponse sur papier. Ce moment o\u00f9 notre culture est attaqu\u00e9e, est d\u00e9form\u00e9e pour ces raisons sales et politiques. Et vous me demandez ce qu'il faut faire ou si quelqu'un a fait quelque chose ? Je ne veux pas \u00eatre pr\u00e9tentieux, mais je suis n\u00e9 \u00e0 Mexico et j'ai refus\u00e9 de c\u00e9der \u00e0 l'invasion de l'art puriste, etc. venu des \u00c9tats-Unis. J'ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler dans la m\u00eame optique de nationalisme, mais un nationalisme qui vous critique, et j'ai \u00e9crit un livre : <em>Xalapa, bastion de la r\u00e9volution muraliste mexicaine<\/em> 2015.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis mon arriv\u00e9e ici [il y a pr\u00e8s de 40 ans] [Xalapa], nous avons r\u00e9ussi \u00e0 maintenir une ligne critique et, d'une certaine mani\u00e8re, r\u00e9volutionnaire, car nous n'acceptons pas les mensonges. Il faut dire aussi qu'\u00e0 un moment donn\u00e9, notre grand ma\u00eetre Diego Rivera nous a dit : \"Les gar\u00e7ons, ne peignez plus la r\u00e9volution\" [il rit]. La r\u00e9volution que nous faisons est donc contre les mensonges, elle est pour la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Mexique, comme je l'ai dit au d\u00e9but, est rempli de mensonges que l'on raconte dans les \u00e9coles, comme celui selon lequel Antonio L\u00f3pez de Santa Anna, qui est n\u00e9 \u00e0 Xalapa, a vendu le Mexique aux \u00c9tats-Unis. C'est un mensonge [il rit]. C'est un mensonge ; il a m\u00eame \u00e9t\u00e9 le cr\u00e9ateur de la R\u00e9publique mexicaine. Mais nous nous attaquons \u00e0 tous ces mensonges et \u00e0 bien d'autres par le biais d'enqu\u00eates qui prennent beaucoup de temps. Nous combattons les mensonges et l'occultation des valeurs, par exemple : il y a une femme qui s'appelle Mar\u00eda Teresa de la Sota Riba, qui s'est battue pour l'ind\u00e9pendance du Mexique et qui a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 \u00eatre enferm\u00e9e dans un couvent. Nous l'avons peinte pour faire conna\u00eetre une h\u00e9ro\u00efne que presque personne ne connaissait, nous ne l'avons pas trouv\u00e9e dans les recherches de livres, c'est \u00e9trange, non ? [elle rit]. Je pr\u00e9tends l'avoir lanc\u00e9e [rires] vers la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 historique ; moi et un autre \u00e9crivain, qui curieusement porte le m\u00eame nom que moi, Peredo, nous avons tous les deux travaill\u00e9 pour la faire conna\u00eetre. C'est ainsi que nous faisons notre r\u00e9volution, sans armes et pour le Mexique, pour la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De cette mani\u00e8re, nous ne faisons pas de l'art abstrait, ni de la peinture conceptuelle, et nous ne suivons pas non plus la position ridicule de ce grand artiste [rires] qui a envoy\u00e9 un urinoir, vous connaissez l'histoire, pour se moquer des gringos, comme nous le disons ici [rires], pour se moquer d'eux. \u00c0 partir de l\u00e0, les gringos disent : \"Ah, eh bien, c'est une \u0153uvre d'art\". Et excusez-moi quand je dis gringos, mais je ne le dis pas de mani\u00e8re p\u00e9jorative, mais critique, parce que <em>manteau vert<\/em> est la veste verte des envahisseurs qui sont venus au Mexique \u00e0 l'\u00e9poque o\u00f9 ils ont pris la moiti\u00e9 de notre territoire, n'est-ce pas ? C'\u00e9taient les gringos, <em>manteau vert<\/em> [rires]. Comme \u00e7a, on s'amuse [rires].<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><strong>Une fois que votre arme de r\u00e9sistance est la v\u00e9rit\u00e9, qu'est-ce qui change chaque fois que vous terminez un travail ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Qu'est-ce qui a chang\u00e9 ? Eh bien, les gens ont commenc\u00e9 \u00e0 douter, beaucoup de gens ont commenc\u00e9 \u00e0 douter, par exemple, qu'il \u00e9tait vrai qu'Antonio L\u00f3pez de Santa Anna avait vendu le Mexique aux \u00c9tats-Unis. Parce que d\u00e9j\u00e0 dans les conf\u00e9rences, que j'ai m\u00eame donn\u00e9es dans les centres historiques de l'universit\u00e9, j'ai pr\u00e9sent\u00e9 ce personnage tel qu'il est r\u00e9ellement ; parce qu'il n'a pas sign\u00e9 le trait\u00e9 de Guadalupe Hidalgo, il ne l'a pas sign\u00e9, c'\u00e9tait un autre homme. Il a \u00e9galement proclam\u00e9 la R\u00e9publique mexicaine, rien de plus. Et les gens, quand je leur demande dans les conf\u00e9rences : \"Savez-vous que vous vivez dans la R\u00e9publique ? Savez-vous qui l'a refond\u00e9e ? C'est le silence, non ! [il rit]. \"Eh bien, c'est Santa Anna\" [je leur dis]. Je pense que cela change un peu parce que nous ne nous contentons pas de peindre, nous faisons aussi beaucoup de conf\u00e9rences et je parle beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l'\u00e9poque, les gens ne savaient pas qui \u00e9tait Mar\u00eda Teresa de la Sota Riba. Aujourd'hui, les f\u00e9ministes sont tr\u00e8s heureuses d'avoir leur h\u00e9ro\u00efne, ce qu'elles n'avaient pas auparavant, et elles la peignent m\u00eame sur les murs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des choses qui changent et, surtout, je pense que les nouveaux peintres changent aussi. R\u00e9cemment, l'un d'entre eux, qui \u00e9tait mon assistant, m'a dit : \"Ma\u00eetre, pouvez-vous nous donner le pinceau pour que nous puissions suivre votre chemin\".<em>.<\/em> Eh bien, oui, nous sommes ici en train de gifler l'idiotie qui consiste \u00e0 consid\u00e9rer des chaussures de tennis suspendues \u00e0 une corde \u00e0 linge comme une \u0153uvre d'art et d'autres choses de ce genre, ce qui est une d\u00e9viation. Nous parvenons \u00e0 attirer un peu, je pense beaucoup, vers la culture de nos origines, pas seulement indig\u00e8ne, mais aussi celle des r\u00e9volutionnaires, de certains socialistes que, d'une certaine mani\u00e8re, nous sommes en train de sauver, n'est-ce pas ?<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><strong>Pensez-vous que l'\u00e9mergence de cette nouvelle race a repr\u00e9sent\u00e9 une valeur positive dans la construction de l'identit\u00e9 mexicaine ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">C'est une bonne question que vous me posez, n'est-ce pas ? C'est comme si vous me demandiez si l'existence de Dieu ou la non-existence de Dieu vaut la peine. Ce sont des choses qui arrivent dans l'histoire, c'est in\u00e9vitable, un peuple arrive toujours et se m\u00e9lange \u00e0 un autre. Et donc, heureusement, nous ne nous m\u00e9langeons plus avec les dinosaures, n'est-ce pas ? Maintenant, nous sommes d'autres cr\u00e9atures [il rit]. Eh bien, oui, cela vaut la peine tant que nous transformons le m\u00e9lange en quelque chose de positif. Donc, oui, cela vaut la peine de comprendre que nous sommes une grande communaut\u00e9 universelle. Cela ne vaut pas la peine de nier, de dire que nous sommes des d\u00e9chets parce que nous sommes un m\u00e9lange : les Noirs, les Blancs, les Verts [rires]. Alors \u00e7a ne vaut plus la peine, grand, parce que ce genre de d\u00e9bat est maintenant presque politique, et non plus philosophique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Le\u00f3n-Portilla, Miguel (2005). \u201cPresencia portuguesa en M\u00e9xico colonial\u201d, <em>Estudios de Historia Novohispana<\/em>, n\u00fam. 32, 2005, pp. 13-27.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Peredo, Melchor (2019). <em>Los muros tienen la palabra<\/em>. Xalapa: Universidad Veracruzana, 2019.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Charles Da Silva Rodrigues<\/em> Doctorat en philosophie anthropologique, Universidade de Lisboa ; doctorat en psychologie de l'universit\u00e9 d'Estr\u00e9madure avec distinction. <em>cum laude ; <\/em>Doctorat en relations interculturelles de l'Universidade Aberta, avec mention. <em>cum laude<\/em>. Il est membre de la <span class=\"small-caps\">snii<\/span>, niveau <span class=\"small-caps\">i<\/span>. Sp\u00e9cialisation en neuropsychologie par l'Institut de neuropsychologie. <span class=\"small-caps\">criap<\/span>Lisbonne. Ma\u00eetrise en psychologie du langage et en orthophonie de l'Universidade Aut\u00f3noma de Lisboa (Lisbonne, Portugal).<span class=\"small-caps\">ual<\/span>) ; dipl\u00f4me en psychologie clinique, <span class=\"small-caps\">ual<\/span>. Dipl\u00f4me de philosophie, Universidade de Lisboa. Ma\u00eetrise \u00e0 l'universit\u00e9 de Guanajuato. Profil de l'entreprise <span class=\"small-caps\">prodep<\/span>. Chercheur collaborateur du <span class=\"small-caps\">cemri<\/span>&#8211;<span class=\"small-caps\">ua<\/span>b, Centro de Estudos das Migra\u00e7\u00f5es e das Rela\u00e7\u00f5es Interculturais, Sa\u00fade, Cultura e Desenvolvimento, Universidade Aberta, Portugal. Membre de l'\u00e9quipe doctorale de l'universit\u00e9 d'Estr\u00e9madure, Espagne. Doctorant en histoire \u00e0 l'Universidade Aberta, Portugal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Paula Alexandra Carvalho De Figueiredo<\/em> D. en relations interculturelles, Universidade Aberta de Lisboa, Portugal ; MA en \u00e9tudes europ\u00e9ennes, Universidade Aberta, Portugal ; BA en philosophie, Universidade de Lisboa, Faculdade de Letras, Portugal. Chercheur collaborateur \u00e0 <span class=\"small-caps\">cemri<\/span>&#8211;<span class=\"small-caps\">ua<\/span>b de l'Universidade Aberta, Portugal. Candidat membre <span class=\"small-caps\">snii<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Melchor Peredo y Garc\u00eda<\/em> est n\u00e9 \u00e0 Mexico en 1927. Il est reconnu comme le dernier repr\u00e9sentant du muralisme mexicain par les sp\u00e9cialistes. Sa vaste \u0153uvre, d\u00e9velopp\u00e9e sur plus de sept d\u00e9cennies, se retrouve dans divers b\u00e2timents embl\u00e9matiques au Mexique, en France et aux \u00c9tats-Unis. Au cours des quatre derni\u00e8res d\u00e9cennies, il a v\u00e9cu \u00e0 Xalapa, o\u00f9 la plupart de ses \u0153uvres murales sont concentr\u00e9es dans le palais municipal, la Cour sup\u00e9rieure de justice et les espaces de l'Universidad Veracruzana. Il utilise principalement la technique de la fresque et a d\u00e9velopp\u00e9 une m\u00e9thode innovante d'application de peintures murales sur des plaques de ciment. Il a concili\u00e9 son travail artistique avec l'enseignement universitaire, transmettant ses connaissances aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations. Il est l'auteur de <em>Xalapa, bastion de la r\u00e9volution muraliste mexicaine<\/em> (2015) y <em>Los muros tienen la palabra<\/em> (2019).<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cet entretien, Melchor Peredo y Garc\u00eda, reconnu comme le dernier repr\u00e9sentant du muralisme mexicain, r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la signification historique et culturelle de sa peinture murale Una nueva raza abierta al porvenir, situ\u00e9e \u00e0 La Antigua, Veracruz. Peredo \u00e9voque l'importance de la repr\u00e9sentation de l'identit\u00e9 mexicaine \u00e0 travers le muralisme et partage sa vision de la pertinence de l'art mural dans l'\u00e9ducation et l'identit\u00e9 culturelle au Mexique. Il \u00e9voque \u00e9galement l'objectif de l'art mural, qui consiste \u00e0 remettre en question les mensonges historiques et \u00e0 favoriser une meilleure compr\u00e9hension de l'histoire, en soulignant le r\u00f4le de l'art en tant que moyen de r\u00e9sistance culturelle et de recherche de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":40019,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[1101,1471],"coauthors":[551],"class_list":["post-40014","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-12","tag-mestizaje-cultural","tag-muralismo-mexicano","personas-charles-da-silva-rodrigues","personas-peredo-y-garcia-melchor","personas-carvalho-de-figueredo-paula-alexandra","numeros-1405"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Una nueva raza abierta al porvenir: el mural de Melchor Peredo en La Antigua &#8211; 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