{"id":39940,"date":"2025-09-22T10:00:30","date_gmt":"2025-09-22T16:00:30","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=39940"},"modified":"2025-09-19T17:01:50","modified_gmt":"2025-09-19T23:01:50","slug":"juarez-autorrepresentacion-identidad-afrodescendencia-yucatan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/juarez-autorrepresentacion-identidad-afrodescendencia-yucatan\/","title":{"rendered":"Curatorships of the self. L'afro-descendance en question"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">\u00c0 travers des photographies, des entretiens, des r\u00e9cits de vie et une m\u00e9thodologie dialogique bas\u00e9e sur l'horizontalit\u00e9, cette ethnographie visuelle reconstruit diverses formes d'identification et d'autorepr\u00e9sentation qui renvoient, de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, \u00e0 l'afro-descendance et \u00e0 ses marques somatiques suppos\u00e9es. Le tout s'inscrit dans un contexte r\u00e9gional, urbain et contemporain, historiquement associ\u00e9 aux Mayas comme alt\u00e9rit\u00e9 dominante et comme composante fondatrice de l'identit\u00e9 locale. L'objectif est de comprendre, \u00e0 partir des exp\u00e9riences et des perspectives d'une femme yucat\u00e8que, comment les marques d'appartenance et d'identit\u00e9 fonctionnent en relation avec les hi\u00e9rarchies sociales et l'autorepr\u00e9sentation, ainsi que les processus impliqu\u00e9s dans l'appropriation ou le rejet des cat\u00e9gories associ\u00e9es \u00e0 ces marques.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/afrodescendencia\/\" rel=\"tag\">Afro-descendants<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/autorrepresentacion\/\" rel=\"tag\">autorepr\u00e9sentation<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/foto-elicitacion\/\" rel=\"tag\">photo-prestataire<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/identidad\/\" rel=\"tag\">l'identit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/yucatan\/\" rel=\"tag\">Yucatan<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-text en-title\"><span class=\"small-caps\">la conservation du soi : la repr\u00e9sentation de l'ascendance africaine <\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-text abstract\">Cette ethnographie visuelle reconstruit diverses formes d'identification et d'autorepr\u00e9sentation qui \u00e9voquent l'ascendance africaine et ses suppos\u00e9s marqueurs somatiques de diverses mani\u00e8res \u00e0 travers des photographies, des interviews, des r\u00e9cits de vie et une analyse dialogique bas\u00e9e sur les relations horizontales. Dans le contexte r\u00e9gional, urbain et contemporain de cette \u00e9tude ethnographique, le Maya a historiquement servi d'\"autre\" pr\u00e9dominant et de composante fondamentale de l'identit\u00e9 locale. En s'appuyant sur les exp\u00e9riences et les perspectives d'une femme yucat\u00e8que, l'article explore la mani\u00e8re dont les marqueurs d'appartenance et d'identit\u00e9 op\u00e8rent dans les hi\u00e9rarchies sociales et l'autorepr\u00e9sentation, ainsi que les processus impliqu\u00e9s dans l'appropriation ou le rejet des cat\u00e9gories associ\u00e9es \u00e0 ces marqueurs.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-text abstract\">Mots cl\u00e9s : autorepr\u00e9sentation, identit\u00e9, ascendance africaine, Yucat\u00e1n, photo-elicitation.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/ensayos-fotograficos\/afrodescendencia-rosma-garduza\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"967\" height=\"544\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/naha-image22-edited.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-40002\" srcset=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/naha-image22-edited.jpg 967w, https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/naha-image22-edited-300x169.jpg 300w, https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/naha-image22-edited-768x432.jpg 768w, https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/naha-image22-edited-18x10.jpg 18w\" sizes=\"auto, (max-width: 967px) 100vw, 967px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cliquez ici pour acc\u00e9der au reportage photo<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Points de d\u00e9part<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Rosma Garduza est n\u00e9e il y a 46 ans \u00e0 Valladolid, dans le Yucat\u00e1n, une ville aujourd'hui reconnue par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral comme une ville magique. \u00c0 partir de l'\u00e2ge de neuf ans, elle a grandi \u00e0 M\u00e9rida, la capitale de l'\u00c9tat, avec sa m\u00e8re et son jeune fr\u00e8re. Elle vit actuellement avec ses deux fils et le p\u00e8re de son deuxi\u00e8me fils dans une maison lou\u00e9e \u00e0 une rue du corridor gastronomique de M\u00e9rida, qui fait partie du projet de r\u00e9novation du centre historique visant \u00e0 promouvoir le tourisme et l'\u00e9conomie locale. Cet emplacement est strat\u00e9gique pour l'exposition et la vente de ses bijoux, qui constituent la principale source de revenus de sa famille. Rosma a \u00e9tudi\u00e9 l'anthropologie avec une sp\u00e9cialisation en litt\u00e9rature et en linguistique \u00e0 l'universit\u00e9 autonome du Yucat\u00e1n (<span class=\"small-caps\">uady<\/span>),<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> et a \u00e9t\u00e9 reconnue dans le monde du design mexicain pour son talent artistique.<\/p>\n\n\n\n<p>J'ai rencontr\u00e9 Rosma il y a 14 ans, \u00e0 M\u00e9rida, lors d'une exposition d'art. Depuis lors, nous avons partag\u00e9 une relation bas\u00e9e sur un dialogue ouvert et franc. Au fil de nos conversations et r\u00e9flexions communes, Rosma m'a racont\u00e9 diverses exp\u00e9riences dans lesquelles sa pr\u00e9sence provoque de mani\u00e8re r\u00e9currente des commentaires qui la racialisent et l'exotisent, en faisant allusion \u00e0 ses marques somatiques. Ces commentaires r\u00e9v\u00e8lent souvent une dissonance entre la perception que les autres ont d'elle et les repr\u00e9sentations sociales de la mexicanit\u00e9, de la yucat\u00e8que et de l'alt\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis son enfance, ses surnoms sont marqu\u00e9s par la couleur de sa peau : \"Negra\", \"Sorulla\",<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> \"Mem\u00edn Pingu\u00edn,<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> \"Somalien\", appellations qu'il a ressenties comme d\u00e9nigrantes. Plus tard, lors de ses \u00e9changes avec des \u00e9trangers \u00e0 M\u00e9rida, il a \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par son suppos\u00e9 \"profil maya\".<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> Un jour, un Ha\u00eftien l'a arr\u00eat\u00e9e dans la rue, intrigu\u00e9 par son apparence, et lui a dit : \"Vous n'\u00eates pas tr\u00e8s mexicaine.<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> Lors d'une r\u00e9union \u00e0 laquelle elle assistait sans conna\u00eetre les autres invit\u00e9s, l'un d'entre eux lui a demand\u00e9 de lui servir du caf\u00e9, pensant \u00e0 tort qu'elle \u00e9tait une employ\u00e9e de maison. Dans un autre cas, lors d'une s\u00e9ance de conseil avec son professeur \u00e2g\u00e9, les animateurs du restaurant o\u00f9 ils mangeaient ont fait des commentaires \"plaisants\" insinuant que Rosma \u00e9tait une prostitu\u00e9e cubaine qui \"s'occupait\" de son statut d'immigr\u00e9e. Il y a quelques ann\u00e9es, une photographie de son visage a \u00e9t\u00e9 incluse dans une exposition sur les Afro-descendants du Yucat\u00e1n, bien qu'elle ne se soit pas identifi\u00e9e comme telle jusqu'au moment de l'entretien (image 19).<\/p>\n\n\n\n<p>Quels sont les facteurs qui entrent en jeu pour que Rosma ne soit pas reconnue - selon les termes de Caballero (2019 : <span class=\"small-caps\">xx<\/span>) - comme un sujet \"r\u00e9gional\" typique ? Comment cette perception affecte-t-elle son autorepr\u00e9sentation et son identit\u00e9 ? Comment l'autorepr\u00e9sentation de Rosma se pr\u00e9sente-t-elle comme un contrepoint aux r\u00e9cits dominants de l'identit\u00e9 locale et aux id\u00e9aux de beaut\u00e9 qu'elle incarne ?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\"Le quoi ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cette ethnographie visuelle, ainsi que la curation qui en r\u00e9sulte (voir les 21 images dans le PowerPoint), cherche \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir - \u00e0 partir de la dimension intime du sujet - sur les formes d'identification et d'autorepr\u00e9sentation qui renvoient, de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, \u00e0 l'afro-descendance.<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a> et leurs suppos\u00e9es marques somatiques. Cette r\u00e9flexion s'inscrit dans un contexte r\u00e9gional, urbain et contemporain, historiquement associ\u00e9 aux Mayas comme alt\u00e9rit\u00e9 dominante et comme composante fondatrice de l'identit\u00e9 locale au Yucat\u00e1n.<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sur la base des photographies, ainsi que des exp\u00e9riences et r\u00e9flexions partag\u00e9es avec Rosma, l'objectif de ce texte est de comprendre comment les marques d'appartenance et d'identit\u00e9 fonctionnent en relation avec les hi\u00e9rarchies sociales et l'autorepr\u00e9sentation, ainsi que les processus impliqu\u00e9s dans l'appropriation ou le rejet des cat\u00e9gories associ\u00e9es \u00e0 ces marques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\"Le comment<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Rosma n'est pas n\u00e9e dans une communaut\u00e9 ou une famille se revendiquant noire ou afro-mexicaine. C'est \u00e0 partir de l'adolescence qu'elle a commenc\u00e9 \u00e0 se poser des questions sur son ph\u00e9notype et sa repr\u00e9sentation, li\u00e9e \u00e0 des caract\u00e9ristiques somatiques commun\u00e9ment associ\u00e9es aux populations noires ou \"afro\". Ces pr\u00e9occupations ont \u00e9merg\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re des regards ext\u00e9rieurs et de ses propres exp\u00e9riences, influen\u00e7ant profond\u00e9ment sa repr\u00e9sentation de soi et son identit\u00e9, cette derni\u00e8re \u00e9tant entendue dans les termes propos\u00e9s par Stuart Hall :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il faut dire que, de mani\u00e8re directement contraire \u00e0 ce qui semble \u00eatre sa carri\u00e8re s\u00e9mantique pr\u00e9\u00e9tablie, ce concept d'identit\u00e9 <em>n'indique pas ce noyau stable de l'individu<\/em> [Il ne s'agit pas non plus - si l'on transpose cette conception essentialisante au sc\u00e9nario de l'identit\u00e9 culturelle - de ce \"moi collectif ou v\u00e9ritable qui se cache dans les nombreux autres \"moi\" plus superficiels ou artificiellement impos\u00e9s, qu'un peuple ayant une identit\u00e9 commune a le droit de partager avec d'autres\". Elle n'est pas non plus - si nous transposons cette conception essentialisante au sc\u00e9nario de l'identit\u00e9 culturelle - ce \"moi collectif ou v\u00e9ritable qui est cach\u00e9 dans les nombreux autres \"moi\" plus superficiels ou artificiellement impos\u00e9s qu'un peuple ayant une histoire et des anc\u00eatres communs a en commun\" [Hall, 1990], et qui peut stabiliser, fixer ou garantir une \"unicit\u00e9\" ou une appartenance culturelle immuable, sous-jacente \u00e0 toutes les autres diff\u00e9rences superficielles. Ce concept admet que les identit\u00e9s ne sont jamais unifi\u00e9es et que, \u00e0 la fin des temps modernes, elles sont de plus en plus fragment\u00e9es et fractur\u00e9es ; elles ne sont jamais singuli\u00e8res, mais construites de multiples fa\u00e7ons \u00e0 travers des discours, des pratiques et des positions diff\u00e9rents, souvent crois\u00e9s et antagonistes (Hall, 2003, p. 17).<\/p>\n\n\n\n<p>La notion d'autorepr\u00e9sentation qui guide cet article est \u00e9galement proche de la proposition de Jos\u00e9 Mela, qui lie l'identit\u00e9 \u00e0 une \"pratique d'autorepr\u00e9sentation\" bas\u00e9e sur la capacit\u00e9 d'action et l'\u00e9laboration d'images de soi. Selon lui, ces images peuvent servir \u00e0 d\u00e9ployer d'autres lectures de l'alt\u00e9rit\u00e9 racialis\u00e9e et subordonn\u00e9e, \"plus \u00e9loign\u00e9es de la l\u00e9gitimit\u00e9 des discours institutionnalis\u00e9s et beaucoup plus proches du point de vue de ceux qui vivent l'exp\u00e9rience de l'identit\u00e9 et s'observent eux-m\u00eames\" (Mela, 2021, p. 65).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour reconstruire le r\u00e9cit des \"racines et des routes\" du processus identitaire de Rosma, je pars de ses exp\u00e9riences, de son regard et de son v\u00e9cu. Pour ce faire, j'ai choisi la photo-elicitation comme outil m\u00e9thodologique fertile en raison de sa capacit\u00e9 \u00e0 activer la subjectivit\u00e9 et le dialogue, me permettant ainsi de reconstruire des moments, des situations et des \u00e9v\u00e9nements, mais aussi les exp\u00e9riences intimes de mon interlocutrice. Cette approche m\u00e9thodologique permet de d\u00e9ployer une dimension sensorielle qui enrichit le r\u00e9cit et favorise l'\u00e9change r\u00e9flexif (Collier et Collier, 1986).<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a> Il s'agit donc d'un exercice ethnographique dynamique et, \u00e0 bien des \u00e9gards, exp\u00e9rimental, car les photographies \"n'ont pas de r\u00e9cit pr\u00e9alablement assign\u00e9\" (Londo\u00f1o, 2013 : 55). Les souvenirs qu'elles \u00e9voquent sont multiples et jamais d\u00e9finitifs. Le temps \u00e9coul\u00e9 entre la prise d'une image et le moment de son interpr\u00e9tation, travers\u00e9 par la perspective personnelle et sa temporalit\u00e9 sp\u00e9cifique, organise l'exp\u00e9rience et le souvenir de mani\u00e8re dynamique et non lin\u00e9aire. Comme le rappelle Gemma Orobitg, l'utilisation de photographies dans le cadre d'entretiens peut devenir \"un moyen de production de donn\u00e9es par la n\u00e9gociation et la r\u00e9flexivit\u00e9\" (2004 : 34).<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, la photographie n'est pas seulement un outil m\u00e9thodologique, mais aussi une source : un v\u00e9hicule pour mat\u00e9rialiser le temps, construire et reconstruire la m\u00e9moire, l'identit\u00e9 et la repr\u00e9sentation de la r\u00e9alit\u00e9. Elle devient ainsi ce qu'Agustina Triquell (2015 : 122) appelle \"un point de d\u00e9part \u00e9pist\u00e9mologique\" et une partie consubstantielle du travail ethnographique.<\/p>\n\n\n\n<p>J'ai demand\u00e9 \u00e0 Rosma de choisir quelques photographies significatives \u00e0 partir desquelles nous pourrions identifier des moments cl\u00e9s de sa vie li\u00e9s, d'une mani\u00e8re ou d'une autre, \u00e0 cette \"racine afro\" : tant\u00f4t suspendue, tant\u00f4t dilu\u00e9e, tant\u00f4t incarn\u00e9e et presque jamais assum\u00e9e. Certaines de ces images proviennent de l'album de famille que sa m\u00e8re a conserv\u00e9 et qu'elle a gentiment accept\u00e9 de partager avec nous un apr\u00e8s-midi. D'autres ont \u00e9t\u00e9 prises par des photographes connus de Rosma, et le reste correspond \u00e0 ses propres selfies. Le selfie est ici compris, selon les termes de Guti\u00e9rrez Miranda (2023), comme un \" dispositif performatif de construction identitaire \" :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">L'individu se \"construit\" \u00e0 travers elle, ou bien elle peut refl\u00e9ter une image identique ou compl\u00e8tement diff\u00e9rente de celle qui a \u00e9t\u00e9 captur\u00e9e, une image publique, ou r\u00e9v\u00e9ler une sph\u00e8re plus personnelle ou priv\u00e9e. Il peut donc montrer - comme le faisait \u00e0 l'origine l'autoportrait traditionnel - une image performative du \"moi\" accompagn\u00e9e d'\u00e9l\u00e9ments ou de symboles qui permettent de la r\u00e9v\u00e9ler ou de la compl\u00e9ter (Guit\u00e9rrez Miranda, 2023 : 120-121).<\/p>\n\n\n\n<p>Au fur et \u00e0 mesure de nos conversations, la s\u00e9lection photographique s'est transform\u00e9e. Nous avons commenc\u00e9 avec cinq images, mais au fur et \u00e0 mesure que le dialogue s'est approfondi, la s\u00e9lection s'est \u00e9largie. Aux photos initialement choisies par Rosma, nous en avons ajout\u00e9 d'autres, sugg\u00e9r\u00e9es par moi, car elles apportaient des nuances et contextualisaient l'histoire de sa vie. Au total, il y a 21 images. Il s'agit donc d'une conservation collaborative qui a fonctionn\u00e9 comme une interface avec ses multiples \"moi\", sa personne et la r\u00e9flexivit\u00e9 de son autorepr\u00e9sentation.<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Il convient de se demander, comme le fait Duv\u00e1n Londo\u00f1o : \"Comment aborder la photographie en d\u00e9passant le contenu le plus \u00e9vident qu'elle contient, afin qu'un contenu plus ethnographique puisse \u00e9merger ?\" (Londo\u00f1o, 2013 : 55). Mon approche m\u00e9thodologique s'est bas\u00e9e sur le principe de l'horizontalit\u00e9 comme axe central du processus de recherche, en cherchant \u00e0 d\u00e9placer la logique qui divise les sujets qui \"savent\" de ceux qui \"ne savent pas\". J'ai plut\u00f4t opt\u00e9, selon les termes de Mailsa Pinto et Rita Ribes, pour la n\u00e9gociation de la connaissance et \"l'enchev\u00eatrement d'id\u00e9es et de possibilit\u00e9s\" (2012) \u00e0 travers une dialogique avec mon interview\u00e9, qui \"ne se produit pas seulement dans la relation qui s'\u00e9tablit dans un ordre donn\u00e9 de questions et de r\u00e9ponses, mais dans le moment o\u00f9 les sujets se rencontrent pour raconter leurs pratiques et leurs histoires [...]\" (2012 : 168-171).<\/p>\n\n\n\n<p>Les rencontres et les entretiens avec Rosma ont eu lieu dans diff\u00e9rents espaces : dans la maison de sa m\u00e8re - o\u00f9 j'ai eu acc\u00e8s \u00e0 l'album de famille -, dans son atelier de cr\u00e9ation, dans divers caf\u00e9s et dans des espaces publics de loisirs. Cette collaboration a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e par une amiti\u00e9 de plus de dix ans, tiss\u00e9e de confiance et de complicit\u00e9, qui a consid\u00e9rablement nourri l'approche dialogique de cette ethnographie et de cette curation visuelle. Pour cette raison, j'ai opt\u00e9 pour une m\u00e9thodologie horizontale qui favorise, selon les termes de Sarah Corona, \" l'autonomie de son propre regard \", entendu comme \" le fait dialogique qui se produit entre le chercheur et le recherch\u00e9, dans lequel l'auditeur et le locuteur se relaient et traduisent le leur et celui de l'autre afin de construire leur propre connaissance et celle de l'autre \" (2012 : 92). En somme, il ne s'agissait pas seulement de savoir comment Rosma se nomme, mais aussi de comprendre comment elle se repr\u00e9sente et comment elle veut \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">H\u00e9ritages, traces et recherches<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">C'est \u00e0 travers sa lign\u00e9e paternelle que Rosma identifie la texture et la forme de ses cheveux, ainsi que la couleur de sa peau. Cette caract\u00e9ristique somatique a eu un poids consid\u00e9rable \u00e0 la fois dans la mani\u00e8re dont les autres la nomment et dans sa propre repr\u00e9sentation d'elle-m\u00eame (voir les images 1 \u00e0 11 de la curation visuelle). Lors de notre visite dans la maison de sa m\u00e8re pour examiner les photographies de l'album de famille, Rosma a fait plusieurs r\u00e9v\u00e9lations. Sur une image en particulier - une photo de groupe prise dans la basilique de Mexico - elle a pris un clich\u00e9 avec son t\u00e9l\u00e9phone portable. Cela lui a donn\u00e9 <em>zoom<\/em> au visage de sa grand-m\u00e8re paternelle, une femme qui vivait \u00e0 Veracruz et avec laquelle il avait peu de contacts, mais dont la figure a laiss\u00e9 une forte empreinte dans sa m\u00e9moire et dans la construction de sa propre identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">C'est la seule photo que j'ai de ma grand-m\u00e8re paternelle. C'est de l\u00e0 que je tiens les cheveux et les cheveux noirs. Je ne me souviens pas beaucoup d'elle non plus... Je me souviens de certaines choses... Je l'ai vue jusqu'\u00e0 l'\u00e2ge de sept ou huit ans. J'ai quelques souvenirs d'elle. Ma m\u00e8re m'a aid\u00e9e \u00e0 fa\u00e7onner la personnalit\u00e9 de ma grand-m\u00e8re, parce que c'\u00e9tait une femme forte, forte... Ma m\u00e8re dit que j'avais l'habitude de lui prendre ses cigares et sa bi\u00e8re, elle qui buvait et fumait toujours, et elle a dit : \"Je vais fumer comme ma grand-m\u00e8re\". Et ma m\u00e8re d\u00e9testait \u00e7a [rires]. Ma m\u00e8re n'a jamais fum\u00e9. Je me souviens d'elle, elle fumait toujours, toujours. Je me souviens que c'\u00e9tait une femme forte, une femme qui prenait ses d\u00e9cisions, une femme qui... elle \u00e9tait vieille, bien qu'elle n'ait jamais \u00e9t\u00e9 vieille avec des cheveux gris, parce que regardez ses cheveux l\u00e0... Sur cette photo, je suis dedans, mais je voulais voir son visage [...] C'est une photo de tout le corps, et il y a ma m\u00e8re, moi, ma tante et elle. Je lui ai juste donn\u00e9 <em>zoom<\/em> \u00e0 son visage parce que je voulais savoir \u00e0 quoi ressemblait son visage [...].<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e8re de cette grand-m\u00e8re \u00e9tait originaire de Loma Bonita, Oaxaca. Sa famille a \u00e9migr\u00e9 \u00e0 Veracruz lorsqu'il \u00e9tait enfant. Il est devenu p\u00eacheur et, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 veuf, a \u00e9pous\u00e9 une Juchiteca qui a \u00e9lev\u00e9 sa fille. Rosma trouve dans cet h\u00e9ritage une explication au caract\u00e8re fort et d\u00e9termin\u00e9 de sa grand-m\u00e8re, \u00e0 laquelle elle s'identifie pleinement et dans laquelle elle reconna\u00eet des traits essentiels de sa personnalit\u00e9 et des \u00e9l\u00e9ments qui ont marqu\u00e9 l'histoire de sa vie : \"En me rappelant certains chapitres ou certaines \u00e9tapes de ma vie, toutes ces personnes qui ont eu un impact sur moi, ce sont des femmes tr\u00e8s fortes... ces femmes qui parlaient d'une voix forte et ferme, et aussi avec des mots grossiers, j'ai ador\u00e9 \u00e7a, n'est-ce pas ? [rires]\".<\/p>\n\n\n\n<p>Femmes Juchiteca,<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a> Marinella Miano explique que dans l'isthme de Tehuantepec, les femmes sont reconnues pour leur force, leur pr\u00e9sence et leur autonomie, et ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites comme des \"femmes opulentes, au port fier, \u00e0 la t\u00eate haute, au regard hautain [...]\" (Miano, 1994 : 72). Ainsi, le d\u00e9coupage et le gros plan du visage de sa grand-m\u00e8re par Rosma (voir image 1 dans la curation visuelle) font partie d'un processus introspectif de recherche, de reconstruction de sa propre personne et d'inscription symbolique d'une origine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La beaut\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le contraste chromatique de la photographie mentionn\u00e9e dans l'image 12 repr\u00e9sente \u00e9galement un contraste de temporalit\u00e9s. Il nous permet de visualiser certaines des diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations et autorepr\u00e9sentations qui configurent le moi social, culturel et identitaire de Rosma. Les photographies de son enfance contrastent avec la silhouette en pied qui appara\u00eet dans une autre image correspondant \u00e0 son adolescence. Dans cette image, une esth\u00e9tique diff\u00e9rente se dessine, une figure qui renvoie peut-\u00eatre, inconsciemment, \u00e0 un \"vouloir \u00eatre\". Il s'agit d'une photographie d'un mannequin c\u00e9l\u00e8bre, qui projette la beaut\u00e9, l'\u00e9l\u00e9gance et un certain air r\u00eaveur. Cette image ne faisait pas partie de l'album original, mais \u00e9tait coll\u00e9e sur le mur de sa chambre, et elle a d\u00e9cid\u00e9 de la conserver en raison de la beaut\u00e9 que, selon elle, ce mannequin lui \u00e9voque. Ce prototype de beaut\u00e9 ne dialogue pas avec les normes dominantes au Mexique, o\u00f9 pr\u00e9vaut historiquement une esth\u00e9tique bas\u00e9e sur le blanchiment. Dans ce contexte, le noir a \u00e9t\u00e9 exclu \u00e0 la fois du r\u00e9cit national et de l'image de marque.<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> comme r\u00e9gional et de l'id\u00e9al de beaut\u00e9. Pour Rosma, la reconnaissance de sa beaut\u00e9 - et d'une possible racine inimaginable auparavant - est apparue dans le cadre d'un processus dialogique et interactif qui lui a permis de s'approprier des param\u00e8tres de beaut\u00e9 non conventionnels et de les valoriser \u00e0 la lumi\u00e8re de sa propre identit\u00e9 et de son autorepr\u00e9sentation (voir les images 12 \u00e0 15 et 17).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\"You Say You're Dominican\" : M\u00e9moires, beaut\u00e9 et racialisation<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"verse\">J'essaie de me rappeler quand j'ai commenc\u00e9 \u00e0 regarder les femmes noires, parce que je me sentais plus proche d'elles. \u00c9videmment, parce que je suis brune... et parce que je les trouvais belles. Il n'y avait pas non plus de repr\u00e9sentation de femmes indig\u00e8nes ou mexicaines avec cette beaut\u00e9 brune. Je me souviens d'un mannequin appel\u00e9 Paloma, quand j'avais environ 16 ans... Elle \u00e9tait belle, mexicaine, pas yucat\u00e8que. \u00c0 un moment donn\u00e9, elle est pass\u00e9e \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. J'\u00e9tais fascin\u00e9e par cette femme, parce qu'elle \u00e9tait tr\u00e8s belle, tr\u00e8s brune, mais avec des cheveux tr\u00e8s lisses....<br>J'ai connu Dami\u00e1n Alc\u00e1zar... la beaut\u00e9 d'un homme ! Un autre homme qui m'a fascin\u00e9e d\u00e8s mon plus jeune \u00e2ge est Roberto Sosa. J'ai donc toujours aim\u00e9 les hommes sombres, n'est-ce pas ? Je n'ai jamais \u00e9t\u00e9 attir\u00e9e par \"l'autre\", celui qu'on vous impose... le blanc, le blond, le stylis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L'histoire de Rosma souligne comment l'identification \u00e0 certaines r\u00e9f\u00e9rences non normatives de la beaut\u00e9 s'est faite en tension avec les mod\u00e8les h\u00e9g\u00e9moniques qui privil\u00e9gient la blancheur et le mestizaje, bien s\u00fbr, comme id\u00e9aux esth\u00e9tiques dominants. L'admiration pour les figures brunes et noires - f\u00e9minines et masculines - appara\u00eet ici non seulement comme un go\u00fbt personnel, mais aussi comme une mani\u00e8re de remettre en question le canon blanchi qui pr\u00e9vaut dans l'imaginaire national et r\u00e9gional.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Quand j'avais environ 14 ans, j'avais une amie qui s'appelait Lupita... elle me disait : \"Regarde ! Tu es magnifique ! Elle avait l'habitude d'arranger mes cheveux d'une mani\u00e8re que je ne faisais pas... elle avait l'habitude de presser mes cheveux avec <em>mousse<\/em>Et j'ai quelques photos o\u00f9 j'ai l'air super fris\u00e9e parce qu'elle avait l'habitude de mettre des choses sur moi.<br>Il me disait : \"Non, non, non... tu dis que tu es dominicain. Ne dis pas que tu es yucat\u00e8que. Je vais dire \u00e0 tout le monde que tu es dominicain [rires]\".<br>Pour elle, c'\u00e9tait tr\u00e8s <em>cool<\/em> que j'\u00e9tais brune. Elle a vu en moi ce trait afro-descendant que je ne voyais pas \u00e0 l'\u00e9poque, n'est-ce pas ? Je lui demandais : \"Pourquoi dominicaine ? Elle me r\u00e9pondait : \"Parce que tu ressembles \u00e0 une femme noire\". Et moi, avec un visage comme... c'est bien ou c'est mal ? Il m'a dit : \"Tu ressembles \u00e0 une femme noire, mais tu es mieux en R\u00e9publique dominicaine. Belize, non... R\u00e9publique dominicaine\".<br>En fait, il y a environ deux ans, quelqu'un m'a dit : \"Vous n'\u00eates pas de la R\u00e9publique dominicaine ? Et j'ai r\u00e9pondu : \"Non, je suis du Yucatan\".<br>Et lui : \"Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours pens\u00e9 que vous \u00e9tiez dominicaine\".<br>Et je me suis dit : \"Je sais pourquoi... Je suis s\u00fbr que c'\u00e9tait cette salope [rires]\".<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Identit\u00e9, fiert\u00e9 et visibilit\u00e9 : le processus d'acceptation de soi<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour Rosma, l'histoire de sa famille, le temps qu'elle a pass\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier l'anthropologie et les exp\u00e9riences d\u00e9riv\u00e9es de son interaction avec les secteurs ais\u00e9s de M\u00e9rida - en particulier \u00e0 travers son travail de cr\u00e9atrice de bijoux - ont \u00e9t\u00e9 des aspects fondamentaux dans la construction de son identit\u00e9. Ces \u00e9l\u00e9ments l'ont amen\u00e9e \u00e0 s'assumer et \u00e0 se reconna\u00eetre avec fiert\u00e9 comme une femme brune de Valladolid.<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a> et de la sph\u00e8re populaire :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">J'avoue que, lorsque mon identit\u00e9 doit \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, je suis tr\u00e8s fier de dire que je viens de Valladolid. Pendant longtemps, je ne l'ai jamais dit. Je ne sais pas pourquoi. En fait, lorsque j'\u00e9tais \u00e9tudiante \u00e0 la facult\u00e9 d'anthropologie, beaucoup de choses ont chang\u00e9 en ce qui me concerne, ce dont j'\u00e9tais fi\u00e8re, mon histoire [...] parce que la soci\u00e9t\u00e9 exerce une telle pression sur moi pour que j'aie honte !<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre moment d\u00e9cisif dans son processus identitaire s'est produit dans un espace commercial \u00e0 fort pouvoir d'achat, situ\u00e9 dans la partie nord de M\u00e9rida, o\u00f9 ses bijoux sont vendus. Le r\u00e9cit de Rosma r\u00e9v\u00e8le comment les relations de classe et la racialisation s'entrecroisent dans la mani\u00e8re dont elle est per\u00e7ue et dont elle r\u00e9agit \u00e0 ces points de vue :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Dans ce magasin, le propri\u00e9taire et un employ\u00e9 m'ont dit que, lorsque les gens s'informaient sur mes bijoux, ils disaient : \"Ah, cette cr\u00e9atrice est originaire du Yucatan\", puis les gens demandaient : \"De quelle famille est-elle ? J'ai alors ressenti quelque chose comme : \"Oh, eh bien, non... d'aucune famille ! Je suis s\u00fbre qu'ils pensaient : \"Pauvre et brune\", comme s'expriment habituellement les \"gens de la fresa\".<a class=\"anota\" id=\"anota16\" data-footnote=\"16\">16<\/a> Mais je pense que j'ai beaucoup fa\u00e7onn\u00e9 cette identit\u00e9 en soulignant ces traits qui sont perceptibles. Oui, je suis brune ; oui, je suis issue de la sph\u00e8re populaire ; oui, je suis de Valladolid. C'est devenu un \u00e9tendard de force plut\u00f4t que de honte. Pourtant, cela faisait partie de mon histoire de ressentir, d'abord, le besoin de cacher l'ind\u00e9niable.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce t\u00e9moignage montre clairement que les identit\u00e9s sont toujours un processus en cours et qu'elles \"[...] sont plus un produit du marquage de la diff\u00e9rence et de l'exclusion qu'un signe d'une unit\u00e9 identique et naturellement construite [...]\" (Hall, 2003 : 18).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les \"afros\"\/\"noirs\" dans la R\u00e9publique s\u0153ur ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Contrairement \u00e0 d'autres contextes tels que la Costa Chica de Guerrero et Oaxaca<a class=\"anota\" id=\"anota17\" data-footnote=\"17\">17<\/a> -Bien que le Yucat\u00e1n soit probablement la r\u00e9gion la plus \u00e9tudi\u00e9e en termes de populations afro-descendantes au Mexique, les \u00e9tudes sur ce sujet au Yucat\u00e1n restent limit\u00e9es, en particulier d'un point de vue anthropologique, qui a \u00e9t\u00e9 moins d\u00e9velopp\u00e9 que le point de vue historiographique.<\/p>\n\n\n\n<p>Des \u00e9tudes historiques ont document\u00e9 la pr\u00e9sence de Noirs dans la p\u00e9ninsule du Yucat\u00e1n depuis l'\u00e9poque coloniale et esclavagiste (Victoria et Canto, 2006 ; Guti\u00e9rrez, 2021). L'historien Matthew Restall, par exemple, fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette pr\u00e9sence comme un \u00e9l\u00e9ment constitutif de la diversit\u00e9 sociale de la r\u00e9gion, en inventant le terme \"Afro-Yucat\u00e8ques\" et en d\u00e9crivant la ville coloniale comme \"Afro-M\u00e9rida\" (Restall, 2020). Pour sa part, Gonzalo Aguirre Beltr\u00e1n (1989 : 222) souligne qu'au XXe si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xviii<\/span>Les \"Afromestizos\" constituaient le deuxi\u00e8me groupe le plus important en termes d\u00e9mographiques dans la p\u00e9ninsule.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le processus d'ind\u00e9pendance et la construction d'une citoyennet\u00e9 commune, les cat\u00e9gories coloniales utilis\u00e9es pour nommer cette population - telles que noir, brun et mul\u00e2tre - ont \u00e9t\u00e9 officiellement abolies. Cependant, les pr\u00e9jug\u00e9s socio-raciaux qui sous-tendaient ces distinctions ont persist\u00e9, donnant lieu \u00e0 une citoyennet\u00e9 politique diff\u00e9renci\u00e9e et in\u00e9gale pour la population afro-descendante (Campos, 2005 ; Can, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Vers la fin du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 de la <span class=\"small-caps\">xx<\/span>La pr\u00e9sence quotidienne des Afro-descendants contredisait le r\u00e9cit dominant sur le mestizaje et l'identit\u00e9 yucat\u00e8que, qui rendait cette alt\u00e9rit\u00e9 invisible ou l'assimilait, lui refusant une place sociale pertinente (Cunin, 2009 ; Garc\u00eda Yeladaqui, 2019) ;<a class=\"anota\" id=\"anota18\" data-footnote=\"18\">18<\/a> Campos, 2005 ; Victoria Ojeda, 2024). Ce r\u00e9cit a mis l'accent sur un mestizaje binaire, r\u00e9sultat de la rencontre entre les Mayas et les Espagnols,<a class=\"anota\" id=\"anota19\" data-footnote=\"19\">19<\/a> La r\u00e9gion est encadr\u00e9e par un fort r\u00e9gionalisme qui exalte le pass\u00e9 s\u00e9paratiste de l'\u00c9tat et son caract\u00e8re unique sur le plan culturel. Dans ce contexte, la n\u00e9gritude \"appara\u00eet et dispara\u00eet\" dans la recherche historique, les sources visuelles et les manifestations culturelles et artistiques, mais sa pr\u00e9sence n'est ni per\u00e7ue comme famili\u00e8re ni l\u00e9gitim\u00e9e comme faisant partie int\u00e9grante de la r\u00e9gion. Elle est souvent repr\u00e9sent\u00e9e comme quelque chose d'\u00e9tranger, d\u00e9plac\u00e9 du r\u00e9cit de l'identit\u00e9 r\u00e9gionale (Cunin et Ju\u00e1rez-Huet, 2011).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sc\u00e9nario explique le sentiment d'\u00e9tranget\u00e9 avec lequel des personnes comme Rosma sont per\u00e7ues : par l'exotisation, la suspicion ou le d\u00e9ni d'appartenance, car, au Yucatan, l'afro-descendance continue d'\u00eatre une alt\u00e9rit\u00e9 hi\u00e9rarchique, historiquement configur\u00e9e \u00e0 partir d'une position subalterne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pistes de r\u00e9flexion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Approcher et reconstruire visuellement une histoire de vie qui contient des exp\u00e9riences de racialisation, d'exotisation ou les blessures familiales laiss\u00e9es par l'absence d'un p\u00e8re n'est pas une t\u00e2che facile. Cette histoire est \u00e9galement marqu\u00e9e par des marques somatiques qui, dans un contexte social plus large, renvoient \u00e0 des st\u00e9r\u00e9otypes et \u00e0 des repr\u00e9sentations d\u00e9nigrantes, souvent exprim\u00e9s par des \"blagues\", des dictons et des insultes, comme l'illustre le t\u00e9moignage de mon interlocuteur au d\u00e9but de ce texte. L'utilisation de la photographie, en tant qu'instrument de m\u00e9moire, devient un outil cl\u00e9 pour mettre en valeur le r\u00e9cit de vie, nous permettant d'appr\u00e9hender les sensibilit\u00e9s et les exp\u00e9riences qui s'y trouvent.<\/p>\n\n\n\n<p>La construction de la conservation visuelle dont ce texte fait partie a \u00e9t\u00e9 possible gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9troite collaboration et \u00e0 une m\u00e9thodologie horizontale qui m'a permis d'approfondir le processus d'incarnation ou non d'une identit\u00e9 et la mani\u00e8re dont le sujet se croise avec la structure sociale (Mallimaci et Gim\u00e9nez, 2006 : 190). La suggestion faite \u00e0 Rosma de choisir les photos qui sont significatives pour elle, en mettant l'accent sur ses racines afro-descendantes -fluctuantes-, visait \u00e0 partir de son point de vue et de ce qui est pertinent pour elle dans son parcours de vie, ainsi que de la mani\u00e8re dont elle est et souhaite \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e. Cette approche a renforc\u00e9 l'horizontalit\u00e9 et la r\u00e9flexivit\u00e9 de son autorepr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tudes et les analyses sur les Afro-descendants au Mexique ne sont pas un sujet mineur. L'une des exp\u00e9riences transversales de ces peuples a \u00e9t\u00e9 l'exp\u00e9rience quotidienne de la discrimination, de l'in\u00e9galit\u00e9, de l'exotisation et du racisme. \u00c0 partir de la photo-\u00e9licitation, l'\u00e9chelle intime du sujet offre des nuances qui enrichissent l'interpr\u00e9tation situ\u00e9e de ces exp\u00e9riences. Il est important de noter que les cat\u00e9gories ethniques et\/ou identitaires sont contextuelles, non fixes, et varient d'une r\u00e9gion \u00e0 l'autre. L'afro-mexicain est en r\u00e9alit\u00e9 une cat\u00e9gorie englobante d'une diversit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences identitaires ancr\u00e9es dans des contextes locaux (Ju\u00e1rez Huet et Rinaudo, 2017). Les personnes identifi\u00e9es par leurs caract\u00e9ristiques somatiques comme \"noires\" ou avec une \"identit\u00e9 afro-descendante\/afro-mexicaine\" ne se reconnaissent pas toujours comme telles - au final, qui d\u00e9cide de ce que l'on est, de qui est [afro] mexicain et de qui ne l'est pas ? Ce ph\u00e9nom\u00e8ne met en \u00e9vidence les imaginaires sociaux en jeu, la n\u00e9cessit\u00e9 de ne pas r\u00e9duire l'identit\u00e9 \u00e0 une couleur de peau et l'exercice indispensable de conna\u00eetre sa propre lecture de qui vit une certaine exp\u00e9rience identitaire. Cela doit tenir compte de sa multidimensionnalit\u00e9 et du sens que les sujets lui attribuent, malgr\u00e9 les inerties des racialisations qui sont profond\u00e9ment ancr\u00e9es dans les dynamiques historiques d'inclusion\/exclusion au sein des r\u00e9cits d'identit\u00e9 nationale\/r\u00e9gionale dans notre pays. Ces dynamiques ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une in\u00e9galit\u00e9 historique qui naturalise la subordination d'un \"autre\", dans ce cas, \"noir\/afro-descendant\".<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Blinn, Lynn y Amanda W. Harrist (1991). \u201cCombining Native Instant Photography and Photo\u2010elicitation\u201d, <em>Visual Anthropology<\/em>, 4(2), pp. 175-192.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Campos Garc\u00eda, Melchor Jos\u00e9 (2005). <em>Castas, feligres\u00eda y ciudadan\u00eda en Yucat\u00e1n: los afromestizos bajo el r\u00e9gimen constitucional espa\u00f1ol, 1750-1822<\/em>. M\u00e9rida: Universidad Aut\u00f3noma de Yucat\u00e1n.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Can Caballero, Daniel (2021). \u201c\u2018Lejos de nosotros, el sollozo del esclavo\u2019: abolici\u00f3n, naci\u00f3n y ciudadan\u00eda, afrodescendientes en Yucat\u00e1n, 1823-1831\u201d. Tesis de maestr\u00eda en Historia. M\u00e9rida: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Collier, John y Malcom Collier (1986). <em>Visual Anthropology: Photography as a Research Method.<\/em> Albuquerque: University of New Mexico Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Corona Berkin, Sara (2012). \u201cNotas para construir metodolog\u00edas horizontales\u201d, en Sara Corona Berkin y Olaf Kaltmeier (coords.). <em>En di\u00e1logo. Metodolog\u00edas horizontales en ciencias sociales y culturales.<\/em> Barcelona: Gedisa, pp. 85-110.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Cunin, Elisabeth (2009). \u201cNegros y negritos en Yucat\u00e1n en la primera mitad del siglo <span class=\"small-caps\">xx<\/span>: Mestizaje, regi\u00f3n, raza\u201d, <em>Pen\u00ednsula<\/em>, 4(2), pp. 33-54.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 y Nahayeilli Ju\u00e1rez Huet (2011). <em>Afrodesc. Cuaderno de trabajo n\u00fam. 12: Antolog\u00eda de textos sobre afrodescendientes en la pen\u00ednsula de Yucat\u00e1n<\/em>. Recuperado de https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-00709136<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">D\u00edaz Casas, Mar\u00eda Camila y Mar\u00eda Elisa Vel\u00e1zquez (2017). \u201cEstudios afromexicanos: una revisi\u00f3n historiogr\u00e1fica y antropol\u00f3gica\u201d, <em>Tabula Rasa<\/em>, (27), pp. 221-248. https:\/\/doi.org\/10.25058\/20112742.450<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Fern\u00e1ndez Repetto, Francisco y Alma Teresa Medina-V\u00e1rguez (2020). \u201cVistiendo la identidad yucateca. Etnomercanc\u00eda, tradici\u00f3n y modernidad\u201d, <em>Entrediversidades. Revista de Ciencias Sociales y Humanidades<\/em>, (19), pp. 241-275.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Garc\u00eda Yeladaqui, Luisangel (2019). \u201cRepresentaci\u00f3n de lo \u2018negro\u2019 en la escena teatral de M\u00e9rida, Yucat\u00e1n, 1890-1944\u201d. Tesis de maestr\u00eda. M\u00e9rida: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Guti\u00e9rrez Miranda, M. (2023). \u201cPrimeros acercamientos al concepto de imagen <em>selfie<\/em> como signo de autorrepresentaci\u00f3n y autoconcepto\u201d, en \u00c1ngeles Aguilar San Rom\u00e1n y Pamela Jim\u00e9nez Draguicevic (eds.). <em>Procesos transversales de la expresi\u00f3n, la representaci\u00f3n y la significaci\u00f3n.<\/em> Quer\u00e9taro: Universidad Aut\u00f3noma de Quer\u00e9taro, pp. 103-129.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Guti\u00e9rrez Peraza, Carlos Roberto (2021). \u201cHechicer\u00eda, brujer\u00eda y supersticiones: presencia e integraci\u00f3n de las personas de origen africano en el Yucat\u00e1n colonial, 1600-1748\u201d. Tesis doctoral. M\u00e9rida: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Hall, Stuart (2003). \u201cIntroducci\u00f3n: \u00bfQui\u00e9n necesita \u2018identidad\u2019?\u201d, en Stuart Hall y Paul Du Gay (coords.). <em>Cuestiones de identidad cultural<\/em>. Buenos Aires: Amorrortu, pp. 13-39.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Hoffmann, Odile (2007). \u201cLas narrativas de la diferencia \u00e9tnico-racial en la Costa Chica, M\u00e9xico. Una perspectiva geogr\u00e1fica, en Odile Hoffmann y Teresa Mar\u00eda Rodr\u00edguez (eds.). <em>Los retos de la diferencia. Los actores de la multiculturalidad entre M\u00e9xico y Colombia.<\/em> M\u00e9xico: Centro de Estudios Mexicanos y Centroamericanos\/<span class=\"small-caps\">ciesas\/<\/span>\/Instituto Colombiano de Antropolog\u00eda e Historia\/Institut de Recherche pour le D\u00e9veloppement, pp. 363\u2013397<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Iturriaga, Eugenia (2016). <em>Las \u00e9lites de la ciudad blanca: discursos racistas sobre la otredad<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">unam.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ju\u00e1rez Huet, Nahayeilli y Christian Rinaudo (2017). \u201cExpresiones \u2018afro\u2019: circulaciones y relocalizaciones\u201d, <em>Desacatos. Revista de Ciencias Sociales<\/em>, (53), pp. 8-19.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Londo\u00f1o Villada, D. A. (2013). \u201cFotograf\u00edas familiares: reconstrucci\u00f3n de las memorias alrededor de la violencia en el barrio Villa Niza en la ciudad de Medell\u00edn-Colombia\u201d. Tesis de maestr\u00eda. Quito: <span class=\"small-caps\">flacso.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">L\u00f3pez Caballero, Paula (2019). \u201cIntroducci\u00f3n. Los reg\u00edmenes nacionales de alteridad: contextos, posicionamientos e interacciones en la constituci\u00f3n de la identificaci\u00f3n como \u2018ind\u00edgena\u2019\u201d, en Paula L\u00f3pez Caballero y Christophe Giudicelli (eds.). <em>Reg\u00edmenes de alteridad: Estados-naci\u00f3n y alteridades ind\u00edgenas en Am\u00e9rica Latina, 1810-1950<\/em> . M\u00e9xico: Universidad de los Andes\/Universidad Nacional de Villa Mar\u00eda\/<span class=\"small-caps\">unam<\/span>, pp. <span class=\"small-caps\">xvii-xxxviii<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Llanes Salazar, Rodrigo (2018). \u201cEtnicidad maya en Yucat\u00e1n: balances y nuevas rutas de investigaci\u00f3n\u201d, <em>Estudios de Cultura Maya<\/em>, <span class=\"small-caps\">li<\/span>, pp. 257-282.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mallimaci, Fortunato y Ver\u00f3nica Gim\u00e9nez B\u00e9liveau (2006). \u201cHistorias de vida y m\u00e9todo biogr\u00e1fico\u201d, en <em>Estrategias de investigaci\u00f3n cualitativa.<\/em> Barcelona: Gedisa, pp. 175-212.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mela Contreras, Jos\u00e9 Israel (2021). \u201cAutorrepresentaci\u00f3n identitaria a trav\u00e9s de las artes visuales: la experiencia del Taller de Fotograf\u00eda Infantil Mapuche\u201d, en <em>Cuadernos de M\u00fasica, Artes Visuales y Artes Esc\u00e9nicas<\/em>, 16(2). Bogot\u00e1: Pontificia Universidad Javeriana, pp. 60-75.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Miano, Marinella (1994). \u201cG\u00e9nero y etnicidad: mujeres zapotecas, el enigma del matriarcado\u201d, <em>Historia y Fuente Oral<\/em>, (11), pp. 67-81.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Orobitg Canal, Gemma (2004). \u201cPhotography in the Field: Word and Image in Ethnographic Research\u201d, en Ana Isabel Alfonso, Laszlo Kurti y Sarah Pink. <em>Working Images Visual Research and Representation in Ethnography<\/em>. Londres: Routledge, pp. 28-42.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Pinto Passos, Carla Mailsa y Rita Marisa Ribes Pereira (2012). \u201cSobre encuentros, amistades y caminos en la investigaci\u00f3n en ciencias humanas y sociales\u201d, en Sara Corona Berkin y Olaf Kaltmeier (coords.). <em>En di\u00e1logo. Metodolog\u00edas horizontales en ciencias sociales y culturales<\/em>. Barcelona: Gedisa, pp. 168-171.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ram\u00edrez Carrillo, Luis Alfonso (2012). <em>De c\u00f3mo los libaneses conquistaron la pen\u00ednsula de Yucat\u00e1n: migraci\u00f3n, identidad \u00e9tnica y cultura empresarial<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">unam<\/span>\/Centro Peninsular en Humanidades y Ciencias Sociales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Restall, Matthew (2020). <em>Entre mayas y espa\u00f1oles: africanos en el Yucat\u00e1n colonial<\/em>. Ciudad de M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">fce.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Triquell, Agustina (2015). \u201cHacer (lo) visible: la imagen fotogr\u00e1fica en la investigaci\u00f3n social\u201d, <em>Reflexiones<\/em>, 94(2), pp. 121-132.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Valero, Silvia (2011). \u201cFiguraciones de \u2018lo afro\u2019 y \u2018lo negro\u2019 en las producciones culturales cubanas contempor\u00e1neas\u201d, <em>Orbis Tertius<\/em>, 16(17).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Vel\u00e1zquez, Mar\u00eda Elisa y Odile Hoffmann (2007). \u201cInvestigaciones sobre africanos y afrodescendientes en M\u00e9xico: acuerdos y consideraciones desde la historia y la antropolog\u00eda\u201d, <em>Diario de Campo<\/em>, (91), pp. 60-68. Recuperado de https:\/\/revistas.inah.gob.mx\/index.php\/diariodecampo\/article\/view\/7992<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Victoria Ojeda, Jorge y Jorge Canto Alcocer (2006). \u201cSan Fernando Ak\u00e9: microhistoria de una comunidad afroamericana en Yucat\u00e1n\u201d, <em>Revista de Ciencias Sociales de la Universidad Aut\u00f3noma de Yucat\u00e1n<\/em>, 24. M\u00e9rida: Universidad Aut\u00f3noma de Yucat\u00e1n.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2024). \u201cRetratos de afrodescendientes en M\u00e9rida en los siglos <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et <span class=\"small-caps\">xx<\/span>\u201d, <em>Alquimia<\/em>, (77), pp. 38-59.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Nahayeilli B. Ju\u00e1rez Huet<\/em> est professeur de recherche au Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropolog\u00eda Social (<span class=\"small-caps\">ciesas),<\/span> Quartier g\u00e9n\u00e9ral de la p\u00e9ninsule, et membre du <span class=\"small-caps\">snii<\/span>. Ses recherches portent sur trois domaines principaux : la diversit\u00e9 religieuse au Mexique, les Afro-descendants et les diff\u00e9rentes manifestations du racisme. Elle a \u00e9t\u00e9 coresponsable acad\u00e9mique de la C\u00e1tedra <span class=\"small-caps\">unesco\/inah\/ciesas<\/span>Elle a \u00e9t\u00e9 la coordinatrice acad\u00e9mique des ateliers sur l'utilisation d'outils visuels pour la recherche sociale au Mexique et en Am\u00e9rique centrale : \"Afro-descendants au Mexique et en Am\u00e9rique centrale : reconnaissance, expressions et diversit\u00e9 culturelle\" (2017-2021) ; depuis 2016, elle est la coordinatrice acad\u00e9mique des ateliers sur l'utilisation d'outils visuels pour la recherche sociale au Mexique et en Am\u00e9rique centrale : reconnaissance, expressions et diversit\u00e9 culturelle (2017-2021). <span class=\"small-caps\">ciesas,<\/span> Peninsular, o\u00f9 il promeut le travail collaboratif et l'exp\u00e9rimentation m\u00e9thodologique dans le domaine de l'anthropologie visuelle. Il est membre du R\u00e9seau de chercheurs sur le ph\u00e9nom\u00e8ne religieux au Mexique (<span class=\"small-caps\">rifrem<\/span>) et le r\u00e9seau de recherche en anthropologie audiovisuelle, laboratoire audiovisuel (<span class=\"small-caps\">riav<\/span>) de l <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"notas\" id=\"notas-fixed\">\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote1\">1 Cette ethnographie photographique fait partie d'un projet de recherche plus large et continu sur les dissonances, les identit\u00e9s et l'autorepr\u00e9sentation de l'\"Afro-Mexicain\". \u00c0 travers des r\u00e9cits de vie et des images d'autorepr\u00e9sentation, j'analyse comment les fronti\u00e8res de la diff\u00e9rence sont construites sur la base de marqueurs somatiques, et comment elles s'articulent avec d'autres logiques d'exclusion et d'inclusion, ainsi qu'avec les r\u00e9cits nationaux qui leur sont superpos\u00e9s.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote2\">2 Cette ethnographie photographique fait partie d'un projet de recherche plus large et continu sur les dissonances, les identit\u00e9s et l'autorepr\u00e9sentation du point de vue des \"Afro-Mexicains\". L'une des exp\u00e9riences transversales de ces peuples est l'exp\u00e9rience quotidienne de la discrimination, des in\u00e9galit\u00e9s, de l'exotisation et du racisme. \u00c0 partir de la photo-\u00e9licitation, l'\u00e9chelle intime du sujet offre des nuances qui enrichissent l'interpr\u00e9tation situ\u00e9e de ces exp\u00e9riences. Il est important de noter que les cat\u00e9gories ethniques et\/ou identitaires sont contextuelles, non fixes, et varient d'une r\u00e9gion \u00e0 l'autre. L'afro-mexicain est en r\u00e9alit\u00e9 une cat\u00e9gorie englobante d'une diversit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences identitaires ancr\u00e9es dans des contextes locaux (Ju\u00e1rez Huet et Rinaudo, 2017). Les personnes identifi\u00e9es par leurs caract\u00e9ristiques somatiques comme \"noires\" ou avec une \"identit\u00e9 afro-descendante\/afro-mexicaine\" ne se reconnaissent pas toujours comme telles - ou qui d\u00e9cide ce que l'on est, qui est [afro] mexicain et qui ne l'est pas ? Ce ph\u00e9nom\u00e8ne met en \u00e9vidence les imaginaires sociaux en jeu, la n\u00e9cessit\u00e9 de ne pas r\u00e9duire l'identit\u00e9 \u00e0 une couleur de peau et l'exercice indispensable de conna\u00eetre sa propre lecture de qui vit une exp\u00e9rience identitaire particuli\u00e8re. Cela doit tenir compte de sa multidimensionnalit\u00e9 et du sens que les sujets lui attribuent, malgr\u00e9 les inerties des racialisations qui sont profond\u00e9ment enracin\u00e9es dans les dynamiques historiques d'inclusion\/exclusion au sein des r\u00e9cits d'identit\u00e9 nationale\/r\u00e9gionale dans notre pays. Ces dynamiques ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une in\u00e9galit\u00e9 historique qui naturalise la subordination d'un \"autre\", dans ce cas, \"noir\/afro-descendant\".<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote3\">3 Les noms utilis\u00e9s ici sont des noms r\u00e9els et la permission de les utiliser a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e avec le plein consentement de la personne interrog\u00e9e.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote4\">4 Rosma a \u00e9tudi\u00e9 l'anthropologie avec une sp\u00e9cialisation en litt\u00e9rature et en linguistique \u00e0 l'universit\u00e9 autonome du Yucat\u00e1n (Universidad Aut\u00f3noma de Yucat\u00e1n).<span class=\"small-caps\">uady<\/span>).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote5\">5 Sur la m\u00e9thodologie de recherche dialogique, voir Corona Berkin (2012), Mallimaci et Gim\u00e9nez (2006), Miano (1994), Collier et Collier (1986), Orobitg Canal (2004) et Triquell (2015).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote6\">6 Pour plus d'informations sur la collection d'images qui constituent cette curation visuelle, voir <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/juarez-autorrepresentacion-identidad-afrodescendencia-yucatan\/\" target=\"_blank\">https:\/\/encartes.mx\/juarez-autorrepresentacion-identidad-afrodescendencia-yucatan<\/a><\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote7\">7 Pour une discussion sur la construction de m\u00e9thodologies horizontales \u00e0 partir de la recherche sociale, voir Corona Berkin (2012) et Pinto Passos et Ribes Pereira (2012).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote8\">8 Pour une r\u00e9flexion plus large sur l'autorepr\u00e9sentation de l'identit\u00e9 \u00e0 partir des arts visuels, voir Mela Contreras (2021).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote9\">9 Le terme \"Afro-descendant\" a gagn\u00e9 en l\u00e9gitimit\u00e9 suite \u00e0 son adoption lors de la Conf\u00e9rence mondiale de 2001 contre le racisme, la discrimination raciale, la x\u00e9nophobie et l'intol\u00e9rance qui y est associ\u00e9e et \u00e0 une \"revalorisation politique et culturelle\" de la diaspora africaine dans les Am\u00e9riques (Valero, 2011). Aux fins de cette analyse, j'utilise le terme \"Afro-descendants\". Ce terme fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une racine africaine multiple et diverse, travers\u00e9e par des localismes qui n'ont pas toujours une connotation ethnique explicite. Il s'agit d'une origine marqu\u00e9e par une diaspora, dans laquelle les d\u00e9nominations li\u00e9es \u00e0 l'\"afro\" sont ancr\u00e9es dans des dynamiques politiques, sociales et culturelles sp\u00e9cifiques, \u00e0 la fois r\u00e9gionales et nationales, et dans divers processus identitaires (voir Hoffman, 2007).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote10\">10 Pour une perspective critique de l'ethnicit\u00e9 maya au Yucat\u00e1n, voir Llanes Salazar (2018).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote11\">11 Voir \u00e9galement Lynn Blinn et Amanda Harrist (1991), qui explorent l'utilisation combin\u00e9e de la photographie instantan\u00e9e et de la photo-elicitation chez leurs interlocuteurs en tant qu'outil m\u00e9thodologique permettant d'acc\u00e9der aux significations subjectives.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote12\">12 La curation visuelle \u00e0 laquelle il est fait r\u00e9f\u00e9rence est compos\u00e9e de ce texte et de 21 images accompagn\u00e9es de leurs r\u00e9cits ethnographiques respectifs, qui peuvent \u00eatre consult\u00e9s dans la pr\u00e9sentation PowerPoint.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote13\">13 Juchiteca est un gentilicio f\u00e9minin qui d\u00e9signe une femme originaire de Juchit\u00e1n de Zaragoza, une ville situ\u00e9e dans l'\u00c9tat d'Oaxaca, au Mexique, dans la r\u00e9gion de l'isthme de Tehuantepec.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote14\">14 En ao\u00fbt 2019, il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 au <em>Journal officiel de la F\u00e9d\u00e9ration<\/em> la r\u00e9forme de l'article 2 de la Constitution mexicaine, qui reconna\u00eet les peuples et communaut\u00e9s afro-mexicains - ind\u00e9pendamment de leur auto-d\u00e9signation - comme faisant partie de la composition pluriculturelle de la nation. Cependant, cette reconnaissance juridique n'a pas \u00e9limin\u00e9 le manque persistant de reconnaissance sociale : les Afro-Mexicains sont toujours per\u00e7us comme des \u00e9trangers, comme c'est le cas dans l'\u00c9tat du Yucat\u00e1n.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote15\">15 Gentilicio de Valladolid, Yucat\u00e1n.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote16\">16 Au Mexique, le terme \"gente fresa\" est utilis\u00e9 famili\u00e8rement pour d\u00e9crire les personnes qui appartiennent \u00e0 des couches \u00e9conomiques \u00e9lev\u00e9es ou qui pr\u00e9tendent l'\u00eatre. Elles ont des attitudes frivoles, pr\u00e9somptueuses et des go\u00fbts ambitieux. Elles ont un accent qui vise \u00e0 les diff\u00e9rencier des accents mexicains et r\u00e9gionaux en question. En Am\u00e9rique latine, il a ses \u00e9quivalents : cuica, cheto, peluc\u00f3n, gomelo, etc. Pour une analyse des discours racistes des \u00e9lites de M\u00e9rida, voir Eugenia Iturriaga (2016).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote17\">17 La Costa Chica est une r\u00e9gion situ\u00e9e le long de la c\u00f4te Pacifique sud du Mexique, couvrant une partie des \u00c9tats de Guerrero et d'Oaxaca. Elle abrite certaines des populations afro-mexicaines les plus \u00e9tudi\u00e9es du pays. Ces communaut\u00e9s ont jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la mobilisation pour la reconnaissance constitutionnelle du peuple afro-mexicain comme faisant partie de la composition pluriculturelle de la nation mexicaine. Voir \u00e0 cet \u00e9gard Hoffmann et Vel\u00e1zquez (2007) et D\u00edaz Casas et Vel\u00e1zquez (2017).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote18\">18 Voir l'article de Luisangel Garc\u00eda Yeladaqui dans ce dossier.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote19\">19 Ou \u00e0 leur \"caste b\u00e9douine\". Ce terme fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la migration libanaise dans le Yucat\u00e1n (et au Mexique), dont la pr\u00e9sence remonte au 20e si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>. Luis Alfonso Ram\u00edrez analyse les processus par lesquels cette communaut\u00e9 a r\u00e9ussi \u00e0 s'adapter et \u00e0 s'int\u00e9grer avec succ\u00e8s dans la soci\u00e9t\u00e9 yucat\u00e8que, en obtenant une mobilit\u00e9 politique, \u00e9conomique et sociale exceptionnelle au sein de la sph\u00e8re locale (Ram\u00edrez Carrillo, 2012).<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 travers des photographies, des entretiens, des r\u00e9cits de vie et une m\u00e9thodologie dialogique bas\u00e9e sur l'horizontalit\u00e9, cette ethnographie visuelle reconstruit diverses formes d'identification et d'autorepr\u00e9sentation qui renvoient, de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, \u00e0 l'afro-descendance et \u00e0 ses marques somatiques suppos\u00e9es. Le tout s'inscrit dans un contexte r\u00e9gional, urbain et contemporain, historiquement associ\u00e9 aux Mayas comme alt\u00e9rit\u00e9 dominante et comme composante fondatrice de l'identit\u00e9 locale. L'objectif est de comprendre, \u00e0 partir des exp\u00e9riences et des perspectives d'une femme yucat\u00e8que, comment les marques d'appartenance et d'identit\u00e9 fonctionnent en relation avec les hi\u00e9rarchies sociales et l'autorepr\u00e9sentation, ainsi que les processus impliqu\u00e9s dans l'appropriation ou le rejet des cat\u00e9gories associ\u00e9es \u00e0 ces marques.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":39963,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[1457,1455,1458,300,1456],"coauthors":[551],"class_list":["post-39940","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-11","tag-afrodescendencia","tag-autorrepresentacion","tag-foto-elicitacion","tag-identidad","tag-yucatan","personas-juarez-huet-nahayeilli","numeros-1405"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Curadur\u00edas del yo. 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