{"id":39862,"date":"2025-09-22T10:00:13","date_gmt":"2025-09-22T16:00:13","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=39862"},"modified":"2025-09-19T15:03:12","modified_gmt":"2025-09-19T21:03:12","slug":"varela-antirracismo-disidencia-sexogenerica-raza-arte-autorrepresentacion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/varela-antirracismo-disidencia-sexogenerica-raza-arte-autorrepresentacion\/","title":{"rendered":"Lo prieto : Anti-racisme, dissidence sexog\u00e8ne et autorepr\u00e9sentation dans l'\u0153uvre de deux artistes visuels mexicains."},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Je discuterai des concepts de l'antiracisme dans une perspective d'\u00e9tudes culturelles,<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> la dissidence sexuelle et l'autorepr\u00e9sentation de populations racialis\u00e9es telles que les prietas \u00e0 travers les \u0153uvres\/paroles de Mar Coyol (\u00c9tat de Mexico, 1994) et Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez (Chiapas, 1987). Leurs \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es dans diff\u00e9rents lieux de la haute culture mexicaine et dans des espaces ind\u00e9pendants. Je pr\u00e9sente une discussion sur le contexte de production, une analyse bas\u00e9e sur les propres mots des artistes et une r\u00e9flexion sur le racisme, l'antiracisme, l'autorepr\u00e9sentation et le cuir. La m\u00e9thodologie est bas\u00e9e sur l'observation ethnographique des expositions de Coyol et Ch\u00e1irez en juin 2024 \u00e0 Mexico, sur des entretiens semi-structur\u00e9s avec les artistes, sur une revue bibliographique et sur l'ethnographie des r\u00e9seaux socio-num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em><span class=\"small-caps\">lo prieto<\/span><\/em><span class=\"small-caps\">Antiracisme, dissidence sexe-genre et autorepr\u00e9sentation dans l'\u0153uvre de deux artistes visuels mexicains<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">S'appuyant sur une perspective d'\u00e9tudes culturelles, cet article explore l'antiracisme, la dissidence sexe-genre et l'autorepr\u00e9sentation des populations racialis\u00e9es en tant qu'acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile. <em>prietas<\/em> [\u00e0 la peau fonc\u00e9e] dans les \u0153uvres et les mots de Mar Coyol (\u00c9tat de Mexico, 1994) et Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez (Chiapas, 1987). Les \u0153uvres de ces deux artistes ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es dans de grandes institutions artistiques et des galeries ind\u00e9pendantes au Mexique. Outre le contexte de leur production, l'analyse utilise les propres mots des artistes pour r\u00e9fl\u00e9chir au racisme, \u00e0 l'antiracisme, \u00e0 l'autorepr\u00e9sentation et \u00e0 la th\u00e9orie queer. Elle s'appuie sur une observation ethnographique des expositions de Coyol et Ch\u00e1irez \u00e0 Mexico en juin 2024, sur des entretiens semi-structur\u00e9s avec les artistes, sur une revue de la litt\u00e9rature et sur une \u00e9tude ethnographique des m\u00e9dias sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : antiracisme, dissidence sexe-genre, race, <span class=\"small-caps\">lgbttiq<\/span>+ art, autorepr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right verse\"><em>Bijoux<\/em>. I.1.f. Mx. Objet ridicule, ringard.<br>Pop ; 2. L'acte d'un homme homosexuel extr\u00eamement mani\u00e9r\u00e9. pop.<br><em>Dictionnaire des am\u00e9ricanismes<\/em> de l'Acad\u00e9mie royale de la langue espagnole<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">Introduction<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Dans ce texte, j'analyserai la relation entre la race, l'art, la population et la culture du point de vue des \u00e9tudes culturelles dans une perspective intersectionnelle.<span class=\"small-caps\"> lgbtq<\/span> et des subjectivit\u00e9s politiques. Pour cette raison, je commence par expliciter mon travail en le situant dans les d\u00e9bats avec la bibliographie et les travaux intellectuels, artistiques, politiques et acad\u00e9miques des personnes du sud global. Cet article travaille avec la notion de contextualisation radicale (Grossberg, 2016) pour penser le mot et le travail des artistes mentionn\u00e9s ; dans ce sens, il cherche un travail analytique avec des informations ethnographiques et analyse le contexte de production du discours sur la privation en lisant les images et les entretiens avec les deux artistes en tant que texte.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es 1990 <span class=\"small-caps\">xx<\/span> est consolid\u00e9e dans les \u00e9tudes sur l'ethnicit\u00e9 comme un tournant dans la relation entre l'\u00c9tat et les sujets et peuples alt\u00e9r\u00e9s en Am\u00e9rique latine. Bien que le <span class=\"small-caps\">xx<\/span> Dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du continent marqu\u00e9es par des r\u00e9volutions, des dictatures, des invasions et des mouvements arm\u00e9s, les \u00c9tats latino-am\u00e9ricains ont mis en place diff\u00e9rentes versions de politiques publiques visant \u00e0 constituer des nations fond\u00e9es sur des id\u00e9es concr\u00e8tes, en particulier celles qui cherchaient \u00e0 assimiler les peuples indig\u00e8nes et afro-descendants dans une perspective d'\u00c9tat-nation moderne et m\u00e9tisse.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1990, le mouvement indig\u00e8ne autonome, les politiques de reconnaissance et les nouvelles formes de constitution identitaire modifi\u00e9es en marge des politiques \u00e9tatiques marqueront de nouvelles formes d'organisation tant pour les peuples indig\u00e8nes que pour l'\u00e9mergence de \"nouvelles identit\u00e9s politiques\", comme c'est le cas au Mexique, au Chili et en Bolivie avec l'initiative de l'Union europ\u00e9enne. <em>apparence <\/em>de la population noire\/africaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelles sont les marques historiques et l'empreinte des mobilisations d\u00e9crites ci-dessus sur les subjectivit\u00e9s contemporaines ? Peut-\u00eatre qu'un nouveau cadre \u00e9pist\u00e9mique, de la deuxi\u00e8me d\u00e9cennie des ann\u00e9es 2000 \u00e0 l'\u00e9poque contemporaine, est la meilleure fa\u00e7on de r\u00e9pondre \u00e0 la question de savoir si l'on a besoin d'un nouveau cadre \u00e9pist\u00e9mique. <em>fl\u00e8che<\/em> des \u00e9tudes et des politiques sur le racisme et la lutte contre le racisme en Am\u00e9rique latine.<\/p>\n\n\n\n<p>partir de ces nouvelles discussions politiques sur ce qu'est le racisme et sur sa constitution historique dans diff\u00e9rents pays d'Am\u00e9rique latine, je souhaite r\u00e9fl\u00e9chir sp\u00e9cifiquement au cas du Mexique \u00e0 la lumi\u00e8re de deux mouvements importants autour du racisme : d'une part, la conceptualisation du Nord global sur le racisme et l'antiracisme en tant que source d'inspiration pour l'environnement politique et intellectuel urbain au Mexique et, d'autre part, la r\u00e9ception, l'\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre de cette batterie de connaissances contextualis\u00e9es aux \u00c9tats-Unis dans les g\u00e9n\u00e9rations contemporaines, comme dans le cas de Mar Coyol et Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez dans le domaine de la cr\u00e9ation artistique, avec un accent antiraciste marqu\u00e9 dans le discours visuel et le discours politique. Je ne mentionne ces deux espaces que pour pouvoir les \u00e9noncer, bien que je ne les voie pas de mani\u00e8re s\u00e9par\u00e9e, ce qui m'int\u00e9resse c'est de rendre compte de ces deux sph\u00e8res en relation avec le contexte politique des \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Je m'int\u00e9resse \u00e9galement \u00e0 la mani\u00e8re dont les politiques de diff\u00e9rences raciales et ethniques rencontrent les politiques de reconnaissance et d'affirmation de la communaut\u00e9. <span class=\"small-caps\">lgbttiq+<\/span>. C'est-\u00e0-dire en termes de ce que nous appellerions l'intersectionnalit\u00e9 ; comment il y a une rencontre entre les diff\u00e9rentes formes de diversit\u00e9 qui habitent et mobilisent les discours contemporains.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Mexique, le mouvement politique de l'Arm\u00e9e zapatiste de lib\u00e9ration nationale (1994-aujourd'hui), les luttes de gu\u00e9rilla des ann\u00e9es 1970, le mouvement \u00e9tudiant de 1968 - dans lequel est inclus le Front mexicain de lib\u00e9ration homosexuelle - ainsi que les mobilisations contemporaines telles que le mouvement noir-afromexicain, les caravanes de migrants, entre autres mobilisations politiques, font partie des fondements qui permettent de discuter du racisme dans des perspectives plus lib\u00e9rales (telles que la lutte pour les droits des populations indig\u00e8nes, noires et afro-mexicaines), les caravanes de migrants, parmi d'autres mobilisations politiques, font partie des fondements qui permettent de discuter du racisme dans des perspectives plus lib\u00e9rales (comme la lutte pour les droits des populations indig\u00e8nes, noires-afro-mexicaines et afro-mexicaines, et la lutte pour les droits de l'homme). <span class=\"small-caps\">lgbttiq+<\/span>) \u00e0 des positions qui remettent en question la fa\u00e7on dont ces perspectives ont \u00e9t\u00e9 coopt\u00e9es par les politiques multiculturelles n\u00e9olib\u00e9rales :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">L'autre terme \u00e0 consid\u00e9rer ici est celui d'entit\u00e9s ou d'identit\u00e9s en conserve de la mondialisation. Pour Segato (2007), la mondialisation a entra\u00een\u00e9 une circulation de plus en plus forte de certaines images identitaires dans les m\u00e9dias, dans la litt\u00e9rature, dans le monde universitaire, dans la coop\u00e9ration technique internationale, dans les discours \u00e9tatiques et supra-\u00e9tatiques. Ainsi, certaines de ces images commencent \u00e0 se positionner. Cette circulation se fait principalement d'un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l'autre. Des mouvements et des mobilisations commencent alors \u00e0 se prononcer au nom de ces id\u00e9es identitaires, qui r\u00e9pondent \u00e0 des logiques tr\u00e8s particuli\u00e8res, \u00e0 des exp\u00e9riences historiques et \u00e0 des formations nationales de l'alt\u00e9rit\u00e9. Ce que dit Segato, c'est que les identit\u00e9s historiques - celles qui font sens et celles qui s'enracinent dans des formations nationales d'alt\u00e9rit\u00e9 - entrent en tension, en traduction ou en relation avec ces identit\u00e9s de la globalisation, tant\u00f4t pour les valoriser, tant\u00f4t pour les miner (Restrepo, 2015 : 86-87).<\/p>\n\n\n\n<p>C'est \u00e0 ce carrefour historique et \u00e9pist\u00e9mique que je place cette r\u00e9flexion sur l'autorepr\u00e9sentation, l'art et la culture. <span class=\"small-caps\">lgbttiq+<\/span> et la construction du d\u00e9valoris\u00e9 au Mexique. Je le place l\u00e0 car c'est ainsi que l'on peut voir ce que sont les r\u00e9appropriations d'une notion imp\u00e9riale de la race et d'une forme d'identit\u00e9 culturelle, et que l'on peut voir ce que sont les r\u00e9appropriations de l'identit\u00e9 culturelle. <em>tordu<\/em> des politiques n\u00e9olib\u00e9rales de l'alt\u00e9rit\u00e9 et de la dissidence sexu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image001-3.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1841x1149\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1. El Estado no somos todxs. Cr\u00e9ditos: M\u00e9xico es racista (2022), Mar Coyol.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image001-3.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 1 : L'\u00c9tat n'est pas nous tous. Cr\u00e9dits : Le Mexique est raciste (2022), Mar Coyol.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Description audio de l'image : Sur un fond de ciel bleu, avec des nuages blancs et roses, des montagnes basses et au milieu d'un champ de ma\u00efs, quatre personnes debout, deux autres agenouill\u00e9es avec des fleurs rouges dans les mains et des pagnes roses, leurs bras entiers pointant vers les c\u00f4t\u00e9s ext\u00e9rieurs de l'image. Les personnes debout se trouvent au centre de l'image, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d'une femme trans habill\u00e9e avec les v\u00eatements typiques de l'isthme de Tehuantepec : jupe longue et froufroutante, huipil rouge avec une cha\u00eene color\u00e9e, collier de fleurs rouges, coiffe rose sur la t\u00eate ; elle tient une bougie blanche allum\u00e9e dans chacune de ses mains, derri\u00e8re elle, dans son dos, se trouve une aur\u00e9ole de fous de Bassan. Elle porte sur sa jupe un texte qui dit \"Prietx sagrada\". Deux deprietx et femmes tiennent une couverture avec deux b\u00e2tons, la l\u00e9gende sur la couverture rose dit que le Mexique est raciste et quatre autres mots : colonialiste, meurtrier, classiste et cissexiste. Les personnes sont v\u00eatues de jupes courtes et de T-shirts sans manches, celle de droite en jaune, celle de gauche en orange. Les deux autres personnes debout portent des shorts, comme ceux des boxeurs : sur les ressorts du short, on peut lire : \"negrx hermosx\" et sur celui de l'autre personne : \"marronx bellx\". Il y a deux rubans roses avec des lettres au bas du tableau qui disent \"jusqu'\u00e0 ce que les oppressions ne soient plus possibles\" et le second, \"l'\u00c9tat n'est pas chacun d'entre nous\".<\/p>\n\n\n\n<p>Je qualifierais ces formes d'\u00e9nonciation graphique et verbale du \"prieto\" d'exercices sp\u00e9cifiques de contre-mis\u00e9g\u00e9nation :<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> Comme le souligne le collectif Marrones escriben en Argentine : \"En bref, \u00eatre Marron, c'est \u00eatre une communaut\u00e9 de personnes qui se rencontrent dans les quartiers urbains et ruraux et qui se reconnaissent comme faisant partie d'une histoire coloniale qui se poursuit\" (Identidad Marr\u00f3n, 2021 : 25).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une notion imp\u00e9riale de la race<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Au cours des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es - depuis 2010 - trois concepts fondamentaux pour le d\u00e9veloppement de ce travail ont \u00e9t\u00e9 largement d\u00e9battus en Am\u00e9rique latine : la race, le racisme et l'antiracisme. Dans cette section, je m'attacherai \u00e0 les pr\u00e9senter succinctement afin de constituer un langage commun tout au long du texte et de contextualiser les lecteurs dans ces d\u00e9bats, \u00e0 la fois acad\u00e9miques et politiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les \u00e9tudes culturelles et la critique postcoloniale, la notion de race est utile en tant que concept analytique. En reprenant les \u00e9tudes de penseurs cl\u00e9s comme An\u00edbal Quijano, Stuart Hall, Rita Laura Segato, Mar\u00eda Lugones, Max Hering, entre autres, nous comprenons la race comme un concept analytique qui nous permet de penser la modernit\u00e9, le capitalisme et le patriarcat comme des constitutions socio-historiques de classification sociale qui ont des effets concrets sur la vie des gens ; en ce sens, nous reprenons la perspective d'An\u00edbal Quijano :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">An\u00edbal Quijano (Yanama, 1930-Lima, 2018) est \u00e0 l'origine de la discussion sur la race dans la th\u00e9orie critique latino-am\u00e9ricaine, un exercice intellectuel qui a eu un impact sur la pens\u00e9e postcoloniale et d\u00e9coloniale sur le continent. \u00c0 partir de l'\u00e9laboration de sa th\u00e8se sur la colonialit\u00e9 du pouvoir, Quijano soutient que la race est une forme de domination qui a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e avec la \"d\u00e9couverte\" et la conqu\u00eate subs\u00e9quente de l'Am\u00e9rique latine. La race servira donc de moyen de domination pour cr\u00e9er et maintenir la colonialit\u00e9 et le capitalisme. Avec cette pr\u00e9misse, Quijano consid\u00e8re la couleur de la peau comme l'un des diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui donnent un sens \u00e0 la diff\u00e9renciation et \u00e0 la classification sociales, mais il est important que, dans les d\u00e9bats contemporains, nous puissions observer et analyser quels sont les autres \u00e9l\u00e9ments qui constituent la race en tant que m\u00e9canisme de domination et la racialisation en tant que pratique politique et ne pas seulement centrer la discussion sur la pigmentocratie, mais observer le ph\u00e9nom\u00e8ne historique et social qui constitue et r\u00e9actualise la race en tant que notion analytique et ordonnatrice de l'\u00e9conomie, de la politique et de la soci\u00e9t\u00e9 (Varela Huerta, 2023 : 245-246).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une perspective bas\u00e9e sur la pens\u00e9e carib\u00e9enne anglophone, nous pouvons nous pencher sur la notion de contrat racial :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Le contrat racial est l'ensemble des accords ou m\u00e9ta-accords, formels ou informels [...] entre les membres d'un sous-ensemble d'\u00eatres humains, d\u00e9sign\u00e9s ci-apr\u00e8s par des crit\u00e8res (ph\u00e9notypiques\/g\u00e9n\u00e9alogiques\/culturels) \"raciaux\" (changeants) [...] [...] comme \"blancs\" et coextensifs (compte tenu de la diff\u00e9renciation sexuelle) \u00e0 la classe des personnes \u00e0 part enti\u00e8re, pour cat\u00e9goriser le sous-ensemble restant d'\u00eatres humains comme \"non-blancs\" et de statut moral diff\u00e9rent.Si l'on consid\u00e8re les personnes de race blanche comme \"blanches\" et comme coextensibles (en tenant compte de la diff\u00e9renciation des sexes) \u00e0 la classe des personnes \u00e0 part enti\u00e8re, on peut classer le sous-ensemble restant d'humains comme \"non blancs\" et d'un statut moral diff\u00e9rent et inf\u00e9rieur, les sous-personnes, de sorte qu'ils ont une position civile subordonn\u00e9e [....]....] l'objectif g\u00e9n\u00e9ral du contrat est toujours le privil\u00e8ge diff\u00e9rentiel des Blancs en tant que groupe par rapport aux non-Blancs en tant que groupe, l'exploitation de leurs corps, de leurs terres et de leurs ressources, et la n\u00e9gation de l'\u00e9galit\u00e9 des chances socio-\u00e9conomiques pour eux. Tous les Blancs sont b\u00e9n\u00e9ficiaires du contrat, m\u00eame si certains n'en sont pas signataires (Mills, 1997 : 28).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans d'autres sens, l'id\u00e9e de formation raciale (Ommi et Winant, 1994) et de capitalisme racial (Cedric Robinson, 2018) est productive pour r\u00e9fl\u00e9chir avec ces auteurs aux diff\u00e9rentes mani\u00e8res dont la race, la racialisation et le racisme ont \u00e9t\u00e9 discut\u00e9s dans les sciences sociales ; Cependant, la proposition th\u00e9orique accompagne la proposition politique et esth\u00e9tique des produits artistiques pr\u00e9sent\u00e9s ici, avec une position claire de discussion avec le sud global, avec les fa\u00e7ons dont nous voulons discuter, \u00e0 partir de nos r\u00e9alit\u00e9s sp\u00e9cifiques, de ce que nous comprenons par race\/racialisation\/racisme et, bien s\u00fbr, antiracisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8mement, la notion de racialisation est li\u00e9e aux pratiques et aux effets que la notion de race a sur les sujets sociaux. En tant que marqueurs sp\u00e9cifiques li\u00e9s \u00e0 l'organisation sociale de la vie, de l'\u00e9conomie et m\u00eame des affects. Les processus de racialisation s'inscrivent dans des temporalit\u00e9s larges et diverses, qui r\u00e9pondent aux formes d'alt\u00e9ration de l'\u00c9tat, \u00e0 la production m\u00e9diatique, aux discussions sociales \u00e0 diff\u00e9rents niveaux, ainsi qu'\u00e0 la production symbolique pr\u00e9sente dans la sph\u00e8re publique. En ce sens, Alejandro Campos avance les arguments suivants :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Processus social par lequel des corps, des groupes sociaux, des cultures et des ethnies sont produits comme appartenant \u00e0 diff\u00e9rentes cat\u00e9gories fixes de sujets, charg\u00e9s d'une nature ontologique qui les conditionne et les stabilise (voir Banton, 1996). En termes plus clairs, la racialisation est d\u00e9finie comme la production sociale de groupes humains en termes raciaux. Dans cette acception particuli\u00e8re, les races sont une construction sociale historique, ontologiquement vide, le r\u00e9sultat de processus complexes d'identification, de distinction et de diff\u00e9renciation des \u00eatres humains selon des crit\u00e8res ph\u00e9notypiques, culturels, linguistiques, r\u00e9gionaux, ancestraux, etc. (Campos, 2012 : 21).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image003-4.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"707x1046\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2. Cr\u00e9ditos: bixa (2022), Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image003-4.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 2 : Cr\u00e9dits : bixa (2022), Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Audiodescription : Sur un fond violet, avec de l'herbe verte et la silhouette d'un joueur de football en train de courir, est assis un jeune homme noir et afromexicain, les jambes grandes ouvertes, avec des cheveux noirs boucl\u00e9s. Ses yeux sont ferm\u00e9s, comme dans un r\u00eave, et son visage est tourn\u00e9 vers la droite de l'image. Il est v\u00eatu d'un uniforme de football : maillot jaune et vert de l'\u00e9quipe nationale br\u00e9silienne, sur sa poitrine deux colibris jaunes et blancs mordent le maillot au niveau des mamelons ; short bleu clair, chaussettes blanches qui montent jusqu'aux genoux, chaussures de football bleu sp\u00e9cial. Au premier plan, un ballon perfor\u00e9 par une lance ; le ballon est d\u00e9gonfl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la base de la classification sociale et de la domination li\u00e9es aux diff\u00e9rentes formes de racisme, certains sujets sociaux ont accompli des actes et des exercices sp\u00e9cifiques de lutte contre le racisme, \u00e0 la fois dans la sph\u00e8re politique institutionnelle, dans la sph\u00e8re politique communautaire et dans des domaines aussi divers que les salles de classe, les rues des villes, les galeries d'art, les salles de danse et de concert, le monde universitaire, les espaces politiques des \u00c9tats nationaux et supranationaux, ainsi que les grandes industries mondiales de consommation, telles que les entreprises priv\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>En Am\u00e9rique latine et dans les Cara\u00efbes, les discussions, les d\u00e9bats et la production intellectuelle sur la race et le racisme ne sont pas nouveaux, mais ils semblent plus pr\u00e9sents dans les discussions publiques sur le sujet. Malgr\u00e9 l'importance de la question raciale dans les discussions acad\u00e9miques, politiques et intellectuelles de la r\u00e9gion, ce n'est que depuis les ann\u00e9es 2010 que la question de la race et du racisme est devenue plus importante dans le d\u00e9bat public sur le sujet.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> Lorsque diff\u00e9rents secteurs se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la question, la soci\u00e9t\u00e9 civile, le monde universitaire et les entreprises ont vu dans les politiques n\u00e9olib\u00e9rales de reconnaissance une nouvelle niche \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, en g\u00e9n\u00e9ral, comment comprendre l'antiracisme ? Dans le monde anglophone, on trouve une premi\u00e8re d\u00e9finition des \"grammaires alternatives de l'antiracisme\",<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> est consid\u00e9r\u00e9 comme un concept utile pour \"saisir les actions et les discours dans lesquels l'in\u00e9galit\u00e9 raciale et le racisme n'\u00e9taient pas explicites ou centraux, m\u00eame s'ils n'\u00e9taient pas totalement absents, et qui avaient pourtant ce que nous consid\u00e9rons comme des effets antiracistes en termes de remise en question de la distribution racialis\u00e9e du pouvoir et de la valeur mat\u00e9rielle et symbolique\" (Moreno et Wade, 27, p. 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>L'antiracisme n'a pas toujours \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 comme tel, il est donc important de mentionner une distinction fondamentale dans le travail effectu\u00e9 dans ce domaine. Tout d'abord, pour les personnes qui, dans les ann\u00e9es 60, ont <span class=\"small-caps\">xx<\/span> ont lutt\u00e9 globalement contre les structures de domination fond\u00e9es sur une notion biologiste r\u00e9pandue de la race, mais aussi sur les autres d\u00e9nominations : par classe sociale et par orientation sexuelle et identit\u00e9s de genre. Il est important de faire cette distinction pour comprendre que lorsque nous parlons de luttes antiracistes ou d'antiracisme en g\u00e9n\u00e9ral, nous ne parlons pas seulement de la lutte des Afro-Am\u00e9ricains aux \u00c9tats-Unis pendant la p\u00e9riode d'organisation des droits civiques, mais aussi d'autres formes de supr\u00e9matie qui, pour les mouvements sociaux, ont toujours \u00e9t\u00e9 li\u00e9es \u00e0 l'id\u00e9e de domination.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la vague de <em>politiques antiracistes <\/em>des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es, nous observons que, tout comme dans le domaine des luttes pour la reconnaissance et l'expansion des notions \u00e9tatiques de citoyennet\u00e9 m\u00e9tisse blanche par les organisations noires et indig\u00e8nes \u00e0 travers le continent, celles-ci ont \u00e9t\u00e9 coopt\u00e9es par les politiques n\u00e9olib\u00e9rales, aboutissant \u00e0 ce que Charles Hale (2005) qualifie de <em>multiculturalisme n\u00e9olib\u00e9ral<\/em>. Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, les organisations antiracistes qui ont prolif\u00e9r\u00e9 en Am\u00e9rique latine, ainsi que les discussions relatives \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne social, ont \u00e9galement rev\u00eatu un caract\u00e8re n\u00e9olib\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1994, par exemple, au Mexique, l'Arm\u00e9e zapatiste de lib\u00e9ration nationale, ainsi que d'autres organisations indig\u00e8nes autonomistes, telles que l'Arm\u00e9e de lib\u00e9ration nationale, se sont mobilis\u00e9es en faveur de la paix et de la s\u00e9curit\u00e9. <span class=\"small-caps\">crac-pc<\/span><a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> dans le sud du Mexique, avait d\u00e9j\u00e0 une position que l'on pourrait qualifier d'antiraciste et strat\u00e9gique, g\u00e9n\u00e9rant une organisation communautaire et autonome en dehors de l'\u00c9tat et une recherche de personnes et de groupes sociaux alli\u00e9s dans les luttes pour la d\u00e9mocratisation et l'acc\u00e8s de tous les citoyens aux droits fondamentaux tels que la sant\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9, le logement, l'\u00e9ducation, la paix, la culture et le territoire, bien que cette liste ne soit pas exhaustive.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir des r\u00e9flexions ci-dessus, je propose de consid\u00e9rer la notion imp\u00e9riale de race comme une forme non critique et distanci\u00e9e de mouvements sociaux, une perspective qui examine la constitution d'un corps acad\u00e9mique nord-am\u00e9ricain excluant des analyses politiques, th\u00e9oriques et acad\u00e9miques les exp\u00e9riences historiques et la production intellectuelle que le sud global, sp\u00e9cifiquement en Am\u00e9rique latine et dans les Cara\u00efbes hispaniques, a r\u00e9alis\u00e9es sur la notion g\u00e9n\u00e9rale de race. En d'autres termes, en suivant l'id\u00e9e de la position am\u00e9ricaine en tant qu'expansion imp\u00e9riale, nous pouvons voir comment, m\u00eame dans les discours \"critiques\", l'exp\u00e9rience historique et la production intellectuelle de l'histoire radicale dans la r\u00e9gion de l'Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes sont oblit\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Suite \u00e0 la mobilisation pour l'assassinat de George Floyd en mai 2020 aux Etats-Unis, le mouvement a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 <em>Les Vies Noires Comptent<\/em> et avec elle une discussion qui a d\u00e9pass\u00e9 les fronti\u00e8res m\u00e9diatiques de ce pays. Au moins au Mexique, c'\u00e9tait le point de r\u00e9f\u00e9rence dans le discours m\u00e9diatique pour rendre compte du racisme \u00e0 la mexicaine, \u00e9tant donn\u00e9 que le mouvement noir-afro-mexicain travaillait depuis des ann\u00e9es sur le plan politique pour la reconnaissance de cette population.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, l'un des principaux arguments de ce que j'appellerais l'antiracisme n\u00e9olib\u00e9ral est qu'il prend comme point de d\u00e9part les exp\u00e9riences et les contextualisations de la race dans l'exp\u00e9rience historique des \u00c9tats-Unis, en laissant de c\u00f4t\u00e9 l'exp\u00e9rience historique des groupes racialis\u00e9s en tant que non-Blancs sur le territoire national. Apr\u00e8s l'assassinat de Floyd, l'histoire de la lutte pour les droits civiques aux \u00c9tats-Unis s'est poursuivie. <span class=\"small-caps\">\u00c9TATS-UNIS<\/span> a fait l'objet de nombreuses s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es et de films, <em>podcast<\/em>parmi d'autres produits m\u00e9diatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L'exp\u00e9rience des personnes et des populations afro-am\u00e9ricaines est marqu\u00e9e par la mani\u00e8re dont elles ont \u00e9t\u00e9 historiquement incluses en tant que citoyens de seconde zone dans la nation am\u00e9ricaine. Sur la base de ces discours li\u00e9s avant tout \u00e0 la couleur de la peau, des \u00e9tudes ont prolif\u00e9r\u00e9 dans la r\u00e9gion latino-am\u00e9ricaine qui, sur la base de la couleur de la peau,<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> Les caract\u00e9ristiques corporelles, parmi d'autres marques, ont \u00e9t\u00e9 lues comme une forme de racisme.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, il existe des lectures li\u00e9es \u00e0 des exp\u00e9riences dans le monde anglo-saxon,<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> qui ont une matrice de division entre indig\u00e8nes et noirs comme marqueurs de culture\/race et donc de lecture du racisme.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, l'exp\u00e9rience diversifi\u00e9e de pays tels que le Mexique, o\u00f9, outre les indig\u00e8nes, les noirs et les m\u00e9tis, on trouve les \"prieto\", c'est-\u00e0-dire les populations qui, d'une part, effectuent des exercices de contre-mestizaje et, d'autre part, ne sont pas reconnues dans l'id\u00e9alisation du m\u00e9tis, est effac\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>J'appelle cette d\u00e9contextualisation des processus historiques sp\u00e9cifiques des territoires d'Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes par rapport aux habitants indig\u00e8nes, noirs, afro-descendants et indig\u00e8nes-descendants et leurs liens avec la technologie d'\u00c9tat visant \u00e0 cr\u00e9er un sujet m\u00e9tis, un discours m\u00e9tis dans les territoires que nous appelons aujourd'hui l'Am\u00e9rique latine et les Cara\u00efbes, l'id\u00e9e imp\u00e9riale de la race. Cette notion imp\u00e9riale de la race domine les discours publics de l'histoire des \u00c9tats-Unis, un r\u00e9cit public dans lequel le racial est li\u00e9 \u00e0 la couleur, au ph\u00e9notype, mais aussi \u00e0 l'obsession de ne pas contaminer le sang du peuple. <em>blanc <\/em>ni avec une goutte de sang provenant d'autres groupes ethniques ou culturels.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De la dissidence sexo-g\u00e9n\u00e9rique, de la classe \u00e0 la <em>lavage de l'arc-en-ciel<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> LGBTTIQ+ : le queer comme r\u00e9invention<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Actuellement, nous observons que de nombreuses luttes antiracistes ont laiss\u00e9 de c\u00f4t\u00e9 une lecture li\u00e9e \u00e0 l'orientation de genre et \u00e0 la classe sociale, c'est-\u00e0-dire qu'il existe une lecture de l'antiracisme comme une lutte pour la repr\u00e9sentation des sujets racialis\u00e9s en tant que non-blancs dans les espaces de pouvoir, de communication, de gestion des m\u00e9dias, parmi d'autres logiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame pour le mouvement <span class=\"small-caps\">lgbttiq+<\/span> au Mexique, \u00e9tant donn\u00e9 que les revendications du Frente de Liberaci\u00f3n Homosexual de M\u00e9xico, li\u00e9es aux discussions sur le changement social r\u00e9volutionnaire dans le pays au cours des ann\u00e9es soixante et soixante-dix du si\u00e8cle dernier, ont toujours \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9es d'une lecture de l'article. <em>mat\u00e9rialiste, <\/em>au sens marxiste du terme.<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a> Le tournant de la mobilisation <span class=\"small-caps\">lgbttiq+<\/span> Ces derni\u00e8res d\u00e9cennies ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par la politique de consommation et l'hyper-visibilisation de certains groupes homonormatifs au sein de la diversit\u00e9. L'id\u00e9e de dissidence sexuelle est coupl\u00e9e \u00e0 la notion de \"prietezation\", pour donner cette tournure aux politiques antiracistes, comme le souligne Jorge S\u00e1nchez Cruz :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Les \u00c9tats-nations sont construits par l'exploitation, la d\u00e9possession et la n\u00e9gation des personnes non normatives, et Mu\u00f1oz et Ferguson nous le font savoir. Tous deux assurent une sorte de d\u00e9colonisation du champ des \u00e9tudes queer et de la th\u00e9orie queer, les obligeant \u00e0 mettre l'accent sur les survivances de la colonialit\u00e9 et de l'esclavage, leurs techniques de travail forc\u00e9, leurs excavations territoriales, leurs \u00e9puisements du corps racialis\u00e9 et la cr\u00e9ation de structures qui g\u00e9n\u00e8rent une mort lente (S\u00e1nchez Cruz, 2025,257).<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous pensons \u00e0 ces tours et d\u00e9tours du cuir et du racialis\u00e9, quel est le sens du prieto de nos jours ? C'est ainsi qu'il appara\u00eet dans la d\u00e9finition de la <em>Dictionnaire de l'espagnol mexicain<\/em>:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Prieto1 adj. et s. Avoir la peau fonc\u00e9e, comme la plupart des Mexicains : \"Avoir une bonne terre, un mari qui travaille dur et une enfantpayate.&nbsp;<em>prieto<\/em>&nbsp;et souriant, les yeux grands ouverts comme s'ils \u00e9taient effray\u00e9s \", \" Que maintenant je m'en vais\/ et que je prends ma voiture \", \" Que maintenant je m'en vais\/ et que je prends ma voiture \".&nbsp;<em>prietita<\/em>\".<br>2 adj. Qui est de couleur tr\u00e8s fonc\u00e9e ou noire :&nbsp;<em>un cheval-cerf<\/em>,&nbsp;<em>la poule noire<\/em>,&nbsp;<em>haricots pinto<\/em>,&nbsp;<em>sapote prieto. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Et dans le <em>Acad\u00e9mie royale de la langue espagnole<\/em>:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Prieto, ta&nbsp;<br>De&nbsp;<em>de la dur\u00e9e de vie du produit.<\/em><br>1. adj. Serr\u00e9 ou ajust\u00e9.<br>Sin. : l serr\u00e9, serr\u00e9, serr\u00e9, serr\u00e9, \u00e9troit.<br>2. adj. Dur ou dense.<br>syn. : l dur, comprim\u00e9, dense.<br>3. adj. avare, maigre, cupide.<br>4. adj. Se dit d'une couleur : Tr\u00e8s sombre et presque indiscernable du noir.<br>5. adj. color\u00e9&nbsp;<em>prieto<\/em>.<br>6. adj. Cuba. Se dit d'une personne : De race noire. U. t. c. s.<br>7. adj. Mexique. Se dit d'une personne : De peau brune.<br>Sin : l moreno.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, Tito Mitjans rappelle que c'est Sylvia Wynter qui a utilis\u00e9 le terme prieto pour parler de l'Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Sylvia Wynter (2003) pr\u00e9sente une g\u00e9n\u00e9alogie du terme prieto qui nous fournit une base d\u00e9coloniale et antiraciste du terme \u00e0 un moment o\u00f9 le mot gagne de l'importance politique au Mexique. La philosophe a retrouv\u00e9 ce terme dans un rapport datant du d\u00e9but du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xvii<\/span> L'auteur, le capucin espagnol Antonio de Teruel, y explique que les indig\u00e8nes du Congo consid\u00e9raient les couleurs de peau plus fonc\u00e9es comme l'expression d'une grande beaut\u00e9. Les personnes n\u00e9es avec des teintes plus claires devenaient plus fonc\u00e9es en grandissant, leur m\u00e8re utilisant une pommade ou les exposant au soleil pour obtenir cet effet. Le pr\u00eatre expliquait qu'en raison de cette valeur chromatique de la peau, si importante pour les Congolais, les Europ\u00e9ens leur paraissaient laids et exigeaient \u00e9galement que les Espagnols les appellent prietos, et non negros, car pour eux, seuls les esclaves \u00e9taient appel\u00e9s negros et, par cons\u00e9quent, negro et esclave signifiaient la m\u00eame chose (Wynter, 2003 : 301-302) (Mitjans, 2023 : 188).<\/p>\n\n\n\n<p>Lo prieto a des lectures diff\u00e9rentes et contextuelles selon les pays, comme nous pouvons le lire dans les mots de Wynter ; j'\u00e9voque Wynter, lu par Mitjans, comme un exercice de traduction culturelle non seulement de l'anglais \u00e0 l'espagnol, mais aussi en termes de circulations culturelles et de lectures contextualis\u00e9es en Am\u00e9rique latine et dans les Cara\u00efbes d'auteurs publi\u00e9s dans le Nord global, mais qui consid\u00e8rent le Sud comme un \u00e9pist\u00e9m\u00e9. Dans les Cara\u00efbes, la distinction historique de lo prieto est diff\u00e9rente de la lecture qui en est faite au Mexique. Alors que dans les pays o\u00f9, statistiquement, la population noire ou afro-descendante est plus importante que la population indig\u00e8ne, les notions de couleur et, par cons\u00e9quent, les formes de d\u00e9nomination sont larges, dans des pays comme le Mexique, le mot prieto est associ\u00e9 \u00e0 la classe sociale et \u00e9galement \u00e0 l'ethnicit\u00e9, de mani\u00e8re marqu\u00e9e dans la couleur de la peau de la personne dont on parle ou du groupe de population qui n'est pas indig\u00e8ne, pas noir et pas blanc ; On pourrait donc penser que dans les identifications m\u00e9tisses, la classe sociale est toujours associ\u00e9e \u00e0 la possibilit\u00e9 de \"blanchir\", comme le souligne Fabrizio Mej\u00eda Madrid :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Le \"prieto\" est le m\u00e9tis \u00e0 la pigmentation duquel on attribue \u00e0 la fois l'indolence, l'ignorance, le ressentiment atavique et le sentimentalisme. C'est la poursuite par d'autres moyens d'une guerre contre les pauvres : le \" l\u00e9pero \" de la Colonie (pas de son quartier, mais de la p\u00e9riode vice-royale) c\u00e8de la place au \" pelado \" de la R\u00e9publique ind\u00e9pendante (Mej\u00eda, 2018 : 22).<\/p>\n\n\n\n<p>Lo prieto est donc une synchronisation entre la couleur de la peau, les identit\u00e9s diffuses et la classe sociale dans un environnement raciste qui lit la racialisation associ\u00e9e \u00e0 diff\u00e9rents usages du langage, de l'espace, entre autres formes de reconnaissance et de stigmatisation de l'autre, comme le souligne Mar Coyol dans un entretien.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Du regard ethnique \u00e0 la construction politique : exercices politiques d'autorepr\u00e9sentation<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mar Coyol (1994) est originaire de Teoloyucan, dans l'\u00c9tat de Mexico. Il a d\u00e9cid\u00e9 d'\u00e9tudier l'art et souligne que \"dans ces espaces d'apprentissage et d'enseignement du monde de l'art, il y a beaucoup de violence, beaucoup de racisme et le classisme qui existe dans le monde de l'art. Une grande partie de mon travail est li\u00e9e \u00e0 cette remise en question directe des arts et cela se refl\u00e8te dans mon travail et mes projets\" (Coyol, \"Por un futuro antirracista\", 2024, 57m11s).<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> Coyol a \u00e9galement expliqu\u00e9 que pendant cette p\u00e9riode, l'une des questions sur lesquelles il a travaill\u00e9 est la mani\u00e8re de penser le noir, car il s'identifie lui-m\u00eame comme une personne noire, un dissident sexu\u00e9 qui recherche des espaces de cr\u00e9ation comportant des \u00e9l\u00e9ments politiques. C'est aussi une manifestation de la mani\u00e8re dont \"l'exotisation des corps noirs est d\u00e9nonc\u00e9e\", mais aussi une mani\u00e8re dont son art dialogue avec la rue.<\/p>\n\n\n\n<p>De ces exp\u00e9riences dans lesquelles \" entre 2016-2017 nous avons fait une s\u00e9rie de portraits, beaucoup d'entre nous se sont sentis seuls et au moment o\u00f9 nous nous sommes r\u00e9unis le feu interne s'est allum\u00e9 pour r\u00e9aliser des projets artistiques et culturels et prendre des espaces dans les mus\u00e9es dans l'espace public \" (Coyol, \" Pour un avenir antiraciste \", 2024, 1h27m28s) ; l'artiste a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 faire diff\u00e9rentes r\u00e9flexions dans le sens de l'importance du commun \u00e0 partir de son nouveau projet Moyokani, dans lequel il sugg\u00e8re :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">...Je m'int\u00e9resse \u00e0 l'interconnexion des syst\u00e8mes d'oppression de race, de classe, de sexe, de genre, d'ethnicit\u00e9 et de sexualit\u00e9, et je m'int\u00e9resse beaucoup \u00e0 l'\u00e9nonciation, aux slogans, au quartier, \u00e0 la ruralit\u00e9, \u00e0 la vie quotidienne, au paysage et \u00e0 la formation des agences politiques des personnages que j'imagine. Pour leur donner la possibilit\u00e9 d'exister face \u00e0 ces probl\u00e9matiques, cette r\u00e9sistance et cette survie qui ont toujours exist\u00e9 dans l'histoire (Coyol, \"Por un futuro antirracista\", 2024, 1h7m23s).<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, il y a l'\u0153uvre de Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez (Tuxtla Guti\u00e9rrez, Chiapas, 1987), une personne qui s'identifie comme homosexuelle, jota et sans \u00e9quivoque prieta, \u00e0 la limite du cuir.<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a> L'\u0153uvre de Ch\u00e1irez ainsi que sa pr\u00e9sence dans le monde de l'art public mexicain se sont affirm\u00e9es entre 2019 et 2020, \u00e0 la suite d'une s\u00e9rie de discussions sur son travail. <em>La r\u00e9volution <\/em>(2014), qui montre un Emiliano Zapata nu sur son cheval, portant des talons hauts et visiblement f\u00e9minis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image005-4.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"908x1171\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 3. Cr\u00e9ditos: La revoluci\u00f3n (2019), Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image005-4.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 3 - Cr\u00e9dits : La revoluci\u00f3n (2019), Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Audiodescription : Sur un fond orange clair, un cheval blanc avec un tr\u00e8s long cou est tenu en l'air. Il a un p\u00e9nis en \u00e9rection et semble sauter, sa queue est baiss\u00e9e ainsi que sa t\u00eate. Au-dessus de lui, un homme nu et chauve porte des talons avec un pistolet au bout des chaussures et un grand chapeau rose et rond. Il est envelopp\u00e9 d'un ruban aux couleurs vert, blanc et rouge. Le jeune homme est moustachu et prend une pose sensuelle, face au spectateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette peinture a donn\u00e9 lieu \u00e0 de nombreuses discussions sur le th\u00e8me de l'utilisation de l'eau et de l'\u00e9nergie. <em>impropre <\/em>de la pi\u00e8ce par rapport au personnage historique, qui a toujours eu une pr\u00e9sentation masculine h\u00e9g\u00e9monique et qui, en outre, est li\u00e9 \u00e0 l'id\u00e9e de la nation comme espace de cr\u00e9ation de h\u00e9ros et de masculinit\u00e9 ; par cons\u00e9quent, le fait qu'une personne homosexuelle joue ce r\u00f4le \u00e9tait impardonnable.<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, nous pouvons voir qu'il y a des op\u00e9rations raciales et de genre dans l'id\u00e9e de la construction du noir, comme je l'ai soulign\u00e9 dans les paragraphes pr\u00e9c\u00e9dents, le racial a toujours \u00e9t\u00e9 une construction d'\u00c9tat et maintenant il revient entre les mains de ces artistes qui revendiquent le noir, comme le souligne Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">J'associe le noir au populaire, \u00e0 ce qui est proche de moi. Le visible et le commun, avec la proximit\u00e9 de certaines activit\u00e9s... Je vais vous parler avec mon travail : jouer au football, manger un \u00e9pi de ma\u00efs. Ce qui n'a pas le privil\u00e8ge du blanc. Tout ce que certains appellent populaire dans la mexicanit\u00e9, pas seulement la couleur de la peau, a aussi \u00e0 voir avec des questions socio-\u00e9conomiques et culturelles (Ch\u00e1irez, communication personnelle, 5 juillet 2024).<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, pour Mar Coyol, lo prieto a une histoire concr\u00e8te qui ne commence pas avec l'activisme des ann\u00e9es 1960,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">[...] mais avec la mani\u00e8re dont l'histoire s'\u00e9tend et brise la lin\u00e9arit\u00e9. Il est tr\u00e8s important pour moi de dire que les Noirs, les Noirs et les indig\u00e8nes ont un pouvoir d'action, que nous ne sommes pas seuls, que nous formons une communaut\u00e9. Il est important pour moi de travailler sur la mani\u00e8re dont les Noirs, les Noirs et les indig\u00e8nes d\u00e9mant\u00e8lent le racisme \u00e0 travers la po\u00e9sie, l'art, la recherche universitaire (Coyol, \"Por un futuro antirracista\", 2024, 59m53s).<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, il semble important de noter que les \u0153uvres des deux artistes repr\u00e9sentent des personnes de la communaut\u00e9. <span class=\"small-caps\">lgbtiiq+<\/span> qui ont \u00e9t\u00e9 historiquement sous-repr\u00e9sent\u00e9s dans l'art, l'art de la rue et la publicit\u00e9 et qui, comme le souligne Mar Coyol, sont des personnes noires, indig\u00e8nes, noires et afro-mexicaines qui se trouvent toujours dans des espaces sociaux tels que les transports publics, les cuisines bon march\u00e9, les march\u00e9s et d'autres espaces dans lesquels l'id\u00e9e de race, de classe et d'identit\u00e9 de genre peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant en jeu, dans ce que le photographe noir-afro-mexicain Hugo Arellanes a appel\u00e9 <em>une repr\u00e9sentation digne<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a> (H. Arellanes, communication personnelle, janvier 2025), en relation avec la mani\u00e8re dont de nombreuses personnes racialis\u00e9es comme non blanches ont \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9es par le biais de l'objectivation. Pour poursuivre cette id\u00e9e, Coyol affirme, en d\u00e9finissant la notion d'autorepr\u00e9sentation : \"Nous-m\u00eames, \u00e0 travers les outils de l'art, pouvons rendre compte de nos exp\u00e9riences de vie, \u00eatre nos propres sujets d'\u00e9tude\" (Coyol, \"Por un futuro antirracista\", 2024, 1h7m23s).<\/p>\n\n\n\n<p>Mar Coyol a \u00e9galement soulign\u00e9 dans l'interview que \"dans le domaine de l'art et de l'activisme antiraciste, il a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 \u00e0 Octubre Prieto, en 2021, et a commenc\u00e9 en Argentine. Ici, avec Prietolog\u00edas <span class=\"small-caps\">vih<\/span> et la racialisation, comme une d\u00e9marche artistique qui place les corps et les histoires serr\u00e9es au centre\" (Coyol, \"For an anti-racist future\", 2024, 1h35m27s).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Image, m\u00e9moire et qualit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'image picturale a fait l'objet de diverses approches m\u00e9thodologiques et analytiques. Dans cet article, je me concentre sur la relation entre la mat\u00e9rialit\u00e9, le discours et l'autorepr\u00e9sentation, plut\u00f4t que sur une analyse technique. En ce sens, l'id\u00e9e d'une vaste exp\u00e9rience esth\u00e9tique<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> est la proposition analytique qui guide ce document, comprenant l'exp\u00e9rience esth\u00e9tique comme ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 travaill\u00e9 en relation avec le cuir :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Nous pouvons consid\u00e9rer l'exp\u00e9rience esth\u00e9tique, compte tenu de l'interaction entre l'objet esth\u00e9tique et la perception esth\u00e9tique, comme une exp\u00e9rience non seulement sp\u00e9culaire, mais aussi spectaculaire. Sp\u00e9culaire en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la relation entre le spectateur et l'\u0153uvre, dans un processus de projection des attentes qu'il apporte avec lui et qui sont \u00e9galement refl\u00e9t\u00e9es et partag\u00e9es avec ses communaut\u00e9s d'appropriation. Et cette relation sp\u00e9culaire peut \u00eatre spectaculaire, car la reconnaissance peut se transformer en repr\u00e9sentations recr\u00e9\u00e9es par les spectateurs. L'exp\u00e9rience esth\u00e9tique va donc au-del\u00e0 des significations contenues dans le r\u00e9cit, elle est per\u00e7ue de mani\u00e8re sensible et transform\u00e9e en manifestation. Les appropriations que le moi fait en rencontrant des r\u00e9cits, qui g\u00e9n\u00e8rent la production de sens, ne sont pas seulement un exercice technique de traduction de mots, d'images et de sons, mais sont aussi des processus dans lesquels l'exp\u00e9rience de la reconnaissance a lieu. La production de sens dans l'\u0153uvre est pr\u00e9sente dans la poi\u00e8sis, dans le mouvement \u00e9nonc\u00e9 par l'auteur, mais elle ne s'ach\u00e8ve que dans l'aisthesis, dans l'exp\u00e9rience du spectateur, qui d\u00e9passe le d\u00e9codage de ce qui est mat\u00e9rialis\u00e9 dans l'objet esth\u00e9tique pour entrer dans la perception sensible, qui implique le spectateur dans sa place sociale. Il s'agit d'une sensibilit\u00e9 partag\u00e9e avec des communaut\u00e9s d'appropriation et de reconnaissance. Comme nous l'enseigne Eliseo Ver\u00f3n (2004), l'\u00e9laboration du sens implique deux grammaires, celle de la production et celle de la reconnaissance, qui se d\u00e9roule dans la confrontation entre ce qui est produit et ce qui est reconnu (Mendes de Barros et Wlian, 2023 : 55).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de l'id\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente de l'exp\u00e9rience esth\u00e9tique comme partie int\u00e9grante d'un processus de construction de sens communautaire, il me semble pertinent d'analyser les \u0153uvres des deux auteurs mentionn\u00e9s ici ; je suis int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont les processus d'autorepr\u00e9sentation sont produits, non seulement en termes de perception des images, par exemple dans un mus\u00e9e, o\u00f9 l'on peut voir des personnes de la dissidence sexog\u00e9nique racialis\u00e9es comme non blanches, et s'il sera possible d'effectuer des processus de d\u00e9codage dans lesquels la diversit\u00e9 implique plus que l'id\u00e9e d'ethnicit\u00e9 raciale et culturelle.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image007-4.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"783x1029\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 4. Cr\u00e9ditos: Invocaci\u00f3n (2015), Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image007-4.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 4 - Cr\u00e9dits : Invocation (2015), Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Sur un fond de terre cuite, un agave de pr\u00e8s de deux m\u00e8tres de haut se d\u00e9ploie, avec douze feuilles charnues et vertes, aux bords d\u00e9limit\u00e9s \u00e0 l'ext\u00e9rieur, sur lesquelles poussent d'autres feuilles. Au centre, un jeune homme brun et nu nous regarde, le menton lev\u00e9 dans un geste de s\u00e9duction. Sur son oreille droite, une grande fleur rouge orne son visage peu poilu, avec une petite barbe. C'est un jeune homme d'environ 25 ans, mince, brun. Au centre de l'image, on voit son p\u00e9nis et ses genoux joints. Au poignet droit, il a un serpent ocre enchev\u00eatr\u00e9 tout le long de son bras ; sur le muscle delto\u00efde de ce m\u00eame bras droit, il a un drap blanc enroul\u00e9 qui tombe derri\u00e8re lui et on le voit enroul\u00e9 \u00e0 nouveau sur son poignet gauche. Au niveau de ses jambes, un corbeau noir aux ailes ouvertes s'appr\u00eate \u00e0 picorer un cr\u00e2ne humain.<\/p>\n\n\n\n<p>L'id\u00e9e m\u00eame d'autorepr\u00e9sentation<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a> Je pense qu'il est important d'y r\u00e9fl\u00e9chir ici, parce qu'elle peut produire plus que des images qui alimentent les politiques n\u00e9olib\u00e9rales d'une vision qui pr\u00e9tend <em>d\u00e9colonis\u00e9e ; <\/em>Je m'int\u00e9resse aux ant\u00e9c\u00e9dents ou \u00e0 l'histoire qui rendent possible une discussion sur l'autorepr\u00e9sentation aujourd'hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le domaine des \u00e9tudes culturelles, on a beaucoup \u00e9crit sur les formes de repr\u00e9sentation de l'alt\u00e9rit\u00e9, de ces sujets en marge qui ont construit les sens du centre ; comme Stuart Hall (2014) et Edward Said (2007) l'ont d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, les fa\u00e7ons dont l'Occident a constitu\u00e9 des fantasmes sur l'Orient ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des compr\u00e9hensions sur ces r\u00e9gions, territoires et multiplicit\u00e9 de cultures. Ce qui m'int\u00e9resse, c'est ce qui se passe lorsqu'il existe un espace politique, c'est-\u00e0-dire discursif, permettant \u00e0 diff\u00e9rentes alt\u00e9rit\u00e9s de faire irruption dans les espaces politiques et culturels pour dire quelque chose sur diff\u00e9rentes questions. En ce sens, il me semble important de penser l'autorepr\u00e9sentation \u00e9galement comme des circuits \u00e9conomiques dans lesquels les personnes racialis\u00e9es comme noires, auto-d\u00e9finies comme indig\u00e8nes, noires, afro-mexicaines ou noires, p\u00e9n\u00e8trent non seulement dans la potentialit\u00e9 de ce qui est vu, mais aussi dans l'\u00e9conomie politique des processus culturels.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour poursuivre cette r\u00e9flexion, un exemple clair d'exercices sp\u00e9cifiques d'autorepr\u00e9sentation est li\u00e9 \u00e0 des projets politiques, culturels et \u00e9conomiques tels que le cin\u00e9ma communautaire, une pratique dans laquelle les r\u00e9alisatrices indig\u00e8nes ne sont pas seulement en charge du sc\u00e9nario, de la direction et de la gestion de l'art cin\u00e9matographique, mais il y a une intention politique claire : premi\u00e8rement, raconter leurs histoires d'un point de vue non oppressant ; deuxi\u00e8mement, g\u00e9n\u00e9rer des espaces \u00e9conomiques et de travail pour les personnes sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans les domaines artistiques et culturels, comme c'est le cas des populations indig\u00e8nes noires, afro-mexicaines et immigr\u00e9es, <span class=\"small-caps\">lgbttiq+<\/span>les Noirs, entre autres. Troisi\u00e8mement, il existe un potentiel dans la g\u00e9n\u00e9ration de nouvelles personnes form\u00e9es pour effectuer un travail sp\u00e9cialis\u00e9 dans les domaines de l'art et de la culture.<a class=\"anota\" id=\"anota16\" data-footnote=\"16\">16<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Mar Coyol a un point de vue tr\u00e8s particulier sur cette relation entre le racisme, l'antiracisme et l'art :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Mus\u00e9e d'art latino-am\u00e9ricain antiraciste (<span class=\"small-caps\">mauvais<\/span>) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 dans l'intention de forcer le dialogue sur le racisme, le classisme, le syst\u00e8me d'oppression coloniale du sexe et du genre et les processus d\u00e9coloniaux dans l'art. Le mus\u00e9e est un tonalcat\u00e9petl, un mot nahuatl qui signifie la montagne de la subsistance, o\u00f9 la chose la plus importante, c'est-\u00e0-dire la vie, est soign\u00e9e et pr\u00e9serv\u00e9e. Notre ligne de travail, celle qui m'int\u00e9resse, soutient principalement des projets collectifs ou des projets \u00e0 port\u00e9e communautaire. <span class=\"small-caps\">lgbt <\/span>et racialis\u00e9es, \u00e0 travers des expositions, des expositions collectives, des r\u00e9sidences artistiques, des laboratoires et actions de cr\u00e9ation et des moments de convivialit\u00e9 ; refl\u00e9tant, dialoguant et complexifiant nos pratiques cr\u00e9atives et politiques, certains de nos projets portent sur les transf\u00e9minismes, la culture cuir, la s\u00e9ropositivit\u00e9 et l'antiracisme (\"For an anti-racist future\", 2024, 1h38m09s).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le d\u00e9viant comme d\u00e9viation, le d\u00e9viant comme espace politique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'\u0153uvre d'art des deux personnes pr\u00e9sent\u00e9es dans cet article est une \u0153uvre \u00e9minemment politique. Comme dans d'innombrables projets artistiques, la relation entre ces deux espaces n'est pas une nouveaut\u00e9, ce qui est une exception \u00e0 la norme, c'est que ces espaces sont discursivement interconnect\u00e9s \u00e0 la fois dans l'image et dans les mots des cr\u00e9ateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Il semble que nous soyons devant une production politique qui s'appuie sur des mobilisations ant\u00e9rieures li\u00e9es aux ethnies pour donner un coup sur la table, un coup doux qui accompagne la resignification du mot prieto, de l'action de presser le f\u00e9minisme, comme les f\u00e9minismes noirs l'avaient signal\u00e9 au Br\u00e9sil (Carneiro, 2017). De m\u00eame, nous pouvons observer que les artistes Mar Coyol et Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez pensent, agissent et produisent de l'art \u00e0 partir d'une perspective tr\u00e8s particuli\u00e8re, qui est l'id\u00e9e de faire communaut\u00e9. De m\u00eame, tous deux d\u00e9tournent l'id\u00e9e du noir d'un point de vue cuir :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Th\u00e9oriser le queer\/cuir en Am\u00e9rique latine signifie \u00e9galement discuter des modes de vie non h\u00e9t\u00e9ronormatifs, des modes d'affectivit\u00e9, de la politisation et de la d\u00e9sirabilit\u00e9 des \"autres\" corps et des expressions artistiques non h\u00e9g\u00e9moniques ; ainsi que d'analyser les multiples voies par lesquelles les sujets non blancs, non h\u00e9t\u00e9rosexuels et non cisgenres se rendent intelligibles dans leurs contextes et d\u00e9ploient toute une s\u00e9rie d'agences singuli\u00e8res et cr\u00e9atives qui mettent en \u00e9chec les normativit\u00e9s dominantes en mati\u00e8re de sexe et de genre, de race, de corps et de classe, soit en les tendant, soit en les d\u00e9formant (Parrini, Guerrero, Pons, 2021 : 2).<\/p>\n\n\n\n<p>Mar Coyol le souligne clairement lorsqu'elle d\u00e9crit son projet <span class=\"small-caps\">mauvais<\/span>:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\"><span class=\"small-caps\">mauvais <\/span>est n\u00e9e d'un moment tr\u00e8s sp\u00e9cial pour reprendre l'id\u00e9e du soin de la vie, le soin collectif qu'est tonalcat\u00e9petl. Lorsqu'il est n\u00e9 <span class=\"small-caps\">mauvais<\/span>Lorsque je l'ai cr\u00e9\u00e9, j'ai cess\u00e9 de penser \u00e0 l'art et je me suis davantage pr\u00e9occup\u00e9 de la vie. Nous voulions parler de nos exp\u00e9riences, construire un lieu, un refuge qui abriterait nos histoires et nos souvenirs qui ont \u00e9t\u00e9 ni\u00e9s par l'invisibilisation syst\u00e9matique des Noirs (Coyol, \"Por un futuro antirracista\", 2024, 1h40m39s).<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, Coyol est pass\u00e9 d'une r\u00e9flexion sur la repr\u00e9sentation du masculin \u00e0 une exp\u00e9rience li\u00e9e \u00e0 des processus de cr\u00e9ation en commun, avec des personnes de la dissidence sexo-g\u00e9n\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez, l'importance de l'autorepr\u00e9sentation n'est pas de faire ressortir les Noirs, mais plut\u00f4t - comme l'a dit Mar Coyol - de les forcer \u00e0 \u00eatre vus dignement, \u00e0 rendre compte d'un espace d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9 par les Noirs. L'un des effets du racisme est pr\u00e9cis\u00e9ment l'impossibilit\u00e9 de lire tous les corps avec dignit\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Lorsque je commence \u00e0 faire des pi\u00e8ces plus \u00e9nergiques, telles que <em>Le r\u00eave<\/em>qui montre une personne allong\u00e9e avec des colibris et le manteau de la Vierge [...] Je viens de me rappeler qu'il s'agit d'une r\u00e9interpr\u00e9tation du manteau de la Vierge et de Juan Diego. Cette \u0153uvre a particip\u00e9 \u00e0 une exposition collective et lorsque tout \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en place, le propri\u00e9taire de la galerie et le commissaire de l'exposition regardaient l'\u0153uvre, lorsque le propri\u00e9taire de la galerie regardait l'\u0153uvre avec une autre personne, il a commenc\u00e9 \u00e0 se moquer de la peinture parce que c'\u00e9tait une tapette, et c'est l\u00e0 que j'ai r\u00e9alis\u00e9 : soudainement, j'ai r\u00e9alis\u00e9 le racisme tr\u00e8s fort (Ch\u00e1irez, communication personnelle, 5 juillet 2024).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce document, l'intention n'est pas de pr\u00e9senter le Prieto comme quelque chose d'achev\u00e9 et sans probl\u00e8me ; au contraire, il s'agit de r\u00e9fl\u00e9chir aux espaces de discussion et d'action qui s'identifient comme antiracistes avec leurs particularit\u00e9s, comme le dit Ch\u00e1irez :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Avant Bellas Artes, je n'avais pas de r\u00e9f\u00e9rence de personnes qui peignaient des personnes racialis\u00e9es, des dissidences de sexe et de genre. J'avais honte d'aborder mon travail du point de vue de mes propres privil\u00e8ges, car on me demandait toujours si j'\u00e9tais suffisamment privil\u00e9gi\u00e9e (Ch\u00e1irez, communication personnelle, 5 juillet 2024).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Resserrer les discours raciaux contemporains<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">J'ai explor\u00e9 diff\u00e9rents concepts qui permettent d'accompagner la lecture de certaines r\u00e9flexions de Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez et Mar Coyol en relation avec l'id\u00e9e de race\/racialisation, les exp\u00e9riences cuir, l'exp\u00e9rience esth\u00e9tique et la notion de privation comme subjectivation politique qu'ils promeuvent dans les sph\u00e8res urbaine et cuir afin de mettre en \u00e9vidence des processus d'appropriation d'espaces dans le monde de l'art, de la culture et de la politique.<\/p>\n\n\n\n<p>L'objectif de mettre au centre du d\u00e9bat le \"prieto\" dans certaines communaut\u00e9s n'est pas seulement de trouver un espace d'\u00e9nonciation artistique, mais aussi de nommer la violence v\u00e9cue par les personnes de la communaut\u00e9. <span class=\"small-caps\">lgbttiq+<\/span> racialis\u00e9s en tant que non-blancs dans diff\u00e9rentes sph\u00e8res ; elle sert \u00e9galement \u00e0 montrer les processus organisationnels qui r\u00e9pondent \u00e0 la politique de cuir de cuir de l'Union europ\u00e9enne et de l'Union europ\u00e9enne. <em>famille choisie <\/em>comme une option de vie au-del\u00e0 de l'id\u00e9e de la famille h\u00e9t\u00e9ronormative. Ils g\u00e9n\u00e8rent \u00e9galement, au milieu d'une politique d'identit\u00e9 en conserve, un lien social profond entre des personnes qui ont \u00e9t\u00e9 historiquement repr\u00e9sent\u00e9es sans particularit\u00e9 et d\u00e9pourvues d'action, m\u00eame dans des cadres visuels.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, la notion de repr\u00e9sentation digne des personnes d\u00e9munies de la communaut\u00e9 <span class=\"small-caps\">lgbttiq+<\/span> La premi\u00e8re est une construction contemporaine de leur corpor\u00e9it\u00e9, la revendication de la beaut\u00e9 en tant qu'exp\u00e9rience esth\u00e9tique humaine et pas seulement l'exp\u00e9rience d'exclusion de la blancheur en tant que beaut\u00e9. Dans les diff\u00e9rentes images que nous voyons dans ce texte, nous observons \u00e9galement une posture corporelle large, diverse, compl\u00e8te et complexe de la part des personnes d\u00e9pourvues. D'autre part, les postures f\u00e9minis\u00e9es de certains des sujets peints par Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez laissent entrevoir la possibilit\u00e9 que l'histoire nationale n'ait pas \u00e9t\u00e9 faite uniquement par des hommes et des femmes h\u00e9t\u00e9rosexuels, mais qu'elle joue avec la pr\u00e9sence historique de la population du pays. <span class=\"small-caps\">lgbttiq+<\/span> dans les diff\u00e9rents moments et exploits historiques de la nation mexicaine.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, Coyol et Ch\u00e1irez exposent les Noirs dans la vie digne de tous les jours : ils mettent en valeur leur beaut\u00e9, mais toujours avec des marques de classe, du populaire, en peignant la beaut\u00e9 des femmes indig\u00e8nes, noires et trans noires dans des contextes sp\u00e9cifiques de la vie quotidienne, par exemple, dans des pots de fleurs fabriqu\u00e9s \u00e0 partir de seaux vides de peinture m\u00e9nag\u00e8re ou dans des paysages de la r\u00e9gion mexicaine li\u00e9s au muralisme.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, l'\u00e9rotisme appara\u00eet li\u00e9 \u00e0 la beaut\u00e9 et non \u00e0 l'exotisme, qui \u00e9tait la caract\u00e9ristique constitutive de la forme historique de repr\u00e9sentation des personnes racialis\u00e9es et de la communaut\u00e9. <span class=\"small-caps\">lgbttiq+<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les images, le corps : l'autorepr\u00e9sentation<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans les images que j'ai apport\u00e9es \u00e0 cet article, nous voyons diverses mani\u00e8res de penser la race, la joter\u00eda ou le cuir et le prieto marqu\u00e9s sur le corps. Ce marquage ne concerne pas seulement la couleur de la peau, mais aussi ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme d\u00e9viant et en dehors de la norme du \"beau\". Dans le cas de Ch\u00e1irez, tant dans le tableau de Zapata et de son cheval que dans celui de la <em>Bixa<\/em> et le <em>Invocation<\/em>Nous voyons des sujets serr\u00e9s dans la noirceur de leur peau et, surtout, nous voyons des formes et des expressions corporelles qui se d\u00e9tachent de l'h\u00e9t\u00e9rosexualit\u00e9 et, dans de nombreux cas, de la masculinit\u00e9 cisgenre.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le souligne Olga Sabido Ramos :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">D'une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, nous constatons un int\u00e9r\u00eat persistant pour la mani\u00e8re dont les crit\u00e8res d'appartenance (quels qu'ils soient) se manifestent dans le corps, par exemple dans la couleur du teint et du visage, les mani\u00e8res, les gestes (par exemple, les salutations), l'accent ou les fa\u00e7ons de manger ou de s'habiller, et le mode de vie en g\u00e9n\u00e9ral. D'autre part, certaines interventions \u00e9tablissent comment, dans des cas extr\u00eames, des identit\u00e9s m\u00e9pris\u00e9es \u00e9mergent o\u00f9 le corps devient la cible principale de la stigmatisation, du rejet et de la r\u00e9pudiation (pour ses \"anomalies\", difformit\u00e9s, imperfections ou laideur), dans la mesure o\u00f9 elles ne co\u00efncident pas avec les mod\u00e8les h\u00e9g\u00e9moniques de beaut\u00e9 corporelle ou avec les mod\u00e8les \u00e9tablis de \"normalit\u00e9\" corporelle (Kogan, 2007 ; 2009). Il convient \u00e9galement de noter les pr\u00e9sentations dans lesquelles le corps n'est pas seulement une ressource pour la stigmatisation, mais aussi pour la constitution et la r\u00e9sistance de la subjectivit\u00e9 (Sabido, 2011 : 51).<\/p>\n\n\n\n<p>En marquant un corps racialis\u00e9 comme non-blanc, un corps masculin sans les qualit\u00e9s de l'h\u00e9t\u00e9rosexuel, ainsi qu'en retravaillant les discours historiques sur lesquels la nation est fond\u00e9e, le travail de Ch\u00e1irez \u00e9labore une vision politique de la mexicanit\u00e9 qui oscille entre l'art r\u00e9aliste et le slogan politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas de Coyol, l'id\u00e9e d'une r\u00e9sistance quotidienne entrem\u00eal\u00e9e d'une dissidence sexosp\u00e9cifique est pr\u00e9sente dans chacune de ses \u0153uvres. Ainsi, la conceptualisation de la Vierge de Guadalupe est retravaill\u00e9e avec une femme noire transgenre qui se trouve dans le m\u00eame espace que la divinit\u00e9 catholique. Dans le cas du tableau <em>Le Mexique est raciste<\/em>On y voit des corps serr\u00e9s et dissidents du genre et de l'h\u00e9t\u00e9rosexualit\u00e9, ce qui donne l'id\u00e9e d'une multiplicit\u00e9 par rapport \u00e0 la nation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail des peintures que nous pr\u00e9sentons dans cet article est marqu\u00e9 par des \u00e9l\u00e9ments centraux tels que la r\u00e9flexion sur la race au-del\u00e0 des id\u00e9es de couleur de peau ; l'id\u00e9e de dissidence sexuelle au-del\u00e0 de l'homosexualit\u00e9 et surtout dans une relation d'opposition \u00e0 l'\u00c9tat mexicain, sp\u00e9cifiquement dans ses aspects anthropologiques, historiques et artistiques, qui a eu au centre de ses productions et d\u00e9bats la politique de m\u00e9tissage, bas\u00e9e sur l'eug\u00e9nisme.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image009-3.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"710x1361\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 5. Cr\u00e9ditos: Soy prietx \u00bfy? (2022), Mar Coyol.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image009-3.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 5 - Cr\u00e9dits : Soy prietx y ? (2022), Mar Coyol.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Audiodescription : en haut de l'image se trouve un ciel bleu avec des nuages roses, sous ce ciel les rayons de la Vierge apparaissent \u00e0 l'ext\u00e9rieur en orange et au centre en jaune ; autour de ces rayons on peut lire : \"Je laisserai mon chant dans les t\u00e9moignages, et mon c\u0153ur rena\u00eetra et reviendra, ma m\u00e9moire se r\u00e9pandra et mon nom perdurera\". De part et d'autre de cette premi\u00e8re image, deux grands seaux de peinture rose servent de vases \u00e0 deux bouquets d'astrom\u00e9lias aux longues tiges vertes et aux fleurs rouges. Au centre se trouve une femme transgenre noire v\u00eatue d'une mini-jupe rose moulante et d'une ceinture ventrale rose sans manches ; elle a une boucle d'oreille dans le nombril et se tient de c\u00f4t\u00e9. Elle porte des talons m\u00e9talliques orange. De son \u00e9paule gauche tombe un bandeau sur lequel on peut lire \"Soy prieta y ? La femme a la main droite pos\u00e9e sur sa taille car elle se tient de c\u00f4t\u00e9. Son visage a une expression s\u00e9rieuse mais pas arrogante, elle a des boucles d'oreilles \u00e0 la columelle et aux ailes du nez, elle a de longues tresses noires et fines dans ses cheveux qui tombent \u00e0 la hauteur de son nombril. Elle porte une couronne dor\u00e9e, comme celle de Miss Univers.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les \u0153uvres que nous voyons, il y a, en plus d'une discussion centrale sur la couleur de la peau, le corps g\u00e9n\u00e9r\u00e9 et marqu\u00e9 par des gestes sp\u00e9cifiques d'une orientation sexuelle autre qu'h\u00e9t\u00e9rosexuelle ; l'utilisation de couleurs de fond - dans le cas de Mar Coyol le rose mexicain et dans le cas de Ch\u00e1irez, des tons plus sombres - qui nous montrent un choix diff\u00e9rent mais dialogique avec les peintures murales monumentales du 20\u00e8me si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xx <\/span>mexicain et, en m\u00eame temps, dialoguer avec le muralisme chicano.<a class=\"anota\" id=\"anota17\" data-footnote=\"17\">17<\/a> et le <em>art de la rue<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, nous pouvons voir les personnages de ces \u0153uvres dans des espaces sp\u00e9cifiques de travail et de loisir : l'\u0153uvre de Ch\u00e1irez utilise le football comme espace central de son travail. <em>Bora<\/em>Dans le cas de Mar Coyol, les espaces et les g\u00e9ographies sont marqu\u00e9s par la classe sociale, ses personnages apparaissent toujours dans des espaces ruraux ou urbains tels que les transports publics et les cuisines bon march\u00e9, avec des marques sp\u00e9cifiques du Mexicain.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez Ch\u00e1irez, les couleurs vives sont moins nombreuses, bien que l'on trouve le jaune vif qui correspondrait au rose de Coyol ; dans les deux cas, on trouve des messages \u00e9crits ou des messages tels que celui d'Emiliano Zapata, qui attirent l'attention sur le fait que le Mexicain a toujours \u00e9t\u00e9 peint et pens\u00e9 \u00e0 partir de la masculinit\u00e9 h\u00e9t\u00e9rosexuelle, laissant de c\u00f4t\u00e9 les femmes, les sujets f\u00e9minis\u00e9s, les trans, les indig\u00e8nes, les Afro-Mexicains, les Noirs et les classes sociales d\u00e9savantag\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas de Ch\u00e1irez et de sa peinture controvers\u00e9e de Zapata, nous disposons de plusieurs \u00e9l\u00e9ments sp\u00e9cifiques li\u00e9s \u00e0 la discussion en cours, puisqu'il fait d'abord une all\u00e9gorie d'Emiliano Zapata, avec un jeune homme chauve, visiblement gay, portant des talons hauts et un chapeau rose ; le cheval a un phallus en \u00e9rection, ce qui explique la mani\u00e8re dont l'art gay a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 publiquement.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas de Coyol, en <em>Le Mexique est raciste<\/em> Le texte est compl\u00e9t\u00e9 par \"Le Mexique est colonialiste, meurtrier, classiste et cissexiste\". Sur les lacets roses en dessous, on peut lire : \"Jusqu'\u00e0 ce que les oppressions ne soient plus possibles, l'\u00c9tat n'est pas chacun d'entre nous\". Sur le jupon de la femme transgenre au centre, on peut \u00e9galement lire \"Prietx sagradx\". Ainsi, les couleurs de peau, les corps, les v\u00eatements et les affiches r\u00e9v\u00e8lent un Mexique qui n'est pas pr\u00e9sent dans les repr\u00e9sentations historiques de ce qu'est la mexicanit\u00e9. Atl, qui montrait des paysages mexicains sans personnes ; dans ce cas, Mar Coyol place au centre une personne muxe avec des hommes, des femmes et d'autres personnes trans avec des v\u00eatements associ\u00e9s \u00e0 la bo\u00eete, \u00e0 l'indig\u00e8ne et au m\u00e9tis, montrant toujours la diversit\u00e9 avec ces couleurs, une autre qui n'est jamais montr\u00e9e dans les chapiteaux touristiques du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps que les artistes interview\u00e9s dans cet article s'opposent aux politiques m\u00e9tisso-philiques, l'\u00e9nonciation discursive continue \u00e0 se faire en termes de national, d'inclusion et m\u00eame de relecture historique, anthropologique et artistique de ce qui a \u00e9t\u00e9 ni\u00e9, barr\u00e9 ou r\u00e9duit au silence par l'\u00c9tat mexicain post-r\u00e9volutionnaire et, surtout, par les politiques publiques multiculturelles dans lesquelles l'homosexuel \u00e9clipse le queer, surtout, par les politiques publiques multiculturelles dans lesquelles le gay \u00e9clipse le queer, si nous comprenons comment certaines politiques de reconnaissance rendent \u00e9galement invisibles des personnes qui ont \u00e9t\u00e9 historiquement enterr\u00e9es sous la logique de la race, de la classe sociale, de l'identit\u00e9 de genre et de l'orientation sexuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, la peinture de Ch\u00e1irez y Coyol montre des corps racialis\u00e9s qui avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9s dans d'autres \u0153uvres graphiques, comme le souligne Ch\u00e1irez lui-m\u00eame dans son r\u00e9cit sur le muralisme mexicain qui l'a inspir\u00e9. D'une certaine mani\u00e8re, l'art chicano produit par le mouvement du m\u00eame nom dans les rues de Los Angeles, en Californie, au cours des ann\u00e9es 80 et 90 du si\u00e8cle dernier, appara\u00eet, un muralisme qui servira \u00e0 r\u00e9interpr\u00e9ter le Mexique \u00e0 la lumi\u00e8re des ph\u00e9nom\u00e8nes migratoires dans le pays voisin du nord. Dans cette production plastique, depuis la fin des ann\u00e9es 1990, la question raciale et sexu\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e, comme l'a soulign\u00e9 Alicia Gaspar : \"C'est celle qui continue d'\u00eatre domin\u00e9e par un nationalisme culturel patriarcal qui embrasse l'id\u00e9e symbolique de l'indig\u00e9nisme et limite son activisme aux luttes raciales et de classe. Le genre et la sexualit\u00e9 [...] sont des questions taboues dans le royaume d'Aztlan\" (cit\u00e9 dans McCaughan, 2014 : 112).<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, nous pourrions sugg\u00e9rer avec Sueli Carneiro (2017) que le travail de noircissement du f\u00e9minisme au Br\u00e9sil devient plus pr\u00e9sent au Mexique en tant que proposition de resserrement des f\u00e9minismes, \u00e9tant donn\u00e9 que les processus politiques noirs-afromexicains sont en passe de faire des espaces f\u00e9ministes des lieux s\u00fbrs pour les personnes noires-afromexicaines f\u00e9minis\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">Bibliographie<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Campos Garc\u00eda, Alejandro (2012). \u201cRacializaci\u00f3n, racialismo y racismo: un discernimiento necesario\u201d, <em>Revista de la Universidad de La Habana<\/em>, vol. 273.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Carneiro, Sueli, An\u00edbal Quijano, Rosa Septien, Rita Laura Segato <em>et al<\/em>. (2017). \u201cEnnegrecer el feminismo\u201d, en R. C. Septien y K. Bidaseca (eds.). <em>M\u00e1s all\u00e1 del decenio de los pueblos afrodescendientes<\/em>. https:\/\/doi.org\/10.2307\/j.ctv253f4nn.10, pp. 109-116. Buenos Aires: <span class=\"small-caps\">clacso<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Correa Angulo, Carlos (2024). \u201c\u2018La enunciaci\u00f3n antirracista\u2019 en las pr\u00e1cticas art\u00edsticas en Colombia: di\u00e1logos e in-comprensiones en la investigaci\u00f3n colaborativa\u201d,&nbsp;<em>Bolet\u00edn de Antropolog\u00eda<\/em>,&nbsp;39(67), pp. 59-89. https:\/\/doi.org\/10.17533\/udea.boan.v39n67a5<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Dom\u00ednguez Ruvalcaba, H\u00e9ctor (2019). \u201cIntroducci\u00f3n: tribulaciones y traves\u00edas de lo queer\u201d y \u201cCap\u00edtulo 1. 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M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, Cuajimalpa, Educaci\u00f3n y Cultura.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Gonz\u00e1lez Romero, Mart\u00edn (2021). \u201cVestidas para marchar. Travestismo, identidad y protesta en los primeros a\u00f1os del Movimiento de Liberaci\u00f3n Homosexual en M\u00e9xico, 1978-1984\u201d,&nbsp;<em>Revista Interdisciplinaria de Estudios de G\u00e9nero<\/em>, El Colegio de M\u00e9xico,&nbsp;7, e582. 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Notas sobre el racismo mexicano\u201d,&nbsp;<em>Revista de la <span class=\"small-caps\">unam<\/span><\/em>, pp. 21-26.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mendes de Barros, Laan y Luiz Fernando Wlian (2023). \u201cNarrativa cuir, experiencia est\u00e9tica y pol\u00edtica en la lucha por la paz: apuntes sobre el cortometraje Negrum3\u201d, <em>Revista de Estudios Sociales<\/em>, 1(83), pp. 41-60. https:\/\/doi.org\/10.7440\/res83.2023.03<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mills, Charles (1997).&nbsp;<em>The Racial Contract<\/em>. Ithaca: Cornell University Press. http:\/\/www.jstor.org\/stable\/10.7591\/j.ctt5hh1wj<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mitjans, Tito (2023) \u201cArchivando las memorias prietas disidentes el sur de M\u00e9xico\u201d, en Melody Fonseca Santos, Georgina Hern\u00e1ndez Rivas y Tito Mitjans Alay\u00f3n (eds.). (2022).&nbsp;<em>Memoria y feminismos: cuerpos, sentipensares y resistencias<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">clacso<\/span>\/Siglo <span class=\"small-caps\">xxi<\/span> Editores, pp. 185-216.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Moreno Figueroa, M\u00f3nica y Peter Wade (2022). <em>Against Racism: Organizing for Social Change in Latin America<\/em>. Pittsburgh: University of Pittsburgh Press, p. <span class=\"small-caps\">xxvii<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Navarrete Linares, Federico (2022). \u201cBlanquitud vs. blancura, mestizaje y privilegio en M\u00e9xico de los siglos <span class=\"small-caps\">xix<\/span> a <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>, una propuesta de interpretaci\u00f3n\u201d,&nbsp;<em>Estudios Sociol\u00f3gicos<\/em>, El Colegio de M\u00e9xico,&nbsp;40, pp. 119-150.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Omi, Michael y Howard Winant (1994). <em>Racial Formation in the United States. From the 1960s to the 1990s<\/em>, Nueva York: Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ortega-Dom\u00ednguez, Mar\u00eda (2018). \u201cUnveiling the Mestizo Gaze: Visual Citizenship and Mediatised Regimes of Racialised Representation in Contemporary Mexico\u201d. Tesis doctoral. Londres: Loughborough University. https:\/\/doi.org\/10.26174\/thesis.lboro.10294940.v1<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Parrini, Rodrigo, Sioban Guerrero Mc Manus y Alba Pons (coords.) (2021). \u201cIntroducci\u00f3n\u201d,&nbsp;<em>Revista Interdisciplinaria de Estudios de G\u00e9nero<\/em>, El Colegio de M\u00e9xico,&nbsp;7(1), pp. 1-9. https:\/\/estudiosdegenero.colmex.mx\/index.php\/eg\/article\/view\/850<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Restrepo, Eduardo (2015). \u201cDiversidad, interculturalidad e identidades\u201d, en Mar\u00eda Elena Troncoso. <em>Cultura p\u00fablica y creativa. Ideas y procesos<\/em>. Buenos Aires: Ministerio de Cultura de la Naci\u00f3n.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Robinson, Cedric J. (2018). \u201cCapitalismo racial: el car\u00e1cter no objetivo del desarrollo capitalista\u201d, <em>Tabula Rasa<\/em>, (28), pp. 23-56. Doi: https:\/\/doi.org\/10.25058\/20112742.n28.2<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Sabido Ramos, Olga (2011). \u201cEl cuerpo y la afectividad como objetos de estudio en Am\u00e9rica Latina: intereses tem\u00e1ticos y proceso de institucionalizaci\u00f3n reciente\u201d, <em>Sociol\u00f3gica<\/em>, a\u00f1o 26, n\u00fam. 74, septiembre-diciembre, 2011, pp. 33-78.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Said, Edward (2007). <em>Orientalismo<\/em>. Barcelona: DeBolsillo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">S\u00e1nchez Cruz, Jorge (2025). \u201cApuntes para un giro queer decolonial: pr\u00e1cticas y movimientos disidentes en el Oaxaca contempor\u00e1neo\u201d, en Estela Serret, Jorge S\u00e1nchez Cruz, Fer V\u00e9lez Rivera (eds.) (2025).&nbsp;<em>Teor\u00eda queer\/cuir en M\u00e9xico: disidencias, diversidades, diferencias<\/em>. M\u00e9xico: Universidad Aut\u00f3noma Metropolitana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Schopper, Tiziana, Anna Berbers y Lukas Vogelgsang (2024). \u201cPride or Rainbow-Washing? Exploring <span class=\"small-caps\">lgbtq+<\/span> Advertising from the Vested Stakeholder Perspective\u201d, <em>Journal of Advertising<\/em>, pp. 1-18. https:\/\/doi.org\/10.1080\/00913367.2024.2317147<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Telles, Edward E. (2014). <em>Pigmentocracies. Ethnicity, Race and Color in Latin America<\/em>. Chapel Hill: University of North Carolina Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Varela Huerta, Itza Amanda. (2023) \u201cRaza\/racismo\u201d, en Mario Rufer (ed.) (2022).&nbsp;<em>La colonialidad y sus nombres: conceptos clave<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">clacso\/<\/span>Siglo <span class=\"small-caps\">xxi<\/span> Editores.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2022). \u201cG\u00e9nero, racializaci\u00f3n y representaci\u00f3n: apuntes para el an\u00e1lisis de productos audiovisuales en el M\u00e9xico contempor\u00e1neo\u201d,&nbsp;<em>Estudios Sociol\u00f3gicos<\/em>, El Colegio de M\u00e9xico,&nbsp;40, pp. 211-228. https:\/\/doi.org\/10.24201\/es.2022v40.2320<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2023). \u201cBatallas por la representaci\u00f3n: racismos, g\u00e9nero y antirracismos en el M\u00e9xico medi\u00e1tico contempor\u00e1neo\u201d, <em>Liminar. 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Buenos Aires: Universidad Nacional de San Mart\u00edn\/Universidad de Manchester.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Itza Amanda Varela Huerta<\/em> est enseignant-chercheur au d\u00e9partement d'\u00e9ducation et de communication de l'Universit\u00e9 d'Amsterdam. <span class=\"small-caps\">uam-x<\/span>. Il fait partie de la <span class=\"small-caps\">snii<\/span>-Conacyt, niveau I. Entre 2020 et 2023, elle a \u00e9t\u00e9 professeur de recherche \u00e0 l'Institut de recherche sur le cancer. <span class=\"small-caps\">ecg<\/span> d'El Colmex. D. en sciences sociales de la <span class=\"small-caps\">uam-x<\/span>. Il a effectu\u00e9 un s\u00e9jour postdoctoral \u00e0 la <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>-Pacifique Sud. Enseign\u00e9 au <span class=\"small-caps\">uabjo<\/span>le site <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>El Colegio de M\u00e9xico, le <span class=\"small-caps\">uacm<\/span>. Il a collabor\u00e9 professionnellement \u00e0 <em>La Jornada<\/em> et au Centre des droits de l'homme Miguel Agust\u00edn Pro-Ju\u00e1rez. Ses recherches portent sur les diff\u00e9rentes formes de racisme, les processus politiques noirs-afromxicains, les f\u00e9minismes, les \u00e9tudes culturelles et la critique postcoloniale. Parmi ses publications les plus r\u00e9centes figure le livre <em>Tiempo de Diablos : usages du pass\u00e9 et de la culture dans le processus de construction ethnique des peuples noirs afromexicains.<\/em> (<span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>, 2023).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"notas\" id=\"notas-fixed\">\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote1\">1 Je sugg\u00e8re d'examiner deux ouvrages sur la visualit\u00e9, l'art et l'antiracisme li\u00e9s \u00e0 des perspectives telles que <span class=\"small-caps\">carla<\/span> et <span class=\"small-caps\">lapora<\/span> pour comprendre comment l'antiracisme a \u00e9t\u00e9 travaill\u00e9 \u00e0 partir de ces lectures. La premi\u00e8re de ces lectures est celle de Carlos Correa Angulo (2024). L'\"\u00e9nonciation antiraciste\" dans les pratiques artistiques en Colombie : dialogues et malentendus dans une recherche collaborative\", <em>Bolet\u00edn de Antropolog\u00eda<\/em>39(67), pp. 59-89. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.17533\/udea.boan.v39n67a5\" target=\"_blank\">https:\/\/doi.org\/10.17533\/udea.boan.v39n67a5<\/a>; Maria Ortega-Dominguez (2018). \" D\u00e9voiler le regard m\u00e9tis : citoyennet\u00e9 visuelle et r\u00e9gimes m\u00e9diatis\u00e9s de repr\u00e9sentation racialis\u00e9e dans le Mexique contemporain \". Th\u00e8se de doctorat. Loughborough : Universit\u00e9 de Loughborough. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.26174\/thesis.lboro.10294940.v1\" target=\"_blank\">https:\/\/doi.org\/10.26174\/thesis.lboro.10294940.v1<\/a><\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote2\">2 Dans cet article, je con\u00e7ois le mestizaje comme un projet national racial mexicain qui s'est renforc\u00e9 au cours du 20e si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>mais se consolide au 20e si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xx<\/span> comme la cr\u00e9ation d'un sujet racialis\u00e9, g\u00e9n\u00e9rique et de classe qui repr\u00e9sente le Mexicain. Ce projet n'est pas seulement une fiction d'\u00c9tat, mais une technologie qui g\u00e9n\u00e8re des subjectivit\u00e9s, des identit\u00e9s politiques ; il a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une politique sociale bas\u00e9e sur des politiques de racialisation biologistes et, plus tard, culturalistes, qui ont divis\u00e9 le pays en indig\u00e8nes et en m\u00e9tis. Le concept de m\u00e9tissage est d'ailleurs constitu\u00e9 par la relation avec l'indig\u00e8ne, l'Europ\u00e9en et le Noir. Ce probl\u00e8me th\u00e9orico-politique a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 sous diff\u00e9rentes perspectives par Gleizer et Caballero (2015) et Navarrete Linares (2022).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote3\">3 Je m'int\u00e9resse \u00e0 l'ann\u00e9e 2010 car c'est la d\u00e9cennie au cours de laquelle les politiques multiculturelles ont eu un effet sur les discours publics concernant la diversit\u00e9 ethnique, raciale et de genre au Mexique. Les discussions sur les accords de San Andr\u00e9s entre le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et le gouvernement mexicain \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9es. <span class=\"small-caps\">ezln<\/span>Lorsque, en 2009 seulement, l'\u00e9galit\u00e9 du mariage a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e dans la capitale du pays, le mouvement noir afromexicain s'inscrivait encore dans le cadre d'une mobilisation locale sur la Costa Chica, mais gagnait en force par rapport aux discours sur le racisme qui pr\u00e9valaient au Mexique.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote4\">4 En ce qui concerne la mani\u00e8re dont ce groupe de travail a men\u00e9 des recherches antiracistes en Am\u00e9rique latine, je sugg\u00e8re \u00e9galement d'examiner Correa Angulo (2024) et Ortega-Dom\u00ednguez (2018).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote5\">5 La Coordination R\u00e9gionale des Autorit\u00e9s Communautaires-Police Communautaire (<span class=\"small-caps\">crac-pc<\/span>) est un processus politique autonome de s\u00e9curit\u00e9 citoyenne qui remonte \u00e0 1995 dans les communaut\u00e9s de montagne du Guerrero. Pour plus d'informations, veuillez consulter Giovanna Gasparello (2009).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote6\">6 As <span class=\"small-caps\">carla<\/span> et <span class=\"small-caps\">lapora<\/span>Les projets de recherche de l'Universit\u00e9 de Manchester sur l'antiracisme en Am\u00e9rique latine, la mesure des in\u00e9galit\u00e9s bas\u00e9e sur l'application de la palette des couleurs de peau, et les recherches men\u00e9es \u00e0 El Colegio de M\u00e9xico.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote7\">7 Voir Edward E. Telles (2014).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote8\">8 La communaut\u00e9 <span class=\"small-caps\">lgbtq+<\/span> a appel\u00e9 cela <em>lavage de l'arc-en-ciel<\/em> (Batey, 2019) pour d\u00e9signer l'utilisation par une marque de symboles <span class=\"small-caps\">lgbtq<\/span> qui se contente de signaler son soutien par la publicit\u00e9, sans s'engager plus avant en faveur de cette communaut\u00e9 ou de ses droits. Cette ali\u00e9nation performative est une m\u00e9thode de marchandisation d'une question sociale dans le but de faire du profit, plut\u00f4t que d'apporter un changement dans la soci\u00e9t\u00e9 (Schopper, 2024 : 3).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote9\">9 Pour plus d'informations, voir Mart\u00edn Gonz\u00e1lez Romero (2021).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote10\">10 Je prends comme r\u00e9f\u00e9rence pour cette partie la conf\u00e9rence de Mar Coyol, \"Por un futuro antirracista, activismos negros, cuirs entre el Caribe hispano y M\u00e9xico\", organis\u00e9e par le Dr. Tito Mitjans Alay\u00f3n \u00e0 l'Universidad Veracruzana en 2024. J'utilise ces informations avec l'accord du Dr. Alay\u00f3n et de l'artiste Mar Coyol. [Pour un avenir antiraciste] (6 octobre 2024). <em>Session 4 : L'art sacerdotal et dissident<\/em> [Vid\u00e9o]. YouTube. <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=3wdDa7Bkk7g\" target=\"_blank\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=3wdDa7Bkk7g<\/a><\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote11\">11 Comme le souligne H\u00e9ctor Dom\u00ednguez Ruvalcaba, \"le domaine des \u00e9tudes queer est sp\u00e9cifique, car il se concentre sur les implications culturelles de la sexualit\u00e9 et du corps, mais il est en m\u00eame temps tr\u00e8s large, car il intervient dans les processus culturels en g\u00e9n\u00e9ral et les affecte\" (Dom\u00ednguez, 2019 : 8).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote12\">12 L'\u00e9moi suscit\u00e9 en 2019 par l'exposition de cette \u0153uvre au Palacio de Bellas Artes a \u00e9t\u00e9 encore plus grand, comme l'a racont\u00e9 Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez dans l'entretien r\u00e9alis\u00e9 pour cet article. En mars 2025, l'exposition a de nouveau suscit\u00e9 une discussion ouverte. <em>La venue du Seigneur<\/em> (Ch\u00e1irez, 2025), une exposition d'art \u00e0 caract\u00e8re religieux. Elle a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e une premi\u00e8re fois le 4 mars 2025, apr\u00e8s qu'un juge a notifi\u00e9 \u00e0 l'Academia de San Carlos (<span class=\"small-caps\">unam<\/span>) que l'exposition de peinture devait \u00eatre annul\u00e9e. Le gouvernement de la ville de Mexico a repris l'exposition le 2 avril de la m\u00eame ann\u00e9e, mais au Museo de la Ciudad, en signe d'ouverture \u00e0 tous les types d'expression, mais elle a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e par un juge le 28 avril.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote13\">13 Avec une repr\u00e9sentation digne, le photographe noir d'origine mexicaine Hugo Arellanes Antonio se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 des images, \u00e0 des discours non exotis\u00e9s sur les personnes racis\u00e9es au Mexique. En d'autres termes, il prend comme point de d\u00e9part leur action humaine, leur coproduction de discours, ainsi que les \u00e9l\u00e9ments mis en valeur par les personnes racis\u00e9es.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote14\">14 Au sens d'une exp\u00e9rience esth\u00e9tique qui ne se concentre pas uniquement sur l'aspect artistique, mais aussi sur les relations \u00e9tablies avec d'autres exp\u00e9riences sociales, telles que l'exp\u00e9rience de la racialisation.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote15\">15 Pour cette discussion sur la repr\u00e9sentation et le racisme, il est sugg\u00e9r\u00e9 d'examiner Itza Varela (2022).<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote16\">16 Sur ce point particulier, j'ai \u00e9tudi\u00e9 comment, ces derni\u00e8res ann\u00e9es au Mexique, des espaces se sont ouverts aux films r\u00e9alis\u00e9s par des femmes indig\u00e8nes et noires afro-mexicaines. En d'autres termes, ces femmes ont r\u00e9ussi \u00e0 faire reconna\u00eetre leur travail dans le domaine du cin\u00e9ma.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote17\">17 Il est sugg\u00e9r\u00e9 d'examiner Uriel Vides Bautista (2017).<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 Je discuterai, du point de vue des \u00e9tudes culturelles, des concepts d'antiracisme, de dissidence entre le sexe et le genre et de l'autorepr\u00e9sentation des populations racialis\u00e9es comme noires, en me basant sur le travail\/la parole de Mar Coyol (\u00c9tat de Mexico, 1994) et de Fabi\u00e1n Ch\u00e1irez (Chiapas, 1987). Leurs \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es dans diff\u00e9rents lieux de la haute culture mexicaine et dans des espaces ind\u00e9pendants. 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