{"id":39816,"date":"2025-09-22T10:00:30","date_gmt":"2025-09-22T16:00:30","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=39816"},"modified":"2025-09-19T15:03:42","modified_gmt":"2025-09-19T21:03:42","slug":"lora-documental-danza-memoria-afromexico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/lora-documental-danza-memoria-afromexico\/","title":{"rendered":"Le documentaire comme t\u00e9moin : m\u00e9moires de danse \u00e0 la Costa Chica (partie 1)"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le documentaire ethnographique a \u00e9t\u00e9 l'un des moyens d'enregistrer et de montrer les diverses danses afro-mexicaines de la Costa Chica. L'article soutient que ce genre audiovisuel peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 comme moyen d'investigation de la m\u00e9moire de la danse. Le texte fait une premi\u00e8re analyse des documentaires produits sur les danses de cette r\u00e9gion et pr\u00e9sente une partie du processus de r\u00e9alisation du long m\u00e9trage documentaire. <em>Le Peut-\u00eatre, o\u00f9 la m\u00e9moire danse<\/em>dirig\u00e9e par l'auteur, dont l'int\u00e9r\u00eat premier est de contribuer \u00e0 la m\u00e9moire collective d'un peuple.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/afromexico\/\" rel=\"tag\">Afrom\u00e9xico<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/danza\/\" rel=\"tag\">danse<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/documental\/\" rel=\"tag\">documentaire<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/memoria\/\" rel=\"tag\">m\u00e9moire<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title abstract\"><span class=\"small-caps\">le documentaire comme t\u00e9moin : souvenirs de danse sur la costa chica (partie 1)<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-text abstract\">Le film ethnographique a \u00e9t\u00e9 l'un des moyens de documenter et de pr\u00e9senter les diverses danses afro-mexicaines de la r\u00e9gion de la Costa Chica. Cet article montre comment ce genre audiovisuel peut \u00e9galement servir de m\u00e9thode pour \u00e9tudier la m\u00e9moire de la danse en pr\u00e9sentant les films documentaires consacr\u00e9s aux danses de cette r\u00e9gion. Il se penche ensuite sur un long m\u00e9trage documentaire r\u00e9alis\u00e9 par l'auteur, <em>Le Peut-\u00eatre, o\u00f9 la m\u00e9moire danse<\/em>qui vise \u00e0 contribuer \u00e0 la m\u00e9moire collective d'une communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : documentaire, danse, m\u00e9moire, afrom\u00e9xico, Mexique noir.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>En m\u00e9moire de Don Hermelindo et Don Bruno<\/em>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">Introduction<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Quels sont les documentaires ethnographiques r\u00e9alis\u00e9s sur les danses de la Costa Chica au Mexique ? Comment leur analyse peut-elle contribuer \u00e0 l'\u00e9tude des m\u00e9moires des danses traditionnelles de la r\u00e9gion ? Comment a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue la r\u00e9alisation d'un film documentaire qui dialogue avec les m\u00e9moires des danses d'un peuple ? Telles sont les questions qui guident les objectifs de ce texte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de ma carri\u00e8re d'ethnologue, j'ai d\u00e9cid\u00e9 de me consacrer \u00e0 l'\u00e9tude des danses afro-am\u00e9ricaines. Cela s'est produit apr\u00e8s avoir regard\u00e9, dans le cadre d'un cours d'anthropologie de la danse, un documentaire qui racontait des fragments de l'histoire et du pr\u00e9sent de la population afro-mexicaine \u00e0 travers les danses et la musique de la r\u00e9gion. Une image m'est rest\u00e9e en m\u00e9moire et m'a frapp\u00e9e : les danseurs du diable dansent sur le rivage de la plage, puis s'immergent compl\u00e8tement ; s'agissait-il d'une danse de gu\u00e9rison ou que repr\u00e9sentait cette image ? Je me suis pos\u00e9 cette question \u00e0 plusieurs reprises, jusqu'\u00e0 ce que, lorsque j'\u00e9tais \u00e0 Costa Chica, je d\u00e9couvre que cette partie avait \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e par le metteur en sc\u00e8ne, car traditionnellement, la danse ne se d\u00e9roulait pas de cette mani\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette exp\u00e9rience a suscit\u00e9 des questions et des r\u00e9flexions pendant des ann\u00e9es et je r\u00e9alise aujourd'hui qu'elle a marqu\u00e9 ma carri\u00e8re d'au moins deux fa\u00e7ons : d'une part, j'ai commenc\u00e9 \u00e0 m'interroger sur la d\u00e9licatesse de la repr\u00e9sentation de l'\"autre\" ; j'ai pris conscience du pouvoir qu'ont les cin\u00e9astes et les anthropologues de produire des imaginaires sur les cultures que nous \u00e9tudions, et de la fa\u00e7on dont la subjectivit\u00e9 et la fiction dans les documentaires jouent un r\u00f4le important dans la repr\u00e9sentation de r\u00e9alit\u00e9s diverses. Une vaste litt\u00e9rature a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite sur ce sujet (Nichols, 1991, 1997 ; MacDougall, 1998).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;D'autre part, ces images \u00e9taient si puissantes qu'elles m'ont amen\u00e9 \u00e0 l'endroit o\u00f9 elles avaient \u00e9merg\u00e9, \u00e0 la Costa Chica ; c'est l\u00e0 que m'a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un monde totalement inconnu, invisible pour la plupart des Mexicains \u00e0 cette \u00e9poque (2000). \u00c0 partir de ce moment, je me suis consacr\u00e9e pendant des ann\u00e9es \u00e0 la recherche et \u00e0 l'enregistrement de danses afro-am\u00e9ricaines (Mexique, Venezuela, Panama, Cuba, Br\u00e9sil, P\u00e9rou), ce qui a toujours g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des questions comme celles que je me suis pos\u00e9es ce jour-l\u00e0, li\u00e9es \u00e0 l'audiovisuel et \u00e0 la repr\u00e9sentation de la r\u00e9alit\u00e9 sociale : les limites du documentaire et de la fiction ; les langages interdisciplinaires ; les souvenirs que ces enregistrements conservent (Lora 2024) et, en ce sens, le documentaire comme moyen d'enqu\u00eater sur les m\u00e9moires culturelles, th\u00e8me central de cet article.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que nous sommes dans la deuxi\u00e8me D\u00e9cennie internationale des personnes d'ascendance africaine - d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies - l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies a d\u00e9cid\u00e9 d'organiser une conf\u00e9rence sur le th\u00e8me de l'ascendance africaine. <span class=\"small-caps\">unesco <\/span>En 2024 - et seulement quelques ann\u00e9es apr\u00e8s que la population afro-mexicaine ait obtenu la reconnaissance constitutionnelle (2019), plusieurs recherches et films li\u00e9s \u00e0 ce sujet ont vu le jour. Outre l'int\u00e9r\u00eat que je porte \u00e0 l'\u00e9tude de ces productions et \u00e0 l'effort de visibilit\u00e9 des expressions artistiques des peuples afro-mexicains, cette recherche vise \u00e0 approfondir la m\u00e9moire de la danse des habitants d'El Quiz\u00e1. C'est pour cette raison que j'ai d\u00e9velopp\u00e9 mon premier long m\u00e9trage documentaire - encore en post-production - dont le th\u00e8me central est le nouveau groupe de Danza de Diablos \u00e0 El Quiz\u00e1, Guerrero.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2019, les jeunes d'El Quiz\u00e1 tentent de consolider un groupe contre vents et mar\u00e9es, ou plut\u00f4t contre les pand\u00e9mies et les ouragans. Pour avoir \u00e9t\u00e9 une personne qui a enregistr\u00e9 cette ville, ses rituels et ses proches pendant plus de 20 ans (avec de longues interruptions), la communaut\u00e9 m'a permis de r\u00e9aliser un deuxi\u00e8me documentaire sur la Danza de los Diablos. L'objectif de ce travail a \u00e9t\u00e9 de collaborer \u00e0 la revitalisation de la danse et des souvenirs qui s'y rattachent. Dans ce sens, \u00e0 travers une recherche ethnographique audiovisuelle, j'ai accompagn\u00e9 et enregistr\u00e9 les danseurs dans la recherche de leur propre repr\u00e9sentation \u00e0 travers la r\u00e9activation de leurs r\u00e9pertoires de danse et de musique. Avec l'aide d'une \u00e9quipe de travail, du mat\u00e9riel audiovisuel enregistr\u00e9 entre 2020 et 2023 a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9, en plus des enregistrements d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9s entre 2000 et 2008, avec lesquels une grande partie du documentaire a \u00e9t\u00e9 mont\u00e9e.<em> El juego de los Diablos : c\u00e9l\u00e9bration des morts dans la Costa Chica de Guerrero et Oaxaca.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pour commencer ce parcours, je consid\u00e8re qu'il est n\u00e9cessaire de probl\u00e9matiser le terme \"documentaire ethnographique\", afin d'analyser ensuite la mani\u00e8re dont les anthropologues et les cin\u00e9astes ont contribu\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des notions ou des id\u00e9es sur les danses afro-descendantes \u00e0 travers l'enregistrement et la circulation de ces produits audiovisuels. D'autre part, nous pr\u00e9sentons le processus de notre propre projet documentaire, qui cherche \u00e0 contribuer \u00e0 la lutte des jeunes pour revitaliser une danse que l'on croyait perdue.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le documentaire ethnographique et l'enregistrement du r\u00e9pertoire de danse<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">D'une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le terme documentaire ethnographique d\u00e9signe une forme de production audiovisuelle.<em> non-fiction<\/em> (Grierson, 1932) bas\u00e9e sur l'ethnographie, une m\u00e9thode et une approche de recherche sociale utilis\u00e9e pour \u00e9tudier et d\u00e9crire les ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux (Guber, 2011).<\/p>\n\n\n\n<p>Jos\u00e9 da Silva Ribeiro d\u00e9clare que<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Dans l'expression film ethnographique ou film d'ethnographie, le mot ethnographique a deux connotations distinctes. La premi\u00e8re est le sujet - ethnos, \u03b8\u03bdo\u03c2, peuple, nation ; graphein, \u03b3\u03c1\u03c6\u03b5\u03b9\u03bd, \u00e9criture, dessin, repr\u00e9sentation. Le \ufb01lme ethnographique serait \"la repr\u00e9sentation d'un peuple \u00e0 travers un \ufb01lme\" (Weinburger, 1994). C'est ici que les films <em>Nanook of the North de Flaherty<\/em> et les essais sur le film ethnographique de MacDougall (1975, 1978) et Timothy Asch, John Marshall, les analyses de cin\u00e9astes qui ont photographi\u00e9 ou \ufb01lm\u00e9 des cultures exotiques. La deuxi\u00e8me connotation du terme ethnographique est qu'il existe un cadre disciplinaire sp\u00e9cifique dans lequel le film est ou a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 - Ethnographie, Ethnologie, Anthropologie - (Da Silva, 2007 : 9. Traduction de l'auteur).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu'\u00e0 ses d\u00e9buts l'anthropologie se soit concentr\u00e9e sur l'\u00e9tude des soci\u00e9t\u00e9s \u00e9trang\u00e8res, elle est aujourd'hui, et depuis des d\u00e9cennies, une m\u00e9thode qui peut \u00eatre utilis\u00e9e \u00e0 la fois pour \u00e9tudier la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 laquelle appartient le chercheur et pour approcher toute culture autre que la sienne. L'une de ses principales caract\u00e9ristiques est l'\"observation participante\", terme invent\u00e9 par l'anthropologue Bronislaw Malinowski (1922), qui d\u00e9signe le fait que le chercheur participe activement aux t\u00e2ches de la soci\u00e9t\u00e9 qu'il \u00e9tudie, en observant chaque d\u00e9tail et en apprenant de ses interlocuteurs. L'ethnographie est donc une pratique qui, bien que transform\u00e9e et adapt\u00e9e au contexte, \u00e0 l'\u00e9poque et \u00e0 la situation, reste la m\u00e9thode de recherche qui caract\u00e9rise l'anthropologie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le terme <em>documentaire ethnographique<\/em> Le terme ethnographique appara\u00eet alors comme une mani\u00e8re de d\u00e9finir les \u0153uvres audiovisuelles r\u00e9alis\u00e9es par des ethnologues ou des cin\u00e9astes qui utilisent l'ethnographie pour enregistrer et d\u00e9crire la culture \u00e9tudi\u00e9e. Des auteurs plus r\u00e9cents, comme l'anthropologue visuel Antonio Ziri\u00f3n, proposent une signification quelque peu diff\u00e9rente du terme ethnographique et donc du film ethnographique :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">...il nous semble plus appropri\u00e9 de la caract\u00e9riser avant tout comme une forme d'exp\u00e9rience, une disposition, une attitude, une fa\u00e7on de voir, un type de sensibilit\u00e9 qui implique un \u00e9loignement constant, un \u00e9tonnement, une curiosit\u00e9 et un int\u00e9r\u00eat pour la r\u00e9alisation de l'identit\u00e9, de l'alt\u00e9rit\u00e9 et de la diversit\u00e9 culturelle (Ziri\u00f3n, 2015 : 53).\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Cette d\u00e9finition, qui met en \u00e9vidence des \u00e9l\u00e9ments li\u00e9s \u00e0 la forme d'interaction entre celui qui veut savoir et celui qui permet \u00e0 ce dialogue de se produire, qu'il soit anthropologue ou non, nous permet de comprendre l'ethnographie d'un point de vue diff\u00e9rent. Pour Antonio Ziri\u00f3n, le film ethnographique \" est celui qui favorise un dialogue interculturel, qui provoque une exp\u00e9rience ethnographique, une interaction ou une transaction dans laquelle les deux parties sont transform\u00e9es \" (Ziri\u00f3n, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Certains chercheurs ont propos\u00e9 le terme <em>documentaire anthropologique<\/em> pour d\u00e9signer un cin\u00e9ma social, soucieux, dans sa narration, d'une approche non seulement descriptive mais aussi analytique et propositionnelle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L'anthropologue Karla Paniagua, dans son livre <em>Le documentaire comme creuset<\/em> (2007) attribue au cin\u00e9ma ethnographique une association avec les cultures exotiques ou primitives, qui laisserait de c\u00f4t\u00e9 la perspective des productions urbaines et le regard du chercheur sur sa propre culture. Il opte pour le terme de \"documentaire anthropologique\", auquel il attribue certaines caract\u00e9ristiques :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Elle concentre ses arguments sur la vie culturelle des diff\u00e9rents groupes humains.<\/li>\n\n\n\n<li>Il s'articule autour de pr\u00e9misses de recherche concr\u00e8tes.<\/li>\n\n\n\n<li>Elle pr\u00e9suppose une th\u00e9orie de la culture et donc un tamis id\u00e9ologique.<\/li>\n\n\n\n<li>Elle implique un cadre \u00e9thique h\u00e9rit\u00e9 de l'anthropologie, qui consid\u00e8re la pertinence du consentement \u00e9clair\u00e9 des personnes impliqu\u00e9es (Paniagua, 2007 : 32).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9bat qui s'est d\u00e9velopp\u00e9 autour de ces termes est long et complexe. Ma proposition dans cet article est que, quel que soit le nom qu'il adopte, et depuis la discipline ou le lieu dont nous parlons et\/ou que nous filmons, il est extr\u00eamement n\u00e9cessaire de probl\u00e9matiser constamment et de ne pas n\u00e9gliger les processus historiques et actuels d'un point de vue critique et engag\u00e9, car, comme le dit Silvia Rivera Cusicanqui, la sociologie de l'image doit \u00eatre probl\u00e9matis\u00e9e dans son \" colonialisme\/\u00e9litisme inconscient \" (Rivera Cusicanqui, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, la mani\u00e8re dont les documentaires ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour enregistrer la corporalit\u00e9 d'autres cultures doit \u00e9galement \u00eatre probl\u00e9matis\u00e9e, en se demandant qui, pour quoi et pour qui le travail est effectu\u00e9 et, d'autre part, en \u00e9tant conscient que le mat\u00e9riel audiovisuel que nous produisons deviendra une r\u00e9f\u00e9rence audiovisuelle des cultures repr\u00e9sent\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Les personnes africaines ou d'origine africaine ont toujours \u00e9t\u00e9 associ\u00e9es \u00e0 la capacit\u00e9 de danser en rythme, au point d'\u00eatre une id\u00e9e compl\u00e8tement naturalis\u00e9e. Des expressions telles que \"ils ont le rythme dans le sang\" sont courantes pour les d\u00e9crire. La pens\u00e9e coloniale capitaliste a conduit \u00e0 supposer que, g\u00e9n\u00e9tiquement, cette population est \"faite\" ou qualifi\u00e9e pour tout ce qui a trait au travail et aux actions corporelles, tout en remettant en cause sa capacit\u00e9 rationnelle. Cette repr\u00e9sentation de la n\u00e9gritude se nourrit d'une conception de la race qui perdure encore aujourd'hui et qui s'inscrit dans des politiques racistes de conqu\u00eate et de domination.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9ma en g\u00e9n\u00e9ral a contribu\u00e9 \u00e0 renforcer ces id\u00e9es en reproduisant les discours dominants. Cela est particuli\u00e8rement visible dans le cin\u00e9ma de fiction, o\u00f9 les personnages noirs jouent le r\u00f4le de domestiques, d'ouvriers des Blancs, de com\u00e9diens ou de danseurs. Dans les documentaires, le regard colonial est plus difficile \u00e0 observer ; sa valeur de t\u00e9moignage historico-culturel et de diffusion peut brouiller le regard critique sur ces productions.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La danse et la religion ont \u00e9t\u00e9 des moyens persistants de repr\u00e9senter les Africains ou les Afro-descendants dans les films et les photographies ethnographiques. La danse et la religion, \u00e9l\u00e9ments culturels fortement r\u00e9prim\u00e9s et utilis\u00e9s dans la colonie pour discriminer et cr\u00e9er des th\u00e9ories \u00e9volutionnistes qui placent les Africains indig\u00e8nes et asservis dans le maillon le plus bas, sont des r\u00e9f\u00e9rents qui, dans la mentalit\u00e9 europ\u00e9enne, diff\u00e9rencient leurs soci\u00e9t\u00e9s des \"autres\" primitifs ou sauvages.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il est ind\u00e9niable que ces productions contiennent un t\u00e9moignage ethnographique pr\u00e9cieux, mais, d'un autre c\u00f4t\u00e9, la r\u00e9alit\u00e9 qu'elles sont cens\u00e9es montrer est clairement influenc\u00e9e par le regard exotique eurocentrique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>S'il est important de pr\u00e9senter cette probl\u00e9matique, fondamentale pour comprendre la repr\u00e9sentation historique de ces cultures, il est clair que tous les films ne sont pas r\u00e9alis\u00e9s de cette mani\u00e8re et que, surtout ces derni\u00e8res ann\u00e9es, suite \u00e0 des revendications antiracistes, f\u00e9ministes et culturelles, une partie de la population a pris conscience de la persistance des structures coloniales et a cherch\u00e9 divers moyens de transformer les pratiques et les discours dominants.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 un contexte de patrimonialisation, de reconnaissance de l'afro-descendance et de n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9parations historiques, certains chercheurs se posent des questions similaires ; l'un des axes centraux tourne autour de la mani\u00e8re de contribuer \u00e0 la lutte pour les m\u00e9moires culturelles et la dignification des populations afro-mexicaines et indig\u00e8nes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il se peut qu'en Europe cette \u00e9tape ait commenc\u00e9 avec le Cin\u00e9ma V\u00e9rit\u00e9, propos\u00e9 par Jean Rouch apr\u00e8s qu'il ait r\u00e9alis\u00e9 ses premiers documentaires. En ayant une vision plus consciente et en dialoguant avec des chercheurs comme Edgar Morin, ils proposent un mode de repr\u00e9sentation diff\u00e9rent, dans lequel l'interaction et le consensus avec les protagonistes deviennent fondamentaux, en soutenant que l'ethnologue doit devenir cin\u00e9aste parce que : \"bien que ses films soient tr\u00e8s inf\u00e9rieurs au travail des professionnels, ils auront cette qualit\u00e9 irrempla\u00e7able de contact r\u00e9el et primaire entre celui qui filme et ceux qui sont film\u00e9s\" (Rouch, 1995, p. 107). Une autre diff\u00e9rence par rapport au cin\u00e9ma ethnographique pr\u00e9c\u00e9dent est que le Cin\u00e9ma V\u00e9rit\u00e9 de Rouch et Morin montrait \u00e0 ses protagonistes le tournage de la prise de vue, en partageant leurs impressions.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En Am\u00e9rique latine, le documentaire collaboratif s'est d\u00e9velopp\u00e9 de diff\u00e9rentes mani\u00e8res et sous diff\u00e9rents noms, transformant les r\u00e9cits et tentant de produire du mat\u00e9riel avec la participation d'autres personnes. Cela pose des d\u00e9fis \u00e0 la fois aux sciences sociales et au cin\u00e9ma lui-m\u00eame, en brisant les id\u00e9es et en proposant de nouvelles fa\u00e7ons de travailler, de raconter et de faire des recherches.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les documentaires sur les danses afro-mexicaines de la Costa Chica&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Bien qu'historiquement, et encore aujourd'hui, les cultures africaines, indig\u00e8nes et afro-indig\u00e8nes du continent am\u00e9ricain aient \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9es d'une grande partie de leur patrimoine historique, culturel et territorial, ces cultures ont r\u00e9sist\u00e9 en conservant, en r\u00e9inventant et en g\u00e9n\u00e9rant d'autres formes de pr\u00e9servation de leur m\u00e9moire. Enrique Florescano fait r\u00e9f\u00e9rence aux mythes, aux images, aux rites, au calendrier solaire et religieux, ainsi qu'\u00e0 la tradition orale (Florescano, 1999). La chercheuse en performance Diana Taylor, quant \u00e0 elle, introduit le terme de <em>r\u00e9pertoires <\/em>comme contrepartie de l'archive (privil\u00e9gi\u00e9e par les \u00e9pist\u00e9mologies occidentales). Les r\u00e9pertoires perp\u00e9tuent une m\u00e9moire performative, ancr\u00e9e dans la transmission des pratiques corporelles (Taylor, 2017). En ce sens, la danse est l'un des r\u00e9pertoires les plus repr\u00e9sentatifs ; elle s'inscrit dans des traditions qui sont des piliers fondamentaux de leurs cultures, dont beaucoup sont des embl\u00e8mes identitaires et des formes de r\u00e9sistance m\u00e9morielle.<\/p>\n\n\n\n<p>C'est le cas de la Danza de los Diablos de la Costa Chica d'Oaxaca et de Guerrero, qui constitue aujourd'hui une ic\u00f4ne de l'afro-mexicanit\u00e9, comme le souligne \u00e0 juste titre le chercheur Itza Varela :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Elle est pr\u00e9sent\u00e9e comme une marque ind\u00e9l\u00e9bile de l'identit\u00e9 noire afro-mexicaine et constitue l'un des \u00e9l\u00e9ments centraux de la politique culturelle qui soutient les pratiques des Afro-descendants mexicains et permet d'\u00e9largir leurs propres voies de mobilisation politique (Varela, 2023 : 2010).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l'affirment les habitants de la Costa Chica eux-m\u00eames, c'est une danse qui repr\u00e9sente la force et la r\u00e9sistance des peuples afro-mexicains. La mani\u00e8re dont les chercheurs, les artistes et, en g\u00e9n\u00e9ral, la population int\u00e9ress\u00e9e par ce sujet l'ont abord\u00e9 pour l'\u00e9tudier et laisser une trace de son existence, a \u00e9t\u00e9 l'\u00e9criture, la photographie et le cin\u00e9ma, les enregistrements vid\u00e9o et audio.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au Mexique, une grande partie des documentaires r\u00e9alis\u00e9s sur la r\u00e9gion de la Costa Chica int\u00e8grent ses danses traditionnelles comme moyen de mettre en valeur les caract\u00e9ristiques culturelles distinctives de l'afro-mexicanit\u00e9. Le tableau que je pr\u00e9sente ici est une premi\u00e8re syst\u00e9matisation de 17 documentaires produits sur 25 ans (1999 \u00e0 2024). Ce qui ressort, c'est que la plupart d'entre eux ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s par des anthropologues et des cin\u00e9astes ; presque tous ont \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s par des personnes de la ville de Mexico, \u00e0 l'exception de quatre, cr\u00e9\u00e9s en partie ou en totalit\u00e9 \u00e0 partir de l'\u00c9tat d'Oaxaca. On peut observer que, sur les 17 \u0153uvres, dix sont dirig\u00e9es par des hommes et sept par des femmes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre aspect \u00e0 souligner est le d\u00e9veloppement relativement continu de la production de documentaires sur le th\u00e8me des Afro-descendants dans la r\u00e9gion, dont dix sont le r\u00e9sultat d'un soutien financier gouvernemental (provenant d'institutions culturelles et de cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision publiques), six de soci\u00e9t\u00e9s de production ind\u00e9pendantes et un du festival de films documentaires le plus connu du pays, Ambulante.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/tabla-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"698x766\" data-index=\"0\" data-caption=\"\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/tabla-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\"><\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p><em>L'\u00e9b\u00e8ne, troisi\u00e8me racine du Mexique<\/em> (1999) est probablement le premier documentaire r\u00e9alis\u00e9 sur la Costa Chica et Veracruz. Il est racont\u00e9 par une voix en <em>off<\/em> po\u00e9tique m\u00eal\u00e9e \u00e0 une approche plus p\u00e9dagogique, ainsi que les r\u00e9flexions des personnes interview\u00e9es (chercheurs, activistes, danseurs, etc.), qui abordent les aspects historiques, \u00e9conomiques, g\u00e9ographiques, ethniques, gastronomiques et de m\u00e9decine traditionnelle. Ce premier ouvrage pr\u00e9sente la Danza de los Diablos comme un embl\u00e8me de la tradition de danse afro-mexicaine de la Costa Chica.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>La racine oubli\u00e9e, la troisi\u00e8me racine du Mexique <\/em>(2001), de Rafael Rebollar, consacre une grande partie \u00e0 la narration de l'histoire de la population africaine dans le pays \u00e0 travers les voix de chercheurs mexicains et africains. La derni\u00e8re partie contient des fragments de diverses danses qui, selon lui, ont des anc\u00eatres africains, les premi\u00e8res \u00e0 appara\u00eetre \u00e9tant la Danza del Toro et la Danza de los Diablos de la Costa Chica, ax\u00e9es sur l'un des instruments appel\u00e9s bote, alcuza ou tigrera, qui, selon lui, vient d'Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film <em>African\u00edas<\/em> (Rebollar, 2007), dont j'ai parl\u00e9 au d\u00e9but de ce texte, a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 rapprocher le public national des traditions de danse des peuples de la Costa Chica. Bien que les productions audiovisuelles r\u00e9alis\u00e9es par l'auteur soient r\u00e9solument documentaires, elles sont teint\u00e9es de ce que l'on appelle aujourd'hui la docufiction.&nbsp;<em>African\u00edas<\/em> contient des sc\u00e8nes fictives de rituels traditionnels, comme les plans des danseurs Diablos dansant sur la plage, ou les personnages de la Danza de Conquista arrivant sur un bateau. Ces sc\u00e8nes ont une grande force symbolique qui reste grav\u00e9e dans la m\u00e9moire des spectateurs, comme ce fut le cas pour moi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En 2008, deux courts m\u00e9trages ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s avec pour th\u00e8me central deux danses embl\u00e9matiques de la Costa Chica : <em>Artesa<\/em>par Sandra Luz L\u00f3pez, et <em>El juego de los Diablos : c\u00e9l\u00e9bration des morts dans la Costa Chica de Guerrero et Oaxaca,<\/em> cor\u00e9alis\u00e9 par Natalia Gabayet et moi-m\u00eame. Dans le premier, L\u00f3pez r\u00e9cup\u00e8re la mani\u00e8re dont le son de Artesa \u00e9tait dans\u00e9 et montre le travail de r\u00e9activation de la danse r\u00e9alis\u00e9 par quelques personnes de la communaut\u00e9 d'El Ciruelo, en soulignant le r\u00f4le de Do\u00f1a Catalina Noyola Bruno, une l\u00e9gende du genre, originaire de San Nicol\u00e1s Tolentino. Une contribution \u00e0 l'h\u00e9ritage des femmes, \u00e0 leur maintien et \u00e0 la reproduction des danses afro-mexicaines.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me documentaire fait partie de la s\u00e9rie<em> Origines<\/em> (<span class=\"small-caps\">tv inah<\/span>), et montre les personnages de la Danza ou de la <em>jeu<\/em> des Diablos expliquant leur <em>performance<\/em> en se concentrant sur l'imaginaire que la population entretient autour de la figure du diable. Ainsi, il ne s'agit plus d'un documentaire descriptif, mais d'une plong\u00e9e dans l'imaginaire et les m\u00e9moires collectives li\u00e9es au diable, une figure tr\u00e8s importante pour les peuples noirs d'Am\u00e9rique. La s\u00e9rie inclut une voix en <em>off<\/em> qui simule la voix des anthropologues, dans laquelle ils expliquent des aspects de la danse et posent des questions sur cette expression. Il convient de noter que les deux productions ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par trois chercheurs form\u00e9s dans la m\u00eame institution, l'\u00c9cole nationale d'anthropologie et d'histoire (Escuela Nacional de Antropolog\u00eda e Historia (<span class=\"small-caps\">enah<\/span>).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En 2011, le collectif de vid\u00e9astes Muchitos Locos d'Oaxaca et <span class=\"small-caps\">cdmx <\/span>r\u00e9alise le documentaire <em>Ruja, au son des diables<\/em> \u00e0 Lo de Soto et Chicometepec, Oaxaca, qui montre des aspects qui n'avaient pas \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s auparavant. Ce mat\u00e9riel constitue une approche plus proche de la r\u00e9alit\u00e9 socio-\u00e9conomique de la r\u00e9gion et, pour la premi\u00e8re fois, s'int\u00e9resse \u00e0 un groupe de femmes qui dansent la Danza de Diablos, d\u00e9montrant ainsi qu'il s'agit \u00e9galement de leur danse et qu'il n'y a pas que les hommes qui peuvent la danser.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En 2015, le <em>Fandango ou<\/em> <em>Son de la Artesa<\/em>du photographe Jos\u00e9 Luis Mart\u00ednez, \u00e9galement produit par la <span class=\"small-caps\">inah <\/span>et le <span class=\"small-caps\">crespial <\/span>(<span class=\"small-caps\">unesco<\/span>). Un documentaire qui parle de l'histoire de la musique et de la danse de l'Artesa en tant que patrimoine culturel, en soulignant le risque de sa disparition et en invitant \u00e0 sa r\u00e9cup\u00e9ration.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Petits diables, petits diables et petites \u00e2mes. Danser la vie et la mort<\/em> (2015) est un court-m\u00e9trage r\u00e9alis\u00e9 par l'anthropologue Isis Violeta Contreras Pastrana et produit par Ambulante, qui pr\u00e9sente la tradition de la Danza de los Diablos dans un village du Guerrero, dans\u00e9e par un groupe d'enfants, dans lequel est plac\u00e9 le contexte de violence, de trafic de drogue et d'ins\u00e9curit\u00e9 dans lequel vivent les enfants.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;En 2016, l'ethnomusicologue Sergio Navarrete (<span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>) r\u00e9alise un projet musical \u00e0 Llano Grande La Banda et, dans le cadre de ce projet, pr\u00e9sente de courts films descriptifs sur la Danza de la Tortuga Danza, la Danza del Toro de Petate et la Danza de los Diablos dans cette communaut\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un long m\u00e9trage qui se distingue par une narration diff\u00e9rente est <em>Il \u00e9tait une fois<\/em>du r\u00e9alisateur Juan Carlos Rulfo (2018), raconte l'histoire d'une jeune fille (la fille du r\u00e9alisateur) qui d\u00e9couvre les traditions mexicaines \u00e0 travers la Danza de los Voladores de Veracruz, la Danza de los Diablos de la Costa Chica et le huapango des hauts plateaux de Guanajuato. Une \u0153uvre qui peut donner lieu \u00e0 diverses interpr\u00e9tations de la repr\u00e9sentation des identit\u00e9s mexicaines. Bien que sa circulation ait \u00e9t\u00e9 limit\u00e9e, elle ouvre la possibilit\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont l'enfance se positionne comme un espace de d\u00e9couverte et d'intersection entre diff\u00e9rentes traditions culturelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, plusieurs courts m\u00e9trages documentaires ou s\u00e9ries documentaires financ\u00e9s par les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision publiques ont montr\u00e9 le caract\u00e8re afro-mexicain de la Costa Chica \u00e0 travers ses danses. Le deuxi\u00e8me chapitre de la s\u00e9rie <em>Afrom\u00e9xico<\/em> de la cha\u00eene 11 (2019), appel\u00e9e <em>L'africanit\u00e9 de la Costa Chica, <\/em>dirig\u00e9e par la r\u00e9alisatrice Ana Cruz et produite par Susana Harp, elle situe d'abord la r\u00e9gion, puis parle de la Danza de los Diablos de Chicometepec, de la peinture murale et de l'exposition. <em>Danse de la libert\u00e9<\/em>de Baltazar Castellanos, ainsi que la danse de Artesa del Ciruelo et la danse du Toro de Ometepec. De m\u00eame, la s\u00e9rie <em>M\u00e9xico negro<\/em> (2021), r\u00e9alis\u00e9 par Le\u00f3n Rechy et produit par Canal 14, contient des chapitres consacr\u00e9s \u00e0 la Costa Chica, qui comprend la Danza de los Diablos, l'Artesa et la Danza del Toro.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Comaltepec : les derniers \u00e9chos du fils d'Artesa<\/em> (2022) est le troisi\u00e8me chapitre de la s\u00e9rie <em>Diaspora<\/em>produit par canal once. Pr\u00e9sent\u00e9 en noir et blanc et anim\u00e9 par l'artiste Susana Harp. La narration s'appuie sur des interviews exclusives de deux grands ethnomusicologues qui expliquent les diverses manifestations de la danse et de la musique de la c\u00f4te, et pas seulement de l'Artesa, comme l'indique le titre. Dans le documentaire, on voit et on entend des danseurs de Toro, d'Artesa et de Diablos de diff\u00e9rentes communaut\u00e9s, ainsi que des musiciens \u00e9minents, comme Efr\u00e9n Mayr\u00e9n, originaire de la communaut\u00e9 d'El Ciruelo, qui parle de ses souvenirs li\u00e9s aux festivit\u00e9s de l'Artesa, et des musiciens de la Danza los Diablos de Comaltepec qui commentent leur participation et la dynamique de la danse.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2023, le film Santos Vaqueros, de Karina Reyes \u00c1vila et Crist\u00f3bal Jasso, est produit. Il montre la Danza de los Vaqueros ou la Danza del Toro de Petate \u00e0 La Estancia, Oaxaca, et met en \u00e9vidence la relation entre les danses, le jour des morts, la coh\u00e9sion sociale et l'identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le puissant court m\u00e9trage <em>Le cavalier et la tortue <\/em>(2024), de Balam Toscano, du Costa Rica, pr\u00e9sente une narration fra\u00eeche et innovante sous la forme d'un essai cin\u00e9matographique. \u00c0 travers de belles images d'enfants et de jeunes danseurs d'El Ciruelo et la voix subjective d'une adolescente, l'\u0153uvre propose une r\u00e9flexion po\u00e9tique sur la place des hommes et des femmes dans la Danza del Toro (et dans la communaut\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral), soulevant des questions culturelles et des affirmations profondes. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans toutes ces \u0153uvres audiovisuelles, la danse est un \u00e9l\u00e9ment qui les traverse. La mienne en fait \u00e9galement partie, <em>Le Peut-\u00eatre, o\u00f9 la m\u00e9moire danse,<\/em> qui, en tant qu'\u0153uvre ind\u00e9pendante, attend un financement pour sa post-production.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il est int\u00e9ressant de voir comment le chemin du documentaire consacr\u00e9 au th\u00e8me des danses de la Costa Chica a \u00e9t\u00e9 trac\u00e9, certes par des cin\u00e9astes, mais aussi par des anthropologues, pour la plupart des chercheuses int\u00e9ress\u00e9es par les cultures afro-mexicaines.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, \u00e0 l'exception d'une seule, toutes les productions ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par des personnes non afro-descendantes, un sujet qui m\u00e9rite une \u00e9tude approfondie, car bien qu'il y ait actuellement et de plus en plus de cin\u00e9astes afro-mexicains, les th\u00e8mes sur lesquels ils travaillent sont autres : arts contemporains, genre, migration, racisme, territoire, sport, etc. D'autre part, il faut consid\u00e9rer que les films sont le r\u00e9sultat d'un travail collectif et qu'ils sont donc souvent une cr\u00e9ation interculturelle. En ce sens, les personnes des communaut\u00e9s ou des villages o\u00f9 ils sont film\u00e9s, en plus d'\u00eatre interview\u00e9es, coop\u00e8rent \u00e9galement \u00e0 la production, \u00e0 l'organisation, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous constatons \u00e9galement que de nombreuses productions sont des documentaires descriptifs, qui expliquent, pour un public profane, la dynamique des danses et de la musique : personnages, festivit\u00e9s, interactions, etc. Ces informations sont bien connues de la plupart des villageois, car l'intention de ces \u0153uvres est de les diffuser dans d'autres territoires mexicains et internationaux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, il y a des aspects de la plus haute importance pour les populations, comme les aspects historiques qui sont d\u00e9crits ; ceux-ci sont souvent communiqu\u00e9s par des sp\u00e9cialistes acad\u00e9miques et par des personnes sp\u00e9cifiques des communaut\u00e9s qui ont \u00e9t\u00e9 charg\u00e9es de la recherche, de la conservation et de la transmission de la connaissance de la danse et de la musique. Les voix qui racontent les dynamiques de la danse et les contextes festifs traditionnels sont, pour la plupart, celles qui font ou ont fait partie du collectif des danseurs et des musiciens qui les accompagnent. En ce sens, on peut dire qu'ind\u00e9pendamment de la narration, ces \u0153uvres conservent la m\u00e9moire de la communaut\u00e9, bien que d'autres soient \u00e9galement g\u00e9n\u00e9r\u00e9es, construites avec l'\u00e9quipe de production.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout aussi importantes sont les images et les sons des danseurs et des musiciens qui dansent et jouent ; bien que ces sc\u00e8nes ne communiquent pas avec un discours parl\u00e9, elles le font avec leur corporalit\u00e9 dansante, avec leurs pas, leur jeu, leurs mouvements de la t\u00eate aux pieds, leur d\u00e9placement spatial et temporel, leurs masques et leurs costumes, etc. Cette m\u00e9moire est celle qui m'a le plus int\u00e9ress\u00e9e et \u00e0 laquelle j'ai consacr\u00e9 mes recherches : le <em>les r\u00e9pertoires corporels, <\/em>\u00e0 travers laquelle s'est transmise une grande partie de la m\u00e9moire collective des peuples noirs et indig\u00e8nes du Mexique et du continent. C'est \u00e9galement cette m\u00e9moire que les danseurs \u00e9tudient, en se tournant vers les danseurs les plus anciens. Aujourd'hui, l'un des moyens de recherche de leurs danses est la vid\u00e9o, utilis\u00e9e pour se souvenir et r\u00e9p\u00e9ter les mouvements, pour \u00e9couter les ma\u00eetres de danse et de musique disparus, pour revivre les espaces, les jeux, les sons, etc.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu'il serait n\u00e9cessaire de mentionner de nombreux autres aspects narratifs, les \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9sent\u00e9s ici nous donnent une id\u00e9e du contenu de ces audiovisuels, qui sont significatifs pour les populations afro-mexicaines o\u00f9 le mat\u00e9riel audiovisuel est enregistr\u00e9. L'anecdote suivante illustre ce sentiment d'appartenance des communaut\u00e9s : \u00e0 une occasion, j'ai interview\u00e9 un groupe de danseurs diablos avec lesquels je m'\u00e9tais rendu \u00e0 la Cineteca pour voir le documentaire de Juan Rulfo, et ils m'ont avou\u00e9 qu'au-del\u00e0 de la narration ou des histoires, ce qui avait le plus attir\u00e9 leur attention, c'\u00e9taient les lieux et les personnes qui recr\u00e9aient le mat\u00e9riel ; regarder le film leur donnait la nostalgie de leur terre, de leur culture et de \"leur peuple\".&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Retour \u00e0 l'origine : le documentaire ethnographique comme processus de comm\u00e9moration \u00e0 El Quiz\u00e1, Guerrero<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les lignes qui suivent sont consacr\u00e9es au d\u00e9veloppement du processus de r\u00e9alisation d'un documentaire qui int\u00e8gre des enregistrements anciens et nouveaux de la danse dans les deux p\u00e9riodes travaill\u00e9es, mes d\u00e9buts en tant qu'anthropologue et les derni\u00e8res ann\u00e9es de post-doctorat (2000-2008 et 2020-2024).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L'objectif est de pr\u00e9senter le processus de mon premier long m\u00e9trage et la tentative de travailler en collaboration \u00e0 la fois avec des personnes de la communaut\u00e9 et avec une \u00e9quipe de tournage, ce qui ne s'\u00e9tait jamais produit auparavant dans les endroits o\u00f9 j'ai travaill\u00e9 sur des recherches \u00e0 long terme, car j'ai toujours film\u00e9 seule et avec un \u00e9quipement tr\u00e8s rudimentaire. Auparavant (2001-2008), j'avais enregistr\u00e9 avec des intentions acad\u00e9miques et plus tard pour avoir l'opportunit\u00e9 de diffuser cette expression de la danse de la Costa Chica. Dans ce nouveau projet, il y a l'id\u00e9e consciente que le film doit \u00eatre destin\u00e9 \u00e0 la communaut\u00e9 d'El Quiz\u00e1. Un travail qui contient des mat\u00e9riaux enregistr\u00e9s il y a 20 ans, m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 de nouveaux mat\u00e9riaux, enregistr\u00e9s par des professionnels dans le domaine cin\u00e9matographique.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image001-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1190x600\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1. Fotograma del documental. Fotograf\u00eda de Venancio L\u00f3pez, 2022.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image001-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 1 : Extrait du documentaire. Photographie de Venancio L\u00f3pez, 2022.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Ce long m\u00e9trage est destin\u00e9 \u00e0 contribuer \u00e0 la m\u00e9moire collective d'une communaut\u00e9 que j'ai rejointe il y a 25 ans, avec une innocence \u00e9trang\u00e8re au pouvoir de l'image et du son, mais qui acquiert aujourd'hui une urgence cruciale en tant que lieu de m\u00e9moire pour les anciennes et les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tournage du documentaire que j'ai r\u00e9cemment rebaptis\u00e9&nbsp;<em>Le Peut-\u00eatre, o\u00f9 la m\u00e9moire danse<\/em>film\u00e9 entre 2020 et 2023 et actuellement en attente de la prochaine \u00e9tape de post-production, a repr\u00e9sent\u00e9, en premier lieu, un long processus ethnographique et artistique. La grande diff\u00e9rence avec les enregistrements pr\u00e9c\u00e9dents \u00e0 El Quiz\u00e1 et dans d'autres villages afro-am\u00e9ricains est que cette fois la production a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e avec une petite \u00e9quipe de cin\u00e9astes qui m'ont accompagn\u00e9 par intermittence : le photographe Venancio L\u00f3pez (Tlaxcala\/<span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>) et l'ing\u00e9nieur du son Clemen Villamizar (Acapulco\/<span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>), petite-fille de l'un des fondateurs d'El Quiz\u00e1.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une partie du tournage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en pleine pand\u00e9mie, avec les protections sanitaires ad\u00e9quates, sans budget pour le projet, mais avec beaucoup d'enthousiasme de la part de l'\u00e9quipe. D\u00e8s le d\u00e9but, j'ai demand\u00e9 la permission \u00e0 la communaut\u00e9 et surtout au groupe de jeunes et d'enfants des Diablos Quizade\u00f1os Nueva Generaci\u00f3n ; je leur ai demand\u00e9 s'ils \u00e9taient int\u00e9ress\u00e9s par la r\u00e9alisation d'un documentaire sur cette \u00e9tape de la r\u00e9activation de leur danse, et ils ont accept\u00e9 avec beaucoup d'enthousiasme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le fait de parler apr\u00e8s une si longue p\u00e9riode avec des personnes que je connaissais d\u00e9j\u00e0 m'a permis de travailler sur le terrain de mani\u00e8re confortable et sereine. Cela m'a permis de comprendre certains des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9ration de la danse et les facteurs qui ont d\u00e9termin\u00e9 de mani\u00e8re cruciale ce processus. La premi\u00e8re ann\u00e9e, j'ai enregistr\u00e9 avec un dispositif tr\u00e8s court.<\/p>\n\n\n\n<p>Je voulais faire un travail plus auto-ethnographique sur ce que signifiait pour moi le fait de revenir sur la Costa Chica apr\u00e8s plus de dix ans. C'est ainsi que je l'ai exprim\u00e9 \u00e0 Venancio (le photographe du projet), qui a enregistr\u00e9 le voyage en voiture, mon arriv\u00e9e, les embrassades de bienvenue et toutes les actions \u00e9motionnelles qui ont surgi au cours des retrouvailles avec chacune des personnes que j'ai rencontr\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image003-2.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"868x494\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2. La autora con Dalia, su ahijada y comadre. Fotograf\u00eda de Venancio L\u00f3pez. El Quiz\u00e1, 2021.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image003-2.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">L'auteur avec Dalia, sa filleule et camarade. Photographie de Venancio L\u00f3pez. El Quiz\u00e1, 2021.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Je me suis retrouv\u00e9 dans la situation particuli\u00e8re o\u00f9 don Bruno Morgan, un musicien de la <em>fl\u00fbte,<\/em> o harmonica, qui avait organis\u00e9 la danse ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e pendant des d\u00e9cennies, n'\u00e9tait plus en vie. Son d\u00e9part signifiait que la danse avait cess\u00e9 pendant de nombreuses ann\u00e9es dans le village. J'ai donc voulu savoir ce que l'absence de don Bruno avait signifi\u00e9 et comment une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de danseurs s'\u00e9tait organis\u00e9e au milieu d'une pand\u00e9mie. J'ai interview\u00e9 quelques personnes et j'ai d\u00e9cid\u00e9 de revenir, plus pr\u00e9par\u00e9, l'ann\u00e9e suivante. Dans la deuxi\u00e8me partie du tournage, j'\u00e9tais accompagn\u00e9 du cin\u00e9aste Clemen Villamizar, qui s'occupait du son. \u00c0 la cam\u00e9ra, Venancio L\u00f3pez, un camarade du cours de troisi\u00e8me cycle en r\u00e9alisation de films documentaires \u00e0 l'Institut de l'audiovisuel de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">unam<\/span>. \u00c0 l'\u00e9poque, tout ce que je savais, c'est que le fil conducteur du documentaire serait Don Bruno, mais que l'accent serait mis sur les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de \"diables\".&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Portrait de l'absence de Don Bruno&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Comment faire le portrait de Don Bruno s'il n'\u00e9tait plus l\u00e0 ? Cette question a hant\u00e9 mon esprit pendant la deuxi\u00e8me ann\u00e9e d'enregistrement, accompagn\u00e9e d'un sentiment de nostalgie.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart du temps, je suis all\u00e9e filmer sans liste pr\u00e9\u00e9tablie, capturant ce qui me semblait int\u00e9ressant, organisant les entretiens en peu de temps. Mes enregistrements suivaient une m\u00e9thodologie anthropologique plut\u00f4t qu'une m\u00e9thodologie cin\u00e9matographique, car je ne planifiais pas tellement ce que je voulais mettre en \u00e9vidence en termes visuels et sonores. Cette fois-ci, je suis arriv\u00e9e avec des id\u00e9es plus claires, en tenant compte de ce que j'avais appris dans les cours de cin\u00e9ma \u00e0 l'Universit\u00e9 d'Helsinki. <span class=\"small-caps\">enac <\/span>(<span class=\"small-caps\">unam<\/span>) ; le sketch n'\u00e9tait pas finalis\u00e9, mais l'\u00e9quipe de production l'a demand\u00e9 de toute urgence, et je l'ai donc termin\u00e9 pendant que j'\u00e9tais sur place. Je savais que l'important \u00e9tait de parler de Don Bruno avec des images et des sons po\u00e9tiques qui \u00e9voquent \u00e0 la fois sa pr\u00e9sence et son absence, de sorte qu'en les voyant ou en les entendant, la communaut\u00e9 comprenne de qui j'allais parler. Des prises de vue et des enregistrements audio ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s autour de ce personnage : sa maison, un harmonica, des sons et des images que ceux d'entre nous qui le connaissaient pouvaient localiser. Nous avons \u00e9galement enregistr\u00e9 des personnes qui le connaissaient et qui nous ont parl\u00e9 de lui.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image005-2.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"883x606\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 3. Fotograma del documental. Don Bruno. El Quiz\u00e1, 2001.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image005-2.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 3 : image tir\u00e9e du documentaire. Don Bruno. El Quiz\u00e1, 2001.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Et comme la nature du D\u00eda de Muertos est po\u00e9tique, des choses inattendues ont commenc\u00e9 \u00e0 se produire, comme sa famille qui a commenc\u00e9 \u00e0 revitaliser des espaces auparavant vides, \u00e0 placer un autel pour lui le jour des morts, \u00e0 peindre la maison o\u00f9 il vivait, etc. Le groupe de Diablos a pr\u00e9vu de danser devant l'autel de sa maison, un moment tr\u00e8s beau et m\u00e9morable. De cette mani\u00e8re, entre sa famille, la communaut\u00e9 et ceux d'entre nous qui enregistraient, nous avons cr\u00e9\u00e9 une atmosph\u00e8re dans laquelle sa pr\u00e9sence a \u00e9t\u00e9 ressentie et, en m\u00eame temps, nous avons cr\u00e9\u00e9 des souvenirs pour la post\u00e9rit\u00e9 qui sont rest\u00e9s grav\u00e9s dans nos m\u00e9moires, mais aussi dans la m\u00e9moire audiovisuelle ; les cam\u00e9ras et les microphones \u00e9taient pleins de don Bruno.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ces souvenirs stock\u00e9s de sons et d'images ont ensuite \u00e9t\u00e9 choisis et mont\u00e9s en fonction d'une narration de la m\u00e9moire, dans le d\u00e9veloppement de laquelle la participation du cin\u00e9aste Juli\u00e1n Sacrist\u00e1n a \u00e9t\u00e9 essentielle. L'organisation et le montage de ce mat\u00e9riel ont \u00e9t\u00e9 fondamentaux pour g\u00e9n\u00e9rer l'atmosph\u00e8re appropri\u00e9e. Le choix et la recherche des moments enregistr\u00e9s il y a tant d'ann\u00e9es avec don Bruno ont repr\u00e9sent\u00e9, dans une premi\u00e8re phase, un travail ardu de num\u00e9risation des cassettes enregistr\u00e9es sur hi8, et dans une seconde phase, de s\u00e9lection du mat\u00e9riel dans lequel nous avons trouv\u00e9 diff\u00e9rentes prises utilis\u00e9es dans le film. L'assemblage d'un puzzle avec une personne si aim\u00e9e et rappel\u00e9e dans le village, qui \u00e9tait aussi musicien, a permis de travailler le projet \u00e0 travers le son comme une m\u00e9taphore qui nous rapproche de lui dans chaque s\u00e9quence.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Le son est devenu une pi\u00e8ce ma\u00eetresse dans la reconstitution de la pr\u00e9sence de Don Bruno. C'est \u00e0 travers le souffle m\u00e9lodique de son <em>fl\u00fbte<\/em> -comme on appelle l'harmonica sur la Costa Chica-, de nature joyeuse mais teint\u00e9e de m\u00e9lancolie en son absence, nous sommes retourn\u00e9s habiter sa maison vide. Dans certaines sc\u00e8nes, ce son enregistr\u00e9 il y a plus de vingt ans, lorsqu'il accompagnait avec enthousiasme les danseurs de Diablos, se m\u00eale aux images, remplissant le silence pr\u00e9sent d'\u00e9chos du pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu'au cours des journ\u00e9es de tournage nous ayons pu enregistrer, avec le preneur de son Clemen Villamizar, chacun des musiciens avec son instrument, ce fut particuli\u00e8rement \u00e9mouvant d'enregistrer don Hermelindo, qui jouait de la bote avec un d\u00e9vouement et une \u00e9nergie qui soutenaient le rythme collectif. Sa mort, l'ann\u00e9e derni\u00e8re, a fait que le montage de ce documentaire a pris une autre dimension de nostalgie : non seulement pour don Bruno, mais aussi pour don Hermelindo. Ce qui a commenc\u00e9 comme un enregistrement est aussi devenu un adieu, des souvenirs sonores qui restent aujourd'hui soutenus par la m\u00e9moire d'une communaut\u00e9 qui n'oublie pas.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image007-2.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1473x793\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 4. Fotograma de los Diablos frente a casa de don Bruno. Fotograf\u00eda Venancio L\u00f3pez. El Quiz\u00e1, 2023.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image007-2.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 4 : Photo des Diablos devant la maison de Don Bruno. Photographie de Venancio L\u00f3pez. El Quiz\u00e1, 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Le montage du son a \u00e9t\u00e9 l'une des \u00e9tapes les plus complexes : entre l'\u00e9motion qui accompagne la perte et le manque de ressources pour travailler avec un concepteur sonore, cette dimension reste une t\u00e2che en suspens. Le son, comme un fil invisible de la m\u00e9moire, attend encore d'\u00eatre tiss\u00e9 avec plus de temps et de soin, pour rendre justice \u00e0 ceux qui, avec leur musique, ont maintenu vivante la Danza de los Diablos de El Quiz\u00e1.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Enregistrement sur le jour des morts<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Enregistrer le jour des morts, \u00e0 l'\u00e9poque de la pand\u00e9mie, \u00e9tait une exp\u00e9rience inhabituelle. Partout dans le pays, il \u00e9tait interdit d'entrer dans les cimeti\u00e8res, et El Quiz\u00e1 ne faisait pas exception :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">- Nous ne pouvons pas aller au cimeti\u00e8re, ils nous l'interdisent, ils vont fermer les cimeti\u00e8res, parce que beaucoup de gens sont morts, disent-ils, mais pas ici \u00e0 El Quiz\u00e1.&nbsp;<br>- Comment ne pas danser dans le panth\u00e9on des morts ?\" (Danzantes de Diablos, El Quiz\u00e1, conversation avec l'auteur, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Enfin, la communaut\u00e9 a d\u00e9cid\u00e9 de danser tous les jours de Todos Santos, y compris le 2 novembre, jour traditionnel de danse dans le cimeti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Don Hermelindo, le plus ancien musicien, qui jouait du bateau et qui est malheureusement d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en septembre 2024, se souvenait \u00e0 l'\u00e9poque : \"le diable n'est jamais all\u00e9 \u00e0 la croix, parce que le diable a peur de lui, mais pas maintenant, maintenant ils vont au cimeti\u00e8re o\u00f9 il y a beaucoup de croix, vous voyez, et maintenant ils vont au cimeti\u00e8re\" (Don Hermelindo, conversation avec l'auteur, 2020).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image009-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1470x683\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 5. Fotograma de Diablos en el pante\u00f3n del El Quiz\u00e1. Fotograf\u00eda Venancio L\u00f3pez. El Quiz\u00e1, 2022.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image009-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 5 : Extrait de Diablos en el pante\u00f3n del El Quiz\u00e1. Photographie de Venancio L\u00f3pez. El Quiz\u00e1, 2022.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les souvenirs des personnes \u00e2g\u00e9es se m\u00ealent \u00e0 la d\u00e9termination des jeunes danseurs. Ces deux parties, toujours en dialogue et en tension, ont tent\u00e9 d'\u00eatre plac\u00e9es dans le documentaire pour montrer la complexit\u00e9 de la revitalisation d'une danse traditionnelle comme celle-ci, en enregistrant des interviews ou des conversations ouvertes, mais aussi en filmant la danse dans le panth\u00e9on devant les croix.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux jours pr\u00e9c\u00e9dents, une dame avait organis\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement pour le troisi\u00e8me anniversaire de la mort de son fils, qui avait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 danseur de Diablos au cours de sa vie. Ce jour-l\u00e0, des T-shirts avec la photo du jeune homme, dont tout le monde se souvient, ont \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9s, des tamales et de la barbacoa ont \u00e9t\u00e9 mang\u00e9s, et il y a eu beaucoup de danse devant l'autel. Peu de gens ont pu assister \u00e0 la danse devant l'autel, le cam\u00e9raman et moi-m\u00eame avons eu la chance d'\u00eatre les t\u00e9moins d'un \u00e9v\u00e9nement aussi \u00e9mouvant. <em>performance<\/em> des danseurs qui dansent et chantent des vers au d\u00e9funt.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D'autres endroits o\u00f9 elle \u00e9tait dans\u00e9e \u00e9taient les maisons des personnes qui venaient d'arriver \"du nord\" (\u00c9tats-Unis), parce qu'elles voulaient qu'elle soit dans\u00e9e sur leurs autels, comme elles-m\u00eames ou leurs d\u00e9funts l'aimaient.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me ann\u00e9e, j'ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e \u00e0 devenir mayordoma, une d\u00e9cision difficile \u00e0 prendre car il n'y avait pas de tradition de ce type dans le village, alors qu'il y en avait une dans la communaut\u00e9 de Lo de Soto, la ville d'o\u00f9 viennent la plupart des quizade\u00f1os\/as. J'ai accept\u00e9 apr\u00e8s avoir compris qu'ils y voyaient une mani\u00e8re de collaborer pour que les enfants du groupe acqui\u00e8rent plus de responsabilit\u00e9s. J'ai alors d\u00fb pr\u00e9parer des tamales et acheter des boissons pour le premier jour des morts et j'ai pris la responsabilit\u00e9 de leur donner de l'eau aromatis\u00e9e tous les jours des r\u00e9p\u00e9titions.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Cette m\u00eame ann\u00e9e, le Festival Ra\u00edces, de Coatepec, Veracruz, m'a demand\u00e9 de contacter un groupe de Diablos de la c\u00f4te pour danser dans leur festival, pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 cette occasion sous forme virtuelle. Sans r\u00e9fl\u00e9chir, j'en ai parl\u00e9 aux membres du Grupo de Diablos de El Quiz\u00e1 Nueva Generaci\u00f3n, qui ont accept\u00e9. \u00c0 l'\u00e9poque, mon \u00e9quipe d'enregistrement a particip\u00e9 \u00e0 l'enregistrement et \u00e0 l'\u00e9dition du mat\u00e9riel. Il convient de noter que l'argent re\u00e7u a \u00e9t\u00e9 vers\u00e9 directement aux danseurs et qu'un petit pourcentage est all\u00e9 au photographe et \u00e0 l'\u00e9diteur du mat\u00e9riel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre du travail autoethnographique, j'ai estim\u00e9 qu'il \u00e9tait important d'enregistrer l'exp\u00e9rience de la fonction de majordome. Dans le film, vous verrez donc des images de moi en train de pr\u00e9parer des tamales, de demander pourquoi j'ai \u00e9t\u00e9 choisi et de participer au jeu de la danse du visage.<em> \u00e9tal\u00e9,<\/em> accompagnant le Tenango et la Minga ; cette derni\u00e8re est une pratique traditionnelle des Diables de la r\u00e9gion qui n'avait pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e depuis quelques ann\u00e9es, mais cette ann\u00e9e ils ont voulu revitaliser la pratique, qui consiste \u00e0 chasser le public participant pour qu'il se peigne le visage avec du tizne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me ann\u00e9e, en 2022, je suis revenue seule, bien qu'une coll\u00e8gue psychologue sociale ait particip\u00e9 \u00e0 l'une des journ\u00e9es. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, c'\u00e9tait \u00e0 mon tour de soutenir le mayordomo, qui \u00e9tait don Luis Morgan, fils de feu Bruno Morgan. J'ai pr\u00e9par\u00e9 l'eau aromatis\u00e9e pour les Diablos pendant les r\u00e9p\u00e9titions et les jours de Todos Santos. Cette ann\u00e9e-l\u00e0 fut \u00e9galement tr\u00e8s \u00e9mouvante, car la famille de don Bruno est arriv\u00e9e en ville apr\u00e8s de nombreuses ann\u00e9es et a organis\u00e9 une f\u00eate collective avec de la musique en direct en l'honneur de son p\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Enregistrement des emplacements de m\u00e9moire<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les lieux enregistr\u00e9s sont avant tout des lieux de m\u00e9moire, des lieux qui rappellent \u00e0 chacun des personnes, des situations et des moments o\u00f9 la pr\u00e9sence des Diablos \u00e9tait forte. La maison de Don Bruno, le cimeti\u00e8re, d'autres maisons o\u00f9 vivaient des personnes qui ne sont plus l\u00e0. Lorsque j'ai revu le mat\u00e9riel, je me suis rendu compte que je n'avais pas seulement repr\u00e9sent\u00e9 l'absence de Don Bruno, mais aussi l'absence laiss\u00e9e par la mort. Pourquoi ? Parce que c'est le contexte de la Danza de los Diablos ; les jours des morts sont des jours o\u00f9 l'on se souvient de l'absence d'\u00eatres chers. Ce n'est pas un hasard si la danse repr\u00e9sentative de cette r\u00e9gion est la Danza de los Diablos, une danse li\u00e9e \u00e0 l'Afrique, et qui est dans\u00e9e le jour des morts pour se souvenir des anc\u00eatres et des personnes qui ne sont plus parmi nous. Don Hermelindo se souvient toujours de l'origine de cette danse \u00e0 l'\u00e9poque des \u00e9vocations. En 2020, il a mentionn\u00e9 ce qui suit : \"On dit que cette danse vient de la r\u00e9gion du Phare, ce n'est pas Oaxaca, c'est Guerrero, et c'est l\u00e0 que le bateau a coul\u00e9 et que des Noirs sont sortis et c'est ainsi qu'ils ont dans\u00e9 cette danse, puis cela a commenc\u00e9 \u00e0 Cuajinicuilapa, c'\u00e9tait une cuadrilla\". L'ann\u00e9e suivante, il a de nouveau mentionn\u00e9 quelque chose de similaire : \"Cette danse est africaine, ces diables, un bateau a coul\u00e9 \u00e0 Punta Maldonado, et des Africains noirs sont sortis, c'est comme \u00e7a\" (don Hermelindo, conversation avec l'auteur, 2021).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la m\u00e9moire collective, la danse et les habitants de la Costa Chica viennent d'Afrique et, pour l'expliquer symboliquement, les lieux proches o\u00f9 la mer est pr\u00e9sente sont situ\u00e9s, car, dans l'imaginaire, c'est l\u00e0 que les navires dont ils sont issus se sont \u00e9chou\u00e9s. Comme le mentionne la chercheuse Laura A. Lewis : \"\u00c0 diff\u00e9rents niveaux, les navires et les saints signifient des souvenirs communautaires et des sentiments d'appartenance\" (Lewis, 2020 : 81).<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9cits oraux racont\u00e9s par Hermelindo, et aussi par don Bruno il y a 20 ans, qui font r\u00e9f\u00e9rence au mythe fondateur de la danse, nous ont incit\u00e9s \u00e0 nous rendre \u00e0 Punta Maldonado, plus connue sous le nom de El Faro, et \u00e0 enregistrer ce lieu de m\u00e9moire, \u00e0 enregistrer la vaste mer par laquelle les Africains r\u00e9duits en esclavage sont arriv\u00e9s dans ce qui est aujourd'hui la Costa Chica de Guerrero et d'Oaxaca. Dans les ann\u00e9es 1980, l'historien Pierre Nora a propos\u00e9 le terme de lieux de m\u00e9moire, en le rattachant \u00e0 la m\u00e9moire collective fran\u00e7aise et \u00e0 son rapport \u00e0 l'histoire. Il les d\u00e9finit comme \"l'ensemble des lieux o\u00f9 s'ancre, se condense, se cristallise, s'abrite et s'exprime la m\u00e9moire collective\".<em>\"<\/em>Le plus int\u00e9ressant est qu'elle ne se r\u00e9duit pas aux monuments historiques, au mat\u00e9riel, mais aussi au symbolique et au fonctionnel (Nora, 2001).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image011-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1191x606\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 6. Fotograma de don Hermelindo. Fotograf\u00eda Venancio L\u00f3pez. El Quiz\u00e1, 2023.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image011-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 6 : Extrait de Don Hermelindo. Photographie de Venancio L\u00f3pez. El Quiz\u00e1, 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>La philosophe Eugenia Allier a \u00e9crit, \u00e0 propos des \u00e9tudes de Nora, un crit\u00e8re r\u00e9v\u00e9lateur pour mon travail :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">[...] ce n'est pas n'importe quel lieu dont on se souvient, mais le lieu o\u00f9 la m\u00e9moire agit ; ce n'est pas la tradition, mais son laboratoire. Ainsi, ce qui fait d'un lieu un lieu de m\u00e9moire, c'est \u00e0 la fois sa condition de carrefour o\u00f9 se croisent diff\u00e9rents chemins de m\u00e9moire et sa capacit\u00e9 \u00e0 perdurer, \u00e0 \u00eatre sans cesse remodel\u00e9, r\u00e9approch\u00e9, revisit\u00e9. Un lieu de m\u00e9moire abandonn\u00e9 n'est, au mieux, que la m\u00e9moire d'un lieu (Allier Monta\u00f1o, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>C'est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu'ont fait les Diablos Quizade\u00f1os Nueva Generaci\u00f3n : remodeler, revisiter et r\u00e9apprendre la danse de leur point de vue. Nous avons voulu les accompagner dans cette transition en montrant leur <em>laboratoire<\/em>Les mots de l'auteur, c'est-\u00e0-dire leur lieu de r\u00e9p\u00e9tition, o\u00f9 ils apprennent, se souviennent et recr\u00e9ent ; en les accompagnant sur les lieux de la m\u00e9moire collective, ces lieux o\u00f9 ont v\u00e9cu des jeunes de leur g\u00e9n\u00e9ration qui ne sont plus l\u00e0, ou de vieux messieurs qu'ils ont \u00e0 peine connus, mais dont la communaut\u00e9 se souvient avec affection. Danser, ce n'est pas seulement danser, c'est retravailler sa propre histoire et sa propre m\u00e9moire \u00e0 travers le corps individuel et collectif, en parcourant les chemins de ses anc\u00eatres ou ceux o\u00f9 ils se trouvent aujourd'hui.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La recherche de la m\u00e9moire de la danse \u00e0 travers des documentaires ethnographiques&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 en revue tout ce qui a \u00e9t\u00e9 discut\u00e9 dans cet article, on peut conclure que les documentaires ethnographiques sur les danses africaines et afro-am\u00e9ricaines ont accompagn\u00e9 le d\u00e9veloppement de l'anthropologie depuis ses d\u00e9buts. Au Mexique, cela n'a pas \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rent ; comme nous pouvons le voir, sept des productions documentaires sur la Costa Chica ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par des anthropologues\/sociologues, les autres par des cin\u00e9astes et des communicologues.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La mani\u00e8re dont ils sont r\u00e9alis\u00e9s a vari\u00e9 et, par cons\u00e9quent, nous pouvons trouver diff\u00e9rentes mani\u00e8res de raconter et de collaborer avec les communaut\u00e9s qui nous int\u00e9ressent, car, comme le dit l'anthropologue Antonio Ziri\u00f3n : \"Les documentaires montrent la r\u00e9alit\u00e9 qu'ils d\u00e9peignent, ainsi que la perspective subjective et les conditions sociales de leurs auteurs, et ils sont in\u00e9vitablement un produit du moment historique dans lequel ils sont produits\" (Ziri\u00f3n, 2021 : 46).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En tant qu'\u00e9quipe de production et de post-production, nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9mus par le processus de revitalisation de la Danza de los Diablos et des souvenirs qui y sont li\u00e9s, tels que la musique, les mouvements de danse et les costumes, mais aussi par les \u00e9l\u00e9ments suivants <em>lieux de m\u00e9moire<\/em> o\u00f9 les danseurs traversent, dans un voyage physique, mental et \u00e9motionnel : les maisons des personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es, les lieux collectifs o\u00f9 la danse a \u00e9merg\u00e9 et leur propre diaspora.  L'objectif est de cr\u00e9er une proposition de documentaire ethnographique qui, comme je l'ai d\u00e9j\u00e0 dit, renforcera la m\u00e9moire et la r\u00e9sistance de ces peuples. Dans ce cas, il s'agit de capter le travail des jeunes pour revitaliser une danse que l'on croyait perdue, \u00e0 la recherche d'une identit\u00e9, d'un sens et d'un encouragement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le documentaire en cours est bas\u00e9 sur le fait que la recherche propose un dialogue avec la m\u00e9moire d'un peuple, en \u00e9tant conscient que le r\u00e9sultat g\u00e9n\u00e9rera d'autres souvenirs cr\u00e9\u00e9s non seulement par moi en tant que r\u00e9alisateur, mais aussi par l'\u00e9quipe de travail et la communaut\u00e9 elle-m\u00eame (comme le moment o\u00f9 le premier montage du long m\u00e9trage a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 El Quiz\u00e1 dans le cadre de l'Ann\u00e9e europ\u00e9enne de l'\u00e9ducation et de la formation tout au long de la vie). <span class=\"small-caps\">iv<\/span> Festival du film afro-descendant). En ce sens, j'ai essay\u00e9 d'articuler un discours bas\u00e9 sur l'exp\u00e9rience ethnographique, les conversations avec le groupe de danse et la communaut\u00e9 dans son ensemble - qui m'ont confi\u00e9 leurs id\u00e9es, leurs pr\u00e9occupations et leurs d\u00e9sirs -, et l'analyse anthropologique et audiovisuelle collective.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le film appara\u00eet comme une possibilit\u00e9 de pr\u00e9server des fragments \u00e9ph\u00e9m\u00e8res de la vie, comme une m\u00e9moire qui peut \u00eatre consult\u00e9e et appr\u00e9ci\u00e9e plus tard. Ce processus implique une s\u00e9lection au moment de l'enregistrement, et je pense qu'il y a ici un point qui sugg\u00e8re les questions suivantes : qu'est-ce qui est s\u00e9lectionn\u00e9 pour l'enregistrement ? Qui le fait ? Pour quoi ? Pour qui ? Nous pouvons utiliser ces questions pour diff\u00e9rencier la mani\u00e8re de filmer des d\u00e9buts du cin\u00e9ma documentaire et ce que l'on appelle le documentaire collaboratif ou participatif qui, de mon point de vue, n'est pas un mais plusieurs avec la m\u00eame intention, celle de contribuer aux cultures, aux communaut\u00e9s et\/ou aux personnes avec lesquelles nous travaillons \u00e0 partir d'un point de vue critique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le documentaire ethnographique en tant que contenant des m\u00e9moires audiovisuelles communautaires est un outil profond\u00e9ment n\u00e9cessaire pour travailler et discuter. Nous esp\u00e9rons que nos r\u00e9sultats et les questions que nous nous posons encore seront le point de d\u00e9part d'une \u00e9laboration, d'une construction et d'un partage d'exp\u00e9riences et de d\u00e9fis avec les chercheurs, les artistes et les membres des cultures avec lesquelles nous collaborons.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Allier Monta\u00f1o, Eugenia (2012). Los <em>Lieux de m\u00e9moire<\/em>: una propuesta historiogr\u00e1fica para el an\u00e1lisis de la memoria, <em>Historia y Graf\u00eda<\/em>. M\u00e9xico: Departamento de Historia.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Colombres, Adolfo (1985). <em>Cine, antropolog\u00eda y colonialismo<\/em>. Buenos Aires: Ediciones del Sol\/<span class=\"small-caps\">clacso<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Da Silva Ribeiro, Jos\u00e9 (2007). <em>Doc On-line<\/em>, n\u00fam. 03, diciembre, www.doc.ubi.pt, pp. 6-54. Brasil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Florescano, Enrique (1999). <em>Memoria ind\u00edgena.<\/em> M\u00e9xico: Taurus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Guber, Rosana (2011). <em>La etnograf\u00eda. M\u00e9todo, campo y reflexividad<\/em>. Buenos Aires: Siglo <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Grierson, John (1932). \u201cFirst Principles of Documentary\u201d<em>,<\/em> en Forsyth Hardy (ed.). <em>Grierson on Documentary<\/em>. Berkeley y Los \u00c1ngeles: University of California Press, pp. 145-156.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Malinowski, Bronislaw (1922\/2001). <em>Los argonautas del Pac\u00edfico occidental<\/em>. Barcelona: Pen\u00ednsula.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Lora Krstulovic, Rosa Claudia (2024). \u201cReflexiones en torno al documental y la memoria social\u201d, en Cristian Cal\u00f3nico Lucio y Rodrigo Gerardo Mart\u00ednez Vargas (coords.). <em>Cine: discurso y est\u00e9tica 2. Reflexiones desde las cinematograf\u00edas contrahegem\u00f3nicas<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">procine<\/span>\/<span class=\"small-caps\">uacm,<\/span> pp. 209-215.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">MacDougall, David (1998). <em>Transcultural Cinema<\/em>. Princeton: Princeton University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Nichols, Bill (1991). <em>La representaci\u00f3n de la realidad. Cuestiones y conceptos del documental<\/em>. Barcelona: Paid\u00f3s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Paniagua, Karla (2007). <em>El documental como crisol. An\u00e1lisis de tres cl\u00e1sicos para una antropolog\u00eda de la imagen<\/em>. M\u00e9xico: Publicaciones de la Casa Chata, <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rivera Cusicanqui, Silvia (2018). <em>Sociolog\u00eda de la imagen. Miradas ch\u2019ixi desde la historia andina<\/em>. La Paz: Plural Editores.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rouch, Jean (1995) \u201cEl hombre y la c\u00e1mara\u201d (1973), en Elisenda Ard\u00e9vol y Luis P\u00e9rez-Tol\u00f3n (eds.). <em>Imagen y cultura. Perspectivas del cine etnogr\u00e1fico<\/em>. Granada: Diputaci\u00f3n Provincial de Granada, pp. 95-121.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Taylor, Diana (2013). <em>O arquivo e o repert\u00f3rio: Performance e mem\u00f3ria cultural nas Am\u00e9ricas.<\/em> Belo Horizonte: <span class=\"small-caps\">ufmg<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Varela, Itza (2023). <em>Tiempo de diablos<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Weinberger, Eliot (1994). \u201cThe Camera People\u201d, en Lucien Taylor (ed.). <em>Visualizing Theory, Selected Essays from V.A.R<\/em>. 1990-1994. Nueva York y Londres: Routledge, pp. 3-26.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ziri\u00f3n P\u00e9rez, Antonio (2015). \u201cMiradas c\u00f3mplices, cine etnogr\u00e1fico, estrategias colaborativas y antropolog\u00eda visual aplicada\u201d, <em>Revista de Ciencias Sociales y Humanidades<\/em>. M\u00e9xico: Universidad Aut\u00f3noma Metropolitana Unidad Iztapalapa, n\u00fam. 78, pp. 1-18.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (coord.) (2021). <em>Redescubriendo el archivo etnogr\u00e1fico audiovisual<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uam<\/span>\/Elefanta.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Filmographie&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Documental <em>African\u00edas<\/em> (1992). Rafael Rebollar. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">cna<\/span>.&nbsp;Recuperado de: https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=QGnHoimDAQE&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Documental <em>Son de Artesa<\/em> (2008). Dir. Sandra Luz L\u00f3pez. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uacm<\/span>. https:\/\/vimeo.com\/65174725?fbclid=IwAR389wh8BUAm3OgtDRS7OK50xpFWYqELAJ67xDdRzibaXNGRq0ITz1mnq9U&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Documental <em>El juego de los Diablos<\/em> (2008). Claudia Lora y Natalia Gabayet. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">tv inah<\/span>. https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=wdcOQBEVOwU&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Teaser<em> Diablitas, diablitos y almitas<\/em> (2015). Dir. Isis Violeta Contreras. M\u00e9xico: Ambulante. https:\/\/www.ambulante.org\/documentales\/diablitas-diablitos-almitas-danzando-la-vida-la-muerte\/&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Serie <em>Afrom\u00e9xico<\/em> (2019). Dir. Ana Cruz. M\u00e9xico: Canal 11.&nbsp;https:\/\/canalonce.mx\/programas\/afromexico#:~:text=Sinopsis,de%20\u00c1frica%20trasladados%20a%20M\u00e9xico&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Serie <em>M\u00e9xico negro<\/em> (2021). Dir. Le\u00f3n Rechy. M\u00e9xico: Canal 14. https:\/\/www.canalcatorce.tv\/?c=Programas&amp;p=1853&amp;a=Det&amp;t=3634&amp;ci=16985&amp;b=ciencia&amp;m2=5&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Documental <em>Ruja al Son de los Diablos<\/em> (2011). M\u00e9xico: Colectivo Muchitos Audiovusual.&nbsp;https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=94HNDEopqMY&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Grupo de informaci\u00f3n en reproducci\u00f3n elegida (<span class=\"small-caps\">gire<\/span>) (2021). Teaser <em>Presentaci\u00f3n de los Diablos Quizade\u00f1os Nueva Generaci\u00f3n<\/em> (2021). Festival Ra\u00edces, Coatepec Veracruz, M\u00e9xico.&nbsp;Recuperado de: https:\/\/www.facebook.com\/raices.colectivomaiznegro\/videos\/1569249276847309\/<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Rosa Claudia Lora Krstulovic<\/em> est ethnologue, documentariste et danseuse. Elle \u00e9tudie les danses afro-diasporiques en Am\u00e9rique latine, se concentrant depuis plusieurs ann\u00e9es sur l'\u00e9tude des danses du diable et des danses rondes. Ses domaines d'int\u00e9r\u00eat sont la m\u00e9moire, la transmission culturelle, le documentaire et le patrimoine. Elle a r\u00e9alis\u00e9 des documentaires ethnographiques, ainsi que des recherches anthropologiques pour des documentaires ind\u00e9pendants et des s\u00e9ries documentaires du <span class=\"small-caps\">inah<\/span>. Actuellement, elle dirige le festival d'arts Afrodescendencias et est chercheuse post-doctorale \u00e0 l'institut de recherche de l'Universit\u00e9 d'Amsterdam. <span class=\"small-caps\">ciesas-cdmx<\/span> sur le th\u00e8me \"Strat\u00e9gies de collaboration pour la continuit\u00e9 des danses afro-mexicaines de la Costa Chica\".<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le documentaire ethnographique a \u00e9t\u00e9 l'un des moyens d'enregistrer et de montrer les diverses danses afro-mexicaines de la Costa Chica, et l'article soutient que ce genre audiovisuel peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 pour enqu\u00eater sur la m\u00e9moire de la danse. Le texte fait une premi\u00e8re analyse des documentaires produits sur les danses de cette r\u00e9gion et pr\u00e9sente une partie du processus de r\u00e9alisation du long m\u00e9trage documentaire El Quiz\u00e1, donde la memoria danza, r\u00e9alis\u00e9 par l'auteur, dont l'int\u00e9r\u00eat premier est de contribuer \u00e0 la m\u00e9moire collective d'un peuple.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":39810,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[279],"tags":[1426,1237,350,322],"coauthors":[551],"class_list":["post-39816","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-279","tag-afromexico","tag-danza","tag-documental","tag-memoria","personas-lora-krstulovic-rosa-claudia","numeros-1405"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>El Documental como Testigo: Memorias danzarias en la Costa Chica (parte 1) &#8211; 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