{"id":39766,"date":"2025-09-22T10:00:35","date_gmt":"2025-09-22T16:00:35","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=39766"},"modified":"2025-09-19T15:05:02","modified_gmt":"2025-09-19T21:05:02","slug":"pezzat-retrato-femenino-fotografia-medios-impresos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/pezzat-retrato-femenino-fotografia-medios-impresos\/","title":{"rendered":"Usages et significations du portrait f\u00e9minin dans la presse guat\u00e9malt\u00e8que, 1890-1924. Faire de l'histoire sociale avec des images : une proposition m\u00e9thodologique."},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">A la fin du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span>L'image photographique a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e au monde de l'impression et de nouveaux march\u00e9s se sont ouverts pour commercialiser des \u0153uvres imprim\u00e9es ainsi que des images. Le choix des images \u00e0 publier et de leur signification \u00e9tait une d\u00e9cision influenc\u00e9e par les conventions sociales de l'\u00e9poque, les notions de race et de sexe, les aspirations de classe des \u00e9lites intellectuelles et un projet d'identit\u00e9 nationale. Cet article propose d'analyser l'\u00e9conomie visuelle du portrait f\u00e9minin au Guatemala publi\u00e9 dans des magazines illustr\u00e9s entre 1900 et 1920. L'objectif est d'analyser les discours visuels sur les femmes guat\u00e9malt\u00e8ques et de pr\u00e9senter une proposition m\u00e9thodologique pour l'analyse des images photographiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/economia-visual\/\" rel=\"tag\">\u00e9conomie visuelle<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/fotografia\/\" rel=\"tag\">photographie<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/medios-impresos\/\" rel=\"tag\">M\u00c9DIAS IMPRIM\u00c9S<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/retrato-femenino\/\" rel=\"tag\">portrait de femme<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title abstract\"><span class=\"small-caps\">utilisation et signification du portrait f\u00e9minin dans la presse guat\u00e9malt\u00e8que<\/span> <span class=\"small-caps\">(1890-1924) : proposition d'une m\u00e9thodologie pour une histoire sociale par l'image<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">\u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle, le monde de l'imprimerie a int\u00e9gr\u00e9 les photographies, ouvrant de nouveaux march\u00e9s pour la vente d'\u0153uvres imprim\u00e9es et d'images. Les d\u00e9cisions concernant les images \u00e0 publier - et leur signification - r\u00e9pondaient aux conventions sociales, aux notions dominantes de race et de genre, aux aspirations de classe des \u00e9lites intellectuelles et \u00e0 un projet de cr\u00e9ation d'une identit\u00e9 nationale. Cet article analyse l'\u00e9conomie visuelle du portrait f\u00e9minin au Guatemala, tel qu'il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans les magazines illustr\u00e9s entre 1900 et 1920. Outre l'exploration des discours visuels sur les femmes guat\u00e9malt\u00e8ques, il pr\u00e9sente une m\u00e9thodologie d'analyse des photographies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : portrait de femme, photographie, presse \u00e9crite, \u00e9conomie visuelle, genre.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">La presse \u00e9crite est une source documentaire riche et sous-exploit\u00e9e pour le d\u00e9veloppement des \u00e9tudes visuelles. Dans le cas du Guatemala, elle nous permet de diversifier les sources de l'histoire visuelle. Dans cet article, nous pr\u00e9senterons une proposition m\u00e9thodologique de recherche historique \u00e0 partir d'images publi\u00e9es dans la presse guat\u00e9malt\u00e8que entre 1890 et 1924, en particulier des portraits f\u00e9minins. Je m'int\u00e9resse \u00e0 l'analyse des usages et des significations des portraits de femmes publi\u00e9s dans les journaux, les magazines et les livres illustr\u00e9s, ainsi qu'\u00e0 leur r\u00f4le dans la configuration de l'identit\u00e9 nationale guat\u00e9malt\u00e8que.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de la fin des ann\u00e9es 1880, les imprimeurs ont incorpor\u00e9 des photogravures dans leurs pages et la presse \u00e9crite est ainsi devenue l'un des principaux canaux de circulation de masse des images. L'anthropologue visuelle Deborah Poole a invent\u00e9 le terme d'\u00e9conomie visuelle pour expliquer l'organisation des personnes, des id\u00e9es et des objets autour du champ visuel. Cette organisation est tiss\u00e9e de relations sociales et de pouvoir selon les notions de race, de genre et d'ethnicit\u00e9 (Poole, 1997 : 8). L'\u00e9conomie visuelle est comprise comme le processus de construction d'alt\u00e9rit\u00e9s, d'imaginaires et de st\u00e9r\u00e9otypes \u00e0 travers la production, l'utilisation, la signification et la valorisation d'objets photographiques. \u00c0 cet \u00e9gard, je pense que l'historiographie a accord\u00e9 peu d'attention \u00e0 la circulation des images dans les m\u00e9dias imprim\u00e9s et \u00e0 l'\u00e9valuation de l'impact qu'elle a eu sur la hi\u00e9rarchisation des \u00c9tats-nations latino-am\u00e9ricains au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xx<\/span>. C'est pourquoi, dans cet article, je me concentrerai uniquement sur l'utilisation et la signification du portrait f\u00e9minin dans la presse guat\u00e9malt\u00e8que.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis sa cr\u00e9ation au milieu du si\u00e8cle dernier, le <span class=\"small-caps\">xix<\/span>Les portraits sont des objets qui restent dans la sph\u00e8re priv\u00e9e et familiale. Cependant, en analysant la presse guat\u00e9malt\u00e8que de la fin du 20e si\u00e8cle, on constate que les portraits sont des objets qui restent dans la sph\u00e8re priv\u00e9e et familiale. <span class=\"small-caps\">xix <\/span>et pr\u00e9coce <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Dans cette section, on note la pr\u00e9sence de portraits de jeunes femmes ladina issues des familles oligarchiques du pays. S'agissant de photographies dont l'usage \u00e9tait principalement limit\u00e9 \u00e0 la sph\u00e8re priv\u00e9e, il convient de s'interroger sur les crit\u00e8res de s\u00e9lection des portraits publi\u00e9s dans les journaux et les magazines illustr\u00e9s, sur les usages et les significations attribu\u00e9s \u00e0 ces portraits, sur l'intervention du genre, de la classe et de la race dans les publications et sur leur contribution \u00e0 la construction de st\u00e9r\u00e9otypes et d'imaginaires nationaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Je m'int\u00e9resse \u00e0 la compr\u00e9hension des cat\u00e9gories de genre, de race, de classe et d'ethnicit\u00e9, et non pas comme des \u00e9tiquettes fixes et intemporelles. En outre, je soutiens que les notions de genre, de race et de classe d\u00e9finissent non seulement des formes de repr\u00e9sentation, mais aussi des formes de circulation. Je soutiens \u00e9galement que la photographie \u00e9tait un outil cl\u00e9 pour la cr\u00e9ation et la consolidation de ces cat\u00e9gories, en accord avec un projet lib\u00e9ral de nation.<\/p>\n\n\n\n<p>D'un point de vue m\u00e9thodologique, je propose de syst\u00e9matiser un ensemble d'images qui ne font pas partie d'une collection unique, mais qui sont incluses dans une source documentaire encore plus vaste. L'objectif de cet article est de faire une proposition m\u00e9thodologique pour l'analyse d'images photographiques, dans ce cas de portraits f\u00e9minins imprim\u00e9s, bas\u00e9e sur des crit\u00e8res de structure formelle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Proposition th\u00e9orique et m\u00e9thodologique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La revue des photogravures dans la presse guat\u00e9malt\u00e8que et dans les livres illustr\u00e9s publi\u00e9s entre 1890 et 1915 constitue un corpus d'environ 500 images comprenant des paysages, des vues urbaines, de l'architecture, des exploitations de caf\u00e9, mais aussi des portraits. L'espace consacr\u00e9 aux portraits f\u00e9minins est particuli\u00e8rement frappant, ce qui m'a amen\u00e9e \u00e0 me demander comment ils sont pass\u00e9s du statut d'objet priv\u00e9 \u00e0 celui de diffusion publique. Parmi les 14 publications consult\u00e9es, j'ai s\u00e9lectionn\u00e9 celles qui comportent des portraits de femmes. Ces publications sont les suivantes : <em>Le\u00e7ons sur la g\u00e9ographie de l'Am\u00e9rique centrale pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es de notions de g\u00e9ographie universelle. <\/em>(1890-1900 environ), le magazine illustr\u00e9 <em>La locomotive <\/em>(1908), le journal <em>L'impartial <\/em>(1924), y <em>Le livre bleu du Guatemala <\/em>(1915). Bien que les objectifs et les contenus soient divers, ils ont tous en commun la diffusion de portraits de femmes guat\u00e9malt\u00e8ques dans un contexte o\u00f9 l'on cherchait \u00e0 projeter une id\u00e9e de la nation guat\u00e9malt\u00e8que. Ce corpus documentaire de 98 portraits f\u00e9minins probl\u00e9matise les caract\u00e9ristiques qui d\u00e9finissent un portrait et la mani\u00e8re dont le contexte social s'y refl\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Le corpus documentaire des portraits publi\u00e9s dans la presse a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 selon les principes de la structure formelle. Je reprends le terme de structure formelle de Fernando Aguayo et Julieta Mart\u00ednez, qui d\u00e9signent la mani\u00e8re dont les \u00e9l\u00e9ments formels de l'image sont agenc\u00e9s \u00e0 partir de l'analyse de la documentation d'archives et des contextes de production photographique de l'\u00e9poque (Aguayo, 2012 : 218).<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de ne pas confondre la structure formelle avec les th\u00e8mes ou les genres photographiques. Diff\u00e9rentes images photographiques peuvent avoir des \u00e9l\u00e9ments communs ou repr\u00e9senter le m\u00eame sujet, mais la disposition de ces \u00e9l\u00e9ments ou la mani\u00e8re dont le sujet est repr\u00e9sent\u00e9 rel\u00e8vent de compositions diff\u00e9rentes. Quant aux genres, Val\u00e9rie Picaud\u00e9 les d\u00e9finit comme \"un type d'image qui poss\u00e8de des qualit\u00e9s communes et une cat\u00e9gorie mentale selon laquelle se r\u00e8gle la perception des images [...] il permet de classer les images selon des crit\u00e8res essentiels\" (Picaud\u00e9, 2001 : 22-23). En effet, ces crit\u00e8res de d\u00e9finition des genres photographiques \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 donner une continuit\u00e9 \u00e0 la pratique artistique et, comme le souligne Jean-Marie Schaeffer, les param\u00e8tres g\u00e9n\u00e9riques de la photographie doivent r\u00e9pondre \u00e0 des aspects fonctionnels et \u00e0 leurs usages, mais pas \u00e0 des aspects esth\u00e9tiques (Schaeffer, 2004 : 17).<\/p>\n\n\n\n<p>Le portrait est \u00e0 l'origine un genre pictural d'autorepr\u00e9sentation symbolique et, en tant que tel, il reproduit les conventions visuelles \u00e9tablies \u00e0 chaque \u00e9poque et influenc\u00e9es par son contexte (Burke, 2005 : 30). Le portrait photographique du XIXe si\u00e8cle est apparu au sein de la bourgeoisie europ\u00e9enne comme un moyen de r\u00e9affirmer sa classe en incorporant des \u00e9l\u00e9ments associ\u00e9s \u00e0 son esth\u00e9tique et \u00e0 son go\u00fbt, qui se refl\u00e8tent dans les accessoires, le mobilier, les arri\u00e8re-plans et m\u00eame les poses. Ces caract\u00e9ristiques se sont maintenues jusqu'au milieu du XXe si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xx<\/span>.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> Les formes de repr\u00e9sentation des portraits photographiques se sont diversifi\u00e9es, tout comme leurs usages. Pour comprendre les logiques qui sous-tendent les publications de portraits f\u00e9minins, il est important de comprendre le contexte social du Guatemala, en particulier les crit\u00e8res de hi\u00e9rarchies sociales (Pezzat, 2021 : 33).<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Studios photographiques au d\u00e9but du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix <\/span>\u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des espaces sacr\u00e9s, o\u00f9 les gens se rendaient pour r\u00e9affirmer leur statut par un comportement particulier. Comme l'explique Poole, cette ritualisation de l'espace photographique a involontairement contribu\u00e9 \u00e0 la production en masse de photographies de caract\u00e8res comme moyen de comprendre la constitution des \"races\" (Poole, 1999 : 237). Alors que les portraits r\u00e9affirment l'identit\u00e9 individuelle, les photographies de caract\u00e8res sont la preuve objective et visible des types humains divis\u00e9s en races.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La cat\u00e9gorisation sociale au Guatemala \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Sous les gouvernements conservateurs du Guatemala (1838-1871), le sch\u00e9ma de l'\u00c9tat-nation a \u00e9t\u00e9 simplifi\u00e9 \u00e0 la triade cr\u00e9ole-ladino-indien, et sous les lib\u00e9raux, il a encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit \u00e0 ladino-indien. Le terme ladino n'est pas rest\u00e9 homog\u00e8ne au cours des si\u00e8cles, mais doit \u00eatre compris en fonction des conjonctures de chaque p\u00e9riode et des projets de nation. Dans le projet lib\u00e9ral de nation, le processus de ladinisation \u00e9tait compris comme l'homog\u00e9n\u00e9isation de la diversit\u00e9 ethnique sous la cat\u00e9gorie du ladino. Cette cat\u00e9gorie incluait les cr\u00e9oles, les Chinois, les Europ\u00e9ens, etc. (Taracena, 2002 : 20). Martha Elena Casa\u00fas consid\u00e8re que, dans le projet lib\u00e9ral guat\u00e9malt\u00e8que, l'Indien devait subir une conversion \u00e0 la fois du criollo et du ladino. Criollo parce qu'il devait imiter les mod\u00e8les occidentaux de comportement et d'habillement, et ladino parce que cela faisait partie du processus d'acculturation de perdre son identit\u00e9 ethnique d'Indien pour devenir un ladino (Casa\u00fas, 1999 : 790). Depuis le <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Le projet de ladinisation par l'acculturation occidentale de l'Indien a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par des projets eug\u00e9niques. C'est \u00e0 cette \u00e9poque que les intellectuels guat\u00e9malt\u00e8ques parlent de blanchiment racial, voire d'extermination de la race indig\u00e8ne (Casa\u00fas, 1999 : 799).<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 la polarisation du bin\u00f4me indien-ladino et \u00e0 l'aberration m\u00e9tisse du mod\u00e8le guat\u00e9malt\u00e8que, les Mengalas repr\u00e9sentaient l'ambigu\u00eft\u00e9 ethnique tant redout\u00e9e par les politiciens et intellectuels lib\u00e9raux. Selon l'anthropologue Rub\u00e9n Reina, les mengalas formaient le troisi\u00e8me groupe de la structure sociale de la municipalit\u00e9 de Chinautla (d\u00e9partement du Guatemala), bien qu'il y ait eu des mengalas dans d'autres villes. Le groupe majoritaire \u00e9tait constitu\u00e9 d'indig\u00e8nes qui, en tant que petits propri\u00e9taires terriens, se consacraient \u00e0 la culture de la milpa (champs de ma\u00efs). \u00c0 l'autre extr\u00e9mit\u00e9 de l'\u00e9chelle sociale de Chinautla se trouvaient les ladinos nouvellement arriv\u00e9s. Il s'agissait g\u00e9n\u00e9ralement d'entrepreneurs ou d'hommes d'affaires d\u00e9sireux de promouvoir la modernisation. Enfin, les mengalas constituaient une minorit\u00e9 d\u00e9mographique, mais \u00e9taient \u00e9conomiquement importants.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mengalas ont une histoire qui remonte \u00e0 la p\u00e9riode monarchique et dont les caract\u00e9ristiques leur permettent de se mouvoir ais\u00e9ment dans les milieux sociaux indig\u00e8nes et ladinos (Reina, 1959 : 15). Certains mengalas parlaient <em>poqomam<\/em> Ils \u00e9taient li\u00e9s aux indig\u00e8nes par des liens de compadrazgo et dansaient m\u00eame selon leurs coutumes. Cependant, ils pouvaient \u00e9galement mener un style de vie ladino et interagir avec eux (Reina, 1959 : 16).<\/p>\n\n\n\n<p>Les aspirations de la soci\u00e9t\u00e9 guat\u00e9malt\u00e8que au blanchiment racial se sont refl\u00e9t\u00e9es dans la presse illustr\u00e9e et dans les livres imprim\u00e9s, en particulier dans la mani\u00e8re dont les femmes \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9es visuellement. Le choix des femmes \u00e0 montrer et la signification donn\u00e9e \u00e0 leurs images t\u00e9moignent des normes de beaut\u00e9 f\u00e9minine que l'on cherchait \u00e0 consolider comme caract\u00e9ristiques d'un Guatemala ladinis\u00e9, non indig\u00e8ne ou en cours de ladinisation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La r\u00e9volution de la photogravure<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour Philippe Dubois, une photographie est une trace, un vestige de l'existence de cet objet ou de ce sujet qui a \u00e9t\u00e9 fig\u00e9 dans le temps lorsqu'il a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 devant l'objectif d'un appareil photo. Sans ce r\u00e9f\u00e9rent, la photographie n'existerait pas, et c'est ce que Dubois appelle le caract\u00e8re indiciel, par lequel le r\u00e9f\u00e9rent devient un indice, distinguant la photographie de l'ic\u00f4ne ou du symbole (Dubois, 1986 : 56).<\/p>\n\n\n\n<p>La singularit\u00e9 dont parle Dubois est cet instant unique et non r\u00e9p\u00e9table dans le temps et l'espace, ayant la capacit\u00e9 de se reproduire m\u00e9caniquement \u00e0 l'infini. La multiplicit\u00e9 des copies d'une m\u00eame image provient d'un objet photographique original et singulier : le n\u00e9gatif, le daguerr\u00e9otype, la photo polaro\u00efd, etc. Ces objets repr\u00e9sentent le tirage et il n'y en a qu'un, les autres sont des photos de photos ou des \"m\u00e9taphotos\", comme dirait Dubois. Chaque image reproduite \u00e0 partir de ce photogramme original fonctionne alors comme un signe qui renvoie \u00e0 l'objet ou au sujet d\u00e9not\u00e9 (Dubois, 1986 : 66-67).<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, les photogravures sont des \"m\u00e9taphotos\", le r\u00e9sultat d'un processus photom\u00e9canique pour r\u00e9aliser une impression \u00e0 partir d'une image photographique ou d'un \"clich\u00e9\" (Valdez, 2014 : 35). Leur qualit\u00e9 \u00e9tait tr\u00e8s m\u00e9diocre, tout comme leur co\u00fbt, ce qui a permis d'augmenter de mani\u00e8re exponentielle la reproduction m\u00e9canique des images en les incorporant au march\u00e9 de l'impression. Cependant, comme l'explique Julieta Ortiz, la photogravure a cr\u00e9\u00e9 un pr\u00e9c\u00e9dent pour la consolidation d'un langage visuel en permettant d'atteindre un public de masse (Ortiz, 2003 : 25).<\/p>\n\n\n\n<p>En 1892, le journal <em>Les nouvelles <\/em>annon\u00e7ait l'inclusion d'une section intitul\u00e9e \"Siluetas femeniles\", consacr\u00e9e \u00e0 des portraits de jeunes femmes de la capitale du Guatemala r\u00e9alis\u00e9s par le studio Palacio de Artes, qui appartenait alors \u00e0 E. J. Kildare et Alberto Valdeavellano. Cela ne s'est toutefois produit que des ann\u00e9es plus tard, avec la publication de l'album \"Silenas Sileniles\". <em>fl\u00e8che<\/em> des magazines illustr\u00e9s d\u00e8s les ann\u00e9es 1900, m\u00eame si leur utilisation s'est \u00e9tendue aux livres officiels tels que les <em>Le livre bleu,<\/em> \u00e0 des journaux nationaux et parfois \u00e0 des livres \u00e9ducatifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les images incluses dans ces ouvrages, on trouve des illustrations de paysages, des vues urbaines de Guatemala City et de certaines villes d'Am\u00e9rique centrale, des portraits d'hommes politiques et des portraits de femmes. Dans la plupart des cas, la s\u00e9lection des images n'a aucun rapport avec le contenu textuel de la publication et cherche uniquement \u00e0 illustrer les d\u00e9veloppements de la vie urbaine et de la soci\u00e9t\u00e9 guat\u00e9malt\u00e8que. Dans le sous-groupe des portraits f\u00e9minins, nous pouvons les diviser en deux. Le premier sous-groupe correspond aux portraits conventionnels de jeunes femmes ladina, \u00e0 l'exception d'une image d'une femme mengala. Le second sous-groupe est constitu\u00e9 de portraits de groupe de Guadalupanas. Avant d'analyser chacun d'entre eux, explorons leurs caract\u00e9ristiques et leur fonction socio-historique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le portrait comme moyen d'expression individuelle et identitaire<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Des \u00e9tudes genr\u00e9es plus r\u00e9centes ont d\u00e9montr\u00e9 le r\u00f4le important de la photographie dans la consolidation des id\u00e9es modernes de la f\u00e9minit\u00e9 et ont montr\u00e9 la participation active des femmes dans la construction de leur image (Onfray, 2016). Cependant, il convient de s'interroger sur l'application des autorepr\u00e9sentations photographiques \u00e0 la r\u00e9affirmation d'une position de privil\u00e8ge. L'acte d'autorepr\u00e9sentation, en tant que pratique conditionn\u00e9e par des conventions esth\u00e9tiques et sociales, \u00e0 la fois collectives et individuelles, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un thermom\u00e8tre de la mani\u00e8re dont le politique englobe la sph\u00e8re du priv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Guatemala, les portraits de dirigeants politiques et militaires et de familles riches symbolisaient le pouvoir politique de l'\u00e9lite guat\u00e9malt\u00e8que conservatrice (Taracena, 2005 : 9). Cependant, ce n'est qu'avec les gouvernements lib\u00e9raux, en particulier celui de Manuel Estrada Cabrera \u00e0 partir de 1898, que l'image photographique a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans le cadre d'un discours visuel \u00e0 des fins politiques de pouvoir et de prestige, non seulement pour projeter une id\u00e9e du pays, mais aussi pour rehausser l'image personnelle des gouvernants. Il s'agissait d'un ph\u00e9nom\u00e8ne populaire en Am\u00e9rique latine, comme l'explique Jos\u00e9 Antonio Navarrete, o\u00f9 l'id\u00e9e de modernit\u00e9 impliquait d'imiter ce qui se faisait en Europe et de \"modeler\" les habitants en tant que citoyens.<\/p>\n\n\n\n<p>Le param\u00e8tre \u00e9tait l'id\u00e9e d'un homme bourgeois, urbain et lettr\u00e9, tel qu'il est d\u00e9crit dans la <em>Manuel de civilit\u00e9 et de bonnes mani\u00e8res <\/em>(1853) de Manuel Antonio Carre\u00f1o, qui a \u00e9t\u00e9 largement diffus\u00e9 pendant des d\u00e9cennies. Ce manuel \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 urbaine et catholique, compos\u00e9e de familles mononucl\u00e9aires r\u00e9gies par des valeurs chr\u00e9tiennes (Carre\u00f1o, 1853). Selon Navarrete, ce type de manuels \u00e9tablissait les qualit\u00e9s \u00e0 suivre par les individus membres d'une culture \"civilis\u00e9e\", mais ils exprimaient \u00e9galement la conscience de la soci\u00e9t\u00e9 du XIXe si\u00e8cle \"du corps comme spectacle, de son exposition autoris\u00e9e et r\u00e9gul\u00e9e par les lois de la sociabilit\u00e9\" (Navarrete, 2017 : 61-62). Ainsi, \u00e0 travers le portrait, les sujets \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s avec des conventions esth\u00e9tiques et sociales afin de r\u00e9affirmer leur position sociale. Quant au portrait f\u00e9minin, il s'agissait d'une ritualisation de la f\u00e9minit\u00e9 en accord avec les r\u00f4les de genre de l'\u00e9poque en mettant en avant les valeurs que les femmes devaient porter, telles que l'abn\u00e9gation, la compassion, la beaut\u00e9, la tendresse et la d\u00e9licatesse, entre autres (Rodr\u00edguez, 2012 : 245).<\/p>\n\n\n\n<p>De par la composition de l'image, les portraits peuvent \u00eatre confondus avec des photographies de type populaire, tr\u00e8s courantes \u00e0 l'\u00e9poque, des photographies enregistrant des m\u00e9tiers ou m\u00eame, dans certains cas, avec des photographies ethnographiques. Par ces derni\u00e8res, j'entends les photographies prises avec des pr\u00e9tentions scientifiques d'enregistrement des cultures ou \u00e0 des fins administratives et bureaucratiques. D'une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les quatre sous-genres mentionn\u00e9s sont des photographies d'individus, de couples ou de groupes, dont l'objectif est de capturer les sujets. Le choix du cadrage n'est pas anodin, il implique un r\u00e9seau de repr\u00e9sentations li\u00e9es au social, au politique et au culturel. Ce sont des fen\u00eatres qui nous permettent de jeter un coup d'\u0153il sur les relations de pouvoir travers\u00e9es par les cat\u00e9gorisations de genre, de classe et de race. Dans le cas des photographies de types ou de m\u00e9tiers populaires, l'objectif n'\u00e9tait pas de saisir l'individualit\u00e9 des sujets, mais de construire un r\u00e9seau de symboles nationaux qui conjuguerait le corps social en abstrayant les caract\u00e9ristiques g\u00e9n\u00e9rales. Ce processus, explique Jos\u00e9 Antonio Navarrete, a contribu\u00e9 \u00e0 romantiser les politiques d'exclusion, d'une part, et, d'autre part, \u00e0 nuancer les in\u00e9galit\u00e9s sociales et ethniques travers\u00e9es par une pens\u00e9e racialiste avec laquelle la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait hi\u00e9rarchis\u00e9e (Navarrete, 2017 : 49).<\/p>\n\n\n\n<p>Certains \u00e9l\u00e9ments li\u00e9s au langage de la technique photographique sont essentiels pour d\u00e9terminer la structure formelle des portraits. Les cadrages peuvent \u00eatre rapproch\u00e9s, en demi-longueur ou en longueur ; les sujets peuvent \u00eatre pos\u00e9s de face, de profil ou de trois-quarts de profil, et peuvent \u00eatre debout ou assis. Les autres caract\u00e9ristiques, telles que les poses, les gestes, les v\u00eatements et les \u00e9l\u00e9ments d\u00e9coratifs, d\u00e9pendent du contexte de production et des objectifs des sujets. C'est l'un des principaux points qui \u00e9tablissent les diff\u00e9rences entre les portraits, les types folkloriques, les photographies d'artisanat et les photographies ethnographiques. D'autres \u00e9l\u00e9ments de distinction sont les diff\u00e9rents usages et significations qui leur sont attribu\u00e9s au cours de leur circulation.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu'est-ce qui distingue les portraits des autres th\u00e8mes et formes de photographie de femmes ? Les chercheuses Solange Ferraz et Vania Carneiro les d\u00e9finissent comme un moyen utilis\u00e9 par les groupes sociaux \"pour se repr\u00e9senter eux-m\u00eames\" (Carneiro, 2005 : 271). En d'autres termes, la personne repr\u00e9sent\u00e9e est consciente qu'un enregistrement de son image sera effectu\u00e9. En revanche, les photographies de types cherchent pr\u00e9cis\u00e9ment l'inverse : d\u00e9pouiller les sujets de leur individualit\u00e9, les r\u00e9duire \u00e0 des repr\u00e9sentants d'une collectivit\u00e9 et mettre en \u00e9vidence des \u00e9l\u00e9ments particuliers qui distinguent une culture des autres. Malgr\u00e9 cela, int\u00e9gr\u00e9s dans une \u00e9conomie visuelle, les usages qui ont \u00e9t\u00e9 faits de ces portraits ont pu modifier le sens originel pour lequel ils avaient \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>En reprenant la proposition de Monique Scheer, qui aborde les \u00e9motions comme des pratiques corporelles, il est possible d'interpr\u00e9ter les portraits en r\u00e9cup\u00e9rant leur caract\u00e8re subjectif, dans lequel le corps est li\u00e9 \u00e0 des processus cognitifs et l'agent ext\u00e9riorise ses \u00e9motions par la pratique (Scheer, 2012 : 200). Le choix des v\u00eatements et des poses \u00e9taient des actions assum\u00e9es comme faisant partie du rituel de se photographier et de la f\u00e9minit\u00e9. Se rendre au studio photographique n'est pas un \u00e9v\u00e9nement quotidien et, \u00e0 ce titre, les v\u00eatements choisis correspondent \u00e0 ce qui est attendu d'une telle c\u00e9r\u00e9monie. La position du corps est d\u00e9termin\u00e9e par les aspects techniques de la photographie (vitesse des temps de pose, lumi\u00e8re, etc.), mais aussi par l'image \u00e0 projeter. Si l'on tient compte de cette question, il est possible d'identifier des mod\u00e8les et des diff\u00e9rences de classe, de race et de sexe.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L'ethnicit\u00e9 dans les portraits. La \"Jolie Indienne\" et les femmes guadeloup\u00e9ennes du Guatemala<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le ph\u00e9nom\u00e8ne du Guadalupanismo au Guatemala s'est r\u00e9pandu en raison de sa proximit\u00e9 g\u00e9ographique avec le Mexique. Cependant, comme l'explique l'historien Arturo Taracena, il n'a pas pris racine dans le pays d'Am\u00e9rique centrale dans le cadre d'un projet nationaliste, ni n'a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 une id\u00e9e de mestizaje, comme ce fut le cas au Mexique. Son d\u00e9veloppement a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par diff\u00e9rentes conjonctures politiques et sociales sur plusieurs si\u00e8cles (Taracena, 2008 : 14).<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les diff\u00e9rentes formes d'expression que Taracena a identifi\u00e9es dans l'\u00e9volution du guadeloup\u00e9isme au Guatemala, l'une des pratiques les plus anciennes consiste \u00e0 habiller les b\u00e9b\u00e9s en \"Juan Diegos\".<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> et \"Mar\u00edas\" depuis les premiers mois de la vie jusqu'\u00e0 l'\u00e2ge de sept ans, tous les 12 d\u00e9cembre. Selon l'auteur, cette pratique remonte \u00e0 214 ans et est apparue \u00e0 Antigua Guatemala, et depuis lors, il est devenu une tradition pour les classes moyennes de la capitale et d'Antigua de se rendre aux sanctuaires d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la Vierge de Guadalupe avec leurs enfants \"d\u00e9guis\u00e9s\" (Taracena, 2008 : 132). L'historien insiste sur le terme \"d\u00e9guisement\", car habiller les enfants des indig\u00e8nes n'impliquait pas d'assumer, temporairement ou symboliquement, une identit\u00e9 ethnique, mais plut\u00f4t que les costumes servaient \"d'artifice pour obtenir les faveurs mariales\" (Taracena, 2008 : 14).<\/p>\n\n\n\n<p>La presse guat\u00e9malt\u00e8que au tournant du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et pr\u00e9coce <span class=\"small-caps\">xx<\/span> a suivi la pratique consistant \u00e0 habiller les enfants en \"Juan Diegos\" et en \"Mar\u00edas\", qui \u00e9tait encourag\u00e9e parmi les jeunes femmes non indig\u00e8nes de la capitale. Les journaux de l'\u00e9poque invitaient les jeunes femmes \u00e0 publier leurs photographies dans leurs pages (Taracena, 2008 : 155). Dans le journal <em>L'impartial <\/em>en 1924, une invitation a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e au \"rezado\" du 12 d\u00e9cembre avec le privil\u00e8ge \"d'habiller nos filles et nos gar\u00e7ons - et m\u00eame les plus \u00e2g\u00e9s - en Indiens, qui apparaissent ainsi charmants\".<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les pri\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9es d'\u00e9clairages de rue, de feux d'artifice et du passage de jeunes gens d\u00e9guis\u00e9s. L'occasion \u00e9tait saisie pour c\u00e9l\u00e9brer la \"jolie Indienne\", comme on appelait les ladinas \"d\u00e9guis\u00e9es\" en Indiens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Jour de la Guadalupana [...] Jour des fausses nourrices et des Indiens blonds \u00e0 l'oxyg\u00e8ne. Pourquoi te d\u00e9guiser naturellement alors que ton sourire est \u00e9sot\u00e9riquement yankiyogi, th\u00e9osophique, et dit la sagesse, du sombre D\u00e9miurge et des acad\u00e9mies de philosophie et de piano des Etats-Unis. Tu danses le fox-trot des filles chiclet et non le son grondeur et d\u00e9li\u00e9 des hi\u00e9rodules de bronze qui, \u00e0 Atitl\u00e1n, enflammaient leur beaut\u00e9 dans les cabarets d'\u00e9toiles quand, ivres d'octle, elles attendaient la lumi\u00e8re de Tonal\u00ed, couch\u00e9es et endeuill\u00e9es dans l'ombre allong\u00e9e des idoles.<br>Et dans ce retour au pass\u00e9, \u00e0 la page r\u00e9gionale, tu te sens bien, dans le confort de ton g\u00fcipil, avec l'envie de t'accroupir devant une meule, de faire des tortillas de ma\u00efs en les claquant fort, dans la joie de ta r\u00e9surrection. Et dans ce battement d'aras feignant les costumes joyeux, je t'ai d\u00e9couvert, plein de chalchihuites n\u00e9phrites, aux bras puissants et nus, capables de faire s'entrelacer en eux la convoitise annel\u00e9e des chanes, dans un groupe de serpents sacr\u00e9s.<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La citation ci-dessus \u00e9voque un certain nombre de st\u00e9r\u00e9otypes sur les femmes indig\u00e8nes. Par exemple, l'expression \"fausses nourrices\" exprime le fait qu'il s'agissait d'un travail r\u00e9serv\u00e9 aux femmes indig\u00e8nes, et l'expression \"Indiennes blondes \u00e0 l'oxyg\u00e8ne\" renforce le caract\u00e8re d\u00e9guis\u00e9 de la robe, port\u00e9e par les femmes blanches. Lorsque l'auteur indique que la tradition de s'habiller en Indienne est un retour au pass\u00e9, qui en m\u00eame temps fait toujours partie de la vie quotidienne des femmes indig\u00e8nes, il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un retard, comme s'il s'agissait de cultures statiques dans le temps. En outre, la citation comporte \u00e9galement une charge sexuelle, dans des phrases telles que le confort du huipil, la position pour utiliser la meule, \"les bras puissants et nus\" lors de la pr\u00e9paration des tortillas, qui, selon l'auteur, sont capables d'enchev\u00eatrer \"le d\u00e9sir annel\u00e9 des chanes, dans un groupe de serpents sacr\u00e9s\".<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> Ce qui implique que ces \u00e9l\u00e9ments suscitent des passions.<\/p>\n\n\n\n<p>La figure de la Vierge Marie a jou\u00e9 un r\u00f4le central dans la consolidation de la culture catholique. Dans le cas du Mexique, elle a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans le d\u00e9veloppement de l'identit\u00e9 nationale, tandis qu'au Guatemala, sa ferveur a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9e de diff\u00e9rentes mani\u00e8res en fonction de la position dans la structure sociale. Dans tous les cas, la Vierge \u00e9tait le mod\u00e8le de femme promu par l'\u00c9glise catholique en tant que vierge, \u00e9pouse et m\u00e8re de J\u00e9sus. Sur la base de ces valeurs et de ces id\u00e9es, un contr\u00f4le du comportement et de la sexualit\u00e9 des femmes \u00e9tait justifi\u00e9, et celles qui ne correspondaient pas \u00e0 ce mod\u00e8le, aux yeux de l'\u00c9glise et de la soci\u00e9t\u00e9, n'entraient pas dans la cat\u00e9gorie des \"bonnes femmes\" (Ericastilla, 1997 : 36). Il n'est donc pas surprenant que le culte de Guadalupe ait \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 l'id\u00e9e de f\u00e9minit\u00e9 et se soit confondu avec les autorepr\u00e9sentations photographiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L'illustration suivante est un exemple des sc\u00e8nes publi\u00e9es dans la presse pour comm\u00e9morer cette date. Elle montre un groupe d'adolescentes dans leurs costumes respectifs, avec leurs paniers de fruits ou leurs cruches comme les femmes indig\u00e8nes les portaient. L'une d'entre elles, dans le coin inf\u00e9rieur droit, porte m\u00eame une poup\u00e9e comme un b\u00e9b\u00e9. Ces \u00e9l\u00e9ments font partie du st\u00e9r\u00e9otype de la femme indig\u00e8ne qui a \u00e9t\u00e9 nourri par la photographie et reproduit dans ce type de coutumes.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des m\u00eames d\u00e9cennies, dans le Mexique post-r\u00e9volutionnaire, l'id\u00e9e de mestizaje a \u00e9t\u00e9 ciment\u00e9e en tant que condition de la coh\u00e9sion nationale, ce qui a conduit \u00e0 une folklorisation des \u00e9l\u00e9ments identitaires des peuples indig\u00e8nes. Une pratique populaire parmi les citadines mexicaines consistait \u00e0 se faire photographier portant des costumes traditionnels de certaines r\u00e9gions du pays. Par exemple, le costume poblana chinois ou le costume tehuana. Poole interpr\u00e8te ce ph\u00e9nom\u00e8ne comme faisant partie d'un processus d'int\u00e9gration de \"las patrias chicas\", c'est-\u00e0-dire des diff\u00e9rentes identit\u00e9s r\u00e9gionales, pour les rendre nationales. En ce sens, la forme vestimentaire caract\u00e9ristique des groupes ethniques, convertie en \"costumes typiques\", est devenue une mode parmi les groupes urbains (Poole, 2004 : 68).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image001-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"444x592\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1. El Imparcial, Guatemala, 11 de diciembre de 1926\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image001-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 1 : El Imparcial, Guatemala, 11 d\u00e9cembre 1926.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Au Guatemala, il y a \u00e9galement eu un processus de folklorisation des peuples indig\u00e8nes, bien qu'avec ses propres particularit\u00e9s. L'un des aspects qui pourrait le distinguer des exemples mexicains est que les photographies des Guadalupanas n'ont pas \"perform\u00e9 l'indig\u00e9nat\", mais plut\u00f4t la d\u00e9votion Guadalupana, ce qui associe implicitement la folklorisation. Contrairement au cas mexicain, o\u00f9 le costume Tehuana ou China Poblana a \u00e9t\u00e9 appropri\u00e9 par d'autres groupes que les Zapot\u00e8ques, les portraits des Guadalupanas guat\u00e9malt\u00e8ques renvoient \u00e0 l'imaginaire de l'\"Indien\" ou plut\u00f4t du \"joli Indien\", en utilisant des costumes Cobanera ou ce qui se rapproche le plus du costume K'iche maya, qui, comme l'illustre Taracena, refl\u00e8te \u00e9galement la place de l'\"Indien\" dans l'imaginaire national guat\u00e9malt\u00e8que.<\/p>\n\n\n\n<p>Les coiffures marquent \u00e9galement une distanciation des mod\u00e8les par rapport \u00e0 une identit\u00e9 ethnique li\u00e9e aux peuples indig\u00e8nes du Guatemala. Dans les portraits r\u00e9alis\u00e9s en studio par le photographe Tom\u00e1s Zanotti (1900-1950), bas\u00e9 \u00e0 Quetzaltenango, de femmes K'iches, Kaqchikel, Mam et Poqoman, toutes ont les cheveux longs attach\u00e9s par une ou deux tresses.<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> Tandis que les jeunes femmes ladines adoptent le style \"bob\" en vogue dans les ann\u00e9es 1920 ou les cheveux longs, mais attach\u00e9s en chignon. Cette mode de la coiffure est attest\u00e9e dans les chroniques des <em>L'impartial<\/em> sur la comm\u00e9moration du 12 d\u00e9cembre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Les t\u00eates sont orn\u00e9es non pas de plumes et de fleurs exotiques, mais de l'imposant tun-tun ou du chojop enchev\u00eatr\u00e9. Pour les mettre aujourd'hui, il a fallu recourir \u00e0 de fausses tresses, car la tyrannie de la mode a depuis longtemps retir\u00e9 des t\u00eates f\u00e9minines les longs cheveux dont nos Indiens, les vrais, les authentiques, ceux dont les mains sont calleuses par la corv\u00e9e quotidienne de la mouture et qui connaissent la douleur de la vie dans le ranch, n'ont pas encore renonc\u00e9. Les mains aujourd'hui, au lieu de sacs de <em>toilettes<\/em> et des parapluies color\u00e9s portent des balais grossiers ou des corbeilles de fruits. La jolie Indienne passe, attirant tous les regards derri\u00e8re elle, sous les arcs de triomphe du quartier de Guadalupan. Aujourd'hui, elle porte cette robe en hommage et en coquetterie. L'hommage est pour la Vierge bien-aim\u00e9e qu'elle priera avec ferveur dans le sanctuaire et qui, un jour comme aujourd'hui, a port\u00e9 la robe indig\u00e8ne lors de l'apparition. La coquetterie est pour les \u00eatres humains, pour ceux qui doivent contempler dans les rues la belle Indienne qui porte la robe indig\u00e8ne, le v\u00e9ritable costume de lumi\u00e8re.<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Cela renforce l'id\u00e9e que l'intention de s'habiller en Indiens n'\u00e9tait pas d'assumer ou de s'approprier cette identit\u00e9, mais de participer \u00e0 la folklorisation qui entourait le Guadalupanismo, sans pour autant se d\u00e9faire de leur qualit\u00e9 sociale. La citation confirme le double sens du costume indig\u00e8ne : celui de l'hommage \u00e0 la Vierge et celui de la coquetterie, en tant que \"jolies Indiennes\".<\/p>\n\n\n\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter les diff\u00e9rents id\u00e9aux de beaut\u00e9 que chaque pays a cherch\u00e9 \u00e0 promouvoir, en fonction de son projet national. Au Mexique, en 1921, le concours de beaut\u00e9 \"La india bonita\" a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9, cens\u00e9 c\u00e9l\u00e9brer l'identit\u00e9 rurale et indig\u00e8ne pour tenter de rompre avec le discours du Porfiriato, qui d\u00e9nigrait le rural. Cependant, selon l'historienne Adriana Zavala, ce type d'\u00e9v\u00e9nement a en fait donn\u00e9 une continuit\u00e9 \u00e0 un discours public dans lequel la transition des femmes rurales ou indig\u00e8nes vers un environnement urbain \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9e. L'une des continuit\u00e9s entre l'id\u00e9al f\u00e9minin du Porfiriato et celui de la post-r\u00e9volution est \"la fascination de l'intellectuel masculin pour le trope de la femme rurale en tant que d\u00e9positaire de la puret\u00e9 culturelle et f\u00e9minine\" (Zavala, 2006 : 151).<\/p>\n\n\n\n<p>Au Guatemala, il est clair que les \"jolies Indiennes\" \u00e9taient les femmes ladino d\u00e9guis\u00e9es en Indiennes et non les vraies Indiennes. Je pense que le d\u00e9guisement indig\u00e8ne \u00e9tait utilis\u00e9 pour exprimer un flirt qui aurait \u00e9t\u00e9 normalement d\u00e9sapprouv\u00e9. \u00c9tant donn\u00e9 qu'il s'agissait de promouvoir la puret\u00e9 de la f\u00e9minit\u00e9, les femmes ladines devaient se comporter de mani\u00e8re pudique et veiller \u00e0 ne pas susciter de passions. Le fait de se d\u00e9guiser en femmes indig\u00e8nes pouvait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme l'exercice d'une pr\u00e9tendue coquetterie, voire d'une \u00e9rotisation, comme le montre la citation suivante <em>El Imparcial.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Portraits de femmes dans la presse \u00e9crite<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La chercheuse Elsa Mu\u00f1iz explique que les repr\u00e9sentations du f\u00e9minin et du masculin \u00e9taient li\u00e9es \u00e0 la compr\u00e9hension d'un ordre social structur\u00e9 par la construction et la mod\u00e9lisation du corps sexu\u00e9, travers\u00e9 par des notions culturelles qui le transformaient en genre, c'est-\u00e0-dire en corps encultur\u00e9 (Mu\u00f1iz, 2002 : 13). \u00c0 cet \u00e9gard, je soutiens que la culture visuelle a \u00e9t\u00e9 l'un des moyens par lesquels ces notions ont \u00e9t\u00e9 promues et enracin\u00e9es. En outre, les magazines et les livres illustr\u00e9s s\u00e9lectionnaient soigneusement les portraits qui refl\u00e9taient ces id\u00e9aux g\u00e9n\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le magazine <em>La locomotive <\/em>(1907-1908) est illustr\u00e9 par les compositions photographiques du photographe pro-gouvernemental Alberto G. Valdeavellano, qui consistait en des montages de vues de la ville orn\u00e9es de motifs <em>l'art nouveau.<\/em> Le contenu \u00e9tait \u00e9galement accompagn\u00e9 de portraits d'hommes politiques et d'officiers militaires, et une section \u00e9tait consacr\u00e9e aux \"beaut\u00e9s guat\u00e9malt\u00e8ques\" ou aux \"fleurs d'Am\u00e9rique centrale\". Le texte et les illustrations sont rarement li\u00e9s, et l'identit\u00e9 des jeunes femmes est rarement indiqu\u00e9e. Les studios photographiques de Valdeavellano \u00e9taient parmi les plus populaires, il est donc possible qu'il ait utilis\u00e9 le mat\u00e9riel de sa vaste collection pour cr\u00e9er des compositions telles que celle de l'image 2.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image003-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"590x477\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2. La Locomotora, 1 de febrero de 1907\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image003-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">La Locomotive, 1er f\u00e9vrier 1907.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Dans le num\u00e9ro de juin 1908, la couverture \u00e9tait illustr\u00e9e par Mlle Berta G\u00e1lvez P., qui posait pour son portrait dans un costume aristocratique europ\u00e9en, comme une expression performative des aspirations des \u00e9lites guat\u00e9malt\u00e8ques \u00e0 simuler la \"haute\" culture.<\/p>\n\n\n\n<p>L'inclusion de photos de femmes est rest\u00e9e constante pendant plusieurs d\u00e9cennies dans la presse. Au <em>L'impartial<\/em>Outre la couverture des Guadalupanas, des portraits de ladinas guat\u00e9malt\u00e8ques et parfois d'\u00e9trangers \u00e9taient publi\u00e9s quotidiennement. Dans le num\u00e9ro du 9 d\u00e9cembre 1924, la couverture \u00e9tait consacr\u00e9e au P\u00e9rou \u00e0 l'occasion de la comm\u00e9moration de la bataille d'Ayacucho.<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> Au milieu de la page se trouvait une biographie de Francisco Pizarro, consid\u00e9r\u00e9 comme le fondateur de la ville de Lima. La seconde moiti\u00e9 \u00e9tait occup\u00e9e par des \"beaut\u00e9s p\u00e9ruviennes\".<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le contenu et les illustrations n'ont aucun rapport avec la bataille d'Ayacucho, qui n'est pas mentionn\u00e9e. De plus, le portrait du principal conqu\u00e9rant du royaume du P\u00e9rou est donn\u00e9. Quant aux images en question, l'insertion de \"beaut\u00e9s p\u00e9ruviennes\" indique qu'il s'agissait d'une pratique r\u00e9pandue. De plus, il est frappant de constater que, comme au Guatemala, l'id\u00e9al de beaut\u00e9 p\u00e9ruvien est la femme blanche, dans un pays o\u00f9 la population indig\u00e8ne est tr\u00e8s importante.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image005-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"604x852\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 3. La Locomotora, Guatemala, 15 de junio de 1908\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image005-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image007-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"370x372\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 4. El Imparcial, Guatemala, 9 de diciembre de 1924\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image007-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 3 : La Locomotora, Guatemala, 15 juin 1908.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Image 4 : El Imparcial, Guatemala, 9 d\u00e9cembre 1924.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>De retour au Guatemala, je me pencherai plus en d\u00e9tail sur le cas du <em>Livre bleu<\/em> (1915) comme exemple illustratif d'une \u00e9conomie visuelle du portrait, con\u00e7ue pour l'observateur \u00e9tranger. J'utilise le terme \"observateur\" au masculin car c'est pr\u00e9cis\u00e9ment le regard masculinis\u00e9 vers lequel la production de ces \u0153uvres \u00e9tait orient\u00e9e. Les <em>Livre bleu<\/em> \u00e9tait un ouvrage destin\u00e9 \u00e0 promouvoir les investissements \u00e9trangers au Guatemala, et une s\u00e9lection minutieuse a donc \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e quant \u00e0 ce qui devait \u00eatre projet\u00e9 sur le pays. Son objectif \u00e9tait \"d'offrir au capitaliste et au touriste \u00e9trangers, ainsi qu'au fils du Guatemala, une exposition authentique de l'\u00e9tat de progr\u00e8s atteint par ce beau et sympathique pays\".<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les portraits de femmes ont \u00e9t\u00e9 inclus dans le livre pour trois raisons. Premi\u00e8rement, pr\u00e9senter quelques femmes professionnelles. Deuxi\u00e8mement, montrer des femmes de la classe dirigeante posant en portrait avec leur famille. Enfin, pour pr\u00e9senter les \"beaut\u00e9s du Guatemala\". Cette derni\u00e8re \u00e9tait une section du livre dans laquelle les portraits de jeunes femmes des principales villes du pays \u00e9taient dispos\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 mettre en valeur leur beaut\u00e9. Pour ce faire, le format populaire des compositions a de nouveau \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9, une s\u00e9rie de photogravures \u00e9tant r\u00e9parties sur une seule page au design attrayant. Les femmes indig\u00e8nes sont \u00e9galement pr\u00e9sentes dans ce livre, mais dans d'autres sections de l'ouvrage, auxquelles je ferai r\u00e9f\u00e9rence dans les sections suivantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la section \"Intellectualit\u00e9 au Guatemala\", un aper\u00e7u de l'histoire de la litt\u00e9rature est donn\u00e9. Il mentionne les principaux \u00e9crivains et quelques \u0153uvres d'int\u00e9r\u00eat historique dans chacune des \u00e9tapes consid\u00e9r\u00e9es comme importantes jusqu'alors, depuis la conqu\u00eate, la p\u00e9riode monarchique et le XXe si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>. Ils affirment qu'avant 1871, l'horizon de la connaissance s'est ouvert aux femmes, car avant cette date, leur vie \u00e9tait r\u00e9gie par un syst\u00e8me colonial : \"c'est-\u00e0-dire qu'elles \u00e9taient consacr\u00e9es exclusivement aux travaux de la maison, qu'elles ne se consacraient qu'\u00e0 une partie de ces travaux, qu'\u00e0 la pri\u00e8re, et qu'il y en avait peu, on peut dire que seules celles des familles principales, qui savaient lire et \u00e9crire\".<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a> Parmi les intellectuels cit\u00e9s figurent la po\u00e9tesse Josefa Garc\u00eda Granados, l'historienne et prosatrice Natalia Gorriz, les s\u0153urs Jes\u00fas et Vicenta Laparra de la Cerda, fondatrices des journaux <em>La voix des femmes <\/em>(1885) y <em>L'id\u00e9al <\/em>(1887-1888).<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Pour illustrer l'intelligentsia guat\u00e9malt\u00e8que, un montage de 46 portraits ovales en gros plan de jeunes femmes a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 sous le titre \"Combinaison de la beaut\u00e9 et de l'intellectualit\u00e9 guat\u00e9malt\u00e8ques\".<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, le <em>collage<\/em> Les portraits ne sont pas li\u00e9s au contenu des pages et aucune femme n'est identifi\u00e9e. Les prises de vue sont en gros plan, de profil et de forme ovale pour mettre en valeur les jeunes femmes aux ornements color\u00e9s, tels que colliers, grands chapeaux ou coiffes fleuries, et aux coiffures volumineuses. La plupart d'entre elles ont un visage aigu, avec des traits fins et un teint tr\u00e8s clair.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image009-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1560x1116\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 5. Libro azul de Guatemala, 1915\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image009-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 5 : Livre bleu du Guatemala, 1915.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Mlle Helena Valladares de la Vega, originaire de Guatemala City, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite comme suit : \"Sa silhouette sculpturale nous transporte \u00e0 l'\u00e9poque galante des Louises de France, lorsque Watteau peignait ses divines berg\u00e8res, que les blonds vicomtes se disputaient leurs amours et que les abb\u00e9s courtisans \u00e9grenaient des madrigaux aux pieds des Marquises\". Avec la citation ci-dessus, il est clair que le param\u00e8tre de mesure de la beaut\u00e9 f\u00e9minine recherch\u00e9 dans le concours \u00e9tait les caract\u00e9ristiques qui se r\u00e9f\u00e9raient \u00e0 une esth\u00e9tique francis\u00e9e.<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Une autre ressource pour montrer plus de portraits de jeunes femmes a \u00e9t\u00e9 de consacrer une page \u00e0 la pr\u00e9sentation des \"beaut\u00e9s\" de la capitale, d'Antigua, de Quetzaltenango et de Cob\u00e1n. Chaque jeune femme repr\u00e9sent\u00e9e est pr\u00e9sent\u00e9e avec son nom et son pr\u00e9nom. La plupart d'entre elles sont des filles de m\u00e9decins, d'\u00e9crivains ou d'hommes d'affaires, et l'accent est mis sur le fait qu'il s'agit de jeunes femmes. La composition cherche \u00e0 perp\u00e9tuer une ressemblance avec les sculptures en buste qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un style classique ou n\u00e9oclassique.<\/p>\n\n\n\n<p>D'apr\u00e8s ce qui a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent, la beaut\u00e9 f\u00e9minine guat\u00e9malt\u00e8que promue \u00e9tait totalement d\u00e9color\u00e9e, non seulement au sens litt\u00e9ral de la couleur de la peau des femmes, mais aussi dans la mani\u00e8re dont elles \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9es. Dans les portraits diffus\u00e9s dans le <em>Livre bleu<\/em> une esth\u00e9tique bourgeoise a \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9e au maximum (voir image 6). En ce sens, la repr\u00e9sentation id\u00e9alis\u00e9e des femmes guat\u00e9malt\u00e8ques impliquait la d\u00e9marcation des indig\u00e8nes. Dans la mesure o\u00f9 aucun type national guat\u00e9malt\u00e8que d'ethnicit\u00e9 indig\u00e8ne n'a \u00e9t\u00e9 promu ou consolid\u00e9, les efforts ont plut\u00f4t port\u00e9 sur sa dissimulation.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image011-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"716x924\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 6. Libro azul de Guatemala, 1915\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image011-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 6 : Livre bleu du Guatemala, 1915.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Portraits des mengalas<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La proposition m\u00e9thodologique que je pr\u00e9sente ici comprend non seulement l'analyse des personnes surrepr\u00e9sent\u00e9es, mais met \u00e9galement en \u00e9vidence les absences, les lacunes et les personnes sous-expos\u00e9es. Bien que les femmes indig\u00e8nes ne r\u00e9pondent pas aux crit\u00e8res de beaut\u00e9 des discours visuels, il convient de s'interroger sur l'absence d'autres identit\u00e9s subalternes telles que les mengalas dans la presse \u00e9crite.<\/p>\n\n\n\n<p>Le costume du mengala se compose d'une longue et large jupe qui descend jusqu'aux chevilles, nou\u00e9e \u00e0 la taille par deux rubans dont la couleur varie en fonction de l'\u00e2ge. La blouse, g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 manches longues et bouffante jusqu'au coude ou au poignet, est orn\u00e9e de dentelle. Sous la jupe, elles portaient des fouets amidonn\u00e9s ou des naguas pour donner du volume \u00e0 la jupe. Les autres accessoires comprenaient un tablier pour la partie avant de la jupe, un serre-couverture pour le buste, une jambi\u00e8re allant de la taille aux chevilles, des bas de fil et de soie, des ch\u00e2les et des \u00e9charpes pour le froid. Traditionnellement, elles portaient des bottes noires \u00e0 crampons, mais beaucoup d'entre elles \u00e9taient pieds nus. Leurs cheveux \u00e9taient dispos\u00e9s en deux tresses entrelac\u00e9es de rubans color\u00e9s. Pour les bijoux, elles portaient de grandes boucles d'oreilles et des colliers, de pr\u00e9f\u00e9rence en or ou en argent (Escobar, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette mode remonterait \u00e0 la p\u00e9riode monarchique, car c'est ainsi que l'on identifiait les m\u00e9tis. Cependant, son utilisation s'est prolong\u00e9e jusqu'aux alentours de 1890 et a gagn\u00e9 en popularit\u00e9 sous le r\u00e9gime de Manuel Estrada Cabrera. Au fil du temps, le terme a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9signer les femmes qui avaient un style vestimentaire influenc\u00e9 par l'Espagne et, au XVIIIe si\u00e8cle, il \u00e9tait utilis\u00e9 pour d\u00e9signer les femmes m\u00e9tisses. <span class=\"small-caps\">xx<\/span> \u00e9tait utilis\u00e9 pour d\u00e9signer les femmes d'origine m\u00e9tisse qui portaient ce v\u00eatement comme costume r\u00e9gional. L'anthropologue Judith Samayoa raconte que les mengalas \u00e9taient des femmes ind\u00e9pendantes qui, gr\u00e2ce \u00e0 leur production de sucreries, ont atteint une certaine stabilit\u00e9 \u00e9conomique d\u00e9riv\u00e9e du tourisme qui venait \u00e0 Amatitl\u00e1n. Nombre d'entre elles ont \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9es comme cuisini\u00e8res dans les maisons de loisirs situ\u00e9es sur les rives du lac du m\u00eame nom (Chaj\u00f3n, 2007 : 3).<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de mes recherches dans les sources imprim\u00e9es, je n'ai trouv\u00e9 qu'une seule repr\u00e9sentation des mengalas. Dans le livre <em>Le\u00e7ons de g\u00e9ographie de l'Am\u00e9rique centrale<\/em> Quelques gravures de types indiens du Guatemala ont \u00e9t\u00e9 incluses. Les illustrations sont identifi\u00e9es en fonction de leur lieu d'origine. Par exemple, \"Indiens de Santa Mar\u00eda de Jes\u00fas\", \"India de la Antigua\", \"Ind\u00edgena de Mixco\", etc. La fa\u00e7on dont la mengala de l'image 7 est qualifi\u00e9e de \"femme du peuple\" est significative, car sa d\u00e9finition est ambigu\u00eb. Le terme en tant que tel ne fait pas directement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une appartenance ethnique, mais son utilisation attribue un statut de classe. Tout d'abord, le terme indig\u00e8ne ou indien est supprim\u00e9, ce qui indique que les mengalas ont transcend\u00e9 cette cat\u00e9gorie. Avec le mot \"pueblo\", cela signifie qu'ils appartenaient encore aux majorit\u00e9s populaires. Quant \u00e0 l'illustration, la gravure montre le visage de la jeune femme, v\u00eatue du costume traditionnel mengala, aux longs cheveux cr\u00e9pus, appuy\u00e9e sur un bureau avec un vase, ce qui n'est pas sans rappeler les portraits de studio.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mengalas rappellent les cholas boliviens d\u00e9crits par Deborah Poole dans <em>Vision, race et modernit\u00e9 <\/em>(1997)<em>,<\/em> dans son analyse de l'album offert \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de G\u00e9ographie de Paris le 27 juin 1885 par le Dr L. C. Thibon, consul de Bolivie \u00e0 Bruxelles. L'album contient des vues du pays, des portraits des classes sup\u00e9rieures et des hommes politiques, ainsi que des cartes de visite avec des types sud-am\u00e9ricains tels que des gauchos et des types nationaux boliviens. Parmi ces derniers, 32 cartes de cholas, presque tous dans la m\u00eame pose tr\u00e8s similaire \u00e0 l'image 7.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                                            <\/div>    \n                <\/div>\n                                    <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les cholas \u00e9taient le nom donn\u00e9 aux femmes d'origine indig\u00e8ne qui adoptaient un style vestimentaire espagnol ou urbain. Elles pouvaient \u00e9galement \u00eatre m\u00e9tisses ou non (Poole, 1997 : 126). Comme les tapadas p\u00e9ruviennes, les cholas boliviennes avaient une identit\u00e9 fluide, car elles ne pouvaient pas \u00eatre catalogu\u00e9es dans une cat\u00e9gorie raciale et ne pratiquaient pas non plus un seul m\u00e9tier, transcendant les d\u00e9finitions de blanc, de m\u00e9tis et d'indien. M\u00eame les v\u00eatements et les bijoux pouvaient repr\u00e9senter la richesse, transgressant ainsi les classes sociales. En tant que tels, ils n'\u00e9taient pas li\u00e9s aux r\u00e8gles de la classe bourgeoise, ni \u00e0 une culture andine traditionnelle. Poole consid\u00e8re ainsi que leur corps et leur image s'inscrivent de mani\u00e8re unique dans les fantasmes europ\u00e9ens de pouvoir et de possession (Poole, 1997 : 126).<\/p>\n\n\n\n<p>On peut \u00e9tablir des parall\u00e8les entre les cholas de Bolivie et les mengalas du Guatemala, en tant que femmes \u00e9conomiquement autonomes et racialement ambigu\u00ebs. Les femmes comme les mengalas, des marchandes qui occupaient l'espace public, contredisaient l'id\u00e9e de la femme d\u00e9licate et moralement responsable v\u00e9hicul\u00e9e par la presse \u00e9crite. D'autre part, en ne correspondant pas aux st\u00e9r\u00e9otypes des femmes indig\u00e8nes, les mengalas repr\u00e9sentaient pour les \u00e9lites intellectuelles une contradiction avec leur vision polaris\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9. Il est possible que, compte tenu de cette ambigu\u00eft\u00e9 identitaire, la circulation de leurs repr\u00e9sentations dans la presse \u00e9crite ait \u00e9t\u00e9 limit\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre cas repr\u00e9sentatif de la circulation d'images photographiques dans des \u0153uvres imprim\u00e9es est celui du photographe et imprimeur Jos\u00e9 Domingo Laso, de Quito, en \u00c9quateur. Le photographe a r\u00e9alis\u00e9 des portraits de familles blanches, ainsi que des cartes postales repr\u00e9sentant des sc\u00e8nes de genre et des types populaires. Dans les vues urbaines, le photographe a litt\u00e9ralement effac\u00e9 ou \"habill\u00e9\" en femmes les indig\u00e8nes qui apparaissaient incidemment sur ses clich\u00e9s, avec des robes volumineuses \u00e0 la fran\u00e7aise. Pour Fran\u00e7ois Xavier Laso, cette pratique de dissimulation participe de la construction de la nation \u00e9quatorienne et de la photographie hygi\u00e9nique et moderne, id\u00e9ologie partag\u00e9e par le photographe (Laso, 2015 : 114).<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l'explique Poole, la photographie de portrait des classes populaires, des paysans et des indig\u00e8nes montre que, loin d'\u00eatre catalogu\u00e9s par les processus de racialisation et les typologies, les utilisateurs y ont r\u00e9sist\u00e9 et se les sont appropri\u00e9s. De m\u00eame, les familles indig\u00e8nes de Quetzaltenango ont utilis\u00e9 la photographie pour justifier leur r\u00f4le dans le mod\u00e8le de la nation, tout en revendiquant leur identit\u00e9 et en se donnant le droit de s'autorepr\u00e9senter (Grandin, 2004 : 143). Cependant, la presse \u00e9crite des \u00e9lites urbaines guat\u00e9malt\u00e8ques contr\u00f4lait le flux des portraits qui m\u00e9ritaient d'\u00eatre expos\u00e9s \u00e0 un public plus large afin de projeter une id\u00e9e de la nation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans un pays multiethnique comme le Guatemala, l'absence des femmes indig\u00e8nes dans les pages de la presse et des publications est flagrante. S'il est vrai que des images de \"types indiens\" ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es, elles \u00e9taient soit de nature folklorique, soit destin\u00e9es \u00e0 les montrer comme une main-d'\u0153uvre potentielle. La s\u00e9lection des portraits, en revanche, visait \u00e0 pr\u00e9senter un id\u00e9al de beaut\u00e9 guat\u00e9malt\u00e8que, essentiellement ladinis\u00e9 et visuellement blanchi, de mani\u00e8re \u00e0 attirer l'\u0153il masculin, principalement occidental. Cette tendance ne se limite pas au seul Guatemala, comme le montre l'exemple des \"beaut\u00e9s p\u00e9ruviennes\". Cependant, elle marque une distance importante avec le cas du Mexique en ce qui concerne le sens donn\u00e9 aux \"Indias Bonitas\". Les \"Indias Bonitas\" mexicaines \u00e9taient ces jeunes femmes indig\u00e8nes attir\u00e9es par les hommes mexicains et qui constituaient la gen\u00e8se du mestizaje. Au Guatemala, en revanche, les \"Indias Bonitas\" sont des jeunes femmes ladines d\u00e9guis\u00e9es en femmes indig\u00e8nes, qui ne pr\u00e9tendent pas assumer une identit\u00e9 indig\u00e8ne ni leur rendre hommage en tant que symboles nationaux, mais seulement dans le cadre de la c\u00e9l\u00e9bration mariale.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut donc dire qu'il y a eu une tendance \u00e0 rendre les femmes indig\u00e8nes invisibles en tant que partie de l'identit\u00e9 nationale, du moins dans les r\u00e9cits visuels de la presse et de l'industrie de l'imprimerie, afin de montrer un Guatemala en voie de ladinisation. L'absence d'autres identit\u00e9s fluides telles que les Mengalas, qui rompent avec le bin\u00f4me indien-ladino du mod\u00e8le lib\u00e9ral et qui, en outre, montrent l'\u00e9chec du projet de ladinisation, r\u00e9pond \u00e0 la m\u00eame logique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Aguayo, Fernando y Julieta Mart\u00ednez (2012). \u201cLineamientos para la descripci\u00f3n de fotograf\u00edas\u201d, en Fernando Aguayo y Lourdes Roca (coords.). <em>Investigaci\u00f3n con im\u00e1genes. Usos y retos metodol\u00f3gicos<\/em>. Ciudad de M\u00e9xico: Instituto de Investigaciones Dr. Jos\u00e9 Mar\u00eda Luis Mora,pp. 191-228.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Burke, Peter (2005). <em>Visto y no visto. 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A Visual Economy of the Andean Image World. <\/em>Princeton: Princeton University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (1999). \u201cRaza y retrato hacia una antropolog\u00eda de la fotograf\u00eda\u201d, <em>Cuicuilco<\/em>, vol. 6, n\u00fam. 16, mayo-agosto.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2004). \u201cAn Image of our Indian\u201d: Type Photographs and Racial Sentiments in Oaxaca. 1920-1940\u201d, <em>Hispanic American Historical Review<\/em>, vol. 84, n\u00fam. 1, pp. 37-82.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Reina, Rub\u00e9n (1959). \u201cContinuidad de la cultura ind\u00edgena en una comunidad guatemalteca\u201d, en Jorge Luis Arriola (ed.). <em>Cuadernos del Seminario de Integraci\u00f3n Social Guatemalteca,<\/em> n\u00fam. 4.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rodr\u00edguez Morales, Zeyda (2012) \u201cLa imagen de las mujeres en postales de la primera mitad del siglo <span class=\"small-caps\">xx<\/span> en M\u00e9xico y su relaci\u00f3n con la identidad y la afectividad\u201d, en Sara Corona Berkin (coord.). <em>Pura imagen. M\u00e9todos de an\u00e1lisis visual.<\/em> Ciudad de M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">conaculta<\/span>, pp. 225-264.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Schaeffer, Jean-Marie (2004). \u201cLa fotograf\u00eda entre visi\u00f3n e imagen\u201d, en Val\u00e9rie Picaud\u00e9 y Philippe Arba\u00efzar (eds.). <em>La confusi\u00f3n en los g\u00e9neros en fotograf\u00eda<\/em>. Barcelona: Gustavo Gili.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Scheer, Monique (2012). \u201cAre Emotions a Kind of Practice (And is That What Makes Them Have a History)? A Bourdieuian Approach to Understanding Emotion\u201d, <em>History and Theory<\/em>, 51. Wesleyan University, mayo, pp. 193-220.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Taracena Arriola, Arturo (2002). \u201cGuatemala: del mestizaje a la ladinizaci\u00f3n. 1524-1964\u201d. Austin: Texas Scholars Works, Universidad de Texas, pp. 1-24.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2005). \u201cLa fotograf\u00eda en Guatemala como documento social: de sus or\u00edgenes a la d\u00e9cada de 1920\u201d, en <em>Im\u00e1genes de Guatemala. 57 fot\u00f3grafos de la Fototeca de <span class=\"small-caps\">cirma <\/span>y la comunidad fotogr\u00e1fica guatemalteca<\/em>. Antigua Guatemala: <span class=\"small-caps\">cirma<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2008). <em>Guadalupanismo en Guatemala. Culto mariano y subalternidad \u00e9tnica<\/em>. M\u00e9rida: <span class=\"small-caps\">unam<\/span>\/<span class=\"small-caps\">cephics<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Valdez Mar\u00edn, Juan Carlos (2014). <em>Conservaci\u00f3n de fotograf\u00eda hist\u00f3rica y contempor\u00e1nea. Fundamentos y procedimientos<\/em>. Ciudad de M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">inah<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Zavala, Adriana (2006). \u201cDe santa a india bonita. G\u00e9nero, raza y modernidad en la ciudad de M\u00e9xico, 1921\u201d, en Mar\u00eda Teresa Fern\u00e1ndez Aceves, Carmen Ramos Escand\u00f3n, Susie Porter (coords.). <em>Orden social e identidad de g\u00e9nero. M\u00e9xico, siglos <span class=\"small-caps\">xix<\/span><\/em> <em>et <span class=\"small-caps\">xx<\/span>.<\/em> Ciudad de M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>\/<span class=\"small-caps\">udg<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><span class=\"small-caps\">Fuentes y Archivos<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><em>La Locomotora. Revista de Pol\u00edtica, Ciencias, Literatura, Bellas Artes <\/em>(1907). Hemeroteca Nacional de Guatemala.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><em>El Libro azul de Guatemala <\/em>(1915)<em>. <\/em>Latin American Publicity Bureau Inc. Academia de Geograf\u00eda e Historia de Guatemala.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><em>El Imparcial. Diario Independiente <\/em>(1924). Hemeroteca Nacional de Guatemala.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><em>El Imparcial. Diario Independiente <\/em>(1926). Hemeroteca Nacional de Guatemala.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><em>Lecciones de geograf\u00eda de Centro Am\u00e9rica, <\/em>por F. L., Librer\u00eda y Papeler\u00eda de Antonio Partegas, s\/f. Academia de Geograf\u00eda e Historia de Guatemala.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Paulina Pezzat S\u00e1nchez<\/em> est titulaire d'un dipl\u00f4me d'histoire de l'universit\u00e9 nationale autonome du Mexique. Elle a obtenu une ma\u00eetrise et un doctorat en histoire \u00e0 <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span> Elle a d\u00e9velopp\u00e9 des \u00e9tudes sur l'image \u00e0 Oaxaca et au Guatemala avec une approche intersectionnelle. Elle a mis l'accent sur la revalorisation des images photographiques en tant que sources d'histoire et de dialogues historiographiques en Am\u00e9rique latine.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"notas\" id=\"notas-fixed\">\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote1\">1 Cet article est issu des recherches qu'il a men\u00e9es dans le cadre de sa th\u00e8se de doctorat.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote2\">2 La compilation des portraits du XIXe si\u00e8cle de la collection photographique du Museu Paulista de l'Universit\u00e9 de Sao Paulo en un montage de 1 338 portraits montre la standardisation des poses et l'importance de l'image de l'homme. <em>accessoires<\/em> qui a marqu\u00e9 une \u00e9poque. https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=PVoEraMRxSk&amp;list=PL8qIqFShO_gvs3n_lM5CY_yQriKSPNpAU&amp;index=1 Dernier acc\u00e8s le 07 ao\u00fbt 2021.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote3\">3 Voir \"Portraits du beau sexe. Une approche intersectionnelle des portraits de studio f\u00e9minins au Guatemala, 1900-1950\". Cet article analyse plus en profondeur la production de portraits de studio \u00e0 partir des collections des studios de Tom\u00e1s Zanotti et de Jos\u00e9 Domingo Noriega conserv\u00e9es \u00e0 la Fototeca Guatemala au Guatemala. <span class=\"small-caps\">cirma<\/span>.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote4\">4 Identifi\u00e9 comme l'indig\u00e8ne qui a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de l'apparition de la Vierge de Guadalupe sur la colline de Tepeyac, aujourd'hui Mexico.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote5\">5 <span class=\"small-caps\">hng<\/span>, <em>El Imparcial. Diario Independiente<\/em>La fiesta guadalupana es celebrada en esta capital con intenso entusiasmo\", Guatemala, Am\u00e9rica Central, vendredi 12 d\u00e9cembre 1924, num\u00e9ro 1753, p. 7.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote6\">6 <span class=\"small-caps\">hng<\/span>, <em>El Imparcial. Diario Independiente<\/em>Ram\u00f3n Acu\u00f1a Dur\u00e1n, \"Postal a la india bonita\", Guatemala, Am\u00e9rica Central, vendredi 12 d\u00e9cembre 1924, num\u00e9ro 1753, p. 7.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote7\">7 Les Chanes \u00e9taient un peuple maya de la p\u00e9ninsule du Yucatan.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote8\">8 Ces portraits peuvent \u00eatre consult\u00e9s dans les archives num\u00e9riques de la Fototeca Guatemala de <span class=\"small-caps\">cirma<\/span> en suivant le lien : <a href=\"http:\/\/cirma.org.gt\/glifos\/index.php\/ISADG:GT-CIRMA-FG-061-P33\" target=\"_blank\">http:\/\/cirma.org.gt\/glifos\/index.php\/ISADG:GT-CIRMA-FG-061-P33<\/a><\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote9\">9 <span class=\"small-caps\">hng<\/span>, <em>L'impartial<\/em>. \"Fiesta tradicional de ma\u00f1ana. Cuadritos guadalupanos. La india bonita\", Guatemala, C.A., samedi 11 d\u00e9cembre 1926, num\u00e9ro 2250, p. 8.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote10\">10 Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme le dernier engagement des campagnes terrestres des guerres d'ind\u00e9pendance hispano-am\u00e9ricaines et a marqu\u00e9 la fin de la domination vice-royale en Am\u00e9rique du Sud.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote11\">11 <span class=\"small-caps\">agha<\/span>Livre bleu du Guatemala, 1915, p. 15.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote12\">12 <span class=\"small-caps\">agha<\/span>, <em>Livre bleu du Guatemala<\/em>, 1915, p. 101.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote13\">13 <span class=\"small-caps\">agha<\/span>, <em>Livre bleu du Guatemala<\/em>, 1915, p. 103.<\/div>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote14\">14 <span class=\"small-caps\">agha<\/span>, <em>Livre bleu du Guatemala<\/em>, 1915, p. 146.<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle, l'image photographique a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e au monde de l'impression et de nouveaux march\u00e9s se sont ouverts pour commercialiser des \u0153uvres imprim\u00e9es ainsi que des images. Le choix des images \u00e0 publier et de leur signification \u00e9tait une d\u00e9cision m\u00e9diatis\u00e9e par les conventions sociales de l'\u00e9poque, les notions de race et de genre, les aspirations de classe des \u00e9lites intellectuelles et un projet d'identit\u00e9 nationale. Cet article propose d'analyser l'\u00e9conomie visuelle du portrait f\u00e9minin au Guatemala publi\u00e9 dans des magazines illustr\u00e9s entre 1900 et 1920. L'objectif est d'analyser les discours visuels sur les femmes guat\u00e9malt\u00e8ques et de pr\u00e9senter une proposition m\u00e9thodologique pour l'analyse des images photographiques.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":39763,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[279],"tags":[1414,291,1413,1412],"coauthors":[551],"class_list":["post-39766","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-279","tag-economia-visual","tag-fotografia","tag-medios-impresos","tag-retrato-femenino","personas-pezzat-sanchez-paulina","numeros-1405"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Usos y significados del retrato femenino en la prensa guatemalteca, 1890-1924. 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