{"id":39412,"date":"2025-03-21T13:00:00","date_gmt":"2025-03-21T19:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=39412"},"modified":"2025-03-25T07:04:38","modified_gmt":"2025-03-25T13:04:38","slug":"barber-trabajo-artesanal-chiapas-representacion-audiovisual","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/barber-trabajo-artesanal-chiapas-representacion-audiovisual\/","title":{"rendered":"L'artisanat : un m\u00e9tier parmi d'autres. Une vid\u00e9o ethnographique sur les rythmes de travail d'une brodeuse Tseltal."},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les images et les descriptions de la production artisanale textile au Mexique, cr\u00e9\u00e9es en grande partie \u00e0 des fins commerciales ou pour documenter des projets ayant un impact social, mettent souvent l'accent sur le caract\u00e8re ancestral de l'artisanat ou sur son utilit\u00e9 pour cultiver l'autonomisation des femmes artisanes sur la voie d'un avenir meilleur. Cependant, ces deux approches ignorent les fa\u00e7ons concr\u00e8tes dont les femmes travaillent dans leur vie quotidienne. Ce court m\u00e9trage, qui retrace une journ\u00e9e dans la vie d'Antonia, une brodeuse Tseltal de la municipalit\u00e9 de Tenejapa, dans les hauts plateaux du Chiapas, cherche \u00e0 dresser un portrait plus pr\u00e9cis de la place de la production artisanale dans la vie quotidienne des femmes artisanes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/chiapas\/\" rel=\"tag\">Chiapas<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/representacion-audiovisual\/\" rel=\"tag\">repr\u00e9sentation audiovisuelle<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/trabajo-artesanal\/\" rel=\"tag\">artisanat<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">l'artisanat comme un travail comme un autre : une etude ethnographique sur les differents rythmes de travail d'une brodeuse tseltale <\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-text abstract\">Les vid\u00e9os, photographies et descriptions de la production textile artisanale au Mexique, souvent r\u00e9alis\u00e9es pour promouvoir les produits ou documenter des projets \u00e0 impact social, ont tendance \u00e0 mettre l'accent sur l'artisanat en tant que pratique s\u00e9culaire ou en tant que moyen d'autonomiser les femmes artisanes sur la voie d'un avenir meilleur. Toutefois, ces deux approches ne tiennent pas compte de la forme que prend ce travail dans la vie quotidienne de ces femmes. Ce court m\u00e9trage d\u00e9peint une journ\u00e9e dans la vie d'Antonia, une brodeuse Tseltal de la ville de Tenejapa, sur les hauts plateaux du Chiapas. Il cherche \u00e0 donner une repr\u00e9sentation plus fid\u00e8le de la place qu'occupe l'artisanat dans la vie quotidienne des femmes artisanes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-text abstract\">Mots-cl\u00e9s : travail artisanal, Chiapas, repr\u00e9sentation audiovisuelle.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"\u00catre artisan : un m\u00e9tier parmi d&#039;autres | Rachel Barber\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/uB48MhPFkSI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">J'ai rencontr\u00e9 Antonia, la brodeuse de ce court m\u00e9trage, lorsque je me suis rendue chez elle \u00e0 Tzajalchen, Tenejapa, pour photographier son groupe et les v\u00eatements qu'elles vendaient \u00e0 Jolob Jlumaltik, une coop\u00e9rative qu'elles avaient form\u00e9e avec cinq autres groupes d'artisanes en association avec le Colectivo Feminista Mercedes Olivera y Bustamante, <span class=\"small-caps\">A.C<\/span>. (<span class=\"small-caps\">cofemo<\/span>). Dans le cadre de ma recherche doctorale sur les nouvelles relations commerciales et les modes d'organisation du travail artisanal dans la r\u00e9gion de Los Altos de Chiapas, je me suis int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la cr\u00e9ation d'une coop\u00e9rative entre diff\u00e9rents groupes et villages. En \u00e9change de ma participation aux r\u00e9unions de la coop\u00e9rative, j'ai pris des photos des artisanes v\u00eatues des textiles qu'elles fabriquaient, afin de promouvoir leurs produits dans les r\u00e9seaux. Nous avons rendu visite aux artisans chez eux et nous sommes all\u00e9s dans des endroits pittoresques des environs - plantations de caf\u00e9, rivi\u00e8res, for\u00eats et ranchs - pour prendre les photos.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces photos, l'objectif \u00e9tait de pr\u00e9senter les v\u00eatements textiles et les artisanes sous leur meilleur jour ; de montrer les couleurs et les motifs des v\u00eatements, de rendre les artisanes belles ou d'une certaine mani\u00e8re attrayantes en tant que mod\u00e8les, et de faire en sorte que le paysage contribue \u00e0 un effet esth\u00e9tique qui incite les personnes qui voient les photos \u00e0 s'arr\u00eater et \u00e0 s'int\u00e9resser \u00e0 ce qui est d\u00e9peint. Il \u00e9tait int\u00e9ressant de prendre ces photos, car s'il existe de nombreuses marques et projets commerciaux de v\u00eatements faits \u00e0 la main et de documentation sur leur processus de production, les genres photographiques utilis\u00e9s pour la pr\u00e9sentation des v\u00eatements et les portraits des artisanes sont souvent tr\u00e8s diff\u00e9rents. Dans la photographie publicitaire, des femmes grandes et minces mod\u00e8lent les v\u00eatements, donnant l'impression d'\u00eatre inaccessibles et absorb\u00e9es par elles-m\u00eames. Les artisanes, en revanche, sont souvent pr\u00e9sent\u00e9es comme accessibles et joyeuses, souriantes lorsqu'elles portent les produits ou concentr\u00e9es sur le travail de tissage ou de broderie.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> Il est cependant rare que les artisanes mod\u00e8lent les v\u00eatements qu'elles ont confectionn\u00e9s elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>Les photos qui ont r\u00e9sult\u00e9 de ces visites sont une hybridation de plusieurs choses : j'ai pris des photos en tant que photographe non professionnel, en pensant \u00e0 certains tropes de la photographie de mode (<em>c'est-\u00e0-dire<\/em> La d\u00e9contraction des mannequins, le regard au loin) et les artisanes ont pos\u00e9 en fonction de leur aisance avec l'appareil photo, ce qui va du naturel des followers Instagram aux grandes femmes sto\u00efques qui n'ont jamais souri pour une photo. Les filles qui font partie de la <span class=\"small-caps\">cofemo<\/span> ont \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 la composition des artisanes et au modelage des v\u00eatements. J'ai eu le sentiment que les photos capturaient un plus large \u00e9ventail d'attitudes, de postures et d'espaces que le r\u00e9pertoire plus conventionnel de la photographie de v\u00eatements artisanaux et d'artisans, mais toujours dans un format dont l'objectif premier \u00e9tait de pr\u00e9senter les v\u00eatements et les artisans-mannequins d'une mani\u00e8re esth\u00e9tiquement attrayante.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 ce type d'images, les courts m\u00e9trages que j'ai commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser sur le travail des artisans avaient des objectifs tr\u00e8s diff\u00e9rents. Avec ces vid\u00e9os, je n'ai pas l'intention de vendre les produits fabriqu\u00e9s par les artisanes ou de montrer le succ\u00e8s d'un programme social dont elles b\u00e9n\u00e9ficient. Ce qui m'int\u00e9resse, c'est de capturer leurs processus de travail, en soulignant des aspects qui, selon moi, sont souvent n\u00e9glig\u00e9s dans la documentation existante sur la production artisanale. L'accent visuel et discursif mis sur la finesse des techniques artisanales, la simplicit\u00e9 des artisanes, la beaut\u00e9 de l'environnement naturel dans lequel elles vivent, la particularit\u00e9 culturelle de certains aspects de leur travail et de leur vie en communaut\u00e9 sont des strat\u00e9gies parfaitement ad\u00e9quates pour vendre des produits artisanaux. Cependant, ces images r\u00e9currentes forment un lexique g\u00e9n\u00e9rique qui emp\u00eache une autre forme d'approche et de compr\u00e9hension de l'artisanat.<\/p>\n\n\n\n<p>L'int\u00e9r\u00eat commercial des magasins et l'objectif de d\u00e9montrer le succ\u00e8s des programmes de d\u00e9veloppement social et \u00e9conomique de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">ngo<\/span> conduisent \u00e0 des repr\u00e9sentations visuelles de l'artisanat qui soit se concentrent sur la beaut\u00e9 st\u00e9rile de la technique, aur\u00e9ol\u00e9e d'une signification ancestrale et exotique, soit soulignent l'effet positif et transformateur sur la vie des femmes en tant que moyen d'autonomisation. Il s'agit de repr\u00e9sentations visuelles qui, comme toutes les images, incarnent une mani\u00e8re de voir (Berger, 2016). \u00c0 bien des \u00e9gards, ces fa\u00e7ons de voir l'artisanat ne sont pas tr\u00e8s diff\u00e9rentes de ce que N\u00e9stor Garc\u00eda Canclini (1989 : 153) a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 propos des changements qui surviennent dans l'artisanat lorsqu'il est sorti de son contexte d'origine : \"Presque tout ce qui est fait avec l'artisanat aujourd'hui se r\u00e9sume entre la boutique et le mus\u00e9e, il oscille entre la commercialisation et la conservation\". Rompre avec ces fa\u00e7ons de voir la production artisanale n'est pas chose ais\u00e9e, car elles constituent les repr\u00e9sentations admises de l'artisanat \u00e0 l'ext\u00e9rieur. Ce sont les images que, consciemment ou inconsciemment, les personnes qui connaissent l'artisanat - en l'achetant dans les magasins ou en le voyant dans les mus\u00e9es - s'attendent \u00e0 voir de l'artisanat.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une autre image de l'artisanat<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Au cours de ma recherche doctorale, j'ai r\u00e9alis\u00e9 plusieurs courts m\u00e9trages qui refl\u00e8tent la transformation de mon propre rapport \u00e0 certaines conventions dans la repr\u00e9sentation des artisanes et, en m\u00eame temps, ma fa\u00e7on de voir l'artisanat. Dans les premi\u00e8res vid\u00e9os que j'ai r\u00e9alis\u00e9es, par exemple, je m'appuyais davantage sur des entretiens avec les artisanes pour donner une structure et une coh\u00e9rence aux vid\u00e9os. Bien que je n'aie jamais eu recours \u00e0 une repr\u00e9sentation folklorique ou trop esth\u00e9tique du travail artisanal, cette narration rend les images des artisanes et de leur travail plus digestes pour les spectateurs. Cependant, au fur et \u00e0 mesure de mes observations et de mes entretiens avec plus de 80 tisserandes et brodeuses dans 15 municipalit\u00e9s des hauts plateaux du Chiapas, mon int\u00e9r\u00eat pour la complexit\u00e9 de ce type de travail s'est accru. La vid\u00e9o d'Antonia pr\u00e9sent\u00e9e ici d\u00e9peint une brodeuse de la communaut\u00e9 Tseltal de Tenejapa ; il ne s'agit pas d'un profil g\u00e9n\u00e9ral qui synth\u00e9tise les exp\u00e9riences de toutes les femmes artisanes que j'ai rencontr\u00e9es, mais d'une tentative d'\u00e9voquer la complexit\u00e9 qui caract\u00e9rise le travail artisanal dans les hauts plateaux du Chiapas \u00e0 travers la particularit\u00e9 des rythmes quotidiens et concrets de ce cas singulier.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus qu'une pr\u00e9sentation de r\u00e9sultats, cette vid\u00e9o fait partie du processus m\u00e9thodologique de ma recherche. En plus de l'observation participante dans les coop\u00e9ratives et les collectifs auxquels appartiennent les artisanes, dans leurs maisons et dans les communaut\u00e9s o\u00f9 elles travaillent, j'ai eu recours \u00e0 l'enregistrement audiovisuel comme une autre technique d'observation des pratiques de travail des artisanes. Enregistrer ce qui se passe dans la vie quotidienne des artisanes, les suivre dans leurs diverses activit\u00e9s et interactions tout au long de la journ\u00e9e, implique un autre type d'attention qui diff\u00e8re de celle que l'on a lors de l'observation participante. Comme l'a not\u00e9 David MacDougall (1998 : 34), regarder dans le viseur et revoir ce que l'on a enregistr\u00e9 constituent des actes d'inspection intense et intime. En prenant la cam\u00e9ra, vous vous s\u00e9parez de la dynamique sociale o\u00f9, en tant qu'anthropologue, vous occupez une position ambigu\u00eb et \u00e9trange d'observateur, mais aussi de participant. En filmant, en revanche, on se consacre exclusivement \u00e0 l'observation.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus de se pr\u00eater plus pleinement \u00e0 l'observation, le fait d'\u00eatre derri\u00e8re un appareil photo transforme \u00e9galement l'acte de voir. On est conscient d'enregistrer ce que l'on voit pour que d'autres le voient. En filmant et en montant, plut\u00f4t que de simplement regarder, on se pose constamment la question de savoir ce que l'on veut montrer. Cette question permet d'examiner les pratiques de travail des artisanes, car elle m'a fait r\u00e9fl\u00e9chir plus consciemment \u00e0 ce que l'on attend d'elles. Je suis consciente que certains plans d'Antonia, la brodeuse Tseltal qui est la protagoniste de la vid\u00e9o, vont co\u00efncider davantage avec les images g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es des artisanes indig\u00e8nes du Mexique : lorsqu'elle allume le feu, lorsqu'elle coupe les l\u00e9gumes de son patio, lorsqu'elle balaie, lorsqu'elle fait cuire le bouillon et, bien s\u00fbr, lorsqu'elle brode. Ces activit\u00e9s domestiques traditionnelles correspondent \u00e0 l'image de simplicit\u00e9 nostalgique des artisanes indig\u00e8nes. D'autres images, cependant, peuvent s'\u00e9carter de cette vision commune : lorsqu'Antonia ach\u00e8te ses tortillas au magasin, lorsqu'elle utilise constamment son t\u00e9l\u00e9phone portable ou lorsqu'elle brode en regardant la t\u00e9l\u00e9vision dans la maison de sa fille. Ces images de pratiques que nous avons tendance \u00e0 consid\u00e9rer comme plus \"modernes\" ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas associ\u00e9es \u00e0 la vie des communaut\u00e9s indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p>L'acte d'observation est multipli\u00e9 lors de la r\u00e9alisation d'une vid\u00e9o. L'enregistrement, l'examen et le montage des s\u00e9quences des diff\u00e9rentes activit\u00e9s quotidiennes d'Antonia m'ont permis d'appr\u00e9cier la diversit\u00e9 des traditions et des mondes sociaux qui font partie de sa vie de tous les jours. La vie quotidienne d'Antonia, comme celle de nombreuses autres femmes indig\u00e8nes de Los Altos, n'est pas fig\u00e9e dans le temps et ne participe pas \u00e0 la m\u00eame modernit\u00e9 capitaliste que les citadins mexicains. Elle cuisine principalement au feu de bois, mais dispose \u00e9galement d'un four \u00e0 gaz ; elle consulte son t\u00e9l\u00e9phone portable \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa fille, qui a br\u00fbl\u00e9 le ma\u00efs qu'elle faisait griller sur le feu en jouant avec ses poup\u00e9es Barbie ; elle ach\u00e8te des pommes de terre et des tomates au march\u00e9 du centre de Tenejapa, coupe les fanes des chayottes qui poussent dans le jardin et, le matin, son gendre passe avec le camion qu'il conduit et lui donne la viande en cadeau. Ces divers liens et influences font partie de la vie qu'Antonia se forge, \u00e0 l'instar de celle que construisent de nombreuses autres femmes tsotsil et tseltal que j'ai rencontr\u00e9es, en participant \u00e0 diff\u00e9rents mondes sociaux et \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Montrer cette diversit\u00e9 d'influences et de pratiques dans la vie des artisanes de Los Altos faisait partie de ce qu'il me semblait pertinent d'enregistrer et d'exposer. Cependant, une autre facette de la repr\u00e9sentation de la vie d'Antonia, plus \u00e9troitement li\u00e9e au travail artisanal, pr\u00e9sentait une \u00e9nigme. La question de savoir ce qu'il fallait montrer dans ce court m\u00e9trage sur l'artisanat est devenue quelque peu probl\u00e9matique, car Antonia consacre relativement peu de temps \u00e0 cette activit\u00e9. En filmant Antonia pendant qu'elle faisait le feu, balayait, achetait des l\u00e9gumes et des tortillas, parlait \u00e0 ses filles, pr\u00e9parait le repas, coupait les l\u00e9gumes, faisait la vaisselle, visitait la maison de sa fille mari\u00e9e et de sa petite-fille et, enfin, quand ses mains et son esprit n'\u00e9taient pas occup\u00e9s \u00e0 autre chose, brodait, il est apparu clairement que la broderie n'\u00e9tait pas son occupation principale. Cette observation est \u00e9galement confirm\u00e9e par l'histoire professionnelle d'Antonia. \u00c0 l'\u00e2ge de 13 ans, elle s'est rendue \u00e0 Mexico et a travaill\u00e9 dans diff\u00e9rents commerces : un magasin de tortillas, un restaurant et comme femme de m\u00e9nage dans un magasin. Elle est revenue \u00e0 Tenejapa, a rejoint son mari \u00e0 l'\u00e2ge de 15 ans et a brod\u00e9 pendant quelques ann\u00e9es des naguas, les jupes enchev\u00eatr\u00e9es utilis\u00e9es dans sa communaut\u00e9 Tseltal. \"Ils me donnaient les naguas et je les brodais\", explique-t-elle. \"Rien de plus que du travail, disons. Aujourd'hui, elle combine ses ventes \u00e0 la coop\u00e9rative, qui sont encore faibles, avec les commandes des habitants de sa communaut\u00e9. Dans le contexte de ce r\u00e9pertoire d'exp\u00e9riences professionnelles, le travail artisanal est per\u00e7u comme une opportunit\u00e9 d'emploi plut\u00f4t que comme une vocation ; Antonia parle d'\"\u00eatre dans l'artisanat\", et non d'\u00eatre un artisan.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour faire comprendre la place du travail artisanal dans la vie d'Antonia, j'ai consid\u00e9r\u00e9 qu'il \u00e9tait n\u00e9cessaire de repr\u00e9senter le travail artisanal d'une mani\u00e8re qui le contextualise dans le temps et l'espace de sa vie quotidienne. C'est pourquoi la broderie est pr\u00e9sent\u00e9e en arri\u00e8re-plan pendant la majeure partie du court-m\u00e9trage ; une d\u00e9cision paradoxale pour une vid\u00e9o qui est cens\u00e9e porter sur le travail de broderie. Cette d\u00e9cision est paradoxale pour une vid\u00e9o qui est cens\u00e9e porter sur le travail de broderie, mais elle permet de repr\u00e9senter de mani\u00e8re plus fiable les rythmes du travail artisanal tel qu'il est effectu\u00e9. Il est important de souligner qu'il s'agit d'une d\u00e9cision tr\u00e8s consciente de ma part, bas\u00e9e sur la reconnaissance de certaines qualit\u00e9s inh\u00e9rentes au support cin\u00e9matographique. Le th\u00e9oricien Siegfried Kracauer (1997) a not\u00e9 le pouvoir de propagande des documentaires, qui sont cens\u00e9s \u00eatre fid\u00e8les \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Cependant, la s\u00e9lection des plans, la lumi\u00e8re, l'angle de la cam\u00e9ra et l'inclusion de la musique sont quelques-unes des d\u00e9cisions prises lors de la r\u00e9alisation d'un documentaire qui transforment la repr\u00e9sentation de cette r\u00e9alit\u00e9. Andr\u00e9 Bazin (2005), un autre th\u00e9oricien du cin\u00e9ma, souligne que la particularit\u00e9 de l'image cin\u00e9matographique est l'objectivit\u00e9 du temps. Bien que ce temps \"objectif\" ne ressemble gu\u00e8re au temps que durent habituellement les m\u00eames \u00e9v\u00e9nements, actions et sc\u00e9narios que nous voyons repr\u00e9sent\u00e9s dans un film, nous vivons la r\u00e9alit\u00e9 temporelle qu'il nous impose comme un fait r\u00e9el. Si je le voulais, il serait facile de faire une autre vid\u00e9o d'Antonia compos\u00e9e d'autres plans de sa broderie, pour donner l'impression que ce travail est ce qu'elle fait la plus grande partie de la journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L'un des pr\u00e9jug\u00e9s des repr\u00e9sentations cin\u00e9matographiques des artisanes mexicaines est justement de donner \u00e0 l'artisanat un r\u00f4le central dans la vie des artisanes, ce qui est tout \u00e0 fait contraire \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 d'Antonia et de beaucoup des artisanes que j'ai interrog\u00e9es. Si l'artisanat repr\u00e9sente un revenu important pour les femmes de Los Altos de Chiapas (o\u00f9 les possibilit\u00e9s d'emploi sont rares et les taux de pauvret\u00e9 parmi les plus \u00e9lev\u00e9s du Mexique), la r\u00e9alit\u00e9 de la vie des femmes au Mexique est tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle d'Antonia et de la plupart des artisanes que j'ai interrog\u00e9es.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a>), leur situation ne doit pas \u00eatre comprise uniquement en termes \u00e9conomiques d'une pauvret\u00e9 \u00e9crasante qui r\u00e9duit l'action des femmes \u00e0 une logique de survie et les oblige \u00e0 accepter n'importe quel travail qu'elles peuvent trouver. La plupart des artisanes que j'ai interrog\u00e9es ont soulign\u00e9, comme l'ont fait d'autres chercheurs sur la production artisanale (L\u00f3pez-L\u00f3pez et Isunza-Bizuet, 2019 ; Mart\u00ednez, 2014), que le travail artisanal est l'une des nombreuses activit\u00e9s des femmes et qu'il n'est g\u00e9n\u00e9ralement pas prioritaire par rapport aux t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res, \u00e0 la pr\u00e9paration des repas, \u00e0 l'\u00e9ducation des enfants ou \u00e0 la participation aux festivals et aux \u00e9v\u00e9nements religieux de leur communaut\u00e9. De m\u00eame que de nombreuses femmes d\u00e9clarent vendre de l'artisanat \"par n\u00e9cessit\u00e9\", elles d\u00e9crivent \u00e9galement leur travail comme \u00e9tant effectu\u00e9 pendant leur \"temps libre\", lorsqu'elles ont termin\u00e9 ces autres t\u00e2ches. Cette apparente contradiction - une n\u00e9cessit\u00e9 qui s'exerce pendant le temps libre - refl\u00e8te une autre fa\u00e7on d'organiser et de valoriser le travail artisanal.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement au travail formel et salari\u00e9, o\u00f9 les rythmes de la vie quotidienne sont dict\u00e9s par la journ\u00e9e de travail, le travail artisanal de ces femmes est souvent l'inverse. Le rythme du travail artisanal \u00e0 Los Altos ressemble \u00e0 celui des soci\u00e9t\u00e9s paysannes anglaises d\u00e9crites par Thompson, o\u00f9 \"l'orientation des t\u00e2ches semble montrer moins de d\u00e9marcation entre le \"travail\" et la \"vie\". Les relations sociales et le travail sont entrem\u00eal\u00e9s - la journ\u00e9e de travail s'allonge ou se contracte en fonction des t\u00e2ches \u00e0 accomplir - et il n'y a pas plus de conflit entre le travail et le fait de \"passer le temps\"\" (Thompson, 2019 : 476).<\/p>\n\n\n\n<p>Selon cette organisation du travail, le chemisier qu'Antonia commence \u00e0 broder dans cette vid\u00e9o lui prendra deux mois. Mais c'est parce que, comme elle l'explique, \"je ne fais pas tous les jours, toute la journ\u00e9e. Je fais ma nourriture... parfois je prends deux, trois heures par jour\". En ce sens, \u00eatre une artisane, contrairement \u00e0 ce que j'avais d'abord imagin\u00e9, selon ma propre vision culturelle du travail, n'est pas une identit\u00e9 singuli\u00e8re et, je dirais m\u00eame, pas une identit\u00e9 primaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les temps et les espaces du travail artisanal d'Antonia, comme on peut le voir dans cette courte vid\u00e9o - sa broderie, qu'elle r\u00e9alise pendant son temps libre dans la salle \u00e0 manger ou en regardant les informations chez sa fille - ressemblent \u00e0 ceux de la plupart des femmes tisseuses et brodeuses que j'ai rencontr\u00e9es \u00e0 Los Altos. Le travail artisanal, qui s'effectue dans les espaces domestiques, \u00e0 des moments dict\u00e9s par d'autres t\u00e2ches g\u00e9n\u00e9ralement rel\u00e9gu\u00e9es au second plan dans les soci\u00e9t\u00e9s occidentales, comme le travail reproductif consistant \u00e0 s'occuper des enfants et \u00e0 pr\u00e9parer la nourriture pour la famille, est souvent soumis \u00e0 une autre hi\u00e9rarchie de valeurs dans les communaut\u00e9s indig\u00e8nes de Los Altos. La continuit\u00e9 mise en sc\u00e8ne dans le court m\u00e9trage entre travail domestique, travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 et coexistence sociale contraste avec l'organisation de ces activit\u00e9s dans le capitalisme, dont la particularit\u00e9 \"est qu'il traite les relations sociales qui le d\u00e9finissent et le structurent comme si elles \u00e9taient \"\u00e9conomiques\" et appartenaient \u00e0 un sous-syst\u00e8me distinct de la soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 une \"\u00e9conomie\"\" (Fraser et Jaeggi, 2019 : 56). Cette division entre la sph\u00e8re \u00e9conomique et la sph\u00e8re sociale (et surtout domestique) qui s'installe dans le capitalisme n'existe qu'en apparence, comme l'explique Fraser, \u00e9tant donn\u00e9 que les rapports de production suppos\u00e9s propres \u00e0 la sph\u00e8re \u00e9conomique d\u00e9pendent des rapports de reproduction d'arri\u00e8re-plan. Cependant, cette apparence est renforc\u00e9e par la division temporelle et spatiale qui est \u00e9rig\u00e9e \u00e0 travers une organisation du travail productif qui est s\u00e9par\u00e9e du monde social des personnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que les femmes Tsotsil et Tseltal de Los Altos de Chiapas ne vivent pas \u00e0 l'abri du capitalisme, elles n'assimilent pas compl\u00e8tement leur culture. <em>l'\u00e9thique.<\/em> Bien qu'Antonia, en tant que membre de la nouvelle coop\u00e9rative Jolob Jlumaltik, acc\u00e8de \u00e0 un nouveau march\u00e9 pour ses broderies, ce qui implique de nouveaux processus et pratiques - tels que le contr\u00f4le de qualit\u00e9 rigoureux auquel sont soumises ses pi\u00e8ces, qu'elle mentionne \u00e0 la fin de la vid\u00e9o - ses temps et espaces de travail n'ont pas \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment transform\u00e9s. Et bien que la grande majorit\u00e9 des brodeurs et des tisserands de Los Altos vivent dans la pauvret\u00e9, le travail qu'ils effectuent pour gagner de l'argent n'est pas n\u00e9cessairement consid\u00e9r\u00e9 comme un travail de premi\u00e8re importance. Nourrir leur famille, s'occuper des enfants et nettoyer la maison sont souvent des t\u00e2ches prioritaires. De nombreuses familles de Los Altos disposent de diverses sources de revenus et de moyens de subsistance qui permettent aux femmes de ne pas d\u00e9pendre exclusivement de leurs ventes : elles ont toujours leur milpa, quelques l\u00e9gumes et des animaux tels que des poulets, des guajalotes ou des moutons, d'une part ; elles re\u00e7oivent des bourses du gouvernement lorsqu'elles ont des enfants scolaris\u00e9s et de l'argent provenant de la migration de travail des hommes, d'autre part.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette structuration diff\u00e9rente du travail, qui n'est plus un m\u00e9tier mais plusieurs, o\u00f9 le travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 n'est pas prioritaire, se refl\u00e8te \u00e9galement dans d'autres aspects de la production artisanale. Bien que cela puisse passer inaper\u00e7u, dans le court m\u00e9trage, on voit Antonia broder deux v\u00eatements diff\u00e9rents : l'un est command\u00e9 par une femme de son village de Tenejapa et l'autre est destin\u00e9 \u00e0 la vente dans la coop\u00e9rative. Alors qu'Antonia utilise la m\u00eame technique de broderie en quadrill\u00e9 et s'inspire de l'iconographie typique de Tenejapa, les blouses ont des couleurs et des mat\u00e9riaux diff\u00e9rents, en fonction des go\u00fbts de la communaut\u00e9 et de ces nouveaux march\u00e9s ext\u00e9rieurs. De nombreuses artisanes de Los Altos ont recours \u00e0 cette strat\u00e9gie de vente de leurs produits sur diff\u00e9rents march\u00e9s. Elles vendent le costume traditionnel qu'elles portent encore dans les villages aux femmes de leur communaut\u00e9 et aux commer\u00e7ants qui vendent sur les march\u00e9s locaux des villages indig\u00e8nes ; elles fabriquent des v\u00eatements de moindre qualit\u00e9 et d'\u00e9laboration plus simple \u00e0 des interm\u00e9diaires qui vendent sur les march\u00e9s touristiques de San Crist\u00f3bal ; et elles fabriquent des v\u00eatements avec des mat\u00e9riaux de meilleure qualit\u00e9 et des coupes, des couleurs et des motifs diff\u00e9rents \u00e0 des boutiques de la capitale et dans la capitale. <span class=\"small-caps\">ngo<\/span> sur un march\u00e9 national et international. Cependant, cette diversit\u00e9 des march\u00e9s locaux est dissimul\u00e9e dans les discours des acteurs du d\u00e9veloppement tels que le Programme des Nations unies pour le d\u00e9veloppement, les agences de l'\u00c9tat mexicain et diverses organisations internationales. <span class=\"small-caps\">ngo<\/span> qui favorisent la commercialisation internationale de l'artisanat du Chiapas. Au contraire, le march\u00e9 capitaliste mondial est pr\u00e9sent\u00e9 comme la panac\u00e9e de l'ind\u00e9pendance \u00e9conomique. Comme le note J. K. Gibson-Graham (2006 : 41), ce r\u00e9cit du d\u00e9veloppement refl\u00e8te un \"capitalocentrisme\" qui assimile le d\u00e9veloppement \u00e0 l'\u00e9conomie capitaliste \"dynamique, moderne et ax\u00e9e sur la croissance\", tout en d\u00e9valorisant et en marginalisant les formes non capitalistes de l'\u00e9conomie. La diversit\u00e9 des \u00e9conomies, des mondes sociaux et des modes alternatifs d'organisation du temps de travail qui font partie de la vie quotidienne d'Antonia et des autres femmes indig\u00e8nes de Los Altos remet en question l'homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des exp\u00e9riences et des avenirs impos\u00e9s par ces r\u00e9cits de d\u00e9veloppement et les images superficielles des femmes artisanes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion : une tentative de ne pas assimiler ce qui n'est pas n\u00f4tre<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans cette vid\u00e9o, je me suis efforc\u00e9 d'observer et de montrer le travail artisanal tel qu'il est r\u00e9alis\u00e9 dans les communaut\u00e9s Tsotsil et Tseltal de Los Altos de Chiapas, en cherchant \u00e0 m'\u00e9loigner des clich\u00e9s qui entachent de nombreuses repr\u00e9sentations visuelles de ces communaut\u00e9s. Mais cette vid\u00e9o du travail artisanal est encore <em>mon observation <\/em>des artisanes. \"Aucun film ethnographique n'est simplement l'enregistrement d'une autre soci\u00e9t\u00e9 ; il est toujours l'enregistrement de la rencontre entre le cin\u00e9aste et cette soci\u00e9t\u00e9\" (MacDougall, 1998 : 134). Au cours de la r\u00e9alisation de cette vid\u00e9o, j'ai pris conscience des limites de ma propre compr\u00e9hension du travail et du monde social que je voyais. D'une part, je ne parle pas le tseltal, qui est la langue qu'Antonia utilise dans presque toutes ses conversations et interactions au cours de sa journ\u00e9e. D'autre part, bien que j'aie v\u00e9cu assez longtemps avec Antonia, que je lui aie rendu visite et que j'aie s\u00e9journ\u00e9 chez elle \u00e0 Tenejapa, et que je connaisse un peu de sa vie ant\u00e9rieure gr\u00e2ce aux entretiens que j'ai eus avec elle, il y a de nombreux aspects de sa vie sociale et du contexte de sa communaut\u00e9 que je ne connais pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l'apparence d'objectivit\u00e9 propre au format documentaire, il y a toujours le risque que ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 dans le film donne une impression d'exhaustivit\u00e9. \u00c0 travers quelques images, en gros plan et en haute d\u00e9finition, on obtient un sentiment de proximit\u00e9 avec les sujets repr\u00e9sent\u00e9s, ce qui peut nous amener \u00e0 penser que nous sommes parvenus \u00e0 les comprendre nous aussi. Il est parfois important de r\u00e9sister \u00e0 cette impulsion. Dans une interview, Trinh T. Minh-ha a expliqu\u00e9 son intention de \"parler de pr\u00e8s\" plut\u00f4t que \"de parler\" des sujets de ses films. Il a indiqu\u00e9 que pour parvenir \u00e0 ce repositionnement et ne pas parler \u00e0 partir d'une position d'omniscience, \"on parle avec beaucoup de lacunes, de trous et de points d'interrogation\" (Balsom, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour souligner les limites de notre acc\u00e8s et de notre compr\u00e9hension de la vie d'Antonia, j'ai inclus plusieurs sc\u00e8nes et conversations qui indiquent l'existence d'autres personnes, relations et lieux que nous ne connaissons pas. Je reconnais que l'effet de cette inclusion est parfois d\u00e9sorientant : de qui parle-t-elle au d\u00e9but de la vid\u00e9o avec sa fille, \u00e0 qui parle-t-elle au t\u00e9l\u00e9phone, et quelle est sa relation avec la clinique ? J'ai h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises sur l'\u00e9quilibre \u00e0 trouver entre l'assimilable et l'\u00e9trange dans ce portrait du monde social et culturel qui encadre le m\u00e9tier d'Antonia. Finalement, j'ai choisi de souligner la complexit\u00e9. C'est en reconnaissant les \u00e9carts entre une culture et une autre, entre une personne et une autre, et non en essayant de les combler ou de les assimiler, que l'on se rapproche de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Balsom, Erika (2018). \u201cThere is no such Thing as Documentary\u201d: An Interview with Trinh T. Minh-ha, <em>Frieze, <\/em>199. https:\/\/www.frieze.com\/article\/there-no-such-thing-documentary-interview-trinh-t-minh-ha<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bazin, Andr\u00e9 (2005). <em>What is Cinema?<\/em> Vol. I<em>. <\/em>Berkeley: University of California Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Berger, John (2016). <em>Modos de ver. <\/em>M\u00e9xico: Gustavo Gili.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><span class=\"small-caps\">coneval<\/span> (2020). <em>Medici\u00f3n de la pobreza, Estados Unidos Mexicanos, 2010-2020. Indicadores de pobreza por municipio<\/em>. https:\/\/www.coneval.org.mx\/Medicion\/Paginas\/Pobreza-municipio-2010-2020.aspx<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Fraser, Nancy y Rahel Jaeggi (2019). <em>Capitalismo: una conversaci\u00f3n desde la teor\u00eda cr\u00edtica.<\/em> Madrid: Morata.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Garc\u00eda Canclini, N\u00e9stor (1989). <em>Las culturas populares en el capitalismo. <\/em>M\u00e9xico: Nueva Imagen.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Gibson-Graham, J. K. (2006). <em>The End of Capitalism (As We Knew It): A Feminist Critique of Political Economy.<\/em> Minneapolis: University of Minnesota Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Kracauer, Siegfried (1997). <em>Theory of Film: The Redemption of Physical Reality. <\/em>Princeton: Princeton University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">L\u00f3pez-L\u00f3pez, Silvia y Alma Isunza-Bizuet (2019). \u201cTejido y vida cotidiana: \u2018El cuerpo manda\u2019. Discurso sobre trabajo y corporeidad entre las artesanas expertas de San Juan Chamula\u201d, <em>LiminaR<\/em>, 17(2), pp. 131-147.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">MacDougall, David (1998). <em>Transcultural Cinema. <\/em>Princeton: Princeton University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mart\u00ednez, Hortensia (2014). \u201cLos procesos de producci\u00f3n y comercializaci\u00f3n de textiles y bordados al interior de una familia zinacanteca: desde la mirada de la reproducci\u00f3n, resistencia, y cambio social\u201d<em>.<\/em> Tesis de doctorado. San Crist\u00f3bal: Universidad Aut\u00f3noma de Chiapas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Thompson, E. P. (2019). <em>Costumbres en com\u00fan. Estudios sobre la cultura popular. <\/em>Madrid: Capit\u00e1n Swing.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Rachel Barber<\/em> est doctorante en sciences sociales au <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>-Ouest. Sa th\u00e8se de doctorat porte sur les nouvelles relations et pratiques de travail des brodeuses et tisseuses Tsotsil et Tseltal \u00e0 Los Altos de Chiapas. Elle a r\u00e9alis\u00e9 plusieurs courts m\u00e9trages documentaires sur les artisanes de Los Altos, qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s dans des festivals de films internationaux. Elle s'int\u00e9resse aux th\u00e8mes de la culture mat\u00e9rielle, du changement social et de l'anthropologie du travail, et incorpore des m\u00e9thodes documentaires et audiovisuelles dans ses \u00e9tudes ethnographiques.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 Les images et les descriptions de la production d'artisanat textile au Mexique, cr\u00e9\u00e9es en grande partie \u00e0 des fins commerciales ou pour documenter des projets ayant un impact social, mettent souvent l'accent sur le caract\u00e8re ancestral de l'artisanat ou sur son utilit\u00e9 pour cultiver l'autonomisation des femmes artisanes sur la voie d'un avenir meilleur. 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