{"id":39280,"date":"2025-03-21T13:00:00","date_gmt":"2025-03-21T19:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=39280"},"modified":"2025-03-27T17:41:57","modified_gmt":"2025-03-27T23:41:57","slug":"navarro-hernandez-corredores-migratorios-darien-tapachula-sig","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/navarro-hernandez-corredores-migratorios-darien-tapachula-sig\/","title":{"rendered":"De la br\u00e8che de Darien \u00e0 la br\u00e8che de Tapachula. Cartographie et formation de nouveaux itin\u00e9raires pour les migrants se rendant aux \u00c9tats-Unis."},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Une recherche g\u00e9ographique et sociologique a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur les routes emprunt\u00e9es par les migrants qui traversent le Dari\u00e9n et entrent au Mexique par Tapachula afin de rejoindre les \u00c9tats-Unis. D'un point de vue m\u00e9thodologique, nous avons combin\u00e9 l'analyse cartographique, les entretiens et les visites de terrain. En outre, des points ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s <span class=\"small-caps\">GPS<\/span> (Global Positioning System) pour spatialiser la pr\u00e9sence de la Garde nationale (<span class=\"small-caps\">gn<\/span>) dans le corridor Costa-Soconusco du Chiapas. La recherche est pertinente car elle r\u00e9v\u00e8le de nouveaux itin\u00e9raires et les comp\u00e9tences des migrants pour atteindre leur objectif, ainsi que la perception de Tapachula comme une ville-prison confront\u00e9e \u00e0 des d\u00e9fis similaires \u00e0 ceux du Dari\u00e9n. Enfin, il est important de noter que, sur la base de leurs r\u00e9cits, la premi\u00e8re base de donn\u00e9es g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9e des itin\u00e9raires \u00e0 Tapachula a \u00e9t\u00e9 construite. <span class=\"small-caps\">sig (<\/span>Syst\u00e8me d'information g\u00e9ographique).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/corredores-migratorios\/\" rel=\"tag\">couloirs de migration<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/desplazamientos-forzados\/\" rel=\"tag\">d\u00e9placement forc\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/fronteras-latinoamericanas\/\" rel=\"tag\">Fronti\u00e8res de l'Am\u00e9rique latine<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/sig\/\" rel=\"tag\">SIG<\/a><\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">de la br\u00e8che de darien a tapachula : la cartographie d'une nouvelle route des personnes d\u00e9plac\u00e9es vers les \u00e9tats-unis<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Cet article propose une analyse g\u00e9ographique et sociologique des itin\u00e9raires emprunt\u00e9s par les immigrants qui traversent la trou\u00e9e du Darien et entrent au Mexique \u00e0 Tapachula pour se rendre aux \u00c9tats-Unis. La m\u00e9thodologie combine la cartographie avec des entretiens et des visites sur le terrain. \u00c0 l'aide de coordonn\u00e9es GPS, les positions de la Garde nationale mexicaine ont \u00e9t\u00e9 cartographi\u00e9es sur l'autoroute c\u00f4ti\u00e8re du Chiapas qui traverse Soconusco. La recherche r\u00e9v\u00e8le de nouveaux itin\u00e9raires et les comp\u00e9tences que les migrants acqui\u00e8rent au cours de leur voyage. Elle r\u00e9v\u00e8le \u00e9galement que les personnes interrog\u00e9es consid\u00e8rent Tapachula comme une ville-prison pr\u00e9sentant des risques similaires \u00e0 ceux auxquels les immigrants sont confront\u00e9s dans la trou\u00e9e de Darien. Enfin, les r\u00e9cits de voyage des immigrants ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour constituer la premi\u00e8re base de donn\u00e9es g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9e des itin\u00e9raires des migrants \u00e0 l'aide du syst\u00e8me d'information g\u00e9ographique du Mexique (<span class=\"small-caps\">sig<\/span>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : d\u00e9placements forc\u00e9s, routes migratoires, fronti\u00e8res de l'Am\u00e9rique latine, <span class=\"small-caps\">sig.<\/span><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">La Colombie et le Panama partagent une fronti\u00e8re de 266 kilom\u00e8tres qui relie l'oc\u00e9an Pacifique \u00e0 la mer des Cara\u00efbes. Le point nodal de ce territoire est une barri\u00e8re naturelle - la jungle du Dari\u00e9n - qui divise l'Am\u00e9rique centrale et l'Am\u00e9rique du Sud et interrompt le trac\u00e9 de la route panam\u00e9ricaine ; le Dari\u00e9n est couvert d'une v\u00e9g\u00e9tation de jungle, de rivi\u00e8res, de zones mar\u00e9cageuses, de hauts plateaux, de faune, de zones de conservation et de r\u00e9serves indig\u00e8nes. En bref, ses caract\u00e9ristiques physiques et g\u00e9ographiques difficiles rendent la p\u00e9n\u00e9tration et la mobilit\u00e9 dans la r\u00e9gion difficiles (Congr\u00e8s routier panam\u00e9ricain, 1991 ; Botero, 2009 ; Ficek, 2016 ; Corbino, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Le Dari\u00e9n, un territoire en marge, est un exemple de la fa\u00e7on dont les fronti\u00e8res entre les acteurs arm\u00e9s l\u00e9gitimes et ill\u00e9gitimes s'estompent, formant une tapisserie complexe de violence et de pouvoir. Historiquement, la travers\u00e9e de cette jungle a constitu\u00e9 un d\u00e9fi majeur pour les explorateurs, les colons, les populations d\u00e9plac\u00e9es et les migrants, car elle comportait de multiples risques et dangers. Au fil du temps, les colonies, les quais et les pistes proches de la fronti\u00e8re sont devenus des plaques tournantes pour le trafic d'armes, de drogues et, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, d'\u00eatres humains. Pendant des d\u00e9cennies, la gu\u00e9rilla et les groupes paramilitaires ont contr\u00f4l\u00e9 cette zone, en r\u00e9glementant l'acc\u00e8s en fonction des implications pour leurs op\u00e9rations illicites (Polo <em>et al<\/em>2019) (voir carte 1).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_1-1-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 1: Lugares importantes de salida, estancamiento y desplazamiento de migrantes internacionales con destino a los Estados Unidos, 2023-2024. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_1-1-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 1 : Principaux lieux de d\u00e9part, de stagnation et de d\u00e9placement des migrants internationaux vers les \u00c9tats-Unis, 2023-2024. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>D'une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les \u00e9tudes sur le Dari\u00e9n ont abord\u00e9 diff\u00e9rents th\u00e8mes. Les plus remarquables sont les recherches sur l'histoire environnementale (Castro, 2005 ; Alimonda, 2014), les \u00e9tudes sur les fronti\u00e8res (Carre\u00f1o, 2012 ; Luque, 2012 ; Alimonda, 2014) et les \u00e9tudes sur la fronti\u00e8re (Carre\u00f1o, 2012). <em>et al<\/em>2019 ; Corbino, 2021), le transit irr\u00e9gulier, le trafic d'\u00eatres humains et l'aide humanitaire (Le\u00f3n et Antol\u00ednez, 2021 ; Polo <em>et al<\/em>., 2019 ; Cabrera et Carrillo, 2022 ; Schmidtke, 2022 ; Echeverri <em>et al<\/em>., 2023 ; Porras, 2023 ; Severiche <em>et al<\/em>., n.d.), les couloirs de migration (Zamora <em>et al<\/em>2008 ; \u00c1lvarez <em>et al<\/em>., 2021 ; Miranda, 2021 ; Bermudez, 2021 ; Bermudez, 2021. <em>et al<\/em>., 2023) et de nouveaux d\u00e9fis m\u00e9thodologiques (Hern\u00e1ndez et Ibarra, 2023). Cependant, cet espace n'a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 dans une perspective interdisciplinaire qui combine l'analyse g\u00e9ographique et sociologique pour identifier de nouveaux corridors migratoires entre la trou\u00e9e du Dari\u00e9n et Tapachula ; c'est notre intention.<\/p>\n\n\n\n<p>L'article est divis\u00e9 en trois parties, proposant de nouvelles cartographies des itin\u00e9raires migratoires traditionnels et nouveaux.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> La premi\u00e8re partie traite du passage de la fronti\u00e8re entre la Colombie et le Panama, en mettant l'accent sur les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les migrants dans la zone connue sous le nom de \"trou\u00e9e du Darien\". La deuxi\u00e8me partie se concentre sur le transit \u00e0 travers les pays d'Am\u00e9rique centrale. Enfin, la troisi\u00e8me partie traite du passage par le Mexique, avec une br\u00e8ve r\u00e9f\u00e9rence historique au transfert de personnes \u00e0 La Bestia, afin de faire allusion aux itin\u00e9raires traditionnels qui ont fonctionn\u00e9 pendant longtemps. Dans cette section, nous nous concentrons sur le corridor de migration sud du Chiapas, caract\u00e9ris\u00e9 par une forte militarisation. Tapachula est pr\u00e9sent\u00e9 comme un nouveau goulot d'\u00e9tranglement, comme l'ont d\u00e9clar\u00e9 les migrants interrog\u00e9s, qui ont suppos\u00e9 qu'ils \u00e9taient en transit et ont \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9s, selon leurs propres termes \"emprisonn\u00e9s\", dans des p\u00e9riodes plus ou moins longues, en partie \u00e0 cause des mesures impos\u00e9es par les \u00c9tats-Unis au Mexique, qui agit comme une fronti\u00e8re m\u00e9ridionale prolong\u00e9e du pays voisin.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Traitement m\u00e9thodologique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La recherche est bas\u00e9e sur des m\u00e9thodologies mixtes qui int\u00e8grent l'analyse cartographique des itin\u00e9raires, sur la base d'informations provenant d'entretiens, de visites sur le terrain, d'observations participantes et non participantes, ainsi que de donn\u00e9es statistiques du Service national des fronti\u00e8res (Senafront) du gouvernement panam\u00e9en et de la Commission mexicaine pour l'aide aux r\u00e9fugi\u00e9s (<span class=\"small-caps\">comar<\/span>), qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9es, permettant ainsi la construction des premi\u00e8res bases de donn\u00e9es spatiales sur le sujet. De m\u00eame, compte tenu de l'importance de confronter les donn\u00e9es \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 spatiale des probl\u00e8mes abord\u00e9s, les points suivants ont \u00e9t\u00e9 pris en compte <span class=\"small-caps\">GPS<\/span> spatialiser le contr\u00f4le exerc\u00e9 par la Garde nationale (<span class=\"small-caps\">gn<\/span>) dans le couloir de migration sud du Chiapas. Le traitement de ces donn\u00e9es par l <em>logiciel<\/em> ArcGis Pro a fourni des donn\u00e9es pour la cartographie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les entretiens, principale source de donn\u00e9es qualitatives, \u00e9taient individuels et parfois collectifs, dans certains cas semi-structur\u00e9s et dans d'autres non structur\u00e9s, sur la base de guides con\u00e7us pour les visites sur le terrain. Dans la jungle du Dari\u00e9n, plusieurs entretiens n'ont pas \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s en raison de la peur des informateurs et pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9. Les entretiens enregistr\u00e9s, qui ont dur\u00e9 de 20 minutes \u00e0 une heure en fonction des conditions de mobilit\u00e9 des participants, ont toujours \u00e9t\u00e9 men\u00e9s avec leur accord.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre 2018 et 2024, plus de 60 migrants ont \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9s, principalement originaires du Venezuela, de Colombie, d'\u00c9quateur, de Cuba et d'Ha\u00efti, en transit aux points frontaliers de Colombie, du Panama, du Costa Rica, du Nicaragua, du Guatemala et du Mexique. En outre, cinq cas de personnes ayant r\u00e9ussi \u00e0 atteindre les \u00c9tats-Unis ont \u00e9t\u00e9 suivis par vid\u00e9o et appels t\u00e9l\u00e9phoniques ; ils se trouvaient dans diff\u00e9rentes villes telles que Tehuantepec, Oaxaca, Mexico, Saltillo, Monterrey, Denver, Seaforth, New Jersey et New York. Dans tous les cas, notre int\u00e9r\u00eat s'est port\u00e9 sur la narration des itin\u00e9raires et les exp\u00e9riences que les personnes interrog\u00e9es ont eues avec les acteurs impliqu\u00e9s dans ces longs voyages internationaux. L'objectif \u00e9tait de voir s'il y avait eu des changements dans les itin\u00e9raires et les acteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les points frontaliers visit\u00e9s \u00e9taient Capurgan\u00e1, Sapzurro, Acand\u00ed (Colombie), Paso Canoas (Panama-Costa Rica), Los Chiles (Costa Rica), San Pancho (Nicaragua), ainsi que Ciudad Hidalgo, Talism\u00e1n et Tapachula (Chiapas). Dans ces endroits, des entretiens non structur\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s avec des migrants, des fonctionnaires, du personnel charg\u00e9 des migrations, des douaniers, des policiers, des passeurs, des guides, des vendeurs ambulants, des chauffeurs de taxi, des chauffeurs de moto-taxi et d'autres acteurs cl\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette conception m\u00e9thodologique permet de consid\u00e9rer la nouvelle cartographie g\u00e9n\u00e9r\u00e9e comme un outil d'analyse, car, par le biais de sa projection dans l'espace, elle peut \u00eatre utilis\u00e9e comme un outil d'analyse. <span class=\"small-caps\">sig<\/span> Les sources permettent d'observer les sch\u00e9mas spatiaux de position, de co\u00efncidence, de distance et de voyages entrepris par les migrants. Il offre \u00e9galement aux lecteurs la possibilit\u00e9 de se rapprocher des exp\u00e9riences de ceux qui se d\u00e9placent \u00e0 travers les territoires latino-am\u00e9ricains, favorisant ainsi une compr\u00e9hension plus holistique qui relie les dimensions sociales et spatiales.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La trou\u00e9e du Darien : naviguer dans la jungle<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'entr\u00e9e dans le Dari\u00e9n depuis le territoire colombien est un voyage ardu. D'apr\u00e8s les recherches et les entretiens men\u00e9s sur le terrain, l'itin\u00e9raire habituel va du port de Buenaventura, Valle del Cauca, \u00e0 Bah\u00eda Solano, Choc\u00f3, avec une dur\u00e9e estim\u00e9e \u00e0 22 heures de bateau plus six heures de hors-bord. L'itin\u00e9raire suivant est Bah\u00eda Solano-Jurad\u00f3, qui dure environ trois heures en bateau rapide, plus une heure pour atteindre le port de Jaqu\u00e9, au Panama ; le voyage se poursuit en ferry pendant 16 heures et demie jusqu'\u00e0 Puerto Quimba, le point de connexion avec la route panam\u00e9ricaine. Il s'agit d'une ancienne route qui servait principalement au trafic de drogue et qui, aujourd'hui, en raison du co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 du transport et de l'extr\u00eame surveillance maritime, est rarement utilis\u00e9e (Severiche <em>et al<\/em>. n.d., n.d.) (voir carte 2).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_2-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 2: Ruta habitual para ingresar a la selva del Dari\u00e9n. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_2-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 2 : Itin\u00e9raire habituel pour p\u00e9n\u00e9trer dans la for\u00eat tropicale du Dari\u00e9n. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>D'autres points d'entr\u00e9e dans le Dari\u00e9n ont \u00e9t\u00e9 les villes de la jungle pr\u00e8s de la rivi\u00e8re Atrato, bien que ces routes aient \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9es au cours de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente par les groupes paramilitaires et les gu\u00e9rilleros de l'Arm\u00e9e de lib\u00e9ration nationale (<span class=\"small-caps\">eln<\/span>). Par cons\u00e9quent, pour relier la Colombie au Panama, il est n\u00e9cessaire de traverser le golfe d'Urab\u00e1, une langue de mer d'une superficie d'environ 1 800 km\u00b2 qui comprend le delta du fleuve Atrato. Sur les c\u00f4tes de ce golfe se trouvent Turbo et Necocl\u00ed, dans l'Antioquia, qui se sont consolid\u00e9s en tant que points de connexion fluviale avec Acand\u00ed et Capurgan\u00e1, dans le Choc\u00f3 (Botero, 2009).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l'origine, cette route se faisait \u00e0 bord de ce que l'on appelle des pangas.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> \u00c0 Turbo, l'ancien quai El Waffe est devenu le point de d\u00e9part de ces navires, et quelque temps plus tard, les compagnies maritimes se sont modernis\u00e9es et ont introduit des navires de type catamaran.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> Depuis 2010, ces quatre localit\u00e9s sont devenues les principales zones de transit et de connexion pour les migrants dans la jungle du Dari\u00e9n (Hern\u00e1ndez et Ibarra, 2023) (voir carte 3).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_3-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 3: Ruta de Urab\u00e1. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro..\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_3-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 3 : Route de l'Urab\u00e1. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Avec l'ouverture de l'\u00c9quateur comme pays de libre transit, un corridor de bus de 1 200 km a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 depuis la fronti\u00e8re Tulc\u00e1n-Ipiales jusqu'\u00e0 Turbo, avec plusieurs lignes de transport offrant un service direct ou des correspondances \u00e0 Cali et Medell\u00edn (Ceja et Ram\u00edrez, 2022). De leur c\u00f4t\u00e9, les migrants en provenance des Guyanes ou de Manaus, au Br\u00e9sil, arrivaient \u00e0 Turbo apr\u00e8s avoir travers\u00e9 l'Amazonie pendant plusieurs jours en bateau. Turbo est devenu la route de transit la plus utilis\u00e9e pour ceux qui ont l'intention de traverser le Dari\u00e9n (voir carte 4).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_4-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 4: Rutas Tulc\u00e1n, Ecuador-Turbo; Guayanas y Manaos, Brasil (Amazonas)-Turbo. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_4-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 4 : Routes Tulc\u00e1n, Equateur-Turbo ; Guayanas et Manaos, Br\u00e9sil (Amazonas)-Turbo. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, le gouvernement panam\u00e9en a d\u00e9cid\u00e9 en 2014 d'\u00e9tablir deux stations de contr\u00f4le migratoire : l'une \u00e0 Lajas Blancas et l'autre \u00e0 La Pe\u00f1ita (aujourd'hui San Vicente), g\u00e9r\u00e9es par Senafront. Gr\u00e2ce \u00e0 l'activit\u00e9 men\u00e9e dans ces stations, il est possible de conna\u00eetre le nombre de migrants qui ont travers\u00e9 le Dari\u00e9n, ainsi que leur nationalit\u00e9, leur sexe et leur \u00e2ge (voir carte 5).<\/p>\n\n\n\n<p>Selon ces donn\u00e9es, en 2014, on a enregistr\u00e9 6 175 migrants. En 2015, le flux est pass\u00e9 \u00e0 29 289, dont 85% d'origine cubaine ; la route Turbo-Acand\u00ed-Sapzurro s'est impos\u00e9e comme la voie habituelle pour p\u00e9n\u00e9trer dans cette jungle (Senafront, n.d.). Peut-\u00eatre sans s'en rendre compte, cette travers\u00e9e allait devenir le v\u00e9ritable exploit du flux cubain, dont seuls quelques-uns parviendraient \u00e0 sortir vivants (voir carte 5).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_5-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 5: Ruta Turbo-Acand\u00ed-Sapzurro (ruta cubana). Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_5-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 5 : Route Turbo-Acand\u00ed-Sapzurro (route cubaine). Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Au cours de ces ann\u00e9es, la plupart des migrants ont d\u00fb faire un voyage de quatre \u00e0 sept jours, en traversant des pistes, des rivi\u00e8res et des montagnes, et en supportant une humidit\u00e9 extr\u00eame, des p\u00e9nuries de nourriture et des pluies incessantes. Seuls ceux qui disposaient de plus de ressources \u00e9conomiques pouvaient contourner la c\u00f4te par bateau, raccourcissant ainsi leur voyage pour atteindre la ville indig\u00e8ne d'Anachucuna, autre point d'entr\u00e9e cl\u00e9 dans la jungle (voir carte 5).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, dans un laps de temps relativement court, les flux \u00e0 travers le Dari\u00e9n se sont diversifi\u00e9s et le volume de migrants a augment\u00e9. Les ressortissants cubains et ha\u00eftiens ont explor\u00e9 d'autres chemins, cr\u00e9ant de nouvelles routes et d\u00e9fiant les risques, ce qui a repr\u00e9sent\u00e9 un d\u00e9fi logistique qui a expos\u00e9 la mis\u00e8re de la condition humaine (Clot et Mart\u00ednez, 2018) et leur a caus\u00e9 de nombreux maux de c\u0153ur et des pertes qui sont devenues leurs histoires les plus tristes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L'Europe, premi\u00e8re fronti\u00e8re<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans le m\u00eame temps, le durcissement de la politique migratoire europ\u00e9enne s'est traduit par des mesures de toutes sortes visant \u00e0 limiter l'arriv\u00e9e et le libre transit des migrants d'origine africaine et asiatique, ce qui a incit\u00e9 cette population \u00e0 se tourner vers l'Am\u00e9rique, en particulier les \u00c9tats-Unis, comme nouvelle destination et lieu de possibilit\u00e9s. Delhi, Dhaka, Istanbul, Duba\u00ef, Johannesburg, Le Cap, Casablanca, Luanda et Addis-Abeba sont devenus des liaisons a\u00e9riennes entre le sous-continent indien et l'Afrique et le Br\u00e9sil. De l\u00e0, ce flux se d\u00e9pla\u00e7ait par divers moyens vers le P\u00e9rou, l'\u00c9quateur et la Colombie (Vilchez, 2016) (voir carte 6).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_6-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 6: Rutas As\u00eda-\u00c1frica-Am\u00e9rica; Brasil-Per\u00fa-Ecuador-Colombia. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_6-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 6 : Itin\u00e9raires Asie-Afrique-Am\u00e9rique ; Br\u00e9sil-P\u00e9rou-\u00c9quateur-Colombie. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Ainsi, la travers\u00e9e du Dari\u00e9n est devenue une opportunit\u00e9 pour les personnes en d\u00e9placement depuis l'autre c\u00f4t\u00e9 de l'Atlantique. Selon les donn\u00e9es de Senafront (n\/d), en 2018, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des migrants entr\u00e9s irr\u00e9guli\u00e8rement par les postes de Lajas Blancas et San Vicente venaient d'Inde et du Bangladesh.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l'augmentation des flux, au Panama, les comarcas indig\u00e8nes Guna Yala et Ember\u00e1-Wounaan ont commenc\u00e9 \u00e0 faire payer la travers\u00e9e de leurs territoires et le camping, et les services de transfert dans des embarcations appel\u00e9es piraguas ont commenc\u00e9 \u00e0 prolif\u00e9rer. Le nombre de nationalit\u00e9s des migrants s'est \u00e9galement diversifi\u00e9. cet \u00e9gard, l'une des cons\u00e9quences les plus notoires a \u00e9t\u00e9 l'int\u00e9gration de r\u00e9seaux internationaux de traite des \u00eatres humains \u00e0 des structures locales pour \"faciliter\" la travers\u00e9e du Dari\u00e9n, ce qui a permis de synchroniser certains itin\u00e9raires et d'en cr\u00e9er de nouveaux, y compris maritimes, \u00e0 des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s (Villalibre, 2015 ; Miraglia, 2016).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La chute de Turbo<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En 2018, apr\u00e8s l'ouverture d'un service maritime entre Necocl\u00ed et Capurgan\u00e1, la route Turbo a perdu de son \u00e9lan. L'itin\u00e9raire de Necocl\u00ed \u00e9tait plus court et plus s\u00fbr, ce qui a incit\u00e9 les migrants \u00e0 commencer \u00e0 l'utiliser. Les bateaux de type catamaran fonctionnaient de 7 heures \u00e0 17 heures, avec deux types de d\u00e9parts : certains pour les locaux et les touristes et d'autres pour les migrants, qui devaient payer un billet de retour, m\u00eame si le voyage de retour n'\u00e9tait pas n\u00e9cessaire (informations obtenues lors d'entretiens).<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne les changements culturels, les habitants locaux ont expliqu\u00e9 que certains m\u00e9tiers traditionnels de la r\u00e9gion ont commenc\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre, la population consid\u00e9rant les migrants comme un moyen s\u00fbr de gagner de l'argent. Ainsi, les anciens m\u00e9tiers ont \u00e9t\u00e9 rapidement remplac\u00e9s par de nouveaux r\u00f4les tels que batelier, assistant de batelier, vendeur de camping dans la jungle, aiguilleur, facilitateur, coyote, guide ou porteur de sacs et de provisions.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, les itin\u00e9raires pour traverser le Dari\u00e9n changeaient r\u00e9guli\u00e8rement pour diverses raisons ; parmi les plus connus et les plus fr\u00e9quent\u00e9s, on peut citer les suivants :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Turbo-Capurgan\u00e1-El Cielo-Armilla-Anachucuna-Cana\u00e1n Membrillo-San Vicente.<\/li>\n\n\n\n<li>Necocl\u00ed-Capurgan\u00e1-Carreto-La Llorona-Cana\u00e1n Membrillo-San Vicente.<\/li>\n\n\n\n<li>Turbo-Acand\u00ed-La Bandera-Come Gallina-Bajo Chiquito-Lajas Blancas.<\/li>\n\n\n\n<li>Necocl\u00ed-Acand\u00ed-La Bandera-Come Gallina-Bajo Chiquito-Lajas Blancas (voir carte 7).<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_7-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 7: Rutas m\u00e1s conocidas y transitadas para cruzar el Dari\u00e9n. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_7-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 7 : Itin\u00e9raires les plus populaires et les plus fr\u00e9quent\u00e9s pour traverser le Dari\u00e9n. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Pour les migrants, tous les itin\u00e9raires impliquent un investissement \u00e9conomique consid\u00e9rable et de longs voyages avec de longues randonn\u00e9es allant de trois \u00e0 six jours, des transferts \u00e9galement dans des bateaux et des cano\u00ebs et, enfin, dans les bus Senafront du Panama. En outre, selon les t\u00e9moignages, depuis 2014, les groupes criminels et les trafiquants d'\u00eatres humains ont mis en place une pratique consistant \u00e0 extorquer de l'argent aux migrants en payant des taxes, des vaccins ou des collaborations, connues sous le nom de \"taxe d'arriv\u00e9e, frais de s\u00e9curit\u00e9 et de guide et taxe de d\u00e9part\".<\/p>\n\n\n\n<p>En raison des mesures sanitaires prises pendant la pand\u00e9mie de covid-19 et de la fermeture des ports frontaliers en \u00c9quateur, en Colombie et au Panama, le Senafront a estim\u00e9 que plus de 25 000 migrants, pour la plupart d'origine ha\u00eftienne, \u00e9taient bloqu\u00e9s \u00e0 Turbo, Necocl\u00ed et Capurgan\u00e1 (Corbino, 2021) jusqu'en ao\u00fbt 2021, lorsque la r\u00e9ouverture de la fronti\u00e8re panam\u00e9enne a fait na\u00eetre l'espoir de poursuivre la travers\u00e9e. Cependant, le gouvernement panam\u00e9en n'\u00e9tait dispos\u00e9 \u00e0 admettre que 650 personnes par jour, ce qui a provoqu\u00e9 des pressions principalement de la part des migrants ha\u00eftiens et cubains, qui ont accus\u00e9 les dirigeants locaux de manquer de sensibilit\u00e9. La r\u00e9ponse des autorit\u00e9s a \u00e9t\u00e9 qu'\u00e0 partir d'octobre 2021, Acand\u00ed a \u00e9t\u00e9 inscrit comme nouveau point de passage et de contr\u00f4le de la fronti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u00e0 \u00e0 la fronti\u00e8re panam\u00e9enne, l'itin\u00e9raire implique une marche d'environ huit heures. Ensuite, pour atteindre la ville de Bajo Chiquito, il commence un nouveau voyage \u00e0 partir d'une altitude de 50 m\u00e8tres, en traversant des rivi\u00e8res et des zones mar\u00e9cageuses \u00e0 travers une g\u00e9ographie accident\u00e9e, jusqu'\u00e0 atteindre une altitude de 1 000 m\u00e8tres, avec d'importantes variations climatiques (voir carte 8).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_8-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 8: Lugares de estancamiento por covid-19, 2021. Acand\u00ed, ruta pospandemia 2022. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_8-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 8 : Lieux de stagnation par covid-19, 2021. Acand\u00ed, route post-pand\u00e9mique 2022. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Selon les personnes interrog\u00e9es, le passage le plus difficile est celui du Panama. Ana, qui avait quitt\u00e9 l'\u00c9quateur avec sa famille un mois plus t\u00f4t parce qu'\"il y a beaucoup de violence [...] il y a des mafias d'extorsion, des vaccinateurs [...] qui vous menacent, vous envoient un papier et vous disent que si vous ne leur donnez pas l'argent, ils br\u00fbleront votre commerce ou vous tueront\", a expliqu\u00e9 que pour se rendre \u00e0 Bajo Chiquito, ils ont march\u00e9 \"de 6 heures du matin \u00e0 6 heures de l'apr\u00e8s-midi, sans s'arr\u00eater de marcher du c\u00f4t\u00e9 du Panama\".<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de l'entretien, elle a confi\u00e9 que les plus grands risques ont \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9s au Panama. Pour elle :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">C'est pire que dans la jungle, parce que dans la jungle au moins il y a de la nourriture, il y a des quilles, il y a de la passion [...] mais quand vous passez le fleuve Panama, c'est terrible [...] il y a de l'eau, mais cette eau est contamin\u00e9e et vous ne pouvez pas la boire, et si vous restez sans eau, vous ne pouvez pas aller \u00e0 Bajo Chiquito, qui est un endroit o\u00f9 il y a des gens purs, comme des Indiens (entretien, migrant \u00e9quatorien, septembre, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Un migrant ha\u00eftien de 30 ans qui a travers\u00e9 la r\u00e9gion \u00e0 la fin de l'ann\u00e9e 2021 a racont\u00e9 son exp\u00e9rience au cours de ce voyage :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Avant d'entrer au Panama, il y a trois montagnes tr\u00e8s hautes, une premi\u00e8re de trois heures, une deuxi\u00e8me de quatre heures, en montant et en descendant, et la troisi\u00e8me, encore plus haute, de six heures. C'est alors que vient la partie la plus difficile. Je commence \u00e0 grimper \u00e0 midi, \u00e0 6 ou 7 heures du soir, vous atteignez un tr\u00e8s gros rocher, la fatigue vous \u00e9puise. Il faut descendre et regarder la for\u00eat noire, il faut traverser un rocher qu'ils appellent la \"colline de la mort\" parce que si vous tombez, vous mourez. En bas, il y a plus de jungle et des animaux sauvages. Les gens suivent cette rivi\u00e8re pendant trois jours jusqu'\u00e0 ce qu'ils atteignent le premier refuge. Pendant ces trois jours, la partie la plus dangereuse commence car il pleut et le sol est tr\u00e8s boueux, il faut s'accrocher aux arbres pour survivre ; il n'y a pas moyen de dormir, on est comme un zombie tout le temps, on dirait une zone de mort. A l'aube, tout le monde part sur un chemin avec beaucoup de sous-bois. Les premiers \u00e0 partir marquent le chemin avec des v\u00eatements et des machettes pour savoir o\u00f9 aller, car on peut mourir et dispara\u00eetre. C'est alors que commence l'enfer, car on ne peut ni manger, ni boire de l'eau, ni se reposer, on ne peut pas dormir, et il faut aussi faire attention aux bandits qui vous volent et vous tuent. Ton esprit a besoin d'\u00e9nergie, tu dois \u00eatre comme un animal sauvage [...] parfois tu dois abandonner les gens qui t'accompagnent. Ensuite suit une rivi\u00e8re dangereuse, le courant traverse avec des radeaux [...] j'ai vu des enfants qui ont \u00e9t\u00e9 aval\u00e9s par la rivi\u00e8re [...] ils ont disparu. En arrivant du c\u00f4t\u00e9 panam\u00e9en, c'est un v\u00e9ritable enfer, on commence \u00e0 voir les morts dans la rivi\u00e8re [...] on sent l'odeur des morts. Au premier arr\u00eat, on commence \u00e0 respirer un peu, tout le monde a soif, il faut attendre qu'il y ait une bonne source pour boire de l'eau et ne pas boire l'eau contamin\u00e9e de la rivi\u00e8re. Quand on voit l'horizon, on est proche de l'arriv\u00e9e (entretien, migrant ha\u00eftien, d\u00e9cembre 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame en sachant ce que les personnes interrog\u00e9es ont rapport\u00e9, en 2021, 83 000 migrants d'origine ha\u00eftienne ont travers\u00e9 le Dari\u00e9n par Acand\u00ed, et leur exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 cruciale pour ceux qui ont suivi cette route. Le choix de la route de la jungle d\u00e9pend dans une large mesure des ressources \u00e9conomiques disponibles, car les guides locaux et les \"coyotes\" offrent des services dont le danger varie en fonction du co\u00fbt. C'est pourquoi certains optent pour le transport par bateau, tandis que d'autres choisissent des itin\u00e9raires terrestres plus ardus, comme la route Acand\u00ed, d\u00e9finie comme la plus extr\u00eame et la plus dangereuse, \u00e9galement connue sous le nom de \"route ha\u00eftienne\" (Clot et Mart\u00ednez, 2018 ; C\u00e1rdenas, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>En 2022, le nombre de travers\u00e9es a presque doubl\u00e9 par rapport \u00e0 l'ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Le service panam\u00e9en des migrations a enregistr\u00e9 l'entr\u00e9e de 248 284 migrants irr\u00e9guliers, dont 70% en provenance du Venezuela, suivis par des personnes originaires d'Ha\u00efti et d'\u00c9quateur, ces derni\u00e8res en raison d'une nouvelle phase de violence politique et \u00e9conomique dans leur pays. Un autre fait important est qu'\u00e0 partir de cette ann\u00e9e-l\u00e0, le nombre de travers\u00e9es de Cubains a diminu\u00e9 parce qu'ils ont chang\u00e9 d'itin\u00e9raire et ont commenc\u00e9 \u00e0 voyager par avion vers le Nicaragua, en \u00e9vitant le point de passage de Darien (Hern\u00e1ndez, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>L'arriv\u00e9e massive de migrants v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens est devenue \u00e9vidente : jeunes familles, femmes seules ou avec des enfants en bas \u00e2ge, hommes c\u00e9libataires, populations non binaires, mineurs non accompagn\u00e9s, groupes de voisins et coll\u00e8gues de travail les ont rejoints plus fr\u00e9quemment. Ils forment des contingents de milliers de personnes, rejoints par d'autres qui r\u00e9\u00e9migrent depuis l'Argentine, le Chili, le Br\u00e9sil et le P\u00e9rou. En octobre 2022, le flux de V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens d\u00e9passait les 150 000 personnes (Senafront, n.d. A) (voir carte 9).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_9-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2481x3509\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 9: Pa\u00edses sudamericanos que contribuyeron al flujo internacional por el Dari\u00e9n con destino a Estados Unidos, 2022. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_9-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 9 : Pays d'Am\u00e9rique du Sud qui ont contribu\u00e9 au flux international par le Dari\u00e9n vers les \u00c9tats-Unis, 2022. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>D'une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les routes migratoires sont contr\u00f4l\u00e9es par des organisations criminelles qui jouent le r\u00f4le de garants de la s\u00e9curit\u00e9 depuis Turbo et Necocl\u00ed, et leur domination s'\u00e9tend le long de la route de la jungle jusqu'\u00e0 la fronti\u00e8re panam\u00e9enne. La travers\u00e9e la plus courte par le Dari\u00e9n dure entre quatre et cinq jours, et la plus longue entre huit et douze jours. \u00c0 Necocl\u00ed, la plage est devenue un vaste camp d'accueil pour des centaines de migrants qui attendent une place pour continuer vers Acand\u00ed et Capurgan\u00e1. L'attente peut durer d'une semaine \u00e0 dix jours. T\u00f4t le matin, des bateaux transportant 60 \u00e0 80 passagers, pour la plupart des migrants, quittent les trois quais de la r\u00e9gion pour traverser le golfe d'Urab\u00e1. \u00c0 leur arriv\u00e9e \u00e0 Acand\u00ed ou Capurgan\u00e1, ils sont transf\u00e9r\u00e9s par les m\u00eames groupes qui contr\u00f4lent la traite des \u00eatres humains vers des camps ou des abris.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Turbo et Necocl\u00ed, on leur offre des services de transfert, de guide et de s\u00e9curit\u00e9 pour un co\u00fbt moyen de 340 dollars am\u00e9ricains par personne, ce qui couvre le paiement de la travers\u00e9e du golfe d'Urab\u00e1, une ou deux nuits d'h\u00e9bergement sans lit dans un campement, un d\u00e9jeuner l\u00e9ger, le transfert vers le deuxi\u00e8me campement, la s\u00e9curit\u00e9 et le guide jusqu'\u00e0 la fronti\u00e8re panam\u00e9enne. Une fois le paiement effectu\u00e9, ils re\u00e7oivent une paire de bracelets \u00e0 porter en permanence. \u00c0 leur arriv\u00e9e au premier camp, les migrants doivent remettre leurs documents d'identit\u00e9 ou leurs passeports, qui sont v\u00e9rifi\u00e9s dans un syst\u00e8me auquel ces groupes ont acc\u00e8s. Si tout est en ordre, un autocollant est appos\u00e9 sur chaque document, qui fait office de certification. Aucun migrant ne peut se pr\u00e9senter \u00e0 la fronti\u00e8re sans avoir pay\u00e9 cette taxe.<\/p>\n\n\n\n<p>Les tarifs de ces services varient en fonction de la nationalit\u00e9 des migrants et se situent, selon leurs dires, entre 2 000 et 5 000 dollars par personne. En outre, dans le cadre de la modernisation des services fournis par ces organisations, les camps de Capurgan\u00e1 et d'Acand\u00ed ont commenc\u00e9 \u00e0 vendre - \u00e0 des prix \u00e9lev\u00e9s - de la nourriture, des boissons fra\u00eeches et du temps d'antenne pour les t\u00e9l\u00e9phones portables, des services que seules certaines personnes peuvent s'offrir.<\/p>\n\n\n\n<p>Une migrante v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne qui a fait ce voyage avec son mari et ses trois enfants nous a fait part de ce qui suit : \" Nous avons eu tr\u00e8s faim et tr\u00e8s soif pendant tout le trajet [...] si les gouvernements font attention \u00e0 vous \u00e0 cause de vos universit\u00e9s, je sugg\u00e9rerais que, s'il vous pla\u00eet, \u00e0 chaque point de passage de la fronti\u00e8re, ils mettent de la nourriture et de l'eau gratuitement \". En ce qui concerne le temps pass\u00e9 dans la jungle, elle a ajout\u00e9 que \"c'\u00e9tait soit continuer le voyage, soit rester bloqu\u00e9 [dans le Dari\u00e9n] et manger\" (entretien, migrant v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien, janvier 2024).<\/p>\n\n\n\n<p>La crise s'aggrave le 12 octobre 2022 lorsque les Etats-Unis annoncent leur d\u00e9cision de rejeter les migrants v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens arrivant par voie terrestre \u00e0 leur fronti\u00e8re sud, provoquant une grande confusion. L'\u00e9tape suivante devient difficile, car il faut choisir entre continuer et rester bloqu\u00e9 au Panama ou dans un pays d'Am\u00e9rique centrale, ou retourner au Venezuela (Pi\u00f1a, 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Necocl\u00ed, trois groupes de migrants ont attir\u00e9 notre attention. Le premier est compos\u00e9 de neuf hommes et d'une femme, tous originaires d'un quartier pauvre de Valencia, au Venezuela. Ils s'\u00e9taient organis\u00e9s pour faire le voyage et avaient vendu leurs voitures, leurs biens m\u00e9nagers et leurs outils ; certains avaient contract\u00e9 des emprunts, d'autres avaient r\u00e9ussi \u00e0 trouver des ressources aupr\u00e8s de leurs proches. Le 5 octobre 2022, ils se sont retrouv\u00e9s \u00e0 Medell\u00edn, d'o\u00f9 ils ont pris un bus pour Necocl\u00ed. L\u00e0, ils ont achet\u00e9 l'\u00e9quipement et les fournitures n\u00e9cessaires pour traverser la jungle et \u00e9taient sur le point d'acheter le \"combo\", qui comprenait le paiement de 280 dollars am\u00e9ricains pour couvrir les frais de transfert maritime, les services de guide, la taxe d'entr\u00e9e et la protection dans la jungle.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils \u00e9taient accompagn\u00e9s d'un guide v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien de 17 ans qui avait travers\u00e9 le Dari\u00e9n trois fois et connaissait la route jusqu'\u00e0 la fronti\u00e8re de Piedras Negras, Coahuila, Mexique. Ce jeune homme leur a dessin\u00e9 une carte d\u00e9taill\u00e9e de la route \u00e0 suivre. Cependant, le moment n'est pas favorable pour le groupe, car la nouvelle que les \u00c9tats-Unis fermeront leur fronti\u00e8re le 12 octobre les fait reconsid\u00e9rer leurs plans. Certains ont vendu ce qu'ils poss\u00e9daient pour payer leur retour au Venezuela et d'autres ont cherch\u00e9 du travail dans une ville colombienne ; parmi eux se trouvaient des cuisiniers, des m\u00e9caniciens, des coiffeurs et des ma\u00e7ons.<\/p>\n\n\n\n<p>Le second groupe \u00e9tait une famille v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne d'origine paysanne, compos\u00e9e d'un couple mari\u00e9 avec deux fils, \u00e2g\u00e9s de 18 et 16 ans, et deux filles, \u00e2g\u00e9es de 10 et 4 ans. Leur espoir \u00e9tait d'atteindre les \u00c9tats-Unis afin que les enfants les plus \u00e2g\u00e9s puissent recevoir des soins m\u00e9dicaux dans les h\u00f4pitaux Shriners, car tous deux souffraient d'une malformation des mains et n'avaient pas re\u00e7u les soins n\u00e9cessaires en Colombie ou au Venezuela. Leurs ressources \u00e9taient limit\u00e9es et ils s'adonnaient \u00e0 la p\u00eache et \u00e0 la cueillette de nourriture. Malheureusement, leur projet d'\u00e9migration vers les \u00c9tats-Unis a \u00e9t\u00e9 interrompu par la politique d'immigration de Joe Biden.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dernier groupe \u00e9tait compos\u00e9 de migrants v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens rencontr\u00e9s \u00e0 leur arriv\u00e9e \u00e0 Necocl\u00ed. Quatre d'entre eux \u00e9taient des hommes \u00e2g\u00e9s de 20 \u00e0 40 ans, et deux \u00e9taient des familles avec de jeunes enfants. Ensemble, ils ont install\u00e9 un campement sur la plage, partag\u00e9 un feu et improvis\u00e9 des latrines. Gr\u00e2ce \u00e0 l'aide des religieuses, ils ont re\u00e7u des provisions et partag\u00e9 leur nourriture. Deux jours apr\u00e8s la nouvelle de la soi-disant fermeture de la fronti\u00e8re, le groupe a d\u00e9cid\u00e9 de se s\u00e9parer. Malgr\u00e9 ce moment difficile, Jorge et Jos\u00e9, beaux-fr\u00e8res vivant en Colombie depuis quelques ann\u00e9es, ne voulaient pas faire demi-tour. Ils avaient r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9conomiser suffisamment d'argent pour entreprendre le voyage ; en outre, leur foi \u00e9tait aveugle et \"avec des invocations et des pri\u00e8res au Seigneur J\u00e9sus-Christ\", ils esp\u00e9raient atteindre leur but.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dernier cas a fait l'objet d'un suivi. Un an apr\u00e8s le d\u00e9but de l'aventure, Jorge a atteint le New Jersey, mais son beau-fr\u00e8re a eu moins de chance. Pour lui, la travers\u00e9e de la jungle du Darien a \u00e9t\u00e9 le premier d\u00e9fi, et une grande partie de sa r\u00e9ussite a \u00e9t\u00e9 due \u00e0 la recherche de conseils sur l'itin\u00e9raire sur les r\u00e9seaux sociaux, principalement WhatsApp et TikTok. Jorge a racont\u00e9 \u00e0 quel point le voyage a \u00e9t\u00e9 \u00e9prouvant, comment il a vu des familles et des enfants malades, et comment il a fait l'exp\u00e9rience d'une chose que de nombreuses personnes interrog\u00e9es ont mentionn\u00e9e, \"l'odeur [des] morts\".<\/p>\n\n\n\n<p>Des sacs bleus \u00e9parpill\u00e9s dans les sous-bois le guident sur le chemin, o\u00f9 il rencontre des gens d'autres nationalit\u00e9s et d\u00e9couvre combien l'eau est pr\u00e9cieuse. Apr\u00e8s quatre jours de marche, il parvient \u00e0 atteindre Bajo Chiquito et, tant bien que mal, \u00e0 r\u00e9unir l'argent n\u00e9cessaire pour payer le cano\u00eb qui le conduira au poste de migration de Lajas Blancas. \u00c0 son arriv\u00e9e, il a \u00e9t\u00e9 accueilli par des soldats qui ont divis\u00e9 le groupe selon les crit\u00e8res suivants : les personnes tatou\u00e9es et celles qui ne l'\u00e9taient pas, ce qui a engendr\u00e9 un sentiment de stigmatisation et de discrimination chez les premi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 ce que le gouvernement am\u00e9ricain avait pr\u00e9vu en resserrant ses fronti\u00e8res, \u00e0 partir du 12 octobre 2022, le flux migratoire a largement d\u00e9pass\u00e9 les chiffres des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes ; m\u00eame des personnes de nouvelles nationalit\u00e9s, comme les Chinois, se sont jointes \u00e0 l'immigration. Quelques mois plus tard, des rumeurs ont circul\u00e9 selon lesquelles le Panama et le Costa Rica fermeraient leurs fronti\u00e8res au transit irr\u00e9gulier, ce qui aurait d\u00e9clench\u00e9 une autre grande vague migratoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les installations des points de contr\u00f4le de Lajas Blancas et de San Vicente, g\u00e9r\u00e9es par le Senafront et l'agence de migration du Panama, en collaboration avec des organisations internationales telles que la F\u00e9d\u00e9ration internationale de la Croix-Rouge, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (HCR), ont \u00e9t\u00e9 mises en place par le Senafront et l'agence de migration du Panama.<span class=\"small-caps\">unhcr<\/span>), ont continu\u00e9 \u00e0 fonctionner r\u00e9guli\u00e8rement. Les camps accueillaient jusqu'\u00e0 2 000 personnes par jour, dont seulement 1 000 \u00e9taient transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 la fronti\u00e8re costaricienne, qui devaient payer une taxe de 45 \u00e0 50 dollars pour leur transfert en bus du sud du Panama vers un camp situ\u00e9 au nord, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re costaricienne. C'est \u00e0 ce point de connexion que les autorit\u00e9s panam\u00e9ennes et costariciennes coordonnent le processus qui permet aux migrants d'atteindre le Costa Rica (Senafront, n.d. A) (voir carte 10).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_10-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 10: Ruta Metet\u00ed- Paso Canoas, Panam\u00e1, frontera con Costa Rica. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_10-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 10 : Route Metet\u00ed- Paso Canoas, Panama, fronti\u00e8re avec le Costa Rica. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Au Costa Rica, les agences gouvernementales et les organisations internationales fournissent aux migrants de la nourriture, un abri et des soins m\u00e9dicaux de base dans les centres d'attention temporaire pour les migrants. Ces mesures sont destin\u00e9es \u00e0 leur permettre de poursuivre leur voyage vers le Nicaragua le plus rapidement possible. Apr\u00e8s huit heures de bus et un paiement de 40 USD, ils sont transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 Los Chiles, un canton de la province d'Alajuela, \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Nicaragua, qui compte environ 35 000 habitants et dont l'\u00e9conomie est essentiellement agricole. Pendant de nombreuses ann\u00e9es, le passage vers le Nicaragua s'effectuait par le fleuve San Juan, mais il est d\u00e9sormais officiellement ferm\u00e9 (voir carte 11).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_11-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 11: Ruta Paso Canoas, Costa Rica-Los Chiles, frontera con Nicaragua, 2023. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_11-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 11 : Route Paso Canoas, Costa Rica-Los Chiles, fronti\u00e8re avec le Nicaragua, 2023. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>\u00c0 Los Chiles, les migrants sont approch\u00e9s par des guides, des chauffeurs de taxi clandestins et des coyotes qui leur proposent de parcourir huit kilom\u00e8tres jusqu'au poste fronti\u00e8re de Las Tablillas (voir carte 11). Pendant la saison des pluies, le transit implique le paiement d'une taxe. Certains locaux louent des bottes en caoutchouc pour trois dollars, d'autres font payer le nettoyage de la boue sur les pieds des migrants, d'autres encore leur vendent des d\u00e9jeuners et des boissons (voir carte 12).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_12-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 12: Ruta San Pancho, Nicaragua-Las Manos, frontera con Honduras, 2023. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_12-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 12 : Route de San Pancho, Nicaragua-Las Manos, fronti\u00e8re avec le Honduras, 2023. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Contrairement au Panama et au Costa Rica, qui g\u00e8rent la migration de transit de mani\u00e8re coordonn\u00e9e, le Nicaragua n'a pas de politique officielle en la mati\u00e8re, de sorte que les autorit\u00e9s migratoires et polici\u00e8res agissent \u00e0 leur discr\u00e9tion. Si un migrant souhaite entrer dans le pays par le poste fronti\u00e8re de San Pancho, au Nicaragua, il doit payer 150 dollars ; sinon, il devra traverser une piste, longer une haute cl\u00f4ture en b\u00e9ton, passer \u00e0 travers des orangeraies et marcher \u00e0 la recherche d'un moyen de transport non officiel dans la chaleur humide. Une fois le Nicaragua travers\u00e9, le prochain d\u00e9fi consistera \u00e0 franchir la fronti\u00e8re avec le Honduras, o\u00f9 il sera possible de le faire officiellement ou clandestinement, en fonction des ressources financi\u00e8res de chacun.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L'itin\u00e9raire de Guasaule, Honduras, au Salvador : transit \u00e0 travers le plus petit pays d'Am\u00e9rique centrale<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le poste fronti\u00e8re de Guasaule, au Honduras, est un point de transit pour des centaines de migrants nicaraguayens qui quittent leur pays par n\u00e9cessit\u00e9 et par peur. \u00c0 travers ce qu'ils appellent une \"excursion\", ces migrants traversent le Triangle du Nord de l'Am\u00e9rique centrale pour se rendre aux \u00c9tats-Unis. Depuis le soul\u00e8vement de 2018, la situation \u00e9conomique et politique au Nicaragua s'est aggrav\u00e9e et a provoqu\u00e9 un important exode. On estime que jusqu'\u00e0 40 bus de migrants arrivent quotidiennement au poste de Guasaule, dont 90% sont nicaraguayens.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme pour les autres fronti\u00e8res, l'utilisation de \"trochas\" ou \"passes aveugles\" est une alternative. A moins d'un kilom\u00e8tre de la douane, le commerce des balseros est florissant. A l'aide d'un pneu attach\u00e9 \u00e0 une armature en bois, les balseros transportent les gens d'une rive \u00e0 l'autre du Guasaule, le fleuve qui marque la fronti\u00e8re entre le Nicaragua et le Honduras ; le prix de ce service varie de 20 \u00e0 30 lempiras (un \u00e0 cinq dollars), tandis que ceux qui traversent le fleuve \u00e0 cheval paient 100 lempiras. Pour les vendeurs de nourriture, les radeaux et les changeurs de monnaie, l'exode nicaraguayen repr\u00e9sente une opportunit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9rer des revenus (Hern\u00e1ndez, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>L'entr\u00e9e des migrants nicaraguayens au Honduras est simple. La gare routi\u00e8re principale est situ\u00e9e \u00e0 quelques pas du bureau des douanes, d'o\u00f9 partent les transports pour Choluteca, une ville situ\u00e9e \u00e0 46 kilom\u00e8tres. Le point suivant est El Amatillo, le port d'entr\u00e9e au Salvador. La travers\u00e9e du Honduras dure trois heures. Selon l'Institut national des migrations du Honduras (2022), entre le 1er janvier et le 23 octobre 2022, 239 091 Nicaraguayens ont travers\u00e9 le Honduras.<\/p>\n\n\n\n<p>El Amatillo, situ\u00e9 dans le d\u00e9partement de La Uni\u00f3n, est le premier poste fronti\u00e8re int\u00e9gr\u00e9 du Salvador. En octobre 2023, les installations de ce poste moderne, g\u00e9r\u00e9 conjointement par les gouvernements du Honduras et du Salvador, ont \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9es. La travers\u00e9e est rapide et facile, puisqu'il suffit de pr\u00e9senter ses documents de voyage - passeport ou carte d'identit\u00e9 - \u00e0 la sortie ou \u00e0 l'entr\u00e9e, tandis que ceux qui n'en ont pas peuvent entrer en radeau sur la rivi\u00e8re Goascor\u00e1n.<\/p>\n\n\n\n<p>En bus, le trajet entre El Amatillo et San Salvador dure cinq heures, et de l\u00e0, la compagnie C\u00f3ndor Internacional propose un transport direct jusqu'\u00e0 la fronti\u00e8re de Tec\u00fan Um\u00e1n au prix de 45 dollars par personne. Un Salvadorien de 22 ans a fait les recommandations suivantes :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">L'id\u00e9al est de voyager avec des bagages l\u00e9gers et de r\u00e9server ses billets deux jours \u00e0 l'avance. Lorsque vous quittez le Salvador, l'odyss\u00e9e commence. Les gens n'ont pas besoin de changer tous leurs dollars en quetzales, tout au plus une centaine. Pendant les huit heures que dure le voyage, les chauffeurs sont en contact avec la police et, en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 chaque endroit, vous \u00eates arr\u00eat\u00e9 et extorqu\u00e9, m\u00eame si vous \u00eates salvadorien. Il faut dire \u00e0 la police que l'on va au refuge Quetzal, cela permet de se couvrir (entretien avec un migrant salvadorien, f\u00e9vrier 2024) (voir carte 13).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_13-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 13: Corredores migratorios en el territorio del Tri\u00e1ngulo del Norte, 2023. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_13-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 13 : Couloirs migratoires dans le territoire du Triangle du Nord, 2023. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Depuis trois d\u00e9cennies, le Salvador est un pays de d\u00e9part pour les migrants vers les \u00c9tats-Unis ; le transit des migrants d'autres pays par son territoire ne repr\u00e9sente pas un flux important, car ils entrent g\u00e9n\u00e9ralement au Guatemala par le Honduras.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Honduras : restrictions \u00e0 l'immigration et exemption des droits de laissez-passer<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Las Manos est la fronti\u00e8re terrestre la plus proche de Tegucigalpa. Les migrants entrent g\u00e9n\u00e9ralement au Honduras par des pistes, puis voyagent en v\u00e9hicules de transport de marchandises et en motos-taxis jusqu'\u00e0 Danl\u00ed, o\u00f9 ils doivent demander un laissez-passer, qu'ils attendent un \u00e0 deux jours en raison du grand nombre de demandes. Lorsqu'ils quittent la ville, la premi\u00e8re chose qu'ils font est de trouver les \"bus de migrants\", de vieux bus qui offrent des services \u00e0 bas prix.<\/p>\n\n\n\n<p>Le trajet de Danl\u00ed \u00e0 Tegucigalpa est de 160 kilom\u00e8tres et dure quatre heures sur une route \u00e9troite et cahoteuse. En cours de route, les migrants rencontrent des postes de contr\u00f4le de la police ou de l'arm\u00e9e o\u00f9 on leur demande de coop\u00e9rer, sous la forme de contributions en lempiras ou en dollars. Malgr\u00e9 cela, les migrants estiment que le Honduras n'est pas un pays qui les rejette ou les discrimine (voir carte 13).<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe trois postes-fronti\u00e8res officiels entre Tegucigalpa et le Guatemala. Les plus importants sont Agua Caliente et le port de Corinto ; les distances routi\u00e8res sont respectivement de 300 km et 370 km, mais le mauvais \u00e9tat des routes fait que le transport peut durer jusqu'\u00e0 six heures. Au port de Corinto, l'entr\u00e9e au Guatemala est soumise \u00e0 des contr\u00f4les rigoureux, y compris des fouilles biom\u00e9triques ; toutefois, comme \u00e0 d'autres fronti\u00e8res d'Am\u00e9rique centrale, les personnes qui ne remplissent pas les conditions d'entr\u00e9e officielle peuvent acc\u00e9der \u00e0 la fronti\u00e8re par les \"trochas\" (sentiers) (voir carte 13).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Guatemala : un chemin difficile pour les migrants<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La ville d'Agua Caliente, au Honduras, est pour beaucoup le point d'arriv\u00e9e le plus proche du Guatemala, o\u00f9 les conditions de mobilit\u00e9 sont s\u00e9v\u00e8res. Tout au long de la journ\u00e9e, on peut observer l'agitation de centaines de personnes marchant sur des sentiers pour \u00e9viter de franchir le poste de contr\u00f4le frontalier. Une fois au Guatemala, le premier objectif est d'atteindre Esquipulas, un endroit cl\u00e9 sur la route vers les \u00c9tats-Unis, o\u00f9 un r\u00e9seau complexe d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la traite des \u00eatres humains a \u00e9t\u00e9 mis en place. De l'avis de nombreux migrants, traverser le Guatemala de mani\u00e8re irr\u00e9guli\u00e8re sans l'aide d'une organisation criminelle peut s'av\u00e9rer dangereux (voir carte 13). Une V\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne de 34 ans a d\u00e9clar\u00e9 que le Guatemala \u00e9tait le pays du voyage o\u00f9 elle avait re\u00e7u le moins d'attention. \"Au Honduras, ils nous ont donn\u00e9 un sauf-conduit pour traverser le pays en cinq jours et ils ne nous ont rien fait payer. Ici, depuis que nous sommes arriv\u00e9s, nous n'avons rien vu de la part du gouvernement ; au contraire, la pr\u00e9sence de la police s'est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre un grand vol\" (entretien, migrant v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien, octobre 2023).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/imagen_1-3-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3474x2605\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1: Ellas y el mapa en Tapanatepec, Oaxaca. Fuente: Am\u00e9rica Navarro, 2023.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/imagen_1-3-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 1 : Ils et la carte \u00e0 Tapanatepec, Oaxaca. Source : Am\u00e9rica Navarro, 2023 : Am\u00e9rica Navarro, 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les migrants s'accordent \u00e0 dire que tous leurs droits sont viol\u00e9s au Guatemala. Les t\u00e9moignages abondent de femmes qui ont fait \u00e9tat d'abus sexuels et psychologiques alors qu'elles \u00e9taient enferm\u00e9es dans des pi\u00e8ces avant que les \"responsables de l'application des lois\" ne les laissent partir pour la fronti\u00e8re mexicaine. Le long de cette route, elles doivent franchir plusieurs points de contr\u00f4le, pr\u00e9f\u00e9rant souvent marcher sur un terrain escarp\u00e9 pour \u00e9viter d'\u00eatre captur\u00e9es par la police ou l'arm\u00e9e. A chaque poste de contr\u00f4le, les gardes demandent des contributions ou des pots-de-vin de 10 \u00e0 30 dollars ou l'\u00e9quivalent en quetzales.<\/p>\n\n\n\n<p>Le co\u00fbt du transfert vers la fronti\u00e8re de Tec\u00fan Um\u00e1n est de 300 dollars, ce qui comprend une ou deux nuits d'h\u00e9bergement, la nourriture et le transfert dans un v\u00e9hicule priv\u00e9 surpeupl\u00e9 sans possibilit\u00e9 de sortir. Un autre d\u00e9fi consiste \u00e0 \u00e9viter d'\u00eatre d\u00e9tenu par des groupes criminels, g\u00e9n\u00e9ralement compos\u00e9s d'hommes arm\u00e9s v\u00eatus de noir qui exigent une somme d'argent par personne ou volent des objets de valeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jeune couple v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien avec un fils de trois ans a partag\u00e9 son exp\u00e9rience de voyage au Guatemala :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">\u00c0 la fronti\u00e8re avec le Guatemala, Nanys est devenue d\u00e9pressive et n'avait aucun moyen de poursuivre le voyage. Revenir en arri\u00e8re \u00e9tait une folie. Nous sommes rest\u00e9s bloqu\u00e9s trois jours \u00e0 Esquipulas jusqu'\u00e0 ce qu'elle se r\u00e9tablisse. Il nous restait alors quelques \u00e9conomies, que nous avons utilis\u00e9es pour payer les coyotes. Le voyage \u00e0 travers le Guatemala \u00e9tait tr\u00e8s inconfortable, de petites voitures avec trop de passagers, on ne pouvait pas sortir pour manger ou aller aux toilettes, il y avait des points de contr\u00f4le de la police et des gangs criminels, les chauffeurs sortaient pour n\u00e9gocier avec ces types, ils utilisaient des noms ou des surnoms de personnes et des mots de passe, puis ils leur donnaient le feu vert pour continuer. Environ deux heures avant d'arriver \u00e0 la fronti\u00e8re mexicaine, nous avons pris un bus pour Tec\u00fan Um\u00e1n. En quittant le terminal de bus, nous avons \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s par de pr\u00e9tendus guides, qui nous ont pi\u00e9g\u00e9s et ont vol\u00e9 notre t\u00e9l\u00e9phone portable et tout notre argent. Bien que la fronti\u00e8re soit proche, nous n'avions pas assez d'argent pour payer le radeau. Celui qui a os\u00e9 demander de l'argent, c'est Edis. Gr\u00e2ce aux personnes qui nous ont soutenus, nous avons pu atteindre Ciudad Hidalgo (entretien, migrant v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien, octobre 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais en arrivant \u00e0 Tec\u00fan Um\u00e1n, que ce soit \u00e0 pied ou en bus, il y a d'autres dangers, comme l'a racont\u00e9 un migrant salvadorien :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je vous recommande, lorsque vous arriverez dans ce village, si l'on vous pose des questions, de ne pas r\u00e9pondre plus que ce que l'on vous demande, de ne rien demander \u00e0 personne, car d\u00e8s que vous descendez du bus, les vautours arrivent de tous les c\u00f4t\u00e9s. Je vous recommande de ne pas traverser la rivi\u00e8re la nuit, car il y a alors beaucoup d'enl\u00e8vements. Si vous devez traverser \u00e0 Ciudad Hidalgo, je vous recommande de le faire entre 11 heures et 14 heures, car \u00e0 cette heure-l\u00e0, les Guat\u00e9malt\u00e8ques traversent le fleuve pour aller faire leurs courses au Mexique. Assurez-vous \u00e9galement qu'ils connaissent le conducteur de Waze, car cela permet de dissimuler que vous \u00eates un migrant. Il y a deux options, l'une pour les migrants qui \u00e9vite les points de contr\u00f4le et co\u00fbte environ 500 pesos, ou vous pouvez prendre un combi normal, descendre avant le point de contr\u00f4le et le contourner. De cette fa\u00e7on, vous ne payez que 50 pesos, mais le chauffeur ne s'occupera pas de vous si vous \u00eates arr\u00eat\u00e9. Je recommande d'y aller sans casquette, sans bandouli\u00e8re, sans sac \u00e0 dos [...] et si Dieu le veut, vous arriverez au centre de Tapachula. Une fois l\u00e0-bas, je sugg\u00e8re de chercher un Oxxo et d'acheter une puce Telcel pour communiquer et \u00e9conomiser de l'argent (entretien, migrant salvadorien, octobre 2023).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mexique : Tapachula, l'autre bouchon<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'importance du Chiapas, et en particulier de Tapachula, dans l'accueil des flux migratoires remonte au d\u00e9but du nouveau mill\u00e9naire. Le train connu sous le nom de La Bestia (La B\u00eate) a stimul\u00e9 la mobilit\u00e9 du flux principalement centram\u00e9ricain, \u00e0 partir d'un environnement qualifi\u00e9 de dangereux, afin de traverser le territoire mexicain et d'atteindre les \u00c9tats-Unis (Casillas, 2008). Au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, plusieurs auteurs se sont pench\u00e9s sur la question, exposant les risques et les violations de toutes sortes subis par les personnes qui ont emprunt\u00e9 La Bestia. Des gangs tels que les maras, des groupes de kidnappeurs et m\u00eame des fonctionnaires des postes de contr\u00f4le de l'Institut national des migrations (<span class=\"small-caps\">inm<\/span>) ont commis des actes violant les droits de l'homme, les femmes \u00e9tant les plus vuln\u00e9rables et les plus expos\u00e9es aux risques (Ruiz, 2001 ; Casillas, 2008 ; Castillo et N\u00e1jera, 2016 ; Hern\u00e1ndez et Mora, 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour comprendre la complexit\u00e9 des routes migratoires centram\u00e9ricaines \u00e0 travers le Mexique, il faut savoir que le train a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans le voyage des migrants, malgr\u00e9 les co\u00fbts \u00e9conomiques et les risques humains qu'il repr\u00e9sentait (Casillas, 2008) (voir carte 14). Le 20 septembre 2023, cependant, cette situation a chang\u00e9 lorsque le train de l'Union europ\u00e9enne a \u00e9t\u00e9 mis en service. <span class=\"small-caps\">inm<\/span>en alliance avec Ferromex, a annonc\u00e9 la fermeture de 60 lignes de train.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_14-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 14: Rutas ferroviarias tradicionales en La Bestia a partir de 2000. Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_14-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 14 : Itin\u00e9raires ferroviaires traditionnels \u00e0 La Bestia en 2000. Pr\u00e9par\u00e9 par : Am\u00e9rica Navarro<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Avant cette annonce, en janvier 2023, le gouvernement mexicain, par l'interm\u00e9diaire du minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res, a annonc\u00e9 que des progr\u00e8s avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur les questions migratoires avec le pr\u00e9sident Biden, et notamment que 880 000 visas et permis humanitaires pourraient \u00eatre demand\u00e9s au moyen d'une application de t\u00e9l\u00e9phonie mobile, <span class=\"small-caps\">cbp<\/span> Un, de n'importe o\u00f9 dans le monde. Les visas seraient distribu\u00e9s comme suit :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>390 000 pour le Mexique.<\/li>\n\n\n\n<li>164 000 pour le Guatemala, le Honduras et le Salvador.<\/li>\n\n\n\n<li>326 000 pour le Venezuela, Cuba, le Nicaragua et Ha\u00efti.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Cette disposition a contribu\u00e9 \u00e0 l'augmentation des flux, de sorte qu'au fil du temps, les r\u00e8gles ont chang\u00e9. Le 12 mai 2023, les \u00c9tats-Unis ont mis fin au titre 42, mais le titre 8 est entr\u00e9 en vigueur. <span class=\"small-caps\">cbp<\/span> L'une d'entre elles a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 Mexico, puis dans des territoires g\u00e9ographiquement situ\u00e9s dans le nord du pays. Ces changements, ainsi que la suspension des itin\u00e9raires ferroviaires, faisaient partie des mesures de pression que le gouvernement am\u00e9ricain, par l'interm\u00e9diaire de la <span class=\"small-caps\">nous<\/span> Douanes et protection des fronti\u00e8res (<span class=\"small-caps\">cbp<\/span>), a ordonn\u00e9 au Mexique, par l'interm\u00e9diaire du commissaire de la <span class=\"small-caps\">inm<\/span>des repr\u00e9sentants du Secr\u00e9tariat \u00e0 la d\u00e9fense nationale (Sedena) et de l'Agence de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">gn<\/span>Le gouvernement de l'\u00c9tat de Chihuahua, ainsi que le gouverneur de l'\u00c9tat de Chihuahua, parmi d'autres fonctionnaires, avec l'argument de la \"d\u00e9pressurisation\" de la fronti\u00e8re nord (<span class=\"small-caps\">inm<\/span>, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces dispositions ont eu des cons\u00e9quences imm\u00e9diates. Lors de la visite sur le terrain \u00e0 la fin du mois de septembre 2023, il a \u00e9t\u00e9 possible de documenter comment les migrants interrog\u00e9s \u00e0 Tuxtla Guti\u00e9rrez, Arriaga, Pijijiapan, Escuintla, Tapachula, Ciudad Hidalgo, au Chiapas, et San Pedro Tapanatepec, \u00e0 Oaxaca, ont signal\u00e9 non seulement l'impossibilit\u00e9 pour le train de continuer \u00e0 \u00eatre leur moyen de transport lors de leur passage au Mexique, mais aussi une s\u00e9rie de refoulements \u00e0 partir de la fronti\u00e8re nord du pays, m\u00eame avec la d\u00e9signation de <span class=\"small-caps\">cbp<\/span> Un seul a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/imagen_2-3-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3191x2393\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2: La batalla por un lugar en un mundo de hombres. Pijijiapan, Chiapas. Fuente: Am\u00e9rica Navarro, 2023.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/imagen_2-3-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 2 : La bataille pour une place dans un monde d'hommes. Pijijiapan, Chiapas. Source : Am\u00e9rica Navarro, 2023 : Am\u00e9rica Navarro, 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les migrants interrog\u00e9s ont particuli\u00e8rement insist\u00e9 sur les blocages qu'ils ont subis pendant des semaines, voire des mois, dans les gares routi\u00e8res et les abris de diff\u00e9rents endroits, soulignant les longues attentes \u00e0 Tapachula en raison du d\u00e9but du traitement de tout document qui leur permettrait de transiter \"librement\" sur le territoire mexicain. Cette question a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e par des auteurs tels que N\u00e1jera (2022) et Jasso (2023), qui affirment que les migrants centram\u00e9ricains - auxquels il convient d'ajouter une multitude de nationalit\u00e9s d'Am\u00e9rique du Sud, d'Asie et d'Afrique - ont fait de cette ville un lieu de d\u00e9placement et de \"s\u00e9jour prolong\u00e9\" lors de leur passage sur le territoire mexicain.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 San Pedro Tapanatepec, de jeunes V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens ont racont\u00e9 comment le fait d'\u00eatre \u00e0 Piedras Negras, dans l'\u00c9tat de Coahuila, cinq jours avant l'entretien avec les fonctionnaires de la <span class=\"small-caps\">cbp<\/span>ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9es par le <span class=\"small-caps\">gn<\/span> \u00e0 la fronti\u00e8re sud. Les jeunes \u00e9taient d\u00e9courag\u00e9s apr\u00e8s des semaines d'attente sans pouvoir quitter les lieux et face \u00e0 l'impossibilit\u00e9 \u00e9vidente d'obtenir un nouveau rendez-vous. Nous avons \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins, par le biais d'entretiens et d'observations participantes, de nombreuses autres histoires montrant que les mesures prises par le Mexique impliquaient pratiquement un processus d'externalisation de la fronti\u00e8re am\u00e9ricaine, et que la violation des droits de l'homme \u00e9tait un d\u00e9nominateur commun.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, en d\u00e9cembre 2023, la Commission mexicaine d'aide aux r\u00e9fugi\u00e9s (<span class=\"small-caps\">comar<\/span>) fait \u00e9tat de 140 982 demandeurs d'asile au Mexique, dont 77 450 ont trouv\u00e9 refuge \u00e0 Tapachula et 9 413 \u00e0 Palenque, soit 621 T3T des demandeurs, ce qui montre l'importance du Chiapas dans l'accueil de ce flux. En t\u00eate de liste des pays d'origine figurent les pays suivants : Ha\u00efti, Honduras, Cuba, El Salvador, Guatemala, Venezuela, Br\u00e9sil, Chili, Colombie et Afghanistan (<span class=\"small-caps\">comar<\/span>, 2023). Selon les informations obtenues lors d'entretiens avec des fonctionnaires de cette agence :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Rien qu'\u00e0 Tapachula, environ 71 nationalit\u00e9s sont pr\u00e9sentes [...] c'est en 2018, suite aux caravanes de migrants, que l'on peut situer un avant et un apr\u00e8s en termes d'intensit\u00e9 du flux migratoire international. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, environ 20 000 personnes sont arriv\u00e9es \u00e0 Tapachula. En 2019, il y en a eu 72 000 ; en 2020, le flux a diminu\u00e9 \u00e0 40 000 en raison des mesures prises en r\u00e9ponse \u00e0 la pand\u00e9mie de covid 19 ; plus tard, en 2021, 130 000 personnes sont arriv\u00e9es ; en 2022, 118 000 ; enfin, en septembre 2023, le registre indiquait 112 000, et nous pr\u00e9voyons environ 150 000 d'ici la fin de l'ann\u00e9e. Rien que du 15 au 30 septembre, nous avons pris en charge 19 671 personnes (entretien, fonctionnaires de <span class=\"small-caps\">comar<\/span>, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Comme chacun sait, les migrants sont confront\u00e9s \u00e0 des d\u00e9lais d'attente de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, ce qui a fait de Tapachula un goulot d'\u00e9tranglement pour l'entr\u00e9e au Mexique, une situation qui a submerg\u00e9 certains prestataires de services, tels que les transports. La pression dans cette ville a atteint une telle ampleur qu'elle a conduit \u00e0 une sorte d'extension du goulot d'\u00e9tranglement aux municipalit\u00e9s voisines le long de la c\u00f4te du Chiapas.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cordes \u00e0 linge de fortune pr\u00e8s des abris comme Viva M\u00e9xico \u00e0 Tapachula, les feux en plein air \u00e0 Ciudad Hidalgo et les services de coiffure dans les rues nous ont mis en garde contre le processus de stagnation que les entretiens ont confirm\u00e9. Les gares routi\u00e8res d'Escuintla, Arriaga et Pijijiapan \u00e9taient pleines \u00e0 craquer, des familles enti\u00e8res nous d\u00e9crivant, plus que l'attente, leur d\u00e9sespoir face \u00e0 l'impossibilit\u00e9 de partir par des moyens officiels et s\u00fbrs. Dans ces lieux, o\u00f9 nous avons \u00e9galement vu des panneaux indiquant \"seulement des Mexicains\", nous avons interview\u00e9 des personnes originaires du Venezuela, de Colombie, de Cuba, du Honduras, de l'\u00c9quateur, d'Ha\u00efti, du Br\u00e9sil, d'Argentine et d'Ouzb\u00e9kistan ; beaucoup d'entre elles ont opt\u00e9 pour des services de transfert clandestins, mettant leur vie en danger (G\u00f3mez, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 possible de documenter qu'aux points de contr\u00f4le, les <span class=\"small-caps\">gn<\/span> a permis, au compte-gouttes, aux migrants de transiter \u00e0 pied, en ne contr\u00f4lant que ceux qui voyageaient en bus, dont ils devaient descendre et continuer \u00e0 pied. Ils ont ainsi d\u00fb marcher sur les bords de l'autoroute Costa-Soconusco au Chiapas, en direction de San Pedro Tapanatepec, dans l'\u00c9tat d'Oaxaca, par des temp\u00e9ratures sup\u00e9rieures \u00e0 38\u00b0C (voir carte 15).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_15-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3509x2481\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 15: Ferrocarril, carretera y presencia de la Guardia Nacional en corredor migratorio del sur de Chiapas, 2023.Elaboraci\u00f3n: Am\u00e9rica Navarro.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/mapa_15-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 15 : Pr\u00e9sence de chemins de fer, d'autoroutes et de la Garde nationale dans le couloir migratoire du sud du Chiapas, 2023.Elaboration : Am\u00e9rica Navarro.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Parmi les cas document\u00e9s dans cette enqu\u00eate, seuls cinq sont parvenus aux \u00c9tats-Unis. L'un d'entre eux est la famille Nar\u00edn, qui est entr\u00e9e au Mexique par le Suchiate et est rest\u00e9e bloqu\u00e9e pendant plus d'un mois \u00e0 Tapachula. De l\u00e0, ils ont pu atteindre Matamoros, \u00e0 la fronti\u00e8re nord, mais ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s \u00e0 Villahermosa. Avec d\u00e9couragement, mais une grande foi, ils reprennent la marche depuis Tuxtla Guti\u00e9rrez, en suivant l'itin\u00e9raire Cintalapa-Arriaga-Tapanatepec-Tehuantepec. Ils travaill\u00e8rent quelques semaines \u00e0 Tehuantepec, puis se dirig\u00e8rent vers Oaxaca et Mexico, o\u00f9 ils rest\u00e8rent quelques semaines. Les Nar\u00edn ont continu\u00e9 sur la route Saltillo-Monterrey, o\u00f9 ils ont trouv\u00e9 du travail, puis se sont rendus \u00e0 Ciudad Ju\u00e1rez pour l'entretien au <span class=\"small-caps\">cbp<\/span>. Enfin, ils sont entr\u00e9s aux \u00c9tats-Unis en tant que r\u00e9fugi\u00e9s par Denver. Leur p\u00e9riple a dur\u00e9 six mois et a \u00e9t\u00e9 ponctu\u00e9 de succ\u00e8s et de malheurs sur la voie de la r\u00e9alisation du \"r\u00eave am\u00e9ricain\" tant esp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9flexions finales<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'\u00e9tude des couloirs et des routes de d\u00e9placement de la trou\u00e9e du Darien \u00e0 Tapachula, dans une perspective interdisciplinaire, a \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressante. Gr\u00e2ce \u00e0 la repr\u00e9sentation cartographique d'informations provenant de diff\u00e9rentes sources, il a \u00e9t\u00e9 possible d'interpr\u00e9ter les traces des itin\u00e9raires traditionnels et nouveaux, en croisant les m\u00e9thodologies des disciplines g\u00e9ographiques et sociologiques, gr\u00e2ce \u00e0 de nouvelles cartographies qui ont transform\u00e9 le territoire et le paysage en t\u00e9moins des faits.<\/p>\n\n\n\n<p>La visualisation cartographique et l'analyse g\u00e9ographique et sociologique des routes et corridors migratoires ont permis d'identifier le territoire concern\u00e9 et de tisser un discours qui lie le contexte \u00e9conomique, politique et social \u00e0 l'espace o\u00f9 se produisent les d\u00e9placements, afin de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l'importance de l'environnement physique dans l'explication de ces mouvements. La spatialisation du long d\u00e9placement des migrants a permis de mettre en \u00e9vidence, dans un premier temps, les conditions d\u00e9favorables de l'environnement physique auxquelles ils sont confront\u00e9s lors de la travers\u00e9e du Dari\u00e9n, \u00e0 la fronti\u00e8re entre la Colombie et le Panama, puis de continuer \u00e0 surmonter les adversit\u00e9s avec les autorit\u00e9s frontali\u00e8res et les groupes criminels organis\u00e9s de la Colombie au Mexique.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Mexique, la position g\u00e9ostrat\u00e9gique du Chiapas, associ\u00e9e \u00e0 sa connexion commerciale avec le Pacifique et l'Atlantique, modifie la dynamique de la fronti\u00e8re sud, ce qui a favoris\u00e9 la pr\u00e9sence de cartels de trafiquants de drogue et de groupes criminels organis\u00e9s qui se disputent le territoire, ce qui implique le contr\u00f4le de la fronti\u00e8re elle-m\u00eame. Il s'agit d'une dynamique similaire \u00e0 celle observ\u00e9e dans d'autres pays qui expulsent des populations, ou plut\u00f4t, dont les populations sont d\u00e9plac\u00e9es de force, principalement en raison de la pauvret\u00e9 et de la violence, nous a-t-on dit.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, dans la sph\u00e8re transfrontali\u00e8re, tant \u00e0 la fronti\u00e8re nord qu'\u00e0 la fronti\u00e8re sud du Mexique, la violence exerc\u00e9e par les forces militaires s'infiltre, mais pas seulement par elles, mais aussi, comme on l'a dit, par les membres des cartels du trafic de drogue et du crime organis\u00e9, qui contr\u00f4lent, par des strat\u00e9gies de terreur telles que les disparitions, les itin\u00e9raires, les co\u00fbts de d\u00e9placement et, d'une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la fronti\u00e8re elle-m\u00eame. Apr\u00e8s avoir \u00e9rig\u00e9 des points de contr\u00f4le <span class=\"small-caps\">GPS<\/span> dans les visites sur le terrain, qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 projet\u00e9es dans l'\u00e9tude de cas. <span class=\"small-caps\">sig<\/span>Le fait qu'un flux circulant dans un corridor hautement militaris\u00e9 soit sous le contr\u00f4le de groupes criminels organis\u00e9s a conduit \u00e0 un paradoxe : comment expliquer qu'un flux circulant dans un corridor hautement militaris\u00e9 soit sous le contr\u00f4le de groupes criminels organis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La spatialisation a permis d'identifier des sch\u00e9mas spatiaux de co\u00efncidence et de proximit\u00e9 des routes et, dans le cas du Mexique, \u00e9galement des chemins de fer et des postes de contr\u00f4le de l'arm\u00e9e. <span class=\"small-caps\">gn<\/span> dans la r\u00e9gion Soconusco-Costa du Chiapas. De m\u00eame, les entretiens et l'observation participante ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la perception des migrants et de certains r\u00e9sidents locaux selon laquelle Tapachula est une ville goulot d'\u00e9tranglement qui pi\u00e8ge le flux de migrants \u00e0 diff\u00e9rents moments. En outre, les entretiens ont permis de suivre \u00e0 distance la famille Nar\u00edn, qui a racont\u00e9 les nouveaux itin\u00e9raires qui lui permettent de sortir du goulot d'\u00e9tranglement de Tapachula et l'astuce dont elle a fait preuve pour atteindre les \u00c9tats-Unis en utilisant les m\u00eames r\u00e8gles juridiques que celles impos\u00e9es par le pays situ\u00e9 au nord.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Remerciements<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les auteurs tiennent \u00e0 remercier les \u00e9valuateurs pour leurs commentaires pertinents. La recherche a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e dans le cadre du projet \"D\u00e9placements forc\u00e9s et transformations des territorialit\u00e9s indig\u00e8nes \u00e0 la fronti\u00e8re sud du Mexique. Chiapas 1970-2022\", avec le financement de <span class=\"small-caps\">papiit-dgapa unam<\/span>IA301424, et \"Circuitos migratorios, tr\u00e1nsito y movilidad en las fronteras Colombia-Panam\u00e1 y M\u00e9xico-Guatemala, 2010-2023\", Centro de Estudios Migratorios de la Universidad de los Andes.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Alimonda, H\u00e9ctor (2014). \u201cLa problem\u00e1tica del desarrollo ambiental. Una introducci\u00f3n a la ecolog\u00eda pol\u00edtica latinoamericana pasando por la historia ambiental\u201d,&nbsp;en Neptal\u00ed Monterroso, Luis Alfonso Guadarrama y Lilia Zizumbo (eds.). <em>Democracia y desarrollo en Am\u00e9rica Latina<\/em>. 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Recuperado el 2 de diciembre de 2024 de https:\/\/www.migracion.gob.pa\/wp-content\/uploads\/IRREGULARES_POR_DARIEN_DICIEMBRE_2022.pdf<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Angulo Severiche, H\u00e9ctor, \u00d3scar Casallas, Mar\u00eda Isabel Granados, Natalia Herrera y Cristian Perea (s\/f). \u201cLa cara de la migraci\u00f3n de la que nadie est\u00e1 hablando\u201d. https:\/\/www.cancilleria.gov.co\/sites\/default\/files\/FOTOS2020\/2019_h_angulo_et_al_migracion_de_transito_en_uraba_y_darien.pdf<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Vilchez, Hayde\u00e9 (2016). \u201cHacia una nueva diversidad: migraciones asi\u00e1ticas en Am\u00e9rica Latina\u201d,&nbsp;<em>Tiempo y Espacio<\/em>,&nbsp;26(65), pp. 99-119.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Villalibre, Vanessa (2015). \u201cPesca humana. 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Il est membre du syst\u00e8me national des chercheurs, au niveau national. <span class=\"small-caps\">i<\/span>. Elle a \u00e9t\u00e9 conf\u00e9renci\u00e8re dans plusieurs <span class=\"small-caps\">unam<\/span> et dans les cours de troisi\u00e8me cycle \u00e0 l <span class=\"small-caps\">unach<\/span> et <span class=\"small-caps\">unicach<\/span>. Publications r\u00e9centes : \"Cinquante ans de d\u00e9placements forc\u00e9s d'indig\u00e8nes au Chiapas, Mexique. Des conflits politico-religieux aux conflits entre cartels\", <em>Revue de g\u00e9ographie de l'Am\u00e9rique latine<\/em>D\u00e9placements forc\u00e9s internes au Chiapas : une vue r\u00e9trospective \u00e0 partir des syst\u00e8mes d'information g\u00e9ographique, 2024\" (<span class=\"small-caps\">peut<\/span>&#8211;<span class=\"small-caps\">unam<\/span>) ; \"Construcci\u00f3n de una frontera al oeste del obispado de Chiapa y Soconusco. Une approche de la <span class=\"small-caps\">sig-h<\/span> (2023), <em>Revista Geogr\u00e1fica de Am\u00e9rica Central<\/em>. Axes de recherche : fronti\u00e8res, d\u00e9placements forc\u00e9s, <span class=\"small-caps\">sig<\/span> orient\u00e9e vers les sciences sociales et humaines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Alberto Hern\u00e1ndez Hern\u00e1ndez<\/em> est titulaire d'un doctorat en sociologie de l'Universit\u00e9 Complutense de Madrid. Enseignant-chercheur au d\u00e9partement d'\u00e9tudes d'administration publique du Colegio de la Frontera Norte, pr\u00e9sident de cette institution de 2017 \u00e0 2022 et professeur invit\u00e9 au Centre d'\u00e9tudes sur les migrations de l'Universit\u00e9 des Andes. Chercheur national, niveau <span class=\"small-caps\">iii<\/span>. Il a \u00e9t\u00e9 professeur en Colombie et en Espagne et chercheur invit\u00e9 \u00e0 l'universit\u00e9 de Californie, \u00e0 San Diego, et \u00e0 l'Instituto Universitario Ortega y Gasset, en Espagne. Publications r\u00e9centes : Hern\u00e1ndez, A. et A. Campos-Delgado (coords.) (2022). <em>Migration et mobilit\u00e9 dans les Am\u00e9riques<\/em>. Mexique : Siglo <span class=\"small-caps\">xxi\/clacso<\/span>Hern\u00e1ndez, A. et R. Cruz (coords.) (2021). <em>G\u00e9ographies du travail sexuel aux fronti\u00e8res de l'Am\u00e9rique latine<\/em>. Tijuana : El Colegio de la Frontera Norte. Domaines de recherche : fronti\u00e8res, migrations internationales et \u00e9tudes culturelles.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 Une enqu\u00eate g\u00e9ographique et sociologique a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur les routes emprunt\u00e9es par les migrants qui traversent le Dari\u00e9n et entrent au Mexique par Tapachula afin de rejoindre les Etats-Unis. D'un point de vue m\u00e9thodologique, nous avons combin\u00e9 l'analyse cartographique, les entretiens et les visites de terrain. 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