{"id":39228,"date":"2025-03-21T13:00:00","date_gmt":"2025-03-21T19:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=39228"},"modified":"2025-03-21T13:23:32","modified_gmt":"2025-03-21T19:23:32","slug":"hernandez-ibarra-fabian-darien-experiencia-migratoria-plataformas-digitales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/hernandez-ibarra-fabian-darien-experiencia-migratoria-plataformas-digitales\/","title":{"rendered":"Les m\u00e9dias sociaux et les plateformes num\u00e9riques dans le voyage migratoire de la jungle du Darien \u00e0 la fronti\u00e8re nord du Mexique"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La migration sans papiers vers les \u00c9tats-Unis comprend des itin\u00e9raires dangereux tels que le Darien Gap et le territoire mexicain contr\u00f4l\u00e9 par le crime organis\u00e9. Cet article examine l'impact des m\u00e9dias sociaux et des plateformes num\u00e9riques sur l'exp\u00e9rience migratoire \u00e0 partir de deux \u00e9tudes de cas. Il r\u00e9v\u00e8le que les r\u00e9seaux tels que TikTok, WhatsApp et Facebook permettent non seulement de documenter et de partager des exp\u00e9riences en temps r\u00e9el, mais aussi de cr\u00e9er des communaut\u00e9s num\u00e9riques de soutien. Les r\u00e9sultats mettent en \u00e9vidence la dualit\u00e9 de la num\u00e9risation : elle facilite l'organisation et r\u00e9duit les risques, mais expose \u00e9galement les migrants \u00e0 de nouveaux dangers. Elles soulignent la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en place des politiques qui int\u00e8grent ces outils afin d'am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9 et le soutien aux migrants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/experiencia-migratoria\/\" rel=\"tag\">exp\u00e9rience en mati\u00e8re de migration<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/migracion\/\" rel=\"tag\">migration<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/plataformas-digitales\/\" rel=\"tag\">plates-formes num\u00e9riques<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/tapon-del-darien\/\" rel=\"tag\">Prise de Darien<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/tiktok\/\" rel=\"tag\">TikTok<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/whatsapp\/\" rel=\"tag\">WhatsApp<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">les m\u00e9dias sociaux et les plateformes num\u00e9riques dans le voyage des migrants de la for\u00eat tropicale de darien \u00e0 la fronti\u00e8re nord du mexique<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Pour les immigrants sans papiers, le voyage vers les \u00c9tats-Unis passe par des itin\u00e9raires dangereux comme la trou\u00e9e du Darien et des r\u00e9gions du Mexique o\u00f9 s\u00e9vit le crime organis\u00e9. Cet article examine comment les m\u00e9dias sociaux et les plateformes num\u00e9riques influencent l'exp\u00e9rience des migrants en se basant sur deux \u00e9tudes de cas. Il montre comment des m\u00e9dias comme TikTok, WhatsApp et Facebook sont utilis\u00e9s non seulement pour documenter et partager des exp\u00e9riences en temps r\u00e9el, mais aussi pour cr\u00e9er des communaut\u00e9s de soutien num\u00e9rique. Les conclusions r\u00e9v\u00e8lent que si la num\u00e9risation facilite la planification et r\u00e9duit les risques, elle expose \u00e9galement les immigrants \u00e0 de nouveaux dangers. En fin de compte, l'article souligne la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en place des politiques qui int\u00e8grent ces outils afin d'am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9 des immigrants et de leur apporter un soutien tout au long de leur voyage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots-cl\u00e9s : immigration, Darien Gap, plateformes num\u00e9riques, TikTok, WhatsApp, exp\u00e9rience des migrants.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Migrations en Am\u00e9rique latine au cours du 20e si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xxi<\/span> se caract\u00e9rise par une complexit\u00e9 et une diversification croissantes, des personnes de diff\u00e9rentes nationalit\u00e9s \u00e9tant confront\u00e9es \u00e0 des itin\u00e9raires dangereux dans leur qu\u00eate de s\u00e9curit\u00e9 et de meilleures opportunit\u00e9s. L'un des itin\u00e9raires les plus difficiles est la trou\u00e9e de Darien, une jungle dense \u00e0 la fronti\u00e8re entre la Colombie et le Panama, qui est devenue un point critique pour les migrants qui tentent d'atteindre les \u00c9tats-Unis (Acosta, Ramirez et Jimenez, 2023 ; Baigts et Zenteno, 2023 ; Hernandez et Ibarra, 2023). Cette migration comprend non seulement des V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens, mais aussi des personnes originaires d'Am\u00e9rique centrale, des Cara\u00efbes, d'Afrique et d'Asie, ce qui refl\u00e8te la nature mondiale et transnationale des mouvements migratoires actuels (Reyes, 2023). Des facteurs socio-\u00e9conomiques, politiques et environnementaux, ainsi que l'acc\u00e8s \u00e0 l'information par le biais des technologies num\u00e9riques, influencent la d\u00e9cision d'entreprendre ce voyage ardu.<\/p>\n\n\n\n<p>Les plateformes num\u00e9riques et les m\u00e9dias sociaux se sont impos\u00e9s comme des outils indispensables \u00e0 l'organisation et \u00e0 l'ex\u00e9cution de ces voyages. Des services tels que TikTok, WhatsApp, Telegram et Instagram facilitent l'\u00e9change d'informations vitales sur les itin\u00e9raires, les co\u00fbts et les risques li\u00e9s \u00e0 la migration (Walk, Garimella et Fotini, 2023). Les applications cartographiques telles que Google Maps sont \u00e9galement devenues une aide cruciale pour la navigation et la planification des itin\u00e9raires (Van Houtum et Bueno, 2023). Outre leur r\u00f4le informatif, les r\u00e9seaux sociaux offrent un espace de partage des exp\u00e9riences personnelles et des d\u00e9fis rencontr\u00e9s au cours du voyage, contribuant ainsi \u00e0 la formation de communaut\u00e9s num\u00e9riques de migrants qui transcendent les fronti\u00e8res g\u00e9ographiques. Ces plateformes offrent non seulement un soutien \u00e9motionnel et une solidarit\u00e9, mais jouent \u00e9galement un r\u00f4le crucial dans la construction d'identit\u00e9s collectives et dans la lutte pour les droits des migrants (Ter Laan, 2023).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/imagen_1_recargando_en_arriaga_chiapas-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2802x3913\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1: \"recargando en arriaga, chiapas\" fuente: am\u00e9rica navarro, 2023.\">\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/imagen_1_recargando_en_arriaga_chiapas-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 1 : \"Recharge \u00e0 Arriaga, Chiapas\" Source : Am\u00e9rica Navarro, 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>L'objectif de cette \u00e9tude est de comprendre comment les outils num\u00e9riques - qu'il s'agisse de services de messagerie instantan\u00e9e ou de plateformes de r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques - contribuent \u00e0 r\u00e9duire les risques et les vuln\u00e9rabilit\u00e9s, ainsi qu'\u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des opportunit\u00e9s, qui ont transform\u00e9 l'exp\u00e9rience de la migration. La d\u00e9cision de se concentrer sur la population v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne se justifie par l'importance des flux migratoires dans la r\u00e9gion et la disponibilit\u00e9 de donn\u00e9es d\u00e9taill\u00e9es sur leurs exp\u00e9riences.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9thodologie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cette \u00e9tude combine l'analyse qualitative des r\u00e9cits num\u00e9riques avec des m\u00e9thodes d'observation des participants et une communication continue avec eux via WhatsApp. Cette triangulation m\u00e9thodologique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e au cours de deux saisons de travail sur le terrain (2022 et 2023) et nous a permis de nous immerger dans les r\u00e9alit\u00e9s des parcours migratoires vers les \u00c9tats-Unis. Pour d\u00e9velopper l'observation participante, nous nous sommes int\u00e9gr\u00e9s aux communaut\u00e9s de migrants \u00e0 des points critiques de la route migratoire vers les \u00c9tats-Unis, comme Necocl\u00ed en Colombie et Tapachula au Mexique, en vivant \u00e0 proximit\u00e9 des camps et en participant \u00e0 leurs activit\u00e9s quotidiennes. Il s'agissait notamment de voyager avec les m\u00eames moyens de transport, de partager des espaces pour dormir et manger, ainsi que de documenter les interactions et les d\u00e9cisions prises en temps r\u00e9el. Cette proximit\u00e9 nous a permis de gagner la confiance des migrants et d'obtenir des donn\u00e9es de premi\u00e8re main sur leurs exp\u00e9riences.<\/p>\n\n\n\n<p>L'utilisation de WhatsApp a facilit\u00e9 un flux constant de donn\u00e9es sous forme d'enregistrements audio, de photographies et de vid\u00e9os, qui ont permis de documenter les exp\u00e9riences en temps r\u00e9el. Cette communication continue a fourni une perspective longitudinale des voyages, enrichissant les informations de d\u00e9tails intimes et de moments importants. Des entretiens approfondis ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 men\u00e9s avec des migrants, des travailleurs humanitaires et des guides locaux. L'analyse th\u00e9matique des donn\u00e9es collect\u00e9es a suivi une approche inductive pour permettre aux th\u00e8mes d'\u00e9merger des donn\u00e9es elles-m\u00eames. Cette approche s'est concentr\u00e9e sur l'identification et l'analyse de mod\u00e8les r\u00e9currents, de th\u00e8mes \u00e9mergents et de r\u00e9cits num\u00e9riques significatifs (Clarke et Braun, 2017). Le consentement \u00e9clair\u00e9 de tous les participants a \u00e9t\u00e9 obtenu, la confidentialit\u00e9 et l'anonymat ont \u00e9t\u00e9 garantis, et une r\u00e9flexion critique permanente a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur la position du chercheur et les implications \u00e9thiques de la recherche (Hern\u00e1ndez et Ibarra, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>L'\u00e9tude se concentre sur deux cas repr\u00e9sentatifs de migrants v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens qui ont entrepris leur voyage \u00e0 travers la br\u00e8che du Dari\u00e9n. La technologie mobile, en particulier le <em>smartphones<\/em>ont jou\u00e9 un r\u00f4le crucial dans l'organisation et la navigation du voyage. Les services de messagerie instantan\u00e9e, les m\u00e9dias sociaux et les plateformes de r\u00e9seaux sociaux ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour les communications priv\u00e9es, pour obtenir des informations sur les itin\u00e9raires et les risques, ainsi que pour partager des exp\u00e9riences personnelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Les plateformes num\u00e9riques et les m\u00e9dias sociaux tels que Facebook et TikTok ont permis aux migrants de rester inform\u00e9s et de cr\u00e9er des communaut\u00e9s num\u00e9riques de soutien. Les r\u00e9cits personnels permettent de mieux comprendre la dynamique sociale et les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es au cours du voyage. Le suivi de ces cas s'est \u00e9tendu au-del\u00e0 du passage de la Darien Gap et a inclus le transit \u00e0 travers le Mexique et l'arriv\u00e9e finale aux \u00c9tats-Unis. Cette continuit\u00e9 de l'observation a permis une exploration approfondie des trajectoires individuelles des migrants et a mis en \u00e9vidence les risques suppl\u00e9mentaires rencontr\u00e9s au cours de leur voyage. La persistance de la communication avec les membres de la famille et d'autres membres du groupe de migrants par le biais des r\u00e9seaux sociaux a \u00e9t\u00e9 essentielle pour maintenir le lien avec leurs communaut\u00e9s et servir de canal vital pour l'\u00e9change d'informations sur les risques et les d\u00e9fis partag\u00e9s par d'autres migrants sur des itin\u00e9raires similaires.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le point de vue de deux V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens sur l'immigration v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne aux \u00c9tats-Unis<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Selon les personnes interrog\u00e9es dans le cadre de cet article, nous savons qu'au cours de ce si\u00e8cle, la migration v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne a augment\u00e9 \u00e0 la fois en termes de nombre de personnes et de destinations ; il s'agit d'un ph\u00e9nom\u00e8ne transfrontalier avec les pays limitrophes du Venezuela, intercontinental avec des pays tels que l'Espagne et, plus r\u00e9cemment, d'un ph\u00e9nom\u00e8ne transnational avec les \u00c9tats-Unis comme destination. Certains des V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens qui ont choisi d'\u00e9migrer vers la derni\u00e8re de ces destinations ont d'abord cherch\u00e9 \u00e0 s'installer dans un pays d'Am\u00e9rique du Sud avant de d\u00e9cider de traverser le Dari\u00e9n \u00e0 la recherche du r\u00eave am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les personnes qui cherchent \u00e0 \u00e9migrer du Venezuela vers les \u00c9tats-Unis, il y a celles qui ont d\u00e9j\u00e0 franchi une premi\u00e8re \u00e9tape, au cours de laquelle elles anticipent en vendant leurs biens et leurs actifs, et qui pr\u00e9voient de quitter leur pays d'origine pour s'installer principalement en Colombie, au P\u00e9rou, en \u00c9quateur ou au Chili. Malgr\u00e9 le fait que les lois sur l'immigration dans ces pays aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9es en faveur de ce groupe de population, leur int\u00e9gration sociale est souvent complexe. Parmi d'autres facteurs, tels que le paiement du loyer, le transport, l'achat de nourriture, etc., le manque d'opportunit\u00e9s d'emploi est un facteur d\u00e9terminant de leur int\u00e9gration. Les V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens sont sous-employ\u00e9s alors qu'ils sont des professionnels qualifi\u00e9s. Ils sont employ\u00e9s dans des ateliers de motoculture, de r\u00e9paration de maisons et d'installation d'\u00e9lectricit\u00e9 et de plomberie.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus r\u00e9cemment, apr\u00e8s l'apparition de la pand\u00e9mie caus\u00e9e par le covid-19, le co\u00fbt de la vie a augment\u00e9 et la p\u00e9nurie d'emplois s'est accentu\u00e9e, de sorte que les informations sur le succ\u00e8s de certains V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens sur les r\u00e9seaux sociaux qui avaient r\u00e9alis\u00e9 le r\u00eave am\u00e9ricain et les nouvelles du Dari\u00e9n concernant des milliers de leurs compatriotes qui avaient surv\u00e9cu aux dangers de la jungle et \u00e9taient en route pour r\u00e9aliser ce r\u00eave, ont conduit certains migrants \u00e0 trouver des moyens d'entreprendre un nouveau projet de vie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le cas de M. Luis<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Fin septembre 2022, Luis, 43 ans, d\u00e9cide d'entreprendre un voyage dans la jungle et convainc son beau-fr\u00e8re de se joindre \u00e0 lui dans cette aventure peu conventionnelle. Pour r\u00e9aliser leur projet, ils ont rassembl\u00e9 un peu d'argent et sont partis de Bogota pour se rendre \u00e0 Necocl\u00ed, un voyage qui leur a pris 12 heures. \u00c0 leur arriv\u00e9e, ils ont \u00e9t\u00e9 surpris de trouver des centaines de migrants campant sur la plage, certains sous des tentes, d'autres dans des abris de fortune faits de bois, de plastique et de carton. N'ayant pas d'argent pour se loger, ils ont \u00e9t\u00e9 contraints de cuisiner sur un r\u00e9chaud de fortune et de vivre de dons alimentaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant son s\u00e9jour \u00e0 Necocl\u00ed, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s (<span class=\"small-caps\">unhcr<\/span>) et la Croix-Rouge ont estim\u00e9 que plus de 1 500 personnes dormaient sur la plage. La forte demande de services de bateaux pour traverser le golfe d'Urab\u00e1 a satur\u00e9 les options disponibles, prolongeant le temps d'attente jusqu'\u00e0 une semaine. Ceux qui \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 payer trois fois plus pouvaient partir le lendemain, mais en plus du co\u00fbt du voyage en bateau, il fallait couvrir les frais du guide et la \"taxe de s\u00e9curit\u00e9\". En moyenne, chaque personne avait besoin de 275 \u00e0 300 dollars pour atteindre la fronti\u00e8re panam\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 12 octobre, alors que Luis et les autres migrants v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens de Necocl\u00ed avaient pr\u00e9par\u00e9 leurs billets pour partir, ils ont appris que les \u00c9tats-Unis avaient d\u00e9cid\u00e9 de fermer leurs fronti\u00e8res. Les m\u00e9dias sociaux ont inond\u00e9 les migrants de nouvelles alarmantes ; certains leur ont donn\u00e9 une image sombre, tandis que d'autres les ont encourag\u00e9s et leur ont donn\u00e9 des conseils pour continuer. Cependant, la plupart d'entre eux ont vu leurs espoirs et leurs r\u00eaves s'envoler. Face \u00e0 cette situation, certains ont d\u00e9cid\u00e9 de poursuivre leur voyage malgr\u00e9 le risque d'\u00eatre bloqu\u00e9s dans un pays d'Am\u00e9rique centrale, tandis que d'autres ont envisag\u00e9 de retourner au Venezuela.<\/p>\n\n\n\n<p>On estime que deux tiers des migrants ont choisi de suspendre leur voyage et de vendre leurs biens et leurs provisions pour financer leur retour en bus vers des villes telles que Bogota, Medell\u00edn, Ipiales et C\u00facuta. D'autres ont d\u00e9cid\u00e9 de se diriger vers Capurgan\u00e1, profitant de la confusion pour \u00e9viter les co\u00fbts impos\u00e9s par les groupes criminels. Par groupes de 20 \u00e0 30 personnes, ils traversaient la jungle ; Luis faisait partie de l'un de ces groupes, a pris un bateau pour Capurgan\u00e1 et est entr\u00e9 dans la jungle par cette voie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Sur cet itin\u00e9raire, j'ai choisi un sentier appel\u00e9 El Cielo, puis vous montez une colline escarp\u00e9e appel\u00e9e Cerro de las Banderas, l\u00e0 vous \u00eates d\u00e9j\u00e0 au Panama ; vous descendez et vous atteignez un camp, vous continuez \u00e0 descendre la rivi\u00e8re, vous atteignez un camp appel\u00e9 La Playa, il y a une communaut\u00e9 d'Indiens Kuna l\u00e0. Vous vous y reposez, puis vous marchez le long d'un chemin de palmiers jusqu'\u00e0 Anacachuna. Vous quittez ce village et entrez \u00e0 nouveau dans la jungle, vous montez la colline des Banderas, puis vous suivez la colline de La Llorona. La Llorona est l'une des collines les plus difficiles du Dari\u00e9n, il faut huit heures pour monter et huit heures pour descendre dans la boue pure, l'une des collines les plus difficiles (Luis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Les migrants qui traversent le Dari\u00e9n sous-estiment souvent les risques naturels auxquels ils sont confront\u00e9s sur leur chemin. Ils doivent faire face \u00e0 de fortes pluies et \u00e0 des rivi\u00e8res rapides, ainsi qu'aux dangers li\u00e9s \u00e0 la faune locale. Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 plusieurs rivi\u00e8res, ils trouvent un tron\u00e7on plus facile o\u00f9 une communaut\u00e9 indig\u00e8ne se consacre au commerce et au transport en cano\u00eb, ce qui leur permet d'atteindre la station migratoire de San Vicente. \u00c0 l'arriv\u00e9e, Luis d\u00e9crit cet endroit comme une oasis pour les voyageurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Luis est ensuite arriv\u00e9 \u00e0 Paso Canoas avec un peu d'argent et s'est lanc\u00e9 dans un nouveau voyage. Dans un bus costaricien sponsoris\u00e9 par la <span class=\"small-caps\">unhcr<\/span>Il a form\u00e9 un groupe d'amis : deux jeunes hommes de San Cristobal, au Venezuela, une jeune femme et une fille du Venezuela, un autre jeune homme du Venezuela et 20 hommes du N\u00e9pal et de l'Inde. Il a retrouv\u00e9 son beau-fr\u00e8re Gabriel, qu'il avait perdu dans la jungle. Gr\u00e2ce aux fonds envoy\u00e9s par Gabriel, ils ont pu poursuivre leur voyage et sont arriv\u00e9s sans difficult\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re de San Pancho, au Nicaragua, car ils ont r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper aux contr\u00f4les migratoires. Ils ont fait de longues marches autour d'un lac et, lorsque c'\u00e9tait possible, ont pris des moyens de transport pour avancer jusqu'\u00e0 la fronti\u00e8re avec le Honduras. Apr\u00e8s une courte marche le long d'un sentier, ils ont trouv\u00e9 une route et un chauffeur avec un moyen de transport pr\u00eat \u00e0 les aider, heureusement sans \u00eatre arr\u00eat\u00e9s par la police ou les autorit\u00e9s migratoires.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de son voyage \u00e0 travers le Guatemala, Luis a d\u00fb faire face \u00e0 de nombreuses difficult\u00e9s : longues marches sans nourriture, d\u00e9placements dans des v\u00e9hicules mal entretenus, \u00e9vitement des contr\u00f4les de police, jusqu'\u00e0 ce qu'il atteigne finalement la fronti\u00e8re mexicaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il n'y a pas d'\u00e9chappatoire, les criminels apparaissent et vous volent, j'avais peu d'argent sur moi, mais ils l'ont pris quand m\u00eame. J'avais peu d'argent sur moi, mais ils l'ont quand m\u00eame pris. Comme mon t\u00e9l\u00e9phone portable \u00e9tait vieux et que l'\u00e9cran \u00e9tait cass\u00e9, ils s'en sont moqu\u00e9s. J'ai franchi la fronti\u00e8re sur les radeaux de chambres \u00e0 air et j'ai \u00e9t\u00e9 ravi de voir un gigantesque drapeau mexicain au loin. J'\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Ciudad Hidalgo ou Suchiate (Luis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Luis raconte que dans les camps situ\u00e9s le long de la rivi\u00e8re Suchiate, il y avait des centaines de migrants ; c'est l\u00e0 que des \"coyotes\" proposaient de traverser le Soconusco et d'organiser des voyages vers Oaxaca et Mexico. Les prix de ces services varient en fonction de la nationalit\u00e9 du migrant. Luis a choisi de se joindre \u00e0 un groupe de jeunes Honduriens connaissant les itin\u00e9raires s\u00fbrs. Ensemble, ils ont commenc\u00e9 leur voyage de Ciudad Hidalgo \u00e0 Tapachula, en utilisant les r\u00e9seaux sociaux pour identifier et \u00e9viter les points de contr\u00f4le de l'Institut national des migrations (Instituto Nacional de Migraci\u00f3n, INM).<span class=\"small-caps\">imm<\/span>) et la Garde nationale. Leur objectif \u00e9tait d'atteindre San Pedro Tapanatepec, o\u00f9 des laissez-passer de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9taient distribu\u00e9s, au terme d'un p\u00e9riple de 300 kilom\u00e8tres. La chaleur intense, qui d\u00e9passait les 30 degr\u00e9s Celsius, augmentait le risque de d\u00e9shydratation, ce qui rendait le voyage encore plus difficile. Malgr\u00e9 la possibilit\u00e9 de prendre des transports publics ou priv\u00e9s, les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s et les courtes distances offertes par les charrettes, les motos-taxis, les voitures et les camionnettes ont compliqu\u00e9 le voyage.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 son arriv\u00e9e \u00e0 San Pedro Tapanatepec, Luis a constat\u00e9 que l'endroit \u00e9tait surpeupl\u00e9 de migrants en raison de la suspension de la d\u00e9livrance des laissez-passer, ce qui rendait la mobilit\u00e9 difficile. Il a pass\u00e9 une semaine dans un camp de fortune install\u00e9 sur un terrain de sport municipal, o\u00f9 il a re\u00e7u de la nourriture de la part de groupes religieux et de b\u00e9n\u00e9voles. La route \u00e0 travers Oaxaca a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement difficile en raison du nombre de barrages routiers. <span class=\"small-caps\">imm<\/span>Cela a conduit Luis \u00e0 faire un d\u00e9tour par Tabasco, en passant par C\u00e1rdenas jusqu'\u00e0 ce qu'il atteigne Villahermosa. L\u00e0, ses ressources \u00e9tant \u00e9puis\u00e9es, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu pendant six jours dans un poste de migration, bien qu'il ait finalement \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 rester dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">J'ai commenc\u00e9 \u00e0 demander de l'argent aux gens qui me croisaient, et avec l'argent que j'ai collect\u00e9, j'ai r\u00e9ussi \u00e0 aller \u00e0 Coatzacoalcos, Veracruz, pour monter \u00e0 la capitale. Nous sommes partis par \u00e9tapes, car la migra est tr\u00e8s lourde. Nous \u00e9tions trois sur cette route : mon beau-fr\u00e8re, un ami que j'avais rencontr\u00e9 en chemin et moi. J'ai appris qu'il valait mieux voyager \u00e0 plusieurs pour passer inaper\u00e7u et ne pas \u00eatre arr\u00eat\u00e9 par la migration (Luis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>En quittant Villahermosa, Luis a appris que les trains de marchandises \u00e9taient une alternative gratuite pour voyager vers le nord. Lorsqu'il monte dans ces trains, il rencontre de nombreux migrants qui font le m\u00eame trajet. Compte tenu de la taille des convois, il \u00e9tait possible de choisir un wagon offrant un certain confort. Cependant, il est essentiel de rester vigilant en raison des risques que repr\u00e9sentent \u00e0 la fois les <span class=\"small-caps\">imm<\/span> comme les bandes de voleurs qui montent fr\u00e9quemment \u00e0 bord des trains pour d\u00e9valiser les passagers. Le 10 d\u00e9cembre 2022, Luis a \u00e9t\u00e9 victime d'un incident au cours d'un de ces voyages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Cette route n'est pas facile, mais je ne peux pas faire grand-chose, je n'ai pas assez d'argent pour payer une camionnette, ils me font payer mille pesos, et \u00e0 partir de l\u00e0, je dois prendre d'autres camionnettes, je dois d\u00e9penser entre 2000 et 3000 de plus. Il faut r\u00e9unir beaucoup d'argent, c'est pourquoi le train est comme une bou\u00e9e de sauvetage [...].<em>sic<\/em>(Luis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Traverser Veracruz et Tlaxcala en train est une route plus directe vers Huehuetoca, dans l'\u00c9tat du Mexique. Ce point est crucial, car il converge avec plusieurs embranchements ferroviaires se dirigeant vers la fronti\u00e8re nord. Pendant son s\u00e9jour \u00e0 Huehuetoca, Luis a trouv\u00e9 refuge dans une maison pour migrants, o\u00f9 il a pu se reposer et se nourrir. C'est l\u00e0 que s'est form\u00e9 un groupe de migrants d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 prendre le train pour Monterrey. Le m\u00eame jour, Luis et son nouveau groupe, compos\u00e9 de 11 personnes de diff\u00e9rentes nationalit\u00e9s : V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens, Honduriens, Nicaraguayens et Salvadoriens, ont quitt\u00e9 Huehuetoca pour Saltillo, dans l'\u00c9tat de Coahuila. Le lendemain, le groupe est arriv\u00e9 \u00e0 Celaya, Guanajuato. Luis a choisi de faire une pause ici, car une \u00e9glise catholique leur a offert le logement et le d\u00eener. Ce geste est rest\u00e9 grav\u00e9 dans sa m\u00e9moire, d'autant plus qu'il co\u00efncidait avec son anniversaire. \"Nous avons pris un autre train, sommes pass\u00e9s par San Luis Potos\u00ed et Matehuala, et sommes arriv\u00e9s \u00e0 Saltillo pour dire au revoir \u00e0 l'ann\u00e9e. Le froid \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 vif\" (Luis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 leur arriv\u00e9e \u00e0 Saltillo, Luis et ses compagnons de voyage ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 la complexit\u00e9 du choix d'une ville frontali\u00e8re par laquelle passer aux \u00c9tats-Unis. La diversit\u00e9 des options a sem\u00e9 la confusion, comme le d\u00e9crit Luis : \"Tant de villes frontali\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9es qu'il \u00e9tait difficile de choisir le meilleur itin\u00e9raire. On se rend vite compte que le soi-disant \"Hueco\" est un d\u00e9fi plus grand qu'on ne l'imaginait\" (Luis, 2023). L'\u00e9puisement physique, associ\u00e9 \u00e0 la disponibilit\u00e9 limit\u00e9e des ressources financi\u00e8res, a encore compliqu\u00e9 la situation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le risque d'\u00eatre exploit\u00e9 par des \"coyotes\" ou d'\u00eatre confront\u00e9 \u00e0 des tarifs exorbitants dans les transports locaux, o\u00f9 les migrants peuvent \u00eatre factur\u00e9s jusqu'\u00e0 trois fois le tarif normal, \u00e9tait une pr\u00e9occupation constante. En outre, la difficult\u00e9 d'acc\u00e8s \u00e0 la nourriture est renforc\u00e9e par la forte concentration de migrants dans les zones frontali\u00e8res. Bien que le voyage en train repr\u00e9sente une option moins risqu\u00e9e que la marche sur les routes et qu'il permette de r\u00e9aliser d'importantes \u00e9conomies sur les frais de transport, il n'est pas sans danger :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Hier, nous sommes all\u00e9s prendre le train, mais seuls les trains Kansas City partaient, pas le train Ferromex, qui \u00e9tait celui que nous devions prendre. La fille qui \u00e9tait avec nous a r\u00e9ussi \u00e0 monter, mais elle ne s'est pas rendu compte qu'il y avait un pont au coin de la rue, ce qui l'a fait sortir du train et elle est tomb\u00e9e. Elle a eu tr\u00e8s peur, mais Dieu merci, il ne lui est rien arriv\u00e9. Une autre dame est tomb\u00e9e malade, sa tension art\u00e9rielle a chut\u00e9 et nous avons d\u00fb retourner au refuge pour migrants o\u00f9 nous avons pass\u00e9 la nuit. S'il n'y avait pas eu ces refuges, les choses auraient \u00e9t\u00e9 plus difficiles (Luis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, le groupe de migrants s'est s\u00e9par\u00e9 : certains ont choisi de prendre un train pour Piedras Negras, tandis que d'autres, dont Luis, ont d\u00e9cid\u00e9 de se diriger vers Monterrey. Luis a rejoint cinq personnes : deux femmes, une fille et un V\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien. Cependant, pendant leur s\u00e9jour, ils ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par les m\u00e9dias sociaux que Ciudad Ju\u00e1rez \u00e9tait le point de passage frontalier le plus viable. Ils se sont organis\u00e9s pour collecter des fonds et payer les billets de bus pour un voyage de 1 200 kilom\u00e8tres et de pr\u00e8s de 20 heures. Ils ont ainsi r\u00e9ussi \u00e0 atteindre Ciudad Ju\u00e1rez le 16 janvier 2023, trois mois apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 Necocl\u00ed. Une fois \u00e0 la fronti\u00e8re, Luis, comme beaucoup d'autres migrants, a d\u00fb repenser sa strat\u00e9gie pour entrer aux \u00c9tats-Unis :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je voulais traverser, mais si je traverse ill\u00e9galement, ils disent qu'ils m'interdisent d'entrer, alors je vais faire ce qui suit : je vais rester ici, je n'ai toujours pas de travail, mais je vais voir ce que je peux faire pour travailler ici et essayer d'obtenir un peu d'argent pour louer une petite chambre, pendant que j'organise la proc\u00e9dure pour traverser l\u00e9galement afin de pouvoir travailler l\u00e9galement (Luis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Luis et son groupe ont \u00e9tabli un campement pr\u00e8s de l'un des ponts internationaux le long du Rio Bravo, o\u00f9 des centaines de V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens r\u00e9sidaient d\u00e9j\u00e0. Le 27 janvier, la police de Ciudad Ju\u00e1rez a men\u00e9 une op\u00e9ration dans cette zone et \u00e0 plusieurs points de passage importants pour contr\u00f4ler les migrants en situation irr\u00e9guli\u00e8re au Mexique. Au cours de cette op\u00e9ration, de nombreuses personnes, dont Luis, ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es, d\u00e9pouill\u00e9es de leurs biens et remises \u00e0 la police. <span class=\"small-caps\">imm<\/span>. Alors qu'on leur avait initialement promis une lib\u00e9ration \u00e0 Ciudad Ju\u00e1rez avec un permis, ils ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s \u00e0 Mexico en bus affr\u00e9t\u00e9, puis \u00e0 Villahermosa, o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s dans un centre de d\u00e9tention pour migrants. Luis y a subi des violences physiques qui lui ont valu une blessure \u00e0 la main. Apr\u00e8s trois jours dans le centre de d\u00e9tention, Luis a re\u00e7u un permis de transit pour quitter le Mexique via la fronti\u00e8re guat\u00e9malt\u00e8que. Il a toutefois d\u00e9cid\u00e9 de se rendre \u00e0 Mexico, mais a de nouveau \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 en chemin. Il a essay\u00e9 de se rendre \u00e0 Coatzacoalcos pour prendre un train, mais il a de nouveau \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et son document de transit a \u00e9t\u00e9 retenu. Comme il avait un emploi \u00e0 Ciudad Ju\u00e1rez et qu'il voulait r\u00e9cup\u00e9rer ses documents, Luis a d\u00e9cid\u00e9 de retourner dans cette ville frontali\u00e8re. Il a \u00e9galement \u00e9tudi\u00e9 la possibilit\u00e9 de demander le statut de r\u00e9fugi\u00e9 aupr\u00e8s de la Commission mexicaine d'aide aux r\u00e9fugi\u00e9s (Comisi\u00f3n Mexicana de Ayuda a Refugiados (<span class=\"small-caps\">comar<\/span>) sur la recommandation de contacts. Sur le chemin du retour \u00e0 Ciudad Ju\u00e1rez, il a rencontr\u00e9 une Hondurienne qui est devenue sa compagne. Avec leur fille de dix ans, ils se sont install\u00e9s dans les camps situ\u00e9s le long du Rio Bravo. Le froid les a conduits \u00e0 se r\u00e9fugier dans une maison abandonn\u00e9e ; Luis a ensuite trouv\u00e9 un emploi en tant qu'agent de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9. Il a particip\u00e9 \u00e0 quelques tentatives de passage en masse vers El Paso, au Texas, sans succ\u00e8s, en raison de l'intervention des autorit\u00e9s frontali\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Luis a envisag\u00e9 de traverser le d\u00e9sert pour se familiariser avec les itin\u00e9raires les moins surveill\u00e9s. Il a demand\u00e9 des conseils juridiques sur les proc\u00e9dures d'obtention du statut de r\u00e9fugi\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, mais le processus a \u00e9t\u00e9 lent. Finalement, il a d\u00e9pos\u00e9 une demande aupr\u00e8s du service des douanes et de la protection des fronti\u00e8res (CBP).<span class=\"small-caps\">cbp<\/span>) et, apr\u00e8s un mois, ils ont \u00e9t\u00e9 admis au poste d'immigration d'El Paso, au Texas. Apr\u00e8s une semaine de d\u00e9tention, ils ont re\u00e7u un permis d'entr\u00e9e aux \u00c9tats-Unis gr\u00e2ce au soutien d'un parrain. Luis, sa compagne et sa belle-fille r\u00e9sident aujourd'hui \u00e0 Sioux Falls, dans le Dakota du Sud, et ont accueilli une nouvelle fille, n\u00e9e pendant leur voyage. Le voyage de 11 mois de Luis a abouti \u00e0 la r\u00e9alisation de son r\u00eave d'atteindre les \u00c9tats-Unis, une r\u00e9ussite qu'il consid\u00e8re comme le fruit de ses sacrifices et de ses efforts.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le cas de Nanys et Edis, une famille v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Nanys et Edis, un couple v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien de l'\u00c9tat de Falc\u00f3n, ont d\u00e9cid\u00e9 d'entreprendre un voyage vers les \u00c9tats-Unis \u00e0 la recherche d'un avenir meilleur. Nanys, 22 ans, a \u00e9t\u00e9 m\u00e8re \u00e0 19 ans et a travaill\u00e9 comme polici\u00e8re, mais a quitt\u00e9 son emploi \u00e0 cause de la corruption et du harc\u00e8lement. Edis, 30 ans, gagnait sa vie comme m\u00e9canicien. Ils se sont mis en couple au d\u00e9but de l'ann\u00e9e 2023 et ont entrepris d'\u00e9migrer aux \u00c9tats-Unis, motiv\u00e9s par la r\u00e9ussite d'amis et de voisins qui avaient suivi la m\u00eame voie. Gr\u00e2ce au soutien financier du fr\u00e8re d'Edis au Panama, ils ont quitt\u00e9 le Venezuela le 12 septembre 2023 pour C\u00facuta, en Colombie, en faisant miroiter \u00e0 leur fils une aventure dans la jungle.<\/p>\n\n\n\n<p>De C\u00facuta, ils se sont rendus \u00e0 Medell\u00edn, puis \u00e0 Turbo, o\u00f9 ils ont entam\u00e9 leur travers\u00e9e maritime jusqu'\u00e0 Acand\u00ed, malgr\u00e9 le co\u00fbt des billets et des \"taxes de s\u00e9curit\u00e9\". Apr\u00e8s un bref repos dans un camp \u00e0 Acand\u00ed, ils ont entam\u00e9 une marche \u00e9prouvante de huit heures jusqu'\u00e0 La Bandera, \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Panama, o\u00f9 ils ont opt\u00e9 pour un itin\u00e9raire plus court mais dangereux \u00e0 travers la jungle. En chemin, ils ont d\u00fb faire face \u00e0 des rivi\u00e8res en crue, \u00e0 un terrain escarp\u00e9 et glissant et \u00e0 une boue dense.<\/p>\n\n\n\n<p>Edis se souvient d'un moment critique o\u00f9 son fils a failli se noyer dans une rivi\u00e8re en crue, mais a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 par une man\u0153uvre d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. L'aventure s'est poursuivie avec la promesse de ne faire qu'une partie de leur randonn\u00e9e dans la jungle pour que l'enfant reste calme. Apr\u00e8s trois jours de marche, ils ont atteint Bajo Chiquito, o\u00f9 les prix \u00e9lev\u00e9s n'ont pas entam\u00e9 leur d\u00e9termination \u00e0 poursuivre leur projet. L'\u00e9tape suivante a \u00e9t\u00e9 un voyage en cano\u00eb jusqu'\u00e0 Lajas Blancas, o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9s par des militaires panam\u00e9ens avant d'\u00eatre transf\u00e9r\u00e9s dans un camp des Nations unies (<span class=\"small-caps\">un<\/span>).<\/p>\n\n\n\n<p>Nanys d\u00e9crit le camp de la <span class=\"small-caps\">un<\/span> Ils ont trouv\u00e9 que c'\u00e9tait un endroit bien organis\u00e9, avec un h\u00e9bergement gratuit, des toilettes et des salles \u00e0 manger, m\u00eame si la s\u00e9curit\u00e9 des biens \u00e9tait un sujet de pr\u00e9occupation. Au bout de deux jours, ils ont pu rejoindre le Costa Rica et le Nicaragua dans un bus moderne et confortable, ce qui leur a permis, ainsi qu'\u00e0 leur fils, de prendre un repos bien m\u00e9rit\u00e9 au cours de leur long voyage vers un nouveau d\u00e9part :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il y a des tentes blanches g\u00e9antes avec des lits de camp, des toilettes, des douches et une salle \u00e0 manger. On n'y paie aucun service, on y rencontre des gens qui attendent depuis une semaine de payer le bus, et bien que ce soit un endroit s\u00fbr, il faut toujours garder un \u0153il sur ses affaires pour s'assurer qu'elles ne sont pas vol\u00e9es. Nous avons pass\u00e9 deux jours dans ce camp, car nous avons pu payer les billets pour le Costa Rica et, de l\u00e0, pour le Nicaragua. Le voyage \u00e9tait confortable, c'\u00e9tait un bus moderne avec des si\u00e8ges inclinables et l'air conditionn\u00e9, donc l'enfant se sentait \u00e0 l'aise (Nanys, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fronti\u00e8re entre le Mexique et le Guatemala, Nanys est tomb\u00e9e dans un \u00e9tat d\u00e9pressif et le couple s'est retrouv\u00e9 sans les moyens de poursuivre son voyage. Bien que leur fils soit rest\u00e9 optimiste et enthousiaste \u00e0 l'id\u00e9e de participer \u00e0 une excursion, Nanys a eu du mal \u00e0 aller de l'avant. L'id\u00e9e d'un retour leur paraissant impensable, ils sont rest\u00e9s bloqu\u00e9s pendant trois jours dans une petite ville frontali\u00e8re du Guatemala jusqu'\u00e0 ce que Nanys se r\u00e9tablisse. Heureusement, ils avaient encore quelques \u00e9conomies, ce qui leur a permis de louer \u00e0 nouveau les services de coyotes.<\/p>\n\n\n\n<p>Nanys se souvient du voyage \u00e0 travers le Guatemala comme particuli\u00e8rement inconfortable, dans de vieux v\u00e9hicules surcharg\u00e9s, sans possibilit\u00e9 de s'arr\u00eater pour manger ou aller aux toilettes en raison des points de contr\u00f4le de la police et des gangs criminels. Les conducteurs n\u00e9gociaient avec ces groupes en utilisant des noms ou des surnoms sp\u00e9cifiques, obtenant ainsi l'autorisation de continuer. Environ deux heures avant d'atteindre la fronti\u00e8re mexicaine, ils ont pris un bus pour Tec\u00fan Um\u00e1n. \u00c0 la sortie du terminal, ils ont \u00e9t\u00e9 tromp\u00e9s et vol\u00e9s par de faux guides qui leur ont pris leurs t\u00e9l\u00e9phones portables et tout leur argent. Bien que proches de la fronti\u00e8re, ils n'avaient pas les moyens de payer la travers\u00e9e en radeau. Edis a pris l'initiative de demander de l'aide financi\u00e8re aux passants et, gr\u00e2ce \u00e0 la solidarit\u00e9 d'autres migrants, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9unir suffisamment d'argent pour la travers\u00e9e. Pendant la travers\u00e9e en radeau, son fils a continu\u00e9 \u00e0 croire en l'aventure de son excursion.<\/p>\n\n\n\n<p>En arrivant au Mexique, Nanys et Edis ont senti qu'elles se rapprochaient de leur but ultime, \u00e0 savoir atteindre les \u00c9tats-Unis. Un mois s'\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e9coul\u00e9 depuis le d\u00e9but de leur voyage lorsqu'elles sont arriv\u00e9es \u00e0 Tapachula. L'\u00e9tape suivante du voyage, un trajet d'environ 300 kilom\u00e8tres jusqu'\u00e0 Arriaga et San Pedro Tapanatepec \u00e0 Oaxaca, a n\u00e9cessit\u00e9 de marcher sous un soleil intense et d'\u00e9viter plusieurs barrages routiers. <span class=\"small-caps\">imm<\/span> et la Garde nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois \u00e0 San Pedro Tapanatepec, ils ont r\u00e9alis\u00e9 la distance qu'il leur restait \u00e0 parcourir et \u00e0 quel point il devenait compliqu\u00e9 d'atteindre la fronti\u00e8re am\u00e9ricaine. Ils ont d\u00e9cid\u00e9 de continuer en bus jusqu'\u00e0 Juchit\u00e1n, Oaxaca, o\u00f9 ils ont appris l'existence d'un service de transport s\u00fbr et peu co\u00fbteux offert par le gouvernement d'Oaxaca, qui les emm\u00e8nerait jusqu'\u00e0 la capitale de l'\u00c9tat. Gr\u00e2ce \u00e0 l'argent envoy\u00e9 par le fr\u00e8re d'Edis depuis le Panama, ils ont pu payer les billets, m\u00eame s'il ne restait pas assez d'argent pour se nourrir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 12 octobre 2023, un mois apr\u00e8s le d\u00e9but de leur voyage, Nanys, Edis et leur fils sont arriv\u00e9s au centre de mobilit\u00e9 pour migrants situ\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie d'Oaxaca. Ce centre disposait d'installations temporaires, notamment de grandes tentes, de toilettes portables, d'une zone de premiers soins et de casiers pour les bus. Il y avait \u00e9galement un service de s\u00e9curit\u00e9 et une petite <span class=\"small-caps\">imm<\/span> pour traiter les autorisations de sortie. Ils ont propos\u00e9 un transport vers Mexico en bus de premi\u00e8re et deuxi\u00e8me classe, supervis\u00e9 par l'institut.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain, la famille a achet\u00e9 des billets pour la Central de Autobuses Poniente \u00e0 Mexico. Ils ont cherch\u00e9 \u00e0 se loger dans un h\u00f4tel bon march\u00e9 mais mal entretenu. Bien que leur destination frontali\u00e8re ne soit pas claire, ils ont explor\u00e9 la ville, notamment en visitant l'Angel de la Independencia. Gr\u00e2ce \u00e0 des contacts WhatsApp, ils ont appris qu'il existait des services de bus bon march\u00e9 pour Monterrey depuis Central del Norte, car ils pensaient \u00e0 tort que Monterrey se trouvait \u00e0 la fronti\u00e8re. Les compagnies r\u00e9guli\u00e8res exigeant des passeports tamponn\u00e9s, ils ont opt\u00e9 pour un service non officiel pour 1 000 pesos chacun. Apr\u00e8s l'embarquement, un poste de contr\u00f4le de l'immigration \u00e0 San Luis Potos\u00ed les a emp\u00each\u00e9s de continuer, les obligeant \u00e0 marcher jusqu'\u00e0 Saltillo \u00e0 travers un terrain d\u00e9sertique hostile. Apr\u00e8s une rencontre dangereuse avec des criminels pr\u00e8s de Matehuala et une marche \u00e9puisante, ils ont trouv\u00e9 refuge dans un abri chr\u00e9tien \u00e0 Saltillo. Deux jours plus tard, ils ont achet\u00e9 des billets pour Monterrey, o\u00f9 ils ont camp\u00e9 \u00e0 la gare routi\u00e8re et collect\u00e9 de l'argent pour continuer. Pendant leur s\u00e9jour, ils ont assist\u00e9 \u00e0 une descente de police mais n'ont pas \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s. La fatigue et la peur s'emparent d'eux, tandis que leur fils leur demande quand ils rentreront chez eux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Une fois install\u00e9s dans la maison du berger, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re de mettre en \u0153uvre la <span class=\"small-caps\">cbp<\/span> Premi\u00e8rement, j'ai commenc\u00e9 \u00e0 chercher du travail. Je n'ai travaill\u00e9 que deux jours dans le b\u00e2timent, mais un homme m'a dit de me m\u00e9fier parce qu'il y avait des gens mal intentionn\u00e9s, que si je devais monter dans les camionnettes ou les bus, je devais faire l'idiot parce que s'ils m'entendaient, ils m'enl\u00e8veraient \u00e0 nouveau, et \u00e0 cause de cela, j'ai d\u00fb arr\u00eater de travailler. La v\u00e9rit\u00e9, c'est que nous ne pouvons rien faire, nous ne pouvons m\u00eame pas sortir de peur qu'ils nous attrapent \u00e0 nouveau. Ici, nous attendons de voir si le rendez-vous arrive et si par hasard le rendez-vous n'arrive pas en janvier, je pense vraiment que nous retournerons, je pense vraiment que \u00e7a devient tr\u00e8s compliqu\u00e9, nous sommes en grand danger, nous ne savons pas quoi faire, nous ne savons vraiment pas quoi faire (Nanys, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Ils sont rest\u00e9s \u00e0 Reynosa pendant trois semaines, dans la maison du pasteur, jusqu'\u00e0 ce qu'ils puissent obtenir leur demande d'asile. <span class=\"small-caps\">cbp<\/span> L'un d'entre eux a \u00e9t\u00e9 admis. Ils ont \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9s \u00e0 un rendez-vous au bureau de l'immigration de McAllen. Edis d\u00e9crit ce moment avec beaucoup d'\u00e9motion : \"Beaucoup de course, beaucoup de course, beaucoup de voyage, mais gr\u00e2ce \u00e0 Dieu nous avons r\u00e9ussi, nous avons travers\u00e9 la rivi\u00e8re le mercredi (27 d\u00e9cembre) vers dix ou onze heures du soir, gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, un excellent moment, l'immigration nous a re\u00e7us, nous a trait\u00e9s et bient\u00f4t nous avons re\u00e7u l'autorisation d'entrer l\u00e9galement aux Etats-Unis\" (Edis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Edis, Nanys et son fils, la nouvelle qu'ils ont re\u00e7ue a \u00e9t\u00e9 comme un merveilleux cadeau de No\u00ebl. Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le bureau de l'immigration, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 organiser un vol vers New York pour Nanys et son fils, tandis qu'Edis a d\u00fb entreprendre la derni\u00e8re \u00e9tape de son voyage en bus depuis McAllen. Leur derni\u00e8re communication s'est faite par le biais d'un message WhatsApp : \"Nous sommes aux \u00c9tats-Unis, Dieu merci\".<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">Le r\u00f4le central des m\u00e9dias sociaux et des plateformes num\u00e9riques dans les affaires Luis, Edis et Nanys<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'odyss\u00e9e migratoire de Luis illustre l'importance cruciale des r\u00e9seaux sociaux et de la technologie mobile pour naviguer sur les routes migratoires complexes du 21e si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>. En attendant de traverser l'Urab\u00e1, Luis s'est plong\u00e9 chaque matin dans les m\u00e9dias sociaux, devenant un observateur attentif des exp\u00e9riences partag\u00e9es par d'autres V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens qui s'\u00e9taient rendus \u00e0 Capurgan\u00e1 et \u00e0 Acand\u00ed. Les groupes WhatsApp sont devenus des forums essentiels pour l'\u00e9change d'exp\u00e9riences, la mise en garde contre les dangers et la c\u00e9l\u00e9bration des succ\u00e8s, mais aussi la d\u00e9ploration des pertes. Luis a r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 la dualit\u00e9 des voyages : certains avan\u00e7aient avec d\u00e9termination, tandis que d'autres \u00e9taient pris au pi\u00e8ge dans le labyrinthe vert du Dari\u00e9n.<\/p>\n\n\n\n<p>La connectivit\u00e9 est devenue un lien vital entre Luis et le monde ext\u00e9rieur, en particulier lorsque son appareil a cess\u00e9 de fonctionner pendant cinq jours critiques dans les stations de migration. Cependant, une fois qu'il s'est install\u00e9 dans le camp dans le <span class=\"small-caps\">iom-acnur<\/span>L'acc\u00e8s gratuit \u00e0 l'internet lui a permis de se reconnecter, de partager ses progr\u00e8s et de recevoir des conseils pr\u00e9cieux pour les prochaines \u00e9tapes de son voyage.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, le cas d'Edis et de Nanys a d\u00e9montr\u00e9 une adaptation similaire aux exigences de la migration num\u00e9rique. Arm\u00e9s de leur <em>smartphones<\/em>Ils ont m\u00e9ticuleusement document\u00e9 leur voyage \u00e0 travers le Dari\u00e9n par le biais de plateformes telles que TikTok et Facebook, non seulement comme des journaux personnels, mais aussi comme des balises d'orientation pour ceux qui les suivraient (Calvillo et Hern\u00e1ndez, 2018, 2021 ; Fabi\u00e1n et Valdez, 2024). La capacit\u00e9 d'Edis \u00e0 rechercher des informations en temps r\u00e9el et \u00e0 consulter des compatriotes via WhatsApp souligne la synergie entre la mobilit\u00e9 physique et la connectivit\u00e9 num\u00e9rique : \" J'ai commenc\u00e9 \u00e0 chercher des choses sur les r\u00e9seaux et j'ai aussi demand\u00e9 aux gens qui nous pr\u00e9c\u00e9daient via Whats Whats comment traverser les fronti\u00e8res du Nicaragua et du Honduras \" (Edis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/imagen_2-1-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"4792x3195\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2: \"recargando m\u00f3viles antes de entrar al dari\u00e9n en necocl\u00ed, colombia\" fuente: alberto hern\u00e1ndez, 2023.\">\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/imagen_2-1-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 2 : \"Rechargement de t\u00e9l\u00e9phones portables avant d'entrer dans le Dari\u00e9n \u00e0 Necocl\u00ed, Colombie\" Source : Alberto Hern\u00e1ndez, 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Lorsqu'ils ont atteint la fronti\u00e8re de San Pancho au Nicaragua, Edis, Nanys et leur fils ont choisi de passer l\u00e9galement le poste de contr\u00f4le des migrations en payant 150 dollars pour un laissez-passer qui leur a permis de circuler librement dans le pays. Cette d\u00e9cision leur a permis d'\u00e9conomiser sur les frais de voyage et de nourriture. Gr\u00e2ce au laissez-passer, ils ont pu traverser le Nicaragua sans encombre, en profitant des magnifiques paysages de lacs et de montagnes. La travers\u00e9e du Honduras s'est \u00e9galement d\u00e9roul\u00e9e en toute s\u00e9curit\u00e9, m\u00eame si, \u00e0 ce stade du voyage, ils d\u00e9pendaient des coyotes, qui \u00e9taient charg\u00e9s de les guider jusqu'\u00e0 la fronti\u00e8re avec le Guatemala.<\/p>\n\n\n\n<p>Luis a utilis\u00e9 TikTok et Facebook pour se tenir au courant de l'itin\u00e9raire et de la route \u00e0 suivre. Il s'est souvent retrouv\u00e9 sans acc\u00e8s aux donn\u00e9es mobiles, mais il a profit\u00e9 de chaque occasion pour se connecter et communiquer avec sa famille. Il a partag\u00e9 des photos et des messages de son voyage, l'air d\u00e9tendu et victorieux. Luis a donn\u00e9 des d\u00e9tails sur les m\u00e9thodes et les proc\u00e9dures qu'il a utilis\u00e9es pendant son voyage et a racont\u00e9 le moment o\u00f9 il a d\u00e9cid\u00e9 de poursuivre son voyage seul :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je suis guid\u00e9 par mon <span class=\"small-caps\">GPS<\/span> et pour la communication avec les personnes qui me guident en me disant \"va par l\u00e0\", \"va par l\u00e0\", \"entre par l\u00e0\", et ainsi de suite petit \u00e0 petit. Et gr\u00e2ce \u00e0 mon t\u00e9l\u00e9phone <span class=\"small-caps\">GPS<\/span> J'ai une puce internationale qui me durera jusqu'aux \u00c9tats-Unis, je la recharge pour qu'elle dure, et les gens me guident, je voyage en bus, parce que c'est tr\u00e8s loin \u00e0 pied, en ce moment je voyage totalement seul, je me suis d\u00e9barrass\u00e9 de mes amiti\u00e9s parce que ce sont des amiti\u00e9s tr\u00e8s compliqu\u00e9es et je ne veux pas \u00eatre avec des gens compliqu\u00e9s (Luis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 Saltillo, il a cherch\u00e9 des informations sur les trains qui se rendaient \u00e0 Piedras Negras et, gr\u00e2ce \u00e0 WhatsApp, il a rapidement obtenu les donn\u00e9es n\u00e9cessaires : \"Nos contacts et nos amis qui avaient d\u00e9j\u00e0 progress\u00e9 nous indiquaient par l'interm\u00e9diaire de groupes WhatsApp les itin\u00e9raires \u00e0 suivre. La recommandation \u00e9tait de se rendre \u00e0 Piedras Negras, Coahuila, de traverser le Rio Bravo et d'atteindre Eagle Pass, Texas. L'ann\u00e9e \u00e9tait presque termin\u00e9e et je n'y arrivais toujours pas\" (Luis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu \u00e0 Ciudad Ju\u00e1rez et envoy\u00e9 dans le sud du Mexique pour que son statut d'immigrant soit d\u00e9termin\u00e9, Luis s'est retrouv\u00e9 sans ressources, mais il esp\u00e9rait toujours pouvoir reprendre un train et recevoir de l'aide dans les centres d'h\u00e9bergement. Le voyage de retour vers Mexico s'est d\u00e9roul\u00e9 sans encombre. Luis savait qu'\u00e0 l'approche d'Apizaco, il devrait passer des contr\u00f4les d'immigration. Il a donc pr\u00e9vu de descendre du train en marche peu avant l'arriv\u00e9e et de marcher quelques kilom\u00e8tres pour les \u00e9viter. Atteindre Huehuetoca \u00e0 cette occasion \u00e9tait plus facile. Une fois sur place, Luis est entr\u00e9 en contact avec d'autres migrants via WhatsApp et a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 du d\u00e9part anticip\u00e9 de groupes qu'il pouvait rejoindre : \"Dans ces gares de triage, vous verrez des centaines de migrants monter dans les trains, des familles enti\u00e8res et des femmes avec des enfants dans les bras y montent\" (Luis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>L'exp\u00e9rience d'Edis, de Nanys et de son fils met en lumi\u00e8re un aspect critique qui n\u00e9cessite une attention particuli\u00e8re : les risques et les vuln\u00e9rabilit\u00e9s auxquels sont confront\u00e9s les migrants dans le domaine num\u00e9rique. En particulier, les cas d'enl\u00e8vement et d'extorsion d\u00e9pendent fortement de l'acc\u00e8s des criminels aux coordonn\u00e9es et aux r\u00e9seaux sociaux de la famille et des amis des migrants.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lundi 13 novembre, \u00e0 6 heures du matin, ils ont pris un bus pour Reynosa. Avant d'arriver dans la ville, ils sont pass\u00e9s par un poste de contr\u00f4le de l'immigration o\u00f9 on leur a demand\u00e9 de payer une \"coop\u00e9ration\" de 1 000 pesos par personne. Peu apr\u00e8s, ils ont rencontr\u00e9 un autre point de contr\u00f4le, cette fois de la Garde nationale, avec une demande similaire. Pendant le voyage, ils sont rest\u00e9s en contact avec leurs amis et leur famille via WhatsApp pour les informer de leur proximit\u00e9 avec la fronti\u00e8re. \u00c0 13 h 58, ils ont partag\u00e9 des images r\u00e9v\u00e9lant leur position exacte. Juste avant d'arriver \u00e0 la gare routi\u00e8re, un v\u00e9hicule avec des hommes arm\u00e9s les a intercept\u00e9s et les a fait descendre du bus sans leur donner la possibilit\u00e9 de r\u00e9sister. Ils ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s dans un refuge \u00e0 bord de plusieurs v\u00e9hicules. \u00c0 leur arriv\u00e9e, leurs documents et leurs t\u00e9l\u00e9phones portables ont \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9s et ils ont \u00e9t\u00e9 somm\u00e9s de verser 800 dollars par personne au groupe criminel, y compris l'enfant. Les ravisseurs ont clairement indiqu\u00e9 qu'ils ne se souciaient pas de savoir si les victimes avaient l'argent ou non ; les membres de la famille devaient l'obtenir, m\u00eame s'ils devaient emprunter ou vendre des biens.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mardi 14 novembre, les ravisseurs ont utilis\u00e9 WhatsApp pour communiquer avec un parent et discuter des d\u00e9tails de la lib\u00e9ration. Leurs messages \u00e9taient clairs et urgents : ils devaient collecter l'argent le plus rapidement possible, soulignant que la s\u00e9curit\u00e9 de l'enfant \u00e9tait en jeu. Le fr\u00e8re d'Edis, r\u00e9sidant au Panama, a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de coordonner le paiement. R\u00e9unir une telle somme en peu de temps \u00e9tait compliqu\u00e9 et la famille de Nanys n'\u00e9tait pas en mesure d'y contribuer. L'un des dialogues avec les ravisseurs peut \u00eatre entendu sur l'enregistrement de l'appel t\u00e9l\u00e9phonique avec un parent :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Non, tu vas aller en enfer, je te l'ai d\u00e9j\u00e0 dit, wey, avec qui j'avais parl\u00e9 en audio, on avait pris rendez-vous. Combien d'argent as-tu sur toi ?<br>-Al\u00f3.<br>H\u00e9, combien portez-vous, combien portez-vous ?<br>-Mon ami, je ne sais pas, j'ai parl\u00e9 avec eux, voyons voir, mais c'est tr\u00e8s compliqu\u00e9 pour eux. Je vous ai dit qu'ils n'avaient pas d'argent, que ces gens n'avaient pas d'argent, que la famille de cet enfant n'avait pas d'argent. Vous demandez de l'argent que ces gens n'ont pas, ils sont pauvres. S'il pleut, ils mouillent pratiquement leur maison, ils vivent tr\u00e8s humblement.<br>Mais comment vont-ils s'y prendre, wey, est-ce que je vais les soutenir ou quoi, wey ?<br>-C'est juste que vous n'avez pas pris les bons parce qu'ils n'ont pas d'argent.<br>Eh bien, comment voyez-vous que je vais les envoyer \u00e0 la bite ou que nous allons pr\u00e9lever un organe sur le gar\u00e7on, comment voyez-vous ?<span class=\"small-caps\">Je m'adresse \u00e0 toi, Wey<\/span>!<br>Ah, mais dis-moi, que puis-je faire ?<br>Parlez \u00e0 la famille, passez-moi le num\u00e9ro de la famille, wey.<br>C'est un de leurs fr\u00e8res qui vous a \u00e9crit, n'est-ce pas ?<br>Dites-lui de m'\u00e9crire, notez-le.<br>-D'accord.<br>Regardez, dites-leur, wey, qu'ils veulent prendre l'enfant, dites-leur en bref.<br>-Je vous demande de le pr\u00e9parer demain, parce que c'est vraiment mauvais, sinon il y aura des probl\u00e8mes. Demandez des pr\u00eats, faites quelque chose ou aidez-les.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain, le ravisseur a recontact\u00e9 les proches et leur a demand\u00e9 : \"Combien d'argent avez-vous ? Il leur a \u00e9galement envoy\u00e9 un enregistrement d'Edis les suppliant de faire ce qu'ils pouvaient pour les aider et obtenir sa lib\u00e9ration. Les proches n'ayant pas r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9unir la somme requise dans le d\u00e9lai imparti, les ravisseurs ont augment\u00e9 la demande \u00e0 mille dollars. Apr\u00e8s six jours d'attente angoissante et le versement de trois mille dollars, Edis, Nanys et leur fils ont finalement \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s, mais les ravisseurs ont gard\u00e9 leurs t\u00e9l\u00e9phones portables. Apr\u00e8s cette \u00e9preuve, ils ont re\u00e7u l'aide d'un pasteur chr\u00e9tien rencontr\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux, qui leur a offert un refuge chez lui. Cependant, la peur de sortir dans la rue persistait. Selon leur t\u00e9moignage, \"ce qui s'est pass\u00e9 a \u00e9t\u00e9 un moment tr\u00e8s dur, un moment auquel nous ne nous attendions pas, mais dont, gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, nous avons pu nous sortir\" (Edis, 2023).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Discussion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les cas de Luis, Edis et Nanys r\u00e9v\u00e8lent comment les migrants, les m\u00e9dias sociaux et les plateformes num\u00e9riques interagissent, transformant non seulement les modes de navigation et de survie, mais introduisant \u00e9galement de nouveaux risques et vuln\u00e9rabilit\u00e9s. Si le pouvoir des r\u00e9seaux consiste \u00e0 surmonter les limites de l'espace et du temps en facilitant la communication instantan\u00e9e et omnipr\u00e9sente (Castells, 2006), comme le montre l'utilisation par Luis, Edis et Nanys de WhatsApp, Facebook et d'autres plateformes pour obtenir des informations essentielles et rester en contact avec leurs communaut\u00e9s, il convient \u00e9galement de r\u00e9fl\u00e9chir aux processus d'exclusion et d'in\u00e9galit\u00e9 qu'ils g\u00e9n\u00e8rent, comme le montrent les risques li\u00e9s \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 num\u00e9rique et l'exposition \u00e0 des actes criminels, dont t\u00e9moigne l'enl\u00e8vement d'Edis et de Nanys. Le capital social facilit\u00e9 par les r\u00e9seaux sociaux num\u00e9riques (Putnam, 2000) se traduit par la capacit\u00e9 des migrants \u00e0 prendre des d\u00e9cisions \u00e9clair\u00e9es et \u00e0 surmonter les obstacles gr\u00e2ce au partage d'informations. Toutefois, cette interaction peut les exposer \u00e0 des risques, car les informations personnelles et de localisation peuvent \u00eatre exploit\u00e9es par des acteurs malveillants, comme dans le cas de l'enl\u00e8vement d'Edis et de Nanys.<\/p>\n\n\n\n<p>Le paradoxe de la connectivit\u00e9 (Van Dijck, 2013) se manifeste clairement dans le contexte migratoire : si l'interconnexion num\u00e9rique fournit aux migrants des outils essentiels pour la navigation et la communication, elle les expose \u00e9galement \u00e0 une vuln\u00e9rabilit\u00e9 accrue. La litt\u00e9rature sur la cybers\u00e9curit\u00e9 (Kshetri, 2013) souligne que les migrants, en s'appuyant sur les r\u00e9seaux num\u00e9riques, deviennent des cibles faciles pour la cybercriminalit\u00e9, y compris l'extorsion, l'enl\u00e8vement et d'autres formes d'exploitation. Cette vuln\u00e9rabilit\u00e9 est exacerb\u00e9e par le manque de connaissances et de ressources pour se prot\u00e9ger dans l'environnement num\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour maximiser les avantages des plateformes num\u00e9riques et minimiser les risques, il est important de mettre en \u0153uvre des strat\u00e9gies efficaces. L'une des plus importantes est l'\u00e9ducation des migrants \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 num\u00e9rique. Cette \u00e9ducation devrait aborder des questions telles que la protection de la vie priv\u00e9e, l'identification des menaces en ligne et la gestion s\u00e9curis\u00e9e des informations personnelles. La culture num\u00e9rique est essentielle pour responsabiliser les utilisateurs et r\u00e9duire leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la cybercriminalit\u00e9 (Guess et Munger, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9veloppement d'applications s\u00e9curis\u00e9es sp\u00e9cialement con\u00e7ues pour r\u00e9pondre aux besoins des migrants est \u00e9galement essentiel. Ces applications devraient inclure des fonctions de communication crypt\u00e9es, une localisation s\u00e9curis\u00e9e et l'acc\u00e8s \u00e0 des informations v\u00e9rifi\u00e9es sur les itin\u00e9raires et les services. Il est donc important de concevoir des technologies qui prennent en compte les circonstances sp\u00e9cifiques des utilisateurs, am\u00e9liorant ainsi leur efficacit\u00e9 et leur s\u00e9curit\u00e9 (Nguyen, 2022). Cette collaboration peut inclure le partage d'informations entre les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les entreprises technologiques afin d'\u00e9laborer des politiques et des pratiques qui garantissent la s\u00e9curit\u00e9 num\u00e9rique des personnes contraintes de migrer ; les partenariats strat\u00e9giques entre les secteurs sont essentiels pour cr\u00e9er un environnement num\u00e9rique s\u00fbr et fiable.<\/p>\n\n\n\n<p>La connectivit\u00e9 peut \u00e9galement \u00eatre source d'autonomie : les m\u00e9dias sociaux et les plateformes num\u00e9riques ont donn\u00e9 naissance \u00e0 de nouvelles formes de communaut\u00e9 et de soutien social caract\u00e9ris\u00e9es par des connexions personnelles dispers\u00e9es mais puissantes. Cela se refl\u00e8te dans la mani\u00e8re dont Luis, Edis et Nanys ont utilis\u00e9 les r\u00e9seaux num\u00e9riques pour obtenir des informations cruciales et maintenir le contact avec les communaut\u00e9s de soutien. Les m\u00e9dias sociaux et les plateformes num\u00e9riques fonctionnent comme des syst\u00e8mes de navigation et de soutien qui \u00e9tendent le capital social au-del\u00e0 des fronti\u00e8res g\u00e9ographiques (Rainie et Wellman, 2012). D'autre part, l'auto-efficacit\u00e9 collective dans les environnements num\u00e9riques (Bandura, 2001 ; Battinto, 2013) explique comment les groupes de migrants sur WhatsApp et d'autres plateformes num\u00e9riques renforcent la perception de leur capacit\u00e9 \u00e0 surmonter collectivement les d\u00e9fis de la migration. Ce sentiment d'efficacit\u00e9 est construit et renforc\u00e9 par le partage d'exp\u00e9riences r\u00e9ussies, de conseils et de mots d'encouragement.<\/p>\n\n\n\n<p>La num\u00e9risation de l'exp\u00e9rience migratoire n'est pas sans risque. La violation des normes de protection de la vie priv\u00e9e peut avoir de graves cons\u00e9quences pour les migrants, comme le montrent l'enl\u00e8vement et l'extorsion de la famille v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne. La conceptualisation des \"espaces de vuln\u00e9rabilit\u00e9 num\u00e9rique\" (Leurs et Smets, 2018) soutient que les migrants naviguent dans des espaces num\u00e9riques impr\u00e9gn\u00e9s d'in\u00e9galit\u00e9s de pouvoir et d'exposition \u00e0 la surveillance et au contr\u00f4le (Nissenbaum, 2009).<\/p>\n\n\n\n<p>La gouvernance des plateformes num\u00e9riques met en \u00e9vidence la responsabilit\u00e9 des entreprises technologiques dans la mod\u00e9ration des contenus et la protection de leurs utilisateurs (Gillespie, 2018). Les politiques et les pratiques doivent fournir des environnements num\u00e9riques s\u00fbrs o\u00f9 les migrants peuvent chercher du soutien sans craindre d'\u00eatre exploit\u00e9s ou surveill\u00e9s. En ce sens, la \"culture num\u00e9rique critique\" (Hobbs, 2011) appara\u00eet comme une comp\u00e9tence essentielle qui permet aux migrants d'acc\u00e9der aux technologies num\u00e9riques et de les utiliser efficacement, en comprenant et en remettant en question leurs implications de mani\u00e8re critique. L'\u00e9ducation \u00e0 la culture num\u00e9rique des migrants peut renforcer leur capacit\u00e9 \u00e0 naviguer dans les espaces num\u00e9riques de mani\u00e8re s\u00fbre et efficace.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les plateformes num\u00e9riques, telles que WhatsApp, Telegram et Google Maps, sont principalement utilis\u00e9es pour les communications priv\u00e9es et fournissent aux migrants des outils essentiels pour coordonner leurs mouvements, recevoir des alertes sur les dangers et rester en contact avec les membres de leur famille et les autres voyageurs. WhatsApp, en particulier, s'est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre un outil vital pour la communication instantan\u00e9e et la transmission d'informations critiques en temps r\u00e9el. D'autre part, les m\u00e9dias sociaux tels que Facebook et TikTok servent de plateformes publiques o\u00f9 les migrants partagent leurs exp\u00e9riences, obtiennent des informations sur les itin\u00e9raires et les ressources, et trouvent un soutien \u00e9motionnel et logistique dans les communaut\u00e9s num\u00e9riques de migrants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces plateformes num\u00e9riques et les m\u00e9dias sociaux ont facilit\u00e9 la cr\u00e9ation de communaut\u00e9s num\u00e9riques qui transcendent les fronti\u00e8res g\u00e9ographiques. Dans ces espaces, les migrants \u00e9changent des conseils, renforcent leurs identit\u00e9s collectives et luttent pour leurs droits en mati\u00e8re de migration. Cette interaction num\u00e9rique a permis la formation d'un capital social transnational, dans lequel le partage d'informations et le soutien mutuel jouent un r\u00f4le crucial pour prendre des d\u00e9cisions \u00e9clair\u00e9es et surmonter les obstacles au cours du voyage migratoire. Cependant, la connectivit\u00e9 num\u00e9rique introduit \u00e9galement des vuln\u00e9rabilit\u00e9s importantes. L'exposition des donn\u00e9es personnelles et de localisation peut \u00eatre exploit\u00e9e par des acteurs malveillants, comme l'a montr\u00e9 l'enl\u00e8vement d'Edis et de Nanys. Ce paradoxe de la connectivit\u00e9, dans lequel l'outil qui donne du pouvoir viole \u00e9galement, souligne la n\u00e9cessit\u00e9 de repenser et d'analyser de mani\u00e8re r\u00e9flexive l'utilisation de ces technologies.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour att\u00e9nuer ces risques, il est urgent de d\u00e9velopper et de promouvoir une culture num\u00e9rique critique chez les migrants. L'\u00e9ducation \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 num\u00e9rique, \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e et \u00e0 l'\u00e9valuation de la fiabilit\u00e9 des informations est essentielle pour responsabiliser les migrants et r\u00e9duire leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la cybercriminalit\u00e9. La mise en \u0153uvre de mesures de s\u00e9curit\u00e9 num\u00e9rique solides et le d\u00e9veloppement d'applications s\u00e9curis\u00e9es sp\u00e9cialement con\u00e7ues pour les besoins des migrants sont des \u00e9tapes cl\u00e9s dans la cr\u00e9ation d'environnements num\u00e9riques s\u00fbrs. En outre, il est essentiel de favoriser la collaboration transnationale entre les gouvernements, les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, les plateformes technologiques et les migrants eux-m\u00eames. Il est essentiel de cr\u00e9er des politiques globales qui abordent \u00e0 la fois les opportunit\u00e9s et les d\u00e9fis de la migration num\u00e9rique pour s'assurer que l'\u00e8re num\u00e9rique est une force d'autonomisation pour les migrants. Cette collaboration peut inclure le partage d'informations et de bonnes pratiques entre les diff\u00e9rents acteurs afin de d\u00e9velopper des politiques et des pratiques qui garantissent la s\u00e9curit\u00e9 num\u00e9rique des migrants.<\/p>\n\n\n\n<p>La connectivit\u00e9 num\u00e9rique peut \u00eatre une source d'autonomisation en procurant un sentiment d'efficacit\u00e9 collective qui permet aux migrants de se sentir capables de surmonter les difficult\u00e9s gr\u00e2ce au soutien mutuel et au partage d'informations. Toutefois, il convient de se demander si cette autonomisation per\u00e7ue ne renforce pas en r\u00e9alit\u00e9 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 existante. Le sentiment d'autonomisation peut \u00eatre illusoire s'il n'est pas accompagn\u00e9 de mesures concr\u00e8tes visant \u00e0 prot\u00e9ger les migrants des risques num\u00e9riques ; il est donc essentiel qu'ils comprennent les implications de leur interaction avec les technologies num\u00e9riques et qu'ils s'interrogent de mani\u00e8re critique \u00e0 ce sujet. Les recherches futures pourraient se concentrer sur une meilleure compr\u00e9hension de la mani\u00e8re dont les diff\u00e9rentes populations migrantes utilisent et sont affect\u00e9es par les technologies num\u00e9riques, dans le but d'\u00e9clairer le d\u00e9veloppement d'interventions et de politiques plus efficaces.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Acosta, Henry, Erika Ram\u00edrez y Jonnathan Jim\u00e9nez (2023). \u201cImplicaciones de la migraci\u00f3n irregular sobre la seguridad humana en la regi\u00f3n del Tap\u00f3n del Dari\u00e9n en Colombia\u201d, <em>Seguridad, Ciencia &amp; Defensa<\/em>, 9(9), pp. 35-52.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Baigts, Carolina y Lilian Zenteno (2023). \u201cAddressing the Darien Gap Migration Crisis and its Impact on Neighboring Countries, <em>United Nations Department of Economic and Social Affairs <\/em>(<span class=\"small-caps\">desa<\/span>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bandura, Albert (2001). \u201cSocial Cognitive Theory: An Agentic Perspective\u201d, <em>Annual Review of Psychology<\/em>, 52(1), pp. 1-26.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Battinto, Batts (2013). \u201cAn Exploration of the Relationship between Social Media Use and Engagement among African American Student leaders\u201d. 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Palo Alto: Stanford University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Putnam, Robert (2000). <em>Bowling Alone: The Collapse and Revival of the American Community<\/em>. Nueva York: Simon and Schuster.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rainie, Lee y Barry Wellman (2012). <em>Networked: The New Social Operating System<\/em>. Cambridge: The <span class=\"small-caps\">mit<\/span> Press. https:\/\/doi.org\/10.7551\/mitpress\/8358.001.0001<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Reyes, Mauricio (2023). \u201cNecocl\u00ed, el embudo migratorio en el Tap\u00f3n del Dari\u00e9n y el rebote postpandemia en los flujos mixtos que atraviesan a Colombia\u201d, en Nuria Arenas (coord.). <em>Desplazamiento forzado y protecci\u00f3n internacional en Am\u00e9rica Latina en el 70 Aniversario de la Adopci\u00f3n de la Convenci\u00f3n de Ginebra sobre el Estatuto de los Refugiados.<\/em> Huelva: Universidad de Huelva, pp. 167-184.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ter Laan, Nina (2023). \u201cAssalamu \u02bfAlaykum, Can We Add This Sister?\u2019: WhatsApp Group Chat as a Homemaking Practice among Dutch-Speaking Muhajirat in Morocco\u201d. <em>Religion and Gender<\/em>, 13(2), pp. 206-226.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Van Dijck, Jos\u00e9 (2013). \u201c\u2018You Have One Identity\u2019: Performing the Self on Facebook and LinkedIn\u201d, <em>Media, Culture &amp; Society, <\/em>35(2), pp. 199-215. https:\/\/doi.org\/10.1177\/0163443712468605<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Van Houtum, Henk y Rodrigo Bueno (2023). \u201cHumans, not Arrows: Countering the Violent Cartography of Undocumented Migration\u201d, en Ilse Van Liempt, Joris Schapendonk y Amalia Campos-Delgado (eds.). <em>Research Handbook on Irregular Migration.<\/em> Cheltenham: Edward Elgar Publishing, pp. 49-65.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Walk, Erin, Kiran Garimella y Christia Fotini (2023). \u201cDisplacement and Return in the Internet Era: Social Media for Monitoring Migration Decisions in Northern Syria\u201d, <em>World Development<\/em>, 168. https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.worlddev.2023.106268<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Alberto Hern\u00e1ndez Hern\u00e1ndez<\/em> est titulaire d'un doctorat en sociologie de l'Universit\u00e9 Complutense de Madrid. Professeur-chercheur au d\u00e9partement d'\u00e9tudes d'administration publique du El Colegio de la Frontera Norte, pr\u00e9sident de cette institution de 2017 \u00e0 2022. Membre du Syst\u00e8me national des chercheurs, niveau <span class=\"small-caps\">iii<\/span>. Il a \u00e9t\u00e9 professeur en Colombie et en Espagne et chercheur invit\u00e9 \u00e0 l'universit\u00e9 de Californie, \u00e0 San Diego, et \u00e0 l'Instituto Universitario Ortega y Gasset, en Espagne. Il est actuellement chercheur invit\u00e9 \u00e0 l'Universidad de los Andes. Publications r\u00e9centes : Alberto Hern\u00e1ndez et Amalia Campos-Delgado (coords.) (2022). <em>Migration et mobilit\u00e9 dans les Am\u00e9riques<\/em>. Buenos Aires et Mexico : Siglo <span class=\"small-caps\">xxi<\/span> et <span class=\"small-caps\">clacso<\/span>Alberto Hern\u00e1ndez, R. Cruz (coords.) (2021). <em>G\u00e9ographies du travail sexuel aux fronti\u00e8res de l'Am\u00e9rique latine<\/em>. Tijuana : El Colegio de la Frontera Norte. Int\u00e9r\u00eats de recherche : fronti\u00e8res, migration internationale et \u00e9tudes culturelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Carlos S. Ibarra<\/em> est un anthropologue form\u00e9 \u00e0 l'\u00c9cole nationale d'anthropologie et d'histoire, titulaire d'un master en anthropologie sociale de l'\u00c9cole d'anthropologie et d'histoire du nord du Mexique et d'un doctorat en \u00e9tudes culturelles du Colegio de la Frontera Norte. Il est sp\u00e9cialiste des mouvements chr\u00e9tiens \u00e9mergents, des processus de d\u00e9construction religieuse, des identit\u00e9s politiques conservatrices aux \u00c9tats-Unis, de la migration et de la sant\u00e9 mentale. Il est actuellement chercheur au Mexique au Secr\u00e9tariat pour la science, les sciences humaines, la technologie et l'innovation, affect\u00e9 \u00e0 l'\u00c9cole d'anthropologie et d'histoire du Nord du Mexique. Il a coordonn\u00e9 le travail sur le terrain dans le cadre de plusieurs projets li\u00e9s aux changements religieux, aux migrations et aux r\u00e9fugi\u00e9s. Il a enseign\u00e9 dans des institutions telles que El Colegio de Michoac\u00e1n et El Colegio de la Frontera Norte. Membre de la <span class=\"small-caps\">sni<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Arturo Fabian J.<\/em> est titulaire d'un doctorat en \u00e9tudes culturelles du El Colegio de la Frontera Norte. Il est actuellement chercheur postdoctoral \u00e0 l'universit\u00e9 de Guadalajara. Chercheur et r\u00e9alisateur de documentaires, il poss\u00e8de une vaste exp\u00e9rience dans l'\u00e9tude des ph\u00e9nom\u00e8nes religieux et de la religiosit\u00e9 populaire au Mexique, ainsi que dans l'analyse des migrations et de la violence \u00e0 l'encontre des migrants dans des r\u00e9gions telles que la trou\u00e9e du Darien. Il est sp\u00e9cialis\u00e9 dans l'analyse des cultes non officiels et de la production de biens de salut, avec une attention particuli\u00e8re pour la figure de Jes\u00fas Malverde. Son travail combine des m\u00e9thodes ethnographiques et photographiques pour documenter et analyser les pratiques et les croyances de diverses communaut\u00e9s religieuses. En outre, elle a \u00e9tudi\u00e9 et document\u00e9 la situation critique des migrants, en utilisant la production de documentaires vid\u00e9o pour capturer leurs exp\u00e9riences et rendre visibles les violations de leurs droits de l'homme. Elle a pr\u00e9sent\u00e9 ses recherches lors de conf\u00e9rences nationales et internationales et a publi\u00e9 plusieurs articles dans des revues sp\u00e9cialis\u00e9es, dans lesquels elle pr\u00e9sente une vision plus compl\u00e8te et plus accessible des dynamiques religieuses et migratoires dans les contextes contemporains.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 La migration sans papiers vers les \u00c9tats-Unis comprend des itin\u00e9raires dangereux tels que le Darien Gap et le territoire mexicain contr\u00f4l\u00e9 par le crime organis\u00e9. Cet article examine l'impact des m\u00e9dias sociaux et des plateformes num\u00e9riques sur l'exp\u00e9rience migratoire \u00e0 partir de deux \u00e9tudes de cas. 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