{"id":39100,"date":"2024-09-20T10:48:47","date_gmt":"2024-09-20T16:48:47","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=39100"},"modified":"2024-09-25T14:15:13","modified_gmt":"2024-09-25T20:15:13","slug":"braconnier-posguerra-guatemala-identidades-formacion-de-sujetos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/braconnier-posguerra-guatemala-identidades-formacion-de-sujetos\/","title":{"rendered":"Diane M. Nelson r\u00e8gle ses comptes avec le Guatemala"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap abstract\">Le livre <em>Saldando cuentas. Guatemala, el fin y los fines de la guerra<\/em> de Diane M. Nelson (\u2020) nous am\u00e8ne au moment de l'\"apr\u00e8s-guerre\" au Guatemala. Quand la guerre se termine-t-elle, quand la p\u00e9riode d'apr\u00e8s-guerre commence-t-elle ? Nelson ne nous donne pas de r\u00e9ponse fixe car il est impossible de \"d\u00e9m\u00ealer\" la guerre de la paix lorsqu'elle \u00e9crit ce livre dans sa premi\u00e8re \u00e9dition. Cependant, tout au long du texte, elle propose une mani\u00e8re de comprendre cette p\u00e9riode caract\u00e9ris\u00e9e par son ambivalence et sa complexit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien entendu, la fin de la guerre est associ\u00e9e \u00e0 l'arriv\u00e9e au pouvoir du premier gouvernement civil en 1985, aux accords de paix sign\u00e9s en 1996 et, surtout, aux processus d'enqu\u00eate sur les violations des droits de l'homme et aux deux rapports publi\u00e9s : le rapport du projet interdioc\u00e9sain de r\u00e9cup\u00e9ration de la m\u00e9moire historique (Proyecto Interdiocesano de Recuperaci\u00f3n de la Memoria Hist\u00f3rica),<em> Guatemala : plus jamais \u00e7a<\/em> (1998), et celui de la Commission de clarification historique,<em> Guatemala : la m\u00e9moire du silence<\/em> (1999). Pour lire ce livre, il faut remonter \u00e0 2009, date \u00e0 laquelle il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans sa version originale en anglais sous le nom de <em>Le bilan : la fin de la guerre au Guatemala<\/em>publi\u00e9 par Duke University Press. Aujourd'hui, ce sont les Ediciones del Pensativo, bas\u00e9es \u00e0 Antigua Guatemala, qui nous offrent cette riche traduction en Am\u00e9rique latine.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment o\u00f9 Diane a publi\u00e9 ce livre, les gouvernements d'Alfonso Portillo, du parti Front r\u00e9publicain guat\u00e9malt\u00e8que (<span class=\"small-caps\">frg<\/span>), de \u00d3scar Berger de la Grande Alliance Nationale (<span class=\"small-caps\">gagner<\/span>) et \u00c1lvaro Colom venait d'y entrer avec l'Unit\u00e9 nationale de l'espoir (<span class=\"small-caps\">une<\/span>). Il y a \u00e9galement eu un dialogue sur le multiculturalisme et les droits sp\u00e9cifiques des peuples indig\u00e8nes (consultation pr\u00e9alable et autod\u00e9termination par le renforcement des autorit\u00e9s ancestrales). C'est le grand moment du Programme national de r\u00e9parations, qui tente de solder les comptes du pass\u00e9 avec sa politique publique de justice transitionnelle. C'est aussi l'\u00e9poque du Plan Puebla Panama (<span class=\"small-caps\">ppp<\/span>), les politiques de Mano Dura contre les gangs, les ex\u00e9cutions extrajudiciaires par la police civile nationale, ainsi que les rapports incessants de lynchages \u00e0 Guatemala City et dans d'autres municipalit\u00e9s du pays. Lorsque Nelson a \u00e9crit <em>Le bilan<\/em>Ce sont ces \u00e9v\u00e9nements - et bien d'autres - qui constituent le livre et la p\u00e9riode commun\u00e9ment appel\u00e9e l'apr\u00e8s-guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le livre comporte neuf chapitres qui approfondissent les diff\u00e9rents aspects de son argument principal, avec une description d\u00e9taill\u00e9e de son ethnographie. Ses m\u00e9thodes sont vari\u00e9es et tr\u00e8s cr\u00e9atives. Elles sont bas\u00e9es sur l'observation participante, les notes de terrain, les r\u00e9cits de vie et l'analyse de films (en particulier de films d'horreur), et se d\u00e9roulent principalement \u00e0 Joyabaj, Zacualpa et Guatemala City. Son \u00e9criture interpelle le lecteur et questionne sa position de chercheur en sciences sociales engag\u00e9 dans les luttes sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>J'organise cette analyse en trois sections qui, selon moi, constituent les arguments et concepts transversaux du livre : la tromperie omnipr\u00e9sente en temps de guerre et d'apr\u00e8s-guerre ; l'histoire des \"deux visages\" et le processus d'identification ; et la th\u00e9orie de \"l'apr\u00e8s-guerre en action\".<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Tromperie : survivances, d\u00e9possessions<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Comment la guerre a-t-elle fonctionn\u00e9 ? Nelson commence son analyse en explorant le concept de tromperie. C'est par la tromperie, la suspicion, le secret, les secrets et la trahison que la guerre a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e au Guatemala. Les gens \"bavaient\" les uns sur les autres, nous nous sentions bav\u00e9s lorsque nous savions que quelqu'un \u00e9tait de tel ou tel c\u00f4t\u00e9. La tromperie et tous les m\u00e9canismes de la guerre \u00e9taient impr\u00e9gn\u00e9s dans les subjectivit\u00e9s et les relations sociales, du niveau individuel\/personnel (par exemple, il nous raconte comment le paysan indig\u00e8ne recrut\u00e9 par l'arm\u00e9e pour former les groupes paramilitaires, les patrouilles d'autod\u00e9fense civile, s'est senti tromp\u00e9) au niveau le plus structurel (comme lorsque l'une des personnes interrog\u00e9es r\u00e9p\u00e8te que l'\u00c9tat nous trompe et que nous ne pouvons r\u00e9clamer la justice qu'\u00e0 Dieu). Tromper et \u00eatre tromp\u00e9 \u00e9tait une mani\u00e8re de survivre \u00e0 la violence et est actuellement la mani\u00e8re de naviguer dans la vie face \u00e0 la fraude de la d\u00e9mocratie et du n\u00e9olib\u00e9ralisme. En fin de compte, ce qui reste de l'apr\u00e8s-guerre, c'est la m\u00e9fiance et la d\u00e9possession.<\/p>\n\n\n\n<p>Nelson parle de \"possession\" et de \"d\u00e9possession\" dans diff\u00e9rents sens, en s'appuyant sur ses entretiens. Elle a observ\u00e9 que lorsque d'anciens membres de patrouilles paramilitaires commentaient leur participation aux groupes paramilitaires, ils se disaient \"poss\u00e9d\u00e9s\" par une force ext\u00e9rieure. Ce n'\u00e9tait pas eux qui patrouillaient, mais une entit\u00e9 \u00e9trange et \u00e9trang\u00e8re. Cette d\u00e9possession est \u00e9galement pr\u00e9sente dans les id\u00e9ologies des personnes qui ont choisi la voie de la gu\u00e9rilla. Ces personnes ont pris les armes contre la \"d\u00e9possession par accumulation\" (en r\u00e9f\u00e9rence au concept de David Harvey).<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> Par ailleurs, il rappelle que le mouvement maya ne cesse de rappeler que la tromperie ne vient pas seulement de la guerre, mais de l'invasion et de sa violence, du viol et du g\u00e9nocide. Les concepts de possession et de d\u00e9possession sont au c\u0153ur de la compr\u00e9hension du mouvement maya. <em>agences<\/em> (et son pendant, comme l'histoire du patrouilleur poss\u00e9d\u00e9 par des forces ext\u00e9rieures) pendant la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>La clandestinit\u00e9 a prot\u00e9g\u00e9 la vie pendant la guerre, mais elle a aussi aliment\u00e9 la tromperie et la maladie. C'est une autre forme de d\u00e9possession qui est v\u00e9cue \u00e0 travers les corps, exprim\u00e9e par la d\u00e9pression et tant d'autres angoisses. Les femmes mayas nous enseignent aujourd'hui que la gu\u00e9rison peut passer par des m\u00e9thodes plus corporelles et affectives. La m\u00e9moire vient apr\u00e8s le coup\", nous dit Nelson (2022 : 168). Nous traitons et transformons le coup ; la m\u00e9moire est n\u00e9cessaire \u00e0 la sant\u00e9 mentale, elle est politique et cr\u00e9e des subjectivit\u00e9s et des identifications.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que la tromperie produit, et ce qui est install\u00e9 au c\u0153ur des soci\u00e9t\u00e9s et des communaut\u00e9s, c'est que nous voyons le visage de quelqu'un, mais que derri\u00e8re ce visage se cache peut-\u00eatre quelqu'un d'autre, c'est ce que Nelson d\u00e9veloppe dans le livre comme une histoire \"\u00e0 deux visages\".<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L'histoire \u00e0 deux visages : dualit\u00e9s et identifications<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">C'est le deuxi\u00e8me concept d\u00e9velopp\u00e9 tout au long du livre. Nelson nous raconte une histoire permanente d'identifications. Elle con\u00e7oit ces identifications comme des \"deux visages\" : les \"deux visages\" des personnes, des organisations, des institutions \u00e9tatiques ; tout est travers\u00e9 par un double visage, un visage que l'on voit et un autre qui est cach\u00e9, derri\u00e8re la sc\u00e8ne publique.<\/p>\n\n\n\n<p>Il illustre ces doubles visages par des r\u00e9cits de vie et des analyses de situation. Il se r\u00e9f\u00e8re aux histoires de vie de personnes connues du grand public : l'anthropologue Myrna Mack, la d\u00e9fenseuse des droits et laur\u00e9ate du prix Nobel de la paix Rigoberta Mench\u00fa Tum, l'homme politique critique \u00c9dgar Guti\u00e9rrez, ainsi que les histoires de personnes issues des communaut\u00e9s Joyabaj et Zacualpa. Ces trajectoires de vie, qui peuvent parfois sembler dichotomiques, contradictoires, voire trompeuses, sont beaucoup plus complexes. Par exemple, on y apprend comment Edgar Guti\u00e9rrez, qui \u00e9tait la \"jeune promesse de la gauche\", a dirig\u00e9 l'\u00e9quipe charg\u00e9e de r\u00e9diger le rapport susmentionn\u00e9 de l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies. <span class=\"small-caps\">rehmi<\/span>est ensuite devenu fonctionnaire du gouvernement de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">frg<\/span> d'Alfonso Portillo et d'Efra\u00edn R\u00edos Montt, et a sign\u00e9 la loi cr\u00e9ant la fameuse Commission internationale contre l'impunit\u00e9 au Guatemala (<span class=\"small-caps\">cicig<\/span>), semble \u00eatre un personnage louche qui a tromp\u00e9 le mouvement de gauche en travaillant avec la <span class=\"small-caps\">frg<\/span>. Cependant, en creusant les subjectivit\u00e9s et les identifications, son r\u00e9cit r\u00e9v\u00e8le le fonctionnement de ces \"deux visages\" pr\u00e9sents \u00e0 chaque instant de l'apr\u00e8s-guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de la psychanalyse et de la sociologie d'\u00c9mile Durkheim, Nelson nous propose une interpr\u00e9tation de ce processus d'identification en trois parties :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">[...] on vit <em>a posteriori<\/em>par une \"naissance de la conscience\". Ce qui \u00e9tait familier devient \u00e9trange, ce qui avait \u00e9t\u00e9 personnellement \u00e9tabli comme vrai, comme la fa\u00e7on dont le monde fonctionne, devient une fausse identit\u00e9 qui, \u00e0 son tour, ouvre la voie \u00e0 ce qui est apparemment per\u00e7u comme un sens plus authentique de soi, qui peut \u00eatre la possibilit\u00e9 d'une action politique (2022 : 96).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce processus, il existe trois fa\u00e7ons de comprendre l'identit\u00e9 et leur ordre est important (p. 90) :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"abstract wp-block-list\">\n<li>L'identit\u00e9 part de ce que Nelson appelle \"l'hypoth\u00e8se\". En d'autres termes, <em>c'est ainsi que sont les choses et le monde tel que j'ai appris \u00e0 le conna\u00eetre<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>Dans un deuxi\u00e8me temps, l'identit\u00e9 est \"assum\u00e9e\" : <em>C'est ainsi que je comprenais les choses jusqu'\u00e0 ce qu'un \u00e9v\u00e9nement me fasse comprendre que j'avais \u00e9t\u00e9 tromp\u00e9.<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>Il laisse place au troisi\u00e8me moment, l'identit\u00e9 du \"vrai moi\" : <em>Maintenant que je sais et que je donne un sens \u00e0 ce qui s'est pass\u00e9 et \u00e0 ce qui se passe, je me sens plus authentique, \u00e9veill\u00e9e et transform\u00e9e en sujet.<\/em>. Elle reprend ici les travaux de Judith Butler.<\/li>\n\n\n\n<li>Et ainsi de suite \u00e0 chaque moment transcendantal.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les processus identitaires de la guerre et de l'apr\u00e8s-guerre ne sont ni duels, ni simples, ni lin\u00e9aires, nous dit Nelson. Elle nous invite \u00e0 \"penser\" dans l'entre-deux. Ces processus sont marqu\u00e9s par de nombreuses \u00e9motions et int\u00e9r\u00eats. Dans ces contextes de guerre et d'apr\u00e8s-guerre, l'identification est souvent enracin\u00e9e dans le traumatisme, dans le sentiment de d\u00e9ception, dans le sentiment d'ignorance et de tromperie. Par cons\u00e9quent, les identit\u00e9s ne peuvent \u00eatre r\u00e9duites \u00e0 des prototypes, comme cela est actuellement propos\u00e9 pour mieux lire l'alt\u00e9rit\u00e9 et incarn\u00e9 dans les cadres juridiques et les politiques publiques. Je me r\u00e9f\u00e8re ici directement au droit international des peuples indig\u00e8nes ou aux politiques de r\u00e9paration pour les anciens membres des patrouilles civiles d'autod\u00e9fense : si une personne ou un collectif r\u00e9pond \u00e0 des crit\u00e8res identitaires d\u00e9finis, il est plus facile d'entrer dans le prototype et donc de recevoir tel ou tel service. Nelson nous rappelle \u00e9galement que \"la solidarit\u00e9 a besoin de l'histoire binaire pour agir\" (2022 : 221).<\/p>\n\n\n\n<p>Les identit\u00e9s sont construites et constitu\u00e9es par des relations, qui sont toujours des relations de pouvoir asym\u00e9triques, par des int\u00e9r\u00eats qui motivent les gens \u00e0 se comprendre les uns les autres et \u00e0 comprendre le monde de telle mani\u00e8re. Tout cela fonctionne (ou ne fonctionne pas ou ne fonctionne qu'\u00e0 moiti\u00e9) en r\u00e9seaux, en engrenages, en assemblages, du plus local au plus global. Je rejoins ici le troisi\u00e8me concept central du livre, dans lequel Nelson propose une th\u00e9orie de l'apr\u00e8s-guerre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une th\u00e9orie de \"l'apr\u00e8s-guerre en action\" : assemblages et r\u00e8glements de comptes<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Nelson l'appelle \"l'apr\u00e8s-guerre en action\" pour faire directement r\u00e9f\u00e9rence au travail de Bruno Latour, qui \u00e9crit sur la base de la th\u00e9orie de l'acteur-r\u00e9seau et qui, \u00e0 son tour, s'inspire des propositions de Gilles Deleuze sur les rhizomes et la philosophie postmoderne. L'\"apr\u00e8s-guerre en action\" est un assemblage de n\u0153uds et de r\u00e9seaux qui tente de \"s'articuler ou simultan\u00e9ment de faire sens et de faire des liens\" (2022 : 431). C'est un laboratoire, un champ de bataille pour donner des significations et pour vouloir savoir et savoir : si la guerre visait \u00e0 mettre en place des conditions pour am\u00e9liorer la vie, s'il s'agissait d'une guerre de \"race\" ou de \"classe\", qui a \u00e9t\u00e9 tromp\u00e9 et qui ne l'a pas \u00e9t\u00e9, qui a \u00e9t\u00e9 poss\u00e9d\u00e9 et qui ne l'a pas \u00e9t\u00e9, qui pr\u00e9tend savoir et qui pr\u00e9tend savoir, qui pr\u00e9tend savoir et qui pr\u00e9tend savoir ? C'est un champ de bataille entre les visages de la r\u00e9pression et de la violence, ainsi qu'entre les visages de la reconnaissance et ce que l'on nous fait croire et ce que nous croyons qu'il s'est pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sc\u00e9nario de l'apr\u00e8s-guerre en action se d\u00e9roule dans ce que Mike Davis appelle \"l'\u00e9cologie de la peur\" (2022 : 325), dans laquelle les tactiques de terreur continuent de pr\u00e9valoir dans une \"herm\u00e9neutique contre-insurrectionnelle\" globale. Les acteurs sont toujours l'arm\u00e9e, les oligarchies, les diff\u00e9rentes institutions \u00e9tatiques, les groupes criminels : les Corps ill\u00e9gaux et les Appareils clandestins de s\u00e9curit\u00e9 (Cuerpos Ilegales y Aparatos Clandestinos de Seguridad (<span class=\"small-caps\">ciacs<\/span>). Maintenant, il y a aussi les <span class=\"small-caps\">ngo<\/span>La Commission internationale contre l'impunit\u00e9 au Guatemala (Comisi\u00f3n Internacional contra la Impunidad en Guatemala - CICIG) \u00e9tait pr\u00e9sente.<span class=\"small-caps\">cicig<\/span>), il y a le Fonds mon\u00e9taire international et tant d'autres institutions de la g\u00e9opolitique et de l'\u00e9conomie mondialis\u00e9e. Il y a l'acad\u00e9mie elle-m\u00eame et les universit\u00e9s. Les dynamiques au sein de cet assemblage sont nombreuses : lynchages, exhumations, r\u00e9parations, d\u00e9linquance, n\u00e9olib\u00e9ralisme, trafic de drogue, servitude, migration et envois de fonds, tables de dialogue, etc. Tous sont marqu\u00e9s par des identit\u00e9s de race, de classe, de sexe, par le colonialisme et la contre-insurrection. Nelson nous dit que tous ces \u00e9l\u00e9ments ont leurs \"deux visages\", des agendas cach\u00e9s, g\u00e9r\u00e9s par des agences de financement et de coop\u00e9ration. \"Ils continuent \u00e0 baver sur nous et nous continuons \u00e0 baver sur les autres\".<em>, <\/em>comme on dit famili\u00e8rement au Guatemala. La conspiration est implicite.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que toute cette assembl\u00e9e rassemble, ce sont des promesses de transparence, d'\u00e9quilibre, de \"r\u00e8glement de comptes\" du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent. Qu'est-ce qu'un r\u00e8glement de comptes ? C'est un exercice comptable, un audit, l'acte num\u00e9rique de compter. Dans l'apr\u00e8s-guerre, nous essayons de compter les pertes, de leur donner une valeur. Mais quand il y a guerre et g\u00e9nocide, il est impossible de compter les pertes, la d\u00e9possession est incommensurable. Et les mouvements mayas nous ont rappel\u00e9 que, face \u00e0 500 ans de colonialisme, la d\u00e9possession est intrins\u00e8quement incommensurable. Mais Nelson \u00e9crit que le comptage est plus qu'un simple fait de chiffres. Lorsque nous comptons, nous racontons et rendons les proc\u00e9dures visibles. Et c'est l\u00e0 que l'auteur trouve l'espoir qui r\u00e9side dans l'apr\u00e8s-guerre en action : \"[les] r\u00e9seaux [transnationaux] sont une union de force qui peut traduire un \u00e9ventail d'int\u00e9r\u00eats pour faire en sorte que certains nombres \"comptent\" et rendre ainsi une cause plus puissante\" (2022 : 413).<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, ce livre nous rappelle que ce qui a \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9 dans l'anthropologie plus traditionnelle sur les processus de formation de l'identification et de la subjectivation est plus compliqu\u00e9 qu'il n'y para\u00eet. Dans les contextes de guerre et d'apr\u00e8s-guerre, les identit\u00e9s et les formations de sujets sont intimement marqu\u00e9es par des chocs et des int\u00e9r\u00eats qui produisent de la conscience, de la mobilisation et de l'action. L'auteur nous invite \u00e0 aller au-del\u00e0 de ce qui est suppos\u00e9 et \u00e0 regarder ce qui se trouve entre les deux. Il s'agit d'une anthropologie des \u00e9motions appliqu\u00e9e \u00e0 l'\u00e9tude du fait politique. Ce livre est un exemple solide, en espagnol, de ce que l'on a appel\u00e9 aux \u00c9tats-Unis la <em>Th\u00e9orie de l'affect<\/em> (une th\u00e9orie de l'affect), qui est l'\u00e9tude des \u00e9motions et de ce qu'elles peuvent produire en termes d'interactions sociales et d'exp\u00e9riences d'habiter le monde. Enfin, comme l'\u00e9crit Nelson : \"Ce livre explore les exp\u00e9riences de possession, de duplicit\u00e9 et l'espoir de savoir, qui font partie de la vie quotidienne guat\u00e9malt\u00e8que\". (2022 : 88). En effet, ce livre met en lumi\u00e8re cet espoir de nous comprendre nous-m\u00eames, non seulement au Guatemala, mais dans tout territoire ayant partag\u00e9 des conditions similaires \u00e0 celles abord\u00e9es ici.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Comisi\u00f3n para el Esclarecimiento Hist\u00f3rico (1999).<em> Guatemala: Memoria del silencio. <\/em>Guatemala: <span class=\"small-caps\">ceh<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Nelson, Diane M. (2009). <em>Reckoning:&nbsp;The Ends of War in Guatemala<\/em>. Durham: Duke University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2022). <em>Saldando cuentas. Guatemala, el fin y los fines de la guerra<\/em>. Antigua Guatemala: Ediciones del Pensativo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Oficina de Derechos Humanos del Arzobispado de Guatemala (1998). <em>Guatemala: nunca m\u00e1s. Informe del Proyecto Interdiocesano de Recuperaci\u00f3n de la Memoria Hist\u00f3rica<\/em>. Guatemala: <span class=\"small-caps\">odhag<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Ana Braconnier De Le\u00f3n<\/em> est actuellement chercheur postdoctoral \u00e0 l'Institut de recherche sur les maladies infectieuses de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">ciesas <\/span>Mexico. Elle est membre du projet de recherche \"PluriLand : Theorizing Conflict and Contestation in Plural Land Rights Regimes\" dirig\u00e9 par Rachel Sieder. Ana est titulaire d'un doctorat en \u00e9tudes latino-am\u00e9ricaines de l'Universit\u00e9 du Texas \u00e0 Austin (2021), ainsi que d'une ma\u00eetrise et d'une licence en sciences politiques de l'Institut d'\u00e9tudes politiques de Paris (2009). Elle travaille sur les questions de politique judiciaire, les r\u00e9seaux de pouvoir dans les contextes coloniaux et extractifs et les droits des peuples autochtones en utilisant des m\u00e9thodes qualitatives et ethnographiques. Elle fait partie du groupe interdisciplinaire d'\u00e9tudes empiriques du droit, parrain\u00e9 par l'Institut de recherche juridique de l'Universit\u00e9 de Barcelone (2009). <span class=\"small-caps\">unam<\/span>. Elle a \u00e9t\u00e9 professeur \u00e0 la facult\u00e9 de sciences politiques de l'universit\u00e9 Rafael Land\u00edvar au Guatemala et a collabor\u00e9 avec des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile dans le cadre de consultations sur les questions de justice transitionnelle et de pluralisme juridique dans le syst\u00e8me judiciaire guat\u00e9malt\u00e8que.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand la guerre se termine-t-elle, quand la p\u00e9riode d'apr\u00e8s-guerre commence-t-elle ? Nelson ne nous donne pas de r\u00e9ponse fixe car il est impossible de \"d\u00e9m\u00ealer\" la guerre de la paix lorsqu'elle \u00e9crit ce livre dans sa premi\u00e8re \u00e9dition. 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