{"id":39093,"date":"2024-09-20T10:48:01","date_gmt":"2024-09-20T16:48:01","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=39093"},"modified":"2024-09-25T16:04:44","modified_gmt":"2024-09-25T22:04:44","slug":"arias-arquitectura-de-remesas-vista-hermosa-jalisco","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/arias-arquitectura-de-remesas-vista-hermosa-jalisco\/","title":{"rendered":"La maison des r\u00eaves, du patrimoine et des mausol\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap abstract\"><em>L'architecture des transferts de fonds. La transformation d'un village mexicain<\/em> est le r\u00e9sultat d'une recherche et d'une r\u00e9flexion r\u00e9centes d'In\u00e9s Vachez Palomar sur un sujet qui a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 dans diverses \u00e9tudes au fil du temps : l'importance du foyer dans la destination des envois de fonds des migrants ruraux. Dans les ann\u00e9es 1980, Douglas Massey <em>et al.<\/em> (1991) a constat\u00e9, pour la premi\u00e8re fois dans l'\u00e9tude de la migration mexicaine vers les \u00c9tats-Unis, que la destination initiale des transferts de fonds \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment la construction de sa propre maison dans les communaut\u00e9s d'origine. Dans les ann\u00e9es qui ont suivi, plusieurs ethnographies de communaut\u00e9s rurales dans diverses r\u00e9gions du Mexique ont montr\u00e9 que la construction d'une maison \u00e9tait devenue un objectif prioritaire des migrants aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats ethnographiques font surtout r\u00e9f\u00e9rence aux r\u00e9arrangements dans les arrangements domestiques qui ont commenc\u00e9 \u00e0 se produire \u00e0 partir des envois de fonds des m\u00e9nages, qui sont arriv\u00e9s en plus grande quantit\u00e9 et avec une plus grande r\u00e9gularit\u00e9 que ceux qui, dans les p\u00e9riodes pr\u00e9c\u00e9dentes, \u00e9taient destin\u00e9s au financement traditionnel des soci\u00e9t\u00e9s agraires : agriculture, achat de terres, animaux, bureaux et f\u00eates patronales, mariages (Arias, 2009). La construction de maisons a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre document\u00e9e comme l'une des principales sources d'investissement des fonds envoy\u00e9s par les Boliviens, les P\u00e9ruviens et les \u00c9quatoriens qui avaient \u00e9migr\u00e9 en Europe, en particulier en Espagne. En g\u00e9n\u00e9ral, les changements dans les relations domestiques et familiales de la maison d'\u00e9migration ont attir\u00e9 plus d'attention que les maisons elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>La nouveaut\u00e9 de la recherche d'In\u00e9s consiste \u00e0 avoir choisi la migration vers les \u00c9tats-Unis comme axe central et explicite de son travail, mais sous l'angle de son lien avec la transformation de l'architecture rurale ; autrement dit, l'\u00e9tude des maisons construites par les \"nordistes\", un champ de recherche jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent pratiquement inexplor\u00e9, au-del\u00e0 des allusions descriptives. In\u00e9s l'a fait \u00e0 partir de son point de vue particulier de chercheuse urbaine et d'une circonstance personnelle : celle d'une personne qui a pass\u00e9 les \u00e9t\u00e9s de son enfance dans la propri\u00e9t\u00e9 de Santa Cruz del Cortijo, une propri\u00e9t\u00e9 agricole d'o\u00f9 est n\u00e9e la ville de Vista Hermosa et o\u00f9 elle est retourn\u00e9e en 2022 pour mener \u00e0 bien les recherches qui ont abouti \u00e0 ce livre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte est \u00e9maill\u00e9 de donn\u00e9es historiques et de th\u00e9ories sociales, mais surtout d'observations, de conversations et d'entretiens. La plupart des informations proviennent de neuf personnes dont les trajectoires individuelles et familiales ont \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9es par la migration vers les \u00c9tats-Unis. Le texte dialogue avec de nombreuses photographies, anciennes et r\u00e9centes, des diagrammes, des plans et des dessins.<\/p>\n\n\n\n<p>Vachez rend compte des facteurs qui se sont accumul\u00e9s pour faire de la migration vers les \u00c9tats-Unis la principale alternative permettant aux habitants de Vista Hermosa de r\u00e9aliser leur \"r\u00eave d'acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9\". Comme il le documente, cette petite ville de la municipalit\u00e9 de Tamazula, situ\u00e9e dans le sud de Jalisco, a r\u00e9sist\u00e9 aux assauts de la r\u00e9volution mexicaine, \u00e0 la guerre des Cristeros et \u00e0 la distribution des terres qui, dans cette r\u00e9gion, a suivi un chemin particulier : les propri\u00e9taires terriens ont r\u00e9parti la propri\u00e9t\u00e9 entre leurs travailleurs afin de maintenir l'activit\u00e9 de la sucrerie, qui continuait \u00e0 leur appartenir. Mais aussi, depuis 1940, selon l'Institut national de statistique, de g\u00e9ographie et d'informatique (Instituto Nacional de Estad\u00edstica, Geograf\u00eda e Inform\u00e1tica (<span class=\"small-caps\">inegi, 2023<\/span>), Vista Hermosa est class\u00e9e comme ejido, c'est-\u00e0-dire qu'il y avait une distribution agraire.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient de rappeler que l'une des principales r\u00e9alisations de la r\u00e9volution de 1910 a pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9t\u00e9 la mise \u00e0 disposition de terres arables afin que les populations rurales puissent vivre de l'exploitation de leurs parcelles. Le Mexique \u00e9tait une soci\u00e9t\u00e9 essentiellement rurale et agricole, et l'\u00c9tat post-r\u00e9volutionnaire a con\u00e7u divers m\u00e9canismes pour garantir l'acc\u00e8s \u00e0 la terre et aux cultures \u00e0 la population, essentiellement masculine.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1960, \u00e0 Vista Hermosa, comme dans de nombreuses communaut\u00e9s rurales du Mexique, les premiers signes sont apparus que la distribution des terres, ainsi que les anciennes activit\u00e9s agro-industrielles, telles que les sucreries traditionnelles, ne garantissaient plus la survie des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de paysans. Dans ce village, la situation a empir\u00e9 apr\u00e8s la vente de l'entreprise sucri\u00e8re \u00e0 la sucrerie de Tamazula, qui a laiss\u00e9 les voisins de la communaut\u00e9 sans march\u00e9 pour la canne \u00e0 sucre et sans travail. Et l\u00e0, comme cela s'est produit dans de nombreuses villes du Mexique, en particulier \u00e0 Jalisco, la migration de la main-d'\u0153uvre, essentiellement masculine, vers les \u00c9tats-Unis s'est d\u00e9clench\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Un domaine qui est rest\u00e9 en dehors de la sph\u00e8re d'intervention du gouvernement post-r\u00e9volutionnaire est celui du logement. Auparavant, c'\u00e9tait l'hacienda qui s'en chargeait, en fournissant de petites maisons \u00e0 ses travailleurs et, dans les ranchs, aux medieros qui s'occupaient du b\u00e9tail. Jusqu'\u00e0 il y a quelques ann\u00e9es, d'excellents exemples de cette architecture vernaculaire \u00e9taient conserv\u00e9s dans la Sierra del Tigre, pr\u00e8s de la zone d'\u00e9tude d'In\u00e9s. Dans les soci\u00e9t\u00e9s indig\u00e8nes, le syst\u00e8me de reproduction m\u00e9soam\u00e9ricain, bas\u00e9 sur des principes patrilin\u00e9aires, garantissait aux jeunes hommes l'acc\u00e8s \u00e0 des parcelles familiales o\u00f9 ils pouvaient construire des maisons.<\/p>\n\n\n\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, on peut dire que les traditions de construction les plus enracin\u00e9es au Mexique sont l'autoconstruction, la construction par \u00e9tapes et la collaboration familiale. Les migrants aux \u00c9tats-Unis, mais aussi les migrants internes, c'est-\u00e0-dire ceux qui sont all\u00e9s vivre dans diff\u00e9rentes villes du Mexique, ont \u00e9t\u00e9 les plus grands cr\u00e9ateurs de typologies architecturales particuli\u00e8res dans les espaces o\u00f9 ils ont d\u00fb s'installer et qu'ils ont remplis d'activit\u00e9s, d'esth\u00e9tique, de r\u00eaves et de significations que l'on retrouve encore aujourd'hui ; un exemple en est le secteur Libertad \u00e0 Guadalajara ou l'immense monde urbain qui a \u00e9merg\u00e9 derri\u00e8re le Mercado La Merced \u00e0 Mexico.<\/p>\n\n\n\n<p>Les recherches d'In\u00e9s \u00e0 Vista Hermosa lui ont permis de proposer quatre typologies d'habitation qui montrent comment la migration a contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9soudre les besoins r\u00e9sidentiels des voisins. La combinaison la plus heureuse, c'est-\u00e0-dire celle qui permet aux gens de construire et de revenir vivre dans la maison de leurs r\u00eaves, est celle du migrant international l\u00e9gal qui, gr\u00e2ce \u00e0 cette condition, parvient \u00e0 obtenir un revenu plus \u00e9lev\u00e9, peut construire sa maison en moins de temps et revenir dans de meilleures conditions \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La construction des maisons, souligne In\u00e9s, est un objectif en cours de r\u00e9alisation car elle d\u00e9pend de multiples vicissitudes qui la modifient tout au long du parcours migratoire : le revenu variable qui peut \u00eatre affect\u00e9 \u00e0 la maison ; les changements dans la composition des groupes domestiques ; l'incorporation d'\u00e9l\u00e9ments successifs recueillis \u00e0 partir d'exp\u00e9riences, de voyages, de modes, de go\u00fbts, d'imitations que les migrants ou aussi les ma\u00e7ons ajoutent, avec une grande libert\u00e9, aux constructions. Les maisons d\u00e9j\u00e0 construites sont la preuve, mais aussi l'incitation \u00e0 r\u00e9it\u00e9rer que la migration est le principal, peut-\u00eatre le seul moyen d'atteindre cet objectif, malgr\u00e9 les sacrifices qu'elle impose aux groupes domestiques, aux familles et \u00e0 la communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les entretiens men\u00e9s par l'auteur r\u00e9v\u00e8lent un fait irr\u00e9futable qui constitue un changement \u00e0 360 degr\u00e9s dans l'exp\u00e9rience migratoire et la relation avec les maisons. Jusqu'aux ann\u00e9es 1990, apr\u00e8s la construction de la maison, les migrants investissaient leurs transferts de fonds dans des ressources qui leur garantissaient un emploi et une source de revenus : terres, parcelles, ranchs, animaux, machines, locaux, ce qui transformait leur position sociale dans les communaut\u00e9s et modifiait le destin de leurs descendants (Massey <em>et al.<\/em>, 1991). Les investissements productifs des migrants ont diversifi\u00e9 et \u00e9largi l'offre d'activit\u00e9s, d'emplois et de revenus des habitants des communaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, tout cela a chang\u00e9 dans les ann\u00e9es 1990 avec la loi sur la r\u00e9forme et le contr\u00f4le de l'immigration (<span class=\"small-caps\">irca<\/span>La premi\u00e8re de ce type a \u00e9t\u00e9 la l\u00e9galisation de la migration sans papiers et la persistance de la migration sans papiers aux \u00c9tats-Unis. Depuis lors, les migrants l\u00e9gaux ont commenc\u00e9 \u00e0 rester, \u00e0 vivre et \u00e0 travailler de l'autre c\u00f4t\u00e9, et les migrants sans papiers ont eu de plus en plus de mal \u00e0 faire l'aller-retour, r\u00e9guli\u00e8rement et en toute s\u00e9curit\u00e9, comme cela avait \u00e9t\u00e9 le cas au cours des d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes. Ce changement a modifi\u00e9 \u00e0 jamais la signification des maisons construites avec les fonds envoy\u00e9s par les migrants.<\/p>\n\n\n\n<p>Actuellement, comme le montre In\u00e9s, les maisons de transfert de fonds appartiennent \u00e0 des maris et \u00e0 des fils qui se trouvent aux \u00c9tats-Unis et qui ne sont pas revenus depuis des ann\u00e9es, voire des d\u00e9cennies, et les constructions sont en cours depuis plus de dix, voire trente ans. Le monde du travail des voisins est ext\u00e9rieur et \u00e9loign\u00e9 de la communaut\u00e9. Ils seront habit\u00e9s, dans le meilleur des cas, lorsque la vie professionnelle des propri\u00e9taires sera termin\u00e9e et qu'ils pourront revenir \u00e0 Vista Hermosa en tant que retrait\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Vista Hermosa n'est pas unique \u00e0 cet \u00e9gard. Les ressources et les activit\u00e9s de nombreuses communaut\u00e9s rurales comme Vista Hermosa rendent la survie des m\u00e9nages ruraux tr\u00e8s difficile, voire impossible. D'apr\u00e8s le <span class=\"small-caps\">inegi<\/span> (2023), la localit\u00e9 n'a jamais eu plus de quatre mille habitants - depuis 1970, elle a oscill\u00e9 entre 3 500 et 3 900 habitants - et son taux de croissance a \u00e9t\u00e9 n\u00e9gatif ou tr\u00e8s faible. Cette situation a chang\u00e9 le sens de l'\u00e9norme effort de la main-d'\u0153uvre immigr\u00e9e : les maisons seront des maisons de retraite ou, comme les personnes interrog\u00e9es l'ont dit \u00e0 Vachez, feront partie d'un patrimoine pour leurs descendants. Le changement s\u00e9mantique n'est pas mineur. L'objectif de la maison de r\u00eave est devenu un objectif plus diffus : le patrimoine. En outre, la violence, de plus en plus pr\u00e9sente dans les communaut\u00e9s rurales telles que celle analys\u00e9e dans ce livre, est devenue un motif suppl\u00e9mentaire de d\u00e9part et de vidage des communaut\u00e9s rurales.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour In\u00e9s, les maisons de migrants correspondent \u00e0 une architecture \"libre\" en termes de \"morphologie, chromatisme, \u00e9l\u00e9ments de construction, taille\", dans laquelle on peut observer des \u00e9l\u00e9ments communs et des combinaisons uniques. Cette architecture \"libre\" a donn\u00e9 naissance \u00e0 des motifs compos\u00e9s d'ingr\u00e9dients d'origines diff\u00e9rentes et de symboles de traditions diverses, mais qui se r\u00e9p\u00e8tent dans les maisons de migrants de tout temps et en tout lieu : la maison, grande, \u00e9clectique, abondamment d\u00e9cor\u00e9e, surtout \u00e0 l'ext\u00e9rieur, avec des \u00e9l\u00e9ments nouveaux qui rompent avec les typologies, le langage et les significations de l'architecture vernaculaire des communaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l'int\u00e9rieur des maisons, In\u00e9s a not\u00e9 la persistance de composants et de produits qui rappellent la fonctionnalit\u00e9 et l'attachement aux objets d'antan : les bancs de rue, les autels \u00e0 la Vierge de Guadalupe, mais surtout dans la cuisine : l'\u00e9vier, le comal, le molcajete, le metate. L'auteur ne mentionne pas les \u00e9l\u00e9ments qui ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s de mani\u00e8re encore anecdotique, comme le manque d'espace pour les salles de lavage et de s\u00e9chage, qui n'existent pas dans les maisons aux \u00c9tats-Unis, et dont le besoin se fait sentir lorsque les migrants rentrent chez eux. Mais, comme il le fait remarquer, cela se produit et se produira de moins en moins.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le souligne \u00e0 juste titre In\u00e9s, il s'agit d'une architecture de grande valeur endog\u00e8ne qui a n\u00e9cessit\u00e9 des ann\u00e9es d'efforts, correspondant aux go\u00fbts, aux r\u00eaves, aux aspirations, aux repr\u00e9sentations et aux nouvelles identit\u00e9s des migrants et d'une importance \u00e9norme pour l'image publique qu'ils veulent projeter. En effet, une intention centrale de la recherche a \u00e9t\u00e9 de reconna\u00eetre dans les maisons des migrants \" leur immense valeur, qui va bien au-del\u00e0 des canons esth\u00e9tiques d\u00e9termin\u00e9s par un h\u00e9ritage eurocentrique et impos\u00e9s par une minorit\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e \" (Vachez, 2023 : 10) pour la consommation touristique.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, l'architecture migrante est tr\u00e8s diff\u00e9rente de ce qui est valoris\u00e9 aujourd'hui dans les esth\u00e9tiques, r\u00e9elles ou cr\u00e9\u00e9es, qui privil\u00e9gient les \u00e9l\u00e9ments coloniaux ou pr\u00e9hispaniques dans les communaut\u00e9s rurales, comme c'est le cas, par exemple, des Pueblos M\u00e1gicos (villes magiques). Dans ce contexte de vide d'activit\u00e9s \u00e9conomiques et d'exclusion des tendances architecturales et de loisirs qui attirent les touristes, qu'adviendra-t-il de l'architecture migrante de localit\u00e9s telles que Vista Hermosa ?<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a quelques indices. Vista Hermosa fait partie de ce que l'on peut consid\u00e9rer comme une lign\u00e9e de localit\u00e9s qui, \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9poques et dans diff\u00e9rents contextes, ont cr\u00e9\u00e9 une architecture bas\u00e9e sur les fonds laborieusement obtenus \u00e0 l'\u00e9tranger et investis dans les lieux de destination. C'est ce qui s'est pass\u00e9, par exemple, avec les Indianos, ces Espagnols qui, apr\u00e8s des ann\u00e9es de travail dans un pays d'Am\u00e9rique latine, sont revenus et ont montr\u00e9 le r\u00e9sultat de leurs efforts en construisant d'\u00e9normes maisons qui, avec les grands palmiers qui les identifient, ont modifi\u00e9 l'espace b\u00e2ti et l'architecture d'innombrables communaut\u00e9s en Catalogne, au Pays basque, dans les Asturies et en Cantabrie. Pour l'instant, ce sont surtout des livres de photographies qui les ont document\u00e9es (Bra\u00f1a, 2010). Avec leurs exc\u00e8s et leurs fausses armoiries, il s'agissait de maisons con\u00e7ues pour le retour des Indianos en tant que retrait\u00e9s, c'est-\u00e0-dire qu'ils n'auraient pas \u00e0 travailler, mais, au mieux, \u00e0 s'occuper de leurs affaires. Mais il semble qu'elles n'aient pas pu \u00eatre entretenues comme des maisons familiales. Gr\u00e2ce \u00e0 la reconversion touristique d'un grand nombre de ces villes rurales en Espagne, ces manoirs ont \u00e9t\u00e9 transform\u00e9s en h\u00f4tels, paradors, restaurants.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre exemple est celui des maisons des barcelonnettes, ces migrants fran\u00e7ais si proches de la modernisation du commerce et de l'industrie textile au Mexique et, bien s\u00fbr, \u00e0 Guadalajara (Gouy, 1980). Les barcelonnettes - appel\u00e9es l\u00e0-bas \"les Mexicains\" - ont construit de vastes maisons pour leur retour et leur retraite dans cette petite commune des Alpes fran\u00e7aises. On les appelle les Mexican mansions ou les castle-mansions (Homps, 2023 ; Wallace, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>Barcelonnette conserverait 51 magnifiques demeures, uniques dans la r\u00e9gion, qui servent de r\u00e9sidences d'\u00e9t\u00e9 \u00e0 une ville qui vit aujourd'hui, comme tant d'autres, du tourisme (Wallace, 2017). Mais, comme le note H\u00e9l\u00e8n Homps (2023), la crise de l'entre-deux-guerres, de part et d'autre de l'oc\u00e9an, a laiss\u00e9 place \u00e0 de nouvelles tendances : la construction de maisons de retraite et l'\u00e9dification d'immenses tombeaux modernes et in\u00e9dits, qui annoncent, peut-\u00eatre \u00e0 leur insu, que le retour des migrants ne se fera que pour se reposer \u00e0 jamais sur la terre de leur nostalgie.<\/p>\n\n\n\n<p>Un article r\u00e9cent de Martha Mu\u00f1oz et Imelda S\u00e1nchez (2017) a mis en lumi\u00e8re un ph\u00e9nom\u00e8ne particulier \u00e0 Jalisco. Depuis de nombreuses ann\u00e9es, les voisins de Santiaguito de Vel\u00e1zquez, comme ceux de Vista Hermosa, sont devenus des migrants, dans leur cas des migrants internes, qui se sont dispers\u00e9s dans toute la g\u00e9ographie nationale pour \u00e9tablir des taquerias qui leur ont apport\u00e9 gloire et fortune. Les innombrables Taquerias Arandas appartiennent en grande majorit\u00e9 \u00e0 des habitants de cette petite ville de Los Altos de Jalisco. Et, comme ceux de Vista Hermosa, ils ont construit d'immenses demeures pour le retour. Cependant, apr\u00e8s trois ou quatre g\u00e9n\u00e9rations de migrants, ils ont appris qu'ils ne retourneront pas \u00e0 Santiaguito parce que les affaires les obligent \u00e0 rester \u00e0 leur destination. Mais tous veulent avoir une place dans le cimeti\u00e8re du village, ce qui a d\u00e9clench\u00e9 une impressionnante architecture fun\u00e9raire migrante qui fait partie, comme le soulignent Martha et Imelda, des preuves de r\u00e9ussite (Mu\u00f1oz et S\u00e1nchez, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9occupation des migrants de Santiaguito est d\u00e9sormais la construction de tombes et de mausol\u00e9es impressionnants qui co\u00fbtent plus cher qu'un projet de logement social et qui sont entretenus, en parfait \u00e9tat, par des jardiniers et des concierges. A tel point que la pr\u00e9occupation du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9, dit-il \u00e0 Martha et Imelda, est d'obtenir un terrain pour agrandir, non pas le village, mais le cimeti\u00e8re dans lequel ils reviendront tous \u00e0 la fin de leur vie professionnelle, pour se reposer, d\u00e9sormais en paix et parmi les leurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est impossible de savoir ce qui se passera \u00e0 Vista Hermosa, mais ce livre d'In\u00e9s laisse entrevoir quelque chose de semblable, avec l'imposante photographie du mausol\u00e9e d'une famille de migrants de Vista Hermosa, qui imite l'entr\u00e9e de la Maison Blanche \u00e0 Washington, <span class=\"small-caps\">d.c<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lecteurs de ce livre y trouveront, sans aucun doute, un ouvrage original, nouveau, n\u00e9cessaire, bien \u00e9crit, soigneusement illustr\u00e9 et \u00e9dit\u00e9, permettant de comprendre, \u00e0 travers les maisons, ce que propose In\u00e9s, les formidables changements et dilemmes des migrants et des ruraux dans le Jalisco d'aujourd'hui.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Arias, Patricia (2009). <em>Del arraigo a la di\u00e1spora. Dilemas de la familia rural<\/em>. M\u00e9xico: Miguel \u00c1ngel Porr\u00faa\/Universidad de Guadalajara.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bra\u00f1a, Alejandro (2010). <em>Asturias, tierra de indianos<\/em>. Vega: Ediciones Nueve Doce.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Gouy, Patrice. 1980. <em>P\u00e9r\u00e9grinations des \u201cBarcelonnettes\u201d au Mexique<\/em>. Grenoble: Presses Universitaires de Grenoble.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Homps, H\u00e9l\u00e8n (2023). \u201cEl testamento arquitect\u00f3nico de los barcelonnettes \u2013el gran almac\u00e9n, la mansi\u00f3n y la capilla funeraria\u2013 o el triunfo del eclecticismo\u201d, en Javier P\u00e9rez Siller y David Skerrit (eds.). <em>M\u00e9xico-Francia. Memoria de una sensibilidad com\u00fan.<\/em> M\u00e9xico: Centro de Estudios Mexicanos y Centroamericanos, pp. 217-228.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Massey, Douglas, Rafael Alarc\u00f3n, Jorge Durand y Humberto Gonz\u00e1lez (1991). <em>Los ausentes. El proceso social de la migraci\u00f3n internacional en el occidente de M\u00e9xico. <\/em>M\u00e9xico: Conaculta\/Alianza.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Instituto Nacional de Estad\u00edstica y Geograf\u00eda (2023). <em>Archivo Hist\u00f3rico de Localidades Geoestad\u00edsticas<\/em> https:\/\/www.inegi.org.mx\/app\/geo2\/ahl\/ Actualizaci\u00f3n de la informaci\u00f3n 30 de junio de 2023.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mu\u00f1oz Dur\u00e1n, Martha e Imelda S\u00e1nchez Garc\u00eda (2017). \u201cLa evidencia del \u00e9xito. Residencias y mausoleos en Santiaguito, Arandas, Jalisco\u201d, en Patricia Arias (coord.). <em>Migrantes exitosos. La franquicia social como modelo de negocios<\/em>. Guadalajara: Universidad de Guadalajara, pp. 99-147.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Vachez, In\u00e9s (2023).<em> Arquitectura de remesas. La transformaci\u00f3n de un pueblo mexicano.<\/em> Guadalajara: Arquit\u00f3nica-Analog Typologies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Wallace, Arturo (2017). \u201cLa fascinante historia de c\u00f3mo Barcelonnette se convirti\u00f3 en la \u2018capital de M\u00e9xico\u2019 en Francia\u201d. <span class=\"small-caps\">bbc<\/span> News Mundo. Recuperado de https:\/\/www.bbc.com\/mundo\/noticias-40979695 Consultado el 31 de mayo de 2024.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Patricia Arias<\/em> est titulaire d'une licence et d'une ma\u00eetrise en anthropologie sociale de l'Universidad Iberoamericana de Mexico et d'un doctorat (nouveau r\u00e9gime) en g\u00e9ographie et am\u00e9nagement du territoire de l'universit\u00e9 de Toulouse-Le Mirail, en France. Chercheur \u00e9m\u00e9rite au <span class=\"small-caps\">sni<\/span>. Publications r\u00e9centes : (2021) <em>De l'agriculture \u00e0 la sp\u00e9cialisation. D\u00e9bats et \u00e9tudes de cas en<\/em> <em>Mexique<\/em> (avec Katia Lozano, coords.). Guadalajara : Universidad de Guadalajara (2020) \"De las migraciones a las movilidades. Los Altos de Jalisco\", in <em>Interstices sociaux<\/em>Ann\u00e9e 10, n\u00b0 19, mars-ao\u00fbt. (2021) \"Una revisi\u00f3n necesaria : la relaci\u00f3n campo-ciudad\", in Hugo Jos\u00e9 Su\u00e1rez <em>et al<\/em>. <em>Vers un agenda pour repenser l'exp\u00e9rience religieuse urbaine : questions et instruments<\/em>. Le Mexique : <span class=\"small-caps\">unam<\/span>(2021) \"La migraci\u00f3n interna : Despoblamiento y metropolizaci\u00f3n\", in Jorge Durand et Jorge A. Schiavon (eds.). <em>Jalisco : terre de migrants. Diagnostic et propositions de politiques publiques<\/em>. Guadalajara : C\u00e1tedra Jorge Durand de Estudios Migratorios, <span class=\"small-caps\">cide<\/span>\/Fondation Konrad Adenauer\/Gouvernement de l'\u00c9tat de Jalisco.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Architecture des envois de fonds. 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