{"id":38971,"date":"2024-09-20T10:47:50","date_gmt":"2024-09-20T16:47:50","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=38971"},"modified":"2024-09-25T14:08:13","modified_gmt":"2024-09-25T20:08:13","slug":"robichaux-martinez-moreno-danzasreligiosas-medios-devocionales-confinamiento-coronavirus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/robichaux-martinez-moreno-danzasreligiosas-medios-devocionales-confinamiento-coronavirus\/","title":{"rendered":"Danser pour les saints au temps du covid-19 : r\u00e9ponses \u00e0 l'enfermement de 2020 dans le centre du Mexique"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Lors des festivals religieux dans les r\u00e9gions de Teotihuac\u00e1n et Texcoco, au nord-est de Mexico, les gens \"dansent pour le saint\", souvent pour tenir une promesse faite dans le cadre d'une demande de gu\u00e9rison ou en remerciement d'une faveur re\u00e7ue. Sur la base d'un travail de terrain men\u00e9 entre 2011 et 2019, et d'entretiens en ligne et d'un suivi des publications sur Facebook en 2020 et d\u00e9but 2021, nous explorons dans cet article l'impact du coronavirus sur les danses d\u00e9votionnelles ex\u00e9cut\u00e9es dans le cadre de festivals religieux. Nous examinons en particulier les cas de nouvelles pratiques adopt\u00e9es pendant le confinement. En nous appuyant sur le concept de \"religions comme m\u00e9dias\" de Jeremy Stolow (2005), nous montrons comment une combinaison de m\u00e9dias num\u00e9riques et de m\u00e9dias en face-\u00e0-face a permis aux communaut\u00e9s catholiques locales de maintenir la relation caract\u00e9ris\u00e9e par le principe de \"l'amour de la religion\". <em>do ut des<\/em> avec leur saint patron pendant la pand\u00e9mie, \"m\u00eame si c'est de mani\u00e8re diff\u00e9rente\". Nous concluons en soulevant plusieurs questions concernant l'avenir des danses de d\u00e9votion et des festivals religieux dans ces r\u00e9gions, alors que nous entrons dans la deuxi\u00e8me ann\u00e9e de restrictions visant \u00e0 att\u00e9nuer les effets du covid-19.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/confinamiento-por-coronavirus\/\" rel=\"tag\">confinement des coronavirus<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/danzas-devocionales\/\" rel=\"tag\">danses d\u00e9votionnelles<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/medios\/\" rel=\"tag\">m\u00e9dias<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/mexico\/\" rel=\"tag\">Mexique<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/religion-popular\/\" rel=\"tag\">religion populaire<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title abstract\"><span class=\"small-caps\">danser pour les saints pendant le covid-19 : r\u00e9ponses au lockdown de 2020 dans le centre du mexique<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Lors des c\u00e9l\u00e9brations religieuses dans les r\u00e9gions de Teotihuac\u00e1n et Texcoco, au nord-est de Mexico, les gens \" dansent pour un saint \", souvent pour tenir une promesse faite apr\u00e8s avoir pri\u00e9 pour une gu\u00e9rison ou pour remercier d'une faveur accord\u00e9e. Sur la base d'un travail de terrain men\u00e9 entre 2011 et 2019, d'entretiens en ligne et du suivi des publications sur Facebook en 2020 et au cours des premiers mois de 2021, cet article explore l'impact du coronavirus sur les danses d\u00e9votionnelles r\u00e9alis\u00e9es lors des c\u00e9l\u00e9brations religieuses. Il examine en particulier les nouvelles pratiques apparues pendant le confinement. S'inspirant du concept de Jeremy Stolow \"religion and\/as media\" (2005), l'article montre comment, pendant la pand\u00e9mie, une combinaison de m\u00e9dias num\u00e9riques et en face-\u00e0-face a permis aux communaut\u00e9s catholiques locales d'entretenir une relation avec leur saint patron bas\u00e9e sur le <em>do ut des<\/em> mais d'une mani\u00e8re diff\u00e9rente. Les conclusions posent plusieurs questions sur l'avenir des danses d\u00e9votionnelles et des c\u00e9l\u00e9brations religieuses dans ces r\u00e9gions au d\u00e9but de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e de restriction du covid-19.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots-cl\u00e9s : danses d\u00e9votionnelles, Mexique, religion populaire, enfermement du coronavirus, m\u00e9dias.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">L'utilisation abondante de fleurs, de musique, de feux d'artifice et de danses dans des contextes rituels r\u00e9unissant un grand nombre de personnes caract\u00e9rise les f\u00eates religieuses c\u00e9l\u00e9br\u00e9es dans la r\u00e9gion de Texcoco et la vall\u00e9e de Teotihuacan, r\u00e9gions voisines de la ville de Mexico. Tout cela a \u00e9t\u00e9 brusquement interrompu par les mesures de confinement mises en \u0153uvre par le gouvernement mexicain le 23 mars 2020 pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus. Les entreprises non essentielles ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9es, les cours en pr\u00e9sentiel ont \u00e9t\u00e9 suspendus et des restrictions extr\u00eames ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es aux r\u00e9unions, ainsi que la fermeture des \u00e9glises pendant trois mois. Les danses, lorsqu'elles ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9es, l'ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 une \u00e9chelle r\u00e9duite, ce que certains de nos informateurs ont appel\u00e9 des \"performances symboliques\". Nous entendons par l\u00e0 une repr\u00e9sentation r\u00e9duite, une substitution de ce qui, dans des situations normales, est consid\u00e9r\u00e9 comme appropri\u00e9 et de ce qui a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 par les autorit\u00e9s ou de ce qui \u00e9tait possible, compte tenu des mesures d'urgence sanitaire et du danger de contagion per\u00e7u pendant la pand\u00e9mie. Dans certains cas, l'utilisation accrue des m\u00e9dias num\u00e9riques semble avoir entra\u00een\u00e9 une prolif\u00e9ration de la mise en ligne de photos et de vid\u00e9os \u00e0 une \u00e9chelle beaucoup plus grande que dans un pass\u00e9 r\u00e9cent, ce qui pourrait constituer une autre forme de \"repr\u00e9sentation symbolique\".<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, nous traitons d'une forme de pratique religieuse publique enracin\u00e9e dans les peuples pr\u00e9hispaniques, auxquels un type sp\u00e9cifique d'organisation religieuse a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 au cours du processus d'\u00e9vang\u00e9lisation du XXe si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xvi<\/span>. La vie c\u00e9r\u00e9monielle complexe et communautaire des vieilles villes - transform\u00e9es en r\u00e9publiques indiennes pendant la vice-royaut\u00e9 - est aujourd'hui autog\u00e9r\u00e9e par des la\u00efcs, si bien que l'on peut v\u00e9ritablement parler de \"religion populaire\" (Carrasco, [1970] 1952, 1976 ; Gim\u00e9nez Montiel, 1978 ; Nutini, 1989).<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> En utilisant ce terme, nous ne voulons pas sugg\u00e9rer que le type sp\u00e9cifique de religion populaire que nous examinons ici est un ph\u00e9nom\u00e8ne compl\u00e8tement distinct de l'\"\u00c9glise officielle\". Dans certaines de ses pratiques, un pr\u00eatre est indispensable et lui seul peut dire la messe. Comme l'a soulign\u00e9 Kirsten Norget (2021) dans son \u00e9tude sur les rituels mortuaires organis\u00e9s par des la\u00efcs \u00e0 Oaxaca, il existe une rencontre dialectique entre le catholicisme officiel et les pratiques que nous appelons ici religion populaire. Nous pensons que ce terme est justifi\u00e9 par l'organisation complexe contr\u00f4l\u00e9e par les la\u00efcs qui garantit que les rituels communautaires tr\u00e8s visibles prescrits par la coutume locale sont ex\u00e9cut\u00e9s correctement au cours du cycle religieux annuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les calendriers rituels des peuples des deux r\u00e9gions \u00e9tudi\u00e9es, les d\u00e9penses importantes et fr\u00e9quentes pour la musique, les arrangements floraux et les feux d'artifice lors des f\u00eates religieuses, ainsi que les messes et les danses, font partie d'une offrande de grande envergure au saint patron dans le cadre d'une relation contractuelle dont l'objet est la garantie de la sant\u00e9, de la prosp\u00e9rit\u00e9 et du bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral collectif et individuel.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> Nos recherches ant\u00e9rieures ont montr\u00e9 que de nombreux villageois participent ou organisent des danses pour tenir une promesse faite \u00e0 un saint ou \u00e0 Dieu (Robichaux, Moreno Carvallo et Mart\u00ednez Galv\u00e1n, 2021). En restreignant la c\u00e9l\u00e9bration de ces f\u00eates, l'enfermement mis en place par l'arriv\u00e9e du covid-19 a brusquement mis fin aux pratiques les plus saillantes d'une religiosit\u00e9 tr\u00e8s publique. Les moyens habituels d'expression religieuse ont ainsi \u00e9t\u00e9 entrav\u00e9s ou emp\u00each\u00e9s, ce qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 des solutions alternatives pour les communaut\u00e9s et les individus dans le cadre de cette relation contractuelle. Certains ont parl\u00e9 de remplir leurs obligations envers les saints, \"m\u00eame si c'est d'une autre mani\u00e8re\", en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la substitution ou \u00e0 la r\u00e9duction de l'utilisation des moyens habituels.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, nous avons consid\u00e9r\u00e9 les m\u00e9dias (au sens le plus large du terme, qui renvoie \u00e0 la communication), en identifiant les messes, la musique, les fleurs, les feux d'artifice et les danses comme les principaux moyens de communication avec l'invisible et avec le corps social dans les pratiques religieuses publiques populaires locales. Dans cette approche, nous nous appuyons sur le concept de \"religion comme m\u00e9dia\" de Jeremy Stolow (2005), qui affirme que la religion ne peut se manifester qu'\u00e0 travers un processus dans lequel des techniques et des technologies sont employ\u00e9es. Pour reprendre ses termes :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Tout au long de l'histoire, la communication avec et au sujet du \"sacr\u00e9\" s'est toujours faite par le biais de textes \u00e9crits, de gestes rituels, d'images et d'ic\u00f4nes, d'architecture, de musique, d'encens, de v\u00eatements sp\u00e9ciaux, de reliques de saints et d'autres objets de v\u00e9n\u00e9ration, de marques sur la chair, de mouvements de la langue et d'autres parties du corps. Ce n'est que par ces moyens qu'il est possible de proclamer sa foi, de marquer son appartenance, de recevoir des dons spirituels ou de s'exprimer dans l'une des innombrables langues locales pour rendre le sacr\u00e9 pr\u00e9sent \u00e0 l'esprit et au corps. En d'autres termes, la religion englobe toujours des techniques et des technologies que nous consid\u00e9rons comme des \"m\u00e9dias\", tout comme, de la m\u00eame mani\u00e8re, tout m\u00e9dia participe n\u00e9cessairement au domaine du transcendant [...] (Stolow, 2005 : 125).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, Birgit Meyer (2015 : 336), citant Robert Orsi (2012), a soulign\u00e9 qu'en cherchant \u00e0 rendre \" l'invisible visible \", la religion implique de multiples moyens de \" mat\u00e9rialiser le sacr\u00e9 \". Cet auteur entend \u00e9galement les m\u00e9dias \"au sens large de transmetteurs mat\u00e9riels \u00e0 travers les \u00e9carts et les fronti\u00e8res qui sont au c\u0153ur des pratiques de m\u00e9diation\". \u00c0 cette fin, Meyer (2015:338) a invent\u00e9 le terme de \"formes sensorielles\" (<em>formes sensationnelles<\/em>), qui comprennent des techniques corporelles servant de \"formats\" qui \"rendent pr\u00e9sent ce qu'ils m\u00e9diatisent\". Il est certain que les danses et autres m\u00e9dias caract\u00e9ristiques de la tradition religieuse dont il est question ici peuvent \u00eatre d\u00e9crits de cette mani\u00e8re. Aborder les danses et autres m\u00e9dias communs \u00e0 nos r\u00e9gions et consid\u00e9r\u00e9s en ces termes nous aide \u00e0 comprendre pourquoi les gens ont continu\u00e9 \u00e0 les utiliser et \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer des festivals, m\u00eame sous une forme r\u00e9duite, pendant la pand\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet article s'appuie sur trois types de sources : 1) un travail de terrain caract\u00e9ris\u00e9 par une observation participante extensive depuis la fin de l'ann\u00e9e 2011, avec un regard sur les groupes de danse d\u00e9votionnelle dans plus de vingt-cinq villages des r\u00e9gions de Texcoco et Teotihuac\u00e1n (voir carte) ; 2) un suivi des profils Facebook des gouvernements municipaux, des paroisses, des dioc\u00e8ses, des autorit\u00e9s religieuses locales (mayordom\u00edas), des groupes de danse et des individus dans les deux r\u00e9gions ; et 3) cinquante-deux entretiens men\u00e9s principalement sur les plateformes Teams ou Meet et, dans quelques cas, par t\u00e9l\u00e9phone, entre le 6 octobre 2020 et le 18 f\u00e9vrier 2021, avec vingt-six informateurs de quinze villages. La plupart des personnes interrog\u00e9es \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 connues des auteurs gr\u00e2ce au travail de terrain susmentionn\u00e9, mais certains nouveaux participants \u00e0 la recherche ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 contact\u00e9s via Facebook.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque nous avons entrepris de mener cette recherche en juillet 2020, nous pensions que la pand\u00e9mie serait bient\u00f4t termin\u00e9e et que nous serions en mesure de mener un travail de terrain en personne. Lorsqu'il est devenu \u00e9vident que ce ne serait pas le cas, nous avons pris une nouvelle direction dans notre recherche et nous nous sommes tourn\u00e9s vers une version particuli\u00e8re de ce que l'on appelle l'ethnographie \"num\u00e9rique\" ou \"virtuelle\" (voir Hine, 2005 ; Pink, 2005). <em>et al<\/em>., 2016). Notre strat\u00e9gie a consist\u00e9 \u00e0 contacter les personnes qui nous avaient donn\u00e9 leur num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre au cours de notre travail de terrain depuis 2011. Certaines \u00e9taient des personnes avec lesquelles nous avions pass\u00e9 de nombreuses heures pendant les danses et les r\u00e9p\u00e9titions et avec lesquelles nous avions parl\u00e9 fr\u00e9quemment, parfois pendant plusieurs ann\u00e9es ; d'autres \u00e9taient simplement des connaissances occasionnelles avec lesquelles nous avions \u00e9tabli peu de rapports sur le terrain. Il s'est av\u00e9r\u00e9 que plus de la moiti\u00e9 des num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone n'\u00e9taient plus en service. Comme il est consid\u00e9r\u00e9 comme inappropri\u00e9 dans nos r\u00e9gions d'\u00e9tude que les femmes donnent leur num\u00e9ro \u00e0 des hommes en dehors de leur cercle familial, tous nos informateurs \u00e9taient des hommes. Bien que nous ayons r\u00e9ussi \u00e0 entrer en contact avec certains informateurs par le biais de Facebook, nos meilleurs entretiens ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s avec des personnes avec lesquelles nous avions d\u00e9j\u00e0 \u00e9tabli une relation sur le terrain. Nous avons \u00e9galement privil\u00e9gi\u00e9 les entretiens avec des personnes disposant d'un ordinateur, car cela facilitait le contact visuel, ce qui am\u00e9liorait la relation et nous permettait d'enregistrer pour une transcription ult\u00e9rieure. Compte tenu de ces contraintes, tous nos informateurs \u00e9taient des hommes fortement impliqu\u00e9s dans les danses de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, en tant qu'organisateurs, participants ou musiciens.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de souligner notre approche particuli\u00e8re des danses et de ce que l'on appelle dans la litt\u00e9rature le \"syst\u00e8me de cargaison\", c'est-\u00e0-dire l'organisation communautaire des f\u00eates religieuses. Les ethnographes mexicains du d\u00e9but du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xx<\/span> a reconnu les fonctions religieuses des danses dans les communaut\u00e9s d'origine comme celles dont il est question ici (voir Ad\u00e1n, 1910 ; Noriega Hope [1922], 1979). Cependant, l'\u00c9tat mexicain, la\u00efque et anticl\u00e9rical, a promu ce qu'il a appel\u00e9 les danses \"r\u00e9gionales\" ou \"folkloriques\", les consid\u00e9rant comme l'expression de l'\u00e2me de la nation, utiles \u00e0 la promotion de l'identit\u00e9 nationale, mais qui devaient \u00eatre \"polies\" et d\u00e9pouill\u00e9es de leur symbolisme religieux (Gamio, [1935] 1987 : 181 ; Robichaux, 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Une omission similaire de la dimension religieuse peut \u00e9galement \u00eatre observ\u00e9e dans les travaux sur le \"cargo system\". Les premi\u00e8res \u00e9tudes ont consid\u00e9r\u00e9 cette institution comme un obstacle au d\u00e9veloppement \u00e9conomique ou comme un moyen d'accumuler du prestige, et les fonctions et motivations religieuses des participants n'ont gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 prises en compte (Wolf, 1957 ; Cancian, 1966). S'inspirant de la critique de Dani\u00e8le Dehouve (2016 : 15-30) de cette approche dans les \u00e9tudes sur les syst\u00e8mes de cargaisons, elle soutient que des personnages autres que les titulaires de charges formelles jouent \u00e9galement un r\u00f4le rituel pour assurer le bien-\u00eatre et la prosp\u00e9rit\u00e9 de la communaut\u00e9. Parmi eux, dans les deux r\u00e9gions \u00e9tudi\u00e9es ici, se trouvent les organisateurs de quadrilles de danse qui, avec les cargueros, forment une organisation communautaire quelque peu ac\u00e9phale, une bureaucratie locale dont le but est de s'assurer que les rituels coutumiers du cycle annuel local sont correctement financ\u00e9s et ex\u00e9cut\u00e9s selon les normes locales. Bien que les danses du Mexique se pr\u00eatent indubitablement \u00e0 l'analyse du point de vue des <em>performance<\/em> En ce qui concerne les arts du spectacle, notre int\u00e9r\u00eat se porte sur leur fonction rituelle en tant que partie d'une offrande \u00e0 l'invisible. Nous partageons ce point de vue avec nos informateurs, que nous comprenons apr\u00e8s des ann\u00e9es d'interaction avec eux et une connaissance directe de leurs exp\u00e9riences.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Cet article est divis\u00e9 en trois sections suivies de remarques finales. Dans la premi\u00e8re, nous d\u00e9crivons bri\u00e8vement le contexte historique et le fonctionnement actuel d'un type d'organisation rituelle centr\u00e9e sur la communaut\u00e9 et contr\u00f4l\u00e9e par les la\u00efcs. Nous d\u00e9crivons ensuite les aspects d\u00e9votionnels des danses et leur r\u00f4le d'offrande au saint dans le cadre d'une relation contractuelle. Dans la troisi\u00e8me partie, nous pr\u00e9sentons certaines des r\u00e9ponses aux mesures de confinement qui ont affect\u00e9 les festivals religieux, en nous concentrant sur les exp\u00e9riences d'\u00e9quipes de danse sp\u00e9cifiques et de danseurs individuels. Ces r\u00e9ponses comprennent l'utilisation des m\u00e9dias \u00e9lectroniques, la r\u00e9duction des spectacles de danse, ce que certains de nos informateurs ont appel\u00e9 des \"spectacles symboliques\", et d'autres strat\u00e9gies de substitution. Dans les consid\u00e9rations finales, nous r\u00e9sumons nos conclusions et r\u00e9fl\u00e9chissons \u00e0 l'avenir des festivals et des danses qui, dans certains cas, ont \u00e9t\u00e9 suspendus pendant deux ann\u00e9es cons\u00e9cutives.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Comment s'organise la religion populaire publique dans les r\u00e9gions de Texcoco et Teotihuac\u00e1n ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les termes \"religion populaire\" ou \"catholicisme populaire\" dans le cas de la M\u00e9so-Am\u00e9rique ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s dans diff\u00e9rents contextes pour d\u00e9signer diverses pratiques et croyances qui divergent de ce qui est parfois appel\u00e9 \"orthodoxie\", ou \"religion officielle\" ou \"religion organis\u00e9e\".<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> (Vrijhof, 1979 ; Isambert, 1982 ; Lanternari et Letendre, 1982). Certains auteurs ont propos\u00e9 d'\u00e9carter compl\u00e8tement le terme, le consid\u00e9rant comme \"lourdement entach\u00e9 de connotations p\u00e9joratives\" (McGuire, 2008 : 45), et des termes alternatifs tels que \"religion v\u00e9cue\" (<em>religion v\u00e9cue<\/em>) (McGuire, 2008), la \"religion vernaculaire\" (<em>religion vernaculaire<\/em>) (Flueckiger, 2006) et \"religion locale\" (Christian, 1981 : 178-79). Religion populaire\", \"catholicisme populaire\" et \"catholicisme\" (Christian, 1981 : 178-79). <em>folklorique<\/em>\"sont largement utilis\u00e9s au Mexique depuis la seconde moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xx<\/span> pour rendre compte des diff\u00e9rentes pratiques et croyances en dehors des pratiques \"officielles\" de l'\u00c9glise catholique (Carrasco, [1970] 1952 ; 1976 ; Gim\u00e9nez Montiel, 1978 ; Nutini, 1989). Nous utilisons ici \"religion populaire\" ou \"catholicisme populaire\" pour faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un type sp\u00e9cifique de religiosit\u00e9 publique bas\u00e9e sur une organisation communautaire la\u00efque dont l'objectif est de veiller \u00e0 ce que les rituels du calendrier annuel soient ex\u00e9cut\u00e9s conform\u00e9ment aux coutumes de la communaut\u00e9 locale.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le processus de contact entre la religion pr\u00e9hispanique et le catholicisme et le transfert du catholicisme aux populations indig\u00e8nes du Mexique au 20\u00e8me si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xvi<\/span>Dans les petits villages o\u00f9 il n'y a pas de pr\u00eatre, les fr\u00e8res missionnaires forment des assistants indiens de confiance charg\u00e9s d'imposer la participation obligatoire \u00e0 la messe et au cat\u00e9chisme. Dans les petits villages o\u00f9 il n'y avait pas de pr\u00eatre, ces assistants la\u00efcs enregistraient et m\u00eame c\u00e9l\u00e9braient les bapt\u00eames ou les enterrements et rappelaient aux habitants leurs devoirs religieux (Ricard, 1947 : 206-207). L'autonomisation des fonctionnaires la\u00efcs au d\u00e9but de la p\u00e9riode coloniale a jet\u00e9 les bases de ce que l'on appelle le \"syst\u00e8me de la cargaison\" - \u00e9galement connu sous le nom de hi\u00e9rarchie civile et religieuse ou syst\u00e8me des mayordom\u00edas - dans l'anthropologie m\u00e9soam\u00e9ricaine du d\u00e9but de la p\u00e9riode coloniale. <span class=\"small-caps\">xx<\/span> (Carrasco, [1970] 1952 ; Cancian, 1966). Le catholicisme populaire, dont il est question dans cet article, est n\u00e9 de cette tactique employ\u00e9e par l'\u00c9glise officielle au cours de l'\u00e9vang\u00e9lisation, mais il s'agit aujourd'hui d'un syst\u00e8me qui a une existence et une logique propres.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/1MAPA_todoslospueblos-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3300x2550\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1. Mapa del \u00e1rea de estudio. Fuente: Elaboraci\u00f3n propia a partir de Google Maps y mapa digital de M\u00e9xico inegi. Dise\u00f1ado por Mariana Castellanos Arizmendi.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/1MAPA_todoslospueblos-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 1 : Carte de la zone d'\u00e9tude. Source : \u00c9laboration propre \u00e0 partir de Google Maps et de la carte num\u00e9rique de Mexico inegi. Con\u00e7u par Mariana Castellanos Arizmendi.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Il est important de noter que les paroisses des missions catholiques et leurs divisions \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement le prolongement d'unit\u00e9s sociopolitiques et religieuses pr\u00e9hispaniques, dont beaucoup avaient une longue histoire de migration de groupes sp\u00e9cifiques qui se trouvaient sous la protection d'une divinit\u00e9 tut\u00e9laire et s'identifiaient \u00e0 elle. Avec la christianisation, la divinit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par un saint patron qui, dans certains cas, avait les m\u00eames attributs que la divinit\u00e9 tut\u00e9laire (L\u00f3pez Austin, 1998 : 49-50, 69, 76-77). De plus, les \u00e9glises \u00e9taient souvent \u00e9rig\u00e9es sur les sites des temples pr\u00e9hispaniques, ce qui facilitait le transfert d'all\u00e9geance au saint chr\u00e9tien. On pensait que les dieux azt\u00e8ques fournissaient les moyens mat\u00e9riels d'existence ; le non-respect du rituel provoquait leur col\u00e8re et la perte de leur protection entra\u00eenait la mis\u00e8re (Madsen, 1967 : 370). Les fr\u00e8res dotaient les chants et les danses pa\u00efens de motifs chr\u00e9tiens et les interpr\u00e9taient lors de c\u00e9r\u00e9monies catholiques (Madsen, 1967 : 376). Dans ce que William Madsen a appel\u00e9 un processus de \"fusion syncr\u00e9tique\" (<em>syncr\u00e9tisme fusionnel<\/em>), \"presque tous les vestiges visibles du paganisme\" ont \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9s et le catholicisme orient\u00e9 vers Notre-Dame de Guadalupe est devenu \"la valeur centrale de la culture azt\u00e8que dans le centre du Mexique\".<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> (Madsen, 1967 : 378). Les saints patrons remplacent les dieux tut\u00e9laires dans chaque village et re\u00e7oivent des offrandes comme \u00e0 l'\u00e9poque pa\u00efenne. La religion reste aujourd'hui \"le moyen d'obtenir les n\u00e9cessit\u00e9s temporelles\" et, \"comme dans les temps anciens, la n\u00e9gligence des obligations rituelles soumet l'individu ou la communaut\u00e9 enti\u00e8re \u00e0 la vengeance d'\u00eatres surnaturels qui punissent [...] par la maladie, les mauvaises r\u00e9coltes et d'autres malheurs\" (Madsen, 1967 : 377).<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> (Madsen, 1967 : 380-381). Comme le souligne cet auteur, les saints chr\u00e9tiens ont remplac\u00e9 \u00e0 un certain niveau les divinit\u00e9s pa\u00efennes, mais la relation contractuelle visant \u00e0 prot\u00e9ger et \u00e0 assurer les besoins temporels a perdur\u00e9 jusqu'\u00e0 aujourd'hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour mettre en \u00e9vidence la relation contractuelle entre le saint patron et la communaut\u00e9 au Mexique, Hugo Nutini (1989 : 88)<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> a \u00e9crit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">[\u00c0 la fin du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xvii<\/span> un catholicisme s'\u00e9tait structur\u00e9 <em>folklorique<\/em> qui englobe divers \u00e9l\u00e9ments des religions indig\u00e8nes et espagnoles, inextricablement int\u00e9gr\u00e9s. Superficiellement, la religion <em>folklorique<\/em> avait un aspect essentiellement catholique, c'est-\u00e0-dire que sur le plan structurel, le rituel, le c\u00e9r\u00e9monial et, en g\u00e9n\u00e9ral, les manifestations physiques ne diff\u00e9raient pas beaucoup du catholicisme urbain de l'\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, elle incluait (et inclut encore aujourd'hui) \"la conception d'\u00eatres et de personnages surnaturels et l'utilisation de la technologie de l'information et de la communication\". <em>do ut des<\/em> [Je donne pour que tu donnes] qui r\u00e9git la relation de l'individu et de la collectivit\u00e9 avec ses cr\u00e9ateurs\". Pour Nutini, \"c'est ici que l'apport pr\u00e9hispanique est le plus important et contrebalance la pr\u00e9pond\u00e9rance des \u00e9l\u00e9ments catholiques plus visiblement structur\u00e9s\".<\/p>\n\n\n\n<p>\"Le caract\u00e8re essentiellement s\u00e9culier de l'organisation c\u00e9r\u00e9monielle\" dans le cycle des f\u00eates religieuses publiques dans les villages de l'aire m\u00e9soam\u00e9ricaine a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence par Gilberto Gim\u00e9nez. Lorsqu'un pr\u00eatre intervient, son r\u00f4le se r\u00e9duit \u00e0 celui d'un \"auxiliaire c\u00e9r\u00e9moniel subordonn\u00e9 aux exigences du rituel populaire\". Lorsque les pr\u00eatres dioc\u00e9sains ont remplac\u00e9 les ordres religieux qui avaient introduit les institutions c\u00e9r\u00e9monielles communautaires \u00e0 l'\u00e9poque coloniale, un processus d'\"autonomisation\" s'est amorc\u00e9 et, avec l'ind\u00e9pendance de 1821 et la s\u00e9paration de l'\u00c9glise et de l'\u00c9tat en 1857, le foss\u00e9 entre le clerg\u00e9 et la religion populaire s'est encore creus\u00e9. Les autorit\u00e9s indig\u00e8nes s'approprient les institutions communautaires introduites par les missionnaires au 19e si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xvi<\/span> et sont devenus \"traditionnels\", fonctionnant \"parall\u00e8lement \u00e0 l'\u00c9glise et parfois en dehors de l'\u00c9glise et m\u00eame contre elle\" (Gim\u00e9nez Montiel, 1978 : 150-51).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que le syst\u00e8me des cargaisons ait fait couler beaucoup d'encre, l'attention des chercheurs s'est concentr\u00e9e sur quelques th\u00e8mes : sa fonction de m\u00e9canisme de nivellement qui a effac\u00e9 les diff\u00e9rences de richesse naissantes dans des communaut\u00e9s suppos\u00e9es \u00e9galitaires ; son r\u00f4le dans le renforcement des diff\u00e9rences internes existantes ; l'acquisition de prestige par les porteurs de cargaisons ; et le financement individuel ou communautaire des festivals religieux (Carrasco, [1970] 1952 ; Wolf, 1957 ; Cancian, 1966 ; Chance et Taylor, 1985). \u00c0 la suite d'Arthur Maurice Hocart (1970), nous consid\u00e9rons le syst\u00e8me des cargaisons dans nos r\u00e9gions d'\u00e9tude comme une bureaucratie ou un corps de fonctionnaires dont l'objectif est d'organiser un rituel collectif pour assurer la sant\u00e9 et la prosp\u00e9rit\u00e9 et conjurer la maladie, le malheur et la mort (Dehouve, 2016). Nous consid\u00e9rons que les cuadrillas de danzantes font partie de cette bureaucratie rituelle, car elles fournissent une offrande au saint, qui est compl\u00e9t\u00e9e par les fleurs, la musique, les feux d'artifice et les messes dont les cargueros sont responsables.<\/p>\n\n\n\n<p>Le terme \"mayordomo\", r\u00e9current dans la litt\u00e9rature sur le syst\u00e8me des cargos, fait r\u00e9f\u00e9rence au fait que ces d\u00e9tenteurs de cargos \u00e9taient autrefois responsables des parcelles cultiv\u00e9es pour financer les f\u00eates religieuses (Carrasco, 1961 : 493). Aujourd'hui, les mayordomos des deux r\u00e9gions \u00e9tudi\u00e9es sont charg\u00e9s de superviser l'organisation des f\u00eates religieuses. Ils sont g\u00e9n\u00e9ralement en poste pour un an et, selon les villages, ils sont s\u00e9lectionn\u00e9s en nombre et organis\u00e9s diff\u00e9remment. Dans certains villages, un seul groupe de mayordomos est nomm\u00e9 ou \u00e9lu pour s'occuper de l'ensemble du cycle annuel des f\u00eates, tandis que dans d'autres, il y a des mayordomos sp\u00e9cifiques pour chaque f\u00eate. Certains villages ont un syst\u00e8me dans lequel les diff\u00e9rents postes tournent d'une maison \u00e0 l'autre et tous les foyers finissent par assumer des responsabilit\u00e9s sp\u00e9cifiques dans l'organisation du cycle rituel annuel. Alors que dans un village, un groupe d'une centaine de mayordomos est responsable de la plupart des d\u00e9penses rituelles, dans d'autres endroits, chaque homme mari\u00e9 ou \u00e2g\u00e9 de plus de dix-huit ans est tenu de contribuer \u00e0 aider les mayordomos \u00e0 couvrir les d\u00e9penses. Collectivement, le groupe d'intendants est connu sous le nom de mayordom\u00eda.<\/p>\n\n\n\n<p>Les responsabilit\u00e9s de cette bureaucratie rituelle comprennent l'organisation des c\u00e9l\u00e9brations coutumi\u00e8res du calendrier liturgique catholique, en particulier celles li\u00e9es \u00e0 la naissance et \u00e0 la mort du Christ, ainsi que celles du saint patron ou d'autres grandes f\u00eates sp\u00e9cifiques \u00e0 chaque village. Les grandes f\u00eates se d\u00e9roulent g\u00e9n\u00e9ralement sur une p\u00e9riode de neuf jours, entre deux week-ends. Pendant cette p\u00e9riode, dans l'\u00e9glise, dans son atrium et dans les environs, le travail de plusieurs mois des mayordomos se mat\u00e9rialise dans ses manifestations les plus \u00e9videntes, se r\u00e9unissant dans une gigantesque offrande collective au saint, compos\u00e9e de messes, de fleurs, de musique, de feux d'artifice et de danses.<\/p>\n\n\n\n<p>Le(s) r\u00e9gisseur(s) est (sont) responsable(s) de la r\u00e9servation des messes et du paiement du clerg\u00e9 officiant. Ils sont \u00e9galement charg\u00e9s de veiller \u00e0 ce que l'int\u00e9rieur de l'\u00e9glise soit d\u00e9cor\u00e9 par des fleuristes professionnels avec des arrangements floraux qui couvrent parfois pratiquement tous les murs et sont m\u00eame suspendus au plafond (voir image 2). Ils doivent \u00e9galement fournir des d\u00e9corations florales sp\u00e9ciales, appel\u00e9es <em>couvertures<\/em>qui ornent la fa\u00e7ade de l'\u00e9glise. En 2018 et 2019, le co\u00fbt de la d\u00e9coration florale int\u00e9rieure variait entre 2 000 USD et 7 500 USD, en fonction de la taille de l'\u00e9glise et de l'\u00e9laboration des arrangements floraux, tandis que la fa\u00e7ade de l'\u00e9glise co\u00fbtait 1 000 USD ou plus. Le ou les mayordomos doivent \u00e9galement engager un, voire deux orchestres d'instruments \u00e0 vent ou autres, comptant entre seize et vingt-cinq musiciens, pour jouer dans l'atrium de l'\u00e9glise en l'honneur du saint - parfois seize heures par jour - et pour accompagner les processions, voire les visites dans les villages voisins. En 2019, un orchestre d'instruments \u00e0 vent compos\u00e9 de ce nombre de musiciens co\u00fbte environ 2 500 dollars pour jouer pendant cinq jours, avec trois repas par jour. Il s'agit donc d'une d\u00e9pense consid\u00e9rable, \u00e9tant donn\u00e9 que de nombreux villageois que nous connaissons travaillent dans le secteur informel.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mayordomos sont \u00e9galement responsables des feux d'artifice qui sont utilis\u00e9s \u00e0 profusion pendant la c\u00e9l\u00e9bration. Des fus\u00e9es sont tir\u00e9es tout au long de la procession au cours de laquelle l'image du saint est promen\u00e9e dans le village, un \u00e9v\u00e9nement qui peut durer jusqu'\u00e0 huit heures. Des dizaines de fus\u00e9es sont tir\u00e9es au d\u00e9but et \u00e0 la fin des messes c\u00e9l\u00e9br\u00e9es pendant la f\u00eate, et en longues salves au moment de la cons\u00e9cration de l'hostie. La f\u00eate se termine par l'allumage d'un ch\u00e2teau, avec une ou plusieurs tours, structure pyrotechnique \u00e9rig\u00e9e devant l'\u00e9glise (voir photo 3). Certains ch\u00e2teaux atteignent trente-cinq m\u00e8tres de haut et contiennent des charges explosives qui font souvent exploser des rouets, ainsi que des repr\u00e9sentations pyrotechniques du saint, des motifs religieux ou des phrases de d\u00e9votion. Un grand ch\u00e2teau avec plusieurs tourelles peut co\u00fbter jusqu'\u00e0 7 000 dollars.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme nous l'avons vu, la religiosit\u00e9 populaire publique dans les deux r\u00e9gions \u00e9tudi\u00e9es est une activit\u00e9 communautaire tr\u00e8s organis\u00e9e visant \u00e0 faire les offrandes coutumi\u00e8res aux saints. Dans la section suivante, nous traiterons sp\u00e9cifiquement des danses, l'un des cinq m\u00e9dias qui, avec les fleurs, la musique, les feux d'artifice et les messes, sont les manifestations les plus marquantes d'une relation contractuelle avec l'invisible.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Danses de d\u00e9votion lors des f\u00eates religieuses<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les danses constituaient une partie importante des rituels \u00e9labor\u00e9s en l'honneur des dieux \u00e0 l'\u00e9poque pr\u00e9coloniale et \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es par certains missionnaires comme une forme de pri\u00e8re (Mendieta, 1870 : 99). <em>Maceua<\/em>l'un des \u00e9quivalents nahuatl du verbe espagnol \"danzar\", peut \u00e9galement \u00eatre traduit par \"obtenir\", \"m\u00e9riter une chose\" ou \"faire p\u00e9nitence\" (Sim\u00e9on, 2010 : 244). Alfredo L\u00f3pez Austin a soulign\u00e9 que <em>itotia<\/em>un autre \u00e9quivalent nahuatl du mot \"danzar\", partage une racine commune avec le mot \"danzar\". <em>itoa<\/em>l'\u00e9quivalent du verbe \"parler\". Cet auteur a propos\u00e9 que la danse soit une mani\u00e8re de \"parler\" aux dieux et qu'un danseur constitue \"un pont\", c'est-\u00e0-dire un m\u00e9dium entre le peuple et les divinit\u00e9s (L\u00f3pez Austin, 2007 : 186-87). Les rapports des <span class=\"small-caps\">xvi<\/span> indiquent que les fr\u00e8res missionnaires tol\u00e9raient les danses \u00e0 condition qu'elles soient christianis\u00e9es. De nouvelles paroles ont \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9es aux rythmes et aux chants pr\u00e9hispaniques, et des chansons castillanes contenant des messages chr\u00e9tiens ont \u00e9t\u00e9 traduites en nahuatl. Les danses sont ex\u00e9cut\u00e9es en public, dans les \u00e9glises, les atriums et les maisons, plut\u00f4t que clandestinement, \u00e0 l'abri des regards des missionnaires (Ricard, 1947 : 340-41).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-2-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"400x602\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2. Decoraci\u00f3n del interior de la parroquia de Santa Mar\u00eda Magdalena, Tepexpan. Festividad en honor al Se\u00f1or de Gracias en 2023. Tepexpan, Acolman, Estado de M\u00e9xico. Autor: Jorge Mart\u00ednez Galv\u00e1n.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-2-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-3.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"866x575\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 3. Quema de castillo durante la festividad en honor al Se\u00f1or de Gracias de 2023. Tepexpan, Acolman, Estado de M\u00e9xico. Autor: Jorge Mart\u00ednez Galv\u00e1n.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-3.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">D\u00e9coration de l'int\u00e9rieur de l'\u00e9glise paroissiale de Santa Mar\u00eda Magdalena, Tepexpan. F\u00eate en l'honneur du Seigneur des Gr\u00e2ces en 2023. Tepexpan, Acolman, \u00c9tat de Mexico. Auteur : Jorge Mart\u00ednez Galv\u00e1n.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Incendie du ch\u00e2teau lors de la f\u00eate en l'honneur du Se\u00f1or de Gracias en 2023. Tepexpan, Acolman, \u00c9tat de Mexico. Auteur : Jorge Mart\u00ednez Galv\u00e1n.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Dans la grande majorit\u00e9 des villages des deux r\u00e9gions \u00e9tudi\u00e9es, il est inconcevable de c\u00e9l\u00e9brer les f\u00eates les plus importantes sans l'ex\u00e9cution d'une ou plusieurs danses. Avec les nombreuses messes, les fleurs, la musique et les feux d'artifice, elles sont les \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s d'une offrande collective massive, d'un don au saint, au sens de Marcel Mauss (1983). Ces cinq \u00e9l\u00e9ments constituent le moyen de maintenir la relation contractuelle entre les \u00eatres humains et la divinit\u00e9.<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a> Lors des entretiens et des conversations informelles que nous avons eus sur le terrain avant la pand\u00e9mie, des termes tels que \"d\u00e9votion\", \"p\u00e9nitence\" et \"sacrifice\" ont souvent \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9s \u00e0 propos des danses offertes aux saints. Cela n'est pas surprenant si l'on consid\u00e8re l'effort physique qu'impliquent certaines danses. D'ailleurs, les \"principaux\"<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> Ils doivent payer des musiciens, louer du mat\u00e9riel de sonorisation, des b\u00e2ches et des plateformes de danse, et organiser des repas, parfois trois par jour, pour des centaines de danseurs et leurs familles. Ils doivent \u00e9galement consacrer de longues heures aux r\u00e9p\u00e9titions et, dans certains cas, apprendre les dialogues qui apparaissent dans certaines danses. Certains hommes et certaines femmes organisent ou participent \u00e0 une danse pour honorer une promesse faite dans le cadre d'une demande d'intervention divine en cas de maladie personnelle ou de maladie d'un membre de la famille, ou encore pour remercier la divinit\u00e9 d'une faveur re\u00e7ue. La motivation peut \u00e9galement \u00eatre plus diffuse, comme l'expression de la gratitude pour un \u00e9tat de sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral ou une situation \u00e9conomique favorable. Ces motivations individuelles acqui\u00e8rent une dimension collective dans le cadre de l'offrande d'une communaut\u00e9 aux saints (Robichaux, Moreno Carvallo et Mart\u00ednez Galv\u00e1n, 2021 : 235).<\/p>\n\n\n\n<p>Le caract\u00e8re d\u00e9votionnel des danses se manifeste clairement dans les rituels qui ont lieu au d\u00e9but et \u00e0 la fin de leur ex\u00e9cution, en particulier le premier et le dernier jour des festivit\u00e9s.<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a> La repr\u00e9sentation publique d'une danse est toujours pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d'une entr\u00e9e en groupe dans l'\u00e9glise o\u00f9 les danseurs se croisent et s'agenouillent en pri\u00e8re devant l'image du saint dont la f\u00eate est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e. Dans certains cas, ils chantent un chant (une pri\u00e8re au saint avec des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 son objectif) et ex\u00e9cutent une courte partie de la danse dans l'\u00e9glise. Ce rituel d'ouverture peut avoir lieu apr\u00e8s une messe. Le dernier jour de la repr\u00e9sentation, un rituel appel\u00e9 \"couronnement\" se d\u00e9roule en grande pompe et en majest\u00e9 \u00e0 l'int\u00e9rieur de l'\u00e9glise. Accompagn\u00e9s par un orchestre qui entonne des airs solennels et r\u00e9p\u00e9titifs, les danseurs entrent dans l'\u00e9glise et ex\u00e9cutent des mouvements lents et minutieusement chor\u00e9graphi\u00e9s, chaque danseur embrassant tour \u00e0 tour chacun de ses partenaires. Cette c\u00e9r\u00e9monie pleine d'\u00e9motion peut durer deux heures ou plus, et certains de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 \"couronn\u00e9s\" ou qui ont tenu leur promesse, c'est-\u00e0-dire leur engagement \u00e0 danser pour le saint, prononcent des discours de remerciement au saint ou lui demandent de les aider \u00e0 tenir leur promesse l'ann\u00e9e suivante. La croyance veut qu'un manquement \u00e0 l'engagement puisse attirer la col\u00e8re du saint et que le danseur ou un membre de sa famille soit puni sous forme de maladie ou d'accident.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-4.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"350x623\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 4. Danzante de la Cuadrilla de Serranos con ni\u00f1a en brazos en la festividad en honor a San Sebasti\u00e1n en 2018. Tepetlaoxtoc de Hidalgo, Tepetlaoxtoc, Estado de M\u00e9xico. Autor: Manuel Moreno Carvallo.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-4.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Danzante de la Cuadrilla de Serranos avec une fille dans les bras lors de la f\u00eate en l'honneur de San Sebasti\u00e1n en 2018. Tepetlaoxtoc de Hidalgo, Tepetlaoxtoc, \u00c9tat du Mexique. Auteur : Manuel Moreno Carvallo.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Dans certains villages, jusqu'\u00e0 cinq ou six cuadrillas de quarante \u00e0 soixante danseurs chacune peuvent danser pendant quatre \u00e0 six heures, avec peu de repos. Bien que certaines danses aient toujours eu des r\u00f4les masculins et f\u00e9minins, d'autres \u00e9taient exclusivement r\u00e9serv\u00e9es aux hommes, aux gar\u00e7ons ou aux filles. Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, des versions f\u00e9minines de certaines danses sont apparues dans certains villages et les femmes ont assum\u00e9 des r\u00f4les traditionnellement d\u00e9volus aux hommes. Il est courant de voir des p\u00e8res danser avec des b\u00e9b\u00e9s et des enfants en bas \u00e2ge dans les bras, et des enfants participer aux c\u00f4t\u00e9s de leur p\u00e8re (voir image 4). Certains des danseurs avec lesquels nous nous sommes entretenus, \u00e2g\u00e9s d'environ 30 \u00e0 40 ans, disent qu'ils ont commenc\u00e9 \u00e0 danser avec leurs parents \u00e0 l'\u00e2ge de quatre ou cinq ans, et d'autres disent que ce n'est qu'en grandissant qu'ils ont compris la signification religieuse de ce qu'ils faisaient. Dans la plupart des cas, ils organisent leurs danses avec l'aide de \"ensayadores\", des sp\u00e9cialistes r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s \u00e0 cet effet ; les r\u00e9p\u00e9titions commencent quatre \u00e0 six semaines avant la premi\u00e8re repr\u00e9sentation (voir note 4). Ces sp\u00e9cialistes des rituels enseignent non seulement les pas, la chor\u00e9graphie et les dialogues des danses, mais ils dirigent \u00e9galement la c\u00e9r\u00e9monie d'ouverture et le couronnement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les types de danses et leurs variantes que nous avons observ\u00e9s, avec ou sans dialogue, ont toujours un th\u00e8me ou une intrigue sp\u00e9cifique. Mais quel que soit leur contenu, les rituels d'ouverture et le couronnement montrent qu'ils sont tous d\u00e9di\u00e9s au saint et que les promesses et la d\u00e9votion sont toujours pr\u00e9sentes (Robichaux, Moreno Carvallo et Mart\u00ednez Galv\u00e1n, 2021 : 235-38). Comme nous le verrons dans la section suivante, le confinement impos\u00e9 par la pand\u00e9mie de covid-19 a constitu\u00e9 un d\u00e9fi pour les groupes de danse, dont la plupart n'ont pas pu danser. Cependant, certaines cuadrillas ont r\u00e9ussi leur ex\u00e9cution, \"bien que de mani\u00e8re diff\u00e9rente\", et des solutions cr\u00e9atives ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es pour remplir la relation contractuelle avec les saints.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Confinement, distanciation sociale et nouveaux modes d'ex\u00e9cution de la relation contractuelle dans les f\u00eates et danses religieuses<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La d\u00e9claration d'urgence sanitaire par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral mexicain le 23 mars 2020 a entra\u00een\u00e9 l'annulation imm\u00e9diate de presque toutes les activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration des f\u00eates dans les villages des r\u00e9gions de Teotihuac\u00e1n et de la vall\u00e9e de Texcoco. Les moyens sans lesquels la c\u00e9l\u00e9bration des f\u00eates religieuses \u00e9tait jusqu'alors impensable - mistas, d\u00e9corations florales, feux d'artifice, musique et danses - ont \u00e9t\u00e9 suspendus ou leur utilisation a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement modifi\u00e9e. Pendant trois mois ou plus apr\u00e8s le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, les messes ont \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9es \u00e0 huis clos, sans paroissiens, et retransmises en direct sur Facebook.<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a> Des processions religieuses ont eu lieu, l'image du saint d\u00e9filant \u00e0 l'arri\u00e8re de camionnettes et les gens regardant depuis leurs maisons. Les quelques danses organis\u00e9es ne comptaient qu'un tr\u00e8s petit nombre de danseurs et duraient beaucoup moins longtemps que d'habitude.<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a> Les m\u00e9dias num\u00e9riques, d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9s avant la pand\u00e9mie par certains groupes de danse, mayordomos et paroisses, ont pris de l'importance dans certains villages et sont devenus le principal moyen de communication et de manifestation religieuse publique.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des mesures restrictives en vigueur aux dates des f\u00eates, des strat\u00e9gies vari\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es dans les diff\u00e9rents villages. Dans les villages dont les f\u00eates tombaient \u00e0 des dates peu \u00e9loign\u00e9es de l'imposition des mesures de confinement, les mayordomos et les danseurs ont eu peu de temps pour s'adapter. Par exemple, le 21 mars, la paroisse du village de La Resurrecci\u00f3n a publi\u00e9 sur Facebook un programme d'activit\u00e9s pour la Semaine Sainte et la semaine suivante (5-19 avril 2020), dates habituelles des f\u00eates patronales du Seigneur de la R\u00e9surrection. Ce programme comprenait les processions et les messes habituelles de la Semaine Sainte, ainsi que la participation de cinq cuadrillas diff\u00e9rentes dont les repr\u00e9sentations \u00e9taient pr\u00e9vues sur deux jours, comme chaque ann\u00e9e pendant la semaine qui suit le dimanche de P\u00e2ques. Mais le 28 mars, suite \u00e0 la d\u00e9claration de l'urgence sanitaire, il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 que ces activit\u00e9s seraient modifi\u00e9es. En effet, toutes les processions ont \u00e9t\u00e9 annul\u00e9es et, l'\u00e9glise \u00e9tant ferm\u00e9e, les messes ont \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9es \u00e0 huis clos et retransmises en direct sur Facebook. Comme on pensait que l'\u00e9pid\u00e9mie serait bient\u00f4t termin\u00e9e, on a annonc\u00e9 que les danses, la musique, les arrangements floraux et les feux d'artifice seraient report\u00e9s \u00e0 la Pentec\u00f4te (31 mai 2020), la deuxi\u00e8me f\u00eate la plus importante de la ville.<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> Cela n'a pas \u00e9t\u00e9 le cas, car on a rapidement annonc\u00e9 que les c\u00e9l\u00e9brations de la Pentec\u00f4te seraient \u00e9galement annul\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Les diff\u00e9rentes mayordom\u00edas et les diff\u00e9rentes cuadrillas de danzantes de La Resurrecci\u00f3n avaient d\u00e9j\u00e0 effectu\u00e9 des paiements partiels pour diverses prestations, dont 12 000 dollars pour deux castillos et toutes les fus\u00e9es. L'une des cuadrillas avait vers\u00e9 une avance de 1 000 USD pour la musique et le mat\u00e9riel de sonorisation. Une autre avait conclu un contrat de 10 000 dollars avec un groupe on\u00e9reux de musiciens c\u00e9l\u00e8bres et avait d\u00e9j\u00e0 avanc\u00e9 la moiti\u00e9 de la somme avant l'annulation. Avec l'annulation des festivit\u00e9s de la Pentec\u00f4te, l'avance vers\u00e9e pour les contrats de musique, de fleurs et de feux d'artifice a \u00e9t\u00e9 \"perdue\". Et comme si cela ne suffisait pas, avec la nouvelle vague de pand\u00e9mie en d\u00e9cembre et d\u00e9but janvier 2021, qui a fait de nombreuses victimes dans le village, les festivit\u00e9s de 2021 ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 annul\u00e9es. Face \u00e0 cette situation, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que les commissaires responsables des festivit\u00e9s de 2020 resteraient en fonction en 2021, n'\u00e9tant pas en mesure d'assurer leur mission. Ce n'est qu'en 2022 que les festivit\u00e9s du Seigneur de la R\u00e9surrection ont repris, mais de mani\u00e8re moins fastueuse et avec un nombre de cuadrillas moins important qu'avant la pand\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil du temps, certains groupes de danse ont d\u00e9velopp\u00e9 des solutions cr\u00e9atives pour remplacer les pratiques traditionnelles et ent\u00e9riner la relation contractuelle avec les saints. C'est le cas des Serranos de Tepexpan, qui dansent en l'honneur de Notre Seigneur des Gr\u00e2ces, c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le 3 mai. Ex\u00e9cut\u00e9e uniquement dans cette localit\u00e9 et \u00e0 cette occasion, cette danse est unique car jusqu'\u00e0 700 danseurs peuvent participer \u00e0 son ex\u00e9cution (voir photo 5). Apr\u00e8s un repas auquel assistent jusqu'\u00e0 un millier de personnes, les danseurs se rendent \u00e0 l'\u00e9glise o\u00f9 ils entrent, \u00e0 pas lents et rythm\u00e9s, en deux rang\u00e9es de 350 personnes chacune, en chantant une chanson m\u00e9lancolique qui ouvre la danse. Apr\u00e8s s'\u00eatre agenouill\u00e9s pour prier et avoir fait le signe de croix, de nombreux danseurs, visiblement \u00e9mus, fixent l'image de Notre Seigneur de Gr\u00e2ce sur l'autel principal. Apr\u00e8s ce d\u00e9but solennel, ils quittent l'\u00e9glise en ligne, en chantant \u00e0 nouveau leur cantique, sans tourner le dos \u00e0 l'image de Notre Seigneur de Gr\u00e2ce. Une fois dans l'atrium, ils dansent pendant cinq ou six heures devant des centaines de spectateurs.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-5.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"400x602\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 5. Cuadrilla de Serranos durante la festividad en honor al Se\u00f1or de Gracias de 2019. Tepexpan, Acolman, Estado de M\u00e9xico. Autor: Jorge Mart\u00ednez Galv\u00e1n.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-5.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-6.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"450x600\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 6. Altar emergente con los elementos materiales del danzante, durante la festividad del Se\u00f1or de Gracias de 2020. Tepexpan, Acolman, Estado de M\u00e9xico. Autor: Andr\u00e9s Jaime Gonz\u00e1lez.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-6.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Cuadrilla de Serranos lors de la f\u00eate en l'honneur du Seigneur des Gr\u00e2ces 2019. Tepexpan, Acolman, \u00c9tat de Mexico. Auteur : Jorge Mart\u00ednez Galv\u00e1n.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Autel \u00e9mergent avec les \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels de la danseuse, lors de la f\u00eate du Se\u00f1or de Gracias en 2020. Tepexpan, Acolman, \u00c9tat de Mexico. Auteur : Andr\u00e9s Jaime Gonz\u00e1lez.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Rien de tout cela ne s'est produit en 2020. Comme l'a indiqu\u00e9 un informateur, la f\u00eate a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9e \"autant que possible et autant que permis, mais avec une \u00e9norme dose de foi pour recevoir les b\u00e9n\u00e9dictions de Notre Seigneur\". Bien qu'il y ait eu \"peu de fleurs, peu de musique, peu de feux d'artifice\" et pas de danseurs dans l'atrium de l'\u00e9glise, les m\u00e9dias num\u00e9riques ont servi \u00e0 rappeler aux villageois l'offrande habituelle des danseurs. D\u00e9but avril 2020, lorsqu'il est devenu \u00e9vident que les festivit\u00e9s de mai seraient annul\u00e9es, les responsables de la cuadrilla de Serranos ont ouvert un compte Facebook et ont appel\u00e9 les villageois \u00e0 partager des photos et des vid\u00e9os des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes.<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a> Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 aux habitants de placer des arcs, des couronnes, des chapeaux et d'autres objets utilis\u00e9s dans la danse devant leur domicile \u00e0 partir de 15 heures le 3 mai. Plusieurs camionnettes ont d\u00e9fil\u00e9 dans la ville avec des images du saint patron et des enregistrements de la danse des Serranos ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9s en direct sur Facebook. Plusieurs danseurs sont sortis de chez eux pour regarder passer la procession, certains v\u00eatus de leurs costumes de danse et, \u00e0 une occasion au moins, un groupe d'enfants portant les costumes des danseurs a ex\u00e9cut\u00e9 certains pas de la danse.<a class=\"anota\" id=\"anota16\" data-footnote=\"16\">16<\/a> Parall\u00e8lement, des danseurs ont utilis\u00e9 leurs profils Facebook personnels pour publier des photos de leurs autels personnels sur lesquels ils avaient plac\u00e9 leurs costumes de danse (voir image 6). Symboliquement, \u00e0 la fin de la procession, les camionnettes se sont \u00e9loign\u00e9es de la porte de l'\u00e9glise, en reculant pour imiter le mouvement que font les Serranos lorsqu'ils quittent l'\u00e9glise, sans jamais tourner le dos au saint, le tout accompagn\u00e9 d'un enregistrement du chant entonn\u00e9 par les danseurs lors de cet acte rituel. Les personnes qui se trouvaient \u00e0 l'arri\u00e8re d'une des camionnettes ont termin\u00e9 la procession par des applaudissements et des cris de \"Viva el Se\u00f1or de Gracias\" et se sont embrass\u00e9es comme lors de la c\u00e9r\u00e9monie du couronnement.<a class=\"anota\" id=\"anota17\" data-footnote=\"17\">17<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Au fil du temps, alors que les gens s'habituaient \u00e0 ce que les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales mexicaines appelaient la \"nouvelle normalit\u00e9\", certains groupes de danse ont r\u00e9ussi \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer les saints en dansant, mais \u00e0 tr\u00e8s petite \u00e9chelle. La ville de San Francisco Mazapa a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 la Pentec\u00f4te (31 mai 2020), l'une de ses deux principales f\u00eates, dans le plus grand confinement : sans paroissiens, la messe s'est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 huis clos et a \u00e9t\u00e9 retransmise en direct sur Facebook. Les images des saints qui sont habituellement expos\u00e9es devant l'autel les jours de f\u00eate ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es dans l'atrium et v\u00e9n\u00e9r\u00e9es avec des offrandes florales et une fanfare. En temps normal, les cuadrillas des Alchileos et des Santiagos, qui comptent chacune trente ou quarante participants, dansent pendant cinq ou six heures. \u00c0 cette occasion, une cuadrilla d'Alchileos a d\u00e9fil\u00e9 dans les rues et un petit groupe de leurs repr\u00e9sentants est entr\u00e9 dans l'atrium de l'\u00e9glise, a fait des \"reverencias\" (r\u00e9v\u00e9rences), puis s'est rendu \u00e0 l'\u00e9glise.<a class=\"anota\" id=\"anota18\" data-footnote=\"18\">18<\/a> et ont d\u00e9pos\u00e9 une offrande florale devant les images des saints, bien qu'ils n'aient pas dans\u00e9. Un groupe de dix-huit danseurs santiagos, accompagn\u00e9s de musiciens, est entr\u00e9 dans l'atrium de l'\u00e9glise et, apr\u00e8s s'\u00eatre crois\u00e9s et agenouill\u00e9s devant les saints, a ex\u00e9cut\u00e9 sa danse pendant une vingtaine de minutes.<a class=\"anota\" id=\"anota19\" data-footnote=\"19\">19<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les cas de covid-19 ayant diminu\u00e9, les restrictions sanitaires ont \u00e9t\u00e9 assouplies au d\u00e9but du mois de juillet 2020 et les mayordomos et les directeurs des danses de San Francisco Mazapa ont commenc\u00e9 \u00e0 s'organiser et \u00e0 collecter des fonds pour les f\u00eates \u00e0 venir. Les \u00e9glises sont d\u00e9sormais ouvertes, mais seulement \u00e0 30 % de leur capacit\u00e9. Pour la f\u00eate du saint patron de la ville, Saint Fran\u00e7ois d'Assise, le 4 octobre, un tr\u00e8s petit nombre d'Alchileos ont dans\u00e9, en commen\u00e7ant par les \"reverencias\" habituelles dans la maison de l'un des directeurs. Ils ont ensuite d\u00e9fil\u00e9 dans les rues et dans\u00e9 un moment dans l'atrium de l'\u00e9glise.<a class=\"anota\" id=\"anota20\" data-footnote=\"20\">20<\/a> Ces repr\u00e9sentations ou actes symboliques qui rempla\u00e7aient les repr\u00e9sentations normales ne lib\u00e9raient pas les \"principals\" de leurs obligations, puisqu'ils devaient organiser l'ensemble de la danse en 2021.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 San Jer\u00f3nimo Amanalco, environ six cuadrillas ex\u00e9cutent habituellement leurs danses pour c\u00e9l\u00e9brer le saint patron de la ville, San Jer\u00f3nimo, le 30 septembre. En avril 2020, malgr\u00e9 l'augmentation rapide du nombre de d\u00e9c\u00e8s dans le village au cours de la premi\u00e8re vague de la pand\u00e9mie, les dirigeants de la cuadrilla de los Arrieros ont d\u00e9cid\u00e9 que, quelles que soient les circonstances, ils ex\u00e9cuteraient la danse, au moins \u00e0 une \u00e9chelle r\u00e9duite, dans l'atrium de l'\u00e9glise ou dans un autre espace ouvert. En mai, le p\u00e8re de l'un d'entre eux, qui avait \u00e9t\u00e9 constamment actif dans la cuadrilla, mourut du covid-19. Comme les fun\u00e9railles n'\u00e9taient pas autoris\u00e9es \u00e0 cette \u00e9poque, en juillet, lorsque ses cendres ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9es, une quarantaine de membres de la cuadrilla se sont r\u00e9unis et ont dans\u00e9 dans le cimeti\u00e8re et dans les bureaux de la d\u00e9l\u00e9gation o\u00f9 le d\u00e9funt avait travaill\u00e9. Bien qu'aucune autre danse n'ait \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e et que d'autres danseurs et parents d'Arrieros aient \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s et soient morts du covid-19, certains membres de la cuadrilla \u00e9taient encore plus d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 danser pour le saint et ont commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter en ao\u00fbt pour pr\u00e9parer la f\u00eate. Comme l'a dit l'un de nos informateurs, \"les d\u00e9funts savaient que nous allions danser. Faisons-le maintenant pour eux. En l'honneur de leur m\u00e9moire, continuons cette d\u00e9votion.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mayordomos leur ont permis d'apporter \"Las ma\u00f1anitas\" et de d\u00e9poser une offrande florale pour le saint, et seuls les principaux sont entr\u00e9s dans l'\u00e9glise pour prier devant son image. Ensuite, une quarantaine de danseurs, dont la plupart portaient des masques, ont dans\u00e9 un moment \u00e0 l'ext\u00e9rieur de l'\u00e9glise. Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 l'atrium, les membres de la cuadrilla ont \u00e9galement dans\u00e9 devant deux petites chapelles du village, puis ils se sont rendus dans la maison du danseur o\u00f9 avaient eu lieu les r\u00e9p\u00e9titions et y ont dans\u00e9 pendant plusieurs heures. Les photos et la vid\u00e9o publi\u00e9es sur le profil Facebook d'un ami de l'un des danseurs ont suscit\u00e9 divers commentaires. L'un d'eux a d\u00e9clar\u00e9 : \"Ce n'\u00e9tait pas comme les autres ann\u00e9es, mais ils ont dans\u00e9 avec beaucoup de foi pour notre sainte patronne\". Mais un autre commentaire, plus prudent, disait : \"Tant mieux pour ceux qui ont eu le courage de le faire, mais ceux d'entre nous qui s'abstiennent de certaines activit\u00e9s s'associent \u00e0 la douleur des familles qui ont perdu un \u00eatre cher. Saint J\u00e9r\u00f4me est en deuil !!!\".<a class=\"anota\" id=\"anota21\" data-footnote=\"21\">21<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Un curieux concours de circonstances a permis \u00e0 certains danseurs de Papalotla de danser en l'honneur du saint patron de la ville d'une mani\u00e8re tout \u00e0 fait unique. Aucune des neuf cuadrillas pr\u00e9vues pour la f\u00eate du saint patron de la ville, Saint Toribio de Astorga (16 avril), n'a pu danser en 2020. Le village a une longue tradition de danse des Santiagos, qui recr\u00e9e un conflit entre chr\u00e9tiens et maures dans l'Espagne m\u00e9di\u00e9vale. En 2017, encourag\u00e9 par les autorit\u00e9s locales d\u00e9sireuses de promouvoir le tourisme, un groupe de trente danseurs a obtenu la certification du Conseil international de la danse (<span class=\"small-caps\">cid<\/span>), organisme affili\u00e9 \u00e0 l'Unesco. Cette certification a fait l'objet d'une controverse, car certains danseurs moins exp\u00e9riment\u00e9s et disposant de ressources financi\u00e8res plus importantes ont pay\u00e9 les 164 euros, tandis que d'autres, disposant de moins de ressources, n'ont pas pu couvrir cette somme ou ont choisi de ne pas \u00eatre certifi\u00e9s, estimant que cela allait \u00e0 l'encontre de la nature d\u00e9votionnelle de la danse. En octobre 2020, alors que la propagation du coronavirus ralentissait, les danseurs de Santiagos ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 danser dans le cadre du festival culturel virtuel \"Quimera\", parrain\u00e9 par les autorit\u00e9s de l'\u00c9tat \u00e0 Metepec, pr\u00e8s de Toluca, la capitale de l'\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>La fa\u00e7on dont la danse a \u00e9t\u00e9 promue dans le programme du festival comme l'une des \"valeurs culturelles de Texcoco\" est loin de la signification religieuse qu'elle a \u00e0 Papalotla. Cependant, l'un des danseurs et r\u00e9p\u00e9titeurs les plus exp\u00e9riment\u00e9s, qui avait cat\u00e9goriquement refus\u00e9 d'\u00eatre certifi\u00e9 en 2017, \u00e9tait plus qu'heureux de participer, nous expliquant que c'\u00e9tait l'occasion de danser pour santo Toribio. D\u00e8s le d\u00e9part, les organisateurs du festival ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par les danseurs que le Santiagos n'\u00e9tait pas un \" ballet ou une danse folklorique \" comme les autres groupes de danse figurant au programme, mais une danse religieuse, et qu'il faudrait donc installer une plateforme sp\u00e9ciale en bois pour sa repr\u00e9sentation, comme c'est la coutume dans les deux r\u00e9gions \u00e9tudi\u00e9es. Le dimanche matin 18 octobre 2020, avant de se rendre sur le site du festival, un groupe de vingt-six danseurs, accompagn\u00e9s de quelques membres de leur famille et de quatorze musiciens, s'est r\u00e9uni \u00e0 l'\u00e9glise. On prend leur temp\u00e9rature, on leur demande de porter des masques, on maintient une \"distance saine\" et on leur fournit du d\u00e9sinfectant pour les mains en abondance. Pour notre informateur, le but de la visite \u00e0 l'\u00e9glise \u00e9tait \"d'honorer et de demander la permission\" \u00e0 Saint Toribio \"de pouvoir ex\u00e9cuter leur danse en son honneur, la permission d'ex\u00e9cuter la danse loin de son temple\".<\/p>\n\n\n\n<p>D'apr\u00e8s la vid\u00e9o publi\u00e9e sur Facebook, ce qui s'est pass\u00e9 \u00e0 l'int\u00e9rieur de l'\u00e9glise ressemble beaucoup \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie initiale qui pr\u00e9c\u00e8de l'ex\u00e9cution de la danse dans le cadre de festivit\u00e9s religieuses. La c\u00e9r\u00e9monie a commenc\u00e9 avec des musiciens jouant la chanson d'anniversaire mexicaine \"Las ma\u00f1anitas\". Les danseurs se sont ensuite crois\u00e9s, se sont agenouill\u00e9s pour prier devant l'image de saint Toribio, puis ont bri\u00e8vement ex\u00e9cut\u00e9 plusieurs pas de danse.<a class=\"anota\" id=\"anota22\" data-footnote=\"22\">22<\/a> Une fois sur le site du festival, l'image de saint Toribio que les danseurs avaient transport\u00e9e a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e sur la plate-forme en bois install\u00e9e pour le spectacle de danse. La participation \u00e0 la cuadrilla, qui consistait en une sorte de r\u00e9sum\u00e9 de la danse et durait une heure au lieu des six ou sept habituelles, a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e et publi\u00e9e plus tard sur le profil Facebook du festival.<a class=\"anota\" id=\"anota23\" data-footnote=\"23\">23<\/a> Selon notre informateur, la participation au festival a permis aux danseurs d'honorer, \"m\u00eame si c'est d'une mani\u00e8re diff\u00e9rente\", le saint en p\u00e9riode d'enfermement. Bien que les danseurs aient d\u00fb porter des masques, ils les ont enlev\u00e9s pendant le spectacle. Comme l'a d\u00e9clar\u00e9 notre informateur, \"une fois sur l'estrade, avec la b\u00e9n\u00e9diction de Dieu, en fonction de notre religion, de notre foi, nous avons senti que nous serions aid\u00e9s. M\u00eame si nous \u00e9tions tr\u00e8s conscients du risque, Dieu prend soin de nous et rien de mal n'arrivera\".<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-7.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"859x575\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 7. Cuadrilla de la danza Carlomagno y los doce pares de Francia en la festividad de la Virgen de la Candelaria en 2021. San Antonio Tepetitl\u00e1n, Chiautla, Estado de M\u00e9xico. Autor: Eladio Cer\u00f3n Sol.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-7.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Cuadrilla de la danza Carlomagno y los doce pares de Francia dans la f\u00eate de la Virgen de la Candelaria en 2021. San Antonio Tepetitl\u00e1n, Chiautla, \u00c9tat du Mexique. Auteur : Eladio Cer\u00f3n Sol.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>La nouvelle vague de pand\u00e9mie, qui a \u00e9clat\u00e9 en d\u00e9cembre 2020 et janvier 2021, a an\u00e9anti tout espoir de pouvoir danser comme en temps normal au cours du premier trimestre de l'ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e. Des \"performances symboliques\" ont remplac\u00e9 les danses normales, et Facebook et d'autres plateformes sociales ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans ce processus. Pendant les onze jours de la f\u00eate de Saint-S\u00e9bastien (20 janvier) \u00e0 Tepetlaoxtoc, huit groupes de danse ont dans\u00e9 en 2020. D\u00e9but janvier 2021, le compte Facebook \"Tepetlaoxtoc Historia, Tradici\u00f3n y Cultura\" a invit\u00e9 ses adeptes \u00e0 \"c\u00e9l\u00e9brer virtuellement\" la f\u00eate en publiant des photos de diff\u00e9rents \u00e9v\u00e9nements des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes.<a class=\"anota\" id=\"anota24\" data-footnote=\"24\">24<\/a> L'une des mayordom\u00edas a ouvert le compte \"Mayordom\u00eda San Sebasti\u00e1n 20 de enero 2021\", et a post\u00e9 des vid\u00e9os avec de nombreuses d\u00e9monstrations des moyens habituels - fleurs, feux d'artifice, musique - ainsi que des repr\u00e9sentations symboliques de deux danses, dont l'une des Sembradoras. Au lieu des soixante ou quatre-vingts danseurs habituels, un groupe de douze personnes a entendu la messe le deuxi\u00e8me jour du festival et est entr\u00e9 dans la chapelle o\u00f9 il s'est agenouill\u00e9 et s'est crois\u00e9 avant de danser pendant une vingtaine de minutes devant la fa\u00e7ade de l'\u00e9glise. L'autre a eu lieu le dernier week-end du festival et, au lieu des trois ou quatre cents danseurs habituels, treize participants \u00e0 la danse des Serranos ont entendu la messe c\u00e9l\u00e9br\u00e9e devant la chapelle, o\u00f9 ils ont ensuite ex\u00e9cut\u00e9 divers pas de leur danse pendant une vingtaine de minutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la f\u00eate, toutes les messes ont \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9es en plein air, devant la chapelle, avec peu d'affluence dans un espace d\u00e9limit\u00e9 par des cordons pour en limiter l'acc\u00e8s. Toutefois, la fa\u00e7ade de la petite chapelle a \u00e9t\u00e9 richement d\u00e9cor\u00e9e de fleurs et divers groupes musicaux ont jou\u00e9 en l'honneur de saint S\u00e9bastien. Certaines des vid\u00e9os post\u00e9es sont de qualit\u00e9 professionnelle et semblent avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es sp\u00e9cialement pour \u00eatre diffus\u00e9es en direct sur Facebook. L'une d'entre elles a \u00e9t\u00e9 visionn\u00e9e plus de 8 000 fois deux jours apr\u00e8s sa publication, le 20 janvier 2021. Le feu d'artifice \u00e9tait en fait une combinaison sophistiqu\u00e9e de pyrotechnie et de technologie laser. Des formes g\u00e9om\u00e9triques et la figure de Saint S\u00e9bastien avec les mots \"Saint S\u00e9bastien, b\u00e9nis-nous\" ont \u00e9t\u00e9 projet\u00e9s sur les murs des b\u00e2timents de la place de la chapelle, accompagn\u00e9s d'une musique enregistr\u00e9e. Le tout, y compris des prises de vue r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir d'un drone, a \u00e9t\u00e9 retransmis en direct et post\u00e9 sur Facebook.<a class=\"anota\" id=\"anota25\" data-footnote=\"25\">25<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le village de Tepetitl\u00e1n, des repr\u00e9sentations symboliques de deux danses ont eu lieu lors des festivit\u00e9s de la Virgen de la Candelaria (2 f\u00e9vrier 2021). Chaque ann\u00e9e, \u00e0 l'occasion de cette f\u00eate, le quadrille Santiagos donne une repr\u00e9sentation spectaculaire et co\u00fbteuse (voir image 7). Alors qu'en 2020, un nouveau groupe de responsables avait promis d'organiser le bal en 2021, ils ont d\u00e9cid\u00e9 de ne pas danser en raison de la recrudescence de la pand\u00e9mie. En outre, leur engagement implique de disposer de plusieurs ensembles de costumes co\u00fbteux, qui se d\u00e9chirent et se salissent souvent au cours des combats vigoureux de la danse, de sorte que des pi\u00e8ces de rechange doivent \u00eatre disponibles pour poursuivre la repr\u00e9sentation. Les responsables doivent \u00e9galement fournir trois repas par jour pendant les trois jours de la danse, en plus de payer les musiciens et de couvrir d'autres d\u00e9penses. Compte tenu de la baisse de leurs revenus, due \u00e0 la disparition du march\u00e9 du pain de f\u00eate que les habitants de Tepetitl\u00e1n vendent le dimanche devant les \u00e9glises et lors des f\u00eates patronales, la mauvaise conjoncture \u00e9conomique engendr\u00e9e par l'enfermement ne permettait pas de faire face \u00e0 ces d\u00e9penses. Cependant, \u00e0 l'approche de la date de la f\u00eate, un groupe de danseurs qui avaient d\u00e9j\u00e0 dans\u00e9 les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, qui poss\u00e9daient donc les costumes et connaissaient bien les parlamentos, a d\u00e9cid\u00e9 que ce serait une insulte \u00e0 la Vierge si cette danse n'\u00e9tait pas ex\u00e9cut\u00e9e \u00e0 l'occasion de sa f\u00eate. Une soixantaine d'hommes, tous masqu\u00e9s, ont dans\u00e9 pendant une heure avec l'accompagnement de musiciens engag\u00e9s par les mayordomos pour les besoins rituels g\u00e9n\u00e9raux de la f\u00eate et ont r\u00e9cit\u00e9 certains dialogues.<\/p>\n\n\n\n<p>L'autre spectacle symbolique organis\u00e9 pour la f\u00eate de la Candelaria \u00e0 Tepetitl\u00e1n, la cuadrilla de los Vaqueros, \u00e9tait quelque peu diff\u00e9rent. En 2020, un groupe de plusieurs fr\u00e8res et leurs enfants adultes se sont engag\u00e9s \u00e0 organiser cette danse en 2021 en remerciement de la gu\u00e9rison du cancer de la fille de l'un des fr\u00e8res. Au lieu des trois jours de repr\u00e9sentation habituels, ils ont dans\u00e9 avec des masques devant l'\u00e9glise pendant une heure dans un espace ferm\u00e9 au public. Notre informateur, l'un des fr\u00e8res, a d\u00e9crit cet acte comme \"une petite avance [paiement] symbolique\". De cette mani\u00e8re, ils remplissaient partiellement leur promesse dans la mesure permise par les autorit\u00e9s locales, une avance qu'ils esp\u00e9raient pouvoir remplir enti\u00e8rement en 2022. Il s'agira notamment de r\u00e9p\u00e9ter, de payer les musiciens et de fournir trois repas par jour \u00e0 des centaines d'invit\u00e9s pendant les trois jours o\u00f9 ils dansent.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9but 2022, les repr\u00e9sentations symboliques qui caract\u00e9risaient la d\u00e9votion des saints en 2021 ont disparu. Au fur et \u00e0 mesure que de plus en plus de personnes \u00e9taient vaccin\u00e9es et d\u00e9veloppaient une immunit\u00e9 naturelle contre les vagues successives du virus, le nombre de cas de covid-19 diminuait. Le cycle rituel caract\u00e9ris\u00e9 par les f\u00eates somptueuses d\u00e9crites dans la premi\u00e8re section a repris, mais pas encore avec l'intensit\u00e9 de l'\u00e9poque pr\u00e9pand\u00e9mique. Les danses ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es dans le cadre de restrictions sanitaires rigoureuses, refl\u00e9tant ce que l'on appelle la \"nouvelle normalit\u00e9\". Au moment de la r\u00e9daction de ce rapport, d\u00e9but 2022, le maintien d'une distance saine et l'utilisation de masques, de gel d\u00e9sinfectant et m\u00eame de sprays d\u00e9sinfectants \u00e9taient la norme, bien que ces mesures de protection aient rapidement disparu dans les deux r\u00e9gions \u00e9tudi\u00e9es (voir figure 8).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-8.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1023x575\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 8. Cuadrilla de Serranos y medidas de prevenci\u00f3n de contagios durante la festividad en honor al Se\u00f1or de Gracias de 2022. Tepexpan, Acolman, Estado de M\u00e9xico. Autor: Jorge Mart\u00ednez Galv\u00e1n.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-8.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Cuadrilla de Serranos et mesures de pr\u00e9vention des infections lors de la f\u00eate en l'honneur du Se\u00f1or de Gracias en 2022. Tepexpan, Acolman, \u00c9tat de Mexico. Auteur : Jorge Mart\u00ednez Galv\u00e1n.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Consid\u00e9rations finales<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En nous inspirant de la proposition de Jeremy Stolow (2005) concernant la \"religion en tant que m\u00e9dia\", nous avons identifi\u00e9 les messes, les nombreuses d\u00e9monstrations publiques de fleurs, les feux d'artifice et la musique, ainsi que les danses, comme les cinq principaux m\u00e9dias caract\u00e9risant les festivals religieux dans les r\u00e9gions de Texcoco et de Teotihuac\u00e1n, au centre du Mexique. Bien que l'utilisation de tous ces m\u00e9dias se soit poursuivie \u00e0 une \u00e9chelle tr\u00e8s r\u00e9duite en raison des mesures prises pour freiner la propagation du covid-19, ce sont les danses qui ont \u00e9t\u00e9 les plus touch\u00e9es. La plupart des cuadrillas ne dansaient tout simplement pas, bien que nous ayons entendu parler de cas \u00e9pars o\u00f9 les encargados pr\u00e9sentaient une offrande florale au saint. En g\u00e9n\u00e9ral, il y a eu peu de cas de \"performances symboliques\", un terme que nous avons adopt\u00e9 par l'un de nos informateurs pour faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des formes de danse r\u00e9duites ou modifi\u00e9es. Ces cas nous rappellent d'autres cas de substitution ou de r\u00e9duction d'offrandes dans les relations contractuelles avec la divinit\u00e9. Par exemple, selon E.E. Evans-Pritchard, chez les Nuer du Sud Soudan, un concombre pouvait remplacer un b\u0153uf ou \u00eatre offert avec la promesse d'un futur sacrifice animal (Evans-Pritchard, 1956 : 128, 148, 197, 205, 279). Dans un espace g\u00e9ographique beaucoup plus proche de notre recherche, Dani\u00e8le Dehouve (2009:140-41) a constat\u00e9 que, chez les Tlapanecs de l'\u00c9tat mexicain du Guerrero, en cas de besoin, un \u0153uf ou un poussin pouvait remplacer une poule dans certains sacrifices. Les Tlapanecs n\u00e9gocient m\u00eame et informent le pouvoir auquel le sacrifice est destin\u00e9 qu'il recevra un \u0153uf au lieu d'une ch\u00e8vre, tout en s'excusant de ne pas pouvoir fournir l'offrande habituelle (Dehouve, 2009 : 38).<a class=\"anota\" id=\"anota26\" data-footnote=\"26\">26<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Avec l'annulation probable de la danse \u00e0 laquelle il devait participer, l'une des personnes interrog\u00e9es a exprim\u00e9 une id\u00e9e qui fait \u00e9cho \u00e0 ces coutumes. Il a racont\u00e9 que le jour de la f\u00eate, il s'imaginait se rendre \u00e0 l'\u00e9glise v\u00eatu de son costume de danse, s'agenouiller et faire le signe de croix devant l'image du saint, en disant : \"Tu sais quoi, patron ? Je suis d\u00e9j\u00e0 venu. Tu sais ce qu'il en est. Je m'en vais. D'autres informateurs ont imagin\u00e9 un futur proche avec l'ex\u00e9cution de la danse pendant l'enfermement dans des termes similaires aux repr\u00e9sentations symboliques d\u00e9crites dans la section pr\u00e9c\u00e9dente. L'un d'entre eux a d\u00e9clar\u00e9 que la danse de combat \u00e0 laquelle il participe devrait \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e avec un nombre beaucoup plus restreint de danseurs, qui porteraient des gants et simuleraient le combat, en gardant toujours une \"distance saine\". Un autre informateur a not\u00e9 que certains membres de sa cuadrilla envisageaient une repr\u00e9sentation d'une heure avec vingt-cinq danseurs masqu\u00e9s au lieu des trois ou quatre cents habituels, un jour au lieu de deux, avec de la musique enregistr\u00e9e et beaucoup de d\u00e9sinfectant pour les mains. Il est conscient du risque de se voir infliger une amende par les autorit\u00e9s civiles, mais il a d\u00e9clar\u00e9 qu'il la paierait volontiers : \"S'il y a une amende ou quelque chose du genre, je la paierai. En fin de compte, c'est au patron que je dois le plus. Il a \u00e9galement soulign\u00e9 que la chanson d'ouverture de la danse disait : \"Ya venimos, padre m\u00edo, a cumplir nuestra promesa\" et que la plupart des danseurs avaient fait la promesse de danser, quelles que soient les circonstances.<\/p>\n\n\n\n<p>Les paroles d'un autre danseur et r\u00e9p\u00e9titeur exp\u00e9riment\u00e9 r\u00e9v\u00e8lent l'importance de la signification religieuse des danses pour de nombreuses personnes dans les deux r\u00e9gions. Ils r\u00e9v\u00e8lent \u00e9galement les principes profonds qui sous-tendent un comportement observable qui a souvent \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme du folklore au Mexique, o\u00f9 les \"danses folkloriques\" ont \u00e9t\u00e9 promues par l'\u00c9tat comme l'un des arts du spectacle et une partie de l'identit\u00e9 nationale. Cette danseuse a imagin\u00e9 une version de la danse en p\u00e9riode d'enfermement, d\u00e9pouill\u00e9e de ce qui est normalement consid\u00e9r\u00e9 comme essentiel. Les visites et les repr\u00e9sentations habituelles des danseurs \u00e0 des endroits cl\u00e9s du village, ainsi que les repas offerts par les intendants aux danseurs et \u00e0 la population locale, seraient supprim\u00e9s. Au lieu de cela, seule de la nourriture serait offerte aux musiciens, comme il est d'usage dans le cadre de leur r\u00e9mun\u00e9ration. La danse aurait lieu \u00e0 l'int\u00e9rieur de l'\u00e9glise, apr\u00e8s la messe, une fois que tout le monde serait parti. Il a soulign\u00e9 que l'esprit de la danse, son v\u00e9ritable but, est de danser pour le saint. L'omission de ces pratiques coutumi\u00e8res adjacentes, toutes effectu\u00e9es \u00e0 des \"heures normales\", ne serait \"pas un probl\u00e8me\" pour lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Les similitudes entre les repr\u00e9sentations symboliques r\u00e9elles et imagin\u00e9es r\u00e9v\u00e8lent que \"l'esprit de la danse, son v\u00e9ritable but\" - ou \"l'essence de la danse\", comme l'a dit un autre informateur - est en fait une offrande au saint. Elles montrent \u00e9galement que ces substitutions sont destin\u00e9es \u00e0 maintenir une relation continue avec le saint en p\u00e9riode de restrictions s\u00e9v\u00e8res. Mais l'utilisation de la <em>diffusion en direct<\/em> et le post Facebook r\u00e9v\u00e8lent un autre besoin religieux important que, selon nous, de nombreuses personnes dans les deux r\u00e9gions ont s\u00fbrement ressenti pendant l'enfermement. En insistant sur une compr\u00e9hension de la religion comme \" m\u00e9diation \", une tentative de \" jeter un pont entre l'ici et le maintenant et quelque chose \"d'au-del\u00e0\" \", Birgit Meyer (2015 : 336), inspir\u00e9e par Robert Orsi (2012), a soulign\u00e9 que divers moyens sont r\u00e9unis afin de \" rendre visible l'invisible \". Dans cette optique, elle a invent\u00e9 le terme de \"formes sensorielles\" (<em>formes sensationnelles<\/em>) pour tenir compte des \"techniques corporelles, ainsi que des sensibilit\u00e9s et des \u00e9motions incarn\u00e9es dans les <em>habitus<\/em>\"(Meyer, 2015 : 338). La danse est une forme sensorielle et, en tant qu'acte public, elle sert \u00e0 rendre la relation contractuelle avec le saint visible aux spectateurs et aux villageois en g\u00e9n\u00e9ral. C'est dans ce sens que nous pensons que la diffusion en direct des performances symboliques, ainsi que la publication d'images des v\u00eatements et des accessoires utilis\u00e9s dans les danses, en plus des vid\u00e9os et des photos des danses des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes sur Facebook, constituent une tentative de la part de ceux qui ont acc\u00e8s \u00e0 cette technologie de transmettre au moins une partie des dimensions sensorielles impliqu\u00e9es dans l'ex\u00e9cution des danses en temps normal. Ils rappellent ainsi aux spectateurs la validit\u00e9 de la relation contractuelle qui sera un jour \u00e0 nouveau visible \u00e0 travers les m\u00e9dias traditionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est encore trop t\u00f4t pour mesurer tout l'impact de la pand\u00e9mie de covid-19 sur les danses et les f\u00eates religieuses. Les exemples que nous avons donn\u00e9s d'utilisation limit\u00e9e des moyens habituels, de pratiques de substitution, de repr\u00e9sentations symboliques et de recours aux m\u00e9dias num\u00e9riques ne donnent qu'une image partielle d'une situation v\u00e9ritablement catastrophique qui a perturb\u00e9 la sociabilit\u00e9 habituelle qui s'articule autour d'une religiosit\u00e9 publique somptueuse. En raison de la complexit\u00e9 des \u00e9motions humaines, les sentiments int\u00e9rieurs des acteurs ne sont pas faciles \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer, ce qui rend la dimension religieuse des danses difficile \u00e0 saisir et \u00e0 exprimer, m\u00eame dans des circonstances normales. De plus, en raison de la pand\u00e9mie, notre recherche s'est principalement limit\u00e9e aux personnes ayant acc\u00e8s au t\u00e9l\u00e9phone et surtout \u00e0 l'internet que nous connaissions avant l'enfermement et aux villages o\u00f9 les pratiques de la gestation pour autrui \u00e9taient affich\u00e9es sur Facebook. Malgr\u00e9 ces limites, nous pensons avoir identifi\u00e9 plusieurs questions cruciales qui m\u00e9ritent d'\u00eatre approfondies : la maladie et la gu\u00e9rison du covid-19 ont-elles constitu\u00e9 des motifs communs pour faire une promesse de danse, comme ce fut le cas pour l'un de nos informateurs ? Les performances symboliques, en plus de maintenir la relation avec le saint, ont-elles pris la fonction suppl\u00e9mentaire d'un plaidoyer pour mettre fin \u00e0 la pand\u00e9mie ? La pand\u00e9mie a-t-elle \u00e9branl\u00e9 la foi des gens, ouvrant la voie \u00e0 une possible r\u00e9pudiation des pratiques traditionnelles en raison de la perception de l'abandon du saint ? Ou, au contraire, cela conduira-t-il \u00e0 un renforcement de l'offrande de la danse comme moyen d'\u00e9viter de futures catastrophes ? Des recherches suppl\u00e9mentaires sont n\u00e9cessaires pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions et pour mieux comprendre comment le catholicisme populaire au Mexique a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 par la pand\u00e9mie du covid-19.<a class=\"anota\" id=\"anota27\" data-footnote=\"27\">27<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Addendum. Vid\u00e9os et m\u00e9dias socio-num\u00e9riques dans l'\u00e9tude ethnographique des f\u00eates patronales : leur utilisation dans le contexte de la pand\u00e9mie.<a class=\"anota\" id=\"anota28\" data-footnote=\"28\">28<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Depuis le d\u00e9but de notre projet sur les danses d\u00e9votionnelles en 2011 dans plus de 20 villages des r\u00e9gions de Texcoco et de la vall\u00e9e de Teotihuac\u00e1n, nous avons film\u00e9 la participation de diff\u00e9rents groupes de danse dans le cadre des f\u00eates patronales. Dans ce contexte, nous avons \u00e9tabli une relation de r\u00e9tribution avec nos interlocuteurs - chefs de danse, danseurs actifs et retrait\u00e9s et leurs familles - en restituant sous le format <span class=\"small-caps\">dvd<\/span> une copie de leur participation. Au d\u00e9but, certaines personnes nous ont demand\u00e9 : \"Ils n'ont pas enregistr\u00e9 un peu plus ?\" ou ont comment\u00e9 : \"Il manque quelque chose\", en faisant r\u00e9f\u00e9rence au fait que certains moments de la danse qui \u00e9taient importants pour eux n'avaient pas \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s. Cette situation nous a montr\u00e9 que notre perspective en tant qu'ethnographes \u00e9tait loin de l'int\u00e9r\u00eat de nos informateurs \u00e0 disposer d'un mat\u00e9riel documentant leur pleine participation aux danses. Il est important de reconna\u00eetre qu'en termes d'enregistrement et d'\u00e9dition, il est impossible de tout enregistrer. Notre m\u00e9thode de collecte a donc d\u00fb \u00eatre modifi\u00e9e pour int\u00e9grer des \u00e9l\u00e9ments qui allaient au-del\u00e0 de la danse : les processions, les banquets offerts \u00e0 la communaut\u00e9, les messes, les visites des cuadrillas chez les voisins et les parents, ainsi que les visites dans les \u00e9glises des villages voisins.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des premi\u00e8res ann\u00e9es de notre recherche, nous avons compris que les personnes impliqu\u00e9es dans les danses souhaitaient \u00e9galement montrer leurs festivit\u00e9s et leurs danses \u00e0 un public plus large, puisqu'elles ont fait des commentaires sur le t\u00e9l\u00e9chargement des documents sur des plateformes telles que YouTube. Nous avons h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 publier les enregistrements vid\u00e9o par respect pour les personnes concern\u00e9es ; nous ne l'avons fait qu'en de rares occasions, lorsqu'il y avait des demandes sp\u00e9cifiques. La premi\u00e8re fois, en 2016, les responsables de l'\u00e9quipe des Chareos \u00e0 Ocopulco, municipalit\u00e9 de Chiautla, nous ont demand\u00e9 de \"t\u00e9l\u00e9charger la vid\u00e9o de la danse sur YouTube\".<a class=\"anota\" id=\"anota29\" data-footnote=\"29\">29<\/a> afin de permettre \u00e0 un plus grand nombre de villageois de voir la danse. En 2017, les nouveaux responsables de cette danse nous ont \u00e0 nouveau demand\u00e9 de t\u00e9l\u00e9charger la vid\u00e9o de l'ann\u00e9e sur la m\u00eame plateforme.<a class=\"anota\" id=\"anota30\" data-footnote=\"30\">30<\/a> D'autre part, bien que certains de nos interlocuteurs d'autres villages aient manifest\u00e9 leur int\u00e9r\u00eat pour le t\u00e9l\u00e9chargement de vid\u00e9os de leurs danses sur la plateforme YouTube, rien ne s'est concr\u00e9tis\u00e9. Nous avons estim\u00e9 qu'il revenait aux gestionnaires ou aux directeurs de d\u00e9cider de l'utilisation du mat\u00e9riel vid\u00e9o que nous avons accumul\u00e9 et de la mani\u00e8re dont il doit \u00eatre distribu\u00e9. En attendant, nous continuons \u00e0 fournir des vid\u00e9os sous la forme de <span class=\"small-caps\">dvd<\/span> \u00e0 certains danseurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Suite aux mesures d'urgence impos\u00e9es par le covid-19 \u00e0 la fin du mois de mars 2020, nous avons d\u00fb changer notre strat\u00e9gie de recherche. Gr\u00e2ce \u00e0 certains contacts que nous avions sur Facebook, nous avons r\u00e9alis\u00e9 que ce r\u00e9seau socionum\u00e9rique commen\u00e7ait \u00e0 prendre de l'importance dans la diffusion des informations sur la pand\u00e9mie et l'annulation des festivit\u00e9s religieuses aupr\u00e8s de certains habitants des villages des r\u00e9gions de Texcoco et de la vall\u00e9e de Teotihuac\u00e1n. Alors que certains danseurs, mayordomos et autorit\u00e9s civiles locales utilisaient d\u00e9j\u00e0 les m\u00e9dias socionum\u00e9riques, nous avons observ\u00e9 une forte augmentation de leur utilisation. Nous avons donc commenc\u00e9 \u00e0 suivre plusieurs profils individuels de mayordom\u00edas, de groupes de danse et d'\u00e9glises afin de documenter les mesures et les d\u00e9cisions prises par les dirigeants des groupes de danse pour leur repr\u00e9sentation publique face aux fermetures d'\u00e9glises et \u00e0 l'annulation des festivit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La publication constante de communiqu\u00e9s par les autorit\u00e9s religieuses et civiles nous a ouvert un panorama important pour comprendre l'engagement des villageois \u00e0 accomplir les saints. Ce processus nous a amen\u00e9s \u00e0 planifier un projet comportant deux axes de collecte et d'analyse ethnographiques : 1) \u00e0 distance, 2) \u00e0 l'\u00e9tranger et 3) \u00e0 l'\u00e9tranger.<a class=\"anota\" id=\"anota31\" data-footnote=\"31\">31<\/a> et 2) num\u00e9riques. Pour le premier type, nous avons contact\u00e9 nos interlocuteurs et lanc\u00e9 des entretiens via diff\u00e9rentes plateformes (Meet, Teams, WhatsApp, Facebook) et par t\u00e9l\u00e9phone. Dans le second cas, nous avons particip\u00e9 \u00e0 des \u00e9missions en direct et enregistr\u00e9 des publications textuelles et vid\u00e9o du processus de transformation des festivit\u00e9s qui ont eu lieu dans diff\u00e9rents villages via Facebook.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des premiers mois de la pand\u00e9mie, nous avons enregistr\u00e9, au moyen de captures d'\u00e9cran, les publications des habitants, des groupes de danse et des mayordom\u00edas de diff\u00e9rents villages, en pensant que nous pourrions bient\u00f4t retourner travailler sur le terrain. Cependant, en raison du comportement de la pand\u00e9mie et des mesures de confinement, nous avons d\u00fb reprendre contact avec nos interlocuteurs et discuter de l'impact de la pand\u00e9mie et des strat\u00e9gies qu'ils avaient adopt\u00e9es pour remplir leurs engagements envers les saints. Dans ce processus, nous avons constat\u00e9 l'\u00e9mergence de nouvelles pratiques de d\u00e9votion sur Facebook qui, dans certains cas, rempla\u00e7aient ou reproduisaient les pratiques ant\u00e9rieures \u00e0 la pand\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p>L'approche du r\u00e9seau socio-num\u00e9rique Facebook, ainsi que les conversations sur d'autres plateformes, nous ont permis de nous rendre compte qu'il existe des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux pour la r\u00e9alisation des festivit\u00e9s, tels que la danse. \u00c9tant donn\u00e9 que la danse, en tant qu'acte collectif, est l'une des pratiques les plus pertinentes pour les f\u00eates patronales, il \u00e9tait tr\u00e8s important pour nous de pouvoir enregistrer la mani\u00e8re dont elle se d\u00e9roulait. En ce sens, notre recherche a \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 ce que nous avons pu enregistrer sur Facebook et aux histoires que nos interlocuteurs ont partag\u00e9es avec nous lors des entretiens.<\/p>\n\n\n\n<p>Un exemple concret de cette nouvelle orientation de notre recherche a \u00e9t\u00e9 la collaboration \u00e9troite que nous avons eue avec les chefs de danse des Serranos de Tepexpan pour la f\u00eate de Nuestro Se\u00f1or de Gracias en mai 2020. Nous avons entam\u00e9 un processus de collaboration avec eux dans la co-publication du mat\u00e9riel vid\u00e9o que nous avions produit depuis 2015 et qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur Facebook.<a class=\"anota\" id=\"anota32\" data-footnote=\"32\">32<\/a> En mai 2021, dans un contexte de r\u00e9duction du festival en termes de nombre de jours de spectacle de danse et de participants \u00e0 la danse et aux processions dans l'espace public, l'un des auteurs, Jorge Mart\u00ednez, a effectu\u00e9 un travail de terrain en face-\u00e0-face \u00e0 Tepexpan. Parall\u00e8lement, nous avons continu\u00e9 \u00e0 consulter les profils Facebook, car les activit\u00e9s de la f\u00eate se d\u00e9roulaient dans le cadre d'une interaction hybride. <em>hors ligne<\/em>\/<em>en ligne<\/em>L'image de la Vierge Marie \u00e9tait \u00e9galement c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans l'espace physique du village et sur le r\u00e9seau social num\u00e9rique Facebook au moyen d'\u00e9missions en direct et d'une s\u00e9rie de publications. \u00c0 l'\u00e9poque, les mesures de distanciation sociale et les restrictions sur les \u00e9v\u00e9nements de masse \u00e9taient encore en vigueur, de sorte que la f\u00eate, qui dure pr\u00e8s d'un mois, y compris les neuvaines et les visites de l'image dans les maisons, a \u00e9t\u00e9 comprim\u00e9e \u00e0 quatorze jours, tandis que les danses n'ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9es qu'un jour au lieu des cinq habituels.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de notre collaboration avec les danseurs Serranos de Tepexpan lors des festivit\u00e9s de 2021, trois vid\u00e9os ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 co-\u00e9dit\u00e9es et, \u00e0 la demande des danseurs, t\u00e9l\u00e9charg\u00e9es sur YouTube et deux ont \u00e9t\u00e9 partag\u00e9es sur leur profil Facebook.<a class=\"anota\" id=\"anota33\" data-footnote=\"33\">33<\/a> Il ne fait aucun doute que ce type de collaboration et de r\u00e9tribution, comme dans le cas des Chareos de Ocopulco, a permis au mat\u00e9riel vid\u00e9o d'atteindre un plus grand nombre de personnes dans les villages et au-del\u00e0. Mais un aspect encore plus important est que, depuis la pand\u00e9mie de covid-19, les habitants des villages de nos r\u00e9gions d'\u00e9tude sont de plus en plus familiaris\u00e9s avec l'utilisation des plateformes socionum\u00e9riques et les consid\u00e8rent comme un moyen de vivre les festivit\u00e9s et de respecter leur engagement envers leurs saints patrons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*****<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Nous remercions les personnes suivantes qui, lors d'entretiens sur diff\u00e9rentes plateformes et par t\u00e9l\u00e9phone, nous ont fait part de leurs connaissances et de leurs sentiments sur les danses pendant l'enfermement :<\/p>\n\n\n\n<p>Joel Aguilar, Alfredo Ambriz, Jos\u00e9 B\u00e1ez \u2020, Danae Capistr\u00e1n Cort\u00e9s, Arturo Cer\u00f3n, Eladio Cer\u00f3n, Miguel Cer\u00f3n, Antonio Delgadillo, Feliciano Espejel, Eric Samuel Frutero, Samuel Garc\u00eda, Juan Gonz\u00e1lez, Luis Miguel Gonz\u00e1lez, H\u00e9ctor Hern\u00e1ndez, Arturo Herrera (Tecuanulco), Arturo Herrera (Chiautla), Andr\u00e9s Jaime, Eduardo Morales, Roberto Oliva, H\u00e9ctor Ramos, Rigoberto Ramos, Benjam\u00edn Rodr\u00edguez, Alejandro Vel\u00e1zquez, Luis Vel\u00e1zquez, Alfonso Zavala.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous remercions \u00e9galement Berenice Delgadillo pour avoir fourni des informations \u00e0 Jorge Mart\u00ednez en dehors du contexte des entretiens, ainsi que les dizaines de personnes des deux r\u00e9gions \u00e9tudi\u00e9es qui, avant l'enfermement depuis 2011, nous ont accueillis et ont partag\u00e9 avec nous leurs pratiques d\u00e9votionnelles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ad\u00e1n, Elfego (1910). \u201cLas danzas de Coatetelco\u201d, <em>Anales del Museo Nacional<\/em>, vol. 14, n\u00fam. 2, pp. 133-194.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bonfil Batalla, Guillermo (1987). <em>M\u00e9xico profundo. 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(1957). \u201cClosed Corporate Peasant Communities in Mesoamerica and Java\u201d, <em>Southwestern Journal of Anthropology,<\/em> vol. 13, n\u00fam. 1, pp. 1-18.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (1958). \u201cThe Virgin of Guadalupe: A Mexican National Symbol\u201d, <em>The Journal of American Folklore<\/em>, 71 (279): pp. 34-39.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>David Robichaux<\/em> n\u00e9 en Louisiane, vit au Mexique depuis 1966. Historien de formation aux \u00c9tats-Unis, il est titulaire d'une ma\u00eetrise en anthropologie sociale de l'Universidad Iberoamericana. Il est titulaire d'un Dipl\u00f4me en \u00c9tudes Approfondies (<span class=\"small-caps\">dea<\/span>) en sociologie de l'\u00c9cole des Hautes \u00c9tudes en Sciences Sociales de Paris, et est titulaire d'un doctorat en ethnologie de l'Universit\u00e9 de Paris-Nanterre (Paris, France). <span class=\"small-caps\">x<\/span>). Entre 1977 et 2005, il a \u00e9t\u00e9 enseignant-chercheur \u00e0 plein temps au Postgraduate in Anthropology de l'Universidad Iberoamericana Ciudad de M\u00e9xico, o\u00f9 il est actuellement enseignant-chercheur honoraire. Il est membre du syst\u00e8me national des chercheurs depuis 1996 et chercheur \u00e9m\u00e9rite depuis 2023. Ses recherches et publications au Mexique et \u00e0 l'\u00e9tranger ont port\u00e9 sur la famille, la parent\u00e9, les cat\u00e9gories socio-ethniques, la d\u00e9mographie, la d\u00e9mographie historique bas\u00e9e sur des recherches de terrain et d'archives dans le sud-ouest de Tlaxcala et la r\u00e9gion de Texcocan, ainsi que sur les danses d\u00e9votionnelles dans cette derni\u00e8re r\u00e9gion. Il a coordonn\u00e9 six volumes collectifs sur la famille et la parent\u00e9. Parmi ses publications les plus r\u00e9centes, citons<em>Kinship and reciprocity in Latin America : cultural logics and practices, Cuaderno de Trabajo 4.<\/em>\u00e9dit\u00e9 avec Javier O. Serrano et Juan Pablo Ferreiro. Asociaci\u00f3n Latinoamericana de Antropolog\u00eda, 2024 ; \"La comunidad corporada cerrada en el M\u00e9xico pos-ind\u00edgena. Desindianizaci\u00f3n y el destino de las exrep\u00fablicas de indios en el siglo <span class=\"small-caps\">xxi<\/span><em>\"Runa, Archives des sciences humaines<\/em>vol. 45 (1) : 19-40, 2024 ; et \"Las danzas en los primeros pasos de la antropolog\u00eda sociocultural mexicana : miradas y marcos de an\u00e1lisis\", <em><span class=\"small-caps\">tracer<\/span><\/em> 83: 53-80, 2023. <a href=\"https:\/\/orcid.org\/0009-0008-5791-9903\">https:\/\/orcid.org\/0009-0008-5791-9903<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Jorge Mart\u00ednez Galv\u00e1n<\/em> est titulaire d'un doctorat en anthropologie sociale de l'Universidad Iberoamericana Ciudad de M\u00e9xico. Elle est titulaire d'une ma\u00eetrise et d'une licence dans la m\u00eame discipline, obtenues respectivement \u00e0 l'Universidad Iberoamericana Ciudad de M\u00e9xico et \u00e0 l'Universidad Aut\u00f3noma Metropolitana Iztapalapa. Ses recherches portent sur l'ethnicit\u00e9 et les relations de parent\u00e9 dans les groupes de danse de la Semana Santa dans un village de la Haute Sierra Tarahumara, dans l'\u00c9tat de Chihuahua. Au cours des onze derni\u00e8res ann\u00e9es, elle a consacr\u00e9 ses recherches aux danses et aux pratiques d\u00e9votionnelles, ainsi qu'\u00e0 leur transformation pendant et apr\u00e8s la pand\u00e9mie de covid-19, dans diff\u00e9rents villages des r\u00e9gions des vall\u00e9es de Teotihuac\u00e1n et de Texcoco, dans la partie orientale de l'\u00c9tat de Mexico. Il a publi\u00e9 plusieurs chapitres de livres et articles sur ces sujets dans des revues nationales et internationales. <a href=\"https:\/\/orcid.org\/0000-0001-5458-0715\">https:\/\/orcid.org\/0000-0001-5458-0715<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Manuel Moreno Carvallo<\/em> est titulaire d'un dipl\u00f4me en sociologie de l'Universidad Aut\u00f3noma Metropolitana Unidad Xochimilco (<span class=\"small-caps\">uam-x<\/span>), master en anthropologie sociale de l'Universidad Iberoamericana Ciudad de M\u00e9xico et doctorat en ethnologie de l'Universit\u00e9 Paris-Nanterre. Depuis 2011, il travaille sur l'aspect d\u00e9votionnel des danses et leur organisation sociale dans la r\u00e9gion de Texcoco et la vall\u00e9e de Teotihuac\u00e1n. Elle a \u00e9galement travaill\u00e9 sur l'impact de la pand\u00e9mie sur les festivit\u00e9s religieuses dans les villages de l'est de l'\u00c9tat de Mexico. Elle a r\u00e9alis\u00e9 des travaux dans le domaine de l'anthropologie visuelle, qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s dans des forums nationaux et internationaux. Elle est actuellement membre du <span class=\"small-caps\">lesc-erea<\/span> (Laboratoire d'Ethnologie et de Sociologie Comparative-Centre Enseignement et Recherche en Ethnologie Am\u00e9rindienne) et professeur au D\u00e9partement des Sciences Sociales et Politiques de l'Universidad Iberoamericana et au Centre d'Etudes Anthropologiques de la Facult\u00e9 des Sciences Politiques et Sociales, <span class=\"small-caps\">unam<\/span>. <a href=\"https:\/\/orcid.org\/0000-0001-9412-2081\">https:\/\/orcid.org\/0000-0001-9412-2081<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors des festivals religieux dans les r\u00e9gions de Teotihuac\u00e1n et Texcoco, au nord-est de Mexico, les gens \"dansent pour le saint\", souvent pour tenir une promesse faite dans le cadre d'une demande de gu\u00e9rison ou en remerciement d'une faveur re\u00e7ue. Sur la base d'un travail de terrain men\u00e9 entre 2011 et 2019, et d'entretiens en ligne et d'un suivi des publications sur Facebook en 2020 et d\u00e9but 2021, nous explorons dans cet article l'impact du coronavirus sur les danses d\u00e9votionnelles ex\u00e9cut\u00e9es dans le cadre de festivals religieux. Nous examinons en particulier les cas de nouvelles pratiques adopt\u00e9es pendant le confinement. En nous appuyant sur le concept de \"religions comme m\u00e9dias\" de Jeremy Stolow (2005), nous montrons comment une combinaison de m\u00e9dias num\u00e9riques et de face-\u00e0-face a permis aux communaut\u00e9s catholiques locales de maintenir la relation do ut des avec leur saint patron pendant la pand\u00e9mie, \"bien que d'une mani\u00e8re diff\u00e9rente\". Nous concluons en soulevant plusieurs questions concernant l'avenir des danses de d\u00e9votion et des festivals religieux dans ces r\u00e9gions, alors que nous entrons dans la deuxi\u00e8me ann\u00e9e des restrictions d'att\u00e9nuation du covid-19.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":38983,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[1303,1305,1306,24,1304],"coauthors":[551],"class_list":["post-38971","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-9","tag-confinamiento-por-coronavirus","tag-danzas-devocionales","tag-medios","tag-mexico","tag-religion-popular","personas-robichaux-david","personas-martinez-galvan-jorge","personas-moreno-carvallo-manuel","numeros-1267"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Bailando para los santos en el tiempo de covid-19 &#8211; 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