{"id":38929,"date":"2024-09-20T10:47:24","date_gmt":"2024-09-20T16:47:24","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=38929"},"modified":"2024-09-25T14:06:01","modified_gmt":"2024-09-25T20:06:01","slug":"ruiz-ejido-agrarismo-nacionalismo-comunidad-valle-de-guadalupe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/ruiz-ejido-agrarismo-nacionalismo-comunidad-valle-de-guadalupe\/","title":{"rendered":"Ejido El Porvenir \u00e0 Valle de Guadalupe, Basse-Californie. Exp\u00e9riences et souvenirs d'une communaut\u00e9 agricole"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading abstract\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article traite de la cr\u00e9ation et de la consolidation de l'ejido El Porvenir, une communaut\u00e9 agricole situ\u00e9e dans la vall\u00e9e de Guadalupe, en Basse-Californie, dans le cadre des projets de distribution agraire entrepris par l'\u00c9tat mexicain. \u00c0 cette fin, nous d\u00e9crivons et analysons les \u00e9v\u00e9nements marquants du d\u00e9veloppement temporaire de l'ejido et les attentes de la communaut\u00e9 dans un contexte frontalier soumis aux pratiques corporatistes de l'\u00c9tat mexicain et aux pressions du march\u00e9 r\u00e9gional, de l'initiative priv\u00e9e, de la concurrence avec les communaut\u00e9s voisines et des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques. La recherche est bas\u00e9e sur des archives gouvernementales et priv\u00e9es, des consultations bibliographiques et journalistiques, des souvenirs et des t\u00e9moignages sur support physique et num\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/agrarismo\/\" rel=\"tag\">agrarianisme<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/comunidad\/\" rel=\"tag\">communaut\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/ejido\/\" rel=\"tag\">ejido<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/nacionalismo\/\" rel=\"tag\">nationalisme<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/valle-de-guadalupe\/\" rel=\"tag\">Vall\u00e9e de Guadalupe<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\">Ejido El Porvenir dans la vall\u00e9e de Guadalupe, Basse-Californie : exp\u00e9riences et souvenirs d'une communaut\u00e9 d'agriculteurs<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">La fondation et le d\u00e9veloppement de l'Ejido El Porvenir \u00e0 Valle de Guadalupe, en Basse-Californie, est le sujet de cet article. Cette communaut\u00e9 agricole fait partie des projets de redistribution des terres du gouvernement mexicain. L'analyse porte sur les \u00e9v\u00e9nements historiques de la communaut\u00e9, les attentes de celle-ci dans cette r\u00e9gion frontali\u00e8re, le corporatisme du gouvernement mexicain, les pressions du march\u00e9 r\u00e9gional, l'entreprise priv\u00e9e, la concurrence avec les communaut\u00e9s voisines et les \u00e9v\u00e9nements m\u00e9t\u00e9orologiques. La recherche s'appuie sur des archives gouvernementales et priv\u00e9es, de la litt\u00e9rature et des journaux, ainsi que des souvenirs et des t\u00e9moignages physiques et num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots-cl\u00e9s : ejido, r\u00e9forme agraire, nationalisme, Valle de Guadalupe, communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Manuel m\u00e9thodologique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Les identit\u00e9s communautaires se forgent dans des relations d'historicit\u00e9 attentives aux \u00e9chelles et aux rythmes multitemporels qui encadrent les \u00e9v\u00e9nements, les souvenirs et les exp\u00e9riences personnelles et collectives qui se sont produits simultan\u00e9ment et diachroniquement.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> Dans cet article, j'aborde sous cet angle les processus de configuration de l'ejido El Porvenir (<span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> ci-apr\u00e8s) a commenc\u00e9 \u00e0 la fin de 1937 dans la vall\u00e9e de Guadalupe (ci-apr\u00e8s d\u00e9nomm\u00e9e \"la vall\u00e9e de Guadalupe\"). <span class=\"small-caps\">vdg<\/span>), en Basse-Californie. L'ensemble des m\u00e9moires et des documents historiques utilis\u00e9s dans le cadre de cette recherche peut \u00eatre class\u00e9 en trois cat\u00e9gories. La premi\u00e8re comprend le mat\u00e9riel testimonial et les preuves produites par les proc\u00e9dures bureaucratiques impliqu\u00e9es dans la cr\u00e9ation et l'expansion territoriale de l'ejido. <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span>conserv\u00e9es dans les archives officielles de l'\u00c9tat mexicain. La documentation commence en 1937 avec le processus de fondation d'un ejido et se poursuit jusqu'en 1959, date de l'expansion territoriale de ce noyau agraire. Antoinette Burton consid\u00e8re que les documents de cette nature constituent des \"m\u00e9moires de l'\u00c9tat\" en tant que sources, d\u00e9positaires et acteurs historiques \u00e9tablis. Ainsi, avertit-elle, il faut tenir compte de la mani\u00e8re dont les archives sont construites, contr\u00f4l\u00e9es, v\u00e9cues et manipul\u00e9es, en reconnaissant que m\u00eame le travail d'archivage le plus sophistiqu\u00e9 ne permet pas de surmonter les pr\u00e9tentions \u00e0 l'objectivit\u00e9 dont les archives ont \u00e9t\u00e9 synonymes (Burton, 2005 : 7). Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, Matt Matsuda note que, par le biais d'un traitement m\u00e9thodologique, la recherche historiographique homog\u00e9n\u00e9ise, dans une certaine mesure, des archives d'origines diverses. Pour Matsuda, la m\u00e9moire est un objet appropri\u00e9 et politis\u00e9 qui peut \u00eatre nationalis\u00e9, esth\u00e9tis\u00e9, genr\u00e9 et commercialis\u00e9, l'\u00c9tat se souvenant et agissant \u00e0 travers les documents, les pratiques et les institutions qui constituent sa propre m\u00e9moire (cit\u00e9 dans Robinson, 2005 : 81).<\/p>\n\n\n\n<p>Il est commun\u00e9ment admis que l'utilisation optimale de la m\u00e9thodologie et de l'expertise en mati\u00e8re de recherche suffit \u00e0 att\u00e9nuer les disparit\u00e9s entre les diff\u00e9rents types de souvenirs et de documents consult\u00e9s. Il devrait \u00eatre clair que les mat\u00e9riaux de recherche ont des origines et des objectifs particuliers, qui impliquent des relations de pouvoir intrins\u00e8ques capables de faire taire et d'inhiber certains types d'exp\u00e9riences, tout en valorisant et en mettant en \u00e9vidence d'autres. Enzo Traverso distingue les m\u00e9moires \"fortes\" et les m\u00e9moires \"faibles\" en opposition dans des cas comme ceux des \"m\u00e9moires officielles, entretenues par les institutions, voire par les \u00c9tats, et [les] m\u00e9moires souterraines, cach\u00e9es ou interdites\". Ainsi, la visibilit\u00e9 et la reconnaissance d'une m\u00e9moire d\u00e9pendent de la force de ses porteurs (Traverso, 2007 : 86). Ce constat est compl\u00e9t\u00e9 par l'affirmation de Michel-Rolph Trouillot selon laquelle les documents consid\u00e9r\u00e9s comme des preuves historiques sont imbriqu\u00e9s dans les distances entre le pouvoir et le silence ; ainsi, le d\u00e9fi consiste \u00e0 discerner \"les multiples fa\u00e7ons dont la production de r\u00e9cits historiques implique la contribution in\u00e9gale de groupes et d'individus concurrents qui ont un acc\u00e8s in\u00e9gal aux moyens de produire l'histoire\" (2017 :<span class=\"small-caps\"> xxviii<\/span>). Si, dans la recherche historique, on souhaite pr\u00e9senter un bilan r\u00e9flexif et analytique, avec des aspirations d'objectivit\u00e9 fond\u00e9es sur l'articulation et la synchronisation d'exp\u00e9riences diverses dans le temps et dans l'espace, les disparit\u00e9s et les hiatus existants doivent \u00eatre identifi\u00e9s dans les processus de consultation et de traitement du mat\u00e9riel de recherche, ainsi que dans l'analyse, la r\u00e9flexion et le compte rendu.<\/p>\n\n\n\n<p>Un deuxi\u00e8me ordre de documents et d'enregistrements examin\u00e9s ici provient des t\u00e9moignages et des exp\u00e9riences recueillis entre 1997 et 1998 par un groupe de recherche auquel j'ai particip\u00e9, dans le but de constituer une \"archive de la parole\" \u00e0 l'universit\u00e9 autonome de Basse-Californie (ci-apr\u00e8s d\u00e9nomm\u00e9e \"Universidad Aut\u00f3noma de Baja California\"). <span class=\"small-caps\">uabc<\/span>) pour servir de base \u00e0 une s\u00e9rie de r\u00e9cits historiques projetant le point de vue du peuple de la <span class=\"small-caps\">vdg<\/span>. Les proc\u00e9dures de stockage, de transcription, de catalogage et de consultation auxquelles a \u00e9t\u00e9 soumis ce mat\u00e9riel, dont le contenu est parfois en d\u00e9saccord avec les m\u00e9moires officielles et officialistes - bien qu'il co\u00efncide dans d'autres cas -, lui conf\u00e8rent une condition ambivalente. D'une part, il s'agit d'une m\u00e9moire aux racines communautaires ou individualis\u00e9es qui, compte tenu de l'origine et du processus auquel elle a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e, est institutionnalis\u00e9e. D'autre part, elle constitue l'une des rares ressources qui permettent d'acc\u00e9der aux t\u00e9moignages de ceux qui ont particip\u00e9 directement \u00e0 l'installation et au d\u00e9veloppement de la r\u00e9gion. <span class=\"small-caps\">vdg (<\/span>dont la plupart sont aujourd'hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9s).<\/p>\n\n\n\n<p>Un troisi\u00e8me type de documentation qui alimente ce travail est constitu\u00e9 d'enregistrements et de donn\u00e9es sous diff\u00e9rents formats, tels que les images et les commentaires partag\u00e9s par les r\u00e9sidents des pays suivants <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> et leurs descendants sur les r\u00e9seaux sociaux, principalement sur la page Facebook \"Porvenir memoria fotogr\u00e1fica\".<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, une partie des <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> a exprim\u00e9 sur des plateformes num\u00e9riques son d\u00e9sir de r\u00e9cup\u00e9rer et de partager des photographies, des documents et des t\u00e9moignages personnels et collectifs. Ces exercices de m\u00e9moire sont souvent encourag\u00e9s par des sentiments de nostalgie et de m\u00e9lancolie chez les personnes \u00e2g\u00e9es afin de pr\u00e9venir l'oubli et de prolonger les liens de coexistence et de familiarit\u00e9 dans leurs r\u00e9seaux de parent\u00e9 et de vie \u00e0 la campagne. Mon acc\u00e8s \u00e0 ces documents a \u00e9t\u00e9 le m\u00eame que celui de n'importe quel autre utilisateur, car ils sont disponibles sur les r\u00e9seaux sociaux sans aucune restriction en tant que souvenirs, objets m\u00e9morables et avec une valeur de t\u00e9moignage pour attester d'un fait ou d'un \u00e9v\u00e9nement. Ils ont donc une <em>\u00e9mique<\/em> ce qui ne les \u00e9loigne pas n\u00e9cessairement des lignes narratives suivies dans les \"m\u00e9moires d'\u00c9tat\". En plus de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, j'ai consult\u00e9 des documents bibliographiques, des journaux et des travaux universitaires qui m'ont \u00e9galement servi d'inspiration, d'enregistrement et de r\u00e9servoir d'informations pour renforcer ou proposer les lignes narratives imbriqu\u00e9es dans les m\u00e9moires collectives auxquelles il est fait r\u00e9f\u00e9rence dans ce travail.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les origines de l'ejido<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans le processus d'institutionnalisation de la r\u00e9volution mexicaine qui a d\u00e9but\u00e9 en 1910, la r\u00e9forme agraire a \u00e9t\u00e9 l'un des axes de justice sociale exprim\u00e9s dans l'article 27 de la Constitution politique promulgu\u00e9e en 1917, qui \u00e9tablissait que la terre et les ressources du sol et du sous-sol \u00e9taient la propri\u00e9t\u00e9 de la nation et que l'\u00c9tat avait le pouvoir de les mettre en concession. La pression populaire en faveur de la distribution agraire a conduit au d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel du 2 ao\u00fbt 1923, qui pr\u00e9voyait la distribution de terres agricoles aux citoyens mexicains (donc au masculin) qui ne disposaient pas de parcelles de terre, par le biais de la distribution de terres incultes, nationales et oisives, \u00e0 condition d'\u00eatre citoyen mexicain, d'avoir au moins 18 ans et de n'avoir aucune autre possibilit\u00e9 d'acqu\u00e9rir de la terre. L'entr\u00e9e en vigueur du d\u00e9cret a d\u00e9clench\u00e9 les avis d'occupation des terres nationales. Il suffit d'occuper la terre revendiqu\u00e9e et d'en faire la demande par \u00e9crit aux autorit\u00e9s agraires et au cadastre. Les terres priv\u00e9es, les ejidos et les terres occup\u00e9es ant\u00e9rieurement \u00e9taient exempt\u00e9s de l'affectation. Selon Mois\u00e9s T. de la Pe\u00f1a, le gouvernement a suspendu le d\u00e9cret en 1926 en raison des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es pour \"l\u00e9galiser les nombreuses occupations\", et ne l'a r\u00e9activ\u00e9 qu'en 1934 avec des modifications qui ont rendu les proc\u00e9dures plus bureaucratiques (1950 : 190).<\/p>\n\n\n\n<p>La distribution agraire a \u00e9t\u00e9 intensifi\u00e9e sous la pr\u00e9sidence du g\u00e9n\u00e9ral L\u00e1zaro C\u00e1rdenas (1934-1940). Les politiques agraires et d\u00e9mographiques sont li\u00e9es dans la premi\u00e8re loi g\u00e9n\u00e9rale de population d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e en 1936, qui vise \u00e0 augmenter la population du pays, \u00e0 \u00e9quilibrer sa r\u00e9partition sur le territoire national et \u00e0 encourager le m\u00e9tissage. Dans cette optique, le rapatriement des familles d'immigr\u00e9s mexicains ou n\u00e9s aux \u00c9tats-Unis d'Am\u00e9rique a \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9 (dor\u00e9navant, le <span class=\"small-caps\">eua<\/span>). La croissance d\u00e9mographique est encourag\u00e9e par l'accroissement naturel, le rapatriement et l'immigration. L'article 29 stipule qu'il appartient au minist\u00e8re de l'int\u00e9rieur de \"r\u00e9partir et loger les rapatri\u00e9s et les immigrants, en fondant, si n\u00e9cessaire, des colonies agricoles ou industrielles\", et que, lorsque cela se justifie, leur transfert sur le sol mexicain sera facilit\u00e9 (<em>Diario Oficial<\/em>, 1936 : 3). Ceux qui revenaient au pays apr\u00e8s avoir r\u00e9sid\u00e9 \u00e0 l'\u00e9tranger pendant au moins un an \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme \"rapatri\u00e9s\" (<em>Diario Oficial<\/em>, 1936 : 5). La loi stipule que les flux migratoires doivent \u00eatre encourag\u00e9s \"vers les endroits les plus commodes\" du pays, c'est-\u00e0-dire ceux o\u00f9 la densit\u00e9 de population est la plus faible, ceux qui ont besoin de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et de consolidation de la \"culture nationale\". L'article 6 de la loi sur la population de 1936 visait \u00e0 \"mexicaniser\" la fronti\u00e8re afin de limiter le risque d'invasions \u00e0 partir des zones frontali\u00e8res. <span class=\"small-caps\">eua<\/span> et contrebalancer l'influence culturelle du pays voisin sur les populations locales. La faible densit\u00e9 de population, compar\u00e9e \u00e0 d'autres entit\u00e9s du pays, et la situation \u00e0 la fronti\u00e8re avec les pays de l <span class=\"small-caps\">eua<\/span>Les deux pays, Baja California, ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme une destination prioritaire pour le rapatriement.<\/p>\n\n\n\n<p>L'objectif \u00e9tant que les rapatri\u00e9s aient la \"r\u00e9int\u00e9gration la plus compl\u00e8te dans le pays\", il appartient au service ext\u00e9rieur mexicain d'assurer le suivi des \"\u00e9migrants mexicains\" afin de tirer parti de leurs connaissances et comp\u00e9tences acquises \u00e0 l'\u00e9tranger. En outre, il \u00e9tait pr\u00e9vu que les \"agriculteurs rapatri\u00e9s\" acqui\u00e8rent des machines et des outils pour faciliter leur installation et leurs activit\u00e9s productives dans les r\u00e9gions du pays que les autorit\u00e9s jugeraient pertinentes, en leur offrant une protection sociale, politique et juridique, ainsi que des incitations fiscales et administratives (<em>Diario Oficial<\/em>, 1936: 4).<\/p>\n\n\n\n<p>Les projets de rapatriement ont touch\u00e9 une certaine frange de la population d'origine mexicaine de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">eua<\/span>. Le racisme v\u00e9cu dans ce pays, aggrav\u00e9 par la crise \u00e9conomique de 1929 (cf. Wallis, 2010 : 141-146), a motiv\u00e9 son d\u00e9sir de rapatriement. L'exp\u00e9rience de Candelario Carre\u00f3n [<span class=\"small-caps\">pho<\/span>&#8211;<span class=\"small-caps\">e<\/span>\/1\/37(1)] d\u00e9crit les vicissitudes du processus de rapatriement. Carre\u00f3n est n\u00e9 en 1920 dans l'\u00c9tat du Kansas, <span class=\"small-caps\">eua<\/span>Elle a grandi entre ce pays et l'\u00c9tat de Guanajuato d'o\u00f9 sa famille \u00e9tait originaire. L'\u00e9pouse de Candelario est \u00e9galement n\u00e9e \u00e0 Guanajuato. <span class=\"small-caps\">eua<\/span> et \u00e9lev\u00e9 au Mexique. Carre\u00f3n raconte qu'ils ont d\u00e9cid\u00e9 de retourner sur le territoire mexicain apr\u00e8s avoir entendu \u00e0 la radio que des terres et des \u00e9quipements \u00e9taient offerts \u00e0 ceux qui voulaient rentrer. Le p\u00e8re de Candelario a rassembl\u00e9 la famille dans ce but. Auparavant, Pedro, l'un de ses fr\u00e8res, s'\u00e9tait rendu en Basse-Californie dans le cadre d'une d\u00e9l\u00e9gation int\u00e9ress\u00e9e par le rapatriement, et ils ont donc visit\u00e9 plusieurs ejidos pour \u00e9valuer la disponibilit\u00e9 et l'\u00e9tat des terres. Dans la ville de Gardena, pr\u00e8s de Los Angeles, les personnes int\u00e9ress\u00e9es ont form\u00e9 des comit\u00e9s pour collecter des fonds. De l\u00e0, ils ont envoy\u00e9 des avant-postes pour inspecter les terres et les ejidos en Basse-Californie, y compris le fr\u00e8re de Candelario, Pedro. La famille Carre\u00f3n passe au Mexique le 18 ao\u00fbt 1939, \u00e0 l'exception d'un de ses fr\u00e8res qui d\u00e9cide de rester au Mexique. <span class=\"small-caps\">eua<\/span>. La famille \u00e9tait concentr\u00e9e \u00e0 Los Angeles, en Californie, o\u00f9 le gouvernement mexicain leur a fourni un moyen de transport vers le Mexique et, selon Candelario, les autorit\u00e9s de l'\u00c9tat de Californie ont \u00e9galement collabor\u00e9 en mettant \u00e0 leur disposition des ressources et des installations pour leur retour.<\/p>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es fournies par une autre personne interrog\u00e9e, Alfonso Garc\u00eda [<span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/ 1\/30(1)], nous permettent d'\u00e9largir notre perspective sur la composition des familles rapatri\u00e9es. Alfonso est n\u00e9 d'un p\u00e8re originaire de Guanajuato et d'une m\u00e8re originaire de Durango. <span class=\"small-caps\">\u00c9TATS-UNIS,<\/span> Elle y a \u00e9lev\u00e9 neuf fils et filles ; en 1939, ils se sont rapatri\u00e9s pour s'installer \u00e0 <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> o\u00f9 ils ont eu trois autres fils et filles, dont Alfonso, n\u00e9 sur l'ejido en 1941.<\/p>\n\n\n\n<p>El Ejido <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur la rive ouest de la <span class=\"small-caps\">vdg<\/span>\u00e0 environ 28 kilom\u00e8tres au nord-est du port d'Ensenada. Dans les souvenirs de Candelario, qui trouvait \"tr\u00e8s curieuse\" la fa\u00e7on de parler des autres fondateurs de l'ejido, on peut lire l'impression de ceux qui ont particip\u00e9 \u00e0 ces \u00e9v\u00e9nements, de se voir rassembl\u00e9s dans un lieu qui leur paraissait \u00e9trange avec d'autres inconnus venus de diverses r\u00e9gions du Mexique et d'autres parties du pays. <span class=\"small-caps\">eua<\/span>. Dans les jours qui suivent son arriv\u00e9e, le sentiment d'alt\u00e9rit\u00e9 s'accro\u00eet au fur et \u00e0 mesure qu'il entre en contact avec la colonie russe (ci-apr\u00e8s \"la colonie russe\"). <span class=\"small-caps\">cr<\/span>(\u00e9galement appel\u00e9e Colonia Guadalupe), \u00e0 cinq kilom\u00e8tres \u00e0 l'est de l'ejido.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La discrimination historique subie par les <span class=\"small-caps\">eua<\/span> par des personnes d'origine mexicaine a servi de r\u00e9f\u00e9rence aux familles rapatri\u00e9es dans leurs relations avec la population ethnique russe. En repensant \u00e0 ces ann\u00e9es, en plus de l'exp\u00e9rience raciale dans les pays de l'Union europ\u00e9enne, les familles rapatri\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es \u00e0 des probl\u00e8mes de sant\u00e9 publique. <span class=\"small-caps\">eua<\/span>Les marques de diff\u00e9rence instill\u00e9es entre la population mexicaine, per\u00e7ue comme \"m\u00e9tisse\", et les peuples d'origine, en l'occurrence la communaut\u00e9 Kumiai de San Jos\u00e9 de la Zorra, sont \u00e9videntes.<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> [ci-apr\u00e8s <span class=\"small-caps\">sjz<\/span>]:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">ils [les Russes], comme les g\u00fceros, se sentaient sup\u00e9rieurs aux petits pr\u00eatres [...] \u00e0 l'\u00e9poque il y avait beaucoup de filles [dans l'ejido] et ils ne voulaient pas qu'elles se croisent avec les Russes, parce qu'ils avaient l'impression que les Mexicains \u00e9taient comme ceux de San Jos\u00e9 de la Zorra, qu'ils \u00e9taient indig\u00e8nes [...] et qu'ils \u00e9taient donc de Russie, d'une certaine mani\u00e8re sup\u00e9rieurs, selon eux, et c'est pour \u00e7a qu'ils nous disaient '...'\".<em>chorny mexicansky<\/em>'<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> ce qui signifie noir ou noir.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-1.png\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"805x526\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1: Sandra Portillo, en p\u00e1gina de Facebook Porvenir memoria fotogr\u00e1fica.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-1.png\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 1 : Sandra Portillo, sur la page Facebook Porvenir memoria fotogr\u00e1fica.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Image faisant r\u00e9f\u00e9rence au d\u00e9fil\u00e9 patriotique du contingent des \u00e9coles primaires, dat\u00e9e du 16 septembre 1951, montrant le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 municipal de l'ejido, M. Leopoldo Gonz\u00e1lez, accompagn\u00e9 de quelques \u00e9l\u00e8ves d'origine russe et mexicaine.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Carre\u00f3n consid\u00e8re la fondation de l'ejido comme une imposition de la volont\u00e9 des familles fondatrices \u00e0 la nature, une d\u00e9monstration d'ing\u00e9niosit\u00e9 pour improviser face \u00e0 des conditions rares. Il raconte que sur le terrain o\u00f9 ils campaient, il y avait des coyotes, des serpents, des \"vaches russes\", ainsi que du \"chamizo pur\", parce que \"c'\u00e9tait un tir primitif\". Ils s'approvisionnaient en eau \u00e0 l'aide d'une roue \u00e0 aubes. Il se souvient de cette p\u00e9riode avec fiert\u00e9 et satisfaction, car elle a donn\u00e9 naissance \u00e0 tout ce qui existe aujourd'hui. Dans ces exp\u00e9riences fondatrices, les \u00e9changes culturels se distinguent. M. Carre\u00f3n rappelle qu'\u00e0 leur arriv\u00e9e, ils se sont install\u00e9s dans une tente fabriqu\u00e9e par l'arm\u00e9e de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">eua<\/span>Plus tard, son p\u00e8re construisit \"une petite maison dans le style de Mexicali, en cachanille et en roseau\", un mod\u00e8le de construction inspir\u00e9 des habitants de la vall\u00e9e de Mexicali, car \"beaucoup de ceux qui sont venus ici venaient de l\u00e0-bas, comme la famille Cerda\", bien que plus tard \"ils ont fait les maisons avec des briques d'adobe comme \u00e0 Mexicali [...] elles \u00e9taient un peu plus modernes, nous \u00e9tions faites en cachanille\". Cependant, les fortes pluies du 19 septembre 1939 obligent \u00e0 remplacer les tentes par des maisons en cachanilla. La temp\u00eate a provoqu\u00e9 des inondations et les tentes o\u00f9 ils \u00e9taient abrit\u00e9s se sont bris\u00e9es. Selon Carre\u00f3n, \u00e0 la suite des d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par l'eau, \"les Russes\" les ont aid\u00e9s en leur fournissant de la farine de bl\u00e9 transform\u00e9e dans leur propre moulin, bien qu'\"ils pensaient que nous venions dans un esprit de guerre, non, nous venions dans un esprit de paix, nous venions pour faire la patrie, puis ils se sont rendu compte et ont dit \"ch\u00f3cala\", et nous nous sommes bien entendus\". L'expression \"hacer patria\" refl\u00e8te un certain degr\u00e9 de conscience et de conviction parmi les habitants de l'ejido quant \u00e0 ce que leur pr\u00e9sence dans l'ejido signifie pour eux. <span class=\"small-caps\">vdg<\/span>. En effet, le nationalisme et le patriotisme \u00e9taient des sentiments exalt\u00e9s par le r\u00e9gime r\u00e9volutionnaire qui cherchait \u00e0 fa\u00e7onner un certain type de citoyennet\u00e9 identifi\u00e9e au mestizaje, par le biais de diverses institutions et ressources mat\u00e9rielles et symboliques mobilis\u00e9es et d\u00e9ploy\u00e9es par l'\u00c9tat. Des rituels civiques, des programmes \u00e9ducatifs, des manifestations artistiques et une diversit\u00e9 de dispositifs id\u00e9ologiques ont impr\u00e9gn\u00e9 les espaces publics et priv\u00e9s, et des strat\u00e9gies visant \u00e0 recr\u00e9er et \u00e0 renforcer ces sentiments ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9es dans la dynamique quotidienne, un processus qui pourrait bien correspondre \u00e0 ce que Michael Billig (1998) a conceptualis\u00e9 comme le \"nationalisme banal\" en tant que m\u00e9canisme de reproduction de l'identit\u00e9 nationale sur une base quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<p>L'exp\u00e9rience racont\u00e9e par Mariana Ram\u00edrez [<span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/24\/(1) et (2)] fournit des informations suppl\u00e9mentaires sur la fondation de l'ejido. Elle vivait avec sa famille \u00e0 Buena Park, en Californie. Son mari travaillait dans les champs lorsqu'il a commenc\u00e9 \u00e0 assister \u00e0 des r\u00e9unions o\u00f9 on lui a dit que le pr\u00e9sident L\u00e1zaro C\u00e1rdenas donnait des terres \u00e0 ceux qui voulaient retourner au Mexique. C'est ainsi qu'en ao\u00fbt 1939, plusieurs familles sont rentr\u00e9es au pays par Mexico, l'un des points \u00e9tablis par les autorit\u00e9s mexicaines pour le rapatriement, \u00e0 bord de voitures (contrairement \u00e0 la famille Carre\u00f3n qui a voyag\u00e9 en bus) ; elles ont emmen\u00e9 avec elles leurs biens et leurs animaux. Des familles de diff\u00e9rentes localit\u00e9s de Basse-Californie et du Mexique ont \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 la fondation de l'ejido. Le t\u00e9moignage de Silvia Lugarda, fille des fondateurs de l'ejido et r\u00e9sidente de l'ejido, est utile \u00e0 cet \u00e9gard, tout en soulignant les distinctions entre les ejidatarias et les personnes d'origine russe et kumiai :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Nous sommes arriv\u00e9s dans la Vall\u00e9e de Guadalupe, le 22 f\u00e9vrier 1938, ici c'\u00e9tait de l'eau pure et il n'y avait que des chevaux de bronze [...] ; les chevaux des Russes et des Indiens et Dieu sait qui d'autre ! Parce que c'\u00e9tait abandonn\u00e9, c'\u00e9tait seul, c'\u00e9tait de la brousse pure. Les cultures \u00e9taient l\u00e0, mais l\u00e0-bas du c\u00f4t\u00e9 des Russes, l\u00e0-bas dans la vall\u00e9e des Russes [...] \u00e0 l'\u00e9poque c'\u00e9tait loin (en <em>Ensenada<\/em>, 1999: 679-680).<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu'en 1938, la <span class=\"small-caps\">cr<\/span> \u00e9tait le principal centre de population de la <span class=\"small-caps\">vdg<\/span>. La colonie a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1905 en vertu des lois sur la colonisation, la naturalisation et les \u00e9trangers en vigueur pendant le Porfiriato. Pour sa part, la reconnaissance en tant que population d'origine dans la <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> correspond \u00e0 la population de Kumiai regroup\u00e9e dans deux localit\u00e9s : <span class=\"small-caps\">sjz<\/span> et San Antonio Necua [ci-apr\u00e8s d\u00e9nomm\u00e9s <span class=\"small-caps\">saint<\/span>]. Cette derni\u00e8re communaut\u00e9 est situ\u00e9e au sud-est de la vall\u00e9e, \u00e0 un peu plus de 10 km de l'ejido. Outre les communaut\u00e9s susmentionn\u00e9es, des citoyens mexicains et am\u00e9ricains vivaient dans les ranchs avoisinants.<\/p>\n\n\n\n<p>La demande de cr\u00e9ation de l'ejido a d\u00e9but\u00e9 le 19 septembre 1937 au nom du groupe agraire \"El Porvenir\", conform\u00e9ment au code agraire. L'une des conditions \u00e9tait l'existence pr\u00e9alable d'une colonie \u00e0 l'endroit o\u00f9 l'on proposait de cr\u00e9er le noyau de l'ejido, avec un minimum de 20 personnes ayant des droits fonciers. Les ayants droit devaient \u00eatre d\u00e9pourvus de terres suffisantes pour subvenir aux besoins de leur famille et devaient r\u00e9sider depuis au moins six mois dans la localit\u00e9 o\u00f9 l'ejido devait \u00eatre fond\u00e9. La ville la plus importante de la r\u00e9gion o\u00f9 l'ejido devait \u00eatre situ\u00e9 devait \u00eatre prise comme base de l'\u00e9tablissement, et un rayon de sept kilom\u00e8tres autour d'elle devait \u00eatre trac\u00e9, dans lequel les terres nationales et priv\u00e9es d\u00e9passant une certaine taille pouvaient \u00eatre affect\u00e9es.<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Candelario Carre\u00f3n se souvient que l'un de ses fr\u00e8res a\u00een\u00e9s lui a racont\u00e9 qu'au d\u00e9but de l'organisation, le groupe d'agraristes avait l'habitude de d\u00e9signer le futur ejido par le nom de \"Guadalupe\", mais que lors d'une r\u00e9union, Manuel Hern\u00e1ndez, un habitant de longue date de l'ejido, lui a dit qu'il n'y avait pas d'autre choix que de le d\u00e9signer par le nom de \"Guadalupe\". <span class=\"small-caps\">vdg<\/span>a propos\u00e9 de l'appeler \"El Porvenir\", pour \u00e9viter la confusion avec la \"Colonia Guadalupe\", en plus d'affirmer que l'ejido avait \"beaucoup d'avenir\" [...].<span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/37(1)]. Les familles qui demandaient la cr\u00e9ation de l'ejido b\u00e9n\u00e9ficiaient du soutien et des conseils de dirigeants et d'activistes agraires d'autres parties de la r\u00e9gion d'Ensenada. Le 29 septembre 1937, le gouverneur, conform\u00e9ment au code agraire, nomme les repr\u00e9sentants du groupe de p\u00e9titionnaires membres du comit\u00e9 ex\u00e9cutif agraire et en informe la commission mixte agraire bas\u00e9e \u00e0 Mexicali (la capitale politique de l'entit\u00e9). La demande de cr\u00e9ation de l'ejido a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans le <em>Journal officiel <\/em>Le 10 octobre 1937, une commission officielle s'est rendue dans le Territoire du Nord, o\u00f9 le dossier a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9. Une commission officielle s'est ensuite rendue dans le <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> de proc\u00e9der aux premiers bornages et de d\u00e9limiter le domaine juridique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouverneur du territoire nord de Basse-Californie de l'\u00e9poque, le lieutenant-colonel Rodolfo S\u00e1nchez Taboada, a re\u00e7u la demande de dotation d'un ejido aux d\u00e9pens des \"terres en friche\" de l'\u00c9tat de Basse-Californie. <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> appartenant aux ranchs San Marcos ou Huecos y Bald\u00edos, Bella Vista ou Rancho Barr\u00e9 et les <span class=\"small-caps\">cr<\/span>. La p\u00e9tition affirmait que les p\u00e9titionnaires manquaient de terres \"bien qu'ils soient natifs, indiens et citoyens mexicains\", alors que les terres revendiqu\u00e9es \u00e9taient presque enti\u00e8rement \"ind\u00fbment et ill\u00e9galement entre les mains d'\u00e9trangers\". Par \"\u00e9trangers\", on entendait les familles russes et la succession de Dolores Moreno de Cheatam,<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> propri\u00e9taire du ranch Bella Vista, dont les h\u00e9ritiers, appel\u00e9s Flower Moreno, sont n\u00e9s au Mexique, mais ont la nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine ; Percy Barr\u00e9, veuf de l'une des h\u00e9riti\u00e8res, qui dirige le ranch, est \u00e9galement originaire des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>La population \"mexicaine\" dans les <span class=\"small-caps\">vdg<\/span>Les familles mexicaines, moins nombreuses que les familles d'origine russe, vivaient dispers\u00e9es dans les ranchs de la r\u00e9gion et travaillaient dans l'agriculture et l'\u00e9levage. Fin 1937, le gouvernement avait d\u00e9j\u00e0 envoy\u00e9 un ing\u00e9nieur pour inspecter les terres susceptibles d'\u00eatre affect\u00e9es ; il a rapport\u00e9 que seules trois familles mexicaines vivaient dans la r\u00e9gion. <span class=\"small-caps\">vdg<\/span>. Divers documents nous permettent d'\u00e9tablir qu'il s'agissait des familles de l'instituteur dans l'\u00e9cole o\u00f9 il travaillait. <span class=\"small-caps\">cr<\/span>La distinction entre les populations russe et mexicaine repose sur des crit\u00e8res ethniques et non sur la citoyennet\u00e9. La distinction entre les populations russe et mexicaine est bas\u00e9e sur des crit\u00e8res ethniques plut\u00f4t que sur la citoyennet\u00e9, car, bien que la plupart des personnes qui composaient les <span class=\"small-caps\">cr<\/span> ont pass\u00e9 presque toute leur vie sur le territoire mexicain, et y sont m\u00eame n\u00e9s, mais pour des raisons juridiques et par manque d'int\u00e9r\u00eat, ils n'ont pas demand\u00e9 la citoyennet\u00e9 mexicaine. Pour leur part, les Kumiai de l'\u00eele d'Antigua-et-Barbuda ont \u00e9t\u00e9 les plus nombreux \u00e0 demander la nationalit\u00e9 mexicaine. <span class=\"small-caps\">sjz<\/span> et <span class=\"small-caps\">saint<\/span> Les Kumiai s'identifiaient comme \"Indiens\" et \u00e9taient \u00e9galement reconnus comme tels par la population russe et mexicaine. La population Kumiai d\u00e9signait (encore aujourd'hui) la population \"m\u00e9tisse\" comme \"mexicaine\" et vivait principalement de la chasse, de la p\u00eache et de la cueillette ;<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a> Les hommes adultes \u00e9taient parfois employ\u00e9s comme journaliers et cow-boys dans les ranchs environnants et dans les fermes. <span class=\"small-caps\">cr<\/span>. D\u00e8s le d\u00e9but, les autorit\u00e9s agraires ont incit\u00e9 la population de <span class=\"small-caps\">sjz<\/span> de rejoindre l'ejido en tant qu'\"annexe\".<\/p>\n\n\n\n<p>Les parties concern\u00e9es par l'\u00e9ventuelle expropriation en vue d'\u00e9tablir la base juridique de l'ejido ont relev\u00e9 certaines irr\u00e9gularit\u00e9s dans la demande initiale, comme le fait qu'il n'existait pas d'\u00e9tablissement ant\u00e9rieur dont les habitants s'\u00e9taient organis\u00e9s pour fonder ce noyau agraire. Les repr\u00e9sentants des ranchs concern\u00e9s ont d\u00e9nonc\u00e9 le fait que l'\u00e9cole situ\u00e9e sur le site de l'ejido n'avait pas \u00e9t\u00e9 construite. <span class=\"small-caps\">cr<\/span> comme l'endroit le plus habit\u00e9 et le plus important de la vall\u00e9e. Ils ont ajout\u00e9 que la population de cette colonie n'avait pas la nationalit\u00e9 mexicaine et qu'elle n'avait donc entrepris aucune d\u00e9marche pour recevoir une dotation d'ejido. L'exigence d'au moins 20 titulaires de droits agraires dans la colonie existante n'a pas non plus \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e car, selon la partie non conforme, le recensement agraire a enregistr\u00e9 des personnes ext\u00e9rieures \u00e0 la zone qui ne remplissaient pas le crit\u00e8re des six mois de r\u00e9sidence pr\u00e9alable. Dans un souci de d\u00e9tente et afin de pr\u00e9server la majeure partie de leurs terres, les propri\u00e9taires du ranch Bella Vista ont propos\u00e9 au gouverneur du territoire et aux autorit\u00e9s du d\u00e9partement agraire de c\u00e9der 575 hectares du \"Ca\u00f1\u00f3n del Trigo\" (canyon du bl\u00e9).<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> situ\u00e9 au nord-est de la propri\u00e9t\u00e9. Il s'agissait d'une terre argileuse fertile, coinc\u00e9e entre des montagnes granitiques, propice \u00e0 la culture du bl\u00e9 et disposant d'une source.<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a> Peut-\u00eatre en raison de la d\u00e9fense exerc\u00e9e par les propri\u00e9taires terriens, le ranch San Marcos n'a plus \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 pour l'appropriation des terres (bien qu'il ait \u00e9t\u00e9 expropri\u00e9 lors de l'expansion ult\u00e9rieure de l'ejido) et seul le ranch Bella Vista est rest\u00e9 comme cible. Initialement, il \u00e9tait propos\u00e9 de prendre 2 500 ha de cette propri\u00e9t\u00e9, mais en fin de compte, seule moins de la moiti\u00e9 de cette zone a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e.<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Pour sa part, le 18 octobre 1937, le secr\u00e9taire vocal de la Commission ex\u00e9cutive agraire de l'Union europ\u00e9enne a d\u00e9clar\u00e9 qu'il n'y avait pas d'autre solution que celle de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> a transmis au gouverneur un accord pris \u00e0 l'assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l'ejido, pour protester contre les \"actes\" de l'administration de l'ejido. <span class=\"small-caps\">cr<\/span> Ils affirment qu'ils contreviennent au \"programme social\" du gouvernement et demandent de l'aide pour mettre fin \u00e0 l'hostilit\u00e9. Ils accusent cette \"colonie \u00e9trang\u00e8re\" de repr\u00e9senter un \"danger\", d'avoir \u00e9t\u00e9 insult\u00e9s et emp\u00each\u00e9s de passer dans leur propri\u00e9t\u00e9, et qu'un capitaine de l'arm\u00e9e ait confisqu\u00e9 \"pas mal d'armes\" \u00e0 la population russe.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but de l'ann\u00e9e 1938, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de doter l'Institut d'un syst\u00e8me de gestion de l'information. <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> provisoirement, dans l'attente de la ratification par les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales, avec 2 920 hectares de terres non cultiv\u00e9es \u00e0 diviser en 59 parcelles de 20 hectares chacune, r\u00e9parties entre 58 personnes qualifi\u00e9es selon le recensement agraire, plus une parcelle destin\u00e9e \u00e0 un terrain scolaire et 1 740 hectares suppl\u00e9mentaires pour les besoins collectifs de l'ejido. 1 180 hectares ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9s sur le domaine de Bella Vista, tandis que les 1 740 hectares restants provenaient de terres nationales. Plus tard, en 1959, une expansion de l'ejido a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e, cette fois aux d\u00e9pens du ranch San Marcos et des terres nationales.<\/p>\n\n\n\n<p>La population de l'ejido s'est engag\u00e9e \u00e0 maintenir en bon \u00e9tat les routes locales relevant de sa comp\u00e9tence, ce qui \u00e9tait une pratique courante dans les zones rurales de la r\u00e9gion. La communaut\u00e9 de <span class=\"small-caps\">sjz<\/span> dans la dotation de l'ejido comme mesure pour assurer le respect de leurs terres car, depuis la fin du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix,<\/span> Ils ont \u00e9t\u00e9 menac\u00e9s par des particuliers en raison de l'absence de titres l\u00e9gaux, ce qui leur a fait courir le risque de voir leurs terres class\u00e9es comme \"nationales\". Le gouverneur a convenu verbalement avec la communaut\u00e9 Kumiai que leurs terres seraient incorpor\u00e9es \u00e0 l'ejido pour leur propre usage. Alberto Emes, \"capitaine des Indiens\" de <span class=\"small-caps\">sjz<\/span>Le repr\u00e9sentant de la communaut\u00e9 au sein du comit\u00e9 de surveillance de l'ejido. Sans ignorer l'int\u00e9r\u00eat de prot\u00e9ger l\u00e9galement les terres des Kumiai, le fait est que le fait de circonscrire les populations indig\u00e8nes au r\u00e9gime de l'ejido \u00e9tait une strat\u00e9gie de l'\u00c9tat pour \"campesiniser\" les populations indig\u00e8nes afin d'achever le mestizaje culturel.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Organisation communautaire et changement social<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le peuplement de l'ejido a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli le long de la route d'Ensenada, dans la zone d'El Tigre, qui, selon l'ing\u00e9nieur charg\u00e9 de la d\u00e9marcation, semblait \"presque une continuation du peuplement de Colonia Rusa\". Les parcelles de logement d'un hectare ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es par tirage au sort. Quelques-uns des anciens b\u00e2timents en adobe du ranch Bella Vista, construits entre la fin du 20e si\u00e8cle et la fin du 20e si\u00e8cle, sont encore debout. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et pr\u00e9coce <span class=\"small-caps\">xx<\/span> ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9habilit\u00e9s pour accueillir les familles de l'ejido. La population d'\u00e2ge scolaire, soit 20 enfants, a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e \u00e0 l'\u00e9cole de l'ejido. <span class=\"small-caps\">cr<\/span> pendant qu'ils construisaient leur propre \u00e9cole. Au bout de quelques mois, dix ejidatarios d\u00e9missionnent et sont bient\u00f4t remplac\u00e9s par le m\u00eame nombre de personnes. Le repr\u00e9sentant de la commission agraire a disqualifi\u00e9 ceux qui ont quitt\u00e9 l'ejido, affirmant que leur d\u00e9part \u00e9tait d\u00fb au fait qu'ils n'\u00e9taient pas agriculteurs et ne pouvaient supporter les \"sacrifices inh\u00e9rents \u00e0 l'organisation du travail\" ; il a accus\u00e9 certains des d\u00e9serteurs d'avoir essay\u00e9 de \"dissoudre l'ejido\". La commission agraire a indiqu\u00e9 que les rempla\u00e7ants s'\u00e9taient joints \u00e0 leur famille, apportant avec eux du mat\u00e9riel agricole, des chevaux, des porcs, des ch\u00e8vres et des poulets, et qu'ils \u00e9taient dispos\u00e9s \u00e0 s'installer sous des tentes, \u00e0 travailler sans l'aide de la banque de l'ejido et \u00e0 soutenir \"la soci\u00e9t\u00e9 de l'ejido\". L'accent mis sur ces aspects refl\u00e8te l'imaginaire politique et social des autorit\u00e9s, qui valorisaient le sacrifice et l'attitude coop\u00e9rative des b\u00e9n\u00e9ficiaires de la distribution agraire.<\/p>\n\n\n\n<p>L'ing\u00e9nieur charg\u00e9 des d\u00e9marcations a d\u00e9clar\u00e9 qu'en principe les <span class=\"small-caps\">cr<\/span> \u00e9tait \"nerveuse\" \u00e0 cause de la peur sem\u00e9e en elle par \"certaines personnes mal intentionn\u00e9es\", mais qu'elle avait retrouv\u00e9 \"une relative tranquillit\u00e9 d'esprit\". Ce rapport est coh\u00e9rent avec ce qui a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 par Candelario Carre\u00f3n et d'autres. L'ing\u00e9nieur a rapport\u00e9 \u00e0 ses sup\u00e9rieurs que depuis la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente, des familles russes \u00e9migraient \u00e0 <span class=\"small-caps\">eua<\/span>mais que le ph\u00e9nom\u00e8ne s'est intensifi\u00e9 apr\u00e8s la cr\u00e9ation de l'ejido. L'ing\u00e9nieur a ajout\u00e9 que les jeunes quittaient la colonie en raison du \"manque de divertissement\" et \u00e0 la recherche d'une vie meilleure dans le pays voisin, de sorte que seules les personnes \u00e2g\u00e9es restaient dans la colonie.<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a> Dans la pratique, l'un des effets imm\u00e9diats sur l'\u00e9conomie de l'Union europ\u00e9enne est l'augmentation du nombre d'habitants de la r\u00e9gion. <span class=\"small-caps\">cr<\/span> La principale raison de la formation de l'ejido \u00e9tait la privation de l'acc\u00e8s \u00e0 la zone de terre affect\u00e9e, qu'ils louaient depuis leur arriv\u00e9e dans la r\u00e9gion. <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> par le biais de contrats de m\u00e9tayage, conclus de bouche \u00e0 oreille ou par \u00e9crit, qui leur permettaient d'\u00e9tendre leurs cultures au-del\u00e0 de leurs parcelles. Un deuxi\u00e8me facteur \u00e9tait la perturbation de l'environnement social et culturel, car ils \u00e9taient expos\u00e9s \u00e0 la coexistence avec les habitants de l'ejido. N\u00e9anmoins, certains fermiers russes ont lou\u00e9 des terres de l'ejido apr\u00e8s un certain temps. Par exemple, en 1945, Pablo Rogoff et sa famille vivaient dans le p\u00e9rim\u00e8tre de l'ejido,<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> bien que cela soit contraire au droit foncier.<\/p>\n\n\n\n<p>L'ing\u00e9nieur susmentionn\u00e9 a inform\u00e9 ses sup\u00e9rieurs que les fortes pluies avaient entrav\u00e9 son travail et laiss\u00e9 les routes en mauvais \u00e9tat, raison pour laquelle il n'a pu quitter l'ejido que deux ou trois jours apr\u00e8s avoir termin\u00e9 son travail. A plusieurs reprises, la population de l'ejido <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> Elle a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e des voies de communication et ses cultures ont \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9es par les inondations, les glissements de terrain et la d\u00e9t\u00e9rioration des routes due aux crues des rivi\u00e8res, des ruisseaux et des lacs. Les calamit\u00e9s climatiques les plus importantes sont celles des ann\u00e9es 1939-1941, 1978-1982 et 1993. En ce qui concerne les catastrophes caus\u00e9es par les pluies, Candelario Carre\u00f3n [<span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/37(1)] a indiqu\u00e9 que lorsqu'il a commenc\u00e9 \u00e0 pleuvoir le premier jour de mai 1940 ou \"41\",<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a> Au d\u00e9but, ils pensaient que cela profiterait \u00e0 leurs r\u00e9coltes de bl\u00e9, qui \u00e9taient en train d'\u00eatre glan\u00e9es \u00e0 l'\u00e9poque, mais un monsieur du nom de Cosio, qu'il appelait \"un indig\u00e8ne\" (c'est-\u00e0-dire un habitant de la r\u00e9gion), s'est rendu compte qu'il n'y avait pas d'autre solution. <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> Carre\u00f3n les a pr\u00e9venus que la pluie apporterait le chahuistle, un champignon qui rend le bl\u00e9 malade, ce qui \u00e9tait vrai. Carre\u00f3n a expliqu\u00e9 qu'ils avaient plant\u00e9 du bl\u00e9 \u00e0 la demande de la banque de l'ejido, car cette institution ne finan\u00e7ait et n'accr\u00e9ditait que les cultures de bl\u00e9 et d'orge, alors que l'ejido souhaitait planter des vignes et des oliviers \u00e0 la demande des \"indig\u00e8nes\". Pour faire face \u00e0 la peste, la banque leur a propos\u00e9 de l'emballer et de la vendre comme fourrage, mais ils n'ont pas trouv\u00e9 d'acheteurs, car m\u00eame le b\u00e9tail n'acceptait pas ce produit comme nourriture. Cette situation a conduit certaines personnes \u00e0 abandonner l'ejido, ce qui a \u00e9t\u00e9 l'une des raisons du retrait d'un groupe d'habitants dans la phase initiale.<a class=\"anota\" id=\"anota16\" data-footnote=\"16\">16<\/a> Selon M. Carreon, la banque ejidal a recommand\u00e9 l'utilisation d'une \"poudre rose\" pour traiter le bl\u00e9, ce qui leur a permis de r\u00e9cup\u00e9rer une partie de la r\u00e9colte. La situation d\u00e9favorable les a incit\u00e9s \u00e0 essayer des cultures d'orge fournies par le propri\u00e9taire de la \"brasserie Tecate\".<a class=\"anota\" id=\"anota17\" data-footnote=\"17\">17<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>De la fin 1978 \u00e0 1982, la r\u00e9gion a connu un cycle de fortes pr\u00e9cipitations qui a permis de r\u00e9alimenter la nappe phr\u00e9atique dans la r\u00e9gion de l'Oc\u00e9an Atlantique. <span class=\"small-caps\">vdg<\/span>qui, depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, pr\u00e9sente un appauvrissement et une salinit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e dus \u00e0 la surexploitation et aux s\u00e9cheresses (entretien avec Joaqu\u00edn Alves [entretien avec Joaqu\u00edn Alves]).<span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/35(1)]). En 1978, le fleuve Guadalupe est sorti de son lit et la ville a \u00e9t\u00e9 isol\u00e9e. Pour aider les habitants de l'ejido \u00e0 traverser la rivi\u00e8re et \u00e0 rompre l'isolement, des travailleurs de l'entreprise Olivares Mexicanos,<a class=\"anota\" id=\"anota18\" data-footnote=\"18\">18<\/a> dont la plupart \u00e9taient originaires de l'ejido et du village voisin de Francisco Zarco [ci-apr\u00e8s d\u00e9nomm\u00e9 <span class=\"small-caps\">fz<\/span>En janvier 1980, la rivi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 inond\u00e9e et la population a \u00e9t\u00e9 isol\u00e9e pendant plusieurs jours. En janvier 1980, la crue de la rivi\u00e8re a isol\u00e9 la population pendant plusieurs jours. A cause des inondations <span class=\"small-caps\">fz<\/span> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 sur une surface plus \u00e9lev\u00e9e (o\u00f9 il se trouve actuellement).<\/p>\n\n\n\n<p>L'intervention du gouvernement dans la vie publique de l'ejido \u00e9tait cruciale pour consolider le contr\u00f4le corporatif de l'\u00c9tat et renforcer le mod\u00e8le d'identit\u00e9 nationale propos\u00e9 par ses institutions. En ce sens, Mariana Ram\u00edrez [<span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/24(1) et (2)] a rappel\u00e9 qu'une enseignante nomm\u00e9e G\u00fcirola, originaire du Salvador, fr\u00e9quentait l'\u00e9cole primaire de l'ejido et \u00e9tait charg\u00e9e d'organiser les c\u00e9l\u00e9brations patriotiques avec des danses, de la po\u00e9sie et des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre. L'institutrice a exhort\u00e9 les femmes \u00e0 former une \"Liga Femenil\" (ligue f\u00e9minine) et \u00e0 assister les malades, d'autant plus qu'il y avait des cas de tuberculose. Cela t\u00e9moigne du r\u00f4le actif des femmes de l'ejido, qui effectuaient des patrouilles de surveillance, intervenaient aupr\u00e8s du pr\u00e9sident municipal d'Ensenada (dont relevait l'ejido) et participaient \u00e0 la \"ligue f\u00e9minine\", cr\u00e9\u00e9e pour aider les malades, notamment en raison des cas de tuberculose. <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span>) pour construire le premier magasin de l'ejido et dans les travaux agricoles. Selon Mariana, le professeur leur a appris \u00e0 g\u00e9rer le magasin ; cependant, le magasin et la ligue des femmes n'ont dur\u00e9 que deux ans environ en raison du d\u00e9sint\u00e9r\u00eat des ejidatarias. Malgr\u00e9 leur participation \u00e0 des t\u00e2ches publiques et priv\u00e9es, jusqu'en 1965 environ, Juana Cariaga, chef de famille, tandis que son compagnon travaillait \u00e0 la <span class=\"small-caps\">eua<\/span>a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re femme \u00e0 \u00eatre reconnue comme d\u00e9tentrice de droits agraires (informations fournies par son fils V\u00edctor Bravo Cariaga [<span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/35\/(1)].<\/p>\n\n\n\n<p>L'id\u00e9ologie nationaliste de la r\u00e9volution mexicaine a trouv\u00e9 dans l'ejido l'un de ses bastions ; il a \u00e9t\u00e9 le principal instrument de distribution agraire et un moyen de transmission et d'exercice du projet h\u00e9g\u00e9monique de la nation. C'est dans ce contexte que la m\u00e9moire de Mariana [<span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/24(1) et (2)] sur la parole des hommes de <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> que les \u00e9glises et les visites de ministres du culte n'\u00e9taient pas autoris\u00e9es dans les ejidos parce qu'ils conseillaient aux ejidatarios de quitter les terres parce qu'elles ne leur appartenaient pas ; ainsi, \u00e0 une occasion, un ejidatario a chass\u00e9 du village un pr\u00eatre qui \u00e9tait venu c\u00e9l\u00e9brer la messe. Dans les <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> Les comm\u00e9morations de l'ind\u00e9pendance nationale, de la bataille du Cinco de Mayo et de la r\u00e9volution mexicaine ont ouvert des espaces de mise en sc\u00e8ne pour promouvoir le projet nationaliste et inculquer un mod\u00e8le de citoyennet\u00e9 proche du r\u00e9gime :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">l'ejido a commenc\u00e9 \u00e0 se former, \u00e0 former des commissions, il y avait des r\u00e9unions tout le temps, m\u00eame la nuit. Il y avait un professeur salvadorien, V\u00edctor G\u00fcirola [...] il \u00e9tait l'un de ceux qui militaient pour le communisme \u00e0 l'\u00e9poque, alors il nous a organis\u00e9s, il nous a aid\u00e9s parce qu'il \u00e9tait le professeur [...] ah, mais quand nous sommes arriv\u00e9s ici, nous sommes arriv\u00e9s en ao\u00fbt [1939] et nous avons f\u00eat\u00e9 le 16 septembre, alors nous avons tous d\u00e9fil\u00e9 et il n'y avait personne pour nous regarder ! (Entretien avec Pedro Carre\u00f3n, in <em>Ensenada<\/em>, 1999: 675-676).<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930, Gilberto Loyo, d\u00e9mographe, politologue et id\u00e9ologue du r\u00e9gime, souligne que pour pallier le \"manque\" d'\u00e9l\u00e9ments \"identitaires\", les enseignants des \u00e9coles publiques sont charg\u00e9s de (r\u00e9)affirmer les attributs de la \"mexicanit\u00e9\", en mettant l'accent sur la fronti\u00e8re nord (1935 : 383). Au <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span>L'exaltation performative des \u00e9l\u00e9ments mexicains \u00e9tait un crit\u00e8re d\u00e9terminant dans le choix d'une \"reine\" pour diriger les d\u00e9fil\u00e9s patriotiques :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">la premi\u00e8re f\u00eate dont je me souviens, c'\u00e9tait le 16 septembre 1938 [...] ah bon, on \u00e9tait une poign\u00e9e ! Le professeur V\u00edctor G\u00fcirola \u00e9tait l\u00e0 [...] alors il a dit \"on va avoir une reine\" [...] Il y avait une charrette sans auvent [...] ils ont dit \"bon, on va la promener ici\", par quelles rues s'il n'y avait m\u00eame pas de monde ? [...] Le professeur a aim\u00e9 qu'elle [une des filles des ejidatarios] soit [la reine] parce qu'elle repr\u00e9sentait, \u00e0 cause de ses longs cheveux, et elle portait des tresses tr\u00e8s \u00e9paisses, ils ont dit \"elle peut repr\u00e9senter un Mexicain\". Comme nous n'avions rien [...] jusqu'\u00e0 l'ann\u00e9e suivante, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 fabriquer nos jupes en porcelaine poblana et nous les avons brod\u00e9es avec de la chaquira, des paillettes, nous avons fait nos chemises et nous avons dit que nous avions organis\u00e9 des f\u00eates, mais elle a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re, une Mexicaine [...] \u00e0 mener le d\u00e9fil\u00e9 (entretien avec Silvia Lugarda, in <em>Ensenada<\/em>, 1999: 679-680).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un certain temps, la s\u00e9lection de la \"reine\" \u00e0 la t\u00eate du d\u00e9fil\u00e9 national a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par celle qui avait vendu le plus de \"votes\". Lors de l'un des \u00e9v\u00e9nements organis\u00e9s dans les ann\u00e9es 1960, \"Miss\" Yolanda Portillo a particip\u00e9 en tant que \"candidate\" [...]. Yolanda Portillo a particip\u00e9 en tant que \"candidate\" [<em>sic<\/em>Pour atteindre son objectif, il a vendu des bons \u00e9quivalant \u00e0 10 votes au prix d'un peso.<a class=\"anota\" id=\"anota19\" data-footnote=\"19\">19<\/a> Le cort\u00e8ge patriotique comprenait un contingent de l'\u00e9cole primaire locale, qui conduisait \u00e9galement une \"reine\" gard\u00e9e par ses \"princesses\", toutes choisies parmi les \u00e9l\u00e8ves. Des photographies des ann\u00e9es 1940 et 1950 montrent le d\u00e9fil\u00e9 avan\u00e7ant sur le large chemin de terre qui traverse l'ejido, compos\u00e9 de groupes d'hommes et de femmes, de jeunes et d'\u00e9coliers, dont certains portent des costumes de mariachis.<a class=\"anota\" id=\"anota20\" data-footnote=\"20\">20<\/a> Des \u00e9tudiants d'origine russe ont \u00e9galement particip\u00e9 aux d\u00e9fil\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-2.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1399x1026\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2: Adela Carre\u00f3n, en p\u00e1gina de Facebook Porvenir memoria fotogr\u00e1fica.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-2.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 2 : Adela Carre\u00f3n, sur la page Facebook Porvenir memoria fotogr\u00e1fica.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>D\u00e9fil\u00e9 pour les f\u00eates nationales \u00e0 El Porvenir, les \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles primaires et le premier groupe de mariachis d\u00e9filent dans l'ejido, 16 septembre 1952.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les activit\u00e9s sociales de l'ejido ont jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans l'articulation du sentiment d'appartenance et d'affiliation communautaire de ses habitants. La vie est devenue plus diversifi\u00e9e et plus divertissante. Les pr\u00e9occupations r\u00e9elles de la communaut\u00e9 s'ajoutaient \u00e0 l'int\u00e9r\u00eat de l'\u00c9tat mexicain pour le renforcement de l'identit\u00e9 communautaire, conform\u00e9ment au projet national fond\u00e9 sur l'appartenance nationale, la loyaut\u00e9 civique et l'engagement civique. Des images des ann\u00e9es 1940 montrent des matchs de baseball et d'autres sports auxquels participent des militaires mexicains en uniforme et la pr\u00e9sence, au moins en tant que spectateurs, de jeunes Russes.<a class=\"anota\" id=\"anota21\" data-footnote=\"21\">21<\/a> Les ann\u00e9es 1960 ont vu l'\u00e9mergence de groupes musicaux issus de genres tels que le mariachi, le rocanrol et la musique de chambre. <em>pop<\/em>. Dans les ann\u00e9es 1970, un club de cow-boys a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 et a particip\u00e9 \u00e0 des comp\u00e9titions r\u00e9gionales.<a class=\"anota\" id=\"anota22\" data-footnote=\"22\">22<\/a> A l'\u00e9poque, elle si\u00e9geait \u00e0 <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> la \"Loge ma\u00e7onnique num\u00e9ro 5\", qui compte entre 20 et 25 membres, dont certains r\u00e9sident \u00e0 l'ext\u00e9rieur du village (entretien avec Maclovio Rodr\u00edguez [<span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/32\/(1) y (2)]).<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de la premi\u00e8re moiti\u00e9 de la <span class=\"small-caps\">xx<\/span> les cultures de la <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> L'ejido d\u00e9pendait de l'eau de pluie, seuls les vergers \u00e9taient irrigu\u00e9s par quelques roues hydrauliques. Le passage des cultures traditionnelles de bl\u00e9, d'orge et de luzerne aux vignobles, destin\u00e9s \u00e0 approvisionner l'industrie viticole r\u00e9gionale en plein essor, a favoris\u00e9 une dynamique \u00e9conomique et autre qui a reli\u00e9 l'ejido \u00e0 divers acteurs \u00e9conomiques. En t\u00e9moigne la \"Feria de la cosecha\", dont la premi\u00e8re \u00e9dition s'est tenue en 1963 dans l'ejido.<a class=\"anota\" id=\"anota23\" data-footnote=\"23\">23<\/a> En octobre 1964, une affiche portant le logo de Cerveza Mexicali promeut la candidature de la \"Srita\" Anita Carre\u00f3n au titre de \"reine\" des f\u00eates de Mexicali. Anita Carre\u00f3n pour la \"reine\" des f\u00eates de Mexicali. <span class=\"small-caps\">ii<\/span> La foire aux r\u00e9coltes se tiendra au <span class=\"small-caps\">vdg<\/span>. Lors de la cinqui\u00e8me \u00e9dition, en 1967, plusieurs jeunes femmes se sont disput\u00e9 le titre de \"reine\" et de \"princesses\" du festival.<a class=\"anota\" id=\"anota24\" data-footnote=\"24\">24<\/a> La plasticit\u00e9 et la performativit\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9es dans ces activit\u00e9s de loisir, de consommation et de divertissement ont form\u00e9 une <em>collage<\/em> des repr\u00e9sentations populaires associ\u00e9es \u00e0 la \"mexicanit\u00e9\". Par exemple, sur une photographie de 1964 de la deuxi\u00e8me Harvest Fair, un homme et deux jeunes femmes portent des v\u00eatements de style \"azt\u00e8que\". Dans les ann\u00e9es 1970, la foire aux r\u00e9coltes a c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 la \"f\u00eate des vendanges\". Lors d'une autre \u00e9dition, organis\u00e9e dans le parc ejidal, Enrique Guzm\u00e1n, chanteur de la soci\u00e9t\u00e9 Televisa, se produit, indiquant que la f\u00eate a atteint une certaine ampleur.<a class=\"anota\" id=\"anota25\" data-footnote=\"25\">25<\/a> Pour sa part, l'entreprise viticole Pedro Domecq, situ\u00e9e dans le <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> en 1972, a organis\u00e9 son propre festival (<em>El Heraldo de Baja California<\/em>, 1972 : 6a).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-3.png\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"409x302\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 3: Hortencia Vega, en p\u00e1gina de Facebook \u201cPorvenir memoria fotogr\u00e1fica\u201d.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-3.png\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 3 : Hortencia Vega, sur la page Facebook \"Porvenir memoria fotogr\u00e1fica\".<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Image \u00e9voquant la deuxi\u00e8me foire des r\u00e9coltes organis\u00e9e dans l'ejido en septembre 1964, de gauche \u00e0 droite : Hortencia Vega, Anita Carre\u00f3n, reine de la foire, et Juventino G\u00f3mez.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Changement agricole, travail et eau<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La concurrence g\u00e9n\u00e9r\u00e9e entre les <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> et le <span class=\"small-caps\">cr<\/span> La concurrence pour l'acc\u00e8s \u00e0 la terre, l'utilisation de l'eau et la disponibilit\u00e9 du cr\u00e9dit agricole s'est accrue gr\u00e2ce \u00e0 la technification des cultures et au passage \u00e0 des cultures plus rentables. Les <span class=\"small-caps\">cr<\/span> ont pris les premi\u00e8res mesures pour introduire des changements et des adaptations par le biais d'\u00e9quipements de pompage et d'irrigation, de conseils techniques et de financements (voir Dewey, 1966 ; Kvammen, 1976). D\u00e8s le d\u00e9but de la <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> Ils ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du soutien des institutions agraires et de cr\u00e9dit de l'\u00c9tat mexicain, mais les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l'installation d'une nouvelle population ont n\u00e9cessit\u00e9 une adaptation et des changements dans la production. Dans les ann\u00e9es 1960, les cultures traditionnelles de bl\u00e9 et d'orge ont c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 la luzerne, \u00e0 la vigne et \u00e0 l'olivier, qui ont trouv\u00e9 un meilleur march\u00e9 national et r\u00e9gional, ainsi qu'un soutien technique et financier et un encouragement de la part du gouvernement et de l'industrie. Entre les ann\u00e9es 1960 et 1970, les entreprises suivantes ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es dans la r\u00e9gion <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> des entreprises dot\u00e9es de ressources \u00e9conomiques, techniques et commerciales plus importantes. \u00c0 cette \u00e9poque, l'industrie du vin a acquis une pr\u00e9pond\u00e9rance \u00e9conomique, sociale et culturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 10 juillet 1958, la dynamique sociale de la <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> a \u00e9t\u00e9 interrompue lorsque des groupes de revendicateurs fonciers d'autres r\u00e9gions de Basse-Californie et du pays se sont empar\u00e9s des parcelles de terre de l'association. <span class=\"small-caps\">cr<\/span> et d'autres propri\u00e9t\u00e9s avec le soutien du gouverneur de l'\u00c9tat de l'\u00e9poque, Braulio Maldonado. Ces \u00e9v\u00e9nements ont abouti \u00e0 la formation du village de <span class=\"small-caps\">fz<\/span>. Comme Maldonado l'a exprim\u00e9 dans ses m\u00e9moires politiques (1993 : 127), il aspirait \u00e0 convertir les <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> La r\u00e9gion est devenue le \"plus grand centre ol\u00e9icole et viticole du continent am\u00e9ricain\". D\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1950, les gouvernements f\u00e9d\u00e9ral et des \u00c9tats ont encourag\u00e9 l'\u00e9tablissement d'agro-industries consacr\u00e9es \u00e0 la culture de la luzerne, des olives et du raisin. La diversification et l'intensification des activit\u00e9s \u00e9conomiques dans les <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> Certaines de ces personnes se sont install\u00e9es dans l'ejido, sans droits agraires, avec l'appui des autorit\u00e9s de l'ejido et de la communaut\u00e9, par le biais d'une s\u00e9rie d'accords entre individus en termes de location, d'achat et de vente, de concession ou de pr\u00eat de parcelles ou de fractions de terres.<a class=\"anota\" id=\"anota26\" data-footnote=\"26\">26<\/a> \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1980, l'h\u00f4tellerie, la restauration, la viticulture et d'autres activit\u00e9s agricoles se sont d\u00e9velopp\u00e9es [entretien avec Pablo Ruiz]. <span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/28(2)].<\/p>\n\n\n\n<p>Les changements \u00e9conomiques ont eu un impact sur le march\u00e9 du travail. Dans les ann\u00e9es 1960, les habitants de la <span class=\"small-caps\">fz<\/span> se sont organis\u00e9s en syndicats affili\u00e9s aux grandes centrales syndicales pro-gouvernementales afin de s'assurer l'acc\u00e8s aux emplois disponibles par rapport \u00e0 leurs homologues de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span>, <span class=\"small-caps\">sjz<\/span> et <span class=\"small-caps\">saint<\/span>. Les syndicats contr\u00f4laient l'attribution des postes vacants en proc\u00e9dant \u00e0 une rotation des postes vacants parmi le personnel syndiqu\u00e9 tous les deux ou trois ans. L'ejido s'est \u00e9galement syndiqu\u00e9, de sorte qu'au cours de ces ann\u00e9es, il y avait une branche du Sindicato de Trabajadores de la Industria Olivarera Similares y Conexos, affili\u00e9 \u00e0 la Confederaci\u00f3n de Trabajadores de M\u00e9xico (Conf\u00e9d\u00e9ration des travailleurs mexicains (<span class=\"small-caps\">ctm<\/span>).<a class=\"anota\" id=\"anota27\" data-footnote=\"27\">27<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Une question cruciale dans la <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> Depuis les ann\u00e9es 1960 et 1970, la p\u00e9nurie d'eau est due \u00e0 la s\u00e9cheresse et \u00e0 la surexploitation des nappes phr\u00e9atiques. En 1964, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a limit\u00e9 l'extraction aveugle et incontr\u00f4l\u00e9e de l'eau, une mesure qui avait \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9e d\u00e8s 1941. Le conflit sur l'eau s'est intensifi\u00e9 en raison de l'utilisation du liquide disponible dans la r\u00e9gion de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> pour approvisionner les industries de transformation du poisson de la ville voisine d'El Sauzal, situ\u00e9e \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres \u00e0 l'ouest. En 1960, Juan Rodr\u00edguez, fils de l'ex-gouverneur de Basse-Californie et ex-pr\u00e9sident de la r\u00e9publique, le g\u00e9n\u00e9ral Abelardo L. Rodr\u00edguez, propri\u00e9taire d'une conserverie, a construit ill\u00e9galement un aqueduc de 34 km de long pour acheminer l'eau depuis le fleuve jusqu'\u00e0 la ville d'El Sauzal, situ\u00e9e \u00e0 20 km \u00e0 l'ouest. <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> \u00e0 son entreprise. Afin d'apaiser les tensions avec la population locale, dont est issue une partie de la main d'\u0153uvre de son entreprise, notamment les <span class=\"small-caps\">fz<\/span>L'eau \u00e9tait distribu\u00e9e dans leurs maisons par des canalisations [voir interview <span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/31(1)].<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l'heure actuelle, la <span class=\"small-caps\">vdg<\/span> est une enclave touristique et agricole d\u00e9di\u00e9e aux activit\u00e9s viticoles et gastronomiques, avec un profil rural qui attire des milliers de visiteurs. Ces dynamiques ont aliment\u00e9 des conflits sur la gestion des \u00e9l\u00e9ments naturels, les changements dans l'utilisation des terres, les flux de capitaux, les plans de d\u00e9veloppement, la croissance de la population et les tensions identitaires. Les relations communautaires en <span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> L'avenir de l'ejido semble aussi incertain aujourd'hui qu'il l'a \u00e9t\u00e9 sous le n\u00e9olib\u00e9ralisme pour tant de communaut\u00e9s agraires du Mexique. Aujourd'hui, l'avenir de l'ejido semble aussi incertain qu'il l'a \u00e9t\u00e9 sous le n\u00e9olib\u00e9ralisme pour tant de communaut\u00e9s agraires du Mexique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Abr\u00e9viations<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><span class=\"small-caps\">cr<\/span> Colonie russe<br><span class=\"small-caps\">\u00e9p<\/span> El Porvenir<br><span class=\"small-caps\">fz<\/span> Francisco Zarco<br><span class=\"small-caps\">eua<\/span> \u00c9tats-Unis d'Am\u00e9rique<br>Ha Hectares<br><span class=\"small-caps\">pho<\/span> Projet d'histoire orale<br><span class=\"small-caps\">saint<\/span> San Antonio Necua<br><span class=\"small-caps\">sjz<\/span> San Jos\u00e9 de la Zorra<br><span class=\"small-caps\">vdg<\/span> Vall\u00e9e de Guadalupe<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Dossiers consult\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Archivo de la Palabra, Instituto de Investigaciones Hist\u00f3ricas, Universidad Aut\u00f3noma de Baja California (<span class=\"small-caps\">ap iih uabc<\/span>), Tijuana, M\u00e9xico.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Archivo Judicial de Ensenada, en Instituto de Investigaciones Hist\u00f3ricas, Universidad Aut\u00f3noma de Baja California (<span class=\"small-caps\">aje<\/span> en <span class=\"small-caps\">iih-uabc<\/span>), Tijuana, M\u00e9xico.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Registro Agrario Nacional (<span class=\"small-caps\">ran<\/span>), Archivo General Agrario, Ciudad de M\u00e9xico.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Billig, Michael (1998). \u201cEl nacionalismo banal y la reproducci\u00f3n de la identidad nacional\u201d, <em>Revista Mexicana de Sociolog\u00eda<\/em>, vol. 60, n\u00fam. 1, pp. 37-57.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Burton, Antoinette (ed.). (2005). \u201cIntroduction. Archive Fever, Archive Stories\u201d, en <em>Archive Stories. Facts, Fictions, and the Writing of History<\/em>. Durham\/Londres: Duke University Press, pp. 1-24.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Dewey, John (1966). \u201cThe Colonia Rusa of Guadalupe Valley, Baja California: a Study of Settlement Competition and change\u201d. Tesis de maestr\u00eda. Los \u00c1ngeles: California State College at Los \u00c1ngeles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><em>Diario Oficial<\/em>. <em>\u00d3rgano del Gobierno Constitucional de los Estados Unidos Mexicanos <\/em>(1936). <span class=\"small-caps\">xcvii<\/span> (52), M\u00e9xico.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><em>El Heraldo de Baja California<\/em> (1972). Tijuana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Fabila, Manuel<span class=\"small-caps\"> (1941). <\/span><em>Cinco siglos de legislaci\u00f3n agraria en M\u00e9xico (1493-1940)<\/em>. M\u00e9xico: Registro Agrario Nacional, pp. 482-549.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Kvammen, Lorna (1976). \u201cThe Study of the Relationships between the Population Growth and the Development of Agriculture in the Guadalupe Valley, Baja California, Mexico\u201d. Tesis de maestr\u00eda. Los \u00c1ngeles: California State University of Los \u00c1ngeles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Loyo, Gilberto (1935). <em>La pol\u00edtica demogr\u00e1fica de M\u00e9xico<\/em>. M\u00e9xico: Secretar\u00eda de Prensa y Propaganda del <span class=\"small-caps\">pnr<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Maldonado, Braulio (1993). <em>Baja California (comentarios poli\u0301ticos)<\/em>. Me\u0301xico: <span class=\"small-caps\">sep\/uabc<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Paul, Herman (2016). <em>La llamada del pasado. Claves de la teor\u00eda de la historia<\/em>, traducci\u00f3n Virginia Maza. Zaragoza: Instituci\u00f3n Fernando El Cat\u00f3lico\/Excma. Diputaci\u00f3n de Zaragoza.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Pe\u00f1a, Mois\u00e9s T. de la (1950). \u201cProblemas demogr\u00e1ficos y agrarios\u201d, <em>Problemas Agr\u00edcolas e Industriales de M\u00e9xico<\/em>, M\u00e9xico, <span class=\"small-caps\">ii<\/span> (3-4).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Robinson, Craig (2005). \u201cMechanism of Exclusion. Historicizing the Archive and the Passport\u201d, en A. Burton, <em>Archive Stories. Facts, Fictions, and the Writing of History<\/em>. Durham\/Londres: Duke University Press, pp. 68-86.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ruiz R\u00edos, Rogelio Everth (2023). \u201cSalidas de la apor\u00eda: enfoques y perspectivas en la historia despu\u00e9s del giro ling\u00fc\u00edstico\u201d, en Miguel \u00c1ngel Guti\u00e9rrez y Guillermo Rodr\u00edguez (coords.).<em> Formas de ver y escribir la historia. Experiencias y preocupaciones historiogr\u00e1ficas contempor\u00e1neas<\/em>. Morelia: Universidad Michoacana de San Nicol\u00e1s de Hidalgo, pp. 36-60.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2022). \u201cUtop\u00eda, mesianismo y milenarismo en Tom\u00f3chic y Canudos\u201d, <em>Relaciones. Estudios de Historia y Sociedad<\/em>. Zamora, pp. 119-139.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2020). \u201cDos temas paralelos al auge de la historia del tiempo presente: el tiempo hist\u00f3rico y las relaciones entre historia y memoria\u201d, en Eugenia Allier <em>et al<\/em>. (coords.). <em>En la cresta de la ola. Debates y definiciones en torno a la historia del tiempo presente<\/em>, M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, pp. 93-113.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2008). \u201cDe colonos pr\u00f3speros a extranjeros reticentes. Rusos molokanes en el Valle de Guadalupe, Baja California, 1906-1958\u201d. Tesis de doctorado en historia. Zamora: El Colegio de Michoac\u00e1n.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Samaniego L\u00f3pez, Marco Antonio (1999). <em>Ensenada, nuevas aportaciones para su historia.<\/em> Mexicali: <span class=\"small-caps\">iih, uabc<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Schmieder, Oskar (1928). \u201cThe Russian Colony of Guadalupe Valley\u201d, <em>Lower Californian Studies<\/em>, <span class=\"small-caps\">ii<\/span> (14). Berkeley: University of California Press, pp. 409-434.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Traverso, Enzo (2007). \u201cHistoria y memoria. Notas sobre un debate\u201d, en Florencia Lev\u00edn y Marina Franco (comps.). <em>Historia reciente. Perspectivas y desaf\u00edos para un campo en construcci\u00f3n<\/em>. Buenos Aires: Paid\u00f3s, pp. 67-96.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Trouillot, Michel-Rolph (2017). <em>Silenciando el pasado. El poder y la producci\u00f3n de la historia<\/em>. Traducci\u00f3n Miguel \u00c1ngel del Barco. Granada: Comares.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Wallis, Eileen (2010). <em>Earning Power: Women and Work in Los Angeles, 1880-1930<\/em>. Reno: University of Nevada Press.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Entrevistas (ap iih uabc)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u00c1lves Iglesias, Joaqu\u00edn, entrevista realizada por Bibiana Santiago y Carlos Alberto Garc\u00eda Cort\u00e9s, instalaciones de Formex Ibarra, 28 de febrero de 1997, <span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/35(1).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bravo Cariaga, V\u00edctor, entrevista realizada por Bibiana Santiago, El Porvenir, 14 de febrero de 1997, <span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/35\/(1).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Carre\u00f3n Guti\u00e9rrez, Candelario, entrevista realizada por Jos\u00e9 Luis Gonz\u00e1lez L\u00f3pez y Carlos Alberto Garc\u00eda Cort\u00e9s, El Porvenir, 1997, <span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/37(1).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Garc\u00eda, Alfonso Remigio, entrevista realizada por Carlos Alberto Garc\u00eda Cort\u00e9s, El Porvenir, 24 de enero de 1997, <span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/30(1).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Peralta Garc\u00eda, Juan, entrevista realizada por Mar\u00eda Jes\u00fas Ruiz, El Porvenir, 1997, <span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/31(1).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ram\u00edrez Rodr\u00edguez, Mariana, entrevista realizada por Mar\u00eda Jes\u00fas Ruiz, El Porvenir, 17 de enero de 1997, <span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/24\/(1) y (2).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rodr\u00edguez Melgoza, Maclovio, entrevista realizada por Bertha Paredes Acevedo, 22 de enero de 1997 y 14 de febrero de 1997, <span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/32\/(1) y (2).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ruiz Madrigal, Pablo, entrevista realizada por Bibiana Santiago Guerrero, El Porvenir, 7 de febrero de 1997, <span class=\"small-caps\">pho-e<\/span>\/1\/28(2).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ressources \u00e9lectroniques<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Legislaci\u00f3n preconstitucional de la Revoluci\u00f3n (1915) [https:\/\/congresoweb.congresojal.gob.mx\/bibliotecavirtual\/libros\/LegislacionPreconstitucional1915.pdf]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u201cPorvenir memoria fotogr\u00e1fica\u201d [https:\/\/www.facebook.com\/PorvenirMemoriaFotografica].<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Rogelio E. Ru\u00edz R\u00edos<\/em> est chercheur \u00e0 l'Instituto de Investigaciones Hist\u00f3ricas de l'Universidad Aut\u00f3noma de Baja California. Il est titulaire d'un doctorat en histoire du El Colegio de Michoac\u00e1n. Membre du Syst\u00e8me national des chercheurs (<span class=\"small-caps\">sni<\/span>) de l <span class=\"small-caps\">conahcyt<\/span> niveau <span class=\"small-caps\">i<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Th\u00e8mes de recherche : tendances historiographiques r\u00e9centes, tensions entre histoire et m\u00e9moire, histoire et post-humanisme, colonisation et occupation en Basse-Californie, communaut\u00e9s, utopies et avenirs.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9seaux de recherche : Present Time History Network, Research Network on Communities, Futures and Utopias de la Latin American Anthropological Association, membre du projet Communities and Futures de l'appel Frontier Science de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">conahcyt<\/span> pour la p\u00e9riode 2023-2025.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article traite de la cr\u00e9ation et de la consolidation de l'ejido El Porvenir, une communaut\u00e9 agricole situ\u00e9e dans la vall\u00e9e de Guadalupe, en Basse-Californie, dans le cadre des projets de distribution agraire entrepris par l'\u00c9tat mexicain. \u00c0 cette fin, nous d\u00e9crivons et analysons les \u00e9v\u00e9nements marquants du d\u00e9veloppement temporaire de l'ejido et les attentes de la communaut\u00e9 dans un contexte frontalier soumis aux pratiques corporatistes de l'\u00c9tat mexicain et aux pressions du march\u00e9 r\u00e9gional, de l'initiative priv\u00e9e, de la concurrence avec les communaut\u00e9s voisines et des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques. La recherche est bas\u00e9e sur des archives gouvernementales et priv\u00e9es, des consultations bibliographiques et journalistiques, des souvenirs et des t\u00e9moignages sur support physique et num\u00e9rique.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":38930,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[279],"tags":[1283,1259,1282,867,1281],"coauthors":[551],"class_list":["post-38929","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-279","tag-agrarismo","tag-comunidad","tag-ejido","tag-nacionalismo","tag-valle-de-guadalupe","personas-ruiz-rios-rogelio-e","numeros-1267"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Ejido El Porvenir en Valle de Guadalupe, Baja California &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"El art\u00edculo aborda la creaci\u00f3n y consolidaci\u00f3n del ejido El Porvenir, comunidad agr\u00edcola localizada en el Valle de Guadalupe, Baja California.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/ruiz-ejido-agrarismo-nacionalismo-comunidad-valle-de-guadalupe\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Ejido El Porvenir en Valle de Guadalupe, Baja California &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"El art\u00edculo aborda la creaci\u00f3n y consolidaci\u00f3n del ejido El Porvenir, comunidad agr\u00edcola localizada en el Valle de Guadalupe, Baja California.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/ruiz-ejido-agrarismo-nacionalismo-comunidad-valle-de-guadalupe\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Encartes\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2024-09-20T16:47:24+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2024-09-25T20:06:01+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-1.png\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"805\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"526\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/png\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"36 minutes\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label3\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data3\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/ruiz-ejido-agrarismo-nacionalismo-comunidad-valle-de-guadalupe\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/ruiz-ejido-agrarismo-nacionalismo-comunidad-valle-de-guadalupe\/\"},\"author\":{\"name\":\"Arthur Ventura\",\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/#\/schema\/person\/97215bba1729028a4169cab07f8e58ef\"},\"headline\":\"Ejido El Porvenir en Valle de Guadalupe, Baja California. 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