{"id":38907,"date":"2024-09-20T10:50:20","date_gmt":"2024-09-20T16:50:20","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=38907"},"modified":"2024-10-07T13:31:04","modified_gmt":"2024-10-07T19:31:04","slug":"casas-escritores-nahuas-utopias-comunidades-futuros","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/casas-escritores-nahuas-utopias-comunidades-futuros\/","title":{"rendered":"Les \u00e9crivains nahua : utopies et pratiques communautaires sur les futurs possibles dans la Sierra de Zongolica, Mexique"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading abstract\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ce texte explore les processus de formation de deux collectifs d'\u00e9crivains nahua de la Sierra de Zongolica qui, par le biais de la langue et de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire, cherchent \u00e0 construire des projets communautaires et utopiques. Dans un environnement de forte marginalisation, de discrimination et de lutte persistante, ces \u00e9crivains ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des pratiques et des formes d'organisation collective qui, dans des circonstances historiques et sociales presque toujours d\u00e9favorables, cherchent \u00e0 cr\u00e9er des projets d'avenir et de transformation sociale. \u00c0 travers l'histoire orale et l'ethnographie, l'article analyse leurs trajectoires et s'interroge sur la mani\u00e8re dont ils construisent des utopies et des futurs. L'article se concentre sur les pratiques cr\u00e9atives de ces deux collectifs en les inscrivant dans le d\u00e9bat sur les processus de construction communautaire et les projets utopiques pour l'avenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/comunidades\/\" rel=\"tag\">communaut\u00e9s<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/escritores-nahuas\/\" rel=\"tag\">\u00c9crivains nahua<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/futuros\/\" rel=\"tag\">futur<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/utopias\/\" rel=\"tag\">utopies<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">\u00e9crivains nahua : utopies et pratiques communautaires pour des avenirs possibles dans la sierra de zongolica, mexique<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Deux collectifs d'\u00e9crivains nahua de la Sierra de Zongolica font l'objet de cet article, qui explore la mani\u00e8re dont la langue et la cr\u00e9ation litt\u00e9raire sont utilis\u00e9es pour construire des projets communautaires utopiques. Dans le cadre de la lutte permanente contre l'extr\u00eame marginalisation et la discrimination, ces \u00e9crivains ont d\u00e9velopp\u00e9 des pratiques collectives et des formes d'organisation en vue de projets futurs de transformation sociale dans un contexte historique et social presque toujours d\u00e9favorable. \u00c0 travers l'histoire orale et l'ethnographie, l'article analyse les trajectoires des deux collectifs et explore la mani\u00e8re dont se construisent les utopies et les futurs. L'accent est mis ici sur les pratiques cr\u00e9atives des groupes et s'inscrit dans un d\u00e9bat sur les processus de construction des communaut\u00e9s et des projets utopiques pour l'avenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots-cl\u00e9s : \u00e9crivains nahua, utopies, communaut\u00e9s, avenirs.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-1 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<p class=\"verse\">Aux \u00e9crivains nahua qui, avec leurs mots, tissent des mondes et des espoirs... \u00c0 leurs mots qui traversent le temps... \u00c0 leurs voyages, qu'ils soient longs ou courts, mais toujours dans l'aventure d'une utopie.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Au cours des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies, la Sierra de Zongolica - situ\u00e9e dans l'\u00c9tat de Veracruz au Mexique - a donn\u00e9 naissance \u00e0 un courant d'\u00e9crivains nahua qui ont d\u00e9velopp\u00e9 un ensemble de pratiques et de strat\u00e9gies \u00e9mergentes pour r\u00e9clamer la production d'une litt\u00e9rature \u00e9crite dans leur propre langue, ainsi que pour r\u00e9affirmer l'utilisation du nahuatl dans la vie de tous les jours. Ce groupe d'\u00e9crivains fait partie d'un mouvement r\u00e9gional qui revendique la reconnaissance et l'affirmation des diverses expressions artistiques produites par les personnes d'origine nahua, notamment la peinture, la musique, la danse, la production textile, ainsi que l'\u00e9criture elle-m\u00eame, entre autres. Les litt\u00e9ratures cr\u00e9\u00e9es par ces \u00e9crivains s'articulent autour d'une utopie qui fait de leurs communaut\u00e9s et de leur langue les axes centraux de la production de visions d'avenir.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Cet article d\u00e9crit le processus de d\u00e9veloppement de ces groupes et explore ce que j'appelle les \"pratiques futures\". Ce concept a pour but de suivre et d'analyser la fa\u00e7on dont les groupes d'experts se d\u00e9veloppent. <em>comment<\/em> Les acteurs sociaux, \u00e0 travers leurs pratiques et leurs relations, fa\u00e7onnent les horizons possibles de leur avenir. Comme le souligne Arjun Appadurai, l'anthropologie a accord\u00e9 tr\u00e8s peu de place \u00e0 l'analyse et au traitement des futurs ; son approche a \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t accessoire et fragmentaire (Appadurai, 2013 : 375). L'anthropologie sociale classique d\u00e9daignait son \u00e9tude. Alfred Reginald Radcliffe-Brown, dans les ann\u00e9es 1950, a remis en question la possibilit\u00e9 de se d\u00e9placer dans le pass\u00e9 pour s'en tenir \u00e0 une ethnographie des pr\u00e9sents empiriquement observables. Ses \u00e9tudiants (Max Gluckman, Edward Evan-Pritchard, Edmund Leach, etc.) ont bris\u00e9 ce principe et ouvert la fronti\u00e8re du pass\u00e9 \u00e0 l'anthropologie britannique ; cependant, le futur est rest\u00e9 un tabou anthropologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l'anthropologie culturaliste, l'influence du particularisme historique a ouvert un peu plus la discussion. Son int\u00e9r\u00eat pour la production d'historicit\u00e9s le lui permet. C'est avec Margaret Mead - tout au long des ann\u00e9es 1970 - que l'on voit appara\u00eetre le souci de d\u00e9velopper ce que Robert B. Textor appelle une \" anthropologie anticipatrice \" (Mead, 2005), pionni\u00e8re sur la question des futurs de l'anthropologie. Cependant, ce n'est que plus r\u00e9cemment que des efforts anthropologiques se sont d\u00e9velopp\u00e9s pour \u00e9tudier anthropologiquement le r\u00f4le des futurs dans la pens\u00e9e et les pratiques sociales des gens. Ce th\u00e8me peut \u00eatre retrac\u00e9 dans des contributions r\u00e9centes d'anthropologues tels que Arjun Appadurai (2013) ou Rebecca Bryant et Daniel Knight (2019), parmi d'autres auteurs, mais son d\u00e9veloppement est encore embryonnaire dans le reste de l'anthropologie.<\/p>\n\n\n\n<p>L'\u00e9tude des futurs peut-elle \u00eatre trait\u00e9e de mani\u00e8re anthropologique ? Cette question nous confronte \u00e0 un ensemble d'interrogations et de d\u00e9fis m\u00e9thodologiques. Le futur est une temporalit\u00e9 marqu\u00e9e par l'incertitude. Cependant, il appara\u00eet souvent dans les r\u00e9cits des acteurs sociaux avec lesquels nous travaillons sous la forme de diff\u00e9rents r\u00e9cits et pratiques utopiques, qui nous renseignent sur leurs attentes, leurs d\u00e9sirs de changement et sur la mani\u00e8re dont les agents sociaux \"imaginent\" le futur, ainsi que la transition vers d'autres modes de vie avec lesquels ils sont en d\u00e9saccord ou qu'ils cherchent \u00e0 changer.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> Lorsque ces formes d'\"imagination\" prennent la forme de formes d'action collective, elles produisent des pratiques concr\u00e8tes qui peuvent faire l'objet d'une analyse ethnographique. C'est sur ce sc\u00e9nario de pratiques que je cherche \u00e0 me concentrer dans cet article. J'entends par \"pratiques du futur\" toutes les formes d'action collective qui partent d'un \"pr\u00e9sent ethnographique\", mais qui sont ex\u00e9cut\u00e9es avec la possibilit\u00e9 d'influencer le futur. Cela n'implique pas que dans ces \"pr\u00e9sents ethnographiques\", les agents sociaux ne r\u00e9cup\u00e8rent pas \u00e9galement leurs r\u00e9cits du pass\u00e9, comme une forme de r\u00e9capitulation et de projection dans l'avenir. Regarder le pass\u00e9 (\u00e0 partir du pr\u00e9sent) configure \u00e9galement un sc\u00e9nario pour produire des images du futur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \"pratiques de prospective\" se rapprochent de ce qu'Appadurai a appel\u00e9 la \"conception de futurs possibles\" auxquels on aspire collectivement (Appadurai, 2013 : 335), et impliquent la capacit\u00e9 d'action et de cr\u00e9ation culturelle. Les utopies s'inscrivent dans ce domaine des futurs possibles. Gr\u00e2ce aux utopies, les agents envisagent des horizons possibles de changement et d'action. Bien que nos vies quotidiennes soient impr\u00e9gn\u00e9es par le poids des habitudes et des routines, il est \u00e9galement vrai qu'autour d'elles planent un grand nombre d'aspirations et d'utopies partag\u00e9es qui, par le biais d'une action collective, peuvent conduire \u00e0 des processus de changement et de transformation. Il s'agit sans aucun doute d'un sc\u00e9nario travers\u00e9 \u00e0 la fois par des formes de cr\u00e9ativit\u00e9 culturelle et par des sc\u00e9narios de pouvoir et de r\u00e9sistance sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, j'aborde le d\u00e9veloppement d'un groupe d'enseignants de l'\u00e9ducation de base qui sont \u00e9galement des \u00e9crivains dans leur langue maternelle et qui, pendant plusieurs d\u00e9cennies, ont d\u00e9velopp\u00e9 un projet utopique autour de cette langue. Dans les r\u00e9cits de ces \u00e9crivains, une utopie linguistique est configur\u00e9e qui prend l'enseignement du nahuatl et le processus d'\u00e9criture de la langue comme point central de r\u00e9f\u00e9rence et d'action collective, visant \u00e0 renforcer leurs communaut\u00e9s et leur propre culture. Il existe chez eux un d\u00e9sir ancien de r\u00e9cup\u00e9rer la place de leur langue et de rompre ainsi avec le traitement discriminatoire dont elle fait l'objet au quotidien.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> \u00c0 partir de l\u00e0, en 2022, ils ont cr\u00e9\u00e9 deux collectifs d'\u00e9crivains visant \u00e0 produire leurs propres formes d'\u00e9dition en l'absence de soutien institutionnel. Cependant, cette initiative a des ant\u00e9c\u00e9dents \u00e0 plus long terme. L'article est bas\u00e9 sur un suivi ethnographique et d'histoire orale des formes d'organisation qu'ils ont d\u00e9velopp\u00e9es au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es au moins.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte est divis\u00e9 en trois sections. Dans la premi\u00e8re, je situe le contexte nahua dans lequel op\u00e8rent les groupes organis\u00e9s d'\u00e9crivains. \u00c0 partir de l\u00e0, j'analyse l'effet que ces formes d'\u00e9criture ont sur les processus de normalisation de la langue nahua dans la r\u00e9gion, ainsi que sur la relation entre l'oralit\u00e9 nahua et l'\u00e9criture. Enfin, dans la derni\u00e8re section, j'explore la mani\u00e8re dont ces processus sont d\u00e9cant\u00e9s dans l'appropriation des technologies num\u00e9riques, comme une nouvelle plateforme \u00e0 partir de laquelle ils tissent \u00e9galement leurs projets utopiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l'ensemble, l'article cherche \u00e0 d\u00e9montrer que tous ces sc\u00e9narios de (re)production culturelle refl\u00e8tent les attentes et les luttes pour les \"futurs possibles\" des \u00e9crivains nahua et de leurs communaut\u00e9s, construisant \u00e0 travers eux des pratiques qui sont situ\u00e9es dans le pr\u00e9sent, mais qui cherchent \u00e0 r\u00e9aliser les r\u00eaves et les projections de la communaut\u00e9. Chacune des sections d\u00e9crites dans l'article s'appuie sur des donn\u00e9es ethnographiques. <em>un moyen<\/em> un tour des \u00e9crivains. A<em> croisement<\/em> L'utopie de l'avenir partag\u00e9 est une utopie de l'avenir partag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le voyage \u00e0 Xalapa : \u00e9crire de la litt\u00e9rature en nahuatl<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En mai 2023, douze enseignants bilingues nahua de la Sierra de Zongolica se sont rendus dans la ville de Xalapa, capitale de l'\u00c9tat de Veracruz au Mexique, pour donner deux pr\u00e9sentations publiques dans des espaces acad\u00e9miques de l'Universidad Veracruzana.<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> Leur objectif \u00e9tait de pr\u00e9senter les r\u00e9sultats d'un travail collectif qu'ils ont appel\u00e9 Ateliers d'\u00e9criture cr\u00e9ative en langues indig\u00e8nes. Le groupe \u00e9tait compos\u00e9 de sept hommes et cinq femmes qui avaient particip\u00e9, depuis ao\u00fbt 2022, \u00e0 la cr\u00e9ation de po\u00e8mes, de devinettes, de contes et de nouvelles. Ils avaient derri\u00e8re eux le travail d\u00e9velopp\u00e9 par deux collectifs d'\u00e9crivains. Le premier, appel\u00e9 le <em>Mixtlahtolli <\/em>(Nube de Palabras), dont le si\u00e8ge se trouve dans la capitale municipale de Zongolica, et le second dans la municipalit\u00e9 de Zongolica. <em>Olochtlahkuilolli <\/em>(Groupe d'\u00e9crivains), bas\u00e9 dans la municipalit\u00e9 de Tequila.<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Certains de ces enseignants avaient une petite exp\u00e9rience personnelle de la production de textes litt\u00e9raires, mais aucun n'avait jamais produit de textes destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre diffus\u00e9s. Les documents produits, sous forme de brochures de diff\u00e9rentes tailles, \u00e9taient r\u00e9dig\u00e9s en nahuatl, accompagn\u00e9s de dessins et de traductions en espagnol qu'ils pla\u00e7aient \u00e0 la fin de chacune de leurs publications. Pour leur \u00e9laboration \u00e9ditoriale, ils ont utilis\u00e9 les outils de base de la <em>logiciel<\/em> pour la composition (Microsoft Publisher), mais le reste du travail a \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 la main : coller des feuilles de carton et de papier, les coudre et les recouvrir de plastique. Le mat\u00e9riel apport\u00e9 est vaste, riche et vari\u00e9. Quinze textes, dont ils ont fait vingt tirages de chaque, qu'ils ont mis en vente au public \u00e0 la fin de la session.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-1-El-viaje-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2560x1920\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1: Colectivo de escritores en la ciudad de Xalapa. Unidad Acad\u00e9mica de Humanidades, Universidad Veracruzana, Xalapa, Veracruz, 8 de mayo de 2023. Fotograf\u00eda del autor.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-1-El-viaje-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 1 : Collectif d'\u00e9crivains dans la ville de Xalapa. Unidad Acad\u00e9mica de Humanidades, Universidad Veracruzana, Xalapa, Veracruz, 8 mai 2023. Photographie de l'auteur.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>L'id\u00e9e de pr\u00e9senter ce mat\u00e9riel \u00e0 Xalapa a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e \u00e0 l'initiative des collectifs. Ils n'ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s par aucune institution particuli\u00e8re. Ils ont eux-m\u00eames convenu avec des amis et des connaissances de l'universit\u00e9 de la possibilit\u00e9 de pr\u00e9senter leur mat\u00e9riel publiquement dans des espaces universitaires et de rester deux jours \u00e0 Xalapa. Pourquoi se rendre \u00e0 Xalapa pour pr\u00e9senter ces mat\u00e9riels au milieu d'une situation si peu soutenue ? Quel \u00e9tait l'esprit de cette initiative, au-del\u00e0 de faire conna\u00eetre et de diffuser leurs mat\u00e9riels ? Quel est le sens de l'expression \"produire collectivement de l'\u00e9crit\", qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e \u00e0 diff\u00e9rents moments de leurs pr\u00e9sentations ? Mais surtout, qu'est-ce que tout cela nous apprend sur les mani\u00e8res actuelles de penser et de produire des formes d'art cr\u00e9atif dans des r\u00e9gions habit\u00e9es par des peuples natifs, comme la Sierra de Zongolica, sur la fa\u00e7on dont elles s'articulent avec leurs communaut\u00e9s et sur la fa\u00e7on dont elles expriment des \"pratiques de futurs possibles\" ?<\/p>\n\n\n\n<p>Les formes d'expression artistique dans la Sierra de Zongolica englobent un large \u00e9ventail de manifestations qui ont toujours \u00e9t\u00e9 associ\u00e9es les unes aux autres dans des domaines tels que la production rituelle et c\u00e9r\u00e9monielle. Ces formes d'expression apparaissent \u00e9galement dans d'autres productions artistiques des peuples indig\u00e8nes vivant dans le pays. Elles ne sont pas pr\u00e9sent\u00e9es isol\u00e9ment les unes des autres, mais forment un champ actif de pratiques en dialogue constant et interconnect\u00e9es par la (re)production rituelle et culturelle des groupes qui les (re)cr\u00e9ent. Les textes de ces \u00e9crivains ont suivi ce principe, r\u00e9cup\u00e9rant dans leurs r\u00e9cits des aspects mythiques, culturels et rituels. Mais, fondamentalement, ils ont utilis\u00e9 l'\u00e9criture comme un moyen de revendiquer leurs identit\u00e9s communautaires et d'exprimer leur droit \u00e0 s'exprimer dans leur propre langue, oralement et par \u00e9crit, ainsi que de projeter ces formes de perception et de connaissance dans l'avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Les diff\u00e9rences entre la production des diverses esth\u00e9tiques indig\u00e8nes et les formes d'art plus occidentales, qui consid\u00e8rent les manifestations artistiques comme des unit\u00e9s disciplinaires distinctes, ont conduit \u00e0 ce que l'art produit par les peuples indig\u00e8nes soit moins bien trait\u00e9. Ils sont ainsi confin\u00e9s dans des cat\u00e9gories telles que l'\"art populaire\" ou l'\"art indig\u00e8ne\" (H\u00e9mond, 1989 ; Arruti, Traldi et Borges, 2014 ; Goldstein, 2014). Cependant, la nature m\u00eame de ces manifestations et la mani\u00e8re dont elles se manifestent sont peu discut\u00e9es. <em>comment<\/em> s'articulent dans le monde global, dans lequel ils vivent et voyagent quotidiennement.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus ou moins r\u00e9cemment, un mouvement est apparu dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du pays, qui s'efforce de remettre en question les limites de l'art et les fronti\u00e8res qui excluent ou tendent \u00e0 rendre invisible l'art indig\u00e8ne, en s'opposant \u00e0 la port\u00e9e d'une telle r\u00e9flexion. Il ne fait aucun doute que ces visions expriment des formes de r\u00e9sistance sociale (De Parres, 2022) et qu'elles configurent la construction de projets utopiques locaux et r\u00e9gionaux. Cette revendication de l'art et, en particulier, de l'\u00e9criture, est \u00e9galement pr\u00e9sente chez les habitants de la Sierra de Zongolica.<\/p>\n\n\n\n<p>La Sierra de Zongolica fait partie de la Sierra Madre Oriental. Elle est situ\u00e9e au centre de l'\u00c9tat de Veracruz. Ce massif montagneux est reli\u00e9 \u00e0 deux autres grandes cha\u00eenes de montagnes : la Sierra Negra et la Sierra Mazateca. Ensemble, elles forment le syst\u00e8me orographique connu sous le nom de Altas Monta\u00f1as, qui s'\u00e9tend entre les fronti\u00e8res des \u00c9tats de Veracruz, Puebla et Oaxaca. Il s'agit d'une zone de grande marginalit\u00e9 et de forts processus d'expropriation territoriale et de d\u00e9possession historique (Reyes, 1963 ; Aguirre Beltr\u00e1n, 1987).<\/p>\n\n\n\n<p>Les communaut\u00e9s nahuas qui y sont \u00e9tablies depuis le <span class=\"small-caps\">xii<\/span> (Aguirre Beltr\u00e1n, 1986 : 20) ont une longue histoire de reproduction culturelle. Leur permanence prolong\u00e9e dans la r\u00e9gion a coexist\u00e9 avec diff\u00e9rents assauts et processus de n\u00e9gation linguistique depuis la p\u00e9riode coloniale espagnole, exacerb\u00e9s par les politiques qui, tout au long des si\u00e8cles, ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre dans la r\u00e9gion. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Les populations indig\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es dans le projet d'homog\u00e9n\u00e9isation nationale (Brice, 1986 ; Aguirre Beltr\u00e1n, 1993). Depuis les r\u00e9formes lib\u00e9rales des ann\u00e9es <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et la p\u00e9riode de prolif\u00e9ration des instituteurs ruraux (pendant la majeure partie de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle), la langue a \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 un processus continu de maltraitance culturelle, qui a laiss\u00e9 des traces dans la population de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1980, un groupe d'enseignants nahua a commenc\u00e9 \u00e0 remettre en question le processus d'invisibilisation de la langue, dont ils ont fait l'exp\u00e9rience directe pendant leur enfance dans les \u00e9coles et plus tard en tant que jeunes \u00e9tudiants en formation d'enseignants. Dans certains de leurs r\u00e9cits et entretiens<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> La mani\u00e8re dont ce sentiment de malaise les a progressivement rapproch\u00e9s et les a fait r\u00e9fl\u00e9chir aux possibilit\u00e9s d'inverser ce processus de discrimination peut \u00eatre observ\u00e9e. Tout d'abord, en r\u00e9alisant un r\u00eave utopique longtemps caress\u00e9 : revaloriser l'usage de la langue et son \u00e9criture. C'est le d\u00e9but et le d\u00e9veloppement d'une utopie linguistique-communautaire. Cette activit\u00e9 se concr\u00e9tisera progressivement, d'abord dans l'organisation de la vie collective, ensuite dans l'organisation de la vie associative. <em>Xochitlahtolli <\/em>(\u00e0 laquelle nous ferons r\u00e9f\u00e9rence dans la section suivante) et, plus tard, dans le d\u00e9veloppement de l'\u00e9ducation collective \u00e0 l'environnement. <em>Olochtlahkuilolli <\/em>et <em>Mixtlahtolli<\/em>qui a mis cette utopie sur les rails.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le processus de cr\u00e9ation de collectifs<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Olochtlahkuilolli <\/em>est un groupe de neuf personnes (quatre femmes et cinq hommes). Toutes ces personnes parlent le nahuatl. \u00c0 l'exception d'une femme, originaire de la Huasteca, les autres (huit) sont n\u00e9s dans la Sierra de Zongolica, mais viennent de diff\u00e9rentes communaut\u00e9s : deux de la municipalit\u00e9 d'Atlahuilco, deux de la municipalit\u00e9 de Zongolica et quatre de la municipalit\u00e9 de Tequila. La plupart d'entre eux vivent \u00e0 Tequila (six) et les autres dans des villes situ\u00e9es \u00e0 moins de vingt kilom\u00e8tres : un \u00e0 Tlilapan et deux autres \u00e0 Atlahuilco. Ils ont en commun d'\u00eatre des professeurs d'\u00e9ducation indig\u00e8ne. La grande majorit\u00e9 d'entre eux enseignent dans des \u00e9coles primaires multigrades appartenant \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale de l'\u00e9ducation indig\u00e8ne, interculturelle et bilingue. Cela signifie que dans leurs groupes scolaires, ils enseignent \u00e0 des enfants qui peuvent provenir de deux ou plusieurs niveaux d'enseignement en m\u00eame temps. Il y a \u00e9galement quelques enseignants de l'enseignement pr\u00e9scolaire. Enfin, pour compl\u00e9ter le profil de ce premier groupe, il est important de mentionner que leur tranche d'\u00e2ge est tr\u00e8s vari\u00e9e, allant de 27 \u00e0 60 ans et regroupant diff\u00e9rentes exp\u00e9riences g\u00e9n\u00e9rationnelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le collectif se r\u00e9unit une fois par semaine, le mardi \u00e0 16 heures, dans l'une des maisons des enseignants \u00e0 Tequila. Ils ne d\u00e9rogent \u00e0 cette r\u00e8gle que pendant les p\u00e9riodes de vacances ou lorsqu'il y a une activit\u00e9 scolaire fix\u00e9e par le minist\u00e8re de l'\u00e9ducation publique (Secretar\u00eda de Educaci\u00f3n P\u00fablica).<span class=\"small-caps\">sep<\/span>) ou par la supervision de l'\u00e9cole, qui les fait se concentrer sur les activit\u00e9s pr\u00e9vues dans le calendrier scolaire. Le travail des collectifs est r\u00e9alis\u00e9 pour leur propre compte et de mani\u00e8re totalement libre. Le groupe a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 par l'enseignant Ram\u00f3n Tepole Gonz\u00e1lez, originaire de la municipalit\u00e9 de Zongolica, qui est l'organisateur et le promoteur des deux collectifs. Il a un rythme de travail effr\u00e9n\u00e9. Pendant la semaine, il enseigne le matin \u00e0 des classes pr\u00e9scolaires dans la municipalit\u00e9 de Zongolica, et le week-end, il donne un cours de licence \u00e0 l'Universit\u00e9 p\u00e9dagogique nationale (Universidad Pedag\u00f3gica Nacional).<span class=\"small-caps\">upn<\/span>) d'Orizaba.<\/p>\n\n\n\n<p>Tepole ne s'\u00e9tait jamais consacr\u00e9 \u00e0 la litt\u00e9rature auparavant, mais il se consid\u00e8re comme un promoteur naturel de la langue nahuatl. Vingt-cinq ans plus t\u00f4t, il a particip\u00e9 \u00e0 un autre collectif qui l'a fortement influenc\u00e9, le groupe <em>Xochitlahtolli<\/em> (Palabra Florida), dont je parlerai plus tard. La cr\u00e9ation du collectif Tequila - qui a vu le jour en m\u00eame temps que le collectif Zongolica - visait \u00e0 cr\u00e9er les conditions n\u00e9cessaires pour stimuler \u00e0 la fois la production de litt\u00e9rature locale et la diffusion de m\u00e9canismes non institutionnalis\u00e9s destin\u00e9s \u00e0 renforcer l'apprentissage du nahuatl dans les \u00e9coles :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Ce n'est pas qu'il n'y ait pas de litt\u00e9rature en langue nahuatl. Elle existe, mais pas de mani\u00e8re syst\u00e9matique. Ce n'est pas une t\u00e2che. Il y a eu des \u00e9crivains en langue nahuatl. Mais il \u00e9tait n\u00e9cessaire de travailler davantage sur cette partie ici [en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Sierra de Zongolica] Pourquoi ? parce qu'il y a un \u00e9norme manque de connaissance dans les \u00e9coles des textes en langues indig\u00e8nes et particuli\u00e8rement dans notre langue [...] nous avons dit : <em>Comment faire pour \u00eatre s\u00fbr de ne pas se tromper de cible ?<\/em> Pourquoi devons-nous \u00e9crire dans notre langue ? Qui va faire ce travail d'\u00e9criture ? -<em>Akin kichiwas inon tlaikuilolistle ?<\/em> O\u00f9 allons-nous nous adresser pour soulever ces questions qui doivent \u00eatre \u00e9crites ? -<em>Kanin sekinkuite tlayehyikolmeh tlen sekinmihkuilos ?<\/em> Et puis, comment allons-nous diffuser tout ce travail ? -<em>Kenin seki nextis inin tlatekispanole ?<\/em> L'objectif de l'atelier, ainsi que de la r\u00e9alisation de ces travaux, \u00e9tait d'identifier le talent des \u00e9crivains en langue nahuatl. C'est-\u00e0-dire essayer de trouver des coll\u00e8gues qui aimaient \u00e9crire et heureusement il y en avait !... et les voil\u00e0... Voil\u00e0 les mat\u00e9riaux (enseignant Ram\u00f3n Tepole Gonz\u00e1lez, 5 mai 2023, Xalapa, Veracruz).<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L'invitation \u00e0 former le collectif a d'abord \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e par le maestro Tepole. Cependant, certains enseignants ont invit\u00e9 d'autres personnes, cr\u00e9ant ainsi de petits liens et des r\u00e9seaux d'int\u00e9r\u00eats communs. Par exemple, l'un des enseignants, directeur d'une \u00e9cole primaire \u00e0 Atlahuilco, a invit\u00e9 un autre enseignant de l'\u00e9cole qui avait un \"go\u00fbt\" pour l'\u00e9criture. Ce jeune homme, danseur depuis l'\u00e2ge de huit ans, petit-fils d'un ancien capitaine de danse, avait \u00e9galement eu des exp\u00e9riences personnelles ant\u00e9rieures autour de la po\u00e9sie :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">J'ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e par la directrice de mon centre de travail. Elle m'a dit : \" Eh, ils vont commencer \u00e0 travailler, comment tu vois ? Et j'ai dit : \" Eh bien, allez-y, \u00e9crivons \". Comme je vous disais l'autre fois, je crois que j'avais d\u00e9j\u00e0 des choses l\u00e0... et j'ai dit : \" Bon... bon, pareil... voil\u00e0 les am\u00e9liorations, ou, voyons ce que... ce qu'on peut faire d'autre, non ? [...] C'est ainsi que nous avons commenc\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer mes coll\u00e8gues [...] et ensuite, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 voir qu'il y avait autre chose [...] pour commencer \u00e0 cr\u00e9er quelque chose de diff\u00e9rent (entretien avec Ad\u00e1n Xotlanihua Tezoco, 5 septembre 2023, Tequila, Veracruz).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour sa part, le processus de formation du collectif Zongolica, <em>Mixtlahtolli, <\/em>pr\u00e9sente \u00e9galement de nombreuses similitudes avec celui de Tequila. Dans ce cas, le groupe est compos\u00e9 de neuf personnes, cinq hommes et quatre femmes. Par co\u00efncidence, une personne est \u00e9galement originaire de la Huasteca, mais dans ce cas, il s'agit d'un homme. La plupart des enseignants vivent \u00e0 Zongolica, mais quelques personnes viennent des communaut\u00e9s de l'int\u00e9rieur de la municipalit\u00e9 pour assister aux r\u00e9unions de travail qui ont lieu les lundis apr\u00e8s-midi ou parfois les dimanches matin.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le collectif <em>Olochtlahkuilolli, <\/em>Les s\u00e9ances de travail durent g\u00e9n\u00e9ralement deux \u00e0 trois heures par semaine et se terminent par un repas, qui est partag\u00e9 collectivement \u00e0 la fin des s\u00e9ances de travail. Au cours de la premi\u00e8re phase de formation des collectifs, les s\u00e9ances d'atelier portaient principalement sur la mani\u00e8re d'\u00e9crire le nahuatl. Comme nous le verrons plus loin, le nahuatl n'a pas encore achev\u00e9 son processus de normalisation de l'\u00e9criture. Les r\u00e9unions ont \u00e9galement port\u00e9 sur le type d'histoires \u00e0 \u00e9crire et sur la mani\u00e8re de les \u00e9crire. D'apr\u00e8s Isabel Mart\u00ednez Nopaltecatl (la plus jeune membre du collectif), les r\u00e9unions ont \u00e9galement port\u00e9 sur le type d'histoires \u00e0 \u00e9crire et sur la mani\u00e8re de les \u00e9crire. <em>Olochtlahkuilolli<\/em>), la discussion et l'examen des documents sont men\u00e9s collectivement, selon les \u00e9tapes suivantes :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Nous \u00e9crivons nos textes... et, avec le soutien du professeur Ram\u00f3n, [\u00e0 qui] ils sont envoy\u00e9s... nous continuons \u00e0 les r\u00e9viser individuellement [...] Il y a une deuxi\u00e8me \u00e9tape, qui est l'\u00e9criture collective. Nous nous r\u00e9unissons tous. Nous analysons les textes, nous les planifions. Dans cette deuxi\u00e8me phase, nous avons deux moments. Au premier moment, l'auteur lit son texte complet. Si le texte est court, nous le lisons en entier, mais s'il s'agit d'une nouvelle, nous la lisons en plusieurs parties. Nous lisons la premi\u00e8re partie et, une fois le texte lu paragraphe par paragraphe, nous disons : \"Qu'avez-vous compris ?\", car nous ne devons pas oublier que, m\u00eame si nous \u00e9crivons pour nous-m\u00eames, nous \u00e9crivons aussi pour le public et, surtout, pour nos communaut\u00e9s. C'est eux qui vont lire... Nous commen\u00e7ons donc \u00e0 nous donner mutuellement un feedback : \"Bon, j'ai compris \u00e7a\". Je clarifie cela, en nahuatl, parce que nous parlons nahuatl... [L'auteur] nous dit ce qu'il voulait dire. Souvent, nous parvenons vraiment \u00e0 comprendre ces textes et nous disons : \"Eh bien, j'ai compris ce que vous vouliez dire\" ou non. Ces analyses que nous faisons prennent vraiment du temps... quatre heures, deux heures, parfois trois... parfois nous les faisons \u00e0 la maison... mais cela en vaut la peine, pourquoi ? Parce que dans ces moments-l\u00e0, on apprend collectivement.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce processus de r\u00e9vision des supports a conduit les membres \u00e0 construire une r\u00e9flexivit\u00e9 constante sur les processus d'\u00e9criture et de standardisation linguistique, mais aussi sur les conditions de communication de la litt\u00e9rature qu'ils produisent, comme le refl\u00e8tent les citations ci-dessus.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les deux groupes, il est possible d'identifier deux tendances principales qui les ont amen\u00e9s \u00e0 rejoindre les collectifs, qui ne sont pas en contradiction l'une avec l'autre. La premi\u00e8re d\u00e9coule directement de leur formation d'enseignant et de leur implication, c'est-\u00e0-dire de leur engagement pour la langue. Plusieurs d'entre eux ont subi des discriminations linguistiques et\/ou culturelles dans leur jeunesse, ce qui les a amen\u00e9s \u00e0 prendre position en faveur de la diffusion et de la d\u00e9fense de la langue. La difficult\u00e9 de trouver du mat\u00e9riel en nahuatl les a amen\u00e9s \u00e0 chercher des m\u00e9canismes pour le produire eux-m\u00eames et \u00e0 se lancer dans le domaine de l'\u00e9criture. Au cours de ce processus, certains ont d\u00e9couvert ou affirm\u00e9 d'autres comp\u00e9tences qui les ont mis sur la voie d'une production litt\u00e9raire \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9couverte de cette situation a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9sultat d'un processus collectif, mais aussi de processus individuels de perception de l'\u00e9criture, de la litt\u00e9rature et du potentiel de chacun. Pour certains, l'adh\u00e9sion aux collectifs a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9sultat d'une recherche d'outils p\u00e9dagogiques permettant d'enseigner et de transmettre la langue. Cependant, dans d'autres cas, la participation aux collectifs les a incit\u00e9s \u00e0 consid\u00e9rer l'\u00e9criture comme un moyen de r\u00e9fl\u00e9chir sur eux-m\u00eames, d'explorer le sens de leurs communaut\u00e9s. \u00c0 cet \u00e9gard, je reproduis le dialogue suivant, produit dans le cadre de l'un des entretiens :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Personne interrog\u00e9e : D'apr\u00e8s ma conception ou ma perspective... je ne sais pas s'il faut l'appeler trajectoire ou exp\u00e9rience... \u00e9crire en n\u00e1huatl est... une preuve, un t\u00e9moignage que nous sommes ici, que nous existons [...] Et c'est le pourquoi. Mais dans ce pourquoi, dans cette recherche du pourquoi, non seulement nous laissons des preuves, mais nous devenons aussi, nous devenons des co-participants de... d'aujourd'hui, de ce qui existe... Vous devenez une partie de... Si vous n'\u00e9crivez pas le nahuatl, alors vous devenez un \u00eatre qui... qui est juste l\u00e0, n'est-ce pas, inexistant, sans vie. Donc, si vous \u00e9crivez, vous devenez un co-participant, vous devenez quelqu'un qui existe et qui laisse un t\u00e9moignage, vous laissez des preuves... des r\u00e9alit\u00e9s d'une communaut\u00e9... \u00e0 ces g\u00e9n\u00e9rations et aux g\u00e9n\u00e9rations futures. Je pense que c'est l\u00e0 l'essentiel. Si nous l'apercevons \u00e0 partir de l'art, \u00e0 partir de l'art aussi.<br>Interviewer : L'\u00e9criture en nahuatl est-elle un art ?<br>Personne interrog\u00e9e : L'\u00e9criture en elle-m\u00eame est un art, de mon point de vue... Plus encore lorsque vous parlez de votre communaut\u00e9 (entretien avec Ad\u00e1n Xotlanihua Tezoco, 5 septembre 2023, Tequila, Veracruz).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Oralit\u00e9, \u00e9criture et normalisation linguistique : un voyage de longue haleine<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour certains de ces enseignants, la d\u00e9couverte de leur m\u00e9tier d'\u00e9crivain a fait partie d'un voyage. Un voyage avec diff\u00e9rentes temporalit\u00e9s et constructions symboliques. Pour le voyage \u00e0 Xalapa, les deux collectifs ont d\u00e9cid\u00e9 de faire fabriquer des chemises comm\u00e9moratives qu'ils ont port\u00e9es pendant leur s\u00e9jour. Tous les membres des deux collectifs n'ont pas pu y participer, mais la plupart des membres des deux groupes, douze au total, ont pu y assister. Lors de la cr\u00e9ation des collectifs (il y a un an), chaque groupe a g\u00e9n\u00e9r\u00e9, en plus de son nom, ses propres symboles ; en particulier, des armoiries distinctives pour chacun des groupes (voir image 2).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-2-Escudos.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2090x556\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2: Escudos dise\u00f1ados por los colectivos. A la izquierda aparece el de Mixtlaltolli. Al centro, el de Olochtlahkuilolli. Del lado derecho, el de Ma Moyoliti Nawatlahkuilolli.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-2-Escudos.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 2 : Armoiries con\u00e7ues par les collectifs. \u00c0 gauche, celle de Mixtlaltolli. Au centre, celle d'Olochtlahkuilolli. \u00c0 droite, celle de Ma Moyoliti Nawatlahkuilolli.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les armoiries de la <em>Mixtlaltolli<\/em> repr\u00e9sente en noir et blanc un paysan souriant, vu de profil, \u00e9mergeant d'un nuage. L'image est accompagn\u00e9e d'une virgule pr\u00e9hispanique symbolisant le don de la parole et, en nahuatl, le mot <em>olocholli,<\/em> \"Ce terme peut \u00e9galement \u00eatre traduit m\u00e9taphoriquement par \"groupe\" ou \"collectif\". Le nom du groupe cl\u00f4t cet ensemble : <em>Mixtlaltolli<\/em>Nuage de mots\".<\/p>\n\n\n\n<p>Les armoiries du collectif <em>Olochtlahkuilolli<\/em> comporte un dessin en diagonale repr\u00e9sentant l'une des \u00e9charpes color\u00e9es port\u00e9es par les femmes nahua de Tequila dans le cadre de leur costume traditionnel. Dans la partie sup\u00e9rieure du bouclier, la virgule du don du mot (en couleur) r\u00e9appara\u00eet et, de sa partie arrondie, la lettre O, pour <em>Olochtlahkuilolli. <\/em>Les derniers \u00e9l\u00e9ments du blason sont la figure d'un oiseau et le mot \"oiseau\". <em>Tekilan, <\/em>comme une allusion au patronyme nahuatl de la localit\u00e9, qui signifie Tequila en espagnol.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le voyage \u00e0 Xalapa, les collectifs ont d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er un troisi\u00e8me bouclier qui les identifierait en tant que groupe. Pour ce faire, ils ont repris le fa-ja traditionnel et l'ont inclus dans le bouclier, mais dans des couleurs diff\u00e9rentes de celles qui apparaissent dans l'embl\u00e8me du collectif. <em>Olochtlahkuilolli<\/em>. Ils ont plac\u00e9 la ceinture au centre, en forme de U, et au milieu de cette repr\u00e9sentation, ils ont plac\u00e9 l'image d'un tatou tenant un crayon dans l'une de ses mains. Sur le bouclier, ils ont plac\u00e9 la phrase en nahuatl : <em>Ma Moyoliti Nawatlahkuilolli,<\/em> qui signifie en espagnol : \"Que revive l'\u00e9criture de la langue nahuatl\". C'est avec ce nom et ces armoiries qu'ils se sont pr\u00e9sent\u00e9s lors de leur voyage \u00e0 Xalapa.<\/p>\n\n\n\n<p>La relation entre les images et les mots est une caract\u00e9ristique qui n'appara\u00eet pas seulement dans les boucliers des collectifs. Elle est pr\u00e9sente de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale dans tous leurs textes. Dans les po\u00e8mes, par exemple, les strophes sont s\u00e9par\u00e9es en unit\u00e9s et sont toujours accompagn\u00e9es d'une image ; strophe et image sont plac\u00e9es sur des pages s\u00e9par\u00e9es. Les traductions des po\u00e8mes en espagnol apparaissent sous une forme continue, sans images, de sorte que l'image et le texte (en nahuatl) forment un seul circuit de communication.<\/p>\n\n\n\n<p>Les images n'apparaissent pas de mani\u00e8re dissoci\u00e9e ou comme des vignettes d\u00e9tach\u00e9es du sens du texte. Les images ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues par deux dessinateurs nahua locaux et ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9es et discut\u00e9es lors des r\u00e9unions de l'atelier. Inspir\u00e9s par les situations \u00e9voqu\u00e9es dans les histoires ou les po\u00e8mes, ces dessinateurs ont r\u00e9alis\u00e9 leurs dessins en suivant des lignes contemporaines. Lorsque j'ai remarqu\u00e9 cette relation entre l'image et le texte, j'ai interrog\u00e9 le responsable des groupes, Ram\u00f3n Tepole, qui m'a r\u00e9pondu : \"C'est vrai... c'est quelque chose de nouveau que nous faisons..., mais c'\u00e9tait comme \u00e7a avant\". C'est seulement dans l'autre sens, quand les <em>tlacuilos<\/em> ils devaient mettre des lettres sur leurs \u00e9crits.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, pour eux, \u00e9crire en nahuatl n'est pas quelque chose de nouveau. C'est peut-\u00eatre de l\u00e0 que vient l'expression : <em>Ma Moyoliti Nawatlahkuilolli <\/em>- Cette <em>raviver<\/em> l'\u00e9criture de la langue nahuatl\". Pour les membres des collectifs, l'\u00e9criture existait d\u00e9j\u00e0, mais sous d'autres formes. L'action de \"revivifier\", dans ce contexte, consiste \u00e0 transformer l'oralit\u00e9 du nahuatl en une autre forme d'\u00e9criture, en l'occurrence alphab\u00e9tique. Mais ils le font en \u00e9tant pleinement conscients qu'il existait d'autres formes d'\u00e9criture (id\u00e9ographiques), qui ont \u00e9t\u00e9 perdues en raison de l'imposition coloniale. C'est pourquoi la pr\u00e9sence d'images et de mots \u00e9crits dans leurs textes actuels est extr\u00eamement int\u00e9ressante. C'est une mani\u00e8re de marquer la perte d'autres formes anciennes d'\u00e9criture et le projet d'en cr\u00e9er de nouvelles.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, l'allusion au pass\u00e9 plus lointain de l'\u00e9criture marque l'insertion d'autres temporalit\u00e9s dans la discussion. Elle nous ram\u00e8ne trente ans en arri\u00e8re, au moment de la cr\u00e9ation du collectif d'enseignants. <em>Xochitlahtolli, <\/em>qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les collectifs plus r\u00e9cents : <em>Olochtlahkuilolli <\/em>et <em>Mixtlaltolli<\/em>. Ce groupe d'enseignants nahuas a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 s'impliquer dans la d\u00e9fense du nahuatl dans la r\u00e9gion et a commenc\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer un projet utopique qui, bien avant la formation des collectifs actuels, s'est engag\u00e9 dans une discussion sur la d\u00e9fense de la langue.<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a> Dans les entretiens avec les enseignants plus \u00e2g\u00e9s, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette p\u00e9riode est tr\u00e8s explicite.<\/p>\n\n\n\n<p>Le processus de transformation de l'oralit\u00e9 nahuatl en \u00e9criture fait l'objet d'un vaste d\u00e9bat auquel participent des anthropologues linguistes, des organisations publiques et \u00e9tatiques (comme l'Academia Veracruzana de las Lenguas Ind\u00edgenas-<span class=\"small-caps\">aveli<\/span>), des institutions publiques f\u00e9d\u00e9rales (telles que l'Instituto Nacional de Lenguas Ind\u00edgenas-<span class=\"small-caps\">inali<\/span>), les organismes publics d'\u00e9ducation, les organisations non gouvernementales et, bien s\u00fbr, les enseignants nahua de la r\u00e9gion eux-m\u00eames. La prise de conscience de ce processus est en fait un troisi\u00e8me axe (en plus des axes p\u00e9dagogique et litt\u00e9raire) qui a conduit \u00e0 la cr\u00e9ation des collectifs de la Sierra de Zongolica. Pour certains de ses membres, la production d'\u00e9crits en n\u00e1huatl est, en pratique, une fa\u00e7on de participer au processus de normalisation du n\u00e1huatl.<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> Du point de vue du cr\u00e9ateur des deux collectifs, l'\u00e9criture en nahuatl et la production de textes d\u00e9passent la discussion strictement politique et th\u00e9orique de ces processus, qui se d\u00e9roule depuis plusieurs d\u00e9cennies, dans des r\u00e9unions r\u00e9unissant des sp\u00e9cialistes et des locuteurs de nahuatl de diverses r\u00e9gions du pays, y compris certains des enseignants nahuas des collectifs de Zongolica.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis l'adoption de la loi g\u00e9n\u00e9rale sur les droits linguistiques des peuples autochtones (<span class=\"small-caps\">lgdlpi<\/span>), promulgu\u00e9e en 2018, a non seulement cr\u00e9\u00e9 un cadre juridique pour la protection des langues parl\u00e9es par les peuples indig\u00e8nes du pays, mais a \u00e9galement engendr\u00e9 un processus de r\u00e9gularisation juridique des syst\u00e8mes d'\u00e9criture des langues indig\u00e8nes. \u00c0 partir de ce moment, le <span class=\"small-caps\">inali<\/span> a publi\u00e9 ces r\u00e8gles d'\u00e9criture des langues qui ont fait l'objet d'un consensus, dans le cadre de la structure juridique qui lui a \u00e9t\u00e9 conf\u00e9r\u00e9e par le Conseil de l'Europe. <span class=\"small-caps\">lgdlpi<\/span>. Des normes et des alphabets ont ainsi \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s pour des langues telles que le chol, le mam, le maya, le mazat\u00e8que, l'otomi, le yaqui et bien d'autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, le nahuatl n'a pas r\u00e9ussi \u00e0 atteindre ce consensus. En tant que langue indig\u00e8ne du Mexique ayant le plus grand nombre de locuteurs dans le pays, le nahuatl n'a pas \u00e9t\u00e9 en mesure d'atteindre ce point de consensus,<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a> r\u00e9partis dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions et avec de multiples variations dialectales, le consensus a \u00e9t\u00e9 un processus ardu, \u00e9puisant et peu concluant. Dans la r\u00e9gion de Zongolica, la solution a \u00e9t\u00e9 d'\u00e9crire. Ne pas attendre ou s'\u00e9puiser dans le processus de discussion sur la normalisation nationale, mais prendre les mesures n\u00e9cessaires pour aller vers l'\u00e9criture, en cherchant \u00e0 faire de l'\u00e9criture un facteur de diffusion de la langue. Pour les enseignants nahua des hauts plateaux membres des collectifs, l'\u00e9criture est un moyen de renforcer les processus d'oralit\u00e9, en particulier parmi les groupes d'enfants et de jeunes qui perdent de plus en plus l'usage de la langue, en raison de facteurs tels que le d\u00e9placement linguistique caus\u00e9 par la migration, la discrimination linguistique et la perte de l'usage de la langue dans le contexte familial. Pour les membres des collectifs, l'absence d'\u00e9criture limite le travail d'enseignement de la langue, tant \u00e0 l'int\u00e9rieur qu'\u00e0 l'ext\u00e9rieur de la salle de classe :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il y a un grand besoin dans les \u00e9coles de textes en langue maternelle et particuli\u00e8rement dans notre langue [...] l'\u00e9criture doit servir \u00e0 renforcer le d\u00e9veloppement de l'oralit\u00e9 [...] nous devons passer de l'oralit\u00e9 \u00e0 l'\u00e9criture... Et pourquoi cela ? Parce que malheureusement nos langues se perdent [...] fournir aux \u00e9coles des textes en nahuatl des hauts plateaux, dans ce cas, pour qu'ils aient la possibilit\u00e9 de s'exercer \u00e0 lire le nahuatl [...] encourager une oralit\u00e9 plus \u00e9labor\u00e9e de la langue nahuatl, bas\u00e9e sur la lecture de textes qui r\u00e9cup\u00e8rent la culture de la r\u00e9gion [...].les textes \u00e9crits par nos compagnons [en r\u00e9f\u00e9rence aux textes cr\u00e9\u00e9s par les collectifs] sont n\u00e9s de leurs pens\u00e9es, de leurs c\u0153urs (enseignant Ram\u00f3n Tepole Gonz\u00e1lez, 5 mai 2023, Xalapa, Veracruz).<\/p>\n\n\n\n<p>Le processus d'\u00e9volution vers ces processus d'\u00e9criture de la langue s'est appuy\u00e9 sur le travail de recherche de certains anthropologues linguistiques qui avaient d\u00e9j\u00e0 s\u00e9journ\u00e9 dans la r\u00e9gion de Zongolica. Cela a co\u00efncid\u00e9 avec les pratiques et les organisations que certains des enseignants nahua qui composent actuellement les deux collectifs susmentionn\u00e9s ont mises en place dans ce sens il y a plusieurs dizaines d'ann\u00e9es. Le contexte des collectifs <em>Mixtlaltolli <\/em>et <em>Olochtlahkuilolli<\/em> \u00e9tait un autre collectif appel\u00e9 <em>Xochitlahtolli<\/em> (langage fleuri), qui a vu le jour au d\u00e9but de ce si\u00e8cle, mais qui a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre imagin\u00e9 il y a dix ans.<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>Xochitlahtolli <\/em>\u00e9tait un collectif form\u00e9 par un groupe d'enseignants nahua, originaires de la Sierra de Zongolica, pour la plupart d\u00e9j\u00e0 retrait\u00e9s : Eutiquio Ger\u00f3nimo S\u00e1nchez, Ezequiel Jim\u00e9nez Romero, les fr\u00e8res Rafael et Roque Quiahua, Jorge Luis Hern\u00e1ndez, l'enseignant Santos, Mariana Alicia Garc\u00eda P\u00e9rez et Ram\u00f3n Tepole Gonz\u00e1lez (cr\u00e9ateur des actuels collectifs <em>Mixtlaltolli <\/em>et <em>Olochtlahkuilolli<\/em>). Le collectif <em>Xochitlahtolli<\/em> a publi\u00e9 en 2004 un petit bulletin (aujourd'hui disparu) qui diffusait du mat\u00e9riel p\u00e9dagogique, des nouvelles, des l\u00e9gendes et d'autres r\u00e9cits que les enseignants de la r\u00e9gion utilisaient pour dispenser leurs cours, en l'absence de mat\u00e9riel p\u00e9dagogique cr\u00e9\u00e9 par les institutions officielles d'\u00e9ducation autochtone. Le bulletin a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 cent exemplaires dans sa premi\u00e8re \u00e9dition, produite \u00e0 la main, et seize num\u00e9ros ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s sur plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2004, des enseignants de <em>Xochitlahtoli<\/em> a d\u00e9cid\u00e9 de poser sa candidature au Programme de soutien aux cultures municipales et communautaires (Programa de Apoyos a las Culturas Municipales y Comunitarias (<span class=\"small-caps\">pacmyc<\/span>), sous la direction g\u00e9n\u00e9rale des cultures populaires, pour l'\u00e9laboration d'un dictionnaire moderne nahuatl-espagnol, pour lequel ils ont invit\u00e9 le linguiste de l'Institut de recherche sur les langues et les civilisations (IRL). <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>-Golfo, Andr\u00e9s Hasler Hangert, qui, \u00e0 l'\u00e9poque, avait d\u00e9j\u00e0 une longue exp\u00e9rience de la recherche linguistique dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>Les travaux de Hasler ont jou\u00e9 un r\u00f4le tr\u00e8s important dans le processus qui a conduit les enseignants nahua de Zongolica \u00e0 adopter leur propre mod\u00e8le d'\u00e9criture. En 1982, dans le cadre de l'Unit\u00e9 du Golfe nouvellement cr\u00e9\u00e9e au sein de la <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>Dans la ville de Xalapa, la recherche a \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9e dans la Sierra de Zongolica. Au cours des ann\u00e9es 1980 et d'une partie des ann\u00e9es 1990, Gonzalo Aguirre Beltr\u00e1n s'est efforc\u00e9 de stimuler le recrutement de chercheurs dans le domaine de l'anthropologie sociale et de la linguistique. C'est ainsi que plusieurs th\u00e8ses de licence en anthropologie linguistique (suivant une approche principalement communautaire) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es dans des villes telles que Zacamilola, Los Reyes, Cotlaixco, Xochiojca et Soledad Atzompa (voir Hasler, 1987 ; Paniagua, 1986 ; Alarc\u00f3n, 1988 ; Torres, 1987 ; Luna, 1988 ; et Yopihua, 1992).<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s sa th\u00e8se sur Zacamilola, Andr\u00e9s Hasler a d\u00e9cid\u00e9 de pousser plus loin ses recherches et d'approfondir les variations dialectales du nahuatl dans toute la sierra. Ce projet ambitieux l'a conduit \u00e0 \u00e9tudier, pendant deux d\u00e9cennies, les processus de diff\u00e9renciation dialectologique du nahuatl des hautes terres et la recherche de ses traits communs. Il a \u00e9galement consacr\u00e9 une partie importante de son travail \u00e0 les comparer avec d'autres variantes pr\u00e9sentes dans le pays, \u00e0 Tlaxcala et Michoac\u00e1n. \u00c0 partir de ses travaux, il a publi\u00e9 deux livres sur la dialectologie et sur la grammaire du nahuatl moderne \u00e0 Zongolica (Hasler, 1996 et 2001), qui ont constitu\u00e9 une r\u00e9f\u00e9rence importante, reprise par les enseignants nahuatl de l'universit\u00e9 de Zongolica. <em>Xochitlahtolli, <\/em>qui a lu et discut\u00e9 une grande partie de ces documents avec Hasler.<\/p>\n\n\n\n<p>L'invitation faite par les professeurs \u00e0 Andr\u00e9s de participer \u00e0 l'\u00e9laboration du dictionnaire n'a fait que renforcer cette relation. Les conversations avec les membres du collectif sur cette p\u00e9riode rappellent encore la camaraderie et l'amiti\u00e9 qui se sont d\u00e9velopp\u00e9es entre le linguiste et le groupe de professeurs nahua au cours de l'\u00e9laboration du dictionnaire. L'\u00e9change acad\u00e9mique et l'amiti\u00e9 ont fourni aux enseignants nahua des outils scientifiques pour renforcer leur projet de produire leur propre mod\u00e8le d'\u00e9criture. Lors de la pr\u00e9sentation du dictionnaire Nahua, les professeurs ont soulign\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Nous avons l'intention de contribuer \u00e0 la diffusion de notre langue et d'apporter des \u00e9l\u00e9ments de discussion sur l'alphabet \u00e0 utiliser pour parvenir \u00e0 la standardisation souhait\u00e9e. Il est essentiel que les locuteurs nahuatl du centre de Veracruz \u00e9crivent notre langue, et \u00e0 partir de l\u00e0, nous pouvons voir quelle est la meilleure fa\u00e7on d'avoir un alphabet unique (Geronimo <em>et al.<\/em>, 2007: 3).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame dictionnaire, ils ont plac\u00e9 une \u00e9pigraphe qui disait : \"A ceux qui ont perdu leur identit\u00e9 indig\u00e8ne. \u00c0 ceux qui croient au d\u00e9veloppement de la langue <em>nawatl<\/em>. Aux r\u00e9dacteurs de la <em>nawatl<\/em>\"(Geronimo <em>et al.<\/em>, 2007 : 2). Comme on peut le d\u00e9duire de ces deux citations, le r\u00eave de mat\u00e9rialiser un mod\u00e8le d'\u00e9criture avait une port\u00e9e plus large : influencer le renouvellement de l'identit\u00e9 nahua dans les hautes terres, renforcer la langue et produire des \u00e9crivains qui contribueraient \u00e0 ces objectifs. Une utopie palpable et longtemps caress\u00e9e qui, entre la publication du dictionnaire nahua (en 2007) et la formation des collectifs, s'est concr\u00e9tis\u00e9e par l'\u00e9laboration d'un mod\u00e8le d'\u00e9criture. <em>Mixtlaltolli <\/em>et <em>Olochtlahkuilolli<\/em>(en 2023), a eu son d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pratiques futures, num\u00e9risation et appropriation technologique : le dernier voyage<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En nahuatl zongolica, il existe deux termes principaux pour d\u00e9signer l'avenir : <em>niman<\/em>qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l'avenir imm\u00e9diat, et <em>yakapankawitl<\/em>qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un temps plus ind\u00e9termin\u00e9, qui se d\u00e9roulera dans un futur plus lointain. Dans certains cas, lorsque j'ai interrog\u00e9 certains \u00e9crivains des collectifs, ils ont \u00e9galement fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l'avenir d'une mani\u00e8re plus m\u00e9taphorique (comme c'est le cas dans leur langue), en parlant de \"demain\" : <em>mostla<\/em>Le futur : quelque chose qui pourrait arriver dans un temps plus court, plus proche, plus palpable dans le futur. L'un d'entre eux a d\u00e9velopp\u00e9 cette id\u00e9e et a d\u00e9clar\u00e9 : \"Le futur peut aussi \u00eatre dit \u00e0 partir d'aujourd'hui, c'est un futur qui n'existe pas encore, mais auquel on pense ; par exemple, quand on dit \"\u00e0 demain\"\" (entretien avec Ad\u00e1n Xotlanihua, 5 septembre 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les processus d\u00e9crits tout au long de ce texte, il est possible de visualiser comment ces attentes de temps futurs ont \u00e9t\u00e9 construites sur diff\u00e9rentes \u00e9chelles de temps. Mais aussi \u00e0 travers diff\u00e9rents itin\u00e9raires, diff\u00e9rents voyages et des sens pratiques de ce qui peut ou ne peut pas arriver. <em>Mostla <\/em>fait allusion \u00e0 un avenir incertain, mais dans lequel il y a une certaine marge d'action. Dans \"demain\", il y a un certain degr\u00e9 d'action et d'engagement. Une autre r\u00e9f\u00e9rence est n\u00e9e d'une conversation avec l'un des membres du collectif <em>Olochtlahkuilolli<\/em>Ad\u00e1n Xotlanihua Tezoco, qui a fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l'expression <em>itech mostlatika<\/em> -sc\u00e9narios d'avenir\". Cette expression refl\u00e8te l'id\u00e9e que \"demain\" peut \u00eatre lu \u00e0 partir du pr\u00e9sent, \u00e0 partir d'\"aujourd'hui\". Rien ne garantit que l'action aura lieu, car elle n'existe pas encore : elle d\u00e9pend de multiples facteurs, qui ne sont pas enti\u00e8rement contr\u00f4lables. N\u00e9anmoins, il existe un ou des sujets qui, en principe, peuvent, par leurs pratiques, imaginer, tracer ou produire des \"futurs possibles\". Les pratiques futures sont toujours un pouvoir. Ce qui est \u00e0 venir, ce qui est plus tard, ce qui vient apr\u00e8s, demain, ne sont pas compl\u00e8tement \u00e9trangers au pr\u00e9sent et aux agents sociaux qui peuvent le produire ou qui peuvent \u00eatre affect\u00e9s par son d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p>En discutant avec les \u00e9crivains les plus \u00e2g\u00e9s des collectifs et en \u00e9valuant ce qu'ils ont accompli jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent, ils parlent d'un long voyage. Il y a trente ans, il y avait un sentiment de malaise, de non-conformit\u00e9. Ils ont imagin\u00e9 quelque chose de diff\u00e9rent et ont commenc\u00e9 \u00e0 se rencontrer, \u00e0 travailler en r\u00e9seau. Le projet initial n'\u00e9tait pas de cr\u00e9er un collectif d'\u00e9crivains (ils ne l'imaginaient m\u00eame pas ainsi), mais de promouvoir la langue, de produire des documents en nahuatl. Cette proposition les a amen\u00e9s \u00e0 se lancer dans la cr\u00e9ation d'un dictionnaire et, plus tard, d'un bulletin d'information. C'est \u00e0 travers ce bulletin qu'ils ont vu na\u00eetre le premier collectif (<em>Xochitlahtolli<\/em>), et le bulletin est devenu un mat\u00e9riel didactique, utilis\u00e9 par plusieurs enseignants de la Sierra de Zongolica : \"Nous l'avons vendu pour cinq pesos... juste pour payer l'encre et l'impression... mais c'\u00e9tait un plaisir\" (Ram\u00f3n Tepole, 17 septembre 2023). <em>Xochitlahtolli <\/em>a disparu. Plusieurs des enseignants qui en faisaient partie ont pris leur retraite et une nouvelle p\u00e9riode de manque de soutien s'est \u00e9coul\u00e9e jusqu'\u00e0 l'\u00e9mergence des collectifs <em>Mixtlaltolli <\/em>et <em>Olochtlahkuilolli. <\/em>Plusieurs voyages, un long voyage utopique.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'on demande \u00e0 Ram\u00f3n Tepole si l'utopie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e, il r\u00e9pond cat\u00e9goriquement non. Aujourd'hui, les collectifs parlent de projets d'\u00e9criture, de litt\u00e9rature et d'\u00e9ducation, mais le soutien n'est toujours pas au rendez-vous. N\u00e9anmoins, ils continuent de cr\u00e9er, de diffuser et d'\u00e9diter leurs propres textes, avec de maigres ressources et selon leurs propres sch\u00e9mas. Le dernier \"voyage\" en date est celui des plateformes internet. Ce n'est pas tout \u00e0 fait nouveau : depuis 2009, ils utilisent diff\u00e9rents r\u00e9seaux sociaux et l'internet pour diffuser des contenus sur la langue et la culture nahua de Zongolica. Ram\u00f3n Tepole g\u00e8re deux sites web, l'un cr\u00e9\u00e9 en ao\u00fbt 2009 et l'autre en juin 2020. Il g\u00e8re \u00e9galement un site web, sur le site WordPress, o\u00f9 il diffuse diff\u00e9rents documents linguistiques depuis 2009.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il y a quelques mois, le leader des deux collectifs a cr\u00e9\u00e9 une page TikTok, o\u00f9 il t\u00e9l\u00e9charge quotidiennement du contenu en nahuatl. La popularit\u00e9 des vid\u00e9os TikTok dans la Sierra de Zongolica a attir\u00e9 son attention. Lors des derni\u00e8res r\u00e9unions des collectifs (ao\u00fbt et septembre 2023), la conversation a port\u00e9 sur ce sujet. Ram\u00f3n Tepole met en musique les capsules qu'il t\u00e9l\u00e9charge, en y pla\u00e7ant des textes en nahuatl, avec leurs traductions respectives en espagnol. Il y ajoute ensuite sa voix, r\u00e9p\u00e9tant de courtes phrases en nahuatl. En haut du tiktok, il a plac\u00e9 un panneau demandant aux spectateurs de r\u00e9p\u00e9ter les phrases en nahuatl et, en dessous, un panneau leur demandant de diffuser le mat\u00e9riel (voir image 3). C'est, me dit-il, \"un instrument pour que les gens entendent, r\u00e9p\u00e8tent et lisent le nahuatl. Pour que la langue se r\u00e9pande.<\/p>\n\n\n\n<p>Les tiktoks cr\u00e9\u00e9s par Tepole couvrent toutes sortes de situations. Il a commenc\u00e9 par publier des aspects et des th\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la culture locale, ainsi que des pens\u00e9es, mais il a de plus en plus diversifi\u00e9 le contenu. Actuellement, il a t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 plus d'une centaine de tiktoks sur sa page. Il surveille r\u00e9guli\u00e8rement la fr\u00e9quence des vues et des adeptes des capsules et, en fonction de cela, prend des d\u00e9cisions sur le nouveau contenu \u00e0 cr\u00e9er. L'enthousiasme qu'il \u00e9prouve \u00e0 voir le nombre de ses adeptes augmenter progressivement lui fait voir l'utilisation de la plateforme comme une nouvelle modalit\u00e9 d'enseignement et de diffusion de la langue, avec la vision des possibilit\u00e9s que cet outil lui offre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-3-Tik-Toks.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1714x936\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 3: Los tiktoks como herramienta de pedagog\u00eda del n\u00e1huatl. Tres ejemplos de tiktoks del Mtro. Ram\u00f3n Tepole.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Imagen-3-Tik-Toks.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 3 : Les tiktoks, un outil pour la p\u00e9dagogie du nahuatl. Trois exemples de tiktoks du professeur Ram\u00f3n Tepole.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Il exprime r\u00e9guli\u00e8rement cette \u00e9motion lors de r\u00e9unions de collectifs d'\u00e9crivains, o\u00f9 il \u00e9change des questions avec les plus jeunes sur la mani\u00e8re d'attirer plus de followers sur sa page, sur la mani\u00e8re d'utiliser la technologie plus efficacement. L'appropriation de la plateforme l'a captiv\u00e9 et le rend encore plus optimiste quant \u00e0 l'avenir possible que cette technologie peut lui offrir dans la diffusion de la langue. Son parcours, avec plusieurs autres coll\u00e8gues des collectifs, l'a men\u00e9 d'un bulletin d'information \u00e0 la production de textes \u00e9crits et, maintenant, \u00e0 la production de capsules et d'hypertextes. Nous verrons quels futurs possibles se construiront sur la base de cette proposition.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading abstract\">R\u00e9flexions finales<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Tout au long de cet article, j'ai cherch\u00e9 \u00e0 documenter ethnographiquement les sc\u00e9narios par lesquels un groupe d'enseignants nahua est pass\u00e9 pour poursuivre un r\u00eave : r\u00e9cup\u00e9rer et r\u00e9affirmer leur langue et leur culture. \u00c0 travers la construction de \"pratiques du futur\", ces acteurs sociaux ont construit des images d'eux-m\u00eames au quotidien, mais ils ont \u00e9galement mis en \u0153uvre diff\u00e9rentes voies et pratiques pour atteindre ces objectifs et projets utopiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le processus de cr\u00e9ation de ces projets a pris plusieurs d\u00e9cennies. Ils ont fait l'objet de diverses propositions et n'ont pas suivi un processus unilin\u00e9aire. Il est \u00e9tonnant d'observer la persistance de leurs actions qui, malgr\u00e9 l'indiff\u00e9rence ou le d\u00e9ni des politiques publiques, ne les a pas fait renoncer. Au contraire, ils continuent \u00e0 chercher des strat\u00e9gies et de nouvelles voies pour tenter de canaliser leurs projets et leurs r\u00eaves utopiques. La cr\u00e9ation de d\u00e9sirs et de souhaits partag\u00e9s les a amen\u00e9s \u00e0 construire de nouvelles formes d'action sociale, ainsi qu'\u00e0 cr\u00e9er au fil du temps diff\u00e9rents groupes et collectifs. Il s'agit d'un processus continu qui exige beaucoup de pers\u00e9v\u00e9rance et de patience.<\/p>\n\n\n\n<p>L'avenir appara\u00eet de multiples fa\u00e7ons dans les r\u00e9cits et les pratiques sociales des acteurs sociaux avec lesquels nous travaillons quotidiennement. Ils se manifestent souvent sous la forme de r\u00e9cits qui racontent les injustices sociales v\u00e9cues et les attentes de changement. Elles apparaissent \u00e9galement comme des formes de r\u00e9sistance et des strat\u00e9gies pour d\u00e9velopper des pratiques qui cherchent \u00e0 provoquer des transformations et \u00e0 r\u00e9aliser des r\u00eaves utopiques. Elles apparaissent sous la forme de buts et d'objectifs fix\u00e9s pour penser et\/ou imaginer demain. Comment pense-t-on le futur, comment le per\u00e7oit-on, quelles images sont utilis\u00e9es pour le fa\u00e7onner, quel r\u00f4le joue-t-il dans la production de pratiques et de formes d'action ? Autant de questions qui me semblent pertinentes et qu'il convient d'aborder sous l'angle anthropologique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Aguirre Beltr\u00e1n, Gonzalo (1986). <em>Zongolica: encuentro de dioses y santos patronos. <\/em>Xalapa: Universidad Veracruzana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (1987). \u201cZongolica: las marquesas de Selva Nevada y las luchas agrarias durante la colonia\u201d, <em>La Palabra y el Hombre, <\/em>n\u00fam. 64, pp. 5-30.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (1993). <em>Lenguas vern\u00e1culas. Obra antropol\u00f3gica <span class=\"small-caps\">xii<\/span>. <\/em>M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">fce<\/span>\/Universidad Veracruzana\/Gobierno del Estado de Veracruz\/Instituto Nacional Indigenista.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Alarc\u00f3n, Lorena (1988). \u201cLa inestabilidad morfosint\u00e1ctica del n\u00e1huatl del municipio de Reyes, Veracruz\u201d. Tesis de licenciatura en Antropolog\u00eda Ling\u00fc\u00edstica. Xalapa: Universidad Veracruzana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Appadurai, Arjun (2013). <em>El futuro como hecho cultural. Ensayos sobre la condici\u00f3n global. <\/em>M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">fce<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Arruti, Jos\u00e9 Mauricio, Alessandra Traldi y Virginia Borges (2014). \u201cArte e Sociedade Indi\u0301gena: dia\u0301logos sobre patrimonio e mercado\u201d, <em><span class=\"small-caps\">proa<\/span>. Revista de Antropologia e Arte<\/em>, nu\u0301m. 5, pp. 1-6.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Brice Heath, Shirley (1986). <em>La pol\u00edtica del lenguaje en M\u00e9xico.<\/em> M\u00e9xico: Instituto Nacional Indigenista.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bryant, Rebecca y Daniel Knight (2019). <em>The Anthropology of the Future. <\/em>Cambridge, Nueva York, Melbourne: Cambridge University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">De Parres, Francisco (2022). <em>Po\u00e9ticas de la resistencia: arte zapatista, est\u00e9tica y decolonialidad. <\/em>M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>\/Universidad de Guadalajara, C\u00e1tedra Jorge Alonso.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ger\u00f3nimo S\u00e1nchez, Eutiquio; Ezequiel Jim\u00e9nez Romero, Ram\u00f3n Tepole Gonz\u00e1lez, Andr\u00e9s Hasler Hangert, Aquiles Qiahua Macuixtle y Jorge Luis Hern\u00e1ndez (2007). <em>Tlahtolnechikolli: Diccionario nawatl moderno\/espa\u00f1ol de la Sierra de Zongolica, Ver. <\/em>M\u00e9xico: Direcci\u00f3n General de Culturas Popular.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Goldstein, Ilana Seltzer (2014). \u201cArtes indi\u0301genas, patrimo\u0302nio cultural e mercado\u201d, <em><span class=\"small-caps\">proa<\/span>. Revista de Antropologia e Arte<\/em>, nu\u0301m. 5, pp. 7-27.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Hasler Hangert, Andr\u00e9s Teyolotzin (1987). <em>Hacia una tipolog\u00eda morfol\u00f3gica del n\u00e1huatl del dialecto de Zacamilola. <\/em>M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (1996). <em>El n\u00e1huatl de Tehuac\u00e1n-Zongolica.<\/em> M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2001). <em>Gram\u00e1tica moderna del n\u00e1huatl de Tehuac\u00e1n-Zongolica. <\/em>Xalapa: Universidad Veracruzana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">H\u00e9mond, Aline (1989). \u201c\u00bfD\u00f3nde est\u00e1 el cielo? \u00a1Atr\u00e1s! Perspectivas ind\u00edgenas en amates y c\u00f3dices\u201d, en Joaqu\u00edn Galarza <em>et al.<\/em> (eds.). <em>Descifre de las estrellas mesoamericanas: c\u00f3dices, pinturas, estatuas, cer\u00e1micas. <\/em>46\u00ba International Congress of Americanists.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Hern\u00e1ndez, Natalio (2002). <em>El despertar de nuestras lenguas. Queman tlachixque totlahtolhuan<\/em>. M\u00e9xico: Diana\/Fondo Editorial de Culturas Ind\u00edgenas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><span class=\"small-caps\">inegi<\/span> (2020). <em>Sistema Nacional de Informaci\u00f3n y Estad\u00edstica sobre los Pueblos y Comunidades Ind\u00edgenas y Afromexicanas con base en el Censo 2020. <\/em>M\u00e9xico: Instituto Nacional de los Pueblos Ind\u00edgenas. <a href=\"https:\/\/www.gob.mx\/inpi\/galerias\/poblacion-hablante-de-lenguas-indigenas-2020-infografias-por-lengua-y-entidad-federativa\">https:\/\/www.gob.mx\/inpi\/galerias\/poblacion-hablante-de-lenguas-indigenas-2020-infografias-por-lengua-y-entidad-federativa<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Lepe, Luz (2006). \u201cLiteratura ind\u00edgena en M\u00e9xico: contextos y realidades\u201d, <em>Mopa Mopa<\/em>, vol. 1, n\u00fam 17, pp. 89-106.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Luna Pe\u00f1a, Bertha Alicia (1988). \u201cClasificaci\u00f3n sem\u00e1ntica de plantas, hongos y animales en el n\u00e1huatl de Cotlaixco\u201d. Tesis de licenciatura en Antropolog\u00eda Ling\u00fc\u00edstica. Xalapa: Universidad Veracruzana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mead, Margaret (2005). <em>The World Ahead: An Anthropologist. Anthropologist Anticipates the Futures<\/em>, vol. 6. Robert N. Textor (ed.). Nueva York y Oxford: Bergham Books.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Montemayor, Carlos (2001). <em>La literatura actual en las lenguas ind\u00edgenas de M\u00e9xico<\/em>. M\u00e9xico: Universidad Iberoamericana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Monz\u00f3n, Cristina (1990). <em>Registro de la variaci\u00f3n fonol\u00f3gica en el n\u00e1huatl moderno: un estudio de caso. <\/em>M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>, Cuadernos de la Casa Chata.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Paniagua Quiroga, Soraya (1986). \u201cEl cuadro clasificatorio del verbo en el dialecto de Xochiojca y en el n\u00e1huatl cl\u00e1sico<em>\u201d. <\/em>Tesis de licenciatura en Antropolog\u00eda Ling\u00fc\u00edstica. Xalapa: Universidad Veracruzana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Reyes Garc\u00eda, Luis (1963). \u201cLa tierra en el desarrollo hist\u00f3rico de Zongolica\u201d, Xalapa: Instituto de Antropolog\u00eda, Universidad Veracruzana [mecanuscrito].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ricouer, Paul (1997). <em>Ideolog\u00eda y utop\u00eda. <\/em>Barcelona: Gedisa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rodr\u00edguez L\u00f3pez, Mar\u00eda Teresa (1988). <em>Preservaci\u00f3n de la lengua materna en San Juan Texhuac\u00e1n, Veracruz. <\/em>M\u00e9xico: Instituto Nacional Indigenista\/Secretar\u00eda de Desarrollo Social.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Romero, Francisco (2010). \u201cLa literatura ind\u00edgena mexicana en b\u00fasqueda de una identidad nacional\u201d, <em><span class=\"small-caps\">xxxviii<\/span> Congreso Internacional, Instituto Internacional de Literatura Iberoamericana: Independencias, Memoria y Futuro<\/em>. Georgetown, pp. 1-11.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Roth Seneff, Andr\u00e9s; Cristina Monz\u00f3n y Mar\u00eda Teresa Rodr\u00edguez L\u00f3pez (1986). <em>Ling\u00fc\u00edstica aplicada y socioling\u00fc\u00edstica del n\u00e1huatl de la Sierra de Zongolica, <\/em>M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>, Cuadernos de la Casa Chata.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Secretar\u00eda del Bienestar (2023). <em>Informe sobre la situaci\u00f3n de pobreza y rezago social 2023. <\/em>M\u00e9xico: Gobierno de M\u00e9xico, Secretar\u00eda del Bienestar. <a href=\"https:\/\/www.gob.mx\/cms\/uploads\/attachment\/file\/796257\/M30Veracruz23c.pdf\">https:\/\/www.gob.mx\/cms\/uploads\/attachment\/file\/796257\/M30Veracruz23c.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Torres Mavil, Mart\u00edn (1987). \u201cEl polimorfismo fon\u00e9tico de las lex\u00edas y la evoluci\u00f3n fonol\u00f3gica del n\u00e1huatl de Zongolica\u201d. Tesis de licenciatura en Antropolog\u00eda Ling\u00fc\u00edstica. Xalapa: Universidad Veracruzana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Yopihua Palacios, Agust\u00edn (1992). \u201cLos mecanismos de actualizaci\u00f3n del n\u00e1huatl de Soledad, Atzompa\u201d. Tesis de licenciatura en Ling\u00fc\u00edstica Antropol\u00f3gica. Xalapa: Universidad Veracruzana.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Carlos Alberto Casas Mendoza<\/em> est anthropologue social. Il est titulaire d'un doctorat en sciences sociales de l'Universidade Estadual de Campinas (<span class=\"small-caps\">unicamp<\/span>-Br\u00e9sil). Professeur-chercheur \u00e0 l'Universit\u00e9 Veracruzana. Il est membre du <span class=\"small-caps\">sni<\/span>Enseignant avec profil <span class=\"small-caps\">prodep<\/span>. Il a co\u00e9dit\u00e9 les ouvrages suivants : <em>Approches anthropologiques et transdisciplinaires<\/em>. Mexique : Universidad Veracruzana, 2023 ; <em>Perspectives historiques et anthropologiques sur les fronti\u00e8res de l'Am\u00e9rique latine<\/em>. Salmanca : <span class=\"small-caps\">edua<\/span>, 2014; <em>Sujets \u00e9mergents : contextes nouveaux et anciens de n\u00e9gociation des identit\u00e9s en Am\u00e9rique latine<\/em>. Mexique : E\u00f3n, 2013 ; <em>Points de vue comparatifs sur les fronti\u00e8res en Am\u00e9rique latine<\/em>. Mexique : Miguel \u00c1ngel Porr\u00faa, 2010.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte explore les processus de formation de deux collectifs d'\u00e9crivains nahua de la Sierra de Zongolica qui, par le biais de la langue et de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire, cherchent \u00e0 construire des projets communautaires et utopiques. Dans un environnement de forte marginalisation, de discrimination et de lutte persistante, ces \u00e9crivains ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des pratiques et des formes d'organisation collective qui, dans des circonstances historiques et sociales presque toujours d\u00e9favorables, cherchent \u00e0 cr\u00e9er des projets d'avenir et de transformation sociale. \u00c0 travers l'histoire orale et l'ethnographie, l'article analyse leurs trajectoires et s'interroge sur la mani\u00e8re dont ils construisent des utopies et des futurs. 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