{"id":38900,"date":"2024-09-20T10:50:33","date_gmt":"2024-09-20T16:50:33","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=38900"},"modified":"2024-09-25T14:02:48","modified_gmt":"2024-09-25T20:02:48","slug":"zarate-comunidades-momivientos-indigenas-utopia-reconocimiento","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/zarate-comunidades-momivientos-indigenas-utopia-reconocimiento\/","title":{"rendered":"Les utopies communautaires comme enjeux d'avenir chez les Purh\u00e9pecha"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading abtract\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans cet article, nous montrons comment les organisations et les projets ancr\u00e9s dans la communaut\u00e9 indig\u00e8ne contemporaine sont structur\u00e9s autour d'imaginaires d'un futur souhaitable. Nous reprenons l'id\u00e9e d'utopie comme r\u00e9f\u00e9rence au possible afin de comprendre les effets des revendications ethniques sur les communaut\u00e9s elles-m\u00eames. En tant qu'orientation vers l'avenir, nous discutons des limites et de la port\u00e9e du concept d'utopie pour son utilisation en tant que cat\u00e9gorie explicative. Le r\u00e9f\u00e9rent empirique est l'exp\u00e9rience de quarante ans d'une communaut\u00e9 Purh\u00e9pecha qui s'est mobilis\u00e9e pour obtenir la reconnaissance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/autonomia\/\" rel=\"tag\">l'autonomie<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/comunidad\/\" rel=\"tag\">communaut\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/movimiento-indigena\/\" rel=\"tag\">mouvement indig\u00e8ne<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/reconocimiento\/\" rel=\"tag\">accus\u00e9 de r\u00e9ception<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/utopia\/\" rel=\"tag\">utopie<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">les utopies communautaires comme espoir d'avenir chez les purh\u00e9pechas<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Cet article montre comment les organisations et les projets des communaut\u00e9s indig\u00e8nes contemporaines sont structur\u00e9s autour de l'imaginaire d'un futur souhaitable. L'id\u00e9e d'utopie sugg\u00e8re ici un potentiel qui permet de comprendre les effets de la r\u00e9affirmation de l'appartenance ethnique au sein de la communaut\u00e9. Le concept d'utopie en tant que guide vers l'avenir est discut\u00e9 au regard de ses limites, de sa port\u00e9e et de son pouvoir explicatif en tant que cat\u00e9gorie. Le sujet empirique est l'exp\u00e9rience de quarante ans d'une communaut\u00e9 Purh\u00e9pecha qui a lutt\u00e9 pour sa reconnaissance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots-cl\u00e9s : communaut\u00e9, utopie, reconnaissance, autonomie, mouvement indig\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La reconnaissance comme horizon ind\u00e9passable<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Au Mexique et en Am\u00e9rique latine, depuis les ann\u00e9es soixante-dix du 20e si\u00e8cle, les <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 90, des organisations indig\u00e8nes et paysannes ind\u00e9pendantes ont fait irruption sur la sc\u00e8ne avec des revendications ethniques claires et la d\u00e9fense de leurs ressources et de leur patrimoine mat\u00e9riel et immat\u00e9riel. Depuis lors, en d\u00e9fendant et en revendiquant des aspects particuliers tels que leur territoire, leur langue, leur communaut\u00e9 et leurs connaissances, elles ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es, sur diff\u00e9rents fronts, comme allant \u00e0 l'encontre des tendances g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 l'int\u00e9gration, et leur demande de reconnaissance est rest\u00e9e pratiquement sans suite. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Guillermo Bonfil (1981) a qualifi\u00e9 d'utopique la lutte des organisations indig\u00e8nes d'Am\u00e9rique latine pour transformer leur r\u00e9alit\u00e9 ; dans ce livre et dans son ouvrage ult\u00e9rieur (Bonfil, 1990), il n'attribue pas de connotation n\u00e9gative \u00e0 ce terme, mais le relie plut\u00f4t \u00e0 des possibilit\u00e9s, des projets et des visions de l'avenir (Bonfil, 1981:44-45). En se basant sur les documents, les d\u00e9clarations et les diff\u00e9rentes expressions des intellectuels et des organisations indig\u00e8nes, Bonfil (1990) met en \u00e9vidence la nature profonde des revendications ethniques face \u00e0 des discours obs\u00e9d\u00e9s par la modernisation du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>D'un autre point de vue, totalement oppos\u00e9, Gonzalo Aguirre Beltr\u00e1n, th\u00e9oricien de l'indig\u00e9nisme int\u00e9grationniste mexicain, a \u00e9t\u00e9 l'un des premiers \u00e0 critiquer les mouvements de revendication ethnique dans notre pays, estimant que la lutte ethnique \"m\u00e8ne \u00e0 une impasse\" (1983 : 342), contrairement \u00e0 la revendication prol\u00e9tarienne \"qui est la seule \u00e0 ouvrir des possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement dans un avenir pr\u00e9visible\" (1983 : 343). En raison de leurs conditions particuli\u00e8res, comme le fait de chercher \u00e0 surmonter leur condition de colonis\u00e9s, les mouvements et organisations indig\u00e8nes seraient un exemple clair de mouvements utopiques. Pour des auteurs comme Bonfil, ces utopies font preuve d'une grande densit\u00e9 historique qui leur a permis de d\u00e9finir des agendas et des programmes d'action au cours des cinq derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd'hui, la l\u00e9gitimit\u00e9 des demandes de reconnaissance des communaut\u00e9s et des peuples indig\u00e8nes n'est plus discut\u00e9e, et ce gr\u00e2ce aux modifications de la l\u00e9gislation nationale, mais surtout aux accords internationaux sign\u00e9s par l'\u00c9tat mexicain (comme le 169 de l'Organisation internationale du travail), <span class=\"small-caps\">ilo<\/span>), des progr\u00e8s importants ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans ce domaine. Toutefois, leur pleine reconnaissance en tant que nations indig\u00e8nes autonomes est encore loin d'\u00eatre acquise. Par ailleurs, on ne peut nier que leurs propositions de mobilisation et d'int\u00e9gration ont eu un impact sur diff\u00e9rents aspects de leur organisation sociale et de leur mode de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour aborder ces questions, je prends comme r\u00e9f\u00e9rence empirique les communaut\u00e9s Purh\u00e9pecha du Michoac\u00e1n, en particulier la communaut\u00e9 de Santa Fe de la Laguna, dont l'exp\u00e9rience remonte \u00e0 plus de 40 ans, et le projet de la Nation Purh\u00e9pecha. Depuis lors jusqu'\u00e0 aujourd'hui - y compris l'ann\u00e9e d\u00e9cisive de 1994, lorsque l'Arm\u00e9e zapatiste de lib\u00e9ration nationale (Ej\u00e9rcito Zapatista de Liberaci\u00f3n Nacional, EZLN) est apparue dans le Michoac\u00e1n.<span class=\"small-caps\">ezln<\/span>), qui a plac\u00e9 la question indig\u00e8ne au centre de l'agenda politique national, les peuples et organisations indig\u00e8nes ont emprunt\u00e9 de multiples chemins, lacunes et voies organisationnelles et se sont heurt\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents obstacles et voies de retour (comme leur relation complexe avec l'\u00c9tat mexicain et les partis politiques, pleine de nuances et couvrant un large \u00e9ventail allant de l'alliance au rejet et \u00e0 la confrontation), ce qui les a amen\u00e9s \u00e0 repenser en permanence leurs strat\u00e9gies organisationnelles, leurs objectifs et leurs m\u00e9thodes de lutte. Il n'y a pas eu d'organisation indig\u00e8ne unique, mais plut\u00f4t une grande diversit\u00e9 de tentatives de cr\u00e9ation de syndicats, de conseils, de coalitions, de coordinations, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme tous les mouvements qui cherchent \u00e0 fa\u00e7onner leur avenir, bien qu'ils aient obtenu des changements importants, tous les r\u00e9sultats n'ont pas \u00e9t\u00e9 ceux escompt\u00e9s, et certains se sont m\u00eame r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00eatre le contraire. Dans des soci\u00e9t\u00e9s hautement diff\u00e9renci\u00e9es et in\u00e9gales, comme la n\u00f4tre, la demande de reconnaissance de la part de sujets qui ont \u00e9t\u00e9 historiquement s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9s et subordonn\u00e9s en raison de leurs qualit\u00e9s diff\u00e9rentes semble \u00eatre un horizon inatteignable ou une utopie.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> Cette revendication manifeste la volont\u00e9 de se maintenir en tant que communaut\u00e9s malgr\u00e9 les pressions et les adversit\u00e9s auxquelles elles sont confront\u00e9es au quotidien. Si les communaut\u00e9s indig\u00e8nes se maintiennent en tant que sujets collectifs dans un contexte extr\u00eamement d\u00e9favorable tel que celui offert par le capitalisme n\u00e9olib\u00e9ral extractiviste et pr\u00e9dateur, c'est gr\u00e2ce \u00e0 leur ferme volont\u00e9 de pr\u00e9server et de projeter un mode de vie collectif qui, malgr\u00e9 les tensions, les conflits et les divisions internes, maintient certains traits d'une utopie collectiviste, toujours en tension avec les projets modernisateurs et individualistes qui apparaissent tant \u00e0 l'int\u00e9rieur qu'\u00e0 l'ext\u00e9rieur de la communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement aux interpr\u00e9tations classiques (Durkheim, 1973 ; T\u00f6enies, 1979) qui d\u00e9finissent la communaut\u00e9 comme une forme d'organisation distincte ou oppos\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 contractuelle, je consid\u00e8re que les communaut\u00e9s n'existent que comme un projet qui cherche \u00e0 se r\u00e9aliser dans la modernit\u00e9. En ce sens, elles se pr\u00e9occupent non seulement de leurs conditions pr\u00e9sentes, mais aussi et fondamentalement de leur avenir. En tant qu'agents de leur propre histoire, elles imaginent des futurs possibles et m\u00e8nent des actions, dans le pr\u00e9sent, ax\u00e9es sur la r\u00e9alisation de ce futur imagin\u00e9. Ces actions conditionnent en quelque sorte les relations sociales du pr\u00e9sent et les am\u00e8nent parfois \u00e0 r\u00e9interpr\u00e9ter leur pass\u00e9 et \u00e0 repenser leur histoire.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Placer au centre les acteurs ayant la capacit\u00e9 de modifier leur destin signifie accepter que tous les arrangements communautaires que nous connaissons sont le produit de l'action imaginative simultan\u00e9e de ceux qui font partie de collectifs sociaux et qui tentent de forger leur propre avenir, bien qu'il faille reconna\u00eetre que ces imaginaires sont fa\u00e7onn\u00e9s sur la base de r\u00e9f\u00e9rences historiques. Sinon, il serait difficile de comprendre que certaines communaut\u00e9s pr\u00e9sentent des principes d'organisation - pas tout \u00e0 fait conformes \u00e0 ceux promus par le syst\u00e8me capitaliste h\u00e9g\u00e9monique - qui sont le fruit de l'imagination de collectifs qui d\u00e9sirent un avenir diff\u00e9rent. C'est le cas de ceux qui d\u00e9veloppent des formes alternatives de consommation ou de production, ou de ceux qui investissent, dans leurs limites, du temps, du travail et des ressources mat\u00e9rielles dans des c\u00e9r\u00e9monies religieuses. Comme il s'agit de processus en cours, leur compr\u00e9hension nous met face au d\u00e9fi d'appr\u00e9hender ce qui est en construction et pas seulement ce qui existe.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes professionnels qui ont promu les mouvements ethniques \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970 ont \u00e9tabli l'id\u00e9e qu'il n'y a pas de pr\u00e9destination ni de temps lin\u00e9aire unique, mais que l'avenir peut \u00eatre construit et que le pr\u00e9sent peut \u00eatre modifi\u00e9 par l'action. Ce sont des jeunes aux id\u00e9es radicales qui remettent en cause la r\u00e9p\u00e9tition des cycles et qui accordent une grande importance \u00e0 l'organisation et \u00e0 la mobilisation collective. Cependant, ces actions tourn\u00e9es vers l'avenir n'ont pas de relation de cause \u00e0 effet avec ce qui vient apr\u00e8s, et ne sont pas pens\u00e9es de mani\u00e8re cumulative. Tant\u00f4t la tradition est \u00e9cart\u00e9e, tant\u00f4t les coutumes (ou \"el costumbre\", comme le respect, la volont\u00e9 de servir ou la rotation des postes) sont utilis\u00e9es pour construire et soutenir l'organisation politique. Dans leur conception, le temps ne s'\u00e9coule pas de mani\u00e8re lin\u00e9aire, mais dans plusieurs directions. Le pass\u00e9 et les exp\u00e9riences v\u00e9cues sont utilis\u00e9s pour l\u00e9gitimer leurs revendications, mais les conditions de vie actuelles sont \u00e9galement remises en question, en tant que produit de ce pass\u00e9, et de nouvelles possibilit\u00e9s de construire l'avenir sont d\u00e9finies. Le r\u00e9gime chr\u00e9tien d'historicit\u00e9 (Hartog, 2022), qui \u00e9tablit la lin\u00e9arit\u00e9 du temps, avec le futur messianique comme horizon d\u00e9sirable d\u00e9passant d\u00e9finitivement le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent, est remis en cause. Si l'on consid\u00e8re que les utopies indiennes (et celles des groupes subalternes) se confrontent aux projets de modernisation capitaliste (les utopies des \u00e9lites), qui mettent l'accent sur l'individualisme, le progr\u00e8s technologique, la d\u00e9pr\u00e9dation de l'environnement et la d\u00e9possession des biens communs, on peut dire que le pr\u00e9sent serait le r\u00e9sultat d'une lutte d'utopies ou de projets pour le sens de l'avenir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Utopie, utopies et engagement pour l'avenir<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour avancer dans la discussion, il est n\u00e9cessaire de pr\u00e9ciser l'usage que je fais du concept d'utopie. En tant que pari sur l'avenir, et apr\u00e8s avoir observ\u00e9 certaines de ses cons\u00e9quences, les utopies, malgr\u00e9 tout leur contenu transformateur ou r\u00e9volutionnaire, peuvent avoir des cons\u00e9quences contradictoires absolument n\u00e9gatives. Des critiques comme Lewis Mumford (2015), apr\u00e8s une revue d'exemples tr\u00e8s diff\u00e9rents, ont mis en \u00e9vidence les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses des utopies. D'autres auteurs lib\u00e9raux, comme Karl Popper (2017) ou Isaiah Berlin (1992), se sont charg\u00e9s de mettre en \u00e9vidence les aspects n\u00e9gatifs, les effets dystopiques (tels que l'autoritarisme, l'annulation des libert\u00e9s individuelles et la fermeture sociale) des mouvements sociaux, car on pense g\u00e9n\u00e9ralement que, en raison de la nature \u00e9go\u00efste des \u00eatres humains, les propositions utopiques ont tendance \u00e0 conduire \u00e0 des syst\u00e8mes ferm\u00e9s et autoritaires (Berlin, 1992).<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, les id\u00e9ologies qui proposent que des forces structurelles, telles que le march\u00e9 ou le pouvoir, fa\u00e7onnent les sujets et leur volont\u00e9 et que ce sont elles qui nous gouvernent r\u00e9ellement, sont \u00e9galement des expressions dystopiques, dans la mesure o\u00f9 elles d\u00e9terminent l'action humaine. Ces id\u00e9ologies sont charg\u00e9es de nous faire remarquer que toute d\u00e9cision que nous prenons est d\u00e9j\u00e0 m\u00e9diatis\u00e9e ou intervenue par les circonstances et les relations que nous consid\u00e9rons comme normales ou naturelles. Par cons\u00e9quent, toute tentative de transformer les conditions de vie dominantes finira par produire le contraire de ce qui \u00e9tait pr\u00e9vu.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a>&nbsp;D'autre part, l'utilisation du terme \"utopique\" comme adjectif pour qualifier des projets irr\u00e9alisables ou qui ont \u00e9chou\u00e9 parce qu'ils \u00e9taient irr\u00e9alisables d\u00e8s le d\u00e9part a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 une mani\u00e8re de discr\u00e9diter le potentiel de transformation des projets entrepris par des groupes subordonn\u00e9s pour changer leurs conditions de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, dans la recherche d'une vie meilleure, la possibilit\u00e9 de soci\u00e9t\u00e9s plus \u00e9galitaires et moins violentes reste valable. D'ailleurs, des auteurs comme David Harvey (2000) et Fredric Jameson (2009) ou David Valentine et Amelia Hassoun (2019), soulignent qu'apr\u00e8s la chute de l'Union sovi\u00e9tique et sous le r\u00e9gime n\u00e9olib\u00e9ral globalisant, un renouveau de l'utopisme a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment parce que le nouvel ordre mondial posait des d\u00e9fis inattendus aux groupes subalternes. Parce que l'avenir est en construction permanente, mais incertain, des auteurs comme Karl Mannheim (1987) et Paul Ricoeur (1989) ont soulign\u00e9 que les utopies ont deux visages, l'un positif et l'autre n\u00e9gatif. G\u00e9n\u00e9ralement, ce qui est observ\u00e9 est l'une de ces facettes. Pour d\u00e9passer cette dichotomie excluante, Michael Gordin, Helen Tilley et Gyan Prakash (2010 : 6) ont propos\u00e9 que, dans la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 des fins m\u00e9thodologiques, l'utopie et la dystopie forment une unit\u00e9 et doivent \u00eatre prises comme telles. Pour la m\u00eame raison, s'en tenir uniquement \u00e0 l'image n\u00e9gative des utopies signifie \u00e9galement ignorer le potentiel transformateur des imaginaires, des r\u00eaves et des id\u00e9aux de changement ou de recherche d'une vie meilleure, pr\u00e9sents dans les mouvements des groupes subalternes, qu'Ernst Bloch (2006), parmi de nombreuses autres expressions d'espoir, consid\u00e8re comme des possibilit\u00e9s d'utopie.<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Il ne s'agit pas d'id\u00e9aliser les actions des organisations indig\u00e8nes dont nous parlerons ici, mais plut\u00f4t de comprendre les processus de construction communautaire dans une \u00e9poque hostile au communautarisme et o\u00f9 les valeurs de march\u00e9 et l'individualisme sont particuli\u00e8rement pr\u00e9sents. \u00c0 plusieurs reprises, les mouvements indig\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 per\u00e7us comme repr\u00e9sentant un changement radical, une v\u00e9ritable r\u00e9volution dans la soci\u00e9t\u00e9 ; cependant, dans la pratique, nous observons des transformations de nature lente ou r\u00e9formiste, tr\u00e8s li\u00e9es aux probl\u00e8mes v\u00e9cus au quotidien. Consid\u00e9rer un mouvement de transformation se produisant dans des circonstances d\u00e9favorables et n'apportant que des changements dans les conditions de vie sans parvenir \u00e0 une transformation structurelle majeure semble \u00eatre une mauvaise compr\u00e9hension du concept. <em>utopie<\/em>. D'o\u00f9 l'importance de reconsid\u00e9rer la notion d'utopie en termes absolus et de penser davantage en termes d'utopies possibles, d'utopies r\u00e9alisables ou de micro-utopies, avec des objectifs r\u00e9alisables et dans des espaces plus limit\u00e9s (Vieira, 2020). Il s'agirait d'une autre qualification m\u00e9thodologique du terme.<\/p>\n\n\n\n<p>A cet \u00e9gard, Robert Nozik (1988 : 300) avait d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 que nous devrions consid\u00e9rer l'utopie comme un cadre dans lequel des utopies (r\u00e9alisables, possibles) se produisent : \"L'utopie est un cadre pour les utopies, un lieu o\u00f9 les gens sont libres de s'associer volontairement pour poursuivre et essayer de r\u00e9aliser leur propre conception de la vie bonne dans la communaut\u00e9 id\u00e9ale, mais o\u00f9 personne ne peut imposer sa propre vision utopique \u00e0 d'autres\". Ric\u0153ur explique que parler d'utopie renvoie toujours au possible : \"un champ d'autres modes de vie possibles\" (1989 : 58). Cette possibilit\u00e9 construite pour faire face \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9favorable remet \u00e9galement en question le pouvoir et, en termes gramsciens, serait un moyen de construire un discours contre-h\u00e9g\u00e9monique \u00e0 partir de la subalternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, Arjun Appadurai (2013) propose que, pour aborder le sujet du futur, nous devons consid\u00e9rer comme objet de l'ethnographie la \"politique de la possibilit\u00e9\" (imaginaire) par opposition \u00e0 la \"politique de la probabilit\u00e9\" (r\u00e9aliste), comme une fa\u00e7on d'aborder les projets en cours des groupes subalternes. Il propose d'\u00e9tudier ethnographiquement les strat\u00e9gies, les objectifs et les r\u00e9alisations des mouvements subalternes parce qu'ils t\u00e9moignent de la politique du possible \u00e0 l'\u00e9poque actuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Penser en termes d'utopies possibles nous offre des \u00e9l\u00e9ments pour r\u00e9fl\u00e9chir et comprendre d'autres modes de vie particuliers, d'autres projets de vie qui sont en gestation et que certaines collectivit\u00e9s sont en train de construire ou qui sont d\u00e9j\u00e0 en cours aujourd'hui. L'utopie, parce qu'elle na\u00eet de l'imagination, contient une dimension r\u00e9flexive qui remet en cause la \"r\u00e9alit\u00e9\" et le pouvoir, et une autre dimension \u00e9thique d'o\u00f9 d\u00e9coule son impulsion transformatrice. C'est pourquoi je crois que le concept d'utopie peut \u00eatre utile \u00e0 la fois pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 certains comportements et arrangements sociaux, pour les confronter aux objectifs des mouvements sociaux, ainsi que pour \u00e9valuer les effets de certaines propositions promues dans l'intention de transformer les conditions de vie, en cr\u00e9ant d'autres arrangements sociaux dont les effets n'ont pas \u00e9t\u00e9 ceux escompt\u00e9s. En tant que cat\u00e9gorie explicative, l'utopie est pr\u00e9sente dans certaines formes d'organisation qui cherchent \u00e0 r\u00e9aliser l'id\u00e9al de bien vivre ou d'am\u00e9liorer la situation dans la vie quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre les deux pr\u00e9cisions m\u00e9thodologiques que nous avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9es - importantes pour transcender la discussion philosophique et la simple utilisation du terme utopie comme adjectif et explorer son potentiel analytique -, il est n\u00e9cessaire de pr\u00e9ciser, comme le propose Jameson (2009), que le terme est pass\u00e9 d'une r\u00e9f\u00e9rence spatiale (un non-lieu, comme dans l'utopie classique de Thomas More) \u00e0 une r\u00e9f\u00e9rence temporelle, un d\u00e9sir ou un id\u00e9al d'un monde ou d'une vie meilleurs \u00e0 atteindre. Les utopies possibles ou r\u00e9alisables imaginent que le \"futur\" n'est pas quelque chose qui nous \u00e9chappe totalement, mais qu'au contraire, il est possible de r\u00e9pondre ou de faire face \u00e0 l'impr\u00e9vu ou \u00e0 l'incertain par une action organis\u00e9e, planifi\u00e9e et, surtout, alternative \u00e0 l'ordre existant. Le \"pari\", la d\u00e9cision r\u00e9fl\u00e9chie ou de derni\u00e8re minute, le \"r\u00eave\" ou le \"souhait d'\u00eatre autrement\", tous ces artifices et d'autres (comme ceux que recouvrent la magie, la divination, l'anticipation ou la pr\u00e9diction math\u00e9matique) sont, comme l'utopie, des mani\u00e8res d'intervenir et de pr\u00e9tendre fa\u00e7onner l'avenir incertain ou n\u00e9buleux. Mais en effectuant cette op\u00e9ration ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, en s'impliquant ou en participant activement \u00e0 un projet de cette nature, on affecte le pr\u00e9sent et la vie quotidienne, qui est d\u00e9j\u00e0 le r\u00e9sultat de l'action et qui constitue le point de d\u00e9part du travail ethnographique. La discussion sur les utopies en tant que paris sur l'avenir est entr\u00e9e dans la discussion anthropologique, dans les \u00e9tudes sur le temps, les temporalit\u00e9s et les futurs.<\/p>\n\n\n\n<p>L'engagement pour l'avenir est au c\u0153ur du travail des organisations indig\u00e8nes du Michoac\u00e1n depuis les ann\u00e9es 1970, lorsqu'elles se sont impliqu\u00e9es directement dans la transformation de leurs conditions de vie. Cependant, les probl\u00e9matiques r\u00e9gionales et m\u00eame locales sont si diff\u00e9rentes et parfois si contrast\u00e9es qu'il est pratiquement impossible pour une seule organisation de repr\u00e9senter les int\u00e9r\u00eats de tous les groupes et d'\u00eatre reconnue par la majorit\u00e9 des peuples et des communaut\u00e9s ; il est donc difficile de parler d'un avenir unique. Il est important de consid\u00e9rer que, bien qu'au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies il y ait eu une prolif\u00e9ration de discours apocalyptiques, provenant du domaine scientifique, li\u00e9s au changement climatique et \u00e0 la d\u00e9gradation de l'environnement, il est n\u00e9cessaire de reconna\u00eetre qu'il n'y a pas d'avenir unique pour toute l'humanit\u00e9, mais qu'il est possible et n\u00e9cessaire de penser \u00e0 divers avenirs, qui sont construits en interaction avec les histoires locales, les conditions actuelles et les enjeux que les communaut\u00e9s placent dans l'avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, je propose que les actions men\u00e9es au pr\u00e9sent (qui sont celles enregistr\u00e9es par l'ethnographie) soient conditionn\u00e9es par leur histoire particuli\u00e8re et soient celles qui d\u00e9limitent leur projection dans l'avenir. En m\u00eame temps, les images ou les imaginaires \"utopiques\" qui apparaissent clairement avec les mouvements de revendication ethnique conditionnent les actions du pr\u00e9sent. Je prends comme r\u00e9f\u00e9rents ethnographiques les dispositifs tels que les organisations et les projets \u00e0 travers lesquels ils tentent de fa\u00e7onner leur avenir. C'est-\u00e0-dire la mani\u00e8re dont ils esp\u00e8rent se maintenir en tant que soci\u00e9t\u00e9s viables cherchant \u00e0 \u00eatre reconnues telles qu'elles se pr\u00e9sentent.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une revue exhaustive de l'anthropologie du temps, Nancy Munn (1992 : 115-116) souligne que jusqu'alors \"les anthropologues avaient vu l'avenir en pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es (...) et le futur en morceaux (...)\".<em>d\u00e9chiquetage et rapi\u00e9\u00e7age<\/em>), contrairement \u00e0 l'attention accord\u00e9e \"au pass\u00e9 dans le pr\u00e9sent\" [...]\". Rebecca Bryant et Daniel M. Knight (2019) d\u00e9plorent \u00e9galement que, contrairement \u00e0 la grande attention accord\u00e9e au pass\u00e9, peu ou presque pas d'attention a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e au futur. Ces auteurs d\u00e9veloppent pourtant toute une proposition pour \u00e9tudier comment le futur intervient ou s'exprime dans l'action sociale du pr\u00e9sent ethnographique. Ils discutent de six fa\u00e7ons dont le futur oriente le pr\u00e9sent : l'anticipation, l'attente, la sp\u00e9culation, la potentialit\u00e9, l'espoir et le destin (Bryant et Knight, 2019 : 3). Pour sa part, l'ethnographie historique, qui reconna\u00eet la pr\u00e9sence du pass\u00e9 dans le temps pr\u00e9sent, ne consid\u00e8re pas le probl\u00e8me de la temporalit\u00e9 et suppose que les \u00e9v\u00e9nements historiques et ethnographiques se produisent dans le temps naturel, alors que ce que nous observons ethnographiquement (comme je le soutiendrai ci-dessous) est un chevauchement de temporalit\u00e9s : le temps historique local (o\u00f9 le pass\u00e9 et le futur convergent) et le temps de l'observateur. Cela ressemble davantage \u00e0 ce que Reinhart Koselleck (1993) propose avec la m\u00e9taphore des strates temporelles (avenirs pass\u00e9s) qui se manifestent dans le pr\u00e9sent. En ce sens, il est important de noter que, tout comme dans le temps pr\u00e9sent il y a des graines de temps messianique, comme Walter Benjamin (2007:76) l'a soulign\u00e9, dans chaque mouvement utopique il y a aussi des graines de messianisme. C'est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui donne \u00e0 l'observateur ext\u00e9rieur l'impression que les communaut\u00e9s indig\u00e8nes ne veulent pas changer. La recherche de l'\u00e9cart entre ce qui est voulu et projet\u00e9 pour l'avenir (pr\u00e9servation des ressources communautaires et communales, am\u00e9lioration des conditions de vie) et l'impr\u00e9visible et l'incertain qu'offre le temps de la modernit\u00e9 n\u00e9olib\u00e9rale (expansion du march\u00e9, individualisme, agro-industrie et pr\u00e9dation) devient, dans ces mouvements, un objectif transcendantal.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Organisations : de l'Uni\u00f3n de Comuneros Emiliano Zapata aux conseils communautaires<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Quarante ans apr\u00e8s le d\u00e9but de leur mobilisation politique pour la reconnaissance, le cas de Santa Fe de la Laguna nous montre comment les diff\u00e9rentes temporalit\u00e9s qui coexistent dans l'espace local s'entrem\u00ealent ou interf\u00e8rent, et que la poursuite d'utopies ou l'engagement pour l'avenir g\u00e9n\u00e8re de nouveaux imaginaires de futurs possibles qui auront un impact sur le pr\u00e9sent et le pass\u00e9. La c\u00e9l\u00e9bration du 40e anniversaire du d\u00e9but de leur mouvement pour la d\u00e9fense de leurs terres communales, le 11 novembre 2019, est un t\u00e9moignage ethnographique qui nous montre les effets de l'utopie, ainsi que la manifestation de diff\u00e9rentes temporalit\u00e9s dans le pr\u00e9sent ethnographique. Ce moment inaugural a \u00e9galement marqu\u00e9 le d\u00e9but de ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme l'\u00e9mergence indig\u00e8ne dans le Michoac\u00e1n et la lutte pour la reconnaissance. En 1979, des femmes et des hommes indig\u00e8nes, qui n'appartenaient \u00e0 aucune organisation officielle, ont d\u00e9fil\u00e9 dans les rues de Morelia, la capitale de l'\u00c9tat, ont ferm\u00e9 l'avenue principale et se sont install\u00e9s pendant plusieurs jours devant le palais du gouvernement, ce qui a eu un fort impact sur la soci\u00e9t\u00e9 du Michoac\u00e1n. Jamais auparavant un groupe de paysans indig\u00e8nes n'avait d\u00e9fi\u00e9 le gouvernement de cette mani\u00e8re. Jusqu'alors, la soci\u00e9t\u00e9 du Michoac\u00e1n, dans sa quasi-totalit\u00e9, \u00e9tait \u00e9troitement contr\u00f4l\u00e9e par les structures corporatives du parti officiel. En g\u00e9n\u00e9ral, toute manifestation de non-conformit\u00e9, que ce soit pour des raisons politiques, religieuses ou de fronti\u00e8res communautaires, \u00e9tait r\u00e9solue par la r\u00e9pression ou l'int\u00e9gration des non-conformistes dans les structures corporatives du parti officiel.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a quarante ans, le mouvement des agriculteurs communaux de Santa Fe se pr\u00e9sentait comme un mouvement paysan ind\u00e9pendant, dirig\u00e9 par un groupe de jeunes radicaux qui, clairement orient\u00e9s vers une utopie socialiste, avaient d\u00e9cid\u00e9 d'affronter ce qu'ils consid\u00e9raient comme leurs ennemis de classe et des agents du capitalisme : les \u00e9leveurs de b\u00e9tail de la ville voisine de Quiroga, qui avaient envahi une partie de leurs terres communales et mena\u00e7aient de continuer \u00e0 le faire, face \u00e0 l'immobilisme des autorit\u00e9s communales de l'\u00e9poque. Ils faisaient partie d'une organisation paysanne, l'Union des agriculteurs communaux Emiliano Zapata (Uni\u00f3n de Comuneros Emiliano Zapata (<span class=\"small-caps\">ucez<\/span>), avec un discours de gauche r\u00e9volutionnaire (marxiste) clair, dont l'objectif principal \u00e9tait la lutte pour la terre et dont le slogan \u00e9tait : \"Aujourd'hui, nous luttons pour la terre et aussi pour le pouvoir\", refl\u00e8te bien cette situation.<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> Leurs id\u00e9aux de changement et de transformation radicale de leur communaut\u00e9 sont le fruit de leur formation d'enseignants et de professionnels dans les instituts de formation des ma\u00eetres et les universit\u00e9s publiques, ainsi que de leur formation \u00e0 la gu\u00e9rilla. Certains des dirigeants des communaut\u00e9s indig\u00e8nes, qui ont particip\u00e9 \u00e0 l'op\u00e9ration de la <span class=\"small-caps\">ucez<\/span> ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s \u00e0 la gu\u00e9rilla \u00e0 Cuba et en Cor\u00e9e du Nord et ont particip\u00e9 \u00e0 la gu\u00e9rilla du Mouvement d'action r\u00e9volutionnaire (<span class=\"small-caps\">mer<\/span>). Ils \u00e9taient align\u00e9s sur le mouvement communiste international qui cherchait \u00e0 \u00e9tablir une soci\u00e9t\u00e9 socialiste et entretenaient des liens avec des organisations clandestines et des gu\u00e9rillas d'Am\u00e9rique centrale. Leur r\u00eave pour l'avenir \u00e9tait de faire avancer la construction du socialisme et de le mettre en \u0153uvre dans les communaut\u00e9s du Michoac\u00e1n. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1980, le mouvement est affaibli par les fortes luttes entre les dirigeants et les factions qui apparaissent au sein de l'organisation et dans les communaut\u00e9s indig\u00e8nes elles-m\u00eames (Z\u00e1rate, 1993).<\/p>\n\n\n\n<p>L'anniversaire de 2019, auquel j'ai assist\u00e9, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une synth\u00e8se de la mani\u00e8re dont la communaut\u00e9 se repr\u00e9sente politiquement. Il est significatif qu'il n'ait pas eu lieu au centre de la communaut\u00e9 ni dans l'espace de l'ancien h\u00f4pital, o\u00f9 les c\u00e9l\u00e9brations sont habituellement organis\u00e9es, mais \u00e0 l'endroit o\u00f9 deux membres de la communaut\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s lorsque la communaut\u00e9 a occup\u00e9 et r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les terres que les \u00e9leveurs de la ville voisine de Quiroga avaient envahies, au bord de la route nationale qui relie Guadalajara (Jalisco) \u00e0 Morelia (Michoac\u00e1n). Il s'agissait \u00e9galement d'une mise en sc\u00e8ne de l'identit\u00e9 Purh\u00e9pecha contemporaine, c'est-\u00e0-dire de la mani\u00e8re dont les comuneros se repr\u00e9sentent aujourd'hui, par opposition \u00e0 il y a 40 ans. Pour montrer leur pouvoir, ils ont ferm\u00e9 la route nationale pendant neuf heures, de 8h30 \u00e0 18h, avec l'aide de la police locale et sans menace de r\u00e9pression, et ont accroch\u00e9 un grand drapeau Purh\u00e9pecha sur toute la largeur de la route. La c\u00e9l\u00e9bration a commenc\u00e9 par une marche conduite par les autorit\u00e9s locales depuis le centre de la communaut\u00e9 jusqu'au lieu de la c\u00e9r\u00e9monie. Sur le lieu de la chute, apr\u00e8s l'arriv\u00e9e du contingent et avant le d\u00e9but de l'\u00e9v\u00e9nement civique, une c\u00e9r\u00e9monie a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e, combinant des \u00e9l\u00e9ments de diff\u00e9rentes religions et de diff\u00e9rentes temporalit\u00e9s, avec de l'encens, des discours sur l'ancienne religion du peuple indig\u00e8ne, qui, disait-on, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite par les colonisateurs, La c\u00e9r\u00e9monie comprenait de l'encens, des discours sur l'ancienne religion des peuples indig\u00e8nes, qui aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite par les colonisateurs, la d\u00e9fense de la terre m\u00e8re, une invitation aux participants \u00e0 semer des graines, le souvenir des camarades tomb\u00e9s \u00e0 cet endroit et la r\u00e9citation du rosaire (en raison du refus du pr\u00eatre de c\u00e9l\u00e9brer la messe qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vue \u00e0 cet endroit). Ensuite, l'\u00e9v\u00e9nement civique a commenc\u00e9 par les honneurs aux drapeaux de la nation Purh\u00e9pecha et de la nation mexicaine, l'hymne national a \u00e9t\u00e9 chant\u00e9 \u00e0 Purh\u00e9pecha par les \u00e9l\u00e8ves et les professeurs de l'\u00e9cole secondaire locale portant le nom d'Elipidio Dom\u00ednguez Castro, le leader Purh\u00e9pecha assassin\u00e9 qui a dirig\u00e9 le mouvement dans les ann\u00e9es 80, et les premi\u00e8res strophes de ce qui devrait \u00eatre l'hymne de Purh\u00e9pecha ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es. \u00c0 la fin, la c\u00e9r\u00e9monie s'est d\u00e9roul\u00e9e dans un pavillon sur la route avec les invit\u00e9s, qui ont rappel\u00e9 les ann\u00e9es du mouvement, leurs premi\u00e8res actions, leurs anciens camarades, ainsi que leur importance pour comprendre le mouvement actuel pour l'autonomie, men\u00e9 par la communaut\u00e9 de Cher\u00e1n. Dans les discours, ce qui est ressorti, c'est la pertinence, 40 ans plus tard, du mouvement de revendications ethniques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le drapeau et l'acte, organis\u00e9s par les autorit\u00e9s locales, \u00e9taient un avertissement au conseil municipal de Quiroga qu'ils ne cesseraient pas d'exiger la r\u00e9cup\u00e9ration et la d\u00e9fense de toutes leurs terres communales. \u00c0 cela s'ajoutait leur demande de \"budget direct\" et de reconnaissance de leurs gouvernements par \"usos y costumbres\", ce qui a finalement \u00e9t\u00e9 obtenu, apr\u00e8s une autre mobilisation, la fermeture de la course nationale et des intrusions dans les r\u00e9unions du conseil municipal en 2021.<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous r\u00e9fl\u00e9chissons aux cons\u00e9quences ou aux effets de ce mouvement utopique dans le pr\u00e9sent, certains voulus et d'autres totalement inattendus, nous pouvons citer parmi les plus significatifs : 1) que la non-conformit\u00e9 (pauvret\u00e9 et exclusion) dans laquelle vivaient les communaut\u00e9s indig\u00e8nes a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e aux yeux du public. Jusqu'\u00e0 ce mouvement, il semblait que les communaut\u00e9s vivaient dans le plus grand calme, satisfaites de leurs conditions de vie. Il a remis en cause de mani\u00e8re d\u00e9finitive le corporatisme et l'immobilisme des organisations paysannes qui avaient \u00e9t\u00e9 le pilier du r\u00e9gime pr\u00e9sidentialiste. Au c\u0153ur de leur revendication, le maintien pour les g\u00e9n\u00e9rations futures de la propri\u00e9t\u00e9 collective de la terre et de ses ressources naturelles. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que la communaut\u00e9 n'\u00e9tait pas quelque chose de r\u00e9trograde, mais qu'elle pouvait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un mode de vie \u00e0 pr\u00e9server, \u00e0 maintenir et \u00e0 prot\u00e9ger, voire \u00e0 projeter dans l'avenir, c'est-\u00e0-dire un mode de vie diff\u00e9rent de celui qu'offrent le march\u00e9 capitaliste et l'individualisme.<\/p>\n\n\n\n<p>2) Elle a introduit dans le d\u00e9bat public la question de l'agence des sujets collectifs, qui s'exprime par le fait qu'ils doivent d\u00e9sormais \u00eatre consult\u00e9s lorsqu'il s'agit de r\u00e9aliser des projets qui ont un impact direct sur eux. Ils sont d\u00e9finitivement pr\u00e9sent\u00e9s comme des sujets collectifs, actifs et porteurs de projets de vie. Dans toutes les proc\u00e9dures, mobilisations et actions publiques, ils se r\u00e9clament toujours de \"la communaut\u00e9\", c'est-\u00e0-dire de l'ensemble, \u00e9tape d\u00e9finitive du processus de reconnaissance. Elle a mis en \u00e9vidence leur particularit\u00e9 par rapport aux autres acteurs et aux mouvements syndicaux et de classe. Ceci est apparu clairement dans les ann\u00e9es 1980 avec le d\u00e9bat et la mobilisation contre le projet d'installation d'un r\u00e9acteur nucl\u00e9aire sur les terres de Santa Fe de la Laguna. Ce mouvement, qui reliait la communaut\u00e9 indig\u00e8ne \u00e0 de larges secteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile r\u00e9gionale, a entra\u00een\u00e9 une certaine crise avec les membres les plus radicaux du mouvement (avec une orientation marxiste claire), y compris son leader, qui avait un discours de classe qui co\u00efncidait id\u00e9ologiquement avec les dirigeants du Sindicato \u00danico de Trabajadores de la Industria Nuclear (Syndicat unique des travailleurs de l'industrie nucl\u00e9aire).<span class=\"small-caps\">sutin<\/span>) en soutenant l'installation d'un r\u00e9acteur nucl\u00e9aire sur un terrain communautaire.<\/p>\n\n\n\n<p>3) Elle a \u00e9galement provoqu\u00e9 une remise en question, dans le champ des id\u00e9es (acad\u00e9miques et politiques), de la conception de l'\u00c9tat et de son projet de nation qui, bien qu'issu d'un mouvement r\u00e9volutionnaire, ne se voyait plus repr\u00e9sent\u00e9 par de larges couches de la soci\u00e9t\u00e9 (les groupes marginalis\u00e9s). Dans ce projet, les communaut\u00e9s indig\u00e8nes \u00e9taient regroup\u00e9es sous la cat\u00e9gorie socio-\u00e9conomique des \"paysans\", alors qu'elles ne se pr\u00e9sentaient pas comme des paysans, mais comme une communaut\u00e9 indig\u00e8ne. Qu'est-ce que la nation si ce n'est une multiplicit\u00e9 de peuples et de cultures ? Pour la premi\u00e8re fois, l'\u00c9tat est contraint d'\u00e9couter et de n\u00e9gocier avec les groupes indig\u00e8nes en dehors du corporatisme officiel.<\/p>\n\n\n\n<p>4) Apr\u00e8s une p\u00e9riode d'agitation et de violence extr\u00eames au cours de laquelle on a tent\u00e9 d'instaurer un r\u00e9gime communautaire autoritaire, qui s'est manifest\u00e9 par des expropriations arbitraires de terres et de maisons et des menaces \u00e0 l'encontre de certaines familles, et qui a conduit \u00e0 un conflit fort et violent entre les factions, les communaut\u00e9s sont revenues \u00e0 la tranquillit\u00e9 dans les ann\u00e9es 1990, mais avec de nouveaux arrangements. Les effets les plus importants pour la communaut\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 les suivants : la peur de protester et de se plaindre a disparu ; l'importance d'agir a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e ; la pertinence et le pouvoir du communalisme \u00e0 une \u00e9poque de grand autoritarisme et de polarisation extr\u00eame. Le gouvernement communal a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9 et renouvel\u00e9, en tant qu'assembl\u00e9e de tous les communards et centre de toutes les d\u00e9cisions importantes, o\u00f9 sont repr\u00e9sent\u00e9es les familles, les quartiers et les moiti\u00e9s qui composent l'organisation communautaire. D'une certaine mani\u00e8re, les relations entre les sexes et les g\u00e9n\u00e9rations ont \u00e9t\u00e9 red\u00e9finies sans dissoudre l'organisation sociale locale, qui repose sur la compl\u00e9mentarit\u00e9 des sexes, mais au contraire en la renfor\u00e7ant. Bien que la repr\u00e9sentation au bureau soit familiale et que le chef de famille soit toujours la personne responsable, il peut d\u00e9sormais s'agir de l'\u00e9pouse et de la m\u00e8re de famille, et les femmes et les jeunes peuvent assister \u00e0 l'assembl\u00e9e. Le r\u00f4le du repr\u00e9sentant de la communaut\u00e9 ou du pr\u00e9sident du Commissariat aux biens communaux a \u00e9t\u00e9 red\u00e9fini et, dor\u00e9navant, cette fonction doit \u00eatre occup\u00e9e par une personne absolument engag\u00e9e dans la d\u00e9fense de la communaut\u00e9 et de son patrimoine naturel et mat\u00e9riel.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1990, avec l'affaiblissement du discours de classe et la chute de l'utopie du monde socialiste, l'horizon s'est d\u00e9plac\u00e9 et l'avenir a \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 en termes de diversit\u00e9. Les enjeux pour l'avenir sont repens\u00e9s, non plus strictement agraires, mais \u00e9largis \u00e0 l'ethnicit\u00e9 et \u00e0 la revendication du Purh\u00e9pecha dans son ensemble. Des demandes de remunicipalisation ou de cr\u00e9ation d'une r\u00e9gion autonome multiethnique apparaissent (Ventura, 2003 : 187). Les nouvelles organisations auront un discours ethnique clair, comme Caminos del Pueblo ou le Front ind\u00e9pendant des communaut\u00e9s du Michoac\u00e1n (Frente Independiente de Comunidades de Michoac\u00e1n (<span class=\"small-caps\">ficim<\/span>) (M\u00e1ximo, 2003). Le projet de la Nation Purh\u00e9pecha est mat\u00e9rialis\u00e9 par l'Organisation de la Nation Purh\u00e9pecha (<span class=\"small-caps\">onp<\/span>) (Z\u00e1rate, 1999 : 246 ; Jasso, 2012 : 119-120). Cette organisation est apparue au grand jour en 1991, en lan\u00e7ant un manifeste contre les r\u00e9formes de l'article 27 de la Constitution, interdisant la vente ou le commerce des terres communales et avertissant que tout propri\u00e9taire communal qui vendrait sa terre serait expuls\u00e9 de sa communaut\u00e9 et de son territoire (M\u00e1ximo, 2003 : 584 ; Dietz, 1999 : 369). Leur discours s'articulait essentiellement autour de deux axes : l'autonomie communale et la d\u00e9fense des ressources naturelles, en particulier des for\u00eats. En tant qu'organisation compos\u00e9e principalement de professionnels issus de diverses communaut\u00e9s, avec un discours et une affiliation politique clairs, elle a rapidement \u00e9t\u00e9 affaiblie. L'utopie de la remunicipalisation est repouss\u00e9e. La <span class=\"small-caps\">onp<\/span> s'est d'abord fragment\u00e9e en raison de conflits sur le contr\u00f4le des ressources provenant de financements externes qui, en tant qu'association civile, devraient \u00eatre allou\u00e9es \u00e0 des projets communautaires. Ensuite, comme ses dirigeants n'ont jamais pu \u00e9chapper \u00e0 la dynamique des partis, elle s'est dilu\u00e9e jusqu'\u00e0 devenir insignifiante dans le paysage politique. Gr\u00e2ce \u00e0 cette organisation politique, dans les ann\u00e9es 1990 et sous l'impulsion du soul\u00e8vement zapatiste, l'autonomie des communaut\u00e9s a \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9e par le biais de la remunicipalisation, qui n'a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>A la fin de la premi\u00e8re d\u00e9cennie du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xxi<\/span> et face \u00e0 l'avanc\u00e9e du crime organis\u00e9, une tentative a \u00e9t\u00e9 faite pour activer la coordination entre les autorit\u00e9s communautaires et les patrouilles communautaires pour se d\u00e9fendre. Plusieurs r\u00e9unions ont eu lieu entre les repr\u00e9sentants des communaut\u00e9s, mais aucun progr\u00e8s n'a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en termes d'organisation ou de coordination de la d\u00e9fense. Apr\u00e8s le mouvement de la communaut\u00e9 de Cher\u00e1n en 2011, qui a conduit \u00e0 la reconnaissance de son gouvernement par les us et coutumes, de son conseil de direction et de sa propre force de police, les principales demandes des autres communaut\u00e9s sont all\u00e9es dans ce sens : recevoir leur budget directement (sans passer par la tr\u00e9sorerie des municipalit\u00e9s) et la reconnaissance de leur gouvernement par les us et coutumes (ce qui signifie avoir leur propre police communautaire en uniforme et arm\u00e9e, ainsi que d\u00e9cider d'autoriser ou non l'intervention de partis politiques et d'urnes). Cette avanc\u00e9e s'est traduite dans plus de 50 communaut\u00e9s de la r\u00e9gion et d'autres sont en passe de le faire. Conseill\u00e9es par diff\u00e9rents groupes d'avocats, les organisations qui m\u00e8nent actuellement ces efforts sont le Conseil supr\u00eame indig\u00e8ne du Michoac\u00e1n (<span class=\"small-caps\">csim<\/span>) et le Frente por la Autonom\u00eda de Consejos y Comunidades Ind\u00edgenas (ou Frente por la Autonom\u00eda), dirig\u00e9 par le collectif d'avocats Emacipanciones (<span class=\"small-caps\">ce<\/span>). Ces deux organisations ont pour objectif de parvenir \u00e0 l'autonomie des communaut\u00e9s et d'avancer dans la consolidation de la nation Purh\u00e9pecha. En outre, elles soutiennent les demandes et les mobilisations des communaut\u00e9s face \u00e0 tout type de conflit.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent, au cours de ce si\u00e8cle, les demandes de reconnaissance de leurs coutumes et traditions ont \u00e9t\u00e9 fond\u00e9es sur la convention 169 de l'Organisation internationale du travail (convention 169 de l'OIT).<span class=\"small-caps\">ilo<\/span>) et le droit d'avoir leur propre gouvernement et une force de police pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 de la population. Il est int\u00e9ressant de noter comment le pass\u00e9 communautaire, en influen\u00e7ant les projets utopiques, a fini par s'imposer et comment le discours et la logique communautaires ont provoqu\u00e9 un processus d'\u00e9puration de ce qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme positif ou viable dans la vie communautaire, de ce qui avait \u00e9t\u00e9 perverti, perturb\u00e9 ou \u00e9tait devenu d'un int\u00e9r\u00eat particulier et qu'il fallait changer. Mais elle a \u00e9galement mis en \u00e9vidence les limites \u00e9videntes de la pens\u00e9e radicale. Les propositions qui m\u00e9prisaient l'histoire des communaut\u00e9s, comme l'anticl\u00e9ricalisme, la violence des groupes arm\u00e9s, le discours selon lequel seule la violence permettrait d'obtenir des changements, et la proposition \"tout ou rien\" des leaders radicaux, qui conduisait \u00e0 des divisions \u00e9videntes, ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es. La r\u00e9organisation du gouvernement local, le r\u00f4le de l'assembl\u00e9e, l'engagement des autorit\u00e9s envers la communaut\u00e9 et la d\u00e9fense de son patrimoine ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne fait aucun doute que les communaut\u00e9s sont de plus en plus diverses et plurielles, en raison de la mise en \u0153uvre de divers projets de modernisation, bien qu'elles conservent des m\u00e9canismes de service (tels que les cargaisons) et de coh\u00e9sion, tels que les \u00e9changes rituels qui sont porteurs d'une histoire forte. C'est ici qu'appara\u00eet la nouvelle utopie communautaire, d\u00e9sormais repr\u00e9sent\u00e9e par les nouvelles formes de gouvernement des conseils communaux, charg\u00e9s d'administrer le budget direct et d'offrir les services pr\u00e9c\u00e9demment offerts par la municipalit\u00e9, tels que la s\u00e9curit\u00e9, l'\u00e9ducation et la sant\u00e9. C'est dans ce cas que la reconnaissance juridique d'un certain degr\u00e9 d'autonomie et le gouvernement par la coutume et l'usage rencontrent des limites claires, car des fa\u00e7ons diff\u00e9rentes et parfois conflictuelles de concevoir l'autonomie coexistent au sein d'une m\u00eame communaut\u00e9 et entre les communaut\u00e9s. Le pluralisme et la diversit\u00e9 des int\u00e9r\u00eats et des projets communautaires repr\u00e9sentent un d\u00e9fi pour la r\u00e9alisation de l'utopie d'une communaut\u00e9 politique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Projets<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">\u00c0 partir des ann\u00e9es 1980 et parall\u00e8lement \u00e0 l'affaiblissement de la <span class=\"small-caps\">ucez<\/span>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, diff\u00e9rentes initiatives organisationnelles et des projets d'avenir \u00e0 caract\u00e8re plus ethnique sont apparus, l'un d'entre eux \u00e9tant l'id\u00e9e de la nation Purh\u00e9pecha. Le processus de r\u00e9invention de la nation ou du peuple purh\u00e9pecha s'est consolid\u00e9 \u00e0 travers des actions et des discours de nature vindicative et de recherche d'autonomie. Progressivement mais s\u00fbrement, des actions ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre men\u00e9es dans les communaut\u00e9s qui cherchaient \u00e0 maintenir un contr\u00f4le effectif de leurs institutions et de leurs modes de relation avec l'\u00c9tat, les entreprises et les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile.<\/p>\n\n\n\n<p>L'utopie de la nation Purh\u00e9pecha s'est manifest\u00e9e \u00e0 l'origine par la cr\u00e9ation d'un certain nombre de symboles qui, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, semblaient quelque peu \u00e9trangers \u00e0 la majorit\u00e9 de la population, mais qui sont aujourd'hui largement accept\u00e9s et r\u00e9pandus. C'est le cas du drapeau, des armoiries, de la c\u00e9l\u00e9bration du Nouvel An Purh\u00e9pecha, du terme m\u00eame de \"Purh\u00e9pecha\" en lieu et place du Tarascan colonial, et de la devise \"Purh\u00e9pecha\". <em>(juchari uinapikua)<\/em>qui se sont pratiquement institutionnalis\u00e9es. Un tout nouveau projet utopique con\u00e7u par des professionnels et des intellectuels issus des communaut\u00e9s elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet de la Nation Purh\u00e9pecha, ou le projet de se pr\u00e9senter comme une nation, est peut-\u00eatre le plus ambitieux qui ait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies en raison des d\u00e9fis qu'il cherche \u00e0 relever. Peu de peuples indig\u00e8nes se con\u00e7oivent et se pr\u00e9sentent comme une nation. D'une part, il s'agit de se pr\u00e9senter et de se faire reconna\u00eetre comme un peuple ou une nation au m\u00eame titre que n'importe quelle autre nation, avec les m\u00eames droits, et non comme une minorit\u00e9 ethnique. D'autre part, il s'agit de surmonter les diff\u00e9rences et les conflits intercommunautaires end\u00e9miques qui, au cours du si\u00e8cle dernier, ont conduit les peuples indig\u00e8nes \u00e0 devenir une nation. <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Les Purh\u00e9pechas, qui ont fait l'objet d'un certain nombre de conflits, ont provoqu\u00e9 des divisions et des affrontements (dont certains sont toujours en cours). Comme dans la formulation d'autres projets de communaut\u00e9s ou de nations imagin\u00e9es, qui cherchent \u00e0 d\u00e9passer les relations coloniales (Anderson, 2008), c'est un groupe d'intellectuels et de professionnels, autoproclam\u00e9s Purh\u00e9pechas, qui ont d\u00e9fini leur existence et formul\u00e9 les symboles de l'identit\u00e9. Un imaginaire qui rassemble des volont\u00e9s, des d\u00e9sirs, des aspirations ; en un mot : l'identit\u00e9 d'acteurs multiples, m\u00eame avec des projets politiques, culturels et sociaux divers.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce processus, l'adoption du terme Purh\u00e9pecha comme gentilicio auquel se rattachent d'abord les intellectuels, les artistes, les autorit\u00e9s, les activistes, les enseignants, entre autres, et ensuite le reste de la soci\u00e9t\u00e9, anciennement connue sous le nom de Tarascan, a \u00e9t\u00e9 fondamentale pour comprendre comment l'id\u00e9e de nation s'est concr\u00e9tis\u00e9e. Le terme Purh\u00e9pecha signifie gens du peuple ou roturier et, en tant que gentilicio, il n'\u00e9tait pas utilis\u00e9 \u00e0 l'\u00e9poque pr\u00e9hispanique, ni \u00e0 l'\u00e9poque coloniale, ni dans le Mexique ind\u00e9pendant. \u00c0 l'\u00e9poque pr\u00e9hispanique, il existait des clans et l'un des premiers gentilices utilis\u00e9s par les conquistadors \u00e9tait michoaques ou gens de la ville de Michoac\u00e1n (qui est d'origine nahua). Le terme Purh\u00e9pecha n'est mentionn\u00e9 que dans une seule source coloniale, la Relaci\u00f3n de Cuitzeo (Acu\u00f1a, 1987 : 81).<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> Pendant la p\u00e9riode coloniale, les conqu\u00e9rants ont impos\u00e9 le terme Tarasco, et c'est ainsi qu'il appara\u00eet dans les chroniques coloniales et les ethnographies jusqu'aux ann\u00e9es 1980. M\u00eame dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, les membres les plus \u00e2g\u00e9s des communaut\u00e9s continuaient \u00e0 utiliser le terme colonial Tarasco. Aujourd'hui, ce terme est rarement utilis\u00e9 et la grande majorit\u00e9 de la population s'identifie comme Purh\u00e9pecha. L'utilisation de ce terme a \u00e9t\u00e9 l'une des premi\u00e8res choses \u00e0 n\u00e9gocier avec la population et a \u00e9t\u00e9 progressivement accept\u00e9e. Des localit\u00e9s qui ne parlent pas la langue et qui, il y a quelques d\u00e9cennies encore, avaient cess\u00e9 de se consid\u00e9rer comme indig\u00e8nes, se revendiquent aujourd'hui comme Purh\u00e9pecha et cherchent \u00e0 \u00eatre reconnues comme telles. M\u00eame les localit\u00e9s qui, pendant la majeure partie du si\u00e8cle dernier, ont <span class=\"small-caps\">xx<\/span> qui se consid\u00e9raient fi\u00e8rement comme des m\u00e9tis, comme Huecorio, dans le bassin du lac P\u00e1tzcuaro, se revendiquent aujourd'hui comme Purh\u00e9pecha.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, la f\u00eate du nouvel an Purh\u00e9pecha, qui est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e depuis 1982, est totalement institutionnalis\u00e9e ; chaque ann\u00e9e, l'annonce de la communaut\u00e9 dans laquelle elle sera c\u00e9l\u00e9br\u00e9e est attendue avec impatience. Il y a une comp\u00e9tition entre les communaut\u00e9s pour la c\u00e9l\u00e9brer et, depuis le d\u00e9but, un groupe de directeurs ou de chefs d'entreprise est charg\u00e9 d'organiser la f\u00eate. <em>pet\u00e1mutis<\/em> (ceux qui ont d\u00e9j\u00e0 pris en charge la c\u00e9l\u00e9bration dans leur communaut\u00e9 ou qui ont promu et d\u00e9fendu la culture Purh\u00e9pecha et sont reconnus pour leur comportement responsable), qui prennent les d\u00e9cisions concernant cette f\u00eate (Z\u00e1rate, 1994).<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd'hui, il est courant que des personnes de diff\u00e9rentes communaut\u00e9s reconnaissent ouvertement qu'elles font partie de la nation Purh\u00e9pecha, et le drapeau appara\u00eet dans divers contextes et est honor\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s du drapeau national. Le drapeau, les armoiries et la devise <em>juchari uinapikua<\/em> (\"notre force\") est pr\u00e9sent dans tous les espaces civils des communaut\u00e9s, dans les bureaux communaux, sur les places et dans les \u00e9coles ; il est honor\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s du drapeau national, il est imprim\u00e9 sur les documents officiels, ainsi que sur d'innombrables v\u00e9hicules collectifs (taxis, camionnettes et camions de passagers) ; il est \u00e0 la t\u00eate de toute manifestation politique ou civile, et m\u00eame dans certaines festivit\u00e9s religieuses, il est \u00e0 la t\u00eate des groupes de danse.<\/p>\n\n\n\n<p>La communaut\u00e9 elle-m\u00eame a connu un processus de red\u00e9finition qui va de pair avec le Purh\u00e9pecha. Parall\u00e8lement au renforcement du sentiment d'appartenance \u00e0 une nation, les traits culturels qui \u00e9taient auparavant consid\u00e9r\u00e9s comme diacritiques dans la d\u00e9finition d'un groupe ethnique, tels que la langue, ne le sont plus, mais l'autod\u00e9finition, la m\u00e9moire et les \u00e9l\u00e9ments de l'organisation sociale ou rituelle encore en vigueur sont mis en avant ou sollicit\u00e9s. A partir de l\u00e0, de nouveaux groupes se sont ajout\u00e9s \u00e0 la nation purh\u00e9pecha, comme cela s'est produit r\u00e9cemment avec les barrios et la communaut\u00e9 de Santa Clara del Cobre (Pureco, 2021). Pour les sujets, il est tr\u00e8s important de montrer que toutes leurs actions ont un lien avec le pass\u00e9 ou un contexte historique. D'o\u00f9 l'importance qu'ils accordent \u00e0 leur interpr\u00e9tation de l'histoire comme source de l\u00e9gitimation de leur revendication d'autonomie et d'appartenance \u00e0 la nation purh\u00e9pecha. Une fois de plus, l'histoire semble se manifester dans les projets d'avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour certains auteurs, il s'agit d'un processus d'\"ethnogen\u00e8se\", dans lequel l'adoption et la revendication de la cat\u00e9gorie ethnique sont strat\u00e9giques pour maintenir certains privil\u00e8ges en tant que classe politique (V\u00e1zquez, 1991). Cependant, pour les acteurs eux-m\u00eames, comme ils l'ont pr\u00e9cis\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises, ils ont toujours \u00e9t\u00e9 Indiens et n'ont jamais cess\u00e9 de l'\u00eatre, et l'adoption de Pueh\u00e9pecha comme gentilicio est un rejet clair de la cat\u00e9gorie coloniale de Tarasco. Depuis les ann\u00e9es 70, les revendications ethniques ont red\u00e9fini la nature des relations entre la communaut\u00e9 et la soci\u00e9t\u00e9 nationale, bas\u00e9es sur l'utopie de l'autonomie et de la reconstruction de la nation pureh\u00e9pecha. Il est important de comprendre qu'il ne s'agit pas seulement d'un mouvement de r\u00e9sistance, mais aussi d'un mouvement proactif en termes d'objectifs et de buts \u00e0 atteindre.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, dans les communaut\u00e9s qui re\u00e7oivent d\u00e9j\u00e0 le budget direct, il y a maintenant un \u00e9lan pour d\u00e9velopper des projets communautaires, par opposition aux projets productifs qui ont \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9s par les gouvernements n\u00e9olib\u00e9raux. Apr\u00e8s la crise de l'indig\u00e9nisme officiel dans les ann\u00e9es 1970, la politique d'allocation des ressources aux groupes et communaut\u00e9s marginalis\u00e9s par le biais de projets a \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9e. Cette politique d'allocation des ressources supposait que la coresponsabilit\u00e9 des groupes marginalis\u00e9s serait renforc\u00e9e et qu'ils finiraient par capitaliser et cesser de d\u00e9pendre des ressources publiques. En cons\u00e9quence, de multiples groupes et communaut\u00e9s se sont organis\u00e9s pour demander ou \"t\u00e9l\u00e9charger\" des ressources, ce qui a engendr\u00e9 de nouvelles formes de d\u00e9pendance, de client\u00e9lisme et de pauvret\u00e9 (Cort\u00e9s et Z\u00e1rate, 2019). Mais aussi, dans certains cas, cela a produit des cercles vertueux d'autoreproduction et de croissance qui ne d\u00e9pendent pas tant des financements \u00e9conomiques externes, mais de l'int\u00e9r\u00eat que la communaut\u00e9 elle-m\u00eame leur porte dans sa qu\u00eate de r\u00e9affirmation en tant que sujets actifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de la distinction inh\u00e9rente \u00e0 l'administration publique n\u00e9olib\u00e9rale, qui divise les projets r\u00e9ussis et ceux qui ne le sont pas, il existe une autre distinction, plus illustrative, entre les projets impos\u00e9s, externes, mais \u00e9labor\u00e9s \u00e0 la suite d'appels \u00e0 propositions ou de situations sp\u00e9cifiques, et les projets de nature communautaire, qui expriment l'id\u00e9al de ce que la communaut\u00e9 veut pour elle-m\u00eame \u00e0 l'avenir. Bien qu'ils soient men\u00e9s par des \u00e9lites locales (professionnels, activistes et autres agents), ce sont des projets soutenus par le consensus et le large soutien de la communaut\u00e9. Le projet \u00e9ducatif de Santa Fe de la Laguna en est un exemple. Il s'agit d'un projet \u00e9ducatif propre, contr\u00f4l\u00e9 et con\u00e7u par les enseignants et les professionnels de la communaut\u00e9, de la maternelle au lyc\u00e9e. Ce projet \u00e9ducatif est n\u00e9 comme une contre-proposition et une alternative aux politiques d'interculturalit\u00e9 con\u00e7ues par les institutions de l'\u00c9tat, dont il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu'elles ne font en fin de compte que promouvoir l'identit\u00e9 ethnique, mais de mani\u00e8re subordonn\u00e9e. Au contraire, le projet \u00e9ducatif de Santa Fe, comme l'ont montr\u00e9 des \u00e9tudes telles que celle de Gialuanna Ayora (2012), repr\u00e9sente une alternative authentique construite \u00e0 partir du niveau local, dans le cadre du processus de revendication ethnique qu'a connu la communaut\u00e9. La g\u00e9n\u00e9ration de projets \u00e0 moyen et long terme, tels que des projets \u00e9ducatifs, \u00e9cologiques ou de la Nation Purh\u00e9pecha, qui impliquent une certaine r\u00e9organisation au sein des communaut\u00e9s en raison des ressources \u00e0 investir, repr\u00e9sente l'un des m\u00e9canismes par lesquels les communaut\u00e9s tentent de fa\u00e7onner leur avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les communaut\u00e9s dot\u00e9es d'un budget direct, les pr\u00e9occupations essentielles concernent la demande de services : eau potable, assainissement, ramassage des ordures, s\u00e9curit\u00e9, entretien des \u00e9coles et des espaces publics. En particulier, et compte tenu des circonstances actuelles, deux projets sont consid\u00e9r\u00e9s comme d'une importance vitale : l'un concerne la formation, l'entra\u00eenement et le maintien d'un corps de s\u00e9curit\u00e9 capable d'affronter ou au moins de contenir les incursions fr\u00e9quentes des groupes criminels organis\u00e9s dans les communaut\u00e9s. L'autre, \u00e9troitement li\u00e9 au pr\u00e9c\u00e9dent, est la r\u00e9cup\u00e9ration ou au moins l'arr\u00eat de l'expansion de la culture d'avocats sur les terres communales, qui est devenue un v\u00e9ritable fl\u00e9au pour les communaut\u00e9s, produit par des hommes d'affaires priv\u00e9s, parfois associ\u00e9s \u00e0 des groupes d'assassins \u00e0 gages, qui d\u00e9fendent et encouragent la d\u00e9forestation et l'expansion de la culture d'avocats dans les zones montagneuses. Ces deux projets ou micro-utopies ont beaucoup de mal \u00e0 se r\u00e9aliser car ils se heurtent \u00e0 des groupes d'int\u00e9r\u00eats tr\u00e8s puissants li\u00e9s au capitalisme n\u00e9olib\u00e9ral, qui repr\u00e9sente un avenir totalement diff\u00e9rent de celui des communaut\u00e9s. Mais il existe aussi des projets promus par diff\u00e9rentes communaut\u00e9s : les deux qui sont apparus r\u00e9cemment sont la construction d'une clinique m\u00e9dicale sp\u00e9cialis\u00e9e, qui serait situ\u00e9e au c\u0153ur du plateau de Purh\u00e9pecha, et une caserne de la Garde nationale qui inclurait la police communautaire ou la police de la communaut\u00e9. <em>kuarichas<\/em>Le gouverneur actuel a promis de les construire dans les prochaines ann\u00e9es. Tous ces projets seront d\u00e9sormais entre les mains des communaut\u00e9s elles-m\u00eames, qui cherchent \u00e0 se maintenir en tant que sujets collectifs viables face aux tendances \u00e0 la fragmentation et \u00e0 l'in\u00e9galit\u00e9 du capitalisme n\u00e9olib\u00e9ral (migration, travail journalier, d\u00e9gradation de l'environnement, entre autres).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">En conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Nous ne pouvons pas comprendre pleinement la pertinence et la validit\u00e9 des communaut\u00e9s indig\u00e8nes contemporaines si nous ne tenons pas compte de leurs projets d'avenir, de leurs utopies et de leurs plans, \u00e0 travers lesquels elles se r\u00e9inventent. La mobilisation est l'un d'entre eux, mais il y en a d'autres, comme l'utilisation des technologies num\u00e9riques, le renouvellement des gouvernements locaux, la dialectique entre la sacralisation et la d\u00e9sacralisation des rituels communautaires, la persistance de r\u00e9cits qui articulent l'avenir comme un renouvellement du pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L'avenir a toujours \u00e9t\u00e9 dans la ligne de mire des communaut\u00e9s indig\u00e8nes, explicitement depuis les ann\u00e9es 1970. <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Bien que dans les perspectives traditionnelles des sciences sociales, nous ne l'ayons jamais envisag\u00e9 de cette mani\u00e8re, parce que l'anthropologie a \u00e9t\u00e9 domin\u00e9e par une vision \"r\u00e9aliste\", dans laquelle l'utilisation de cat\u00e9gories fixes et de mod\u00e8les statiques pr\u00e9vaut sans tenir compte du fait que les sujets construisent leur agence par rapport \u00e0 des utopies de meilleures conditions de vie. Lorsque nous parlons du temps, il n'y a pas de r\u00e9alisme valable, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 des constructions imaginaires du pass\u00e9, mais aussi du \"futur\" et \u00e0 des d\u00e9coupages arbitraires pour d\u00e9limiter le pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>Consid\u00e9rer les diverses temporalit\u00e9s qui s'expriment dans ces processus organisationnels, comme nous l'avons montr\u00e9, permet de d\u00e9passer certaines des critiques que la pens\u00e9e lib\u00e9rale adresse aux projets utopiques tels que ceux des communaut\u00e9s, des peuples originels et des nations. En effet, tout groupe social qui se consid\u00e8re comme une communaut\u00e9 aspire \u00e0 rester viable dans le futur, ou \u00e0 une meilleure condition de vie, et doit donc rester en mouvement constant, en g\u00e9n\u00e9rant des projets de participation collective et de changement pour fa\u00e7onner ses conditions de vie et son avenir. Dans ce cas, la persistance est li\u00e9e \u00e0 la volont\u00e9 de pr\u00e9server l'unit\u00e9 entre la population et le territoire. Elle permet \u00e9galement de s'\u00e9loigner des d\u00e9finitions essentialistes qui consid\u00e8rent que les communaut\u00e9s contemporaines existent en soi. Nous devrions plut\u00f4t consid\u00e9rer qu'elles sont le produit de l'action de sujets qui aspirent \u00e0 am\u00e9liorer leurs conditions de vie et qui, ce faisant, affectent le pr\u00e9sent et ses images du pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le monde moderne, d\u00e9fini par le capitalisme mondial, la vie en communaut\u00e9, m\u00eame si elle est politique, est toujours une action d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de sujets qui cherchent, d'une mani\u00e8re ou d'une autre, \u00e0 avoir un certain contr\u00f4le sur ce que l'avenir leur r\u00e9serve. Comme il s'agit de processus en cours, leur \u00e9tude ou leur compr\u00e9hension nous place devant le d\u00e9fi d'essayer d'appr\u00e9hender ce qui est seulement en construction et existe dans l'imagination. Les utopies r\u00e9alistes ou possibles ne sont ni une id\u00e9alisation banale des mouvements de revendication et de reconnaissance, ni une d\u00e9viation des projets authentiques de transformation de la soci\u00e9t\u00e9, mais l'une des multiples possibilit\u00e9s de transformation ; par cons\u00e9quent, leur examen est n\u00e9cessaire pour comprendre les processus contemporains de communalisation et la construction de futurs alternatifs \u00e0 celui offert par le capitalisme mondial.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Acu\u00f1a, Ren\u00e9 (ed.) (1987). Relaciones geogr\u00e1ficas del siglo <span class=\"small-caps\">xvi<\/span>: Michoac\u00e1n. 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Zamora : El Colegio de Michoac\u00e1n ; Z\u00e1rate, Eduardo (2017). <em>La c\u00e9l\u00e9bration de l'enfance. Le culte de l'Enfant J\u00e9sus dans la r\u00e9gion de Purh\u00e9pecha.<\/em>. Zamora : El Colegio de Michoac\u00e1n ; Oiki\u00f3n, Ver\u00f3nica et Jos\u00e9 Eduardo Z\u00e1rate (eds.) (2019). <em>Michoac\u00e1n. politique et soci\u00e9t\u00e9<\/em>. Zamora : El Colegio de Michoac\u00e1n ; Z\u00e1rate, Eduardo (ed.) (2022). <em>Communaut\u00e9s, utopies et avenirs<\/em>. Zamora : El Colegio de Michoac\u00e1n.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 Dans cet article, nous montrons comment les organisations et les projets ancr\u00e9s dans la communaut\u00e9 indig\u00e8ne contemporaine sont structur\u00e9s autour d'imaginaires du futur souhaitable. Nous reprenons l'id\u00e9e de l'utopie comme r\u00e9f\u00e9rence au possible pour comprendre les effets des revendications ethniques sur les communaut\u00e9s elles-m\u00eames. 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