{"id":38549,"date":"2024-03-21T11:02:21","date_gmt":"2024-03-21T17:02:21","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=38549"},"modified":"2024-03-21T11:02:21","modified_gmt":"2024-03-21T17:02:21","slug":"bayuelo-percepcion-sonora-migrantes-tapachula","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/bayuelo-percepcion-sonora-migrantes-tapachula\/","title":{"rendered":"Bruits et silences dans l'attente des migrants : environnements sonores et racialisation de l'\u00e9coute dans la communaut\u00e9 ha\u00eftienne de Tapachula."},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">\u00c0 la lumi\u00e8re du fait que l'\u00e9coute est, dans son sens le plus primordial, une forme de reconnaissance sociale, cet article propose une r\u00e9flexion sur le processus du son et de l'\u00e9coute sur les pratiques symboliques qui renforcent le silence envers et par les communaut\u00e9s migrantes en tant que politiques de rejet. Il explore les cat\u00e9gories de silence, de bruit et de perceptions raciales \u00e0 travers lesquelles la communaut\u00e9 ha\u00eftienne de Tapachula, une ville d'attente forc\u00e9e, est per\u00e7ue par les acteurs institutionnels et les organisations humanitaires, manifestant des sentiments divers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/escucha\/\" rel=\"tag\">\u00e9couter<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/frontera-sur-mexicana\/\" rel=\"tag\">fronti\u00e8re sud du Mexique<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/migracion-haitiana\/\" rel=\"tag\">Migration ha\u00eftienne<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/racializacion\/\" rel=\"tag\">racialisation<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/ruido\/\" rel=\"tag\">bruit<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/silencio\/\" rel=\"tag\">silence<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/tapachula\/\" rel=\"tag\">Tapachula<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">sons et silences dans l'attente des migrants : paysages sonores et racialisation de l'audition dans la communaut\u00e9 ha\u00eftienne de tapachula<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-text abstract\">Dans son sens le plus primordial, l'\u00e9coute est une forme de reconnaissance sociale. S'inspirant de cette id\u00e9e, cet article propose une r\u00e9flexion sur le son, l'audition et les pratiques symboliques au c\u0153ur des politiques anti-immigration qui renforcent le silence \u00e0 l'\u00e9gard des communaut\u00e9s immigr\u00e9es et de la part de ces derni\u00e8res. Cet article se concentre sur la communaut\u00e9 ha\u00eftienne de Tapachula, au Mexique, une ville o\u00f9 les r\u00e9fugi\u00e9s sont contraints d'attendre. Il explore les cat\u00e9gories de silence, de bruit et de croyances raciales \u00e0 l'\u00e9gard de ces immigrants - ainsi que la myriade de sentiments qui y sont associ\u00e9s - de la part des acteurs institutionnels et des organisations humanitaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots-cl\u00e9s : immigration ha\u00eftienne, son, silence, racialisation, \u00e9coute, Tapachula, fronti\u00e8re Guatemala-Mexique.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"verse has-small-font-size\">le silence<br>plus d\u00e9chirant qu'un simun d'azagayas<br>plus rugissant qu'un cyclone de b\u00eates sauvages<br>et hurle<br>augmente<br>demandes<br>la vengeance et la punition<br>raz-de-mar\u00e9e de pus et de lave<br>sur la f\u00e9lonie du monde<br>et le tympan du ciel a \u00e9clat\u00e9 sous mon poing<br>de la justice<br><em>Bois d'\u00e9b\u00e8ne, Jaques Roumain<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Le grondement du tremblement de terre de magnitude 7,3 qui a frapp\u00e9 Port-au-Prince en Ha\u00efti dans l'apr\u00e8s-midi du 12 janvier 2010 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l'origine de la catastrophe se trouvait dans l'exclusion et la pauvret\u00e9 qui s\u00e9vissaient depuis longtemps dans cette partie de l'\u00eele des Cara\u00efbes. L'avenir de ses habitants \u00e9tait encore incertain et la seule certitude \u00e0 l'\u00e9poque \u00e9tait qu'une nouvelle \u00e8re s'ouvrait dans leur diaspora.<\/p>\n\n\n\n<p>L'histoire complexe de ce pays a d\u00e9limit\u00e9 de grandes vagues migratoires dans lesquelles le rejet que cette population a rencontr\u00e9 dans les territoires vers lesquels elle s'est d\u00e9plac\u00e9e a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent. Il convient peut-\u00eatre de remonter bri\u00e8vement au XVIIIe si\u00e8cle, \u00e9poque \u00e0 laquelle les esclaves noirs se sont soulev\u00e9s contre les propri\u00e9taires d'esclaves et les autorit\u00e9s coloniales fran\u00e7aises. La r\u00e9volution ha\u00eftienne (1791-1804) a alors confront\u00e9 deux grands jougs : la colonisation fran\u00e7aise et l'esclavage, et cette nouvelle extraordinaire s'est r\u00e9pandue dans les territoires voisins, car \"l'auto-lib\u00e9ration des esclaves noirs en Ha\u00efti a stimul\u00e9 l'imagination et d\u00e9clench\u00e9 une r\u00e9volution des consciences\" (Ferrer, 2003 : 675), ce qui pourrait compromettre les int\u00e9r\u00eats europ\u00e9ens dans les Cara\u00efbes. \u00c0 Cuba, par exemple, la \"peur d'Ha\u00efti\" a \u00e9t\u00e9 essentialis\u00e9e dans la \"peur du n\u00e8gre\" (Ferrer, 2003 : 676), ignorant la force politique de ce qui fut la premi\u00e8re lutte pour l'ind\u00e9pendance dans les Am\u00e9riques. M\u00eame \u00e0 l'\u00e9poque, la minimisation de ce processus social de grande envergure symbolisait une sorte de r\u00e9duction au silence de ces r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Des ann\u00e9es plus tard, la domination \u00e9conomique des \u00c9tats-Unis \u00e0 Cuba et en R\u00e9publique dominicaine (1915-1934) \u00e0 travers la culture de la canne \u00e0 sucre sur ces terres, mais avec de la main-d'\u0153uvre ha\u00eftienne, a reconfigur\u00e9 la mobilit\u00e9 de cette population vers les terres voisines (Coulange, 2018). \u00c0 cette \u00e9poque, et comme cons\u00e9quence tendue de cette intervention, des pratiques violentes sont apparues en R\u00e9publique dominicaine contre la population ha\u00eftienne ; par exemple, la soi-disant \" domination de la fronti\u00e8re \" pendant l'\u00e8re dictatoriale du g\u00e9n\u00e9ral Rafael Le\u00f3nidas Trujillo a donn\u00e9 lieu \u00e0 un g\u00e9nocide ethnique abrit\u00e9 par l'id\u00e9ologie classiste et raciale selon laquelle le migrant \" de race purement africaine \" ne repr\u00e9sentait \" aucune incitation ethnique \", le diff\u00e9renciant ainsi des Ha\u00eftiens \" d\u00e9sirables \" : \" de s\u00e9lection, ceux qui forment l'\u00e9lite sociale, intellectuelle et \u00e9conomique des peuples voisins \". Ce type ne nous inqui\u00e8te pas, car il ne nous cr\u00e9e pas de difficult\u00e9s, il n'\u00e9migre pas\" (Pe\u00f1a Battle, 1942).<\/p>\n\n\n\n<p>L'un des \u00e9pisodes les plus violents qui font partie de la m\u00e9moire du peuple ha\u00eftien \u00e0 cette \u00e9poque est le massacre du persil, appel\u00e9 ainsi en raison du test linguistique ordonn\u00e9 par Trujillo, dans lequel, pour distinguer les Ha\u00eftiens des Dominicains qui tentaient de passer la fronti\u00e8re entre une partie de l'\u00eele d'Hispaniola et l'autre, on leur demandait de prononcer le mot \"persil\". L'appareil phonologique des Ha\u00eftiens ne leur permettait pas de prononcer le \/R\/, car dans leur langue, le cr\u00e9ole, ce son est plus doux, de sorte qu'ils \u00e9taient facilement rep\u00e9r\u00e9s et ex\u00e9cut\u00e9s sur-le-champ.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1957, le gouvernement de Fran\u00e7ois Duvalier a d\u00e9but\u00e9 avec la guerre froide en toile de fond. Soutenu par l'intention des \u00c9tats-Unis de contenir l'influence du communisme dans les Cara\u00efbes, associ\u00e9 \u00e0 l'expansion du groupe paramilitaire des <em>Tonton Macoute<\/em>Les \" croquemitaines \" ont cr\u00e9\u00e9 l'environnement id\u00e9al pour que la dictature de Duvalier et de son successeur, Jean-Claude Duvalier, s'installe, enracinant l'instabilit\u00e9 politique, \u00e9conomique et sociale d'Ha\u00efti, favorisant ainsi la deuxi\u00e8me grande p\u00e9riode de migration des Ha\u00eftiens vers le Canada, les \u00c9tats-Unis, la France, d'autres \u00eeles des Cara\u00efbes et le Mexique (Louidor, 2020 : 53).<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me grande p\u00e9riode de migration ha\u00eftienne a eu lieu apr\u00e8s le tremblement de terre de 2010, cette fois-ci vers l'Am\u00e9rique du Sud, en particulier vers des pays comme le Br\u00e9sil, le Chili et l'\u00c9quateur ; ces deux derniers, en ne demandant pas de visas ou d'autres conditions d'entr\u00e9e, sont devenus les principales destinations de cette mobilisation jusqu'\u00e0 ce que le flux migratoire cherchant \u00e0 entrer dans ces \u00c9tats d\u00e9passe les attentes, rendant les conditions de r\u00e9gularisation plus complexes et mettant en \u00e9vidence la pr\u00e9valence de stigmates sociaux et culturels qui ont rendu difficile l'installation de cette population dans la dignit\u00e9 (Louidor, 2020 : 54). Dans ce sens, il faut aussi dire que, bien qu'en principe ces pays aient accueilli les Ha\u00eftiens de mani\u00e8re solidaire sur la base d'accords humanitaires internationaux, il y a eu aussi des pratiques tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es de la protection et plus proches de l'absence de droits de l'homme. Un exemple en est le s\u00e9jour \u00e0 la fronti\u00e8re de Tibatinga au Br\u00e9sil, o\u00f9 plus de trois mille Ha\u00eftiens ont \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9s pendant deux ans jusqu'\u00e0 ce que le gouvernement d\u00e9cide de d\u00e9livrer des visas humanitaires (Louidor, 2020 : 58).<\/p>\n\n\n\n<p>Les particularit\u00e9s de cette mobilit\u00e9 peuvent \u00eatre mieux comprises sous les auspices de la cat\u00e9gorie connue sous le nom de \"Dispersion transnationale de la vuln\u00e9rabilit\u00e9\" (<span class=\"small-caps\">dtv<\/span>) ; il s'agit de la \"r\u00e9it\u00e9ration de circonstances de pr\u00e9carit\u00e9 tout au long du cycle migratoire comme conditions similaires \u00e0 celles auxquelles sont confront\u00e9es les populations vuln\u00e9rables dans leurs soci\u00e9t\u00e9s d'origine\" (Fresneda, 2023 : 672) ; c'est-\u00e0-dire que l'histoire de ce pays, avec des dictatures, des coups d'\u00c9tat, du terrorisme, des interventions militaires et des crises environnementales, a provoqu\u00e9 un d\u00e9s\u00e9quilibre dans les politiques publiques qui a entra\u00een\u00e9 un acc\u00e8s in\u00e9quitable aux structures d'opportunit\u00e9s (comme la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9ducative), ajout\u00e9 \u00e0 la forte croissance d\u00e9mographique de l'\u00e9poque et \u00e0 la fragilit\u00e9 des investissements dans le secteur agricole (Fresneda, 2023 : 678), facteurs qui ont facilit\u00e9 l'augmentation des mouvements vers l'ext\u00e9rieur, trouvant des circonstances similaires dans les villes de destination et sur leur chemin, mais maintenant avec un inconv\u00e9nient suppl\u00e9mentaire : le statut de migrant.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette histoire de mobilit\u00e9, de vuln\u00e9rabilit\u00e9 et de rejet, d'abord vers les terres voisines des Cara\u00efbes, puis vers le c\u00f4ne sud, a contraint cette communaut\u00e9 \u00e0 renouveler ses itin\u00e9raires vers le nord du continent am\u00e9ricain, en traversant de vastes territoires et en survivant aux situations les plus d\u00e9favorables cach\u00e9es dans les profondeurs de l'Am\u00e9rique latine, jusqu'\u00e0 atteindre le territoire mexicain.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu'\u00e0 il y a quelques ann\u00e9es, les espaces urbains au sud de la fronti\u00e8re mexicaine, parcourus par les migrants dans l'intention d'atteindre le nord du continent, \u00e9taient reconnus comme des villes de transit parce que leur s\u00e9jour \u00e9tait bref et que la d\u00e9marche et les voix de leurs passants \u00e9taient \u00e9galement fugaces. Cependant, cette situation a fait place \u00e0 une stagnation dans ce pays qui a transform\u00e9 le d\u00e9placement en incertitude et en attente en raison de causes telles que l'intensification des politiques d'immigration et de protection des droits de l'homme.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> Les principales raisons en sont : la saturation des institutions \"qui accordent la r\u00e9sidence l\u00e9gale\", ainsi que le manque de clart\u00e9 dans la socialisation des politiques actuelles et des processus d'action qui permettent aux personnes int\u00e9ress\u00e9es d'obtenir une certaine r\u00e9gularisation migratoire, soit pour voyager avec moins de risques pendant le voyage, soit pour s'installer dans une ville mexicaine, avoir un emploi et acc\u00e9der aux structures d'aide sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Historiquement, Tapachula, situ\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re sud du Mexique, a \u00e9t\u00e9 une ville d'accueil pour les communaut\u00e9s venues d'autres latitudes : durant la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, Tapachula \u00e9tait l'une des villes les plus importantes du pays. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et le d\u00e9but de la <span class=\"small-caps\">xx<\/span> a vu l'arriv\u00e9e de personnes originaires d'Allemagne, du Liban, du Japon et de Chine qui, encourag\u00e9es \u00e0 se rendre au Mexique par la promotion porfirienne qui \"vantait les avantages de la migration vers le Mexique par le biais de ses consulats aux \u00c9tats-Unis et en Europe\" (Avella, 2000 : 447), se sont install\u00e9es dans la ville et ses environs. Peu de temps apr\u00e8s, les mobilisations de la population centram\u00e9ricaine ont \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 gagner en visibilit\u00e9, devenant l'un des flux migratoires les plus importants \u00e0 ce jour. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la ville a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin du passage des caravanes centram\u00e9ricaines, de l'exode ha\u00eftien et v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien et, derni\u00e8rement, de l'augmentation du nombre de personnes en provenance de Cuba et de divers pays africains.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces pr\u00e9sences ont fait de Tapachula un espace aussi complexe que contradictoire, non seulement parce qu'en tant que premier point d'entr\u00e9e, il re\u00e7oit d'importants flux de population d'origines tr\u00e8s diverses, mais aussi parce qu'y convergent des int\u00e9r\u00eats politiques qui situent le Mexique comme un pays qui r\u00e9pond aux exigences restrictives et d'endiguement des \u00c9tats-Unis, mais qui, dans le discours public, fait preuve de solidarit\u00e9, d'empathie et d'adh\u00e9sion \u00e0 l'id\u00e9al humanitaire. Dans cet espace, divers objectifs et pr\u00e9sences li\u00e9s \u00e0 la migration interagissent : ceux des personnes en mobilit\u00e9, ceux directement li\u00e9s \u00e0 l'industrie de la migration (comme les coyotes ou les loueurs), ainsi que les autorit\u00e9s migratoires, les politiciens et la population locale.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-01-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2560x1707\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 1. Parque Central Miguel Hidalgo cerrado por renovaci\u00f3n. Autora, junio 2023.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-01-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 1 : Parc central Miguel Hidalgo ferm\u00e9 pour r\u00e9novation. Auteur, juin 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Toutes les communaut\u00e9s mobiles ne sont pas accueillies avec le m\u00eame enthousiasme dans cette ville mexicaine. Une situation similaire a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e par Alejandro Canales (2019) dans le cas des migrants ha\u00eftiens \u00e0 Santiago du Chili ; l'auteur soutient qu'il existe une distinction perceptible dans l'acc\u00e8s \u00e0 la r\u00e9gularisation migratoire, \u00e0 la sant\u00e9, \u00e0 l'\u00e9ducation, au march\u00e9 du travail et m\u00eame dans la zone de r\u00e9sidence et \" cela met sur la table le d\u00e9bat de la construction sociale du racisme et de la discrimination ethnique \".<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> sur la base du statut migratoire et de l'origine nationale des immigr\u00e9s \" (Tijoux, 2016 in Canales, 2019 : 57). Ainsi, cet article explore la mani\u00e8re dont l'ethnicit\u00e9 et la classe des Ha\u00eftiens de Tapachula interviennent dans l'exercice de leurs pouvoirs, comment ils sont per\u00e7us par la soci\u00e9t\u00e9 civile, les institutions de r\u00e9gularisation et les organisations internationales d'aide humanitaire, et comment ces diff\u00e9rences produisent des pratiques qui reproduisent un stigmate culturel sur la perception de l'\u00e9coute de l'autre comme bruyant, ne m\u00e9ritant pas d'\u00eatre \u00e9cout\u00e9 et donc r\u00e9duit au silence.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 le fait que la mobilit\u00e9 humaine est rendue possible avant tout par le corps et l'existence du corps dans un espace o\u00f9 les sonorit\u00e9s et leurs r\u00e9percussions sont essentielles dans les interrelations de ceux qui y vivent et, bien qu'elles soient souvent ignor\u00e9es, surtout dans une population dont la sensibilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l'arri\u00e8re-plan, la signification de ces sonorit\u00e9s t\u00e9moigne de l'existence des voyageurs dans des territoires o\u00f9 ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00e9trangers. Puisque \" le sensoriel est politique \" (Hamilakis, 2015 : 41), explorer ce champ, notamment \u00e0 partir des \u00e9tudes sonores, c'est aussi briser les id\u00e9es qui g\u00e9n\u00e9ralisent les \" abus contre les migrants \", car cela permet de r\u00e9pondre en quoi ils consistent et quelles sont leurs proc\u00e9dures, en plus de mettre en \u00e9vidence les tensions et les solidarit\u00e9s entre divers collectifs qui coexistent souvent involontairement sur un territoire.<\/p>\n\n\n\n<p>S'y int\u00e9resser, c'est reconna\u00eetre que, compte tenu de notre sensorialit\u00e9 intrins\u00e8que, nous pouvons utiliser nos sens de mani\u00e8re syst\u00e9matique pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont certaines corpor\u00e9it\u00e9s et, plus encore, certains processus sonores et d'\u00e9coute sont per\u00e7us dans des contextes sp\u00e9cifiques : l'attente et l'incertitude, comme dans le cas pr\u00e9sent\u00e9 ici. Elle nous permet \u00e9galement de conna\u00eetre la mobilit\u00e9 humaine \u00e0 travers l'exp\u00e9rience de ses protagonistes, racont\u00e9e \u00e0 partir de leurs propres paradigmes sensoriels et\/ou de la transformation de ceux-ci pendant qu'ils marchent, et, ce faisant, nous nous introduisons dans les \u00e9tudes sur la perception de l'identit\u00e9 dans les communaut\u00e9s de migrants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, l'objectif principal de cet article est d'explorer les processus du son et de l'\u00e9coute, ou de l'auralit\u00e9, de la communaut\u00e9 ha\u00eftienne de Tapachula \u00e0 travers les notions de silence et de bruit, la fa\u00e7on dont ils sont travers\u00e9s par la perception de facteurs ethniques et socioculturels et la fa\u00e7on dont ils sont perceptibles \u00e0 travers ce que l'on appelle des marques sonores (ou \"sound marks\").<em>rep\u00e8res sonores<\/em>Les sons caract\u00e9ristiques d'une communaut\u00e9), qui se manifestent dans les espaces publics de cette ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous entendons par l\u00e0 le terme \"auralit\u00e9\" :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">ensemble de valeurs, de concepts et de voies de signification qui sont performativis\u00e9s dans l'\u00e9coute et, en m\u00eame temps, d\u00e9terminent les fa\u00e7ons dont la dimension sonore, \u00e0 chaque moment et \u00e0 chaque endroit, devient significative pour un sujet ou un tissu intersubjectif (Savasta, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>L'auralit\u00e9 est alors un processus qui implique, simultan\u00e9ment, des \u00e9missions sonores et l'\u00e9coute, c'est-\u00e0-dire la r\u00e9ception, les mani\u00e8res dont ces \u00e9missions sonores sont per\u00e7ues et ce qu'elles provoquent en nous (Dom\u00ednguez, 2011 ; Bieletto, 2018) au-del\u00e0 du processus biologique, \u00e9galement dans sa dimension socioculturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Plut\u00f4t que de r\u00e9pondre \u00e0 ce que sonne l'attente des migrants dans cette ville, les questions qui guident cette r\u00e9flexion sont les suivantes : quels sont les \u00e9l\u00e9ments de s\u00e9gr\u00e9gation dans cet espace frontalier en termes de son et d'\u00e9coute, cette \u00e9coute des migrants est-elle homog\u00e8ne pour toutes les populations qui y convergent, et quels sont les autres facteurs qui interviennent dans ce processus ? Afin d'accueillir les questions ci-dessus, ce travail se situe dans ce qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 le \" sensory turn in the social sciences \" (Sabido, 2019), qui alerte sur la pertinence des sens, de la perception et du corps comme axes fondamentaux pour cr\u00e9er de la connaissance et donner du sens au monde en comprenant les affects qui le soutiennent. Ainsi, ce travail se positionne entre la convergence des \u00e9tudes sensorielles, en particulier les \u00e9tudes sonores, en prenant en consid\u00e9ration la notion de bruit et la racialisation de l'\u00e9coute (Dom\u00ednguez, 2011 ; Bieletto, 2018), en les contrastant avec le champ de recherche sur la mobilit\u00e9 humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous comprenons la notion de bruit non seulement dans sa dimension mat\u00e9rielle en tant que qualit\u00e9 sonore, mais aussi comme une cat\u00e9gorie d'\u00e9coute (Garc\u00eda, 2022), c'est-\u00e0-dire comme une construction de la perception : \" ce sont des facteurs tels que le go\u00fbt, l'humeur ou le moment et le lieu d'apparition d'un son qui d\u00e9terminent son degr\u00e9 de n\u00e9gativit\u00e9 \" (Dom\u00ednguez, 2014 : 107), qui, en impliquant plus d'un sujet, deviennent parfois des tensions ou des conflits dans lesquels la relation entre bruit, pouvoir, espace et territoire est sous-jacente (Dom\u00ednguez, 2011 : 36).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la r\u00e9gion frontali\u00e8re sud du Mexique, la pr\u00e9sence de certaines communaut\u00e9s en mobilit\u00e9 peut se transformer en tensions au sein d'un territoire, non pas pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu'elles se trouvent dans la m\u00eame situation sonore, partageant les m\u00eames vibrations acoustiques dans un espace donn\u00e9, mais parce que ces tensions impliquent \u00e9galement l'interpr\u00e9tation du territoire lui-m\u00eame, certaines politiques migratoires et m\u00eame la racialisation des corps, qui, parce qu'ils sont \u00e9trangers au sujet avec des \" subjectivit\u00e9s colonis\u00e9es \" (Bieletto, 2018 : 163), se transforment en un m\u00e9pris social travers\u00e9, dans le cas pr\u00e9sent\u00e9 ici, par la race et par les politiques migratoires nationales et internationales, comme facteur sous-jacent \u00e0 la volont\u00e9 d'\u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce travail tente de contribuer \u00e0 la conjugaison des \u00e9tudes sonores dans des contextes sp\u00e9cifiques qui impliquent des politiques de mobilit\u00e9 restrictives, des stigmates culturels, mais aussi des corps et des affects, en incorporant de nouveaux \u00e9l\u00e9ments dans l'analyse sociale de l'\u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Consid\u00e9rations m\u00e9thodologiques<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Une m\u00e9thodologie qualitative a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour l'\u00e9laboration de ce qui suit, avec les strat\u00e9gies de collecte d'informations suivantes, toutes bien s\u00fbr \u00e0 Tapachula : de mai 2021 \u00e0 f\u00e9vrier 2022, et en raison d'un emploi au sein d'organisations internationales d'aide humanitaire, l'observation participante et l'\u00e9coute ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es dans ces espaces ferm\u00e9s, mais aussi dans des lieux publics, tels que des \u00e9tablissements alimentaires, sur le march\u00e9 municipal et sur des places ouvertes, \u00e0 savoir les parcs Miguel Hidalgo, Benito Ju\u00e1rez et Bicentenario, situ\u00e9s dans le centre-ville, dans le but de conna\u00eetre le contexte d'interaction dans ces lieux. Je reprends la notion d'\" \u00e9coute participante \" de Victoria Polti (2011), comprise comme \" l'outil th\u00e9orico-m\u00e9thodologique qui nous permet d'approcher les routines sonores, les \u00e9v\u00e9nements sonores et les discours \u00e0 travers l'acte d'entendre et de produire des sons en tant que pratique partag\u00e9e par les sujets et le chercheur \" (Polti, 2011 : 10). Les \u00e9chantillons audio et les photographies qui accompagnent cet article ont \u00e9t\u00e9 pris, en principe, au cours de ces visites et, par la suite, les petites archives audiovisuelles partag\u00e9es ici ont \u00e9t\u00e9 largement aliment\u00e9es par des visites ult\u00e9rieures dans la ville au cours de la premi\u00e8re moiti\u00e9 de 2023.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Un groupe de discussion sur la cartographie sonore a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 au d\u00e9but de l'ann\u00e9e 2022. Certains des fragments de conversations cit\u00e9s ici sont issus de ces r\u00e9unions. Cette technique de collecte ethnographique consiste \u00e0 r\u00e9unir un petit nombre de membres (six personnes dans ce num\u00e9ro) qui partagent certaines caract\u00e9ristiques avec le reste du groupe, en l'occurrence des migrants qui vivent \u00e0 Tapachula et dont l'exp\u00e9rience a favoris\u00e9 la discussion de leur perception du son, \u00e0 la fois lors de leur voyage et dans cette ville frontali\u00e8re, \u00e0 travers des repr\u00e9sentations cartographiques. Ces cartes servent d'outil m\u00e9thodologique et aussi \u00e9pist\u00e9mologique, car elles permettent d'acc\u00e9der aux r\u00e9cits des auteurs de ces cr\u00e9ations, facilitant la connaissance \u00e9motionnelle et subjective, car elles peuvent exprimer des sentiments, des pens\u00e9es et des exp\u00e9riences, c'est-\u00e0-dire qu'elles \" reproduisent la vie dans un territoire \" (Su\u00e1rez-Cabrera, 2015 : 635-639).<\/p>\n\n\n\n<p>L'attente, la frustration et l'incertitude qu'entra\u00eene le contexte migratoire sont perceptibles dans la population migrante de Tapachula \u00e0 travers l'attention port\u00e9e \u00e0 l'environnement sonore et symbolique qui y est cr\u00e9\u00e9 et l'enregistrement cartographique exp\u00e9rientiel des participants \u00e0 ces groupes de discussion.<\/p>\n\n\n\n<p>L'ordre de cette exposition est le suivant : d'abord, les modes de r\u00e9duction au silence pendant le voyage de la communaut\u00e9 ha\u00eftienne au Mexique sont explor\u00e9s. Ensuite, certains environnements sonores de Tapachula sont explor\u00e9s lorsque cette diaspora a converg\u00e9 avec d'autres communaut\u00e9s de migrants et avec la population locale qui les a accueillis, afin de montrer comment la perception des Ha\u00eftiens a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9e comme bruyante par les institutions de r\u00e9gularisation des migrations et par les m\u00e9dias. L'\u00e9l\u00e9ment racial est pr\u00e9sent\u00e9 comme un facteur fondamental de la s\u00e9gr\u00e9gation auditive et, par cons\u00e9quent, socio-\u00e9conomique et culturelle de cette population carib\u00e9enne, ainsi que le pouvoir du silence en tant que forme strat\u00e9gique de r\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9ambule au voyage : l'habitude de se taire<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour les \u00e9trangers qui viennent de pays lointains et dont les passeports ne sont pas accept\u00e9s dans tous les a\u00e9roports, les itin\u00e9raires et les transports sont diversifi\u00e9s et peuvent devenir un risque pour leur int\u00e9grit\u00e9, qu'ils contrebalancent \u00e0 peine en \u00e9tant les t\u00e9moins silencieux des actes de d\u00e9shumanisation les plus atroces. C'est ce qui s'est pass\u00e9 avec les Ha\u00eftiens qui, apr\u00e8s le tremblement de terre de 2010 dans leur pays, ont \u00e9t\u00e9 accueillis par le Chili et le Br\u00e9sil, bien qu'en 2018 les grandes mobilisations aient recommenc\u00e9 en raison de la difficult\u00e9 de renouveler les visas de travail, ce qui a limit\u00e9 l'obtention de documents l\u00e9gaux qui garantiraient la s\u00e9curit\u00e9 sociale et l'acc\u00e8s au d\u00e9veloppement. Cela sugg\u00e8re que le silence est \u00e9galement reproduit dans l'ordre politique par le statut de \"sans-papiers\" dans de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 ils ont essay\u00e9 de s'installer.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les Ha\u00eftiens ne sont pas n\u00e9s en Ha\u00efti, beaucoup sont n\u00e9s dans les Cara\u00efbes ou en Am\u00e9rique du Sud, ont appris deux, trois ou plusieurs langues d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge, et conservent le cr\u00e9ole, qui r\u00e9siste \u00e0 l'intime et au personnel lors de longs voyages.<\/p>\n\n\n\n<p>L'espagnol est une langue famili\u00e8re pour de nombreux Ha\u00eftiens arriv\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re sud du Mexique. Certains reconnaissent le manque d'int\u00e9r\u00eat initial pour son apprentissage au cours de leur scolarit\u00e9. C'est l'histoire de B. qui, \u00e0 l'\u00e9poque, trouvait l'espagnol ennuyeux et m\u00eame peu pratique, car ses parents et ceux de ses camarades de classe les incitaient \u00e0 apprendre l'anglais ou le fran\u00e7ais, qui, selon eux, \u00e9taient des langues plus utiles s'ils voulaient aller aux \u00c9tats-Unis ou au Canada.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/luna-video-1\/bayuelo-Audio01_El-espanol.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Audio 1 : Narration de B. sur l'apprentissage de l'espagnol en Ha\u00efti. Enregistr\u00e9 par le<br>auteur, mars 2022.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Pour atteindre ce que l'on appelle l'Am\u00e9rique du Nord, les transferts depuis l'Am\u00e9rique du Sud s'effectuent g\u00e9n\u00e9ralement en bus sans incident majeur, mais il existe un point sur le chemin vers le centre du continent qui repr\u00e9sente un \u00e9pisode terrible dans la m\u00e9moire de ceux qui l'ont travers\u00e9 : la jungle du Dari\u00e9n, c\u00e9l\u00e8bre pour avoir impressionn\u00e9 l'exp\u00e9rience de ceux qui ont r\u00e9ussi \u00e0 s'en sortir vivants : \"mais c'est une exp\u00e9rience un peu dure. J'ai vu des choses que je n'avais jamais vues de ma vie. Mais c'\u00e9tait aussi une exp\u00e9rience. J'\u00e9vite toujours d'en parler parce que c'est terrible. <span class=\"small-caps\">kd<\/span>mars 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes sortes d'abus y ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9s. B., avec son mari et sa fille, a entrepris ce voyage apr\u00e8s avoir v\u00e9cu quatre ans au Chili et s'\u00eatre vu refuser la r\u00e9sidence permanente. Au cours de ce voyage, elle a r\u00e9ussi \u00e0 s'\u00e9chapper saine et sauve d'un poste de s\u00e9curit\u00e9, o\u00f9 les femmes sont vraisemblablement victimes d'abus sexuels, gr\u00e2ce \u00e0 une amie qui avait d\u00e9j\u00e0 travers\u00e9 et qui l'avait avertie de ne pas essuyer la boue qui s'imprime in\u00e9vitablement sur ses v\u00eatements dans les montagnes. En chemin, elle a elle-m\u00eame r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 haute voix cette recommandation \u00e0 ses compagnons. En quittant la jungle, elle et sa famille ont pris quelques jours dans un refuge au Panama pour reprendre des forces et poursuivre leur voyage en bus vers le Costa Rica et le Nicaragua.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/luna-video-1\/bayuelo-Audio02_Rio-Suchiate.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Audio 2 : Travers\u00e9e de la rivi\u00e8re Suchiate en bateau. Enregistr\u00e9 par l'auteur, mai 2023.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>C'est au Guatemala que les restrictions ont commenc\u00e9. \u00c0 la sortie de la gare routi\u00e8re, elle et sa famille ont pris un taxi qui les a conduits \u00e0 une remorque dans laquelle ils ont voyag\u00e9 pendant huit heures enferm\u00e9s dans un wagon \u00e0 grande vitesse et qui, pour deux cent cinquante dollars, les a transport\u00e9s \u00e0 Tec\u00fan Um\u00e1n (Guatemala) dans le but de traverser le fleuve Suchiate (Mexique) aux premi\u00e8res heures du matin. Le sc\u00e9nario par lequel ils ont voyag\u00e9 pour atteindre le Mexique est tr\u00e8s clandestin et la recommandation g\u00e9n\u00e9rale est qu'ils ne doivent pas \u00eatre vus :<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-02.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1600x901\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 2. Lanchas hechas con llantas y madera, muy populares para cruzar el r\u00edo Suchiate, cuerpo de agua natural entre Guatemala y M\u00e9xico. Foto: Autora, mayo, 2023.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-02.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photo 2. Bateaux faits de pneus et de bois, tr\u00e8s populaires pour traverser la rivi\u00e8re Suchiate, un plan d'eau naturel entre le Guatemala et le Mexique. Photo : auteur, mai 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Vous devez faire semblant d'\u00eatre normal, que ce n'est pas la premi\u00e8re fois que vous traversez. Depuis le Guatemala, vous devez traverser dans une remorque, et l\u00e0, vous ne devez pas faire de bruit pour que les migrants ne vous voient pas, pendant sept ou huit heures. C'est horrible parce qu'\u00e0 l'int\u00e9rieur c'est noir, on ne voit rien, et tout peut arriver l\u00e0-bas, et ils courent si vite, si vite et vous vous d\u00e9placez comme un sac, vous n'avez rien \u00e0 quoi vous accrocher et vous devez rester au sol, l\u00e0, tranquillement (B., communication personnelle, mars 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse aux significations li\u00e9es \u00e0 la violence v\u00e9cue et aux pertes multiples, le silence et l'autocensure apparaissent chez les migrants comme une protection contre les menaces et la stigmatisation :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Dans leurs lieux d'origine, ils ont appris que se taire leur permettait de passer inaper\u00e7us et de se prot\u00e9ger des menaces violentes ; dans la ville, ils montrent que ne pas raconter leur histoire, ne pas se nommer comme d\u00e9plac\u00e9s, leur permet de se prot\u00e9ger du rejet et de la stigmatisation et de commencer \u00e0 reprendre le contr\u00f4le de leur vie priv\u00e9e et de leur vie (D\u00edaz, Molina et Mar\u00edn, 2014 : 19).<\/p>\n\n\n\n<p>Le silence dans la population migrante est commun et vari\u00e9. Il s'exerce parfois sur eux comme une pratique d'annulation sociale, mais lorsqu'il est employ\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment par les personnes en mobilit\u00e9, il devient une strat\u00e9gie de protection contre l'hostilit\u00e9 \u00e0 laquelle elles sont expos\u00e9es et qui, en cherchant \u00e0 passer inaper\u00e7ues, leur \u00e9vitera au mieux les hostilit\u00e9s, l'exclusion ou l'expulsion.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/luna-video-1\/bayuelo-Audio03_Pasaporte-haitiano.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Audio 3. Perception par B. de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des passeports ha\u00eftiens.<br>Enregistrement par l'auteur, mars 2022.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans l'audio pr\u00e9c\u00e9dent, B. raconte la diff\u00e9rence entre les nationalit\u00e9s et ses implications pour les politiques migratoires internationales appliqu\u00e9es dans la r\u00e9gion de la jungle qui relie l'Am\u00e9rique centrale et l'Am\u00e9rique du Sud : si des personnes d'autres pays sont d\u00e9tenues, elles seront probablement expuls\u00e9es vers n'importe quel autre pays, alors que dans le cas des Ha\u00eftiens, ils seront renvoy\u00e9s \u00e0 Hispaniola, ce qui est une raison suffisante pour essayer de passer inaper\u00e7us. Cette strat\u00e9gie est courante chez les personnes en mobilit\u00e9 et est li\u00e9e \u00e0 une exp\u00e9rience de transit ant\u00e9rieure. Elles savent que les autorit\u00e9s migratoires ont le pouvoir d'arr\u00eater les \u00e9trangers dont le s\u00e9jour l\u00e9gal dans le pays n'a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9gularis\u00e9 et de les expulser ; comme B., des milliers de personnes ne viennent plus d'Ha\u00efti mais du C\u00f4ne Sud : rien ne les attend sur l'\u00eele, et \u00eatre expuls\u00e9 signifierait tr\u00e8s probablement devoir refaire le voyage \u00e0 travers la jungle, un sc\u00e9nario qu'elles ne peuvent pas se permettre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Environnements sonores d'attente.<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La diaspora ha\u00eftienne \u00e0 Tapachula<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Selon la notion de ce mot, ceux qui <em>attendre<\/em> rester dans un endroit dans l'espoir que quelque chose, g\u00e9n\u00e9ralement favorable, se produira, avec la confiance que cela se produira (<span class=\"small-caps\">d\u00e9m<\/span>2023) ; cela n'a pas \u00e9t\u00e9 le cas pour toutes les demandes de r\u00e9gularisation que les ressortissants ha\u00eftiens ont pr\u00e9sent\u00e9es aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2021, leur accueil a \u00e9t\u00e9 chaotique pour cette petite ville qui, bien qu'elle ait historiquement vu passer des milliers de personnes, n'a jamais re\u00e7u autant de personnes \u00e0 s\u00e9journer et manque de conditions dignes \u00e0 offrir \u00e0 cette population ; C'est ainsi que les principales places de cette ville sont devenues des refuges, par l'appropriation forc\u00e9e de ces espaces pour mener des activit\u00e9s qui, autrement, appartiendraient \u00e0 la sph\u00e8re priv\u00e9e, comme passer la nuit, se nourrir, faire le m\u00e9nage, \u00e9lever des enfants ; en d'autres termes, il y a eu une occupation de l'espace public comme seule option de s\u00e9jour, et en m\u00eame temps une annulation de l'intimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-03.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1600x901\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 3. Personas migrantes descansando y vendiendo a las afueras del palacio municipal de Tapachula, desplazados del Parque Miguel Hidalgo por los trabajos de renovaci\u00f3n. Foto: Autora, mayo 2023.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-03.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photo 3. Migrants se reposant et vendant devant le palais municipal de Tapachula, d\u00e9plac\u00e9s du parc Miguel Hidalgo par les travaux de r\u00e9novation. Photo : auteur, mai 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Dans la lign\u00e9e de Judith Butler (2018) et de Michel Agier (2015), les corpor\u00e9it\u00e9s marginales confirment leur droit \u00e0 la ville lorsqu'elles exercent leur libert\u00e9 d'expression \u00e0 travers des manifestations bruyantes, des rassemblements dans des espaces o\u00f9 elles revendiquent justice et reconnaissance, ainsi que la construction d'habitats. Consid\u00e9rons d'autres mani\u00e8res d'\u00eatre, d'\u00e9couter et de manifester dans ces lieux lorsque l'on a un statut politique d\u00e9favorable, comme celui des migrants \u00e9chou\u00e9s dans ces villes qui, selon leur propre perception, les \" pi\u00e8gent \" par la mise en place de politiques de la fatigue.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> L'UE tente de les emp\u00eacher de se d\u00e9placer plus au nord et de rester dans le goulot d'\u00e9tranglement que sont devenues de nombreuses villes frontali\u00e8res du Mexique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/luna-video-1\/bayuelo-Audio04_Vendimia-fuera-de-Parque-Benito-Juarez.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Audio 4 : R\u00e9colte \u00e0 l'ext\u00e9rieur du parc Miguel Hidalgo. Enregistr\u00e9 par l'auteur, mai<br>2023.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Al <em>perturber<\/em> L'arriv\u00e9e de ces flux migratoires a \u00e9galement transform\u00e9 leurs sonorit\u00e9s, incorporant leurs propres habitudes auditives \u00e0 la bande sonore des espaces publics partag\u00e9s avec la population locale, ce qui expliquera plus tard les processus d'interaction. Dans l'audio ci-dessus, enregistr\u00e9 le jour des mus\u00e9es (18 mai) dans le parc Benito Ju\u00e1rez en tant que grand espace sonore, on peut percevoir des dynamiques entre communaut\u00e9s et langues, mais aussi avec d'autres esp\u00e8ces, par exemple les oiseaux qui ont \u00e9lu domicile dans les quelques arbres laiss\u00e9s par les r\u00e9novations du parc, ou avec d'autres objets, comme les cloches annon\u00e7ant la prochaine messe dans l'\u00e9glise de San Agust\u00edn, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de laquelle se trouve cette cuv\u00e9e ha\u00eftienne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-04-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2560x1707\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 4. Dos personas esperan sentadas bajo el sol ante las renovaciones hostiles en el Parque Central. Foto: Autora, mayo, 2023.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-04-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photo 4. Deux personnes assises au soleil devant les r\u00e9novations hostiles de Central Park. Photo : auteur, mai 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>L'utilisation du terme marque sonore (ou <em>marqueur sonore<\/em> en anglais) provient de la <em>\u00e9tudes sur les paysages sonores<\/em> pour d\u00e9signer le son caract\u00e9ristique d'une communaut\u00e9 dont l'unicit\u00e9 se distingue des autres sons qui y coexistent. Dans des espaces tels que le parc Benito Ju\u00e1rez, l'\u00e9coute du cr\u00e9ole constitue une marque sonore qui diff\u00e9rencie les interactions de cette population avec d'autres langues. L'accent particulier des Carib\u00e9ens lorsqu'ils parlent espagnol ajoute \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 de cet espace sonore et, comme une m\u00e9moire linguistique, constitue un enregistrement des longs s\u00e9jours dans d'autres territoires. Outre la convergence des langues, le rythme de la musique qu'ils partagent avec les passants rend compte de la mani\u00e8re dont ils g\u00e8rent les temps d'attente. Lors d'une des visites de ce site, on a \u00e9t\u00e9 surpris d'entendre que la musique qui y est jou\u00e9e vient du Br\u00e9sil ou, au contraire, de contr\u00e9es lointaines comme le Nigeria : \"...la musique qui y est jou\u00e9e vient du Br\u00e9sil ou, au contraire, de contr\u00e9es lointaines comme le Nigeria : \"...\".<em>Tout le monde a besoin d'une personne sp\u00e9ciale\/ qui vous fait sourire\/ qui chasse toutes les larmes de vos yeux\/ tout le monde a besoin de cet amour sp\u00e9cial\/ qui vous tient toujours la main\/ qui est l\u00e0 avec vous jusqu'\u00e0 la fin.<\/em>\" (Singah, chanteur nig\u00e9rian, 2021). Ces \u00e9coutes entrent en r\u00e9sonance avec d'autres communaut\u00e9s migrantes r\u00e9unies dans l'espace public, la communaut\u00e9 africaine, par exemple, qui a lentement augment\u00e9 ses flux dans la ville et avec laquelle elle partage l'ethnicit\u00e9 et, r\u00e9cemment, une stagnation prolong\u00e9e \u00e0 Tapachula. De nombreux membres de la communaut\u00e9 ha\u00eftienne ont pass\u00e9 de longues p\u00e9riodes au Br\u00e9sil, et c'est peut-\u00eatre pour cette raison que l'\u00e9coute de la musique en portugais leur est famili\u00e8re, dans un processus de mise \u00e0 jour constante de leur capital socioculturel.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-5-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2560x1707\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 5. Vendedoras haitianas en calles aleda\u00f1as al mercado municipal de Tapachula. Foto: Autora, abril, 2022.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-5-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photo 5. Vendeuses ha\u00eftiennes dans les rues autour du march\u00e9 municipal de Tapachula. Photo : auteur, avril 2022.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les comp\u00e9tences linguistiques d\u00e9velopp\u00e9es au cours de leurs longs s\u00e9jours et voyages \u00e0 travers le continent, ainsi que la n\u00e9cessit\u00e9 de stimuler leur \u00e9conomie, se sont traduites par la capacit\u00e9 de vendre en rimant en espagnol, audible dans les activit\u00e9s commerciales informelles ; d'abord dans la vente d'appareils technologiques, tels que des haut-parleurs et des \u00e9couteurs, des puces et des articles de t\u00e9l\u00e9phonie, et au fil du temps, la gastronomie ha\u00eftienne : l\u00e9gumes ou riz avec du poulet frit, articles d'hygi\u00e8ne, chaussures de tennis neuves, ustensiles de cuisine ou boissons rafra\u00eechissantes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/luna-video-1\/bayuelo-Audio05_Aguafria.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Audio 5 : \"Eau froide, \u00e9nergie\". Vendeur ambulant dans le Parque Bicentenario.<br>Enregistrement par l'auteur, mars 2022.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but, la pr\u00e9sence de ces nouvelles sonorit\u00e9s \u00e9tait surtout perceptible aux endroits o\u00f9 des services d'assistance humanitaire \u00e9taient offerts. \u00c0 la fin de l'ann\u00e9e 2021, le lieu de rencontre le plus important \u00e9tait le parc central Miguel Hidalgo, qu'ils ont commenc\u00e9 \u00e0 habiter d\u00e8s leur arriv\u00e9e, et plus tard, en raison de l'annulation de son utilisation publique \u00e0 cause de l'installation d'une \u0153uvre artistique dont nous parlerons plus tard, la place Benito Ju\u00e1rez, situ\u00e9e en face du parc dont ils ont \u00e9t\u00e9 exclus et o\u00f9 ils ont install\u00e9 une vendimia depuis lors jusqu'\u00e0 aujourd'hui.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/luna-video-1\/bayuelo-Audio06_Musica-parque-Benito-Juarez.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Audio 6 : enregistrement sonore au cours d'un apr\u00e8s-midi dans le parc Benito Ju\u00e1rez. Enregistrement<br>par l'auteur, mai 2023.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Nombre de ces vendeurs sont toujours bloqu\u00e9s dans la ville en attendant que leur demande d'asile soit trait\u00e9e : \"sans travail, il n'y a pas d'argent, et sans argent, il n'y a rien d'autre \u00e0 faire que de s'asseoir \u00e0 l'ombre et d'attendre\" (B., communication personnelle, 2021).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/luna-video-1\/bayuelo-Audio07_Mujeres-migrantes-esperando.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Audio 7 : enregistrement de femmes migrantes attendant le matin dans le parc.<br>Bicentenaire. Enregistrement par l'auteur, juin 2023.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-6.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2560x1707\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 6. Vendimia instalada a un costado del Parque Benito Ju\u00e1rez. Foto: Autora, mayo, 2023.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-6.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 6. Vendimia install\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9 du parc Benito Ju\u00e1rez. Photo : auteur, mai 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le bruit et la racialisation de l'\u00e9coute<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'exp\u00e9rience du s\u00e9jour des communaut\u00e9s dans les villes d\u00e9pend en grande partie de l'accueil des habitants habituels, ainsi que des autres populations migrantes qui convergent dans le m\u00eame but de d\u00e9part ou d'installation, et cet accueil est cr\u00e9\u00e9 par la temporalit\u00e9 de leur s\u00e9jour, les conditions d'occupation de l'espace, leur r\u00e9gularisation migratoire et aussi leur pouvoir d'achat. Par exemple, pour les op\u00e9rateurs de transport, l'arriv\u00e9e de ces populations a renforc\u00e9 leur accueil car elle est parall\u00e8le aux revenus qu'ils g\u00e9n\u00e8rent par l'utilisation de ces services priv\u00e9s de mobilit\u00e9 urbaine, m\u00eame si la communication entre eux est m\u00e9diatis\u00e9e par des dispositifs mobiles, comme les traducteurs en ligne. Dans cette perception de la <em>un autre<\/em>La race et la classe sociale sont des \u00e9l\u00e9ments essentiels qui d\u00e9terminent s'ils peuvent ou non rester plus longtemps dans la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">[J'ai pu observer des attitudes partag\u00e9es face \u00e0 la pr\u00e9sence de ces populations [afro-descendantes], la visibilit\u00e9 corporelle et la n\u00e9gritude ayant un impact. Bien que peu fr\u00e9quentes, les agressions verbales, les postures discriminatoires et les attitudes racistes et x\u00e9nophobes se concentraient sur les Africains, mais pas sur les Asiatiques, car de nombreux citadins ignoraient m\u00eame leur passage dans la ville, parce que \"leur couleur de peau n'attire pas l'attention\". [L'exotisation de l'autre devient en quelque sorte normale parce que les gens consid\u00e8rent le \"noir\" comme diff\u00e9rent, puisqu'il est \"rare de le voir se promener dans la ville\". Ce qui est inqui\u00e9tant, c'est que le sentiment de discrimination s'ajoute \u00e0 celui d'un danger potentiel, et qu'il est criminalis\u00e9 en raison de la question raciale (Cinta, 2020, p. 94).<\/p>\n\n\n\n<p>Cet h\u00e9bergement ext\u00e9rieur forc\u00e9 a servi \u00e0 reconna\u00eetre l'incapacit\u00e9 administrative des autorit\u00e9s de Tapachulteca \u00e0 fournir les services humanitaires les plus \u00e9l\u00e9mentaires, tels que le refuge, entendu dans son sens le plus strict : celui de prot\u00e9ger ceux \u00e0 qui il est offert contre les intemp\u00e9ries. Dans une accumulation de pratiques de surdit\u00e9 sociale, en ignorant les demandes de s\u00e9curit\u00e9 internationale de ceux qui souhaitent r\u00e9gulariser leur situation migratoire, en retardant les proc\u00e9dures qui permettraient l'acc\u00e8s aux services de sant\u00e9, \u00e0 l'\u00e9ducation ou au travail ; en limitant le soutien aux centres d'h\u00e9bergement surpeupl\u00e9s de la ville ou, dans les cas les plus graves, en les d\u00e9tenant par le biais des forces de s\u00e9curit\u00e9 (garde nationale, arm\u00e9e et marine), les migrants ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre per\u00e7us comme des intrus, comme des personnes d\u00e9poss\u00e9d\u00e9es de leur espace priv\u00e9, de leur intimit\u00e9, et comme des personnes s\u00e9par\u00e9es du reste de la population, Cela a donn\u00e9 lieu \u00e0 des pratiques x\u00e9nophobes de la part des m\u00e9dias, reproduites par les institutions de r\u00e9gularisation de l'immigration, qui ont qualifi\u00e9 les occupants de sales et bruyants.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l'on va plus loin dans l'\u00e9vidence, comme le sugg\u00e8re Yannis Hamilakis, la migration est une affaire mat\u00e9rielle et sensorielle. \u00c0 tel point qu'aux fronti\u00e8res, la d\u00e9tection des personnes qui voyagent sans r\u00e9gularisation migratoire consiste en des aspects tels que la couleur, l'odeur ou la prononciation de leur accent (2015 : 41). S'il est vrai que le stigmate de l'intrus s'abat sur de nombreux \u00e9trangers, il est encore plus notoire dans la population ha\u00eftienne en raison du ph\u00e9notype qui les identifie presque imm\u00e9diatement comme des \u00e9trangers, coupl\u00e9 \u00e0 leur langue et accentu\u00e9 par leur classe, cette derni\u00e8re \u00e9tant mise en \u00e9vidence par la \" perte de la capacit\u00e9 \u00e0 mobiliser des ressources et l'\u00e9rosion de la capacit\u00e9 \u00e0 maintenir des \u00e9changes mat\u00e9riels \" (Fresneda, 2023 : 675). Sur le premier aspect, il convient de noter l'association entre la perception du bruit comme une perturbation caract\u00e9ristique de la barbarie, par opposition aux qualit\u00e9s accord\u00e9es au silence comme l'harmonie de la civilisation (Bieletto, 2018 : 168).<\/p>\n\n\n\n<p>En particulier, la question linguistique est un motif qui tente, sans succ\u00e8s, de justifier le m\u00e9pris avec lequel ils ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us, en arguant du manque de communication et de compr\u00e9hension avec les locuteurs de leur cr\u00e9ole ha\u00eftien natal ; \u00e9tant donn\u00e9 qu'il est difficile de communiquer des informations v\u00e9ridiques et directes sur les processus, les objectifs et les exigences de la r\u00e9sidence l\u00e9gale au Mexique, des omissions et de graves violations des droits de cette communaut\u00e9 sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es. En cons\u00e9quence, des \u00e9tiquettes p\u00e9joratives leur sont attach\u00e9es, qui, plut\u00f4t que de montrer des malentendus culturels, confirment la racialisation de la migration au Mexique et, plus encore, la racialisation du processus d'\u00e9coute sonore (Bieletto, 2018) de la diaspora ha\u00eftienne dans les villes entonnoirs telles que Tapachula.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Qu'en est-il de ces personnes dont les demandes d\u00e9mocratiques ne sont pas entendues, de ces personnes qui parlent un langage qui sonne comme un bruit aux oreilles des autres, de ces personnes dont le langage est une sorte de bruit pour lequel il n'y a pas de traduction apparente dans les structures d\u00e9mocratiques en place ? S'agit-il en effet d'un bruit ou d'une demande ? Vient-il de personnes en dehors de la d\u00e9mocratie ? [...] Ils ne sont pas toujours reconnaissables en tant que sujets. Et leur langage n'est pas toujours reconnaissable en tant que langage. Ils sont devenus le bruit aux portes du parlement, aux portes des institutions d\u00e9mocratiques \u00e9tablies, et comme les sons qu'ils \u00e9mettent ne peuvent se voir accorder la cat\u00e9gorie de langage, ni s'inscrire dans le lexique des revendications politiques dont nous disposons, ce qu'ils font, c'est du bruit : c'est le bruit de la d\u00e9mocratie, de la d\u00e9mocratie du dehors, de celle qui exige une ouverture des institutions pour ceux qui n'ont pas encore \u00e9t\u00e9 reconnus comme capables d'expression, comme poss\u00e9dant une volont\u00e9 politique, comme m\u00e9ritant d'\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s (Butler, 2020 : 72).<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, les pratiques culturelles de cette population en mobilit\u00e9 sont interpr\u00e9t\u00e9es comme bruyantes, en particulier par les m\u00e9dias et promues par les politiques et ex\u00e9cut\u00e9es par les institutions de r\u00e9gularisation des migrations, parce qu'elles sont bas\u00e9es sur la perception de l'intrusion qui les accompagne au cours de leurs voyages. \"Irritant, d\u00e9rangeant, sale, mena\u00e7ant et barbare\" sont quelques-uns des adjectifs utilis\u00e9s pour d\u00e9crire le bruit, mais il est \u00e9galement courant de les trouver dans les m\u00e9dias lorsqu'ils se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 ces communaut\u00e9s. Dans ces \u00e9valuations, nous lisons l'\"effet sur l'humeur\" que ce ph\u00e9nom\u00e8ne peut avoir sur les autres ; en d'autres termes, il s'agit d'un processus d'\u00e9coute sonore travers\u00e9 par la perception, qui d\u00e9terminera si un son sera entendu ou non, en fonction de situations culturelles, historiques, \u00e9pist\u00e9mologiques, territoriales (Bieletto, 2018 : 162) et, dans le cas de la diaspora ha\u00eftienne, raciales.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/luna-video-1\/bayuelo-Audio08_Cantos-de-guerra.mp3\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">Audio 8 : Chants de guerre du Secr\u00e9tariat de la s\u00e9curit\u00e9 publique, situ\u00e9 juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l'a\u00e9roport.<br>c\u00f4t\u00e9 de la Commission mexicaine d'aide aux r\u00e9fugi\u00e9s.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"verse\">C'est ainsi que l'espace sonore devient un terrain politique car il devient le th\u00e9\u00e2tre de rivalit\u00e9s, dans la mesure o\u00f9 l'une des parties impose sa sph\u00e8re sonore et l'autre est soumise par ce qu'elle consid\u00e8re comme une violation de sa propre sph\u00e8re. (Il \u00e9merge alors) un nouveau champ de coexistence et de conflit social autour du bruit, o\u00f9 ce qui est disput\u00e9 est le droit de faire dans un lieu que l'on consid\u00e8re comme le sien (Dom\u00ednguez, 2011 : 36).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le silence : entre exclusion et r\u00e9sistance<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cette opposition entre ce qui est propre et ce qui est \u00e9tranger, ainsi que la volont\u00e9 d'\u00e9viter toute perturbation du monde connu, a beaucoup \u00e0 voir avec le concept de citoyennet\u00e9 et l'exercice des droits que cette cat\u00e9gorie juridique accorde : si \"l'appartenance\" \u00e0 un \u00c9tat-nation \"facilite\" la possibilit\u00e9 d'avoir une voix suffisamment forte et des oreilles pour l'\u00e9couter, cette disposition est annul\u00e9e pour les migrants. De plus, ils sont contraints au silence, expression de l'exercice d'un pouvoir qui occulte la g\u00eane occasionn\u00e9e par ce qui, \u00e0 l'origine, n'est pas un droit. <em>besoins<\/em> Le \"nettoyage\", sous le pr\u00e9texte d'une puret\u00e9 sonore qui d\u00e9sire, si l'on lit plus profond\u00e9ment, une puret\u00e9 raciale et linguistique qui s\u00e9gr\u00e9gue ceux qui \"contaminent\" la ville par leur pr\u00e9sence et leur sonorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9flexion souligne le fait que le silence est une communication qui n'est pas pr\u00e9cis\u00e9ment discursive. David Le Breton affirme que \" le silence est un sentiment, une forme signifiante, et non le contrepoint de la sonorit\u00e9 dominante \" (2006 : 10). De par leur pouvoir symbolique, ces silences ont \u00e9t\u00e9 les formes d'hospitalit\u00e9 offertes \u00e0 Tapachula, surtout dans la sph\u00e8re institutionnelle, \u00e0 la communaut\u00e9 ha\u00eftienne.<\/p>\n\n\n\n<p>L'une d'entre elles est structurelle et concerne les migrants, car leurs besoins et leurs points de vue sont le plus souvent ignor\u00e9s, et les politiques mises en \u0153uvre les concernent tous, la plupart du temps \u00e0 leur d\u00e9triment. Cette cat\u00e9gorie comprend \u00e9galement le silence des m\u00e9dias et de la soci\u00e9t\u00e9 civile ; en ce qui concerne les premiers, ce sont rarement les protagonistes qui font entendre leur voix dans les m\u00e9dias et ils sont presque toujours relay\u00e9s par des tiers. Dans ce discours m\u00e9diatique, il est courant de trouver des \u00e9tiquettes telles que \"un danger pour l'\u00e9conomie locale\", en raison de la baisse des ventes, puisque, selon la perspective des locataires, ils \"obstruent\" l'arriv\u00e9e de clients potentiels.<\/p>\n\n\n\n<p>Une cons\u00e9quence internationale des politiques migratoires restrictives est le silence des enfants d'Ha\u00eftiens qui ne sont pas n\u00e9s dans ce pays et qui, lorsqu'ils sont expuls\u00e9s vers un endroit o\u00f9 ils n'ont jamais v\u00e9cu, ont de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s \u00e0 se r\u00e9int\u00e9grer culturellement. Un exemple connexe est ce qui s'est pass\u00e9 en R\u00e9publique dominicaine avec l'arr\u00eat du Tribunal constitutionnel <span class=\"small-caps\">tc<\/span>\/De m\u00eame, la loi de \" protection de l'identit\u00e9 nationale \" a refus\u00e9 le droit \u00e0 la nationalit\u00e9 aux Ha\u00eftiens n\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 hispanique de l'\u00eele, de mani\u00e8re r\u00e9troactive, ce qui a violemment impliqu\u00e9 la diffusion de l'identit\u00e9, violant ainsi l'un des droits humains les plus fondamentaux (Fresneda, 2023 : 689).<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a aussi le silence bureaucratique, \u00e9troitement li\u00e9 au pr\u00e9c\u00e9dent. Il renvoie \u00e0 l'inefficacit\u00e9 des institutions mexicaines, du moins en ce qui concerne la demande de refuge, ce qui place les demandeurs dans une longue pause et peut \u00eatre lu comme un \"m\u00e9canisme d'endiguement\" (Fresneda, 2023 : 686) de la part du gouvernement mexicain et en r\u00e9ponse \u00e0 la pression exerc\u00e9e par les \u00c9tats-Unis concernant l'augmentation du flux de personnes ha\u00eftiennes vers le nord. Ce point de l'article est l'occasion d'illustrer, par le biais d'une pratique institutionnelle, ce type de silence.<\/p>\n\n\n\n<p>En raison de la saturation du syst\u00e8me d'enregistrement des nominations de la Commission mexicaine d'aide aux r\u00e9fugi\u00e9s (<span class=\"small-caps\">comar<\/span>), vers la fin de l'ann\u00e9e 2021, un nouvel obstacle d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 a \u00e9t\u00e9 introduit pour les personnes int\u00e9ress\u00e9es par l'obtention d'un visa temporaire qui, bien qu'il ne leur permette pas de quitter l'\u00c9tat du Chiapas, leur \u00e9viterait id\u00e9alement le harc\u00e8lement policier et une \u00e9ventuelle d\u00e9portation. Pour obtenir un rendez-vous afin d'\u00e9valuer si l'on est ou non candidat au statut de r\u00e9fugi\u00e9, cette nouvelle proc\u00e9dure consistait \u00e0 \u00e9crire, sur une feuille de papier et en espagnol, les raisons de ce que l'on appelle la \"crainte cr\u00e9dible\", c'est-\u00e0-dire les raisons qui emp\u00eachent de retourner dans son pays d'origine. L'une des causes de la saturation et de l'inefficacit\u00e9 de la proc\u00e9dure de demande d'asile a \u00e9t\u00e9 la mise en place d'un syst\u00e8me d'enregistrement des demandes d'asile. <span class=\"small-caps\">comar<\/span> Cette mesure, qui ne tenait pas compte du droit humain des demandeurs \u00e0 communiquer dans leur langue maternelle, ni des taux d'alphab\u00e9tisation dans une seconde langue, a \u00e9t\u00e9 l'un des filtres les plus pervers pour la r\u00e9gularisation migratoire \u00e0 la fronti\u00e8re mexicaine de ceux qui cherchaient initialement \u00e0 rejoindre les \u00c9tats-Unis, mais qui se sont retrouv\u00e9s bloqu\u00e9s dans une ville qui n'\u00e9tait pas pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 les accueillir et qui, par cons\u00e9quent, a d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 les espaces disponibles pour eux.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-7-scaled.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2560x1707\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 7. Letrero con informaci\u00f3n sobre horarios y procedimientos para inicio de tr\u00e1mites en comar. La parte en creole, franc\u00e9s y portugu\u00e9s, lenguas con las cuales las personas haitianas est\u00e1n m\u00e1s familiarizadas, es ilegible. Foto: Autora, mayo 2023.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-7-scaled.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 7. Panneau d'information sur les heures d'ouverture et les proc\u00e9dures \u00e0 suivre pour entamer des d\u00e9marches \u00e0 comar. La partie en cr\u00e9ole, fran\u00e7ais et portugais, les langues les plus famili\u00e8res aux Ha\u00eftiens, est illisible. Photo : Auteur, mai 2023.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Un autre exemple de ce type de silence structurel s'est produit le 17 novembre 2021, apparemment comme une \"reconnaissance des enfants migrants\", bien qu'en r\u00e9alit\u00e9 il ait \u00e9t\u00e9 per\u00e7u par beaucoup comme un geste ironique d'hostilit\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 plus haut qu'\u00e0 son arriv\u00e9e, la communaut\u00e9 ha\u00eftienne a trouv\u00e9 un endroit o\u00f9 s'installer dans le parc Miguel Hidalgo, au centre de la ville et en face du b\u00e2timent du gouvernement municipal, et que le besoin d'habiter cet espace transcendait le besoin d'y passer la nuit, car ils y trouvaient un point de rencontre o\u00f9 ils co\u00efncidaient avec d'autres personnes qui, comme eux, \u00e9taient priv\u00e9es d'un \"endroit \u00e0 eux\".<\/p>\n\n\n\n<p>Cette appropriation de l'espace public par des non-citoyens a entra\u00een\u00e9 l'annulation de l'utilisation commune du parc : un jour, ils ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s du site et le lendemain matin, il a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9 avec du ruban jaune, le m\u00eame ruban utilis\u00e9 pour prot\u00e9ger les sc\u00e8nes de crime. Presque imm\u00e9diatement, sur cette m\u00eame place interdite aux migrants, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a install\u00e9 une sculpture de Javier Mar\u00edn, intitul\u00e9e <em>Bruit g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par la collision des corps<\/em>dont la pr\u00e9sence dans ce contexte tendu et positionn\u00e9 sp\u00e9cifiquement dans ce lieu n'\u00e9tait pas particuli\u00e8rement sensible et empathique.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-8.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"890x1215\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 8. El ruido generado por el choque de los cuerpos, escultura instalada en el Parque Miguel Hidalgo, Tapachula. Fotograf\u00eda de la autora, marzo, 2022.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Fotografia-8.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 8. Le bruit g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par la collision des corps, sculpture install\u00e9e dans le parc Miguel Hidalgo, Tapachula. Photographie de l'auteur, mars 2022.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>La sculpture consiste en une repr\u00e9sentation de corps hiss\u00e9s sur un bateau au milieu de la place. Il n'est pas inutile de pr\u00e9ciser que les corps \u00e9voqu\u00e9s par Mar\u00edn semblent ne pas avoir d'identit\u00e9, ils sont compl\u00e8tement recouverts, sans visage et sans voix, r\u00e9duits au silence. La couverture qui les recouvre semble faire r\u00e9f\u00e9rence aux couvertures m\u00e9talliques dont sont recouverts les migrants dans les centres de d\u00e9tention am\u00e9ricains, et le radeau sur lequel ils se trouvent ressemble aux embarcations qu'utilisent les Africains pour rejoindre l'Europe, mais aussi, de ce c\u00f4t\u00e9-ci du continent, celles qu'utilisent les Cubains pour rejoindre les \u00c9tats-Unis par la mer. Outre le fait que la sculpture semble d\u00e9plac\u00e9e, dans la situation o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e, elle peut \u00eatre lue comme une autre pratique symbolique visant \u00e0 r\u00e9duire au silence cette population, incapable d'habiter la place o\u00f9, selon l'interpr\u00e9tation du gouvernement municipal qui a autoris\u00e9 sa mise en place, un hommage lui \u00e9tait rendu.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que tout ce qui a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent se soit produit, comme on l'a dit, \u00e0 partir de 2021, lorsque la population de cette \u00eele des Cara\u00efbes \u00e9tait beaucoup plus pr\u00e9sente \u00e0 Tapachula, ces pratiques de silence ont \u00e9t\u00e9 constantes et les possibilit\u00e9s de vivre dans la dignit\u00e9 ne se sont pas am\u00e9lior\u00e9es. En 2022, il a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 qu'au moins sept migrants en situation de rue sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s en raison du manque d'attention m\u00e9dicale pour des maladies courantes qui, si elles ne sont pas trait\u00e9es, se compliquent et deviennent fatales. Wilner Metelus, pr\u00e9sident du Comit\u00e9 Ciudadano en Defensa de los Naturalizados y Afromexicanos, attribue cette pr\u00e9carit\u00e9 \u00e0 l'exclusion des autorit\u00e9s locales et regrette m\u00eame l'indiff\u00e9rence des organisations qui, dans le meilleur des cas, devraient assurer de meilleures conditions de vie et reconna\u00eetre qu'il s'agit d'une pratique de surdit\u00e9 sociale, et condamne \"le silence de la Commission des droits de l'homme de l'\u00c9tat du Chiapas\" (Henr\u00edquez, 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9action avec laquelle de nombreux membres de la communaut\u00e9 ha\u00eftienne ont canalis\u00e9 le d\u00e9sespoir et la frustration de ceux qui, sans en avoir la certitude, ont le sentiment d'\u00eatre tromp\u00e9s, \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment celle-ci, <em>faire du bruit par le silence<\/em>Les voix du peuple ont \u00e9t\u00e9 entendues, mettant en \u00e9chec les jugements de valeur qui les qualifiaient de bruyants et de barbares. Apr\u00e8s des mois de patience sto\u00efque, la patience a fini par s'\u00e9puiser, mais l'explosion, contrairement \u00e0 ce que l'on attendait, ne s'est pas produite avec le tonnerre, mais avec le silence comme arme, accompagn\u00e9 de gestes de d\u00e9sespoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Cette voix qui oscille entre le bruit et le langage met en \u00e9vidence l'inacceptable condition d'exclusion qui se joue au niveau du corps. Elle souffre et fait conna\u00eetre sa souffrance, elle exige la fin de cette souffrance et un processus de r\u00e9paration. Elle refuse d'accepter la corporalit\u00e9 qui engendre l'injustice : des corps qui vivent \u00e0 la limite de leurs sons, des corps qui luttent avec une douleur insoluble et une ferveur politique (Butler, 2020 : 79).<\/p>\n\n\n\n<p>Le 23 ao\u00fbt 2021, une manifestation silencieuse de plusieurs Ha\u00eftiens s'est rassembl\u00e9e devant les locaux de la <span class=\"small-caps\">comar<\/span> avec des pancartes \u00e0 la main dans lesquelles ils demandaient ce qui \u00e9tait juste : efficacit\u00e9 et rapidit\u00e9 par rapport \u00e0 leurs demandes de refuge pour quitter la ville selon les termes de la loi. Quelques minutes plus tard, sans le bruit qui accompagne habituellement les revendications collectives, avec des visages s\u00e9rieux et muets, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 jeter des pierres sur les b\u00e2timents de l'institution, qui, soit dit en passant, ont des toits en t\u00f4le, ce qui emp\u00eache d'entendre leur d\u00e9saccord, bien qu'ils ne l'aient pas cri\u00e9 \u00e0 haute voix : pourquoi parler si l'on ne les \u00e9coute pas. C'est la preuve mat\u00e9rielle de la marginalisation de cette population dans la ville. Bien que cette manifestation ait \u00e9t\u00e9 rapidement r\u00e9duite au silence par un groupe de policiers, elle \u00e9tait l'indication de corps qui, \u00e0 partir de leurs propres possibilit\u00e9s, se sont unis dans le but de rationaliser les bureaucraties afin de pouvoir enfin s'\u00e9chapper d'une ville o\u00f9 il n'y a pas d'espace ou d'opportunit\u00e9s pour eux.<\/p>\n\n\n\n<p>La lecture de cette manifestation, qui a rassembl\u00e9 des sentiments de frustration face au m\u00e9pris social pour les demandes d'une communaut\u00e9 historiquement marqu\u00e9e par la s\u00e9gr\u00e9gation, invite, outre la n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9vidente de repenser les strat\u00e9gies hospitali\u00e8res au-del\u00e0 de la charit\u00e9, \u00e0 envisager d'autres formes d'expression politique en dehors du discours tel qu'il a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent : si la pr\u00e9sence de l'h\u00f4pital de l'Union europ\u00e9enne n'a pas d'incidence sur la vie de la communaut\u00e9, elle n'a pas d'incidence sur la vie de la communaut\u00e9. <em>un autre<\/em> Ainsi, d'autres formes de revendication politique ne sont possibles que par la pr\u00e9sence d'une situation d'exclusion mise en \u00e9vidence par le corps lui-m\u00eame et qui ne se fait conna\u00eetre qu'avec son corps.<em> \u00eatre<\/em>Les injustices dont il a \u00e9t\u00e9 victime, tout en exigeant qu'elles soient r\u00e9par\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vers des consid\u00e9rations finales<\/h2>\n\n\n\n<p>L'occupation des espaces publics peut faire l'objet de litiges entre diff\u00e9rentes communaut\u00e9s et ces tensions g\u00e9n\u00e8rent des relations de pouvoir, plus \u00e9videntes lorsque l'une des parties pr\u00e9sente des d\u00e9savantages politiques, tels que l'absence de documents de r\u00e9gularisation migratoire, provoqu\u00e9e \u00e0 son tour par un manque d'attention de la part des institutions qui devraient fournir ce droit. L'annulation de l'utilisation du parc Miguel Hidalgo, d'abord avec l'installation de la cl\u00f4ture pour le placement de la statue qui \u00e9tait cens\u00e9e rendre hommage \u00e0 la population mobile, puis avec l'abattage et la mise hors service compl\u00e8te du parc en raison d'importantes r\u00e9novations de la structure de l'espace, a impliqu\u00e9 la transformation d'un point de rencontre pour la communaut\u00e9 ha\u00eftienne en un lieu inhospitalier et a entra\u00een\u00e9 son d\u00e9placement vers un espace secondaire en termes de taille et d'importance, Mais d'o\u00f9 les marques sonores audibles \u00e0 travers la musique, l'utilisation du cr\u00e9ole comme moyen d'intimit\u00e9 et la pr\u00e9sence d'une forte repr\u00e9sentation de cette population dans le centre de la ville, t\u00e9moignent d'une sorte de r\u00e9sistance, qui insiste pour \u00eatre entendue pendant l'attente, en interagissant en m\u00eame temps avec d'autres communaut\u00e9s en mouvement et avec la population r\u00e9sidente, ce qui devient lentement et quotidiennement une familiarit\u00e9. Cependant, pour se faire entendre dans les contextes institutionnels, la surdit\u00e9 syst\u00e9matique \u00e0 leurs demandes, qui \u00e9mane de l\u00e0, provoque d'autres strat\u00e9gies qui mettent en jeu les appr\u00e9ciations \"bruyantes\", et comme ils l'ont appris dans d'autres lieux et au cours du voyage, ils mat\u00e9rialisent d'autres formes de discours et de demandes \u00e0 travers le silence et la pr\u00e9sence du corps collectif.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Agier, Michel (2015). \u201cDo direito \u00e0 cidade ao fazer-cidade: o antrop\u00f3logo, a margem e o centro\u201d, <em>Mana<\/em>, vol.21, n\u00fam. 3, pp. 483-498.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Avella Alaminos, Isabel (2000). \u201cLos cafetaleros alemanes en el Soconusco ante el gobierno de Carranza (1915)\u201d, <em>Anuario 2000 de la Universidad de Ciencias y Artes de Chiapas<\/em>, pp. 445-476.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bieletto, Natalia (2018). \u201cDe incultos y escandalosos: ruido y clasificaci\u00f3n social en el M\u00e9xico postrevolucionario\u201d, <em>Resonancias<\/em>, vol. 22, n\u00fam. 43, pp. 161-178.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Butler, Judith (2020). <em>Sin miedo. Formas de resistencia a la violencia de hoy<\/em>. Nueva York: Penguin Random House.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2018). <em>Corpos em alian\u00e7a e a pol\u00edtica das ruas<\/em>. R\u00edo de Janeiro: Civiliza\u00e7\u00e3o Brasileira.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Canales Cer\u00f3n, Alejandro (2019). \u201cLa inmigraci\u00f3n contempor\u00e1nea en Chile. Entre la diferenciaci\u00f3n \u00e9tnico-nacional y la desigualdad de clases\u201d, <em>Papeles de Poblaci\u00f3n,<\/em> 25(100): 53-85. Disponible en &lt;http:\/\/dx.doi.org\/10.22185\/24487147.2019.100.13&gt;.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Cinta Cruz, Jaime Horacio (2020). <em>Movilidades extracontinentales. Personas de origen africano y asi\u00e1tico en tr\u00e1nsito por la frontera sur de M\u00e9xico.<\/em> San Crist\u00f3bal: Universidad de Ciencias y Artes de Chiapas\/Centro de Estudios Superiores de M\u00e9xico y Centroam\u00e9rica.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Coulange M\u00e9ron\u00e9, Schwarz (2018). \u201cElementos sociohist\u00f3ricos para entender la migraci\u00f3n haitiana a Rep\u00fablica Dominicana\u201d, <em>Papeles de poblaci\u00f3n<\/em>, 24(97), pp. 173-193. https:\/\/doi.org\/10.22185\/24487147.2018.97.29<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">D\u00edaz Facio Lince,Victoria Eugenia, Astrid Natalia Molina Jaramillo, Manuel Antonio Mar\u00edn Dom\u00ednguez (julio-diciembre, 2014). \u201cSignificados, silencios y olvidos asociados a la experiencia del desplazamiento forzado\u201d, <em>Revista de Piscolog\u00eda Universidad de Antioquia<\/em> 6(2).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Diccionario del Espa\u00f1ol de M\u00e9xico (2023). Disponible en l\u00ednea: https:\/\/dem.colmex.mx\/Ver\/esperar<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Dom\u00ednguez Ruiz, Ana Lidia (2011). \u201cDigresi\u00f3n sobre el espacio sonoro. En torno a la naturaleza intrusiva del ruido\u201d, <em>Cuadernos de Vivienda y Urbanismo<\/em>, vol.&nbsp;4, n\u00fam. 7, pp. 26-37.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2014). \u201cVivir con ruido en la Ciudad de M\u00e9xico. El proceso de adaptaci\u00f3n a los entornos ac\u00fasticamente hostiles\u201d, <em>Estudios Demogr\u00e1ficos y Urbanos<\/em>, vol. 29, n\u00fam. 1(85), 2014, pp. 89-112.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ferrer, Ada (2003). \u201cNoticias de Hait\u00ed en Cuba\u201d, <em>Revista de Indias <span class=\"small-caps\">lxiii<\/span><\/em> (29): 675-694. Disponible en &lt;https:\/\/doi.org\/10.3989\/revindias.2003.i229.454&gt;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Fresneda, Edel Jos\u00e9 (2023). \u201cHaitianos hacia el sur, desde la vulnerabilidad hacia la incertidumbre\u201d, <em>Revista Mexicana de Sociolog\u00eda<\/em>, [S.l.], v. 85, n. 3, p. 669-696, junio. Disponible en http:\/\/revistamexicanadesociologia.unam.mx\/index.php\/rms\/article\/view\/60776.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Garc\u00eda, Jorge David (2022). \u201c\u00bfQu\u00e9 podemos escuchar con tanto ruido?\u201d <em>Ponencia en el coloquio: Paisaje sonoro, m\u00fasica, ruidos y sonidos en las fronteras.<\/em> Tijuana: El Colegio de la Frontera Norte, 24 de noviembre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Hamilakis, Yannis (2015). \u201cArqueolog\u00eda y sensorialidad. Hacia una ontolog\u00eda de efectos y flujos\u201d, <em>Vestigios. Revista Latino-Americana de Arqueolog\u00eda Hist\u00f3rica<\/em>, vol. 9, n\u00fam<em>. <\/em>1, pp. 31-53.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Henr\u00edquez, Elio (2022, 12 de agosto). \u201cEn 2022 han muerto siete haitianos en situaci\u00f3n de calle en Tapachula\u201d, <em>La Jornada. <\/em>https:\/\/www.jornada.com.mx\/notas\/2022\/08\/12\/estados\/en-2022-han-muerto-siete-haitianos-en-situacion-de-calle-en-tapachula\/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Le Breton, David (2006). <em>El silencio<\/em>. Madrid: Sequitur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Louidor, Wooldy Edson (2020). \u201cTrazos y trazas de la migraci\u00f3n haitiana post-terremoto\u201d, <em>Pol\u00edtica, Globalidad y Ciudadan\u00eda<\/em> 6 (11). Disponible en &lt;https:\/\/doi.org\/10.29105\/pgc6.11-3&gt;.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Pe\u00f1a Battle, Manuel A. \u201cEl sentido de la pol\u00edtica\u201d. Discurso pronunciado en Villa El\u00edas Pi\u00f1a el 16 de diciembre de 1942, en la manifestaci\u00f3n que all\u00ed tuvo efecto en testimonio de adhesi\u00f3n y gratitud al general\u00edsimo Trujillo, con motivo del plan oficial de dominicaci\u00f3n de la frontera. http:\/\/www.cielonaranja.com\/penabatlle-sentido.htm<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Polti, Victoria (noviembre, 2011). \u201cAproximaciones te\u00f3rico-metodol\u00f3gicas al estudio del espacio sonoro\u201d, en <em>La antropolog\u00eda interpretada: nuevas configuraciones pol\u00edtico-culturales en Am\u00e9rica Latina<\/em>. Buenos Aires: conferencia disponible en Actas del <span class=\"small-caps\">x<\/span> Congreso Argentino de Antropolog\u00eda Social.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Sabido Ramos, Olga (coord.) (2019). <em>Los sentidos del cuerpo: el giro sensorial en la investigaci\u00f3n social y los estudios de g\u00e9nero. <\/em>M\u00e9xico: Universidad Nacional Aut\u00f3noma de M\u00e9xico, Centro de Investigaciones y Estudios de G\u00e9nero.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Savasta Alsina, Mene (2020). \u201c\u00bfC\u00f3mo se escucha el arte? Arte sonoro y auralidad contempor\u00e1nea\u201d, <em>Sulponticello<\/em>, revista <em>online<\/em> de m\u00fasica y arte sonoro. <span class=\"small-caps\">iii<\/span> \u00c9poca. Disponible en https:\/\/sulponticello.com\/iii-epoca\/como-se-escucha-el-arte-arte-sonoro-y-auralidad-contemporanea\/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Su\u00e1rez-Cabrera, Dery Lorena (2015). \u201cNuevos migrantes, viejos racismos: los mapas parlantes y la ni\u00f1ez migrante en Chile\u201d, <em>Revista Latinoamericana de Ciencias Sociales, Ni\u00f1ez y Juventud,<\/em> 13(2): pp. 627-643.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>M\u00f3nica Bayuelo Garc\u00eda<\/em> (Quer\u00e9taro, Mexique, 1990). Ma\u00eetrise en anthropologie sociale de l'Universit\u00e9 de Mexico. <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span> Unidad Noreste et un dipl\u00f4me en langue et litt\u00e9rature hispaniques de la <span class=\"small-caps\">unam<\/span> (<span class=\"small-caps\">fes<\/span> Acatl\u00e1n). Ses recherches portent sur la socio-anthropologie des significations de la migration. Elle a re\u00e7u la mention honorable du prix Fray Bernardino de Sahag\u00fan dans la cat\u00e9gorie des m\u00e9moires de master (2022) pour son travail \"Migraci\u00f3n de riesgo en el tr\u00e1nsito noreste. Subjectivit\u00e9s d'une \u00e9coute significative\".<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la lumi\u00e8re du fait que l'\u00e9coute est, dans son sens le plus primordial, une forme de reconnaissance sociale, cet article propose une r\u00e9flexion sur le processus du son et de l'\u00e9coute sur les pratiques symboliques qui renforcent le silence envers et par les communaut\u00e9s migrantes en tant que politiques de rejet. 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