{"id":37310,"date":"2023-09-21T11:00:00","date_gmt":"2023-09-21T11:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=37310"},"modified":"2023-11-16T17:24:48","modified_gmt":"2023-11-16T23:24:48","slug":"esquit-identidades-politicas-autonomia-democracia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/esquit-identidades-politicas-autonomia-democracia\/","title":{"rendered":"Identit\u00e9s politiques et d\u00e9mocratie des communaut\u00e9s indig\u00e8nes, contributions \u00e0 une discussion sur l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9."},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le document introduit l'histoire des communaut\u00e9s indig\u00e8nes dans la discussion afin de pr\u00e9senter diff\u00e9rentes perspectives sur la justice sociale au sens universaliste. Au lieu de mettre l'accent uniquement sur les identit\u00e9s culturelles, le document affirme qu'il est essentiel d'ouvrir la discussion sur la formation des identit\u00e9s politiques d\u00e9velopp\u00e9es par les communaut\u00e9s et les peuples indig\u00e8nes. Il souligne que la d\u00e9mocratie en Am\u00e9rique latine peut \u00eatre envisag\u00e9e sur la base de l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des positions politiques adopt\u00e9es par les peuples et communaut\u00e9s indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/autonomy\/\" rel=\"tag\">l'autonomie<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/cultural-identities\/\" rel=\"tag\">identit\u00e9s culturelles<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/democracy\/\" rel=\"tag\">la d\u00e9mocratie<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/history\/\" rel=\"tag\">l'histoire<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/political-identities\/\" rel=\"tag\">identit\u00e9s politiques<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">identit\u00e9s politiques et d\u00e9mocratie des communaut\u00e9s indig\u00e8nes, contributions \u00e0 une discussion sur l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Ce texte aborde l'histoire des communaut\u00e9s indig\u00e8nes dans le but d'apporter d'autres perspectives \u00e0 la discussion sur la justice sociale au sens universaliste. Au lieu de mettre l'accent uniquement sur les identit\u00e9s culturelles, il est consid\u00e9r\u00e9 comme indispensable d'ouvrir la discussion sur la formation des identit\u00e9s politiques d\u00e9velopp\u00e9es par les communaut\u00e9s et les peuples indig\u00e8nes, dans le but d'ouvrir de nouvelles voies de r\u00e9flexion sur la d\u00e9mocratie en Am\u00e9rique latine, des voies qui mettent l'accent sur l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des positions politiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots cl\u00e9s : histoire, identit\u00e9s politiques, identit\u00e9s culturelles, autonomie, d\u00e9mocratie.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Au fil des si\u00e8cles <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et <span class=\"small-caps\">xx<\/span>De nombreuses communaut\u00e9s indig\u00e8nes d'Am\u00e9rique latine ont affront\u00e9 les syst\u00e8mes de domination coloniale r\u00e9publicaine par des soul\u00e8vements arm\u00e9s et se sont manifest\u00e9es par ce que l'on appelle des mouvements indig\u00e8nes. Les perspectives historiques montrent que les communaut\u00e9s indig\u00e8nes, plut\u00f4t que de mettre l'accent sur les identit\u00e9s culturelles (telles que d\u00e9finies par les th\u00e9ories de l'ethnicit\u00e9), ont man\u0153uvr\u00e9 vers des identit\u00e9s politiques \u00e0 travers lesquelles elles recherchaient l'autonomie et des formes d'auto-gouvernement (Mallon, 2003 ; Grandin, 2007). Il est avanc\u00e9 qu'au cours de la deuxi\u00e8me partie du si\u00e8cle, les <span class=\"small-caps\">xx<\/span>En Am\u00e9rique latine, l'anthropologie a introduit des notions telles que l'\"identit\u00e9 culturelle\" et le \"groupe ethnique\" pour d\u00e9finir les communaut\u00e9s indig\u00e8nes, notions qui les r\u00e9duisaient \u00e0 des minorit\u00e9s culturelles. M\u00eame dans les <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>Cette perspective pr\u00e9vaut dans de nombreuses analyses des mouvements indig\u00e8nes, ce qui entra\u00eene une simplification des positions prises par les indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps, la formation d'identit\u00e9s politiques indig\u00e8nes, qui sont d\u00e9finies dans un cadre de positions politiques h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, est consid\u00e9r\u00e9e comme contribuant \u00e0 la vision globale de la d\u00e9mocratie. Il est \u00e0 noter que la reconnaissance des identit\u00e9s politiques indig\u00e8nes implique une transformation des id\u00e9es actuelles de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale, limit\u00e9e \u00e0 la repr\u00e9sentation des individus, qui pr\u00e9valent dans les d\u00e9mocraties latino-am\u00e9ricaines. En revanche, une perspective h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne implique la reconnaissance des sujets collectifs indig\u00e8nes en tant qu'acteurs qui contribuent par leurs actions politiques ou par la construction de leurs mondes communautaires. Il est soutenu que cette perspective, visualis\u00e9e comme la <em>construction h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de la d\u00e9mocratie<\/em>devrait \u00eatre plac\u00e9 sur un plan visible, comme il est propos\u00e9 de le faire avec le syst\u00e8me d'information sur la sant\u00e9. <em>justice sociale universaliste<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet article commence par d\u00e9crire les arguments de David Lehmann sur la justice sociale d'un point de vue universaliste et les utilisations donn\u00e9es aux concepts d'\"identit\u00e9s culturelles\" ou d'\"identit\u00e9s ethniques\". Il souligne l'influence de l'anthropologie dans la construction d'une vision qui minorise les peuples et les communaut\u00e9s indig\u00e8nes d'Am\u00e9rique latine. Quelques cas de soul\u00e8vements indig\u00e8nes sont pr\u00e9sent\u00e9s, qui r\u00e9sument la formation des positions politiques indig\u00e8nes dans une r\u00e9gion sp\u00e9cifique de l'Am\u00e9rique latine au cours des si\u00e8cles. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et <span class=\"small-caps\">xx<\/span>. Enfin, la construction h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de la d\u00e9mocratie est examin\u00e9e en mettant l'accent sur les contributions des mouvements indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Justice sociale universaliste<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'article de David Lehmann vise \u00e0 trouver des voies d'acc\u00e8s \u00e0 la justice sociale universaliste, car ce qu'on appelle l'universalisme est consid\u00e9r\u00e9 comme un moyen abordable d'y parvenir. Il semble \u00e0 Lehmann qu'il est important de travailler avec des conceptualisations li\u00e9es \u00e0 des structures de relations bas\u00e9es sur des caract\u00e9ristiques impersonnelles, objectives ou concr\u00e8tes, qui sont n\u00e9cessairement proches des bases institutionnelles d\u00e9finies par les \u00c9tats et les organisations internationales. Pour argumenter, l'auteur critique les positions qui, pour lui, promeuvent ou se fondent sur les dichotomies et le s\u00e9paratisme. Selon Lehmann, les chercheurs d\u00e9coloniaux m\u00e9prisent ces perspectives universalistes, y compris les droits de l'homme, en les d\u00e9finissant comme des dispositifs de domination issus de l'Occident (Lehmann, 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 proprement parler, Lehmann souligne dans son article que la justice sociale universelle doit mettre l'accent sur la \"redistribution mat\u00e9rielle\" et la redistribution des richesses sur la base de crit\u00e8res socio-\u00e9conomiques reconnus tels que le statut socio-\u00e9conomique, le revenu, l'\u00e2ge, le sexe, le lieu de r\u00e9sidence et le niveau d'\u00e9ducation. Il estime que l'action doit prendre en compte des cat\u00e9gories universelles telles que la classe et le sexe, contrairement aux d\u00e9finitions ethno-raciales qui sont subjectives et floues, car elles r\u00e9sultent d'une auto-identification. Selon lui, le syst\u00e8me juridique doit fonctionner sur la base de ces contenus ; par exemple, une r\u00e9ponse universaliste au racisme est la sanction p\u00e9nale. Toutefois, il est certain que les populations indig\u00e8nes continueront \u00e0 revendiquer des droits sur des questions telles que l'identit\u00e9, l'\u00e9ducation interculturelle, la restitution des terres et l'autogouvernance.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon l'auteur, les revendications sp\u00e9cifiques aux autochtones occupent cette place (secondaire, \u00e0 mon avis) parce qu'il est impossible de d\u00e9finir clairement les fronti\u00e8res des populations raciales et ethniques. L'auteur affirme que les identit\u00e9s noire, blanche, indienne, cholo, mestizo sont tr\u00e8s perm\u00e9ables ou insaisissables et qu'il est donc impossible de les utiliser \u00e0 des fins de distribution. Au contraire, la fourniture de ressources en fonction du statut socio-\u00e9conomique, du sexe, de l'\u00e2ge ou de la r\u00e9gion est moins susceptible d'\u00eatre contest\u00e9e, car il s'agit de questions concr\u00e8tes qui ne peuvent \u00eatre manipul\u00e9es. La notion d'universalisme de Lehmann, comme il l'affirme lui-m\u00eame, contraste avec les politiques autonomistes qui sont en fait limit\u00e9es en mati\u00e8re de r\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La perspective de l'ethnicit\u00e9 comme d\u00e9finition des minorit\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans la discussion de Lehmann, les concepts d'\"ethnicit\u00e9\" et d'\"identit\u00e9 culturelle\" sont d'une grande importance. Ils sont utilis\u00e9s pour d\u00e9crire le positionnement des chercheurs d\u00e9coloniaux et des mouvements indig\u00e8nes qui, selon cet auteur, se concentrent sur la revendication de droits culturels. Cette id\u00e9e postule que la th\u00e9orie d\u00e9coloniale d\u00e9veloppe des arguments qui approfondissent les divisions ethniques, bien qu'en r\u00e9alit\u00e9 de nombreuses approches indig\u00e8nes aboutissent \u00e0 des demandes d'inclusion. En ce sens, selon Lehmann, les mouvements indig\u00e8nes eux-m\u00eames d\u00e9montrent la fausset\u00e9 des arguments d\u00e9coloniaux. Le mouvement indig\u00e8ne en Am\u00e9rique latine \u00e9tant diversifi\u00e9, ses approches vont de ceux qui parlent d'\"inclusion\" \u00e0 ceux qui proposent des projets autonomes, comme les enseignants indig\u00e8nes qui consid\u00e8rent que l'\u00e9ducation \"alternative\" pour les indig\u00e8nes est importante (Bonfil-Batalla, 1989).<\/p>\n\n\n\n<p>La vision anthropologique des populations indig\u00e8nes d'Am\u00e9rique latine a abondamment utilis\u00e9 le concept d'\"ethnicit\u00e9\" pour diff\u00e9rencier ces populations en tenant compte de leurs particularit\u00e9s culturelles. D\u00e8s le d\u00e9but, ce concept a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour d\u00e9finir les populations indig\u00e8nes comme des minorit\u00e9s culturelles ins\u00e9r\u00e9es dans les \u00c9tats constitu\u00e9s au XXe si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> (Stavenhagen, 2010). D\u00edaz-Polanco (1981), par exemple, consid\u00e8re l'ethnicit\u00e9 comme une dimension des classes sociales : selon lui, les populations indig\u00e8nes d'Am\u00e9rique latine reposent sur des formes fondamentales d'identit\u00e9 ethnique, m\u00eame si elles appartiennent \u00e0 la paysannerie. De m\u00eame, dans les discours et les politiques de l'\u00c9tat, l'ethnicit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e comme une forme d'identit\u00e9 ethnique. <br>Le Comit\u00e9 constate avec satisfaction que la Commission n'a pas encore \u00e9t\u00e9 en mesure de d\u00e9signer une population qui n'entre pas pleinement dans la cat\u00e9gorie des \"populations\". <br>La plupart des gouvernements, y compris ceux du Guatemala et de la Bolivie, ont r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9finir les populations indig\u00e8nes comme des populations mineures, tant sur le plan statistique que culturel. Gr\u00e2ce \u00e0 des syst\u00e8mes statistiques concrets, la plupart des gouvernements - y compris ceux du Guatemala et de la Bolivie - sont parvenus \u00e0 d\u00e9finir les populations indig\u00e8nes comme des populations mineures, tant sur le plan statistique que culturel. Cette utilisation de donn\u00e9es concr\u00e8tes s'inscrit parfaitement dans la d\u00e9finition universaliste de Lehmann, qui pr\u00e9conise l'utilisation de cat\u00e9gories concr\u00e8tes dans la distribution des surplus.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce fait, la population indig\u00e8ne minoritaire se voit attribuer une place d'\u00e9nonciation secondaire et, dans le meilleur des cas, fait l'objet de politiques publiques d\u00e9finies par les cadres politiques et culturels dominants ou contr\u00f4l\u00e9es par l'\u00c9tat et les \u00e9lites \u00e9conomiques, politiques et acad\u00e9miques. Au d\u00e9but du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xxi,<\/span> ces politiques \u00e9taient ax\u00e9es sur des propositions multiculturalistes et interculturalistes. Quoi qu'il en soit, au cours de la deuxi\u00e8me partie du 20e si\u00e8cle, l'Union europ\u00e9enne s'est efforc\u00e9e de mettre en place une politique de l'\u00e9galit\u00e9 des chances. <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Les soi-disant groupes ethniques ont \u00e9t\u00e9 contraints de s'int\u00e9grer \u00e0 la \"culture nationale\" et ont fait l'objet de politiques \u00e9ducatives visant \u00e0 les \"civiliser\" par le biais d'une myriade de dispositifs et de programmes (Bonfil-Batalla, 1989 ; Taracena, 2004). Jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent, ces politiques ont permis d'accorder une citoyennet\u00e9 de \"seconde classe\" \u00e0 certains peuples indig\u00e8nes et de renforcer leur r\u00f4le d'interm\u00e9diaires ; les autres restent des citoyens de seconde classe. <em>serviteurs<\/em> dans la hi\u00e9rarchie socio-raciale d\u00e9finie par la politique r\u00e9elle des \u00e9lites latino-am\u00e9ricaines. Les politiques d'int\u00e9gration \u00e9taient \u00e0 l'ordre du jour dans la plupart des pays du sous-continent : depuis les d\u00e9clarations du premier congr\u00e8s indig\u00e9niste de P\u00e1tzcuaro, Michoac\u00e1n, en 1940, jusqu'\u00e0 la fin du 20e si\u00e8cle, les politiques d'int\u00e9gration \u00e9taient \u00e0 l'ordre du jour dans la plupart des pays du sous-continent. <span class=\"small-caps\">xx<\/span>lorsque les politiques interculturelles sont apparues. En tout \u00e9tat de cause, l'interculturalisme en tant que politique d'\u00c9tat n'\u00e9tait rien d'autre qu'un n\u00e9o-indig\u00e9nisme recouvert de discours sur le pluralisme ; sous le concept interculturel, le concept de groupes ethniques a \u00e9t\u00e9 esquiss\u00e9, ce qui a \u00e9videmment maintenu la d\u00e9finition des populations indig\u00e8nes en tant que minorit\u00e9s d\u00e9mographiques et culturelles. Le racisme structurel se dessine \u00e0 travers ces concepts, qui normalisent la place de chacun dans la politique, l'\u00e9conomie et les propositions de d\u00e9veloppement (Gonz\u00e1lez, 2006).<\/p>\n\n\n\n<p>Les notions de multiculturalisme et d'interculturalisme ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9es par de nombreuses organisations indig\u00e8nes dans toute l'Am\u00e9rique latine. Les universit\u00e9s interculturelles du Mexique, dont certaines ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es par Lehmann, ou les politiques de discrimination positive, qui sont \u00e9galement mises en \u00e9vidence dans l'article en question, en sont des exemples. La plupart de ces syst\u00e8mes, comme on pouvait s'y attendre, \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 la scolarisation des populations indig\u00e8nes, par exemple en tentant de r\u00e9former et de renforcer les programmes d'\u00e9ducation bilingue ou en fondant des universit\u00e9s indig\u00e8nes contr\u00f4l\u00e9es en fin de compte par les \u00e9lites m\u00e9tisses qui dirigent les \u00c9tats dans cette r\u00e9gion du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Nombre de ces politiques ont \u00e9galement ouvert des espaces pour la r\u00e9cup\u00e9ration culturelle, la r\u00e9glementation de l'utilisation des terres communales et la loi communale, et m\u00eame les gouvernements locaux indig\u00e8nes. Diverses organisations indig\u00e8nes et certains universitaires se sont montr\u00e9s int\u00e9ress\u00e9s et pleins d'espoir \u00e0 l'\u00e9gard de ces politiques interculturelles, car ils pensaient qu'elles permettraient de conf\u00e9rer davantage de droits aux populations indig\u00e8nes. De toute \u00e9vidence, les organisations autochtones ont \u00e9galement utilis\u00e9 la l\u00e9gislation nationale et les conventions internationales pour rechercher des opportunit\u00e9s qui leur seraient favorables (Dietz, 2016 ; Leuman, 2016). <em>et al<\/em>., 2007).<\/p>\n\n\n\n<p>Il en ressort que l'ethnicisation \u00e9tait initialement un projet des \u00e9lites politiques et universitaires de l'\u00c9tat, qui d\u00e9finissaient les populations indig\u00e8nes sur la base de cat\u00e9gories qui contrastaient avec la modernit\u00e9 qu'ils poursuivaient ou envisageaient. Comme nous le verrons plus loin, les luttes indig\u00e8nes ne se sont pas seulement concentr\u00e9es sur les diff\u00e9rences culturelles, mais beaucoup d'entre elles ont cherch\u00e9 \u00e0 d\u00e9manteler les liens \u00e9troits de servitude, de d\u00e9possession et de racisme que les communaut\u00e9s avaient endur\u00e9s au cours des si\u00e8cles. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et <span class=\"small-caps\">xx<\/span> (et depuis le d\u00e9but de ce si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>) sous des \u00c9tats dirig\u00e9s par des propri\u00e9taires terriens, des propri\u00e9taires terriens et des militaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les classifications culturelles \u00e9tablies par les \u00c9tats ont \u00e9t\u00e9 reprises par certains mouvements indig\u00e8nes, mais elles ont \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9es (comme l'a fait le lib\u00e9ralisme au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle) aux besoins des peuples indig\u00e8nes. <span class=\"small-caps\">xx<\/span>) pour \u00e9tayer la pr\u00e9occupation centrale des communaut\u00e9s indig\u00e8nes, \u00e0 savoir s'opposer \u00e0 la triade de la servitude, de la d\u00e9possession et du racisme. Les indig\u00e8nes n'ont pas adopt\u00e9 le concept de \"culture\" en tant que tel, mais il a eu une utilit\u00e9 strat\u00e9gique dans la mesure o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 un mot et \u00e0 une position qui s'opposaient au racisme structurel et quotidien. Sur ce dilemme, Rodolfo Stavenhagen affirme que<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Les peuples opprim\u00e9s, exploit\u00e9s et discrimin\u00e9s qui revendiquent leurs droits culturels et collectifs ne le font pas pour c\u00e9l\u00e9brer la diff\u00e9rence - qui en soi n'est ni bonne ni mauvaise - mais pour garantir leurs droits humains et obtenir un minimum de pouvoir dans la polis, ce qui leur permettrait de participer sur un pied d'\u00e9galit\u00e9 \u00e0 la gouvernance d\u00e9mocratique (2010 : 82).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le point de vue historique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La politique int\u00e9grationniste sophistiqu\u00e9e, mise en place au d\u00e9but du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>L'histoire des peuples indig\u00e8nes est ignor\u00e9e. Face \u00e0 cette situation politique actuelle, il est important de dire que pendant ce que l'historiographie appelle la \"p\u00e9riode coloniale\", il y a eu des dizaines de \"soul\u00e8vements indig\u00e8nes\" dans diff\u00e9rentes parties des Am\u00e9riques. La plupart de ces insurrections avaient une base communautaire, remettaient en question l'\u00e9conomie coloniale et identifiaient des ennemis, des autorit\u00e9s indig\u00e8nes locales aux encomenderos, aux gouverneurs ou aux agents coloniaux. Au cours des si\u00e8cles <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Alors que les r\u00e9publiques \u00e9taient fond\u00e9es et consolid\u00e9es, de nombreux soul\u00e8vements indig\u00e8nes ont eu lieu dans diff\u00e9rentes parties de la M\u00e9so-Am\u00e9rique et de la r\u00e9gion andine. Nombre de ces insurrections sont apparues comme des d\u00e9fis \u00e0 la forme que prenait le capitalisme dans diverses r\u00e9gions. Il s'agissait de luttes contre le racisme qui cherchaient en fin de compte des formes d'autonomie sur une base communale, mais sans perdre de vue les processus politiques, \u00e9conomiques et sociaux r\u00e9gionaux et m\u00eame mondiaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux exemples importants sont la guerre dite des castes au Yucat\u00e1n (Dumond, 2005) et le soul\u00e8vement zapatiste au Chiapas (Harvey, 2000), qui ont tous deux eu lieu dans le sud-est du Mexique. Selon Piedad Peniche (2004 : 149), la guerre des castes (1847-1901) a beaucoup \u00e0 voir avec les conflits agraires auxquels ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es diverses populations mayas frontali\u00e8res en raison de la r\u00e9forme agraire, un processus men\u00e9 par le gouvernement du Yucat\u00e1n au milieu du 20e si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>. On affirme que le jugement des \"bald\u00edos\" \u00e0 l'\u00e9poque a profit\u00e9 aux hommes d'affaires, aux militaires et aux pr\u00eatres (trois agents importants de la colonisation au cours de ce si\u00e8cle dans de nombreuses r\u00e9gions des Am\u00e9riques). Le gouvernement du Yucat\u00e1n encourageait \"l'esprit d'entreprise\" par le biais de lois qui favorisaient les colons promouvant le capitalisme agraire (Peniche, 2004 : 149). \u00c0 l'\u00e9poque, de nombreuses communaut\u00e9s mayas participaient \u00e0 une \u00e9conomie r\u00e9gionale bas\u00e9e sur la culture et la vente de ma\u00efs, en tant que fournisseurs de main-d'\u0153uvre dans l'arrier\u00eda ou pour la vente d'aguardiente dans la colonie britannique de Belize. Peniche affirme que cette soci\u00e9t\u00e9 rurale cherchait des options dans l'agriculture et la politique, mais que les opportunit\u00e9s n'\u00e9taient pas pour tout le monde, pas m\u00eame pour les \u00e9lites mayas, et encore moins pour la majeure partie de la population indig\u00e8ne (2004 : 150).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que ces \u00e9v\u00e9nements tournent autour de questions agraires, les leaders de la guerre des castes n'ont jamais pr\u00e9tendu que leur soul\u00e8vement \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 des conflits fonciers, mais ils r\u00e9clamaient l'abolition des imp\u00f4ts et s'opposaient aux \"abus\" (racisme structurel) de l'\u00c9tat et de l'\u00c9glise. Peniche souligne que la guerre des castes est l'aboutissement d'une longue lutte contre l'imp\u00f4t, commenc\u00e9e au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>. L'auteur affirme que les paysans mayas avaient appris \u00e0 se soulever par la \"cause des imp\u00f4ts\" et que c'\u00e9tait le langage \"cod\u00e9\" qu'ils utilisaient pour exprimer leur m\u00e9contentement. De plus, les chefs mayas, les <em>batab<\/em>Les Mayas ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s dans le nouveau monde colonial qui prenait forme. Dans le m\u00eame temps, les \"populations cach\u00e9es\", c'est-\u00e0-dire les colonies compos\u00e9es de Mayas qui avaient migr\u00e9 vers des zones non peupl\u00e9es du sud du Yucat\u00e1n pour \u00e9chapper \u00e0 l'imp\u00f4t, formaient des groupes de villages pratiquement autonomes. Peniche sugg\u00e8re que les <em>batab<\/em> ont communiqu\u00e9 avec ces communaut\u00e9s (Peniche, 2004 : 158-160).<\/p>\n\n\n\n<p>L'auteur conclut que les \u00e9migr\u00e9s ont finalement particip\u00e9 \u00e0 la guerre, les <em>cruzob<\/em> se sont battus avec leurs chefs, les <em>batab<\/em>jusqu'\u00e0 ce qu'ils choisissent de conserver leurs communaut\u00e9s (Peniche, 2004 : 160). Ce choix pour les communaut\u00e9s a m\u00eame conduit certains dirigeants \u00e0 fonder de petits villages autonomes dans l'actuel territoire de Quintana Roo (ou a <em>Nation maya<\/em>), dont la capitale \u00e9tait Chan Santa Cruz, qui avait sa propre forme de gouvernement, ses propres hi\u00e9rarchies, sa propre religion, sa propre \u00e9conomie, ses propres relations r\u00e9gionales et sa propre organisation culturelle. Cette entit\u00e9 a maintenu pendant longtemps son ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de l'Union europ\u00e9enne. <em>dzules<\/em> (Ramirez, 2016), mais il n'\u00e9tait pas isol\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le soul\u00e8vement zapatiste a connu une br\u00e8ve phase de lutte arm\u00e9e en janvier 1994. Tr\u00e8s vite, les actions se sont tourn\u00e9es vers le niveau politique avec les n\u00e9gociations de paix. En ce sens, les actions militaires ont c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 la mise en place d'organisations sociales et politiques li\u00e9es aux communaut\u00e9s soutenant le mouvement. En d\u00e9cembre 1994, 38 municipalit\u00e9s autonomes rebelles zapatistes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9es, rejetant les formes de gouvernement local soutenues par l'\u00c9tat. En 2003, un autre niveau de gouvernement autonome, connu sous le nom de Caracoles, a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9, ce qui, selon certains, a marqu\u00e9 un moment d'autod\u00e9termination des communaut\u00e9s vis-\u00e0-vis des diff\u00e9rents acteurs et du gouvernement mexicain. Pour les analystes, cet \u00e9v\u00e9nement a marqu\u00e9 une \u00e9tape dans la maturation de l'autonomie qui avait commenc\u00e9 des ann\u00e9es auparavant (Baronnet <em>et al<\/em>., 2011).<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e0 noter que les communaut\u00e9s zapatistes ne forment pas un territoire ou des groupes ferm\u00e9s, mais qu'elles sont d\u00e9finies par une action politique volontaire et r\u00e9gies par des r\u00e8gles d'autogouvernement. Les formes de gouvernement et les services des communaut\u00e9s peuvent \u00eatre utilis\u00e9s par des individus et des groupes ext\u00e9rieurs au mouvement zapatiste. De nombreux membres de la base sont \u00e9galement \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 des organisations paysannes et m\u00eame \u00e0 des partis politiques. Les actions pour l'autonomie, qui ont \u00e9t\u00e9 au centre des activit\u00e9s politiques et sociales dans ces communaut\u00e9s, se d\u00e9roulent dans la vie de tous les jours. Ces op\u00e9rations se d\u00e9roulent dans le contexte d'un \u00c9tat mexicain qui refuse de reconna\u00eetre leurs droits en tant que peuples et communaut\u00e9s, face \u00e0 une guerre d'usure et \u00e0 la \"territorialisation des nouvelles logiques du capital\" (Baronnet <em>et al<\/em>., 2011: 27).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui ressort de ces processus dans les communaut\u00e9s autonomes, c'est la construction de nouvelles formes d'identit\u00e9s politiques. En ce sens, les communaut\u00e9s, en produisant des formes de vie, d'organisation, de nouveaux sujets politiques, des significations, des subjectivit\u00e9s et des connaissances, le font dans un espace fortement politis\u00e9, qui d\u00e9finit le pouvoir de se donner une vie propre et de tenter de r\u00e9former les relations avec les adversaires et les alli\u00e9s (Baronnet <em>et al<\/em>., 2011). Les pratiques d\u00e9mocratiques qui \u00e9mergent de ces processus contribuent \u00e0 la vie des communaut\u00e9s, mais influencent \u00e9galement l'\u00c9tat mexicain de diff\u00e9rentes mani\u00e8res. Mallon (2003) a montr\u00e9 comment les pratiques et les positions politiques des groupes subalternes influencent la formation de l'\u00c9tat. En effet, les zapatistes ont d\u00e9velopp\u00e9 des communaut\u00e9s autonomes presque toujours face \u00e0 l'\u00c9tat mexicain qui leur refusait la possibilit\u00e9 d'une vie et d'une politique propres. Ainsi, il est avanc\u00e9 que lorsque les communaut\u00e9s autonomes g\u00e9n\u00e8rent de nouveaux syst\u00e8mes d'\u00e9ducation, de sant\u00e9, de justice, d'\u00e9change, de production, de nouvelles relations sociales et politiques sont d\u00e9velopp\u00e9es (Baronnet <em>et al<\/em>., 2011: 29).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la deuxi\u00e8me partie du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Au Guatemala, mais surtout dans les ann\u00e9es 1970, les communaut\u00e9s indig\u00e8nes se sont fortement mobilis\u00e9es. Avec une longue histoire de politique communale et municipale, les Mayas de cette partie de la M\u00e9so-Am\u00e9rique ont mis en place une s\u00e9rie d'organisations locales et r\u00e9gionales qui se sont rapidement heurt\u00e9es \u00e0 des organisations de gu\u00e9rilla dirig\u00e9es principalement par des ladinos de la classe moyenne de la capitale. Cette confluence a connu des p\u00e9riodes de tension, mais \u00e0 d'autres moments, des alliances ont \u00e9t\u00e9 forg\u00e9es. Les organisations indig\u00e8nes issues des communaut\u00e9s sont li\u00e9es aux id\u00e9es d'autogouvernement (bien qu'il n'ait jamais \u00e9t\u00e9 question d'autonomie), remettent en question le racisme et tiennent un discours fort en faveur de l'\u00e9galit\u00e9. D'autres organisations paysannes et communautaires, comme le Comit\u00e9 de Unidad Campesina (<span class=\"small-caps\">cuc<\/span>), ils se sont battus pour la terre, pour un changement des relations de travail dans les fermes et ont revendiqu\u00e9 des griefs historiques. Pour plusieurs auteurs, la position politique des Mayas \u00e0 cette \u00e9poque \u00e9tait clairement une r\u00e9bellion ou une r\u00e9volution indig\u00e8ne et paysanne (Vela, 2011 ; Foster, 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la dur\u00e9e de la r\u00e9bellion, de nombreuses communaut\u00e9s ont connu des p\u00e9riodes d'autonomie, mais ces actions ont rapidement \u00e9t\u00e9 violemment r\u00e9prim\u00e9es par l'arm\u00e9e guat\u00e9malt\u00e8que. Les identit\u00e9s politiques d\u00e9velopp\u00e9es par les Mayas au cours de la deuxi\u00e8me partie du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xx<\/span> ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9es par le g\u00e9nocide dans les ann\u00e9es 1980 et achev\u00e9es par l'interculturalisme officiel lors de la signature des Accords de paix en 1996. Les positions culturalistes prises par certaines organisations mayas dans les ann\u00e9es 1970 ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme un moyen de lutter contre le racisme. Cependant, dans les ann\u00e9es 1990, l'\u00c9tat a mis en \u0153uvre, par le biais d'un langage de droits, des politiques interculturelles cens\u00e9es r\u00e9soudre les griefs historiques, l'in\u00e9galit\u00e9 et les droits culturels des indig\u00e8nes, mais qui ont en r\u00e9alit\u00e9 cr\u00e9\u00e9 des dispositifs de contr\u00f4le sur les populations mayas. Il convient de noter que les Mayas, protagonistes de la r\u00e9bellion de 1980, ont \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9s \u00e0 l'arri\u00e8re-plan par l'\u00c9tat lors de la signature des accords de paix entre le gouvernement et la gu\u00e9rilla dirig\u00e9e par Ladino. Ainsi, leurs propositions de changement ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finies comme culturelles au cours du processus de n\u00e9gociation. Avec un langage de droits culturels et une s\u00e9rie d'accords \u00e0 l\u00e9gif\u00e9rer, les identit\u00e9s politiques que les indig\u00e8nes avaient d\u00e9velopp\u00e9es entre 1944 et 1980 ont \u00e9t\u00e9 effac\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion : la d\u00e9mocratie dans un monde h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En s'appuyant sur des arguments historiques, ce document affirme que les populations indig\u00e8nes, en plus de mettre l'accent sur une langue d'identit\u00e9 culturelle, donnent la priorit\u00e9 \u00e0 une identit\u00e9 politique (Stavenhagen, 2010). De m\u00eame, on observe qu'une position autonomiste pr\u00e9vaut ou est anticip\u00e9e dans les luttes indig\u00e8nes et paysannes. Ce qui ressort, c'est la formation d'identit\u00e9s politiques \u00e9troitement li\u00e9es \u00e0 la reproduction de la vie communautaire (d\u00e9crite par l'anthropologie et les points de vue dominants comme \"identit\u00e9 culturelle\", \"cosmovision\" ou \"ethnicit\u00e9\"). Parce que l'ethnicisation des peuples indig\u00e8nes conduit \u00e0 leur minorisation, les analystes en viennent rapidement \u00e0 consid\u00e9rer ces luttes indig\u00e8nes comme \"particularistes\" (et non \"universelles\") et donc secondaires dans une formation \u00e9tatique ou dans le monde. En ce sens, on consid\u00e8re que la position d\u00e9favoris\u00e9e des peuples indig\u00e8nes peut \u00eatre r\u00e9solue par les priorit\u00e9s analytiques que la pens\u00e9e europ\u00e9enne d\u00e9finit en utilisant des id\u00e9es d'universalisme (la classe sociale, dans ce cas) comme seul paradigme et non avec l'histoire que les peuples indig\u00e8nes mettent en avant, c'est-\u00e0-dire celle de la domination coloniale. En ce sens, Bonfil-Batalla (1989 : 235) affirme qu'il est important de changer la fa\u00e7on dont l'Occident implante au Mexique (ou en Am\u00e9rique latine) sa condition historique, position qui contredit les possibilit\u00e9s de pluralisme ; cet ethnologue propose, pour la premi\u00e8re fois, de \"diriger l'Occident\".<\/p>\n\n\n\n<p>L'utilisation de la culture ne peut pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une position d'opposition radicale ou d'exacerbation des diff\u00e9rences, du moins dans la plupart des mouvements indig\u00e8nes d'Am\u00e9rique latine. Pour reprendre les termes de Peniche (2004), conscients de leur place actuelle dans le monde, on peut dire que de nombreux mouvements indig\u00e8nes utilisent la \"culture\" comme un langage \"cod\u00e9\" pour parler de leur histoire et de leur politique autonomiste. Il est bien connu que la culture et la politique sont difficilement s\u00e9parables, qu'elles sont fortement imbriqu\u00e9es dans les positions adopt\u00e9es par les subalternes, les indig\u00e8nes, les paysans, les noirs, les femmes ou autres, et que l'important est de pr\u00e9ciser les contenus historiques et politiques de ces approches, ainsi que les possibilit\u00e9s de les relier. Les usages indig\u00e8nes de concepts tels que \" culture \", \" science maya \", \" mod\u00e8les mapuche de sant\u00e9 interculturelle \" (Cuyul, 2012), etc. d\u00e9limitent des positions strat\u00e9giques \u00e0 des moments historiques sp\u00e9cifiques vis-\u00e0-vis d'adversaires identifi\u00e9s. Les points de vue indig\u00e8nes sur les universit\u00e9s interculturelles, par exemple, sont des moments d'un imaginaire politique de longue dur\u00e9e dans un champ social, dans lequel ils cherchent \u00e0 influencer les institutions et les acteurs et concurrents sp\u00e9cifiques ; mais en m\u00eame temps, ils cherchent \u00e0 gagner des espaces pour construire leur propre vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent, l'id\u00e9al d\u00e9mocratique dominant en Am\u00e9rique latine \u00e9tait li\u00e9 au lib\u00e9ralisme et, dans d'autres cas, au socialisme. Les dirigeants indig\u00e8nes et les politiques qui ont \u00e9merg\u00e9 des communaut\u00e9s tout au long du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et <span class=\"small-caps\">xx<\/span>L'histoire de la guerre des castes a souvent \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme pr\u00e9politique et secondaire au regard de l'histoire. L'historien Arturo Taracena affirme que quelques ann\u00e9es avant le d\u00e9but de la guerre des castes, Santiago Im\u00e1n - un dirigeant m\u00e9tis du milieu du si\u00e8cle, un homme de race mixte et un dirigeant m\u00e9tis du milieu du XIXe si\u00e8cle - avait \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 \u00eatre tu\u00e9 dans la guerre des castes. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> au Yucat\u00e1n - pr\u00f4nait un discours d'identit\u00e9 r\u00e9gionale bas\u00e9 sur le \" dialogue interethnique \", \u00e0 la t\u00eate d'une arm\u00e9e \" multiethnique \". Ainsi, ce leader s'est oppos\u00e9, \u00e0 plusieurs \u00e9gards, au discours r\u00e9gionaliste de l'\u00e9lite yucat\u00e8que, qui nourrissait l'id\u00e9e d'un pays et d'une r\u00e9publique pour les non-indig\u00e8nes (Taracena, 2015 : 14).<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, l'historien Greg Grandin (2007) affirme qu'\u00e0 la fin du 20e si\u00e8cle, les <span class=\"small-caps\">xix<\/span> Les \u00e9lites quich\u00e9 de la ville de Quetzaltenango, avec le discours de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la race, ont cr\u00e9\u00e9 une identit\u00e9 politique \"alternative\" qui liait le national au culturel, renfor\u00e7ant le pouvoir des \u00e9lites quich\u00e9 et recr\u00e9ant un \"nationalisme ethnique\". L'historien affirme que le mot \"r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration\" avait une signification diff\u00e9rente pour l'\u00e9lite quich\u00e9 et pour les Ladinos. Pour les premiers, il signifiait une \"renaissance ethnique\", pour les seconds, l'assimilation des populations indig\u00e8nes \u00e0 la culture ladino (Grandin, 2007 : 208, 221).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la foul\u00e9e des soul\u00e8vements indig\u00e8nes des ann\u00e9es 1980 au Guatemala, les Mayas ont propos\u00e9 la cr\u00e9ation d'un \u00c9tat socialiste f\u00e9d\u00e9r\u00e9. Selon leur vision historique et sociologique, les auteurs de ce projet envisageaient un \u00c9tat \u00e9galitaire dans lequel les Mayas, en tant que sujets collectifs, avaient une place dans l'ar\u00e8ne politique (Movimiento Indio Tojil-Mayas, 2016). Toutes ces positions indig\u00e8nes en M\u00e9so-Am\u00e9rique d\u00e9montrent que la formation d'identit\u00e9s politiques individuelles et collectives, dans le temps et dans l'espace, a \u00e9t\u00e9 fondamentale et a fa\u00e7onn\u00e9 l'histoire. Dans la deuxi\u00e8me partie de la <span class=\"small-caps\">xx,<\/span> Les \u00c9tats latino-am\u00e9ricains, s'appuyant sur l'anthropologie et son appareil conceptuel, ont d\u00e9fini les peuples indig\u00e8nes comme des \u00eatres culturels, les d\u00e9pouillant de toute identit\u00e9 politique. La critique de cette position a donn\u00e9 naissance, dans les derni\u00e8res ann\u00e9es du si\u00e8cle, \u00e0 l'id\u00e9e que les peuples indig\u00e8nes sont des \u00eatres culturels. <span class=\"small-caps\">xx<\/span> et pr\u00e9coce <span class=\"small-caps\">xxi,<\/span> un nouveau langage : l'interculturalisme, et un syst\u00e8me de droits contr\u00f4l\u00e9s par l'\u00c9tat, une vision h\u00e9g\u00e9monique qui reproduit fondamentalement un n\u00e9oindig\u00e9nisme ou des \"politiques d'int\u00e9gration\" reproduites de mani\u00e8re beaucoup plus sophistiqu\u00e9e et dont le but ultime est de stabiliser et de cr\u00e9er le contexte favorable aux politiques n\u00e9olib\u00e9rales (Hale, 2005). Cette perspective ne nie pas le fait que d'autres mouvements sociaux ont \u00e9galement mis en avant leurs propres perspectives sur l'interculturalit\u00e9, auxquelles ils ont donn\u00e9 de nouvelles significations (Dietz, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Lehmann suit les th\u00e9ories des \"identit\u00e9s ethniques\" pour identifier les luttes indig\u00e8nes comme des luttes culturelles et positionne les mouvements comme des actions minoritaires dans des \u00c9tats \u00e9tablis ; cependant, il affirme \u00e9galement que les mouvements indig\u00e8nes tendent vers la d\u00e9mocratisation. En ce sens, on pourrait dire que, parall\u00e8lement aux travaux visant \u00e0 \u00e9tayer l'approche de l'Union europ\u00e9enne en mati\u00e8re de droits de l'homme, les mouvements indig\u00e8nes tendent \u00e0 se d\u00e9mocratiser. <em>justice sociale universaliste<\/em>Pour ce faire, il est essentiel de renforcer le r\u00f4le de l'Union europ\u00e9enne dans la lutte contre la pauvret\u00e9. <em>des luttes h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes pour la d\u00e9mocratie<\/em>. Comme on le sait, la d\u00e9mocratie est un discours et un id\u00e9al important dans les \u00c9tats et la soci\u00e9t\u00e9 civile d'Am\u00e9rique latine. Tout au long du si\u00e8cle<span class=\"small-caps\"> xx<\/span> Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, des actions sociales \u00e9nergiques ont vu le jour pour la rechercher, principalement face aux gouvernements militaires, aux dictatures, \u00e0 la guerre froide et \u00e0 l'imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain. La d\u00e9mocratie a \u00e9t\u00e9 un discours important pour les gouvernements, bien qu'elle se limite \u00e0 un syst\u00e8me \u00e9lectoral, \u00e0 la repr\u00e9sentation des citoyens et \u00e0 des droits constitutionnels d\u00e9finis sur la base des int\u00e9r\u00eats des \u00e9lites \u00e9conomiques et militaires.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de la seconde moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Plus t\u00f4t encore, les populations indig\u00e8nes ont \u00e9galement particip\u00e9, d'une mani\u00e8re ou d'une autre, aux processus de lutte pour la d\u00e9mocratie et les droits, bien qu'elles aient rarement \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme telles dans les \u00e9tudes sur les formations \u00e9tatiques. On ne dira pas que les actions politiques, telles que la guerre des castes, \u00e9taient \u00e9galement d\u00e9mocratiques ; n\u00e9anmoins, il est \u00e9vident que les dirigeants de ces mouvements du XIXe si\u00e8cle avaient des notions historiques de l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du monde dans lequel ils vivaient, voulaient des opportunit\u00e9s ainsi que des liens avec ces mondes, mais voulaient \u00e9galement les transformer de mani\u00e8re \u00e9nergique. En ce sens, les id\u00e9aux d\u00e9mocratiques qui ont \u00e9merg\u00e9 de diff\u00e9rentes histoires et de diff\u00e9rents lieux peuvent constituer un point de liaison important pour tisser de multiples mod\u00e8les, y compris ceux mis en \u0153uvre par les peuples et les communaut\u00e9s indig\u00e8nes \u00e0 l'heure actuelle. Compte tenu de ce processus, il est \u00e9vident que Lehmann n'a pas tort d'affirmer que les mouvements indig\u00e8nes contribuent \u00e0 la d\u00e9mocratie dans les \u00c9tats o\u00f9 ils sont pr\u00e9sents. Ce qui est important, cependant, c'est de reconna\u00eetre que ces luttes se d\u00e9roulent sous l'influence du monde h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne auquel nous ne pouvons pas \u00e9chapper et auquel nous voulons parfois imposer des visions univoques ou que nous laissons dans un lieu secondaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout cela signifie qu'il faut travailler \u00e0 penser la d\u00e9mocratie d'une autre mani\u00e8re. Des penseurs tels que Jacques Derrida affirment que la d\u00e9mocratie devrait toujours \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme quelque chose \u00e0 venir, et non comme quelque chose d'existant, c'est-\u00e0-dire comme un objet pr\u00eat \u00e0 l'emploi. Il affirme lui-m\u00eame que la d\u00e9mocratie est quelque chose qui existe et qui a \u00e9merg\u00e9 dans certains endroits, mais qu'en d'autres termes, il est important de consid\u00e9rer que \"c'est un concept qui porte en lui une promesse\". En effet, \"la d\u00e9mocratie ne correspond pas, ne peut pas correspondre \u00e0 sa promesse, au pr\u00e9sent, \u00e0 son concept\". Il estime que si l'on part de la singularit\u00e9 de l'autre, ce qui reste est un d\u00e9fi lanc\u00e9 \u00e0 la d\u00e9mocratie pour qu'elle ne soit pas consid\u00e9r\u00e9e comme une chose ou une substance, mais comme quelque chose de perfectible. En ce sens, les notions ou les signes qui existent \u00e0 propos de la d\u00e9mocratie devraient \u00eatre des points de d\u00e9part pour penser et travailler \u00e0 ce qui est \u00e0 venir (Derrida, 1994).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l'instant, le mot d\u00e9mocratie en Am\u00e9rique latine ne correspond pas \u00e0 une situation historique reconnaissable. Ainsi, la justice et la d\u00e9mocratie dans le sous-continent impliquent de penser \u00e0 l'autre (mais il ne s'agit pas seulement des \u00e9lites qui gouvernent jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent, mais de \"tout le monde\"), cet autre qui est irr\u00e9ductible dans sa repr\u00e9sentation politique et morale (Derrida, 1994). Dans une perspective radicalement individualiste, on pourrait dire que penser \u00e0 l'autre est un sentiment louable, mais qu'il manque de concret, qu'il est irr\u00e9alisable et donc jetable. Quoi qu'il en soit, les institutions dominantes invoquent souvent une \u00e9thique de l'autre pour continuer \u00e0 fonctionner, et elles le font. Les positions politiques des communaut\u00e9s indig\u00e8nes d'Am\u00e9rique latine s'inscrivent dans l'historicit\u00e9 de la d\u00e9mocratie et non dans l'individualisme impos\u00e9 par les institutions dominantes. Dans tous les cas, les personnes, la nature et la communaut\u00e9 sont imbriqu\u00e9es, m\u00eame si l'on ferme les yeux sur cette r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te. Cette situation implique \u00e9galement de penser la justice comme quelque chose d'engag\u00e9 dans l'histoire de tous et comme quelque chose d'utile, de possible et de n\u00e9cessaire \u00e0 la vie de tous et \u00e0 la construction du politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mouvements indig\u00e8nes tentent de construire la d\u00e9mocratie \u00e0 partir de la vie quotidienne (comme les zapatistes) ou de l'\u00c9tat, comme dans le cas d'Evo Morales (m\u00eame s'il peut \u00eatre accus\u00e9 d'\u00eatre un populiste), montrant un champ fructueux, mais aussi contradictoire, \u00e0 d'autres moments. En tout \u00e9tat de cause, la \"contribution\" des mouvements indig\u00e8nes et sociaux en ce sens est immense et ne doit pas \u00eatre rel\u00e9gu\u00e9e au second plan. Ce que la \"nouvelle d\u00e9mocratie\" nous invite \u00e0 faire, c'est de prendre en compte l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des identit\u00e9s politiques indig\u00e8nes - et bien d'autres - qui luttent pour une place dans le monde h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne ; en ce sens, les indig\u00e8nes ne contribuent pas seulement \u00e0 la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale, limit\u00e9e \u00e0 la repr\u00e9sentation de l'individu. Si les \u00c9tats latino-am\u00e9ricains pr\u00f4nent la d\u00e9mocratie et que les mouvements sociaux d\u00e9fendent l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9, il est essentiel de nourrir ces perspectives des multiples histoires des divers acteurs individuels et collectifs. En m\u00eame temps, les luttes pour la d\u00e9mocratie sont li\u00e9es aux actions pour les droits et la justice en tant que paradigmes possibles et souhaitables au 21\u00e8me si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, je pense que la critique des penseurs d\u00e9coloniaux qui, \u00e0 de nombreux moments, id\u00e9alisent la soi-disant \"identit\u00e9 culturelle\" des peuples et des communaut\u00e9s indig\u00e8nes est pertinente. \u00c0 bien des \u00e9gards, comme l'affirme Aura Cumes (2017), cette dislocation se produit en raison de l'autorit\u00e9 qui leur est accord\u00e9e, dans le privil\u00e8ge de la soi-disant acad\u00e9mie du premier monde et dans les universit\u00e9s contr\u00f4l\u00e9es par les \u00e9lites cr\u00e9oles en Am\u00e9rique latine, reproduisant souvent la domination coloniale et subordonnant les luttes des peuples autochtones eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout au long de ce processus, il n'y a pas de dialogue s\u00e9rieux et permanent entre ses perspectives latino-am\u00e9ricaines ou plan\u00e9taires et les propositions politiques et th\u00e9oriques des peuples indig\u00e8nes qui habitent le m\u00eame territoire. Il s'agit d'une perspective qui doit examiner de plus pr\u00e8s les multiples espaces n\u00e9buleux dans les relations entre colonisateurs et colonis\u00e9s, afin de comprendre les possibilit\u00e9s et les limites offertes par ces histoires. Cependant, il est \u00e9galement important de noter que la critique d\u00e9coloniale, ainsi que le postcolonialisme et le subalternisme, ont offert une critique convaincante et audible de l'eurocentrisme, de l'anthropocentrisme et du patriarcat ; cette contestation et bien d'autres sont importantes et fondamentales pour penser l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du monde.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Baronnet, Bruno, Mariana Mora Bayo y Richard Stahler-Sholk (coords.) (2011). <em>Luchas \u201cmuy otras\u201d zapatismo y autonom\u00eda en las comunidades ind\u00edgenas de Chiapas<\/em>. M\u00e9xico: Universidad Aut\u00f3noma Metropolitana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bonfil-Batalla, Guillermo (1989). <em>M\u00e9xico<\/em> <em>profundo, una civilizaci\u00f3n negada<\/em>. M\u00e9xico: Grijalbo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Cumes, Aura (2017). \u201cConversaci\u00f3n sobre epistemolog\u00eda maya, teor\u00eda poscolonial y procesos de lucha identitaria con Aura Cumes\u201d, <em>Re-visiones<\/em>, n\u00fam. 7. Disponible en: https:\/\/dialnet.unirioja.es\/servlet\/articulo?codigo=6854432 (consultado el 13 de julio de 2023).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Cuyul, Andr\u00e9s (2012). \u201cSalud intercultural y la patrimonializaci\u00f3n de la salud mapuche en Chile\u201d, en H\u00e9ctor Nahuelpan Moreno <em>et al<\/em>. <em>Ta i\u00f1 fijte xipa rakizuameluw\u00fcn. 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Recuperado de: http:\/\/www.cuadernospoliticos.unam.mx\/cuadernos\/contenido\/CP.30\/30.6HectorDiaz.pdf (consultado el 10 de julio de 2023).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Dietz, Gunther (2016). <em>Multiculturalismo, interculturalidad y diversidad en educaci\u00f3n, una aproximaci\u00f3n antropol\u00f3gica<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">fce<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Dumond, Don (2005). <em>El machete y la cruz. La sublevaci\u00f3n de campesinos en Yucat\u00e1n<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">unam<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Foster, Sindy (2012). <em>La revoluci\u00f3n ind\u00edgena y campesina en Guatemala 1970 a 2000<\/em>. 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Il est l'auteur de plusieurs articles et ouvrages, parmi lesquels <em>La communaut\u00e9 et l'\u00c9tat dans la r\u00e9volution<\/em>Tujaal Ediciones, 2019.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le document introduit l'histoire des communaut\u00e9s indig\u00e8nes dans la discussion afin de pr\u00e9senter diff\u00e9rentes perspectives sur la justice sociale au sens universaliste. Au lieu de mettre l'accent uniquement sur les identit\u00e9s culturelles, le document affirme qu'il est essentiel d'ouvrir la discussion sur la formation des identit\u00e9s politiques d\u00e9velopp\u00e9es par les communaut\u00e9s et les peuples indig\u00e8nes. Il souligne que la d\u00e9mocratie en Am\u00e9rique latine peut \u00eatre envisag\u00e9e sur la base de l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des positions politiques adopt\u00e9es par les peuples et communaut\u00e9s indig\u00e8nes.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[1121,1123,1124,1122,1120],"coauthors":[551],"class_list":["post-37310","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-34","tag-autonomy","tag-cultural-identities","tag-democracy","tag-history","tag-political-identities","personas-esquirt-edgar","numeros-1094"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Identidades pol\u00edticas y democracia desde las comunidades ind\u00edgenas, aportes a una discusi\u00f3n en la heterogeneidad &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/esquit-identidades-politicas-autonomia-democracia\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Identidades pol\u00edticas y democracia desde las comunidades ind\u00edgenas, aportes a una discusi\u00f3n en la heterogeneidad &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"El escrito trae a la discusi\u00f3n la historia de las comunidades ind\u00edgenas con el fin de dar a conocer unas perspectivas diferentes con relaci\u00f3n a la justicia social en el sentido universalista. 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