{"id":36769,"date":"2023-03-21T03:23:27","date_gmt":"2023-03-21T03:23:27","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=36769"},"modified":"2023-11-16T17:47:11","modified_gmt":"2023-11-16T23:47:11","slug":"garcia-conocimiento-sensible-violencias-cultura-digital","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/garcia-conocimiento-sensible-violencias-cultura-digital\/","title":{"rendered":"Au-del\u00e0 des oppositions binaires"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ce commentaire de l'article de Rossana Reguillo \"Essais sur l'ab\u00eeme : politique du regard, violence, technopolitique\" analyse les recherches de l'auteur sur les mani\u00e8res de regarder la violence et la technopolitique dans l'histoire de l'anthropologie et d'autres sciences sociales au Mexique. Comment combiner diverses strat\u00e9gies pour saisir la complexit\u00e9 ? Il examine \u00e9galement le r\u00f4le des affects et des entreprises \u00e9lectroniques dans la segmentation et les \"totalisations\" de biens mat\u00e9riels ou symboliques et d'opinions politiques, ainsi que lorsqu'elles tentent de g\u00e9rer la diversit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/afectividad\/\" rel=\"tag\">l'affectivit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/conocimiento-sensible\/\" rel=\"tag\">connaissance sensible<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/cultura-digital\/\" rel=\"tag\">culture num\u00e9rique<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/periodismo\/\" rel=\"tag\">journalisme<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/politicas-de-la-mirada\/\" rel=\"tag\">politique du regard<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/tecnopoliticas\/\" rel=\"tag\">technopolitique<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/violencias\/\" rel=\"tag\">la violence<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">Au-del\u00e0 des oppositions binaires<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Ce commentaire de l'article de Rossana Reguillo, \"Essais sur l'ab\u00eeme : politique du regard, violence, technopolitique\", analyse l'enqu\u00eate de l'auteur sur les m\u00e9thodes d'observation de la violence et de la technopolitique dans l'histoire de l'anthropologie et d'autres sciences sociales au Mexique. Comment combiner les diff\u00e9rentes strat\u00e9gies pour saisir la complexit\u00e9 ? L'auteur examine \u00e9galement le r\u00f4le des affects et des soci\u00e9t\u00e9s \u00e9lectroniques dans la segmentation et la totalisation des biens mat\u00e9riels ou symboliques et des opinions politiques, ainsi que dans les efforts d\u00e9ploy\u00e9s pour g\u00e9rer la diversit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : violence, politique du regard, connaissance sensorielle, journalisme, affectivit\u00e9, culture num\u00e9rique et technopolitique.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-text-color has-background has-accent-background-color has-accent-color is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\">1<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">La premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 de commenter l'article de Rossana Reguillo est peut-\u00eatre d'aborder les questions qui le motivent. J'ai suivi ses recherches, ses actions m\u00e9diatiques et en r\u00e9seau, les livres et les articles dans lesquels elle a analys\u00e9 les changements dans les regards, la violence physique et technopolitique. Cet horizon plus large encadre les r\u00e9flexions qui suivent.<\/p>\n\n\n\n<p>Je partage son regroupement des changements dans la d\u00e9t\u00e9rioration institutionnelle, la rupture des pactes sociaux et l'\u00e9puisement des syst\u00e8mes biologiques et sociopolitiques. Reconna\u00eetre comment ils affectent aujourd'hui nos modes de pens\u00e9e et de production affaiblit les cadrages ant\u00e9rieurs pour ceux d'entre nous qui, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu'ils continuent \u00e0 faire de la recherche, refusent de se r\u00e9fugier dans les th\u00e9ories ou les doctrines du si\u00e8cle dernier, ou dans les critiques qui rangent tout ce qui ne leur pla\u00eet pas dans les tiroirs polyvalents du \"n\u00e9olib\u00e9ralisme\" ou du \"populisme\".<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Je ne suis pas s\u00fbr que nous habitions \" une r\u00e9alit\u00e9 qui n'est pas du tout celle qui a vu na\u00eetre l'ethnographie ou l'observation participante, l'entretien ou l'enqu\u00eate \" (Reguillo, 2023). Je suis d'accord avec la suggestion de douter de ces m\u00e9thodes ou tactiques, de repenser <em>ensemble<\/em> leurs pratiques, mais je les trouve encore productives. Les \"r\u00e9alit\u00e9s\" de la d\u00e9composition que les \u00e9tudes du si\u00e8cle dernier nous ont montr\u00e9es anticipaient le d\u00e9sordre actuel et l'incapacit\u00e9 des institutions et des anciens pactes \u00e0 y faire face. Le Mexique (pour s'en tenir \u00e0 l'univers principal de cet article) a des ant\u00e9c\u00e9dents anciens de ces violences d\u00e9bordantes, des simulations avec lesquelles les institutions semblaient y faire face et de la mani\u00e8re dont les arrangements autoritaires \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9s comme suffisants. Ce n'est pas la litt\u00e9rature acad\u00e9mique qui manque pour les traiter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">En dehors du Mexique, je me souviens avoir appris que l'h\u00e9g\u00e9monie philosophique et politique d'Antonio Gramsci, de Jean-Paul Sartre ou de Louis Althusser dans les ann\u00e9es cinquante \u00e0 soixante-dix du si\u00e8cle dernier, en France, en Italie et dans plusieurs pays d'Am\u00e9rique latine, avait une complicit\u00e9 avec nos d\u00e9bats sur la formation du sujet, la raison dialectique et le volontarisme id\u00e9ologique. C'est pourquoi j'ai \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par la discussion de Maurice Merleau-Ponty sur ces dilemmes, quinze ou vingt ans avant Sartre, lorsqu'il s'est attaqu\u00e9 \u00e0 la crise conjointe de l'humanisme lib\u00e9ral et du marxisme dans <em>Humanisme et Terreur<\/em> (1968) et <em>Les Aventures de la dialectique<\/em> (1957) (c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai choisi ce philosophe pour ma th\u00e8se). Ce n'est pas un hasard si le manuscrit qu'il a laiss\u00e9 \u00e0 sa mort, en 1961, s'intitulait <em>Le visible et l'invisible<\/em> (1964), une tension cruciale chez des auteurs comme Althusser et reprise dans cet article par Rossana, sachant qu'il y a toujours un ab\u00eeme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Lorsque je suis arriv\u00e9 au Mexique, ces recherches existaient sous d'autres formes dans les pol\u00e9miques anthropologiques entre marxistes et ethnicistes. En faisant du travail de terrain dans le Michoac\u00e1n,<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\" target=\"_self\">1<\/a> j'ai trouv\u00e9 dans ces communaut\u00e9s Purepecha et Mestizo, plus pacifiques que ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des conflits entre les structures colonisatrices - espagnoles et nationales - et des tentatives de s'autonomiser ou de se subordonner par d'autres moyens. Une vaste bibliographie, par exemple le livre de Victoria Novelo (1976), <em>Artesan\u00edas y capitalismo en M\u00e9xico<\/em>, rendait compte des violences non r\u00e9solues. Elles sont devenues encore plus visibles pour moi lorsque, dans les trajectoires des artisans, au-del\u00e0 des communaut\u00e9s, voyageant vers les march\u00e9s et les foires, traitant avec les touristes qui venaient \u00e0 leurs f\u00eates et avec les <span class=\"small-caps\">marchands de flonart<\/span> qui achetaient leurs pi\u00e8ces pour les revendre \u00e0 des prix cent pour cent plus \u00e9lev\u00e9s : j'ai commenc\u00e9 \u00e0 comprendre comment l'\u00e9change de leurs cultures avec l'\u00c9tat national \u00e9tait trac\u00e9. Cela m'a \u00e9clair\u00e9 sur ce qui se passait au-del\u00e0 de ce Mexique profond, sur ses pactes d'in\u00e9galit\u00e9, sur la raison pour laquelle les diables d'Ocumicho ont fait irruption comme ressource pour repr\u00e9senter avec cette iconographie sinistre et ironique les voyages en bus bond\u00e9s vers Laredo, l'importance des t\u00e9l\u00e9phones publics et des salles d'op\u00e9ration, et les relectures d'histoires lointaines : la <em>Prise de la Bastille<\/em> et la gravure anonyme <em>Le bourreau se guillotine<\/em> (Garc\u00eda Canclini, 2001).<\/p>\n\n\n\n<p>J'admets la n\u00e9cessit\u00e9 de reformuler ce que j'ai appris et \u00e9crit au cours de ces ann\u00e9es de travail sur le terrain, de conversations avec Guillermo Bonfil sur ses textes et les miens, et de collaboration avec lui au conseil qui a accompagn\u00e9 la cr\u00e9ation du Mus\u00e9e des Cultures Populaires. Dans le programme qui a cr\u00e9\u00e9 ce mus\u00e9e, Bonfil a con\u00e7u les contradictions du \"binarisme\" entre le pays profond et le pays r\u00e9el d'une mani\u00e8re diff\u00e9rente de ses textes,<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> Arturo Warman l'a interrog\u00e9 \u00e0 la table de pr\u00e9sentation du fameux livre. Guillermo a consacr\u00e9 la premi\u00e8re exposition du mus\u00e9e \u00e0 la culture du ma\u00efs, jusqu'aux bo\u00eetes de Corn Flakes, et a demand\u00e9 \u00e0 Victoria d'organiser la seconde exposition sur la culture ouvri\u00e8re : toutes deux portaient sur la mani\u00e8re dont les cultures des peuples d'origine ont \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9es et d\u00e9plac\u00e9es dans le d\u00e9veloppement industriel du Mexique moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est donc n\u00e9cessaire de repenser la continuit\u00e9 et la distance entre le Mexique d'il y a un demi-si\u00e8cle et celui d'aujourd'hui, ainsi que les mani\u00e8res de l'\u00e9tudier ; dans quelle mesure cette diff\u00e9rence est due \u00e0 des changements structurels, observables par le biais de statistiques et d'enqu\u00eates, et dans quelle mesure elle affecte l'exp\u00e9rience du national, du commun et de l'in\u00e9gal, dont la connaissance requiert \u00e9galement l'ethnographie et l'observation participante. Si l'on pousse plus loin l'articulation entre crise sociale et crise m\u00e9thodologique, entre connaissance et pouvoir, il faudrait chercher \u00e0 savoir comment les agendas politiques et acad\u00e9miques, depuis ces ann\u00e9es, se conditionnent mutuellement. Peut-\u00eatre que les inerties dans l'un ou l'autre domaine ont conduit les institutions gouvernementales et universitaires \u00e0 se d\u00e9tourner de ce qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 imbriqu\u00e9 dans les mani\u00e8res de regarder la soci\u00e9t\u00e9 et de s'occuper de ses conflits ?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\">2<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Comme le dit Rossana Reguillo (2023), pour \"restaurer la complexit\u00e9\", il est n\u00e9cessaire de comprendre les strat\u00e9gies de recherche et d'action comme des politiques du regard. Elles sont politiques, affirme-t-elle, parce qu'elles ouvrent des voies et en ferment d'autres. Ou bien elles les masquent, les rendent invisibles ; ce sont des proc\u00e9dures qui, en assumant les ordres comme naturels, domestiquent la connaissance et \"soumettent l'irruptif, l'anomalie, l'incertain, le surplus de sens\" qui ne s'inscrit pas dans les doxas ou les exercices habituels du pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Le texte s'attarde sur les mani\u00e8res de regarder des images atroces : les sc\u00e8nes de torture dans les centres de d\u00e9tention de prisonniers irakiens par des soldats am\u00e9ricains \u00e0 Abu Ghraib. Il sait chercher le <em>punctum<\/em>, ce qui perfore les photos, au sens o\u00f9 Roland Barthes l'a d\u00e9tect\u00e9 pour trouver le sens de l'ensemble. Il utilise la proc\u00e9dure d'analyse pour r\u00e9v\u00e9ler - ici la densit\u00e9 du travail qualitatif - la ruse informative du gouvernement du pr\u00e9sident Felipe Calder\u00f3n pour d\u00e9former le viol tumultueux d'Ernestina Asencio par des membres de l'arm\u00e9e mexicaine en 2007, \u00e0 Zongolica, Veracruz. Reguillo \u00e9lucide la \"guerre des n\u00e9cropsies\" qui a eu lieu entre les experts locaux, les sp\u00e9cialistes f\u00e9d\u00e9raux et le personnel de la Commission nationale des droits de l'homme (<span class=\"small-caps\">cndh)<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Les rapports \"techniques\" sont tellement diff\u00e9rents que la raison scientifique est mise en cause, car il y a deux discours \u00e9quivalents qui s'affrontent clairement, l\u00e0 o\u00f9 les uns voient une gastrite, les autres voient \"pr\u00e9sence de s\u00e9cr\u00e9tion blanch\u00e2tre dans le vagin\", l\u00e0 o\u00f9 les uns voient une an\u00e9mie due \u00e0 des saignements, les autres diagnostiquent \"r\u00e9gion anale avec \u00e9ryth\u00e8me, abrasions et d\u00e9chirures r\u00e9centes, sang frais\". Nous sommes donc confront\u00e9s \u00e0 un grave dilemme : l'un ou l'autre est absolument inefficace ou menteur. Et la question se pose de savoir comment un corps inerte est capable de r\u00e9pondre de mani\u00e8re aussi contradictoire aux questions que lui pose la \"science m\u00e9dico-l\u00e9gale\". Avec des rapports aussi contradictoires, il n'est pas \u00e9tonnant que \" l'opinion publique soit divis\u00e9e \" et qu'une fois de plus, le corps devienne un motif de dispute et d'affrontement politique, et que la victime soit fig\u00e9e dans cette image terrible qui la fige et rend invisible sa condition humaine (Reguillo, 2023 : 11-12).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de cette analyse des corps d'Abu Ghraib et d'Ernestina, il montre la strat\u00e9gie des photos comme moyen de transformer les victimes en \"vies qui n'ont pas d'importance\". Le travail m\u00e9dico-l\u00e9gal et journalistique r\u00e9v\u00e8le comment se construit un \"vide interpr\u00e9tatif\" qui contribue \u00e0 la normalisation de la violence. Il montre, par contraste, la capacit\u00e9 d'une \u0153uvre de Teresa Margolles dans laquelle on appr\u00e9cie le retraitement artistique des images pour s'\u00e9loigner de la spectacularisation ou de la banalisation et \"faire parler l'atroce\". \"Art et <em>performance<\/em> sont capables de p\u00e9n\u00e9trer des domaines d'exp\u00e9rience auxquels les approches journalistiques ou acad\u00e9miques traditionnelles ne peuvent acc\u00e9der \" (Reguillo, 2023 : 14). Je mentionne bri\u00e8vement une question que Rossana soul\u00e8ve dans d'autres textes : \"le journalisme d'investigation et le travail documentaire sont \u00e9galement capables de produire et de relier des connaissances sensibles\" (Reguillo, 2023 : 14).<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense qu'il est utile de souligner que les analyses de certains chroniqueurs et journalistes mexicains servent \u00e0 \u00e9largir le champ de la recherche acad\u00e9mique en traitant de l'atrocit\u00e9 multipli\u00e9e lorsque nous d\u00e9passons les cent mille disparus et que l'\u00c9tat n'assume que partiellement sa responsabilit\u00e9 publique. Avec de nombreux livres, revues scientifiques et th\u00e8ses, les m\u00e9dias imprim\u00e9s, audiovisuels et num\u00e9riques contribuent de mani\u00e8re d\u00e9cisive - alors que les parties se taisent et s'invisibilisent - \u00e0 ce que la sid\u00e9ration et l'horreur continuent de pulser dans la formation du \"sens commun\".<\/p>\n\n\n\n<p>C'est cette persistance informative et la subtilit\u00e9 de nombreuses analyses qui \u00e9tendent la r\u00e9sonance de ce qui est cach\u00e9 ou routinier. Elle permet de comprendre que les attaques contre les journalistes se g\u00e9n\u00e9ralisent aussi. Mais la sid\u00e9ration et l'horreur g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la sc\u00e8ne d'Abu Ghraib, comme de nombreux \u00e9quivalents au Mexique qui bouleversent (et parfois modifient) nos doxas, nos routines de pens\u00e9e face \u00e0 la cruaut\u00e9, g\u00e9n\u00e8rent aussi des m\u00e9langes de fatigue et d'impuissance quand les m\u00eames m\u00e9dias qui publient l'image atroce offrent des donn\u00e9es accablantes sur l'expansion des situations d'horreur. Nous sommes submerg\u00e9s par la multiplication des cas. Nous sommes nombreux \u00e0 nous mobiliser pour protester, pour exiger des enqu\u00eates et la justice. Dans des cas comme celui d'Ayotzinapa, ils soutiennent des mouvements persistants de plainte, des enqu\u00eates dans une autre direction qui entra\u00eenent la chute des fonctionnaires responsables du mensonge de la v\u00e9rit\u00e9 officielle. L'enqu\u00eate s'arr\u00eate toujours, comme dans ce cas, \u00e0 la porte de la caserne. Dans d'autres, en lib\u00e9rant ou en extradant les capos et en laissant le cartel, avec ses fractions, continuer. Dans plus de 90 % des cas, l'enqu\u00eate n'est pas men\u00e9e et l'opinion publique a l'impression que les parties et les gouvernements ne sont pas int\u00e9ress\u00e9s ou sont complices. La complexit\u00e9 de ce processus et les \u00e9normes difficult\u00e9s \u00e0 comprendre sa structure sont bien connues : le Mexique \"est le deuxi\u00e8me pays au monde avec le plus grand nombre d'enfants et d'adolescents assassin\u00e9s, il fait partie des nations avec le plus grand nombre de personnes disparues [...] il occupe la deuxi\u00e8me place sur le continent am\u00e9ricain en ce qui concerne les f\u00e9minicides\". Les journalistes d'investigation comme Ricardo Raphael font des reportages, mais ils laissent ouverte la question de savoir jusqu'o\u00f9 ils sont pr\u00eats \u00e0 aller, combien sont pr\u00eats \u00e0 aller si c'est \"le deuxi\u00e8me pays le plus dangereux au monde pour exercer le journalisme et, selon le <span class=\"small-caps\">unesco<\/span>86% des meurtres commis sur des personnes appartenant \u00e0 cette guilde ne sont jamais \u00e9lucid\u00e9s \" (Rapha\u00ebl, 5-12-2022).<\/p>\n\n\n\n<p>Le journaliste Peniley Ram\u00edrez observe un changement dans la violence, les reportages et les discussions \u00e0 ce sujet : \"Plus de la moiti\u00e9 des journalistes qui ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s au Mexique l'ann\u00e9e derni\u00e8re couvraient la corruption politique\" (2022). Il cite Ciro G\u00f3mez Leyva, Lourdes Maldonado, Armando Linares et Flavio Reyes. Leur r\u00e9partition t\u00e9moigne des nombreux territoires o\u00f9 ils se produisent : Mexico, Tijuana, Michoac\u00e1n et Chiapas. \"Entre janvier et juin, 331 agressions contre des journalistes ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es au Mexique. Parmi celles-ci, 168 concernaient des journalistes traitant de la corruption et de la politique. Le slogan est clair : si vous enqu\u00eatez sur la corruption au Mexique, vous risquez d'\u00eatre tu\u00e9. Chaque jour\" (Ram\u00edrez, 2022).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\">3<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\">J'en viens \u00e0 une autre question soulev\u00e9e par ce panorama de quelques-unes des transformations survenues au cours de ce demi-si\u00e8cle au Mexique et dans le monde contemporain. Nous en avons longuement discut\u00e9 avec Rossana : il n'y a pas de <em>un<\/em> th\u00e9orie sur les douloureux d\u00e9sordres contemporains. Nous nous retrouvons avec la perplexit\u00e9 que la d\u00e9sorganisation sociale g\u00e9n\u00e8re dans nos mani\u00e8res d'habiter le monde et, par cons\u00e9quent, avec des incertitudes sur les ressources que nos disciplines ont construites pour comprendre l'aggravation des conflits.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est frappant de constater que, parmi tant de formes d'affectivit\u00e9 existantes, une grande partie de la recherche au Mexique et dans d'autres pays se concentre sur la haine, la polarisation sociale et politique, les indignations et les confrontations irr\u00e9ductibles - les formes sociopolitiques de la binarisation. Qu'est-ce qui se passe pour que les modes de relation n\u00e9gatifs pr\u00e9valent ? La haine envers les \u00e9trangers, envers ceux qui, \u00e0 l'int\u00e9rieur m\u00eame du pays, appartiennent \u00e0 d'autres partis, \u00e0 d'autres religions, \u00e0 d'autres cartels, \u00e0 un autre sexe ou \u00e0 une autre classe sociale. Il suffit de lire les journaux et les messages sur les r\u00e9seaux pour trouver des confrontations qui n'existaient pas auparavant ou qui n'avaient pas la virulence, l'ardeur destructrice, qu'elles manifestent aujourd'hui. Je pense aussi aux mouvements de jeunes qui s'appellent indignados, auxquels Rossana Reguillo a consacr\u00e9 des centaines de pages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Depuis le XVIe si\u00e8cle, les philosophes ont accord\u00e9 de l'importance aux affects dans la construction du pouvoir : Machiavel et Hobbes ont reconnu le r\u00f4le de l'amour et de la peur des sujets. Les philosophes modernes, de Bergson \u00e0 Sartre, de Kuhn \u00e0 Feyerabend, ont inclus les \u00e9motions dans l'analyse des processus de connaissance. Mais aujourd'hui, sociologues et \u00e9conomistes soulignent que l'organisation sociale post-fordiste r\u00e9duit le r\u00f4le de l'\u00c9tat national et transnationalise l'\u00e9conomie, la culture et l'administration du pouvoir. Elle modifie ainsi les affects et rend insuffisantes les formes ant\u00e9rieures de r\u00e9gulation et de discipline sociales. Nous sommes confront\u00e9s \u00e0 une forme de biopouvoir et de gouvernementalit\u00e9 qui fragmente la vie sociale et semble \"responsabiliser\" les sujets en leur donnant la responsabilit\u00e9 d'\u00eatre entrepreneurs d'eux-m\u00eames. Michel Foucault et Nancy Fraser, David Harvey et Frederic Jameson, entre autres, montrent que les modes de distribution du pouvoir entre les sujets et de valorisation des mouvements locaux et autonomes (gated communities, privatisation de la s\u00e9curit\u00e9 et technologies du soi qui permettraient de nous g\u00e9rer dans cette nouvelle \u00e9tape) g\u00e9n\u00e8rent d'autres modes affectifs de disciplinarisation. De nombreuses \u00e9tudes montrent comment les promesses de d\u00e9mocratisation des communications apport\u00e9es par internet finissent par diluer le libre acc\u00e8s individuel et les illusions d'autogestion, soumettant les utilisateurs \u00e0 des corporations qui volent nos donn\u00e9es, induisent des comportements, g\u00e9n\u00e8rent des frustrations et des confrontations incontr\u00f4lables (Garc\u00eda Canclini, 2019 ; M\u00e1rquez et Ard\u00e9vol, 2015 ; Reygadas, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>L'incontr\u00f4labilit\u00e9 est \u00e9galement due \u00e0 l'absence d'une vision de la totalit\u00e9 ou des totalit\u00e9s concurrentes, dont l'interconnexion est plus grande que par le pass\u00e9. Dans l'apr\u00e8s-guerre, l'opposition capitalisme\/communisme, ou la r\u00e9duction actuelle de la complexit\u00e9 et de la vari\u00e9t\u00e9 des conflits \u00e0 la polarisation n\u00e9olib\u00e9ralisme\/populisme, laissent de c\u00f4t\u00e9 les multiples processus de d\u00e9sint\u00e9gration et de mort. Cela nous ram\u00e8ne \u00e0 l'analyse des photographies.<\/p>\n\n\n\n<p>Ciblage et <em>punctum<\/em> sont des ressources pour ne pas s'enliser dans une compr\u00e9hension impossible de la totalit\u00e9. D'une certaine mani\u00e8re, la recherche de la <em>punctum<\/em> La vision de l'image est une vision de l'ensemble, qui r\u00e9tablit l'attente de trouver la cl\u00e9 de l'ensemble ; et, comme nous le savons, bien que le message - la photo - contienne une information ordonn\u00e9e avec un sens, les utilisations de cette image et les interpr\u00e9tations des r\u00e9cepteurs peuvent \u00eatre en d\u00e9saccord avec cette vision cl\u00e9, avec la ligne de fuite que nous avons trouv\u00e9e. \"La domination n'est pas totale et cela r\u00e9introduit le sujet domin\u00e9 dans la relation de domination\" (Reguillo, 2023 : 11).<\/p>\n\n\n\n<p>Comment la r\u00e9introduit-elle ? De mani\u00e8re tr\u00e8s diff\u00e9rente, notamment plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne dans les jeunes g\u00e9n\u00e9rations. Depuis la fin du si\u00e8cle dernier, une vaste bibliographie s'est d\u00e9velopp\u00e9e au Mexique et dans de nombreux autres pays sur la vari\u00e9t\u00e9 des identit\u00e9s, des modes d'appartenance et d'exclusion : ceux qui parviennent \u00e0 s'ins\u00e9rer dans leurs communaut\u00e9s rurales ou urbaines, ceux qui doivent migrer, ceux qui adh\u00e8rent \u00e0 une appartenance o\u00f9 le manque d'emplois, l'informalit\u00e9 et la musique les conduisent dans les mondes du rock, du ska, du hip-hop, de la piste et de tant d'autres encore.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Dans la plus grande syst\u00e9matisation de la \"juv\u00e9nologie\", le livre <em>Youth in Mexico<\/em>, coordonn\u00e9 par Rossana Reguillo en 2010, elle a tent\u00e9 de les regrouper :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">[...] il y a clairement deux jeunesses : l'une, majoritaire, pr\u00e9caire, d\u00e9connect\u00e9e non seulement de ce qu'on appelle la soci\u00e9t\u00e9 en r\u00e9seau ou la soci\u00e9t\u00e9 de l'information, mais d\u00e9connect\u00e9e ou d\u00e9saffili\u00e9e des institutions et des syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 (\u00e9ducation, sant\u00e9, travail, s\u00e9curit\u00e9), survivant \u00e0 peine avec le strict minimum, et l'autre, minoritaire, connect\u00e9e, incorpor\u00e9e dans les circuits et les institutions de s\u00e9curit\u00e9 et en position de choisir (Reguillo, 2010 : 396).<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, l'auteur elle-m\u00eame enregistre d'autres diff\u00e9rences :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">[...] de genre, de classe, de cas d'inscription du \"moi jeune\" (dans le crime organis\u00e9, sur les march\u00e9s du travail et de la consommation). Bien qu'il tente de construire le concept ouvert de \"condition jeune\" afin d'examiner dans leur ensemble les diff\u00e9rentes mani\u00e8res d'\u00eatre jeune, l'ensemble du livre additionne les diversit\u00e9s : jeunes employ\u00e9s et ch\u00f4meurs, autochtones, ruraux, membres de gangs, rockers, <em>punks, emos <\/em>et bien d'autres encore (Reguillo, 2010 : p. 396).<\/p>\n\n\n\n<p>J'ai \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9tonn\u00e9 dans cet ouvrage de \" trouver \" ce que nous ne savons pas : \" quel est le pourcentage de jeunes Mexicains impliqu\u00e9s dans des activit\u00e9s contr\u00f4l\u00e9es par le trafic de drogue ; quel est le montant \u00e9conomique de l'investissement \u00e9ducatif mexicain perdu dans les jeunes migrants qui vont utiliser leur formation aux Etats-Unis \" (Reguillo, 2010 : p. 397). (Reguillo, 2010 : p. 397)<\/p>\n\n\n\n<p>Reguillo a rapport\u00e9 \u00e0 l'\u00e9poque qu'en 2001 et 2008, malgr\u00e9 la loi sur la transparence garantissant le droit,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">[En 2007 et 2008, il n'a pas pu obtenir de statistiques sur l'\u00e2ge et le sexe des personnes ex\u00e9cut\u00e9es et emprisonn\u00e9es pour des crimes dits \"contre la sant\u00e9\". Son suivi de 650 articles de presse dans quatre quotidiens nationaux lui a donn\u00e9 une approximation : dans 701 PT3T des affaires li\u00e9es au crime organis\u00e9, des jeunes de moins de 25 ans sont impliqu\u00e9s, et dans 491 PT3T de ces affaires, ce sont des jeunes qui sont retrouv\u00e9s morts (Reguillo, 2010 : p. 397).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est visible et ce qui est cach\u00e9 est peu document\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\">4<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cette tension entre la diversit\u00e9 des savoirs et les diff\u00e9rents modes de dissimulation se complexifie au fur et \u00e0 mesure qu'elle investit la sph\u00e8re publique sur internet puis se concentre sur les r\u00e9seaux sociaux. Ces op\u00e9rations de reconfiguration du social ont, comme on peut le lire dans l'article de Reguillo (2023), favoris\u00e9 le passage d'approches partielles et autonomes \u00e0 \" une pens\u00e9e ouverte et n\u00e9cessairement relationnelle \". Les images, les m\u00e8mes et les emojis int\u00e8grent plus activement des questions telles que \"Quelle est la couleur d'une trag\u00e9die ?\" ou le r\u00f4le des visages et des plans inanim\u00e9s dans la circulation des connaissances. Ils peuvent en partie agir \"en faveur de la d\u00e9mocratisation de l'espace public en d\u00e9stabilisant les sites l\u00e9gitimes de communication et en changeant les r\u00e8gles de production de contenu et de circulation de la communication\".<\/p>\n\n\n\n<p>D'accord. Les exemples de graphiques produits par Signa_Lab dans de nombreuses situations de perte et de recomposition du sens (I am 132, Ayotzinapa, f\u00e9minicides) contribuent \u00e0 voir, mesurer et analyser les significations dispers\u00e9es dans les r\u00e9seaux socio-num\u00e9riques, les r\u00e9sistances et les possibilit\u00e9s de les construire. Nous voyons et ils nous offrent des occasions de nous faire voir.<\/p>\n\n\n\n<p>Je tiens cependant \u00e0 souligner combien la prolif\u00e9ration des bots, fake news et autres simulations est \u00e9galement favoris\u00e9e par l'internet et les r\u00e9seaux. La technopolitique nous permet-elle de r\u00e9duire la partialit\u00e9 de nos visions du social ? Permet-elle de contrer plus facilement les dissimulations et les apparences trompeuses de la totalit\u00e9 fournies par les pouvoirs classiques, de d\u00e9velopper une pens\u00e9e plus ouverte, ou engendre-t-elle de nombreuses perspectives fugaces et concurrentes, des loyaut\u00e9s fondamentalistes, des partis pris, des d\u00e9tonateurs de passions qui nous emp\u00eachent d'habiter raisonnablement l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s que l'on tente d'\u00e9lucider cette opposition, on se heurte aux entreprises \u00e9lectroniques, qui r\u00e9alisent des \"totalisations\" par le biais d'articulations algorithmiques. Elles \u00e9rodent et r\u00e9duisent le r\u00f4le des \u00c9tats, des initiatives ind\u00e9pendantes pour rassembler le public. Elles ne sont pas, comme on le croyait dans les premi\u00e8res formulations des \u00e9tudes sur les m\u00e9dias, des homog\u00e9n\u00e9isations du social et du culturel, mais tendent \u00e0 travailler avec la fragmentation ou la segmentation des march\u00e9s (de biens mat\u00e9riels et symboliques, d'opinions politiques) pour les regrouper afin de contr\u00f4ler et de g\u00e9rer leur diversit\u00e9. Le scientifique qui reconna\u00eet les comportements multidirectionnels et les associations d'acteurs, \u00e0 la mani\u00e8re de Bruno Latour (2008), ne cherchera pas \u00e0 imposer \" un ordre, \u00e0 apprendre aux acteurs ce qu'ils sont \", mais son savoir sera utilis\u00e9 par les pouvoirs corporatistes pour imposer des restrictions \u00e0 cette arborescence de sujets, \u00e0 leur dispersion et \u00e0 leurs essais d'associations \u00e0 des fins politiques. Ces pouvoirs corporatistes con\u00e7oivent nos trames conjonctives comme des ressources pour de nouvelles formes d'ing\u00e9nierie sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ni capitalisme contre socialisme ou associations autonomes. Ni n\u00e9olib\u00e9ralisme contre populisme. Nous vivons la d\u00e9sint\u00e9gration des actions \u00e9tatiques, des strat\u00e9gies ou tactiques d'entreprises, des comp\u00e9titions entre six ou sept entreprises \u00e9lectroniques mondiales, des organisations communautaires locales ou locales-internationales qui se renforcent bri\u00e8vement les unes les autres, parfois en se reliant en r\u00e9seaux, des foyers multiples de r\u00e9flexion et d'action, du soin des autres, de soi-m\u00eame, de la mise en visibilit\u00e9 des corps et des solidarit\u00e9s pr\u00e9caires. M\u00eame les graphiques me laissent penser qu'il est difficile de dessiner des cartes. Pour que les collectifs et les collectivit\u00e9s, les caudillos ou les individus prot\u00e9iformes, les changements et les inerties r\u00e9gressives des institutions ne soient pas illusoires, il est indispensable de voir que le pouvoir est \u00e0 la fois dispers\u00e9 et concentr\u00e9. Il faut aussi inclure les mouvements de reconstruction, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ceux d'autodestruction, par exemple la n\u00e9cropolitique. Pour les sciences sociales et pour le syst\u00e8me effondr\u00e9 des partis et des institutions de repr\u00e9sentation sociale, il me semble d\u00e9cisif de se replacer dans ce paysage.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bonfil, Guillermo (1990).&nbsp;<em>M\u00e9xico profundo: una civilizaci\u00f3n negada<\/em>. M\u00e9xico: Grijalbo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Garc\u00eda Canclini, N\u00e9stor (2001). <em>Culturas h\u00edbridas. Estrategias para entrar y salir de la modernidad<\/em>. M\u00e9xico: Paid\u00f3s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2002). <em>Culturas populares en el capitalismo. <\/em>M\u00e9xico: Grijalbo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2019). <em>Ciudadanos reemplazados por algoritmos<\/em>. Guadalajara: Centro Mar\u00eda Sibylla Merian de Estudios Latinoamericanos Avanzados en Humanidades y Ciencias Sociales (<span class=\"small-caps\">calas<\/span>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Latour, Bruno (2008). <em>Reensamblar lo social. Una introducci\u00f3n a la teor\u00eda del actor-red<\/em>. Buenos Aires: Manantial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">M\u00e1rquez, Israel y Elisenda Ard\u00e9vol (2018). \u201cHegemon\u00eda y contrahegemon\u00eda en el fen\u00f3meno <em>youtuber\u201d<\/em>. <em>Desacatos, <\/em>n\u00fam. 56, pp. 34-49.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Merleau-Ponty, Maurice (1957).&nbsp;<em>Las aventuras de la dial\u00e9ctica<\/em>. Buenos Aires: Leviata\u0301n.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (1964).&nbsp;<em>Le visible et l\u2019invisible<\/em>. Par\u00eds: Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (1968).&nbsp;<em>Humanismo y terror<\/em>. Par\u00eds: La Pleyade.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Novelo, Victoria (1976).&nbsp;<em>Artesan\u00edas y capitalismo en M\u00e9xico<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">sep-inah<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ram\u00edrez, Peniley (2022).&nbsp;\u201cPermiso para matar\u201d,&nbsp;<em>Reforma<\/em>. Disponible en: https:\/\/www.reforma.com\/permiso-para-matar-2022-12-17\/op239893?referer=&#8211;7d616165662f3a3a6262623b727a7a7279703b767a783a&#8211;.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Raphael, Ricardo (2022).&nbsp;<em>Informar bajo fuego<\/em>.&nbsp;<em>Grupo Milenio<\/em>. Disponible en: https:\/\/www.milenio.com\/opinion\/ricardo-raphael\/politica-zoom \/informar-bajo-fuego.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Reguillo, Rossana (2010).&nbsp;<em>Los j\u00f3venes en M\u00e9xico<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">fce\/<\/span>Conaculta.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2023). \u201cEnsayos sobre el abismo: pol\u00edticas de la mirada, violencia, tecnopol\u00edtica\u201d. <em>Encartes, <\/em>vol. 6, n\u00fam<em>. <\/em>11. https:\/\/doi.org\/10.29340\/en.v6n11.317<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Reygadas, Luis (2018). \u201cDones, falsos dones, bienes comunes y explotaci\u00f3n en las redes digitales. Diversidad de la econom\u00eda virtual\u201d. <em>Desacatos<\/em>, n\u00fam. 56, pp. 70-89.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-text-color has-background has-accent-background-color has-accent-color is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>N\u00e9stor Garc\u00eda Conclini<\/em> est professeur \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l'Universidad Aut\u00f3noma Metropolitana de M\u00e9xico et chercheur \u00e9m\u00e9rite du National System of Researchers. Il a enseign\u00e9 dans les universit\u00e9s d'Austin, de Duke, de New York, de Stanford, de Barcelone, de Buenos Aires et de Sao Paulo. Il est \u00e9galement consultant pour l'Organisation des \u00c9tats ib\u00e9ro-am\u00e9ricains et membre du comit\u00e9 scientifique du rapport mondial sur la culture de la paix. <span class=\"small-caps\">unesco<\/span>. Il a re\u00e7u la bourse Guggenheim, le prix Casa de las Am\u00e9ricas et le Book Award de l'Association des \u00e9tudes latino-am\u00e9ricaines pour <em>Cultures hybrides<\/em>. En 2014, il a re\u00e7u le Premio Nacional de Ciencias y Artes au Mexique. Ses livres les plus r\u00e9cents sont <em>Le monde entier comme un lieu \u00e9trange<\/em> et la recherche qu'il a coordonn\u00e9e sous le titre <em>Vers une anthropologie des lecteurs<\/em>. Il \u00e9tudie actuellement la relation entre l'anthropologie et l'esth\u00e9tique, la lecture, les strat\u00e9gies cr\u00e9atives et les r\u00e9seaux culturels des jeunes. <\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Commentaire sur l'article \"Ensayos sobre el abismo : pol\u00edticas de la mirada, violencia, tecnopol\u00edtica\" (Essais sur l'ab\u00eeme : politiques du regard, violence, technopolitique) de Rossana Reguillo.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":36780,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[1048,1046,1049,1047,1045,1050,645],"coauthors":[551],"class_list":["post-36769","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-34","tag-afectividad","tag-conocimiento-sensible","tag-cultura-digital","tag-periodismo","tag-politicas-de-la-mirada","tag-tecnopoliticas","tag-violencias","personas-garcia-canclini-nestor","numeros-1038"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>M\u00e1s all\u00e1 de las oposiciones binarias &#8211; 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