{"id":36683,"date":"2023-03-21T03:35:15","date_gmt":"2023-03-21T03:35:15","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=36683"},"modified":"2023-11-16T18:00:10","modified_gmt":"2023-11-17T00:00:10","slug":"arias-castro-munoz-sanchez-monumentos-simbolo-especializacion-trabajo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/arias-castro-munoz-sanchez-monumentos-simbolo-especializacion-trabajo\/","title":{"rendered":"\u00c9loge de la diversit\u00e9. Les nouveaux monuments du monde rural"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La vid\u00e9o et le texte qui accompagnent cet article s'appuient sur un type de source particulier : les monuments et les statues des espaces publics qui rendent compte de trois transformations majeures et profondes du monde rural mexicain. D'une part, le changement de l'axe des activit\u00e9s \u00e9conomiques, un processus qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 des sp\u00e9cialisations qui ont contribu\u00e9 \u00e0 maintenir les populations locales dans leurs communaut\u00e9s ou, du moins, \u00e0 att\u00e9nuer l'exode qui a entra\u00een\u00e9 le d\u00e9peuplement de nombreux endroits. D'autre part, bien qu'\u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 ce qui pr\u00e9c\u00e8de, l'\u00e9mergence d'acteurs locaux ayant des int\u00e9r\u00eats, des ressources et des projets qui ont pu s'approprier les nouveaux discours sur le d\u00e9veloppement. Enfin, les monuments rendent compte des formes actuelles d'intervention dans l'espace public de collectifs \u00e9mergents dans des soci\u00e9t\u00e9s traditionnellement agraires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">\u00e9loge de la diversit\u00e9 : les nouveaux monuments du monde rural<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">La vid\u00e9o et le texte qui l'accompagne s'appuient sur une source particuli\u00e8re - les monuments et les statues dans les espaces publics - pour rendre compte de trois grandes et profondes transformations dans les campagnes mexicaines. D'une part, il y a le changement de l'axe des activit\u00e9s \u00e9conomiques, un processus qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 des sp\u00e9cialisations qui ont aid\u00e9 les voisins \u00e0 rester dans leurs communaut\u00e9s ou au moins \u00e0 att\u00e9nuer l'exode qui a provoqu\u00e9 le d\u00e9peuplement dans tant d'endroits. D'autre part, bien qu'elle soit tr\u00e8s li\u00e9e \u00e0 ce changement, on a assist\u00e9 \u00e0 l'\u00e9mergence d'acteurs locaux ayant des int\u00e9r\u00eats, des ressources et des projets qui ont appris \u00e0 s'approprier le nouveau langage du d\u00e9veloppement. Enfin, les monuments font prendre conscience des m\u00e9thodes actuelles d'intervention dans l'espace public par le biais de collectifs \u00e9mergents dans les soci\u00e9t\u00e9s agraires traditionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots cl\u00e9s : monuments, soci\u00e9t\u00e9s rurales, diversit\u00e9, sp\u00e9cialisation, travail.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-text-color has-background has-accent-background-color has-accent-color is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"\u00c9loge de la diversit\u00e9 : nouveaux monuments du Mexique rural\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/TAcGtf0KrVA?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-1 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"abstract\">Il n'y a pas de village sans statue,<br>et il n'y a pas de statue sans message.<br>Carlos Monsiv\u00e1is, 1992<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Notre objectif est de rendre visible un type de monument qui existe dans plusieurs villes et villages et qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un produit agricole, agro-industriel ou manufacturier dont les habitants sont fiers, au point de promouvoir ou de parrainer l'\u00e9rection d'un monument dans l'am\u00e9nagement urbain ou paysager de leur ville. Parmi les formes possibles d'expression publique, ils ont choisi le monument. Ceux-ci, que nous appellerons <em>nouveau<\/em> sont apparus et se sont multipli\u00e9s dans des espaces de taille moyenne et dans des villes ayant un environnement rural proche. Ils n'existent pas dans les quartiers urbains ou les colonies, ni dans les grandes villes ou les zones m\u00e9tropolitaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es et dans de nombreux pays, nous avons assist\u00e9 \u00e0 des protestations et \u00e0 des d\u00e9bats contre des monuments publics qui sont devenus les \u00e9picentres de marches qui ont conduit \u00e0 ce qu'ils soient cl\u00f4tur\u00e9s, enlev\u00e9s, d\u00e9molis ou d\u00e9plac\u00e9s par les autorit\u00e9s (Rizzi, 2021). Les symboles et les circonstances historiques qu'ils repr\u00e9sentent ont cess\u00e9 de susciter l'indiff\u00e9rence pour provoquer des indignations qui, gr\u00e2ce aux interconnexions mondiales, sont connues, amplifi\u00e9es et reproduites (Rizzi, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Paradoxalement, c'est l'inverse pour les monuments d\u00e9di\u00e9s aux produits ou activit\u00e9s locales, installations qui ont commenc\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre \u00e0 la fin du 20e si\u00e8cle, mais qui se sont multipli\u00e9es jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent au cours du 20e si\u00e8cle. Depuis les ann\u00e9es 1990, on assiste \u00e0 une augmentation du nombre de nouveaux monuments (voir figure 1).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-01.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1232x432\" data-index=\"0\" data-caption=\"Gr\u00e1fica 1\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-01.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Graphique 1<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les monuments, de style figuratif et r\u00e9aliste, parfois hyperr\u00e9aliste, de dimensions diverses et r\u00e9alis\u00e9s avec des mat\u00e9riaux tr\u00e8s diff\u00e9rents, ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us par les communaut\u00e9s et parrain\u00e9s pour la plupart par ceux qui sont engag\u00e9s dans les activit\u00e9s qui les ont rendues prosp\u00e8res, qui ont chang\u00e9 leur destin et celui de leur peuple, qui leur ont permis de rester dans leurs communaut\u00e9s, qui leur ont donn\u00e9 de nouvelles formes d'organisation, de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, de travail et de solidarit\u00e9 sociale ; qui les ont fait conna\u00eetre au-del\u00e0 de leurs fronti\u00e8res et de leurs espaces traditionnels et qui sont devenus leur marque d'identit\u00e9 actuelle, c'est-\u00e0-dire ce \u00e0 quoi ils s'identifient et ce pour quoi ils sont reconnus. Elles sont n\u00e9es en marge, voire \u00e0 l'encontre des objectifs et des pouvoirs gouvernementaux, comme c'\u00e9tait le cas pour les sculptures dans les espaces publics. Leurs m\u00e9rites artistiques peuvent \u00eatre discut\u00e9s, mais leurs histoires sont originales et passionnantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que proches ou situ\u00e9es dans des environnements ruraux, les sculptures ne font pas allusion au ma\u00efs, bien au contraire : elles r\u00e9v\u00e8lent ce que les voisins ont fait lorsque la production de ma\u00efs a cess\u00e9 d'\u00eatre suffisante pour vivre \u00e0 la campagne et qu'ils ont d\u00fb chercher d'autres moyens de gagner leur vie (Arias, 2017). \u00c0 travers elles, les communaut\u00e9s racontent des histoires, leurs histoires, qui mettent au jour et d\u00e9fendent la diversit\u00e9, un magnifique attribut du monde rural mexicain que le paradigme paysan a tenu \u00e0 prot\u00e9ger pendant des d\u00e9cennies. La prolif\u00e9ration des <em>nouveau<\/em> marque une rupture avec ce paradigme.<\/p>\n\n\n\n<p>Les monuments expriment la gratitude d'un collectif et de nouveaux collectifs pour ce qu'ils n'ont pas pu faire pendant longtemps : les changements dans les int\u00e9r\u00eats actuels des communaut\u00e9s et de leurs acteurs pour rendre visibles les activit\u00e9s et les produits qui ont chang\u00e9 leurs choix de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9lection des monuments montr\u00e9s dans la vid\u00e9o est limit\u00e9e et arbitraire. La recherche a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e au cours de l'ann\u00e9e 2021 dans des lieux que nous connaissons, o\u00f9 nous nous sommes rendus pour faire des enregistrements photographiques, nous avons ou avons pu obtenir des informations ethnographiques pour compl\u00e9ter les images. Dans d'autres cas, nous nous sommes rendus dans les localit\u00e9s o\u00f9 nous avons interrog\u00e9 les autorit\u00e9s, en particulier les responsables du tourisme et les chroniqueurs, qui \u00e9taient invariablement ceux auxquels les autorit\u00e9s nous renvoyaient. Forts de ces connaissances, nous avons visit\u00e9 les lieux pour r\u00e9aliser des enregistrements photographiques et des entretiens sur les monuments.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme ce qui nous int\u00e9ressait \u00e9tait la version des promoteurs, des voisins et des visiteurs, nous sommes all\u00e9s leur parler dans les squares et les jardins, dans le parc, sur les trottoirs et dans les ronds-points. Quand nous disons voisins et visiteurs, nous parlons de personnes, hommes et femmes d'\u00e2ges diff\u00e9rents, que nous avons interrog\u00e9es sur les monuments. Nous nous sommes int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 leurs connaissances, mais aussi \u00e0 leurs impressions et \u00e0 leurs appr\u00e9ciations. Nous avons appris que plus un monument est ancien, plus il est difficile de retrouver son histoire. Certains se sont fait voler des plaques qui, plac\u00e9es le jour de l'inauguration, donnaient des informations qui ont \u00e9t\u00e9 perdues. Il y a des monuments qui sont connus par les noms que les gens leur ont donn\u00e9s, et non par les significations ou les d\u00e9nominations qui leur ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es par leurs commanditaires. Mais il en a toujours \u00e9t\u00e9 ainsi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce jour, nous disposons d'informations sur 41 monuments, principalement situ\u00e9s dans les \u00c9tats de Jalisco, Michoac\u00e1n et Guanajuato. Pour l'essai audiovisuel, nous avons s\u00e9lectionn\u00e9 quelques exemples de nouveaux monuments class\u00e9s en trois groupes : fruits, produits agro-industriels et produits manufactur\u00e9s. Nous en avons d'autres et il y en a s\u00fbrement d'autres de ce type dans d'autres r\u00e9gions du pays, tout comme il doit y avoir des villes qui, bien que poss\u00e9dant un produit remarquable, n'ont pas \u00e9rig\u00e9 de monuments \u00e0 son effigie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Moments et monuments<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Comme cela a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9, les monuments ont toujours servi \u00e0 imposer des images et des discours qui renforcent le pouvoir de ceux qui d\u00e9tiennent le pouvoir dans chaque cycle de l'histoire (Eder, 1992 ; Garc\u00eda Canclini, 1992). Traditionnellement, ce sont les pouvoirs - religieux d'abord, politiques ensuite - qui ont \u00e9t\u00e9 charg\u00e9s de proposer, de promouvoir, d'imposer et de financer la r\u00e9alisation de sculptures, de monuments et d'ensembles sculpturaux qui contribuent \u00e0 fusionner ce qui \u00e9tait autrefois des conflits et \u00e0 l\u00e9gitimer ainsi leur vision et leur version de l'histoire. Comme cela s'est produit r\u00e9cemment avec la statue de Christophe Colomb sur le Paseo de la Reforma \u00e0 Mexico, les sculptures et leur emplacement continuent d'\u00eatre une ar\u00e8ne de lutte o\u00f9 les valeurs et les int\u00e9r\u00eats des collectifs existants et \u00e9mergents s'affrontent \u00e0 propos des imaginaires, des discours et des utilisations des sculptures dans l'espace public. Dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, les retirer des lieux o\u00f9 elles g\u00e9n\u00e8rent des conflits a \u00e9t\u00e9 le moyen de les sauver du vandalisme, de la destruction ou de la disparition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Dans la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, dans l'\u00c9tat r\u00e9publicain naissant, surtout pendant le Juarismo et le r\u00e9gime porfirien, un nombre infini de monuments aux h\u00e9ros de l'Ind\u00e9pendance ont \u00e9t\u00e9 produits (Eder, 1992 ; Ibarg\u00fcengoitia, 1992 ; Manrique, 1992). Les images des p\u00e8res Hidalgo et Morelos, des Ni\u00f1os H\u00e9roes, mais surtout de Benito Ju\u00e1rez - dans toutes les dimensions et pr\u00e9sentations possibles - ornent les places, les jardins, les promenades et les premiers h\u00e9micycles de tout le pays (Escobedo, 1992). Le monument \u00e0 la t\u00eate de Ju\u00e1rez, qui rappelle les Olm\u00e8ques, a donn\u00e9 naissance au \"cabezotismo\", un style sculptural qui s'est r\u00e9pandu dans tout le Mexique (Eder, 1992).<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">La profusion de monuments a certes honor\u00e9 les h\u00e9ros qui nous ont donn\u00e9 notre patrie et notre libert\u00e9. Mais ils ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer une nouvelle spatialit\u00e9 urbaine. Les monuments aux h\u00e9ros ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s dans des jardins, des promenades ou des avenues qui ont embelli et l\u00e9gitim\u00e9 des espaces in\u00e9dits dans les villes (Ribera Carb\u00f3, 2018). Bien que plusieurs promenades et avenues aient \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es \u00e0 la fin de la p\u00e9riode novo-hispanique, c'est au cours du XIXe si\u00e8cle agit\u00e9 qu'elles ont atteint leur splendeur maximale en tant qu'espaces publics contribuant de multiples fa\u00e7ons au maintien de l'ordre social (Ribera Carb\u00f3, 2018). Ils sont n\u00e9s d'initiatives municipales avec un discours politique clair de la nation r\u00e9publicaine (Ribera Carb\u00f3, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Les jardins, les promenades et les avenues ont \u00e9t\u00e9 construits dans des espaces s\u00e9par\u00e9s et discontinus avec les socles coloniaux, charg\u00e9s d'h\u00e9ritages religieux et coloniaux. Au d\u00e9but, il s'agissait d'espaces marginaux, presque ruraux, mais tr\u00e8s vite ils ont acquis une centralit\u00e9 et ont marqu\u00e9 un jalon entre les anciennes traces coloniales et l'expansion urbaine naissante (Cabrales Barajas, 2018 ; Ribera Carb\u00f3, 2018). L'installation de statues de h\u00e9ros, de leaders politiques et militaires a contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er l'imaginaire d'un pass\u00e9 commun et d'une nouvelle identit\u00e9 (Mart\u00ednez Assad, 2005 ; Rivera Carb\u00f3, 2018). Ils font partie de l'histoire d'airain, comme le disait Don Luis Gonz\u00e1lez, pour faire allusion au r\u00e9cit h\u00e9ro\u00efque que les vainqueurs ont amalgam\u00e9 et impos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Dans le cadre de ce discours nationaliste et int\u00e9grateur, l'\u00c9tat porfirien a \u00e9galement cherch\u00e9 \u00e0 revendiquer le pass\u00e9 pr\u00e9hispanique en installant des statues qui revalorisaient le pass\u00e9 indig\u00e8ne de trois mani\u00e8res : des effigies des <em>tlatoanis<\/em>, comme Moctezuma et Cuauht\u00e9moc, Itzc\u00f3atl et Ahu\u00edzotl (plus connus sous le nom d'\"Indios Verdes\"), toutes situ\u00e9es \u00e0 l'origine sur le Paseo de la Reforma ; ainsi que des monuments, parfois des copies de sculptures pr\u00e9hispaniques, comme le Colosse de Tula, et ceux qui exaltaient le ph\u00e9notype indig\u00e8ne sous la forme de t\u00eates et de torses (Eder, 1992 ; Escobedo, 1992).<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9volution mexicaine a fait entrer de nouveaux h\u00e9ros dans l'histoire du bronze en multipliant les statues de Venustiano Carranza, Pancho Villa et Emiliano Zapata, et dans une moindre mesure d'\u00c1lvaro Obreg\u00f3n et de Francisco i. Madero. Apr\u00e8s eux, L\u00e1zaro C\u00e1rdenas a \u00e9t\u00e9 le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique le plus statufi\u00e9 de l'histoire post-r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l'histoire en bronze sous forme de monuments plac\u00e9s sur des socles, des places et des promenades, un autre ph\u00e9nom\u00e8ne est apparu au XXe si\u00e8cle : la reconnaissance par les communaut\u00e9s d'\u00e9pop\u00e9es particuli\u00e8res et de personnages locaux, et l'une des fa\u00e7ons de leur rendre hommage a \u00e9t\u00e9 de leur \u00e9riger des statues. Un exemple de la persistance de la valeur symbolique du centre est la statue du p\u00e8re Federico Gonz\u00e1lez, plac\u00e9e \u00e0 la sortie du temple et devant la place, d'o\u00f9 il observait et modelait la vie de San Jos\u00e9 de Gracia, Michoac\u00e1n. Sa sculpture est un clin d'\u0153il \u00e0 la fois \u00e0 sa participation \u00e0 la guerre des Cristeros, \u00e0 laquelle lui et tant de ses voisins ont pris part, et \u00e0 son statut de chef moral incontest\u00e9 de cette r\u00e9gion frontali\u00e8re de Jalisco et Michoac\u00e1n (Gonz\u00e1lez, 1979).<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des statues qui ne concernent pas tant la microhistoire locale que ceux qui ont fait leur carri\u00e8re en dehors de la communaut\u00e9. Leur m\u00e9rite est d'\u00eatre n\u00e9s l\u00e0. C'est le cas du politicien et homme d'affaires Carlos Hank Gonz\u00e1lez, assis dans le jardin de Santiago Tianguistenco, \u00c9tat de Mexico ; de chanteurs, comme Agust\u00edn Lara \u00e0 Veracruz, Pedro Infante \u00e0 Guam\u00fachil, Sinaloa, ou Cri-Cri, el Grillo Cantor au Bosque de Chapultepec \u00e0 Mexico (Escobedo, 1992).<\/p>\n\n\n\n<p>Des statues de personnages d\u00e9sormais tr\u00e8s populaires ont vu le jour, comme celle de Jes\u00fas Malverde \u00e0 Sinaloa, un bandit tu\u00e9 en 1909, qui a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 comme d\u00e9votion et protection par les voleurs, les contrebandiers et, plus r\u00e9cemment, par les trafiquants de drogue et d'autres groupes du c\u00f4t\u00e9 obscur de l'histoire, qui ont diffus\u00e9 son image sous la forme d'un buste color\u00e9 (Durand et Arias, 2009 ; Escobedo, 1992). Les bustes de Malverde, dans une infinit\u00e9 de formats, ont migr\u00e9 vers de multiples espaces : parcs, promenades, rues, tombes et autels.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe \u00e9galement des statues d'entit\u00e9s abstraites telles que la paix, la m\u00e8re ou le travail. Les plus proches de celles qui nous int\u00e9ressent sont peut-\u00eatre celles du travail. Mais il s'agit de repr\u00e9sentations symboliques de travailleurs exer\u00e7ant des activit\u00e9s embl\u00e9matiques de l'\u00c9tat mexicain post-r\u00e9volutionnaire : pompiers, camionneurs, travailleurs de la canne \u00e0 sucre, cheminots, joueurs, mineurs, ouvriers, travailleurs du p\u00e9trole, p\u00eacheurs, soldats (Escobedo, 1992 ; Manrique, 1992).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces derniers temps, une sorte d'artefact civique est devenu populaire au Mexique et dans d'autres parties du monde, avec les lettres des noms des villes plac\u00e9es dans un endroit embl\u00e9matique : une place, une avenue, un parc, une digue, une route, un point de vue. Ces installations ont d\u00e9plac\u00e9 les monuments des h\u00e9ros dans le go\u00fbt du public. Fabriqu\u00e9es dans des mat\u00e9riaux diff\u00e9rents, mais toujours color\u00e9es et attrayantes, elles sont devenues le lieu pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des voisins pour envoyer des images reconnaissables de leur localit\u00e9 et des touristes pour prendre des selfies des lieux qu'ils ont visit\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux. Ce sont des installations attrayantes qui servent \u00e0 nommer les villes dans un exercice d'homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 qui ne dit rien de la communaut\u00e9 en question, \u00e0 part le nom, bien s\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le montrent les images, cette \u00e9tude traite de monuments li\u00e9s au travail et aux localit\u00e9s, mais d'une mani\u00e8re diff\u00e9rente. Il s'agit d'artefacts qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des produits et \u00e0 des activit\u00e9s sp\u00e9cifiques des communaut\u00e9s. Ainsi, nous trouvons des monuments d\u00e9di\u00e9s aux produits agricoles, comme l'avocat, le biznaga, le caf\u00e9, la fraise, le citron, la pomme, l'ananas, la pitaya, la noix, la m\u00fbre ; aux produits agro-industriels, comme l'agave, l'\u0153uf, le fromage, le piment, la p\u00e2te de coing ; et aux produits manufacturiers, comme les pots, les ceintures, les equipales, les guitares, les molcajetes, les paletas, le pain, les v\u00eatements, les chaises, les chapeaux, les chaussures. Certains de ces produits sont tr\u00e8s anciens, d'autres moins, mais ils sont apparus ou se sont renforc\u00e9s pour faire face aux limites, aux fragilit\u00e9s et aux in\u00e9galit\u00e9s d\u00e9coulant des activit\u00e9s, des syst\u00e8mes et de l'organisation de l'agriculture.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un paradigme dominant : l'\u00e9conomie rurale est uniquement agricole<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Jusqu'aux ann\u00e9es 1990, il \u00e9tait pratiquement impossible de reconna\u00eetre que des changements drastiques et irr\u00e9versibles avaient modifi\u00e9 l'\u00e9conomie dite paysanne jusque dans ses fondements (Warman, 1980). L'\u00c9tat post-r\u00e9volutionnaire a construit, avec un \u00e9norme succ\u00e8s, une symbiose indissoluble entre la vie \u00e0 la campagne et le m\u00e9tier d'agriculteur, qui s'est av\u00e9r\u00e9e durable et imperm\u00e9able aux changements qui, lentement mais s\u00fbrement, se produisaient dans le monde rural.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette symbiose semble avoir \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e ou renforc\u00e9e sous la pr\u00e9sidence du g\u00e9n\u00e9ral L\u00e1zaro C\u00e1rdenas (1934-1940). L'objectif de la r\u00e9forme agraire, disait-on, \u00e9tait de cr\u00e9er \"une nouvelle classe productrice, dont les membres peuvent atteindre une ind\u00e9pendance \u00e9conomique totale\" et vivre de ce qu'ils produisent sur leurs parcelles de terre (Arias, 2019). La dotation ejidale supposait que les ejidatarios se consacrent aux activit\u00e9s agricoles et excluait la possibilit\u00e9 d'autres activit\u00e9s (Arias, 2019). Le principe incontest\u00e9 \u00e9tait que la petite production agricole aux mains des familles paysannes \u00e9tait efficace et suffisante pour garantir l'autosuffisance, c'est-\u00e0-dire l'autosuffisance alimentaire, et pour g\u00e9n\u00e9rer un exc\u00e9dent commercialisable avec lequel les m\u00e9nages paysans pouvaient acheter les autres produits n\u00e9cessaires \u00e0 la famille, qui, en principe, \u00e9tait cens\u00e9e \u00eatre compos\u00e9e de tr\u00e8s peu de personnes.<\/p>\n\n\n\n<p>L'homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 \u00e9conomique est \u00e9galement socioculturelle. La soci\u00e9t\u00e9 rurale mexicaine \u00e9tait semblable dans tous les contextes et espaces de la g\u00e9ographie nationale, de sorte que ses transitions \u00e9taient \u00e9galement semblables. Au fil des ann\u00e9es, les ethnographies des communaut\u00e9s rurales ont commenc\u00e9 \u00e0 mentionner, \u00e0 maintes reprises, que l'\u00e9conomie paysanne n\u00e9cessitait d'autres activit\u00e9s, d'autres revenus. Cette gamme d'activit\u00e9s a \u00e9t\u00e9, sans plus de discussion, consid\u00e9r\u00e9e comme compl\u00e9mentaire.<\/p>\n\n\n\n<p>La compl\u00e9mentarit\u00e9 est devenue une explication floue et confuse. Elle a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e, mais personne n'a pos\u00e9 de questions telles que : quand la compl\u00e9mentarit\u00e9 est-elle apparue dans les communaut\u00e9s \u00e9tudi\u00e9es, signifie-t-elle la m\u00eame chose dans toutes les communaut\u00e9s, comment la production agricole et les \"activit\u00e9s compl\u00e9mentaires\" s'articulent-elles au sein des familles et dans le temps, et les activit\u00e9s non agricoles ne permettent-elles pas de raconter une autre histoire du travail \u00e0 la campagne ? Les activit\u00e9s non agricoles ne permettent-elles pas de raconter une autre histoire du travail \u00e0 la campagne ? La compl\u00e9mentarit\u00e9 ne cache-t-elle pas, par exemple, la trajectoire f\u00e9minine du travail ? Le besoin de salaire n'est-il pas la preuve qu'il faut s'arr\u00eater pour \u00e9tudier les \"compl\u00e9mentarit\u00e9s\" qui se sont gliss\u00e9es dans les ethnographies ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant longtemps, un voile tiss\u00e9 de nombreux fils id\u00e9ologiques a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de cacher les changements drastiques que les \u00e9conomies paysannes avaient subis. Cette situation a eu des cons\u00e9quences sur le d\u00e9veloppement des campagnes car, avec ce discours h\u00e9g\u00e9monique et homog\u00e9n\u00e9isant, les ressources publiques et les programmes successifs de soutien aux campagnes \u00e9taient uniquement et invariablement destin\u00e9s \u00e0 l'agriculture. Ainsi, pendant des d\u00e9cennies, les ruraux n'ont pas pu dire ce qu'ils faisaient ni recevoir de reconnaissance (conseils, formations, aides) pour ces autres activit\u00e9s par lesquelles ils red\u00e9finissaient les moyens de gagner leur vie afin de rester ou de revenir dans leurs communaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la force du discours h\u00e9g\u00e9monique, la diversit\u00e9 des histoires et des trajectoires se frayait un chemin et gagnait en signification dans les r\u00e9cits locaux, et l'une des mani\u00e8res de le manifester a \u00e9t\u00e9 un langage inattendu : l'installation de monuments et de sculptures aux produits qui les ont tant aid\u00e9s \u00e0 changer, ce qui met en \u00e9vidence l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des moyens qu'ils ont invent\u00e9s ou r\u00e9invent\u00e9s pour y parvenir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le changement racont\u00e9 par les monuments<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les fruits<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les monuments les plus anciens qui t\u00e9moignent de la diversit\u00e9 des chemins emprunt\u00e9s par les communaut\u00e9s sont peut-\u00eatre ceux qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9s en l'honneur des fruits : l'ananas de Huimanguillo, Tabasco ; le caf\u00e9 de Xicotepec, Puebla ; la pomme de Zacatl\u00e1n, Puebla ; l'orange d'\u00c1lamo, Veracruz ; la canne \u00e0 sucre d'El Higo, Veracruz ; la noix de Flores Mag\u00f3n, Chihuahua ; des produits qui sont devenus les sp\u00e9cialisations \u00e9conomiques de ces communaut\u00e9s. Il s'agit de sculptures de fruits tropicaux de plantation, une modalit\u00e9 de croissance agricole commerciale entre les mains d'entrepreneurs et de grands agriculteurs qui s'est d'abord d\u00e9velopp\u00e9e dans les micro-espaces ruraux des \u00c9tats du centre et du sud du pays (Hewitt de Alc\u00e1ntara, 1978). Leur point commun est qu'il s'agit de fruits produits, mais non transform\u00e9s dans les localit\u00e9s, destin\u00e9s au march\u00e9 national et, plus tard, au march\u00e9 international. Au total, nous avons identifi\u00e9 onze monuments de produits agricoles (voir carte 1).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-02.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"756x479\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 1\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-02.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-03.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"607x453\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 1: Aguacate de Tanc\u00edtaro, Michoac\u00e1n. Fotograf\u00eda de Julio C. Castro S.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-03.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-04.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"779x1064\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 2: Lim\u00f3n de Tecom\u00e1n, Colima. Fotograf\u00eda de Julio C. Castro S.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-04.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-06.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"480x480\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 3: Zarzamora de Los Reyes, Michoac\u00e1n. Facebook, Cultura de Michoac\u00e1n.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-06.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-07.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"480x544\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 4: Fresa de Jacona, Michoac\u00e1n. Facebook, Cultura de Michoac\u00e1n\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-07.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-08.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"626x458\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 5: Aguacate de Tanc\u00edtaro, Michoac\u00e1n. Fotograf\u00eda de Julio C. Castro S.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-08.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-09.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"627x456\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 6: Manzana de Zacatl\u00e1n, Puebla. Fotograf\u00eda de Julio C. Castro S.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-09.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-10.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"624x456\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 7: Caf\u00e9 de Xicotepec, Puebla. Fotograf\u00eda de Julio C. Castro S.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-10.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 1<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Photographie 1 : Avocat de Tanc\u00edtaro, Michoac\u00e1n. Photographie de Julio C. Castro S.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Photographie 2 : Citron de Tecom\u00e1n, Colima. Photographie de Julio C. Castro S.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Photo 3 : M\u00fbre de Los Reyes, Michoac\u00e1n. Facebook, Culture of Michoac\u00e1n.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Photo 4 : Fraise de Jacona, Michoac\u00e1n. Facebook, Culture du Michoac\u00e1n<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Photographie 5 : Avocat de Tanc\u00edtaro, Michoac\u00e1n. Photographie de Julio C. Castro S.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Photographie 6 : Manzana de Zacatl\u00e1n, Puebla. Photographie de Julio C. Castro S.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Photographie 7 : Caf\u00e9 de Xicotepec, Puebla. Photographie de Julio C. Castro S.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Ces produits et leurs sculptures font partie de ce que nous pouvons d\u00e9finir comme la premi\u00e8re phase de diversification agricole, lorsque l'\u00c9tat mexicain, apr\u00e8s la pr\u00e9sidence de C\u00e1rdenas, a modifi\u00e9 son intervention dans les campagnes en faveur de nouveaux produits et acteurs ruraux (Hewitt de Alc\u00e1ntara, 1978). On trouve \u00e9galement de tels monuments dans les \u00c9tats de l'ouest du Mexique : le citron de Tecom\u00e1n, Colima ; l'avocat de Tanc\u00edtaro, la m\u00fbre de Los Reyes et la fraise de Jacona dans l'\u00c9tat du Michoac\u00e1n (voir carte 1).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Produits agro-industriels<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Une autre modalit\u00e9 est celle des sculptures d\u00e9di\u00e9es \u00e0 des objets produits et transform\u00e9s dans les localit\u00e9s : l'agave transform\u00e9 en tequila \u00e0 Amatit\u00e1n, El Arenal, Tequila et Arandas (Jalisco) ; l'\u0153uf produit dans les fermes avicoles de Tepatitl\u00e1n (Jalisco) ; les fromages et les produits laitiers de San Jos\u00e9 de Gracia (Michoac\u00e1n) ; le piment, mati\u00e8re premi\u00e8re des sauces, de Yahualica (Jalisco) ; la p\u00e2te de coing d'Ixtlahuac\u00e1n de los Membrillos (Jalisco). Nous avons identifi\u00e9 treize monuments de produits agro-industriels, dont quatre seulement sont situ\u00e9s dans les jardins centraux. Il convient de mentionner que huit de ces monuments correspondent \u00e0 la micror\u00e9gion de Tequila (voir carte 2).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-11.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"749x513\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 2\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-11.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 2<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Il s'agit de produits et de productions anciens, parfois tr\u00e8s anciens, qui, gr\u00e2ce aux grandes transformations qu'ils ont subies, sont devenus des sp\u00e9cialisations largement reconnues, valoris\u00e9es et identifiant les communaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Dans la ville de Tepatitl\u00e1n, le monument \u00e0 l'\u0153uf a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 en 2011, une activit\u00e9 qui a rendu prosp\u00e8re cette micror\u00e9gion des Altos de Jalisco. La production d'\u0153ufs s'est d\u00e9velopp\u00e9e depuis la fin du XIXe si\u00e8cle, lorsque le passage du chemin de fer a permis de transporter les deux produits \u00e0 Mexico pour les vendre (Arias, 1991). Il faut dire que ce sont surtout les femmes, dans les ranchs et les villages, qui se consacraient \u00e0 l'\u00e9levage des poules et \u00e0 la production d'\u0153ufs. Aujourd'hui, la municipalit\u00e9 de Tepatitl\u00e1n, qui compte plus de cinquante entreprises avicoles, est le premier producteur d'\u0153ufs de table, c'est-\u00e0-dire destin\u00e9s \u00e0 la consommation. En effet, plus d'un quart (27 17%) de la production de Jalisco est g\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans cette municipalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La sculpture, faite d'acier miroir et de bronze, a une hauteur d'environ cinq m\u00e8tres et est plac\u00e9e sur un socle en b\u00e9ton de dix m\u00e8tres, ce qui la rend visible et reconnaissable de n'importe quel endroit de la ville. Elle a \u00e9t\u00e9 parrain\u00e9e par l'association des \u00e9leveurs de volailles de Tepatitl\u00e1n et r\u00e9alis\u00e9e par l'artiste Octavio Gonz\u00e1lez Guti\u00e9rrez et un groupe d'\u00e9tudiants. La plaque pos\u00e9e le jour de l'inauguration (et qui a disparu) disait : \"L'aviculture sans limites\". Elle est situ\u00e9e au milieu d'un large rond-point \u00e0 la sortie de la ville qui redistribue le trafic de la zone urbaine et marque le d\u00e9but de la route gratuite vers Guadalajara et d'autres municipalit\u00e9s de la r\u00e9gion d'Alte\u00f1a. Les gens la connaissent sous le nom de \"glorieta del huevo\", \"l'\u0153uf ail\u00e9\" ou \"turboglorieta\".<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Une autre activit\u00e9 reconnue par les habitants avec une sculpture est le chile de \u00e1rbol dans la municipalit\u00e9 de Yahualica, sur les hauts plateaux de Jalisco. La culture de cette esp\u00e8ce s'est d\u00e9velopp\u00e9e au cours de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xx<\/span> dans les ranchs de Manalisco, R\u00edo Colorado et R\u00edo Ancho, o\u00f9 l'abondance de l'eau permettait de commencer \u00e0 planter des semis avant les pluies. Dans les ann\u00e9es 1950, la culture s'est \u00e9tendue \u00e0 l'ensemble de la municipalit\u00e9 (Rodr\u00edguez Ram\u00edrez, 2012). Les femmes, en tant que journali\u00e8res, ont jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans la production de piment. Le piment est vendu frais et s\u00e9ch\u00e9, mais surtout en bouteille sous forme de sauce piquante, sous diff\u00e9rentes pr\u00e9sentations. Il existe une grande vari\u00e9t\u00e9 de marques vendues dans tout le pays et export\u00e9es aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 les migrants sont les clients les plus fid\u00e8les (Rodr\u00edguez Ram\u00edrez, 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>La sculpture de l'arbre \u00e0 piments comprend les lettres du nom de Yahualica et le pi\u00e9destal. Elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en acier selon la technique du laminage \u00e0 froid et peinte en rouge vif. Elle mesure trois m\u00e8tres de long, deux m\u00e8tres de haut et soixante centim\u00e8tres de large. Elle a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 2018 pour c\u00e9l\u00e9brer l'obtention de la d\u00e9nomination d'origine \"Chile de Arbol Yahualica\", g\u00e9r\u00e9e par l'Association civile des producteurs de Chile de Arbol Yahualica devant l'Institut mexicain de la propri\u00e9t\u00e9 industrielle. Elle a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9e et offerte \u00e0 la municipalit\u00e9 par l'ing\u00e9nieur Ignacio \u00c1lvarez Rodr\u00edguez, propri\u00e9taire de la forge \u00c1lvarez, o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue, moul\u00e9e et peinte. Il raconte que l'inspiration lui est venue lorsqu'il a appris que l'appellation d'origine \u00e9tait en cours de traitement et que la proposition allait bon train. Lorsque la reconnaissance a \u00e9t\u00e9 obtenue, la figure du piment \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9e, il ne restait plus qu'\u00e0 graver la plaque comm\u00e9morative.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-12.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"778x622\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 8: Huevo de Tepatitl\u00e1n, Jalisco. Fotograf\u00eda de Imelda S\u00e1nchez.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-12.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 8 : \u0152uf de Tepatitl\u00e1n, Jalisco. Photographie d'Imelda S\u00e1nchez.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>L'ing\u00e9nieur \u00c1lvarez l'a fabriqu\u00e9e et l'a offerte en remerciement parce qu'il avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de plusieurs travaux de forge, dont les kiosques autour du march\u00e9 municipal pour renforcer l'image coloniale de l'endroit. Mais il explique surtout qu'il s'agit d'un don \u00e0 sa ville, car les travaux qui lui ont \u00e9t\u00e9 confi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s avec les ressources de tous les citoyens. D'habitude, souligne-t-il, les cadeaux sont offerts aux fonctionnaires qui les engagent, mais il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 apporter une contribution \u00e0 sa ville en sculptant le chile de \u00e1rbol.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chili, qui forme une unit\u00e9 avec les lettres color\u00e9es, est g\u00e9n\u00e9ralement plac\u00e9 sur la place principale du centre ville afin que les habitants et les visiteurs puissent prendre un selfie sur les deux. Ce qui le rend unique, c'est qu'il s'agit d'une sculpture mobile, c'est-\u00e0-dire amovible, qui peut donc \u00eatre d\u00e9plac\u00e9e pour accompagner des festivit\u00e9s ou des activit\u00e9s dans diff\u00e9rents endroits, revenir au centre ou \u00eatre stock\u00e9e dans l'entrep\u00f4t de la direction du tourisme. Elle a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e \u00e0 diff\u00e9rents endroits de la place : devant la pr\u00e9sidence municipale et devant la statue de Jes\u00fas Gonz\u00e1lez Gallo, dans l'espace du festival \"Fiesta de todos los chiles de M\u00e9xico\", o\u00f9 ont lieu des pr\u00e9sentations artistiques et culturelles, \u00e0 l'int\u00e9rieur de la pr\u00e9sidence municipale lorsqu'il y a un \u00e9v\u00e9nement en rapport avec le piment et au Teatro Ju\u00e1rez.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-13.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"596x366\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 9: Chile de Yahualica, Jalisco. Fotograf\u00eda de Martha Mu\u00f1oz.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-13.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 9 : Chili depuis Yahualica, Jalisco. Photographie de Martha Mu\u00f1oz.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>L'administration municipale qui a pris ses fonctions en 2021 a constat\u00e9 que le monument \u00e9tait coinc\u00e9 et a d\u00e9cid\u00e9 de le d\u00e9placer sur le c\u00f4t\u00e9 nord de la place, celui qui fait face \u00e0 l'\u00e9glise paroissiale. La raison de ce nouvel emplacement est, selon le directeur du tourisme, qu'\"il ne doit pas entrer en concurrence avec un autre monument aussi important que celui du plus grand bienfaiteur de la municipalit\u00e9, l'illustre Yahualiquense Jes\u00fas Gonz\u00e1lez Gallo, qui fut gouverneur de l'\u00c9tat de Jalisco et qui, au cours de son mandat, a apport\u00e9 de grands bienfaits \u00e0 son peuple\". Certes, le chile de \u00e1rbol a apport\u00e9 de plus grands b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 la municipalit\u00e9, mais les fils illustres continuent d'\u00eatre importants dans l'imagination des politiciens.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-14.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"415x640\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 10: Santiago Ap\u00f3stol con membrillos, Ixtlahuac\u00e1n de los Membrillos, Jalisco. Fotograf\u00eda de Fernando Amerlinck.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-14.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 10 : Santiago Ap\u00f3stol avec des coings, Ixtlahuac\u00e1n de los Membrillos, Jalisco. Photographie de Fernando Amerlinck.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Fabrication&nbsp;<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Enfin, il y a les monuments, peut-\u00eatre les plus nombreux -quatorze-, qui sont consacr\u00e9s aux produits manufactur\u00e9s, bas\u00e9s sur l'artisanat et les traditions. Sur la base de ces monuments, nous identifions trois grands moments de diversification des activit\u00e9s qui ont donn\u00e9 lieu aux sp\u00e9cialisations productives actuelles : premi\u00e8rement, les traditions artisanales d'origine pr\u00e9hispano-coloniale ; deuxi\u00e8mement, le Porfiriato, qui a apport\u00e9 le chemin de fer \u00e0 de nombreuses populations rurales, ce qui a facilit\u00e9 l'exode des produits locaux ; et les ann\u00e9es 1940, lorsque les grandes migrations vers les villes ont commenc\u00e9 et que le besoin urbain de produits provenant de la campagne a augment\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de poursuivre le d\u00e9compte, il convient de mentionner un cas atypique : trois monuments sont consacr\u00e9s \u00e0 des produits qui ne sont ni traditionnels ni produits dans les communaut\u00e9s, mais qui ont eu un impact consid\u00e9rable sur les trajectoires et les destins locaux. Jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent, nous ne connaissons que deux cas et tous deux correspondent au m\u00eame produit : la sucette glac\u00e9e. Dans les ann\u00e9es 1940, des voisins de Mexticac\u00e1n (Jalisco) et de Tocumbo (Michoac\u00e1n) ont \u00e9migr\u00e9 vers des villes mexicaines petites mais dynamiques \u00e0 la recherche de nouveaux moyens de subsistance, o\u00f9, comme le destin l'a voulu, ils se sont consacr\u00e9s au commerce des sucettes glac\u00e9es dans des \u00e9tablissements et avec des chariots de rue. Les \u00e9tablissements se sont d\u00e9velopp\u00e9s et reproduits avec les vagues migratoires successives de parents et de voisins de Mexticac\u00e1n et de Tocumbo qui sont venus travailler dans les paleter\u00edas, nombre d'entre eux devenant \u00e0 leur tour des entrepreneurs ind\u00e9pendants (Gonz\u00e1lez de la Vara, 2006 ; Rollwagen, 2017) (voir carte 3).<\/p>\n\n\n\n<p>Les paleter\u00edas des Mexicaquenses ont \u00e9t\u00e9 reconnues parce qu'elles pla\u00e7aient \u00e0 l'endroit le plus visible l'image du Sacr\u00e9-C\u0153ur, une invocation pour laquelle il existe un sanctuaire tr\u00e8s populaire dans la municipalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les paleter\u00edas des tocumbe\u00f1os s'appelaient autrefois La Flor de Tocumbo, mais surtout La Michoacana. Les entrepreneurs reconnaissants ont apport\u00e9 de multiples contributions \u00e0 l'image, aux services et \u00e0 l'am\u00e9nagement urbain de leurs communaut\u00e9s respectives (Gonz\u00e1lez de la Vara, 2006). Dans les deux villes se tient chaque ann\u00e9e la Feria de la Paleta, un \u00e9v\u00e9nement social et commercial qui rassemble les paleteros diss\u00e9min\u00e9s dans tout le pays et aux \u00c9tats-Unis. C'est l'occasion de se retrouver, de faire des affaires, de se conna\u00eetre et d'interagir avec les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de voisins et de migrants.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s'agit d'une exception, car les autres monuments consacr\u00e9s \u00e0 des activit\u00e9s productives correspondent \u00e0 des t\u00e2ches effectu\u00e9es dans les communaut\u00e9s. Bien qu'il s'agisse de m\u00e9tiers et de t\u00e2ches anciens, l'installation de monuments est un ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9cent, lorsqu'il a \u00e9t\u00e9 possible de faire conna\u00eetre les histoires non agraires de la campagne mexicaine et de les associer \u00e0 de nouveaux r\u00e9cits.<\/p>\n\n\n\n<p>L'un des plus polyvalents est le monument \u00e0 la guitare qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 en 2006 dans la capitale municipale de Paracho, Michoac\u00e1n. Il a \u00e9t\u00e9 parrain\u00e9 par le conseil municipal et command\u00e9 \u00e0 des artisans de Santa Clara del Cobre, ville r\u00e9put\u00e9e pour son travail du cuivre, bien que l'\u0153uvre soit en bronze. La sculpture est un hommage \u00e0 la fabrication de guitares, le principal m\u00e9tier des habitants de Paracho.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-15.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"728x517\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 3\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-15.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-16.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"768x1024\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 11: Paleter\u00eda con imagen del Sagrado Coraz\u00f3n, Mexticac\u00e1n, Jalisco. Fotograf\u00eda de Martha Mu\u00f1oz.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-16.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-18.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"610x271\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 12: Publicidad de paleter\u00eda, Mexticac\u00e1n, Jalisco. Fotograf\u00eda de Martha Mu\u00f1oz.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-18.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 3<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Photographie 11 : Paleteria avec l'image du Sacr\u00e9-C\u0153ur, Mexticac\u00e1n, Jalisco. Photographie de Martha Mu\u00f1oz.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Photographie 12 : Publicit\u00e9 de la Paleter\u00eda, Mexticac\u00e1n, Jalisco. Photographie de Martha Mu\u00f1oz.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>La fabrication de guitares \u00e0 Paracho est une tr\u00e8s ancienne tradition de travail qui organise et d\u00e9finit la vie \u00e9conomique de la localit\u00e9. Paracho est l'\u00e9picentre de la fabrication de guitares le plus important du pays. Cet instrument a accompagn\u00e9 les r\u00eaves de nombreux habitants de la campagne qui se sont rendus aux \u00c9tats-Unis et \u00e0 Mexico, o\u00f9 ils ont trouv\u00e9 dans la musique leur vocation et leur mode de vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">L'enseignement du m\u00e9tier est attribu\u00e9 \u00e0 l'\u00e9v\u00eaque Vasco de Quiroga, dans le cadre de son projet de sp\u00e9cialisation dans divers m\u00e9tiers dans les villages des rives du lac Patzcuaro. Au milieu du si\u00e8cle, gr\u00e2ce \u00e0 la route et \u00e0 la lumi\u00e8re \u00e9lectrique, la fabrication des guitares a connu de grandes modifications en termes de produits, de mod\u00e8les, de techniques, d'outils et de bois, explique Erica Padilla, coordinatrice du tourisme de la municipalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La sculpture mesure dix m\u00e8tres de haut et est plac\u00e9e sur un pi\u00e9destal en pierre de 2,60 m\u00e8tres de haut et de 1,95 m\u00e8tre de large. Elle est situ\u00e9e au centre du rond-point \u00e0 la jonction de l'autoroute Uruapan-Zamora, plus connue sous le nom de sortie d'Uruapan. Auparavant, elle se trouvait dans un jardin sur un trottoir, mais en 2017, elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e \u00e0 son emplacement actuel. Dans ce cas, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de la d\u00e9placer \u00e0 un carrefour tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9 afin que la sculpture ne passe pas inaper\u00e7ue aux yeux des voyageurs sur la route.<\/p>\n\n\n\n<p>Le belv\u00e9d\u00e8re dispose de deux entr\u00e9es d\u00e9cal\u00e9es permettant au public de grimper pour voir la guitare de pr\u00e8s. Il est entour\u00e9 d'un trottoir et d'un petit jardin herbeux devant lequel ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9es des lettres color\u00e9es portant le nom de Paracho. Le belv\u00e9d\u00e8re avec la guitare est devenu un point de r\u00e9f\u00e9rence pour le d\u00e9fil\u00e9 annuel du Corpus Christi, la Foire internationale de la guitare et pour les f\u00eates scolaires, patronales et culturelles. Pendant un certain temps, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cor\u00e9 en noir et blanc en hommage au luthier Germ\u00e1n V\u00e1zquez Rubio, qui a con\u00e7u la guitare pour le film <em>Coco<\/em> mais il a retrouv\u00e9 sa couleur cuivr\u00e9e traditionnelle. En 2021, il a \u00e9t\u00e9 orn\u00e9 de motifs du Jour des morts et les lettres ont \u00e9t\u00e9 recouvertes de fleurs de souci.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-18.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"588x368\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 13: Guitarra de Paracho, Michoac\u00e1n Fotograf\u00eda de Julio C. Castro S.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-18.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 13 : Guitare de Paracho, Michoac\u00e1n Photographie de Julio C. Castro S.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>En 2018, une sculpture repr\u00e9sentant un molcajete a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e \u00e0 San Lucas Evangelista, une ville de la municipalit\u00e9 de Tlajomulco, Jalisco. La sculpture, qui est \u00e9galement une fontaine, a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e sur un c\u00f4t\u00e9 de la petite place de la ville, tout pr\u00e8s du cimeti\u00e8re et de l'\u00e9glise de San Lucas Evangelista. La pierre de basalte, mati\u00e8re premi\u00e8re des molcajetes, est un mat\u00e9riau volcanique qui abonde sur les pentes des collines avoisinantes. Elle \u00e9tait travaill\u00e9e de mani\u00e8re traditionnelle, c'est-\u00e0-dire avec un ciseau et un marteau ; aujourd'hui, on utilise des scies, des polisseuses et des perceuses.<\/p>\n\n\n\n<p>L'\u00e9volution des habitudes culinaires et des coutumes a r\u00e9duit le march\u00e9 des molcajetes. Les artisans ont r\u00e9agi en proposant de nouveaux produits. Depuis les ann\u00e9es 1990, explique Don Nacho Cocula (\"Nacho Flintstone\", comme il aime \u00e0 se faire appeler), l'artisan local le plus renomm\u00e9, ils se sont lanc\u00e9s dans la production d'objets utilitaires avec des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9coratifs ou ornementaux. Don Nacho affirme que la mode, qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 de nouvelles utilisations des molcajetes, a permis aux jeunes de s'int\u00e9resser \u00e0 la poursuite de l'activit\u00e9 artisanale. Lorsque de nombreuses industries se sont install\u00e9es dans la municipalit\u00e9 de Tlajomulco, les jeunes sont all\u00e9s travailler comme ouvriers, mais ils ont fini par se rendre compte qu'en tant qu'artisans, ils pouvaient gagner davantage et mieux se d\u00e9velopper. Le retour des jeunes dans le m\u00e9tier a renforc\u00e9 et am\u00e9lior\u00e9 la tradition artisanale de San Lucas Evangelista.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-19.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"611x357\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 14: Molcajete de San Lucas Evangelista, Jalisco. Fotograf\u00eda de Jorge Durand.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-19.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 14 : Molcajete de San Lucas Evangelista, Jalisco. Photographie de Jorge Durand.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Dans les maisons des artisans et les boutiques, l'offre est tr\u00e8s vari\u00e9e : outre les molcajetes, dont certains sont tr\u00e8s d\u00e9cor\u00e9s, on trouve des animaux, des sph\u00e8res, des bougies, des plateaux, des cr\u00e8ches et des figures religieuses. Les artisans re\u00e7oivent des commandes d'h\u00f4tels, de restaurants, de magasins de d\u00e9coration et de designers, ce qui a permis d'\u00e9largir la gamme d'objets en pierre et de r\u00e9pondre \u00e0 l'\u00e9volution des tendances du march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La sculpture du molcajete faisait partie d'un projet du conseil municipal de Tlajomulco, une municipalit\u00e9 urbanis\u00e9e qui fait partie de la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de Guadalajara, visant \u00e0 \"attirer le tourisme\" vers les localit\u00e9s rurales o\u00f9 il existait des traditions artisanales des villages situ\u00e9s sur les rives du lac Cajititl\u00e1n. Le molcajete a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 avec du ciment par V\u00edctor Cocula Garc\u00eda, membre d'une des familles d'artisans les plus renomm\u00e9es, et est plac\u00e9 sur un petit socle. Il mesure environ 1,5 m\u00e8tre de diam\u00e8tre et 2,20 m\u00e8tres de hauteur. La main du molcajete est en basalte et sert \u00e0 distribuer l'eau de la fontaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre sculpture d'un molcajete est celle qui a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e en ao\u00fbt 2021 sur la Plaza Doctor Mora \u00e0 Comonfort, Guanajuato, et qui est peut-\u00eatre la sculpture la plus r\u00e9cente. En 2012, Comonfort a re\u00e7u la marque touristique Vive Grandes Historias, d\u00e9cern\u00e9e par le gouvernement de l'\u00c9tat avec pour \"objectif de r\u00e9activer les municipalit\u00e9s touristiques de Guanajuato et de cr\u00e9er une identit\u00e9\", et, en 2018, la ville a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e Pueblo M\u00e1gico (ville magique). Cette distinction s'est accompagn\u00e9e de l'installation d'un grand panneau d'information sur la ville. <span class=\"small-caps\">g<\/span> sur la place et le d\u00e9but d'une s\u00e9rie de travaux d'am\u00e9lioration urbaine dans le centre-ville (Gto. -Gouvernement de l'\u00c9tat de Guanajuato, site web, 18 novembre 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut dire que la construction d'autoroutes dans l'\u00c9tat de Guanajuato a eu un effet n\u00e9gatif sur les villes o\u00f9 existaient des activit\u00e9s artisanales. Avec les autoroutes, les visiteurs ont cess\u00e9 d'entrer dans les centres et les jardins o\u00f9 se trouvaient les ateliers et les boutiques qui vendaient ces produits. Les programmes Pueblos M\u00e1gicos et Vive Grandes Historias visent \u00e0 revitaliser les centres, les villes et les collectifs concern\u00e9s. La fabrication des molcajetes est due \u00e0 l'existence de bancs de roches basaltiques and\u00e9sitiques (qui forment les points blancs sur les pi\u00e8ces), qui constituent la mati\u00e8re premi\u00e8re de leur production. Le molcajete est accompagn\u00e9 d'une pierre \u00e0 moudre, connue sous le nom de \"tejolote\".&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L'artisanat du molcajetero est l'un des plus anciens de la r\u00e9gion. \u00c0 l'heure actuelle, on estime \u00e0 150 le nombre d'artisans qui se consacrent \u00e0 l'\u00e9laboration de ce r\u00e9cipient de base de la cuisine mexicaine. Le molcajete fait partie d'un circuit de commercialisation de l'artisanat gr\u00e2ce \u00e0 sa proximit\u00e9 avec deux villes de grand dynamisme touristique : San Miguel de Allende et Dolores Hidalgo, et il est distribu\u00e9 sur les march\u00e9s r\u00e9gionaux et nationaux, ainsi qu'aux \u00c9tats-Unis. D'innombrables molcajetes sont emport\u00e9s au Texas, destination de nombreux migrants. Les utilisations du molcajete se sont multipli\u00e9es et on le retrouve aujourd'hui comme objet de d\u00e9coration et de service dans les restaurants de cuisine mexicaine au Mexique et aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>L'\u0153uvre se trouve \u00e0 l'ext\u00e9rieur de l'\u00e9glise paroissiale de San Francisco de Asis, \u00e0 gauche des lettres color\u00e9es du nom de Comonfort. Elle a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9e \u00e0 la main en basalte, mesure 1,20 m\u00e8tre de haut et 1,50 m\u00e8tre de large, a une capacit\u00e9 de 500 litres et p\u00e8se 2,5 tonnes.<\/p>\n\n\n\n<p>L'id\u00e9e du monument est venue d'un groupe de travailleurs du molcajete, dirig\u00e9 par Juan Manuel Quintero Salazar. Lorsque Comonfort a re\u00e7u la d\u00e9signation de Pueblo M\u00e1gico, ils ont vu l'occasion de \"vendre\" le projet \u00e0 la municipalit\u00e9. L'id\u00e9e \u00e9tait de reconna\u00eetre l'activit\u00e9 \u00e9conomique qui a fait vivre de nombreuses familles et de reconna\u00eetre les artisans et les pi\u00e8ces qui ont donn\u00e9 une identit\u00e9 \u00e0 Comonfort et \u00e0 ses habitants. Le conseil municipal a \"adh\u00e9r\u00e9\" \u00e0 l'id\u00e9e et a financ\u00e9 la r\u00e9alisation du monument. Le molcajete a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 par plusieurs ouvriers dans un atelier situ\u00e9 sur la colline du Cerro de las Coloradas, d'o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 jusqu'\u00e0 l'endroit o\u00f9 il se trouve aujourd'hui.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-20.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"415x496\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 15: Molcajete de Comonfort, Guanajuato. Fotograf\u00eda de Julio C. Castro S.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-20.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 15 : Molcajete de Comonfort, Guanajuato. Photographie de Julio C. Castro S.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Enfin, nous avons distingu\u00e9 une autre modalit\u00e9 de monuments d\u00e9di\u00e9s \u00e0 une activit\u00e9 manufacturi\u00e8re : ceux qui mettent en valeur les travailleurs de l'industrie en question. Les trois exemples que nous connaissons proviennent de l'\u00c9tat de Guanajuato : le cordonnier de Le\u00f3n, le tisseur de chapeaux de San Francisco del Rinc\u00f3n et le boulanger d'Ac\u00e1mbaro (voir carte 3).<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus ancien semble \u00eatre celui du cordonnier, situ\u00e9 \u00e0 Le\u00f3n, Guanajuato. Comme on le sait, la ville de Le\u00f3n est l'\u00e9picentre d'une longue tradition, vigoureuse et renouvel\u00e9e, de fabrication de chaussures dans des \u00e9tablissements de tailles tr\u00e8s diff\u00e9rentes, mais avec une pr\u00e9dominance de petites entreprises, d'ateliers domestiques et de travail \u00e0 domicile, auxquels les femmes ont toujours particip\u00e9 (Baz\u00e1n <em>et al.<\/em>, 1988). L'industrie de la chaussure de Le\u00f3n a r\u00e9ussi \u00e0 surmonter la crise de l'industrie nationale de la chaussure, cons\u00e9quence de l'ouverture commerciale des ann\u00e9es 1990, et est devenue une activit\u00e9 moderne et technicis\u00e9e, avec des produits de qualit\u00e9 et tr\u00e8s diversifi\u00e9s, desservant de multiples niches de march\u00e9 : chaussures pour hommes et femmes, v\u00eatements, sacs et articles de maroquinerie. Aujourd'hui, le dynamisme de l'industrie nationale de la chaussure se situe sans aucun doute dans cette ville, la plus peupl\u00e9e de l'\u00c9tat de Guanajuato.<\/p>\n\n\n\n<p>L'\u0153uvre a \u00e9t\u00e9 parrain\u00e9e par le conseil municipal en reconnaissance du fait que la chaussure est la principale activit\u00e9 \u00e9conomique de Le\u00f3n. L'architecte Rodolfo Herrera, fonctionnaire des archives historiques de Le\u00f3n, rappelle qu'en 1979, la sculpture du travailleur de la chaussure a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e \u00e0 Conexpo (Centre des congr\u00e8s) et inaugur\u00e9e par le gouverneur Luis H. Ducoing. Quinze ans plus tard, en 2004, elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e \u00e0 l'ext\u00e9rieur des locaux de la Chambre de l'industrie de la chaussure de l'\u00c9tat de Guanajuato (C\u00e1mara de la Industria del Calzado del Estado de Guanajuato (<span class=\"small-caps\">ciceg<\/span>) sur le boulevard Adolfo L\u00f3pez Mateos de la ville. Elle est l'\u0153uvre du sculpteur V\u00edctor Manuel Guti\u00e9rrez. La sculpture, r\u00e9alis\u00e9e en bronze, p\u00e8se pr\u00e8s d'une tonne et mesure deux m\u00e8tres de haut sur 1,60 m\u00e8tre de large. Le cordonnier repose sur une base de tuyaux. <span class=\"small-caps\">ptr <\/span>rempli de b\u00e9ton.<\/p>\n\n\n\n<p>La sculpture repr\u00e9sente un cordonnier dans la pose traditionnelle, c'est-\u00e0-dire lorsqu'ils travaillaient assis sur des chaises et que la chaussure \u00e9tait plac\u00e9e sur un banc de \"finition\", comme ils l'appelaient. La plaque encastr\u00e9e dans le pi\u00e9destal indique : \"Aux hommes et femmes forgerons de l'industrie de la chaussure l\u00e9onaise\".<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-21.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"495x435\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 16: Zapatero de Le\u00f3n, Guanajuato. Fotograf\u00eda de Julio C. Castro S.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-21.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 16 : Cordonnier \u00e0 Le\u00f3n, Guanajuato. Photographie de Julio C. Castro S.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">\u00c0 proximit\u00e9, dans la ville de San Francisco del Rinc\u00f3n, \u00e9galement \u00e0 Guanajuato, se trouve la sculpture du tisseur de chapeaux. L'activit\u00e9 de tissage de chapeaux \u00e0 San Francisco del Rinc\u00f3n a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e par l'installation d'une gare \u00e0 proximit\u00e9 \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle. La gare de San Francisquito, situ\u00e9e \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la petite ville, permettait de relier les micro-r\u00e9gions chaudes o\u00f9 l'on produisait du palmier dans le Michoac\u00e1n, avec lesquelles les chapeaux \u00e9taient tiss\u00e9s \u00e0 San Francisco, d'o\u00f9 ils \u00e9taient vendus, \u00e9galement par chemin de fer, dans diff\u00e9rentes parties de la R\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Les femmes, en particulier, sont devenues des expertes dans le tissage des fils de palmier avec lesquels les chapeaux \u00e9taient fabriqu\u00e9s. Les hommes, quant \u00e0 eux, \u00e9taient charg\u00e9s d'aller les vendre et ont ainsi appris \u00e0 conna\u00eetre les go\u00fbts et les besoins en mati\u00e8re de chapellerie de populations \u00e9loign\u00e9es et diverses (Arias, 1991). Bien qu'il y ait eu une longue p\u00e9riode pendant laquelle la demande de chapeaux a beaucoup diminu\u00e9, au XXe si\u00e8cle, un grand revirement s'est produit lorsque la mode a ramen\u00e9 l'utilisation des chapeaux, d\u00e9sormais pour les hommes et les femmes, ce qui a revitalis\u00e9 la fabrication et la modernisation des entreprises avec des produits nouveaux et vari\u00e9s, non seulement en palmier, mais surtout en papier et en fibres synth\u00e9tiques. Aujourd'hui, n'importe quel vendeur de chapeaux reconna\u00eet que l'un de ses produits phares est le chapeau de San Francisco del Rinc\u00f3n.<\/p>\n\n\n\n<p>La nouvelle sp\u00e9cialisation du chapeau a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d'un nouvel objectif : le chapeau en tant qu'attraction touristique. Jes\u00fas Zamora Corona, directeur des archives historiques de San Francisco del Rinc\u00f3n, explique qu'en 2021, le Festival de la Flor del Sombrero a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 pour la premi\u00e8re fois, ce qui a permis de lancer la Ruta del Sombrero. La diffusion sur les r\u00e9seaux sociaux a attir\u00e9 des visiteurs non seulement de l'\u00c9tat, mais aussi de tout le pays.<\/p>\n\n\n\n<p>L'id\u00e9e de faire du tisserand une sculpture embl\u00e9matique de San Francisco del Rinc\u00f3n est ancienne. Elle est due \u00e0 l'initiative d'une c\u00e9l\u00e8bre modiste, Mayo del Moral V\u00e1zquez, qui l'a command\u00e9e \u00e0 un sculpteur local : Francisco Pacheco Salamanca. Les traits du tisserand sont tr\u00e8s bien d\u00e9taill\u00e9s : la sculpture montre un ouvrier assis sur une chaise en train de tisser un chapeau. La municipalit\u00e9 a fourni l'espace et financ\u00e9 les travaux de g\u00e9nie civil. En 1991, le pi\u00e9destal du belv\u00e9d\u00e8re a \u00e9t\u00e9 mis en place. Le journal <span class=\"small-caps\">am<\/span> San Francisco a annonc\u00e9 la nouvelle et lanc\u00e9 l'invitation :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">H. Ayuntamiento de San Francisco del Rinc\u00f3n 89-91 et entreprises <span class=\"small-caps\">delmo<\/span> (Del Moral) ont l'honneur d'inviter les citoyens en g\u00e9n\u00e9ral et les chapeliers en particulier \u00e0 l'inauguration du monument \"Au tisserand\" ce dimanche \u00e0 20h00 au rond-point du m\u00eame nom situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 de la foire et de rendre ainsi hommage au pr\u00e9curseur de l'industrie \u00e0 San Francisco del Rinc\u00f3n\".<span class=\"small-caps\">le chapelier<\/span>\".<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de l'inauguration, l'effigie n'avait pas de chapeau. Des ann\u00e9es plus tard, \"cet insigne tr\u00e8s embl\u00e9matique\" a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 \u00e0 l'effigie (<span class=\"small-caps\">am<\/span>5 octobre 1991).<\/p>\n\n\n\n<p>La sculpture a donn\u00e9 son nom au rond-point qui \u00e9tait connu sous le nom de \"El tejedor\". Sous l'administration 2009-2012, elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e sur un terre-plein au-dessus de deux avenues. Plus tard, en 2018, elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e et d\u00e9voil\u00e9e \u00e0 nouveau, \u00e0 l'entr\u00e9e de la ville, \u00e0 l'endroit connu sous le nom de Camino Viejo. Le directeur des archives historiques de San Francisco del Rinc\u00f3n a indiqu\u00e9 que la sculpture avait effectivement \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e dans diff\u00e9rents endroits de la ville, mais qu'elle se trouvait d\u00e9sormais \u00e0 l'endroit id\u00e9al : toute personne arrivant de la ville de Le\u00f3n peut la voir et elle ne sera pas expos\u00e9e au vandalisme, comme c'\u00e9tait le cas lorsqu'elle se trouvait entre deux avenues faiblement \u00e9clair\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-22.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"495x378\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 17: Tejedor de sombrero de San Francisco del Rinc\u00f3n, Guanajuato. Fotograf\u00eda de Julio C. Castro S.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-22.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 17 : Tisseur de chapeaux de San Francisco del Rinc\u00f3n, Guanajuato. Photographie de Julio C. Castro S.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>La sculpture, r\u00e9alis\u00e9e en fibre de verre, repose sur un socle carr\u00e9 de carri\u00e8re de deux m\u00e8tres de haut et de deux m\u00e8tres de large. La plaque fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la modernisation du Camino Viejo et rappelle que le tisserand fait partie de l'histoire de San Francisco del Rinc\u00f3n. Le rond-point est entour\u00e9 de plantes et de gazon et la sculpture est situ\u00e9e au centre d'un jardin qui couvre une grande partie du rond-point. Le jardin est parrain\u00e9 par Gujama Industries.<span class=\"small-caps\">, s. a.<\/span> de <span class=\"small-caps\">c.v.,<\/span> une entreprise qui transforme des mati\u00e8res premi\u00e8res pour la fabrication de chapeaux dans la localit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La sculpture la plus r\u00e9cente d'un commerce et de son ouvrier est celle du pain \u00e0 Ac\u00e1mbaro, municipalit\u00e9 de Guanajuato. Elle a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e en juillet 2021. Le c\u00e9l\u00e8bre pain d'Ac\u00e1mbaro a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre reconnu comme tel au cours de la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1940, selon les informations de Don Antonio Silva, propri\u00e9taire de la boulangerie La Reina del Refugio et pr\u00e9sident de l'Uni\u00f3n de Productores de Pan Grande de Ac\u00e1mbaro. Cette boulangerie, qui a commenc\u00e9 \u00e0 fonctionner en 1946, est l'une des plus anciennes de la ville. La fabrication du pain d'Ac\u00e1mbaro a fait vivre plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de voisins et a \u00e9t\u00e9 un important g\u00e9n\u00e9rateur d'emplois. \u00c0 l'heure actuelle, on estime qu'environ 600 familles travaillent dans cette boulangerie.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-23.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"614x374\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 18: Panadero de Ac\u00e1mbaro, Guanajuato. Fotograf\u00eda de Julio C. Castro S.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol6num11-multimedia\/arias-monumentos-imagen-23.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 18 : Boulanger \u00e0 Ac\u00e1mbaro, Guanajuato. Photographie de Julio C. Castro S.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Quelque chose de tr\u00e8s symbolique \u00e0 Ac\u00e1mbaro est la fameuse \"pluie de pain\" qui a lieu tous les 11 juillet pour le p\u00e8lerinage qui part de l'\u00e9glise du Santo Ecce Homo vers la paroisse de Nuestra Se\u00f1ora del Refugio ; sur le chemin, les boulangers lancent des morceaux de pain et les gens les attrapent, c'est pourquoi on l'appelle ainsi. En 2019, la derni\u00e8re ann\u00e9e o\u00f9 il y a eu une pluie de pain, on estime qu'environ 200 000 morceaux ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s. La pluie de pain est une tradition qui a attir\u00e9 le tourisme des municipalit\u00e9s de Guanajuato et de Michoac\u00e1n, ce qui a contribu\u00e9 \u00e0 la faire conna\u00eetre et appr\u00e9cier tant dans le pays qu'aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 elle est emport\u00e9e et distribu\u00e9e par les r\u00e9seaux des migrants eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>La sculpture a \u00e9t\u00e9 offerte par Carlos Antonio Silva Cuevas. Bien que l'id\u00e9e soit venue de la guilde des boulangers, elle a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e par M. et Mme Silva, propri\u00e9taires de la boulangerie La Reina del Refugio. La sculpture repr\u00e9sente un boulanger \u00e0 v\u00e9lo avec une corbeille de pain sur la t\u00eate. Elle est r\u00e9alis\u00e9e en r\u00e9sine \u00e9poxy avec une peinture de couleur bronze. Elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par le sculpteur Jerson Castillo Aguado, originaire de Morelia. Le socle a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u et construit par l'architecte Alberto Hern\u00e1ndez Serrano. La sculpture a une hauteur de 2,10 m\u00e8tres et p\u00e8se 80 kilogrammes. Le socle mesure 1,5 m\u00e8tre de long, 2,10 m\u00e8tres de large et un m\u00e8tre de haut.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 sur un socle en b\u00e9ton devant le temple expiatoire de la ville, dans l'un des jardins de la place connue sous le nom d'atrium paroissial, dans le centre historique d'Ac\u00e1mbaro. Cet emplacement a \u00e9t\u00e9 choisi pour trois raisons : tout d'abord, parce qu'il s'agit d'une voie pi\u00e9tonne tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9e le long de l'une des principales rues d'Ac\u00e1mbaro, qui relie le sud et le nord de la ville ; le monument attire donc l'attention des voisins et des touristes, qui le prennent souvent en photo. Mais aussi parce que le cur\u00e9 de l'\u00e9glise, Fray Javier Gordillo Arellano, a donn\u00e9 l'espace en reconnaissance du m\u00e9tier de boulanger \u00e0 Ac\u00e1mbaro. Enfin, on a estim\u00e9 que c'\u00e9tait le bon endroit, puisque l'Union des boulangers se rend chaque ann\u00e9e en p\u00e8lerinage \u00e0 la paroisse de la Virgen del Refugio, patronne de la ville. \u00c0 un moment donn\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 de le placer dans un rond-point \u00e0 la sortie de la commune de Salvatierra, mais les donateurs ont estim\u00e9 qu'il passerait inaper\u00e7u en raison de la vitesse \u00e0 laquelle les v\u00e9hicules circulent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">Quelques r\u00e9flexions<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les monuments que nous avons pr\u00e9sent\u00e9s pr\u00e9sentent des diff\u00e9rences qui montrent une rupture totale avec la logique, les symboles, les discours, les espaces, les donateurs avec lesquels ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9s \u00e0 une \u00e9poque pas si lointaine.<\/p>\n\n\n\n<p>La visite des monuments et des sculptures dans la vid\u00e9o, sans doute incompl\u00e8te, montre que dans les villes moyennes, les petites villes et les localit\u00e9s rurales du Mexique, il y a un regain d'int\u00e9r\u00eat pour l'\u00e9rection de monuments publics. Cette tendance contraste avec ce qui se passe dans les grandes villes, o\u00f9 ils sont devenus une ar\u00e8ne de confrontation sociopolitique qui a conduit, dans le meilleur des cas, \u00e0 leur retrait et \u00e0 leur sauvegarde \u00e0 la recherche d'autres temps et d'autres espaces. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un calcul strict, 25 des nouveaux monuments ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s depuis le d\u00e9but du mill\u00e9naire.<\/p>\n\n\n\n<p>La visite s'ach\u00e8ve sur la certitude que les monuments attestent de la force de la diversit\u00e9, du dynamisme, de la capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9agir et \u00e0 faire face \u00e0 l'adversit\u00e9 qui a toujours exist\u00e9 dans le monde rural mexicain. Une diversit\u00e9, des capacit\u00e9s et des volont\u00e9s qui ont \u00e9t\u00e9 occult\u00e9es par une vision homog\u00e9n\u00e9isante des soci\u00e9t\u00e9s rurales et de leurs t\u00e2ches. \u00c0 travers des monuments et des sculptures, les communaut\u00e9s ont commenc\u00e9 \u00e0 mettre en lumi\u00e8re les micro-histoires du travail qui leur a permis de faire face \u00e0 la crise de l'agriculture traditionnelle qui s'est fait sentir \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950 dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s'agit de m\u00e9tiers reconnus et pratiqu\u00e9s dans les localit\u00e9s qui, \u00e0 diff\u00e9rents moments de l'histoire, sont devenus l'activit\u00e9 qui leur a sauv\u00e9 la vie, dont on ne savait pas grand-chose et dont on se vantait encore moins. Cette situation a chang\u00e9 au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. La diversification \u00e9conomique s'est av\u00e9r\u00e9e fructueuse et a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 de nouveaux acteurs sociaux divers, avec leurs propres programmes, int\u00e9r\u00eats et ressources, qui ont d\u00e9cid\u00e9, entre autres, de reconna\u00eetre, de faire conna\u00eetre et de remercier les activit\u00e9s, les produits et les travailleurs qui les avaient rendus prosp\u00e8res et hautement reconnus dans leurs cr\u00e9neaux commerciaux, \u00e0 l'int\u00e9rieur et \u00e0 l'ext\u00e9rieur de leurs micror\u00e9gions. Il s'agit de monuments de remerciement \u00e0 des objets, ce qui est tr\u00e8s inhabituel dans le genre monumental. Ils ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us pour rendre hommage \u00e0 des produits et \u00e0 des objets d'origine agricole ou manufacturi\u00e8re qui ont modifi\u00e9 la base \u00e9conomique des localit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pouvons les comprendre comme une sorte de gratitude collective dans la mesure o\u00f9 les voisins reconnaissent explicitement qu'ils ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette sp\u00e9cialisation productive. Le plus remarquable est peut-\u00eatre qu'il s'agit d'une reconnaissance et d'une appr\u00e9ciation d'eux-m\u00eames, car ce sont eux, les voisins, ind\u00e9pendamment des discours et du soutien des gouvernements, qui ont invent\u00e9 ou r\u00e9invent\u00e9 des t\u00e2ches pour rendre leurs \u00e9conomies viables, et c'est aussi ce qu'ils remercient par des statues et des monuments.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des monuments la\u00efques qui rompent avec le culte des \u00e9pop\u00e9es religieuses ou civiles \u00e9tablies. Les monuments ne reconnaissent pas les images religieuses, les h\u00e9ros des \u00e9pop\u00e9es nationales, ni m\u00eame les h\u00e9ros locaux. L'absence de r\u00e9f\u00e9rences religieuses, la recherche de soutien ou d'implication des paroisses est r\u00e9v\u00e9latrice de la perte de pouvoir de l'\u00c9glise et de l'avanc\u00e9e de la s\u00e9cularisation, m\u00eame dans des communaut\u00e9s traditionnellement tr\u00e8s catholiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Un fait est frappant : les nouveaux monuments sont peut-\u00eatre quelque peu n\u00e9glig\u00e9s, certaines fontaines ne fonctionnent pas, leurs plaques ont \u00e9t\u00e9 vol\u00e9es (pour les vendre), mais ils ne sont pas vandalis\u00e9s, c'est-\u00e0-dire qu'ils n'ont pas \u00e9t\u00e9 graffit\u00e9s, alt\u00e9r\u00e9s ou amput\u00e9s d'une partie, comme on l'a vu dans tant d'endroits. En fait, ce n'est qu'\u00e0 San Francisco del Rinc\u00f3n que l'on a pr\u00e9tendu que le tisserand avait \u00e9t\u00e9 vandalis\u00e9, ce qui a entra\u00een\u00e9 son d\u00e9placement. Aucun des nouveaux monuments n'a \u00e9t\u00e9 aussi mal accueilli ou n'a eu une vie aussi \u00e9ph\u00e9m\u00e8re (moins de trois jours) que celui d'Andr\u00e9s Manuel L\u00f3pez Obrador \u00e0 Atlacomulco, dans l'\u00c9tat de Mexico, dont la destruction imm\u00e9diate a mis en \u00e9vidence, parmi plusieurs lectures possibles, la d\u00e9saffection populaire \u00e0 l'\u00e9gard des monuments traditionnels aux hommes politiques, si bien accueillis \u00e0 d'autres \u00e9poques.<\/p>\n\n\n\n<p>Les <em>nouveau<\/em> Les monuments ont rompu avec les canons esth\u00e9tiques et chromatiques et les mat\u00e9riaux avec lesquels les monuments traditionnels \u00e9taient fabriqu\u00e9s. Les cr\u00e9ateurs sont g\u00e9n\u00e9ralement des artistes ou des artisans locaux qui comprennent les go\u00fbts et partagent les sentiments des voisins \u00e0 l'\u00e9gard des monuments. Comme ce sont les donateurs qui les financent, ils d\u00e9cident des dimensions et des caract\u00e9ristiques, toujours tr\u00e8s figuratives et de plus en plus color\u00e9es et grandioses. Les monuments sont r\u00e9alis\u00e9s dans des ateliers locaux et des lieux proches avec des mat\u00e9riaux industriels peu co\u00fbteux ou disponibles localement : basalte, ciment, fibre de verre, m\u00e9taux, pierre, r\u00e9sine.<\/p>\n\n\n\n<p>Presque toutes les activit\u00e9s qui ont fait l'objet de monuments partagent une caract\u00e9ristique : l'existence, dans les localit\u00e9s ou \u00e0 proximit\u00e9, de connaissances ou de produits qu'elles ont appris, \u00e0 un moment donn\u00e9, \u00e0 utiliser comme mati\u00e8res premi\u00e8res pour la consommation domestique ou le petit commerce. Certains sont des m\u00e9tiers tr\u00e8s anciens li\u00e9s aux ressources naturelles, dont la trajectoire remonte \u00e0 l'\u00e9poque pr\u00e9hispanique ou coloniale, comme la fabrication de guitares \u00e0 Paracho, ou les molcajetes de San Lucas Evangelista et de Comonfort. D'autres ont \u00e9t\u00e9 apprises ou d\u00e9velopp\u00e9es gr\u00e2ce aux opportunit\u00e9s g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par le passage du chemin de fer pendant le Porfiriato, comme la chapellerie \u00e0 San Francisco del Rinc\u00f3n et l'aviculture dans les Altos de Jalisco, qui ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 les comp\u00e9tences et les r\u00e9seaux n\u00e9cessaires \u00e0 la promotion de l'aviculture.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, il y a celles qui se sont d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 partir des ann\u00e9es 1940 pour diversifier les activit\u00e9s face \u00e0 l'insuffisance de l'agriculture comme base de l'\u00e9conomie familiale. Il y a deux cas atypiques : les paletas de Mexticac\u00e1n et de Tocumbo ; mais aussi le pain d'Ac\u00e1mbaro, le piment de Yahualica ; et certainement les fruits commerciaux tels que l'ananas de Huimanguillo, le caf\u00e9 de Xicotepec, la pomme de Zacatl\u00e1n, l'orange d'\u00c1lamo, la canne \u00e0 sucre d'El Higo ; plus tard, le citron de Tecom\u00e1n, l'avocat de Tanc\u00edtaro, la m\u00fbre de Los Reyes, la fraise de Jacona.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans plusieurs de ces activit\u00e9s, le travail des femmes a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent et indispensable, m\u00eame s'il apparaissait comme une activit\u00e9 invisible ou compl\u00e9mentaire, toujours altruiste et ancr\u00e9e dans la notion d'\u00e9conomie familiale paysanne traditionnellement attribu\u00e9e au travail des femmes. Sans insister sur les p\u00e9nibles t\u00e2ches domestiques qu'elles accomplissaient quotidiennement, elles ont \u00e9t\u00e9 journali\u00e8res, \u00e9leveuses, cueilleuses, tisseuses, travailleuses \u00e0 domicile et, plus tard, ouvri\u00e8res dans des usines et des ateliers, dont les revenus, en esp\u00e8ces ou en nature, ont contribu\u00e9 \u00e0 la constitution de budgets de plus en plus d\u00e9ficitaires gr\u00e2ce \u00e0 l'agriculture.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut noter qu'une des caract\u00e9ristiques les plus notables des nouveaux monuments est qu'ils ont cess\u00e9 de se battre et de se disputer l'espace central, la place, qui \u00e9tait l'espace de pr\u00e9dilection des monuments civico-religieux. Seuls treize des 41 monuments que nous avons \u00e9tudi\u00e9s, soit un tiers, sont situ\u00e9s dans les jardins principaux des villes. Les jardins centraux ont \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9s \u00e0 des sculptures correspondant \u00e0 d'autres moments de l'histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Comme on le sait, les communaut\u00e9s rurales ne disposaient pas d'espaces publics alternatifs, c'est-\u00e0-dire de promenades, de jardins ou d'avenues, tels que ceux qui pouvaient \u00eatre utilis\u00e9s au XIXe si\u00e8cle pour l'installation de monuments, de sculptures, de fontaines et d'h\u00e9micycles, conform\u00e9ment aux propositions de l'\u00c9tat r\u00e9publicain naissant. Mais les habitants ont su profiter d'un changement majeur dans la dynamique spatiale des villes au XXe si\u00e8cle : la n\u00e9cessaire modernisation des acc\u00e8s aux villes. L'intensification du trafic, les accidents, la difficult\u00e9 de stationner, de circuler et de man\u0153uvrer dans les centres ont rendu n\u00e9cessaire l'\u00e9largissement et la diversification des acc\u00e8s avec la cr\u00e9ation ou l'agrandissement de ruelles, de routes et de rocades qui \u00e9vitaient le passage auparavant indispensable par les centres. L'implantation des statues dans les espaces centraux a favoris\u00e9 la monumentalit\u00e9, soit par l'augmentation de la taille des statues, soit par l'\u00e9l\u00e9vation des socles qui les supportent.<\/p>\n\n\n\n<p>La modernisation a favoris\u00e9 les entr\u00e9es et sorties vers d'autres communes, r\u00e9gions et aires m\u00e9tropolitaines. Ce processus a eu des cons\u00e9quences inattendues sur la dynamique sociale et \u00e9conomique des centres, qui ont perdu des \u00e9tablissements importants et des voies de transit. La situation a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement compliqu\u00e9e pour les communaut\u00e9s qui vendaient leurs produits dans le centre.<\/p>\n\n\n\n<p>C'est pourquoi les avis sont partag\u00e9s. Dans certains cas, les autorit\u00e9s municipales ont refus\u00e9 l'installation de nouveaux monuments dans le centre au motif qu'il y avait d\u00e9j\u00e0 trop d'\u00e9l\u00e9ments, mais surtout parce qu'ils devaient \"respecter\" l'espace des h\u00e9ros. Cependant, certaines autorit\u00e9s et certains commer\u00e7ants consid\u00e8rent que les nouvelles sculptures, ainsi que les lettres, permettent \u00e0 nouveau aux touristes de visiter, d'utiliser et de consommer dans le centre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Les espaces ainsi d\u00e9gag\u00e9s - ruelles, avenues, routes et ronds-points - d\u00e9pourvus de sens et d'int\u00e9r\u00eats sont devenus les lieux privil\u00e9gi\u00e9s d'implantation des nouveaux monuments. Ils ont ainsi commenc\u00e9 \u00e0 s'approprier, \u00e0 identifier, \u00e0 nommer, \u00e0 donner du sens, de nouvelles significations, aux non-lieux qui \u00e9mergeaient avec l'expansion urbaine. En m\u00eame temps, ils ont contribu\u00e9 \u00e0 distribuer la circulation, \u00e0 \u00e9tendre l'habitat, les activit\u00e9s, les services vers les p\u00e9riph\u00e9ries. L'emplacement des nouveaux monuments, bien que co\u00efncidant, n'est pas sans importance. Ils ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s \u00e0 des endroits cl\u00e9s en termes de connexions qui aident \u00e0 organiser le trafic et \u00e0 se connecter avec d'autres populations, en particulier avec les grandes villes et d'autres entit\u00e9s. La communaut\u00e9 doit \u00eatre bien connect\u00e9e au monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme nous l'avons vu, divers discours ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s pour l\u00e9gitimer ces emplacements : trop de statues dans les jardins rendraient les nouveaux monuments peu \"visibles\" ; dans les promenades et les ronds-points, ils peuvent \u00eatre vus de loin et depuis les v\u00e9hicules en mouvement (d'o\u00f9 les socles sur\u00e9lev\u00e9s). Ainsi, les visiteurs reconna\u00eetront et se souviendront \u00e0 jamais du lieu qu'ils visitent ou traversent ; ils pourront \u00e9galement \u00eatre admir\u00e9s depuis les bancs des promenades et des jardins ; enfin, ils ont am\u00e9lior\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9 aux abords, ces espaces solitaires et mal \u00e9clair\u00e9s qui \u00e9taient devenus dangereux. Dans certains cas, l'emplacement des nouveaux monuments a facilit\u00e9 la circulation et les man\u0153uvres des \u00e9normes v\u00e9hicules des entreprises sponsors.<\/p>\n\n\n\n<p>De par leur situation, leur taille et leur plasticit\u00e9, les monuments des ronds-points sont devenus des espaces embl\u00e9matiques de c\u00e9l\u00e9brations, d'hommages, de comm\u00e9morations et de rencontres. Ils peuvent \u00eatre color\u00e9s ou intervenir en fonction de l'activit\u00e9 en question, ce qui est impensable avec les monuments des h\u00e9ros et des h\u00e9ro\u00efnes. De plus, bien qu'il s'agisse \u00e0 l'origine de lieux p\u00e9riph\u00e9riques, ils sont rapidement devenus des points de rep\u00e8re pour les habitants et les \u00e9trangers, comme c'est le cas du rond-point du Huevo et de tant d'autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Les nouveaux monuments font partie des nouvelles significations avec lesquelles les communaut\u00e9s doivent \u00eatre favoris\u00e9es, en particulier en ce qui concerne l'attraction touristique. La combinaison des nouveaux monuments et des lettres avec le nom de la ville est attrayante dans ce sens. L'exemple du piment de Yahualica sur les lettres est un exemple magistral de la possibilit\u00e9 de prendre une seule photo avec les deux.<\/p>\n\n\n\n<p>Les <em>nouveau<\/em> Les monuments ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s aux sc\u00e9narios et aux projets promus au niveau national et repris dans les discours : la cr\u00e9ation ou la recr\u00e9ation d'\u00e9l\u00e9ments valoris\u00e9s, bien que fictifs, gr\u00e2ce \u00e0 la politique des Pueblos M\u00e1gicos, la valorisation du patrimoine local, la recherche du d\u00e9veloppement social par le biais du tourisme, la cr\u00e9ation d'une \"marque\" pour les produits, l'association des produits \u00e0 l'id\u00e9e vague mais omnipr\u00e9sente de l'identit\u00e9. Les gens, beaucoup de gens, les connaissent et, d'une certaine mani\u00e8re, ils servent de mod\u00e8le \u00e0 ce qu'ils cherchent \u00e0 promouvoir dans leurs localit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La vari\u00e9t\u00e9 des formats, des raisons et des justifications est sans doute li\u00e9e \u00e0 la diversit\u00e9 des donateurs qui, comme jamais auparavant, exercent leur droit \u00e0 la libert\u00e9 de cr\u00e9ation et d'expression. Les sponsors et m\u00e9c\u00e8nes de la <em>nouveau<\/em> Les monuments sont pour la plupart des hommes d'affaires locaux ou des b\u00e9n\u00e9ficiaires de ces entreprises, et dans une moindre mesure, un voisin ou un fonctionnaire enthousiaste et d\u00e9vou\u00e9. Les hommes d'affaires promeuvent les monuments comme une t\u00e2che personnelle ou de guilde. L'\u00c9glise est \u00e0 l'\u00e9cart et l'implication des municipalit\u00e9s est g\u00e9n\u00e9ralement mineure : les travaux de g\u00e9nie civil des ronds-points, l'\u00e9largissement des all\u00e9es, la base des monuments, la concession du site. Certaines entreprises se chargent m\u00eame de l'entretien de l'espace o\u00f9 se trouve le monument, comme c'est le cas pour le rond-point des tisserands \u00e0 San Francisco del Rinc\u00f3n.<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Et ils le font parce qu'ils le peuvent, c'est-\u00e0-dire parce qu'ils ont les moyens de financer ce qu'ils consid\u00e8rent comme important. Il convient de rappeler qu'au cours du XXe si\u00e8cle, c'est l'\u00c9tat ou les entit\u00e9s qui ont financ\u00e9 et, par cons\u00e9quent, qui ont d\u00e9cid\u00e9 des lieux et des personnages auxquels rendre hommage, toujours dans la perspective de l'histoire de bronze et des espaces sacr\u00e9s que les autorit\u00e9s revendiquent encore aujourd'hui. Les voisins n'ont pas \u00e9t\u00e9 consult\u00e9s sur la question et n'ont pas pu proposer d'alternatives. Le monde rural, comme nous le savons, s'\u00e9tait de plus en plus appauvri en termes de ressources et de discours, une situation qui le rendait d\u00e9pendant des regards officiels et de l'argent. Cette situation a radicalement chang\u00e9. Nous voyons aujourd'hui un ensemble d'acteurs locaux disposant de ressources, d'exp\u00e9riences et de relations suffisantes, mais aussi de l'enthousiasme et de la volont\u00e9 de proposer, de financer et de projeter l'image qui les int\u00e9resse, les motive et nous a permis de confirmer, une fois de plus, la force et la vigueur de la diversit\u00e9 rurale mexicaine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Arias, Patricia (2019). \u201cLos ejidos en 1935. 2020. 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De las estatuas de sal y de piedra.<\/em> M\u00e9xico: Conaculta\/Grijalbo, pp. 105-128.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ribera Carb\u00f3, Eulalia (2018). \u201cAlamedas de M\u00e9xico. \u2018Nada menos que el universo entero\u2019\u201d, en Eulalia Ribera Carb\u00f3 (coord.). <em>Alamedas de M\u00e9xico.<\/em> M\u00e9xico: Instituto de Investigaciones Dr. Jos\u00e9 Mar\u00eda Luis Mora\/Conacyt, pp. 9-34.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rodr\u00edguez Ram\u00edrez, Lorenzo (2012). <em>Sumario del chile de \u00e1rbol y las salsas de Yahualica<\/em>. Yahualica: Centro de Estudios Hist\u00f3ricos de la Caxcana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rizzi, Andrea (2021, 17 de noviembre). \u201cLas heridas a\u00fan abiertas de la Segunda Guerra Mundial, en 25 monumentos\u201d. <em>El Pa\u00eds<\/em>. Recuperado de https:\/\/elpais.com\/cultura\/2021-11-18\/todavia-hijos-de-la-segunda-guerra-mundial.html, consultado el 21 de diciembre de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rollwagen, Jack R. (2017). \u201cLos paleteros de Mexticac\u00e1n, Jalisco. Un estudio de empresarios rurales en M\u00e9xico 1964-1966\u201d, en Patricia Arias (coord.). <em>Migrantes exitosos. La franquicia social como modelo de negocios.<\/em> Guadalajara: Universidad de Guadalajara, pp. 33-72.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Warman, Arturo (1980). <em>Los campesinos. Hijos predilectos del r\u00e9gimen<\/em>. M\u00e9xico: Nuestro Tiempo.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-text-color has-background has-accent-background-color has-accent-color is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Patricia Arias<\/em> est titulaire d'une licence et d'une ma\u00eetrise en anthropologie sociale de l'Universidad Iberoamericana de Mexico et d'un doctorat (nouveau r\u00e9gime) en g\u00e9ographie et am\u00e9nagement du territoire de l'universit\u00e9 de Toulouse-Le Mirail, en France. Chercheur \u00e9m\u00e9rite au <span class=\"small-caps\">sni<\/span>. Publications r\u00e9centes : (2021) <em>De l'agriculture \u00e0 la sp\u00e9cialisation. D\u00e9bats et \u00e9tudes de cas au Mexique<\/em> (avec Katia Lozano, coords.). Guadalajara : Universidad de Guadalajara (2020) \"De las migraciones a las movilidades. Los Altos de Jalisco\", in <em>Interstices sociaux,<\/em> ann\u00e9e 10, n\u00b0 19, mars-ao\u00fbt. (2021) \"Una revisi\u00f3n necesaria : la relaci\u00f3n campo-ciudad\", in Hugo Jos\u00e9 Su\u00e1rez <em>et al<\/em>. <em>Vers un agenda pour repenser l'exp\u00e9rience religieuse urbaine : questions et instruments.<\/em> Mexique, <span class=\"small-caps\">unam<\/span>(2021) \"La migraci\u00f3n interna : Despoblamiento y metropolizaci\u00f3n\", in Jorge Durand et Jorge A. Schiavon (eds.). <em>Jalisco : terre de migrants. Diagnostic et propositions de politiques publiques.<\/em> Guadalajara : C\u00e1tedra Jorge Durand de Estudios Migratorios, <span class=\"small-caps\">cide<\/span>Fondation Konrad Adenauer et gouvernement de l'\u00c9tat de Jalisco.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Julio C\u00e9sar Castro Saavedra<\/em> est ing\u00e9nieur civil de l'Universidad Veracruzana ; \u00e9tudiant en licence de g\u00e9ographie \u00e0 l'Universidad de Guadalajara. Assistant national de recherche <span class=\"small-caps\">sni<\/span>.  Travaux de construction et de voirie dans l'\u00c9tat de Guanajuato.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Martha Mu\u00f1oz Dur\u00e1n<\/em> est titulaire d'un doctorat en g\u00e9ographie et en am\u00e9nagement du territoire de l'universit\u00e9 de Guadalajara. <span class=\"small-caps\">sni<\/span>. Publications r\u00e9centes : (2021) \"La producci\u00f3n de queso en los Altos de Jalisco y sur de Zacatecas. Una especializaci\u00f3n dispersa\", dans Patricia Arias et Katia Lozano (coords.). <em>De l'agriculture \u00e0 la sp\u00e9cialisation. D\u00e9bats et \u00e9tudes de cas au Mexique. <\/em>Gudalalajara : Universit\u00e9 de Guadalajara<em>;<\/em> (2017) \"The evidence of success. Residencias y mausoleos en Santiaguito, Arandas, Jalisco \" (avec Imelda S\u00e1nchez), in Patricia Arias (coord.). <em>Des migrants qui r\u00e9ussissent. Le franchisage social comme mod\u00e8le<\/em> <em>les entreprises. <\/em>(2019) (avec Patricia Arias et Imelda S\u00e1nchez) \"Debajo del radar. Le travail des femmes dans les Altos de Jalisco\", in <em>Charte \u00e9conomique r\u00e9gionale<\/em>123, ann\u00e9e 31.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Imelda S\u00e1nchez Garc\u00eda<\/em> est ing\u00e9nieur en syst\u00e8mes d'\u00e9levage et titulaire d'un master en production animale durable du Centro Universitario de los Altos de l'Universit\u00e9 de Guadalajara. Publications r\u00e9centes : (2021) \"Conservando el sabor con tradici\u00f3n : Panificadora La Alte\u00f1a (avec Elia Rodr\u00edguez), in C\u00e1ndido Gonz\u00e1lez P\u00e9rez (comp.). <em>Production d'aliments identitaires des hauts plateaux du sud de Jalisco<\/em>. Tepatitl\u00e1n : Universidad de Guadalajara ; (2021) \"La producci\u00f3n porcina en La Piedad, Michoac\u00e1n, y los Altos de Jalisco\", in Patricia Arias et Katia Lozano (coords.). <em>De l'agriculture \u00e0 la sp\u00e9cialisation<\/em>. <em>D\u00e9bats et \u00e9tudes de cas au Mexique.<\/em> Guadalajara : Universidad de Guadalajara ; (2021) (avec Martha Mu\u00f1oz Dur\u00e1n) \"La venta de hierba blanca y verde : los taqueros de Santiaguito de Vel\u00e1zquez\", in C\u00e1ndido Gonz\u00e1lez P\u00e9rez (comp.). <em>Production d'aliments identitaires des hauts plateaux du sud de Jalisco<\/em>. Tepatitl\u00e1n : Universit\u00e9 de Guadalajara.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 La vid\u00e9o et le texte qui accompagnent cet article s'appuient sur un type de source particulier : les monuments et les statues des espaces publics qui rendent compte de trois transformations majeures et profondes du monde rural mexicain. 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