{"id":36342,"date":"2022-09-21T06:05:08","date_gmt":"2022-09-21T06:05:08","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=36342"},"modified":"2023-11-17T17:48:30","modified_gmt":"2023-11-17T23:48:30","slug":"flores-estrategias-cuidado-violencia-espacio-publico-mexico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/flores-estrategias-cuidado-violencia-espacio-publico-mexico\/","title":{"rendered":"Strat\u00e9gies de soins face \u00e0 la violence masculine dans les espaces publics de la ville de Mexico"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article reprend les r\u00e9sultats d'un processus de recherche-action participative avec une perspective f\u00e9ministe o\u00f9 l'exp\u00e9rience des femmes dans l'espace public est explor\u00e9e en profondeur et comment, \u00e0 partir de l\u00e0, leurs corps non seulement r\u00e9sistent mais aussi r\u00e9agissent \u00e0 un sc\u00e9nario hostile dans lequel il est n\u00e9cessaire d'\u00eatre constamment en alerte. Le travail met l'accent sur la prise de conscience de cette violence et de son implication dans les pratiques urbaines des femmes, en particulier la g\u00e9n\u00e9ration de strat\u00e9gies de protection et de soins, depuis les pratiques quotidiennes individuelles ou collectives dans les espaces proches jusqu'\u00e0 celles qui ont \u00e9merg\u00e9 et se sont consolid\u00e9es gr\u00e2ce au militantisme, ce qui met en \u00e9vidence les diff\u00e9rentes mani\u00e8res dont les femmes s'organisent et affrontent un quotidien o\u00f9 r\u00e8gnent la peur et la violence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/autodefensa-feminista\/\" rel=\"tag\">autod\u00e9fense f\u00e9ministe<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/espacios-publicos\/\" rel=\"tag\">les espaces publics<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/mujeres\/\" rel=\"tag\">femmes<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/violencia\/\" rel=\"tag\">violence<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">care strategies against sexist violence by men in public spaces of mexico city<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Le pr\u00e9sent article reprend les r\u00e9sultats d'une action d'enqu\u00eate participative avec une perspective f\u00e9minine, en explorant en profondeur l'exp\u00e9rience des femmes dans les espaces publics et comment, \u00e0 partir de l\u00e0, leurs corps non seulement ressentent, mais aussi r\u00e9agissent \u00e0 un environnement hostile qui les oblige \u00e0 \u00eatre en \u00e9tat d'alerte permanent. Cet article met l'accent sur la prise de conscience de ces violences et leur implication dans les pratiques urbaines des femmes, en particulier lorsqu'elles \u00e9laborent des strat\u00e9gies de protection et de soins. Des pratiques quotidiennes individuelles ou collectives dans des espaces proches \u00e0 celles qui ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es et consolid\u00e9es par l'activisme, qui expose les diff\u00e9rentes mani\u00e8res dont les femmes s'organisent et font face \u00e0 un quotidien o\u00f9 r\u00e8gnent la peur et la violence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : violence, espaces publics, femmes, autod\u00e9fense f\u00e9ministe.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Depuis 2017, le collectif Crea Ciudad, en collaboration avec le laboratoire Habitat social : participation et genre. <span class=\"small-caps\">fa-unam<\/span>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des collectifs et des femmes activistes ont mis en place un projet de recherche collaborative sur la violence contre les femmes dans les espaces publics de la ville de Mexico (<span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>). L'\u00e9tude, de nature qualitative, est bas\u00e9e sur un travail ethnographique et constitue un exercice de recherche-action participative avec une perspective f\u00e9ministe (<span class=\"small-caps\">iapf<\/span>) dans divers espaces et groupes de femmes. Cette approche a permis de produire des connaissances \u00e0 partir de l'exp\u00e9rience de femmes issues de r\u00e9alit\u00e9s diff\u00e9rentes, qui analysent leur contexte et identifient les pratiques quotidiennes, personnelles ou collectives, qui permettent des processus de transformation dans leurs espaces de vie, notamment ceux li\u00e9s \u00e0 l'autosoin et aux soins communautaires.<\/p>\n\n\n\n<p>En tant que groupe de recherche,<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> adopter le <span class=\"small-caps\">iapf<\/span>nous a donn\u00e9 la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er un espace de recherche mutuelle afin de sensibiliser et d'analyser de mani\u00e8re critique une situation qui nous touche en tant que femmes et de tisser une communaut\u00e9 de soutien o\u00f9 nous pouvons d\u00e9velopper des capacit\u00e9s et collaborer pour contribuer \u00e0 l'\u00e9radication de la violence masculine. Tout cela \u00e0 partir de nos espaces imm\u00e9diats, de la construction de strat\u00e9gies d'action dans nos environnements quotidiens, qui peuvent \u00eatre le travail, le militantisme, l'\u00e9cole, notre communaut\u00e9 ou notre quartier.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, la recherche a permis d'\u00e9tablir un espace de production de connaissances \u00e0 partir de diff\u00e9rentes perspectives et comprend des entretiens approfondis, des exercices d'observation participante, des ateliers et des espaces de discussion. Elle comprend des comptes rendus de discussions informelles, des dessins, des photographies, des cartographies collectives, des suivis de r\u00e9seaux, des dessins, des rapports d'ateliers et des journaux intimes. Le travail a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 dans diff\u00e9rents espaces universitaires et militants, et a conduit \u00e0 l'int\u00e9gration de ses r\u00e9sultats dans des projets plus larges, \u00e0 la consolidation de r\u00e9seaux et \u00e0 de nouvelles possibilit\u00e9s de recherche.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce texte pr\u00e9sente les r\u00e9sultats de l'atelier \"Prendre soin les uns des autres\", organis\u00e9 \u00e0 Mexico en 2019. L'atelier a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 en deux sessions, avec l'intention de cr\u00e9er un espace de r\u00e9flexion et de dialogue autour de deux questions : comment vivons-nous en tant que femmes dans une ville o\u00f9 le taux de violence est \u00e9lev\u00e9, en particulier la violence contre les femmes dans les espaces publics, et comment r\u00e9agissons-nous et mettons-nous en \u0153uvre des strat\u00e9gies pour faire face \u00e0 ce contexte ?<\/p>\n\n\n\n<p>L'appel invitait les femmes majeures qui vivent ou exercent une grande partie de leurs activit\u00e9s dans la ville de Mexico. Au cours des sessions, 16 femmes \u00e2g\u00e9es de 18 \u00e0 45 ans ont particip\u00e9, avec des professions et des caract\u00e9ristiques socio-\u00e9conomiques diverses. Ainsi, le groupe \u00e9tait compos\u00e9 des profils suivants : lyc\u00e9ennes et \u00e9tudiantes, femmes d'affaires et travailleuses ind\u00e9pendantes, professionnelles dans les domaines de la psychologie, de l'architecture et de la gestion culturelle, enseignantes de diff\u00e9rents niveaux et disciplines, femmes d\u00e9di\u00e9es au travail domestique, femmes actuellement \u00e0 la recherche d'un emploi et femmes artistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les participants aux sessions sont des habitants des municipalit\u00e9s de Cuauht\u00e9moc, Azcapotzalco, Coyoac\u00e1n, Tl\u00e1huac et \u00c1lvaro Obreg\u00f3n, ainsi que de l'\u00c9tat de Mexico (<span class=\"small-caps\">edomex<\/span>), notamment des municipalit\u00e9s d'Ecatepec, Cuautitl\u00e1n Izcalli et Naucalpan, dont les activit\u00e9s quotidiennes, comme l'\u00e9cole ou le travail, se d\u00e9roulent dans la capitale.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d'abord, l'article pr\u00e9sente quelques chiffres qui donnent un aper\u00e7u du contexte alarmant de violence dans lequel nous sommes plong\u00e9es en tant que femmes habitant Mexico. Il pr\u00e9sente ensuite les r\u00e9sultats de la discussion et de l'analyse effectu\u00e9es par le groupe de participants. Il est important de mentionner que pendant ces sessions, des exercices et des techniques de groupe ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour \u00e9tablir une atmosph\u00e8re de confiance entre les participants. Cela a permis de lib\u00e9rer la parole et d'approfondir les \u00e9motions des femmes, notamment la peur qu'elles \u00e9prouvent dans l'espace public, comment elle est ressentie dans le corps, \u00e0 quoi elle r\u00e9pond, comment elle les fait r\u00e9agir, comment elle se manifeste dans l'exp\u00e9rience urbaine et comment elle d\u00e9termine l'utilisation et l'appropriation de l'espace public par les participantes. Ensuite, \u00e0 partir de l'analyse d'un d\u00e9placement quotidien, on identifie les strat\u00e9gies de protection et de prise en charge individuelle et collective qui sont mises en place \u00e0 partir de conditions et de capacit\u00e9s diverses, face \u00e0 un sc\u00e9nario de peu d'efficacit\u00e9 offert par les politiques gouvernementales pour freiner la violence qui pr\u00e9vaut actuellement dans la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>L'article souligne ces strat\u00e9gies et leur int\u00e9gration dans les espaces proches des femmes. En ce sens, l'article conclut sur les apports de l'autod\u00e9fense f\u00e9ministe en tant qu'alternative viable pour g\u00e9rer la s\u00e9curit\u00e9. \u00c0 travers des entretiens avec des collectifs qui abordent la question, l'article met en \u00e9vidence le potentiel des espaces d'articulation entre les femmes, dont les lignes d'action se basent sur l'organisation et la prise en charge collective visant diff\u00e9rents domaines, construisant une alternative pour d\u00e9velopper des liens et des r\u00e9seaux de soutien et pour affronter la violence masculine.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que le projet cherche \u00e0 donner une visibilit\u00e9 \u00e0 la proposition et aux actions propos\u00e9es \u00e0 partir de l'exp\u00e9rience des femmes, ainsi que des organisations et des collectifs, leurs t\u00e9moignages sont consid\u00e9r\u00e9s comme des contributions essentielles \u00e0 son d\u00e9veloppement et \u00e0 son avancement. C'est pourquoi nous tenons \u00e0 remercier chacun d'entre eux pour leur collaboration \u00e0 ce travail. Tout au long du texte, les t\u00e9moignages et les voix des participantes sont int\u00e9gr\u00e9s par le biais de citations textuelles ; toutefois, \u00e0 la demande des femmes pr\u00e9sentes, leurs v\u00e9ritables noms ne sont pas mentionn\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mexico : un contexte hostile pour les femmes et les filles<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">C'est peut-\u00eatre que tout cela a toujours exist\u00e9, mais c'est aussi que cela envahit continuellement tous les espaces, les lieux o\u00f9 vous pensiez que rien ne vous arriverait jamais, \u00e0 l'universit\u00e9, dans les toilettes de l'universit\u00e9 ! Dans le taxi, dans le m\u00e9tro, dans le logement que vous habitez, m\u00eame sur les ponts ! L'autre fois, j'ai vu comment ils ont film\u00e9 des femmes montant les escaliers du pont depuis le bas. Avant vous saviez quand il \u00e9tait plus s\u00fbr de sortir, ou quels quartiers \u00e9viter, maintenant vous vous sentez vuln\u00e9rable dans tous les espaces, quartiers et transports, vous pensez que le prochain sera vous (Gisel, 39 ans, <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>La ville de Mexico est l'\u00c9tat o\u00f9 le taux de femmes victimes de violence dans les espaces publics est le plus \u00e9lev\u00e9 du pays (<span class=\"small-caps\">inegi<\/span>, 2016). On estime que six femmes sur dix ont \u00e9t\u00e9 agress\u00e9es de diff\u00e9rentes mani\u00e8res dans la rue, dans les parcs ou dans les transports publics.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> Parmi les agressions les plus fr\u00e9quentes figurent les phrases offensives \u00e0 caract\u00e8re sexuel (74%) et les attouchements inappropri\u00e9s (58%) (<span class=\"small-caps\">inegi<\/span>, 2016). Cela fait de la capitale du pays l'un des endroits o\u00f9 la pr\u00e9valence des agressions contre les femmes en milieu communautaire est la plus \u00e9lev\u00e9e.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La rue et les transports publics sont identifi\u00e9s comme les espaces o\u00f9 se concentrent les agressions.<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, le m\u00e9tro est mentionn\u00e9 comme le lieu o\u00f9 se produisent la plupart des violences, qui sont g\u00e9n\u00e9ralement de nature sexuelle. Selon l'enqu\u00eate sur les violences sexuelles dans les transports publics et les espaces publics de l <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span> 2018, 88,5% des femmes ayant particip\u00e9 \u00e0 l'\u00e9tude ont d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 victimes de violences sexuelles lors de leurs d\u00e9placements dans les transports ou dans divers espaces publics de la ville, \u00e0 au moins une occasion au cours de l'ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e (<span class=\"small-caps\">onu<\/span> Femmes, 2018). Si l'on tient compte du fait que huit femmes sur dix qui sont agress\u00e9es ne portent pas plainte aupr\u00e8s des autorit\u00e9s, le tableau est assez illustratif. D'apr\u00e8s l'enqu\u00eate, la m\u00e9fiance \u00e0 l'\u00e9gard des autorit\u00e9s, le manque de temps et la m\u00e9connaissance du protocole de signalement figurent parmi les principales raisons de ne pas signaler une agression aux autorit\u00e9s. A cela s'ajoute la violence institutionnelle exerc\u00e9e \u00e0 l'encontre des victimes au cours du processus.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette situation est alarmante et a des cons\u00e9quences importantes sur la vie quotidienne des femmes, dont, selon l'enqu\u00eate nationale sur la victimisation et la perception de la s\u00e9curit\u00e9 publique (<span class=\"small-caps\">inegi<\/span>, 2018), 82% disent ne pas se sentir en s\u00e9curit\u00e9 pour vivre et voyager dans la capitale.<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 ce qui pr\u00e9c\u00e8de, depuis les premiers mois de 2015, la ville de Mexico fait partie de l'initiative mondiale \" Villes s\u00fbres et espaces publics s\u00fbrs \", raison pour laquelle l'Institut des femmes de Mexico (Instituto de las Mujeres.... <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>la repr\u00e9sentation de l'Entit\u00e9 des Nations Unies pour l'\u00e9galit\u00e9 des sexes et l'autonomisation des femmes (UN Entity for Gender Equality and the Empowerment of Women (<span class=\"small-caps\">onu<\/span> Women) et le gouvernement de la capitale ont lanc\u00e9 un plan de travail conjoint pour r\u00e9aliser des diagnostics et des mesures dans l'\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre d'un programme visant \u00e0 pr\u00e9venir et \u00e0 combattre la violence sexiste dans les espaces publics et les transports publics. Ce pr\u00e9c\u00e9dent est devenu la base de la \"<span class=\"small-caps\">cdmx<\/span> Ciudad Segura y Amigable para Mujeres y Ni\u00f1as\" (Ville s\u00fbre et accueillante pour les femmes et les filles), pr\u00e9sent\u00e9 par le chef du gouvernement de la ville de l'\u00e9poque, Miguel \u00c1ngel Mancera Espinosa.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2016, le gouvernement de la <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span> a pr\u00e9sent\u00e9 la strat\u00e9gie 30-100,<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> initiative qui visait \u00e0 pr\u00e9venir, traiter et punir la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes dans les transports et les espaces publics, en utilisant des actions ayant un impact imm\u00e9diat en 100 jours. L'application mobile Vive Segura fait partie de cette strat\u00e9gie. <span class=\"small-caps\">cdmx,<\/span> le sifflet et la campagne \"<em>Votre d\u00e9nonciation est votre meilleure d\u00e9fense.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce programme ne semble toutefois pas r\u00e9pondre \u00e0 la complexit\u00e9 du probl\u00e8me, comme le montre le rapport de diverses organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile,<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> L'Observatorio de Seguimiento de la Estrategia 30-100 a pr\u00e9sent\u00e9 une \u00e9valuation dans laquelle il conclut que cette politique publique est un \u00e9chec en raison de diverses erreurs, depuis sa conception jusqu'\u00e0 son inefficacit\u00e9 dans le fonctionnement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport souligne que l'absence d'un diagnostic ad\u00e9quat pour aborder la situation avec une approche bas\u00e9e sur les droits, une perspective de genre et la justice sociale, des mesures sans projection \u00e0 long terme et le manque de gestion efficace des ressources \u00e9taient les principaux probl\u00e8mes de la strat\u00e9gie (aile gauche). <em>et al<\/em>., 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Cinq ans apr\u00e8s sa mise en \u0153uvre, et selon les informations recueillies, le programme \"Des villes s\u00fbres pour les femmes et les filles\" ne semble pas disposer d'\u00e9l\u00e9ments formels indiquant l'efficacit\u00e9 de ses strat\u00e9gies. Les raisons de son maintien, ou son \u00e9volution en fonction des contextes et de ses r\u00e9sultats, ne sont pas non plus claires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les perspectives sont sombres si l'on consid\u00e8re que dans les trois derni\u00e8res administrations du <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span> La situation de la violence contre les femmes dans le syst\u00e8me de transport public et dans la ville n'a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite ou am\u00e9lior\u00e9e de mani\u00e8re significative. Il semble m\u00eame gagner en force, par exemple lors de la derni\u00e8re crise d'ins\u00e9curit\u00e9 n\u00e9e d'informations sur des tentatives d'enl\u00e8vement dans le m\u00e9tro.<\/p>\n\n\n\n<p>En janvier 2019, des dizaines de femmes ont expos\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux des t\u00e9moignages sur un nouveau... <em>mode op\u00e9ratoire<\/em> d'enl\u00e8vements, dans et autour de la zone m\u00e9tropolitaine de la ville. <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>. En seulement 12 jours, le bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral de la R\u00e9publique de l <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span> (<span class=\"small-caps\">pgj<\/span>) a ouvert 48 dossiers d'enqu\u00eate pour des tentatives d'enl\u00e8vement ; cependant, le groupe criminel ou l'auteur probable n'a pas \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement identifi\u00e9. Parmi les mesures prises par le gouvernement de la ville figurent l'installation de cinq bureaux mobiles de procureurs dans diff\u00e9rentes stations de m\u00e9tro, l'examen des dossiers d'enqu\u00eate relatifs aux incidents signal\u00e9s, l'installation d'un \u00e9clairage aux abords du m\u00e9tro et l'envoi de policiers suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 ces d\u00e9nonciations, diff\u00e9rentes actions f\u00e9ministes ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre organis\u00e9es, notamment la cr\u00e9ation de cartes pour marquer les stations de m\u00e9tro o\u00f9 se d\u00e9roulaient ces \u00e9v\u00e9nements.<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Comment les femmes vivant \u00e0 Mexico vivent-elles ce contexte ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il y a quelques mois, deux hommes, une femme et moi discutions. L'un des hommes \u00e9tait un ami qui visitait Mexico pour la premi\u00e8re fois. Nous \u00e9tions chez moi et nous parlions de l'itin\u00e9raire le plus strat\u00e9gique que l'ami \u00e9tranger pouvait emprunter pour se rendre \u00e0 l'appartement, apr\u00e8s un d\u00eener qu'il avait pr\u00e9vu ce soir-l\u00e0 dans le sud de la ville. Je lui ai expliqu\u00e9 l'itin\u00e9raire en d\u00e9tail et \u00e0 la fin, sachant qu'il arriverait entre 22 et 23 heures, je lui ai dit, sans r\u00e9fl\u00e9chir, de mani\u00e8re tr\u00e8s naturelle, qu'une fois arriv\u00e9 au m\u00e9tro, il y avait des taxis s\u00fbrs qu'il pouvait prendre pour l'amener ici. L'autre homme qui participait \u00e0 la conversation a demand\u00e9 pourquoi, car le m\u00e9tro \u00e9tait tr\u00e8s proche. Ce \u00e0 quoi l'ami touriste a ajout\u00e9 que s'il se faisait agresser, il n'avait de toute fa\u00e7on rien de valeur sur lui. La femme \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi a mentionn\u00e9 que ce n'\u00e9tait pas par peur d'une agression ; elle a pris le taxi \u00e0 cette heure-l\u00e0 par peur de traverser seule ces deux rues sombres. L'amie touriste lui a demand\u00e9 ce qui pouvait lui arriver. Elle a r\u00e9pondu qu'elle prend le taxi par peur d'\u00eatre viol\u00e9e. \u00c0 ce moment-l\u00e0, j'ai commenc\u00e9 \u00e0 penser que les hommes et les femmes n'ont pas les m\u00eames craintes lorsqu'ils se d\u00e9placent dans l'espace et que, par cons\u00e9quent, nous n'avons pas les m\u00eames pr\u00e9cautions, ni les m\u00eames restrictions ou limites. L'exp\u00e9rience n'est pas la m\u00eame (Lucina, 36 ans, <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Depuis plusieurs ann\u00e9es et dans diff\u00e9rents domaines, des alertes ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9es sur la situation des femmes et des filles dans les villes, qui sont confront\u00e9es \u00e0 des dangers et craignent des agressions physiques, verbales et sexuelles dans les espaces publics, allant de commentaires et de gestes au viol, voire au f\u00e9micide.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Carolina Bustamante, \" la peur peut \u00eatre lue \u00e0 partir du corps et du genre, car pour une raison quelconque, le d\u00e9nominateur commun est la peur que nous soyons viol\u00e9es pour \u00eatre et nous identifier en tant que femmes \" (2017). Pour l'auteur, le point commun est \"d'\u00eatre agress\u00e9 sexuellement, harcel\u00e9, abus\u00e9, tu\u00e9, et d'avoir nos corps brutalement bless\u00e9s et expos\u00e9s en public\" (Bustamante, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sentiment commun se retrouve dans les r\u00e9cits des femmes qui, m\u00eame dans des conditions diff\u00e9rentes et avec des histoires de vie diff\u00e9rentes, montrent une peur partag\u00e9e, une peur qui nous affecte tous (bien que de mani\u00e8re diff\u00e9rente) et un \u00e9tat d'alerte permanent : \"Je me sens mal \u00e0 l'aise, inqui\u00e8te. La v\u00e9rit\u00e9, c'est que cela me stresse de marcher seule dans la rue et surtout la nuit, j'ai peur d'\u00eatre kidnapp\u00e9e, d'\u00eatre viol\u00e9e, surtout \u00e7a\" (Paulina, 39 ans), <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de nous immerger dans l'exp\u00e9rience, nous revenons \u00e0 Lorena Pajares, qui mentionne que \"toute recherche participative commence par une r\u00e9flexion personnelle visant \u00e0 faire ressortir les pr\u00e9jug\u00e9s, les suppositions, les doutes ou les positions subconscientes ou invisibles\".<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> (2020 : 304). Compte tenu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, le premier atelier fait d\u00e9toner ses r\u00e9flexions \u00e0 partir de la question suivante : quelle est la relation que, en tant que femme, j'ai d\u00e9velopp\u00e9e avec l'espace public de l'Union europ\u00e9enne ? <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>. Le voyage commence par l'identification de la peur comme un sentiment physique et corporel \u00e0 part enti\u00e8re. L'\u00e9change d'exp\u00e9riences tisse une histoire collective qui donne une ligne directrice pour situer l'\u00e9motion dans l'espace public et comprendre la mani\u00e8re dont elle a un impact sur les diff\u00e9rentes dimensions qui le composent. L'atelier a \u00e9t\u00e9 un espace d'\u00e9coute et d'\u00e9change qui a permis de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l'exp\u00e9rience particuli\u00e8re des femmes participantes, en fonction de leurs propres conditions de vie, ainsi qu'\u00e0 l'interconnexion avec d'autres syst\u00e8mes d'oppression, en plus du genre ou du sexe.<\/p>\n\n\n\n<p>Ana Fal\u00fa mentionne que<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">La violence individualis\u00e9e \u00e0 travers le corps des femmes, les corps que nous habitons, se transforme en social et en politique et nous permet de d\u00e9voiler et de comprendre d'autres formes de discrimination, telles que celles li\u00e9es au choix sexuel, \u00e0 l'origine ethnique, \u00e0 l'\u00e2ge, au statut social ou au lieu de r\u00e9sidence, qui marquent la vie des gens dans les villes (2009:16).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans ce sens, il a \u00e9t\u00e9 not\u00e9 que ce sentiment commun est impact\u00e9 par les diff\u00e9rences ou les sp\u00e9cificit\u00e9s de chacune ; l'\u00e2ge, le lieu d'origine et la condition \u00e9conomique fa\u00e7onnent l'exp\u00e9rience des femmes dans les ateliers. Par exemple, les participants consid\u00e8rent que la violence actuelle affecte les jeunes femmes de mani\u00e8re plus incisive, les privant de leurs activit\u00e9s quotidiennes, ce qui a un impact sur leur d\u00e9veloppement personnel, leurs capacit\u00e9s et leur droit aux loisirs. Sayda, lyc\u00e9enne et habitante de Tl\u00e1huac, mentionne que dans son quartier, il est courant que des rumeurs circulent sur les enl\u00e8vements et les viols de jeunes femmes, surtout apr\u00e8s la nouvelle des enl\u00e8vements dans le m\u00e9tro. Cependant, elle affirme qu'il y a toujours eu un plus grand risque d'\u00eatre attaqu\u00e9e parce qu'elle est une femme, comme elle l'a vu avec ses cousins qui vivent dans le m\u00eame quartier :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Depuis l'\u00e9cole secondaire, ils m'ont donn\u00e9 des conseils sur la fa\u00e7on de prendre soin de moi ; maintenant, au lyc\u00e9e, j'ai cess\u00e9 d'aller dans des endroits, ou j'accepte \u00e0 peine les invitations, et c'est encore pire si je dois sortir le soir. Quand nous nous voyons, mes amis et moi allons chez quelqu'un et ensuite ils viennent me chercher. Ma s\u0153ur, par exemple, qui est encore \u00e0 l'\u00e9cole secondaire, va de l'\u00e9cole \u00e0 ma maison ; mon p\u00e8re ou mon fr\u00e8re vont la chercher, ils ne la laissent pas sortir le soir, parce que le quartier est dangereux, surtout pour nous (Sayda, 18 ans), <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour A\u00edda, une habitante de Cuautitl\u00e1n Izcalli, les femmes plus jeunes sont peut-\u00eatre plus susceptibles de subir un \u00e9pisode de violence, car elle consid\u00e8re que l'image donn\u00e9e dans l'espace et les outils qu'elles acqui\u00e8rent pour y faire face ont une influence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je ne supporte plus de sentir que les hommes me voient ; c'est pourquoi je ne vais plus seule dans les endroits o\u00f9 je me sens vuln\u00e9rable. Je me suis rendu compte que plus on est jeune, plus on est consid\u00e9r\u00e9 comme une victime, plus on est sans d\u00e9fense. Aussi, plus vous \u00eates jeune, plus vous en faites l'exp\u00e9rience, cela a un grand impact sur vous. S'ils me disaient quelque chose ou me touchaient, je me figeais et l'\u00e9vitais. J'ai souffert tout le long du chemin. Maintenant, quand je suis plus \u00e2g\u00e9e, j'ose les affronter, je leur r\u00e9ponds et je me d\u00e9fends (Aida, 33 ans), <span class=\"small-caps\">edomex<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le fait de vivre dans une certaine zone de la ville ou dans ses environs d\u00e9clenchera diff\u00e9rents types de pr\u00e9cautions pour poursuivre des activit\u00e9s normales que le fait de vivre dans les quartiers centraux. Les femmes vivant \u00e0 Ecatepec, une municipalit\u00e9 de l'\u00c9tat de Mexico o\u00f9 une alerte \u00e0 la violence de genre est en place depuis 2015, qui se rendent quotidiennement \u00e0 Mexico pour travailler ou \u00e9tudier, ont d\u00fb adapter leurs activit\u00e9s quotidiennes \u00e0 l'ins\u00e9curit\u00e9 qui r\u00e8gne dans leur quartier. Ces dispositions s'ajoutent \u00e0 d'autres qui ont trait au territoire lui-m\u00eame, comme le manque d'\u00e9quipements et de services, l'absence de voies de transport et de s\u00e9curit\u00e9, la d\u00e9gradation de l'espace physique, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, les conditions \u00e9conomiques jouent un r\u00f4le important dans l'ajout ou non d'\u00e9l\u00e9ments favorisant la protection. On a constat\u00e9 que les femmes qui ne disposent pas d'un budget r\u00e9serv\u00e9 au transport s\u00e9curis\u00e9 sont d\u00e9savantag\u00e9es. Les risques, les contraintes et les impacts ne seront pas les m\u00eames. Malgr\u00e9 ces diff\u00e9rences et d'autres, les femmes de l'\u00e9tude ont avou\u00e9 avoir subi des violences dans les espaces publics de la ville. Ces \u00e9v\u00e9nements ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fr\u00e9quents dans les transports publics, dans diff\u00e9rentes zones de la ville telles que les rues, les parcs et les places, mais aussi dans les \u00e9coles, les biblioth\u00e8ques et les mus\u00e9es, des lieux que les participants ont per\u00e7us comme s\u00fbrs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les t\u00e9moignages montrent que ces \u00e9v\u00e9nements pr\u00e9sentent diff\u00e9rents niveaux d'agression : \"des choses simples, qu'ils passent par l\u00e0 et vous touchent n'importe quoi, tout le temps dans les transports publics, on vous touche, on vous traite de mani\u00e8re grossi\u00e8re, c'est ce qui arrive tous les jours ; enfin, je dis simple parce que j'ai \u00e9t\u00e9 dans des situations o\u00f9 j'ai eu tr\u00e8s peur\" (Eli, 32 ans), <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes, en plus d'endurer le climat d'ins\u00e9curit\u00e9 qui r\u00e8gne dans la ville, subissent quotidiennement diff\u00e9rents types de violence dans leurs d\u00e9placements et dans leurs espaces, notamment des violences sexuelles. Celles-ci se produisent de mani\u00e8re al\u00e9atoire, ce qui signifie que la possibilit\u00e9 d'\u00eatre agress\u00e9 existe ind\u00e9pendamment de facteurs tels que l'\u00e2ge, la profession ou l'origine, entre autres (Fal\u00fa, 2013 ; Bustamante, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Ce n'est pas seulement la peur de traverser ou d'utiliser un certain espace qui est ressentie, mais aussi la peur r\u00e9sultant de relations de pouvoir in\u00e9gales, qui construisent les femmes comme un territoire que l'on peut outrager en toute impunit\u00e9. Les femmes vivent dans la peur, que ce soit en prenant un taxi, \u00e0 l'\u00e9cole, en conduisant, ou en rentrant t\u00f4t pour ne pas marcher la nuit, n'importe quelle situation ou espace, je pense que nous ressentons tous la peur \u00e0 un moment donn\u00e9 (Itzel, 26 ans, <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Paula Soto mentionne que la peur est un \" type de violence subtile et profonde qui, parce qu'elle n'est pas si facilement perceptible, contribue \u00e0 cr\u00e9er un environnement qui menace la libert\u00e9 des femmes dans les espaces urbains \" (Soto, 2012 : 148). Pour sa part, Fal\u00fa la r\u00e9sume comme \" une peur qui limite leur droit de jouir de l'espace public et entrave leur participation, et qui est fondamentalement soutenue par leurs corps visualis\u00e9s comme des objets de domination \" (Fal\u00fa, 2014 : 20).<\/p>\n\n\n\n<p>Soto souligne la relation entre l'alt\u00e9rit\u00e9 et la symbolisation spatiale de la peur, et mentionne que celle-ci \" n'est pas une \u00e9laboration r\u00e9alis\u00e9e par des agents individuels ; au contraire, elle est intrins\u00e8quement relationnelle, dans la mesure o\u00f9 se construit un imaginaire d'un autre ou d'autres d\u00e9\ufb01nis comme des agresseurs potentiels \" (2012 : 154).<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les mots de Maru, un habitant du district de Cuauht\u00e9moc :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Non seulement le corps n'appr\u00e9cie pas, mais il r\u00e9agit \u00e0 un sc\u00e9nario hostile dans lequel vous devez \u00eatre en alerte permanente. Votre corps s'habitue \u00e0 \u00eatre tendu. Il apprend \u00e0 \u00eatre sur la d\u00e9fensive. Si j'y vais seule, je me sens en ins\u00e9curit\u00e9, je regarde partout pour voir si tout est en ordre ou si je ne remarque rien d'\u00e9trange (Maru, 30 ans, <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La situation est aggrav\u00e9e, selon les participants, par le fait que les impacts g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la violence qui s\u00e9vit dans la ville en g\u00e9n\u00e9ral repoussent les gens, \"chacun s'occupe de soi et il est impossible de s'occuper de l'autre. Les gens ne s'exposent pas juste parce qu'on vous tripote, ils ne s'impliquent pas par peur d'\u00eatre bless\u00e9s, ils pensent que ces choses arrivent et que personne ne vous soutient\" (\u00c1ngela, 23 ans), <span class=\"small-caps\">edomex<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Cela alimente l'imaginaire d'un espace urbain hostile qui g\u00e9n\u00e8re un sentiment de perte de libert\u00e9 et d'impossibilit\u00e9 d'agir, qui, selon les participants, est aggrav\u00e9 par la poursuite des actes de violence. La honte, la frustration, la m\u00e9fiance et la col\u00e8re sont les \u00e9motions que les femmes d\u00e9crivent apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 agress\u00e9es ; plus que l'acte lui-m\u00eame, disent-elles, cela est d\u00fb \u00e0 la confusion de ne pas savoir quoi faire ou de ne pas avoir la capacit\u00e9 de le faire. \u00c0 cela s'ajoutent la disqualification de la victime et la passivit\u00e9 de ceux qui assistent \u00e0 l'acte de violence, ou qui adoptent une position qui fait porter la responsabilit\u00e9 ou le bl\u00e2me sur les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Soto, la violence contre les femmes dans les espaces publics \" ne se termine pas avec l'acte violent lui-m\u00eame, mais continue d'agir \u00e0 travers ses cons\u00e9quences, car elles entretiennent syst\u00e9matiquement des sentiments de d\u00e9valorisation personnelle et d'ins\u00e9curit\u00e9 \" (2012 : 162).<\/p>\n\n\n\n<p>Gisel, professeur de lyc\u00e9e et participante \u00e0 l'atelier, note les r\u00e9percussions de ces actes de violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes, car bien qu'elle mentionne avoir identifi\u00e9 des situations de risque ou de violence, il est difficile sur le moment d'agir ou de se d\u00e9fendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je me sens coupable de ne pas avoir r\u00e9agi sur le moment ; frustr\u00e9e parce que j'aurais pu faire plus de choses : me d\u00e9fendre, affronter la personne qui me fait sentir ainsi ; je ne peux pas le faire, il y a quelque chose qui me limite, j'ai peur de mal r\u00e9agir et de g\u00e9n\u00e9rer un malaise parmi les personnes qui sont l\u00e0 (Gisel, 39 ans), <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La situation est complexe, car en plus de la normalisation de la violence envers les femmes, le fait de constamment \" \u00eatre vigilant \", \" faire attention \", \" essayer de voir les intentions \", \" essayer de l'\u00e9viter \" con\u00e7oit l'autre comme un \u00eatre auquel il ne faut pas faire confiance et g\u00e9n\u00e8re un stress constant qui affecte l'\u00e9tat \u00e9motionnel ; cela d\u00e9note \u00e9galement la perception que la violence v\u00e9cue par les femmes est leur responsabilit\u00e9 et non un probl\u00e8me \u00e0 traiter collectivement (Z\u00fa\u00f1iga, 2014).<\/p>\n\n\n\n<p>La sensation de peur face \u00e0 la menace, ou la violence elle-m\u00eame, laisse des s\u00e9quelles sur la m\u00e9moire physique et l'estime des femmes, et disqualifie leur capacit\u00e9 de contr\u00f4le et de d\u00e9cision, ainsi que la garantie d'un espace s\u00fbr. L'exp\u00e9rience des femmes dans l'espace urbain incorpore d\u00e8s le d\u00e9part une peur qui se manifeste par l'incertitude de vivre un \u00e9pisode de violence ; cela entra\u00eene des limitations et parfois une perte d'autonomie, ainsi qu'un \u00e9tat d'anxi\u00e9t\u00e9 constant, une anxi\u00e9t\u00e9 qui a des r\u00e9percussions importantes sur le plan \u00e9motionnel\/personnel et dans les relations exprim\u00e9es dans l'espace public.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, face \u00e0 cette situation, les femmes ont trouv\u00e9 des moyens de faire face en d\u00e9ployant des strat\u00e9gies et des pratiques de soins qu'elles transmettent et consolident dans des groupes proches, un sujet qui est abord\u00e9 dans la section suivante.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Strat\u00e9gies de soins : des processus d'appropriation spontan\u00e9e aux processus d'appropriation collective<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Depuis quelque temps, j'ai l'impression que la m\u00eame exp\u00e9rience vous oblige \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la fa\u00e7on de vous habiller, \u00e0 planifier l'horaire de visite d'un lieu, mais vous entrez aussi dans une dynamique avec vos amies et vous commencez \u00e0 partager des itin\u00e9raires, vous partagez des voyages avec d'autres femmes que vous connaissez, vous d\u00e9couvrez quelle application de taxi est la plus s\u00fbre pour voyager, vous sortez \"en bola\" (Liliana, 19 ans, <span class=\"small-caps\">edomex<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La prise de conscience de la violence qui se reproduit dans l'espace se traduit par la planification d'activit\u00e9s, qui sont orient\u00e9es vers l'ajout d'\u00e9l\u00e9ments en faveur de leur protection et la cr\u00e9ation de strat\u00e9gies individuelles et collectives pour se sentir en s\u00e9curit\u00e9 dans les espaces publics. Ce sont des strat\u00e9gies qui \"deviennent des habitudes\" et qui sont perfectionn\u00e9es et compl\u00e9t\u00e9es par les informations obtenues, les nouvelles technologies et les r\u00e9seaux de soins construits.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes de l'atelier ont mentionn\u00e9 que d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge, elles ont mis en \u0153uvre ou entendu parler de ces pratiques de protection, qui proviennent souvent de l'\u00e9change d'id\u00e9es avec d'autres femmes, la famille, les amis, les connaissances, \" depuis que tu es adolescente et que ta tante te dit de prendre ton aiguille g\u00e9ante pour piquer les hommes qui veulent te tripoter \" (Paulina, 39 ans), <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2019). Cependant, elles commentent que depuis peu, elles ont int\u00e9gr\u00e9 d'autres strat\u00e9gies qu'elles socialisent et mettent en \u0153uvre dans des cercles proches, g\u00e9n\u00e9ralement avec des femmes de la famille, de l'\u00e9cole, du travail, des amies ou des voisines, en utilisant diff\u00e9rentes formes de transmission : groupes de messagerie instantan\u00e9e, r\u00e9seaux sociaux, ateliers ou r\u00e9unions. Ces r\u00e9seaux sont le plus souvent \u00e9tablis dans des groupes ferm\u00e9s, o\u00f9 il existe un lien qui g\u00e9n\u00e8re la confiance, ce qui leur permet d'adopter spontan\u00e9ment ces pratiques de soins.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Mes \u00e9tudiants dans l'\u00c9tat de Mexico ont des groupes de communication virtuels pour signaler des situations suspectes ou des annonces importantes ; il arrive aussi que ceux qui travaillent dans la ville conviennent de voyager ensemble. Cela a commenc\u00e9 par le message d'une fille qui se m\u00e9fiait du taxi dans lequel elle voyageait ; elle a re\u00e7u beaucoup de soutien et ensuite nous avons tous commenc\u00e9 \u00e0 signaler o\u00f9 nous allions (Sandra, 29 ans), <span class=\"small-caps\">edomex<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cela met en \u00e9vidence la mani\u00e8re dont les femmes sont confront\u00e9es \u00e0 un contexte qui les limite et les viole. La fa\u00e7on dont ils font, prot\u00e8gent ou prennent soin d'eux-m\u00eames d\u00e9pendra de la mani\u00e8re dont des facteurs tels que le lieu de r\u00e9sidence, l'\u00e2ge ou les ressources \u00e9conomiques sont utilis\u00e9s \u00e0 leur avantage lorsqu'il s'agit de d\u00e9ployer des strat\u00e9gies de soins.<\/p>\n\n\n\n<p>La section suivante montre plus sp\u00e9cifiquement les strat\u00e9gies de protection et de prise en charge men\u00e9es individuellement et collectivement lors d'une relocalisation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Se d\u00e9placer en tant que femmes dans la ville : tout est toujours pr\u00eat au cas o\u00f9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'un des exercices de l'atelier visait \u00e0 d\u00e9couvrir les pratiques de protection et de soins destin\u00e9es \u00e0 \u00e9viter les situations de risque et d'ins\u00e9curit\u00e9 avant, pendant et apr\u00e8s le voyage ; pour ce faire, il a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 de d\u00e9composer les trajets quotidiens \u00e9tape par \u00e9tape, en mentionnant les heures de d\u00e9part et d'arriv\u00e9e, les raisons et les destinations. Il \u00e9tait n\u00e9cessaire de conna\u00eetre chaque \u00e9tape, de la pr\u00e9paration \u00e0 l'arriv\u00e9e \u00e0 la destination pr\u00e9vue et, \u00e0 partir de l\u00e0, d'identifier ce qu'ils pr\u00e9voient, les ressources et les alternatives dont ils disposent, les caract\u00e9ristiques de l'espace qu'ils traversent et les strat\u00e9gies de prise en charge qu'ils mettent en \u0153uvre dans chaque voyage. Tout en racontant les voyages, on a tent\u00e9 de susciter une discussion sur la fa\u00e7on dont ils ont commenc\u00e9 \u00e0 appliquer ces strat\u00e9gies, comment ils les ont int\u00e9gr\u00e9es dans leurs itin\u00e9raires, avec qui ils les mettent en \u0153uvre et dans quelle mesure elles ont \u00e9t\u00e9 efficaces.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 difficile pour les participants d'identifier ces pratiques, car beaucoup d'entre eux les ont int\u00e9rioris\u00e9es, les ont adopt\u00e9es depuis leur plus jeune \u00e2ge et mentionnent qu'ils les font sans r\u00e9fl\u00e9chir. Pour faciliter la discussion, le voyage a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 en trois moments : avant le d\u00e9part, pendant le voyage et \u00e0 la fin du voyage, lorsqu'ils arrivent \u00e0 destination.<\/p>\n\n\n\n<p>L'exercice a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la diversit\u00e9 des pratiques existantes, dont la plupart sont r\u00e9alis\u00e9es en fonction de ses propres exp\u00e9riences, des informations obtenues, des conditions de l'espace dans lequel on se d\u00e9place et de la capacit\u00e9 de chacun \u00e0 les r\u00e9aliser, ce qui se traduit par les ressources \u00e9conomiques dont on dispose ou les r\u00e9seaux de soins entre amis, voisins, membres de la famille ou groupes scolaires ou militants. Cependant, elle a \u00e9galement un impact sur les comp\u00e9tences psychosociales et physiques, ainsi que sur le contr\u00f4le des \u00e9motions pour mener \u00e0 bien une action ou faire face \u00e0 certaines situations.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici une pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale des strat\u00e9gies de prise en charge que les femmes ont d\u00e9clar\u00e9 utiliser pendant leur trajet quotidien. Si toutes les strat\u00e9gies mentionn\u00e9es ne sont pas toujours mises en pratique, celles qui sont constantes chez les participants ont \u00e9t\u00e9 prises en compte.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant le voyage, les femmes identifient la zone o\u00f9 elles se rendent, les transports disponibles, l'\u00e9tat des routes ou des espaces, les commerces et les activit\u00e9s, ainsi que la pr\u00e9sence \u00e9ventuelle d'une zone consid\u00e9r\u00e9e comme dangereuse. Ils pr\u00e9voient \u00e9galement s'ils doivent \u00eatre accompagn\u00e9s (par un membre de la famille, un ami, etc.), modifient l'itin\u00e9raire (pour \u00e9viter les zones ou les transports dangereux), les v\u00eatements qu'ils porteront (pour ne pas attirer l'attention) et l'acc\u00e8s aux transports (horaires et itin\u00e9raires). En outre, les femmes s'arrangent pour avoir un t\u00e9l\u00e9phone avec du cr\u00e9dit et une batterie, afin que la famille ou les amis puissent \u00eatre pr\u00e9venus. Certaines femmes ont indiqu\u00e9 qu'elles avaient sur elles des v\u00eatements de rechange et des objets pouvant \u00eatre utilis\u00e9s \u00e0 tout moment pour se prot\u00e9ger.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant le voyage, les femmes ont mentionn\u00e9 \u00eatre dans un \u00e9tat d'alerte g\u00e9n\u00e9rale, ce qui signifie \u00eatre attentif \u00e0 ce qui se passe. Ils identifient les \u00e9l\u00e9ments de risque dans l'espace et y r\u00e9agissent, en essayant surtout de les \u00e9viter. Par exemple, ils descendent du transport s'ils remarquent qu'ils vont \u00eatre laiss\u00e9s seuls, ils changent de place ou de trottoir ou de rue. Les participants ont mentionn\u00e9 que pendant le voyage, ils imaginent souvent des possibilit\u00e9s de fuir ou de se prot\u00e9ger, ce qui leur a permis d'identifier les magasins \"en qui ils ont confiance\" au cas o\u00f9 ils auraient besoin d'aide, les boutons d'urgence, les rues les plus accessibles et les plus fr\u00e9quent\u00e9es, etc. pendant leurs trajets quotidiens.<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines femmes ont mentionn\u00e9 des strat\u00e9gies plus pr\u00e9cises, comme l'envoi de photos des plaques de taxi \u00e0 des groupes d'amis ou \u00e0 des membres de la famille, un comportement \"discret\" pour ne pas attirer l'attention, le fait de toujours se placer \u00e0 certains endroits dans les transports, le fait de porter des objets pour se d\u00e9fendre, comme des cl\u00e9s ou des crayons. Lorsqu'ils arrivent \u00e0 destination, il est tr\u00e8s courant qu'ils annoncent leur arriv\u00e9e et envoient leur localisation en groupes de <em>WhatsApp <\/em>Ils disent que lorsqu'ils arrivent \u00e0 destination, ils sont g\u00e9n\u00e9ralement moins stress\u00e9s, moins observateurs et moins vigilants. Ils mentionnent qu'en g\u00e9n\u00e9ral, lorsqu'ils arrivent \u00e0 destination, ils sont moins stress\u00e9s, moins observateurs et ne sont plus en \u00e9tat d'alerte.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces pratiques t\u00e9moignent du d\u00e9veloppement de comp\u00e9tences spatiales, c'est-\u00e0-dire qu'ils ont une connaissance tr\u00e8s fine de l'espace urbain qu'ils traversent au quotidien. En ce sens, les femmes auront une connaissance de la ville souvent bas\u00e9e sur le danger : les rues sombres, les transferts en m\u00e9tro solitaires, les stations de taxis s\u00fbres, etc. Les strat\u00e9gies de soins mentionn\u00e9es ci-dessus t\u00e9moignent d'un processus complexe qui se socialise, lorsqu'elles sont partag\u00e9es ou transmises, lorsqu'elles sont entra\u00een\u00e9es, r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et am\u00e9lior\u00e9es, elles vont d\u00e9clencher des processus d'appropriation collective et former des m\u00e9canismes d'autod\u00e9fense f\u00e9minine populaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de l'atelier, plusieurs participantes ont mentionn\u00e9 que, convaincues de vouloir \u00e9largir leurs strat\u00e9gies de protection et de soins et d'avoir le pouvoir de r\u00e9agir en cas d'agression, elles se sont rapproch\u00e9es de collectifs d'autod\u00e9fense f\u00e9ministes. Ils avouent que bien qu'ils portent intentionnellement sur eux des objets tels que des cl\u00e9s, des crayons et des parfums afin de les utiliser en cas de danger, ils ne savent pas comment le faire correctement et cela peut m\u00eame \u00eatre contre-productif. Elles indiquent que cette approche de l'autod\u00e9fense f\u00e9ministe a \u00e9t\u00e9 progressive, allant de l'acquisition d'objets d'autod\u00e9fense (notamment des bagues, des couteaux, des porte-cl\u00e9s, des boutons de panique, etc.) \u00e0 leur utilisation en cas de danger, <em>sprays<\/em>), l'apprentissage de l'autod\u00e9fense ou la formation et l'appartenance \u00e0 des groupes de soutien.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Strat\u00e9gies men\u00e9es par des groupes ou collectifs d'autod\u00e9fense f\u00e9ministes<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Guid\u00e9es par les femmes participantes \u00e0 l'atelier, deux exp\u00e9riences d'autod\u00e9fense f\u00e9ministe bas\u00e9es \u00e0 Mexico ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es : Diva Ortiz, du Colectivo Cuadrilla Violeta, et Mariana Ram\u00edrez, de Grl Pwr\/Local Girl Gang, dans le but de pr\u00e9senter, bien que de mani\u00e8re balbutiante, certains \u00e9l\u00e9ments qui composent cette pratique comme alternative pour la protection et la gestion de la s\u00e9curit\u00e9 des femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 l'augmentation des cas de violence dans les espaces publics dans diff\u00e9rentes villes du pays, de nombreuses femmes ont commenc\u00e9 \u00e0 adopter l'autod\u00e9fense f\u00e9ministe comme option pour r\u00e9agir, anticiper et pr\u00e9venir, mais aussi pour questionner et exiger le droit \u00e0 une vie sans violence. Les avanc\u00e9es du mouvement ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des incursions dans diff\u00e9rentes sph\u00e8res et \u00e0 des r\u00e9ponses aux types et niveaux de violence par diff\u00e9rents moyens et expressions.<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a> En Am\u00e9rique latine, l'autod\u00e9fense f\u00e9ministe, au-del\u00e0 d'\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une discipline d'entra\u00eenement purement physique, a \u00e9t\u00e9 reprise comme une mani\u00e8re d'agir au sein du mouvement. L'autod\u00e9fense a \u00e9largi les horizons des femmes, et ses strat\u00e9gies couvrent diff\u00e9rents axes et sph\u00e8res dans lesquels se produit la violence masculine. Elle s'appuie sur diff\u00e9rents m\u00e9dias et formats pour diffuser des informations et \u00e9viter les situations \u00e0 risque, et est donc consid\u00e9r\u00e9e comme une strat\u00e9gie de protection. En ce sens, de nombreux collectifs et groupes int\u00e8grent ces pratiques comme un moyen autonome de g\u00e9rer leur s\u00e9curit\u00e9 et de prot\u00e9ger leur int\u00e9grit\u00e9. En ce sens, l'autod\u00e9fense f\u00e9ministe, selon les collectifs interrog\u00e9s, est un processus qui leur permet de disposer d'outils pour faire face \u00e0 des \u00e9pisodes de violence ou pour se sortir de situations \u00e0 risque. Elle int\u00e8gre diff\u00e9rentes dimensions, depuis la pratique physique, la prise en charge psychologique et \u00e9motionnelle, les questions juridiques ou protocolaires, etc. Ils fournissent \u00e9galement des strat\u00e9gies pour faire face aux situations dans des espaces tels que les transports, la rue, les zones de loisirs et, plus r\u00e9cemment, les espaces num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>Les formes de communication sont diverses, les r\u00e9seaux sociaux et les plateformes internet sont un outil qui a su \u00e9tendre leur transmission. Cependant, ils donnent la priorit\u00e9 \u00e0 la formation et \u00e0 la pratique de ces strat\u00e9gies, c'est pourquoi ils disent que ce qui est important, ce sont les processus eux-m\u00eames. En d'autres termes, l'autod\u00e9fense f\u00e9ministe offre la possibilit\u00e9 de s'entra\u00eener, de renforcer les comp\u00e9tences physiques et de r\u00e9pondre aux agressions, mais elle offre \u00e9galement la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er des espaces collectifs de soins o\u00f9 convergent diff\u00e9rentes pratiques de transformation sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9merg\u00e9e en 2016, Cuadrilla Violeta est un espace autonome d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l'autod\u00e9fense f\u00e9ministe ; elle cherche, \u00e0 travers la pratique de la boxe et d'autres expressions corporelles, \u00e0 faire exploser la prise en charge collective des femmes et la construction de leurs propres strat\u00e9gies pour faire face au contexte actuel de violence masculine dans le pays. Le projet, coordonn\u00e9 par Diva Ortiz, boxeuse et anthropologue, vise \u00e0 travailler avec des techniques collectives qui contribuent au renforcement et \u00e0 la cr\u00e9ation de r\u00e9seaux de soutien, ainsi qu'avec des exercices multidisciplinaires qui permettent de couvrir les \u00e9l\u00e9ments du large \u00e9ventail de violence auquel nous sommes expos\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Nous sommes dans un contexte o\u00f9 nous subissons constamment des violences dans tous les domaines et nous devons \u00eatre arm\u00e9s, nous voulons dire par l\u00e0 que nous devons \u00eatre conscients des protocoles et des questions juridiques, de nos droits. Nous devons \u00e9galement savoir comment pr\u00e9venir les situations selon l'endroit o\u00f9 nous nous trouvons, dans les espaces publics, dans les taxis, dans les bo\u00eetes de nuit (Diva Ortiz, <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour Cuadrilla Violeta, il ne s'agit pas d'une r\u00e9ponse \u00e0 une attaque. Sa d\u00e9marche est orient\u00e9e vers un acte d'appropriation du corps comme premier territoire, et s'\u00e9tend \u00e0 tous les espaces de la vie des femmes. En ce sens, l'\u00e9tablissement d'espaces sans violence dans la ville implique un travail qui va de l'individu au collectif ; la sensibilisation \u00e0 leurs droits et l'identification de la violence dans les espaces publics sont des \u00e9tapes n\u00e9cessaires avant de mettre en \u0153uvre des strat\u00e9gies d'autod\u00e9fense.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour sa part, Mariana Ram\u00edrez, de Grl Pwr\/Local Girl Gang, mentionne que l'autod\u00e9fense f\u00e9ministe facilite l'acc\u00e8s des femmes \u00e0 la reconnaissance de leur corps en collectivisant les exp\u00e9riences, dans le but de penser et d'agir ensemble et de comprendre que la violence masculine n'est pas un probl\u00e8me individuel.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, le travail corporel d'autod\u00e9fense f\u00e9ministe est holistique et prend en compte les conditions et les structures du contexte dans lequel il se d\u00e9roule. En d'autres termes, elle cherche \u00e0 changer le r\u00e9cit du corps des femmes dans l'espace public : de femmes passives \u00e0 femmes capables de r\u00e9agir efficacement.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9thodologie de Grl Pwr\/Local Girl Gang repose sur trois axes de travail : l'entra\u00eenement physique, la sensibilisation \u00e0 la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes dans une perspective f\u00e9ministe, et l'auto-prise en charge, qui s'\u00e9tend au soutien et \u00e0 l'accompagnement. \"Nous cherchons \u00e0 cr\u00e9er un espace s\u00fbr o\u00f9 ils peuvent acqu\u00e9rir des outils de la th\u00e9orie f\u00e9ministe dans ses diff\u00e9rents aspects, ce qui rend possible la r\u00e9flexion et la d\u00e9construction\" (Mariana Ram\u00edrez, <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>D'apr\u00e8s l'exp\u00e9rience des deux groupes, ces espaces donnent lieu \u00e0 leurs propres fa\u00e7ons de prendre soin d'eux-m\u00eames. Ils travaillent \u00e0 comprendre et \u00e0 g\u00e9rer la peur, qui cesse d'\u00eatre paralysante ; elle est re-signifi\u00e9e pour d\u00e9passer l'objectif imm\u00e9diat de bien r\u00e9agir \u00e0 une situation de risque, et avancer vers l'appropriation du corps comme premier territoire, et r\u00e9fl\u00e9chir collectivement \u00e0 la mani\u00e8re d'affronter la violence dans la ville. Cela montre la charge politique et transformatrice de ces espaces. Les soins cessent d'\u00eatre une responsabilit\u00e9 purement individuelle pour devenir une responsabilit\u00e9 collective, et sont prodigu\u00e9s avec d'autres femmes, construisant en communaut\u00e9, cherchant la protection, mais aussi la gu\u00e9rison et l'action.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9flexions finales<\/h2>\n\n\n\n<p>L'internalisation de l'incertitude et de la menace constante que repr\u00e9sente l'espace public pour les femmes a des implications importantes lorsqu'il s'agit de prendre des d\u00e9cisions quotidiennes concernant les activit\u00e9s r\u00e9alis\u00e9es dans la ville (mobilit\u00e9, comment se comporter et s'habiller, horaires, etc.) La prise de conscience de la violence qui se reproduit dans l'espace se traduit par la planification d'activit\u00e9s, qui seront orient\u00e9es vers l'ajout d'\u00e9l\u00e9ments en faveur de la protection et la cr\u00e9ation de strat\u00e9gies individuelles et collectives, afin de se sentir en s\u00e9curit\u00e9 dans les espaces publics. Ces strat\u00e9gies de prise en charge se d\u00e9ploient \u00e0 travers un processus socialis\u00e9, partag\u00e9, transmis ou r\u00e9alis\u00e9 avec d'autres femmes, qui va d\u00e9clencher des dynamiques organisationnelles, la cr\u00e9ation de r\u00e9seaux et de m\u00e9canismes de protection populaires. Une situation qui s'impose dans un contexte urbain de violence et d'impunit\u00e9 tel que celui du <span class=\"small-caps\">cdmx,<\/span> o\u00f9 les femmes doivent faire face \u00e0 diff\u00e9rents types de dangers, en plus de la violence masculine.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, et comme alternative possible, les collectifs de femmes et de f\u00e9ministes s'engagent \u00e0 construire des espaces formels de soins et de d\u00e9fense o\u00f9 les femmes proposent une gestion collective de la s\u00e9curit\u00e9 bas\u00e9e sur le renforcement des comp\u00e9tences qui g\u00e9n\u00e8rent la confiance, mais aussi la solidarit\u00e9. En d'autres termes, on assiste \u00e0 l'\u00e9mergence de l'id\u00e9e de prise en charge collective, une forme d'organisation qui vise \u00e0 atteindre l'autonomie en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 en tissant des r\u00e9seaux avec d'autres femmes qui vivent et subissent la m\u00eame violence, auxquelles elles se sentent identifi\u00e9es et avec lesquelles elles \u00e9laborent conjointement des strat\u00e9gies pour la combattre. Cette d\u00e9marche est importante car elle rompt avec l'id\u00e9e individuelle de protection et s'\u00e9largit \u00e0 des notions plus complexes, ce qui nous permet d'entrevoir des pistes d'action et d'analyse permettant d'aborder les probl\u00e8mes g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la violence envers les femmes sous d'autres angles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ala izquierda et al. (2016, noviembre). Estrategia 30-100. 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Recuperado de https:\/\/www.inegi.org.mx\/programas\/envipe\/2018\/, consultado el 8 de julio de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Organizaci\u00f3n de las Naciones Unidas Mujeres (<span class=\"small-caps\">onu<\/span> Mujeres) (2018). Encuesta sobre la violencia sexual en el transporte y otros espacios p\u00fablicos en la Ciudad de M\u00e9xico. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">onu<\/span> Mujeres. Recuperado de https:\/\/mexico.unwomen.org\/es\/digiteca\/publicaciones\/2018\/dec-2018\/encuesta-violencia-sexual-transporte-cdmx, consultado el 8 de julio de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Pajares, Laura (2020). \u201cFundamentaci\u00f3n feminista de la investigaci\u00f3n participativa: conocimiento, g\u00e9nero y participaci\u00f3n, o del di\u00e1logo necesario para la transformaci\u00f3n\u201d. Investigaciones Feministas, vol. 11, n\u00fam. 2, pp. 297-306. https:\/\/doi.org\/10.5209\/infe.65844<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Secretar\u00eda de Gobernaci\u00f3n (<span class=\"small-caps\">segob<\/span>), Instituto Nacional de las Mujeres (<span class=\"small-caps\">inmujeres<\/span>) y <span class=\"small-caps\">onu<\/span> Mujeres (2016). La violencia feminicida en M\u00e9xico, aproximaciones y tendencias, 1985-2014. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">segob, inmujeres<\/span> et <span class=\"small-caps\">onu<\/span> Mujeres. Recuperado de http:\/\/cedoc.inmujeres.gob.mx\/documentos_download\/101258.pdf, consultado el 8 de julio de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Soto, Paula (2012). \u201cEl miedo de las mujeres a la violencia en la Ciudad de M\u00e9xico. Una cuesti\u00f3n de justicia espacial\u201d. Revista <span class=\"small-caps\">invi<\/span>, vol. 27, n\u00fam. 75, pp. 145-69.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Z\u00fa\u00f1iga, Mercedes (2014). \u201cLas mujeres en los espacios p\u00fablicos: entre la violencia y la b\u00fasqueda de libertad\u201d. Regi\u00f3n y Sociedad, vol. 26, n\u00fam. 4, pp. 78-100.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Paola Flores Miranda<\/em> est \u00e9ducateur populaire et chercheur au Laboratoire d'habitat social : participation et genre (<span class=\"small-caps\">lahas<\/span>), de la Facult\u00e9 d'architecture de l <span class=\"small-caps\">unam<\/span>L'organisation aborde des questions telles que l'organisation et la participation des femmes dans les quartiers pauvres et facilite les programmes de formation pour les groupes dans les zones rurales et urbaines, bas\u00e9s sur une approche d'\u00e9ducation populaire, avec des sujets tels que le d\u00e9veloppement local, l'am\u00e9lioration de l'habitat, l'urbanisme f\u00e9ministe et le renforcement organisationnel. En collaboration avec le collectif Crea Ciudad, elle organise des ateliers de pr\u00e9vention de la violence avec les jeunes, bas\u00e9s sur la sensibilisation au probl\u00e8me et la cr\u00e9ation de r\u00e9seaux de prise en charge collective.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 Cet article reprend les r\u00e9sultats d'un processus de recherche-action participative dans une perspective f\u00e9ministe qui explore en profondeur l'exp\u00e9rience des femmes dans l'espace public et comment, \u00e0 partir de l\u00e0, leur corps non seulement supporte mais aussi r\u00e9agit \u00e0 un sc\u00e9nario hostile dans lequel il est n\u00e9cessaire d'\u00eatre en [...]<\/p>","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[279],"tags":[1008,1007,585,256],"coauthors":[704],"class_list":["post-36342","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-279","tag-autodefensa-feminista","tag-espacios-publicos","tag-mujeres","tag-violencia","personas-flores-miranda-paola","numeros-949"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Estrategias de cuidado ante la violencia machista &#8211; 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