{"id":36136,"date":"2022-09-21T06:00:02","date_gmt":"2022-09-21T06:00:02","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=36136"},"modified":"2023-11-17T17:45:20","modified_gmt":"2023-11-17T23:45:20","slug":"baustista-violencia-genero-autocuidado-mexico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/baustista-violencia-genero-autocuidado-mexico\/","title":{"rendered":"Les filles ne veulent plus s'amuser : violence sexiste et soins personnels dans les banlieues de Mexico"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Des municipalit\u00e9s comme Tultitl\u00e1n, Coacalco et Ecatepec, dans l'\u00c9tat de Mexico, font partie depuis plusieurs ann\u00e9es d'un couloir de trafic d'\u00eatres humains, o\u00f9 la disparition de femmes est devenue une constante. Face \u00e0 ce sc\u00e9nario, les habitants de ces localit\u00e9s racontent leurs exp\u00e9riences d'ins\u00e9curit\u00e9 et de peur, leurs pratiques d'autosoins et rendent compte de la mani\u00e8re dont le danger fa\u00e7onne les activit\u00e9s quotidiennes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les histoires de ces jeunes femmes rendent visible la mani\u00e8re dont la violence fa\u00e7onne la subjectivit\u00e9 des femmes dans des contextes o\u00f9 les dangers sont in\u00e9vitables et o\u00f9 la vie ne peut \u00eatre interrompue \u00e0 cause d'eux ; la seule alternative est de s'adapter. Dans l'exp\u00e9rience de ces femmes, la peur n'est pas une possibilit\u00e9 lointaine et al\u00e9atoire, mais un risque latent et proche, auquel elles peuvent \u00e9chapper chaque jour, mais qui sait pour combien de temps : elles racontent toutes des situations de danger qui, par hasard, ne se sont pas concr\u00e9tis\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En particulier, les loisirs sont inscrits dans un discours sur l'impossibilit\u00e9 d'\u00eatre en s\u00e9curit\u00e9 partout, sur l'interdiction et le bl\u00e2me des victimes ; la vie nocturne, sporadique et limit\u00e9e, est caract\u00e9ris\u00e9e par la \"destrampe\" ou \"comportement immature et irresponsable\".<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/inseguridad\/\" rel=\"tag\">ins\u00e9curit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/recreacion\/\" rel=\"tag\">loisirs<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/tacticas\/\" rel=\"tag\">tactiques<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/trata\/\" rel=\"tag\">est<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/vida-cotidiana\/\" rel=\"tag\">la vie quotidienne<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">les filles ne veulent plus s'amuser : violence de genre et soins personnels dans les banlieues de mexico city<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Des zones municipales telles que Tultitl\u00e1n, Coacalco et Ecatepec, dans l'\u00c9tat de Mexico, sont, depuis des ann\u00e9es, un couloir pour le trafic d'\u00eatres humains, dans lequel la disparition de femmes est devenue constante ; \u00e0 la lumi\u00e8re de ce sc\u00e9nario, les habitants de ces zones racontent leurs exp\u00e9riences d'ins\u00e9curit\u00e9 et de peur, leurs pratiques d'auto-soins et expliquent comment le danger fa\u00e7onne les activit\u00e9s quotidiennes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Les r\u00e9cits de ces jeunes femmes montrent la mani\u00e8re dont la violence fa\u00e7onne les subjectivit\u00e9s f\u00e9minines dans des contextes o\u00f9 les dangers sont in\u00e9vitables et o\u00f9 la vie ne peut \u00eatre suspendue \u00e0 cause d'eux, la seule alternative \u00e9tant de s'adapter. Dans l'exp\u00e9rience de ces femmes, la peur n'est pas une possibilit\u00e9 lointaine et al\u00e9atoire, mais un risque latent et proche, auquel on \u00e9chappe chaque jour, sans savoir pour combien de temps encore : toutes racontent des situations de danger qui, par hasard, n'ont jamais eu lieu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">La r\u00e9cr\u00e9ation en particulier s'inscrit dans un discours sur l'impossibilit\u00e9 d'\u00eatre jamais en s\u00e9curit\u00e9 nulle part, sur l'interdiction et la culpabilisation des victimes ; la vie nocturne, occasionnelle et limit\u00e9e, est consid\u00e9r\u00e9e comme une \"d\u00e9bauche\" ou un \"comportement irresponsable et immature\".<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots cl\u00e9s : loisirs, vie quotidienne, tactique, ins\u00e9curit\u00e9, trafic.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">La croissance exponentielle de la violence au Mexique au cours des deux derniers semestres (2006-2018) a trouv\u00e9 dans le f\u00e9minicide l'une de ses expressions les plus grossi\u00e8res. Outre la violence sexiste habituelle que subissent les femmes dans la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de Mexico, elles risquent d'\u00eatre enlev\u00e9es et assassin\u00e9es, tortur\u00e9es et de dispara\u00eetre. Malgr\u00e9 ce sc\u00e9nario, les jeunes femmes de municipalit\u00e9s telles que Coacalco, Tultitl\u00e1n et Ecatepec poursuivent leurs activit\u00e9s quotidiennes telles que l'\u00e9tude ou le travail sans alt\u00e9ration apparente ; la r\u00e9flexion pr\u00e9sent\u00e9e ici est le r\u00e9sultat pr\u00e9liminaire d'une enqu\u00eate sur les activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives, en particulier celles qui ont lieu la nuit et impliquent de longs trajets, et sur la mani\u00e8re dont elles sont li\u00e9es aux pratiques d'autosoins r\u00e9alis\u00e9es par ces femmes. Nous essayons de montrer le sens que ces pratiques donnent aux diff\u00e9rents discours sur la f\u00e9minit\u00e9 et l'ins\u00e9curit\u00e9 qui pr\u00e9dominent dans l'espace social et comment ces pratiques construisent des subjectivit\u00e9s f\u00e9minines qui pourraient en elles-m\u00eames constituer des tactiques de survie.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re section de ce texte tente de caract\u00e9riser les localit\u00e9s \u00e9tudi\u00e9es comme faisant partie d'un couloir de \"trafic d'\u00eatres humains\" o\u00f9 les morts et les disparitions sont fr\u00e9quentes depuis quelques ann\u00e9es, sans que les autorit\u00e9s ne r\u00e9solvent le probl\u00e8me. Ensuite, dans une br\u00e8ve section th\u00e9orico-m\u00e9thodologique, je d\u00e9cris quelques cat\u00e9gories conceptuelles \u00e0 partir desquelles je con\u00e7ois le discours social comme un espace privil\u00e9gi\u00e9 d'analyse du social, je me r\u00e9f\u00e8re aux cat\u00e9gories de murmure social, d'exp\u00e9rience, de subjectivit\u00e9, de tactique et de quotidien, qui ont guid\u00e9 l'analyse ; je r\u00e9cup\u00e8re \u00e9galement quelques notions d'espace public qui, \u00e0 partir de la th\u00e9orie f\u00e9ministe, ont rendu visibles les in\u00e9galit\u00e9s qui s'y produisent entre hommes et femmes. La strat\u00e9gie m\u00e9thodologique utilis\u00e9e pour la conception des instruments et la constitution du corpus d'analyse est \u00e9galement d\u00e9taill\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me partie de ce document analyse les exp\u00e9riences de ces jeunes femmes, li\u00e9es aux dangers auxquels elles sont confront\u00e9es dans leur vie quotidienne, afin de rendre visibles les discours qui donnent un sens \u00e0 ces exp\u00e9riences et la mani\u00e8re dont elles les r\u00e9solvent et les affrontent. En guise de conclusion, je tente une r\u00e9flexion sur la mani\u00e8re dont les discours de culpabilit\u00e9 et d'auto-soins fa\u00e7onnent les subjectivit\u00e9s f\u00e9minines afin de les adapter \u00e0 la violence et au danger.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le couloir des disparitions<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La pr\u00e9sente recherche se d\u00e9roule dans certaines des municipalit\u00e9s de la zone m\u00e9tropolitaine de Mexico, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Cuautitl\u00e1n, Tultepec, Tultitl\u00e1n, Coacalco et Ecatepec.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces municipalit\u00e9s sont g\u00e9ographiquement reli\u00e9es \u00e0 la capitale du pays par l'autoroute Mexico-Pachuca d'un c\u00f4t\u00e9 et l'autoroute Mexico-Queretaro de l'autre. Ils partagent certaines caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res, d\u00e9riv\u00e9es de leur proximit\u00e9 avec la ville de Mexico, et sont habit\u00e9s par des habitants natifs, traditionnellement d\u00e9di\u00e9s aux activit\u00e9s productives primaires, telles que l'agriculture et l'\u00e9levage, et \u00e9galement par un nombre \u00e9norme de colons provenant de pratiquement tout le pays et de la ville de Mexico.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La construction d'immenses logements dans la r\u00e9gion a fait de ces municipalit\u00e9s ce que l'on a appel\u00e9 des \"cit\u00e9s-dortoirs\", car les logements dans la r\u00e9gion sont bon march\u00e9 et la plupart des habitants se rendent quotidiennement au travail \u00e0 Mexico, faisant un trajet d'environ trois heures dans chaque sens.<\/p>\n\n\n\n<p>La proximit\u00e9 de la ville de Mexico, l'\u00e9norme croissance d\u00e9mographique et l'\u00e9loignement de la capitale de l'\u00c9tat de Mexico, Toluca, ont fait que ces municipalit\u00e9s sont pratiquement d\u00e9tach\u00e9es du contr\u00f4le administratif et politique de cette entit\u00e9, ce qui, ajout\u00e9 \u00e0 la dynamique de la conurbation, a entra\u00een\u00e9 la prolif\u00e9ration de diff\u00e9rents probl\u00e8mes sociaux, principalement l'ins\u00e9curit\u00e9. Mar\u00eda Teresa Padr\u00f3n et Gu\u00e9nola Capr\u00f3n d\u00e9crivent en d\u00e9tail la logique des transports publics et les conditions d'ins\u00e9curit\u00e9 auxquelles les habitants sont confront\u00e9s au quotidien (2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, l'\u00c9tat de Mexico se positionne comme l'une des entit\u00e9s du pays o\u00f9 le nombre de f\u00e9minicides est le plus \u00e9lev\u00e9, avec 123 pour la seule ann\u00e9e 2019. La violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes est \u00e9galement un probl\u00e8me pr\u00e9occupant dans l'\u00c9tat. En 2019, 1385 viols simples ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s, 788 de la m\u00eame cat\u00e9gorie et 71 cas de \"traite des \u00eatres humains\",<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> selon le rapport d'incidence des d\u00e9lits du Secr\u00e9tariat ex\u00e9cutif du Syst\u00e8me national de s\u00e9curit\u00e9 publique, correspondant \u00e0 la p\u00e9riode de janvier \u00e0 d\u00e9cembre 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre le 1er d\u00e9cembre 2018 et le 13 juillet 2020, l'\u00c9tat du Mexique s'est class\u00e9 premier parmi les dix \u00c9tats ayant le plus grand nombre de personnes disparues ou port\u00e9es disparues, selon le Registre national des personnes disparues et port\u00e9es disparues.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu'il s'agisse d'un ph\u00e9nom\u00e8ne peu visible dans les m\u00e9dias, l'incidence \u00e9lev\u00e9e des disparitions de femmes \u00e2g\u00e9es de 13 \u00e0 25 ans sugg\u00e8re qu'elles sont sp\u00e9cifiquement li\u00e9es \u00e0 la \"traite des blanches\".<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> et que des municipalit\u00e9s telles que Coacalco, Tec\u00e1mac, Ecatepec, Tultepec et Tultitl\u00e1n font partie d'un \"couloir\" dans lequel ce crime prolif\u00e8re, comme l'a document\u00e9 l'organisation El Pozo de Vida. <span class=\"small-caps\">a.c.<\/span> (Venegas, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une interview publi\u00e9e en octobre 2018, le militant et dirigeant du Partido del Trabajo dans la municipalit\u00e9 de Coacalco, Jos\u00e9 Aguilar Miranda, a affirm\u00e9 que les autorit\u00e9s polici\u00e8res de ces localit\u00e9s sont de connivence avec le crime organis\u00e9 (Mart\u00ednez Mej\u00eda, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Selon David Mancera Figueroa, d\u00e9fenseur des droits de l'homme et dirigeant de l'organisation Lucha por M\u00e9xico, les procureurs r\u00e9gionaux sont au courant du ph\u00e9nom\u00e8ne, mais ils ont agi avec indolence et m\u00eame avec malveillance \u00e0 l'\u00e9gard des familles des victimes, en couvrant les suspects ; cette organisation a document\u00e9 l'enl\u00e8vement et la disparition d'au moins 13 adolescents \u00e2g\u00e9s de 13 \u00e0 15 ans dans le corridor de Coacalco Tultitl\u00e1n. (Milenio, 2013).<\/p>\n\n\n\n<p>L'activiste Rosi Orozco a \u00e9galement \u00e9voqu\u00e9 l'existence d'un tel couloir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il y a un endroit au Mexique appel\u00e9 \"le couloir des disparus\". On l'appelle aussi le \"couloir de la traite des \u00eatres humains\". L'un ou l'autre de ces noms est utilis\u00e9 indiff\u00e9remment car, en fin de compte, ils signifient la m\u00eame chose : une jeune fille qui dispara\u00eet l\u00e0-bas a de grandes chances de se retrouver prise dans un r\u00e9seau d'exploitation sexuelle. C'est un lieu qui est devenu le pire cauchemar des autorit\u00e9s et de la soci\u00e9t\u00e9 civile (Orozco, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En octobre 2018, l'actualit\u00e9 la plus marquante a \u00e9t\u00e9 l'arrestation du f\u00e9minicide que la presse a baptis\u00e9 \" Le monstre d'Ecatepec \", Juan Carlos N, arr\u00eat\u00e9 au volant d'un landau contenant des restes humains et qui s'est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre un tueur en s\u00e9rie de femmes, bien que cette affaire ait donn\u00e9 de la notori\u00e9t\u00e9 \u00e0 la situation de disparitions constantes dans cette r\u00e9gion de l'\u00c9tat de Mexico, Certains analystes ont mis en doute la version selon laquelle il s'agissait d'un tueur en s\u00e9rie qui op\u00e9rait de mani\u00e8re autonome et ont soulign\u00e9 que cette histoire tentait de masquer le v\u00e9ritable probl\u00e8me de l'\u00c9tat, \u00e0 savoir l'enl\u00e8vement de femmes \u00e0 des fins d'exploitation sur le march\u00e9 noir local.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la notori\u00e9t\u00e9 de cette affaire et le fait que, pendant des semaines, la localit\u00e9 de Jardines de Morelos ait fait la une des journaux, et que l'on ait tant parl\u00e9 de l'ins\u00e9curit\u00e9 des femmes dans des municipalit\u00e9s comme Ecatepec, les disparitions ont continu\u00e9, entra\u00eenant m\u00eame l'apparition de groupes de recherche qui r\u00e9clament l'attention de l'\u00c9tat sans grand succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Tel est le sc\u00e9nario dans lequel vivent les jeunes femmes dans ce \"couloir de la traite\", o\u00f9 les activit\u00e9s quotidiennes sont marqu\u00e9es par la possibilit\u00e9 de devenir des victimes ; l'\u00c9tat de Mexico figure \u00e9galement parmi les premiers en termes d'incidence de la violence domestique \u00e0 l'\u00e9gard des femmes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Femmes, espace public et loisirs dans le murmure social<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il y a quelque temps, je voyageais sur l'autoroute Mexico-Pachuca dans un minibus ; \u00e0 un moment donn\u00e9, un couple d'adolescents \u00e0 l'air humble et au visage rugueux est mont\u00e9. Quelques rues plus loin, les gar\u00e7ons ont demand\u00e9 \u00e0 s'arr\u00eater et sont descendus du v\u00e9hicule sans autre forme de proc\u00e8s. Une femme a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 exprimer ce que beaucoup d'entre nous qui voyageaient dans le bus auraient pu penser, elle a dit qu'elle pensait que les adolescents \u00e9taient des agresseurs, et une discussion intense s'est ensuivie, car les agressions sont quotidiennes sur ce trajet. Les femmes voyageant dans le bus ont parl\u00e9 de la peur constante d'\u00eatre agress\u00e9es et des pr\u00e9cautions qu'elles doivent prendre pour se d\u00e9placer tous les jours ; l'une d'entre elles a soulign\u00e9 que cela arrive parce que les jeunes n'ont plus de valeurs et imm\u00e9diatement, une autre l'a second\u00e9e en disant que c'\u00e9tait la faute des femmes, elle a dit que cela arrive parce que les femmes ne sont plus \"comme avant\", elles ne s'occupent pas de leurs enfants, elles ne les \u00e9duquent pas bien ; Ce commentaire a \u00e9t\u00e9 soutenu avec enthousiasme par d'autres femmes pr\u00e9sentes ; l'une d'entre elles a m\u00eame dit qu'elle avait une fille qui en \u00e9tait un exemple clair, qui avait d'abord eu un enfant avec un homme, puis l'avait quitt\u00e9, et maintenant elle lui avait d\u00e9j\u00e0 apport\u00e9 un deuxi\u00e8me enfant, d'un nouveau partenaire, et elle avait l'habitude de sortir le soir et m\u00eame de boire.<\/p>\n\n\n\n<p>J'ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par le fait que dans un pays et surtout dans une localit\u00e9 o\u00f9 la violence contre les femmes et les f\u00e9minicides sont si fr\u00e9quents, la responsabilit\u00e9 \u00e9tait attribu\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment aux victimes. Il m'a sembl\u00e9 alors que la vie nocturne et les loisirs pouvaient \u00eatre des aspects cl\u00e9s pour analyser les discursivit\u00e9s qui constituent les subjectivit\u00e9s f\u00e9minines dans lesquelles la violence est justifi\u00e9e et naturalis\u00e9e, et qui font \u00e9galement partie des p\u00e9dagogies par lesquelles les femmes sont emp\u00each\u00e9es d'occuper certains lieux de l'espace public qui, depuis l'enfance, leur ont \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9s comme n'\u00e9tant pas appropri\u00e9s pour elles.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, nous avons abord\u00e9 les pratiques r\u00e9cr\u00e9atives des femmes \u00e2g\u00e9es de 18 \u00e0 27 ans qui vivent dans ces municipalit\u00e9s de l'\u00c9tat de Mexico et nous avons pris connaissance de leurs exp\u00e9riences par rapport \u00e0 la violence et, \u00e0 travers leurs mots, nous avons pris connaissance des discours qui donnent un sens \u00e0 ces pratiques et exp\u00e9riences.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous partons de l'hypoth\u00e8se que pr\u00e9cis\u00e9ment les discours (Bakhtin, 2005) sur la vie nocturne, qui s'expriment dans le murmure social (De la Peza, 2014), pourraient mettre en lumi\u00e8re les significations qui fa\u00e7onnent la subjectivit\u00e9 f\u00e9minine dans des contextes d'ins\u00e9curit\u00e9, qui donnent sens aux pratiques quotidiennes \u00e0 travers lesquelles les habitants de ces localit\u00e9s tentent de se maintenir en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Consid\u00e9rant que les effets de la violence ne sont pas toujours observables dans l'imm\u00e9diatet\u00e9 de l'\u00e9v\u00e9nement, mais s'\u00e9tendent dans le domaine du quotidien (Das, 2008), ce qui nous int\u00e9ressait ici \u00e9tait d'observer comment l'ins\u00e9curit\u00e9 et la violence qui pr\u00e9valent dans ces municipalit\u00e9s affectent la construction des subjectivit\u00e9s f\u00e9minines, \u00e0 partir des r\u00e9cits de leurs pratiques et croyances autour du divertissement et de la vie nocturne.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous comprenons que lorsque ces femmes parlent, elles n'expriment pas seulement des opinions mais leur exp\u00e9rience (Sorgentini, 2000), qui exprime une connaissance d'elles-m\u00eames et de leur environnement. Le quotidien \u00e0 partir duquel ces jeunes femmes livrent leur t\u00e9moignage (Das, 2008) constitue un espace privil\u00e9gi\u00e9 pour observer les effets de la violence dans leur vie et la mani\u00e8re dont elles d\u00e9ploient des tactiques de survie face \u00e0 celle-ci (De Certeau, 1996), dont beaucoup ont peu \u00e0 voir avec la confrontation et la lutte, mais op\u00e8rent plut\u00f4t entre adaptation et n\u00e9gociation.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 la vision idyllique qui con\u00e7oit l'espace public comme un lieu de rencontre, de socialisation et de libert\u00e9, comme le lieu o\u00f9 la \"chose publique\" prend forme et qui est \"pour tous\", sans restrictions (Valc\u00e1rcel, 1997), les th\u00e9ories f\u00e9ministes ont montr\u00e9 qu'il existe une in\u00e9galit\u00e9 dans la fa\u00e7on dont il est con\u00e7u pour les hommes et les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines de ces perspectives ont mis l'accent sur la notion d'espace public comme un lieu o\u00f9 se produisent des relations de pouvoir et des confrontations sur l'exercice des libert\u00e9s individuelles et collectives (Fuentes, 2011) et o\u00f9, en outre, l'acc\u00e8s aux biens et services impose des restrictions aux moins privil\u00e9gi\u00e9s (Jir\u00f3n, 2007).<\/p>\n\n\n\n<p>Cet espace ne peut donc pas \u00eatre neutre, mais doit \u00eatre compris comme un lieu d'exclusion pour certains groupes sociaux, qui n'y ont pas acc\u00e8s, certains d'entre eux pour se d\u00e9fendre de \"l'agitation de la vie publique\", comme les femmes (McDowell, 2000).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce sens, la th\u00e9orie f\u00e9ministe a \u00e9galement soulign\u00e9 que l'activit\u00e9 dans l'espace public, malgr\u00e9 l'incursion des femmes dans celui-ci, continue d'\u00eatre fortement genr\u00e9e, de sorte que la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes est le reflet des relations de pouvoir in\u00e9gales entre les hommes et les femmes (Delgado, 2007).<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines analyses ont \u00e9galement soulign\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d'\u00e9tudier la dimension sociale par laquelle les hommes et les femmes apprennent, repr\u00e9sentent et transmettent la mani\u00e8re dont nous utilisons l'espace public (Mon\u00e1rrez, 2011).<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, nous souhaitons ici r\u00e9cup\u00e9rer les r\u00e9flexions de Soto (2015), qui consid\u00e8re que, bien que l'environnement urbain ait \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme un espace privil\u00e9gi\u00e9 pour analyser comment les conditions mat\u00e9rielles de la vie quotidienne contribuent \u00e0 l'in\u00e9galit\u00e9 de genre, il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de consid\u00e9rer les exclusions qui ne sont pas toujours visibles, qui vont au-del\u00e0 du physique et sont consid\u00e9r\u00e9es comme des d\u00e9savantages symboliques, qui accentuent les limites de la s\u00e9paration et qui articulent les individus et les lieux et dans lesquelles se reproduit la domination des hommes sur les femmes. \u00c0 partir de cette id\u00e9e, l'auteur nous permet de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont la violence a des effets diff\u00e9rents pour les hommes et les femmes, ainsi que d'interroger l'id\u00e9e r\u00e9pandue selon laquelle la peur des femmes dans l'espace public n'est pas \"objective\".<\/p>\n\n\n\n<p>Z\u00fa\u00f1iga (2014), pour sa part, souligne que dans les contextes de violence extr\u00eame tels que ceux d\u00e9crits dans cette \u00e9tude, les femmes sont les premi\u00e8res \u00e0 faire l'exp\u00e9rience de l'invasion et de l'agression de leur corps, ce qui remet en question la maxime selon laquelle l'espace public est un lieu de et pour tous.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l'imaginaire collectif, la perception persiste que la violence subie par les femmes en dehors de leur foyer, parce qu'elles sont des femmes, rel\u00e8ve de leur responsabilit\u00e9 exclusive et non d'un probl\u00e8me qu'il incombe aux pouvoirs publics de traiter et de pr\u00e9venir (Z\u00fa\u00f1iga, 2014).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette analyse, nous nous r\u00e9f\u00e9rons \u00e0 l'espace public au sens large, non pas \u00e0 partir de la distinction entre public et priv\u00e9 en termes de propri\u00e9t\u00e9, mais pour englober les espaces communs et ouverts, qui peuvent inclure les rues, les parcs, les places, les installations sportives, les transports, les lieux semi-publics o\u00f9 se d\u00e9roulent les activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives et de loisirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessous ont \u00e9t\u00e9 obtenues aupr\u00e8s de deux groupes de femmes vivant dans les municipalit\u00e9s entourant la ville de Mexico. Le premier groupe \u00e9tait compos\u00e9 de 17 femmes \u00e2g\u00e9es de 18 \u00e0 27 ans, dont neuf se sont identifi\u00e9es comme des \u00e9tudiantes, les autres comme des d\u00e9monstratrices, des enseignantes, des employ\u00e9es, des infirmi\u00e8res stagiaires, des psychologues, des journalistes, des superviseuses et des r\u00e9ceptionnistes, qui ont r\u00e9pondu \u00e0 un questionnaire distribu\u00e9 via Gmail, les interrogeant sur leurs pratiques r\u00e9cr\u00e9atives.<\/p>\n\n\n\n<p>Les questionnaires \u00e9taient ouverts et nous ont permis de conna\u00eetre, \u00e0 partir de leur propre \u00e9laboration, les alternatives dont parlaient ces femmes. Neuf d'entre elles ont dit vivre dans la municipalit\u00e9 de Coacalco, trois \u00e0 Ecatepec, deux \u00e0 Atizap\u00e1n, une \u00e0 Cuautitl\u00e1n, une \u00e0 Tultitl\u00e1n et la derni\u00e8re \u00e0 Mexico.<\/p>\n\n\n\n<p>Les filles ont ensuite \u00e9t\u00e9 invit\u00e9es \u00e0 raconter leurs exp\u00e9riences de la violence et enfin \u00e0 exprimer leur opinion sur la situation dans leur r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>Le second groupe \u00e9tait compos\u00e9 de six \u00e9tudiants en ing\u00e9nierie informatique de l'Universidad Polit\u00e9cnica del Valle de M\u00e9xico, situ\u00e9e dans la municipalit\u00e9 de Tultitl\u00e1n, qui ont d\u00e9clar\u00e9 vivre \u00e0 Coacalco, Tultitl\u00e1n, Ecatepec et Tultepec.<\/p>\n\n\n\n<p>L'objectif de l'entretien collectif \u00e9tait de faire \u00e9merger le discours social sur la vie nocturne, l'ins\u00e9curit\u00e9 et la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes et d'analyser les diff\u00e9rentes positions pr\u00e9sentes dans la vie quotidienne des personnes interrog\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Shopping, travail, sport et vie nocturne ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le questionnaire sur leurs pratiques r\u00e9cr\u00e9atives nous a permis de d\u00e9couvrir certaines des activit\u00e9s habituelles de ces filles, bien que nous les \u00e9num\u00e9rions ici de mani\u00e8re sommaire, car elles y faisaient r\u00e9f\u00e9rence avec des noms et des caract\u00e9ristiques diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>A la question : que faites-vous le week-end ? Les r\u00e9ponses se r\u00e9partissent en trois grandes rubriques :<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/baustista-violencia_genero_autocuidado_tultitlan_coacalco_ecatepec_mexico-tabla-01.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1327x339\" data-index=\"0\" data-caption=\"\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/baustista-violencia_genero_autocuidado_tultitlan_coacalco_ecatepec_mexico-tabla-01.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\"><\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La premi\u00e8re chose qui frappe dans cette cat\u00e9gorie est que les loisirs n'apparaissent pas comme un th\u00e8me central, surtout ceux qui ont trait \u00e0 la vie nocturne. Le travail domestique, les \u00e9tudes compl\u00e9mentaires et m\u00eame le travail en tant que tel occupent une bonne partie du temps de ces filles, il est clair que les loisirs sont directement li\u00e9s au r\u00f4le de genre qui leur est impos\u00e9 par la restriction du travail de soin et du travail domestique, m\u00eame si la plupart d'entre elles sont c\u00e9libataires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes femmes qui parlent de loisirs expriment des probl\u00e8mes particuliers qui rendent \u00e9galement visible la question de l'enfermement. La rue n'est pas un espace habituel pour les femmes, pas m\u00eame lorsqu'il s'agit de loisirs. Il est d'ailleurs int\u00e9ressant de constater que parmi les activit\u00e9s qu'ils disent r\u00e9aliser \u00e0 l'int\u00e9rieur de la maison, \"\u00eatre avec la famille\" appara\u00eet comme une activit\u00e9 plus pertinente que le simple fait de partager le m\u00eame espace, \"\u00eatre avec la famille\" ressemble plus \u00e0 un mandat social, rester \u00e0 la maison c'est \"\u00eatre avec la famille\".<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne les activit\u00e9s qu'elles pratiquent \u00e0 l'ext\u00e9rieur, les filles parlent de faire du sport, qui peut se d\u00e9rouler dans des parcs, des gymnases ou des centres sportifs, voire sur la colline, puis l'id\u00e9e de sortir, que nous d\u00e9taillerons plus tard avec toutes ses implications, appara\u00eet, mais l'opposition entre \" sortir \" et \" \u00eatre en famille \", qui semblent \u00eatre deux p\u00f4les oppos\u00e9s d'un point de vue moralisateur, est int\u00e9ressante.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'ils \u00e9voquent les endroits o\u00f9 ils \"aiment\" aller, les r\u00e9ponses s'\u00e9largissent, m\u00eame si la vie nocturne n'appara\u00eet toujours pas.<\/p>\n\n\n\n<p>O\u00f9 aimez-vous aller ?<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Centre commercial (cin\u00e9ma, restaurants, pizzerias, caf\u00e9s, bars, boutiques)<\/li><li>Les parcs, la colline.<\/li><li>Installations sportives, gymnases.<\/li><li>Billard.<\/li><li>Mus\u00e9es.<\/li><li>Foires.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Une fille dit qu'elle ne va nulle part (parce qu'elle travaille le week-end) et une autre dit qu'elle aime aller \u00e0 l'h\u00f4pital o\u00f9 elle fait son service social.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est frappant de constater que la plupart des activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives sont confin\u00e9es au centre commercial, qui, dans l'agglom\u00e9ration, regroupe les diff\u00e9rents lieux de loisirs. Comme il s'agit de cit\u00e9s-dortoirs, elles r\u00e9unissent dans un m\u00eame espace des commerces et des espaces de loisirs, o\u00f9 les habitants passent leurs week-ends, en axant leurs activit\u00e9s essentiellement sur la consommation.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que les parcs soient plut\u00f4t rares, n\u00e9glig\u00e9s et peu s\u00fbrs, la colline appara\u00eet \u00e9galement comme une alternative pour les activit\u00e9s physiques, puisque dans ces municipalit\u00e9s, les grandes unit\u00e9s de logement sont g\u00e9n\u00e9ralement adjacentes \u00e0 des espaces inhabit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L'id\u00e9e des mus\u00e9es semble \u00eatre plus une aspiration, car il n'y a pas beaucoup de lieux de ce type dans ces localit\u00e9s et il faut se rendre dans le centre de Mexico pour y acc\u00e9der.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme ces municipalit\u00e9s sont habit\u00e9es par des habitants et des colons, les f\u00eates de village avec leurs foires traditionnelles respectives constituent \u00e9galement une alternative occasionnelle de loisirs, g\u00e9n\u00e9ralement avec des jeux m\u00e9caniques et des danses.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter que les r\u00e9ponses de ces jeunes femmes changent lorsqu'on leur demande ce qu'elles font habituellement et ce qu'elles aiment faire, m\u00eame si elles n'ont pas beaucoup de possibilit\u00e9s r\u00e9elles de r\u00e9aliser ces activit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'on les interroge sur leurs sorties, deux grandes cat\u00e9gories apparaissent : la bo\u00eete de nuit et la f\u00eate. La f\u00eate est caract\u00e9ris\u00e9e par la boisson, la musique et la danse. Mais la plupart des filles ne font pas r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 de grandes f\u00eates dans des salles priv\u00e9es ou dans la rue, mais plut\u00f4t \u00e0 des rassemblements entre amis, g\u00e9n\u00e9ralement chez un ami. Ils qualifient souvent ces rassemblements de \"tranquilles\", faisant clairement allusion \u00e0 d'autres types de f\u00eates qui pourraient \u00eatre d\u00e9sordonn\u00e9es ou risqu\u00e9es. Il est clair qu'au moins dans leur discours, ils choisissent de participer \u00e0 des rassemblements o\u00f9 ils se sentent en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L'id\u00e9e de la tani\u00e8re est \u00e9galement marqu\u00e9e par une certaine notion de risque. Sur la base des r\u00e9ponses des r\u00e9pondants et de ce que certains participants ont dit lors de l'entretien de groupe, nous avons construit le tableau suivant :<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/baustista-violencia_genero_autocuidado_tultitlan_coacalco_ecatepec_mexico-tabla-02.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"885x772\" data-index=\"0\" data-caption=\"\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/baustista-violencia_genero_autocuidado_tultitlan_coacalco_ecatepec_mexico-tabla-02.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\"><\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il est important de mentionner que la plupart des filles ont d\u00e9clar\u00e9 qu'elles ne vont pas dans les bo\u00eetes de nuit ou les bars, ou qu'elles le font plut\u00f4t occasionnellement, peut-\u00eatre une fois dans les questionnaires, quelques filles ont mentionn\u00e9 certains des lieux \u00e9num\u00e9r\u00e9s ici, tandis que dans l'entretien de groupe, deux filles y ont fait r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e9galement possible d'observer que la fr\u00e9quentation de ce type de lieux est divis\u00e9e en trois cat\u00e9gories, la premi\u00e8re correspond aux bars et discoth\u00e8ques qui se trouvent dans les municipalit\u00e9s o\u00f9 vivent les interview\u00e9s et qui sont g\u00e9n\u00e9ralement situ\u00e9s \u00e0 l'int\u00e9rieur des centres commerciaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le second groupe, nous pouvons observer des bo\u00eetes de nuit situ\u00e9es dans la partie nord de l'\u00c9tat de Mexico, \u00e9galement connue sous le nom de zone bleue, pr\u00e8s du Periferico, ce qui implique un d\u00e9placement, un co\u00fbt et des difficult\u00e9s de fr\u00e9quentation plus importants.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me groupe est constitu\u00e9 de bars situ\u00e9s dans le centre et le sud de Mexico, dans la Zona Rosa et San Angel, que peu de ces filles ont eu la possibilit\u00e9 de fr\u00e9quenter, car cela implique un investissement \u00e9conomique et un risque plus importants, ainsi que la n\u00e9cessit\u00e9 d'avoir acc\u00e8s \u00e0 une voiture pour se d\u00e9placer et \u00e0 un groupe d'amis pour les accompagner.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ins\u00e9curit\u00e9 et tactiques d'autosuffisance<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Lorsque les jeunes femmes qui ont particip\u00e9 \u00e0 l'enqu\u00eate ont parl\u00e9 d'ins\u00e9curit\u00e9, lorsqu'on leur a demand\u00e9 sp\u00e9cifiquement ce qu'elles faisaient pour se prot\u00e9ger, elles ont fait \u00e9tat d'un r\u00e9pertoire de tactiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines de ces tactiques sont strictement li\u00e9es \u00e0 la possibilit\u00e9 de se faire voler leurs objets de valeur, notamment leurs t\u00e9l\u00e9phones portables et leur argent. En ce qui concerne le t\u00e9l\u00e9phone portable, ils font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des tactiques telles que le cacher, porter un t\u00e9l\u00e9phone bon march\u00e9 ou cass\u00e9 en guise de rechange \u00e0 remettre aux agresseurs, le porter \u00e0 la main afin qu'il ne soit pas sorti du sac ou du sac \u00e0 dos, et ne pas l'utiliser dans la rue afin de ne pas donner lieu \u00e0 une agression.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne l'argent, la tactique consiste \u00e0 ne pas en transporter trop, \u00e0 mettre de c\u00f4t\u00e9 une somme cach\u00e9e s\u00e9par\u00e9ment afin de ne pas tout donner en cas d'agression.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces tactiques apparaissent dans pratiquement toutes les r\u00e9ponses aux questionnaires, et montrent clairement que les agressions font partie de la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne de la r\u00e9gion. Il est \u00e9galement clair que les objets de valeur sont rares, ces filles ne portent g\u00e9n\u00e9ralement pas d'ordinateur ou d'objet de grande valeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelles pr\u00e9cautions prenez-vous pour sortir en toute s\u00e9curit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Ne parlez pas aux inconnus. Personne pour me surveiller. Regardez partout. Apprendre \u00e0 conna\u00eetre les gens avec qui je sors.<\/li><li>Je regarde constamment en arri\u00e8re. Soyez conscient de ce qui se passe autour de vous.<\/li><li>Portez du spray au poivre. Portez un sifflet.<\/li><li>Faites le point avec les membres de votre famille. Faites-leur savoir o\u00f9 et avec qui ils sortent. Donne \u00e0 tes parents les num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone de tes amis.<\/li><li>Arrivez t\u00f4t \u00e0 la maison.<\/li><li>Ne portez pas d'objets de valeur, ne portez pas de sacs \u00e0 main.<\/li><li>Conduire ma propre voiture. Demander \u00e0 quelqu'un de commander mon uber, le Conseil des taxis sur place.<\/li><li>Habillez-vous convenablement. Ne buvez pas excessivement, ne sortez pas seul.<\/li><li>Porter les cl\u00e9s dans sa main<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le deuxi\u00e8me type de tactique dont ils parlent a plus \u00e0 voir avec la sauvegarde de leur int\u00e9grit\u00e9 physique. Le tableau suivant r\u00e9sume ces mesures d'autosoins :<\/p>\n\n\n\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter quelques questions dans cette liste, tout d'abord la notion de risque : de quel danger ces femmes se prot\u00e8gent-elles lorsqu'elles parlent d'inconnus qui les observent et les approchent ou de l'importance de toujours marcher dos \u00e0 la route ?<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que ce mot ne soit pas utilis\u00e9, les filles parlent de la possibilit\u00e9 d'\u00eatre kidnapp\u00e9es. En ce sens, le spray au poivre et le sifflet apparaissent comme des m\u00e9canismes par lesquels elles peuvent faire renoncer leurs \u00e9ventuels agresseurs ; il n'en va pas de m\u00eame, cependant, de la tactique consistant \u00e0 communiquer par t\u00e9l\u00e9phone avec leurs proches, mais il s'agit d'une allusion r\u00e9currente, toutes les filles disent qu'elles le font lorsqu'elles voyagent seules, elles appellent ou envoient continuellement des messages \u00e0 leurs proches en indiquant o\u00f9 elles se trouvent et certaines partagent m\u00eame leur emplacement depuis leur t\u00e9l\u00e9phone portable. \u00c0 proprement parler, cette mesure n'est pas de nature \u00e0 dissuader les ravisseurs potentiels et pourrait m\u00eame constituer un m\u00e9canisme de distraction pour les jeunes filles elles-m\u00eames ; il semble qu'il s'agisse plut\u00f4t d'un moyen de se rassurer, les membres de la famille se sentant en s\u00e9curit\u00e9 pour surveiller o\u00f9 elles se trouvent, m\u00eame s'ils ne pourront finalement rien faire si, \u00e0 un moment donn\u00e9, ils ne peuvent plus les localiser. Cette tactique rend visible leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 pour eux et leurs familles de se sentir prot\u00e9g\u00e9s d'une mani\u00e8re ou d'une autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines de ces mesures, en revanche, font porter la responsabilit\u00e9 de la s\u00e9curit\u00e9 des femmes sur leur propre comportement. Ainsi, lorsqu'il leur est conseill\u00e9 de ne pas parler aux inconnus, de dire o\u00f9 et avec qui elles sortent, de ne pas porter d'objets de valeur, de s'habiller \"convenablement\", de ne pas sortir seules ou de ne pas boire excessivement, ces recommandations les placent clairement comme la cause d'une \u00e9ventuelle agression. C'est int\u00e9ressant parce qu'en r\u00e9alit\u00e9, lorsque nous pensons aux f\u00e9minicides, les agresseurs ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas exactement des \u00e9trangers et les femmes qui sont attaqu\u00e9es ne s'habillent pas n\u00e9cessairement de mani\u00e8re provocante, mais cette id\u00e9e reste valable. C'est peut-\u00eatre aussi une fa\u00e7on de se convaincre qu'ils font vraiment quelque chose pour les prot\u00e9ger.<\/p>\n\n\n\n<p>Les filles ont \u00e9galement r\u00e9pondu \u00e0 une question sur les personnes avec lesquelles elles se sentent en s\u00e9curit\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/baustista-violencia_genero_autocuidado_tultitlan_coacalco_ecatepec_mexico-tabla-03.png\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1324x551\" data-index=\"0\" data-caption=\"\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/baustista-violencia_genero_autocuidado_tultitlan_coacalco_ecatepec_mexico-tabla-03.png\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\"><\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il ressort de cette relation que le danger est clairement associ\u00e9 \u00e0 des personnes que nous ne connaissons pas ou peu, des personnes qui passent dans la rue et dont l'origine ne peut \u00eatre retrac\u00e9e ; les petits amis, les amis et les voisins, en revanche, apparaissent comme des personnes s\u00fbres.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les exp\u00e9riences<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans cette section, nous avons pens\u00e9 qu'il serait int\u00e9ressant d'extraire des questionnaires les r\u00e9ponses textuelles \u00e0 la question sur leurs exp\u00e9riences de l'ins\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les exp\u00e9riences<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Des personnes beaucoup plus \u00e2g\u00e9es m'ont propos\u00e9 de les accompagner.<\/li><li>Une fois seulement, un gar\u00e7on nous suivait, moi et deux de mes amis.<\/li><li>J'ai \u00e9t\u00e9 agress\u00e9.<\/li><li>Pour l'instant, rien de bien grave, juste quelques chauffeurs de taxi qui me font des compliments ou ce genre de choses.<\/li><li>Un jour, alors que nous sortions de l'universit\u00e9 vers 21h30, un type sorti de nulle part s'est approch\u00e9 de moi et de mes amis et nous a demand\u00e9 l'heure, j'ai paniqu\u00e9 et nous avons couru (c'est vrai).<\/li><li>Enl\u00e8vement d'un ami.<\/li><li>Des objets mat\u00e9riels vol\u00e9s.<\/li><li>Harc\u00e8lement.<\/li><li>Agress\u00e9, poursuivi.<\/li><li>Agressions constantes et harc\u00e8lement sexuel.<\/li><li>Agressions, harc\u00e8lement et pelotage dans les transports publics.<\/li><li>Ils me suivent, me disent des choses horribles dans la rue ou m'agressent.<\/li><li>Violence physique et verbale.<\/li><li>Harc\u00e8lement verbal, psychologique et physique.<\/li><li>Une seule fois j'ai \u00e9t\u00e9 agress\u00e9 en plein jour.<\/li><li>Agressions et tentative de car-jacking.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Encore une fois, il est int\u00e9ressant de noter qu'\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l'agression, l'exp\u00e9rience la plus fr\u00e9quente, le harc\u00e8lement et l'abus sexuels sont toujours mentionn\u00e9s, qu'ils soient exprim\u00e9s comme un acte r\u00e9el, comme une tentative ou comme une attente de la victime ; Nous pouvons observer que la notion de harc\u00e8lement semble acqu\u00e9rir une large polys\u00e9mie lorsqu'il s'agit d'actions telles qu'un homme ou un groupe d'hommes insistant pour qu'une jeune fille monte dans une voiture avec eux ou essayant m\u00eame de la forcer, et il semble que tout le temps le sujet du harc\u00e8lement passe par ce large \u00e9ventail de possibilit\u00e9s qui augmentent en niveau de danger, mais contre lesquelles les jeunes filles n'ont aucun contr\u00f4le. Comment d\u00e9terminez-vous la distance entre la gravit\u00e9 de crier des obsc\u00e9nit\u00e9s \u00e0 une fille et celle d'essayer de la faire monter dans une voiture ? \u00c0 quel moment ces filles prennent-elles conscience du type de danger auquel elles sont confront\u00e9es ? Peut-\u00eatre quand il sera trop tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ambigu\u00eft\u00e9 du danger, comme je l'appellerai ici, est plus \u00e9vidente dans les r\u00e9cits de ceux qui ont particip\u00e9 \u00e0 l'entretien de groupe et qui rendent compte essentiellement des m\u00eames dangers, bien que de mani\u00e8re plus d\u00e9taill\u00e9e, ce qui nous permet d'appr\u00e9cier les nuances dont nous parlons. Examinons maintenant certains de leurs t\u00e9moignages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je me souviens, c'\u00e9tait il y a longtemps, j'\u00e9tais au lyc\u00e9e mais je devais passer par une all\u00e9e, donc cette fois-l\u00e0 nous sommes sortis tr\u00e8s t\u00f4t, il \u00e9tait environ dix heures du matin et \u00e0 ce moment-l\u00e0 je n'avais pas encore beaucoup d'amis parce que nous venions juste d'entrer et je suis all\u00e9 seul et j'ai vu qu'une camionnette avec deux gars \u00e9tait pass\u00e9e et ils m'ont regard\u00e9 \"comme \u00e7a\" et l'un d'eux m'a cass\u00e9 la gueule, Mais je n'ai pas fait attention \u00e0 eux et disons que la rue \u00e9tait tr\u00e8s abandonn\u00e9e, je veux dire, les maisons avaient l'air de n'\u00eatre habit\u00e9es par personne, alors ce que j'ai fait c'est marcher vite et quand j'\u00e9tais sur le point d'arriver au coin pour faire demi-tour, o\u00f9 il y avait du trafic, j'ai vu que la camionnette revenait, mais ensuite je me suis approch\u00e9e d'un magasin, mais j'ai ressenti cette peur, et ce que je voulais c'\u00e9tait rentrer chez moi (Ana, \u00e9tudiante en ing\u00e9nierie, 21 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'exp\u00e9rience n'est pas r\u00e9cente, elle parle de quelque chose qui s'est pass\u00e9 il y a longtemps, d'une situation qui n'a pas chang\u00e9, l'incident se produit le matin, elle se sent en danger car la rue est seule et les personnes qui l'appellent se d\u00e9placent en voiture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je, quelque chose comme \u00e7a m'est arriv\u00e9 plusieurs fois, mais la derni\u00e8re fois c'\u00e9tait plus fort parce que je marchais le long du Retiro, puis il y a l'avenue et je me dirigeais vers la sortie, comme pour Coca Cola et je marchais et j'ai pass\u00e9 un de ces fourgons cargo, donc quand je suis pass\u00e9, le conducteur m'a dit des choses et quand je me suis retourn\u00e9 j'ai vu qu'il touchait ses parties, n'est-ce pas ? La seule chose que j'ai pu faire, c'est traverser de l'autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, il y avait une station de taxis \u00e0 cet endroit, et m\u00eame quand il a commenc\u00e9 \u00e0 se rapprocher de moi, il a ouvert la porte de l'autre c\u00f4t\u00e9, c'est pourquoi j'ai d\u00fb traverser, parce qu'\u00e0 ce moment-l\u00e0, j'ai senti qu'il allait me tirer et puis, au revoir, qui sait o\u00f9 je serais (Paola, \u00e9tudiante en ing\u00e9nierie, 23 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ce t\u00e9moignage parle d'une situation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, bien qu'il y ait un incident en particulier qui fait que l'interview\u00e9e se sent en plus grand danger, celui qui lui parle est un homme qui se masturbe puis la poursuit, ouvrant la porte de la camionnette comme pour la tirer \u00e0 l'int\u00e9rieur ; elle est convaincue que l'homme allait l'emmener et qu'ils n'allaient pas la retrouver apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il n'y a pas longtemps, environ un mois et demi, c'\u00e9tait mercredi, nous avions quitt\u00e9 l'\u00e9cole \u00e0 midi :00 de l'\u00e9cole et \u00e7a, enfin, j'avais l'habitude, comme mon trajet pour rentrer chez moi est tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui de mes amis, j'avais l'habitude de rentrer seule \u00e0 pied, c'est un court trajet d'ici \u00e0 Conalep, \u00e0 Bosques, donc pour moi, ce n'\u00e9tait pas facile mais c'\u00e9tait plus \u00e9conomique de marcher d'ici \u00e0 l\u00e0, je marchais seule, d'abord je marche le long du Mexiquense, Je me promenais seule, j'ai d'abord long\u00e9 le Mexiquense, justement parce que \u00e7a me d\u00e9range de marcher parmi les gens qui travaillent dans une station de lavage, mais quelques m\u00e8tres plus loin, j'ai travers\u00e9 de l'autre c\u00f4t\u00e9 et une voiture noire a commenc\u00e9 \u00e0 s'arr\u00eater \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, c'\u00e9tait un homme et ce qu'il m'a cri\u00e9, c'est de me demander si je savais si la route qu'il prenait pour aller \u00e0 Tultepec \u00e9tait correcte, ensuite, au moment o\u00f9 je me suis retourn\u00e9e, je ne m'\u00e9tais pas retourn\u00e9e pour le voir, mais quand je me suis retourn\u00e9e, j'ai vu qu'il se masturbait pendant qu'il conduisait, Ma logique \u00e9tait donc la suivante : \" fais demi-tour et continue \u00e0 marcher et je ne sais pas, il y avait un magasin devant, va l\u00e0 o\u00f9 il y a des gens \", mais ce type a continu\u00e9 \u00e0 rouler au m\u00eame rythme que moi et je pense que lorsqu'il a r\u00e9alis\u00e9 que nous \u00e9tions sur le point d'arriver \u00e0 un coin o\u00f9 il y avait des gens et ainsi de suite, mesdames, il a cri\u00e9 quelque chose d'autre mais je n'ai pas compris, il a juste continu\u00e9 \u00e0 avancer normalement, J'ai essay\u00e9 de voir les plaques de la voiture mais elle n'en avait m\u00eame pas, alors quand je suis arriv\u00e9e au point o\u00f9 je devais attendre un bus, cela m'a pris encore beaucoup plus de temps, alors \u00e0 ce moment-l\u00e0 j'avais tr\u00e8s peur et je suppliais juste de rencontrer quelqu'un en qui j'avais confiance pour qu'il m'accompagne chez moi et que je ne rencontre plus ce type (Itzel, \u00e9tudiante en ing\u00e9nierie, 21 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La situation se produit aussi pendant la journ\u00e9e, dans le r\u00e9cit de la victime, elle fait plusieurs erreurs, l'une d'entre elles est de marcher seule, l'autre est de choisir la route pour \u00e9viter une station de lavage de voitures o\u00f9 elle est toujours harcel\u00e9e par les employ\u00e9s ; c'est encore un homme qui se masturbe, cette fois dans une voiture sans plaques d'immatriculation, et qui la suit jusqu'\u00e0 ce qu'elle atteigne un endroit o\u00f9 il y a des gens.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de mentionner la grande similitude entre les trois histoires, dans aucun des cas il ne s'agit de la nuit, tous se passent en plein jour, les filles ne font pas d'activit\u00e9s qu'elles ont elles-m\u00eames d\u00e9crites comme risqu\u00e9es, il est m\u00eame d\u00e9duit qu'elles portent l'uniforme ou les v\u00eatements qu'elles utilisent normalement pour aller \u00e0 l'\u00e9cole. Ce dont les agresseurs profitent vraiment, c'est de la solitude des rues, de la pr\u00e9carit\u00e9 de l'espace, dans ces exp\u00e9riences, la distance entre les sujets d\u00e9prav\u00e9s qui aiment se masturber devant les filles est l'interpr\u00e9tation facile, mais dans leur histoire, l'interpr\u00e9tation est plus s\u00e9rieuse, l'exp\u00e9rience est qu'ils ont \u00e9t\u00e9 sur le point d'\u00eatre kidnapp\u00e9s, qu'ils allaient les emmener.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment est-il possible de d\u00e9terminer l'\u00e9tendue de ces agresseurs potentiels ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est tr\u00e8s clair, c'est que l'ins\u00e9curit\u00e9 de la zone, le manque de surveillance, d'infrastructures et m\u00eame le manque de ressources des filles pour se mettre en s\u00e9curit\u00e9, associ\u00e9s \u00e0 l'inefficacit\u00e9 connue des autorit\u00e9s, font de ces filles une cible facile pour pratiquement n'importe qui, Ce qui est troublant dans ces histoires, ce n'est pas ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 ces femmes, mais ce qui aurait pu leur arriver si facilement, elles le savent, m\u00eame si pour l'instant elles attribuent la chance d'\u00eatre en s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 quelque chose d'aussi fortuit que le passage d'une personne, l'arriv\u00e9e dans un magasin ou le fait d'\u00eatre assez d\u00e9termin\u00e9es pour courir et traverser la rue. Aucune de ces exp\u00e9riences risqu\u00e9es dont elles parlent n'a eu lieu dans le cadre d'une f\u00eate ou d'une soir\u00e9e, qui est pour la plupart de ces filles un luxe inabordable.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, il est frappant de constater que, lorsqu'on se r\u00e9f\u00e8re aux cas de f\u00e9minicides, et bien que les filles attribuent ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 des probl\u00e8mes tels que le machisme, l'impunit\u00e9 et le manque de d\u00e9nonciation des actes de violence qui en d\u00e9coule ; \u00e0 la traite des femmes, \u00e0 la prolif\u00e9ration de personnes malades ou d\u00e9rang\u00e9es qui commettent ces crimes, il existe \u00e9galement des discours fr\u00e9quents qui attribuent la responsabilit\u00e9 aux victimes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je ne sais pas grand-chose, mais c'est peut-\u00eatre \u00e0 cause des quelques pr\u00e9cautions que nous prenons en ne disant pas o\u00f9 nous sommes ni avec qui nous sommes (Lissette, 19 ans, manifestante).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Parce que nous sommes des proies faciles, parce que nous ne sommes pas attentifs, vuln\u00e9rables en raison de notre manque de s\u00e9curit\u00e9 et de notre manque de caract\u00e8re dans les situations (Mariana, 27 ans, journaliste).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans la premi\u00e8re affirmation, les crimes sont la cons\u00e9quence du fait que les victimes ne prennent pas les pr\u00e9cautions n\u00e9cessaires ; dans la seconde, les jeunes femmes sont d\u00e9finies comme des \"proies faciles\", mais elles acqui\u00e8rent ce statut de \"vuln\u00e9rables\" lorsqu'elles ne prennent pas de mesures de s\u00e9curit\u00e9 et ne font pas preuve d'une moralit\u00e9 suffisante.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que l'enqu\u00eate ne nous permette pas d'approfondir le sens de ces d\u00e9clarations, un discours qui attribue la responsabilit\u00e9 et le bl\u00e2me aux victimes \u00e9merge clairement ; on s'attend \u00e9galement \u00e0 ce que l'ob\u00e9issance \u00e0 ces r\u00e8gles assure la s\u00e9curit\u00e9 de ces femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les filles interrog\u00e9es dans le cadre de l'entretien de groupe ont \u00e9galement parl\u00e9 de f\u00e9micides ; dans ce cas, se rappelant des exp\u00e9riences proches d'elles, on leur a demand\u00e9 si elles connaissaient des cas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je le fais, et bien, il y a environ deux ans, il y avait une fille qui donnait des cours de... <em>combat corporel<\/em> \u00c0 Aquasol, cette fille la fr\u00e9quentait, je veux dire que nous n'\u00e9tions pas amies mais je la connaissais, puis un jour elle est all\u00e9e \u00e0 une f\u00eate et bon, elle est partie aux premi\u00e8res heures du matin parce qu'elle devait retourner chez sa m\u00e8re, donc on dit qu'elle est partie seule dans un taxi et qu'elle n'est pas r\u00e9apparue, puis le temps a pass\u00e9, ils l'ont cherch\u00e9e, et environ deux semaines plus tard elle est r\u00e9apparue dans le canal de la Laguna (Itzel, \u00e9tudiante en ing\u00e9nierie, 21 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'histoire se d\u00e9roule en 2016 et est celle d'une jeune femme qui a disparu alors qu'elle prenait un taxi seule, la nuit ; c'est la m\u00eame histoire qui a fait la une des journaux en octobre 2018, avec la tristement c\u00e9l\u00e8bre affaire du... <em>Monstre d'Ecatepec<\/em>mais \u00e0 l'\u00e9poque, il n'a pas sembl\u00e9 atteindre la notori\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Eh bien, c'\u00e9tait il y a quatre ans, ma m\u00e8re avait l'habitude d'aller chez une voisine dans un autre quartier pr\u00e8s du n\u00f4tre et chaque vendredi elle y allait pour lui faire un contr\u00f4le m\u00e9dical, mais un jour la fille de la dame \u00e0 qui elle faisait le contr\u00f4le n'est pas arriv\u00e9e et la dame \u00e9tait tr\u00e8s inqui\u00e8te et il \u00e9tait quatre heures de l'apr\u00e8s-midi et sa fille partait \u00e0 deux heures, Ils l'appelaient et elle avait donn\u00e9 rendez-vous \u00e0 son petit ami sur le pont L\u00f3pez Portillo sur la Mega, pr\u00e8s de la Mega Comercial, et les preuves ont montr\u00e9 plus tard que c'\u00e9tait le petit ami qui l'avait enlev\u00e9e et tu\u00e9e (Fernanda, \u00e9tudiante en ing\u00e9nierie, 23 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Contrairement \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente, dans cette histoire, le f\u00e9minicide est le petit ami de la fille, qui l'a kidnapp\u00e9e et assassin\u00e9e, un exemple int\u00e9ressant car il rompt avec toutes les croyances sur la s\u00e9curit\u00e9 que ces filles ont exprim\u00e9es auparavant ; pour elles, les petits amis apparaissent toujours comme la r\u00e9f\u00e9rence d'une personne s\u00fbre avec laquelle elles peuvent sortir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Eh bien, dans la r\u00e9gion o\u00f9 je vis, il y a une zone o\u00f9 de nombreuses voitures viennent de loin, de nombreuses remorques de fret, et c'est une zone qui n'est pas tr\u00e8s bien gard\u00e9e, donc il y a eu des cas de, eh bien, les gens qui ont vu de loin comment les filles sont mises dans les voitures, ils les ferment ou jettent les gens sur le c\u00f4t\u00e9 de la rue et eh bien, je me rends compte comment cette peur a grandi parmi nous en tant que femmes parce que dans mon cas, je prie pour rentrer \u00e0 la maison, Eh bien, apr\u00e8s cette exp\u00e9rience que j'ai eue, je suis maintenant plus vigilante, j'essaie de ne pas \u00eatre seule dans la rue, si possible j'\u00e9vite d'aller dans la rue, si ce n'est pas une r\u00e9elle n\u00e9cessit\u00e9 de sortir et je suis toujours en contact avec quelqu'un en qui j'ai confiance, que ce soit ma famille, je dis \u00e0 quelqu'un que je pars d'ici, je suis en train d'en arriver l\u00e0 et j'essaie toujours de m'assurer que quelqu'un sait o\u00f9 je suis et ce que je fais (Paola, \u00e9tudiante en ing\u00e9nierie, 23 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ce t\u00e9moignage montre clairement la peur que ces jeunes femmes \u00e9prouvent et la mani\u00e8re dont elles l'\u00e9laborent et l'expriment. L'interview\u00e9e fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la conscience des \u00e9v\u00e9nements qui se produisent dans une zone proche de son domicile et parle de ses \u00e9motions, de l'impossibilit\u00e9 d'\u00eatre seule dans la rue ou d'\u00eatre toujours avec des personnes de confiance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Derni\u00e8res consid\u00e9rations : les filles ne veulent plus s'amuser<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Comme nous l'avons indiqu\u00e9, ce travail constitue une premi\u00e8re avanc\u00e9e d'une enqu\u00eate en cours, dans laquelle nous avons cherch\u00e9 \u00e0 explorer les pratiques quotidiennes des jeunes femmes de ces municipalit\u00e9s de l'agglom\u00e9ration de Mexico, dans le but de les mettre en relation, notamment celles li\u00e9es au divertissement et \u00e0 la vie nocturne, avec les discours qui donnent sens aux exp\u00e9riences d'ins\u00e9curit\u00e9 et de violence v\u00e9cues par ces femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Plut\u00f4t que des r\u00e9sultats d\u00e9finitifs, nous souhaitons reprendre ici certains aspects qui nous ont sembl\u00e9 particuli\u00e8rement pertinents dans l'analyse de ces pratiques et discours.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d'abord, les r\u00e9cits de ces femmes montrent tr\u00e8s clairement qu'elles sont conscientes de vivre dans un endroit o\u00f9 les risques sont \u00e9normes et o\u00f9 les possibilit\u00e9s de devenir des victimes sont \u00e0 l'ordre du jour. Il est \u00e9galement clair que la peur affecte les pratiques quotidiennes de ces femmes, qui ont l'habitude de prendre des mesures d'auto-soins pour prot\u00e9ger avant tout leur int\u00e9grit\u00e9 physique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les activit\u00e9s normales sont maintenues malgr\u00e9 le danger ; cependant, les histoires sont des histoires d'enfermement, et derri\u00e8re les tactiques qu'ils d\u00e9ploient pour se tenir \u00e0 l'\u00e9cart du danger, on peut voir les tactiques discursives des membres de la famille qui leur apprennent \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer l'espace s\u00fbr de la maison et la tranquillit\u00e9 des petites r\u00e9unions et des activit\u00e9s familiales.<\/p>\n\n\n\n<p>Les discours qui apparaissent dans la voix de ces jeunes filles font appel \u00e0 l'impossibilit\u00e9 d'\u00eatre en s\u00e9curit\u00e9 n'importe o\u00f9, mais aussi \u00e0 la responsabilit\u00e9 et m\u00eame \u00e0 la culpabilit\u00e9 des victimes, qui sont g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9crites comme des femmes qui n'ont pas respect\u00e9 les r\u00e8gles de comportement, qui n'ont pas \u00e9t\u00e9 assez prudentes ou qui ont fait des erreurs dans leurs tactiques d'auto-soins ou, dans le pire des cas, qui ont fait preuve d'un comportement d\u00e9brid\u00e9 qui a fait d'elles des cibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Les loisirs nocturnes, extr\u00eamement limit\u00e9s, sont qualifi\u00e9s de \"destrampe\" ou de comportement immature et irresponsable ; les filles interrog\u00e9es parlent massivement de la bo\u00eete de nuit et de la f\u00eate comme de conditions dangereuses que les femmes prudentes devraient \u00e9viter ; dans les pratiques de ces jeunes femmes, il est visible que seules quelques-unes d'entre elles ont acc\u00e8s \u00e0 ce type de divertissement et que, m\u00eame dans ces cas, ces sorties n\u00e9cessitent une logistique compliqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Paradoxalement, les exp\u00e9riences racont\u00e9es par ces filles, \u00e9galement majoritaires, n'ont pas grand-chose \u00e0 voir avec la vie nocturne et la f\u00eate ; le harc\u00e8lement, les abus sexuels et la possibilit\u00e9 d'un enl\u00e8vement et d'une disparition sont \u00e0 port\u00e9e de main, dans des \u00e9pisodes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s qui se produisent en plein jour. L'exp\u00e9rience rapproch\u00e9e du danger oblige \u00e0 s'interroger sur la \"latence\" et la \"possibilit\u00e9\" du risque. Quel type de hasard d\u00e9termine finalement l'int\u00e9gration ou non dans la statistique ?<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e9vident que les jeunes femmes de la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de Mexico ne jouissent pas de la m\u00eame libert\u00e9 que les hommes pour occuper l'espace public et que leur mobilit\u00e9 y est limit\u00e9e par des discours qui leur apprennent, depuis le milieu familial, \u00e0 rester \u00e0 la maison, \u00e0 ne pas se d\u00e9placer seules et \u00e0 assumer la responsabilit\u00e9 de leurs propres soins. Ces discours, qui d'un certain point de vue peuvent \u00eatre clairement compris comme l'exercice d'un pouvoir patriarcal sur les jeunes femmes, peuvent \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s, comme nous avons essay\u00e9 de le montrer ici, comme une ressource tactique, \u00e0 travers laquelle, dans un contexte de risque, les membres de la famille et les victimes elles-m\u00eames travaillent \u00e0 la constitution d'une subjectivit\u00e9 f\u00e9minine \"prudente\" et \"responsable\", pr\u00e9dispos\u00e9e \u00e0 l'enfermement et restreinte aux activit\u00e9s familiales et domestiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on peut le constater, la prolif\u00e9ration du trafic g\u00e9n\u00e8re des conditions de risque permanent pour les femmes de ces localit\u00e9s qui, face \u00e0 la possibilit\u00e9 latente de devenir des victimes directes, sont contraintes de rester en marge de l'espace public.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet enfermement, qui, dans les r\u00e9cits des personnes interrog\u00e9es, appara\u00eet comme volontaire et le r\u00e9sultat d'une prudence et d'un souci de soi, est travers\u00e9 par des discours dans lesquels le divertissement et la vie nocturne sont censur\u00e9s ou remis en question, et dans lesquels les risques encourus par ceux qui risquent de les vivre sont visualis\u00e9s comme des cons\u00e9quences de leur propre comportement, les pla\u00e7ant dans une position de plus grande vuln\u00e9rabilit\u00e9, en rendant invisible l'existence de structures criminelles en fonctionnement permanent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces discours reproduisent des st\u00e9r\u00e9otypes selon lesquels les femmes sont exploit\u00e9es \u00e0 la suite d'une faute ou d'un d\u00e9rapage, deviennent des cibles de danger en raison de leur propension \u00e0 s'amuser et \u00e0 faire la f\u00eate, ainsi que de la libre jouissance de leur corps, ce qui en fait des objets d'abus autoris\u00e9s. Dans ces discours, la possibilit\u00e9 pour les jeunes femmes et les communaut\u00e9s en g\u00e9n\u00e9ral de faire appel \u00e0 l'\u00c9tat comme garant de leur s\u00e9curit\u00e9 n'est pas configur\u00e9e ; la question devient personnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de mentionner que derri\u00e8re les risques dont parlent ces femmes se cache la condition sexu\u00e9e de leur corps, les dangers dont elles parlent sont li\u00e9s au fait que leur corps peut \u00eatre accessible aux hommes : marcher dans une rue isol\u00e9e, se montrer dans des v\u00eatements \"provocants\", marcher seule, sortir la nuit, s'amuser, sont des situations qui font d'elles des cibles justifi\u00e9es d'attaques masculines, qui peuvent aller du harc\u00e8lement et de l'intimidation aux abus sexuels, \u00e0 l'enl\u00e8vement et \u00e0 l'exploitation, perp\u00e9tr\u00e9s par des hommes qui se sentent autoris\u00e9s \u00e0 disposer du corps des femmes simplement parce qu'il se trouve dans l'espace public.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes femmes reproduisent elles-m\u00eames ces discours dans leurs r\u00e9cits et dans leurs pratiques quotidiennes, ce qui g\u00e9n\u00e8re chez elles une double condition de vuln\u00e9rabilit\u00e9, puisque, si elles deviennent des victimes, elles s'assument comme responsables de ce qui leur est arriv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de noter que le couloir de trafic, dans lequel ces filles op\u00e8rent quotidiennement, est une zone o\u00f9 prolif\u00e8rent les maisons closes et les h\u00f4tels de transit, o\u00f9 les hommes peuvent satisfaire leurs demandes sexuelles sans trop de soucis. Alors que la \"d\u00e9bauche\" des femmes est condamn\u00e9e d'une part et limit\u00e9e \u00e0 la sph\u00e8re priv\u00e9e pour assurer leur s\u00e9curit\u00e9, les hommes satisfont leurs d\u00e9sirs gr\u00e2ce au commerce lucratif de l'exploitation sexuelle, qui est parfaitement visible et contre lequel aucune action n'est prise par les autorit\u00e9s, bien qu'il s'agisse d'une affaire publiquement connue et tol\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Rita Segato (2018) a fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la traite et \u00e0 l'exploitation sexuelle comme des exemples de ce qu'elle a appel\u00e9 des p\u00e9dagogies de la cruaut\u00e9, o\u00f9 le corps des femmes est objectiv\u00e9 et consomm\u00e9 et o\u00f9 la r\u00e9p\u00e9tition de la violence produit un effet de normalisation, qui favorise un manque d'empathie envers les victimes.<\/p>\n\n\n\n<p>Segato (2018) consid\u00e8re que le violeur est un moralisateur, qui voit dans sa victime la d\u00e9viation morale qui le convoque, de sorte que sa violence est une repr\u00e9sailles qui ob\u00e9it au mandat de la masculinit\u00e9 et qu'il s'attribue le droit de punir les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Paradoxalement, les dangers pour les jeunes femmes de ces communes de l'agglom\u00e9ration ne se limitent pas \u00e0 l'espace public, et toute la p\u00e9dagogie d\u00e9ploy\u00e9e \u00e0 travers ces discours qui censurent leurs libert\u00e9s ne suffit pas \u00e0 assurer leur s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au contraire, les restrictions concernant l'utilisation de l'espace public, les rencontres, les loisirs, voire m\u00eame le travail ou les sorties pour \u00e9tudier, les rendent vuln\u00e9rables \u00e0 la violence domestique exerc\u00e9e par des parents ou des partenaires dominateurs. Les possibilit\u00e9s de s'organiser avec d'autres femmes sont tr\u00e8s limit\u00e9es. Cela se produit \u00e9galement dans des environnements pr\u00e9caires o\u00f9 la mobilit\u00e9 est difficile et o\u00f9 les transports sont chers et dangereux, o\u00f9 le fait d'\u00eatre laiss\u00e9e seule dans le bus ou de monter dans un taxi peut signifier qu'une fille dispara\u00eet sans laisser de trace.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre l'enfermement, les jeunes femmes de ce quartier de la ville vivent dans des conditions d'isolement qui les rendent plus susceptibles d'\u00eatre victimes de violences qui, dans leurs propres discours, ne semblent pas \u00eatre clairement reconnues, mais qui apparaissent n\u00e9anmoins dans leurs r\u00e9cits, lorsqu'elles font elles-m\u00eames r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des femmes qui ont \u00e9t\u00e9 victimes de f\u00e9minicides de la part de petits amis ou de parents, des personnes qu'elles d\u00e9signent comme des compagnons avec lesquels elles se sentent g\u00e9n\u00e9ralement en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bajt\u00edn, Mikhail (2005). <em>Est\u00e9tica de la creaci\u00f3n verbal.<\/em> Ciudad de M\u00e9xico: Siglo <span class=\"small-caps\">xxi.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Cort\u00e9s Mendoza, Ma. Fernanda (2021, 4 de agosto). <em>Un acercamiento a la trata de personas y las diversas formas de explotaci\u00f3n en M\u00e9xico <\/em>[Conferencia en linea]. Ciudad de M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uam-<\/span>Cuajimalpa. Recuperado de https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/1XoGER0iGXrWTJZI-n8szAyW_-AjHax1D\/view, consultado el 23 de junio de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Das, Veena (2008). \u201cEl acto de presenciar. Violencia, conocimiento envenenado y subjetividad\u201d, en Francisco Ortega (ed.) <em>Veena Das: sujetos de dolor, agentes de dignidad. <\/em>Bogot\u00e1: Universidad Nacional de Colombia.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">De Certeau, Michel (1996). <em>La invenci\u00f3n de lo cotidiano 1. Artes de hacer.<\/em> Ciudad de M\u00e9xico y Guadalajara: Universidad Iberoamericana e <span class=\"small-caps\">iteso<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">De la Peza, Ma. del Carmen (2014). <em>El rock mexicano. Un espacio en disputa.<\/em> Ciudad de M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uam<\/span>-Xochimilco.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Delgado, Manuel (2007). <em>Sociedades movedizas. Pasos hacia una antropolog\u00eda de las calles<\/em>. Barcelona: Anagrama.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Fuentes Flores, C\u00e9sar (2011). \u201cEspacio p\u00fablico y g\u00e9nero en Ciudad Ju\u00e1rez, Chihuahua: el derecho a la accesibilidad, autonom\u00eda, habitabilidad y participaci\u00f3n\u201d, en Luis Cervera, Julia Mon\u00e1rrez y Sergio Pe\u00f1a (coords.), <em>Espacio p\u00fablico y g\u00e9nero en Ciudad Ju\u00e1rez, Chihuahua. Accesibilidad, sociabilidad, participaci\u00f3n y seguridad.<\/em> Ciudad Ju\u00e1rez: <span class=\"small-caps\">colef<\/span> et <span class=\"small-caps\">uacj<\/span>, pp. 91-132.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Jir\u00f3n, Paola (2007). \u201cImplicancias de g\u00e9nero en las experiencias de movilidad cotidiana urbana en Santiago de Chile\u201d. <em>Revista Venezolana de Estudios de la Mujer, <\/em>vol. 12, n\u00fam. 2, pp. 173-197.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mart\u00ednez Mej\u00eda, Alfonso (2018, 16 de octubre). \u201cLa desaparici\u00f3n de ni\u00f1as se increment\u00f3 en el corredor de Coacalco\u201d. <em>La Prensa<\/em> [sitio web]. 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Accesibilidad, sociabilidad, participaci\u00f3n y seguridad. <\/em>Ciudad Ju\u00e1rez: <span class=\"small-caps\">colef<\/span> et <span class=\"small-caps\">uacj,<\/span> pp. 135-172.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Milenio Digital (2013, 19 de diciembre). \u201cDesde Tec\u00e1mac a Tultitl\u00e1n opera red de trata de personas\u201d. <em>Milenio<\/em> [sitio web]. Recuperado de https:\/\/www.milenio.com\/policia\/desde-tecamac-a-tultitlan-opera-red-de-trata-de-personas, consultado el 22 de junio de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Orozco, Rosi (2019, 9 de diciembre). \u201cUna pesadilla llamada \u2018el corredor de la trata de personas\u2019\u201d. <em>Foro Jur\u00eddico <\/em>[sitio web]. Recuperado de https:\/\/forojuridico.mx\/una-pesadilla-llamada-el-corredor-de-la-trata-de-personas\/ Consultado el 23 de junio de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Padr\u00f3n \u00c1lvarez, Ma. Teresa y Gu\u00e9nola Capr\u00f3n (2015). \u201cLa percepci\u00f3n de inseguridad en el transporte p\u00fablico: el caso de la autopista M\u00e9xico-Pachuca\u201d, en Gu\u00e9nola Capr\u00f3n y Cristina S\u00e1nchez-Mejorada (coords.), <em>La (in) seguridad en la metr\u00f3poli. Territorio, segurizaci\u00f3n y espacio p\u00fablico. <\/em>Ciudad de M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uam<\/span><em><span class=\"small-caps\">&#8211;<\/span><\/em>Azcapotzalco, pp.315-339.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Segato, Rita. (2018). <em>Contra-pedagog\u00edas de la crueldad.<\/em> Buenos Aires: Prometeo Libros.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Sorgentini, Hern\u00e1n (2000). \u201cLa recuperaci\u00f3n de la experiencia hist\u00f3rica. Un comentario sobre E.P. Thompson\u201d. <em>Sociohist\u00f3rica, <\/em>num. 7, pp. 53-80. Recuperado de https:\/\/www.memoria.fahce.unlp.edu.ar\/art_revistas\/pr.2820\/pr.2820.pdf, consultado el 22 de junio de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Soto, Paula (2015) \u201cCiudad y espacio p\u00fablico. Un an\u00e1lisis de g\u00e9nero de la inseguridad en la colonia Doctores\u201d, en Gu\u00e9nola Capr\u00f3n y Cristina S\u00e1nchez-Mejorada (coords.), <em>La (in) seguridad en la metr\u00f3poli. Territorio, segurizaci\u00f3n y espacio p\u00fablico. <\/em>Ciudad de M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uam<\/span><em><span class=\"small-caps\">&#8211;<\/span><\/em>Azcapotzalco, pp. 235-263.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Valc\u00e1rcel, Amelia (1997). <em>La pol\u00edtica de las mujeres<\/em>. Madrid: C\u00e1tedra<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Venegas, Patricia. (2021, 27 de agosto) \u201cEl 15% de las v\u00edctimas de trata de personas en el pa\u00eds son del Edomex\u201d. <em>El Sol de Toluca<\/em> [sitio web]. 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Ses recherches portent sur la violence et la citoyennet\u00e9, et plus particuli\u00e8rement sur l'\u00e9mergence de subjectivit\u00e9s et de tactiques de r\u00e9sistance. Elle a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e de cours dans le domaine de la communication dans plusieurs universit\u00e9s publiques et priv\u00e9es et assistante de recherche dans le cours de troisi\u00e8me cycle en communication et politique \u00e0 l'universit\u00e9 de Barcelone. <span class=\"small-caps\">uam<\/span>-Xochimilco. Elle a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 co-r\u00e9dactrice associ\u00e9e de l'agence de presse du journal <em>R\u00e9forme<\/em> et en tant que journaliste <em>free-lance<\/em> dans des magazines sp\u00e9cialis\u00e9s. Elle est l'auteur du livre <em>Le murmure social de la violence au Mexique. L'exp\u00e9rience des personnes touch\u00e9es par la guerre contre la drogue.<\/em>publi\u00e9 par le <span class=\"small-caps\">uam<\/span>-Xochimilco, en co-publication avec la Commission europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">cesop<\/span> de la Chambre des D\u00e9put\u00e9s en janvier 2017.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des municipalit\u00e9s comme Tultitl\u00e1n, Coacalco et Ecatepec, dans l'\u00c9tat de Mexico, font partie depuis plusieurs ann\u00e9es d'un couloir de trafic d'\u00eatres humains, o\u00f9 la disparition de femmes est devenue une constante. Face \u00e0 ce sc\u00e9nario, les habitants de ces localit\u00e9s racontent leurs exp\u00e9riences d'ins\u00e9curit\u00e9 et de peur, leurs pratiques d'autosoins et rendent compte de la mani\u00e8re dont le danger fa\u00e7onne les activit\u00e9s quotidiennes.<br \/>\nLes histoires de ces jeunes femmes rendent visible la mani\u00e8re dont la violence fa\u00e7onne la subjectivit\u00e9 des femmes dans des contextes o\u00f9 les dangers sont in\u00e9vitables et o\u00f9 la vie ne peut \u00eatre interrompue \u00e0 cause d'eux ; la seule alternative est de s'adapter. Dans l'exp\u00e9rience de ces femmes, la peur n'est pas une possibilit\u00e9 lointaine et al\u00e9atoire, mais un risque latent et proche, auquel elles peuvent \u00e9chapper chaque jour, mais qui sait pour combien de temps : elles racontent toutes des situations de danger qui, par hasard, ne se sont pas concr\u00e9tis\u00e9es.<br \/>\nEn particulier, les loisirs sont inscrits dans un discours sur l'impossibilit\u00e9 d'\u00eatre en s\u00e9curit\u00e9 partout, sur l'interdiction et le bl\u00e2me des victimes ; la vie nocturne, sporadique et limit\u00e9e, est caract\u00e9ris\u00e9e par la \"destrampe\" ou \"comportement immature et irresponsable\".<\/p>","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[279],"tags":[957,986,988,989,987],"coauthors":[704],"class_list":["post-36136","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-279","tag-inseguridad","tag-recreacion","tag-tacticas","tag-trata","tag-vida-cotidiana","personas-bautista-arias-miriam","numeros-949"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Violencia de g\u00e9nero y autocuidado en la Ciudad de M\u00e9xico &#8211; 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