{"id":36095,"date":"2022-09-21T06:46:50","date_gmt":"2022-09-21T06:46:50","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=36095"},"modified":"2023-11-17T17:50:38","modified_gmt":"2023-11-17T23:50:38","slug":"curiel-amaranto-alimento-indigena-patrimonio-activismo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/curiel-amaranto-alimento-indigena-patrimonio-activismo\/","title":{"rendered":"L'amarante en tant qu'aliment indig\u00e8ne : production patrimoniale et activisme alimentaire"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ce texte analyse la patrimonialisation de la nourriture comme un processus social qui produit de l'indig\u00e9n\u00e9it\u00e9 \u00e0 travers l'activisme alimentaire. Il pr\u00e9sente le cas du Grupo Enlace para la Promoci\u00f3n del Amaranto en M\u00e9xico, un acteur du d\u00e9bat sur la souverainet\u00e9 alimentaire, qui promeut la production, la transformation et la consommation de cette c\u00e9r\u00e9ale. Il illustre ses actions, ses pratiques organisationnelles et les r\u00e9cits qui ont dot\u00e9 l'amarante d'une s\u00e9rie de valeurs associ\u00e9es \u00e0 sa place dans le r\u00e9gime alimentaire m\u00e9soam\u00e9ricain, ce qui, actualis\u00e9 en tant qu'aliment indig\u00e8ne et ancestral, a conduit \u00e0 sa d\u00e9signation comme patrimoine immat\u00e9riel de la ville de Mexico. La pertinence de ce type d'activisme pour la production de l'indig\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans le domaine du patrimoine alimentaire est d\u00e9montr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/activismo-alimentario\/\" rel=\"tag\">activisme alimentaire<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/alimento-indigena\/\" rel=\"tag\">nourriture indig\u00e8ne<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/amaranto\/\" rel=\"tag\">amarante<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/indigeneidad\/\" rel=\"tag\">indig\u00e9n\u00e9it\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/patrimonio\/\" rel=\"tag\">patrimoine<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\">l'amarante en tant qu'aliment indig\u00e8ne : production de patrimoine et activisme alimentaire<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Abstract : Ce texte analyse comment la transformation des aliments en patrimoine est un processus social qui produit l'indig\u00e9n\u00e9it\u00e9 via l'activisme alimentaire. Il pr\u00e9sente le cas du groupe Enlace pour la promotion de l'amarante au Mexique, un acteur dans la dispute sur la souverainet\u00e9 alimentaire, qui propulse la production, la transformation et la consommation de cette c\u00e9r\u00e9ale. Elle illustre les \u00e9v\u00e9nements alimentaires, les pratiques organisationnelles et les r\u00e9cits qui ont conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l'amarante une s\u00e9rie de valeurs li\u00e9es \u00e0 sa place dans le r\u00e9gime alimentaire m\u00e9so-am\u00e9ricain, qui, actualis\u00e9es en tant qu'aliment indig\u00e8ne et ancestral, ont contribu\u00e9 \u00e0 la faire conna\u00eetre comme patrimoine immat\u00e9riel de la ville de Mexico (<span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>). Nous montrons la pertinence de ce type d'activisme pour la production de l'indig\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans le cadre du patrimoine alimentaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : patrimoine, activisme alimentaire, amarante, alimentation indig\u00e8ne, indig\u00e9n\u00e9it\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Dans le cadre de la patrimonialisation<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> les activit\u00e9s culturelles promues par l <span class=\"small-caps\">unesco<\/span> en 2003,<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> la cr\u00e9ation d'un patrimoine alimentaire vise \u00e0 sauvegarder des cuisines ou des produits consid\u00e9r\u00e9s comme \"traditionnels\",<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> locale et peu connue. \" Par le haut \" vise \u00e0 promouvoir le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, les int\u00e9r\u00eats de l'industrie gastronomique et le tourisme (Bessi\u00e9re, 1998 ; Matta, 2013). \" Par le bas \", elle contribue \u00e0 la construction discursive du lieu, de l'identit\u00e9 et de la culture (Littaye, 2016) et dans \" les processus d'ethnogen\u00e8se, de d\u00e9fense de l'identit\u00e9 et du territoire \" (Guzm\u00e1n Ch\u00e1vez, 2019 : 12) lorsque les populations autochtones trouvent une opportunit\u00e9 de n\u00e9gocier la visibilit\u00e9 et la reconnaissance ethnique devant les instances nationales et internationales (Bak-Geller Corona, 2019). Dans les deux cas, elle a un impact direct sur les communaut\u00e9s, les relations sociales et interpersonnelles et les processus plus larges de n\u00e9gociation de ce que sont et sont consid\u00e9r\u00e9s comme des cuisines, des aliments culturellement appropri\u00e9s et des \" aliments authentiques \" (Stanford, 2012), et interroge de mani\u00e8re critique la dynamique de la mondialisation \u00e0 la lumi\u00e8re des pratiques et des interactions locales, r\u00e9gionales, nationales et transnationales. Si les initiatives les plus connues sont celles promues par les gouvernements et les organismes internationaux, ce que montrent les \u00e9tudes r\u00e9centes, c'est que le patrimoine alimentaire est rendu possible, compris et valoris\u00e9 dans la vie et les pratiques quotidiennes des acteurs communautaires (P\u00e9rez Ruiz et Machuca, 2017 ; Suremain, 2017, 2019a ; Bak-Geller Corona, 2017).<em> et al<\/em>., 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>En Am\u00e9rique latine, des initiatives patrimoniales ont vu le jour suite \u00e0 l'organisation de divers acteurs autour de la souverainet\u00e9 alimentaire, du droit \u00e0 une alimentation saine et de la valorisation des cuisines et produits locaux (Reba\u00ef<em> et al<\/em>., 2021), face aux effets de l'agro-industrie et aux changements rapides des r\u00e9gimes, des modes d'alimentation et des habitudes alimentaires. Une cons\u00e9quence de ce processus est \" la revitalisation d'ingr\u00e9dients traditionnels reconnus pour leurs valeurs nutritionnelles, leurs avantages agricoles ou leur durabilit\u00e9 en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire \" (S\u00e9bastia, 2017 : 7).<\/p>\n\n\n\n<p>La recherche sur le patrimoine prend en compte \"les processus institutionnels, \u00e9conomiques, politiques, sociaux, culturels et identitaires de valorisation de l'agrodiversit\u00e9, de l'alimentation et de la gastronomie\" (Reba\u00ef <em>et al<\/em>., 2021 : 15). Ils examinent l'\u00e9volution des cultures et des mani\u00e8res de cuisiner et de manger face \u00e0 l'expansion des march\u00e9s, des politiques agricoles, de la diffusion des m\u00e9dias et de l'information (Reba\u00ef, 2021 : 15). <em>et al<\/em>2021), l'\u00e9mergence d'une base de consommateurs en qu\u00eate d'authenticit\u00e9 (Littaye, 2016) et \" la valorisation symbolique des racines indig\u00e8nes des cuisines locales \" (Suremain, 2017 : 175).<\/p>\n\n\n\n<p>Le patrimoine fonctionne comme \"un marqueur d'identit\u00e9 et un \u00e9l\u00e9ment distinctif du groupe social\" qui \"fournit une profondeur historique et un mod\u00e8le permanent dans un monde en constante \u00e9volution\" ; en tant que lien temporel, il est indissociable de la tradition et est consid\u00e9r\u00e9 comme un \"r\u00e9servoir de sens n\u00e9cessaire \u00e0 la compr\u00e9hension du monde\" (Bessi\u00e9re, 1998 : 26). La cr\u00e9er implique de d\u00e9battre des notions d'ancestralit\u00e9, de l\u00e9gitimit\u00e9 et d'authenticit\u00e9 dans certaines pratiques culturelles (Guzm\u00e1n Ch\u00e1vez, 2019), de discuter de la mani\u00e8re dont \" sa \" culture est mise au service d'int\u00e9r\u00eats sp\u00e9cifiques (Bak-Geller Corona. <em>et al<\/em>., 2019) et r\u00e9fl\u00e9chissent \u00e0 l'intervention des organismes officiels qui \" activent \" l'initiative patrimoniale (Medina, 2017). La patrimonialisation s'exprime comme \" une action exerc\u00e9e par des sujets sur quelque chose qui n'\u00e9tait pas auparavant un patrimoine et qui est destin\u00e9 \u00e0 le devenir \" (P\u00e9rez Ru\u00edz et Machuca, 2017 : 5).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce processus g\u00e9n\u00e8re une tension entre la \" patrimonialisation ordinaire \" - un type de pratique sociale qui \u00e9chappe au champ formel des institutions et des organisations que nous comprenons comme \u00e9tant caract\u00e9ristique des \" configurations du patrimoine alimentaire \" - et la \" patrimonialisation ordinaire \" - un type de pratique sociale qui \u00e9chappe au champ formel des institutions et des organisations que nous comprenons comme \u00e9tant caract\u00e9ristique des \" configurations du patrimoine alimentaire \".<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> (Suremain, 2019b : 12)- et le patrimoine institutionnel : \" le processus de s\u00e9lection de ce qui m\u00e9rite d'\u00eatre valoris\u00e9 peut \u00eatre doublement probl\u00e9matique, en raison du profil de ceux qui d\u00e9cident et en raison des crit\u00e8res de s\u00e9lection eux-m\u00eames. Elle peut alors conduire \u00e0 une r\u00e9invention de l'\"ancestral\" - un terme qui n'est apparu que r\u00e9cemment - du \"typique\" ou du \"traditionnel\" (Hobsbawm et Ranger, 1983)... et qui correspond \u00e0 un processus de catalogage qui implique un int\u00e9r\u00eat \"objectivant\"\" (Reba\u00ef <em>et al<\/em>., 2021: 16).<\/p>\n\n\n\n<p>Sur tout le continent, nous observons comment ce processus de catalogage fournit un arsenal de notions pour d\u00e9finir les initiatives patrimoniales, comme le \" produit culturel argentin \" (\u00c1lvarez et Sammartino, 2009), la \" nourriture indig\u00e8ne communautaire \" en Bolivie (Suremain, 2019b) ou les \" routes gastronomiques \" (Suremain, 2017), et... <em>super aliments<\/em> au Mexique (Katz et Lazos, 2017). Comme le souligne Ayora-D\u00edaz, \" toutes ces affirmations, d\u00e9clarations, certifications du caract\u00e8re patrimonial des formes alimentaires, des pratiques et techniques d'\u00e9laboration des aliments, des syst\u00e8mes culinaires et du patrimoine culturel du pays \" (Ayora-D\u00edaz et Lazos, 2017).<em>&#8211;<\/em>La tradition gastronomique a cependant un arri\u00e8re-plan politique et une n\u00e9gociation des visions du monde habit\u00e9 par les groupes sociaux, et la l\u00e9gitimation de leurs r\u00e9cits du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent \" (2019 : 212).<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de contribuer aux analyses sur la production du patrimoine alimentaire qui s'int\u00e9ressent aux acteurs, \u00e0 leur organisation et \u00e0 leurs pratiques (Bak-Geller Corona <em>et al.<\/em>2019 ; Reba\u00ef <em>et al<\/em>., 2021), ainsi que dans la n\u00e9gociation d'\u00e9l\u00e9ments indig\u00e8nes entrant dans le circuit mondial \u00e0 l'\u00e8re de la \" r\u00e9surgence ethnique \" (Matta, 2013), nous pr\u00e9sentons dans ce texte l'\" activisme alimentaire \" (Siniscalchi et Counihan, 2014 ; Counihan, 2014b) du groupe Enlace pour la promotion de l'amarante au Mexique (<span class=\"small-caps\">gepam<\/span>). Le suivi que nous avons entam\u00e9 pour rendre compte de l'absence et de l'\u00e9mergence de l'amarante et de l'organisation sociale autour d'elle (Curiel, 2016) nous a amen\u00e9s \u00e0 observer les pratiques et les discours que le groupe a d\u00e9ploy\u00e9s dans divers \u00e9v\u00e9nements publics. Dans ce texte, nous nous demandons quel r\u00f4le joue l'activisme alimentaire dans la production d'une \"alimentation indig\u00e8ne\". Et comprenant le patrimoine comme une production mat\u00e9rielle et symbolique qui implique d'observer la d\u00e9contextualisation et la recontextualisation ult\u00e9rieure de certains \u00e9l\u00e9ments (Frigol\u00e9, 2010), nous nous penchons sur les aspects symboliques, discursifs et les objets mat\u00e9riels que cet activisme a utilis\u00e9s pour parvenir \u00e0 la d\u00e9nomination de l'amarante comme patrimoine de la ville de Mexico (Frigol\u00e9, 2010).<span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>) et leur inclusion dans le panier de base.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous abordons ces questions \u00e0 travers le concept d'indig\u00e9n\u00e9it\u00e9 \u00e9labor\u00e9 comme les \" processus historiques, sociaux, politiques \u00e0 travers lesquels certaines personnes, groupes, pratiques, objets peuvent \u00eatre identifi\u00e9s et\/ou peuvent se revendiquer comme indig\u00e8nes \" (L\u00f3pez Caballero, 2016 : 10), qui questionnent \u00e0 la fois l'id\u00e9e de \" notre origine commune \", situ\u00e9e dans le pass\u00e9 pr\u00e9hispanique, et la l\u00e9gitimation des peuples indig\u00e8nes contemporains par leur \" lien indissoluble et transhistorique avec ce pass\u00e9 \" (L\u00f3pez Caballero, 2010 : 137).<\/p>\n\n\n\n<p>Si l'exclusion de l'Indien et de l'indig\u00e8ne a caract\u00e9ris\u00e9 le discours des cuisines du 20e si\u00e8cle, ce n'est pas la premi\u00e8re fois que le <span class=\"small-caps\">xix<\/span> (Bak-Geller Corona, 2019), des recherches r\u00e9centes dans le domaine du patrimoine alimentaire r\u00e9v\u00e8lent la valeur ajout\u00e9e.<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> qui appara\u00eet dans les aliments identifi\u00e9s comme indig\u00e8nes dans un contexte \" caract\u00e9ris\u00e9 par la logique n\u00e9olib\u00e9rale et mercantiliste qui transforme la culture en un bien de consommation \" (Bak-Geller Corona, 2019 : 44) lorsqu'elle produit des aliments qui \" estampill\u00e9s comme indiens, sont \u00e0 la mode [car repr\u00e9sent\u00e9s] comme des aliments authentiques, vrais ou purs \" (Suremain, 2017 : 174). La route du \" chocolat maya \" en est un exemple (Suremain, 2019a). Nous pr\u00e9sentons ensuite la discussion sur la production du patrimoine, l'activisme alimentaire et l'indig\u00e9n\u00e9it\u00e9, puis la mont\u00e9e en puissance de l'industrie de l'alimentation. <span class=\"small-caps\">gepam<\/span>. Nous incluons une br\u00e8ve histoire de l'amarante afin de situer la pertinence qu'elle a acquise ces derni\u00e8res ann\u00e9es en tant qu'aliment et culture. Les \u00e9v\u00e9nements alimentaires sont illustr\u00e9s sur la base des informations recueillies \u00e0 partir de notes de terrain prises entre 2016 et 2018, de l'observation des participants, de conversations informelles et du suivi des journaux. Dans la derni\u00e8re section, nous concentrons les annotations finales.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Patrimoine, activisme alimentaire et aliments indig\u00e8nes<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le patrimoine alimentaire est d\u00e9fini comme \"l'ensemble des \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels et immat\u00e9riels des cultures alimentaires consid\u00e9r\u00e9s par une soci\u00e9t\u00e9 ou un groupe comme un h\u00e9ritage partag\u00e9, comme un bien commun\" (Bak-Geller Corona <em>et al<\/em>., 2019 : 19). Leur cr\u00e9ation r\u00e9pond en partie aux exigences du march\u00e9 du tourisme (Bessi\u00e9re, 1998, 2013), caract\u00e9ris\u00e9 par une tendance au \" retour au local \". Leurs dynamiques r\u00e9cup\u00e8rent les aliments marginalis\u00e9s \u00e0 travers des processus complexes de n\u00e9gociation, de repr\u00e9sentation (Stanford, 2012), de tensions et de contradictions autour de ce qui doit \u00eatre inclus et promu en tant qu'initiative patrimoniale (Matta, 2013). Comme le souligne Reba\u00ef <em>et al.<\/em>,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">si le patrimoine et la patrimonialisation peuvent devenir des outils pragmatiques de reconnaissance des populations exclues des grands processus de mondialisation, la patrimonialisation peut n\u00e9anmoins conduire \u00e0 la sanction des espaces (Cormier-Salem <em>et al<\/em>2002) ou provoquent, dans certains contextes, la fixation ou la folklorisation de pratiques et de savoirs (Dhaher 2012 ; Cornuel, 2017) (Reba\u00ef <em>et al<\/em>., 2021: 16).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En tant que pratique historique, le patrimoine n\u00e9cessite un discours sur le pass\u00e9 -s\u00e9lectionn\u00e9, manipul\u00e9- d\u00e8s lors qu'une de ses conceptions et utilisations renvoie aux origines de certaines entit\u00e9s (Frigol\u00e9, 2010). Dans \" une soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9occup\u00e9e par la perte de ses propres traces \" (Bessi\u00e8re, 1998 : 28) et ayant besoin de \" situer les r\u00e9f\u00e9rents socioculturels et identitaires par rapport \u00e0 ses propres conceptions du temps et de l'espace \" (Medina, 2017 : 107), des liens sont produits entre des pratiques culturelles consid\u00e9r\u00e9es comme \" traditionnelles \" ou \" ancestrales \" et les populations contemporaines, afin de \" justifier le pr\u00e9sent par le recours \u00e0 un pass\u00e9 plus ou moins fictif \" (Bak-Geller Corona. <em>et al<\/em>., 2019: 23).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que marginaux dans le domaine du patrimoine alimentaire, les produits locaux ou les cuisines indig\u00e8nes sont per\u00e7us comme \" respectueux de l'environnement, intrins\u00e8quement sains, repr\u00e9sentatifs d'une identit\u00e9 ou comme des reflets complexes de saveurs authentiques \", les recadrant conceptuellement \u00e0 partir des notions de localit\u00e9 et d'historicit\u00e9 (Finnis, 2012 : 5-6). Consid\u00e9r\u00e9s comme un patrimoine, ils fonctionnent comme un moyen de pr\u00e9tendre que certaines populations maintiennent dans le pr\u00e9sent des pratiques ancestrales, pr\u00e9hispaniques, autochtones, mill\u00e9naires, traditionnelles et authentiques, c'est-\u00e0-dire indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p>La revendication patrimoniale est \u00e9galement poursuivie par des acteurs locaux qui favorisent leur entr\u00e9e active sur le march\u00e9 (Finnis, 2012 ; Counihan, 2014a), qui, dans certains cas, \u00e9laborent des repr\u00e9sentations de l'alimentation comme des traditions localis\u00e9es propres aux populations autochtones (Littaye, 2016). Il a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 que les gens \" r\u00e9cup\u00e8rent \" les pratiques alimentaires afin de repenser leurs identit\u00e9s, de les repr\u00e9senter strat\u00e9giquement \u00e0 un public plus large, de gagner en l\u00e9gitimit\u00e9 et de g\u00e9n\u00e9rer des revenus \u00e9conomiques (Di Giovani et Brulotte, 2014).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce \" renouveau ethnique \" peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une c\u00e9l\u00e9bration de la cuisine de \" l'autre \", comme une source de divertissement ou de capital culturel, car il implique des adaptations, des r\u00e9appropriations et des traductions (Matta, 2013), qui produisent dans certains cas des \" anachronismes patrimoniaux \" (Suremain, 2019a). Celles-ci sont le r\u00e9sultat de l'intervention d'agents \u00e9tatiques, internationaux et acad\u00e9miques disposant d'une expertise et d'un pouvoir suffisants pour les produire, ainsi que d'agents de la soci\u00e9t\u00e9 civile qui impulsent des initiatives patrimoniales par leur activisme, m\u00eame si elles n\u00e9cessitent des instances officielles pour leur reconnaissance sociale (Medina, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que la nourriture mexicaine jouisse d'une bonne r\u00e9putation et d'une expansion internationale depuis le si\u00e8cle dernier (Pilcher, 2008), ce n'est qu'en 2010 qu'elle a obtenu sa reconnaissance en tant que patrimoine culturel immat\u00e9riel devant le <span class=\"small-caps\">unesco<\/span> (Stanford, 2012 ; Santilli, 2015). Depuis lors, le nombre de restaurants a augment\u00e9,<em> chefs<\/em> et des \u00e9v\u00e9nements pr\u00f4nant le \" sauvetage et la pr\u00e9servation \" de la cuisine \" traditionnelle \" et de la \" gastronomie pr\u00e9hispanique \" (Escofet Torres, 2013), ainsi que la promotion de programmes visant \u00e0 les soutenir. Les agences gouvernementales locales et f\u00e9d\u00e9rales encouragent certaines femmes \u00e0 pr\u00e9senter leurs cuisines \" indig\u00e8nes \" en tant qu'\" art culinaire traditionnel \" lors de foires touristiques, les pla\u00e7ant au centre d'une tendance gastronomique globale et moderne dans laquelle les aliments et les denr\u00e9es end\u00e9miques sont r\u00e9imagin\u00e9s et repr\u00e9sent\u00e9s, mais aussi ceux qui les font (Hryciuk, 2019 ; Suremain, 2019b ; Jaramillo Navarro, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>Au 20\u00e8me si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>L'\"id\u00e9e d'h\u00e9ritage pr\u00e9hispanique\" est r\u00e9currente dans de nombreux aspects qui constituent notre id\u00e9e de la nation (L\u00f3pez Caballero, 2010), y compris la nourriture. Bak-Geller Corona fait remarquer qu'aujourd'hui, \"la consommation de plats <em>les populations autochtones <\/em>est consid\u00e9r\u00e9 comme une ressource efficace pour le processus d'indianisation, dans lequel le sujet assimile plus que les propri\u00e9t\u00e9s nutritionnelles de l'aliment ; il incorpore dans ses entrailles les valeurs de puret\u00e9, d'authenticit\u00e9 et d'enracinement qui caract\u00e9risent la culture indienne. <em>ethos <\/em>indig\u00e8ne\" (2019 : 40).<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 comment le gouvernement mexicain, l'industrie gastronomique et les organismes de tourisme utilisent ce r\u00e9cit pour promouvoir la cuisine ou certains aliments qui sont associ\u00e9s \u00e0 \"mexicain\", \"indig\u00e8ne\" ou \"pr\u00e9hispanique\" (Stanford, 2012 ; Brulotte et Starkman, 2014 ; Suremain, 2017, 2019a, 2019b ; Hryciuk, 2019 ; Jaramillo Navarro, 2020). Mais le r\u00f4le de l'activisme alimentaire dans cette dynamique a \u00e9t\u00e9 moins abord\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Siniscalchi et Counihan (2014) soulignent que l'activisme alimentaire est un effort pour promouvoir la justice sociale et \u00e9conomique dans un syst\u00e8me alimentaire diff\u00e9rent, loin du paradigme de l'agrobusiness. Selon les auteurs, ce type d'activisme comprend \"les discours et les actions des gens visant \u00e0 rendre le syst\u00e8me alimentaire, ou certaines de ses parties, plus d\u00e9mocratique, durable, sain, \u00e9thique, culturellement appropri\u00e9 et de meilleure qualit\u00e9\".<\/p>\n\n\n\n<p>L'organisation pour am\u00e9liorer l'alimentation et la d\u00e9fense des produits end\u00e9miques a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e dans les R\u00e9seaux Alimentaires Alternatifs, qui promeuvent une agriculture propre, la distribution d'aliments biologiques et la socialisation des r\u00e9gimes alimentaires avec des produits frais (Gravante, 2018) ; \u00e9galement dans le mouvement social organis\u00e9 pour la d\u00e9fense du ma\u00efs autochtone et contre l'introduction de vari\u00e9t\u00e9s transg\u00e9niques au Mexique (Garc\u00eda L\u00f3pez et Giraldo, 2021). Nous recourons au concept d'activisme alimentaire pour expliquer l'organisation sociale, les engagements et les int\u00e9r\u00eats que l'on retrouve dans l'industrie alimentaire. <span class=\"small-caps\">gepam<\/span> a comme un ensemble d'acteurs qui promeut la souverainet\u00e9 alimentaire, l'\u00e9conomie sociale et les r\u00e9gimes alimentaires locaux pour l'am\u00e9lioration de la sant\u00e9 alimentaire, ce qui influence la g\u00e9n\u00e9ration de politiques publiques et le discours qui a produit l'amarante comme un aliment \"indig\u00e8ne\". Dans la pratique, nous observons cet activisme dans les r\u00e9unions, les publications, la gestion des r\u00e9seaux sociaux et les \u00e9v\u00e9nements publics o\u00f9 se d\u00e9ploient les \u00e9l\u00e9ments discursifs et performatifs et la \" politisation \" que nous rapportons \u00e0 sa structuration dans l'aspect organisationnel (Gravante, 2018).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Br\u00e8ve histoire de l'amarante<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La M\u00e9so-Am\u00e9rique est l'une des zones d'origine de l'agriculture o\u00f9 diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de piments, de courges, de ma\u00efs et d'amarante (Le\u00f3n, 1994 : 8) -huauhtli en nahuatl- ont \u00e9t\u00e9 domestiqu\u00e9es et constituaient des c\u00e9r\u00e9ales de base dans les mondes m\u00e9soam\u00e9ricain et inca pr\u00e9hispaniques cultiv\u00e9s il y a plus de 6 000 ans (Iturbide et Gispert, 1994). Dans la vall\u00e9e du Mexique, \u00e0 Zimatl\u00e1n dans l'\u00c9tat de Oaxaca et \u00e0 Tehuac\u00e1n, dans l'\u00c9tat de Puebla, il existe des r\u00e9f\u00e9rences historiques et arch\u00e9ologiques \u00e0 son importance dans la vie quotidienne et rituelle (Reyes Equiguas, 2009 ; Velasco Lozano, 2001).<\/p>\n\n\n\n<p>L'arriv\u00e9e de la colonisation europ\u00e9enne a modifi\u00e9 la relation des populations m\u00e9so-am\u00e9ricaines avec l'amarante, au point de la marginaliser dans de petites parcelles o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e en raison de la transformation de l'agriculture traditionnelle de subsistance en agriculture commerciale, de l'utilisation des terres pour l'\u00e9levage et de la substitution des cultures, entre autres facteurs (Le\u00f3n, 1994).<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1950, l'amarante a retrouv\u00e9 un int\u00e9r\u00eat scientifique :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">En 1967, l'expert Jonathan D. Sauer a postul\u00e9 que les trois esp\u00e8ces les plus importantes sur le plan \u00e9conomique ont \u00e9t\u00e9 domestiqu\u00e9es dans des r\u00e9gions diff\u00e9rentes : <em>Amaranthus caudatus <\/em>en Am\u00e9rique du Sud ; <em>A. hypochondriacus <\/em>dans le centre du Mexique, et <em>A. cruentus <\/em>dans le sud du Mexique et du Guatemala, \u00e0 l'endroit m\u00eame o\u00f9 se sont \u00e9panouies les Incas, les Azt\u00e8ques et les Mayas, les trois plus importantes civilisations pr\u00e9hispaniques du continent am\u00e9ricain (Ibarra-Morales <em>et al<\/em>., 2021: 8).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En 1972, le physiologiste botanique John Downton a d\u00e9couvert que les graines d'amarante contiennent deux fois plus de lysine que le bl\u00e9, trois fois plus que le ma\u00efs, et en fait autant que ce que l'on trouve dans le lait. Dans les ann\u00e9es 1980, la NASA consid\u00e9rait l'amarante comme \"le meilleur et le plus complet des aliments \u00e0 base de plantes pour la consommation humaine\". Le premier astronaute mexicain, Rodolfo Neri Vela, a transport\u00e9 de l'amarante dans un vaisseau spatial pour qu'elle germe et fleurisse pendant un vol orbital, et elle est depuis devenue populaire sous le nom de \"l'amarante\". <em>plante sacr\u00e9e<\/em> les astronautes mangent\" (<em>Clar\u00edn<\/em>, 2013). En septembre 1991, le premier congr\u00e8s mondial de l'amarante s'est tenu \u00e0 Oaxtepec, Morelos, avec des sp\u00e9cialistes venus d'Argentine, de Bolivie, de Chine, de Cuba, de l'Equateur, du Guatemala, de l'Inde, du Japon, du Kenya, du Mexique, du P\u00e9rou, des Etats-Unis et du Venezuela dans les domaines de la biologie, de la botanique, de la nutrition et des sciences agricoles. Des rapports, des comptes rendus, un m\u00e9moire et plusieurs articles de recherche ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9s, ce qui a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat suppl\u00e9mentaire parmi les universitaires de l'unam, de l'universit\u00e9 de Chapingo et du Colegio de Posgraduados.<\/p>\n\n\n\n<p>L'Inde et la Chine sont les principaux producteurs, suivis du Kenya, du N\u00e9pal, du P\u00e9rou, de la Russie et du Mexique, tandis qu'Isra\u00ebl, les \u00c9tats-Unis et les Pays-Bas ont des entreprises qui d\u00e9veloppent des vari\u00e9t\u00e9s de semences destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre vendues aux pays qui produisent et exportent l'amarante comme fleur coup\u00e9e. Bien que n'\u00e9tant pas en concurrence avec le bl\u00e9, le riz ou le ma\u00efs, les amaranthes b\u00e9n\u00e9ficient d'une distribution cosmopolite (Lloyd De Shield, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Au Mexique, l'amarante est actuellement produite \u00e0 Tlaxcala, Puebla, Hidalgo, Morelos, dans l'\u00c9tat et la ville de Mexico, \u00e0 San Luis Potos\u00ed et \u00e0 Oaxaca ; elle est \u00e9galement transform\u00e9e dans des coop\u00e9ratives ou des petites entreprises qui fabriquent des bonbons, de l'horchata et de la farine pour fabriquer des biscuits, des churritos, des gaufres et d'autres produits destin\u00e9s aux march\u00e9s locaux.<\/p>\n\n\n\n<p>A Santiago Tulyehualco,<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> par exemple, a \u00e9t\u00e9 sem\u00e9 depuis la fin du 20\u00e8me si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et sa population le revendique comme une culture \"traditionnelle\", associ\u00e9e \u00e0 l'identit\u00e9 communautaire et paysanne (Ram\u00edrez-Meza <em>et al<\/em>2017 ; Contreras<em> et al<\/em>. 2017 ; Herrera Castro, 2018). Depuis les ann\u00e9es 1970, la Feria de la Alegr\u00eda y el Olivo, un \u00e9v\u00e9nement alimentaire qui, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, a impliqu\u00e9 des acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile, du secteur priv\u00e9 et du gouvernement mexicain, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit comme une \" extravagance de l'amarante \" (Suremain, 2019b). La recherche botanique et nutritionnelle et l'exp\u00e9rimentation agricole au Mexique ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 de vastes connaissances sur cette plante, notamment des strat\u00e9gies visant \u00e0 renforcer sa cha\u00eene de valeur, \u00e0 suivre l'augmentation des hectares consacr\u00e9s \u00e0 sa culture, \u00e0 documenter les techniques pr\u00e9serv\u00e9es pour sa production, \u00e0 analyser sa place dans les syst\u00e8mes agroalimentaires locaux, \u00e0 souligner son importance en tant que culture et aliment strat\u00e9gique pour \u00e9voluer vers des mod\u00e8les d'alimentation saine et sa capacit\u00e9 d'adaptation face au changement climatique (Espitia-Rangel, 2012 ; S\u00e1nchez-Olarte. <em>et al<\/em>2015 ; Ayala Garay <em>et al.<\/em>2014 ; Sanchez et Navarrete, 2018 ; Ibarra-Morales<em> et al<\/em>., 2021).<\/p>\n\n\n\n<p>L'inscription en 2010 de la \" cuisine traditionnelle mexicaine, culture vivante, collective et ancestrale \" sur la liste repr\u00e9sentative du patrimoine culturel immat\u00e9riel de l'humanit\u00e9, dont le dossier a justifi\u00e9 la richesse et la diversit\u00e9 de l'alimentation de la milpa (Suremain, 2017), promu aupr\u00e8s de divers secteurs - paysan, universitaire, gastronomique - la revalorisation des aliments \" traditionnels \" associ\u00e9s aux r\u00e9gimes m\u00e9so-am\u00e9ricains, comme le cacao (Suremain 2019a), le pulque, les insectes et l'amarante (Katz et Lazos, 2017), qui, en 2016, a \u00e9t\u00e9 inclus dans la liste des <em>super aliments<\/em> pour ses qualit\u00e9s nutritionnelles, son origine pr\u00e9hispanique et son \" ascendance \" (Curiel, 2016).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le groupe de liaison pour la promotion de l'amarante au Mexique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le site <span class=\"small-caps\">gepam<\/span> est n\u00e9 fin 2013 \u00e0 l'Universidad Obrera de Mexico, lors d'une rencontre entre des personnes \u00e9tudiant l'agronomie, la malnutrition et les maladies chroniques d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, et des membres d'associations civiles cherchant \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de la population paysanne par la production et la consommation d'amarante.<\/p>\n\n\n\n<p>Un coordinateur g\u00e9n\u00e9ral du groupe a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9, issu du monde universitaire, et un agenda de travail a \u00e9t\u00e9 planifi\u00e9, qui a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9 en 2014 avec la tenue du premier congr\u00e8s national de l'amarante \u00e0 l'universit\u00e9 de Chapingo, avec la participation de secteurs scientifiques et universitaires du Mexique et d'autres pays. Le groupe a \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9 avec \"Amaranth Roads\", une s\u00e9rie de visites \u00e0 travers diff\u00e9rents \u00c9tats pour apprendre comment cette c\u00e9r\u00e9ale est cultiv\u00e9e, r\u00e9colt\u00e9e, trait\u00e9e et vendue, et les d\u00e9fis auxquels le secteur est confront\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En septembre 2015, la premi\u00e8re r\u00e9union des producteurs d'amarante a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e, avec l'appui du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la Commission europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">sagarpa<\/span><a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> dans l'\u00e9tat de Puebla. Pendant deux jours, plus de 300 membres du secteur productif se sont r\u00e9unis dans un espace de dialogue, de r\u00e9flexion et d'\u00e9change d'exp\u00e9riences. Les membres de l'acad\u00e9mie ont facilit\u00e9, \u00e9cout\u00e9 et contribu\u00e9 \u00e0 l'enregistrement de la r\u00e9union, mais n'ont pas donn\u00e9 leur avis. Les ant\u00e9c\u00e9dents de ceux qui ont particip\u00e9 - diff\u00e9rents \u00c9tats, communaut\u00e9s et populations ethnolinguistiques - ont permis \"un dialogue entre ces diversit\u00e9s pour trouver des r\u00e9sonances parmi les producteurs\",<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> qui a mis l'accent sur les exp\u00e9riences partag\u00e9es afin de les valoriser en tant que \"savoir propre\" de ceux qui produisent et se rapportent \u00e0 l'amarante, selon un membre enthousiaste du groupe, qui a assur\u00e9 que la rencontre garantissait une \"\u00e9cologie de la connaissance\".<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a> Lors de cet \u00e9v\u00e9nement, des actions ont \u00e9t\u00e9 convenues pour positionner l'amarante comme une culture et un aliment strat\u00e9giques, et pour renforcer les liens entre les organisations de producteurs d'amarante. En 2016, la coordination g\u00e9n\u00e9rale du groupe est pass\u00e9e \u00e0 un membre d'une association civile, qui s'est tourn\u00e9 vers la g\u00e9n\u00e9ration d'alliances avec d'autres organisations qui cherchent \u00e0 contrecarrer les effets n\u00e9gatifs sur la sant\u00e9 de la consommation de produits industrialis\u00e9s, comme l'Alianza por la Salud Alimentaria, El Poder del Consumidor, Alianza por Nuestra Tortilla et le Red de Sistemas Agroalimentarios Localizados (R\u00e9seau de syst\u00e8mes agroalimentaires localis\u00e9s).<span class=\"small-caps\">sial<\/span>) de la <span class=\"small-caps\">unam<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/curiel-amaranto-tabla-01.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1503x596\" data-index=\"0\" data-caption=\"Tabla 1. Instituciones integrantes del . Fuente: Elaboraci\u00f3n propia.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/curiel-amaranto-tabla-01.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Tableau 1. Les institutions qui font partie de l <span class=\"small-caps\">gepam<\/span>. Source : \u00c9laboration propre.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La m\u00eame ann\u00e9e, avec le soutien financier du gouvernement local, le Groupe a organis\u00e9 la premi\u00e8re Journ\u00e9e nationale de l'amarante au Monumento a la Revoluci\u00f3n, sur le site de l'h\u00f4tel de ville. <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span>Le projet a \u00e9t\u00e9 soutenu par les instances gouvernementales locales et la participation des producteurs, des transformateurs, des promoteurs et des membres de l'acad\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p>Rapidement, les agences charg\u00e9es de promouvoir les politiques publiques de d\u00e9veloppement rural et d'am\u00e9lioration de l'alimentation ont reconnu le groupe comme interlocuteur, ce qui a facilit\u00e9 la t\u00e2che de trois d\u00e9put\u00e9s f\u00e9d\u00e9raux de Morena,<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> repr\u00e9sentants des \u00c9tats o\u00f9 l'amarante est produite, ont fourni des ressources et des infrastructures en f\u00e9vrier 2017 afin d'organiser le deuxi\u00e8me Congr\u00e8s national de l'amarante, intitul\u00e9 \"G\u00e9n\u00e9rer des politiques publiques\", dans un auditorium du Palais l\u00e9gislatif de San Lazaro. Plus de 350 personnes y ont particip\u00e9, dont des producteurs, des transformateurs et des promoteurs d'amarante de diff\u00e9rents \u00c9tats, des universitaires et des militants, qui ont discut\u00e9 de l'importance d'innover la cha\u00eene de valeur de l'amarante et des actions visant \u00e0 promouvoir sa culture et sa consommation. Dans la d\u00e9claration r\u00e9dig\u00e9e par les institutions organisatrices et participantes, elles ont d\u00e9sign\u00e9 l'amarante comme un \"bien bioculturel\" et ont affirm\u00e9 leur engagement \u00e0 la d\u00e9fendre \"en tant que c\u00e9r\u00e9ale strat\u00e9gique pour renforcer la souverainet\u00e9 alimentaire au Mexique\". Quelques jours plus tard, le suppl\u00e9ment du journal national consacr\u00e9 \u00e0 la campagne <em>La Jornada<\/em> a publi\u00e9 son 113e num\u00e9ro<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a> avec le titre <em>Amarrages<\/em> (ce qui ne fane pas, ce qui ne meurt pas), avec 24 contributions, dont douze ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es par des membres de la communaut\u00e9 universitaire et les autres par des membres d'organisations civiles et des journalistes. Le contenu met en \u00e9vidence 1) l'importance de l'amarante \u00e0 l'\u00e9poque pr\u00e9hispanique et sa marginalisation pendant le processus de colonisation espagnole, et 2) l'urgence de diversifier la production rurale, la consommation alimentaire et d'am\u00e9liorer les \u00e9conomies locales et la sant\u00e9, afin de promouvoir la souverainet\u00e9 alimentaire. Il est frappant de constater l'utilisation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e d'adjectifs comme <em>sacr\u00e9, mill\u00e9naire, ancestral, pr\u00e9hispanique, azt\u00e8que <\/em>et<em> paramount<\/em> pour caract\u00e9riser l'amarante, ainsi que des explications sur son importance dans la vision du monde des peuples m\u00e9soam\u00e9ricains, li\u00e9e \u00e0 la vie spirituelle et \u00e0 la v\u00e9n\u00e9ration de leurs dieux (Dimas Gonz\u00e1lez, 2017). Si aucun document historique ne montre que l'amarante a \u00e9t\u00e9 proscrite par d\u00e9cret pendant la colonie (Velasco Lozano, 2017), son interdiction suppos\u00e9e est mentionn\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises. Apr\u00e8s le 1er juillet 2018, le Groupe a eu des approches avec le directeur de l'entreprise. <span class=\"small-caps\">segalmex<\/span><a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a> pour discuter de l'inclusion de l'amarante comme culture et aliment strat\u00e9gique dans la loi sur le d\u00e9veloppement durable et dans le panier alimentaire de base. En octobre, le Congr\u00e8s mondial de l'amarante a eu lieu dans l'\u00c9tat de Puebla, qui a accueilli pr\u00e8s de 700 participants de diff\u00e9rents pays et \u00c9tats de la r\u00e9publique, organis\u00e9 par le Groupe et coordonn\u00e9 avec des institutions gouvernementales, des organisations et associations civiles, des universit\u00e9s et une alliance binationale avec des organismes universitaires chiliens, qui ont contribu\u00e9 au financement de l'\u00e9v\u00e9nement. Dans cinq ans, le <span class=\"small-caps\">gepam<\/span> a r\u00e9ussi \u00e0 positionner l'amarante comme une option alimentaire productive et saine, en \u00e9tablissant un lien avec \" diff\u00e9rentes pratiques alimentaires et culinaires qui sont associ\u00e9es \u00e0 des populations p\u00e9riph\u00e9riques, non \u00e9lites et \u00e0 des groupes culturels tels que les populations autochtones \" (Finnis, 2012 : 1). Leur activisme a \u00e9t\u00e9 entrepris \" depuis des espaces sociaux et par des acteurs qui ont la capacit\u00e9, le pouvoir, la l\u00e9galit\u00e9 et la l\u00e9gitimit\u00e9 sociale pour le faire \" (P\u00e9rez Ru\u00edz et Machuca, 2017 : 6). Les \u00e9v\u00e9nements alimentaires ont fonctionn\u00e9 comme des espaces o\u00f9 les pratiques ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9es et o\u00f9 les r\u00e9cits qui ont promu leur patrimonialisation ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9actualis\u00e9s dans le cadre de l'\u00e9v\u00e9nement. <span class=\"small-caps\">cmdx<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c9v\u00e9nements alimentaires<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans cette section, nous illustrons la performativit\u00e9 et la politisation de l'approche de la <span class=\"small-caps\">gepam<\/span> \u00e0 travers ses \u00e9v\u00e9nements alimentaires. Il s'agit de \"festivals et concours de cuisine, livres de recettes, lignes de produits et marques, restaurants, projets de tourisme gastronomique, mus\u00e9es communautaires, entre autres\" (Bak-Geller Corona <em>et al<\/em>2019 : 21), ainsi que leur pr\u00e9sence dans les m\u00e9dias.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le patrimoine culturel immat\u00e9riel de la ville de Mexico<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Lors de l'inauguration de la <span class=\"small-caps\">iii<\/span> Fiesta de las Culturas Ind\u00edgenas, Pueblos y Barrios Originarios de la Ciudad de M\u00e9xico, le chef du gouvernement de l'\u00e9poque a indiqu\u00e9 qu'il s'agissait d'un festival culturel destin\u00e9 \u00e0 mettre en valeur la richesse d'un pays \"multiculturel et multiethnique\" comme le Mexique. Du 27 ao\u00fbt au 4 septembre 2016, le public a circul\u00e9 dans le Z\u00f3calo parmi les stands d'artisanat, de v\u00eatements, de textiles, de produits alimentaires, de plats pr\u00e9par\u00e9s, et a profit\u00e9 d'un programme artistique et culturel de danses folkloriques et de musique traditionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dernier jour, le chef du gouvernement a effectu\u00e9 l'acte protocolaire pour accorder \u00e0 l'alegr\u00eda de Santiago Tulyehualco la d\u00e9signation de \" patrimoine immat\u00e9riel de la ville de Mexico \". Dans une atmosph\u00e8re de jubilation, divers acteurs de la politique locale et du monde universitaire se sont f\u00e9licit\u00e9s de cette reconnaissance non seulement \"de l'amarante et de l'alegr\u00eda en tant qu'objets, mais aussi de toute la culture qui les sous-tend, ainsi que du savoir que les gens conservent pour transformer l'amarante en une friandise exquise\". L'un des promoteurs de l'initiative - un membre de la <span class=\"small-caps\">gepam<\/span>-Dans un entretien avec la presse, il a soulign\u00e9 que \"ce savoir ancestral est unique \u00e0 cette communaut\u00e9, car ce n'est qu'\u00e0 cet endroit que l'on trouve des chinampas d'o\u00f9 l'on obtient des plants qui sont ensuite transport\u00e9s sur les pentes de la colline pour finir de pousser, un processus qui prend environ six mois\" (<em>Milenio Digital<\/em>, 2016). Le repr\u00e9sentant du syst\u00e8me de production d'amarante de Mexico a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 : \"Nous r\u00e9coltons l'or jaune pour le transformer en or blanc et faire divers plats, desserts, eaux, tamales et atole. <em>Huautli <\/em>vient de la langue nahuatl et se traduit par la plus petite particule, celle qui donne la vie. L'amarante est un aliment prodige du pass\u00e9 qui rena\u00eet dans le pr\u00e9sent et s'imposera dans l'avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques jours plus tard, un journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 ouvert a diffus\u00e9 un reportage pour faire conna\u00eetre le nouveau patrimoine de la capitale mexicaine. Avec une musique d'escargots et de cr\u00e9celles et des images de pi\u00e8ces arch\u00e9ologiques comme la pierre du soleil, la voix du pr\u00e9sentateur indique que \"l'amarante fait partie de l'alimentation du centre du pays depuis plus de cinq si\u00e8cles en raison de ses propri\u00e9t\u00e9s nutritionnelles extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9es\".<\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu d'un champ de plantes color\u00e9es, un producteur interrog\u00e9 \u00e0 Tulyehualco a soulign\u00e9 que l'amarante est utilis\u00e9e dans les tamales, les atoles, les biscuits et \"l'alegr\u00eda traditionnelle\". Le pr\u00e9sentateur a soulign\u00e9 que l'amarante \u00e9tait tellement appr\u00e9ci\u00e9e \u00e0 \"l'\u00e9poque pr\u00e9hispanique\" qu'elle \u00e9tait pay\u00e9e en tribut aux \"Azt\u00e8ques\". Un autre producteur a soulign\u00e9 qu'\u00e0 l'\u00e9poque, il \u00e9tait consomm\u00e9 par les guerriers, \u00e0 qui il donnait de la force, raison pour laquelle les Espagnols l'ont interdit, craignant de perdre les affrontements lors du processus de colonisation. Il explique que c'est dans la partie haute de Xochimilco que l'amarante a r\u00e9ussi \u00e0 se pr\u00e9server au fil du temps et conclut en montrant un plant d'amarante dans sa main : \" r\u00e9serv\u00e9e aux rois, aux pr\u00eatres et aux guerriers, elle retrouve progressivement le niveau qu'elle atteignait avant l'arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens \" (Azteca Noticias, 2016). Un an plus tard, lors d'un week-end du mois d'ao\u00fbt 2017, une foire \u00e0 l'amarante a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e \u00e0 l'extr\u00e9mit\u00e9 ouest du monument \u00e0 la R\u00e9volution, organis\u00e9e par l'association. <span class=\"small-caps\">gepam<\/span>le minist\u00e8re du d\u00e9veloppement rural et de l'\u00e9quit\u00e9 pour les communaut\u00e9s (<span class=\"small-caps\">sederec<\/span>) de la <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span> et le syst\u00e8me de produits Amaranth.<\/p>\n\n\n\n<p>Des sp\u00e9cimens lilas, jaunes et orange de la plante amarante ornaient les \u00e9tals proposant divers aliments \u00e0 base d'amarante. Au milieu de la foire se trouvaient plusieurs rang\u00e9es de chaises et un stand recouvert d'une \u00e9norme b\u00e2che. Derri\u00e8re le stand, une b\u00e2che imprim\u00e9e d'une grande photo d'un champ plant\u00e9 d'amarante annon\u00e7ait l'\u00e9v\u00e9nement \"La plus grande joie du monde \u00e0 Mexico\". \u00c0 11 heures, un groupe de repr\u00e9sentants du gouvernement, de producteurs et de membres du Groupe a inaugur\u00e9 l'\u00e9v\u00e9nement, se f\u00e9licitant de la c\u00e9l\u00e9bration de \"la c\u00e9r\u00e9ale ancestrale saine, qui fait partie du r\u00e9gime alimentaire de nos anc\u00eatres et qui fait la fiert\u00e9 de Mexico\". Les membres du comit\u00e9 d'organisation courent d'un endroit \u00e0 l'autre, donnent des interviews ou s'arr\u00eatent pour saluer les invit\u00e9s. Le premier jour de la foire, un groupe d'\u00e9tudiants d'une \u00e9cole de cuisine a pr\u00e9par\u00e9 \"La alegr\u00eda m\u00e1s grande del mundo\" (La plus grande joie du monde) avec de l'amarante \u00e9clat\u00e9e et du miel. Pendant que le public - principalement des familles - d\u00e9ambulait autour des \u00e9tals pour manger<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a> ou d'acheter des produits fabriqu\u00e9s \u00e0 partir de cette graine,<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> des agriculteurs et des transformateurs du sud de l'Europe. <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span> et d'autres \u00c9tats. Avec la participation de trois universitaires, de deux producteurs et d'un membre d'une organisation de la soci\u00e9t\u00e9 civile, des panels ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s sur les d\u00e9fis auxquels est confront\u00e9e la campagne mexicaine, l'ensemencement de l'amarante du point de vue du petit producteur et sa transformation au sein de la cha\u00eene de valeur, et le probl\u00e8me majeur de sant\u00e9 publique d\u00e9coulant de la consommation de produits ultra-transform\u00e9s. \u00c0 la fin des panneaux, des groupes de danseurs et de groupes folkloriques du centre du Mexique se sont produits.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le d\u00e9cret visant \u00e0 instaurer une Journ\u00e9e nationale de l'amarante<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le 11 octobre 2017, dans le cadre de l'initiative de la <span class=\"small-caps\">xxii<\/span> Foire nationale de la culture rurale organis\u00e9e par l'universit\u00e9 de Chapingo, le coordinateur g\u00e9n\u00e9ral de l'\u00e9poque de la <span class=\"small-caps\">gepam<\/span> a remis \u00e0 la presse locale un document sign\u00e9 par des repr\u00e9sentants d'institutions acad\u00e9miques, d'organisations de producteurs et d'associations civiles, dans lequel on peut lire ce qui suit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">L'accord \u00e9tablissant le 15 octobre comme Journ\u00e9e nationale de l'amarante, dans le but de reconna\u00eetre son importance culturelle, \u00e9cologique, sociale, agricole et alimentaire, car elle constitue la base fondamentale du d\u00e9veloppement paysan depuis l'\u00e9poque pr\u00e9hispanique et rev\u00eat une grande importance pour l'avenir de la nutrition au Mexique et dans le monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Entour\u00e9 des membres de ce groupe, il a propos\u00e9 une grande campagne de promotion de la production et de la consommation de cette c\u00e9r\u00e9ale et a exprim\u00e9 le souhait qu'\u00e0 l'avenir elle soit sem\u00e9e dans tout le pays, afin qu'elle soit consomm\u00e9e avant tout par les communaut\u00e9s productrices. Au m\u00eame moment, un groupe de personnes a fa\u00e7onn\u00e9 une carte du Mexique avec des graines d'amarante \u00e9clat\u00e9es sur une table avec une figure imitant un monolithe pr\u00e9hispanique. Un producteur d'amarante, s'adressant \u00e0 la presse, a soulign\u00e9 que l'amarante est un \"aliment du pass\u00e9 qui remonte \u00e0 10 000 ans\", et a appel\u00e9 \u00e0 \"revenir \u00e0 nos racines\".<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre femme, membre d'une association civile, a pris le micro pour expliquer que la carte avait \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e pour r\u00e9fl\u00e9chir au Mexique d'aujourd'hui, qu'ils entendaient \"remplir de graines provenant d'il y a 10 000 ans et de miel et de caramel, la spiritualit\u00e9 qui manque aussi \u00e0 notre pays\". Elle a soulign\u00e9, \u00e0 l'instar de son coll\u00e8gue producteur, l'importance de \"revenir \u00e0 nos racines\" et a termin\u00e9 son discours en affirmant avec force : \"combien je suis fi\u00e8re d'\u00eatre mexicaine\". Ensuite, un professeur de l'universit\u00e9 de Chapingo a indiqu\u00e9 que plusieurs instances de cette institution se sont jointes \u00e0 la campagne de \"revalorisation de l'amarante au Mexique et dans le monde\", affirmant que ce qui se passait ce jour-l\u00e0 \"restera dans l'histoire\" et qu'il souhaitait que chaque 15 octobre soit un jour de c\u00e9l\u00e9bration de la plante, au b\u00e9n\u00e9fice de ceux qui \"la produisent, de la soci\u00e9t\u00e9 et du monde entier\".<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\"400 ans d'oubli prennent fin aujourd'hui\" : l'inclusion de l'amarante dans le panier alimentaire de base<\/h3>\n\n\n\n<p>Trois mois plus tard, un \u00e9v\u00e9nement public a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 \u00e0 Cedral, San Luis Potos\u00ed, pour annoncer l'\u00e9largissement du panier alimentaire de base de 23 \u00e0 40 produits. Dans les approches de la <span class=\"small-caps\">segalmex<\/span> le groupe s'\u00e9tait mis d'accord sur l'inclusion de l'amarante dans cinq pr\u00e9sentations : la farine de grains \u00e9clat\u00e9s, la farine de grains entiers, le granola, les churros d'amarante enrichis et les graines.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce jour-l\u00e0, le pr\u00e9sident mexicain, le gouverneur de l'\u00c9tat, les responsables des minist\u00e8res de la protection sociale, de l'agriculture et du d\u00e9veloppement rural, ainsi que le directeur de l'Office national de l'agriculture ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 participer \u00e0 la r\u00e9union. <span class=\"small-caps\">segalmex<\/span>Il a \u00e9num\u00e9r\u00e9 les 17 nouveaux produits, parmi lesquels il a mentionn\u00e9 l'amarante et le chia, les seuls qui ont m\u00e9rit\u00e9 quelques applaudissements de l'auditoire. Il a dit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il est int\u00e9ressant pour ceux qui ne le savent pas que lorsque nous mentionnons que l'amarante et le chia sont inclus dans le panier alimentaire de base, c'est parce qu'il s'agit de deux produits d'une grande richesse nutritionnelle, originaires du Mexique et produits dans huit \u00c9tats du pays. Lorsque nous parlons d'aliments mexicains de base, nous mentionnons habituellement notre ma\u00efs et nos haricots sacr\u00e9s, mais nous devons nous rappeler que les premiers Mexicains qui ont peupl\u00e9 notre territoire avaient \u00e9galement l'amarante et le chia comme aliments quotidiens, comme ingr\u00e9dients sains dans leur r\u00e9gime alimentaire. Aujourd'hui, dans le syst\u00e8me Diconsa, par des instructions pr\u00e9sidentielles, nous revendiquons et renfor\u00e7ons cette ancienne tradition de notre peuple, 400 ans d'oubli prennent fin aujourd'hui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les producteurs d'amarante, les membres de la Commission europ\u00e9enne et les repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile ont applaudi \u00e0 tout rompre. <span class=\"small-caps\">gepam<\/span>Les participants, qui ont r\u00e9ussi \u00e0 s'asseoir aux premiers rangs, ont d\u00e9ploy\u00e9 une banderole sur laquelle on pouvait lire en grosses lettres \"La fuerza amarantera\" (la force de l'amarante). Une \u00e9tag\u00e8re sur la sc\u00e8ne pr\u00e9sentait des emballages des nouveaux produits inclus dans le panier alimentaire de base et un sac d'amarante port\u00e9 par un producteur. L'\u00e9v\u00e9nement s'est poursuivi pendant 40 minutes suppl\u00e9mentaires avec les discours des fonctionnaires, qui ont notamment mentionn\u00e9 leur int\u00e9r\u00eat pour l'autosuffisance alimentaire du pays, la production d'aliments dans les r\u00e9gions et l'am\u00e9lioration de l'acc\u00e8s aux aliments. Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a promis de promouvoir le d\u00e9veloppement rural, le soutien aux petits producteurs et les paiements car \"nous voulons que ce que nous produisons soit consomm\u00e9 au Mexique\". Et en ce qui concerne l'inclusion de l'amarante et du chia, il a conclu en disant que son objectif est \"d'enraciner les Mexicains dans leur terre, dans leurs cultures\".<\/p>\n\n\n\n<p>Tant dans les foires que dans le programme t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 \u00e9tudi\u00e9, nous avons observ\u00e9 la circulation d'un r\u00e9cit construit autour de l'amarante concernant le lien entre les pratiques de production \" ancestrales \" et contemporaines, et une revendication de sa valeur associ\u00e9e au patrimoine que les producteurs de Tulyehualco entretiennent comme \" ressource pour la diversit\u00e9 culturelle \".<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi que pour le <span class=\"small-caps\">unesco<\/span> les forums internationaux \" ont \u00e9t\u00e9 les sc\u00e9narios privil\u00e9gi\u00e9s de l'\u00e9mergence et de la circulation discursive de nouvelles figures et d\u00e9finitions du patrimoine en tant que ressource pour la diversit\u00e9 culturelle, la d\u00e9mocratisation de la m\u00e9moire et la promotion de diff\u00e9rents groupes sociaux \" (\u00c1lvarez, in Medina, 2017 : 108), pour les <span class=\"small-caps\">gepam<\/span> Ces types d'\u00e9v\u00e9nements alimentaires fonctionnent de la m\u00eame mani\u00e8re. Ceux qui ont particip\u00e9 en tant qu'orateurs ont mentionn\u00e9 l'importance de l'amarante dans le r\u00e9gime alimentaire m\u00e9soam\u00e9ricain, son interdiction suppos\u00e9e \u00e0 l'\u00e9poque coloniale et son importance actuelle pour les personnes qui la produisent afin de \"renforcer leur identit\u00e9\", \"ne pas perdre leurs racines\" et maintenir leur relation avec cette \"culture ancestrale\". Ce r\u00e9cit, qui circule parmi les promoteurs de l'alimentation, les producteurs ruraux, les universitaires et m\u00eame les consommateurs, illustre que<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">En termes d'identification et de contr\u00f4le, le patrimoine culturel est une construction politique et sociale de la m\u00e9moire collective et, surtout, une prise de position \u00e0 l'\u00e9gard de la <em>un autre<\/em>les expressions culturelles refl\u00e8tent les valeurs associ\u00e9es, d'une part, \u00e0 l'identit\u00e9 \u00e0 travers laquelle une population se reconna\u00eet (Bak-Geller Corona <em>et al<\/em>., 2019: 18).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">A l'\u00e8re de \"l'effervescence patrimoniale\" (Bak-Geller Corona <em>et al<\/em>., 2019) ces \u00e9v\u00e9nements et les contenus m\u00e9diatiques qui ont produit l'amarante comme aliment indig\u00e8ne montrent que \" la dynamique de construction du patrimoine consiste \u00e0 actualiser, adapter et r\u00e9interpr\u00e9ter des \u00e9l\u00e9ments du pass\u00e9 d'un groupe donn\u00e9 ; autrement dit, \u00e0 combiner conservation et innovation, stabilit\u00e9 et dynamisme, reproduction et cr\u00e9ation \" (Bessi\u00eare, 1998 : 27 ; voir Matta, 2013). Mais elle renforce \u00e9galement l'id\u00e9e que ceux d'entre nous qui sont n\u00e9s dans ce pays ont une origine pr\u00e9hispanique commune (L\u00f3pez Caballero, 2010) et cette \"certitude\" est confirm\u00e9e par la consommation d'aliments indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p>La relation entre l'amarante et les \"cultures pr\u00e9hispaniques\" a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie lors d'\u00e9v\u00e9nements qui comprenaient des groupes de danseurs et de la musique \"pr\u00e9hispanique\" (conque, hochets et tambours), des files de personnes \u00e0 raser au copal, des nettoyages aux herbes, des sc\u00e9nographies avec des imitations de pi\u00e8ces arch\u00e9ologiques, des autels avec des bougies et de la nourriture \"traditionnelle\". <br>-et des discours soulignant le caract\u00e8re \"ancestral\" et \"mill\u00e9naire\" de l'amarante que \"nos anc\u00eatres mangeaient\".<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de plusieurs de ces \u00e9v\u00e9nements, les \u00e9l\u00e9ments suivants ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s <em>tzoalli<\/em>un bonbon \u00e0 base de p\u00e2te d'amarante et de miel, recouvert de cacahu\u00e8tes moulues, peu consomm\u00e9 aujourd'hui, qui dans ces sc\u00e9narios s'identifie \u00e0 des pratiques rituelles pr\u00e9hispaniques bien document\u00e9es (Velasco Lozano, 2001) et \u00e0 l'\u00e9laboration de figures similaires qui font encore partie de la ritualit\u00e9 dans les communaut\u00e9s nahua, mixt\u00e8ques et tlapan\u00e8ques d'Alto Balsas et de la Monta\u00f1a de Guerrero (Broda et Mont\u00fafar L\u00f3pez, 2013).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Activisme alimentaire dans la production alimentaire indig\u00e8ne<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans cet article, nous nous proposons de montrer la pertinence de l'activisme alimentaire dans l'activation des initiatives patrimoniales. Les \u00e9v\u00e9nements alimentaires ont montr\u00e9 les aspects symboliques et discursifs et les objets mat\u00e9riels qui ont mis en sc\u00e8ne un r\u00e9cit du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent produisant une nourriture \"indig\u00e8ne\". La production d'amarante en tant qu'aliment indig\u00e8ne s'est produite en choisissant, en adaptant, en r\u00e9interpr\u00e9tant et en d\u00e9contextualisant les aspects de production du patrimoine mat\u00e9rialis\u00e9s dans les \u00e9v\u00e9nements alimentaires et les contenus m\u00e9diatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de ce processus, le <span class=\"small-caps\">gepam<\/span> a soulign\u00e9 la valeur patrimoniale de l'amarante en raison de son ascendance et de la l\u00e9gitimit\u00e9 des pratiques culturelles (Guzm\u00e1n Ch\u00e1vez, 2019) de production et de consommation associ\u00e9es \u00e0 ceux qui la produisent, la transforment et la consomment, ce qui en fait \" leur seule source d'appartenance valable et la principale fronti\u00e8re entre eux et nous \" (L\u00f3pez Caballero, 2016 : 13) ; c'est-\u00e0-dire entre ceux qui appartiennent aux peuples indig\u00e8nes ou originaires et ceux qui ne le font pas. L'activisme du groupe r\u00e9affirme que le patrimoine alimentaire est l'un des \u00e9l\u00e9ments impliqu\u00e9s dans les processus contemporains de production de l'indig\u00e9n\u00e9it\u00e9 (Bak-Geller Corona, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Sans revendication identitaire ou territoriale, le groupe a rendu visibles les probl\u00e8mes rencontr\u00e9s par les producteurs d'amarante, a introduit cette culture sur le march\u00e9 avec de meilleures conditions de vente et a \"r\u00e9cup\u00e9r\u00e9\" un produit consid\u00e9r\u00e9 comme traditionnel, tout en favorisant la lutte contre la pauvret\u00e9 alimentaire. Ses actions ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des alliances entre des producteurs ruraux, des activistes de la souverainet\u00e9 alimentaire, des membres du monde universitaire, des membres de la fonction publique de l'Union europ\u00e9enne et des repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile. <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span> et la Chambre des D\u00e9put\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cas pr\u00e9sent\u00e9 ici s'inscrit dans la tendance globale de production d'\" ancestralit\u00e9 \" pour certains aliments qui entrent dans un type de consommation orient\u00e9 vers la \" recherche d'authenticit\u00e9 \", le \" retour au local \" (Littaye, 2016) ou, comme le disent certains promoteurs de l'amarante, le \" retour aux sources \". Nous observons que produire de l'indig\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans la sph\u00e8re alimentaire en \" repr\u00e9sentant des pratiques sociales, culturelles, politiques et commerciales ou <em>performances<\/em> de consommation\" implique la r\u00e9cup\u00e9ration de certains aliments et cuisines consid\u00e9r\u00e9s comme marginalis\u00e9s afin de les placer dans des espaces symboliques et politiques centraux et de les inclure dans les comportements alimentaires locaux et nationaux (Finnis, 2012 : 2) ou, en d'autres termes, de n\u00e9gocier les \u00e9l\u00e9ments \"indig\u00e8nes\" qui entrent dans le circuit mondial \u00e0 l'\u00e8re de la r\u00e9surgence ethnique (Matta 2013). Il est courant que certains aliments end\u00e9miques de notre continent et abandonn\u00e9s lors des processus de colonisation soient r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es comme patrimoine, avec des valeurs telles que \" pr\u00e9hispanique \", \" azt\u00e8que \", \" mill\u00e9naire \", \" ancestral \", et qu'en raison de leur \" autochtonie \", ils fassent partie de la liste des aliments \" indig\u00e8nes \" (Matta 2013).<em>super aliments<\/em>\".<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Ce processus socioculturel d\u00e9finit qui et ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme indig\u00e8ne, en revendiquant une alimentation bas\u00e9e sur des aspects suppos\u00e9s essentiels et non des \" valeurs \", produit de l'organisation des acteurs des initiatives patrimoniales, des alliances et des \u00e9v\u00e9nements organis\u00e9s pour co\u00efncider avec un march\u00e9 alimentaire qui exige l'\" authenticit\u00e9 \" et les int\u00e9r\u00eats politiques des acteurs institutionnels et du march\u00e9. En tant que choix social contemporain effectu\u00e9 en fonction des valeurs particuli\u00e8res des membres d'un groupe social (Bessi\u00e8re, 1998), la production de patrimoine alimentaire au Mexique attire l'attention sur la r\u00e9currence du r\u00e9cit de l'h\u00e9ritage commun du pass\u00e9 pr\u00e9hispanique (L\u00f3pez Caballero, 2010) ; un m\u00e9canisme qui op\u00e8re dans nos conceptions de l'identit\u00e9, de la communaut\u00e9, de la nation, du peuple et du territoire, contribuant \u00e0 \" une production culturelle au pr\u00e9sent qui s'appuie sur le pass\u00e9 \" (Kirshenblatt-Gimblett, dans Frigol\u00e9, 2010:13).<\/p>\n\n\n\n<p>L'activisme de la <span class=\"small-caps\">gepam<\/span> et l'initiative dont il est le fer de lance s'av\u00e8rent coh\u00e9rents avec les processus de r\u00e9imagination de certaines cuisines et aliments qui cr\u00e9ent des anachronismes patrimoniaux encadr\u00e9s dans la tendance mondiale de patrimonialisation. Il a mis en jeu \" la strat\u00e9gie de certains secteurs de la soci\u00e9t\u00e9 pour revendiquer certains traits et attributs culturels, qui vont ensuite fa\u00e7onner des mod\u00e8les et des normes, des discours et des pratiques homog\u00e9n\u00e9isants \" (Guzm\u00e1n Ch\u00e1vez, 2019 : 12), et il a contribu\u00e9 aux fa\u00e7ons dont \" le multiculturalisme n\u00e9olib\u00e9ral observe l'ethnicit\u00e9 comme une source de capital social et culturel, et la diversit\u00e9 culturelle comme un actif \u00e9conomique ou une marchandise sur le march\u00e9 mondial \" (Kymlicka, dans Hryciuk, 2019 : 95). Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, il a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 que, pour le cas de l'alimentation et des cuisines, \" il existe une similitude entre la patrimonialisation et la marchandisation de l'authentique, car la valeur du pass\u00e9 est la base des valeurs qui fa\u00e7onnent les \u00e9l\u00e9ments patrimoniaux et aussi la valeur des \u00e9l\u00e9ments qui sont marchandis\u00e9s comme authentiques \" (Frigol\u00e9, 2010 : 16).<\/p>\n\n\n\n<p>Ayora-D\u00edaz souligne que la d\u00e9claration d'une initiative patrimoniale a des effets structurels, car il y a une \" fractalisation de l'appareil bureaucratique normatif dont les d\u00e9cisions et les actions ont des cons\u00e9quences pour les diff\u00e9rents groupes impliqu\u00e9s, soit parce qu'ils sont une partie active du processus, soit parce qu'ils ont \u00e9t\u00e9 exclus et laiss\u00e9s sans repr\u00e9sentation \" (2019 : 215). Il conviendra d'\u00e9tudier les effets de la d\u00e9signation de l'amarante comme site du patrimoine mondial. <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span> et son inclusion dans le panier alimentaire de base dans les diff\u00e9rents secteurs concern\u00e9s par le projet. <span class=\"small-caps\">gepam<\/span>Le projet porte \u00e9galement sur la n\u00e9gociation dans laquelle ils sont actuellement engag\u00e9s pour atteindre leurs objectifs et sur la dynamique que leur activisme alimentaire a prise pour continuer \u00e0 promouvoir l'amarante en tant que culture et aliment strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u00c1lvarez, Marcelo y Gloria Sammartino (2009). \u201cPatrimonio alimentario y turismo en la Quebrada de Humahuaca, Argentina\u201d. <em>Estudios y Perspectivas en Turismo<\/em>, n\u00fam. 18, pp. 161-175.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ayala Garay, Alma V., Patricia Rivas-Valencia, Lorena Cort\u00e9s Espinoza, Micaela de la O Ol\u00e1n, Diana Escobedo-L\u00f3pez y Eduardo Espitia-Rangel (2014). \u201cLa rentabilidad del cultivo de Amaranto (Amaranthus spp.) en la regi\u00f3n central de M\u00e9xico\u201d, <em>ciencia ergo-sum<\/em>, vol. 21, n\u00fam. 1, pp. 47-54.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ayora-D\u00edaz Igor (2019). \u201cPosfacio. 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Recuperado de https:\/\/www.milenio.com\/cultura\/el-amaranto-patrimonio-cultural-intangible-de-la-cdmx, consultado el 11 de mayo de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">P\u00e9rez Ruiz, Maya L. y Antonio Machuca (2017). \u201cLa patrimonializaci\u00f3n \u00bfnuevo paradigma?\u201d. <em>Bolet\u00edn del Colegio de Etn\u00f3logos y Antrop\u00f3logos Sociales<\/em>, n\u00fam. 41, pp. 5-14.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Pilcher, Jeffrey (2008). \u201cThe Globalization of Mexican Cuisine\u201d. <em>History Compass<\/em>, vol. 6, n\u00fam. 2, pp. 529-551. https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.1478-0542.2007.00509.x<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ram\u00edrez Meza, Beatriz, Fernando Manzo Ramos, Ma. Antonia P\u00e9rez Olvera y Aurelio Le\u00f3n Merino (2017). \u201cLas familias amaranteras de Tulyehualco, Ciudad de M\u00e9xico: entre lo tradicional y lo moderno\u201d. <em>Revista Mexicana de Ciencias Agr\u00edcolas<\/em>, n\u00fam. 18, pp. 3799-3813. https:\/\/doi.org\/10.29312\/remexca.v8i18.221<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Reba\u00ef, Nasser, Anne-Ga\u00ebl Bilhaut, Charles-\u00c9douard de Suremain, Esther Katz y Myriam Paredes (ed.) (2021). <em>Patrimonios alimentarios en Am\u00e9rica Latina. Recursos locales, actores y globalizaci\u00f3n<\/em>. 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M\u00e9ndez Espinoza y Benjam\u00edn Ortiz Espejel (2015). \u201cConocimiento tradicional en pr\u00e1cticas agr\u00edcolas en el sistema del cultivo de amaranto en Tochimilco, Puebla\u201d. <em>Agricultura, Sociedad y Desarrollo<\/em>, vol. 12, n\u00fam. 2, pp. 237-254. https:\/\/doi.org\/10.22231\/asyd.v12i2.151<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Santilli, Juliana (2015). \u201cThe Recognition of Foods and Food-Related Knowledge and Practices as an Intangible Cultural Heritage\u201d. <em>Demetra<\/em>, vol. 10, n\u00fam. 3, pp. 585-606. https:\/\/doi.org\/10.12957\/demetra.2015.16054<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Santos de Sousa, Boaventura (2009). <em>Una epistemolog\u00eda del Sur: la reinvenci\u00f3n del conocimiento y la emancipaci\u00f3n social<\/em>. M\u00e9xico: Siglo xxi \/ clacso.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">S\u00e9bastia, Brigite (ed.) 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La utilizaci\u00f3n del amaranto en el ritual mexica\u201d, en Y\u00f3lotl Gonz\u00e1lez Torres (coord.), <em>Animales y plantas en la cosmovisi\u00f3n mesoamericana. <\/em>M\u00e9xico: conaculta \/ inah \/ Plaza y Vald\u00e9s, pp. 39-63.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">(2017). \u201cEl amaranto, recurso alimenticio de larga duraci\u00f3n. Patrimonio cultural intangible de la ciudad de M\u00e9xico\u201d. <em>Bolet\u00edn del Colegio de Etn\u00f3logos y Antrop\u00f3logos Sociales<\/em>, n\u00fam. 41, pp. 65-74.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Charlynne Curiel<\/em> est titulaire d'un dipl\u00f4me d'histoire de l'Universit\u00e9 autonome de Baja California. Elle a \u00e9tudi\u00e9 en vue d'obtenir une ma\u00eetrise en anthropologie sociale \u00e0 l'universit\u00e9 d'Oxford. <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>Il est titulaire d'un doctorat du groupe de sociologie du d\u00e9veloppement rural de l'universit\u00e9 de Wageningen, aux Pays-Bas. Ses recherches actuelles portent sur l'anthropologie de la nourriture non conventionnelle, les relations des femmes avec les cuisines et la nourriture \u00e0 Oaxaca et la production du patrimoine alimentaire. Elle enseigne dans le cadre du BA en anthropologie sociale et du MA en sociologie \u00e0 l'Instituto de Investigaciones Sociol\u00f3gicas de l'Universidad Aut\u00f3noma Benito Ju\u00e1rez de Oaxaca (UABJO).<span class=\"small-caps\">iiis-uabjo<\/span>).<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte analyse la patrimonialisation de la nourriture comme un processus social qui produit de l'indig\u00e9n\u00e9it\u00e9 \u00e0 travers l'activisme alimentaire. Il pr\u00e9sente le cas du Grupo Enlace para la Promoci\u00f3n del Amaranto en M\u00e9xico, un acteur du d\u00e9bat sur la souverainet\u00e9 alimentaire, qui promeut la production, la transformation et la consommation de cette c\u00e9r\u00e9ale. Il illustre ses actions, ses pratiques organisationnelles et les r\u00e9cits qui ont dot\u00e9 l'amarante d'une s\u00e9rie de valeurs associ\u00e9es \u00e0 sa place dans le r\u00e9gime alimentaire m\u00e9soam\u00e9ricain, ce qui, actualis\u00e9 en tant qu'aliment indig\u00e8ne et ancestral, a conduit \u00e0 sa d\u00e9signation comme patrimoine immat\u00e9riel de la ville de Mexico. La pertinence de ce type d'activisme pour la production de l'indig\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans le domaine du patrimoine alimentaire est d\u00e9montr\u00e9e.<\/p>","protected":false},"author":8,"featured_media":36303,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[974,976,975,977,973],"coauthors":[704],"class_list":["post-36095","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-9","tag-activismo-alimentario","tag-alimento-indigena","tag-amaranto","tag-indigeneidad","tag-patrimonio","personas-curiel-charlynne","numeros-949"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>El amaranto como alimento ind\u00edgena &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Este texto analiza la patrimonializaci\u00f3n de alimentos como un proceso social que produce indigeneidad a trav\u00e9s del activismo alimentario\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/curiel-amaranto-alimento-indigena-patrimonio-activismo\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"El amaranto como alimento ind\u00edgena &#8211; 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