{"id":36077,"date":"2022-09-21T06:53:11","date_gmt":"2022-09-21T06:53:11","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=36077"},"modified":"2023-11-17T17:50:07","modified_gmt":"2023-11-17T23:50:07","slug":"petit-etnografia-sonora-ciego-buenos-aires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/petit-etnografia-sonora-ciego-buenos-aires\/","title":{"rendered":"Vous, peut-\u00eatre, ne le r\u00e9alisez pas. Ethnographie sonore d'un aveugle marchant dans la ville de Buenos Aires"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article explore le r\u00f4le du son et de l'\u00e9coute dans l'exp\u00e9rience quotidienne de la marche dans l'espace urbain du point de vue de la c\u00e9cit\u00e9. \u00c0 cette fin, une ethnographie sonore est pr\u00e9sent\u00e9e dans laquelle s'entrem\u00ealent des enregistrements sonores, des images et des interpr\u00e9tations anthropologiques \u00e9crites, produites \u00e0 partir d'une promenade avec une personne aveugle. Les relations entre l'exp\u00e9rience urbaine, la mat\u00e9rialit\u00e9 de la ville et les d\u00e9placements effectu\u00e9s \u00e0 partir d'une sensorialit\u00e9 aveugle sont ainsi abord\u00e9es, proposant la possibilit\u00e9 d'\u00e9tudes urbaines incorporant une sensibilit\u00e9 ethnographique alternative au visuel. L'article commence par une br\u00e8ve contextualisation de la recherche, se poursuit par une conceptualisation de la m\u00e9thodologie de l'ethnographie sonore, puis passe \u00e0 une analyse des sensorialit\u00e9s aveugles dans le transport urbain et de la relation entre l'\u00c9tat, la ville et la c\u00e9cit\u00e9 dans la production d'une ville accessible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/ceguera\/\" rel=\"tag\">c\u00e9cit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/ciudad-de-buenos-aires\/\" rel=\"tag\">Ville de Buenos Aires<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/escucha\/\" rel=\"tag\">\u00e9couter<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/estudios-urbanos\/\" rel=\"tag\">\u00e9tudes urbaines<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/etnografia-sonora\/\" rel=\"tag\">ethnographie sonore<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/sensorialidad\/\" rel=\"tag\">sensorialit\u00e9<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\">vous pourriez ne pas le remarquer. ethnographie sonore d'une personne aveugle circulant dans la ville de buenos aires<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">R\u00e9sum\u00e9 : Cet article explore le r\u00f4le du son et de l'\u00e9coute dans l'exp\u00e9rience quotidienne de la travers\u00e9e de l'espace urbain \u00e0 partir de la c\u00e9cit\u00e9. Pour cela, une ethnographie est pr\u00e9sent\u00e9e dans laquelle sont m\u00e9lang\u00e9s des enregistrements sonores, des images et des interpr\u00e9tations anthropologiques \u00e9crites, produits lors d'une promenade avec une personne aveugle. Ainsi, la relation entre l'exp\u00e9rience urbaine, la mat\u00e9rialit\u00e9 de la ville et les mouvements effectu\u00e9s \u00e0 partir d'une sensorialit\u00e9 aveugle sont abord\u00e9s, proposant la possibilit\u00e9 que les \u00e9tudes urbaines incorporent une sensibilit\u00e9 ethnographique alternative \u00e0 tout ce qui est visuel. La base de cet article est une br\u00e8ve contextualisation de l'enqu\u00eate, elle continue avec une conceptualisation sur la m\u00e9thodologie de l'ethnographie sonore, et ensuite ouvre les portes \u00e0 l'analyse des sensorialit\u00e9s aveugles dans le mouvement urbain et la relation entre l'\u00c9tat, la ville et la c\u00e9cit\u00e9 dans la production d'une ville accessible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : ethnographie sonore, c\u00e9cit\u00e9, sensorialit\u00e9, \u00e9coute, ville de Buenos Aires, \u00e9tudes urbaines.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Ce que je pr\u00e9sente ici est une ethnographie du son que j'ai r\u00e9alis\u00e9e sur la base d'un travail de terrain avec des personnes aveugles dans leurs d\u00e9placements quotidiens dans la ville de Buenos Aires, en Argentine. Cette recherche faisait partie de ma th\u00e8se de doctorat (Petit, 2020a), dans laquelle j'ai explor\u00e9 la production sociale et historique de la sonorit\u00e9 et de l'\u00e9coute, positionn\u00e9e depuis une perspective anthropologique - ou plut\u00f4t, un point d'\u00e9coute - \u00e0 travers lequel j'ai abord\u00e9 l'\u00e9coute socialement situ\u00e9e de sujets et de groupes sociaux \u00e0 Buenos Aires.<\/p>\n\n\n\n<p>L'id\u00e9e est que ceux qui sont en train de lire ces mots ne doivent pas seulement \u00eatre des lecteurs, mais aussi devenir des auditeurs et des r\u00e9cepteurs. <em>auditeurs<\/em>. Ce travail s'articule autour de trois audios qui \u00e9mergent d'un enregistrement sonore principal, qui consiste en un entretien avec Santiago, pr\u00e9sident de l'Asociaci\u00f3n Pro Ayuda a No Videntes (Association d'aide aux aveugles) (<span class=\"small-caps\">apanovi<\/span>), alors qu'ils se promenaient dans les environs de l'institution. Cet entretien - un parmi d'autres - est \u00e0 la base des interpr\u00e9tations que je pr\u00e9sente \u00e9galement ici. Ainsi, avant de lire les interpr\u00e9tations exprim\u00e9es dans l'\u00e9criture anthropologique (avec l'entit\u00e9 visuelle que prend le suffixe -graphie de l'ethnographie), le coup d'envoi est l'audio qui pr\u00e9c\u00e8de chaque partie. Je veux que vous commenciez par les \u00e9couter, car ils mettent en jeu plusieurs aspects du travail anthropologique de terrain centr\u00e9 sur le son, la sonorit\u00e9 et l'\u00e9coute dans la ville. Les corps, le mouvement, les rythmes urbains, le battement permanent de la canne contre le sol, la mat\u00e9rialit\u00e9 de la ville. Bruits, silences, changements acoustiques. Et au milieu de tout cela, les questions d'un anthropologue et l'histoire d'un aveugle qui a beaucoup \u00e0 dire et \u00e0 enseigner sur son \u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque j'ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire mes premiers projets de recherche en 2015, j'avais d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 d'inclure la question de ce que c'est que d'habiter et de transiter la ville \u00e0 partir de diff\u00e9rentes sensorialit\u00e9s. En ce qui concerne la c\u00e9cit\u00e9, la question consistait sp\u00e9cifiquement \u00e0 savoir quelles caract\u00e9ristiques l'\u00e9coute urbaine acquiert lorsqu'on est incapable de voir et, \u00e9galement, quelles relations se cr\u00e9ent avec le son en tant que substance acoustique, c'est-\u00e0-dire avec la condition existentielle omnipr\u00e9sente, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et \u00e9vanescente du son. Cet aspect de la recherche \u00e9tait bas\u00e9 sur deux questions situ\u00e9es \u00e0 des niveaux diff\u00e9rents. D'une part, sur le plan \u00e9pist\u00e9mologique, il y avait la question du \"visualisme\" (Fabian, 1983 : 106-7) ou de l'\"ocularcentrisme\" (Ingold, 2000 : 155) qui pr\u00e9domine dans la tradition occidentale de production de connaissances. Je souhaitais ainsi poursuivre la d\u00e9construction qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la base de l'anthropologie des sens (Stoller, 1992 ; Classen, 1997 ; Le Breton, 2009) et poser le probl\u00e8me anthropologique sans succomber \u00e0 cette h\u00e9g\u00e9monie du vu et du visible.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, sur un plan plus ethnographique, j'ai constat\u00e9 \u00e0 maintes reprises que ma question sur le son - sur ce que l'on entend dans la vie quotidienne - se heurtait constamment \u00e0 la cat\u00e9gorie de l'habitus. Ainsi, lors de travaux de terrain avec des musiciens de rue (Petit et Potenza, 2019), ou avec des agitateurs de drapeaux aux passages \u00e0 niveau (Petit, 2020b), ce fut un d\u00e9fi intellectuel de ma part - et une certaine persistance - de poser les bonnes questions afin de construire une carte sonore de l'exp\u00e9rience urbaine. Mon int\u00e9r\u00eat pour la fa\u00e7on dont les aveugles entendent la ville lorsqu'ils la traversent est donc n\u00e9 du fait que - selon mes hypoth\u00e8ses - je n'allais pas rencontrer cette accoutumance. Du moins pas dans les \"modes somatiques d'attention\" (Csordas, 1993) qui sont mis en jeu lorsqu'il n'y a pas de possibilit\u00e9 physiologique de voir.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis entr\u00e9 en contact avec <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span> en septembre 2018, alors qu'il menait une enqu\u00eate sonore et ethnographique sur certains coins de rue de la ville de Buenos Aires. Dans ce cas, je me trouvais \u00e0 l'intersection des avenues San Juan et Boedo (Image 1 et Enregistrement sonore 1), dans le quartier de Boedo, et un policier m'a fait remarquer qu'une particularit\u00e9 de son travail est que sous l'autoroute 25 de Mayo -\u00e0 deux p\u00e2t\u00e9s de maisons de l\u00e0 o\u00f9 nous \u00e9tions- il y a une \"petite \u00e9cole pour aveugles\". C'est pourquoi de nombreux aveugles la reconnaissent, car elle a g\u00e9n\u00e9ralement sa radio \u00e0 un volume tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, pour l'\u00e9couter par-dessus la saturation acoustique quotidienne -la <em>bruit<\/em>- la circulation et les gens.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-01.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2400x1350\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1. La esquina de las avenidas San Juan y Boedo tambi\u00e9n es llamada Homero Manzi, por la presencia de un bar de tradici\u00f3n tanguera construido en 1927. En la imagen se observa el cruce de avenidas y la estaci\u00f3n Boedo de la L\u00ednea E del entramado de transporte subterr\u00e1neo. A 200 metros por esa misma v\u00eda se encuentra . Fuente: Fotograf\u00eda tomada por el autor el 18 de septiembre de 2018.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-01.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">L'angle des avenues San Juan et Boedo est \u00e9galement appel\u00e9 Homero Manzi, en raison de la pr\u00e9sence d'un bar de tradition tango construit en 1927. L'image montre l'intersection des avenues et la station Boedo de la ligne E du r\u00e9seau de transport souterrain. A 200 m\u00e8tres de l\u00e0, sur la m\u00eame route, se trouve <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span>. Source : Photographie prise par l'auteur le 18 septembre 2018.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-registro_sonoro-01.mp3\"><\/audio><figcaption>Enregistrement sonore 1. L'image pr\u00e9c\u00e9dente est compl\u00e9t\u00e9e par cet enregistrement sonore r\u00e9alis\u00e9 simultan\u00e9ment par l'auteur, qui montre la saturation acoustique qui caract\u00e9rise les travers\u00e9es d'avenue de la ville.&nbsp;<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Je m'y suis imm\u00e9diatement rendu et j'ai rencontr\u00e9 Ruben, le secr\u00e9taire de l'association. <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span>qui a pr\u00e9cis\u00e9 que la cat\u00e9gorie \"escuelita\" est une id\u00e9e re\u00e7ue parmi les voisins du quartier. Contrairement \u00e0 d'autres institutions qui proposent un accompagnement dans les pratiques \" Orientation et mobilit\u00e9 \" - comme celles enregistr\u00e9es par Ahumada (2017) dans la province de Salta et par Dagnino \u00e0 Buenos Aires dans son travail ethnographique (2019), <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span> est une organisation non gouvernementale (<span class=\"small-caps\">ngo<\/span>) cr\u00e9\u00e9 en 1979 et g\u00e9r\u00e9 par des aveugles. Des activit\u00e9s telles que des cours d'informatique, de fabrication de cannes, de sport, d'impression de factures de services publics en braille et de conseil juridique y sont men\u00e9es. Il s'agit donc d'une institution orient\u00e9e pour \u00eatre un syst\u00e8me de soutien et de rencontre pour les personnes aveugles ainsi que pour la communaut\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Un autre aspect \u00e0 souligner de <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span> est qu'il est progressivement devenu une institution de consultation et de contr\u00f4le des travaux municipaux qui modifient la mat\u00e9rialit\u00e9 de l'espace public. Ils sont ainsi des m\u00e9diateurs dans la relation qui existe entre la c\u00e9cit\u00e9, l'\u00c9tat et la ville lorsqu'ils proposent des \"adaptations urbaines\", ces dispositifs mat\u00e9riels qui sont install\u00e9s pour contribuer \u00e0 l'\u00e9quit\u00e9 dans les usages de la ville, en contemplant la diversit\u00e9 des corporalit\u00e9s et des sensorialit\u00e9s qui transitent dans l'espace urbain.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sur <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span> J'ai \u00e9galement rencontr\u00e9 Santiago, le pr\u00e9sident de l'institution. Lui et Rub\u00e9n se sont tous deux pr\u00eat\u00e9s \u00e0 plusieurs entretiens entre septembre 2018 et mai 2019. L'un d'entre eux, avec Santiago, s'est d\u00e9roul\u00e9 dans le cadre d'une promenade dans les rues autour de l'institution, qui a servi de base \u00e0 l'ethnographie sonore qui sous-tend ce travail. En tant que pr\u00e9sident de <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span>Santiago est fr\u00e9quemment consult\u00e9 par diff\u00e9rents m\u00e9dias et, pour cette raison, il a un discours particuli\u00e8rement articul\u00e9 sur les enjeux de son passage dans la ville. Nous commen\u00e7ons par la porte de <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span> (Images 2 et 3), sous l'autoroute, et nous marchons le long de l'avenue Boedo, traversons la rue Cochabamba, continuons jusqu'\u00e0 l'avenue San Juan, o\u00f9 nous tournons, et marchons jusqu'\u00e0 ce que nous tournions dans la rue Maza, de nouveau vers Cochabamba, et de nouveau vers Boedo, o\u00f9 nous retournons \u00e0 l'institution. \u00c0 tout moment, Santiago me parle des sons qu'il per\u00e7oit et des interpr\u00e9tations qu'il fait de son \u00e9coute pour se d\u00e9placer en toute s\u00e9curit\u00e9 dans la ville. Mais avant cela, je voudrais revenir sur certains apports m\u00e9thodologiques afin d'expliquer ce que j'entends par ethnographie sonore.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-02.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2400x1350\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2. Sobre la avenida Boedo, a mano izquierda y debajo de la autopista 25 de mayo, se encuentran las instalaciones de . Paralelo a la calle Cochabamba observamos un cartel que advierte la presencia de sem\u00e1foros para ciegos, que actualmente no se encuentran en funcionamiento por cuestiones que tratar\u00e9 m\u00e1s adelante. Fuente: Fotograf\u00eda tomada por el autor el 18 de septiembre de 2018.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-02.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-03.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2400x1350\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 3. Las instalaciones de , debajo de la autopista 25 de mayo. Fuente: Fotograf\u00eda tomada por el autor el 6 de mayo de 2019.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-03.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 2. Sur l'avenue Boedo, du c\u00f4t\u00e9 gauche et sous l'autoroute 25 de Mayo, se trouvent les installations suivantes <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span>. Parall\u00e8lement \u00e0 la rue Cochabamba, un panneau signale la pr\u00e9sence de feux de circulation pour aveugles, qui ne sont pas actuellement en service pour des raisons que j'\u00e9voquerai plus loin. Source : Photographie prise par l'auteur le 18 septembre 2018.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Image 3 : Les installations de <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span>sous l'autoroute 25 de mayo. Source : Photographie prise par l'auteur le 6 mai 2019.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Qu'est-ce qu'une ethnographie sonore ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour commencer, nous pourrions souligner qu'une ethnographie sonore est un dispositif m\u00e9thodologique permettant de r\u00e9aliser des recherches anthropologiques sur les modes sociaux de sonorisation et d'\u00e9coute (Vedana, 2010 ; Martin et Fern\u00e1ndez Trejo, 2017) dans le cadre d'une anthropologie du son, entendue comme un vaste champ de recherche dont l'axe est l'incorporation explicite et consciente des modes d'\u00e9coute et de la sonorit\u00e9 dans la question anthropologique (Granados, 2018 ; Dom\u00ednguez Ruiz, 2019). En suivant Miguel Alonso Cambr\u00f3n (2010 : 28), l'ethnographie sonore peut s'int\u00e9resser \u00e0 la construction sociale d'un son, aux mani\u00e8res de sonner d'un lieu particulier, ou aux mani\u00e8res d'\u00e9couter d'un groupe social sp\u00e9cifique, comme les aveugles dans l'espace urbain de Buenos Aires, dans ce cas. Ensuite, en fonction de la question qui guide la recherche, les m\u00e9thodes les plus pertinentes seront utilis\u00e9es pour ouvrir l'\u00e9coute \u00e0 l'environnement et \u00e0 l'\u00e9coute des diff\u00e9rents interlocuteurs. Dans cette ligne, l'ethnographie sonore peut \u00eatre d\u00e9finie comme un mode d'\u00e9coute particulier \u00e0 travers lequel les ethnographes se concentrent \"sur les formes sensibles de la vie sociale, o\u00f9 le son repr\u00e9sente une source importante d'informations sensibles sur les formes et les arrangements de la vie collective\" (Carvalho da Rocha et Vedana, 2009 : 42).<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a d'ailleurs un autre sens qui d\u00e9finit cette ethnographie sonore, dans lequel certains \u00e9l\u00e9ments visibles - l'\u00e9crit et les images - se m\u00ealent \u00e0 d'autres audibles. Comme le disent Mart\u00edn et Fern\u00e1ndez Trejo (2017 : 109), une ethnographie sonore peut avoir pour horizon la r\u00e9alisation de \" documentaires audio dans le cadre du processus de production de connaissances \". Cela implique que le mat\u00e9riel d'analyse, collect\u00e9 pendant le travail de terrain par diff\u00e9rents moyens - dont un magn\u00e9tophone -, est r\u00e9organis\u00e9 et pr\u00e9sent\u00e9 comme un r\u00e9sultat sonore, visant \u00e0 rendre le texte \u00e0 la fois visible et audible. \u00c0 quoi ressemblent ces objets, sujets, lieux que les textes pr\u00e9sentent habituellement dans des dessins, des cartes, des photographies ? Comme les images, qui constituent un support visuel, les audios peuvent \u00eatre un support auditif - une image sonore - pour la recherche, avec la diff\u00e9rence complexe que, tout comme une image s'exprime instantan\u00e9ment, un son a une telle relation au temps qu'il ne peut \u00eatre compris que dans la dur\u00e9e : \" si j'arr\u00eate le mouvement du son, je n'ai rien : seulement le silence, pas de son du tout \" (Ong, 2006 : 38).<\/p>\n\n\n\n<p>Il va de soi, cependant, que l'enregistrement ne remplace pas l'\u00e9coute. L'\u00e9coute est dirig\u00e9e et contextualis\u00e9e, ins\u00e9parable du corps, o\u00f9 les sens sont intrins\u00e8quement interconnect\u00e9s (Ingold, 2000). Avec l'enregistrement de terrain, li\u00e9 aux \u00e9l\u00e9ments impond\u00e9rables et infiniment cr\u00e9atifs de la recherche <em>in situ<\/em>Ce qui est permis est, en quelque sorte, une capture du ph\u00e9nom\u00e8ne sonore - \u00e9ph\u00e9m\u00e8re par nature - s\u00e9par\u00e9 de l'auditeur. Il y a ainsi une double m\u00e9diation : l'\u00e9coute elle-m\u00eame produite par le dispositif technique, et l'orientation de celui qui enregistre. Ce que nous avons \u00e0 la fin, comme produit, c'est un enregistrement sonore et audible qui contient un son d\u00e9contextualis\u00e9, fait de ce qui a sonn\u00e9 et qui ne sonne plus (et qui est entr\u00e9 dans le champ d'action du microphone). Nous avons devant nous l'\"objet sonore\" (Schaeffer, 2003 : 49), disponible pour \u00eatre reproduit et examin\u00e9. C'est la t\u00e2che du chercheur, alors, de r\u00e9int\u00e9grer d'une mani\u00e8re ou d'une autre les significations qui donnent \u00e0 ces sons l'entit\u00e9 d'une question anthropologique. Pour les \u00e9couter.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cas, l'ethnographie sonore que je pr\u00e9sente ici articule des enregistrements sonores pris pendant la recherche sur le terrain avec les interpr\u00e9tations qui d\u00e9coulent de la question plus large des relations entre les sonorit\u00e9s urbaines, l'\u00e9coute et le transit quotidien dans la ville \u00e0 partir d'une sensorialit\u00e9 aveugle. Quelques clarifications techniques s'imposent. Outre les images et les enregistrements sonores qui illustrent et auditisent diff\u00e9rents moments du texte, cette ethnographie sonore se concentre sur l'analyse de trois audios, respectivement de 3'27'' (3 minutes et 27 secondes), 6'03'' et 0'57''. Elles ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es \u00e0 partir d'un enregistrement sonore d'une dur\u00e9e totale de 17'11'', r\u00e9sultant d'un enregistrement de terrain r\u00e9alis\u00e9 par l'auteur avec un enregistreur Tascam dr-22wl, le 15 mai 2019, lors d'une promenade dans le quartier de Boedo, dans la ville de Buenos Aires. De cette mani\u00e8re, l'enregistrement sonore contient une coupe, typique du montage et de l'\u00e9dition des audios. Le voyage avec Santiago le long des avenues Boedo et San Juan et des rues Maza et Cochabamba n'est pas pr\u00e9sent\u00e9 de mani\u00e8re lin\u00e9aire. La seule chose qui est maintenue de cette fa\u00e7on est le d\u00e9but et la fin. Les audios ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur la base du r\u00e9cit \u00e9crit, o\u00f9 je pr\u00e9sente mes interpr\u00e9tations de l'\u00e9coute de Santiago et d'autres entretiens. Cependant, et c'est important pour moi, il n'y a aucune manipulation num\u00e9rique du son. Une fois enregistr\u00e9, il est all\u00e9 directement dans le programme de montage o\u00f9 j'ai fait ce r\u00e9arrangement. Maintenant, montez le volume, ou mieux encore - si vous en avez un - mettez vos \u00e9couteurs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Sensorialit\u00e9s aveugles<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-audio-01.mp3\"><\/audio><figcaption>Audio 1<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le son et l'\u00e9coute jouent un r\u00f4le fondamental dans l'exp\u00e9rience urbaine des personnes aveugles. Le champ sonore se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 eux d'une mani\u00e8re que ceux d'entre nous qui voient peuvent difficilement percevoir (Zuckerkandl, 1973), et c'est \u00e0 partir de cette \u00e9coute qu'ils construisent leur rapport au monde, aux causalit\u00e9s et au mouvement. Ceci est notable au d\u00e9but de l'audio, lorsque nous \u00e9mergeons de sous l'autoroute. Lors d'un entretien que nous avons eu avec Santiago avant notre promenade, il nous a fait remarquer ce qui suit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Les premi\u00e8res fois que je suis venu ici, je suis arriv\u00e9 et l'autoroute faisait beaucoup de bruit. Pas l'autoroute, pas les voitures au-dessus, elles ne font pas de bruit, ce sont les voitures en dessous. C'est toute une autoroute a\u00e9rienne, c'est un pont, le son va jusqu'au c\u00f4t\u00e9, et c'est quelque chose que je ne comprenais pas du tout, et j'\u00e9tais aveugle depuis quelques ann\u00e9es, \u00e7a ne m'\u00e9tait jamais arriv\u00e9 avant, petit \u00e0 petit l'oreille s'\u00e9duque et commence \u00e0 diff\u00e9rencier les bruits. Vous savez o\u00f9 vous marchez, ce qu'il y a sur le c\u00f4t\u00e9, mais cela vous prend un mois (Entretien avec Santiago, 6 mai 2019).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans l'exp\u00e9rience urbaine des personnes aveugles, cette interrelation entre la dynamique de la substance acoustique et le r\u00f4le de l'\u00e9coute pour l'interpr\u00e9ter est toujours pr\u00e9sente. Quand le son rebondit, le <em>\"r\u00e9f\u00e9rences\"<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> se perdre et g\u00e9n\u00e9rer de la d\u00e9sorientation. Sous l'autoroute, la r\u00e9verb\u00e9ration et le d\u00e9placement du son sur les c\u00f4t\u00e9s brouillent la construction mentale et pratique de l'espace, et le sujet perd son centre. De nouvelles r\u00e9f\u00e9rences doivent \u00eatre produites ou le sujet doit se concentrer pour suivre un chemin, jusqu'\u00e0 ce que l'oreille s'habitue et per\u00e7oive et distingue \u00e0 nouveau les sources \u00e9mettrices, leurs rythmes et leurs directions. Le bruit, compris comme des moments de saturation acoustique, est un aspect qui contribue g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la perte de r\u00e9f\u00e9rences. Consid\u00e9rons ces moments o\u00f9 les effets acoustiques d'un b\u00e2timent ou la circulation sur une avenue sont si forts qu'ils masquent<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> nos pas et nos voix, ainsi que le reste de l'environnement. Nous n'entendons rien d'autre que ces bruits jusqu'\u00e0 ce que nous ayons fini de les traverser, comme lorsque nous tournons dans une rue \u00e9troite. Pour les aveugles, ces moments bruyants produisent un silence de leur propre corporalit\u00e9, et une d\u00e9sorientation qui n'est r\u00e9solue que lorsqu'ils peuvent reconstruire l'espace (et surtout leur place dans l'espace), en donnant un sens aux distances qui s\u00e9parent leur corps des surfaces et des objets de l'environnement.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Edward Hall (2003), Tim Ingold (2000) et David Le Breton (2009), l'exp\u00e9rience sensorielle des personnes aveugles articule profond\u00e9ment la perception auditive, tactile et olfactive. Ce sont les dispositifs sensoriels avec lesquels l'espace est construit, g\u00e9n\u00e9rant des r\u00e9f\u00e9rences dynamiques \u00e0 travers lesquelles ils situent leur corporalit\u00e9 par rapport \u00e0 l'espace, au temps et au mouvement (le leur et celui des autres). Dans ce cadre, l'audition permet aux aveugles de rendre compte d'un \" contour sonore des lieux \" (Henri, 1958 : 274, dans Le Breton, 2009 : 95) et de r\u00e9v\u00e9ler ainsi leur position corporelle et celle des diff\u00e9rents objets et surfaces de l'environnement, contemplant \u00e0 son tour ce que Walter Ong (2006 : 75) a affirm\u00e9 par rapport \u00e0 la mani\u00e8re dont, \u00e0 travers l'\u00e9coute, nous pouvons interpr\u00e9ter l'\" int\u00e9riorit\u00e9 \" des objets, des espaces et des personnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les aveugles, en bref, habitent des \"mondes sensoriels\" (Hall, 2003 : 8) diff\u00e9rents de ceux des voyants, de sorte que leurs r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l'espace sont plus dynamiques que la stabilit\u00e9 relative de la vue. C'est par leur propre mouvement qu'ils construisent l'espace sous la forme des textures, des odeurs et des sons de l'environnement. En ce sens, la sensorialit\u00e9 aveugle d\u00e9passe l'acoustique, de sorte que de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences de la dynamique urbaine mettent souvent en avant l'exp\u00e9rience tactile. Prenez par exemple le mouvement des transports souterrains, comme me l'a racont\u00e9 Santiago lors d'une interview. Le m\u00e9tro, \u00e0 l'approche de la sortie du tunnel, expulse une \u00e9norme masse d'air qui est clairement perceptible. Ce vent nous entoure, d\u00e9place les d\u00e9chets du sol et arrive quelques secondes avant que les lumi\u00e8res du m\u00e9tro n'apparaissent dans le tunnel. Les gens font la m\u00eame chose. Lorsque nous nous d\u00e9pla\u00e7ons, nous d\u00e9pla\u00e7ons l'air sur les c\u00f4t\u00e9s, ce qui, pour les aveugles, est l'indication de la pr\u00e9sence de ce mouvement. Par cons\u00e9quent, la sensorialit\u00e9 des personnes aveugles r\u00e9v\u00e8le certains aspects de l'environnement dans lequel nous nous d\u00e9pla\u00e7ons, et des diff\u00e9rents effets de notre pr\u00e9sence et de nos mouvements par rapport \u00e0 cet environnement.<\/p>\n\n\n\n<p>C'est pour ces raisons que Santiago me dit \u00e0 plusieurs reprises que je ne remarque pas ou que je ne fais pas forc\u00e9ment attention \u00e0 ces \u00e9l\u00e9ments qui pour lui sont \u00e9vidents et fondamentaux dans son transit \u00e0 travers la ville, comme la pr\u00e9sence de d\u00e9poses pour les voitures ou les entr\u00e9es d'immeubles. Son oreille est entra\u00een\u00e9e \u00e0 percevoir ces subtils changements acoustiques, tandis que je privil\u00e9gie la vue et dois me forcer \u00e0 \u00e9couter. Et ce n'est pas tout, son audition est dans un processus permanent d'\u00e9ducation, car il dit que s'habituer et comprendre la sonorit\u00e9 de l'autoroute prend une p\u00e9riode d'un mois.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9f\u00e9rences sont apprises dans la pratique quotidienne de la marche dans la ville \u00e0 partir de la c\u00e9cit\u00e9. Tout \u00e9v\u00e9nement peut constituer une r\u00e9f\u00e9rence, en fonction des circuits habituels des personnes. Une usine, un tube lumineux, des \u00e9tals et des locaux gastronomiques, un atelier m\u00e9canique, un b\u00e2timent climatis\u00e9, sont des exemples de la mani\u00e8re dont tout g\u00e9n\u00e8re des stimuli acoustiques, haptiques et olfactifs qui peuvent \u00eatre pris comme r\u00e9f\u00e9rence pour situer son propre corps dans le r\u00e9seau des relations urbaines. L'\u00e9coute des aveugles, dans ce sens, est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la sonorit\u00e9 urbaine, c'est-\u00e0-dire aux ph\u00e9nom\u00e8nes acoustiques qui entourent l'exp\u00e9rience sensorielle humaine et \u00e0 leur comportement par rapport \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 de la ville. C'est \u00e0 partir de cette \u00e9coute centr\u00e9e sur les caract\u00e9ristiques existentielles du son que l'oreille est \u00e9duqu\u00e9e \u00e0 reconna\u00eetre les causes r\u00e9currentes et \u00e0 construire des r\u00e9f\u00e9rences qui permettent de g\u00e9n\u00e9rer une carte de l'environnement avec le sujet et sa corporalit\u00e9 comme centre dynamique de l'exp\u00e9rience. Comme le propose Aguilar D\u00edaz (2020 : 31) dans une approche ethnographique des d\u00e9placements d'un aveugle dans le centre historique de Mexico, il y a une \u00e9laboration de \" cartes d'orientation mentale \" qui organisent l'espace \u00e0 travers lequel on passe.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait ajouter, dans le m\u00eame temps, que la c\u00e9cit\u00e9 constitue une exp\u00e9rience acousmatique (Schaeffer, 2003 ; Kane, 2014).<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> qui se d\u00e9veloppe, en partie, dans la dynamique du trafic urbain. Reprenant la classification de l'\u00e9coute propos\u00e9e par Schaeffer (2003 : 61-66), l'\u00e9coute r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir de l'exp\u00e9rience des aveugles est causale, en identifiant l'origine et les caract\u00e9ristiques de la source \u00e9mettrice ; elle est bien s\u00fbr s\u00e9mantique, puisqu'elle doit d\u00e9tecter la signification de certains codes sonores urbains, comme le rythme des feux de signalisation pour les aveugles ; et elle est aussi r\u00e9duite, centr\u00e9e sur les propri\u00e9t\u00e9s acoustiques et les mat\u00e9rialit\u00e9s de l'environnement. Dans la complexit\u00e9 de cette \u00e9coute, les aveugles d\u00e9couvrent \"d'autres modes de connexion avec le monde, des modes autrement \u00e9clips\u00e9s par le domaine de l'\u0153il\" (Zuckerkandl, 1973 : 3), et entendent ce que Schafer (2009:33) a appel\u00e9 des \"ombres acoustiques\", c'est-\u00e0-dire, en bref, la construction auditive que les aveugles font de la ville \u00e0 partir de leur exp\u00e9rience quotidienne de la traverser et de l'habiter.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les impond\u00e9rables de la vie urbaine (\u00c9tat, ville et c\u00e9cit\u00e9)<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-audio-02.mp3\"><\/audio><figcaption>Audio 2<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans la recherche de r\u00e9f\u00e9rences, la canne est une ressource fondamentale dans l'exp\u00e9rience des aveugles. Les cannes pour aveugles sont des tubes d'aluminium pliables de quatre ou cinq longueurs, maintenus ensemble par un \u00e9lastique et munis d'un embout en plastique. Lors de la marche, la canne anticipe le prochain pas \u00e0 faire en enregistrant la largeur des \u00e9paules de la personne. Cela permet d'identifier les obstacles, comme une moto gar\u00e9e sur le trottoir, que ceux d'entre nous qui voient peuvent facilement \u00e9viter, mais qui repr\u00e9sente un danger potentiel pour une personne aveugle. En marchant d'un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l'autre, \u00e0 l'inverse des pas, la canne est tap\u00e9e doucement sur le sol, produisant une substance acoustique qui est constamment interpr\u00e9t\u00e9e comme le changement de texture des trottoirs et la distance aux murs. Tout en pr\u00eatant attention \u00e0 l'effet acoustique du tapotement, les aveugles sont attentifs \u00e0 leur environnement, identifiant les changements d'intensit\u00e9 sonore de l'espace et la pr\u00e9sence d'obstacles \u00e9ventuels, tels que des personnes ou des chantiers de construction. Dans ce sens, il est int\u00e9ressant de noter comment cet objet est essentiel pour la production d'une s\u00e9rie de pratiques d'\u00e9coute \u00e0 travers lesquelles les aveugles se mettent en relation, dans leurs d\u00e9placements, avec la mat\u00e9rialit\u00e9 de la ville et avec d'autres citoyens, comme le moment dans l'audio ci-dessus o\u00f9 Santiago m'explique la strat\u00e9gie qu'il a pour identifier l'arr\u00eat de bus (ce qui se remarque dans le fracas m\u00e9tallique produit par l'impact de sa canne sur le poteau), et comment il fait appel aux autres passants pour savoir s'il est au bon endroit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les murs sont toujours des r\u00e9f\u00e9rences pour les personnes aveugles. Lorsqu'il y a un mur \u00e0 proximit\u00e9, l'effet acoustique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit comme un \"vide\", o\u00f9 l'\u00e9coute se termine par une l\u00e9g\u00e8re r\u00e9sonance de l'impact des ondes sonores contre la fa\u00e7ade des b\u00e2timents. Lorsque le mur se termine aux angles, l'\"ouvert\" se produit, la sonorit\u00e9 change, les voitures sur les c\u00f4t\u00e9s s'ajoutent, l'\u00e9coute s'ouvre \u00e9galement et permet de d\u00e9terminer s'il s'agit d'une avenue ou d'une rue, car la vitesse, le nombre de v\u00e9hicules, le type de chauss\u00e9e, la largeur de la route, ont des effets sur la fa\u00e7on dont le son s'exprime. Tout cela est simultan\u00e9 au mouvement de l'aveugle, qui prend note des sons de l'environnement, mais doit continuer \u00e0 marcher. Ces donn\u00e9es sont importantes pour traverser une rue, en plus d'autres strat\u00e9gies li\u00e9es \u00e0 la culture routi\u00e8re (Wright, Moreira et Soich, 2019 ; Wright, 2020). Lorsque le feu s'arr\u00eate, Santiago attend quelques secondes pour traverser car il est courant que les motocyclistes acc\u00e9l\u00e8rent alors que le feu est encore rouge. L'ouverture est \u00e9galement per\u00e7ue \u00e0 l'entr\u00e9e des parkings, des galeries, des chantiers ou des rampes d'acc\u00e8s ; ces endroits o\u00f9 l'on a l'impression que \"quelque chose manque\". Pendant que nous marchions, Santiago m'a pr\u00e9venu lorsqu'il y avait des entr\u00e9es et comment le son changeait, rebondissait davantage et g\u00e9n\u00e9rait un sentiment de profondeur. Plusieurs fois, il m'a fait remarquer qu'il \u00e9tait difficile pour moi de remarquer ce qu'il remarquait, car lorsque vous regardez, \"vous r\u00e9solvez avec vos yeux\". Cela est devenu important lorsqu'une voiture a emprunt\u00e9 une rampe apr\u00e8s notre passage. L'entr\u00e9e n'avait pas d'alarme, une absence que Santiago a not\u00e9 comme particuli\u00e8rement dangereuse, car les trottoirs sont pi\u00e9tonniers et l'entr\u00e9e d'un v\u00e9hicule doit \u00eatre signal\u00e9e acoustiquement et visuellement.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, il convient de noter qu'en 2015, l'entit\u00e9 gouvernementale <span class=\"small-caps\">copidis<\/span> (Commission pour la pleine participation et l'inclusion des personnes handicap\u00e9es) a publi\u00e9 la <em>Bo\u00eete \u00e0 outils de conception universelle<\/em>sur la base de la loi 962\/03 sur l'accessibilit\u00e9 urbaine. Ce manuel pr\u00e9sente de mani\u00e8re pratique ce \u00e0 quoi la ville devrait ressembler en fonction de ces crit\u00e8res l\u00e9gislatifs. Cependant, un probl\u00e8me persistant dans la ville de Buenos Aires est que les adaptations qui sont incorpor\u00e9es dans la conception ne sont pas toujours consult\u00e9es avec leurs utilisateurs directs. Dans le m\u00eame temps, peu ou pas d'informations circulent sur la fonction des adaptations, ce qui entra\u00eene une certaine confusion tant chez les aveugles que dans le reste de la population.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est donc important de comprendre que les aveugles habitent et transitent dans la ville \u00e0 partir d'une sensorialit\u00e9 non h\u00e9g\u00e9monique. Les politiques publiques urbaines visant \u00e0 l'int\u00e9gration et \u00e0 la coexistence de sensorialit\u00e9s qui ne sont pas centr\u00e9es sur la vue sont souvent inefficaces, ce qui se traduit par l'absence d'une notion citoyenne g\u00e9n\u00e9rale de certaines difficult\u00e9s dans la ville. Ou ce qu'il faut faire quand on rencontre des personnes aveugles. Les axes de r\u00e9flexion sur ces questions sont certaines incoh\u00e9rences et discontinuit\u00e9s dans les adaptations urbaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le recensement 2010 de l'Institut national des statistiques et des recensements (indec), la ville de Buenos Aires compte 318 000 personnes pr\u00e9sentant diff\u00e9rents niveaux de d\u00e9ficience visuelle, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 environ 11% de la population totale cette ann\u00e9e-l\u00e0. Par cons\u00e9quent, dans la conception de la ville, il existe des adaptations urbaines qui doivent assurer le transit des personnes. L'un d'entre eux est le feu de signalisation pour aveugles, une invention de l'Argentin Mario D\u00e1vila qui, bien qu'elle date de 1983, n'a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e pour la premi\u00e8re fois \u00e0 l'angle de Chacabuco et Independencia que fin 1998 (<em>La Naci\u00f3n<\/em>, 1998). Les feux de signalisation pour aveugles ont la qualit\u00e9 d'\u00e9mettre des avertissements acoustiques (ils pourraient bien \u00eatre appel\u00e9s \"feux de signalisation pour aveugles\"). <em>feux de signalisation<\/em>) que les aveugles interpr\u00e8tent pour savoir s'ils peuvent ou non traverser une rue. En 2012, sur les 3 660 coins de rue \u00e9quip\u00e9s de feux de signalisation, seuls 36 disposaient de feux adapt\u00e9s aux aveugles (<em>Clar\u00edn<\/em>, 2012). Cette ann\u00e9e-l\u00e0, le projet de loi 4020, qui proposait l'adaptation des feux de signalisation existants, a fait l'objet d'un veto par le d\u00e9cret 4\/2012, au motif que trois ans \u00e9taient une p\u00e9riode courte pour de tels travaux et que la technologie sonore n'\u00e9tait pas suffisante compte tenu des niveaux de pollution sonore dans la ville, puisque dans de nombreux coins, le bruit de la circulation masque le son des feux de signalisation (enregistrement sonore 2). Cependant, la m\u00eame ann\u00e9e, des travaux ont \u00e9t\u00e9 entrepris pour promouvoir l'installation de feux de signalisation pour aveugles \u00e0 150 coins de rue de la ville, dans le but d'\u00e9tendre la gamme \u00e0 400.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-registro_sonoro-02.mp3\"><\/audio><figcaption>Enregistrement sonore 2. Feu de circulation pour aveugles de la premi\u00e8re s\u00e9rie, install\u00e9 \u00e0 l'angle de Per\u00fa et Belgrano dans le centre de Buenos Aires. Il est int\u00e9ressant de noter comment le bruit de la circulation masque parfois la sonorit\u00e9 du feu de signalisation. Enregistrement r\u00e9alis\u00e9 par l'auteur le 18 juin 2018.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Avant l'installation de ces feux de signalisation, apanovi a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9 par la municipalit\u00e9. L'association avait d\u00e9j\u00e0 fait appel \u00e0 des ing\u00e9nieurs pour g\u00e9n\u00e9rer son propre syst\u00e8me de feux de signalisation, qu'elle a test\u00e9 \u00e0 l'angle des rues Boedo et Cochabamba, \u00e0 une trentaine de m\u00e8tres de l'institution (image 4). Lors d'un des entretiens, Santiago m'a d\u00e9crit le fonctionnement de ce feu de signalisation :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">[chacun] avait une minuscule t\u00e9l\u00e9commande, comme une bo\u00eete d'allumettes, \u00e0 l'\u00e9poque, c'\u00e9tait il y a plusieurs ann\u00e9es, on appuyait et le feu disait \"attendez les indications\", il n'interrompait pas la circulation, il n'\u00e9tait pas encore pr\u00eat \u00e0 traverser ; quand il d\u00e9marrait, il disait \"maintenant vous pouvez traverser la rue Cochabamba\", c'\u00e9tait ici au coin, \"10 m\u00e8tres de large\", on entendait un son \"10 m\u00e8tres de large\". <em>bip<\/em>et quand c'\u00e9tait jaune, il allait plus vite, et alors il vous disait \"maintenant vous pouvez traverser l'avenue Boedo, large de 18 m\u00e8tres\". Lorsque ce cycle \u00e9tait termin\u00e9, les feux de circulation s'arr\u00eataient (entretien avec Santiago, 6 mai 2019).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-04.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2109x2400\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 4. Dispositivo parlante llamado , que daba indicaciones a demanda de los usuarios. Se encuentra ubicado en la esquina de Cochabamba y Boedo, a 30 metros de , actualmente fuera de funcionamiento. Fuente: Fotograf\u00edas tomadas por el autor el 18 de septiembre de 2018.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-04.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Figure 4 : Dispositif de conversation appel\u00e9 <span class=\"small-caps\">lem<\/span>qui donnait des indications \u00e0 la demande des usagers. Il est situ\u00e9 \u00e0 l'angle des rues Cochabamba et Boedo, \u00e0 30 m\u00e8tres de l'h\u00f4tel. <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span>actuellement hors service. Source : Photographies prises par l'auteur le 18 septembre 2018.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ce syst\u00e8me de sonorisation \u00e0 la demande pr\u00e9sentait certaines caract\u00e9ristiques qui favorisaient la s\u00e9curit\u00e9 des d\u00e9placements des aveugles et leurs relations avec le reste de la population. Tout d'abord, parce qu'une fois que le feu de signalisation est utilis\u00e9, il cesse de fonctionner jusqu'\u00e0 ce que la personne suivante l'active. Ce fut un soulagement pour les habitants du carrefour, dont la premi\u00e8re crainte \u00e9tait qu'il sonne toute la journ\u00e9e. Deuxi\u00e8mement, les avertissements sonores ont \u00e9t\u00e9 acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s lorsque le temps pour traverser la route \u00e9tait compt\u00e9, ce qui a conduit l'utilisateur \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer. Si le syst\u00e8me est largement utilis\u00e9, il pourrait \u00e9galement \u00eatre install\u00e9 dans les stations de m\u00e9tro, les b\u00e2timents publics et d'autres espaces urbains. En fait, un syst\u00e8me similaire appel\u00e9 Ciberpas est utilis\u00e9 dans la ville de Barcelone, qui est activ\u00e9 par une t\u00e9l\u00e9commande omnidirectionnelle et \u00e9met \u00e9galement des signaux d'orientation, de passage et de fin (Cereceda Ot\u00e1rola, 2018:135).<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, ce que la municipalit\u00e9 recherchait n'\u00e9tait pas une v\u00e9ritable consultation pr\u00e9alable de l'utilisateur. Au moment de la r\u00e9union, disent Rub\u00e9n et Santiago - qui n'\u00e9tait pas encore pr\u00e9sident - les feux de signalisation avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s et import\u00e9s, et ce que l'on cherchait, c'\u00e9tait un aval institutionnel pour r\u00e9aliser l'installation. N'oublions pas que, bien que les feux de signalisation pour aveugles soient toujours b\u00e9n\u00e9fiques, ceux-ci ne pr\u00e9sentaient pas les caract\u00e9ristiques des pr\u00e9c\u00e9dents. Les feux de signalisation qui arbitrent aujourd'hui les carrefours de la ville pr\u00e9sentent certaines particularit\u00e9s parfois contre-intuitives. Lorsqu'ils s'ouvrent, ils \u00e9mettent une p\u00e9riode de sons rapides qui s'espacent ensuite jusqu'\u00e0 devenir silencieux, interrompus par une <em>bip<\/em> marquant sporadiquement la pr\u00e9sence du passage \u00e0 niveau. Ainsi, au lieu d'acc\u00e9l\u00e9rer le rythme et de susciter la vigilance, les avertissements sugg\u00e8rent une attitude contradictoire (image 5 et enregistrement sonore 3). \u00c0 leur tour, ils fonctionnent tout au long de la journ\u00e9e, augmentant le volume le jour et le diminuant la nuit. Cela a tendance \u00e0 irriter les voisins des carrefours, qui doivent souvent se plaindre aupr\u00e8s de la municipalit\u00e9 (ou bien choisir de les casser).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-05.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2400x1350\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 5. Sistema de sem\u00e1foros que se encuentra en funcionamiento actualmente en cruces de la ciudad de Buenos Aires. Este sem\u00e1foro para ciegos se encuentra en un cruce cercano a la estaci\u00f3n Plaza Virreyes de la L\u00ednea E de transporte subterr\u00e1neo. Fuente: Fotograf\u00eda tomada por el autor el 6 de mayo de 2019.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-05.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Syst\u00e8me de feux de circulation actuellement en service aux intersections de la ville de Buenos Aires. Ce feu de signalisation pour aveugles est situ\u00e9 \u00e0 un carrefour pr\u00e8s de la station Plaza Virreyes de la ligne E du m\u00e9tro. Source : Photographie prise par l'auteur le 6 mai 2019.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-registro_sonoro-03.mp3\"><\/audio><figcaption>Enregistrement sonore 3. L'image est compl\u00e9t\u00e9e par ce registre sonore, produit simultan\u00e9ment par l'auteur. Ce registre montre comment le feu de signalisation comporte une p\u00e9riode de sons rapides, puis une p\u00e9riode de sons plus espac\u00e9s, ce qui, dans l'exp\u00e9rience de l'aveugle, est contradictoire avec l'attitude \u00e0 adopter pour traverser une rue. Notez, \u00e0 votre tour, la diff\u00e9rence acoustique avec l'enregistrement sonore 2, car ils correspondent \u00e0 deux types de feux de signalisation pour aveugles install\u00e9s \u00e0 des \u00e9poques diff\u00e9rentes.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'absence de consultation s'ajoute aux incoh\u00e9rences et discontinuit\u00e9s des autres adaptations urbaines. Comme pour la gestion des feux de signalisation, de <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span> a travaill\u00e9 intensivement \u00e0 la conception d'adaptations pour les d\u00e9placements dans les transports publics, par exemple en promouvant la loi sur l'annonce des gares et des stations de m\u00e9tro, qui sert de r\u00e9f\u00e9rence solide pour les personnes aveugles et aussi pour le grand public. Ils \u00e9taient pr\u00e9sents dans la gestion des carreaux qui fonctionnent comme des alertes de gouffre et des guides sur les trottoirs de l'espace public, qui sont mentionn\u00e9s par Santiago dans le premier et le dernier audio, car ils se trouvent sur les trottoirs de l'association. Deux types de tuiles ont \u00e9t\u00e9 choisis <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span> et ont contribu\u00e9 \u00e0 une plus grande s\u00e9curit\u00e9 pour les personnes malvoyantes. Des tuiles \u00e0 bulles qui avertissent de l'imminence d'un gouffre, et des tuiles avec des goutti\u00e8res qui servent de guide pour un passage s\u00e9curis\u00e9 vers les tourniquets et les stations de m\u00e9tro et de train (Image 6). Ils sont jaunes, \u00e9galement pour alerter les personnes qui, sans \u00eatre compl\u00e8tement aveugles, ont un degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9ficience visuelle. Cependant, ces guides ne se trouvent pas dans toutes les gares et il n'y a pas de publicit\u00e9 efficace sur leur fonctionnement, de sorte que les personnes voyantes se tiennent souvent debout sur eux et entravent le mouvement des personnes aveugles.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, m\u00eame si au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, on a voulu am\u00e9liorer la conception de la ville pour le transit des personnes ayant diff\u00e9rents degr\u00e9s de d\u00e9ficience visuelle, la relation entre l'\u00c9tat, la ville et la c\u00e9cit\u00e9 est encore marqu\u00e9e par cette s\u00e9rie d'incoh\u00e9rences et de discontinuit\u00e9s qui obligent les aveugles \u00e0 se guider sur d'autres types de r\u00e9f\u00e9rences. L'espace public est rempli d'obstacles qui posent des probl\u00e8mes pour le transit. Comme on peut le voir dans l'audio ci-dessus, il y a des \u00e9chafaudages, des motos, des tables de bar et d'autres incoh\u00e9rences sur les trottoirs qui ne sont pas vraiment r\u00e9glement\u00e9s. Ces incoh\u00e9rences ou d\u00e9fauts de conception montrent donc comment l'\u00c9tat devrait promouvoir des solutions continues et coh\u00e9rentes, approuv\u00e9es par les utilisateurs et transmises \u00e0 l'ensemble des citoyens. Mais tant que cette relation se poursuit dans cette veine, ce qui ressort, c'est la valeur pour les aveugles de ces pratiques d'\u00e9coute et d'attention lorsqu'ils se d\u00e9placent dans l'espace public.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-06.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2039x2400\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 6. Las baldosas con burbujas marcan la inminencia de un abismo, mientras que las baldosas con canaletas se\u00f1alan un camino. Fuente: Fotograf\u00edas tomadas por el autor en la estaci\u00f3n Boedo de la L\u00ednea E del transporte subterr\u00e1neo, el 6 de mayo de 2019.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-06.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 6. Les tuiles avec des bulles marquent l'imminence d'un ab\u00eeme, tandis que les tuiles avec des goutti\u00e8res indiquent un chemin. Source : Photographies prises par l'auteur \u00e0 la station Boedo de la ligne E du m\u00e9tro, le 6 mai 2019.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Derniers mots (et autres sons)<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-audio-03.mp3\"><\/audio><figcaption>Audio 3<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans ce travail, j'ai cherch\u00e9 \u00e0 saisir certains des r\u00e9sultats de mes recherches sur les sonorit\u00e9s et l'\u00e9coute \u00e0 Buenos Aires, en prenant sp\u00e9cifiquement le cas des sensorialit\u00e9s aveugles dans le transport urbain. Je l'ai fait sous la forme d'une ethnographie sonore, une articulation de textes \u00e9crits, d'images et d'enregistrements sonores, en profitant de l'espace offert par ce type de propositions \u00e9ditoriales pour la production multim\u00e9dia de r\u00e9sultats. Au moins deux particularit\u00e9s de l'ethnographie sonore se d\u00e9gagent alors, que l'on pourrait envisager en termes d'apport m\u00e9thodologique. Tout d'abord, c'est un outil de recherche qui introduit l'enregistrement de terrain et le questionnement explicite des sonorit\u00e9s quotidiennes et de l'\u00e9coute d'un sujet ou d'un groupe social. Deuxi\u00e8mement, que ces mat\u00e9riaux soient articul\u00e9s et mis en dialogue afin de pr\u00e9senter les r\u00e9sultats de la recherche dans des formats in\u00e9dits qui ne se r\u00e9duisent pas seulement \u00e0 une interpr\u00e9tation anthropologique \u00e9crite, mais qui incluent des aspects du travail de terrain qui font rarement partie de la pr\u00e9sentation de la recherche et qui finissent par s'accumuler dans de vastes <em>corpus<\/em> des documents documentaires qui alimentent les archives des chercheurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les audios qui pr\u00e9c\u00e8dent chaque partie de ce travail, il est possible de percevoir \u00e0 l'\u00e9coute ces instances ethnographiques \u00e9ph\u00e9m\u00e8res et dynamiques qui ont servi de base \u00e0 l'analyse centr\u00e9e sur les caract\u00e9ristiques existentielles des sensorialit\u00e9s aveugles, en dialogue, tension et n\u00e9gociation permanents avec la mat\u00e9rialit\u00e9 de la ville, la sonorit\u00e9, le rythme urbain et les pratiques routi\u00e8res \u00e0 Buenos Aires. Cela met en \u00e9vidence les vastes possibilit\u00e9s ouvertes \u00e0 la recherche \u00e0 partir d'une \u00e9coute ethnographique qui interpelle et d\u00e9naturalise les mondes sonores et auditifs quotidiens, dans un cheminement critique vers les mani\u00e8res diff\u00e9rentielles dont nous habitons les villes et y transitent. Dans ce cas, \u00e0 partir d'une alt\u00e9rit\u00e9 ethnographique pos\u00e9e sur un plan sensoriel et perceptif, il est clair comment le dialogue entre deux mani\u00e8res diff\u00e9rentes d'\u00e9couter les m\u00eames sons, de percevoir les sonorit\u00e9s urbaines et d'interagir avec elles, peut conduire \u00e0 de nouveaux probl\u00e8mes de recherche pour les \u00e9tudes urbaines, pos\u00e9s \u00e0 partir d'une sensibilit\u00e9 ethnographique alternative \u00e0 l'h\u00e9g\u00e9monie du visuel, du vu, du visible.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet int\u00e9r\u00eat est englob\u00e9 dans le fait de proposer une recherche \u00e0 partir et \u00e0 travers le son, en tenant compte du fait que, bien que l'oreille fonctionne au niveau physiologique, elle \" appartient en grande partie \u00e0 la culture, c'est avant tout un organe culturel \" (Garc\u00eda, 2007 : 63). En ce sens, partir d'une question ethnographique et sociale sur l'\u00e9coute des sujets et leur perception de certaines expressions du monde audible nous permet de contextualiser cette exp\u00e9rience auditive et d'\u00e9tablir des connexions dans une sph\u00e8re plus large de relations historiques, sociales et politiques. Dans le travail d\u00e9velopp\u00e9 ici, ceci est \u00e9vident dans les discontinuit\u00e9s et les incoh\u00e9rences des adaptations urbaines de la ville de Buenos Aires pour le transit s\u00fbr de beaucoup de ses habitants, un aspect d'une relation historique d\u00e9fectueuse entre l'\u00e9tat, la ville et les sensorialit\u00e9s et corporalit\u00e9s non h\u00e9g\u00e9moniques qui l'habitent et la traversent. Cette relation d\u00e9fectueuse met en \u00e9vidence le travail permanent de n\u00e9gociation de la mat\u00e9rialit\u00e9 de la ville qui \u00e9merge d'organisations telles que <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span>. Ainsi, bien qu'il existe des crit\u00e8res pour que la ville soit accessible et praticable pour tous les citoyens, et qu'il existe des entit\u00e9s non gouvernementales dirig\u00e9es par des aveugles, il n'y a pas de r\u00e9elle consultation avec les utilisateurs directs des diff\u00e9rentes adaptations urbaines, ce qui conduit souvent \u00e0 transformer la physionomie de la ville sans tenir compte des diff\u00e9rentes sensorialit\u00e9s et corporalit\u00e9s \u00e0 partir desquelles l'exp\u00e9rience urbaine est construite.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, cette \u00e9tude de cas centr\u00e9e sur la sensorialit\u00e9 des aveugles nous permet de rendre compte de certains \u00e9l\u00e9ments des sonorit\u00e9s urbaines qui passent inaper\u00e7us dans l'exp\u00e9rience des voyants. Revenons bri\u00e8vement sur les \u00e9l\u00e9ments audibles de cette \u0153uvre. Comme je l'ai soulign\u00e9 au d\u00e9but, l'enregistrement sonore implique une \u00e9coute d\u00e9contextualis\u00e9e. \u00c0 l'\u00e9poque, je devais forcer mon \u00e9coute pour percevoir les \u00e9l\u00e9ments acoustiques que Santiago me signalait comme \u00e9vidents, en partant toujours du principe qu'il serait difficile, voire inutile, que nous fassions attention \u00e0 la m\u00eame chose. En r\u00e9\u00e9coutant le chemin parcouru, maintenant \u00e0 travers les oreilles de l'enregistrement, je peux remarquer certaines questions qui sont pass\u00e9es inaper\u00e7ues pendant la promenade, ou que j'ai naturalis\u00e9es au fil des minutes. La canne qui ne cesse de taper ou de tra\u00eener sur le sol, et qui sert \u00e0 percevoir les changements d'acoustique et de textures. On remarque \u00e9galement comment la m\u00eame canne nous permet d'intuitionner le changement de vitesse que nous utilisons dans la marche. Il est clair, apr\u00e8s plusieurs \u00e9coutes, la transformation acoustique qui s'op\u00e8re en sortant ou en entrant sous l'autoroute. On peut d\u00e9finir de plus en plus clairement les voix des personnes qui se transforment fugitivement en protagonistes de notre conversation, celles qui, sur notre passage, sont coll\u00e9es immobiles aux murs, ou comme l'enfant qui nous a fait ralentir. Le volume de notre propre voix varie \u00e0 diff\u00e9rents moments, en fonction du bruit de fond plus ou moins important. De temps en temps, un v\u00e9hicule surprend en acc\u00e9l\u00e9rant. Le cliquetis du m\u00e9tal d'un outil frappant le sol annon\u00e7ait \u00e0 haute voix la pr\u00e9sence d'un chantier de construction, o\u00f9 ma principale crainte \u00e9tait qu'il y ait un fil que je n'avais pas enregistr\u00e9 avec ma vue et qui nous blesserait d'une mani\u00e8re ou d'une autre. Et enfin, quelque chose de tr\u00e8s subtil dans ce dernier audio, qui est le moment o\u00f9 Santiago passe \u00e0 ma gauche pour suivre la trajectoire des poteaux-guides (Image 7), ce qui g\u00e9n\u00e8re une spatialisation diff\u00e9rente du son captur\u00e9 par l'enregistreur.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces questions r\u00e9v\u00e8lent la relation profonde qui existe entre les aveugles et les sons urbains lorsqu'ils se prom\u00e8nent dans la ville, qui, contrairement \u00e0 la perception des voyants, sont constitu\u00e9s comme des r\u00e9f\u00e9rences dynamiques pour situer le corps par rapport au temps et \u00e0 l'espace. Dans la sensorialit\u00e9 aveugle, le bruit qui caract\u00e9rise les villes annule donc les points de rep\u00e8re n\u00e9cessaires pour s'y d\u00e9placer. Cela se produit lorsque les \u00e9missions acoustiques de la canne sont masqu\u00e9es ou r\u00e9duites au silence par un \u00e9v\u00e9nement acoustiquement satur\u00e9 de la sonorit\u00e9 urbaine ; ou lorsque, pour la m\u00eame raison, l'auditeur ne peut pas se connecter \u00e0 une \u00e9mission qui r\u00e9oriente la trajectoire. Mais ces points de r\u00e9f\u00e9rence, \u00e9tant dynamiques et arbitraires, peuvent aussi \u00eatre mis en sourdine. Il peut m\u00eame s'agir d'un tube d'\u00e9clairage d\u00e9fectueux sur le trottoir d'une avenue qui est retir\u00e9 ou r\u00e9par\u00e9. L\u00e0, face \u00e0 ce silence, de nouveaux points d'\u00e9coute seront recherch\u00e9s pour redonner une orientation au corps. En d\u00e9finitive, le silence n'est pas aussi probl\u00e9matique que le bruit dans les sensorialit\u00e9s aveugles, puisque les \u00e9missions acoustiques du corps lui-m\u00eame cr\u00e9ent toujours l'espace d'\u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-07.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1350x2400\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 7. Baldosas-gu\u00eda instaladas en la acera de  para contrarrestar la irregularidad de la pared. Fuente: Fotograf\u00eda tomada por el autor el 6 de mayo de 2019.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/petit-etnografia_sonora-imagen-07.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 7. Tuiles de guidage install\u00e9es sur le trottoir \u00e0 l'entr\u00e9e de la ville. <span class=\"small-caps\">apanovi<\/span> pour compenser les in\u00e9galit\u00e9s du mur. Source : Photographie prise par l'auteur le 6 mai 2019.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Aguilar D\u00edaz, Miguel A. (2020). \u201cCentralidad de los sentidos: desplazamientos de una persona ciega por el centro de la Ciudad de M\u00e9xico\u201d. <em>Encartes<\/em>, vol. 3, n\u00fam. 5, pp. 29-55. https:\/\/doi.org\/10.29340\/en.v3n5.136<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ahumada, Valentina (2017). \u201cCorporalidad y <em>performance<\/em>. Personas de ceguera adquirida\u201d. <em>Revista del cisen Tramas\/Maepova<\/em>, vol. 5, n\u00fam. 2, pp. 17-35.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Alonso Cambr\u00f3n, Miguel (2010). \u201cEtnograf\u00eda sonora. Reflexiones pr\u00e1cticas\u201d. <em>S\u00e1rasuat\u00ed. 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Mendoza: Instituto de Arqueolog\u00eda y Etnolog\u00eda de la Facultad de Filosof\u00eda y Letras de la Universidad Nacional de Cuyo, pp. 164-215.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Zuckerkandl, Victor (1973). <em>Sound and Symbol. Music and the External World<\/em>. Nueva York: Princeton University Press. Publicado originalmente en 1956.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Facundo Petit <\/em>D. et professeur d'anthropologie (Facult\u00e9 de philosophie et de litt\u00e9rature, Universit\u00e9 de Buenos Aires, Argentine). Boursier postdoctoral du <span class=\"small-caps\">conicet<\/span> (2021-2024). Il participe \u00e0 trois projets de recherche : l'\u00e9quipe d'anthropologie des religions (<span class=\"small-caps\">oreille<\/span>), Culturalia, et le projet arch\u00e9ologique et anthropologique de Pallqa. Plusieurs de ses ouvrages peuvent \u00eatre consult\u00e9s \u00e0 l'adresse suivante : https:\/\/fyl.academia.edu\/FacundoPetit.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article explore le r\u00f4le du son et de l'\u00e9coute dans l'exp\u00e9rience quotidienne de la marche dans l'espace urbain du point de vue de la c\u00e9cit\u00e9. \u00c0 cette fin, une ethnographie sonore est pr\u00e9sent\u00e9e dans laquelle s'entrem\u00ealent des enregistrements sonores, des images et des interpr\u00e9tations anthropologiques \u00e9crites, produites \u00e0 partir d'une promenade avec une personne aveugle. Les relations entre l'exp\u00e9rience urbaine, la mat\u00e9rialit\u00e9 de la ville et les d\u00e9placements effectu\u00e9s \u00e0 partir d'une sensorialit\u00e9 aveugle sont ainsi abord\u00e9es, proposant la possibilit\u00e9 d'\u00e9tudes urbaines incorporant une sensibilit\u00e9 ethnographique alternative au visuel. L'article commence par une br\u00e8ve contextualisation de la recherche, se poursuit par une conceptualisation de la m\u00e9thodologie de l'ethnographie sonore, puis passe \u00e0 une analyse des sensorialit\u00e9s aveugles dans le transport urbain et de la relation entre l'\u00c9tat, la ville et la c\u00e9cit\u00e9 dans la production d'une ville accessible.<\/p>","protected":false},"author":8,"featured_media":36306,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[967,970,969,971,966,968],"coauthors":[704],"class_list":["post-36077","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-9","tag-ceguera","tag-ciudad-de-buenos-aires","tag-escucha","tag-estudios-urbanos","tag-etnografia-sonora","tag-sensorialidad","personas-petit-facundo","numeros-949"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Etnograf\u00eda sonora de un ciego en Buenos Aires &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Este art\u00edculo explora el papel del sonido y la escucha en la experiencia cotidiana de transitar el espacio urbano desde la ceguera\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/petit-etnografia-sonora-ciego-buenos-aires\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Etnograf\u00eda sonora de un ciego en Buenos Aires &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Este art\u00edculo explora el papel del sonido y la escucha en la experiencia cotidiana de transitar el espacio urbano desde la ceguera\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/petit-etnografia-sonora-ciego-buenos-aires\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Encartes\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2022-09-21T06:53:11+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-11-17T23:50:07+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/petit-etnografia_sonora-imagen-thumb.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1350\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1185\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Sergio Vel\u00e1zquez\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Sergio Vel\u00e1zquez\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"34 minutes\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label3\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data3\" content=\"Sergio Vel\u00e1zquez\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/en\/petit-etnografia-sonora-ciego-buenos-aires\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/en\/petit-etnografia-sonora-ciego-buenos-aires\/\"},\"author\":{\"name\":\"Sergio Vel\u00e1zquez\",\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/#\/schema\/person\/5be8636bb6a3e2486cf548bf3c500765\"},\"headline\":\"Vos, por ah\u00ed, no te das cuenta. 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