{"id":36067,"date":"2022-09-21T05:54:10","date_gmt":"2022-09-21T05:54:10","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=36067"},"modified":"2023-11-17T17:47:13","modified_gmt":"2023-11-17T23:47:13","slug":"bertoni-estrategias-securitarias-sectores-populares-mujeres-argentina","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/bertoni-estrategias-securitarias-sectores-populares-mujeres-argentina\/","title":{"rendered":"Strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 des femmes dans la p\u00e9riph\u00e9rie urbaine de la ville de La Plata"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'objectif de cet article est d'analyser les strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 des femmes des secteurs populaires de La Plata, en Argentine. L'hypoth\u00e8se directrice est que l'innovation et la routinisation des strat\u00e9gies, comprises comme des rituels de la vie quotidienne qui permettent d'aller de l'avant et de projeter une dimension du futur, sont fondamentales pour l'autonomie des femmes. L'analyse se fonde sur les informations recueillies par le biais d'observations et d'entretiens semi-structur\u00e9s avec des femmes de deux \u00e9tablissements p\u00e9riph\u00e9riques de la municipalit\u00e9 de La Plata. Les r\u00e9sultats montrent que les strat\u00e9gies parviennent \u00e0 doter la vie quotidienne d'une certaine certitude et d'une colonisation de l'avenir, mais qu'elles d\u00e9ploient surtout des pratiques d'\u00e9vitement et d'auto-restriction dans l'utilisation de l'espace urbain. De plus, ces strat\u00e9gies sont m\u00e9diatis\u00e9es par des exp\u00e9riences ant\u00e9rieures s\u00e9diment\u00e9es, tant les leurs que celles des autres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/incertidumbre\/\" rel=\"tag\">incertitude<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/la-plata\/\" rel=\"tag\">La Plata<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/miedo-al-delito\/\" rel=\"tag\">la peur du crime<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/practicas-securitarias\/\" rel=\"tag\">pratiques de s\u00e9curit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/sentimiento-de-inseguridad\/\" rel=\"tag\">sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\">strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 des femmes des secteurs populaires de la p\u00e9riph\u00e9rie urbaine de la plata<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">L'objectif de cet article est d'analyser les strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 des femmes de la classe ouvri\u00e8re \u00e0 La Plata, en Argentine. L'hypoth\u00e8se qui la guide est que l'innovation et la routinisation des strat\u00e9gies, comprises comme des rituels de la vie quotidienne qui permettent de poursuivre et de projeter une dimension du futur, deviennent cruciales pour l'autonomie des femmes. L'analyse se fonde sur les informations recueillies par le biais d'observations et d'entretiens semi-structur\u00e9s avec des femmes des \u00e9tablissements p\u00e9riph\u00e9riques de la zone municipale de La Plata. Les r\u00e9sultats montrent que les strat\u00e9gies donnent au quotidien une dose particuli\u00e8re de certitude et de colonisation de l'avenir, mais qui d\u00e9ploient surtout des pratiques d'\u00e9vitement et d'auto-restriction dans l'utilisation de l'espace urbain. En outre, ces strat\u00e9gies sont influenc\u00e9es par leurs propres exp\u00e9riences et celles des autres femmes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots cl\u00e9s : sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9, peur du crime, incertitude, pratiques de s\u00e9curit\u00e9, La Plata.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">L'objectif de cet article est d'analyser les strat\u00e9gies individuelles de s\u00e9curit\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9es par un groupe de femmes issues de secteurs populaires pour faire face au probl\u00e8me de l'ins\u00e9curit\u00e9 citoyenne dans la localit\u00e9.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> de Los Hornos, municipalit\u00e9 de La Plata, Argentine. \u00c0 cette fin, une strat\u00e9gie qualitative a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e dans deux quartiers de cette localit\u00e9, o\u00f9 des entretiens semi-structur\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s avec les femmes qui y vivent dans l'intention d'analyser \u00e0 travers leurs r\u00e9cits comment elles d\u00e9finissent et red\u00e9finissent ces strat\u00e9gies. Des entretiens informels ont \u00e9galement eu lieu et des observations ont \u00e9t\u00e9 faites dans les quartiers, dans le but d'explorer les situations, les activit\u00e9s et les espaces physiques pertinents qui contribuent \u00e0 l'explication du probl\u00e8me propos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l'on part du principe que les femmes des secteurs populaires d'Argentine vivent un processus d'in\u00e9galit\u00e9 aigu\u00eb et de vuln\u00e9rabilit\u00e9 sociale, on observe qu'elles se trouvent \u00e9galement dans un environnement impr\u00e9gn\u00e9 d'incertitude et de manque de pr\u00e9visibilit\u00e9. C'est dans ce cadre que nous soutenons qu'ils d\u00e9veloppent des strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9. Une partie de cet environnement d'ins\u00e9curit\u00e9 est due aux diff\u00e9rents types de violence et aux situations de conflit qui sont devenues r\u00e9currentes dans la vie quotidienne des femmes en particulier, et des secteurs populaires en g\u00e9n\u00e9ral. A l'instar de Giddens (1997), ce type de contexte en constante \u00e9volution g\u00e9n\u00e8re diverses pr\u00e9occupations chez les acteurs quant aux dangers auxquels ils se sentent expos\u00e9s. Ceux-ci, qu'ils soient r\u00e9els ou potentiels, donnent lieu \u00e0 un manque de stabilit\u00e9 dans la s\u00e9curit\u00e9 ontologique et dans les param\u00e8tres qui organisent, donnent un sens, une coh\u00e9rence et une certitude aux activit\u00e9s de la vie quotidienne. Cette impossibilit\u00e9 de coloniser l'avenir dans des environnements caract\u00e9ris\u00e9s comme risqu\u00e9s provoque \u00e0 la fois une perte de confiance dans la s\u00e9curit\u00e9 quotidienne et de nombreuses peurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour des raisons d'espace et pour organiser ce document, les strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 qui seront abord\u00e9es sont de deux types : les strat\u00e9gies d'\u00e9vitement et les strat\u00e9gies d'autoprotection, qui impliquent, respectivement, d'arr\u00eater de faire ou de faire quelque chose afin de se sentir ou d'\u00eatre plus en s\u00e9curit\u00e9 (Sozzo, 2008). Il est important de noter que l'ins\u00e9curit\u00e9 citoyenne n'est pas la seule \u00e0 d\u00e9grader l'autonomie et la s\u00e9curit\u00e9 ontologique des femmes ; d'autres ins\u00e9curit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l'environnement, \u00e0 l'alimentation et au travail, pour n'en citer que quelques-unes, affectent les femmes dans les secteurs populaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, l'article est structur\u00e9 de telle sorte que, premi\u00e8rement, le probl\u00e8me du sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 et de l'espace public est abord\u00e9 dans le cas des femmes, suivi d'une approche th\u00e9orique des strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 utilis\u00e9es pour l'analyse dans l'article, et troisi\u00e8mement, une section m\u00e9thodologique est pr\u00e9sent\u00e9e, dans laquelle la strat\u00e9gie de recherche et les techniques utilis\u00e9es sont expliqu\u00e9es et les cas sont d\u00e9crits et analys\u00e9s en termes socio-d\u00e9mographiques et subjectifs. Les strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 des femmes sont ensuite analys\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re de la proposition th\u00e9orique et de sa port\u00e9e. Enfin, et en guise de cl\u00f4ture, les principales r\u00e9flexions qui ont \u00e9merg\u00e9 de l'analyse des entretiens, des discussions informelles et des observations sont pr\u00e9sent\u00e9es, en prenant comme point de d\u00e9part le potentiel d'une analyse interactionniste pour voir dans ces strat\u00e9gies \u00e0 la fois la dimension cr\u00e9ative et la dimension routini\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les femmes, le sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 et l'espace public<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">D'une part, des \u00e9tudes r\u00e9centes ont montr\u00e9, par le biais d'analyses quantitatives et qualitatives, que ce sont les secteurs les plus d\u00e9favoris\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 argentine qui souffrent le plus de la victimisation r\u00e9elle et de la peur du crime, \u00e9tant donn\u00e9 qu'ils font l'exp\u00e9rience de l'incoh\u00e9rence institutionnelle, de l'in\u00e9galit\u00e9, de la fragmentation sociale et de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de mani\u00e8re plus extr\u00eame.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> (Castel, 2004, 2010 ; Corral, 2010 ; Kessler, 2011 ; M\u00edguez et Isla, 2010 ; McIlwaine et Moser, 2007). Kessler (2011) et Dammert (2007a, 2007b) rapportent qu'au sein des secteurs populaires argentins, ce sont les femmes qui connaissent les plus hauts niveaux de sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9, et non la victimisation en termes agr\u00e9g\u00e9s, un fait qui se r\u00e9p\u00e8te dans toute la r\u00e9gion et qui r\u00e9affirme la relative autonomie du sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 par rapport aux taux de criminalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce paradoxe de la peur (Warr, 1984) a \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9 \u00e0 partir de diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations : d'une suppos\u00e9e irrationalit\u00e9 \u00e0 des perspectives f\u00e9ministes qui mettent en \u00e9vidence diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments structurants de la vie sociale : la culture patriarcale, la socialisation diff\u00e9renci\u00e9e, les r\u00f4les attendus, la position sociale in\u00e9gale des femmes et des hommes en raison des structures de pouvoir et de la domination de genre (Koskela, 1999 ; Lind\u00f3n, 2006a, 2006b ; Madriz, 2001 ; Mehta et Bondi, 2010 ; Pain, 2001 ; Snedker, 2015 ; Soto Villagr\u00e1n, 2012). En ce sens, la justification de la r\u00e9alisation de l'\u00e9tude sur les femmes est que le sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 (Kessler, 2011) ou d'ins\u00e9curit\u00e9 subjective (Gonz\u00e1lez Placencia et Kala, 2007) chez les femmes, en plus d'\u00eatre significativement \u00e9lev\u00e9, est diff\u00e9renciable de la peur chez les hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>Diverses recherches quantitatives montrent que la peur de l'agression sexuelle et du harc\u00e8lement de rue sont les variables qui, lorsqu'elles sont agr\u00e9g\u00e9es dans les enqu\u00eates de victimisation et de perception, perturbent et d\u00e9clenchent les niveaux de peur des femmes (Dammert, 2007a ; Ferraro, 1995, 1996 ; Lane, 2013 ; \u00d6zascilar, 2013 ; Warr, 1985). Les travaux de Warr et Ferraro sont \u00e9loquents \u00e0 cet \u00e9gard. Warr a d\u00e9couvert, gr\u00e2ce \u00e0 l'analyse de ces enqu\u00eates, que pour les femmes de moins de 35 ans, la peur du viol et de l'abus sexuel par des inconnus atteint plus des deux tiers d'entre elles, ce qui les place en t\u00eate de leur \u00e9chelle de peur, et cette peur sp\u00e9cifique a un effet : la th\u00e8se de l'ombre. Cette th\u00e8se implique que la peur de l'agression sexuelle a un effet amplificateur sur la peur d'autres types de crimes et occulte les sp\u00e9cificit\u00e9s des ins\u00e9curit\u00e9s per\u00e7ues par les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus r\u00e9cemment et avec des donn\u00e9es provenant d'Am\u00e9rique du Sud, Dammert (2007a) a syst\u00e9matis\u00e9 et analys\u00e9 les informations enregistr\u00e9es par ces m\u00eames instruments dans quatre m\u00e9gapoles. Il y observe la m\u00eame diff\u00e9renciation dans la perception de l'ins\u00e9curit\u00e9 entre les sexes : avec une variabilit\u00e9 diff\u00e9rente selon les cas, les femmes d\u00e9clarent se sentir plus ins\u00e9curis\u00e9es dans tous ces cas. Selon elle, il est important de noter que si elles sont moins victimes de certains types de crimes, comme ceux perp\u00e9tr\u00e9s avec violence physique, d'autres sont sous-d\u00e9clar\u00e9s par les femmes. Il s'agit g\u00e9n\u00e9ralement de celles qui sont dirig\u00e9es contre elles et leur corps, c'est-\u00e0-dire des agressions verbales dans les espaces publics ou des violences plus explicites comme les agressions sexuelles, allant du frottement du corps \u00e0 l'abus. Cela est d\u00fb \u00e0 la fois aux insuffisances des enqu\u00eates de victimisation pour appr\u00e9hender le probl\u00e8me et au fait que bon nombre des hostilit\u00e9s dont ils sont victimes ne sont pas class\u00e9es comme des crimes. Dammert conclut donc qu'une vision androcentrique est \u00e9vidente m\u00eame dans la conception d'instruments publics pour la collecte d'informations li\u00e9es \u00e0 ce probl\u00e8me. Elle montre \u00e9galement que la dimension temporelle a un effet important sur la variation entre les hommes et les femmes, puisque les femmes d\u00e9clarent se sentir \"tr\u00e8s peu s\u00fbres\" lorsqu'elles marchent dans leur quartier la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sentiment de vuln\u00e9rabilit\u00e9 croissante, tant physique que sociale, et l'impuissance qu'il g\u00e9n\u00e8re expliquent aussi en partie la peur accrue des femmes, qui renforce \u00e0 son tour la masculinisation de l'espace public et de ses usages et contribue \u00e0 la persistance de rapports de genre in\u00e9gaux (Pain, 1991). La peur de se d\u00e9placer dans la ville, en plus de renforcer leur d\u00e9pendance \u00e0 l'\u00e9gard des autres, d\u00e9grade leur statut de citoyens d\u00e9tenteurs de droits en restreignant leurs libert\u00e9s. De m\u00eame, un autre \u00e9l\u00e9ment pertinent pour expliquer le sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 des femmes, leurs repr\u00e9sentations et leurs perceptions est le fait de subir ou d'avoir subi des violences familiales ou des violences de la part d'un homme dans leur environnement (Kessler, 2011 ; Madriz, 2001 ; Stanko, 1995). Ces situations de conflit aggravent consid\u00e9rablement l'id\u00e9e dominante de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des femmes et du souci de leur int\u00e9grit\u00e9 physique et sexuelle. Ils compliquent \u00e9galement les hypoth\u00e8ses qui ont accompagn\u00e9 une grande partie de la criminologie et de la sociologie du crime du vingti\u00e8me si\u00e8cle, qui supposaient souvent que les diverses agressions et violences sont principalement spatialis\u00e9es dans la sph\u00e8re publique et sont perp\u00e9tr\u00e9es par des \u00e9trangers (Hale, 1996).<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la fragmentation spatiale urbaine s\u00e9gr\u00e8ge les h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9s : h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9s de classe, socio-\u00e9conomiques, de genre, ethniques et d'\u00e2ge, donnant lieu \u00e0 la naissance d'un nouveau mod\u00e8le de spatialit\u00e9. Dans ce sens, la fragmentation est comprise ici comme une<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">ph\u00e9nom\u00e8ne spatial r\u00e9sultant de la rupture, de la s\u00e9paration ou de la d\u00e9connexion de la forme et de la structure pr\u00e9existantes de la ville [...] Il implique l'abandon de l'id\u00e9e de la ville comme lieu de rencontre, d'\u00e9change d\u00e9mocratique et de fourniture de services universels [...] La relation entre la s\u00e9gr\u00e9gation socio-spatiale et la fragmentation urbaine peut \u00eatre con\u00e7ue en termes de relation entre la distance sociale et la distance spatiale (Burguess, 2009 : 101, 116, 120).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Par cons\u00e9quent, pour les cas \u00e9tudi\u00e9s ici, la fragmentation est entrelac\u00e9e et complexifi\u00e9e avec la division sexuelle existante de l'espace, qui hi\u00e9rarchise \u00e9galement les territoires en fa\u00e7onnant les lieux \u00e0 travers les attentes g\u00e9n\u00e9r\u00e9es et les r\u00f4les attendus. Ainsi, l'exp\u00e9rience des villes n'est pas la m\u00eame pour les femmes que pour les hommes, ni pour les personnes vivant dans des situations marginalis\u00e9es. De cette fa\u00e7on, les exp\u00e9riences des femmes analys\u00e9es souffrent d'une double vuln\u00e9rabilit\u00e9 ou d'une intersection d'exclusions, celles du genre et de la classe, qui ont des implications sur leurs exp\u00e9riences, leur jouissance de la ville et des espaces publics en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, nous partons de l'id\u00e9e que l'espace est construit de mani\u00e8re intersubjective et qu'il est le r\u00e9sultat d'une production li\u00e9e \u00e0 des relations de pouvoir in\u00e9gales. De cette fa\u00e7on, nous reconnaissons l'existence de limitations et de d\u00e9marcations non seulement des lieux mais aussi des horaires qui restreignent la libert\u00e9 de mouvement des femmes, en leur attribuant diff\u00e9rents r\u00f4les et autorisations, et qui d\u00e9coulent des constructions sociales de \"l'\u00eatre femme\" (Lind\u00f3n, 2006a ; 2006b ; Fal\u00fa, 2009). Ces \"espaces que nous refusons\" (del Valle, 2006) sont ceux auxquels les femmes renoncent ou qu'elles traversent parce qu'ils font partie de leur vie quotidienne, mais qui sont fondamentalement m\u00e9diatis\u00e9s par les peurs. En termes g\u00e9n\u00e9raux, c'est-\u00e0-dire au-del\u00e0 de l'espace public, il existe certaines autorisations sociales concernant les comportements attendus et accept\u00e9s pour chacun des genres, qui sont soutenues par les valeurs et les constructions culturelles dominantes (Rainero, 2009).<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, comme le sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 est v\u00e9cu individuellement, l'interpr\u00e9tation et l'utilisation des espaces sont produites \u00e0 partir d'une situation particuli\u00e8re et d'une position sociale dans la structure. En effet, l'espace public ou certains lieux en particulier, en tant que constructions socio-historiques, ne repr\u00e9sentent le danger et l'ins\u00e9curit\u00e9 que pour certains groupes occupant des positions sociales d\u00e9finies (Koskela, 1999 ; Lind\u00f3n, 2006a, 2006b ; Mehta et Bondi, 2010 ; Snedker, 2015 ; Soto Villagr\u00e1n, 2012). Cette restriction, qui conditionne le plus les mouvements des femmes, s'applique \u00e0 de nombreuses rues et lieux publics consid\u00e9r\u00e9s comme dangereux, ainsi qu'\u00e0 des endroits inhabit\u00e9s et non \u00e9clair\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette ligne, les contributions des g\u00e9ographies f\u00e9ministes sont sans aucun doute essentielles \u00e0 l'analyse des corps des femmes situ\u00e9s dans l'espace public. La probl\u00e9matisation du corps comme premi\u00e8re \u00e9chelle g\u00e9ographique et la mani\u00e8re dont la structuration g\u00e9n\u00e9rique des espaces et des lieux a des effets sur les mani\u00e8res d'habiter et de se d\u00e9placer dans la ville font partie des grandes contributions de ces chercheurs (Massey, 2001 ; McDowell et Sharp, 1999 ; McDowell, 2000). Bien que la g\u00e9ographie humaniste ait nomm\u00e9 les corps en mettant la dimension subjective au centre de l'analyse spatiale, ils n'ont pas \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme des cat\u00e9gories d'analyse ou d'explication. Ainsi, les auteurs ont non seulement marqu\u00e9 une rupture au sein de la discipline g\u00e9ographique mais ont \u00e9galement ouvert la voie \u00e0 l'\u00e9tude des corps en tant que sites de cr\u00e9ation et de r\u00e9ception d'\u00e9motions, de significations, de pratiques et d'exp\u00e9riences.<\/p>\n\n\n\n<p>La privation relative de l'espace public, cons\u00e9quence du sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 de nombreuses femmes, conduit souvent \u00e0 l'isolement ou \u00e0 la r\u00e9clusion partielle, mais croissante, dans la sph\u00e8re priv\u00e9e. Cela devient particuli\u00e8rement probl\u00e9matique, car cela restreint la possibilit\u00e9 de construire l'alt\u00e9rit\u00e9 par la rencontre avec l'autre dans les exp\u00e9riences quotidiennes typiques de l'environnement urbain (Lind\u00f3n, 2006a ; Soto Villagr\u00e1n, 2012). Ce retrait ou cet \u00e9loignement v\u00e9cu par de nombreuses femmes contribue \u00e0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">affaiblit l'estime de soi des femmes et approfondit les sentiments d'ins\u00e9curit\u00e9 [...], [et favorise] un processus circulaire d'inversion, de production et de reproduction d'anciennes et de nouvelles subjectivit\u00e9s f\u00e9minines dans lesquelles la peur s'exprime et les femmes y sont li\u00e9es (Fal\u00fa, 2009:23).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 individuelles pour faire face \u00e0 l'incertitude de l'environnement<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les dynamiques de r\u00e9-individualisation que connaissent les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines ont reconfigur\u00e9 les supports collectifs qui prot\u00e9geaient les individus et leur permettaient de se projeter et d'affirmer un minimum d'ind\u00e9pendance sociale afin de \" dominer les vicissitudes de l'avenir \" (Castel, 2010 : 78), ceux qui ne disposent pas du capital \u00e9conomique, social et culturel pour faire face aux nouvelles exigences de la responsabilit\u00e9 individuelle \u00e9tant les plus touch\u00e9s (Castel, 2004). Ainsi, les routines et les habitudes que les personnes d\u00e9veloppent dans ces espaces rev\u00eatent une importance fondamentale pour l'organisation de la vie quotidienne, principalement pour faire face aux ambivalences qui se pr\u00e9sentent et pour minimiser ou \u00e9viter les dangers (Giddens, 1997 ; Goffman, 1970).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la tentative des acteurs de spatialiser la peur et l'ins\u00e9curit\u00e9 tente d'\u00e9tablir des d\u00e9marcations entre espaces s\u00fbrs et non s\u00fbrs, m\u00eame lorsque les transformations de l'espace urbain et les exp\u00e9riences v\u00e9cues dans celui-ci ont d\u00e9localis\u00e9 ou d\u00e9territorialis\u00e9 l'ins\u00e9curit\u00e9 (Kessler, 2011 ; Reguillo, 2008). L'omnipr\u00e9sence de l'ins\u00e9curit\u00e9 et l'incertitude qu'elle g\u00e9n\u00e8re vont tenter d'\u00eatre att\u00e9nu\u00e9es par les acteurs \u00e0 travers l'identification de sujets, d'objets et d'espaces s\u00fbrs et non s\u00fbrs, en leur attribuant des propri\u00e9t\u00e9s fixes afin d'essayer de trouver une stabilit\u00e9 et une certitude dans la vie quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais de la m\u00eame mani\u00e8re, dans ce contexte de d\u00e9saffiliation et de diverses formes de vuln\u00e9rabilit\u00e9 sociale, les strat\u00e9gies que les femmes d\u00e9ploient pour affronter l'ins\u00e9curit\u00e9 au quotidien font partie de la cr\u00e9ativit\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par les sujets, entendue comme les mani\u00e8res innovantes d'agir face \u00e0 de nouvelles exp\u00e9riences et situations (Castel, 2010 ; Giddens, 1997). Ainsi, les strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 seront comprises ici comme les pratiques d\u00e9velopp\u00e9es par les sujets qui sont orient\u00e9es vers l'\u00e9vitement ou la r\u00e9solution de conflits ou de menaces potentielles. Les deux sont d\u00e9limit\u00e9s par la routine et la cr\u00e9ativit\u00e9, qui condensent une r\u00e9flexivit\u00e9 autour de ses propres exp\u00e9riences et de celles des autres. En outre, ces strat\u00e9gies peuvent prendre deux formes, celles qui sont men\u00e9es individuellement et celles qui sont d\u00e9velopp\u00e9es ou pens\u00e9es collectivement et en groupe ; dans cet article, seules les premi\u00e8res seront d\u00e9crites et analys\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>L'absence de pr\u00e9visibilit\u00e9, associ\u00e9e \u00e0 la perte de cr\u00e9dibilit\u00e9 des institutions et des agents de l'\u00c9tat, entra\u00eene des transformations dans les modes de sociabilit\u00e9 urbaine, en ce sens que les acteurs rencontrent la diversit\u00e9 des alt\u00e9rit\u00e9s avec leurs propres peurs, prescrivant et proscrivant certaines pratiques dans l'espace public (Reguillo, 2008). En ce sens, nous pouvons \u00e9galement concevoir ces pratiques comme une mani\u00e8re dont les sujets dans les zones o\u00f9 l'\u00c9tat s'est retir\u00e9 ou est en retrait commencent \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des moyens de g\u00e9rer et de chercher \u00e0 garantir leur s\u00e9curit\u00e9 (Walklate, 2001).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas de l'Argentine, les fortes transformations des conditions de reproduction mat\u00e9rielle et de sociabilit\u00e9 des secteurs populaires pendant l'ordre n\u00e9olib\u00e9ral ne signifiaient pas que l'\u00c9tat \u00e9tait absent, mais plut\u00f4t qu'il s'agissait d'\" une forme qualitativement diff\u00e9rente de gouvernance \u00e9tatique [...] qui d\u00e9montre symboliquement le pouvoir arbitraire de l'\u00c9tat et renforce la s\u00e9paration entre les populations valides et invalides \" (Auyero et Berti, 2013 : 122). Pour les secteurs moyen et populaire, les politiques \u00e9conomiques et sociales mises en \u0153uvre ont eu pour cons\u00e9quence que l'\u00c9tat a cess\u00e9 d'\u00eatre producteur et garant de divers droits sociaux. Ainsi, plut\u00f4t qu'un retrait partiel ou total, nous trouvons une pr\u00e9sence \u00e9tatique contradictoire, s\u00e9lective, intermittente et souvent violente, qui est pr\u00e9sente \u00e0 travers son bras r\u00e9pressif ou punitif.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce type de contextes externes ins\u00e9curis\u00e9s, la routinisation de ces strat\u00e9gies et la \"conscience pratique\" deviennent fondamentales pour la recherche d'autonomie des individus, en tant que rituels de la vie quotidienne qui permettent d'aller de l'avant et de projeter une dimension du futur (Giddens, 1997). Les diff\u00e9rentes pratiques d\u00e9ploy\u00e9es peuvent \u00eatre pens\u00e9es comme des capacit\u00e9s acquises \u00e0 partir de l'exp\u00e9rience individuelle et collective accumul\u00e9e, qui tentent de trouver, sans toujours y parvenir, des solutions diff\u00e9rentes aux situations conflictuelles auxquelles ils sont confront\u00e9s au quotidien dans les territoires qu'ils habitent ou traversent (Rodr\u00edguez Alzueta, 2011). Cela ne signifie pas pour autant que nous consid\u00e9rons que ce quotidien doit \u00eatre con\u00e7u en termes de naturalisation de la violence et du crime, ou qu'il implique une sorte d'immobilisme de la part des acteurs. Au contraire, dans chaque situation et rencontre en face \u00e0 face, les sujets interagissent selon certaines r\u00e8gles dans le cadre d'un sc\u00e9nario o\u00f9 les motifs, les imputations et les intentions sont pr\u00e9sents dans une dimension spatio-temporelle sp\u00e9cifique (Goffman, 1970). Dans la lign\u00e9e de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, l'utilisation et la gestion du \"code de la rue\" impliquent l'appropriation de certaines r\u00e8gles informelles et de comportements organis\u00e9s dans le cadre d'interactions sociales, ce qui contribue au maintien des relations interpersonnelles dans l'espace public des quartiers populaires.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> (Anderson, 1999).<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il est important de souligner et de prendre en consid\u00e9ration le fait que les femmes, \u00e9prouvant un plus grand sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9, sont plus susceptibles de transformer leurs routines, leurs pratiques et leurs comportements par crainte d'\u00eatre victimis\u00e9es (Madriz, 2001 ; Rainero, 2009). Cela serait particuli\u00e8rement visible dans le cas des femmes des secteurs populaires car, \u00e9tant donn\u00e9 la raret\u00e9 des ressources, elles ne disposent pas de certains conforts -comme leur propre voiture-, ce qui conduit beaucoup d'entre elles \u00e0 s'auto-imposer des restrictions spatio-temporelles qui les confinent et leur causent un malaise.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Consid\u00e9rations m\u00e9thodologiques et contextuelles<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Comme mentionn\u00e9, la m\u00e9thodologie de l'article est qualitative. Les informations ont \u00e9t\u00e9 recueillies entre ao\u00fbt et septembre 2016 dans les \u00e9tablissements d'El Arroyito et d'El Zanj\u00f3n de Los Hornos, au sud-ouest de La Plata, dans la province de Buenos Aires. L'\u00e9chantillonnage \u00e9tait non probabiliste et en boule de neige. Vingt-deux entretiens semi-structur\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s, dans lesquels les questions initiales \u00e9taient larges afin de permettre l'\u00e9mergence de peurs et d'ins\u00e9curit\u00e9s non directement li\u00e9es \u00e0 la criminalit\u00e9 ou \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 publique, ainsi que d'observer le fil temporel construit dans les r\u00e9cits des femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 tenu compte du fait que le nombre d'entretiens devait \u00eatre repr\u00e9sentatif de la pluralit\u00e9 des voix des femmes vivant dans chaque \u00e9tablissement, en fonction de leur nationalit\u00e9 et de leur \u00e2ge, \u00e9tant donn\u00e9 que l'intersectionnalit\u00e9 nous permet d'observer que chacun de ces groupes vit le sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 \u00e0 l'int\u00e9rieur et \u00e0 l'ext\u00e9rieur de son quartier de mani\u00e8re diff\u00e9rente (voir tableau 1 en annexe). Les entretiens ont permis d'acc\u00e9der aux exp\u00e9riences des personnes interrog\u00e9es, \u00e0 ce qu'elles per\u00e7oivent et \u00e0 la mani\u00e8re dont elles l'interpr\u00e8tent, \u00e9clairant la nature de la vie sociale des femmes dans leur propre situation, position et ensemble de relations (Geertz, 2003 ; Weiss, 1995). De cette fa\u00e7on, les strat\u00e9gies s\u00e9curitaires pr\u00e9sent\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es et extraites des r\u00e9cits sur la base de ce qu'elles reconnaissaient dans le traitement des diff\u00e9rentes expressions de l'ins\u00e9curit\u00e9. Deuxi\u00e8mement, l'observation s\u00e9lective et l'observation cibl\u00e9e (Werner et Schoepfle, 1987) ont \u00e9t\u00e9 combin\u00e9es afin d'explorer les situations, les activit\u00e9s et les espaces consid\u00e9r\u00e9s comme pertinents et contribuant \u00e0 l'explication du probl\u00e8me, et aussi pour reprendre des \u00e9l\u00e9ments qui n'avaient pas \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9s au d\u00e9part.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Caract\u00e9risation sociod\u00e9mographique des agglom\u00e9rations<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les logements des quartiers d'El Arroyito et d'El Zanj\u00f3n sont principalement des cabanes en bois et quelques autres constructions pr\u00e9caires en ciment ou en briques apparentes. En termes d'acc\u00e8s, seules deux lignes de bus, conc\u00e9d\u00e9es \u00e0 une entreprise priv\u00e9e, relient les quartiers \u00e0 la localit\u00e9 de Los Hornos et au quartier de Berisso, adjacent \u00e0 La Plata. Tous deux traversent le centre de la ville de La Plata et leur parcours se termine \u00e0 quelques rues des deux \u00e9tablissements. Ces bus sont les seuls \u00e0 passer dans la zone. Ils circulent toutes les vingt minutes du lundi au vendredi, et toutes les quarante minutes le week-end. Comme les deux lignes ont des itin\u00e9raires tr\u00e8s similaires, on peut dire que la communication entre les deux quartiers est limit\u00e9e. Pour se rendre dans d'autres zones de La Plata, les habitants doivent se rendre sur les avenues principales pour utiliser ou combiner d'autres lignes du r\u00e9seau de services publics. Outre l'augmentation du co\u00fbt de la vie, cela refl\u00e8te la s\u00e9gr\u00e9gation des zones dans lesquelles ils vivent. A son tour, le fait de devoir passer par le centre ville entra\u00eene de longs temps de trajet dans la vie quotidienne de ces personnes.<\/p>\n\n\n\n<p>L'acc\u00e8s aux services est faible. \u00c0 l'exception des avenues, les quartiers ont peu d'\u00e9clairage public et d'asphalte. Ils ne disposent pas non plus de raccordements au gaz naturel, ni de r\u00e9seaux d'\u00e9vacuation ou d'eau potable. La collecte des d\u00e9chets publics est peu fr\u00e9quente, et l'Arroyito comme le Zanj\u00f3n sont satur\u00e9s de d\u00e9tritus et de rongeurs, ce qui rend les \u00e9tablissements particuli\u00e8rement insalubres. L'absence de trottoirs et d'asphalte complique la circulation des voisins et emp\u00eache les ambulances, la police et les camions de passer pour collecter les d\u00e9chets d'un grand nombre de familles. Cela est particuli\u00e8rement probl\u00e9matique pendant la saison des pluies et entra\u00eene des accidents possibles tels que des chutes et des tr\u00e9buchements.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre \u00e9l\u00e9ment socio-d\u00e9mographique est que dans la localit\u00e9 de Los Hornos, nous pouvons identifier deux importants flux migratoires. Dans le premier cas, au cours des ann\u00e9es 1950, les migrants internes sont arriv\u00e9s des provinces du nord et du nord-est du pays \u00e0 la recherche de travail ; dans le second, qui s'est produit avec une plus grande intensit\u00e9 depuis 1990, les migrants sont arriv\u00e9s des pays voisins, principalement de Bolivie et du Paraguay, \u00e9galement \u00e0 la recherche d'un emploi et de la possibilit\u00e9 d'avoir des droits fondamentaux garantis par l'\u00c9tat, tels que la sant\u00e9 et l'\u00e9ducation gratuites. Par le biais d'observations et de rencontres informelles, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que les nouveaux colons s'installent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 proximit\u00e9 de leurs proches d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s, ce qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 la formation de zones spatialement diff\u00e9renci\u00e9es d'Argentins, de Boliviens et de Paraguayens, qui sont li\u00e9es les unes aux autres \u00e0 des degr\u00e9s divers de conflit. Pour les cas analys\u00e9s ici,<em> El Arroyito <\/em>et<em> El Zanj\u00f3n<\/em> sont principalement peupl\u00e9s d'Argentins, de Paraguayens et d'enfants et petits-enfants argentins de Paraguayens.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">El Arroyito et El Zanj\u00f3n comme espaces v\u00e9cus<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En ce qui concerne la dynamique du quartier, nous soulignerons certaines routines qui ont pu \u00eatre reconnues \u00e0 travers les observations dans les deux \u00e9tablissements. Mon arriv\u00e9e dans les quartiers a vari\u00e9, en fonction des heures auxquelles j'ai organis\u00e9 les entretiens, mais toujours en utilisant les transports publics, environ une heure et demie ou deux avant le premier rendez-vous et jusqu'\u00e0 tard dans la nuit. Compte tenu des conditions de logement et des m\u00e8tres carr\u00e9s limit\u00e9s des habitations, une grande partie de la vie de quartier se d\u00e9roule dans les rues, de sorte que l'espace public des secteurs populaires devient un lieu de sociabilit\u00e9 forc\u00e9e (Rodr\u00edguez Alzueta, 2011). Cela signifie que les lieux de rencontre des enfants et des jeunes, principalement des gar\u00e7ons, impliquent un habiter et non un simple passage dans les rues, car les possibilit\u00e9s de loisirs et de consommation dans des lieux priv\u00e9s et ferm\u00e9s sont rares. Cela implique \u00e9galement l'imbrication des conditions et des processus urbains, \u00e9conomiques et culturels.<\/p>\n\n\n\n<p>Les hommes adultes ont tendance \u00e0 quitter le quartier le matin, car la plupart d'entre eux travaillent sur des chantiers de construction dans d'autres r\u00e9gions et le travail dans ce secteur commence tr\u00e8s t\u00f4t le matin. Ces emplois sont particuli\u00e8rement volatiles lorsque les journ\u00e9es de fortes pluies se prolongent et que le travail est interrompu. La proximit\u00e9 du R\u00edo de la Plata et des zones humides rend cette situation fr\u00e9quente, de sorte que de nombreuses familles dont le revenu principal est celui du ma\u00e7on masculin vivent dans une situation d'inqui\u00e9tude et d'incertitude permanentes. Le lieu de rencontre des jeunes, principalement des gar\u00e7ons, pendant la journ\u00e9e et la nuit, sont les coins du quartier. Ils s'y retrouvent pour parler, jouer, boire de l'alcool ou prendre des drogues. Nous savions d'avance, gr\u00e2ce \u00e0 des discussions informelles avec les femmes, que, qu'elles soient harcel\u00e9es ou non, ces r\u00e9unions ont tendance \u00e0 ennuyer les voisins. Dans la mesure du possible, ils essaient d'\u00e9viter de passer par ces zones en empruntant d'autres itin\u00e9raires pour arriver \u00e0 leur destination, soit parce qu'ils font des bruits g\u00eanants, soit parce qu'ils les consid\u00e8rent comme une menace potentielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, tous les jours ne se ressemblent pas dans les colonies. Les jours de la semaine, les horaires et les saisons de l'ann\u00e9e contribuent \u00e0 d\u00e9limiter les dynamiques de quartier et de famille. Les week-ends sont les p\u00e9riodes les plus charg\u00e9es de l'ann\u00e9e, surtout pendant les quelques jours ensoleill\u00e9s et avant le coucher du soleil. Les enfants courent dehors, jouent les uns avec les autres ou font du v\u00e9lo sous le regard de leurs familles, qui se tiennent devant leurs maisons pour boire du mat\u00e9. En outre, on peut \u00e9galement voir dans les rues des jeunes hommes qui sortent acheter de la bi\u00e8re ou qui conduisent des motos de mani\u00e8re tr\u00e8s rapide et bruyante, ce qui suscite une g\u00eane chez les voisins, soit en raison de la g\u00eane en termes de sensorialit\u00e9 auditive, soit en raison des accidents de la route qu'ils peuvent causer. Nous n'avons jamais vu de femme dans ces groupes d'hommes. La plupart du temps, les jeunes femmes habitent \u00e9galement l'espace du quartier en tant que groupe, mais les activit\u00e9s les plus fr\u00e9quentes sont les promenades comme forme de loisir et de r\u00e9cr\u00e9ation plut\u00f4t que comme simple forme de transit, souvent avec des enfants en poussette.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, il a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 que les gens se d\u00e9placent peu, que les magasins ferment et que les activit\u00e9s cessent dans les rues et sur les places \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit. Les rues se vident et les familles se replient sur elles-m\u00eames, ce qui signifie que les routines et la vie quotidienne dans les foyers sont organis\u00e9es de telle sorte que les gens essaient de ne pas se d\u00e9placer dans le quartier lorsqu'il fait sombre et d\u00e9sert. C'est dans le contexte d\u00e9crit pour El Arroyito et El Zanj\u00f3n que se situent spatialement et biographiquement les r\u00e9flexions des personnes interrog\u00e9es sur leurs strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des strat\u00e9gies floues dans la qu\u00eate de la colonisation du futur : la soci\u00e9t\u00e9 des coins de rue au regard de femme<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour les femmes, le droit d'utiliser l'espace public est limit\u00e9 (Madriz, 2001). Les routines et les habitudes telles que le fait de ne pas passer par certains endroits caract\u00e9ris\u00e9s comme mena\u00e7ants ou dangereux, de ne pas aller dans les parcs ou sur les places - principalement la nuit - ou de ne pas attendre les transports seules font partie des diff\u00e9rentes formes que prend la restriction de mouvement des femmes interrog\u00e9es. Cela implique que le d\u00e9veloppement de certaines pratiques qu'elles mettent en \u0153uvre pour tenter d'\u00e9viter de se confronter \u00e0 une situation de conflit, notamment en \u00e9vitant certains espaces, est une partie constitutive de l'exp\u00e9rience de vie quotidienne des femmes interrog\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La principale alt\u00e9rit\u00e9 mena\u00e7ante identifi\u00e9e par les personnes interrog\u00e9es est celle des jeunes hommes, notamment ceux que l'on trouve au coin des rues ou \u00e0 moto. L'analyse de cet article se concentre sur les strat\u00e9gies qu'ils appliquent autour de cette identification.<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> Wilma dit qu'elle rend rarement visite \u00e0 sa s\u0153ur dans un quartier proche d'El Arroyito car elle pense que c'est dangereux et qu'elle pourrait certainement y \u00eatre victime d'un crime. Selon Wilma, la dangerosit\u00e9 de la zone est caract\u00e9ris\u00e9e par l'obscurit\u00e9 et l'inaccessibilit\u00e9 de l'espace, car il n'y a pas de rues asphalt\u00e9es et de multiples groupes de jeunes hommes qu'elle ne conna\u00eet pas tra\u00eenent dans la zone.<\/p>\n\n\n\n<p>La pertinence de la connaissance de l'autre se manifeste dans le fait que de nombreuses femmes ont d\u00e9clar\u00e9 qu'elles \u00e9tablissent toujours un salut cordial avec les jeunes hommes au coin des rues de leur quartier. Ils \u00e9taient calmes en parlant d'eux, affirmant que parce qu'ils les respectent, ils ne les d\u00e9rangent pas, ou parce qu'ils les connaissent, ils sont s\u00fbrs qu'ils ne leur feront rien. Ces strat\u00e9gies pr\u00e9ventives manifestent la proximit\u00e9 et ils les adoptent dans le but de r\u00e9duire la distance (Simmel, 2018) qui les s\u00e9pare des jeunes, afin qu'ils ne soient pas per\u00e7us comme des \u00e9trangers. Ces voisins commentent :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Ils se rassemblent tous l\u00e0 [devant sa maison]. Ici au coin de la rue aussi, mais comme ils vous voient passer tous les jours, c'est comme... Si vous \u00eates plus connu, ils ont un peu plus de respect pour vous. Mais vous passez devant la 66 [Avenue], ou vous allez du c\u00f4t\u00e9 du parc, la nuit vous ne passez pas devant (Nancy, 49 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Non, je n'emb\u00eate personne... Car avant tout, il faut du respect. Tu me respectes, je te respecte et ne te d\u00e9range pas. Je dis bonjour et vous continuez... (Silvana, 29 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">S'ils passent par l\u00e0, ils me demandent une cigarette et je la leur donne... ou je leur passe de l'eau ou une bouteille. Ils me le demandent, je le leur donne. Je n'essaie pas d'aller contre eux, j'essaie de m'entendre avec eux [...] Je n'ai jamais \u00e9t\u00e9 une femme qui avait peur d'eux, au contraire, ils m'engueulaient et je les engueulais aussi... Je me levais le matin [et ils me disaient] \"Salut, comment \u00e7a va ?\", \"Apporte l'addition pour boire mon pote\", je leur criais dessus, donc j'essaie de m'entendre avec eux (Nadina, 58 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ce qui pr\u00e9c\u00e8de illustre \u00e9galement la gestion du \"code de la rue\" et de la <em>Commutation de code <\/em>(Anderson, 1999). Cela signifie que les femmes, en fonction de la situation, changent le registre qu'elles utilisent au quotidien afin de faire face aux diff\u00e9rentes rencontres qu'elles peuvent faire \u00e0 l'ext\u00e9rieur. Les femmes qui reconnaissent la compr\u00e9hension et la possibilit\u00e9 de manier le code de l'autre, et d'en tirer parti, sont principalement celles qui passent plus de temps dans l'espace public du quartier. Ainsi, en se concentrant sur la situation, ils comprennent ces symboles et ces significations \u00e0 travers l'interaction, ce qui contribue ensuite \u00e0 l'interpr\u00e9tation des situations lorsqu'ils rencontrent l'autre. La possibilit\u00e9 de se d\u00e9ployer ainsi dans l'espace public permet d'alt\u00e9rer les codes et, par cons\u00e9quent, certains types de comportements circonstanciels gr\u00e2ce \u00e0 l'\u00e9valuation pr\u00e9alable des lignes d'action possibles (Goffman, 1974). Cette approche et cette suspension partielle de la distance sociale et spatiale leur donne confiance et pr\u00e9visibilit\u00e9 ; moins fr\u00e9quemment, ces jeunes ont bris\u00e9 les attentes de l'interaction par une agression verbale ou en envahissant leur espace personnel.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, on pourrait avancer l'hypoth\u00e8se suivante<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> que ce comportement des hommes dans leur quartier et envers les femmes qu'ils connaissent est d\u00fb aux co\u00fbts de l'interaction, puisque le fait que les voisines sachent qui ils sont, o\u00f9 ils vivent et connaissent les membres de leur famille augmente les chances qu'elles puissent exercer des sanctions envers les jeunes hommes. M\u00eame lorsqu'elles ne sont pas agress\u00e9es ou qu'elles ne re\u00e7oivent pas de regards lubriques, les femmes continuent de percevoir cette rencontre et cette interaction en termes asym\u00e9triques, car dans leur exp\u00e9rience cognitive et \u00e0 travers les cha\u00eenes d'interaction, ces sujets sont capables de ne pas se conformer aux attentes et aux formes de la rencontre de voisinage.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, nous pouvons reconna\u00eetre que plusieurs femmes ont exprim\u00e9 que le soir, elles ne sortent g\u00e9n\u00e9ralement pas dans la rue et qu'elles ne devraient pas avoir besoin de sortir de toute fa\u00e7on. Pour certaines des personnes interrog\u00e9es, c'est parce qu'elles ont peur d'\u00eatre victimis\u00e9es ou harcel\u00e9es verbalement par des jeunes hommes. Mais pour d'autres, c'est en raison des codes d'honneur qui r\u00e9gissent les relations et qui sont en jeu dans ces \u00e9tablissements, en termes de diff\u00e9renciation de leur propre position dans le quartier par rapport aux autres voisins et familles. Le respect - mais pas seulement pour les femmes - est un \u00e9l\u00e9ment central dans de tels contextes et constitue en m\u00eame temps un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 de n\u00e9gociation dans l'interaction du code de la rue. De m\u00eame, de nombreuses m\u00e8res ont d\u00e9clar\u00e9 qu'apr\u00e8s l'arriv\u00e9e des enfants de l'\u00e9cole, elles devaient rester avec eux pour s'occuper des enfants. Pour cette raison, ils n'auraient rien \u00e0 faire dans les rues la nuit non plus, arguant de la restriction des heures auxquelles ils devraient cesser de se promener dans les quartiers et du retrait de leur domicile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">L'apr\u00e8s-midi, c'est difficile pour moi [de quitter la maison]... c'est le moment o\u00f9 mon mari rentre \u00e0 la maison... il rentre du travail \u00e0 six heures [du soir], et \u00e0 ce moment-l\u00e0 je suis d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l'int\u00e9rieur, je cuisine et... je fais des choses [...] Oui... je fais le m\u00e9nage ici, je m'occupe de ma fille, je m'occupe de ma m\u00e8re qui est tr\u00e8s malade (Wilma, 47 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">\u00c0 cet \u00e9gard, nous pouvons reconna\u00eetre que la maternit\u00e9 des femmes et les attentes et responsabilit\u00e9s sociales qui p\u00e8sent sur elles marquent \u00e9galement leur exp\u00e9rience de l'ins\u00e9curit\u00e9. Le poids du mandat maternaliste sur l'\u00e9ducation et les soins, ainsi que le sens des responsabilit\u00e9s, ont conduit nombre d'entre eux \u00e0 dire que leurs plus grandes inqui\u00e9tudes et craintes sont li\u00e9es aux menaces qui p\u00e8sent sur leur famille plut\u00f4t que sur eux-m\u00eames. Toutes les m\u00e8res c\u00e9libataires ont d\u00e9clar\u00e9 que lorsqu'il commence \u00e0 faire nuit, elles \u00e9vitent de se promener dans le quartier. Elles affirment que cela est principalement d\u00fb au fait que leurs enfants sont jeunes et qu'ils sont toujours avec elles, et que la crainte d'\u00eatre harcel\u00e9es lorsqu'elles sont avec leurs enfants leur fait dire qu'elles sont plus prudentes lorsqu'elles se d\u00e9placent avec eux que lorsqu'elles sont seules.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je ne fais pas grand-chose avec les enfants. Je fais des allers-retours avec les enfants, donc je ne... je ne sors pas beaucoup le soir. Le plus que je fais c'est apr\u00e8s huit heures [le soir] quand je reviens du club avec eux, c'est tout. Apr\u00e8s \u00e7a... je ne... je marche \u00e0 la h\u00e2te. Et assurez-vous qu'il y a toujours du monde. [...] surtout quand je viens avec eux (Karla, 34 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Karla ne se d\u00e9place dans le quartier que la nuit, lorsqu'elle revient de chercher ses enfants \u00e0 leurs activit\u00e9s sportives au club du quartier. Dans ce cas, la seule circonstance hebdomadaire o\u00f9 elle ne peut \u00e9viter de circuler la nuit et avec ses enfants, elle marche \u00e0 un rythme press\u00e9 et \u00e0 travers des lieux tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9s les quelques p\u00e2t\u00e9s de maisons qui s\u00e9parent son domicile du club. Ainsi, ce que l'on peut observer est le fait que, selon le contexte spatial mais aussi selon les personnes qui l'accompagnent, les strat\u00e9gies \u00e0 d\u00e9velopper varient.<\/p>\n\n\n\n<p>Marcher d'un pas press\u00e9, penser \u00e0 l'avenir, regarder attentivement et garder un \u0153il sur tous les mouvements des personnes qui circulent \u00e0 proximit\u00e9 fait partie de la vie quotidienne des personnes interrog\u00e9es. En d'autres termes, \" \u00eatre attentif \" \u00e0 ce qui se passe autour de soi, \u00eatre capable de \" d\u00e9tecter le comportement inappropri\u00e9 des autres \" (Soto, 2012 : 58) -toujours des hommes- est quelque chose de tr\u00e8s r\u00e9current dans les t\u00e9moignages et devient une autre strat\u00e9gie qui cherche \u00e0 fournir des certitudes dans les interactions dans les espaces publics. Le fait d'\u00eatre en alerte implique une charge cognitive et \u00e9motionnelle n\u00e9gative, qui entrave la jouissance ou l'appropriation de l'ext\u00e9rieur en fonction du contexte spatio-temporel. En termes de prox\u00e9mie, si pendant la journ\u00e9e, la concurrence et la proximit\u00e9 des autres sont \u00e9valu\u00e9es positivement en choisissant d'emprunter des rues fr\u00e9quent\u00e9es, pendant les heures d'obscurit\u00e9, cela devient une source de peur.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans tous les groupes d'\u00e2ge, le harc\u00e8lement li\u00e9 au harc\u00e8lement sexuel dans l'espace public n'est apparu explicitement que secondairement par rapport \u00e0 d'autres exp\u00e9riences \u00e9valu\u00e9es comme dangereuses, mais il est sous-jacent aux r\u00e9cits. Les exp\u00e9riences de harc\u00e8lement enregistr\u00e9es \u00e9taient li\u00e9es \u00e0 des commentaires et des regards obsc\u00e8nes. Face \u00e0 cela, les strat\u00e9gies \u00e9taient \u00e9vasives, choisissant de ne pas affronter les hommes qui les harcelaient afin de ne pas faire d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer le conflit en une nouvelle agression, impliquant un contact physique ou un harc\u00e8lement continu. Aucune des personnes interrog\u00e9es n'a d\u00e9clar\u00e9 avoir fait l'exp\u00e9rience d'une quelconque invasion du corps, mais cette possibilit\u00e9 est v\u00e9cue comme une menace latente. Ceci soutient la th\u00e8se de l'ombre et influence la pr\u00e9valence du passage plut\u00f4t que de l'habitation de l'espace public. Dans tous les cas, des id\u00e9es li\u00e9es au bon emplacement du corps f\u00e9minin, signifi\u00e9 et sexu\u00e9 par les autres, se glissent. Ils semblent tous savoir <em>quelle est sa place<\/em> Le fait que les relations sociales et les processus spatiaux se renforcent mutuellement (McDowell, 2000) rend difficile leur int\u00e9gration dans le monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes interrog\u00e9es ne limitent pas seulement leurs activit\u00e9s mais aussi, dans leur r\u00f4le de m\u00e8re, les activit\u00e9s de leurs enfants par crainte que quelque chose ne leur arrive. On le voit notamment dans les r\u00e9cits des deux femmes qui ont des enfants adolescents. Priscila a un fils de 14 ans et, en racontant les pr\u00e9cautions qu'elle a prises pour s'assurer qu'il n'\u00e9tait pas expos\u00e9 \u00e0 une \u00e9ventuelle victimisation dans la rue ou qu'il ne s'adonnait pas \u00e0 des activit\u00e9s qu'elle jugeait inappropri\u00e9es pour un gar\u00e7on de cet \u00e2ge, elle a soulign\u00e9 dans son r\u00e9cit qu'elle faisait confiance \u00e0 son fils, mais pas aux jeunes qui l'entouraient :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Ce que je ne voudrais pas, c'est qu'il arrive quelque chose \u00e0 mon enfant. Je ne pense pas que je saurais comment faire face ou comment agir si quelque chose arrivait \u00e0 mon enfant. <em>x<\/em>. Il va \u00e0 l'\u00e9cole avec moi, il va \u00e0 la trompette, je l'emm\u00e8ne et je vais le chercher... dans le but de prendre soin de son int\u00e9grit\u00e9 physique. Je lui fais confiance, je sais ce qu'il est, mais je ne fais pas confiance au reste. C'est ce qui arrive \u00e0 toute m\u00e8re. [Simule une conversation] \"\u00c7a ne me d\u00e9range pas de me lever \u00e0 n'importe quelle heure pour te chercher, tu es mon fils. Et si je ne m'occupe pas de toi, personne ne s'occupe de toi\". C'est comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Wilma, qui est m\u00e8re d'une fille de 12 ans, est \u00e9galement pr\u00e9occup\u00e9e par le fait d'\u00eatre seule dans la rue - de jour comme de nuit - et d'interagir avec des jeunes au coin des rues. Elle insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de parler \u00e0 plusieurs reprises des pr\u00e9cautions \u00e0 prendre sur la voie publique. Compte tenu de la socialisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, il est plus courant que les filles re\u00e7oivent d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge, dans leur famille, diff\u00e9rents conseils et impositions, selon lesquels elles doivent toujours faire attention et se comporter de mani\u00e8re appropri\u00e9e. Les conseils portent sur la vigilance \u00e0 l'\u00e9gard d'\u00e9ventuelles agressions sexuelles, mais aussi sur la mani\u00e8re de marcher, de s'habiller, de s'asseoir, d'\u00eatre f\u00e9minine et respect\u00e9e, ce qui les distingue et les \u00e9loigne simultan\u00e9ment des autres. Wilma a soutenu que :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je lui parle toujours de ces choses... de ne pas aller l\u00e0 o\u00f9 sont les enfants, de ne pas parler aux enfants... de ne pas aller dans des endroits sombres... Mais elle ne le fait pas... Elle ne sort pas ici la nuit. Non, parce que son p\u00e8re est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 et nous voulons la voir ici... Il veut la voir ici. Je lui ai achet\u00e9 le <em>tablette<\/em> et elle est l\u00e0 dans sa chambre, \u00e0 l'int\u00e9rieur. Non, elle ne sort pas. C'est l\u00e0 qu'elle a son ami [il d\u00e9signe une maison voisine]. Dans ce quartier, c'est l\u00e0 qu'elle va. Puis, avant que son p\u00e8re n'arrive, je l'appelle. Par ici, elle ne sort pas toute seule, hein ? (Wilma, 47 ans).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">A travers ces deux cas, nous voyons la tentative de garder les jeunes hors de \"la rue\". Les m\u00e8res qui se consid\u00e8rent comme \"d\u00e9centes\" affirment \u00e9galement \u00eatre strictes avec leurs enfants, essayant de leur faire int\u00e9grer le sens des responsabilit\u00e9s, du travail et les \"bons\" principes moraux. Ces strat\u00e9gies visant \u00e0 emp\u00eacher leurs enfants d'interagir avec des personnes qu'ils consid\u00e8rent comme ne leur ressemblant pas, parce qu'elles partagent des valeurs suppos\u00e9es diff\u00e9rentes, restreignent les exp\u00e9riences des plus jeunes sur la base d'imaginaires construits sur l'autre. Aussi, dans la perception de ces deux personnes interrog\u00e9es, le contr\u00f4le de leurs enfants permettra d'\u00e9viter les probl\u00e8mes dans les espaces publics et priv\u00e9s, coproduisant la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 travers ces pratiques restrictives (Agudo, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la suite de Skeggs (2019), d'un point de vue macro-structurel, les femmes de la classe ouvri\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es \u00e0 la fois comme le probl\u00e8me et la solution de l'ordre social. L'id\u00e9al domestique de la femme-m\u00e8re-soignante op\u00e9rant chez les deux interview\u00e9es est similaire, mais il est plus significatif car la seconde est en couple et la premi\u00e8re non. C'est-\u00e0-dire que, bien que Wilma ne soit pas le seul parent pr\u00e9sent, elle manifeste le m\u00eame poids et le m\u00eame sens du mandat de bonne parentalit\u00e9, m\u00eame lorsqu'elle est en couple et que l'autre interview\u00e9 ne l'est pas (Palomar Verea et Su\u00e1rez de Garay, 2007 ; Skeggs, 2019). L'internalisation de ce mandat, de l'imaginaire maternel et de la prise en charge de leurs enfants, ne se fait pas sans m\u00e9diation. Elle est renforc\u00e9e dans les interactions avec les connaissances et les \u00e9trangers et les sanctions qu'ils appliquent aux femmes m\u00e8res. Ces sanctions sont graduelles et peuvent \u00eatre plus ou moins symboliques, comme, par exemple, la diffusion de ragots dans les quartiers comme forme de discipline \u00e9tant donn\u00e9 les relations \u00e9troites.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9flexions finales<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article d\u00e9crit et analyse comment les strat\u00e9gies individuelles de s\u00e9curit\u00e9 sont d\u00e9finies et red\u00e9finies dans le cadre d'interactions en face \u00e0 face afin de faire face au probl\u00e8me de l'ins\u00e9curit\u00e9 citoyenne dans un groupe de femmes issues de secteurs populaires de la localit\u00e9 de Los Hornos. L'accent a \u00e9t\u00e9 mis sur le processus d'interaction lui-m\u00eame, en pr\u00eatant attention aux conversations et aux \u00e9changes afin de percevoir comment les strat\u00e9gies sont configur\u00e9es et modifi\u00e9es dans la n\u00e9gociation micro-sociale, et le sentiment lui-m\u00eame est l'une des contributions de cet article.<\/p>\n\n\n\n<p>La tentative de cartographier les conditions pr\u00e9caires dans lesquelles vivent les femmes et leurs familles et les vuln\u00e9rabilit\u00e9s qu'elles subissent a cherch\u00e9 \u00e0 d\u00e9passer la simple exposition de l'espace mat\u00e9riel pour le comprendre en termes d'espace de vie, qui, en \u00e9coutant la voix de ceux qui y vivent, acquiert une signification particuli\u00e8re. La place occup\u00e9e dans ce travail par l'analyse du contexte du quartier a permis de voir o\u00f9 s'inscrivent les strat\u00e9gies face \u00e0 l'ins\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La perception de l'ins\u00e9curit\u00e9 et du malaise qui se manifeste dans son propre quartier reste un constat, m\u00eame si le sentiment est assez r\u00e9pandu. La plupart des \u00e9tudes sur la peur du crime men\u00e9es au XXe si\u00e8cle ont montr\u00e9 que les environs du lieu de r\u00e9sidence et la r\u00e9sidence elle-m\u00eame \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des lieux s\u00fbrs, car les maisons \u00e9taient cens\u00e9es \u00eatre un refuge contre les dangers ext\u00e9rieurs. Des \u00e9l\u00e9ments tels que le fait de conna\u00eetre davantage de personnes, de savoir qui elles sont et o\u00f9 elles vivent pour un \u00e9ventuel appel \u00e0 l'aide, de conna\u00eetre les rues et les trottoirs, l'emplacement de l'\u00e9clairage, entre autres, continuent de jouer un r\u00f4le dans les \u00e9valuations, mais ne sont pas suffisants pour construire une perception de la s\u00e9curit\u00e9 dans leurs zones de r\u00e9sidence.<\/p>\n\n\n\n<p>Les strat\u00e9gies d'\u00e9vitement et d'autoprotection analys\u00e9es se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es pleines de cr\u00e9ativit\u00e9. Tous deux sont influenc\u00e9s par l'\u00e9valuation du contexte spatio-temporel et des mouvements corporels \u00e0 d\u00e9ployer, ce qui donne lieu \u00e0 l'action \u00e0 ex\u00e9cuter dans la rencontre en face \u00e0 face avec les autres. Et \u00e0 mesure qu'elles deviennent efficaces, dans le sens o\u00f9 elles permettent d'\u00e9viter les situations mena\u00e7antes, les strat\u00e9gies deviennent routini\u00e8res. La cr\u00e9ativit\u00e9 et la diversit\u00e9 des strat\u00e9gies peuvent \u00eatre clarifi\u00e9es dans la perspective propos\u00e9e, car en mettant l'accent sur les rencontres en face \u00e0 face et en r\u00e9cup\u00e9rant les outils conceptuels de l'interactionnisme symbolique, les n\u00e9gociations, les \u00e9valuations et les \u00e9changes prennent une place centrale dans l'explication. Les analyses structurelles ont apport\u00e9 de grandes contributions au sous-domaine des \u00e9tudes qui se r\u00e9f\u00e8rent aux exp\u00e9riences des femmes dans l'espace public travers\u00e9 par l'(in)s\u00e9curit\u00e9, mais elles ne nous permettent pas d'approcher des explications qui rendent compte de la mani\u00e8re dont op\u00e8re l'agence qui donne lieu \u00e0 la variabilit\u00e9 des pratiques des femmes dans la travers\u00e9e de l'espace public.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 comment les normes de respectabilit\u00e9, les directives et les imputations fa\u00e7onnent les strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 des voisines et les comportements et pratiques attendus qu'elles doivent maintenir en raison de leur position de femmes dans l'espace public. La r\u00e9partition des espaces par sexe, les places qui leur sont refus\u00e9es, les horaires restreints, les pr\u00e9cautions prises pour effectuer certains trajets et la limitation cons\u00e9quente de leur circulation d\u00e9gradent les possibilit\u00e9s de leur exp\u00e9rience de la vie urbaine et leur qualit\u00e9 de citoyennes dans la mesure o\u00f9 ils restreignent leurs droits et libert\u00e9s, et prolongent en m\u00eame temps le r\u00f4le de femme-m\u00e8re-gardienne dans l'espace public. Comme nous l'avons montr\u00e9, les d\u00e9placements et les usages de la rue \u00e9voqu\u00e9s par les femmes sont principalement fa\u00e7onn\u00e9s par les activit\u00e9s quotidiennes li\u00e9es au travail reproductif et non au travail productif, m\u00eame lorsqu'elles sont ouvri\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, la variabilit\u00e9 des strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 est marqu\u00e9e par les attentes, mais aussi par l'\u00e9valuation des rencontres en face \u00e0 face situ\u00e9es dans un espace-temps. La construction de l'autre sur la base de r\u00e9cits a montr\u00e9 comment les motifs sont trac\u00e9s et assign\u00e9s \u00e0 un \"nous\" et un \"eux\" construits vis-\u00e0-vis des autres habitants des colonies. Les relations sociales que les femmes entretiennent au quotidien avec certains membres du quartier sont marqu\u00e9es par des strat\u00e9gies de distance sociale et d'autod\u00e9fense, consid\u00e9rant qu'un \u00e9pisode violent, incivil ou mena\u00e7ant peut survenir \u00e0 tout moment. Par cons\u00e9quent, les attributions de sens \u00e9tablies sur ces autres manifestent et tracent non seulement une distance sociale mais aussi une distance spatiale dans l'\u00e9tablissement lui-m\u00eame. La fragmentation urbaine, dans sa dimension spatiale et sociale, s'incarne dans le quotidien de ces femmes \u00e0 travers les logiques d'exclusion d\u00e9crites pr\u00e9c\u00e9demment, telles que les difficult\u00e9s infrastructurelles ou les difficult\u00e9s de mobilit\u00e9 et d'immobilit\u00e9. On a \u00e9galement observ\u00e9 comment le sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 est produit de mani\u00e8re particuli\u00e8re dans un environnement de d\u00e9t\u00e9rioration de la sph\u00e8re publique, en tournant notre regard vers la pr\u00e9sence de l'\u00c9tat en tant que producteur d'espaces de coexistence et d'habitabilit\u00e9. Cet aspect est \u00e9galement li\u00e9 au genre, car les attentes en mati\u00e8re d'interactions non mena\u00e7antes dans l'espace public sont tr\u00e8s faibles pour les femmes, ce qui exacerbe la dynamique d'expulsion de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme nous l'avons mentionn\u00e9, aucune des personnes interrog\u00e9es n'a mentionn\u00e9 explicitement la peur du viol et de l'agression sexuelle physique, mais il s'est av\u00e9r\u00e9 que, pour le cas analys\u00e9, elle fonctionne \u00e9galement comme une \"ombre\", influen\u00e7ant d'autres peurs de victimisation. Outre les t\u00e9moignages pr\u00e9sent\u00e9s, cela peut \u00eatre \u00e9tay\u00e9 par le fait que l'autre peur r\u00e9currente est toujours un corps jeune et masculin. Dans les rares cas o\u00f9 la peur des femmes a \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9e, il y avait toujours une connaissance pr\u00e9alable et un conflit interpersonnel entre la personne interrog\u00e9e et l'autre. Dans les deux cas, la probabilit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e de risque \u00e9valu\u00e9 \u00e9tait \u00e9vidente dans les crimes ou hostilit\u00e9s qui impliquaient un contact face \u00e0 face et la proximit\u00e9 de corps, c'est-\u00e0-dire la possibilit\u00e9 de recevoir une sorte d'agression physique.<\/p>\n\n\n\n<p>D'une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, on peut affirmer que les diff\u00e9rentes strat\u00e9gies contribuent \u00e0 donner \u00e0 ces femmes un sentiment de s\u00e9curit\u00e9. Ils donnent \u00e9galement une certaine certitude \u00e0 leurs exp\u00e9riences de vie quotidienne, marqu\u00e9es par un contexte de pr\u00e9carit\u00e9, de pauvret\u00e9 et de manque de protection de et contre l'\u00c9tat. La r\u00e9cup\u00e9ration de la dimension subjective de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 sociale est une autre des contributions apport\u00e9es, \u00e9tant donn\u00e9 la plus grande importance du travail acad\u00e9mique, au structurel ou objectif, \u00e0 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 sociale dans son double processus.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, compte tenu de leur \u00e9valuation du pr\u00e9sent et de la perception que l'\u00c9tat n'apportera ni s\u00e9curit\u00e9 ni certitude, nous consid\u00e9rons que les strat\u00e9gies d'autoprotection se multiplient afin d'\u00e9viter les situations mena\u00e7antes ou de les anticiper afin de minimiser les cons\u00e9quences possibles. Enfin, plonger dans la dimension de l'agence des femmes et de leurs pratiques dans la ville nous permet de probl\u00e9matiser les postulats qui soutiennent que l'espace public est interdit aux femmes, ainsi que la possibilit\u00e9 de penser qu'elles ne sont pas de simples reproductrices des structures et mandats sociaux. Cela contribue sans aucun doute \u00e0 probl\u00e9matiser et \u00e0 comprendre les exp\u00e9riences des citadins dans toute leur complexit\u00e9 et, partant, \u00e0 \u00e9laborer des politiques publiques visant \u00e0 d\u00e9mocratiser l'acc\u00e8s et la jouissance de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, dans un prochain projet de recherche, nous esp\u00e9rons travailler sur les strat\u00e9gies et la spatialit\u00e9 et la mani\u00e8re dont elles sont construites en fonction des r\u00f4les de genre. Il sera pertinent, \u00e0 titre de contribution, de r\u00e9aliser une analyse comparative qui aborde la construction du sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 et le d\u00e9veloppement de strat\u00e9gies chez les hommes, les femmes et les enfants. <span class=\"small-caps\">lgbttti+<\/span> et une plus grande diversit\u00e9 de femmes ayant des trajectoires de vie diff\u00e9rentes et que ce n'est pas n\u00e9cessairement leur statut social qui les rassemble.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Agudo, Alejandro (2016). \u201cEncuentros ciudadanos con la polic\u00eda y coproducci\u00f3n de seguridad entre el Estado y la familia\u201d, en Mar\u00eda E. Su\u00e1rez de Garay y Nelson Arteaga Botello (ed.), <em>Violencia, inseguridad y sociedad en M\u00e9xico<\/em>. 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Nueva York: The Free Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Werner, Oswald y Mark Schoepfle (1987). <em>Systematic Fieldwork. Foundations of Ethnography and Interviewing<\/em>, vol. 1. California: <span class=\"small-caps\">sage<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Whyte, William (2015). <em>La sociedad de la esquina<\/em>. Madrid: <span class=\"small-caps\">cis<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Annexe<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/bertoni-estrategias_seguridad_sectores_populares_mujeres_la_plata_argentina-tabla-01.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1401x813\" data-index=\"0\" data-caption=\"Tabla 1. Perfiles de las mujeres entrevistadas. Fuente: elaboraci\u00f3n propia a partir de la informaci\u00f3n brindada por las entrevistadas.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/bertoni-estrategias_seguridad_sectores_populares_mujeres_la_plata_argentina-tabla-01.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Tableau 1. Profils des femmes interrog\u00e9es. Source : \u00e9laboration propre bas\u00e9e sur les informations fournies par les personnes interrog\u00e9es.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Gimena Bertoni <\/em>est un candidat au doctorat en sciences sociales \u00e0 l'Institut de recherche de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">flacso<\/span>-La branche mexicaine. Ma\u00eetrise en sciences sociales de l <span class=\"small-caps\">flacso<\/span>-Elle est titulaire d'un dipl\u00f4me en sociologie de l'Universit\u00e9 nationale de La Plata, en Argentine. Elle est membre de l'Association argentine pour la recherche en histoire des femmes et les \u00e9tudes de genre (Asociaci\u00f3n Argentina para la Investigaci\u00f3n en Historia de las Mujeres y Estudios de G\u00e9nero (<span class=\"small-caps\">aaihmeg<\/span>). Elle est membre du groupe d'\u00e9tude sur la violence, la justice et les droits de l'homme du Centre d'\u00e9tudes sociales et politiques de l'Universit\u00e9 nationale de Mar del Plata, en Argentine, et participe au projet \"Forces de s\u00e9curit\u00e9, vuln\u00e9rabilit\u00e9 et violence dans le contexte de la pand\u00e9mie de VIH\/sida\". <span class=\"small-caps\">covid<\/span>-19\" de l'Agence nationale pour la promotion de la recherche, du d\u00e9veloppement technologique et de l'innovation d'Argentine.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L'objectif de cet article est d'analyser les strat\u00e9gies de s\u00e9curit\u00e9 des femmes des secteurs populaires de La Plata, en Argentine. L'hypoth\u00e8se directrice est que l'innovation et la routinisation des strat\u00e9gies, comprises comme des rituels de la vie quotidienne qui permettent d'aller de l'avant et de projeter une dimension du futur, sont fondamentales pour l'autonomie des femmes. L'analyse se fonde sur les informations recueillies par le biais d'observations et d'entretiens semi-structur\u00e9s avec des femmes de deux \u00e9tablissements p\u00e9riph\u00e9riques de la municipalit\u00e9 de La Plata. Les r\u00e9sultats montrent que les strat\u00e9gies parviennent \u00e0 doter la vie quotidienne d'une certaine certitude et d'une colonisation de l'avenir, mais qu'elles d\u00e9ploient surtout des pratiques d'\u00e9vitement et d'auto-restriction dans l'utilisation de l'espace urbain. De plus, ces strat\u00e9gies sont m\u00e9diatis\u00e9es par des exp\u00e9riences ant\u00e9rieures s\u00e9diment\u00e9es, tant les leurs que celles des autres.<\/p>","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[279],"tags":[710,964,962,963,961],"coauthors":[704],"class_list":["post-36067","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-279","tag-incertidumbre","tag-la-plata","tag-miedo-al-delito","tag-practicas-securitarias","tag-sentimiento-de-inseguridad","personas-bertoni-gimena","numeros-949"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Estrategias securitarias de mujeres en la periferia platense &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Este art\u00edculo se propone como objetivo analizar las estrategias securitarias de mujeres de sectores populares de La Plata, Argentina.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/bertoni-estrategias-securitarias-sectores-populares-mujeres-argentina\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Estrategias securitarias de mujeres en la periferia platense &#8211; 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