{"id":36030,"date":"2022-09-21T06:15:11","date_gmt":"2022-09-21T06:15:11","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=36030"},"modified":"2023-11-17T17:46:31","modified_gmt":"2023-11-17T23:46:31","slug":"umana-transitar-ciudad-mujeres-jovenes-mexico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/umana-transitar-ciudad-mujeres-jovenes-mexico\/","title":{"rendered":"Habiter et se d\u00e9placer dans la ville de Mexico : repr\u00e9sentations sociales de jeunes femmes universitaires"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article pr\u00e9sente les r\u00e9sultats d'une recherche qualitative men\u00e9e en 2016 et 2017 aupr\u00e8s de 73 jeunes femmes de la classe moyenne de trois universit\u00e9s publiques de Mexico. L'objectif de l'\u00e9tude \u00e9tait de conna\u00eetre leurs pratiques et leurs repr\u00e9sentations sociales dans leur exp\u00e9rience de vie dans la ville et de passage dans ses espaces publics interconnect\u00e9s. \u00c0 cette fin, le point de d\u00e9part a \u00e9t\u00e9 la question de la repr\u00e9sentation de deux des espaces physiques d'interconnexion publique qu'ils utilisent : les rues par lesquelles ils se rendent \u00e0 leurs universit\u00e9s et les transports publics. Mais aussi les lieux publics qu'ils fr\u00e9quentent : l'universit\u00e9, les mus\u00e9es et les parcs. Quelle est leur exp\u00e9rience spatiale du d\u00e9placement dans la ville ? Les r\u00e9sultats montrent les conditions d'ins\u00e9curit\u00e9 et de violence auxquelles ces femmes sont confront\u00e9es dans leur vie quotidienne et la repr\u00e9sentation qu'elles se font d'une ville qui les traque et les n\u00e9glige, la ville qui naturalise le harc\u00e8lement, la ville qui est in\u00e9galitaire pour les femmes en fonction de leurs mani\u00e8res de se d\u00e9placer et de repr\u00e9senter ces espaces.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/habitar\/\" rel=\"tag\">habiter<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/movilidad\/\" rel=\"tag\">mobilit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/mujeres\/\" rel=\"tag\">femmes<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/representaciones-sociales\/\" rel=\"tag\">repr\u00e9sentations sociales<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"en-title wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">vivre et circuler dans la ville de me me mexico : repr\u00e9sentations sociales d'\u00e9tudiantes d'universit\u00e9<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Cet article pr\u00e9sente les r\u00e9sultats d'une enqu\u00eate qualitative men\u00e9e en 2016 et 2017 aupr\u00e8s de 72 jeunes femmes de classe moyenne issues de trois universit\u00e9s publiques de Mexico. L'objectif de l'\u00e9tude \u00e9tait de conna\u00eetre leurs pratiques et leurs repr\u00e9sentations sociales dans leur exp\u00e9rience de vie et de circulation dans les espaces publics d'interconnexion de la ville. Pour cela, le point de d\u00e9part est la question de la repr\u00e9sentation de deux des espaces physiques d'interconnexion publique qu'ils utilisent : les rues qu'ils empruntent pour se rendre \u00e0 leurs universit\u00e9s et les transports publics. Mais aussi, les espaces publics qu'ils fr\u00e9quentent : Universit\u00e9s, mus\u00e9es et parcs. Quelle est leur exp\u00e9rience spatiale lorsqu'ils se d\u00e9placent dans la ville ? Les r\u00e9sultats montrent les conditions d'ins\u00e9curit\u00e9 et de violence auxquelles ces femmes sont confront\u00e9es dans leur vie quotidienne et leurs repr\u00e9sentations d'une ville qui les traque et les n\u00e9glige, d'une ville qui naturalise le harc\u00e8lement, d'une ville qui est in\u00e9gale pour les femmes en ce qui concerne leurs modes de d\u00e9placement dans ces espaces et leur repr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : repr\u00e9sentations sociales, mobilit\u00e9, femmes, habiter.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">\u00catre un homme ou une femme marque des diff\u00e9rences fondamentales dans la vie urbaine. Les mani\u00e8res d'habiter les villes sont diff\u00e9rentes en fonction de la construction du genre. Rita Segato (2003) d\u00e9finit le genre comme une \"structure abstraite de relations\" qui incarne des positions asym\u00e9triques et des relations de pouvoir. Selon l'auteur, cet ordre universel nous est impos\u00e9 par le genre et, en tant que tel, fait partie de l'espace urbain dans lequel nous vivons. Linda McDowell (1999) sugg\u00e8re que pour comprendre la cat\u00e9gorie du genre, il est essentiel de d\u00e9passer les dichotomies entre les conceptions du public et du priv\u00e9, de la ville et de la maison, de la politique et de la vie priv\u00e9e, dans lesquelles les hommes sont li\u00e9s au premier et les femmes au second, car en r\u00e9alit\u00e9 les femmes se trouvent des deux c\u00f4t\u00e9s, n\u00e9gociant et modifiant leur pr\u00e9sence dans les deux. Les diff\u00e9rentes mani\u00e8res dont les femmes et les hommes d\u00e9finissent les attributs accept\u00e9s de la f\u00e9minit\u00e9 et de la masculinit\u00e9 sont d\u00e9finies \u00e0 travers le temps et l'espace. Le genre doit donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un ensemble de relations sociales mat\u00e9rielles et comme une signification symbolique. Les mani\u00e8res de penser et de repr\u00e9senter le lieu et le genre sont interconnect\u00e9es et se constituent mutuellement.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette recherche, le genre est une variable indispensable lorsqu'on parle d'habiter les espaces publics, en particulier les espaces publics interconnect\u00e9s, car il r\u00e9v\u00e8le un ensemble de relations de pouvoir, de hi\u00e9rarchies, d'actions autoris\u00e9es et d'in\u00e9galit\u00e9s au sein de la vie urbaine. Les lieux d'origine et de d\u00e9placement sont donc essentiels pour comprendre les mani\u00e8res de d\u00e9crire et de repr\u00e9senter la ville \u00e0 partir de l'exp\u00e9rience de vie des femmes. Lind\u00f3n (2020), Soto Villagr\u00e1n (2016) et Jir\u00f3n et Zunino Singh (2017) ont \u00e9tudi\u00e9 la mobilit\u00e9 du point de vue du sujet-femme en mouvement. Ces auteurs mettent en \u00e9vidence la nature in\u00e9gale de la mobilit\u00e9 \u00e0 partir de la construction du genre et du risque comme une constante. Ana Fal\u00fa (2009 ; 2011) soul\u00e8ve la violence, l'ins\u00e9curit\u00e9 et la discrimination subies par les femmes dans les villes et particuli\u00e8rement dans les espaces publics.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une perspective de genre, la mobilit\u00e9 doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e non seulement comme une pratique sociale mais aussi comme une relation sociale qui acquiert des dimensions politiques qui expriment et reproduisent les relations de pouvoir (Cresswell, 2010). Aujourd'hui, il est presque incontestable que les exp\u00e9riences des femmes en mati\u00e8re d'espaces de mobilit\u00e9 sont v\u00e9cues et repr\u00e9sent\u00e9es comme diff\u00e9rentes de celles des hommes. Cette \u00e9tude de cas examine les espaces de mobilit\u00e9 et les espaces publics de destination (parcs, mus\u00e9es, universit\u00e9, Z\u00f3calo et autres) dans le cadre des d\u00e9placements de femmes universitaires de classe moyenne inf\u00e9rieure. Autrement dit, o\u00f9 se d\u00e9placent-ils, comment le d\u00e9crivent-ils, comment se repr\u00e9sentent-ils les espaces publics physiques d'interconnexion qu'ils utilisent : les rues par lesquelles ils se rendent \u00e0 leurs universit\u00e9s et les transports publics ? Mais aussi les lieux publics qu'ils fr\u00e9quentent : l'universit\u00e9, les mus\u00e9es et les parcs. Quelle est leur exp\u00e9rience spatiale du d\u00e9placement dans la ville ?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re \u00e9tape de cette recherche, un questionnaire qualitatif semi-structur\u00e9 a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 pour explorer les repr\u00e9sentations sociales de l'exp\u00e9rience de la vie \u00e0 Mexico de 73 jeunes femmes universitaires qui font la navette entre la ville et cinq zones de la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine (\u00c9tat de Mexico, Iztapalapa, Xochimilco, Azcapotzalco et Coyoac\u00e1n). La recherche qualitative \"ne vise pas \u00e0 \u00e9tablir des fr\u00e9quences, des moyennes ou d'autres param\u00e8tres, mais \u00e0 d\u00e9terminer la diversit\u00e9 d'un sujet d'int\u00e9r\u00eat au sein d'une population donn\u00e9e\". (Alcaraz <em>et al.<\/em>, 2006 : 43). Dans cette \u00e9tude de cas, il \u00e9tait important d'\u00e9tablir, \u00e0 travers un \u00e9chantillon qualitatif sans repr\u00e9sentation statistique, les diff\u00e9rentes exp\u00e9riences de la ville des femmes universitaires qui se d\u00e9placent en transports publics.<\/p>\n\n\n\n<p>Les principaux points de destination sont ses universit\u00e9s : l'Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique (UNAM) (<span class=\"small-caps\">unam<\/span>) en <span class=\"small-caps\">cu<\/span>l'Universidad Aut\u00f3noma Metropolitana, campus d'Iztapalapa (<span class=\"small-caps\">uam-i<\/span>) et l'Universit\u00e9 autonome de Mexico (<span class=\"small-caps\">uacm<\/span>), campus Casa Libertad. Cet instrument visait \u00e0 relater les exp\u00e9riences quotidiennes des jeunes femmes dans leurs espaces de mobilit\u00e9, comme la rue. La question principale \u00e9tait de savoir s'ils vivent la ville de mani\u00e8re diff\u00e9rente et s'ils la per\u00e7oivent ou non.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un deuxi\u00e8me temps, un groupe de discussion a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 avec 10 \u00e9tudiantes des m\u00eames universit\u00e9s. Des questions ouvertes ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es et des cartes du r\u00e9seau de m\u00e9tro et de la ville ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es comme ressources g\u00e9or\u00e9f\u00e9rentielles afin d'identifier leurs repr\u00e9sentations sociales des lieux qu'ils traversent en utilisant la technique de l'association libre de mots. Il ne fait aucun doute que les matrices culturelles qui d\u00e9finissent le mode de vie de ces femmes (\u00e2ge, statut \u00e9conomique, scolarit\u00e9, groupe ethnique, lieu d'origine, etc.) ont un impact sur cette exp\u00e9rience. Ce n'est pas la m\u00eame chose d'\u00eatre une femme pauvre \u00e0 Mexico que d'\u00eatre une jeune femme universitaire issue de la classe moyenne inf\u00e9rieure. Il existe des facteurs qui renforcent ou r\u00e9duisent les processus d'exclusion, de pr\u00e9carit\u00e9 et de vuln\u00e9rabilit\u00e9 des femmes dans leur environnement urbain.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Habiter des espaces publics interconnect\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Habiter est plus que r\u00e9sider et occuper un espace, cela implique de s'enraciner, de g\u00e9n\u00e9rer des parcours et des liens quotidiens avec des territoires auxquels nous nous identifions ou dont nous nous \u00e9loignons. \u00c1ngela Giglia la d\u00e9finit comme \"un ensemble de pratiques et de repr\u00e9sentations qui permettent au sujet de se situer dans un ordre spatio-temporel, tout en le reconnaissant et en l'\u00e9tablissant. Il s'agit de reconna\u00eetre un ordre, de s'y situer et d'\u00e9tablir son propre ordre. C'est le processus par lequel le sujet se place au centre des coordonn\u00e9es spatio-temporelles \u00e0 travers sa perception et sa relation avec le milieu environnant \" (Giglia, 2012 : 13). Pour Pallasmaa, \" l'acte d'habiter est le moyen fondamental par lequel on se rapporte au monde \", et dans cet acte nous nous situons dans le temps et l'espace, et donc habiter implique \u00e0 la fois un \u00e9v\u00e9nement et une qualit\u00e9 mentale et exp\u00e9rientielle (Pallasmaa, 2016 : 7-8).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, habiter signifie \u00e9galement l'exp\u00e9rience de la vie quotidienne dans les territoires et les significations qui sont construites autour d'eux. Les structures physiques ne peuvent \u00eatre s\u00e9par\u00e9es de notre exp\u00e9rience quotidienne de la ville et de nos mani\u00e8res d'\u00eatre, de raconter et de repr\u00e9senter les espaces. La ville est \u00e9galement d\u00e9finie par ce que nous vivons et signifions. La ville, dit Sennett, est \" une sorte d'exp\u00e9rience \", une sorte de conscience collective (Sennett, 2019). Ces exp\u00e9riences spatiales, telles que d\u00e9finies par John Entrikin (1991), r\u00e9v\u00e8lent les qualit\u00e9s existentielles de notre exp\u00e9rience du lieu en tant qu'objet naturel dans le monde. En tant que citadins, nous construisons des significations sur la maison, l'\u00e9cole, la place, mais aussi sur les rues, le m\u00e9tro, les parcs. \" En comprenant que la ville est compos\u00e9e de b\u00e2timents et de l'espace entre eux, nous reconnaissons que les routes le long desquelles les citoyens se d\u00e9placent font partie de ce que nous appelons l'espace public \" (D\u00edaz-Osorio, 2016 : 128), car elles sont aussi le lieu o\u00f9 une partie de la vie urbaine et des relations sociales sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la mobilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e9n\u00e9ralement, les espaces dans les villes o\u00f9 les femmes peuvent \u00eatre et \u00eatre (habiter) ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s. Les exp\u00e9riences spatiales des femmes ont chang\u00e9, car elles ont occup\u00e9 les espaces publics, sont entr\u00e9es sur le march\u00e9 du travail et sont descendues dans la rue. Bellet Sanfeliu d\u00e9finit l'espace public en fonction de sa multifonctionnalit\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il peut \u00eatre d\u00e9fini de multiples fa\u00e7ons, selon le regard que l'on porte sur ses formes (espace libre, espace ouvert, espaces de transition), sa nature (r\u00e9gime de propri\u00e9t\u00e9, type de gestion), les usages et fonctions qui s'y d\u00e9roulent (espace du collectif, commun, partag\u00e9), ou le type de relations qui s'y \u00e9tablissent (espace de pr\u00e9sentation et de repr\u00e9sentation, de d\u00e9mocratie, de contestation, de f\u00eate, etc.) Des espaces aux dimensions tr\u00e8s diverses mais presque tous li\u00e9s \u00e0 un aspect : le lieu d'expression et de repr\u00e9sentation sociale, civile et collective, l'espace d\u00e9mocratique par excellence, l'espace commun (Bellet Sanfeliu, 2009 : 1).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans le cadre de la complexit\u00e9 et de la diversit\u00e9 de la d\u00e9finition des espaces publics, ce document se concentre sur les espaces libres et ouverts qui peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des espaces de transit, d'interconnexion et de mobilit\u00e9 dans la ville de Mexico, tels que les rues par lesquelles ces femmes se d\u00e9placent et les transports publics :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Parmi les cat\u00e9gories d'espaces publics, les rues et les trottoirs sont les espaces directement li\u00e9s \u00e0 l'activit\u00e9 de d\u00e9placement. De m\u00eame, les places, les parcs et leurs variations sont les points d'intersection entre plusieurs routes ou chemins qui permettent, dans le cadre de ce d\u00e9placement, de g\u00e9n\u00e9rer des intervalles agr\u00e9ables, en comprenant la mobilit\u00e9 urbaine comme un processus de mouvement et de pauses qui nous permettent de profiter de l'\u00e9change de lieux et de promouvoir un sentiment d'appartenance \u00e0 la ville (D\u00edaz-Osorio, 2016 : 129).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">\u00c0 partir de ces espaces, les femmes peuvent \u00e9galement \u00e9tablir non seulement des actions de transit ou de permanence, mais aussi signifier d'autres exp\u00e9riences de la vie urbaine fond\u00e9es sur l'in\u00e9galit\u00e9. En ce sens, \" la mobilit\u00e9 n'est pas seulement un reflet des structures sociales, c'est-\u00e0-dire qu'elle ne fait que les reproduire, mais elle est productrice de ces diff\u00e9rences \" (Jir\u00f3n et Zunino Singh, 2017 : 1). La mobilit\u00e9 est absolument centrale pour comprendre la vie urbaine \u00e0 partir des exp\u00e9riences quotidiennes, car elle implique \"la capacit\u00e9 de n\u00e9gocier l'espace et le temps pour r\u00e9aliser des pratiques et entretenir des relations que les gens jugent n\u00e9cessaires \u00e0 une participation sociale normale\" (Cass, Shove et Urry, 2005 : 543).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">Repr\u00e9sentations sociales des espaces publics interconnect\u00e9s<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les espaces publics acqui\u00e8rent des repr\u00e9sentations quotidiennes bas\u00e9es sur les pratiques qui s'y d\u00e9roulent et les mani\u00e8res de les traverser, et jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans la consolidation des mani\u00e8res dont les femmes les habitent. Ce travail reprend la th\u00e9orie des repr\u00e9sentations sociales pour reconna\u00eetre le champ symbolique comme un \u00e9l\u00e9ment structurant de la vie et de la mobilit\u00e9 des femmes. La mani\u00e8re dont ils exp\u00e9rimentent les rues, les parcs et les transports publics de la ville passe par un processus de construction symbolique qui structure les mani\u00e8res individuelles d'\u00eatre et d'\u00eatre, mais qui sont v\u00e9cues et l\u00e9gitim\u00e9es collectivement : \" Il s'agit donc d'un syst\u00e8me compos\u00e9 d'espaces d'usage public, avec des qualit\u00e9s physiques diff\u00e9rentes et des fonctions sp\u00e9cifiques associ\u00e9es \u00e0 la repr\u00e9sentation symbolique, aux loisirs et m\u00eame \u00e0 la mobilit\u00e9 \" (D\u00edaz-Osorio, 2016 : 130).<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">Les espaces et leurs limites se construisent au quotidien. \"L'espace constitue un lieu en tant qu'ensemble toponymique et topographique qui est dot\u00e9 de sens par les \u00eatres humains, et en m\u00eame temps leur donne du sens, car dans la vie quotidienne, il est le cadre de pratiques sociales aux significations multiples. Ici, l'id\u00e9e de limite est incorpor\u00e9e comme une mani\u00e8re de diviser les d\u00e9placements et les sph\u00e8res \" (Uribe Fern\u00e1ndez, 2014 : 102). Le bon sens indique o\u00f9 circuler, quelles actions sont autoris\u00e9es et quelles pratiques sociales sont accept\u00e9es pour les femmes dans certains espaces. Par cons\u00e9quent, ces lieux ont des repr\u00e9sentations sociales en tant qu'espaces marqu\u00e9s par leurs habitants. Selon Henri Lefebvre (1991 : 38), les repr\u00e9sentations de l'espace sont li\u00e9es aux relations de production et \u00e0 l'\"ordre\" que ces relations imposent, et donc aux connaissances, aux signes, aux codes et aux relations \"frontales\". Non loin de cette approche, le concept de repr\u00e9sentations sociales de Moscovici les d\u00e9finit comme \"une modalit\u00e9 particuli\u00e8re de connaissance dont la fonction est l'\u00e9laboration de comportements et la communication entre individus\". La repr\u00e9sentation est un <em>corpus<\/em> organis\u00e9 de connaissances et l'une des activit\u00e9s psychiques par lesquelles les gens rendent intelligible la r\u00e9alit\u00e9 physique et sociale, s'int\u00e8grent dans un groupe ou dans une relation quotidienne d'\u00e9changes, et lib\u00e8rent les pouvoirs de leur imagination \" (Moscovici, 1979 : 17-18).<\/p>\n\n\n\n<p>Lefebvre et Moscovici s'accordent \u00e0 dire que les repr\u00e9sentations impliquent un ensemble de connaissances et de savoirs sur la r\u00e9alit\u00e9 imm\u00e9diate et les relations avec cet espace. Ces connaissances font partie des connaissances de sens commun, en tant que connaissances pratiques qui nous permettent d'expliquer une situation et d'agir de mani\u00e8re concr\u00e8te (Pi\u00f1a et Cuevas Cajiga, 2004 : 105). Certaines de ces repr\u00e9sentations sont plus fortes et font l'objet d'un consensus plus large. Elles sont d\u00e9finies comme h\u00e9g\u00e9moniques, c'est-\u00e0-dire comme des repr\u00e9sentations reconnues qui sont rarement remises en question et qui ont une grande capacit\u00e9 \u00e0 persister pendant une longue p\u00e9riode. Il ne s'agit pas de dire que les repr\u00e9sentations sont universelles ou homog\u00e8nes, mais qu'elles b\u00e9n\u00e9ficient d'une reconnaissance et d'une l\u00e9gitimit\u00e9 pour certains groupes, dans certains espaces et contextes historiques particuliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Le genre implique un ensemble de repr\u00e9sentations sociales lors des d\u00e9placements dans la ville. Cette \u00e9tude a explor\u00e9 les repr\u00e9sentations sociales des espaces publics d'interconnexion et de destination parmi les jeunes \u00e9tudiantes universitaires de Mexico et de l'\u00c9tat de Mexico. Leurs lieux d'origine sont : 36 d'Iztapalapa, 12 de Xochimilco, sept de Tlalpan, cinq d'Iztacalco, quatre d'Azcapotzalco, trois de Coyoac\u00e1n et deux de Benito Ju\u00e1rez, et quatre d'entre eux vivent dans les agglom\u00e9rations de l'\u00c9tat de Mexico. Les trois universit\u00e9s sont situ\u00e9es au sud et \u00e0 l'est de la capitale mexicaine, dans les d\u00e9l\u00e9gations de Coyoac\u00e1n et Iztapalapa (voir figure 1). Ces femmes pr\u00e9sentent les caract\u00e9ristiques suivantes : grande mobilit\u00e9 en ville et dans les transports publics, elles utilisent toutes les transports publics au moins cinq fois par semaine, voire tous les jours, et elles ont toutes un trajet d'au moins une heure pour se rendre \u00e0 leur universit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L'\u00e9chantillon \u00e9tait qualitatif et la m\u00e9thode de d\u00e9termination \u00e9tait la suivante :<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/umana-transitar_ciudad_representacion_mujeres_jovenes_mexico-tabla-01.png\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"887x985\" data-index=\"0\" data-caption=\"Tabla 1. Propuesta metodol\u00f3gica. Fuente: Elaboraci\u00f3n propia.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/umana-transitar_ciudad_representacion_mujeres_jovenes_mexico-tabla-01.png\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Tableau 1. Proposition m\u00e9thodologique. Source : \u00c9laboration propre.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le questionnaire commen\u00e7ait par des questions sur leur vie quotidienne \u00e0 Mexico, leurs d\u00e9placements dans les transports publics, dans l'environnement universitaire et dans les parcs, avenues et rues qu'ils parcourent, se poursuivait par des questions sur ce qu'ils ressentent dans ces environnements et sur les situations qui les font se sentir vuln\u00e9rables et avoir peur, et se terminait par les repr\u00e9sentations de ces espaces dans leurs routines. Leurs repr\u00e9sentations commencent \u00e0 \u00e9merger des r\u00e9ponses aux questions sur ce qu'ils ressentent et comment ils d\u00e9crivent leurs routines. Ce constat n'est pas inhabituel, car les repr\u00e9sentations sont aussi des exp\u00e9riences v\u00e9cues et int\u00e8grent des \u00e9l\u00e9ments affectifs et \u00e9motionnels. Ils convergent dans l'explication particuli\u00e8re du monde et expriment la logique et la coh\u00e9rence d'un syst\u00e8me mondial particulier. Elle donne de la coh\u00e9rence au \" je \" dans l'interaction et \u00e0 la subjectivit\u00e9 et l'intersubjectivit\u00e9 dans le mouvement (Flores Palacios, 2015).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/umana-transitar_ciudad_representacion_mujeres_jovenes_mexico-mapa-01.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"990x690\" data-index=\"0\" data-caption=\"Figura 1. Las estrellas marcan las ubicaciones de sus universidades (,  y ) y los puntos desde los que se desplazan cotidianamente. Fuente: Elaboraci\u00f3n propia con datos de los cuestionarios.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num10-multimedia\/umana-transitar_ciudad_representacion_mujeres_jovenes_mexico-mapa-01.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Figure 1 : Les \u00e9toiles indiquent l'emplacement de vos universit\u00e9s (<span class=\"small-caps\">unam<\/span>, <span class=\"small-caps\">uam-i<\/span> et <span class=\"small-caps\">uacm<\/span>) et les points \u00e0 partir desquels ils se d\u00e9placent quotidiennement. Source : \u00c9laboration propre avec les donn\u00e9es des questionnaires.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les mani\u00e8res dont ces jeunes femmes universitaires vivent leurs parcours dans la ville sont marqu\u00e9es par les espaces dans lesquels elles vivent, les territoires qu'elles fr\u00e9quentent et les mani\u00e8res dont elles s'y rapportent. Sans aucun doute, dans le cas de ces femmes, ces lieux peuvent g\u00e9n\u00e9rer une plus grande vuln\u00e9rabilit\u00e9 et une dynamique de violence et de harc\u00e8lement. Pour l'\u00e9tude, il \u00e9tait important de s'interroger sur leurs pratiques quotidiennes, leurs strat\u00e9gies lorsqu'ils se d\u00e9placent dans la ville, les explications qu'ils donnent sur les causes de ces vuln\u00e9rabilit\u00e9s, la mani\u00e8re dont ils se per\u00e7oivent et dont ils per\u00e7oivent les espaces qu'ils habitent. Pour Moscovici (1979), les repr\u00e9sentations sociales sont historiques, dynamiques et socioculturelles. L'exp\u00e9rience v\u00e9cue des transports publics et la fa\u00e7on dont ils les d\u00e9crivent expriment des repr\u00e9sentations issues de structures de sens commun qui leur permettent de les d\u00e9finir comme habituelles et \u00e0 pr\u00e9voir.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">A. Transports publics : la quotidiennet\u00e9 et l'in\u00e9vitabilit\u00e9 du harc\u00e8lement<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Lorsqu'ils d\u00e9crivent leurs trajets en transports publics dans les questions ouvertes, les cinq mots les plus r\u00e9p\u00e9t\u00e9s sont : long (56), tardif (48), bond\u00e9 (46), fatigant (51) et stressant (59). Interrog\u00e9s sur leurs raisons, ils ont fait allusion \u00e0 des situations d\u00e9favorables, inconfortables, risqu\u00e9es, harcelantes et peu s\u00fbres. Parmi les raisons du stress qu'elles subissent, il y a la n\u00e9cessit\u00e9 d'\u00eatre vigilantes afin que personne ne les harc\u00e8le ou ne les agresse : 70 sur 73 ont d\u00e9clar\u00e9 se sentir harcel\u00e9es et en ins\u00e9curit\u00e9 dans les transports publics (m\u00e9tro, m\u00e9trobus, minibus). Les transports publics repr\u00e9sentent un espace de vigilance, de risque plus ou moins attendu.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela inclut \u00e9galement l'ins\u00e9curit\u00e9 due aux agressions et aux vols. Mais elles ont toutes dit se sentir plus en danger parce qu'elles \u00e9taient des femmes, confirmant ainsi l'id\u00e9e de Paula Soto Villagr\u00e1n sur la promiscuit\u00e9 et le harc\u00e8lement sexuel :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">L'un des principaux probl\u00e8mes qui affecte de mani\u00e8re diff\u00e9rentielle les femmes dans les transports publics est la congestion des personnes dans les bus (Kunieda et Gauthier, 2007), o\u00f9 l'on trouve une situation particuli\u00e8re de corps situ\u00e9s dans l'espace ; ce que McDowell (2000) a appel\u00e9 le facteur d'encombrement. Cet effet d'entassement des inconnus dans les transports publics est per\u00e7u comme une situation de risque potentiel dans la mesure o\u00f9 il devient un facteur d'ins\u00e9curit\u00e9 pour les femmes, car il facilite des formes de violence sexuelle en raison de la proximit\u00e9 excessive entre les personnes (Soto, 2017 : 130).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ces femmes ne se sentent pas en s\u00e9curit\u00e9. Cependant, il ne s'agit pas seulement d'une question de perception et d'\u00e9motion : ils vivent quotidiennement l'ins\u00e9curit\u00e9 et la violence dans les transports publics.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je pense que mon exp\u00e9rience dans le m\u00e9tro est commune en tant que femme, <em>ce que vous devez traverser<\/em> Vous ne pouvez pas laisser les hommes vous regarder de fa\u00e7on morbide ou vous bousculer ; <em>Je ne pense pas qu'il n'y ait pas un seul jour o\u00f9 je ne re\u00e7oive pas un regard lubrique.<\/em>un rapprochement (Diana, 21 ans, \u00e9tudiante) <span class=\"small-caps\">uam<\/span>(r\u00e9sident d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Eh bien, dans le m\u00e9tro, il y a des <em>questions de harc\u00e8lement<\/em>, des hommes viennent vous aborder, et ce n'est pas une station sp\u00e9cifique, mais <em>\u00e0 diff\u00e9rents points de la ligne<\/em> et c'est pourquoi je pr\u00e9f\u00e8re utiliser les deux wagons pour femmes. Bien que j'ai souvent vu qu'il y a beaucoup d'agressivit\u00e9 dans les wagons des femmes et je pense que c'est parce qu'il n'y a que deux wagons pour beaucoup de femmes, donc quand nous voyons que l'espace est r\u00e9duit nous avons tendance \u00e0 \u00eatre plus agressives (Patricia, 20 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, r\u00e9sidente d'Azcapotzalco).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">J'ai \u00e9t\u00e9 agress\u00e9 dans des bus, une fois et c'\u00e9tait sur une ligne qui va chez moi. Mais en g\u00e9n\u00e9ral, il ne m'est rien arriv\u00e9 qui puisse me faire dire que je trouve les transports publics ennuyeux. J'ai voyag\u00e9 en m\u00e9trobus, en trolleybus et en m\u00e9tro l\u00e9ger, et ce n'\u00e9tait que cette exp\u00e9rience d'\u00eatre agress\u00e9e <em>et peut-\u00eatre que les hommes vous disent quelque chose, mais rien de plus<\/em> (Gabriela, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, r\u00e9sidente de Xochimilco).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\"><em>J'ai eu des exp\u00e9riences tr\u00e8s moches<\/em> mais plut\u00f4t dans le bus pour aller en ville, c'est pour cela que j'ai vu ce contraste. Et c'est juste dans les stations de m\u00e9tro qui se connectent avec le train : \u00e0 Pantitl\u00e1n, \u00e0 El Rosario et sur des lignes comme la ligne de caf\u00e9, \u00e0 Chabacano, vous trouvez, de mon point de vue, que <em>c'est un endroit un peu dangereux et vous pouvez vous faire tripoter<\/em> (Ana, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, r\u00e9sidente de Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Je prenais le bus de Polit\u00e9cnico, j'\u00e9tudiais au lyc\u00e9e et j'allais \u00e0 Polit\u00e9cnico le matin. Parfois, je m'endormais dans le bus et j'avais l'impression que <em>\"ma main \u00e9tait ici\"<\/em> et ils disaient : \"oh, excusez-moi, je n'ai pas r\u00e9alis\u00e9\", et cela m'est arriv\u00e9 plusieurs fois (Mar\u00eda, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam, <\/span>habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les citations refl\u00e8tent le quotidien de l'ins\u00e9curit\u00e9, qui est accentu\u00e9e, dans le cas de ces jeunes femmes, par la dynamique du harc\u00e8lement de rue. L'exp\u00e9rience de vie int\u00e8gre des \u00e9l\u00e9ments affectifs et permet de comprendre leur monde (Flores Palacios, 2013). Le harc\u00e8lement est un ph\u00e9nom\u00e8ne quotidien et, bien qu'ils le reconnaissent comme tel, ils ont fini par le naturaliser comme faisant partie de leur routine et les r\u00e9actions de r\u00e9signation et d'impuissance pr\u00e9dominent. La dynamique du harc\u00e8lement en vient \u00e0 repr\u00e9senter \"l'in\u00e9vitable pour chaque femme\". L'explication qu'ils donnent \u00e0 de telles situations est donn\u00e9e par leur condition de genre : \"ce que l'on doit subir quand on est une femme\".<\/p>\n\n\n\n<p>\u00catre une femme vous expose \u00e0 de telles situations. La vie quotidienne dans les transports publics est le th\u00e9\u00e2tre de \"d\u00e9marches d\u00e9sagr\u00e9ables mais in\u00e9vitables\". Tant dans les questionnaires que dans le groupe de discussion, il est apparu tr\u00e8s clairement que l'ins\u00e9curit\u00e9 dans les transports publics est une constante pour tout le monde, mais qu'elle est accentu\u00e9e et acquiert des caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res si vous \u00eates une femme. Fatima Flores d\u00e9clare que<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">La prescription du genre agit de mani\u00e8re incontournable en fonction du sexe et, par cons\u00e9quent, de la repr\u00e9sentation sociale convenue et articul\u00e9e dans une dimension h\u00e9g\u00e9monique qui ob\u00e9it \u00e0 des syst\u00e8mes de comportements sociaux r\u00e9gul\u00e9s par une id\u00e9ologie qui soutient les orientations de marquage et de comportement des hommes et des femmes, ce qui rend beaucoup plus complexe l'identification de certaines vuln\u00e9rabilit\u00e9s \u00e0 partir de cette h\u00e9t\u00e9ronormativit\u00e9, \u00e0 laquelle on r\u00e9pond de mani\u00e8re naturalis\u00e9e et exig\u00e9e par la m\u00eame culture ou le m\u00eame groupe de r\u00e9f\u00e9rence (Flores, 2014 : 47).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\">Une pratique telle que \" marcher dans les transports en commun \" refl\u00e8te une constante : la mobilit\u00e9 est diff\u00e9rente pour ces femmes, et elles consid\u00e8rent que les hommes ne vivent pas l'ins\u00e9curit\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re qu'elles : \" Je ne pense pas qu'un homme se dise que je ne vais pas m'habiller comme \u00e7a pour qu'ils ne me voient pas de mani\u00e8re morbide ou ne m'abordent pas dans le m\u00e9tro \" (Diana, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, habitante d'Iztapalapa). Pour eux, le harc\u00e8lement est une affaire in\u00e9vitable et quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">B. Les rues en transit : traque et soins ; exclusion et expulsion<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Linda McDowel (1999) part du principe que les personnes et les espaces sont sexu\u00e9s et que les relations spatiales et sociales se cr\u00e9ent mutuellement. Les espaces que ce groupe de femmes traverse au quotidien sont marqu\u00e9s et acqui\u00e8rent des significations \u00e0 partir des relations qu'elles \u00e9tablissent avec eux. Tant dans les questionnaires que dans le groupe de discussion, les rues qu'ils traversent sont d\u00e9crites comme des espaces de contradictions. D'une part, ils aiment se promener en ville, mais d'autre part, ils l'\u00e9vitent \u00e0 certaines heures et dans certaines tenues :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Je sortais de la natation et en fait je rentre \u00e0 pied de la cit\u00e9 des sports et cela me prend 15 minutes ; donc je pr\u00e9f\u00e9rais marcher que de prendre un bus, et je marchais vers R\u00edo Churubusco et <em>une voiture me suivait, donc j'ai d\u00fb changer mon itin\u00e9raire<\/em>, ai-je dit : puisqu'ils savent d\u00e9j\u00e0 o\u00f9 je vais ou quel chemin je prends, qu'ils me suivent encore, ou qu'il va se passer autre chose, je ferais mieux de prendre le bus (Diana, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Ce que j'aime dans la vie urbaine, c'est que je peux marcher de longues distances dans certains endroits<\/em>, par exemple du centre-ville \u00e0 Reforma ou de Chapultepec ou Auditorio. Mais ces r\u00e9gions sont loin de chez moi. L\u00e0-bas, je peux marcher sur de longues distances pendant la journ\u00e9e. Ce que j'aime, c'est que dans cette zone et dans le centre, le long de Madero, il y a encore beaucoup de gens, donc on peut s'y promener, mais ce que je n'aime pas, c'est le chemin du retour, c'est plus dangereux de l\u00e0 \u00e0 ma maison, donc je ne peux pas y rester longtemps ou la nuit. C'est ce que je n'aime pas, que je ne puisse pas me d\u00e9placer librement ou me sentir en s\u00e9curit\u00e9 (Jessica, 22 ans, r\u00e9sidente de Naucalpan, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, \u00c9tat du Mexique).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Eh bien, cela d\u00e9pend de l'heure de la journ\u00e9e, je sais que je dois me d\u00e9p\u00eacher et \u00eatre tr\u00e8s attentif \u00e0 mon environnement. Je ferais mieux parce que j'ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 suivie sur le chemin du retour (Gabriela, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, habitante de Xochimilco).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\"><em>J'aime marcher, mais j'essaie de ne pas marcher dans la zone proche de l'universit\u00e9<\/em>, notamment le long d'Eje 6 sur (il \u00e9tudie \u00e0 <span class=\"small-caps\">uam<\/span>-Iztapalapa). Je pr\u00e9f\u00e8re marcher aux heures de pointe plut\u00f4t que la nuit, car il y a beaucoup de monde et il est plus difficile qu'il vous arrive quelque chose. Le maximum auquel vous \u00eates expos\u00e9 est de vous faire tripoter en descendant du bus (Ana, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Une repr\u00e9sentation naturalis\u00e9e et justifi\u00e9e : \" \u00e7a arrive partout dans le monde \", \" les femmes sont harcel\u00e9es et nous devons faire avec \" (Paty). Il s'agit d'une repr\u00e9sentation h\u00e9g\u00e9monique : le harc\u00e8lement en tant que femme est in\u00e9vitable. La s\u00e9curit\u00e9 des citoyens, du point de vue des conditions objectives, est d\u00e9finie comme un ensemble de syst\u00e8mes permettant de prot\u00e9ger la vie et les biens des citoyens contre les risques ou les menaces caus\u00e9s par diff\u00e9rents facteurs. La perception et les conditions d'ins\u00e9curit\u00e9 sont un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 dans les usages et les non-usages qu'ils font de certains espaces, et sont dict\u00e9s par leurs peurs et les conditions objectives et subjectives de leur exp\u00e9rience de d\u00e9placement.<\/p>\n\n\n\n<p>Un fait notable est que les rues qu'ils fr\u00e9quentent, mais qui sont \u00e9loign\u00e9es des lieux o\u00f9 ils vivent, semblent presque toujours plus risqu\u00e9es, sauf lorsqu'il s'agit de lieux symboliques pour eux, comme le parc Chapultepec et le Paseo de la Reforma. Leur propre espace, les rues de leur quartier, sont le plus souvent consid\u00e9r\u00e9s comme des espaces de confiance, m\u00eame si certains sont reconnus comme des espaces \u00e0 risque :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\"><em>La rue o\u00f9 j'habite<\/em> est Mariquita S\u00e1nchez, et elle va tout droit vers Eje 3. On voit les personnes \u00e2g\u00e9es le matin avec leurs balais pour balayer, donc tout est relativement s\u00fbr. Vous voyez aussi des patrouilles la nuit, donc je pense que cette rue est <em>tr\u00e8s s\u00fbre<\/em>, pas les all\u00e9es qui m\u00e8nent \u00e0 Santa Ana, mais cette rue (Cecilia, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, r\u00e9sidente de Coyoac\u00e1n).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Eh bien, <em>la rue la plus s\u00fbre serait mon bloc<\/em>, parce que j'y ai march\u00e9 \u00e0 onze heures du soir et c'est \u00e9clair\u00e9 et il y a des gens qui vendent et je pense que c'est s\u00fbr. Le matin, j'aime Rio Churubusco, parce que vous voyez des gens courir avec leurs chiens, j'aime \u00e7a. Ins\u00e9curit\u00e9, je peux consid\u00e9rer que c'est... bon, j'habite entre le sur 3 et le sur 4, et sur le sur 4 il y a une zone d'usines, et l\u00e0 le matin et le soir c'est ins\u00e9curisant, parce qu'on voit les remorques, les hommes qui passent ; je passais par l\u00e0 pour prendre le bus pour aller \u00e0 l'\u00e9cole et on se fait toujours dire des gros mots et on n'a pas envie de marcher l\u00e0. Cette rue est tr\u00e8s dangereuse pour moi (Diana, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\"><em>Je pourrais sortir \u00e0 tout moment<\/em>, dans mon quartier, sans craindre qu'il m'arrive quelque chose, au contraire, m\u00eame <em>les m\u00e9chants du quartier<\/em> veillent sur vous<\/em> pour s'assurer qu'il ne vous arrivera rien. Il m'est arriv\u00e9 de me rendre dans le centre aux premi\u00e8res heures du matin, et bien que cela semble tr\u00e8s calme, je n'y retournerais pas \u00e0 des heures tr\u00e8s tardives (Gabriela, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, r\u00e9sidente de Xochimilco).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Eh bien, <em>par exemple, l\u00e0 o\u00f9 j'habite, c'est un peu moche<\/em>, \u00e0 la fois le matin et le soir, comme \u00e0 six heures du matin et quand il commence \u00e0 faire nuit ; <em>pendant la journ\u00e9e, c'est tr\u00e8s calme<\/em> et \u00e7a ne m'inspire pas beaucoup de confiance, pour \u00eatre honn\u00eate. J'ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 agress\u00e9e avant et puis l\u00e0 o\u00f9 il fait noir, mais non, ma rue est toujours comme \u00e7a, mais c'est toujours tr\u00e8s calme, tr\u00e8s paisible (Ana, 21 ans, \u00e9tudiante, <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les rues de leur quartier repr\u00e9sentent l'espace s\u00fbr : elles repr\u00e9sentent la maison (leurs propres espaces). Les rues \u00e9loign\u00e9es, comme certaines de celles de leur environnement universitaire (Santo Domingo \u00e0 <span class=\"small-caps\">cu<\/span>L'axe 6 \u00e0 Iztapalapa, Avenida Zaragoza) et des lieux comme Tepito, la colonia de los Doctores et les rues autour des sorties de m\u00e9tro Constituci\u00f3n, Cuatro Caminos, Chabacano, Hidalgo et El Rosario sont des espaces dangereux, marqu\u00e9s et stigmatis\u00e9s par les jeunes femmes comme des lieux \u00e0 risque.<\/p>\n\n\n\n<p>Sept des participants aux groupes de discussion ont d\u00e9clar\u00e9 que les heures de pointe rendent leurs itin\u00e9raires plus dangereux, mais aussi le mauvais \u00e9clairage et les espaces peu fr\u00e9quent\u00e9s. L\u00e0 encore, des repr\u00e9sentations contradictoires apparaissent. Il est tr\u00e8s fr\u00e9quent qu'un m\u00eame sc\u00e9nario, ph\u00e9nom\u00e8ne ou sujet ait des repr\u00e9sentations totalement oppos\u00e9es, car les significations ne sont g\u00e9n\u00e9ralement ni transparentes ni homog\u00e8nes. Le risque est pr\u00e9sent en toutes circonstances. En fait, lorsqu'on leur a demand\u00e9 dans les questionnaires s'il y avait une diff\u00e9rence en tant que femme lorsqu'elle se prom\u00e8ne dans les rues de la ville, 48 sur 73 ont r\u00e9pondu par l'affirmative, et les raisons \u00e9taient les suivantes : \"les hommes harc\u00e8lent parce qu'ils le peuvent ; nous ne le faisons pas\" (Ana, 21 ans, \u00e9tudiante, <span class=\"small-caps\">uam<\/span>(Jessica, 22 ans, habitante d'Iztapalapa), \"parce qu'ils ne pensent pas que quelqu'un va les suivre ou les voir avec une curiosit\u00e9 morbide\" (Jessica, 22 ans, habitante de Naucalpan, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>(\u00c9tat de Mexico). Les 25 autres r\u00e9pondants au questionnaire n'ont pas donn\u00e9 d'autres arguments ; ils ont d\u00e9clar\u00e9 que la ville est tout aussi dangereuse pour les hommes que pour les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">La crainte des femmes de ne pas pouvoir se d\u00e9placer librement dans la ville produit une sorte d'\"\u00e9loignement\" par rapport \u00e0 l'espace dans lequel elles circulent, l'utilisent et en profitent. Dans ces circonstances, certaines femmes d\u00e9veloppent des strat\u00e9gies individuelles ou collectives qui leur permettent de surmonter les obstacles \u00e0 l'utilisation des villes et \u00e0 la participation \u00e0 la vie sociale, professionnelle ou politique. Dans d'autres cas, il s'agit simplement d'un processus de retrait de l'espace public, qui est v\u00e9cu comme mena\u00e7ant, jusqu'\u00e0 l'abandonner, avec l'appauvrissement personnel et social qui en d\u00e9coule (Fal\u00fa, 2009 : 23).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En ce sens, Ana Fal\u00fa reprend l'exp\u00e9rience v\u00e9cue, ce qui est fondamental pour parler des repr\u00e9sentations sociales ; certaines rues de la ville ne deviennent pas seulement un espace mena\u00e7ant, mais elles peuvent aussi en venir \u00e0 repr\u00e9senter... <em>l'espace d'exclusion<\/em> et l'expulsion de ces femmes de la vie publique. Ce n'est pas le cas dans les rues de leurs quartiers (du moins pendant la journ\u00e9e ; la nuit, la situation est \u00e9galement risqu\u00e9e).<\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas faire certaines choses est \u00e9galement une strat\u00e9gie d'autosoin : ne pas sortir le soir, ne pas s'habiller de mani\u00e8re \"provocante\", ne pas sortir seul \u00e0 certaines heures, etc. 38 des jeunes femmes qui ont r\u00e9pondu au questionnaire ont d\u00e9clar\u00e9 qu'il y avait des rues qu'elles \u00e9vitaient parce que s'y rendre revenait \u00e0 s'exposer. Il y a des endroits et des moments qui ne sont pas \"adapt\u00e9s \u00e0 une femme\" vivant \u00e0 Mexico et dans ses environs. Lorsqu'on leur a demand\u00e9 dans le groupe de discussion s'ils se sentaient libres de marcher \u00e0 tout moment, ils ont r\u00e9pondu :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\"><em>Je ne marcherais pas seul \u00e0 trois heures du matin<\/em> dans un endroit \"x ou y\". J'ai d\u00fb marcher jusqu'\u00e0 la maison d'un autre ami parce qu'il n'y a pas de moyen de transport, mais <em>seule je ne le fais pas<\/em> (Jessica, 22 ans, habitante de Naucalpan, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, \u00c9tat du Mexique).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">J'essaie <em>de ne pas sortir apr\u00e8s neuf heures<\/em> (Diana, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Je n'aime pas sortir la nuit, mais c'est mieux, vraiment. Pourquoi m'exposerais-je au risque que quelque chose se produise (Ana, 21 ans, \u00e9tudiante, <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, r\u00e9sidente d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\"><em>Dans certains domaines, j'essaie d'\u00eatre plus prudent<\/em>. Par exemple, pendant un moment, j'ai d\u00fb me rendre \u00e0 la Casa del Estudiante \u00e0 Tepito, et je n'ai pas apport\u00e9 mon ordinateur et je n'ai pas sorti mon t\u00e9l\u00e9phone portable, j'ai essay\u00e9 <em>de ne pas avoir l'air ostentatoire ou trop habill\u00e9e<\/em>, et aussi de toujours marcher en s\u00e9curit\u00e9 (Mar\u00eda, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam,<\/span> habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il y a des espaces, des moments et des lieux qu'ils \u00e9vitent. Selon les participants au groupe, les utiliser, c'est s'exposer. Peu importe s'ils sont ouverts et ne font que passer, ces femmes n'ont pas le m\u00eame acc\u00e8s. Les processus d'exclusion sont fond\u00e9s sur une logique de contr\u00f4le et de dispute entre la structure normative diff\u00e9renci\u00e9e et h\u00e9g\u00e9monique sur l'utilisation des espaces. De Certeau d\u00e9crit bien l'essence de cette relation :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Une soci\u00e9t\u00e9 serait compos\u00e9e de certaines pratiques exorbitantes, organisatrices de ses institutions normatives, et d'autres pratiques, innombrables, qui restent \"mineures\", toujours pr\u00e9sentes m\u00eame si elles ne sont pas organisatrices du discours, et aptes \u00e0 pr\u00e9server les pr\u00e9mices ou les restes d'hypoth\u00e8ses (institutionnelles, scientifiques) diff\u00e9rentes pour cette soci\u00e9t\u00e9 ou pour d'autres (Certeau, 2006 : 56).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ainsi, pour ce groupe de femmes, \u00eatre dans la rue implique des exclusions constantes qui <em>commander<\/em> leurs actions et, dans le cas de ces derni\u00e8res, les limiter<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'on se prom\u00e8ne dans les rues de la ville, on remarque \u00e9galement la repr\u00e9sentation de la femme qui doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9e par l'homme. Ces femmes disent se sentir plus en s\u00e9curit\u00e9 si leur p\u00e8re, leurs amis ou leurs fr\u00e8res les accompagnent. En ce sens, le droit \u00e0 la mobilit\u00e9 et \u00e0 la libert\u00e9 de mouvement est diff\u00e9rent pour eux. La perception que \"la rue la nuit n'est pas pour les femmes\" ressort de leur discours. Il existe donc une citoyennet\u00e9 diff\u00e9renci\u00e9e en fonction du sexe.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Repr\u00e9sentations des espaces publics qu'ils visitent : culture, beaut\u00e9 et environnements hostiles<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les lieux qu'ils visitent et admirent le plus dans leur ville sont : le Z\u00f3calo (centre-ville), le Paseo de la Reforma, Coyoac\u00e1n et Bellas Artes. Ils mentionnent \u00e9galement que leurs \u00e9coles sont des espaces ouverts et s\u00fbrs. Leur ville est culture, tol\u00e9rance et beaut\u00e9, mais aussi chaos, danger et lieux interdits. Leurs universit\u00e9s sont class\u00e9es comme des espaces s\u00fbrs, mais pas leur environnement, c'est pourquoi ils pr\u00e9f\u00e8rent se d\u00e9placer en groupe vers le m\u00e9tro ou prendre le microbus. Dans le questionnaire, 61 femmes sur 73 ont d\u00e9clar\u00e9 que Mexico est un lieu de et pour la culture en raison de ses mus\u00e9es, bien qu'elles ne les visitent pas habituellement. Ils sont int\u00e9ress\u00e9s par une promenade le long de l'Alameda. Ils visitent g\u00e9n\u00e9ralement Bellas Artes et des lieux traditionnels tels que le Z\u00f3calo et le centre de Coyoac\u00e1n :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Pour moi, je vais habituellement \u00e0 Bellas Artes. Quand j'ai du temps libre ou le week-end, je sors et je vais \u00e0 Bellas Artes, j'y reste un moment, je marche le long de Madero, je vais le long de Reforma, <em>J'aime beaucoup parce que je peux marcher<\/em> et voir l'architecture (Jessica, 22 ans, habitante de Naucalpan, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, \u00c9tat du Mexique).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Je fr\u00e9quente le centre ; quand vous voulez rencontrer quelqu'un, vous dites \"ah, rencontrons-nous \u00e0 Bellas Artes\", et \u00e0 partir de l\u00e0, qu'est-ce qui n'est pas l\u00e0 ? Je n'ai pas l'habitude de sortir, sauf \u00e0 Coyoac\u00e1n parce qu'un de mes amis y vit, dans un coin du centre de Coyoac\u00e1n. Coyoac\u00e1n et le centre sont les endroits o\u00f9 je vais le plus souvent (Mar\u00eda, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam, <\/span>habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Eh bien <em>le centre est l'endroit o\u00f9 je vais le plus souvent parce que je fais les courses avec ma m\u00e8re<\/em>, et parce que j'aime les mus\u00e9es, c'est tr\u00e8s agr\u00e9able d'\u00eatre l\u00e0 et dans les centres commerciaux parce qu'on a presque tout (Gabriela, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, habitante de Xochimilco).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Je fr\u00e9quente le couloir qui va de la Revoluci\u00f3n \u00e0 la place du Z\u00f3calo, parce que <em>J'aime \u00e7a, il y a beaucoup de mouvement politique l\u00e0<\/em> : \"la marche du jour\". Et je l'aime pour la m\u00eame raison, parce que je pense que c'est un endroit tr\u00e8s agr\u00e9able pour se promener. Je travaillais dans les bureaux de la mairie, qui se trouve sur la place (du Z\u00f3calo) ; quand je partais, je passais par l\u00e0 et ensuite je rentrais chez moi, en m\u00e9tro (Ana, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\"><em>J'adore aller au centre-ville<\/em>, mais mon parcours commence toujours \u00e0 Hidalgo, de l\u00e0, du centre Cuauht\u00e9moc au Z\u00f3calo, \u00e0 pied. Je pr\u00e9f\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement y aller t\u00f4t, vers dix heures du matin, car <em>\u00e0 cette heure-l\u00e0, il n'y a pas beaucoup de monde<\/em>. Il y en a, mais pas autant que lorsqu'il est 3 ou 4 heures de l'apr\u00e8s-midi. J'aime toujours aller \u00e0 Coyoac\u00e1n, parce que c'est g\u00e9n\u00e9ralement calme, j'aime y aller pour prendre un caf\u00e9 (Patricia, 20 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, habitante d'Azcapotzalco).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\"><em>Je fr\u00e9quente Bellas Artes car c'est mon chemin vers la tour latino-am\u00e9ricaine, j'y travaille<\/em> le week-end. Donc, normalement, j'arrive toujours avant les autres et je reste l\u00e0 un moment \u00e0 regarder les gens passer ou \u00e0 observer des situations. Ce que je fais aussi, c'est descendre \u00e0 Z\u00f3calo et marcher tout le long du couloir Madero jusqu'\u00e0 la tour Latino (Diana, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ce groupe a indiqu\u00e9 qu'il aimait se promener en ville, mais que cette pratique devait tenir compte des moments et des espaces o\u00f9 il se sentait plus en s\u00e9curit\u00e9. Les femmes, bien qu'ayant gagn\u00e9 la bataille de la visibilit\u00e9, ont toujours une exp\u00e9rience spatiale in\u00e9gale lorsqu'elles se d\u00e9placent dans la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>La ville marque des symbologies d'inclusion et d'exclusion. Les espaces sont construits par les relations sociales qui s'y \u00e9tablissent. C'est ici qu'appara\u00eet la contradiction : les dix participants au groupe de discussion ont exprim\u00e9 que la ville est praticable mais interdite en m\u00eame temps.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Quelle est votre exp\u00e9rience spatiale en tant que femmes en mouvement dans la ville de Mexico ?<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">\u00catre une femme implique des restrictions dans certains espaces publics o\u00f9 elles sont visibles, car cette visibilit\u00e9 les expose. Jordi Borja affirme que la relation entre ville et citoyennet\u00e9 fait allusion \u00e0 un syst\u00e8me de relations entre des personnes (en th\u00e9orie) \u00e9gales et libres, c'est-\u00e0-dire des citoyens :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">La ville offre des conditions plus ou moins efficaces pour faire de la citoyennet\u00e9 une r\u00e9alit\u00e9. Par son organisation physique, l'acc\u00e8s \u00e0 tous ses biens et services et la redistribution sociale par la qualification d'\u00e9quipements et d'espaces publics dans les zones habit\u00e9es par les populations ayant le moins de ressources. La ville d\u00e9termine la qualit\u00e9 de la citoyennet\u00e9 (Borja, 2014 : 546).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ces jeunes femmes universitaires estiment que leur qualit\u00e9 de vie est inf\u00e9rieure \u00e0 celle de leurs pairs, avec moins de libert\u00e9s. Ils vivent leur citoyennet\u00e9 de mani\u00e8re in\u00e9gale, mais aussi au d\u00e9triment de leurs possibilit\u00e9s de socialisation, d'appartenance et d'identit\u00e9 dans les espaces publics.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">En commen\u00e7ant par l'\u00e9ducation, les r\u00f4les que les femmes et les hommes devraient jouer, la fa\u00e7on dont les hommes et les femmes montent dans les transports publics est diff\u00e9rente, ou simplement l'homme qui conduit le transport. <em>M\u00eame quand tu te prom\u00e8nes avec tes amis, tes cousins, ton partenaire ou qui que ce soit, ils te font aller du c\u00f4t\u00e9 droit, c'est-\u00e0-dire pas du c\u00f4t\u00e9 de l'avenue ou de la rue, o\u00f9 vont les hommes<\/em> (Ana, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Pour moi, <em>c'est diff\u00e9rent en raison du simple fait de l'exp\u00e9rience quotidienne dans les transports<\/em>. Comme je l'ai dit, je ne pense pas qu'il n'y ait pas un jour o\u00f9 quelque chose ne se passe pas, o\u00f9 je ne re\u00e7ois pas un commentaire offensant ou autre. Ce n'est pas que \u00e7a n'existe pas envers les hommes, mais c'est diff\u00e9rent, c'est minimal (Mar\u00eda, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam,<\/span> habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Je pense qu'il y a une grande diff\u00e9rence ; pour commencer, je pense que les hommes comme les femmes sont expos\u00e9s aux probl\u00e8mes d'ins\u00e9curit\u00e9 et de violence, mais parfois j'ai l'impression que <em>les hommes peuvent \u00eatre dans un espace public plus \u00e0 l'aise que les femmes<\/em>. C'est tellement vrai en termes de harc\u00e8lement : un homme monte dans le m\u00e9tro et se sent tellement \u00e0 l'aise qu'il se sent libre de donner son avis sur une femme, et souvent cela a tendance \u00e0 leur faire dire \"ne sors pas habill\u00e9 comme \u00e7a, ne sors pas habill\u00e9 de cette fa\u00e7on\". En ce sens, <em>Je pense effectivement que les hommes sont parfois plus \u00e0 l'aise parce qu'ils ne sortent pas avec cette peur<\/em>, il y a des moments o\u00f9 c'est effrayant : \"il y a un homme suspect et il me regarde\". Et je pense que les hommes ne pensent pas autant \u00e0 cela, plut\u00f4t dans le sens du harc\u00e8lement (Diana, 21 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">uam<\/span>, habitante d'Iztapalapa).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse translation-block\">Il me semble qu'il n'est diff\u00e9rent qu'en termes d'espace. Je pense que c'est la m\u00eame chose en termes d'ins\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique, c'est-\u00e0-dire que nous pouvons tous \u00eatre vol\u00e9s, nous pouvons tous \u00eatre agress\u00e9s, etc. Mais <em>sur le plan sexuel, il me semble que c'est absolument diff\u00e9rent. Je n'ai jamais entendu un homme dire qu'il ne peut pas porter de shorts dans le m\u00e9tro<\/em> \" parce que je me sens harcel\u00e9 et d\u00e8s que je monte dans le m\u00e9tro, les filles viennent vers moi et me touchent \" (Patricia, 20 ans, \u00e9tudiante <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, habitante d'Azcapotzalco).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les espaces publics de mobilit\u00e9 continuent de repr\u00e9senter des sc\u00e9narios dans lesquels l'exercice de la citoyennet\u00e9 par les femmes est v\u00e9cu de mani\u00e8re in\u00e9gale. Les femmes, consid\u00e9r\u00e9es comme le \"sexe faible, les victimes, mais aussi les provocateurs\", continuent d'\u00eatre viol\u00e9es dans l'exercice de leurs droits. Des fronti\u00e8res spatio-temporelles symboliques apparaissent dans leur discours : \"pas \u00e0 certains moments\", \"pas dans certains endroits\", \"pas dans certains lieux\", \"pas dans certains lieux\", \"pas dans certains lieux\", \"pas dans certains lieux\". pas dans certains endroits\", \"pas habill\u00e9e comme \u00e7a\", \"pas si c'est la nuit\", \"pas si j'y vais seule\". L'exp\u00e9rience v\u00e9cue de l'habiter leur indique ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire, \u00e0 partir des structures du sens commun : \" les repr\u00e9sentations sociales sont \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9es comme une forme de connaissance pratique, car elles sont construites \u00e0 partir de l'exp\u00e9rience v\u00e9cue au contact des autres et de l'environnement mat\u00e9riel \" (Jodelet, 2008), et \" fonctionnent comme un guide pour l'action \" (Ch\u00e1vez Amavizca et Ortega Rub\u00ed, 2018 : 80).<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne s'agit pas seulement d'appara\u00eetre dans les espaces publics, mais d'acqu\u00e9rir la visibilit\u00e9 qui leur permet de g\u00e9n\u00e9rer des conditions d'\u00e9galit\u00e9, de s\u00e9curit\u00e9 et d'absence de pr\u00e9jug\u00e9s socioculturels. C'est-\u00e0-dire de s'habiller comme ils le souhaitent, d'entrer dans les lieux publics avec la m\u00eame tranquillit\u00e9 d'esprit que leurs pairs, d'utiliser les transports publics sans craindre le harc\u00e8lement. S\u00e9bastien Roch\u00e9 d\u00e9finit le sentiment d'ins\u00e9curit\u00e9 comme \"un malaise cristallis\u00e9 sur un objet\" (1998). Il affirme que ce sentiment se fonde sur le monde v\u00e9cu des individus, tout en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 un syst\u00e8me de valeurs, et qu'il d\u00e9coule de la peur d'\u00eatre victime et de ne pas \u00eatre prot\u00e9g\u00e9 par les institutions charg\u00e9es de la s\u00e9curit\u00e9, ainsi que des suspicions ressenties dans certains espaces publics. Dans le cas des femmes vivant \u00e0 Mexico, elles \u00e9mergent dans les transports publics, dans les rues, seules et la nuit, mais aussi dans les lieux bond\u00e9s. La repr\u00e9sentation sociale de l'ins\u00e9curit\u00e9 est ou devient un sentiment qui va au-del\u00e0 du subjectif, transcendant les formes de comportement dans ces espaces de repr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">Conclusions<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour ces jeunes femmes, vivre et se d\u00e9placer dans la ville implique la construction de repr\u00e9sentations sociales d'abandon, d'expulsion, de fronti\u00e8res symboliques et la naturalisation de la violence bas\u00e9e sur des logiques masculines. La pr\u00e9sence de ces femmes dans certains espaces, les rues proches des stations de m\u00e9tro ou les rues peu fr\u00e9quent\u00e9es font que leur pr\u00e9sence semble \" contre nature \" par rapport aux structures de sens commun qui d\u00e9finissent les repr\u00e9sentations sociales. Leur pr\u00e9sence dans certains sc\u00e9narios, moments et espaces doit toujours \u00eatre justifi\u00e9e, expliqu\u00e9e et m\u00eame \u00e9vit\u00e9e. Leur rapport aux espaces qu'ils habitent et transitent est marqu\u00e9 par leur \" genre en tant qu'\u00e9l\u00e9ment constitutif des relations sociales fond\u00e9es sur les diff\u00e9rences qui distinguent les sexes, et le genre est une forme primaire de signification des relations de pouvoir \" (Scott, 2015 : 274).<\/p>\n\n\n\n<p class=\" translation-block\">La pr\u00e9sence et l'absence de ces femmes sont justifi\u00e9es sur la base de la diff\u00e9rence de leur exp\u00e9rience spatiale. L'exp\u00e9rience v\u00e9cue permet une explication de leur monde et de ses logiques \u00e0 partir d'un syst\u00e8me de repr\u00e9sentations sociales qui donnent un sens aux pratiques quotidiennes et \u00e0 leur permanence ou absence dans ces territoires \u00e0 partir de leur \" subjectivit\u00e9 et intersubjectivit\u00e9, qui se d\u00e9clare constamment en mouvement \u00e0 partir de ce corr\u00e9lat exp\u00e9rientiel plein de significations et d'attributions que le m\u00eame sujet construit \u00e0 partir de son propre sens commun, de son exp\u00e9rience et de son corr\u00e9lat social \" (Flores Palacios, 2013 : 124). Ces jeunes femmes assument l'in\u00e9galit\u00e9 en ayant pleinement conscience des actions qu'elles peuvent et doivent entreprendre, des espaces \u00e0 occuper et de la mani\u00e8re d'y appara\u00eetre. Malgr\u00e9 la reconnaissance l\u00e9gale de l'\u00e9galit\u00e9 dans le plein exercice des droits et l'acc\u00e8s aux opportunit\u00e9s, ce groupe d'\u00e9tudiants continue d'exprimer et de vivre la contradiction \u00e0 travers l'autocensure et la diff\u00e9rence dans l'utilisation des espaces et les mani\u00e8res d'y appara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les repr\u00e9sentations sociales, comprises comme des processus sociocognitifs et des connaissances pratiques bas\u00e9es sur l'exp\u00e9rience v\u00e9cue qui nous permettent de nommer, d'ordonner et d'expliquer le monde dans lequel nous vivons, expriment - dans le cas de ce groupe de femmes - que la ville repr\u00e9sente le masculin, excluant et hostile. En revanche, la ville repr\u00e9sente le mouvement, la beaut\u00e9 et la culture, mais elle est limit\u00e9e dans certaines circonstances pour eux. La repr\u00e9sentation h\u00e9g\u00e9monique, dans la perspective muscovicienne, remplit une fonction d'ordonnancement social en \u00e9tablissant un consensus dont le sens de la permanence et de la reconnaissance est plus \u00e9tendu. Les femmes savent qu'elles ont le droit d'\u00eatre et de para\u00eetre, mais elles s'abstiennent souvent parce que les r\u00f4les de genre qui leur sont assign\u00e9s compromettent leur s\u00e9curit\u00e9. L'habiter de ces jeunes femmes \u00e0 Mexico, tel que d\u00e9fini par Pallasmaa (2016), implique l'exp\u00e9rience d'espaces situ\u00e9s o\u00f9 elles se sentent vuln\u00e9rables. Les repr\u00e9sentations de ce groupe de femmes sont contradictoires car elles expriment les contrastes de leurs trajectoires : traque et omission ; libert\u00e9 et restriction ; harc\u00e8lement et n\u00e9gligence. La repr\u00e9sentation de la ville qui soigne n'existe pas, sauf dans des espaces contr\u00f4l\u00e9s : les rues de leurs quartiers (en journ\u00e9e), l'universit\u00e9 (en journ\u00e9e) et certains lieux historiques. \u00catre une femme dans ces universit\u00e9s de Mexico, c'est s'adapter \u00e0 l'in\u00e9vitable et cacher ou \u00e9viter certaines pratiques bas\u00e9es sur des prescriptions de genre qui continuent \u00e0 \u00eatre diff\u00e9rentielles et accept\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Alcaraz, Francisco G. <em>et al.<\/em> (2006). \u201cDise\u00f1o de cuestionarios para la recogida de informaci\u00f3n: metodolog\u00eda y limitaciones\u201d. <em>Revista Cl\u00ednica de Medicina de Familia<\/em>, vol. 1, n\u00fam. 5, pp. 232-236.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bellet Sanfeliu, Carmen (2009, 16-18 de noviembre). <em>Reflexiones sobre el espacio p\u00fablico. El caso de las ciudades intermedias <\/em>[Ponencia]. M\u00e9rida: <span class=\"small-caps\">iv<\/span> Seminario-Taller sobre Espacios P\u00fablico en Ciudades Intermedias.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Borja, Jordi (2014). \u201cEspacio p\u00fablico y derecho a la ciudad\u201d, en Patricia Ram\u00edrez (coord.), <em>Las disputas por la ciudad. Espacio social y espacio p\u00fablicoen contextos urbanos de latinoamerica y Europa.<\/em> M\u00e9xico: Biblioteca Mexicana del Conocimiento, pp. 539-570.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Cass, Noel, Elizabeth Shove y John Urry (2005). \u201cSocial Exclusion, Mobility and Access\u201d. <em>The Sociological Review<\/em>, vol. 53, n\u00fam. 3, pp. 539-55. https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.1467-954X.2005.00565.x<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Certeau, Michel de (2006). <em>La invencio\u0301n de lo cotidiano 1. Maneras de hacer.<\/em> M\u00e9xico: Universidad Iberoamericana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ch\u00e1vez Amavizca, Ania, y M\u00aa Estela Ortega Rub\u00ed (2018). \u201cRepresentaciones sociales de estilos de vida y bienestar en el contexto de una sociedad de consumo: Monterrey y su \u00c1rea Metropolitana\u201d. <em>Cultura y representaciones sociales<\/em>, vol. 13, n\u00fam. 25, pp. 76-102. https:\/\/doi.org\/10.28965\/2018-25-03<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Cresswell, Tim (2010). \u201cTowards a Politics of Mobility\u201d. <em>Environment and Planning D: Society and Space<\/em>, vol. 28, n\u00fam. 1, pp. 17-31. https:\/\/doi.org\/10.1068\/d11407<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">D\u00edaz-Osorio, Myriam S. (2016). \u201cLas relaciones entre la movilidad y el espacio p\u00fablico. Transmilenio en Bogot\u00e1\u201d. <em>Revista de Arquitectura, <\/em>vol. 18, n\u00fam. 1, pp. 126-139. https:\/\/doi.org\/10.14718\/RevArq.2016.18.1.11<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Entrikin, J. Nicholas (1991). <em>The Betweenness of Place: Towards a Geography of Modernity.<\/em> Chicago: Johns Hopkins University Press. https:\/\/doi.org\/10.1007\/978-1-349-21086-2<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Flores Palacios, F\u00e1tima (2013). \u201cEl <span class=\"small-caps\">vih<\/span> Sida, s\u00edntoma de vulnerabilidad\u201d. F\u00e1tima Flores Palacios (coord.), <em>Representaciones sociales y contextos de investigaci\u00f3n con perspectiva de g\u00e9nero<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">unam<\/span><em><span class=\"small-caps\">,<\/span><\/em> pp. 81-100.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2014). \u201cVulnerabilidad y representaci\u00f3n social de g\u00e9nero en mujeres de una comunidad migrante\u201d. <em>Pen\u00ednsula, <\/em>vol. 9, n\u00fam. 2, pp. 41-58. https:\/\/doi.org\/10.1016\/S1870-5766(14)71799-4<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2015). <em>Experiencia vivida, g\u00e9nero y <span class=\"small-caps\">vih<\/span>: sus representaciones sociales<\/em>. M\u00e9rida: <span class=\"small-caps\">cephcis-unam<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Fal\u00fa, Ana (2011). \u201cRestricciones ciudadanas: las violencias de g\u00e9nero en el espacio p\u00fablico\u201d. <em>Pensamiento Iberoamericano<\/em>, n\u00fam. 9, pp. 127-146.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2009). \u201cViolencia y discriminaciones en las ciudades\u201d, en Ana Fal\u00fa (ed.), <em>Mujeres en la ciudad: de violencias y derechos.<\/em> Santiago de Chile: Red mujeres y habitat de Am\u00e9rica Latina y Ediciones Sur, pp. 15-38.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Giglia, Angela (2012). <em>El habitar y la cultura. Perspectivas te\u00f3ricas de investigaci\u00f3n.<\/em> Barcelona: Anthropos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Jir\u00f3n, Paola y Dhan Zunino Singh (2017). \u201cDossier. Movilidad Urbana y Ge\u0301nero: experiencias latinoamericanas\u201d. <em>Revista Transporte y Territorio, 16<\/em>, 1-8.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Jodelet, Denise (2008). \u201cEl movimiento de retorno al sujeto y el enfoque de las representaciones sociales\u201d. <em>Cultura y Representaciones Sociales<\/em>, <br>vol. 3, n\u00fam. 5, pp. 32-63.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Lefebvre, Henri (1991). <em>The Production of Space<\/em>. Oxford: Blackwell.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Lind\u00f3n, Alicia (2020). \u201cExperiencias espaciales femeninas en los desplazamiento cotidiano\u201d. <em>Revista Mexicana de Sociolog\u00eda<\/em>, vol. 82, n\u00fam. 1, pp. 37-63.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">McDowell, Linda (1999). <em>Gender, Identity and Place: Understanding Feminist Geographies<\/em>. Minnesota: University of Minnesota Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Moscovici, Serge (1979). <em>El Psicoan\u00e1lisis, su imagen y su p\u00fablico<\/em>. Buenos Aires: Huemul.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Pallasmaa, Juhani (2016). <em>Habitar.<\/em> M\u00e9xico: Gustavo Gili.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Pi\u00f1a, Juan M. y Yazm\u00edn Cuevas Cajiga (2004). \u201cLa teor\u00eda de las representaciones sociales: su uso en la investigaci\u00f3n educativa en M\u00e9xico\u201d<em>. Perfiles educativos<\/em>, vol. 26, n\u00fam. 105-106, pp. 102-124. Recuperado de http:\/\/www.scielo.org.mx\/scielo.php?script=sci_arttext&amp;pid=S0185-26982004000100005&amp;Ing=es&amp;tlng=es, consultado el 24 de junio de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Roch\u00e9, S\u00e9bastien (1998). \u201cExpliquer le sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9: pression, exposition, vuln\u00e9rabilit\u00e9 et acceptabilit\u00e9\u201d. <em>Revue Fran\u00e7aise de Science Politique, <\/em>vol. 48, n\u00fam. 2, pp. 274-305. https:\/\/doi.org\/10.3406\/rfsp.1998.395269<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Scott, J. W. (2015). \u201cEl g\u00e9nero: una categor\u00eda \u00fatil para el an\u00e1lisis hist\u00f3rico\u201d, en Marta. Lamas (comp.), <em>El g\u00e9nero. La construcci\u00f3n cultural de la diferencia sexual<\/em>. M\u00e9xico: Centro de Investigaciones y Estudios de G\u00e9nero \/ Bonilla Artigas Editores, pp. 251-290. https:\/\/doi.org\/10.25100\/lmd.v6i1.1514<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Sennett, Richard (2019). <em>Carne y Piedra.<\/em> Madrid: Alianza.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Segato, Rita (2003). <em>Las estructuras elementales de la violencia<\/em>. Bernal: Universidad Nacional de Quilmes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Soto Villagr\u00e1n, Paula (2016). \u201cRepensar el h\u00e1bitat urbano desde una perspectiva de g\u00e9nero. Debates, agendas y desaf\u00edos\u201d, <em>Andamios, 13<\/em>(32), 37-56. https:\/\/doi.org\/10.29092\/uacm.v13i32.524<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2017). \u201cDiferencias de g\u00e9nero en la movilidad urbana. Las experiencias de viaje de mujeres en el metro de la Ciudad de M\u00e9xico\u201d. <em>Revista Transporte y Territorio<\/em>, vol. 16, pp. 127-146.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Uribe Fern\u00e1ndez, Mary L. (2014). \u201cLa vida cotidiana como espacio de construcci\u00f3n social\u201d. <em>Procesos Hist\u00f3ricos<\/em>, n\u00fam. 25, pp. 100-113.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Lorena Uma\u00f1a Reyes<\/em> est titulaire d'un doctorat en sciences politiques et sociales et d'une ma\u00eetrise en \u00e9tudes politiques et sociales de l'Institut de recherche de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">unam<\/span>. Membre du Syst\u00e8me national des chercheurs, niveau 1, elle est actuellement professeur-chercheur titulaire au Centre d'\u00e9tudes sociologiques de l'Universit\u00e9 de Barcelone. <span class=\"small-caps\">fcp<\/span>et<span class=\"small-caps\">s<\/span> de la <span class=\"small-caps\">unam<\/span>. Il est charg\u00e9 de cours pour les cours de sociologie et d'urbanisme \u00e0 l'Universit\u00e9 de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">unam<\/span> et pour le programme de troisi\u00e8me cycle en sciences politiques et sociales de la <span class=\"small-caps\">unam<\/span>. Ses publications les plus r\u00e9centes incluent, <em>R\u00e9flexions interdisciplinaires sur la citoyennet\u00e9 de genre : les femmes \u00e0 Mexico City<\/em>. Le chapitre \"Pol\u00edticas p\u00fablicas de la desigualdad : ciudadan\u00eda femenina en la Ciudad de M\u00e9xico\", (2019) dans le livre. <em>Genre, transdisciplinarit\u00e9 et intervention sociale<\/em>coordonn\u00e9 par F\u00e1tima Flores Palacios et Amada Rubio (2020) et le chapitre \"Movimientos sociales feministas, de mujeres y de mujeres y con mujeres en los estudios pol\u00edticos contempor\u00e1neos\" dans le livre <em>Construire la science politique dans une perspective de genre<\/em> coordonn\u00e9 par Karolina Gilas et Luz Parcero (2021). Coordinateur du livre <em>Transformation urbaine et droit \u00e0 la ville : d\u00e9bats et r\u00e9flexions \u00e0 partir de la th\u00e9orie des repr\u00e9sentations sociales<\/em>. Il coordonne actuellement le projet <span class=\"small-caps\">papiit<\/span> \"Habiter la ville : les significations du public dans le cadre de la <span class=\"small-caps\">cdmx<\/span> dans la pand\u00e9mie et la post-pand\u00e9mie\".<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article pr\u00e9sente les r\u00e9sultats d'une recherche qualitative men\u00e9e en 2016 et 2017 aupr\u00e8s de 73 jeunes femmes de la classe moyenne de trois universit\u00e9s publiques de Mexico. L'objectif de l'\u00e9tude \u00e9tait de conna\u00eetre leurs pratiques et leurs repr\u00e9sentations sociales dans leur exp\u00e9rience de vie dans la ville et de passage dans ses espaces publics interconnect\u00e9s. \u00c0 cette fin, le point de d\u00e9part a \u00e9t\u00e9 la question de la repr\u00e9sentation de deux des espaces physiques d'interconnexion publique qu'ils utilisent : les rues par lesquelles ils se rendent \u00e0 leurs universit\u00e9s et les transports publics. Mais aussi les lieux publics qu'ils fr\u00e9quentent : l'universit\u00e9, les mus\u00e9es et les parcs. Quelle est leur exp\u00e9rience spatiale du d\u00e9placement dans la ville ? Les r\u00e9sultats montrent les conditions d'ins\u00e9curit\u00e9 et de violence auxquelles ces femmes sont confront\u00e9es dans leur vie quotidienne et la repr\u00e9sentation qu'elles se font d'une ville qui les traque et les n\u00e9glige, la ville qui naturalise le harc\u00e8lement, la ville qui est in\u00e9galitaire pour les femmes en fonction de leurs mani\u00e8res de se d\u00e9placer et de repr\u00e9senter ces espaces.<\/p>","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[279],"tags":[952,233,585,951],"coauthors":[704],"class_list":["post-36030","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-279","tag-habitar","tag-movilidad","tag-mujeres","tag-representaciones-sociales","personas-umana-reyes-lorena","numeros-949"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Habitar y transitar la Ciudad de M\u00e9xico: representaciones sociales de j\u00f3venes universitarias &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/umana-transitar-ciudad-mujeres-jovenes-mexico\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Habitar y transitar la Ciudad de M\u00e9xico: representaciones sociales de j\u00f3venes universitarias &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Este art\u00edculo presenta los resultados de una investigaci\u00f3n cualitativa realizada durante 2016 y 2017 con 73 mujeres j\u00f3venes de clase media de tres universidades p\u00fablicas de la Ciudad de M\u00e9xico. El objetivo del estudio fue conocer sus pr\u00e1cticas y representaciones sociales en su experiencia al habitar en la ciudad y transitar por sus espacios p\u00fablicos de interconexi\u00f3n. Para ello se parte de la pregunta sobre c\u00f3mo representan dos de los espacios p\u00fablicos f\u00edsicos de interconexi\u00f3n que usan: las calles por las que se desplazan a sus universidades y el transporte p\u00fablico. Pero tambi\u00e9n los lugares p\u00fablicos a los que se desplazan: la universidad, museos y parques. \u00bfC\u00f3mo es su experiencia espacial al moverse en la ciudad? 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