{"id":35628,"date":"2022-03-21T20:43:45","date_gmt":"2022-03-21T20:43:45","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=35628"},"modified":"2023-11-17T17:59:56","modified_gmt":"2023-11-17T23:59:56","slug":"hernandez-trabajo-sexual-tijuana-zona-norte-coahuila","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/hernandez-trabajo-sexual-tijuana-zona-norte-coahuila\/","title":{"rendered":"Dynamique du travail du sexe \u00e0 Tijuana : t\u00e9moignages ethnographiques de la Zona Norte et de Coahuila"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article pr\u00e9sente les comptes et la dynamique sociale du quartier rouge ou zone de tol\u00e9rance de Tijuana, en Basse-Californie, qui est depuis sept d\u00e9cennies l'une des enclaves les plus importantes pour le travail du sexe \u00e0 la fronti\u00e8re entre les \u00c9tats-Unis et le Mexique. Coahuila, situ\u00e9 dans la zone nord, poss\u00e8de l'un des circuits de march\u00e9 du sexe les plus dynamiques au monde. Cet article pr\u00e9sente les r\u00e9sultats de pr\u00e8s de cinq d\u00e9cennies de visites dans cet espace particulier de la fronti\u00e8re, plus pr\u00e9cis\u00e9ment d'une p\u00e9riode de trois ans (2015 \u00e0 2018) au cours de laquelle des tourn\u00e9es ethnographiques ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es, recueillant des t\u00e9moignages de travailleurs du sexe, d'employ\u00e9s d'\u00e9tablissements, d'utilisateurs de ces services et de visiteurs, dans lesquels ils partagent leurs exp\u00e9riences du travail du sexe dans la r\u00e9gion. L'objectif est d'offrir un regard r\u00e9trospectif et actuel sur les dynamiques du travail du sexe dans la Zona Norte, la diversit\u00e9 des acteurs interagissant \u00e0 La Coahuila, ainsi que des r\u00e9cits et descriptions de ce site de march\u00e9 du sexe unique dans le pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/etnografia\/\" rel=\"tag\">ethnographie<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/frontera\/\" rel=\"tag\">fronti\u00e8re<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/tijuana\/\" rel=\"tag\">Tijuana<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/trabajo-sexual\/\" rel=\"tag\">travail du sexe<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/turismo-sexual\/\" rel=\"tag\">tourisme sexuel<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"en-title wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">la dynamique du travail sexuel \u00e0 tijuana : r\u00e9cits ethnographiques de la zona norte et de la rue coahuila<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Cet article pr\u00e9sente les narrations et les dynamiques sociales de la zone rouge ou de la zone de tol\u00e9rance \u00e0 Tijuana, en Basse-Californie, qui a \u00e9t\u00e9, pendant sept d\u00e9cennies, l'une des enclaves les plus importantes pour le travail du sexe \u00e0 la fronti\u00e8re entre le Mexique et les \u00c9tats-Unis. La rue Coahuila, connue localement sous le nom de \"la <em>Coahuila<\/em>\", situ\u00e9 dans le <em>Zone Nord<\/em>poss\u00e8de l'un des march\u00e9s du sexe les plus dynamiques au monde. Ce travail pr\u00e9sente les r\u00e9sultats obtenus apr\u00e8s presque cinq d\u00e9cennies de visites de cet espace particulier au bord de la fronti\u00e8re, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment, d'une p\u00e9riode de trois ans (2015 \u00e0 2018) au cours de laquelle des visites ethnographiques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es en recueillant des narrations de travailleurs du sexe, d'employ\u00e9s d'\u00e9tablissements, d'usagers et de visiteurs, qui partagent tous des exp\u00e9riences entourant le travail du sexe dans cette zone. L'objectif est d'offrir un regard r\u00e9trospectif et actuel sur les dynamiques du travail du sexe dans les <em>Zone Nord<\/em>la diversit\u00e9 des acteurs qui interagissent dans <em>Le Coahuila<\/em>Il y a aussi des narrations et des descriptions de ce lieu unique pour le march\u00e9 du sexe du pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : travail du sexe, fronti\u00e8re, Tijuana, tourisme sexuel, ethnographie.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Bienvenue \u00e0 Tijuana ... o\u00f9 la polka devient cumbia, le norte\u00f1o devient techno, les mofleros sont des sculpteurs, les peintres sont des graffeurs et la culture se trouve dans la Zona Norte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Bienvenue \u00e0 Tijuana<\/em><br>Roberto Castillo Udiarte<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Au Mexique, d\u00e9terminer la taille de la population des travailleurs du sexe est une t\u00e2che compliqu\u00e9e ; malgr\u00e9 le fait que le recensement de la population de 2010 (<span class=\"small-caps\">inegi<\/span>2010) a cherch\u00e9 \u00e0 estimer le nombre de personnes exer\u00e7ant cette activit\u00e9, le chiffre obtenu semble impliquer une sous-d\u00e9claration, si l'on tient compte des r\u00e9sultats obtenus lors du recensement de la population de 2020 (<span class=\"small-caps\">inegi<\/span>). Ces divergences refl\u00e8tent simplement la complexit\u00e9 de la question, notamment en ce qui concerne l'obtention de chiffres et la relation qui existe souvent entre le travail du sexe et le travail forc\u00e9. L'obligation impos\u00e9e par certains gouvernements locaux d'enregistrer les travailleurs du sexe \u00e0 des fins de contr\u00f4le sanitaire, dans l'intention de r\u00e9duire la propagation de diverses maladies sexuellement transmissibles, est un autre m\u00e9canisme permettant d'estimer les chiffres relatifs au travail du sexe, mais ces mesures ne tiennent pas compte de toutes les activit\u00e9s exerc\u00e9es clandestinement ou de mani\u00e8re informelle.<\/p>\n\n\n\n<p>La complexit\u00e9 du traitement de cette question s'\u00e9tend \u00e9galement aux espaces acad\u00e9miques. En termes th\u00e9oriques et politiques, par exemple, il existe deux positions sur la conception du travail du sexe : abolitionniste et r\u00e9gulatrice. La premi\u00e8re pr\u00f4ne l'\u00e9limination du travail sexuel et d\u00e9nonce l'exploitation qu'il implique (Butler, 2007 ; Jeffreys, 2009) ; la seconde reconna\u00eet les possibilit\u00e9s de travail et d'autonomisation que le travail sexuel - sous certaines conditions - peut offrir aux femmes (Cedr\u00e9s Ferrero, 2018 ; Lamas, 2016). Un troisi\u00e8me d\u00e9bat porte sur la visibilit\u00e9 du \"sexe transactionnel\", entendu comme le sexe pratiqu\u00e9 de mani\u00e8re informelle comme moyen de subsistance, sans que la personne n'appartienne n\u00e9cessairement au march\u00e9 ou aux r\u00e9seaux de prostitution (Leclerc-Madlala, 2004 ; Epstein, 2007). D'autres d\u00e9bats tournent autour de la prostitution masculine et des dynamiques qui s'op\u00e8rent en fonction de leur genre et de leurs activit\u00e9s (Perlongher, 1993).<\/p>\n\n\n\n<p>Il n'est pas dans l'intention de ce document de prendre une position unique sur l'une ou l'autre de ces discussions th\u00e9oriques, c'est pourquoi le terme \"travail du sexe\" est utilis\u00e9 ici pour se r\u00e9f\u00e9rer sp\u00e9cifiquement \u00e0 l'\u00e9change sexuel consensuel entre adultes en \u00e9change d'argent. Au Mexique, comme dans d'autres pays d'Am\u00e9rique latine, les travaux ethnographiques sur la prostitution sont rares ; comme nous le verrons plus loin, une grande partie d'entre eux se concentrent sur les questions de sant\u00e9 publique et les maladies associ\u00e9es \u00e0 la pratique sexuelle, ou sur l'analyse de la prostitution masculine (Barr\u00f3n, 1996 ; Cedr\u00e9s Ferrero, 2018 ; Lamas, 2016 ; Perlongher, 1993 ; R\u00edos, 2003). Les voix et les places des personnes qui exercent le travail du sexe, ou de celles qui travaillent quotidiennement dans cette activit\u00e9, certaines d'entre elles faisant partie des circuits qui fonctionnent autour de la prostitution, comme les prox\u00e9n\u00e8tes, les serveurs, les chauffeurs de taxi, entre autres, sont rarement abord\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>L'observation des espaces et des mani\u00e8res de les habiter, ainsi que la collecte de r\u00e9cits de travailleuses du sexe et de conversations informelles avec des portiers, des talacheros, des serveurs, des nounous, des ex-flics et d'autres personnages de La Coahuila, nous permettent d'utiliser \" l'exp\u00e9rience comme v\u00e9hicule de compr\u00e9hension de l'urbain \" (Grimaldo, 2018), notamment en abordant l'histoire et la conformation de la Zona Norte de Tijuana \u00e0 partir d'une perspective exp\u00e9rientielle.<\/p>\n\n\n\n<p>La projection de la r\u00e9alit\u00e9 sociale tend \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer une relation centre-p\u00e9riph\u00e9rie (Santos, 1991), et dans le cas de Tijuana, un aspect important du d\u00e9veloppement urbain depuis les ann\u00e9es 1950 est li\u00e9 \u00e0 la centralit\u00e9 de trois \u00e9l\u00e9ments dans son horizon social et \u00e9conomique : la fronti\u00e8re, la Zona Centro et la Zona Norte. Aujourd'hui encore, malgr\u00e9 l'expansion de l'urbanisation et le d\u00e9veloppement de zones industrielles \u00e0 l'est de la ville, cet axe fronti\u00e8re-zone centrale-zone nord repr\u00e9sente une base cartographique et symbolique de ce que l'on suppose \u00eatre \"Tijuana\" et de sa relation avec les imaginaires sur la fronti\u00e8re, les l\u00e9gendes noires et, en g\u00e9n\u00e9ral, un espace o\u00f9 certains des \u00e9v\u00e9nements historiques les plus importants ont eu lieu.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note m\u00e9thodologique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article est le fruit d'une longue p\u00e9riode d'observation, de visites ethnographiques et de t\u00e9moignages de personnages de la Zona Norte de Tijuana, tels que portiers, talacheros, serveurs, clients et travailleurs du sexe. La visite des bars et la pr\u00e9sence de plus en plus active des travailleuses du sexe connues sous le nom de \"paraditas\",<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> Le fait que la prostitution soit une forme de travail de rue dans le quartier de Merced \u00e0 Mexico m'a amen\u00e9e \u00e0 m'interroger sur les origines, les motivations et les formes de travail de ces femmes. L'acc\u00e8s au terrain a \u00e9t\u00e9 difficile, en raison de la structuration de la prostitution autour du b\u00e9n\u00e9volat, mais surtout en raison du travail forc\u00e9, notamment pour les femmes qui se prostituent. <em>paraditas<\/em>. La figure des serveurs et des portiers a servi d'hame\u00e7on pour \u00e9tablir le contact avec les diff\u00e9rentes travailleuses du sexe et les autres personnages qui racontent leur histoire dans cet article. Il est important de mentionner qu'aucune des personnes avec lesquelles j'ai parl\u00e9 n'a refus\u00e9 de donner des informations, m\u00eame s'il a fallu plus d'une s\u00e9ance pour chacune d'entre elles. En g\u00e9n\u00e9ral, la plupart des personnes \u00e9taient dispos\u00e9es \u00e0 raconter leur histoire de mani\u00e8re anonyme et confidentielle. En raison des conditions et des caract\u00e9ristiques des sites, il a \u00e9t\u00e9 difficile d'obtenir des enregistrements vid\u00e9o ou des cassettes vid\u00e9o, de sorte que des notes de terrain et diff\u00e9rentes sessions d'entretien ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour compl\u00e9ter les d\u00e9tails des exp\u00e9riences partag\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Aceves, les r\u00e9cits sont \"des espaces de contact et d'influence interdisciplinaires [...] qui permettent, par le biais de l'oralit\u00e9, de fournir des interpr\u00e9tations qualitatives des processus socio-historiques\" (Aceves, 1994 : 114). Le r\u00e9cit rend l'histoire des sujets plus accessible, contrairement aux histoires biographiques, o\u00f9 l'exp\u00e9rience peut \u00eatre \u00e9crasante, ou peut-\u00eatre plus difficile d'acc\u00e8s. Un avantage des r\u00e9cits est la marge de man\u0153uvre qu'ils offrent au chercheur, car l'exp\u00e9rience des sujets peut \u00eatre racont\u00e9e de mani\u00e8re fragment\u00e9e ou partielle et reprise dans le cadre d'une r\u00e9alit\u00e9 plus globale (Mallimaci et Gim\u00e9nez, 2006 : 176). Ainsi, la collecte d'informations a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e de trois mani\u00e8res sp\u00e9cifiques : 1. observation directe et ethnographie consistant en des visites de la Zona Norte et de La Coahuila, \u00e0 l'int\u00e9rieur et \u00e0 l'ext\u00e9rieur de leurs locaux ; 2. conversations et communications personnelles avec les travailleurs \u00e0 l'int\u00e9rieur et \u00e0 l'ext\u00e9rieur de leurs espaces de travail ; et 3. entretiens et communications personnelles ult\u00e9rieures, afin de conna\u00eetre des aspects cruciaux de leur exp\u00e9rience et de leur travail.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">G\u00e9olocalisation de La Coahuila dans la zone nord de Tijuana<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La Zona Norte est la zone de tol\u00e9rance pr\u00e9sente dans l'imaginaire des habitants de la ville, mais aussi de nombreux touristes nationaux et \u00e9trangers ; situ\u00e9e entre la fronti\u00e8re avec les \u00c9tats-Unis et le centre-ville de Tijuana, son c\u0153ur se trouve le long de la rue Coahuila -La Coahuila- et du Callej\u00f3n Coahuila. Bien que la Zona Norte et La Coahuila disposent de plusieurs points d'acc\u00e8s, il est courant d'y acc\u00e9der par la Calle Primera, \u00e0 l'endroit m\u00eame o\u00f9 se trouve l'horloge monumentale qui, de par son design, est entr\u00e9e dans l'imaginaire de Tijuana comme le symbole d\u00e9coup\u00e9 des c\u00e9l\u00e8bres arches dor\u00e9es de McDonalds. La Plaza de Santa Cecilia commence \u00e9galement d'un c\u00f4t\u00e9 de cette place ; la statue de la patronne des musiciens sert de point de r\u00e9f\u00e9rence aux dizaines de mariachis et de groupes de musique norte\u00f1o qui proposent leurs services. Une demi-douzaine de bars se distinguent pour les communaut\u00e9s. <span class=\"small-caps\">lgbttiq<\/span>L'historique Hotel Nelson se trouve \u00e9galement \u00e0 proximit\u00e9. Un p\u00e2t\u00e9 de maisons plus loin, la Calle Primera, entre l'Avenida Revoluci\u00f3n et Constituci\u00f3n, offre au passant une s\u00e9rie de bars, de salles de danse, de billards et d'anciens h\u00f4tels. Certains de ces lieux ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9s au cours de la premi\u00e8re d\u00e9cennie du nouveau mill\u00e9naire, comme le R\u00edo Verde ou l'embl\u00e9matique El Fracaso, une salle de danse avec un juke-box et trois douzaines de femmes qui attendent une \"invitation\" \u00e0 danser, sachant que chaque danse co\u00fbte un dollar. Dans ce m\u00eame lieu, il est \u00e9galement courant de trouver des \"paraditas\" dont les tarifs sont l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des autres lieux, car il s'agit d'un endroit fr\u00e9quent\u00e9 par des personnes de la classe ouvri\u00e8re. \u00c0 l'oppos\u00e9 de ces bars se trouve le Drag\u00f3n Rojo, un bar destin\u00e9 \u00e0 une population plus jeune, avec diff\u00e9rents types de revenus et de consommation culturelle, bien que ces derni\u00e8res ann\u00e9es, cet espace ait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 par les adeptes du m\u00e9tal et du rock. En continuant vers l'ouest le long de la Calle Primera, les deux blocs suivants offrent des \"paraditas\" plus anciennes, ainsi que la zone des travestis et des transsexuels. \u00c0 l'angle de la Calle Primera et de la Calle Constituci\u00f3n, \u00e0 seulement 500 m\u00e8tres de la fronti\u00e8re internationale, commence la descente - symbolique et litt\u00e9rale - au c\u0153ur de la Zona Norte : La Coahuila. C'est sur ce seuil que se trouvent deux lieux embl\u00e9matiques de la vie nocturne de Tijuana : El Taurino et le bar Zacazonapan (aujourd'hui d\u00e9plac\u00e9) ; le premier est connu pour \u00eatre le premier bar gay de la ville, avec un th\u00e8me de cow-boy et une ambiance de f\u00eate. <em>strip-teaseuses<\/em> Le second, qui avait pr\u00e8s de 40 ans, est devenu un point de r\u00e9f\u00e9rence pour les sous-cultures urbaines dans sa derni\u00e8re p\u00e9riode. Le Zacaz, comme on l'appelle encore dans son nouvel emplacement, \u00e9tait un sous-sol aux murs en bois et mal \u00e9clair\u00e9, orn\u00e9 de photographies de Bob Marley, des Beatles et d'autres ic\u00f4nes culturelles. <em>pop<\/em>a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une atmosph\u00e8re <em>souterrain<\/em> L'\u00e9v\u00e9nement \u00e9tait un lieu de collectivit\u00e9, m\u00e9diatis\u00e9 par la consommation ouverte de drogues, d'alcool et d'un r\u00e9pertoire musical vari\u00e9, et il a \u00e9galement servi de lieu de d\u00e9tente pour certains des danseurs de l'exposition. <em>clubs de strip-tease<\/em> dans la r\u00e9gion. Le contraste entre El Taurino et El Zacazonapan, tant en termes d'activit\u00e9s que de public cible, t\u00e9moigne de la diversit\u00e9 des espaces et des go\u00fbts dans la zone nord.<em>. <\/em>La fermeture du bar Zacazonapan en 2019 a d\u00e9structur\u00e9 le quotidien de nombreux jeunes et habitu\u00e9s de tous \u00e2ges et a ouvert la porte \u00e0 l'exploitation de l'eau potable. <em>embourgeoisement<\/em> de cet espace. En 2020, Zacaz a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 sur la septi\u00e8me rue, entre les avenues Revoluci\u00f3n et Madero, dans le centre-ville, au sein d'un autre circuit de bars aux th\u00e8mes et styles vari\u00e9s, couvrant au moins trois p\u00e2t\u00e9s de maisons entre la sixi\u00e8me et la septi\u00e8me rue.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/herandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-4.webp\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1321x872\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 1. Demarcaci\u00f3n de la zona de turismo sexual en la Zona Norte de Tijuana; la l\u00ednea azul representa el callej\u00f3n Coahuila. Fuente: Elaboraci\u00f3n propia.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/herandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-4.webp\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 1. D\u00e9limitation de la zone de tourisme sexuel dans la Zona Norte de Tijuana ; la ligne bleue repr\u00e9sente le couloir de Coahuila. La ligne bleue repr\u00e9sente l'all\u00e9e de Coahuila : \u00c9laboration propre.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>La descente vers La Coahuila est \u00e9galement diversifi\u00e9e \u00e0 tous points de vue : les fa\u00e7ades des magasins qui bordent cette route refl\u00e8tent les diff\u00e9rentes \u00e9poques de l'histoire de la r\u00e9gion. Entre les taquerias et les magasins d'alimentation, tels que Kentucky Fried Buches et Birrier\u00eda Guadalajara, on trouve \u00e9galement des coiffeurs, des \u00e9piceries, des magasins d'alcool, des cabines t\u00e9l\u00e9phoniques et des magasins de v\u00eatements. En outre, jusqu'\u00e0 50 \"paraditas\" offrent leurs services \u00e0 tous ceux qui circulent dans cette rue, r\u00e9parties aux abords de 15 h\u00f4tels et cuarterias. L'un des bars les plus c\u00e9l\u00e8bres de ce tron\u00e7on, de construction moderne et dot\u00e9 d'un h\u00f4tel dans son propre complexe, est La Malquerida, anciennement connu sous le nom de La Charrita Bar. Cet endroit marque le d\u00e9but du Callej\u00f3n Coahuila. En continuant le long de la rue Constituci\u00f3n, on d\u00e9couvre diff\u00e9rents bars et \"clubs de gentlemen\", dont La Gloria, qui dispose de vastes pistes de danse et propose de la musique tropicale, des ficheras et des danseuses \u00e0 louer. De l'autre c\u00f4t\u00e9 de la rue Coahuila, il ne reste du Molino Rojo que l'enseigne criarde qui orne le parking public qu'il est devenu. De l'autre c\u00f4t\u00e9 de la rue se trouve l'embl\u00e9matique Chicago, avec un restaurant, un h\u00f4tel annexe et une centaine de filles, qui rivalise avec des endroits plus populaires comme Hong Kong et Las Adelitas.<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Coahuila, l'art\u00e8re principale de la zone nord, offre \u00e9galement des contrastes : tout d'abord, on y trouve les principaux bars et les h\u00f4tels les plus remarquables de la zone actuelle, tels que Hong Kong, Las Adelitas et Las Chavelas, qui alternent avec les h\u00f4tels, <em>boutiques<\/em> des bars \u00e9rotiques, des restaurants haut de gamme et un temple \"chr\u00e9tien\". En continuant vers l'ouest le long de cette rue, des lieux autrefois c\u00e9l\u00e8bres tels que le Manhattan et le New York sont maintenant ferm\u00e9s ; il reste des h\u00f4tels et quelques cantinas, dont l'As Negro. Vers l'est, en direction de l'Avenida Revolucion, on trouve des bars de classe inf\u00e9rieure et des magasins de v\u00eatements \u00e9rotiques, <em>sexshops<\/em> et de vieux h\u00f4tels. La rue Coahuila, entre la rue Primera et la rue Coahuila, d\u00e9limit\u00e9e par l'avenue Constituci\u00f3n et la rue Ni\u00f1os H\u00e9roes, se distingue par la pr\u00e9sence de plus d'une centaine de \"paraditas\", r\u00e9parties sur ses 140 m\u00e8tres de long. Seules ou en petits groupes, entre d\u00e9contract\u00e9es et peu v\u00eatues, les \"paraditas\" servent de pr\u00e9ambule moins on\u00e9reux \u00e0 ce que les bars et les clubs offrent en termes de femmes et de consommation sexuelle, \u00e9tant donn\u00e9 que des lieux tels que le<em> Hong Kong et Las Chavelas<\/em> ont plusieurs portes d'acc\u00e8s dans cette partie de la zone. On y trouve \u00e9galement un Oxxo, de petits magasins d'alimentation et un casino et une maison de jeu de la franchise Caliente.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/hernandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-5.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"618x413\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 2. Algunos bares, burdeles y hoteles en las inmediaciones del callej\u00f3n Coahuila, localizado entre la calle Coahuila y la calle Primera. Fuente: elaboraci\u00f3n propia.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/hernandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-5.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 2. Quelques bars, maisons closes et h\u00f4tels \u00e0 proximit\u00e9 de la callej\u00f3n Coahuila, situ\u00e9e entre la calle Coahuila et la calle Primera. Source : \u00e9laboration propre.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>De vieux bars comme El Burro et La Carreta survivent encore dans cette ruelle, m\u00eame s'il est \u00e9vident que les cuarter\u00edas, les h\u00f4tels et les autres bars ont d\u00fb se moderniser pour rester comp\u00e9titifs face \u00e0 un public de plus en plus diversifi\u00e9. Un autre contraste dans la <em>glamour<\/em> La caract\u00e9ristique principale de La Coahuila est la pr\u00e9sence de locaux d\u00e9laiss\u00e9s qui servent de refuge aux trafiquants de drogue, connus sous le nom de \"tiradores\", qui crient \"combien, combien, combien...\". Au bout de la ruelle, en direction de l'avenue Ni\u00f1os H\u00e9roes, les bars et les clubs semblent s'adapter \u00e0 un public moins exigeant et aux revenus plus modestes. Dans le m\u00eame temps, les propri\u00e9taires de grandes salles c\u00e9l\u00e8bres ont tendance \u00e0 acqu\u00e9rir certaines de ces salles pour les transformer en espaces verticaux plus attrayants pour un public \u00e0 revenus plus \u00e9lev\u00e9s. Ainsi, la zone Nord se trouve dans une phase d'\u00e9volution. <em>embourgeoisement<\/em> Cette \u00e9volution s'est faite progressivement et r\u00e9guli\u00e8rement depuis la premi\u00e8re d\u00e9cennie du nouveau si\u00e8cle, comme dans d'autres parties de la zone centrale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bars gays et travailleurs transgenres<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Derri\u00e8re la cath\u00e9drale de Tijuana et \u00e0 l'ouest, sur la premi\u00e8re rue, deux rues sont devenues l'espace privil\u00e9gi\u00e9 des transsexuels et des travestis. Au coin des rues ou \u00e0 l'ext\u00e9rieur de divers h\u00f4tels, tels que Mi Oficina et La Perla, ces travailleurs offraient autrefois leurs services nuit et jour ; leurs costumes excentriques, leurs voix masculines et, dans certains cas, leurs modifications corporelles leur conf\u00e9raient une composante distinctive qui les distinguait des autres travailleurs du sexe. Leur approche du client \u00e9tait plus agressive, avec des cris, des sifflets et un langage corporel pour attirer l'attention. Il est important de mentionner que certaines de ces travailleuses \u00e9taient toxicomanes. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1990 et au cours des premi\u00e8res ann\u00e9es de la premi\u00e8re d\u00e9cennie du nouveau si\u00e8cle, les travailleuses du sexe ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es \u00e0 des probl\u00e8mes de toxicomanie. <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>Des bars comme Noa Noa leur servaient de refuge, leur permettant de changer de costume, de retoucher leur maquillage ou d'\u00e9chapper \u00e0 la rue pendant un certain temps. Il y a dix ans, le nombre de travailleurs travestis transgenres \u00e9tait important et la concurrence \u00e9tait rude dans les rues. Aujourd'hui, ils ne sont plus qu'une vingtaine \u00e0 travailler jour et nuit.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/herandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-6.webp\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1320x816\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 3. En rojo, zona de bares y burdeles gays en la Zona Norte; en azul, el corredor donde se ubican las trabajadoras transexuales y travestis. Fuente: elaboraci\u00f3n propia.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/herandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-6.webp\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 3. En rouge, la zone des bars gays et des maisons closes dans la zone nord ; en bleu, le couloir o\u00f9 se trouvent les travailleurs transsexuels et travestis. Source : \u00e9laboration propre.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>La partie orientale de la Zona Norte se caract\u00e9rise par la multitude de bars connus dans le cal\u00f3 nocturne sous le nom de \"de mala muerte\" ; \u00e0 l'ouest se trouve le passage de la Plaza de Santa Cecilia, flanqu\u00e9e d'une horloge g\u00e9ante et de l'historique h\u00f4tel Nelson. Sur cette place, vous trouverez des lieux tels que le <span class=\"small-caps\">df<\/span>le Ranchero et le Hawaii<em>, <\/em>trois bars gays uniques en leur genre. La repr\u00e9sentation d'un <em>croisi\u00e8re<\/em> par El Ranchero, un informateur a fait part de sa perception des visiteurs de ce site :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">la plupart des participants ici sont<em> posons<\/em> (vous savez, si elle ne se prend pas pour Beyonc\u00e9, elle se prend pour Thalia) ; la pr\u00e9dominance de l'image du <em>jotitas<\/em> Il y a un peu de tout (comme dans la vigne du Seigneur) : des \"mayates\", qui vous accompagneront pour quelques dollars, aux \"musculocas\", vous savez, ces filles de salle de sport tr\u00e8s toniques. Ah, il y a aussi les \"potranquitas\", qui sont les gays typiques portant le sombrero, tr\u00e8s \"machines\", barbus et aux biceps bien marqu\u00e9s, mais qui, d\u00e8s qu'ils se mettent \u00e0 moiti\u00e9 \u00e0 p\u00e9ter, poussent des Ana B\u00e1rbara (<em>Commandant Rose<\/em>communication personnelle, juin 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Certains de ces lieux disposaient de \"chambres noires\", utilis\u00e9es pour des relations sexuelles anonymes, o\u00f9 le fait de se regarder constamment \u00e9tait une composante suppl\u00e9mentaire des services offerts par les employ\u00e9s du bar, qui pouvait conduire \u00e0 un flirt. Les salles de bain des bars sont d'autres lieux propices \u00e0 ce type d'activit\u00e9, o\u00f9 l'on peut trouver des jeunes hommes pratiquant des fellations sur des hommes plus \u00e2g\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux d\u00e9cennies plus tard, presque au d\u00e9but de la Plaza de Santa Cecilia et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l'horloge monumentale, Las Cabinas ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9es : un <em>sexshop<\/em> d\u00e9guis\u00e9s, avec des doubles fonds dans le dos, avec des cabines et des salles obscures o\u00f9, pour 80 pesos, l'acc\u00e8s \u00e9tait autoris\u00e9 et o\u00f9 l'on pouvait se promener dans les couloirs pour faire ce que le client voulait sur le plan sexuel. Il est impr\u00e9cis de d\u00e9finir le nombre de lieux clandestins o\u00f9 se d\u00e9roulent ces activit\u00e9s dans la zone nord.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L'univers du travail du sexe dans la Zona Norte : portiers, serveurs, \"talacheros\", \"nanas\" et coiffeurs<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les personnes travaillant dans les bars de la Zona Norte - serveurs, \"talacheros\", portiers, \"nanas\", maquilleurs et coiffeurs - peuvent travailler sous deux r\u00e9gimes : en tant que travailleurs au salaire minimum fixe avec des pourboires, ou en tant que travailleurs ind\u00e9pendants qui doivent verser un quota journalier aux g\u00e9rants de l'\u00e9tablissement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le portier, en plus de servir de premier filtre pour les clients qui entrent et sortent des locaux, tient \u00e9galement un registre des revenus et des d\u00e9penses des travailleurs du sexe. Cette fonction est consid\u00e9r\u00e9e comme prestigieuse, en raison de la responsabilit\u00e9 financi\u00e8re qu'elle implique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les serveurs peuvent \u00eatre fixes ou tournants ; certains bars ont un personnel tr\u00e8s nombreux et tournant, tandis que d'autres ont un personnel restreint mais fixe. Certains bars pr\u00e9f\u00e8rent employer des femmes, tandis que d'autres n'emploient que des hommes. Les serveurs re\u00e7oivent un salaire fixe pour une journ\u00e9e de douze heures, cinq jours par semaine. Certains d'entre eux re\u00e7oivent des pourboires allant de 80 \u00e0 150 dollars am\u00e9ricains. Le \"talachero\" fait office de nettoyeur, mais a aussi pour fonction de faire des courses, pour lesquelles il re\u00e7oit des pourboires.<\/p>\n\n\n\n<p>Des personnages comme \"la nounou\" jouent un r\u00f4le essentiel dans les lieux les plus c\u00e9l\u00e8bres : de la vente de v\u00eatements, de nourriture et de cigarettes \u00e0 la garde des enfants. <em>casiers<\/em>Les \"nounous\" b\u00e9n\u00e9ficient \u00e9galement d'une s\u00e9rie de services : peignes ou brosses, recharge de t\u00e9l\u00e9phone portable, serviettes hygi\u00e9niques, etc. Pour les \"nounous\", l'espace dressing et salle de bain devient leur lieu d'intervention : crochets avec des v\u00eatements, cintres, etc.<em> sexy<\/em>La \"nounou\", les chaussures \u00e0 semelles compens\u00e9es et les sous-v\u00eatements sont expos\u00e9s pour que les filles qui y travaillent puissent les acheter. La \"nana\" doit \u00e9galement payer une redevance journali\u00e8re au g\u00e9rant pour pouvoir travailler.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, les bars les plus c\u00e9l\u00e8bres de la Zona Norte ont commenc\u00e9 \u00e0 engager des maquilleurs et des coiffeurs pour am\u00e9liorer le niveau de \"production\" des filles gr\u00e2ce \u00e0 des services de maquillage et de coiffure professionnels. Bien que l'embauche se fasse \u00e0 la demande du bar, chaque service doit \u00eatre couvert par les filles qui l'utilisent. En outre, les stylistes et les maquilleurs doivent payer une redevance journali\u00e8re pour continuer \u00e0 travailler dans ces lieux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Travailleurs du sexe<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le march\u00e9 du travail sexuel peut \u00eatre divis\u00e9 en deux cat\u00e9gories principales : les victimes de la traite des \u00eatres humains et les personnes qui d\u00e9cident librement d'exercer cette activit\u00e9, que ce soit de mani\u00e8re occasionnelle, temporaire ou permanente. En ce qui concerne la premi\u00e8re cat\u00e9gorie de victimes de la traite, un point de r\u00e9f\u00e9rence important est constitu\u00e9 par les femmes qui travaillent dans les rues et les ruelles du quartier de Merced, \u00e0 Mexico, et qui sont exploit\u00e9es par leur partenaire ou des membres de leur famille. Nombre d'entre elles sont originaires des \u00c9tats de Puebla et de Tlaxcala, mais aussi d'Hidalgo, de Veracruz, de l'\u00c9tat de Mexico et de Guerrero. \u00c0 Tijuana, cette exp\u00e9rience a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre visible dans les ann\u00e9es 1970 et s'est accentu\u00e9e au cours des d\u00e9cennies suivantes. Barr\u00f3n (1996) illustre le d\u00e9veloppement du travail sexuel dans les rues de la Zona Norte, ainsi que les tentatives de certaines de ces femmes de se mobiliser et de s'organiser pour se prot\u00e9ger de la r\u00e9pression polici\u00e8re au cours des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \"paraditas\" ont commenc\u00e9 \u00e0 devenir plus visibles au cours des ann\u00e9es 1990. Ce terme, qui d\u00e9signe les travailleuses du sexe qui proposent ouvertement leurs services dans la rue, a vu le jour il y a plusieurs d\u00e9cennies, lorsque La Coahuila a commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper comme un espace o\u00f9 certaines femmes offraient temporairement des services sexuels \u00e0 bas prix dans les rues les plus fr\u00e9quent\u00e9es de la Zona Norte. Ces femmes avaient recours \u00e0 cette activit\u00e9 pour deux raisons : pour couvrir leurs d\u00e9penses et celles de leurs enfants, ou pour fournir de l'argent \u00e0 leurs partenaires afin qu'ils ach\u00e8tent de la drogue (M. Venegas, communication personnelle, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>Le nombre de \"paraditas\" a commenc\u00e9 \u00e0 augmenter avec la cr\u00e9ation des \"cuarter\u00edas\" et des h\u00f4tels de passage. Outre le fait qu'ils offrent \u00e0 ces femmes un espace de travail de base, comme un lit et une chaise, ces lieux ont tendance \u00e0 fonctionner \u00e0 bas prix et pour de courtes p\u00e9riodes. Les espaces assign\u00e9s \u00e0 ces travailleuses \u00e9taient convenus verbalement entre les propri\u00e9taires de l'espace, g\u00e9n\u00e9ralement les commer\u00e7ants, une autorit\u00e9 municipale suppos\u00e9e et les padrotes. Les \"paraditas\" ont commenc\u00e9 \u00e0 s'installer devant les bars, les h\u00f4tels et les divers commerces qui leur servaient de lieu de travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu'il y ait eu des variations en termes de composition et de nombre de \"paraditas\", ils constituent un groupe h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne en termes d'\u00e2ge, de couleur de peau et d'origine. Au milieu des ann\u00e9es 1990, Barr\u00f3n a caract\u00e9ris\u00e9 les \"paraditas\" en termes d'\u00e2ge et de lieu d'origine, entre autres caract\u00e9ristiques (Barr\u00f3n, 1996). Actuellement, cette population compte environ 400 travailleurs dans les rues de la zone nord. Selon les informations obtenues lors du travail de terrain, les \"paraditas\" travaillent des journ\u00e9es de dix \u00e0 douze heures et ont des quotas quotidiens \u00e9tablis par le padrote, qu'ils appellent \"entregar la cuenta\" (remettre la facture). Les montants varient de 1 500 \u00e0 3 000 pesos par jour. Ces travailleurs louent souvent des appartements ou des chambres dans de vieux h\u00f4tels et immeubles du centre-ville, parfois sur une base saisonni\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Mar\u00eda est une \"paradita\" qui est venue \u00e0 Tijuana amen\u00e9e par son mari-badass, bien qu'elle soit originaire d'une ville de Veracruz ; elle et son mari se sont rencontr\u00e9s \u00e0 Mexico. Ils se sont rapidement aim\u00e9s ; quelques mois plus tard, il a commenc\u00e9 \u00e0 avoir des probl\u00e8mes financiers et lui a demand\u00e9 de chercher des opportunit\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re. \u00c0 son arriv\u00e9e \u00e0 Mexico, Maria raconte que les probl\u00e8mes financiers de son mari \u00e9taient si graves qu'il lui a demand\u00e9 de travailler \u00e0 La Coahuila, en pensant que ce serait temporaire :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Mon premier jour de travail a \u00e9t\u00e9 horrible, je voulais m'enfuir mais je devais soutenir mon homme ... apr\u00e8s quelques semaines, tout a commenc\u00e9 \u00e0 changer et l'argent est arriv\u00e9 ; j'ai commenc\u00e9 \u00e0 aimer les v\u00eatements, les t\u00e9l\u00e9phones, et j'ai chang\u00e9 mon apparence, j'ai commenc\u00e9 \u00e0 porter des v\u00eatements plus os\u00e9s, vous savez, enseigner ... vous apprenez \u00e0 chercher le client, \u00e0 le convaincre, \u00e0 le rendre heureux et \u00e0 vous laisser plus d'argent ; vous offrez plus de services, c'est la vie de beaucoup d'entre nous qui sommes ici (Mar\u00eda, 23 ans, communication personnelle).<\/p>\n\n\n\n<p>S'il semble y avoir un consensus sur le fait que la plupart des femmes qui commercialisent leurs services sexuels le font pour des raisons \u00e9conomiques dans des contextes d'in\u00e9galit\u00e9s sociales marqu\u00e9es (Lim, 1998), il y a aussi celles qui se lancent dans ce secteur pour rembourser des dettes personnelles ou familiales. Elles sont g\u00e9n\u00e9ralement incit\u00e9es ou s\u00e9duites par un proche : un petit ami, un mari, un membre de la famille ou un ami. Fernanda, par exemple, qui a commenc\u00e9 \u00e0 travailler au bar Las Chavelas, est venue \u00e0 Tijuana sur recommandation d'une amie qui vivait \u00e9galement \u00e0 Acaponeta, Nayarit. Elle a d\u00e9cid\u00e9 de s'installer en Basse-Californie pour rembourser une dette :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Vous vous dites que vous ne reviendrez jamais en arri\u00e8re, mais lorsque vous avez besoin d'argent, vos id\u00e9es ou vos projets peuvent changer. C'est la v\u00e9rit\u00e9. Je suis venu travailler dans les bars ici pour une raison particuli\u00e8re, parce que j'\u00e9tais \"drogu\u00e9\".<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> avec une carte de cr\u00e9dit Coppel ; j'ai pens\u00e9 \u00e0 acheter un lit et une armoire, mais je n'ai pas su comment les payer. L\u00e0 o\u00f9 je travaillais, j'\u00e9tais tr\u00e8s peu pay\u00e9 par semaine, mais l\u00e0-bas, c'\u00e9tait convenable. Lors de mon premier voyage \u00e0 Tijuana, je suis rest\u00e9 une dizaine de jours. Je ne dormais pas, et si j'ai tenu autant de jours, c'est parce que je ne pouvais pas rentrer seule chez moi. Pour moi, ce n'\u00e9tait pas seulement le premier jour qui \u00e9tait difficile, c'\u00e9tait tous les jours. Ce qui m'a le plus g\u00ean\u00e9e, c'est qu'il y avait des hommes qui voulaient vous tripoter ou vous faire monter dans la chambre. La v\u00e9rit\u00e9, c'est que je n'ai jamais os\u00e9 le faire. Ici, dans le bar, on voit beaucoup de choses laides, mais on s'en accommode. Le deuxi\u00e8me voyage a \u00e9t\u00e9 plus calme parce que je savais ce que je pouvais faire. Finalement, j'ai pu retourner \u00e0 Acaponeta et payer ma dette \u00e0 Coppel. Le seul point n\u00e9gatif, c'est que l'ami qui m'a amen\u00e9 m'a \"grill\u00e9\",<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> ragot\u00e9<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> J'ai gard\u00e9 ma fiert\u00e9, j'ai peut-\u00eatre trahi ma morale, mais je n'ai laiss\u00e9 aucun homme poser sa main sur moi (Fernanda, 23 ans, communication personnelle).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que minoritaires, d'autres femmes vendent des services sexuels pour obtenir des ressources financi\u00e8res suppl\u00e9mentaires pendant leurs \u00e9tudes. Il existe \u00e9galement des situations minoritaires de jeunes femmes qui vendent des services sexuels pour maintenir un niveau de vie \u00e9lev\u00e9 et consommer des produits de luxe ; certaines le font comme une expression de leur lib\u00e9ration sexuelle et d'autres comme une d\u00e9cision \u00e9conomique rationnelle bas\u00e9e sur les co\u00fbts et les avantages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je viens de Hermosillo et j'\u00e9tudie la comptabilit\u00e9 \u00e0 l'universit\u00e9. <span class=\"small-caps\">unisson<\/span> et pour m'aider je travaille dans un h\u00f4tel ... parce que je suis c\u00e9libataire et que mes parents sont s\u00e9par\u00e9s ... comme je dois payer mon \u00e9cole et acheter mes affaires \u00e0 c\u00f4t\u00e9, j'aime bien m'habiller, \u00eatre \u00e0 la mode. Je viens le donner quand je pars en vacances, on sait ce qu'on vient chercher, c'est tout. Tous les soirs, c'est la m\u00eame chose, se pr\u00e9parer avant de descendre au bar, puis s'inscrire aupr\u00e8s du portier et attendre neuf heures, c'est la dur\u00e9e de la journ\u00e9e. Souvent ce sont les serveurs qui vous d\u00e9placent, parfois ce sont les clients qui vous parlent. J'ai beaucoup de chance car ce sont les hommes qui me cherchent, et non moi qui les cherche ; certains pour discuter, danser et boire, d'autres veulent monter d'urgence dans la chambre. Certains marchandent le prix, mais je demande un forfait de 100 dollars, plus 20 dollars pour la chambre. Quoi qu'il en soit, les trente minutes passent vite. Il m'arrive de rester ici dix jours, le plus longtemps \u00e9tant deux semaines. Je rentre \u00e0 Hermosillo en avion, et avec beaucoup d'argent que j'ai gagn\u00e9, de bons v\u00eatements et les frais de scolarit\u00e9, je ne manque pas d'argent (Liz, 21 ans, communication personnelle).<\/p>\n\n\n\n<p>Traditionnellement, les itin\u00e9raires de prostitution volontaire proviennent des \u00c9tats de la r\u00e9gion du Pacifique Nord, c'est-\u00e0-dire Nayarit, Sinaloa et Sonora, mais on observe \u00e9galement des itin\u00e9raires provenant des \u00c9tats du Centre-Ouest et du Centre-Nord : Zacatecas, Jalisco, Quer\u00e9taro, Guanajuato et Michoac\u00e1n, sans parler de la ville de Mexico et de l'\u00c9tat de Mexico.<\/p>\n\n\n\n<p>L'\u00e2ge est un facteur d\u00e9terminant dans ce secteur : les jeunes travailleuses sont plus susceptibles d'\u00eatre pay\u00e9es dans les sites de prostitution haut de gamme, bien qu'il y ait \u00e9galement des femmes plus \u00e2g\u00e9es qui, gr\u00e2ce \u00e0 leur exp\u00e9rience, sont en mesure de gagner des revenus plus \u00e9lev\u00e9s que les jeunes femmes. Il n'est pas possible d'affirmer qu'il existe une cause unique expliquant pourquoi certains types de femmes se retrouvent dans la zone Nord en tant que travailleuses du sexe. D'apr\u00e8s les t\u00e9moignages des travailleuses, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que la plupart des travailleuses qui ne sont pas dans la rue obtiennent des informations sur ce type de travail aupr\u00e8s de membres de leur famille, d'amis et de voisins ; le cas de Crystal est associ\u00e9 \u00e0 ce type de situation :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je viens de Guaymas, o\u00f9 je suis tomb\u00e9e par hasard. J'avais un partenaire avec lequel j'ai eu un b\u00e9b\u00e9, mais tout a commenc\u00e9 \u00e0 aller de travers parce qu'il s'est mis \u00e0 se droguer. Cela a fini par se terminer ; je suis devenue tr\u00e8s d\u00e9prim\u00e9e et j'ai fini par devenir anorexique. Au bout d'un an, des amis qui me rendaient visite m'ont fait sortir de la maison et m'ont convaincue de venir avec eux \u00e0 Tijuana. Ils m'ont simplement dit que tout irait bien, alors j'ai laiss\u00e9 mon b\u00e9b\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re. Je suis arriv\u00e9e au bar et j'ai cru que c'\u00e9tait une f\u00eate, des hommes voulant vous draguer, de la bi\u00e8re gratuite et de la musique pour danser. Ici, ils m'ont offert une chambre, de la nourriture gratuite et tout le reste. La chose la plus horrible qui me soit arriv\u00e9e a \u00e9t\u00e9 de rencontrer un \"pl\u00e9b\u00e9ien\" du lyc\u00e9e o\u00f9 j'\u00e9tais. Nous nous sommes vus et nous nous sommes reconnus, mais nous avons automatiquement fait comme si nous ne nous \u00e9tions jamais vus auparavant. C'\u00e9tait une co\u00efncidence (Crystal, 20 ans, communication personnelle).<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe \u00e9galement des cas d'autres femmes qui ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9es l\u00e0 par des recruteurs, qui les contactent souvent dans leur lieu d'origine par l'interm\u00e9diaire de r\u00e9seaux d'amis, leur offrant le transport, le logement et l'espoir d'un bon revenu :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Ici, \u00e0 Culiac\u00e1n, il \u00e9tait courant qu'un padrote se pr\u00e9sente et vous propose de travailler \u00e0 Tijuana. Il rassemblait six \"morras\" et venait \u00e0 Tijuana, et on lui offrait un peu d'argent pour chaque fille qu'il amenait. Il offrait le transport, le logement et la nourriture. Bien s\u00fbr, il recherchait les filles les plus jeunes, de pr\u00e9f\u00e9rence les plus chaudes. Il ne vous disait pas que vous veniez pour travailler comme pute, mais nous savions toutes ce que nous venions faire. Une fois dans le bar, on \u00e9tait libre. La concurrence et l'envie ne manquaient pas entre les \"morras\", mais il y avait toujours du travail. Certains jours, on se d\u00e9brouillait mieux avec les frites, d'autres avec les pi\u00e8ces de monnaie (Tania, 26 ans, communication personnelle).<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines de ces entreprises concluent un accord \u00e9crit avec la travailleuse du sexe, l'obligeant \u00e0 travailler au moins deux semaines, faute de quoi elles doivent rembourser tous les frais de d\u00e9placement et de subsistance encourus. Toutes les femmes nouvellement arriv\u00e9es n'\u00e9taient pas oblig\u00e9es de proposer des services sexuels : certaines d'entre elles ne gagnent leur vie qu'en tant qu'escortes ou ficheras.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De Hong Kong \u00e0 l'As noir : contrastes \u00e9conomiques et r\u00e9cr\u00e9atifs dans la zone nord<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Une partie des contrastes observ\u00e9s dans la Zona Norte est li\u00e9e au niveau de revenu, \u00e0 l'\u00e2ge, aux go\u00fbts personnels, au type de musique pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 et au lieu d'origine des clients, qu'ils soient locaux ou \u00e9trangers. La zone offre un large r\u00e9pertoire d'options, ce qui en fait un espace attrayant et diversifi\u00e9. Certains vieux bars et cantinas des ann\u00e9es soixante-dix sont encore fr\u00e9quent\u00e9s par des clients qui ont juste assez d'argent pour payer une caguama (une bouteille de bi\u00e8re de pr\u00e8s d'un litre), et par ceux qui ont le luxe d'inviter une \"damita\" \u00e0 leur table, terme utilis\u00e9 pour d\u00e9signer les ficheras, c'est-\u00e0-dire les femmes qui font payer leur compagnie \u00e0 l'int\u00e9rieur des bars.<\/p>\n\n\n\n<p>El Indio est l'un de ces vieux bars qui survivent, m\u00eame s'ils semblent vides ; avec un bar en bois \u00e9caill\u00e9 qui tombe presque de vieillesse, de vieilles affiches et des fleurs en papier fan\u00e9es, ainsi qu'un autel d\u00e9di\u00e9 au Santo Ni\u00f1o de Atocha, la table de billard et l'unique jukebox ne semblent pas si seuls. \u00c0 La Malquerida, en revanche, l'ambiance commence \u00e0 partir de minuit, avec de la musique live jou\u00e9e presque en continu. Des filles sur la piste de danse centrale ou dansant sur le bar en s'accrochant \u00e0 des tuyaux m\u00e9talliques brillants accompagnent les visiteurs pour qu'ils ne passent pas la nuit seuls. Une bi\u00e8re pour une fille co\u00fbte huit dollars, dix s'il s'agit d'un drink, plus un dollar de pourboire. Les filles interrog\u00e9es ont mentionn\u00e9 l'existence d'une strat\u00e9gie consistant \u00e0 remplacer la bi\u00e8re ou la boisson \u00e0 laquelle elles sont invit\u00e9es par une boisson non alcoolis\u00e9e, un \"chile\" en termes indig\u00e8nes ; les serveurs et les filles connaissent cette m\u00e9thode. Presque en face de La Malquerida subsistent deux lieux qui semblent fonctionner comme des <em>danse de table<\/em>Les bars sont g\u00e9n\u00e9ralement vides, mais il y a des filles l\u00e9g\u00e8rement v\u00eatues avec des visages en col\u00e8re \u00e0 l'entr\u00e9e. Quelques pas plus loin se trouve La Valentina, un endroit immense et sombre par rapport aux autres bars du quartier, avec des meubles en bois et des fauteuils rouges, ainsi qu'une tr\u00e8s grande piste de danse. Cet endroit se targue d'\u00eatre le plus propre de la Zona Norte : ses pistes de danse, ses salles de bains et ses couloirs sont impeccables. \u00c0 l'ext\u00e9rieur de La Valentina, les transporteurs proposent de belles filles, une bonne vari\u00e9t\u00e9 et des bi\u00e8res 2\u00d71, car la concurrence avec les autres commerces est g\u00e9n\u00e9ralement f\u00e9roce. En face de cet endroit, vous pouvez voir La Carreta, un bar qui offre une certaine sordidit\u00e9 : des femmes qui ne font pas le trottoir. <em>montrer<\/em> Sur sc\u00e8ne, ils apparaissent assis sur des chaises ou au bar, arborant des tatouages vari\u00e9s qui peuvent \u00eatre r\u00e9v\u00e9lateurs d'un pass\u00e9 difficile, d'un signe d'attachement \u00e0 un \u00eatre cher ou d'un go\u00fbt futile. Le maquillage est souvent excessif, cherchant parfois \u00e0 cacher la vie difficile qu'ils ont men\u00e9e, li\u00e9e \u00e0 des addictions. Ce lieu concentre un nombre \u00e9lev\u00e9 de femmes ayant des probl\u00e8mes d'addiction ou ayant des partenaires ayant des probl\u00e8mes d'addiction.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 30 m\u00e8tres de La Carreta se trouvent Las Chavelas et Hong Kong, deux des endroits les plus populaires. Avant d'\u00eatre autoris\u00e9 \u00e0 entrer, le client est contraint de se soumettre \u00e0 une fouille corporelle pour \u00e9viter l'entr\u00e9e d'armes. Las Chavelas (photo 1), consid\u00e9r\u00e9 comme le palais de la musique nordique, est spacieux et a\u00e9r\u00e9. Il dispose de deux grands bars, d'une sc\u00e8ne de concert et d'une salle priv\u00e9e. On dit que cet endroit accueillait autrefois les femmes les plus belles et les plus s\u00e9lectes de la r\u00e9gion. M\u00eame si c'est un mercredi soir, la journ\u00e9e est sp\u00e9ciale car des groupes de musique nordique se produisent en direct. L'endroit est bond\u00e9, avec notamment le c\u00e9l\u00e8bre groupe Los Cadetes de Linares, en alternance avec le groupe Sentenciados. L'ambiance est \u00e0 la f\u00eate : les tables et le bar sont pleins. Pour se mettre dans l'ambiance, les serveurs recommandent de s'installer \u00e0 la table d'une jolie fille. Les clients doivent \u00e9galement choisir entre commander un seau de bi\u00e8re ou un demi seau de bi\u00e8re, en fonction de leur budget. Chaque seau co\u00fbte quatre-vingts dollars, dont la fille re\u00e7oit dix jetons, et \u00e0 la fin de la journ\u00e9e, elle peut toucher sa commission. Au moment de la visite, le bar comptait une centaine de femmes disponibles pour boire et danser. Si le type de musique ou les filles de Las Chavelas ne vous conviennent pas, vous pouvez vous rendre au bar voisin, le Hong Kong, qui appartient au m\u00eame propri\u00e9taire. Les deux \u00e9tablissements partagent l'h\u00f4tel Cascadas de quatre \u00e9tages et plus de 100 chambres, qui co\u00fbte 100 dollars la nuit ou 18 dollars pour une rencontre de 30 minutes avec une fille de l'un ou l'autre bar.<\/p>\n\n\n\n<p>Hong Kong dispose de diff\u00e9rents sc\u00e9narios qui lui permettent de se pr\u00e9senter comme un lieu exclusif et haut de gamme. Les clients recommandent de faire attention \u00e0 son portefeuille, car l'argent a tendance \u00e0 s'envoler rapidement. Chaque verre pour une fille co\u00fbte neuf dollars, et un seau 90 dollars. Les filles dans les bars et les couloirs demandent une contribution volontaire d'un dollar ; si vous voulez les toucher plus souvent, vous devez sortir plus de dollars. Les <em>spectacles<\/em> La mousse est un \u00e9l\u00e9ment qui attire l'attention des visiteurs et des visiteurs tout court. <em>voyeuristes<\/em>Pour pouvoir s'asseoir au pied de ces pistes, il faut beaucoup d'argent et accepter d'\u00eatre tremp\u00e9 par la mousse et l'eau. Sur trois niveaux, des cours et des petites salles priv\u00e9es, les jeux de lumi\u00e8res et le reggaeton servent de toile de fond au d\u00e9fil\u00e9 de plus d'une centaine de femmes qui exhibent leur corps, enti\u00e8rement ou partiellement nu. \"Lors d'une soir\u00e9e safari typique \u00e0 Hong Kong, beaucoup de choses peuvent arriver, en particulier le fait de ne plus avoir d'argent dans son portefeuille\" (conversation \u00e0 b\u00e2tons rompus avec un client, octobre 2016).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/herandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-2.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"452x245\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 1. Cliente habitual en el bar Las Chavelas en la Zona Norte de Tijuana. Fuente: Guillermo Arias, 2009.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/herandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-2.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photo 1 : Client r\u00e9gulier du bar Las Chavelas dans la Zona Norte de Tijuana. Source : Guillermo Arias, 2009 : Guillermo Arias, 2009.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>De l'autre c\u00f4t\u00e9 de la rue du Hong Kong se trouve un autre \u00e9tablissement de la m\u00eame cha\u00eene, El Tropical, un bar dont l'histoire remonte \u00e0 plus de trente ans. On dit qu'avant de ressembler \u00e0 un lieu moderne et brillant, les locaux o\u00f9 se trouve ce bar \u00e9taient sombres et d\u00e9labr\u00e9s. Le Tropical peut accueillir 300 clients ; 30 serveurs et une centaine de filles font tourner l'\u00e9tablissement. L'ambiance est \u00e0 la f\u00eate, avec des clients d'\u00e2ges et de nationalit\u00e9s vari\u00e9s qui arrivent pr\u00eats \u00e0 s'amuser. Les Philippins arrivent g\u00e9n\u00e9ralement en groupes de Los Angeles et de San Diego, en Californie ; certains sont dou\u00e9s pour la danse et ont tendance \u00e0 \u00eatre tr\u00e8s jaloux des filles. Ils apprennent rapidement \u00e0 parler espagnol et aiment se vanter de leur profession apparente : il est courant qu'ils pr\u00e9tendent \u00eatre m\u00e9decins ou ing\u00e9nieurs, bien qu'il puisse s'agir d'un mensonge, selon les filles qui ont racont\u00e9 leur histoire. Les clients asiatiques pr\u00e9f\u00e8rent g\u00e9n\u00e9ralement les femmes \u00e0 la peau claire et de corpulence mince. Les clients cor\u00e9ens ont tendance \u00e0 se montrer plus souvent le week-end ; beaucoup d'entre eux travaillent comme personnel technique dans les maquiladoras de Tijuana et de San Diego. Les Chinois, les Ta\u00efwanais et les Vietnamiens circulent \u00e9galement ; dans leur cas, il existe un m\u00e9canisme de liaison entre ces types de lieux \u00e0 La Coahuila et ceux qu'ils connaissent dans leur pays d'origine. Plusieurs filles ont \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 que ces clients aimaient tomber amoureux d'elles, m\u00eame s'il s'agissait d'un amour \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Aucune d'entre elles ne peut pr\u00e9dire comment la nuit se terminera : si pour certaines elle se passera tr\u00e8s bien, pour d'autres elle ne suffira m\u00eame pas \u00e0 payer le logement, la nourriture ou les dettes pour les v\u00eatements, les chaussures, les parfums ou les cosm\u00e9tiques qu'elles ont contract\u00e9s aupr\u00e8s de la \"nana\". En raison du grand nombre de femmes travaillant dans ces lieux, les entreprises qui les exploitent ont \u00e9t\u00e9 contraintes de construire ou d'adapter davantage de chambres dans les h\u00f4tels.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la Zona Norte, le vieil adage selon lequel \"il y a toujours quelque chose de mauvais dans quelque chose de mauvais\" se v\u00e9rifie ; \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lieux ostentatoires comme le Hong Kong ou les Adelitas (photo 2), des espaces de moindre importance visuelle - comme l'As Negro - ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s.<em>-<\/em> sont entretenus par un flux constant de clients qui aiment la musique norte\u00f1o et qui appr\u00e9cient l'exp\u00e9rience \"traditionnelle\" de la cantina : jeu et alcool, pr\u00e9sence minimale de femmes et musique d'artistes tels que Chalino S\u00e1nchez, Los Tigres del Norte et Ram\u00f3n Ayala. Ces espaces servent d'\u00e9vocation \u00e0 des \u00e9poques r\u00e9volues, lorsque les <em>embourgeoisement<\/em> et la diversification \u00e9taient limit\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe des lieux avec des publics cibles diff\u00e9rents, bien que le lieu le plus embl\u00e9matique de la Zona Norte reste Hong Kong ; deux bars capables de le concurrencer sont Las Adelitas et El Chicago. Paradoxalement, Las Adelitas se trouve \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d'un temple chr\u00e9tien. Bien qu'il s'agisse d'un vieux bar, l'Adelitas a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en un espace o\u00f9 les \"mauvaises filles\" deviennent des dames s\u00e9duisantes ; \u00e0 l'entr\u00e9e du bar se trouve l'image d'une \"adelita\" v\u00eatue de v\u00eatements r\u00e9volutionnaires rouges et blancs, avec un chapeau r\u00e9volutionnaire et un fusil de chasse \u00e0 la main (photo 3). Une caract\u00e9ristique frappante de ce lieu est le grand nombre de femmes qui ont subi une chirurgie esth\u00e9tique, qu'il s'agisse d'une augmentation mammaire, d'une liposculpture ou d'une chirurgie faciale, entre autres. Les regards per\u00e7ants des h\u00f4tesses de l'Adelitas remplacent les mots. Dans les couloirs, une longue file de femmes exhibant leurs corps voluptueux annonce que les d\u00e9sirs et les fantasmes peuvent \u00eatre \u00e0 la port\u00e9e du client, il suffit de convenir d'un prix ou d'un tarif. Dans son roman <em>Pleine lune sur les rochers<\/em>L'\u00e9crivain Xavier Velasco nous offre un portrait vivant de ce lieu. Une autre exp\u00e9rience similaire aux Adelitas est El Chicago, un lieu m\u00e9morable dans l'imaginaire des pachucos, des rockers et de l'industrie. <em>motards<\/em>Bien qu'il ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment transform\u00e9 pour offrir un spectacle visuel audacieux aux clients, ce lieu dispose \u00e9galement d'un service h\u00f4telier pour faciliter le travail et la consommation de services sexuels. Ce lieu dispose \u00e9galement d'un service h\u00f4telier pour faciliter le travail et la consommation de services sexuels.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/herandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"701x480\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 2. Trabajadora sexual en Las Adelitas, uno de los principales bares de la Zona Norte. Fuente: Guillermo Arias, 2012.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/herandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Travailleuse du sexe \u00e0 Las Adelitas, l'un des principaux bars de la Zona Norte. Source : Guillermo Arias, 2012 : Guillermo Arias, 2012.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Chicago repr\u00e9sente la fronti\u00e8re de La Coahuila au nord, s\u00e9par\u00e9e par seulement deux p\u00e2t\u00e9s de maisons de la fronti\u00e8re avec les \u00c9tats-Unis. Ces p\u00e2t\u00e9s de maisons sont occup\u00e9s par des h\u00f4tels anciens et n\u00e9glig\u00e9s, des quartiers et des b\u00e2timents d\u00e9labr\u00e9s, et de petits \u00e9tablissements commerciaux accueillant une population flottante de vendeurs de rue, d'\u00e9boueurs, de trafiquants de drogue, de toxicomanes et de familles vivant dans des conditions sordides. En direction de la fronti\u00e8re internationale, deux types de paysages attirent l'attention du passant : un pont menant aux points de contr\u00f4le d'El Chaparral et de San Ysidro et, d'autre part, en direction de la mer, la cl\u00f4ture frontali\u00e8re, mat\u00e9rialis\u00e9e par deux murs parall\u00e8les en acier et en b\u00e9ton de dix m\u00e8tres de haut. Ces barri\u00e8res sont \u00e9quip\u00e9es des derni\u00e8res technologies en mati\u00e8re de surveillance et de s\u00e9curit\u00e9 : \u00e9clairage 24 heures sur 24, cam\u00e9ras vid\u00e9o \u00e0 vision nocturne et thermique, unit\u00e9s terrestres et a\u00e9riennes de la Customs and Border Protection (CBP).<span class=\"small-caps\">cbp<\/span>).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/herandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-3.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"710x708\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 3. La presencia de las fuerzas policiales en la Zona Norte es constante. Fuente: Guillermo Arias, 2010.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/vol5num9-multimedia\/herandez-trabajo_sexual_tijuana-imagen-3.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photo 3. La pr\u00e9sence polici\u00e8re dans la zone nord est constante. Source : Guillermo Arias, 2010 : Guillermo Arias, 2010.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Diff\u00e9rences entre la client\u00e8le locale, nationale et \u00e9trang\u00e8re<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La client\u00e8le locale est compos\u00e9e d'ouvriers du b\u00e2timent, de compagnons, d'entrepreneurs, d'\u00e9lectriciens, de charpentiers, de plombiers, de ma\u00e7ons et d'exploitants de maquiladoras, ainsi que de techniciens, de professionnels et de petits et moyens entrepreneurs. Parmi la client\u00e8le nationale, on trouve des professionnels et des cadres qui visitent la ville pour le travail, mais aussi des vacanciers mexicains qui, compte tenu de la r\u00e9putation de Tijuana en mati\u00e8re de vie nocturne, se retrouvent dans la Zona Norte. Sans aucun doute, le travail offert par les \"paraditas\" est devenu un moyen facile et simple de satisfaire les besoins sexuels des clients disposant d'un petit budget, compar\u00e9 \u00e0 ce qu'ils devraient payer dans les espaces ferm\u00e9s ; la diff\u00e9rence pouvait repr\u00e9senter quatre \u00e0 cinq fois entre un endroit et l'autre. Bien que les \"paraditas\" fassent payer peu, \u00e0 la fin de la journ\u00e9e, une padrote pouvait recevoir entre 3 000 et 5 000 pesos par jour, une somme qui, en une semaine, pouvait repr\u00e9senter un revenu allant jusqu'\u00e0 30 000 pesos, sans compter que certaines pouvaient avoir plus d'une femme qui travaillait pour elles.<\/p>\n\n\n\n<p>La croissance de la population asiatique en Californie du Sud a entra\u00een\u00e9 une visibilit\u00e9 accrue dans les bars et les bo\u00eetes de nuit de la Zona Norte de Tijuana : des centaines de Cor\u00e9ens, de Chinois, de Philippins et de Tha\u00eflandais ont influenc\u00e9 l'offre sexuelle et la modernisation ult\u00e9rieure de certains lieux de la ville, afin d'imiter les zones de tol\u00e9rance de villes telles que Manille, Bangkok, Hong Kong et Kuala Lumpur. Les d\u00e9penses qu'ils ont pu faire en ont fait des clients privil\u00e9gi\u00e9s pour les entreprises. L'attrait de ces personnes pour les bars, en particulier pour les travailleuses, \u00e9tait sans aucun doute leur capacit\u00e9 \u00e9conomique par rapport \u00e0 la client\u00e8le mexicaine. Les clients anglophones repr\u00e9sentent une grande vari\u00e9t\u00e9 d'\u00e2ges, de groupes sociaux et de niveaux de revenus. Ils visitent Tijuana seuls, \u00e0 deux ou en groupes d'amis, et peuvent y passer quelques heures, une nuit ou quelques jours. Le flux r\u00e9gulier de clients internationaux fait de lieux comme Hong Kong un espace v\u00e9ritablement cosmopolite.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les restrictions sanitaires mises en place pour lutter contre la pand\u00e9mie de <span class=\"small-caps\">covid<\/span>-19, les autorit\u00e9s locales ont d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 la fermeture des bars et des bo\u00eetes de nuit, une situation qui a oblig\u00e9 les diff\u00e9rents commerces de la Zona Norte \u00e0 s'adapter, en simulant leur fermeture en fermant litt\u00e9ralement leurs portes principales. Pour faire face \u00e0 cette \u00e9ventualit\u00e9 et ne pas subir de pertes \u00e9conomiques ou d'amendes de la part des autorit\u00e9s, des \u00e9tablissements tels que Hong Kong, Las Adelitas et El Chicago ont commenc\u00e9 \u00e0 proposer leurs services directement dans leurs chambres d'h\u00f4tel, \u00e0 l'abri du regard du public. Bien que la fronti\u00e8re entre les \u00c9tats-Unis et le Mexique ait \u00e9t\u00e9 partiellement ferm\u00e9e, interdisant l'entr\u00e9e des Mexicains munis d'un visa touristique dans le pays voisin, les restrictions \u00e0 l'entr\u00e9e des \u00e9trangers au Mexique \u00e9taient totalement inexistantes, ce qui a permis au flux de personnes dans et autour de La Coahuila de se poursuivre sans rel\u00e2che, principalement compos\u00e9 de touristes am\u00e9ricains et asiatiques. L'un des facteurs qui a contribu\u00e9 \u00e0 la visibilit\u00e9 et \u00e0 la publicit\u00e9 de cette nouvelle modalit\u00e9 clandestine a \u00e9t\u00e9 les r\u00e9seaux sociaux, puisque gr\u00e2ce \u00e0 des plateformes telles que Reddit, les personnes int\u00e9ress\u00e9es par ce type de service ont d\u00e9couvert que Hong Kong, par exemple, op\u00e9rait au septi\u00e8me \u00e9tage de l'h\u00f4tel Cascadas, o\u00f9 toutes les chambres de cette section \u00e9taient ouvertes et interconnect\u00e9es pour le fonctionnement presque normal de ce lieu embl\u00e9matique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9flexions finales<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'un des march\u00e9s du sexe les plus prolifiques au monde est situ\u00e9 dans le nord du Mexique et constitue une r\u00e9alit\u00e9 incontestable. Bien que les descriptions et les r\u00e9cits pr\u00e9sent\u00e9s dans ce document s'\u00e9tendent jusqu'aux processus de modernisation et de <em>embourgeoisement <\/em>Dans la zone nord, qui tente d'imiter les quartiers sexuels des villes d'Europe et d'Asie du Sud-Est, il existe de nouvelles dynamiques autour du tourisme et du travail du sexe qui n'ont pas \u00e9t\u00e9 prises en compte. Depuis 2008, avec la <em>fl\u00e8che<\/em> des r\u00e9seaux sociaux et l'arriv\u00e9e de la <em>smartphones<\/em>En cons\u00e9quence, les gens ont commenc\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer leur vie quotidienne au monde virtuel et num\u00e9rique. L'internet est devenu un \u00e9l\u00e9ment de la vie quotidienne des gens ; une partie de cette socialisation a in\u00e9vitablement englob\u00e9 le domaine sexuel. Alors que certaines personnes ont concentr\u00e9 leurs efforts cr\u00e9atifs sur le d\u00e9veloppement de sites web et d'applications d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la mise en relation ou aux rencontres, d'autres ont profit\u00e9 des possibilit\u00e9s offertes non seulement pour proposer des services sexuels, mais aussi pour fournir d'authentiques guides virtuels sur le travail du sexe : Des pages d\u00e9crivant comment se rendre \u00e0 La Coahuila et \u00e9viter de se faire arnaquer - ou pire, voler - aux forums o\u00f9 les femmes de la Zona Norte sont m\u00e9ticuleusement \u00e9valu\u00e9es par leurs clients, afin que les futurs consommateurs puissent avoir une id\u00e9e r\u00e9aliste de leurs attentes ; ainsi, sur des portails tels que Yelp, couramment utilis\u00e9s pour \u00e9valuer les restaurants et les entreprises, des avis ont commenc\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre et \u00e0 \u00eatre diffus\u00e9s. <em>conseils<\/em> sur des lieux de La Coahuila tels que Hong Kong, Adelitas et El Chicago, entre autres. Ces entreprises ont ouvert leurs propres pages <em>web<\/em>qui pr\u00e9sente des galeries de photos des filles du mois et propose une inscription \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements et des adh\u00e9sions. <span class=\"small-caps\">vip<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, des sites web tels que mileroticos, locanto, adultguia et sustitutas, entre autres, ont commenc\u00e9 \u00e0 utiliser le terme \"m\u00e8re porteuse\". <em>escorte<\/em> Le monde virtuel a \u00e9largi le march\u00e9 sexuel et a permis aux travailleurs du sexe de proposer leurs services en dehors des lieux traditionnels et m\u00eame sans avoir n\u00e9cessairement besoin d'un repr\u00e9sentant au milieu. Le monde virtuel a \u00e9largi le march\u00e9 sexuel et a permis aux travailleurs du sexe de proposer leurs services en dehors des lieux traditionnels et m\u00eame sans avoir n\u00e9cessairement besoin d'avoir un repr\u00e9sentant au milieu. Les applications de rencontre telles que Tinder, Bumble et Grindr ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9es par des personnes qui, sous couvert de chercher un rendez-vous, proposaient leurs services sexuels apr\u00e8s avoir \u00e9tabli un premier contact.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame temps, des communaut\u00e9s en ligne de renomm\u00e9e internationale, telles que Reddit, ont commenc\u00e9 \u00e0 avoir des sections o\u00f9 l'on discutait activement non seulement des lieux de La Coahuila, mais aussi des filles qui travaillaient directement dans ces clubs et dans la r\u00e9gion de La Coahuila. <em>escortes<\/em> de sites tels que ceux mentionn\u00e9s ci-dessus. La massification de Youtube et le ph\u00e9nom\u00e8ne des <em>youtubers <\/em>e <em>influenceurs <\/em>sur des plateformes telles que Twitter et Instagram a permis l'apparition de visites vid\u00e9o guid\u00e9es \u00e0 travers les comptes de diff\u00e9rents touristes visitant Tijuana et, plus particuli\u00e8rement, La Coahuila, ce qui a donn\u00e9 une plus grande visibilit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9gion, en plus de la possibilit\u00e9 de visiter ses ruelles et d'observer les \"paraditas\" de mani\u00e8re virtuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette nouvelle \u00e9tape, en plus d'offrir une plus grande visibilit\u00e9 et de faire conna\u00eetre le monde de La Coahuila dans des espaces mondialis\u00e9s, a ouvert le march\u00e9 \u00e0 de nouveaux participants, notamment des \u00e9tudiants, des femmes professionnelles et des personnes \u00e0 la recherche d'un revenu suppl\u00e9mentaire ou d'un niveau de vie plus \u00e9lev\u00e9, comme dans le cas des femmes \u00e0 la recherche d'un meilleur niveau de vie. <em>b\u00e9b\u00e9s en sucre<\/em>Cette expansion du march\u00e9 et des nouvelles technologies a \u00e9galement permis l'\u00e9mergence du ph\u00e9nom\u00e8ne du \"commerce du sexe\", qui d\u00e9signe les femmes qui \u00e9changent des faveurs sexuelles contre des avantages \u00e9conomiques de la part de personnes \u00e0 fort pouvoir d'achat. Cette expansion du march\u00e9 et les nouvelles technologies ont \u00e9galement permis l'\u00e9mergence du ph\u00e9nom\u00e8ne du \"commerce du sexe\". <em>camgirls<\/em>ou des sites tels que Onlyfans, des filles qui, \u00e0 l'aide d'une cam\u00e9ra <em>web<\/em> peuvent proposer diff\u00e9rents services sexuels ou r\u00e9aliser des \u00e9missions en direct en \u00e9change de dollars, de crypto-monnaies ou de diff\u00e9rents articles provenant de sites tels qu'Amazon, eBay ou MercadoLibre. Le ph\u00e9nom\u00e8ne des <em>camgirls<\/em> et des sites tels que Onlyfans a suscit\u00e9 un nouveau d\u00e9bat sur la r\u00e9cup\u00e9ration du travail sexuel par les travailleurs du sexe et sur l'autonomisation des femmes par le libre exercice et la jouissance de leur corps - seules ou avec leur partenaire - en \u00e9change de gains substantiels.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, au-del\u00e0 des nouvelles formes et orientations que semble prendre le travail du sexe ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le d\u00e9bat sur la conception de la prostitution en tant que travail ou exploitation ne doit pas faire oublier le contexte de violence \u00e9lev\u00e9 au Mexique, qui s'est accru depuis les trois derni\u00e8res administrations pr\u00e9sidentielles. Malgr\u00e9 les efforts d\u00e9ploy\u00e9s pour d\u00e9stigmatiser le travail du sexe, il est clair qu'une structure hi\u00e9rarchique totalement verticale continue d'op\u00e9rer, avec une faible marge d'action pour les femmes concern\u00e9es : au-del\u00e0 des pauses, des libert\u00e9s et des privil\u00e8ges dont jouissent les femmes dans des lieux tels que Hong Kong, les Adelitas ou les Chavelas par rapport aux \"paraditas\", le risque de violence est toujours pr\u00e9sent en fonction du contexte, des p\u00e9riodes et des autres acteurs impliqu\u00e9s dans les circuits et les modalit\u00e9s du travail du sexe. M\u00eame avec un tel sc\u00e9nario, ce type de travail et tous les acteurs impliqu\u00e9s sont toujours pr\u00e9sents dans la vie quotidienne de cet espace, ce qui fait que le risque de violence est toujours pr\u00e9sent, en fonction du contexte, des p\u00e9riodes et des autres acteurs impliqu\u00e9s dans les circuits et les modalit\u00e9s du travail du sexe. <em>Zone Nord<\/em> un lieu embl\u00e9matique qui semble se renouveler en permanence.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Aceves, Jorge (1994). \u201cPr\u00e1ctica y estilos de investigaci\u00f3n en la historia oral contempor\u00e1nea.\u201d <em>Historia y Fuente Oral<\/em>, n\u00fam. 12, pp. 143-150.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Barr\u00f3n, Patricia (1996). <em>\u201c\u2026M\u00e1s prostitutas que nosotras\u201d. El estigma del trabajo sexual y la reproducci\u00f3n social en tijuana<\/em>. Tesis de maestr\u00eda en Estudios de Poblaci\u00f3n. Tijuana: El Colegio de la Frontera Norte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Butler, Judith (2007). <em>El g\u00e9nero en disputa. El feminismo y la subversi\u00f3n de la identidad<\/em>. Barcelona: Paid\u00f3s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Cedr\u00e9s Ferrero, Isabel (2018<em>). \u00bfMi cuerpo, mi decisi\u00f3n? Debates y perspectivas feministas sobre la prostituci\u00f3n en Uruguay<\/em>. Tesis de licenciatura en Ciencia Pol\u00edtica. Montevideo: Universidad de la Rep\u00fablica.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Epstein, Helen (2007). <em>The Invisible Cure. Africa, the Best and the Fight Against <\/em><span class=\"small-caps\">aids<\/span>. Londres: Viking y Penguin Group.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Grimaldo, Christian O. (2018). \u201cLa metodolog\u00eda es movimiento. Propuestas para el estudio de la experiencia urbana del transitar apoyadas en el uso de la imagen\u201d. <em>Encartes<\/em>, vol. 1, n\u00fam. 02, pp. 36-74. https:\/\/doi.org\/10.29340\/en.v1n2.59<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Instituto Nacional de Estad\u00edstica y Geograf\u00eda (<span class=\"small-caps\">inegi<\/span>) (2010). <em>Censo de Poblaci\u00f3n de 2010<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">inegi<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Jeffreys, Sheila (2009). <em>The Industrial Vagina. The Political Economy of the Global Sex Trade<\/em>. Abingdon y Oxford: Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Lamas, Marta (2016). \u201cFeminismo y prostituci\u00f3n: la persistencia de una amarga disputa\u201d. <em>Debate Feminista<\/em>, vol. 51, pp. 18-35. https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.df.2016.04.001<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Leclerc-Madlala, Suzanne (2004). \u201cTransactional Sex and the Pursuit of Modernity\u201d. <em>Social Dynamics<\/em>, vol. 29, n\u00fam. 2, pp. 1-21. https:\/\/doi.org\/10.1080\/02533950308628681<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Lim, Lin L. (ed.) (1998). <em>The Sex Sector: The Economic and Social Bases of Prostitution in Southeast Asia<\/em>. Ginebra: Organizaci\u00f3n Internacional del Trabajo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mallimaci, Fortunato y Ver\u00f3nica Gim\u00e9nez (2006). \u201cHistoria de vida y m\u00e9todos biogr\u00e1ficos\u201d, en Irene V. de Gialdino (coord.), <em>Estrategias de investigaci\u00f3n cualitativa<\/em>. Barcelona: Gedisa, pp. 175-212.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Perlongher, N\u00e9stor (1993). <em>La prostituci\u00f3n masculina.<\/em> Buenos Aires: Ediciones de la Urraca.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Santos, Boaventura de Souza (1991). \u201cUna cartograf\u00eda simb\u00f3lica de las representaciones sociales\u201d. <em>Nueva Sociedad,<\/em> n\u00fam. 116, pp. 18-38.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Alberto Hern\u00e1ndez Hern\u00e1ndez<\/em> est titulaire d'un doctorat en sociologie de l'Universit\u00e9 Complutense de Madrid. Enseignant-chercheur rattach\u00e9 au D\u00e9partement d'\u00e9tudes de l'administration publique (<span class=\"small-caps\"><span class=\"small-caps\">deap<\/span><\/span>) de El Colegio de la Frontera Norte et membre de l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies. <span class=\"small-caps\"><span class=\"small-caps\">sni<\/span><\/span> (niveau <span class=\"small-caps\"><span class=\"small-caps\">iii<\/span><\/span>). Il a \u00e9t\u00e9 coordinateur du projet<em> Politiques \u00e0 plusieurs niveaux pour le retour et la r\u00e9int\u00e9gration des migrants mexicains et de leurs familles<\/em> (2018-2019), men\u00e9e par El Colef sous les auspices de la Commission nationale des droits de l'homme (<span class=\"small-caps\"><span class=\"small-caps\">cndh<\/span><\/span>). Il a notamment publi\u00e9 les ouvrages suivants <em>Des ponts qui unissent et des murs qui s\u00e9parent. Borderisation, s\u00e9curisation et processus de changement aux fronti\u00e8res du Mexique et du Br\u00e9sil.<\/em> (coordinateur ; sous presse) ; <em>Changer de religion dans un contexte de mobilit\u00e9 : les interconnexions entre la migration et le changement religieux<\/em>Alberto Hern\u00e1ndez, Liliana Rivera S\u00e1nchez et Olga Odgers Ortiz (coord.) El Colef\/Colmex (2017) ; <em>Lignes, limites et fronti\u00e8res. Une vision latino-am\u00e9ricaine des fronti\u00e8res<\/em>Alberto Hern\u00e1ndez et Amalia E. Campos (coord.), Colef\/.<span class=\"small-caps\"><span class=\"small-caps\">ciesas<\/span><\/span> (2014) ; le livre de l'auteur <em>Fronti\u00e8re nord : sc\u00e9narios de diversit\u00e9 religieuse<\/em>El Colef\/Colmich (2013).<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article pr\u00e9sente les comptes et la dynamique sociale du quartier rouge ou zone de tol\u00e9rance de Tijuana, en Basse-Californie, qui est depuis sept d\u00e9cennies l'une des enclaves les plus importantes pour le travail du sexe \u00e0 la fronti\u00e8re entre les \u00c9tats-Unis et le Mexique. Coahuila, situ\u00e9 dans la zone nord, poss\u00e8de l'un des circuits de march\u00e9 du sexe les plus dynamiques au monde. Cet article pr\u00e9sente les r\u00e9sultats de pr\u00e8s de cinq d\u00e9cennies de visites dans cet espace particulier de la fronti\u00e8re, plus pr\u00e9cis\u00e9ment d'une p\u00e9riode de trois ans (2015 \u00e0 2018) au cours de laquelle des tourn\u00e9es ethnographiques ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es, recueillant des t\u00e9moignages de travailleurs du sexe, d'employ\u00e9s d'\u00e9tablissements, d'utilisateurs de ces services et de visiteurs, dans lesquels ils partagent leurs exp\u00e9riences du travail du sexe dans la r\u00e9gion. L'objectif est d'offrir un regard r\u00e9trospectif et actuel sur les dynamiques du travail du sexe dans la Zona Norte, la diversit\u00e9 des acteurs interagissant \u00e0 La Coahuila, ainsi que des r\u00e9cits et descriptions de ce site de march\u00e9 du sexe unique dans le pays.<\/p>","protected":false},"author":8,"featured_media":35633,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[874,419,590,923,924],"coauthors":[704],"class_list":["post-35628","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-9","tag-etnografia","tag-frontera","tag-tijuana","tag-trabajo-sexual","tag-turismo-sexual","personas-alberto-hernandez-hernandez","numeros-888"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Din\u00e1micas del trabajo sexual en Tijuana &#8211; 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