{"id":35218,"date":"2021-09-21T18:56:04","date_gmt":"2021-09-21T18:56:04","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=35218"},"modified":"2024-04-23T18:28:07","modified_gmt":"2024-04-24T00:28:07","slug":"castillo-dos-narizones-nahayeilli-juarez-resena-orisha","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/castillo-dos-narizones-nahayeilli-juarez-resena-orisha\/","title":{"rendered":"Dialogues transatlantiques : les routes de la croyance. Circulation, relocalisation et r\u00e9interpr\u00e9tation de la tradition orisha."},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap abstract\">L'anthropologue mexicaine Nahayeilli Ju\u00e1rez Huet, qui a une formation en relations internationales, a pass\u00e9 deux d\u00e9cennies \u00e0 \u00e9tudier les expressions culturelles afro-descendantes au Mexique, en se sp\u00e9cialisant dans les religiosit\u00e9s afro-am\u00e9ricaines et les nouvelles spiritualit\u00e9s. <em>Nouvelle \u00e8re<\/em>. Dans son premier livre, <em>Un petit morceau de Dieu \u00e0 la maison : circulation transnationale, relocalisation et pratique de la santeria dans la ville de Mexico<\/em> (2014), a d\u00e9velopp\u00e9 l'histoire de la santer\u00eda, ses origines et la mani\u00e8re dont elle est arriv\u00e9e au Mexique. L'une des contributions les plus importantes de cet ouvrage a \u00e9t\u00e9 l'identification de trois \u00e9tapes dans le processus de relocalisation de la santer\u00eda dans ce pays. Son livre le plus r\u00e9cent se penche sur la troisi\u00e8me \u00e9tape, qui correspond \u00e0 l'\u00e9poque actuelle, et se distingue une fois de plus par ses donn\u00e9es ethnographiques pointues, qui nous font d\u00e9couvrir la pratique vivante de la santeria au Mexique. <em>Deux gros nez ne peuvent pas s'embrasser. Trajectoires, usages et pratiques de la tradition orisha au Yucat\u00e1n (2019) <\/em>est une enqu\u00eate approfondie et bien organis\u00e9e qui retrace les trajectoires des croyants de cette religion et rend compte d'une s\u00e9rie de transformations subies par la tradition Orisha depuis son lieu d'origine au Nigeria, en passant par son passage \u00e0 Cuba et enfin son assimilation dans la culture mexicaine. Utilisant une approche m\u00e9thodologique multisite et suivant les r\u00e9seaux de ses informateurs, Ju\u00e1rez a pass\u00e9 du temps dans les villes de M\u00e9rida, Chetumal, Canc\u00fan et Mexico, \u00e0 La Havane \u00e0 Cuba et \u00e0 Osogbo, Oy\u00f3 et Odewale au Nigeria. Le d\u00e9veloppement analytique de l'auteur permet de comprendre comment se cr\u00e9ent et se maintiennent les liens entre les trois pays. Elle met l'accent sur la reconfiguration des pratiques et des croyances de la culture complexe des Orisha, et sur la mani\u00e8re dont elles sont re-signifi\u00e9es et adapt\u00e9es aux diff\u00e9rents espaces. Les reconfigurations subjectives des pratiques et des croyances, ainsi que les logiques de leurs r\u00e9seaux et leur sentiment d'appartenance et d'auto-inscription religieuse sont abord\u00e9s \u00e0 partir de l'approche th\u00e9orique de la religion v\u00e9cue et pratiqu\u00e9e par les sujets (Orsi, 2005).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Repr\u00e9sentation de &quot;Dos narizones no se pueden besar&quot;, tradition orisha au Yucat\u00e1n\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/p8z82ujnFYQ?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption>Performance <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le livre se compose de quatre chapitres, d'un glossaire et d'une annexe photographique tr\u00e8s illustrative. Dans le premier chapitre, Ju\u00e1rez d\u00e9fend la th\u00e8se selon laquelle il n'y a pas de religion yoruba, mais plusieurs mod\u00e8les de tradition orisha. Pour ce faire, il reconstitue les trajectoires de cette religion dans les diff\u00e9rents sc\u00e9narios entre le Nigeria, Cuba et le Mexique, pour conclure qu'il n'existe pas d'\u00e9picentre de cette tradition, mais que, pour les besoins de l'analyse, il convient de parler d'un champ polycentrique. Le deuxi\u00e8me chapitre passe en revue le d\u00e9veloppement des religions afro-am\u00e9ricaines au Mexique, en mettant l'accent sur la Santer\u00eda dans le Yucat\u00e1n. Le troisi\u00e8me chapitre passe en revue les relations historiques et culturelles entre la ville de M\u00e9rida et Cuba, et pr\u00e9sente des t\u00e9moignages de santeros qui rendent compte de ces liens. Dans le quatri\u00e8me chapitre, \u00e0 travers une s\u00e9rie de \"portraits ethnographiques\" s\u00e9lectionn\u00e9s, Ju\u00e1rez montre, \u00e0 partir de la voix et de l'exp\u00e9rience des praticiens, les processus de relocalisation de la santeria au Mexique et le sens que ses informateurs trouvent \u00e0 la pratique de la santeria. Ces cas ethnographiques nous permettent de comprendre \u00e0 la premi\u00e8re personne, \u00e0 travers des r\u00e9cits individuels, ces trajectoires qui ont conduit \u00e0 la religion au Mexique et \u00e0 sa relation avec le spiritualisme, le spiritualisme marial trinitaire, le spiritualisme de l'\u00c9glise catholique et le spiritualisme de l'\u00c9glise catholique. <em>Nouvelle \u00e8re<\/em>Les principaux th\u00e8mes du projet sont : la mani\u00e8re dont les acteurs ont \u00e9volu\u00e9 dans leurs relations g\u00e9ographiques et l'importance de la famille et de l'ascendance.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, loin de rechercher les \"significations originelles\" de la religion, l'auteur anticipe d\u00e8s les premi\u00e8res pages la perspective dans laquelle elle d\u00e9veloppe son travail et qui est \u00e9galement extr\u00eamement productive pour le sujet :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Ma perspective met davantage l'accent sur deux processus simultan\u00e9s, celui de la circulation et celui des d\u00e9localisations, plut\u00f4t que sur une comparaison de la fa\u00e7on dont la tradition orisha est pratiqu\u00e9e au Nigeria, au Mexique et \u00e0 Cuba. ...(soulignant) les processus historiques de continuit\u00e9 et de changement dans les contextes locaux et les innovations et d\u00e9localisations qui lui conf\u00e8rent sa vitalit\u00e9 contemporaine sur le sol am\u00e9ricain (p. 21).<\/p>\n\n\n\n<p>Il comprend les processus de relocalisation comme \"des processus qui impliquent le d\u00e9sancrage de pratiques culturelles qui, dans leur circulation, sont r\u00e9ancr\u00e9es dans diff\u00e9rentes latitudes g\u00e9ographiques, sociales et culturelles, et o\u00f9 d'autres cadres interpr\u00e9tatifs r\u00e9ajustent leurs significations, donnant lieu \u00e0 d'autres appropriations de leur praxis, repr\u00e9sentation et mat\u00e9rialisation\" (voir Apadurai, 1996 ; Argyriadis et Ju\u00e1rez Huet, 2008 : 21). Pour Ju\u00e1rez, il ne s'agit pas de diff\u00e9rencier ce qui est l\u00e9gitime ou authentique de ce qui ne l'est pas, ni d'\u00e9voquer une nostalgie pour ce qui est perdu, mais de le comprendre comme un dialogue transatlantique o\u00f9 la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une source d'origine n'est pas r\u00e9ellement celle d'un lieu du pass\u00e9, mais une source contemporaine m\u00e9diatis\u00e9e par une multiplicit\u00e9 d'acteurs : praticiens, voyageurs, entrepreneurs, anthropologues, \u00e9crivains et artistes. Il s'agit alors de consid\u00e9rer chaque forme d'expression religieuse dans sa relation historique, certes, mais de comprendre chacune avec une vie et une personnalit\u00e9 propres, comment elles coexistent aujourd'hui et comment elles se nourrissent l'une l'autre. C'est en ce sens que l'auteur ne parle pas d'un \"\u00e9picentre\" mais d'un \"champ polycentrique\".<\/p>\n\n\n\n<p>Ju\u00e1rez ne compare pas la religion dans trois sph\u00e8res culturelles. Pour elle, il n'y a pas de pratique \"correcte\" ; au contraire, elle parle de centres multiples. Elle d\u00e9crit comment, dans chaque lieu, la religion se d\u00e9veloppe de mani\u00e8re diff\u00e9rente et comment, aujourd'hui, ces diff\u00e9rents mod\u00e8les coexistent et se nourrissent mutuellement :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Dans cet article, je me r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la \"tradition orisha\" pour englober un ensemble de religions qui revendiquent leur base yoruba en termes g\u00e9n\u00e9raux, mais avec leurs diverses variantes en termes particuliers. Mon int\u00e9r\u00eat, au-del\u00e0 des d\u00e9tails sur les fa\u00e7ons correctes ou incorrectes de les nommer, est de souligner l'\u00e9mergence strat\u00e9gique de leurs d\u00e9nominations et de leurs significations, en les ancrant dans des dynamiques et des sp\u00e9cificit\u00e9s r\u00e9gionales, nationales et transnationales (p. 25).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce faisant, Ju\u00e1rez s'\u00e9loigne sans aucun doute des approches traditionnelles d'autres auteurs qui consid\u00e8rent l'Afrique comme la matrice primordiale d'une culture qui, en Am\u00e9rique, a subi des processus d'\"acculturation\" (Shaw et Steward, 1994 ; Matory, 1998 ; Holloway, 1990), de \"transculturation\" (Matory, 1998) ou en termes de \"survivances\" (Aguirre Beltr\u00e1n, 1980). Et comme le conclut le m\u00eame auteur :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Mon int\u00e9r\u00eat dans ce travail a \u00e9t\u00e9 de mettre moins l'accent sur les rituels initiatiques, la divination ou les pratiques au sein d'orthodoxies \u00e9tablies de longue date, qui ont \u00e9t\u00e9 un sujet largement \u00e9tudi\u00e9 ; au contraire, je me suis int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 mettre en lumi\u00e8re les trajectoires de la diversit\u00e9 des utilisations h\u00e9t\u00e9rodoxes de la tradition des orishas, dont plusieurs sont tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es des matrices traditionnelles (p. 244).<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps, l'auteur cherche \u00e0 comprendre pourquoi les formes religieuses caract\u00e9ris\u00e9es par la d\u00e9sinstitutionnalisation, l'individualit\u00e9, l'hybridation et la mobilit\u00e9 sont de plus en plus florissantes en Am\u00e9rique latine, et dans quelle mesure la pratique de la Santeria au Mexique dans le cadre de la tradition des Orisha peut r\u00e9v\u00e9ler des particularit\u00e9s de ces processus. De cette mani\u00e8re, la recherche contribue \u00e9galement \u00e0 la connaissance de la diversit\u00e9 religieuse qui se d\u00e9veloppe en marge des institutions et se cache dans des cat\u00e9gories de recensement impr\u00e9cises, et permet au lecteur d'examiner d'un point de vue anthropologique les identit\u00e9s religieuses contemporaines qui montrent une dislocation entre l'inscription, la pratique et la croyance, et qui prosp\u00e8rent et gagnent du terrain sur le catholicisme h\u00e9g\u00e9monique dans l'ensemble de l'Am\u00e9rique latine. Cette recherche propose \u00e9galement une approche de l'analyse anthropologique des identit\u00e9s religieuses contemporaines au Mexique et de leur int\u00e9gration dans le champ religieux, contribuant ainsi \u00e0 la connaissance d'une diversit\u00e9 religieuse qui se d\u00e9veloppe en marge des institutions et reste insuffisamment \u00e9tudi\u00e9e et cach\u00e9e dans des cat\u00e9gories de recensement encore impr\u00e9cises. Ainsi, un autre acquis important de cet ouvrage est de mettre en lumi\u00e8re le fonctionnement de ces minorit\u00e9s religieuses stigmatis\u00e9es, discrimin\u00e9es et marginalis\u00e9es, non seulement dans la vie sociale mais aussi dans les institutions officielles (gouvernement) et acad\u00e9miques (centres de recherche), qui \"voient ces religions comme des anomalies du primitif, de l'ignorant, du cr\u00e9dule ; comme des indicateurs de crises \u00e9conomiques et m\u00eame de valeurs\" (p. 240). L'auteur propose de penser l'Afrique et ses religions autrement, et son analyse contribue \u00e0 d\u00e9mystifier l'image diabolis\u00e9e et st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e d'un point de vue neutre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ju\u00e1rez \u00e9crit : \"Au Mexique, nous sommes encore loin d'un v\u00e9ritable pluralisme religieux qui inclut et respecte la diversit\u00e9 dans ce domaine\" (p. 240). De m\u00eame, son travail montre que \"les agents du monde invisible et la vision transcendantale du monde propos\u00e9e par la santer\u00eda ne s'opposent pas aux valeurs et aux pratiques des Mexicains ; au contraire, ils int\u00e8grent la santer\u00eda dans leur pratique religieuse, car au Mexique, on est convaincu de l'interf\u00e9rence des esprits dans la vie quotidienne, 44% de la population croit aux esprits, au mauvais \u0153il, \u00e0 la sorcellerie, \u00e0 la magie noire, et ils pratiquent \u00e9galement la purification\" (p. 241). 241). Ces croyances constituent le sous-sol culturel dans lequel la santeria germe facilement, et elle reste \u00e9galement une pratique \"relativement ouverte et flexible\", qui facilite la participation de ceux qui la consultent sans avoir besoin de passer par un processus d'initiation rituelle. La Santeria se pose en douceur sur ce \"sous-sol socioculturel fertile\" (un ensemble de croyances et de pratiques profond\u00e9ment enracin\u00e9es dans la culture mexicaine) avec lequel elle cohabite facilement et qui lui a permis de se d\u00e9velopper et de s'\u00e9panouir en peu de temps. L'une des qualit\u00e9s les plus importantes de la santer\u00eda est sa porosit\u00e9, sa perm\u00e9abilit\u00e9 \u00e0 d'autres croyances, son \u00e9norme capacit\u00e9 d'adaptation et sa flexibilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 un autre niveau, le texte d\u00e9crit comment les relations de pouvoir sont structur\u00e9es dans le champ social transnational des Orisha : il s'agit d'une religion dynamique et plurielle qui r\u00e9actualise constamment la tradition dans le pr\u00e9sent, mais cela g\u00e9n\u00e8re des luttes de l\u00e9gitimit\u00e9 entre les multiples variantes. Elle montre les conflits qui surgissent lorsqu'il s'agit de d\u00e9terminer ce qui est religion et ce qui ne l'est pas, et d'o\u00f9 cela vient. Il y a une lutte pour d\u00e9finir ce qui est traditionnel et ce qui ne l'est pas, et dans ce processus, il y a des divisions ; par exemple, il y a un conflit entre la r\u00e8gle de l'Ifa et la r\u00e8gle de l'Ocha (p. 51). Les luttes pour la l\u00e9gitimit\u00e9 naissent de la recherche de la puret\u00e9 et de l'authenticit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Les tensions r\u00e9sultant de ces n\u00e9gociations cr\u00e9ent des alliances et des ruptures entre les praticiens de la tradition orisha, renfor\u00e7ant ou construisant de nouvelles traditions, tout en re-signifiant souvent les racines qu'elles soutiennent. Les tensions sur la mani\u00e8re correcte d'accomplir tel ou tel rituel ont \u00e9galement des intensit\u00e9s diff\u00e9rentes, et nombre de leurs solutions se trouvent dans le petit groupe (sous-r\u00e9seau), dans la communaut\u00e9 apparent\u00e9e et dans la pratique personnelle (p. 239).<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre apport de l'ouvrage de Ju\u00e1rez est qu'il identifie trois grandes tendances ou mani\u00e8res de vivre la tradition des orishas ou la religion Santeria au Mexique (p. 173) :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Le cr\u00e9ole, qui est le plus fid\u00e8le au mod\u00e8le cubain. Ce mod\u00e8le int\u00e8gre les pratiques africaines, le spiritualisme kardecien et le catholicisme.<\/li><li>R\u00e9africanis\u00e9 ou traditionaliste : consid\u00e8re que le mod\u00e8le africain est authentique, qu'il est ancr\u00e9 dans des r\u00e9seaux politiques et qu'il est dirig\u00e9 par des hommes et des femmes. <em>babalawos<\/em>. Il a d\u00e9but\u00e9 au Mexique en 2000. Ce courant cherche \u00e0 d\u00e9syncr\u00e9tiser la santeria, principalement en \u00e9liminant la partie catholique qui a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e au cours du processus d'\u00e9mergence de la santeria \u00e0 Cuba.<\/li><li>Le mexicanis\u00e9 : qui int\u00e8gre le spiritualisme, le spiritualisme marial trinitaire et les pratiques de la m\u00e9decine traditionnelle mexicaine et ses formes alternatives de gu\u00e9rison spirituelle, parfois imbriqu\u00e9es dans les offres n\u00e9o-\u00e9sot\u00e9riques et n\u00e9o-magiques ; certains int\u00e8grent la mort sainte, la combinent avec le culte d'autres saints et int\u00e8grent la f\u00eate du jour des morts.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Ju\u00e1rez constate que les distances g\u00e9ographiques affectent la continuit\u00e9 des relations des initi\u00e9s avec leurs parrains et marraines \u00e0 l'\u00e9tranger. \"La circulation est fondamentale pour accro\u00eetre le capital politique et social de ces acteurs, car ceux qui se d\u00e9placent ont une plus grande possibilit\u00e9 d'\u00e9tablir des collaborations rituelles et de capitaliser sur ces relations\" (p. 243). D'o\u00f9 l'importance d'Internet et de Facebook comme outils pour construire et maintenir le tissu des relations entre l'Afrique, Cuba et le Mexique. Ces plateformes permettent aux praticiens d'informer, d'apprendre et d'offrir des services, facilitant ainsi l'\u00e9tablissement de liens de collaboration :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">L'utilisation de ces outils technologiques implique d'autres mani\u00e8res de construire des liens et les rend en quelque sorte horizontaux ; elle r\u00e9duit \u00e9galement les interm\u00e9diaires et rend possible le contact direct d'initi\u00e9s mineurs avec des personnalit\u00e9s cl\u00e9s, par exemple des leaders au niveau transnational qui, en d'autres temps, auraient \u00e9t\u00e9 plus difficiles \u00e0 contacter. ...L'envoi de fondations ou de consultations sur de longues distances n'est pas nouveau, si ce n'est qu'aujourd'hui le rayon g\u00e9ographique s'est \u00e9largi (p. 243).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre s'inscrit \u00e0 la fois dans le domaine des \u00e9tudes afro-am\u00e9ricaines et contribue \u00e0 la compr\u00e9hension des relations culturelles entre l'Afrique et le Mexique gr\u00e2ce \u00e0 la richesse des donn\u00e9es ethnographiques. La recherche nous permet d'en apprendre davantage sur la culture africaine gr\u00e2ce \u00e0 des s\u00e9jours sur le terrain. Ju\u00e1rez conna\u00eet la culture et donne une description intime des relations familiales et communautaires dans le contexte de la tradition de la religion Orisha. Elle passe en revue la circulation et la mobilit\u00e9 des pratiques culturelles et des symboles identifi\u00e9s comme <em>afro<\/em>mais qui ne s'\u00e9puisent pas dans l'ethnicit\u00e9\" (p. 25). Le livre nous aide \u00e0 comprendre la construction de la religion yoruba \u00e0 travers un compte rendu de l'histoire de la population noire au Mexique, en sauvant la place des traditions yorubas dans l'histoire du Mexique. <em>afro <\/em>dans l'histoire et son arriv\u00e9e dans le pays, en exposant les relations constantes entre Cuba et le Nigeria depuis l'\u00e9poque de l'ind\u00e9pendance. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>en mettant l'accent sur les relations entre le Yucatan et la santeria cubaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu'il existe une longue tradition de recherches importantes sur la Santeria et la culture africaine au Mexique (Argyriadis et Ju\u00e1rez Huet, 2007, 2008 ; Aguirre Beltr\u00e1n, 1989 ; G\u00f3nzalez Torres, 2007, 2008 ; entre autres), le travail de Nahayeilli Ju\u00e1rez Huet est sans aucun doute la recherche r\u00e9cente la plus importante parce qu'elle est actuelle, compl\u00e8te, approfondie et minutieuse. Il s'agit d'une lecture essentielle pour comprendre la dynamique de la tradition orisha au Mexique et ses relations avec Cuba et le Nigeria, o\u00f9 il explore \u00e9galement les liens avec le christianisme et l'islam. Ju\u00e1rez ouvre la voie \u00e0 d'autres ouvrages sur la santeria au Mexique ; sa maturit\u00e9, fruit d'ann\u00e9es de travail sur le sujet, est \u00e9vidente. L'insertion d'anecdotes personnelles contribue \u00e0 une lecture accessible mais profonde. Tout au long du livre, l'expos\u00e9 est clair et ordonn\u00e9, prenant le lecteur par la main \u00e0 travers la trajectoire complexe des transformations qu'a subies cette religion. Il montre la tradition des orishas dans tout son dynamisme, ses trajectoires, ses transformations et ses adaptations aux diff\u00e9rents contextes. \u00c0 un moment donn\u00e9, l'auteur s'interroge sur les implications des croisements du religieux avec le politique, l'artistique, l'\u00e9conomique, le touristique, l'esth\u00e9tique, le m\u00e9diatique et le marchand. Elle r\u00e9ussit \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 cette question et \u00e0 d\u00e9montrer, gr\u00e2ce \u00e0 ses recherches, que la santer\u00eda ne se limite pas aux domaines spirituels et religieux, mais qu'elle englobe \u00e9galement une dimension commerciale et m\u00eame les domaines du patrimoine et du tourisme culturel.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Aguirre Beltr\u00e1n, Gonzalo (1980). Medicina y magia. El proceso de aculturaci\u00f3n en la estructura colonial. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ini<\/span> et <span class=\"small-caps\">sep<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Aguirre Beltr\u00e1n, Gonzalo (1989). La poblaci\u00f3n negra de M\u00e9xico: estudio etnohist\u00f3rico. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">fce, uv, ini<\/span> y Gobierno del Estado de Veracruz.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Apadurai, Arjun (1996). Modernity at large. Cultural dimension of globalization. Mineapolis y Londres: University of Minnesota Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Argyriadis, Kali y Nahayeilli Ju\u00e1rez Huet (2007). \u201cLas redes transnacionales de la santer\u00eda cubana: una construcci\u00f3n etnogr\u00e1fica a partir del caso La Habana-Ciudad de M\u00e9xico\u201d, en Francis Pisani, Natalia Saltalamacchia, Arlene Tickner y Nielan Barnes (coord.), Redes transnacionales en la Cuenca de los Huracanes. Un aporte a los estudios interamericanos. M\u00e9xico: Porr\u00faa \/ <span class=\"small-caps\">itam,<\/span> pp. 329-356.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Argyriadis, Kali y Nahayeilli Ju\u00e1rez Huet (2008). \u201cSobre algunas estrategias de legitimaci\u00f3n de los practicantes de la santer\u00eda en el contexto mexicano\u201d, en Kali Argyriadis, Ren\u00e9e de la Torre, Cristina Guti\u00e9rrez Z\u00fa\u00f1iga y Alejandra Aguilar Ros (coord.), Ra\u00edces en movimiento, pr\u00e1cticas religiosas tradicionales en contextos translocales. Guadalajara: Coljal \/ <span class=\"small-caps\">cemca \/<\/span> <span class=\"small-caps\">ird \/<\/span> <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span> \/ <span class=\"small-caps\">iteso<\/span>, pp. 344-383.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">G\u00f3nzalez Torres, Y\u00f3lotl (2007). \u201cLa santer\u00eda en M\u00e9xico\u201d. Diario de Campo, n\u00fam. 44, pp. 56-67.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Gonz\u00e1lez Torres, Yolotl (2008). \u201cLas religiones afrocubanas en M\u00e9xico\u201d, en Aurelio Alonso (comp.), Am\u00e9rica Latina y el Caribe. Territorios religiosos y desaf\u00edos para el dialogo. Buenos Aires: <span class=\"small-caps\">clacso<\/span>, pp. 257-275.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Holloway, Joseph (1990). \u201cIntroduction\u201d, en Joseph E. Holloway (ed.), Africanism in American Culture. Bloomington: Indiana University Press, pp. 9-21.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ju\u00e1rez Huet, Nahayeilli (2014). Un pedacito de Dios en casa: circulaci\u00f3n transnacional, relocalizaci\u00f3n y praxis de la santer\u00eda en la ciudad de M\u00e9xico. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ciesas \/ uv<\/span> \/ Colmich.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Matory, J. Lorand (1998). \u201cYorub\u00e1: as rotas e as ra\u00edzes da na\u00e7\u00e3o transatl\u00e2ntica, 1830-1950\u201d. Horizontes Antropol\u00f3gicos, vol. 4, n\u00fam. 9, pp. 263-292.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Orsi, Robert A. (2005). Between Heaven and Earth: the Religious Worlds People Make and Scholars who Study Them. Nueva Jersey: Princeton University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Shaw, Rosalind y Charles Steward (1994). \u201cIntroduction: Problematizing Syncretism\u201d, en Rosalind Shaw y Charles Steward (eds.), <em>Syncretism\/ anti-syncretism. The Politics of Religious Synthesis<\/em>. Nueva York: Routledge, pp. 1-26.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p id=\"abstract\"><em>Gabriela Castillo Ter\u00e1n<\/em> est titulaire d'un doctorat en anthropologie sociale du Centro de Ivestigaciones y Estudios Superiores en Antropolog\u00eda Social (<span class=\"small-caps\">ciesas-cdmx<\/span>). Prix <span class=\"small-caps\">inah<\/span> 2015 Prix Fray Bernardino de Sahag\u00fan pour le meilleur m\u00e9moire de master en ethnologie et anthropologie. Auteur du livre<em> Le chemin de la vraie vie. Le spiritualisme trinitaire marial et sa conception de la mort.<\/em>. Participation \u00e0 des ouvrages collectifs et \u00e0 des projets de recherche nationaux et internationaux sur la religion au Mexique. Professeur \u00e0 l'Instituto de Estudios Superiores Rosario Castellanos.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bien qu'il existe une longue tradition de recherches importantes sur la Santeria et la culture africaine au Mexique, le travail de Nahayeilli Ju\u00e1rez Huet est sans aucun doute la recherche r\u00e9cente la plus importante parce qu'elle est actuelle, compl\u00e8te, exhaustive et minutieuse. 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