{"id":35070,"date":"2021-09-07T19:48:11","date_gmt":"2021-09-07T19:48:11","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=35070"},"modified":"2023-11-17T18:11:46","modified_gmt":"2023-11-18T00:11:46","slug":"castillo-mestizaje-racismo-costa-chica-guerrero","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/castillo-mestizaje-racismo-costa-chica-guerrero\/","title":{"rendered":"Revueltos, grijos y puchuncos : racialisation, identit\u00e9 et mestizaje dans un village de la Costa Chica au Guerrero"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article pr\u00e9sente une analyse ethnographique des processus de racialisation, de m\u00e9tissage et de construction de l'identit\u00e9\/alt\u00e9rit\u00e9 \u00e0 Punta Maldonado (El Faro), Costa Chica, Guerrero. Il examine tout d'abord les concepts de race et de racialisation afin de comprendre comment les attributs physiques ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour marquer et hi\u00e9rarchiser les diff\u00e9rences ; il explore ensuite les significations de certaines cat\u00e9gories utilis\u00e9es localement qui montrent comment l'apparence physique, en particulier les cheveux, est socialement per\u00e7ue et interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 El Faro. Enfin, il analyse la mani\u00e8re dont l'id\u00e9e de m\u00e9lange est pens\u00e9e et incorpor\u00e9e dans les r\u00e9cits d'identit\u00e9 collective dans ce lieu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/alteridad\/\" rel=\"tag\">alt\u00e9rit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/identidad\/\" rel=\"tag\">l'identit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/mestizaje\/\" rel=\"tag\">croisement<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/racializacion\/\" rel=\"tag\">racialisation<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/raza\/\" rel=\"tag\">course<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"en-title wp-block-heading\"><em><span class=\"small-caps\">\u0153ufs brouill\u00e9s, craquelures <\/span><\/em><span class=\"small-caps\">et<\/span><em><span class=\"small-caps\"> puchuncos<\/span><\/em><span class=\"small-caps\">racialisation, identit\u00e9 et m\u00e9tissage dans une ville de la costa chica de guerrero<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Cet article pr\u00e9sente une discussion ethnographique sur les processus de racialisation, de m\u00e9tissage et de construction de l'identit\u00e9 et de l'alt\u00e9rit\u00e9 \u00e0 Punta Maldonado (El Faro), sur la Costa Chica de l'\u00c9tat de Guerrero. En premier lieu, il examine les concepts de race et de racialisation afin de comprendre comment les attributs physiques ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour mettre en \u00e9vidence les diff\u00e9rences et les hi\u00e9rarchiser. Ensuite, il explore les significations de certaines cat\u00e9gories utilis\u00e9es localement qui montrent la mani\u00e8re dont l'aspect physique, et la fa\u00e7on de porter les cheveux en particulier, est socialement per\u00e7u et interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 El Faro. Enfin, il analyse la mani\u00e8re dont l'id\u00e9e de m\u00e9lange est per\u00e7ue et incorpor\u00e9e dans les r\u00e9cits identitaires collectifs de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : identit\u00e9, alt\u00e9rit\u00e9, race, racialisation, m\u00e9tissage.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Punta Maldonado est une localit\u00e9 de p\u00eacheurs et de paysans appartenant \u00e0 la municipalit\u00e9 de Cuajinicuilapa, dans l'\u00c9tat de Guerrero, sur la \"Costa Chica\". Cette r\u00e9gion s'\u00e9tend du p\u00f4le urbain d'Acapulco (Guerrero) \u00e0 celui de Huatulco (Oaxaca) ; son paysage physique comprend des plaines c\u00f4ti\u00e8res, des zones montagneuses dans les contreforts de la Sierra Madre del Sur et des zones lacustres (Campos, 1999 ; Lara, 2017 ; Widmer, 1990). Comme d'autres localit\u00e9s de la r\u00e9gion, cette ville a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par des processus historiques de m\u00e9tissage et d'\u00e9changes culturels entre les Afro-descendants - dont la pr\u00e9sence remonte aux personnes d'origine africaine r\u00e9duites en esclavage qui sont arriv\u00e9es dans la r\u00e9gion pendant la p\u00e9riode coloniale - et les peuples indig\u00e8nes - en particulier la population de l'Oaxaca.<em> gnous savi<\/em> et <em>nn'anncue \u00f1omndaa-.<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> Dans le langage local, les premiers sont souvent appel\u00e9s morenos - et, dans une moindre mesure, negros - tandis que les seconds sont qualifi\u00e9s d'indios. Ainsi, les indig\u00e8nes (ou indios) et les afro-descendants (ou morenos-negros),<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> ont \u00e9t\u00e9 les protagonistes du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent de Punta Maldonado, un lieu mieux connu sous son surnom : El Faro (le phare).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/castillo-revueltos-map-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"758x449\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 1: Punta Maldonado (El Faro) y sus localidades vecinas. Fuente: INEGI, con modificaciones realizadas por el autor. Fecha de elaboraci\u00f3n: 6 de junio de 2019.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/castillo-revueltos-map-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 1 : Punta Maldonado (El Faro) et ses localit\u00e9s voisines. Source : INEGI : INEGI, avec des modifications apport\u00e9es par l'auteur. Date de pr\u00e9paration : 6 juin 2019.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Selon Gloria Lara (2017), dans la Costa Chica, il est difficile de s\u00e9parer les afro-descendants des indig\u00e8nes de mani\u00e8re tranch\u00e9e, comme s'il s'agissait de deux groupes distincts ayant maintenu des fronti\u00e8res ethniques fixes tout au long de l'histoire ; au contraire, les dynamiques de mestizaje et d'\u00e9changes culturels ont dilu\u00e9 ces fronti\u00e8res, forgeant des alt\u00e9rit\u00e9s poreuses qui nous obligent \u00e0 \u00e9tudier comment \" le noir \", \" le brun \" ou \" l'indien \" a \u00e9t\u00e9 construit de mani\u00e8re sp\u00e9cifique dans les espaces locaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas d'El Faro, les Morenos et les Indiens marquent leurs diff\u00e9rences de plusieurs mani\u00e8res : de la langue \u00e0 la mani\u00e8re de parler l'espagnol, en passant par la fa\u00e7on de parler l'espagnol.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> m\u00eame les coutumes de mariage.<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> Cependant, un \u00e9l\u00e9ment tr\u00e8s pertinent dans les r\u00e9cits quotidiens de l'alt\u00e9rit\u00e9 est l'apparence physique ou, pour reprendre les termes d'Elisabeth Cunin, \"l'apparence raciale\", c'est-\u00e0-dire \"l'ensemble des caract\u00e9ristiques physiques - couleur de la peau mais aussi cheveux, nez, corps, etc. - auxquelles une signification est attribu\u00e9e dans un cadre socialement d\u00e9termin\u00e9\" (2003 : 19). En ce sens, les fare\u00f1os - un terme auto-d\u00e9nominatif invent\u00e9 par les personnes n\u00e9es ou vivant \u00e0 Punta Maldonado - utilisent des cat\u00e9gories telles que <em>puchuncos<\/em>, <em>fissures <\/em>o<em> lacias<\/em>. Le premier fait r\u00e9f\u00e9rence aux hommes et aux femmes aux cheveux tr\u00e8s boucl\u00e9s, tandis que les deux autres d\u00e9signent respectivement les hommes aux cheveux courts et h\u00e9riss\u00e9s et les femmes aux cheveux longs et raides.<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> Ces mots dessinent des diff\u00e9renciations individuelles et collectives sur la base d'un crit\u00e8re physique particulier - la texture des cheveux - car si les personnes \u00e0 la peau fonc\u00e9e sont associ\u00e9es \u00e0 l'image de l'homme, elles sont aussi associ\u00e9es \u00e0 l'image de l'homme. <em>lo<\/em> <em>puchunco<\/em>Les Indiens sont associ\u00e9s \u00e0 <em>lo<\/em> <em>grijo<\/em> ou avec <em>lo<\/em> <em>droit<\/em>selon qu'il s'agit d'hommes ou de femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, la r\u00e9alit\u00e9 est bien plus complexe que les cat\u00e9gories avec lesquelles nous essayons parfois de la saisir et de la classer. M\u00eame si El Faro \u00e9tablit discursivement une opposition entre l'homme et la femme, la r\u00e9alit\u00e9 est plus complexe que les cat\u00e9gories avec lesquelles nous essayons parfois de la capturer et de la classer. <em>Peuple indien<\/em> et le <em>les personnes brunes <\/em>-Les cheveux \u00e9tant utilis\u00e9s comme l'un des nombreux crit\u00e8res de diff\u00e9renciation, dans la pratique, il y a des personnes qui ne sont pas en mesure de s'adapter \u00e0 l'\u00e9volution du march\u00e9 du travail. <em>puchuncas<\/em> qui ne sont pas pr\u00e9sum\u00e9s <em>brunes<\/em> et les hommes <em>fissures<\/em> ou des femmes <em>lacias<\/em> qui ne s'appellent pas eux-m\u00eames <em>Indiens<\/em>Soit parce qu'ils mettent en \u00e9vidence d'autres crit\u00e8res physiques - par exemple un teint clair - ou socioculturels - s'habiller et parler d'une certaine mani\u00e8re - qui les lieraient \u00e0 leur tour \u00e0 d'autres \u00e9tiquettes ; soit parce qu'ils mettent en \u00e9vidence une g\u00e9n\u00e9alogie mixte qui les am\u00e8ne \u00e0 se d\u00e9finir d'une autre mani\u00e8re : <em>\u0153ufs brouill\u00e9s<\/em>, <em>m\u00e9tis<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment analyser alors les cat\u00e9gories qui font appel aux attributs physiques pour marquer les diff\u00e9rences ? Quelles sont les significations donn\u00e9es \u00e0 des termes tels que \"attributs physiques\" et \"physique\" ? <em>puchunco<\/em> o <em>grijo<\/em> Quel r\u00f4le joue le mestizaje dans la red\u00e9finition de ces d\u00e9nominations et dans la configuration d'autres identifications ? Ces questions constituent la base de la r\u00e9flexion. La premi\u00e8re question m'am\u00e8ne aux concepts de race et de racialisation, g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9s \u00e0 l'interpr\u00e9tation et \u00e0 la classification des diff\u00e9rences physiques ; c'est pourquoi, dans la premi\u00e8re partie de cet article, je passerai en revue ces termes. Cela m'am\u00e8ne \u00e0 la deuxi\u00e8me question, qui porte sur le sens des mots \"race\" et \"racialisation\", g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9s \u00e0 l'interpr\u00e9tation et \u00e0 la classification des diff\u00e9rences physiques. <em>grijo<\/em> et <em>puchunco<\/em> \u00e0 El Faro, deux cat\u00e9gories racialisantes li\u00e9es au marquage de l'alt\u00e9rit\u00e9 et de l'identit\u00e9 dans ce lieu ; afin de d\u00e9velopper ce point, j'utiliserai les informations ethnographiques collect\u00e9es dans le cadre de l'enqu\u00eate sur les droits de l'homme.<em> in situ <\/em>entre 2013 et 2016. Enfin, la troisi\u00e8me question introduit le concept de mestizaje, qui complique encore la discussion sur la racialisation et l'identification ; en particulier, j'explorerai la notion de Fare\u00f1o de \"m\u00e9tissage\". <em>le d\u00e9sordre <\/em>o<em> m\u00e9tis<\/em>,<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un m\u00e9lange de cultures <em>noir-indien<\/em> qui dilue mais n'\u00e9limine pas les contrastes marqu\u00e9s de l'opposition entre <em>puchuncos<\/em> et <em>fissures<\/em>et forge des identifications instables, ambigu\u00ebs et flexibles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Race et racialisation<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Actuellement, dans le domaine de l'anthropologie et des sciences sociales, il semble y avoir un consensus : la race n'est pas un fait biologique et immuable qui d\u00e9termine les qualit\u00e9s morales et intellectuelles des \u00eatres humains, mais plut\u00f4t une cat\u00e9gorie socio-historique \u00e0 partir de laquelle des in\u00e9galit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9gitim\u00e9es sur la base de traits physiques, en particulier la couleur de la peau (Arias et Restrepo, 2010 ; Gall, 2004 ; Hoffmann, 2008 ; Stolcke, 2000 ; Vel\u00e1zquez et Iturralde, 2016 ; Wade, 2000, 2014 ; Wieviorka, 2009). Il s'agit essentiellement d'une construction id\u00e9ologique dont la signification a vari\u00e9 au fil du temps et en fonction de contextes historiques et politiques sp\u00e9cifiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Verena Stolcke fait remonter les origines de cette cat\u00e9gorie au <span class=\"small-caps\">xiii<\/span>Le terme de race, qui a encore un usage isol\u00e9, est li\u00e9 \u00e0 un principe th\u00e9ologico-moral o\u00f9 la doctrine catholique de la \"puret\u00e9 du sang\" cherche \u00e0 s\u00e9parer, apr\u00e8s plusieurs si\u00e8cles de coexistence, les chr\u00e9tiens des musulmans et des juifs ; suivant la th\u00e9orie physiologique m\u00e9di\u00e9vale selon laquelle l'\"essence\" d'une personne est transmise par le sang de la m\u00e8re, une personne consid\u00e9r\u00e9e comme \"pure\" ne peut \u00eatre engendr\u00e9e que par une femme chr\u00e9tienne. Le terme de race, qui avait encore un usage isol\u00e9, \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 un principe th\u00e9ologico-moral o\u00f9 le ph\u00e9notype \u00e9tait absent, puisque l'\u00e9l\u00e9ment crucial de la diff\u00e9renciation des groupes \u00e9tait la religion (Stolcke, 2000 : 43-44). En m\u00eame temps, l'id\u00e9e de lignage \u00e9tait importante, c'est-\u00e0-dire la descendance et l'appartenance \u00e0 une famille donn\u00e9e ; ainsi, la race se r\u00e9f\u00e9rait aussi au lien g\u00e9n\u00e9alogique qui unissait un certain groupe d'individus autour d'un anc\u00eatre commun (Wade, 2000 : 12-13).<\/p>\n\n\n\n<p>Vers la fin du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xvii<\/span>Lorsque les naturalistes europ\u00e9ens ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier syst\u00e9matiquement les diff\u00e9rences physiques et culturelles entre les hommes, le ph\u00e9notype a commenc\u00e9 \u00e0 prendre de l'importance. Les premi\u00e8res typologies associant des traits physiques \u00e0 des aspects moraux et intellectuels ont alors \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9es, ce qui allait \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9 au 20e si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xviii<\/span> et, surtout, au cours de la <span class=\"small-caps\">xix<\/span>avec l'apparition de ce que l'on appelle le \"racisme scientifique\" (Vel\u00e1zquez et Iturralde, 2016 : 77-83 ; Vergara, 2018 : 20). On assiste ainsi \u00e0 une \u00e9volution importante de la notion de race, qui commence d\u00e9sormais \u00e0 voir des diff\u00e9rences physiques (en s'appuyant pour cela sur des sciences telles que la biologie, la craniom\u00e9trie et l'anatomie compar\u00e9e), assimil\u00e9es \u00e0 des diff\u00e9rences de moralit\u00e9, d'intelligence et de degr\u00e9 de \"civilisation\". Cette nouvelle conception a germ\u00e9 dans un environnement marqu\u00e9 par le capitalisme industriel, l'imp\u00e9rialisme europ\u00e9en et la science moderne qui, ensemble, ont expliqu\u00e9 et justifi\u00e9 les in\u00e9galit\u00e9s sociales sur la base de types physiques suppos\u00e9s inn\u00e9s et immuables ; dans cette optique, les races se transmettaient de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration et s'ordonnaient sur une \u00e9chelle hi\u00e9rarchique dans laquelle les \" blancs \" occupaient le premier rang tandis que les \" noirs \", les \" jaunes \" et les \" indiens \" \u00e9taient laiss\u00e9s pour compte en raison de leurs \" qualit\u00e9s inf\u00e9rieures \" (Stolcke, 2000 : 44-45 ; Wade, 2014 : 42-43 ; Wieviorka, 2009 : 22-30).<\/p>\n\n\n\n<p>La notion de race comme lien entre les caract\u00e9ristiques physiques, d'une part, et les in\u00e9galit\u00e9s sociales, morales et psychologiques, d'autre part, a persist\u00e9 dans le discours politique et scientifique jusqu'au milieu du si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xx<\/span>L'id\u00e9ologie nazie, qui a port\u00e9 le racisme scientifique \u00e0 ses cons\u00e9quences ultimes, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9pudi\u00e9e dans le monde entier \u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale (Wieviorka, 2009 : 31). Dans ce panorama, \u00e9galement marqu\u00e9 par la lutte des Afro-Am\u00e9ricains contre la s\u00e9gr\u00e9gation raciale l\u00e9gale aux \u00c9tats-Unis, la race a subi une autre torsion conceptuelle qui lui a fait perdre sa validit\u00e9 en tant que notion permettant de comprendre la diversit\u00e9 humaine. Elle a cess\u00e9 d'\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un fait naturel et a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre comprise comme une cat\u00e9gorie id\u00e9ologique utilis\u00e9e pour l\u00e9gitimer les asym\u00e9tries sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, la notion de race a rev\u00eatu plusieurs significations au fil du temps. Elle a d'abord \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 l'id\u00e9e de lign\u00e9e ou de lignage, dans une connotation morale et th\u00e9ologique claire qui hi\u00e9rarchisait les groupes sociaux en fonction de la religion profess\u00e9e. Ensuite, il a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme un fait naturel inscrit dans la peau, le cr\u00e2ne et les attributs du visage, exprimant des in\u00e9galit\u00e9s dans l'intellect, les valeurs et le d\u00e9veloppement social des diff\u00e9rents groupes humains. Aujourd'hui, dans le langage acad\u00e9mique, le terme est compris comme une cat\u00e9gorie historique utilis\u00e9e \u00e0 deux fins li\u00e9es : 1) pour interpr\u00e9ter et classer la diversit\u00e9 humaine et 2) pour l\u00e9gitimer les asym\u00e9tries sociales. En ce sens, la race n'est pas une r\u00e9alit\u00e9 objective mais une construction id\u00e9ologique historiquement d\u00e9termin\u00e9e (Wade, 2000 : 21-22).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que le terme \"race\" ait progressivement disparu du langage acad\u00e9mique (remplac\u00e9 par des mots tels que \"ethnicit\u00e9\" ou \"culture\"), le racisme en tant que structure id\u00e9ologique l\u00e9gitimant la subordination et l'exclusion n'a pas disparu. Au contraire, les conceptions racialisantes de la diff\u00e9rence persistent, \u00e0 partir desquelles la stigmatisation se fonde sur la couleur de la peau ou les traits du visage, que ce soit dans les environnements familiaux et quotidiens (Moreno, 2010), les dynamiques communautaires r\u00e9gionales (Quecha, 2017) ou au sein d'institutions telles que les \u00e9coles (Masferrer, 2017), pour ne citer que quelques sc\u00e9narios.<\/p>\n\n\n\n<p>La br\u00e8ve exploration du concept de race nous permet d'arriver \u00e0 deux points \u00e9troitement li\u00e9s. Premi\u00e8rement, il s'agit d'une cat\u00e9gorie socio-historique dont les usages et les significations ont vari\u00e9 au fil du temps, en raison de contextes politiques, \u00e9conomiques et id\u00e9ologiques sp\u00e9cifiques. Deuxi\u00e8mement, il s'agit d'une cat\u00e9gorie polys\u00e9mique qui cache et recouvre plusieurs significations, pas n\u00e9cessairement en accord les unes avec les autres, dans des langues allant du scientifique-acad\u00e9mique au vernaculaire-populaire. Une t\u00e2che analytique consiste donc \u00e0 \u00e9tudier, d'un point de vue historique et ethnographique, quand et comment la notion de race se d\u00e9veloppe dans un sc\u00e9nario donn\u00e9, quelles sont les significations qu'elle d\u00e9note, qui l'utilise et \u00e0 quelles fins.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient ici de mettre en avant le concept de racialisation, invent\u00e9 par des universitaires pour d\u00e9signer certains processus de hi\u00e9rarchisation des diff\u00e9rences apparus dans la modernit\u00e9 (Arias et Restrepo, 2010). Selon ces auteurs, le terme en question implique trois aspects interd\u00e9pendants. Premi\u00e8rement, la d\u00e9finition de l'humain bas\u00e9e sur la distinction et l'opposition de deux entit\u00e9s : le physique-mat\u00e9riel et le mental-moral. Deuxi\u00e8mement, la centralit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 la dimension physique ou externe, \u00e0 partir de laquelle la dimension morale ou interne est d\u00e9finie et englob\u00e9e. Troisi\u00e8mement, l'appr\u00e9hension de cette entit\u00e9 physico-mat\u00e9rielle en termes biologiques, associ\u00e9e \u00e0 l'\u00e9mergence des savoirs experts \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 du 20\u00e8me si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xviii<\/span>qui mettent l'accent sur des marqueurs de diff\u00e9rence tels que la couleur de la peau, la taille, la forme des cheveux ou les traits du visage (Arias et Restrepo, 2010 : 58-59). Au final, le processus aboutit \u00e0 la cr\u00e9ation de taxonomies (\"noir\", \"indien\", \"blanc\", \"m\u00e9tis\", etc.) qui classent, qualifient et hi\u00e9rarchisent les diff\u00e9rences sur la base d'aspects physiques-externes-biologiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La racialisation r\u00e9pond \u00e0 une g\u00e9opolitique conceptuelle locale, nationale et internationale, de sorte qu'il n'existe pas de processus homog\u00e8ne ou lin\u00e9aire de classification raciale, mais plut\u00f4t des mani\u00e8res multiples et sp\u00e9cifiques de hi\u00e9rarchiser en fonction du contexte. Par exemple, la racialisation qui \u00e9mane des \u00e9lites n'est pas \u00e9quivalente \u00e0 celle qui se configure parmi les secteurs subalternes, bien que les deux puissent maintenir des relations de coexistence, de tension et d'articulation (Arias et Restrepo, 2010 : 60-61). Suivant la proposition de ces auteurs, une t\u00e2che \u00e0 d\u00e9velopper serait d'\"\u00e9tablir des g\u00e9n\u00e9alogies et des ethnographies concr\u00e8tes de la fa\u00e7on dont les diff\u00e9rentes articulations raciales (ou racialisation) \u00e9mergent, se d\u00e9ploient et se dispersent \u00e0 diff\u00e9rents niveaux d'une formation sociale donn\u00e9e\" (2010 : 62).<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les termes de race et de racialisation vont de pair. Si le premier est une cat\u00e9gorie socio-historique et polys\u00e9mique qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour l\u00e9gitimer les in\u00e9galit\u00e9s, le second est un outil analytique gr\u00e2ce auquel nous cherchons \u00e0 comprendre comment l'id\u00e9e de race a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre dans des sc\u00e9narios socio-historiques sp\u00e9cifiques, comment elle a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue et utilis\u00e9e, \u00e0 partir de quelles hypoth\u00e8ses conceptuelles et \u00e0 quelles fins. Dans cette optique, je vais maintenant explorer deux cat\u00e9gories qui r\u00e9v\u00e8lent les processus de racialisation \u00e0 El Faro.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>Morenos puchuncos, grijos Indians<\/em>Race et racialisation \u00e0 Punta Maldonado<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Si la race est une cat\u00e9gorie dont le sens varie en fonction des contextes particuliers dans lesquels elle est utilis\u00e9e, que signifient les Fare\u00f1os ? D'une part, comme dans la langue populaire mexicaine, le mot a le sens g\u00e9n\u00e9rique de \"peuple\", il est utilis\u00e9 pour d\u00e9signer un groupe de personnes auquel on peut appartenir ou non, et il est souvent associ\u00e9 dans le discours au lieu d'origine, \u00e0 la nationalit\u00e9, aux mani\u00e8res de parler, de se comporter, de s'habiller, etc. Au cours de mon exp\u00e9rience ethnographique, j'ai enregistr\u00e9 des propos dans lesquels le terme \u00e9tait utilis\u00e9 dans plusieurs situations : \" Toute cette race ici, c'est du pur cotorreo \" (18 septembre 2013), afin de souligner le caract\u00e8re jovial des fare\u00f1os ; ou encore \" Vous avez une race, l\u00e0-bas, dans votre pays, comment \u00e7a s'appelle ?... Ici, notre race est mexicaine, et la v\u00f4tre ? \" (5 avril 2016), afin de souligner une diff\u00e9renciation autour de la nationalit\u00e9. Dans ces extraits, le terme est utilis\u00e9 pour faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un certain groupe de personnes et pour les diff\u00e9rencier d'un autre groupe, sur la base d'\u00e9l\u00e9ments qui ne se limitent pas toujours \u00e0 l'apparence physique.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, le mot \"race\" est \u00e9galement souvent associ\u00e9 \u00e0 des cat\u00e9gories telles que <em>moreno<\/em> o <em>Indien<\/em>En effet, il est courant d'entendre \u00e0 El Faro des expressions telles que <em>race noire<\/em>, <em>race blanche<\/em>, <em>race brune<\/em> o <em>Course indienne<\/em>L'utilisation de st\u00e9r\u00e9otypes, qui tendent \u00e0 exalter des traits physiques tels que la couleur du teint, la forme ou la taille des cheveux - sans pour autant ignorer d'autres st\u00e9r\u00e9otypes li\u00e9s au temp\u00e9rament, aux valeurs ou aux coutumes - est \u00e9galement une pratique courante dans certains discours quotidiens. Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, on trouve dans certains discours quotidiens des traces de langage faisant allusion \u00e0 la fois \u00e0 la \"puret\u00e9 du sang\" et \u00e0 la stigmatisation de certaines caract\u00e9ristiques physiques, de sorte qu'une \"race\" serait \"aggrav\u00e9e\" ou \"am\u00e9lior\u00e9e\" en fonction de la personne avec laquelle l'union sexuelle-maritale est contract\u00e9e. En g\u00e9n\u00e9ral, l'union avec ceux qui ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s comme \"pur sang <em>brunes<\/em> o <em>noir<\/em> est souvent per\u00e7ue comme pernicieuse, notamment par ceux qui ne se reconnaissent pas dans la m\u00eame d\u00e9marche : \"Ces <em>noir<\/em> de la r\u00e9gion vont chercher le <em>indiens<\/em> de l'autre c\u00f4t\u00e9 des collines <em>pa'.<\/em> Ils veulent am\u00e9liorer la race, le sang... ils veulent am\u00e9liorer leur couleur, leur sang \" (30 novembre 2016) ; \" Si ma petite-fille part, elle ne devrait m\u00eame pas penser \u00e0 revenir parce qu'elle a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 de partir avec son mari. Elle voulait aggraver la situation. Comment le petit gar\u00e7on est-il sorti ? [Elle montre une voiture noire]... comme cette voiture l\u00e0-bas !\" (10 ao\u00fbt 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier commentaire a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 lors d'une conversation informelle avec deux hommes de la r\u00e9gion au sujet du mariage r\u00e9cent d'un jeune homme et d'une jeune femme. <em>moreno<\/em> et une jeune femme <em>Inde<\/em> dans le village voisin de Tejas Crudas. Dans ce contexte, l'un des hommes a expliqu\u00e9 l'apparente pr\u00e9dilection des <em>noir<\/em> par le <em>indiens<\/em> Les sens \"anciens\" du mot \"race\" sont pr\u00e9sents dans le discours : \u00e0 la fois dans la connotation d'une lign\u00e9e ou d'un lignage qui peut \u00eatre \"am\u00e9lior\u00e9\" ou \"aggrav\u00e9\", ainsi que dans la qualification positive ou n\u00e9gative d'une lign\u00e9e ou d'un lignage qui peut \u00eatre \"am\u00e9lior\u00e9\" ou \"aggrav\u00e9\". Les \"anciennes\" significations du mot race sont pr\u00e9sentes dans le discours : \u00e0 la fois la connotation d'une lign\u00e9e qui peut \u00eatre \"am\u00e9lior\u00e9e\" ou \"aggrav\u00e9e\", et la qualification positive ou n\u00e9gative d'aspects tels que la couleur du teint.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me commentaire a \u00e9t\u00e9 fait par un homme au teint clair et aux cheveux blonds - des traits physiques souvent associ\u00e9s \u00e0 la d\u00e9signation \"blanc\". <em>g\u00fcero<\/em>- sur le d\u00e9part d\u00e9finitif de sa petite-fille, une jeune femme <em>mur\u00e8ne<\/em> qu'elle avait d\u00e9cid\u00e9 d'emm\u00e9nager avec le p\u00e8re de son enfant, qui \u00e9tait aussi le p\u00e8re de l'enfant. <em>moreno<\/em>dans la ville de Tecoyame (Oaxaca). L'homme <em>g\u00fcero<\/em> a exprim\u00e9 \u00e0 un groupe de parents et de voisins son m\u00e9contentement face \u00e0 la d\u00e9cision de la petite-fille, qui aurait \"g\u00e2ch\u00e9\" la \"race\" - lire la lign\u00e9e - en ayant procr\u00e9\u00e9 un fils avec un homme plus \u00e2g\u00e9 encore que lui. <em>moreno<\/em> que la sienne. Dans cette situation particuli\u00e8re, la peau noire est valoris\u00e9e n\u00e9gativement et la descendance est con\u00e7ue comme \"aggrav\u00e9e\" parce qu'une personne au teint stigmatis\u00e9 a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9e dans un lien au sein du groupe familial. Paradoxalement, malgr\u00e9 les lamentations de l'homme <em>g\u00fcero<\/em> \u00e0 cause de sa \"lign\u00e9e g\u00e2t\u00e9e\", sa propre femme \u00e9tait une femme \u00e0 la peau et aux cheveux noirs. <em>puchunco<\/em> avec qui il avait procr\u00e9\u00e9 quatre m\u00e2les et quatre femelles, chacun avec des pigmentations claires \u00e0 fonc\u00e9es, et dans sa famille \u00e9largie il y avait aussi des personnes <em>noir<\/em> et <em>puchuncas<\/em>. Comme mentionn\u00e9 plus haut, le m\u00e9tissage a \u00e9t\u00e9 constant dans la r\u00e9gion, de sorte que les discours racialisants qui d\u00e9nigrent certains attributs physiques - peau noire, cheveux cr\u00e9pus - ne se traduisent pas n\u00e9cessairement par des pratiques qui excluent de facto les unions sexuelles avec ceux qui pr\u00e9sentent de telles caract\u00e9ristiques. Je reviendrai plus loin sur ces contradictions et ambigu\u00eft\u00e9s discursives.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, \"race\" dans El Faro implique des significations diff\u00e9rentes mais non contradictoires : d'une part, une id\u00e9e large de \"peuple\", d\u00e9finie avant tout par des crit\u00e8res socioculturels - origine, coutumes, nationalit\u00e9 - ; d'autre part, une id\u00e9e qui, associ\u00e9e \u00e0 des mots tels que \"race\" et \"peuple\" dans El Faro, est un concept qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour d\u00e9finir la \"race\". <em>negro<\/em> o <em>Indien<\/em>conduit \u00e0 des \u00e9valuations positives ou n\u00e9gatives de certains attributs corporels. C'est ce deuxi\u00e8me sens que je souhaite approfondir, car chez les Fare\u00f1os, il existe des notions qui font appel \u00e0 l'apparence physique dans la construction des diff\u00e9rences et des identifications individuelles et collectives. Je fais r\u00e9f\u00e9rence aux termes <em>puchunco<\/em> et <em>grijo<\/em>li\u00e9s, \u00e0 un niveau discursif g\u00e9n\u00e9ral, aux termes <em>negro<\/em> e <em>Indien<\/em>respectivement. Examinons l'extrait suivant d'une conversation avec deux jeunes, Moro et Julio :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Moro : Le <em>fissures<\/em>. Ah, mais ce sont celles qui ont les cheveux, ce sont celles qui ont les cheveux, ce sont celles qui ont les cheveux. <em>Indiens<\/em>. <br>Julio : Ce sont les <em>Indiens<\/em>. <br>Chercheur : Comment cela se fait-il ? <br>Moro : Ils ont des cheveux <em>point<\/em>... <br>Julius : Ils ont des cheveux comme \u00e7a <em>puntudito<\/em> en haut. <br>Chercheur : \u00bf ?<em>Point<\/em>? <br>Julio : Aha, donc vous <em>vous \u00eates chinois<\/em> [frizzy] et au lieu de <em>Chinois<\/em> si vous les aviez dress\u00e9s comme \u00e7a, comme ceux d'un h\u00e9risson, vous connaissez ? C'est comme \u00e7a que sont les cheveux, comme \u00e7a, h\u00e9riss\u00e9s, ils ne descendent pas jusqu'\u00e0 la t\u00eate. C'est ainsi <em>grijo<\/em>. <br>Moro : D'o\u00f9 la <em>puchunco<\/em>\u00e9galement. <br>Chercheur : Et lequel ? <br>Juillet : ...Plus <em>serr\u00e9<\/em> encore. <br>Moro : Plus <em>serr\u00e9<\/em> que m\u00eame l'eau ne peut y p\u00e9n\u00e9trer. <br>Julio : C'est un cheveu <em>Chinois<\/em>, <em>Chinois<\/em>, <em>Chinois<\/em>mais super <em>Chinois<\/em>Ainsi, ainsi, ainsi, ainsi. <br>Chercheur : Mais est-ce aussi le cas avec le <em>Indiens<\/em>? <br>Julio : Non, non, il n'y en a pratiquement pas. <em>Indiens<\/em>. <br>Moro : C'est d\u00e9j\u00e0 du monde <em>noir<\/em>. Il s'agit de <em>puchuncos<\/em>. <br>Enqu\u00eateur : C'est ainsi qu'on les appelle... <br>Moro : <em>Puchunco<\/em>. <br>Chercheur : C'est comme \u00e7a qu'on l'appelle ici ? <br>Moro : Il regarde celui qui a la t\u00eate : \"il y a un <em>puchunco<\/em>\"[rires]. <br>Chercheur : Pourquoi ? Que signifie ce mot ? <br>Moro : Qui a des cheveux comme \u00e7a ? <br>Julio : Qui a de grands cheveux et qui sont emm\u00eal\u00e9s, comme \u00e7a. Tous <em>chando<\/em> [laid] [Rires]. <br>Moro : Il y a beaucoup de femmes qui n'ont pas les cheveux longs et qui les ont toujours comme \u00e7a. <em>puchunco<\/em>Il ne les donne pas, il ne les fait pas grandir. <br>Julio : Uh-huh. C'est juste que c'est trop <em>Chinois<\/em> non, il ne pousse pas vers le bas comme \u00e7a... (26 avril 2015).<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Comme le montre cette conversation, une caract\u00e9ristique physique particuli\u00e8re - les cheveux - est associ\u00e9e aux termes \"cheveux\" et \"cheveux\". <em>Indien<\/em> et <em>negro<\/em>en fonction de sa forme ou de sa texture : qu'il soit <em>point<\/em>est li\u00e9e \u00e0 la premi\u00e8re, mais si elle est perverse et <em>serr\u00e9<\/em> est li\u00e9 au second. Cette association, il faut le dire, est tr\u00e8s fr\u00e9quente chez les villageois lorsqu'il s'agit de qualifier ceux qui se r\u00e9clament de l'Union europ\u00e9enne. <em>Indiens<\/em> -ind\u00e9pendamment de leur origine ethnolinguistique - et aussi \u00e0 l'ensemble de la population. <em>noir<\/em>&#8211;<em>brunes<\/em>. On pourrait affirmer qu'un processus de racialisation est \u00e0 l'\u0153uvre ici, dans la mesure o\u00f9 un attribut physique est utilis\u00e9 non seulement pour d\u00e9finir l'alt\u00e9rit\u00e9, mais aussi pour la (mal)qualifier. C'est ce qui ressort des propos de Moro et Julio, qui se sont moqu\u00e9s des poils et ont fait des commentaires d\u00e9sobligeants \u00e0 leur sujet <em>grijo<\/em> et <em>puchunco<\/em>Les moqueries qui, par extension, ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es aux personnes pr\u00e9sentant de telles caract\u00e9ristiques : les <em>Indiens<\/em> et le <em>noir<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le cheveu est un marqueur diacritique sous-jacent \u00e0 une hi\u00e9rarchie racialisante qui sous-\u00e9value, au moins dans la sph\u00e8re esth\u00e9tique, ceux \u00e0 qui l'on attribue des formes physiques consid\u00e9r\u00e9es comme \"risibles\", \"sales\" ou \"laides\". D'o\u00f9 les \u00e9quations cocasses entre les <em>fissures<\/em> et des h\u00e9rissons, ou encore la description des <em>puchuncos<\/em> comme les personnes dont les cheveux \"sont tellement serr\u00e9s qu'on ne peut m\u00eame pas y mettre de l'eau\". Ce sont des commentaires qui provoquent la moquerie sur des caract\u00e9ristiques valoris\u00e9es n\u00e9gativement et con\u00e7ues comme des mod\u00e8les \u00e9loign\u00e9s de l'id\u00e9al physique de beaut\u00e9. Quelle est cette norme esth\u00e9tique valoris\u00e9e positivement ? Dans plusieurs conversations quotidiennes, j'ai constat\u00e9 que l'\"id\u00e9al esth\u00e9tique\" correspondait \u00e0 celui de la <em>g\u00fcero<\/em>d\u00e9fini par son teint clair, ses yeux et ses cheveux clairs. <em>faillite<\/em> o <em>Chinois<\/em> C'est-\u00e0-dire l\u00e9g\u00e8rement boucl\u00e9es, modelables et faciles \u00e0 g\u00e9rer. Ce mod\u00e8le id\u00e9al de beaut\u00e9 se retrouve \u00e9galement dans d'autres lieux de la r\u00e9gion, comme El Ciruelo, Oaxaca (Correa, 2013 : 130-131).<\/p>\n\n\n\n<p>A ce stade, je dois dire que ni Julius ni Moor ne se sont conform\u00e9s au mod\u00e8le physique de la <em>g\u00fcero, <\/em>car sa peau n'\u00e9tait pas blanche et ses yeux n'\u00e9taient pas clairs : aucun des deux ne correspondait \u00e0 l'\"id\u00e9al esth\u00e9tique\". Cependant, m\u00eame si sa m\u00e8re s'est reconnue - et a \u00e9t\u00e9 reconnue - en tant que <em>Inde<\/em> et son p\u00e8re se consid\u00e9rait - et \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 - comme \u00e9tant <em>negro<\/em>aucun n'a \u00e9t\u00e9 suppos\u00e9 \u00eatre <em>negro<\/em> ou comme <em>Indien<\/em>. Bien que la couleur de leur peau puisse \u00eatre rapproch\u00e9e de la cat\u00e9gorie des <em>moreno<\/em> ou <em>negro<\/em>La texture de leurs cheveux - ni lisses ni trop boucl\u00e9s - est un facteur qui, selon eux, les distingue de l'\u00e9tiquette de la \"famille\". <em>puchuncos<\/em> et celle de <em>fissures <\/em>-et donc de la <em>noir<\/em> e <em>Indiens<\/em>-. En d'autres termes, une s\u00e9lection subjective des attributs marqu\u00e9s comme \"positifs\" au d\u00e9triment de ceux per\u00e7us comme \"n\u00e9gatifs\" est \u00e0 l'\u0153uvre ici, ainsi que des r\u00e9cits qui \u00e9vitent les termes s\u00e9mantiquement charg\u00e9s. Pourquoi les deux jeunes hommes ont-ils \u00e9vit\u00e9 ces cat\u00e9gories ? Qu'est-ce qui se cache derri\u00e8re cette r\u00e9ticence envers le \"positif\" et le \"n\u00e9gatif\" ? <em>puchunco<\/em> et <em>grijo<\/em>?<\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8rement, l'\u00e9valuation n\u00e9gative - au moins en termes esth\u00e9tiques - de ces attributs physiques a pour corr\u00e9lat un racisme structurel qui a sous-\u00e9valu\u00e9 la valeur de ces attributs. <em>Indiens<\/em> et \u00e0 <em>noir<\/em>des mots qui portent en eux-m\u00eames une charge s\u00e9mantique p\u00e9jorative de matrice coloniale (Good, 2005 ; Quijano, 2000 ; Vel\u00e1zquez, 2016). Dans cette perspective, on peut comprendre non seulement la moquerie ou le m\u00e9pris \u00e0 l'\u00e9gard des caract\u00e9ristiques physiques consid\u00e9r\u00e9es comme \"propres\" des sujets historiquement disqualifi\u00e9s, mais aussi la r\u00e9ticence de ces sujets \u00e0 s'identifier avec des \u00e9tiquettes m\u00e9prisantes telles que <em>Indien<\/em>, <em>negro<\/em> o <em>moreno<\/em>D'autant plus s'ils ne pr\u00e9sentent aucun des traits associ\u00e9s \u00e0 ces termes. Dans une certaine mesure, les acteurs peuvent donc jouer avec les terminologies raciales, en mettant l'accent dans leurs r\u00e9cits personnels sur des aspects physiques socialement con\u00e7us comme \"positifs\" - par exemple, la chevelure, les cheveux, le teint, etc. <em>faillite<\/em>-et en ignorant ceux qui sont socialement per\u00e7us comme \"n\u00e9gatifs\" - la peau fonc\u00e9e -. Ces processus de \"s\u00e9lection subjective\" des attributs corporels, que des auteurs tels que Cunin ont appel\u00e9 \"comp\u00e9tition interraciale\",<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a> s'inscrivent dans la sph\u00e8re plus large d'un racisme dont les \u00e9valuations de ce qui est \"bon\" ou \"beau\" et de ce qui est \"mauvais\" ou \"laid\" constituent la base sur laquelle les sujets racialis\u00e9s \u00e9laborent des r\u00e9cits identitaires qui peuvent, comme dans le cas de Moro et Julio, \u00e9viter les termes burlesques.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8mement, la r\u00e9ticence \u00e0 s'appeler par des mots tels que <em>grijo<\/em> o <em>puchunco<\/em> s'explique par l'existence d'autres notions qui, elles, sont utilis\u00e9es dans les discours quotidiens d'auto-identification. \u00c0 El Faro, ces notions sont celles de <em>m\u00e9tis<\/em> o <em>brouill\u00e9<\/em>Quelle est la signification de ces d\u00e9signations et quel est leur lien avec les id\u00e9es de l'Union europ\u00e9enne ? <em>lo puchunco<\/em> et <em>le Grec<\/em>de <em>le noir<\/em> et <em>Indien<\/em>?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>Brouill\u00e9s, m\u00e9lang\u00e9s, crois\u00e9s<\/em>Mestizaje, racialisation et identit\u00e9 \u00e0 El Faro<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Moro et Julio sont le fruit de l'union d'une femme et d'un homme. <em>Inde<\/em> et un homme <em>negro<\/em>et c'est pour cette raison qu'ils ont jug\u00e9 plus appropri\u00e9 de s'appeler <em>\u0153ufs brouill\u00e9s<\/em>, <em>crois\u00e9s<\/em>, <em>Campecheans<\/em> o <em>m\u00e9tis<\/em>Ces termes font r\u00e9f\u00e9rence au m\u00e9lange de leurs origines. Dans leur logique, ils ne sont plus <em>noir<\/em> ni <em>Indiens<\/em>mais des sujets diff\u00e9renci\u00e9s de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs en raison de leur qualit\u00e9 \"mixte\". Le m\u00e9lange appara\u00eet ici comme un \u00e9l\u00e9ment qui configure de nouveaux r\u00e9cits identitaires ; en ce sens, il convient de citer les paroles de Don Evaristo, p\u00e8re de Julio et Moro :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Faites semblant, je me suis mis avec elle. Je suis noir et elle est indienne. Maintenant mes enfants, ils ne sont ni noirs ni indiens mais... comment on les appelle... \u00e7a a un nom... m\u00e9tis je crois qu'on les appelle. Ils sont d\u00e9j\u00e0 m\u00e9tis parce qu'ils sont un croisement entre le noir et l'indien (5 avril 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit de don Evaristo et de ses fils figure dans d'autres r\u00e9cits d'identification collective qui mettent \u00e9galement l'accent sur l'exp\u00e9rience du m\u00e9tissage, principalement parmi les agents qui ont \u00e9t\u00e9 socialement class\u00e9s comme <em>Indiens<\/em> et comme <em>Noirs<\/em>Ici, nous sommes plus m\u00e9lang\u00e9s, c'est-\u00e0-dire que la course est plus m\u00e9lang\u00e9e. <em>Nous sommes<\/em> negros, g\u00fceros, inditos, de todo ves aqui\" (Cusuco, 3 octobre 2013) ; \"Ya la raza est\u00e1 campechana. Tout est m\u00e9lang\u00e9, alors. Noirs et Indiens, Indiens et Noirs... Tous m\u00e9lang\u00e9s\" (Gerardo, 12 d\u00e9cembre 2016). Comme on peut le voir, l'accent est mis sur les termes <em>brouill\u00e9<\/em>, <em>se vautrer <\/em>o <em>folklorique<\/em>qui mettent l'accent sur les m\u00e9langes dans les r\u00e9cits collectifs d'identit\u00e9 et minimisent en th\u00e9orie l'importance de l'apparence \"raciale\" : il ne serait plus important que quelqu'un soit <em>Indien<\/em> o <em>noir<\/em>, <em>marron<\/em> o <em>blanc,<\/em> car apr\u00e8s tout, \"nous sommes tous brouill\u00e9s\".<\/p>\n\n\n\n<p>Punta Maldonado recr\u00e9e ainsi l'id\u00e9e d'une \"ville\". <em>Nous avons brouill\u00e9<\/em> qui met en \u00e9vidence le m\u00e9lange entre les sujets d\u00e9finis comme <em>Indiens<\/em> et comme <em>Noirs<\/em>\u00e0 l'exclusion des agents d\u00e9sign\u00e9s comme <em>g\u00fceros\/as<\/em>. Il s'agit en outre d'un r\u00e9cit dans lequel les caract\u00e9ristiques physiques semblent perdre de leur importance, car si tous se reconnaissent entre eux <em>m\u00e9tis<\/em> Et si \"la race est le pays\", quelle importance peuvent avoir des \u00e9l\u00e9ments tels que la couleur de la peau ou la texture des cheveux ? Cela soul\u00e8ve deux questions importantes \u00e0 d\u00e9velopper. Premi\u00e8rement, comment ce sujet est-il caract\u00e9ris\u00e9 ? <em>brouill\u00e9<\/em> o <em>m\u00e9tis<\/em> et en quoi elle diff\u00e8re de la <em>Indien <\/em>et devant le <em>negro<\/em>? Deuxi\u00e8mement, dans quelle mesure cette d\u00e9nomination est-elle fixe ou mobile, dans quelle mesure supprime-t-elle les \u00e9tiquettes racialisantes telles que <em>grijo<\/em> et <em>puchunco<\/em>Dans quelle mesure s'\u00e9carte-t-elle ou non des processus de racialisation ?<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d'abord, contrairement \u00e0 ce que l'on pourrait croire, l'id\u00e9e du sujet n'a pas \u00e9t\u00e9 retenue. <em>brouill\u00e9<\/em> n'est pas dissoci\u00e9e des descriptions qui font appel \u00e0 des attributs corporels ; dans ce cas, la caract\u00e9risation s'\u00e9loigne des images commun\u00e9ment associ\u00e9es \u00e0 la fois au <em>negro<\/em> comme pour les <em>Indien<\/em>. Moro, lors de l'un de nos entretiens, a fait remarquer : \"Nous [les <em>mestizos-revueltos<\/em>Nous n'avons pas les cheveux serr\u00e9s comme les Noirs. Si vous voyez, mes cheveux sont plus ondul\u00e9s, et ma peau n'est pas si fonc\u00e9e, elle est plus claire \" (12 septembre 2013). En d'autres termes, pour Moro, il existe des diff\u00e9rences notables entre les cat\u00e9gories <em>noir<\/em> et <em>demi-caste<\/em>Il en va de m\u00eame pour la texture des cheveux et le teint de la peau. Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, Julio souligne : \"Comme le <em>ora<\/em>Mes cheveux sont normaux, ou bien les voyez-vous dress\u00e9s comme un h\u00e9risson ou serr\u00e9s comme un microphone ? Ni l'un ni l'autre <em>Chinois<\/em> ni <em>grijo<\/em>normal\" (26 avril 2015). Certes, pour Julio et son fr\u00e8re, un cheveu \"normal\" n'a pas pris les formes d'un cheveu \"normal\". <em>fissures<\/em> et <em>puchuncas<\/em> de sujets racialis\u00e9s tels que les <em>Indiens<\/em> et le <em>noir<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la caract\u00e9risation du sujet <em>m\u00e9tis<\/em> o <em>brouill\u00e9<\/em> ne se limite pas aux cheveux ou \u00e0 la pigmentation. Comme l'affirment Odile Hoffmann (2007) et Citlali Quecha (2017), \u00e0 la Costa Chica, les fronti\u00e8res de l'alt\u00e9rit\u00e9 et de l'identit\u00e9 vont bien au-del\u00e0 de l'apparence et s'\u00e9tendent des aspects linguistiques \u00e0 la tradition orale, en passant par les croyances religieuses ou les pratiques spatiales. Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, Amaranta Castillo (2003) montre comment les st\u00e9r\u00e9otypes refl\u00e8tent les aspects comportementaux que les acteurs ethniques projettent sur eux-m\u00eames et sur les autres, de sorte que la caract\u00e9risation de l'identit\u00e9 et de l'alt\u00e9rit\u00e9 transcende la sph\u00e8re corporelle. En ce qui concerne Punta Maldonado, les discours quotidiens font \u00e9galement allusion \u00e0 des caract\u00e9ristiques de la vie sociale qui, en g\u00e9n\u00e9ral, indiquent des qualit\u00e9s plus \"civilis\u00e9es\" dans la r\u00e9gion de Punta Maldonado. <em>m\u00e9tis<\/em> et plus \"arri\u00e9r\u00e9s\" ou \"rustiques\" dans les <em>Indiens<\/em> et dans le <em>noir<\/em>. Par exemple, les Fare\u00f1os classent les habitants de Tecoyame dans les cat\u00e9gories suivantes <em>noir<\/em>\u00c0 plusieurs reprises, j'ai entendu les commentaires suivants : \"Ils sont dans la jungle, ces gens.<em> vatos<\/em>. Ils voient une voiture et ils sont surpris, comme s'ils ne connaissaient pas la civilisation \" (Cusuco, 9 septembre 2013). \" Je veux dire que nous sommes plus civilis\u00e9s qu'eux... Je veux dire qu'ils vivent dans ces vieilles maisons, on ne les voit plus, de grandes maisons de paille comme \u00e7a \" (Felipe, 14 septembre 2013). Bien que Felipe et Cusuco aient dit l'un \u00e0 l'autre <em>\u0153ufs brouill\u00e9s<\/em>leur teint pourrait tr\u00e8s bien les faire passer pour des <em>brunes<\/em> et pourtant, ils consid\u00e8rent toujours le <em>noir<\/em> de Tecoyame comme des gens \"qui ne connaissaient pas la civilisation\" ou qui vivaient \"\u00e0 l'ancienne\". J'ai enregistr\u00e9 des notes similaires sur les colons d'autres localit\u00e9s consid\u00e9r\u00e9s comme \"non civilis\u00e9s\" ou vivant \"\u00e0 l'ancienne\".<em> noir<\/em> concernant la fa\u00e7on de parler : \"Ceux de La Culebra, c'est pire. Ils parlent de mani\u00e8re encore plus rustique : 'Mi a-m\u00e1', 'Mi a-p\u00e1'. Ils vont au lyc\u00e9e... et ils parlent encore comme \u00e7a. Ici, nous parlons diff\u00e9remment\" (Ramona, 29 avril 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9valuations n\u00e9gatives sont \u00e9galement pr\u00e9sentes dans le cas de ceux qui sont \u00e9tiquet\u00e9s avec l'\u00e9tiquette de <em>Indiens<\/em>. Dans de nombreux cas, les Fare\u00f1os ont utilis\u00e9 des termes p\u00e9joratifs tels que <em>Indien<\/em> (diminutif infantilisant) ou <em>guanco<\/em>\/<em>a<\/em> (allusion \u00e0 une condition suppos\u00e9e \"sauvage\", \"sale\" et \"arri\u00e9r\u00e9e\"), ce qui explique qu'ils aient souvent \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s comme une insulte. M\u00eame si les commentaires n'\u00e9taient pas offensants - en fait, \u00e0 plusieurs reprises, ils exaltaient des aspects tels que l'assiduit\u00e9, la curiosit\u00e9 ou le temp\u00e9rament dans le travail agricole de ceux que l'on appelait les \"travailleurs de la terre\" - ils n'\u00e9taient pas pour autant des insultes. <em>Indiens<\/em>-Ils ont fait preuve de condescendance et ont soulign\u00e9 leur caract\u00e8re \"ferm\u00e9\" ou \"non civilis\u00e9\", par opposition au caract\u00e8re \"ouvert\" et tout \u00e0 fait \"civilis\u00e9\" de l'Union europ\u00e9enne. <em>m\u00e9tis<\/em>. Examinons les perceptions de Do\u00f1a Cirina de la commune d'Amuzgo de Xochistlahuaca, une femme d'origine amuzgo qui vit \u00e0 El Faro depuis plus de 30 ans :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il n'y a que des indig\u00e8nes l\u00e0-bas. Mais avant, les gens \u00e9taient ferm\u00e9s. Ils ne parlaient pas espagnol, seulement leur propre langue. Maintenant qu'il y a des \u00e9coles, ils leur apprennent l'espagnol... Certains portent encore le huipil, mais d'autres portent des v\u00eatements normaux. Ce sont surtout les plus jeunes qui parlent d\u00e9j\u00e0 plus l'espagnol qu'Amuzgo... Oui, il y a d\u00e9j\u00e0 plus de civilisation (Cirina, 19 juillet 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>En bref, la d\u00e9finition du sujet <em>m\u00e9tis<\/em> \u00e9merge dans le discours local comme quelque chose d'oppos\u00e9 en principe au sujet <em>negro<\/em> et le sujet <em>Indien<\/em>Il est con\u00e7u comme sup\u00e9rieur aux deux dans les domaines physique-corporel et comportemental-social. En ce qui concerne le premier domaine, le <em>m\u00e9tis<\/em> sont projet\u00e9s comme des corps d\u00e9pourvus des attributs consid\u00e9r\u00e9s comme esth\u00e9tiquement inf\u00e9rieurs : ils n'auraient plus de cheveux \"serr\u00e9s\" ou \"h\u00e9riss\u00e9s\" et la couleur de leur peau ne serait plus aussi fonc\u00e9e, comme l'ont affirm\u00e9 Moor et Julius. Cependant, d'aucuns affirment que <em>brouill\u00e9<\/em> m\u00eame si leur apparence correspond \u00e0 l'id\u00e9e que l'on se fait d'un <em>lo moreno<\/em> -comme dans les cas de Philippe et de Cusuco-, ou de <em>Indien<\/em> -comme dans le cas de Cirina. C'est ici qu'entre en jeu la dimension sociale, dans laquelle la <em>m\u00e9tis<\/em> sont consid\u00e9r\u00e9s comme des personnes \"civilis\u00e9es\" qui parlent mieux l'espagnol ou ont un mode de vie \"avanc\u00e9\", comme en t\u00e9moignent les maisons dans lesquelles ils vivent, les v\u00eatements qu'ils portent ou l'\u00e9ducation qu'ils re\u00e7oivent ; dans cette logique, Felipe, Cusuco ou Cirina s'\u00e9loignent des \u00e9tiquettes racialisantes que leur apparence implique au d\u00e9part, pour s'inscrire ensuite dans la notion de \"civilisation\". <em>demi-caste<\/em> L'id\u00e9e que les gens sont m\u00e9lang\u00e9s et qu'ils partageraient donc tous cette condition est tout simplement exalt\u00e9e. Ainsi, \u00e0 l'instar de Hoffmann (2008), les acteurs sociaux se d\u00e9placent dans une vari\u00e9t\u00e9 de contextes dans lesquels circulent des affiliations identitaires dissemblables (<em>Indiens<\/em>, <em>noir<\/em>, <em>m\u00e9tis<\/em>), qui coexistent de mani\u00e8re contradictoire et sont activ\u00e9s dans des situations concr\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans des histoires telles que celle de Philippe ou de Cyrina, \u00eatre appel\u00e9 <em>m\u00e9tis<\/em> est de revendiquer une cat\u00e9gorisation positive et, en m\u00eame temps, de se dissocier de la charge d\u00e9daigneuse des \u00e9tiquettes de <em>negro<\/em> et <em>Indien<\/em> Les femmes ont \u00e9t\u00e9 assign\u00e9es \u00e0 ces personnes en raison de leur teint ou de leur chevelure. Sur une autre rive se trouve le cas de Ramona, <em>g\u00fcera<\/em> que l'on disait parfois <em>m\u00e9tis<\/em>. Il convient de rappeler que le concept de <em>g\u00fcero<\/em>par opposition \u00e0 <em>Indien<\/em> et au <em>negro<\/em>ne projette pas un mod\u00e8le esth\u00e9tique inf\u00e9rieur. Cependant, Ramona a remarqu\u00e9 que ses caract\u00e9ristiques physiques \u00e9taient contrebalanc\u00e9es par l'apparence de son corps. <em>Indien<\/em> o <em>moreno<\/em> En d'autres termes, il a transcend\u00e9 son apparence individuelle et a remarqu\u00e9 le \"m\u00e9li-m\u00e9lo\" pr\u00e9sent dans sa famille \u00e9largie et dans la ville d'El Faro dans son ensemble, subordonnant ainsi son identification individuelle \u00e0 l'image de l'homme. <em>g\u00fcera<\/em> \u00e0 l'identification collective des <em>mixte<\/em> o <em>\u0153ufs brouill\u00e9s<\/em>. Dans ce cas, aucune des d\u00e9nominations n'a disparu, mais elles ont \u00e9t\u00e9 juxtapos\u00e9es, m\u00eame si elles semblaient se contredire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit de la <em>nous avons brouill\u00e9<\/em> o <em>m\u00e9tis<\/em>Cependant, il ne cesse de susciter la perplexit\u00e9 de ceux qui l'utilisent comme terme d'identification. \u00c0 mon avis - et j'en viens ici \u00e0 la deuxi\u00e8me question soulev\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment - cela tient \u00e0 la notion de m\u00e9lange qui est utilis\u00e9e. D'une part, le fait de se consid\u00e9rer comme <em>brouill\u00e9<\/em> n'\u00e9vite pas totalement les cat\u00e9gories <em>Indien<\/em> et <em>negro<\/em>Ces derniers pr\u00e9figurent ou pr\u00e9c\u00e8dent les premiers ; qui s'identifie comme un <em>brouill\u00e9<\/em> mentionne g\u00e9n\u00e9ralement dans sa g\u00e9n\u00e9alogie des sujets masculins ou f\u00e9minins qui sont plac\u00e9s sous de telles \u00e9tiquettes racialisantes. En d'autres termes, si une personne pr\u00e9tend \u00eatre <em>croisade<\/em> c'est parce que leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs sont <em>Indiens<\/em> et <em>Noirs<\/em>Le m\u00e9lange d'acteurs incarnant les deux notions donne lieu \u00e0 une identification <em>m\u00e9tis<\/em>. Ainsi, bien que les cat\u00e9gories identitaires \u00e0 charge s\u00e9mantique n\u00e9gative soient \u00e9vit\u00e9es, elles ne sont pas compl\u00e8tement \u00e9limin\u00e9es, puisqu'elles constituent apr\u00e8s tout le point de d\u00e9part de la nouvelle ascription ; comme on peut le voir dans les t\u00e9moignages reproduits, \u00e9tant donn\u00e9 que les cat\u00e9gories identitaires \u00e0 charge s\u00e9mantique n\u00e9gative ne sont pas \u00e9limin\u00e9es, elles ne sont pas compl\u00e8tement \u00e9limin\u00e9es. <em>m\u00e9tis<\/em> implique d'\u00eatre en partie <em>negro<\/em> et en partie <em>Indien<\/em>. C'est la premi\u00e8re complexit\u00e9 : l'\u00e9laboration d'une identification qui se construit en opposition \u00e0 deux autres noms, mais qui en m\u00eame temps les synth\u00e9tise ou les condense.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, lorsqu'une personne suppose qu'elle est <em>m\u00e9tis<\/em> ou lorsqu'il affirme que dans El Faro \"la raza est\u00e1 revuelta\", il exprime une condition d'ind\u00e9termination analogue \u00e0 ce que Victor Turner (2008) a conceptualis\u00e9 comme la liminarit\u00e9 : cette position interstitielle, ambigu\u00eb et anti-structurelle par laquelle passent les gens dans d'innombrables soci\u00e9t\u00e9s lors de rites de passage tels que ceux de l'enfance \u00e0 l'\u00e2ge adulte, o\u00f9 les agents traversent une phase dans laquelle ils n'ont pas d'identit\u00e9 claire et univoque, et o\u00f9 ils ne sont pas en mesure d'exprimer leur identit\u00e9. <em>statut<\/em> Ils deviennent, pour un certain temps, des \u00eatres ind\u00e9termin\u00e9s sans aucune appartenance sociale. Les r\u00e9cits des <em>nous avons brouill\u00e9<\/em> ne s'inscrivent pas dans la dynamique des rituels de passage, mais elles s'en rapprochent sur un point : elles con\u00e7oivent des sujets qui se trouvent sur un seuil, car ils ne sont ni tout \u00e0 fait, ni tout \u00e0 fait, ni tout \u00e0 fait, ni tout \u00e0 fait, ni tout \u00e0 fait, ni tout \u00e0 fait, ni tout \u00e0 fait. <em>Indiens<\/em> ni enti\u00e8rement <em>noir<\/em> m\u00eame s'ils sont les deux \u00e0 la fois (Hoffmann, 2008 : 170-172). Ramona le con\u00e7oit comme suit : \"le mestizo est l'Indien avec du noir. L'Indien avec du noir est appel\u00e9 mestizo, parce qu'il sort comme le garrobo,<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> ni ici ni l\u00e0\" (6 novembre 2016). C'est l\u00e0 que r\u00e9side une deuxi\u00e8me complexit\u00e9 : le caract\u00e8re ambigu et impr\u00e9cis d'une cat\u00e9gorie identitaire dont la d\u00e9finition suscite \u00e9galement des doutes :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">C'est comme nous, nous ne savons plus quelle race nous sommes. L'Indien rencontre le Noir et nous ne savons plus ce que nous sommes. Tout a d\u00e9j\u00e0 bascul\u00e9. Si le gringo [Am\u00e9ricain \u00e0 la peau blanche et aux cheveux blonds] vient et attrape la brune, qu'est-ce que \u00e7a va donner ? On ne sait m\u00eame pas (Evaristo, 30 novembre 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Les commentaires d'Evaristo et de Ramona montrent \u00e0 quel point la cat\u00e9gorisation de l'identit\u00e9 peut \u00eatre complexe. Il est frappant de constater que les habitants d'El Faro h\u00e9sitent souvent \u00e0 se d\u00e9finir comme tels : \"Pensez-vous que les habitants d'El Faro ont une identit\u00e9 diff\u00e9rente de celle des habitants d'El Faro ?<em>Indiens<\/em> o <em>noir<\/em>, <em>cibles <\/em>o<em> brunes<\/em>? Pour r\u00e9soudre le dilemme, ils font allusion au m\u00e9lange : \"nous sommes des crois\u00e9s, nous sommes m\u00e9lang\u00e9s\". L'autod\u00e9nomination n'est cependant pas exempte d'incertitude, d'o\u00f9 l'h\u00e9sitation d'Evaristo (\"nous ne savons plus ce que nous sommes\") \u00e0 vouloir donner un nom \u00e0 \"sa race\". De m\u00eame, la d\u00e9finition de Ramona de <em>m\u00e9tis<\/em> construit un sujet en quelque sorte inclassable, puisqu'il n'est ni \"d'ici ni d'ailleurs\", il n'est pas \"d'ici\", il n'est pas \"d'ailleurs\", il n'est pas \"d'ici\". <em>Indien<\/em> ni <em>negro<\/em> tout en pr\u00e9sentant des caract\u00e9ristiques de l'un et de l'autre.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, <em>le d\u00e9sordre<\/em> chevauchement avec des cat\u00e9gories racialisantes telles que <em>puchuncos <\/em>o<em> fissures<\/em>mais cela ne les \u00e9limine pas. Une personne qui se dit <em>r\u00e9volte<\/em> peut \u00eatre class\u00e9e par ses voisins comme <em>grija<\/em> o <em>puchunca<\/em> en raison de la texture du cheveu ; celle qui est identifi\u00e9e comme <em>m\u00e9tis<\/em> (parce qu'elle a une certaine couleur de peau, parce qu'elle consid\u00e8re qu'elle parle et vit d'une certaine mani\u00e8re, ou parce qu'elle accentue le m\u00e9li-m\u00e9lo de ses origines familiales) n'emp\u00eache pas les autres d'utiliser des \u00e9tiquettes racialisantes \u00e0 son \u00e9gard, en l'occurrence, en raison de la texture de ses cheveux. Et si quelqu'un pr\u00e9tend \u00eatre <em>m\u00e9tis<\/em> parce qu'il a des cheveux <em>faillite<\/em> et non plus perverses ou <em>point<\/em>Pour un tiers, cette personne peut \u00eatre <em>mur\u00e8ne<\/em> en raison de la couleur de leur teint ou <em>Inde<\/em> en raison de leur stature. Revendiquer une identification \"mixte\" n'abolit pas la racialisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela nous am\u00e8ne \u00e0 un point essentiel : plut\u00f4t que de s'annuler ou de s'affaiblir mutuellement, les termes <em>brouill\u00e9<\/em>, <em>grijo<\/em> et <em>puchunco<\/em> coexistent et reproduisent une logique de racialisation dans laquelle les aspects ph\u00e9notypiques sont pr\u00e9sents dans la d\u00e9finition de l'alt\u00e9rit\u00e9 et de l'identit\u00e9. Cependant, alors que le premier est une forme d'autod\u00e9nomination invent\u00e9e dans la conversation quotidienne et dont la connotation est affirmative, les seconds sont des mots utilis\u00e9s pour se r\u00e9f\u00e9rer aux autres, rarement utilis\u00e9s comme des termes d'auto-identification et plut\u00f4t associ\u00e9s \u00e0 des \u00e9valuations d\u00e9sobligeantes et moqueuses. D'autre part, en reconnaissant \u00e0 la fois une origine <em>Indien<\/em> comme un seul homme <em>negro<\/em>la notion de <em>lo<\/em> <em>brouill\u00e9<\/em> illustre l'instabilit\u00e9 des cat\u00e9gories :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Evaristo : C'est la m\u00eame chose pour elle [il montre Cirina], elle est indienne et je suis noir, les enfants sont d\u00e9j\u00e0 sortis. <em>amitanados<\/em>moiti\u00e9-moiti\u00e9, ni noirs ni blancs.<br>Cirina : Mais vous n'\u00eates pas non plus noir-noir, parce que votre m\u00e8re \u00e9tait indig\u00e8ne. Son p\u00e8re \u00e9tait noir, mais sa m\u00e8re \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 indig\u00e8ne....<br>Evaristo : Oui, ma m\u00e8re \u00e9tait de Copala. De Copala. Elle \u00e9tait indienne. Mon p\u00e8re \u00e9tait noir... Je vous le dis, toute la race a \u00e9t\u00e9 remu\u00e9e (5 avril 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Le dialogue est illustratif, puisque Don Evaristo s'appelait \u00e0 maintes reprises <em>negro<\/em> -Il \u00e9tait l'une des rares personnes \u00e0 utiliser ce mot, mais suite \u00e0 l'intervention de Do\u00f1a Cirina, il a reconnu qu'\u00e0 proprement parler, il \u00e9tait lui aussi, comme beaucoup d'autres, le produit d'un m\u00e9lange. Il s'inscrit ainsi dans une logique de <em>lo<\/em> <em>m\u00e9tis<\/em> ce qui a produit de l'ind\u00e9termination, car cela a \u00e9branl\u00e9 la stabilit\u00e9 apparente de certaines \u00e9tiquettes -<em>negro<\/em>, <em>Indien<\/em>- activ\u00e9 d'autres possibilit\u00e9s d'identification -<em>brouill\u00e9<\/em> o <em>crois\u00e9<\/em>qui peut \u00eatre plusieurs choses et en m\u00eame temps aucune.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, l'importance des <em>le d\u00e9sordre<\/em>, <em>le noir<\/em> et <em>Indien<\/em> ne se dissocie pas de la mani\u00e8re dont les m\u00e9langes sont socialement per\u00e7us et appropri\u00e9s dans les r\u00e9cits d'alt\u00e9rit\u00e9 et d'identit\u00e9. Il y a l\u00e0 un caract\u00e8re contradictoire du m\u00e9tissage qui, tout en fa\u00e7onnant une subjectivit\u00e9 non r\u00e9ductible aux diff\u00e9rences physiques, n'\u00e9limine pas la racialisation et les \u00e9pith\u00e8tes fond\u00e9es sur l'ordonnancement et la qualification de l'apparence (Cunin, 2003).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Tout au long de cet article, j'ai tent\u00e9 de montrer comment l'apparence \u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment significatif dans l'\u00e9laboration des r\u00e9cits de diff\u00e9rence et d'identit\u00e9 dans une petite ville de la r\u00e9gion de la Costa Chica au Guerrero, historiquement marqu\u00e9e par le m\u00e9tissage et les \u00e9changes culturels. Mon objectif n'\u00e9tait pas de faire revivre l'id\u00e9e de race du XIXe si\u00e8cle, et encore moins d'\u00e9tablir l'existence de \"types raciaux\" parfaitement d\u00e9limit\u00e9s et bas\u00e9s sur des attributs physiques ; je cherchais plut\u00f4t \u00e0 comprendre comment certains de ces traits \u00e9taient per\u00e7us et interpr\u00e9t\u00e9s socialement et comment ils \u00e9taient utilis\u00e9s pour racialiser, c'est-\u00e0-dire pour construire, cat\u00e9goriser et hi\u00e9rarchiser l'alt\u00e9rit\u00e9 et la similitude. Il ne s'agit donc pas de voir si le teint ou les cheveux forgent l'identit\u00e9 d'une personne ou d'un collectif (l'id\u00e9e m\u00eame rel\u00e8ve d'un r\u00e9ductionnisme biologique extr\u00eamement simpliste), mais d'analyser comment certains aspects \u00e9voqu\u00e9s de mani\u00e8re r\u00e9currente dans les conversations quotidiennes, y compris des marqueurs somatiques tels que les cheveux, sont signifi\u00e9s par les acteurs locaux au point d'aboutir \u00e0 des r\u00e9cits racialisants sur \"nous\" et \"les autres\". Dans cette optique, j'ai saisi la pertinence de la cat\u00e9gorie \"nous\" et \"les autres\". <em>nous avons brouill\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit de <em>le d\u00e9sordre<\/em> o <em>lo<\/em> <em>folklorique<\/em> Elle reproduit \u00e9galement un processus de racialisation qui comporte plusieurs ambivalences : elle s\u00e9lectionne certains attributs corporels et socioculturels tout en \u00e9vitant d'autres types de caract\u00e9ristiques ; elle oppose des cat\u00e9gories (<em>Indiens<\/em>, <em>noir<\/em>) qui subsume en m\u00eame temps ; il est utilis\u00e9 comme un terme auto-descriptif mais n'efface pas pour autant les \u00e9tiquettes racialisantes (<em>puchuncos<\/em>, <em>fissures<\/em>), avec lesquels il coexiste en fait ; il projette des sujets liminaux, dans une situation de seuil ; il complique les r\u00e9cits d'identit\u00e9, en les chargeant d'incertitude, d'instabilit\u00e9 et de mall\u00e9abilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans quelle mesure cette version f\u00e9ro\u00efenne du mestizaje est-elle r\u00e9pandue sur la Costa Chica ? Comment les m\u00e9langes sont-ils per\u00e7us dans d'autres contextes locaux-r\u00e9gionaux et comment affectent-ils les r\u00e9cits d'alt\u00e9rit\u00e9 et d'identification ? Comment ces r\u00e9cits sont-ils li\u00e9s au discours national homog\u00e9n\u00e9isant du mestizaje qui, selon Hoffmann (2008), a marginalis\u00e9 et ni\u00e9 la pr\u00e9sence de Noirs ou d'Afro-descendants jusqu'\u00e0 la seconde moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle ? <span class=\"small-caps\">xx<\/span>? Ces questions m\u00e9riteraient d'\u00eatre trait\u00e9es en profondeur, mais pour l'instant, je me contenterai de les mentionner ici. Il suffit de revenir sur un point \u00e9voqu\u00e9 au d\u00e9but : \u00e0 El Faro - et sur la Costa Chica en g\u00e9n\u00e9ral - il est difficile de parler d'identit\u00e9s afro-descendantes ou indig\u00e8nes claires, autonomes et bien d\u00e9finies, car la r\u00e9alit\u00e9 du mestizaje conduit \u00e0 l'h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9, \u00e0 l'ambigu\u00eft\u00e9 et au franchissement des fronti\u00e8res, processus dont parlent les r\u00e9cits locaux. De plus, selon Cunin, \"le mestizaje, loin d'ob\u00e9ir \u00e0 une logique d'harmonie et de pacification, alimente et accentue le recours \u00e0 l'id\u00e9ologie raciale et aux pr\u00e9jug\u00e9s de couleur\" (2003 : 14). Cela se refl\u00e8te dans le discours de la <em>nous avons brouill\u00e9<\/em>Il s'agit d'un processus qui int\u00e8gre mais en m\u00eame temps transcende les cat\u00e9gories racialisantes et ouvre de multiples possibilit\u00e9s d'attribution, sans pour autant annuler les processus de racialisation qui op\u00e8rent dans la vie quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Aguirre, Gonzalo (1989). <em>Cuijla. Esbozo etnogr\u00e1fico de un pueblo negro<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uv\/ini<\/span>\/Gobierno del estado de Veracruz\/<span class=\"small-caps\">fce<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Arias, Julio y Eduardo Restrepo. 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M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">conaculta<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Wieviorka, Michel (2009). <em>El racismo: una introducci\u00f3n<\/em>. Barcelona: Gedisa.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Giovanny Castillo Figueroa<\/em> est anthropologue \u00e0 l'universit\u00e9 nationale de Colombie, titulaire d'un master et d'un doctorat en sciences anthropologiques \u00e0 l'universit\u00e9 autonome m\u00e9tropolitaine d'Iztapalapa. Il est actuellement chercheur postdoctoral au Centro de Investigaciones Multidisciplinarias sobre Chiapas y la Frontera Sur (<span class=\"small-caps\">cimsur<\/span>), \u00e0 l'universit\u00e9 nationale autonome de Mexico, et membre du groupe d'\u00e9tudes afro-colombiennes. Ses recherches portent sur les r\u00e9cits d'identit\u00e9 et d'alt\u00e9rit\u00e9 et sur les processus de racialisation et d'ethnicit\u00e9 chez les Afro-descendants, en particulier au Mexique et en Colombie. Elle a \u00e9galement men\u00e9 des recherches ethnographiques avec des p\u00eacheurs c\u00f4tiers, \u00e9tudiant, entre autres, les connaissances empiriques, les techniques et technologies de travail, les relations de travail et les imaginaires symboliques.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article pr\u00e9sente une analyse ethnographique des processus de racialisation, de m\u00e9tissage et de construction de l'identit\u00e9\/alt\u00e9rit\u00e9 \u00e0 Punta Maldonado (El Faro), Costa Chica, Guerrero. Il examine tout d'abord les concepts de race et de racialisation afin de comprendre comment les attributs physiques ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour marquer et hi\u00e9rarchiser les diff\u00e9rences ; il explore ensuite les significations de certaines cat\u00e9gories utilis\u00e9es localement qui montrent comment l'apparence physique, en particulier les cheveux, est socialement per\u00e7ue et interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 El Faro. Enfin, il analyse la mani\u00e8re dont l'id\u00e9e de mixit\u00e9 est per\u00e7ue en tant qu'expression de l'identit\u00e9.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[846,300,849,847,848],"coauthors":[551],"class_list":["post-35070","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-9","tag-alteridad","tag-identidad","tag-mestizaje","tag-racializacion","tag-raza","personas-castillo-figueroa-giovanny","numeros-793"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Revueltos, grijos y puchuncos: racializaci\u00f3n, identidad y mestizaje en un pueblo de la Costa Chica de Guerrero &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/castillo-mestizaje-racismo-costa-chica-guerrero\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Revueltos, grijos y puchuncos: racializaci\u00f3n, identidad y mestizaje en un pueblo de la Costa Chica de Guerrero &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"El art\u00edculo presenta una discusi\u00f3n etnogr\u00e1fica en torno a los procesos de racializaci\u00f3n, mestizaje y construcci\u00f3n de la identidad\/alteridad en Punta Maldonado (El Faro), Costa Chica de Guerrero. En primer lugar, examina los conceptos de raza y racializaci\u00f3n con el fin de entender c\u00f3mo los atributos f\u00edsicos han sido usados en la marcaci\u00f3n y jerarquizaci\u00f3n de las diferencias; enseguida explora los significados de algunas categor\u00edas de uso local que muestran el modo en que la apariencia f\u00edsica, particularmente el pelo, es socialmente percibida e interpretada en El Faro. 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