{"id":35012,"date":"2021-09-17T21:14:48","date_gmt":"2021-09-17T21:14:48","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=35012"},"modified":"2023-11-17T18:10:20","modified_gmt":"2023-11-18T00:10:20","slug":"del-palacio-torres-memoria-grafitti-desapariciones-orizaba","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/del-palacio-torres-memoria-grafitti-desapariciones-orizaba\/","title":{"rendered":"\"Leurs regards dans notre m\u00e9moire\". Les graffitis comme strat\u00e9gie discursive face aux disparitions forc\u00e9es dans la r\u00e9gion de C\u00f3rdoba-Orizaba."},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article s'attache \u00e0 pr\u00e9senter les peintures murales sur les jeunes disparus dans la r\u00e9gion d'Orizaba-C\u00f3rdoba, dans l'\u00c9tat de Veracruz, o\u00f9 les disparitions forc\u00e9es constituent un grave probl\u00e8me depuis des ann\u00e9es. Il analyse le travail r\u00e9alis\u00e9 par l'artiste Aldo Daniel Hern\u00e1ndez, <em>Fise<\/em>comme un acte de r\u00e9sistance des m\u00e8res du Colectivo, comme une lutte contre l'oubli et l'impunit\u00e9, en la situant dans son contexte et en analysant les r\u00e9actions des autorit\u00e9s et de la soci\u00e9t\u00e9. L'analyse se base sur le cadre th\u00e9orique de la sociologie de l'art propos\u00e9 par Garc\u00eda Canclini (2006) et repris par Salazar (2011) pour les peintures murales de Ciudad Ju\u00e1rez, en se concentrant sur le processus organisationnel de la cr\u00e9ation de ces \u0153uvres, le cadre id\u00e9ologique qui a pu les conditionner et les strat\u00e9gies discursives visuelles appliqu\u00e9es. Une lutte discursive devient visible entre les victimes qui cherchent \u00e0 rendre l'injustice visible et \u00e0 pr\u00e9server la m\u00e9moire et d'autres acteurs qui cherchent \u00e0 les faire taire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/arte-callejero\/\" rel=\"tag\">art de la rue<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/desaparicion-forzada\/\" rel=\"tag\">disparition forc\u00e9e<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/luchas-por-la-memoria\/\" rel=\"tag\">lutte pour la m\u00e9moire<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/resistencia\/\" rel=\"tag\">r\u00e9sistance<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/violencia-en-veracruz\/\" rel=\"tag\">violence \u00e0 Veracruz<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"en-title wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">\"leurs regards dans notre m\u00e9moire\" : le graffiti comme strat\u00e9gie discursive en r\u00e9ponse aux disparitions forc\u00e9es dans la r\u00e9gion de c\u00f3rdoba-orizaba<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Cet article analyse les peintures murales de jeunes disparus dans la r\u00e9gion d'Orizaba-C\u00f3rdoba, dans l'\u00c9tat de Veracruz, o\u00f9 les disparitions forc\u00e9es constituent un probl\u00e8me grave depuis des ann\u00e9es. Nous analysons l'\u0153uvre de l'artiste Aldo Daniel Hern\u00e1ndez, \"Fise\", comme un acte de r\u00e9sistance des m\u00e8res, membres du collectif des victimes, comme une lutte contre l'oubli et l'impunit\u00e9, en les pla\u00e7ant dans leur contexte et en analysant les r\u00e9actions des autorit\u00e9s et de la soci\u00e9t\u00e9. Cette approche est r\u00e9alis\u00e9e avec le cadre th\u00e9orique de la sociologie de l'art tel qu'appliqu\u00e9 par Salazar (2011) sur les peintures murales de Ciudad Ju\u00e1rez, inspir\u00e9 par le cadre original de Garc\u00eda Canclini (2006). Il se concentre sur le processus d'organisation de la cr\u00e9ation de ces \u0153uvres d'art, le cadre id\u00e9ologique qui a permis les conditions de leur cr\u00e9ation, et les strat\u00e9gies discursives visuelles appliqu\u00e9es. Une lutte discursive devient visible entre les victimes qui veulent attirer l'attention sur l'injustice qu'elles subissent et la pr\u00e9servation de la m\u00e9moire, et d'autres acteurs politiques et sociaux qui tentent de les r\u00e9duire au silence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots cl\u00e9s : violence \u00e0 Veracruz, disparition forc\u00e9e, art de la rue, r\u00e9sistance, lutte pour la m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">L'\u00c9tat de Veracruz a connu historiquement des conflits r\u00e9solus par la violence pendant plusieurs d\u00e9cennies (Vel\u00e1zquez, 1985) et conna\u00eet actuellement une vague de violence qui a commenc\u00e9 en 2006 avec la lutte des groupes criminels pour le territoire (Olvera, Zavaleta et Andrade, 2012 et 2013).<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce panorama, des artistes, des activistes, des universitaires, des combattants sociaux et des membres de collectifs de toutes sortes ont r\u00e9alis\u00e9 des \u0153uvres artistiques \u00e0 l'int\u00e9rieur et \u00e0 l'ext\u00e9rieur de l'\u00c9tat pour rendre visible ce qui se passe \u00e0 Veracruz, revendiquer leurs luttes, r\u00e9primander les autorit\u00e9s et sensibiliser une grande partie de la soci\u00e9t\u00e9 qui, la plupart du temps, est indolente. Bien que ces manifestations de r\u00e9sistance par l'art dans le contexte de violence et d'in\u00e9galit\u00e9 sociale qui pr\u00e9vaut \u00e0 Veracruz soient nombreuses, seules quelques-unes ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es par les universitaires. La musique et les paroles du jaranero et rappeur Josu\u00e9 Bernardo Marcial Santos, <em>L'oncle m\u00e9chant<\/em>dans le sud de l'\u00c9tat, ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9es sous l'angle de la lutte pour la pr\u00e9servation de la tradition par Juan Carlos L\u00f3pez (2016). L'exp\u00e9rience de th\u00e9\u00e2tre social men\u00e9e \u00e0 Amatl\u00e1n, une ville o\u00f9 le groupe de femmes internationalement connu sous le nom de Las Patronas a \u00e9t\u00e9 un soutien constant pour les migrants qui voyagent dans le train appel\u00e9 <em>la b\u00eate <\/em>de la fronti\u00e8re avec le Guatemala jusqu'\u00e0 Mexico, en traversant l'\u00c9tat de Veracruz, a \u00e9t\u00e9 analys\u00e9e par Flores Valencia et Ram\u00edrez Arriola (2016). Les interventions virtuelles sur les b\u00e2timents du port de Veracruz r\u00e9alis\u00e9es par Bruno Ferreira dans son projet <em>Cartes postales de l'enfer de Jarocho<\/em> ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es par Villarreal (2016). Mais il en existe d'autres qui n'ont pas \u00e9t\u00e9 abord\u00e9es par les universitaires, comme les peintures murales repr\u00e9sentant les visages de jeunes disparus \u00e0 Orizaba, qui font l'objet de cet article.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet article a pour but d'analyser une expression artistique \u00e0 travers laquelle les demandes politiques et sociales de l'\u00c9tat sont exprim\u00e9es. Dans le cas des fresques murales peintes \u00e0 Orizaba, l'artiste <em>Fise<\/em>L'\u00e9v\u00e9nement, organis\u00e9 \u00e0 la demande du Colectivo de Familiares de Desaparecidos Orizaba-C\u00f3rdoba, visait \u00e0 sensibiliser au grave probl\u00e8me des disparitions forc\u00e9es dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme hypoth\u00e8se, nous proposons que ces peintures murales soient un artefact pour la construction de la m\u00e9moire que les membres du collectif entretiennent et reconstruisent sur leurs proches, et qu'en tant qu'\u0153uvre d'art, elles puissent sensibiliser les personnes qui ne sont pas famili\u00e8res avec le probl\u00e8me. Le silence est un \u00e9l\u00e9ment fondamental qui est impos\u00e9 aux personnes qui ont subi ces exp\u00e9riences de violence, cherchant l'oubli personnel et social de ces injustices. L'art - en particulier l'art public - a un r\u00f4le fondamental \u00e0 jouer pour rompre le silence et d\u00e9bloquer cette imposition de l'oubli. Il est \u00e9galement important de noter qu'en organisant la r\u00e9alisation d'une peinture murale dans la ville et \u00e0 proximit\u00e9 des lieux o\u00f9 les actes criminels ont \u00e9t\u00e9 commis, les m\u00e8res \u00e9tablissent un discours contre-h\u00e9g\u00e9monique dans un espace de contestation du sens.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cadre th\u00e9orique et outils m\u00e9thodologiques<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les peintures murales sont con\u00e7ues comme un outil p\u00e9dagogique critique, comme des potentialisateurs d'espoir avec une pertinence \u00e9mancipatrice dans des contextes violents ou avec de profondes in\u00e9galit\u00e9s sociales (Salazar, 2011). Avec une longue tradition, la peinture murale plac\u00e9e dans un espace public peut avoir diff\u00e9rentes intentions, qu'elles soient p\u00e9dagogiques ou de critique sociale, et leurs intentions d\u00e9pendent de ceux qui les r\u00e9alisent, de ceux qui les commandent et de ceux qui les financent. Toutes les caract\u00e9ristiques de production de ces \u0153uvres auront une influence sur l'intention et le contenu. Il suffit de rappeler bri\u00e8vement les peintures murales de Diego Rivera, Orozco ou Siqueiros, qui cherchaient \u00e0 promouvoir le nationalisme post-r\u00e9volutionnaire, financ\u00e9 par le nouveau r\u00e9gime politique (Feria et Lince Campillo, 2010 ; Ram\u00edrez Rodr\u00edguez, 2013).<\/p>\n\n\n\n<p>El<em> graffiti<\/em>D'autre part, il a m\u00e9rit\u00e9 de multiples interpr\u00e9tations (Castelman, 2012 ; Bansky, 2005 ; G\u00e1ndara, 2007) en tant que strat\u00e9gie d'intervention dans l'espace public par des jeunes (pour la plupart) qui, \u00e0 travers ces r\u00e9cits textuels et visuels, visent \u00e0 communiquer, \u00e0 se relier et \u00e0 se transmuter, contenant souvent des revendications ethniques, de classe, nationalistes ou autres (Valenzuela, 2012) afin d'offrir des r\u00e9flexions \u00e0 travers l'art qui tendent \u00e0 transformer ceux qui le voient (Banksy, 2005).<\/p>\n\n\n\n<p>L'auteur des peintures murales dont il est question ici, Aldo Hern\u00e1ndez, <em>Fise<\/em>se consid\u00e8re comme un graffeur et a ainsi consolid\u00e9 sa carri\u00e8re. Les peintures murales qui seront analys\u00e9es pr\u00e9sentent plusieurs caract\u00e9ristiques de cette forme d'expression artistique : elles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es, comme le souligne G\u00e1ndara (2007), dans un espace occup\u00e9 - au moins pour l'une d'entre elles - un espace non d\u00e9di\u00e9 \u00e0 cette fin, qui, bien qu'ayant d'abord re\u00e7u l'autorisation de ses administrateurs, a ensuite \u00e9t\u00e9 effac\u00e9 parce qu'il n'\u00e9tait pas consid\u00e9r\u00e9 comme appropri\u00e9. Il s'agit \u00e9galement d'un contre-discours adress\u00e9 \u00e0 un \"non-consommateur\". Il est vrai qu'il ne s'agissait pas d'une activit\u00e9 clandestine. <em>graffiti<\/em> Dans certains endroits du Mexique, il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avec le soutien des autorit\u00e9s dans des espaces mis \u00e0 disposition par celles-ci. Bien que certains graffiteurs consid\u00e8rent cela comme indigne, cela n'\u00e9limine pas les autres caract\u00e9ristiques qui montrent son caract\u00e8re controvers\u00e9 et transgressif (Anaya, 2002 ; Hern\u00e1ndez S\u00e1nchez, 2003).<\/p>\n\n\n\n<p>La rencontre entre l'\u00e9ph\u00e9m\u00e8re et le permanent est pr\u00e9sente dans les peintures murales analys\u00e9es. Dans ce cas, le nom m\u00eame que les familles de disparus ont donn\u00e9 aux peintures murales, et qui est repris ici dans le titre, est significatif : le regard de leurs enfants disparus est destin\u00e9 \u00e0 devenir permanent et \u00e0 interpeller les passants. G\u00e1ndara (2007) souligne \u00e9galement la proximit\u00e9 de cette forme d'expression avec les mouvements sociaux, comme celui que nous \u00e9tudions ici, comme une sorte de r\u00e9action aux gouvernements autoritaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela devient particuli\u00e8rement important dans un contexte d'ins\u00e9curit\u00e9, de violence et de peur comme l'\u00e9tait et l'est toujours l'\u00c9tat de Veracruz. L'\u00c9tat de Veracruz \u00e9tait et est toujours un \u00c9tat d'ins\u00e9curit\u00e9. <em>graffiti<\/em> devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un acte de r\u00e9bellion et de r\u00e9sistance \u00e0 d'autres strat\u00e9gies visuelles mises en \u0153uvre par ceux qui d\u00e9tiennent le pouvoir, comme les panneaux d'affichage produits et pay\u00e9s par les gouvernements, les articles de presse qui spectacularisent la violence et les bulletins gouvernementaux qui criminalisent et revictimisent les personnes disparues et leurs familles (Aracely Salcedo, entretien novembre 2018 ; Del Palacio, 2018 et 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les raisons susmentionn\u00e9es, outre les mat\u00e9riaux utilis\u00e9s (a\u00e9rosols), qui sont reconnus comme mat\u00e9riaux pour les <em>graffiti<\/em>Nous revenons \u00e0 ce concept, m\u00eame si les m\u00e8res les ont appel\u00e9es \"murales\". En effet, <em>graffiti<\/em> et la peinture murale ne doivent pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme une dichotomie exclusive (Gar\u00ed, 1995).<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de souligner que nous n'aborderons pas cette forme d'art \u00e0 partir des mod\u00e8les s\u00e9miotiques qui conduisent \u00e0 une analyse de l'\u0153uvre elle-m\u00eame, ni de ceux qui se concentrent sur les caract\u00e9ristiques esth\u00e9tiques. Nous nous basons sur la proposition th\u00e9orique de sociologie de l'art de Garc\u00eda Canclini (2006), reprise par Salazar (2011), qui l'utilise sp\u00e9cifiquement pour \u00e9tudier les peintures murales de rue de Ciudad Ju\u00e1rez, un lieu touch\u00e9 par la violence criminelle. Il s'agit d'un objet d'\u00e9tude tr\u00e8s proche de celui analys\u00e9 dans cet article. Cette proposition privil\u00e9gie le contexte et les relations qui s'\u00e9tablissent dans l'\u00e9laboration des productions artistiques. Elle se compose des \u00e9l\u00e9ments d'analyse suivants : 1) les moyens de production : les ressources et les mat\u00e9riaux qui permettent la production artistique, les proc\u00e9dures pour la g\u00e9n\u00e9rer et les espaces de production, de diffusion et de consommation ; 2) les relations de production, qui impliquent \" les multiples lieux qui s'\u00e9tablissent entre les acteurs qui participent au processus complexe de production-divulgation-consommation de l'\u0153uvre artistique \" (Salazar, 2011 : 270) : artistes, public et m\u00e9dias ; 3) le cadre id\u00e9ologique qui \" conditionne la production artistique aux syst\u00e8mes de repr\u00e9sentation \u00e9tablis \" (Salazar, 2011 : 270) ; et 4) les strat\u00e9gies discursives : les pratiques et les r\u00e9cits \u00e0 partir desquels les acteurs -artistes et public- \" re-signifient la production artistique en n\u00e9gociant, en s'opposant, en s'appropriant, \u00e0 partir de positions sp\u00e9cifiques, les r\u00e8gles issues du niveau de formation discursive et le jeu \u00e9tabli dans les champs de la discursivit\u00e9 \" (Salazar, 2011 : 271). Nous l'utiliserons explicitement dans le texte, comme indiqu\u00e9 dans le paragraphe suivant et visible tout au long de l'article.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les pages qui suivent, nous tenterons de r\u00e9pondre aux questions suivantes : quel a \u00e9t\u00e9 le processus de cr\u00e9ation des peintures murales ? Comment ces deux \u0153uvres interd\u00e9pendantes repr\u00e9sentent-elles le probl\u00e8me des disparitions dans la r\u00e9gion de C\u00f3rdoba-Orizaba ? Quelles ont \u00e9t\u00e9 les r\u00e9ponses des autorit\u00e9s et des citoyens ? Pour ce faire, en suivant la strat\u00e9gie th\u00e9orique propos\u00e9e, nous \u00e9laborerons une analyse de 1) l'organisation de la production des peintures murales : les relations de production, 2) les moyens de production, 3) le cadre id\u00e9ologique qui a conditionn\u00e9 la production artistique et 4) les strat\u00e9gies discursives \u00e0 partir desquelles les acteurs et le public re-signifient ce produit artistique (Salazar, 2011 : 270-271). Bien que la consommation soit l'un des \u00e9l\u00e9ments soulev\u00e9s dans la proposition th\u00e9orique susmentionn\u00e9e, il n'a pas \u00e9t\u00e9 possible de r\u00e9aliser une approche ethnographique de la r\u00e9ception de l'\u0153uvre sur la voie publique car, au moment de la r\u00e9daction de cet article, les peintures murales avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 effac\u00e9es depuis un certain temps et la violence et la pand\u00e9mie de <span class=\"small-caps\">covid<\/span>-19 l'a emp\u00each\u00e9 de retourner \u00e0 Orizaba pour enqu\u00eater aupr\u00e8s de la population. Une \u00e9tude de la r\u00e9ception de ces peintures murales par les habitants d'Orizaba et m\u00eame par certains acteurs, par exemple, qui ont insist\u00e9 pour les effacer, est toujours en attente. C'est pour ces m\u00eames raisons que nous n'avons pas pris les photos nous-m\u00eames, mais que nous nous sommes appuy\u00e9s sur la collection d'Aracely Salcedo, qui a document\u00e9 l'ensemble du processus. Nous nous limitons ici \u00e0 recueillir des t\u00e9moignages sur les strat\u00e9gies discursives utilis\u00e9es par les acteurs que nous avons pu interviewer pour re-signifier les peintures murales et sur ce qu'ils nous ont dit de la r\u00e9ception de celles-ci par le public.<\/p>\n\n\n\n<p>L'objectif de cet article n'est pas d'approfondir l'esth\u00e9tique des peintures murales ou les significations possibles des couleurs ou de la mani\u00e8re dont les personnages ont \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9s, au-del\u00e0 de la simple description. Cet article ne se r\u00e9f\u00e8re pas \u00e0 l'analyse de l'art lui-m\u00eame, mais plut\u00f4t \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 pour les familles des victimes d'utiliser cette expression pour rendre visible leur trag\u00e9die et sensibiliser l'opinion publique, ainsi qu'aux relations qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies pour ce faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, afin de r\u00e9pondre aux questions pos\u00e9es avec le cadre th\u00e9orique propos\u00e9, nous avons analys\u00e9 les entretiens pr\u00e9c\u00e9demment men\u00e9s en octobre 2018 et juillet 2020 avec certains des acteurs directement impliqu\u00e9s dans ce processus : l'artiste plasticien.<em> Fise <\/em>et la coordinatrice du Colectivo de Familias de Desaparecidos Orizaba-C\u00f3rdoba, Aracely Salcedo, ainsi que l'avocate Ana\u00efs Palacios, et des entretiens avec diff\u00e9rents membres du Colectivo por Soto en 2018. Ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 prises en compte les notes journalistiques publi\u00e9es sur le sujet, ainsi que les photographies des peintures murales analys\u00e9es, certaines publi\u00e9es par les m\u00e9dias et d'autres fournies par Aracely Salcedo elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Contexte politique et social de Veracruz.<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les personnes disparues<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Veracruz est un \u00c9tat mexicain situ\u00e9 sur la c\u00f4te du golfe du Mexique, d'une superficie de 71 826 kilom\u00e8tres carr\u00e9s, soit 3,7% de la superficie du pays. Il compte 8,1 millions d'habitants, ce qui en fait le troisi\u00e8me \u00c9tat le plus peupl\u00e9 du Mexique. Il compte 212 municipalit\u00e9s et cinq villes de plus de 200 000 habitants. 58% de la population vit dans la pauvret\u00e9 et 17,2% dans l'extr\u00eame pauvret\u00e9. Le taux d'analphab\u00e9tisme est de 9%, et 55% de la population n'a pas termin\u00e9 l'enseignement primaire (<span class=\"small-caps\">inegi<\/span>, 2016). Veracruz a \u00e9t\u00e9 gouvern\u00e9 pendant 88 ans par le Partido Revolucionario Institucional (<span class=\"small-caps\">pri<\/span>). Le dernier gouvernement du PRI, pr\u00e9sid\u00e9 par Javier Duarte de Ochoa (2010-2016), s'est caract\u00e9ris\u00e9 par une corruption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, la r\u00e9duction au silence des journalistes (20 d'entre eux ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s) et l'augmentation de la violence due \u00e0 la lutte pour le territoire entre les diff\u00e9rents groupes du crime organis\u00e9 (Del Palacio, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la p\u00e9riode du gouverneur Fidel Herrera Beltr\u00e1n (2004-2010), pr\u00e9d\u00e9cesseur direct de Duarte, les Zetas, l'un des groupes criminels organis\u00e9s les plus sanglants, originaire de l'\u00c9tat de Tamaulipas en tant que bras arm\u00e9 du Cartel du Golfe (Correa-Cabrera, 2018), se sont \u00e9tablis sur le territoire de Veracruz et ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des niveaux croissants de violence criminelle dans le cadre d'un pacte avec le gouvernement et les diff\u00e9rentes forces de police locales. Sous le gouvernement de Javier Duarte de Ochoa, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a autoris\u00e9 l'entr\u00e9e du Cartel de Jalisco Nouvelle G\u00e9n\u00e9ration, une organisation criminelle n\u00e9e en 2007 de la division du Cartel de Sinaloa dirig\u00e9 par Joaqu\u00edn Guzm\u00e1n Loera, <em>El Chapo<\/em>Cela a d\u00e9clench\u00e9 un conflit interne avec une augmentation notable de la violence criminelle et une crise humanitaire qui se poursuit encore aujourd'hui, comme le montrent de nombreuses \u00e9tudes sur la r\u00e9gion, notamment Olvera (2018 : 48-49) et Olvera, Zavaleta et Andrade (2012 et 2013). Cette explication minimale de la pr\u00e9sence de groupes criminels et de leur collusion avec les gouvernements des \u00c9tats est fondamentale pour comprendre le ph\u00e9nom\u00e8ne des disparitions forc\u00e9es dans l'\u00c9tat et le manque de mobilisation des autorit\u00e9s dans la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, ce qui a conduit les familles \u00e0 rechercher des m\u00e9canismes alternatifs de visibilit\u00e9 et de justice.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n'est pas possible dans le cadre de cet article de donner un aper\u00e7u, m\u00eame succinct, de la situation des disparitions forc\u00e9es au Mexique, de leurs causes et de leur augmentation au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Nous pouvons souligner que ce ph\u00e9nom\u00e8ne n'est pas nouveau ; il a pris de l'importance pendant la guerre dite sale, dans les ann\u00e9es 1970, lorsqu'elle a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e avec plus d'intensit\u00e9 dans les zones rurales de l'\u00c9tat de Guerrero dans le cadre des actions de contre-insurrection de l'arm\u00e9e contre les groupes rebelles arm\u00e9s (Ovalle, 2019 ; Gonz\u00e1lez Villareal, 2012). Il a ensuite refait surface apr\u00e8s le soul\u00e8vement de l'Arm\u00e9e zapatiste de lib\u00e9ration nationale en 1994 au Chiapas, et depuis la d\u00e9claration de la guerre contre les drogues par le pr\u00e9sident de l'\u00e9poque, Felipe Calder\u00f3n, en 2006, ce ph\u00e9nom\u00e8ne s'est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 dans tout le pays (Gonz\u00e1lez Villarreal, 2012 ; Guevara Berm\u00fadez et Ch\u00e1vez Vargas, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Le nombre de disparus \u00e0 Veracruz varie d'une source \u00e0 l'autre. Selon la <span class=\"small-caps\">cenapi<\/span><a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a><span class=\"small-caps\"><\/span> 1 164 personnes disparues ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es entre 2006 et 2018 ; la <span class=\"small-caps\">rnpd<\/span><a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a><span class=\"small-caps\"><\/span> enregistre 726 cas entre d\u00e9cembre 2006 et janvier 2018 et la <span class=\"small-caps\">rppd<\/span><a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a><span class=\"small-caps\"><\/span> affirme que 2 433 personnes ont disparu entre janvier 2006 et d\u00e9cembre 2016 (Soto, 2018). Ces chiffres sont remis en question par les collectifs de familles de victimes existant dans l'\u00c9tat, qui estiment qu'ils sont beaucoup plus \u00e9lev\u00e9s (<span class=\"small-caps\">imdhd<\/span>, 2019).<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> Les causes de ce chiffre noir sont multiples : en 2017 et 2018, le bureau du procureur n'a pas fourni de donn\u00e9es sur les personnes disparues \u00e0 Veracruz (Soto, 2018) et, d'autre part, il y a le fait que de nombreuses familles ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas porter plainte, par crainte non seulement des criminels, mais aussi d'\u00eatre criminalis\u00e9es par les autorit\u00e9s.<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans les municipalit\u00e9s entourant les zones urbaines de Cordoba et d'Orizaba, les m\u00eames sources font \u00e9tat des cas suivants : <span class=\"small-caps\">cenapi<\/span>, 76 (<span class=\"small-caps\">imdhd<\/span>, 2019); <span class=\"small-caps\">rnped<\/span>droit commun, 73 ; <span class=\"small-caps\">rnped<\/span>la comp\u00e9tence f\u00e9d\u00e9rale, 24 ; et <span class=\"small-caps\">rppd<\/span>261 (Soto, 2018), bien que cette information ne co\u00efncide pas avec les registres du Colectivo de Familias de Desaparecidos Orizaba-C\u00f3rdoba, qui soutient \u00e0 ce jour plus de 370 familles de la r\u00e9gion (entretien avec Aracely Salcedo, octobre 2018). Ce n'est pas pour rien que le territoire situ\u00e9 entre C\u00f3rdoba, Xalapa et Veracruz a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \"le Triangle de Bermudez\", en r\u00e9f\u00e9rence au \"Triangle des Bermudes\", une zone magique o\u00f9 l'on dit que des avions et des navires disparaissent. Le nom d\u00e9rive du nom de famille du secr\u00e9taire d'\u00c9tat \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 publique de l'\u00e9poque, Arturo Berm\u00fadez Zurita (Andr\u00e9s Timoteo dans Siscar, 2014), accus\u00e9 d'\u00eatre responsable ou complice de nombreux cas de disparitions.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-1.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"895x510\" data-index=\"0\" data-caption=\"Mapa 1. M\u00e9xico, zona centro del estado de Veracruz, regi\u00f3n C\u00f3rdoba-Orizaba. Fuente: INEGI. Mapa base: Sat\u00e9lite de Google.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-1.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Carte 1 : Mexique, zone centrale de l'\u00c9tat de Veracruz, r\u00e9gion de C\u00f3rdoba-Orizaba. Source : INEGI : INEGI. Carte de base : Google satellite.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les cas dont le Colectivo est charg\u00e9 couvrent non seulement les municipalit\u00e9s d'Orizaba et de C\u00f3rdoba, mais aussi plusieurs dans les hautes montagnes et m\u00eame dans la zone m\u00e9tropolitaine du port de Veracruz. Cette r\u00e9gion est historiquement marqu\u00e9e par la circulation de marchandises l\u00e9gales et ill\u00e9gales entre la c\u00f4te et le centre du pays. C'est aussi un passage oblig\u00e9 pour les sans-papiers en route vers les Etats-Unis. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les gangs criminels qui s'abritent encore dans les zones montagneuses et op\u00e8rent le long des fronti\u00e8res entre Veracruz, Puebla et Oaxaca ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme responsables de braquages d'autoroutes, de huachicoleo (extraction d'essence des pipelines et vente ill\u00e9gale) et de trafic d'armes, de drogues et de personnes, ainsi que d'enl\u00e8vements et d'extorsions, entre autres crimes (Soto, 2018 ; Siscar, 2014).<\/p>\n\n\n\n<p>Cet environnement criminel est la continuit\u00e9 et le prolongement de la mani\u00e8re dont les conflits sociaux et politiques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9s par la violence dans la r\u00e9gion. L'histoire locale fait r\u00e9f\u00e9rence aux conflits fonciers et aux affrontements entre caciques dans les zones de canne \u00e0 sucre de la r\u00e9gion, ainsi qu'aux conflits intra et intersyndicaux permanents dans l'industrie textile de la vall\u00e9e d'Orizaba, qui a presque disparu aujourd'hui (Vel\u00e1zquez, 1985). La pr\u00e9sence de bandes criminelles se consacrant au vol de marchandises et \u00e0 la traite d'\u00eatres humains est \u00e9galement tr\u00e8s ancienne (Olvera, Zavaleta et Andrade, 2012 et 2013). L'impunit\u00e9 des criminels est une caract\u00e9ristique de l'histoire r\u00e9gionale et de l'histoire de Veracruz, comme les travaux cit\u00e9s ci-dessus (Vel\u00e1zquez, 1985 ; Olvera, Zavaleta et Andrade 2012 et 2013) et bien d'autres le prouvent \u00e0 maintes reprises.<\/p>\n\n\n\n<p>Les actions de r\u00e9sistance des premiers collectifs de victimes du pays, n\u00e9s de la marche historique du po\u00e8te Javier Sicilia en 2011, ont trouv\u00e9 une r\u00e9ponse de l'\u00c9tat par la cr\u00e9ation de lois et d'institutions dysfonctionnelles d\u00e8s le d\u00e9part, comme en t\u00e9moignent les vicissitudes de leur mise en place. Une loi g\u00e9n\u00e9rale sur les victimes (2013, r\u00e9form\u00e9e en 2017) a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e au niveau f\u00e9d\u00e9ral et une loi sur les victimes pour l'\u00c9tat de Veracruz (publi\u00e9e en 2014, puis une nouvelle en 2017). Cette derni\u00e8re a d\u00e9termin\u00e9 la cr\u00e9ation d'un syst\u00e8me national d'attention aux victimes, qui n'a \u00e9t\u00e9 officiellement mis en place qu'en juin 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>La Commission ex\u00e9cutive de l'\u00c9tat pour l'attention int\u00e9grale aux victimes (<span class=\"small-caps\">ceeaiv<\/span>) dans l'\u00c9tat de Veracruz a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 2017, en pleine controverse. Comme l'affirme Aracely Salcedo - une figure cl\u00e9 pour comprendre la relation entre les collectifs et le gouvernement de l'\u00c9tat en tant que leader du mouvement - dans ses t\u00e9moignages (entretien avec Aracely Salcedo, octobre 2018), la Commission avait \u00e0 peine les ressources n\u00e9cessaires pour r\u00e9pondre aux besoins les plus urgents. En 2017, la loi sur la disparition forc\u00e9e de personnes, la disparition commise par des particuliers et le syst\u00e8me national de recherche de personnes a \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9e. Cette loi a \u00e9t\u00e9 mise en place en novembre 2018 et reconna\u00eet, sur le papier, une s\u00e9rie de droits aux victimes et \u00e0 leurs familles.<\/p>\n\n\n\n<p>En f\u00e9vrier 2018 \u00e9galement, les bureaux des procureurs sp\u00e9cialis\u00e9s dans les disparitions forc\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s au niveau f\u00e9d\u00e9ral, mais un an apr\u00e8s leur cr\u00e9ation, le bureau du procureur n'avait pas enregistr\u00e9 un seul cas, c'est-\u00e0-dire que 100% d'impunit\u00e9 subsistaient (del Palacio, 2020). \u00c0 Veracruz, la loi sp\u00e9cialis\u00e9e sur la disparition des personnes a \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9e en 2018. Elle pr\u00e9voyait la cr\u00e9ation de la Commission de recherche de l'\u00c9tat, du Conseil citoyen de l'\u00c9tat, du Fonds de l'\u00c9tat pour les victimes de disparitions, du Bureau du procureur sp\u00e9cialis\u00e9 sur les disparitions et du M\u00e9canisme d'acc\u00e8s aux donn\u00e9es, qui sont rest\u00e9s sur le papier.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'il a pris ses fonctions de gouverneur de Veracruz le 1er d\u00e9cembre 2018, Cuitl\u00e1huac Garc\u00eda a d\u00e9clar\u00e9 l'\u00e9tat d'urgence humanitaire, reconnaissant la gravit\u00e9 de la situation. Cela a donn\u00e9 lieu au Programme d'urgence pour les violations graves des droits de l'homme dans le domaine de la disparition des personnes, qui devrait mettre en \u0153uvre toute la l\u00e9gislation susmentionn\u00e9e, en fournissant des ressources et du personnel aux nouvelles institutions cr\u00e9\u00e9es ou \u00e0 cr\u00e9er.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Conseil citoyen de l'\u00c9tat et la Commission de recherche de l'\u00c9tat ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s en f\u00e9vrier 2019, mais cette derni\u00e8re, jusqu'en novembre 2020, est dirig\u00e9e par un responsable du bureau apr\u00e8s la d\u00e9mission de son chef deux mois apr\u00e8s son entr\u00e9e en fonction. \u00c0 la m\u00eame date, la Direction de la culture de la paix et des droits de l'homme a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e au sein du minist\u00e8re du Gouvernement et la loi pour la d\u00e9claration sp\u00e9ciale d'absence pour cause de disparition de personnes est entr\u00e9e en vigueur (Entretien avec Ana\u00efs Palacios, ao\u00fbt 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces r\u00e9glementations et institutions ont \u00e9t\u00e9 clairement insuffisantes, selon les t\u00e9moignages personnels des familles de disparus. \u00c0 ce jour, le syst\u00e8me national d'attention aux victimes pr\u00e9sente des lacunes qui emp\u00eachent un suivi ad\u00e9quat des cas. Cette situation critique est d\u00e9j\u00e0 aggrav\u00e9e par la r\u00e9duction du budget de la Commission ex\u00e9cutive pour l'attention aux victimes, ce qui laisse les familles encore plus d\u00e9munies (Del Palacio, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>C'est dans ce contexte minimal qu'il faut situer l'effort de m\u00e9moire et de r\u00e9sistance que constituent les peintures murales \u00e9tudi\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le projet<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Nous consid\u00e9rons la m\u00e9moire collective comme le processus de reconstruction d'un pass\u00e9 v\u00e9cu par un groupe ou une soci\u00e9t\u00e9 (Halbwachs, 2004). Les peintures murales \u00e0 analyser pourraient donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme un artefact de construction de la m\u00e9moire que les membres du Colectivo de Familias de Desaparecidos Orizaba-C\u00f3rdoba entretiennent et reconstruisent \u00e0 propos de leurs proches.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet<em> Leurs regards dans notre m\u00e9moire<\/em> a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en septembre 2016 dans le cadre des nombreuses strat\u00e9gies de visibilit\u00e9 men\u00e9es par le Colectivo. L'id\u00e9e centrale consistait \u00e0 capturer 55 visages de disparus des familles du Colectivo \u00e0 certains points de l'aire m\u00e9tropolitaine. Pour ce faire, le Collectif a contact\u00e9 et \u00e9tabli une relation avec Aldo Daniel Hern\u00e1ndez, <em>Fise<\/em>qui, avec l'aide des membres du Colectivo, a peint deux peintures murales dans le centre de la ville d'Orizaba.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">1) L'organisation de la r\u00e9alisation des fresques : les relations de production et les acteurs<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Aldo Daniel Hern\u00e1ndez, <em>Fise<\/em>est un artiste graffiti n\u00e9 dans le Michoac\u00e1n mais bas\u00e9 \u00e0 Rafael Delgado, Veracruz, qui collabore avec le Colectivo de Familias de Desaparecidos Orizaba-C\u00f3rdoba pour la r\u00e9alisation de peintures murales. Avant d'\u00e9tablir une relation avec le Colectivo, <em>Fise<\/em> avait d\u00e9velopp\u00e9 des \u0153uvres visuelles sur la revendication de l'identit\u00e9 et d'autres luttes politiques et sociales, dans le cadre d'un projet plus vaste au sein d'un collectif artistique appel\u00e9 X Familia, compos\u00e9 d'artistes de diff\u00e9rentes r\u00e9gions de la r\u00e9publique (entretien avec Aldo Hern\u00e1ndez, octobre 2018). Apr\u00e8s avoir subi des agressions verbales dans son enfance en raison de son appartenance \u00e0 l'ethnie nahua, <em>Fise<\/em> a essay\u00e9 de d\u00e9velopper une fiert\u00e9 de son identit\u00e9, qu'il a exprim\u00e9e dans certaines de ses \u0153uvres d'art, et de s'impliquer dans les luttes sociales. \" Cela m'a conduit au collectif des disparus... Je me suis beaucoup impliqu\u00e9 dans les questions de peintures murales comme forme de protestation \" (entretien avec Aldo Hern\u00e1ndez, octobre 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le souligne Jim\u00e9nez, l'un des aspects fondamentaux de ce type de processus artistiques est qu'ils agissent depuis le terrain de la subjectivit\u00e9 et de la m\u00e9moire, de l'identit\u00e9, et installent des capacit\u00e9s \u00e0 comprendre la diversit\u00e9 et \u00e0 trouver en soi des capacit\u00e9s et des ressources irrempla\u00e7ables (Jim\u00e9nez, 2016b : 23). Certaines expressions artistiques \" sont capables de r\u00e9veiller les ressources les plus intimes et les plus inavouables, de susciter des \u00e9motions traumatisantes ou de nous \u00e9mouvoir face \u00e0 ce que nous avons vu avec nos yeux ou les mouvements de la routine \" (Jim\u00e9nez, 2016b : 32). L'art a la capacit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9rer de la sensibilit\u00e9 dans les relations sociales et son message devient encore plus puissant s'il ose rompre avec les conditions de ce qui est socialement \u00e9tabli et accept\u00e9 (Jim\u00e9nez, 2016b : 30). <em>Fise <\/em>a trouv\u00e9 un moyen de d\u00e9veloppement personnel \u00e0 travers l'art, en l'occurrence dans la <em>graffiti<\/em>L'objectif est de construire une vision critique des diff\u00e9rents types de violence qui ont lieu dans la r\u00e9gion de C\u00f3rdoba-Orizaba depuis des ann\u00e9es et de leur position personnelle dans ce contexte :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">J'ai commenc\u00e9 \u00e0 faire plus ample connaissance<em> graffiti<\/em> J'ai commenc\u00e9 \u00e0 m'\u00e9loigner des probl\u00e8mes qui existaient dans ma ville, qui a toujours souffert jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent, de la toxicomanie et des gangs, et j'ai commenc\u00e9 \u00e0 me consacrer \u00e0 la peinture. <em>graffiti <\/em>Ici, \u00e0 Orizaba, et je pense que la peinture a beaucoup chang\u00e9 mon mode de vie parce qu'elle m'a \u00e9loign\u00e9 des probl\u00e8mes qui existaient, et je faisais aussi partie du probl\u00e8me, parce que je faisais du mal \u00e0 d'autres personnes, et elle m'a \u00e9loign\u00e9 de cela, et j'ai commenc\u00e9 \u00e0 rencontrer plus de gens, j'ai commenc\u00e9 \u00e0 faire des voyages, \u00e0 peindre dans des expositions, et j'ai commenc\u00e9 \u00e0 peindre dans les rues d'Orizaba. <em>graffiti <\/em>dans d'autres \u00c9tats, et cela a commenc\u00e9 \u00e0 m'ouvrir d'autres portes (entretien avec Aldo Hern\u00e1ndez, octobre 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Jim\u00e9nez explique que l'\u00e9ducation artistique peut g\u00e9n\u00e9rer des comp\u00e9tences \u00e9thiques, disciplinaires, de travail en \u00e9quipe et de prise de d\u00e9cision, dans un processus qui peut \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la vie elle-m\u00eame (2016b : 23), dans un processus tel que celui qui a \u00e9t\u00e9 mis en place par la Commission europ\u00e9enne. <em>Fise<\/em> La jeune femme a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 des difficult\u00e9s dans sa relation avec les membres du collectif, en particulier avec les m\u00e8res. Comme l'affirme Rend\u00f3n, ces interventions \u00e0 travers l'art \"permettent aux membres d'une communaut\u00e9 donn\u00e9e de vivre ensemble, de partager des exp\u00e9riences, d'identifier des points de rencontre et de diriger leurs efforts vers ce qu'ils consid\u00e8rent comme le bien commun, en \u00e9tablissant des liens de confiance et en d\u00e9clenchant ainsi une action collective\" (Rend\u00f3n, 2016 : 277). \u00c0 cet \u00e9gard,<em> Fise<\/em> commentaires que<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Ce que j'ai fait, c'est... changer ma perspective, la vision que j'avais du travail ; \u00e7a a chang\u00e9 ma vie, ...j'ai commenc\u00e9 \u00e0 voir les probl\u00e8mes, la vraie r\u00e9alit\u00e9 sociale, ce qui se passait vraiment... J'ai d\u00e9cid\u00e9 de le faire aussi, parce que depuis un certain temps, j'ai l'id\u00e9e que si on ne s'aide pas les uns les autres, qui va nous aider ? Et comme toujours, j'\u00e9tais aussi impliqu\u00e9e dans de nombreux mouvements en faveur de l'identit\u00e9, de l'environnement, tout cela ; j'aimais aussi les soutenir, et c'est pourquoi j'ai d\u00e9cid\u00e9 de soutenir le collectif des disparus..., mais cela m'a appris \u00e0 ouvrir un peu plus mes possibilit\u00e9s, et \u00e0 voir les dames se battre ou lutter pour quelque chose qu'elles aiment, cela m'a motiv\u00e9e pour continuer \u00e0 les aider, je me suis impliqu\u00e9e davantage avec elles et m\u00eame maintenant, je les appelle aunts.....C'est quelque chose de surprenant et d'admirable, parce qu'elles ne le font plus pour elles-m\u00eames, mais elles se battent pour une cause qui, pour moi, est tr\u00e8s importante, la s\u00e9curit\u00e9 des familles, et aussi pour qu'elles ne vivent pas cette situation, que je pense \u00eatre tr\u00e8s difficile (entretien avec Aldo Hern\u00e1ndez, octobre 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Rend\u00f3n souligne que ce type d'activit\u00e9 \u00e0 travers les arts facilite l'ext\u00e9riorisation d'exp\u00e9riences et de sentiments difficiles \u00e0 communiquer par des mots, ce qui permet de donner un sens \u00e0 ce qui s'est pass\u00e9, d'exprimer et de lib\u00e9rer les \u00e9motions, de leur attribuer un sens et d'\u00e9tablir des fondements visant \u00e0 renforcer la coh\u00e9sion sociale et la r\u00e9silience (2016 : 277). Une partie de tout cela se refl\u00e8te dans les peintures murales qui<em> Fise <\/em>construit en collaboration avec les membres des collectifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le collectif des parents de disparus d'Orizaba-C\u00f3rdoba - le deuxi\u00e8me acteur cl\u00e9 - a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 2012 \u00e0 l'initiative d'Aracely Salcedo Jim\u00e9nez qui, \u00e0 la suite de la disparition de sa fille Fernanda Rub\u00ed, a entam\u00e9 une lutte, d'abord solitaire, pour la retrouver. Elle a rassembl\u00e9 d'autres m\u00e8res qui recherchaient \u00e9galement leurs enfants disparus et qui ne trouvaient aucun soutien de la part des autorit\u00e9s. En 2020, ce groupe \u00e9tait compos\u00e9 de plus de 370 familles de la r\u00e9gion (Del Palacio, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>Au sein du Collectif, les familles trouvent un accompagnement juridique et un soutien solidaire, voire, le cas \u00e9ch\u00e9ant, une aide financi\u00e8re. Les membres du Colectivo effectuent des recherches dans les tombes clandestines ; ils cherchent dans les prisons, les centres de r\u00e9insertion et les refuges pour sans-abri ; ils assurent le suivi juridique et la visibilit\u00e9 des cas (par le biais d'expositions photographiques, de marches ou des peintures murales qui font l'objet de cet article), ils organisent des cours et des ateliers, et apportent parfois un soutien psychologique et \u00e9motionnel (entretien avec Aracely Salcedo, octobre 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9dias locaux et r\u00e9gionaux - le troisi\u00e8me acteur cl\u00e9 - ont presque toujours \u00e9t\u00e9 les alli\u00e9s des familles de disparus, rendant leur cas visible et y donnant souvent suite.<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> Des journalistes de Veracruz comme No\u00e9 Zavaleta, Oliver Coronado, Miguel Le\u00f3n, Violeta Santiago et Ignacio Carvajal ont tent\u00e9 d'approcher le c\u00f4t\u00e9 plus humain de cette trag\u00e9die, en racontant les histoires de douleur dans d'innombrables articles, chroniques et m\u00eame quelques livres (Olmos, \"La trag\u00e9die de la mort des victimes\").<em> et al<\/em>. 2018 ; Santiago, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Certains reportages, chroniques et interviews de journalistes et activistes \u00e9trangers sur la question ont contribu\u00e9 \u00e0 rendre la situation visible bien au-del\u00e0 des fronti\u00e8res du pays (Siscar, 2014 ; Garc\u00eda, 2014 ; Roitstein et Thompson, 2018). Dans le cas des peintures murales, c'est Miguel Le\u00f3n, un jeune journaliste de la r\u00e9gion qui publie dans des m\u00e9dias d'\u00c9tat et nationaux, qui a donn\u00e9 une plus grande visibilit\u00e9 au projet, comme nous le verrons plus loin (Le\u00f3n, 2016). Cependant, il est pass\u00e9 inaper\u00e7u dans la plupart des m\u00e9dias de l'\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant au public -un autre des acteurs \u00e0 analyser-, comme nous le verrons dans la section suivante, les gens se sont impliqu\u00e9s de diff\u00e9rentes mani\u00e8res : les passants ont coop\u00e9r\u00e9 avec une pi\u00e8ce de monnaie, les parents de l'\u00e9cole ont distribu\u00e9 de la nourriture, tandis que certains inconnus ont attaqu\u00e9 les peintures murales, et les autorit\u00e9s scolaires, d'abord favorables, ont d\u00e9cid\u00e9 d'effacer la peinture murale correspondante (entretiens avec Aldo Hern\u00e1ndez et Aracely Salcedo, octobre 2018). Nous discuterons plus longuement de ces luttes symboliques dans la troisi\u00e8me section de cet article.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">2) Moyens de production : ressources, processus, espaces<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En ce qui concerne l'organisation de la cr\u00e9ation des peintures murales, Soto (2018) indique que l'id\u00e9e de mettre en \u0153uvre cette strat\u00e9gie de visibilit\u00e9 est venue \u00e0 Aracely Salcedo, dirigeante du collectif, lorsqu'elle a constat\u00e9 que les actes de protestation et les manifestations qui avaient lieu \u00e0 l'\u00e9poque ne se traduisaient pas par un meilleur acc\u00e8s \u00e0 la justice et \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 pour les familles. Je m'attendais \u00e0 ce qu'une grande \u0153uvre d'art color\u00e9e sur un mur o\u00f9 passaient de nombreuses personnes puisse \u00eatre plus utile en tant que strat\u00e9gie de visibilit\u00e9 et de sensibilisation pour \u00e9veiller l'empathie d'un public lass\u00e9 par les marches et les manifestations qui obstruaient les rues. Par cons\u00e9quent, par l'interm\u00e9diaire d'un ami commun, Aracely Salcedo a \u00e9tabli un dialogue pour les peintures murales avec Aldo Hern\u00e1ndez, qui a accept\u00e9 de r\u00e9aliser l'\u0153uvre sans la facturer et \u00e0 la seule condition qu'on lui fournisse le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire, les repas et les billets (entretien avec Aldo Hern\u00e1ndez, octobre 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re t\u00e2che a consist\u00e9 \u00e0 r\u00e9unir l'argent n\u00e9cessaire \u00e0 l'achat des mat\u00e9riaux, qui ne pouvaient \u00eatre obtenus qu'\u00e0 Mexico. Pour ce faire, les membres du Colectivo ont organis\u00e9 des tirages au sort de t\u00e9l\u00e9phones portables, de chaussures de tennis de marque et d'appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers, et ont sollicit\u00e9 des dons, y compris de la part de l'Union europ\u00e9enne. <em>boteo<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> dans les rues (Soto, 2018 : 219), et bien s\u00fbr, l'exploration des espaces disponibles. Sur ce dernier point, <em>Fise<\/em> Il raconte qu'une fois, ils sont arriv\u00e9s avec tout le mat\u00e9riel, pr\u00eats \u00e0 commencer \u00e0 peindre, dans une \u00e9cole qui avait d\u00e9j\u00e0 accept\u00e9 la proposition de peindre,<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> mais une fois sur place, ils ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s qu'ils ne pouvaient pas r\u00e9aliser la fresque, arguant d'un malentendu entre la direction des \u00e9quipes du matin et de l'apr\u00e8s-midi pour l'octroi du permis (entretien avec Aldo Hern\u00e1ndez, octobre 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir r\u00e9solu une s\u00e9rie de probl\u00e8mes, les espaces s\u00e9lectionn\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 les murs des rues Oriente 5 et Norte 38, appartenant \u00e0 Beatriz Torres Beristain, qui entretient de bonnes relations avec le collectif de recherche, et qui a d\u00e9clar\u00e9 : \" \u00e0 aucun moment je n'ai h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 me joindre \u00e0 ce projet. Il est important que la population sache qu'il se passe des choses \u00e0 Orizaba\" (Le\u00f3n, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Cet espace est embl\u00e9matique, puisque \" dans un p\u00e9rim\u00e8tre de 500 m\u00e8tres, il y a eu au moins trois \u00e9v\u00e9nements qui ont donn\u00e9 lieu \u00e0 trois meurtres et un enl\u00e8vement \" (Le\u00f3n, 2016) : \u00e0 quatre rues de l\u00e0 se trouve la bo\u00eete de nuit Pitbull o\u00f9 Fernanda Rub\u00ed Salcedo, la fille d'Aracely, a \u00e9t\u00e9 priv\u00e9e de sa libert\u00e9 le 7 septembre 2012 ; quatre ans plus tard, dans ce m\u00eame lieu de divertissement, V\u00edctor Osorio Santa Cruz, alias \" le p\u00e8re de l'enfant \", a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 par un autre homme. <em>la panth\u00e8re<\/em> a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 avec d'autres personnes. Dans la bo\u00eete de nuit Shine, non loin de l\u00e0, en septembre 2016, six autres jeunes ont \u00e9t\u00e9 vis\u00e9s par des tirs ; l'un d'entre eux est d\u00e9c\u00e9d\u00e9. L'intention de s'approprier cet espace, de le re-signifier avec des images des jeunes disparus et d'autres embl\u00e8mes de paix, comme nous le verrons plus loin, est donc importante.<\/p>\n\n\n\n<p>L'autre fresque a \u00e9t\u00e9 peinte sur le mur de l'\u00e9cole primaire Agustina Ram\u00edrez, sur l'Oriente 8 et l'Oriente 10, o\u00f9 le directeur \u00e9tait initialement favorable \u00e0 la cause (Soto, 2018 : 218-219 ; Le\u00f3n, 2016). La commodit\u00e9 de l'emplacement \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 la facilit\u00e9 d'utilisation du mur, \u00e0 son emplacement central et au grand nombre de personnes qui pouvaient le voir.<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Lors de la r\u00e9alisation des fresques, les t\u00e2ches et les activit\u00e9s des personnes impliqu\u00e9es \u00e9taient diverses. Les journ\u00e9es commen\u00e7aient t\u00f4t le matin, et selon les activit\u00e9s de chacun des membres du Collectif, certains quittaient ou rejoignaient la peinture. Les membres du Collectif aidaient \u00e0 nettoyer et \u00e0 peindre les murs (c'est-\u00e0-dire \u00e0 peindre la couleur de fond) afin que les murs puissent \u00eatre repeints. <em>Fise<\/em> Ils ont pr\u00e9par\u00e9 et apport\u00e9 de la nourriture pour ceux qui \u00e9taient l\u00e0 \u00e0 ce moment-l\u00e0 ; et ils ont continu\u00e9 \u00e0 collecter des ressources, en demandant de l'argent aux automobilistes qui passaient, ainsi qu'en organisant les tombolas susmentionn\u00e9es et d'autres activit\u00e9s (Soto, 2018 : 219).<\/p>\n\n\n\n<p>Les mat\u00e9riaux pour une \u0153uvre de cette nature sont co\u00fbteux : Aldo Daniel Hern\u00e1ndez a indiqu\u00e9 que le co\u00fbt de chaque a\u00e9rosol est d'environ 50 pesos (environ 2,50 dollars) et que jusqu'\u00e0 20 bo\u00eetes de 12 a\u00e9rosols peuvent \u00eatre utilis\u00e9es pour cr\u00e9er une bonne peinture murale. Cela donne environ 12 000 pesos (600 dollars au taux de change de novembre 2020) rien que pour les bo\u00eetes, sans compter le co\u00fbt d'achat des valves, des rouleaux, des pinceaux et des seaux de peinture pour remplir les murs, entre autres mat\u00e9riaux et d\u00e9penses (entretien avec Aldo Hern\u00e1ndez, octobre 2018). C'est pourquoi les activit\u00e9s de collecte de fonds sont tr\u00e8s importantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient de noter que tous les membres du Collectif des familles de disparus d'Orizaba-C\u00f3rdoba n'ont pas particip\u00e9 au projet. Les avis sur le projet varient, bien que la majorit\u00e9 soit d'accord avec celui-ci et consid\u00e8re qu'il s'agit d'une bonne strat\u00e9gie de sensibilisation au probl\u00e8me :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Ce qui a \u00e9t\u00e9 le plus significatif pour moi [a \u00e9t\u00e9] le graffiti des visages de nos disparus, parce que... ils sont plus visibles (Cecilia in Soto, 2018 : 219). Je sortais et ma fille arrivait, elle allait avec son b\u00e9b\u00e9, elle \u00e9tait l\u00e0, nous \u00e9tions l\u00e0, nous \u00e9tions l\u00e0 dans tout ce qu'ils demandaient, en les soutenant. Sur la premi\u00e8re cl\u00f4ture, sur la premi\u00e8re, ...o\u00f9 Rub\u00ed est, mon fils est celui qui est jusqu'au coin (Laura, dans Soto, 2018 : 219). Je ne voulais pas qu'ils peignent mon fr\u00e8re, parce que je me disais : les gens vont passer et ils pourraient le griffer, ils pourraient... Et je vais me sentir encore plus moche, je veux dire, je ne peux pas (Nora, dans Soto, 2018 : 220).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Soto, la crainte du dernier exemple est tout \u00e0 fait justifi\u00e9e, car dans certains cas, ce sont des inconnus qui ont \u00e9crit la lettre Z<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> sur les peintures murales, ce qui devient un double grief, comme une menace et un acte d'intimidation, et comme la reproduction d'un stigmate qui hante de nombreux parents de disparus (Soto, 2018 : 220). Ce point m\u00e9rite d'\u00eatre analys\u00e9, car la visibilisation souhait\u00e9e a \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue (et subie) par certaines familles comme une exposition non d\u00e9sir\u00e9e, ce qui montre que l'\u0153uvre d'art peut \u00e9galement avoir des effets inattendus.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous consid\u00e9rons que ces peintures murales constituent un discours contre-h\u00e9g\u00e9monique cr\u00e9\u00e9 pour remplacer le manque d'attention des autorit\u00e9s \u00e0 l'\u00e9gard du probl\u00e8me des disparitions forc\u00e9es. Lorsque sa fille Fernanda Rub\u00ed a disparu, Aracely Salcedo a demand\u00e9 au pr\u00e9sident municipal Hugo Chah\u00edn Maluli de lui accorder un espace sur le panneau d'affichage municipal, ce qui lui a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9. La m\u00e8re d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e s'est vu r\u00e9pondre que si elle voulait y faire de la publicit\u00e9, elle devrait payer une redevance de 1 000 pesos par mois (environ 50 dollars). Lorsqu'elle a voulu distribuer des tracts dans la rue et les afficher sur la voie publique, elle a constat\u00e9 que la police \u00e9tait \u00e0 ses trousses, retirant les tracts d\u00e8s qu'elle les affichait (entretien avec Aracely Salcedo, octobre 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que la municipalit\u00e9 ait acc\u00e8s \u00e0 14 publicit\u00e9s \"spectaculaires\" (publicit\u00e9s de grand format, panneaux d'affichage, <em>panneaux d'affichage<\/em>) sur 19 sites diff\u00e9rents pour des causes sociales, aucun d'entre eux n'est utilis\u00e9 pour faire allusion aux disparitions. La seule possibilit\u00e9 de publicit\u00e9 dont disposent les familles sont les 50 copies des photographies des disparus qui leur sont demand\u00e9es dans le bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral et qui sont distribu\u00e9es dans les bureaux d'autres municipalit\u00e9s, ainsi que les affiches que le bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral de l'\u00c9tat fait distribuer dans d'autres bureaux du procureur g\u00e9n\u00e9ral de l'\u00c9tat. Il existait \u00e9galement, \u00e0 l'\u00e9poque, le programme de r\u00e9compenses propos\u00e9 par le bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral, qui consistait \u00e0 annoncer ces r\u00e9compenses dans des espaces publics tels que des panneaux d'affichage et m\u00eame sur des autobus urbains dans les r\u00e9gions o\u00f9 des personnes avaient disparu, mais selon Aracely Salcedo, en 2016, seuls 4% des disparus avaient \u00e9t\u00e9 accept\u00e9s dans le cadre du programme (Le\u00f3n, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce aux entretiens que les reporters de Veracruz ont syst\u00e9matiquement men\u00e9s avec les m\u00e8res, une certaine visibilit\u00e9 publique a \u00e9t\u00e9 obtenue au-del\u00e0 des limites de la municipalit\u00e9. L'autre outil de visibilit\u00e9 est la page Facebook du Collectif et sa pr\u00e9sence sur d'autres r\u00e9seaux nationaux et internationaux. Cependant, il est important de souligner l'intention des m\u00e8res de lutter pour un espace de visibilit\u00e9 dans la ville d'Orizaba elle-m\u00eame, m\u00eame dans les environs o\u00f9 certains actes de violence ont \u00e9t\u00e9 commis. En d'autres termes, il s'agit d'entrer dans une lutte pour la m\u00e9moire dans les espaces de dispute.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">3) Cadre id\u00e9ologique et strat\u00e9gies discursives<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a><\/h4>\n\n\n\n<p>C'est dans ce cadre et \u00e0 travers ces strat\u00e9gies que diff\u00e9rentes conceptions et visions du monde sont n\u00e9goci\u00e9es, oppos\u00e9es et confront\u00e9es entre les producteurs d'expression artistique et la population en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que les fresques aient \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues \u00e0 l'origine pour repr\u00e9senter les 55 disparus dont les familles composaient le Colectivo \u00e0 l'\u00e9poque et qui \u00e9taient dispos\u00e9es \u00e0 participer (Le\u00f3n, 2016), seules quelques-unes d'entre elles ont pu \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9es en raison de contraintes budg\u00e9taires. La premi\u00e8re fresque, situ\u00e9e \u00e0 l'angle de l'Oriente 5 et du Norte 38, sur les murs des propri\u00e9taires Beatriz et Jordi, est compos\u00e9e de deux parties. Celle de l'Oriente 5 a un fond jaune avec sept visages, deux femmes - Fernanda Rub\u00ed Salcedo et Sayda Anaid Aguilar Arce - et cinq hommes. Les femmes sont au centre et au milieu d'elles se trouvent plusieurs \u00e9l\u00e9ments visuels, dont le logo de l'organisation Serapaz ;<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a> une image, au centre, utilis\u00e9e par le Mouvement pour nos disparus au Mexique ;<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a> sur <em>hashtag<\/em> #SinLasFamiliasNo ; le logo de l'organisation Cauce Ciudadano, qui a collabor\u00e9 pendant un certain temps avec le Colectivo ;<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> le logo avec lequel le collectif de recherche \u00e9tait identifi\u00e9 \u00e0 l'\u00e9poque et qui, pour des raisons que nous ignorons, n'est plus utilis\u00e9 aujourd'hui, ainsi que la phrase qui l'identifie le mieux : \"Parce que la lutte pour un enfant ne s'arr\u00eate jamais et qu'une m\u00e8re n'oublie jamais\", par Aracely Salcedo.<\/p>\n\n\n\n<p>De l'autre c\u00f4t\u00e9, la cl\u00f4ture Norte 38 a un fond bleu avec des tons violets et l'image est compos\u00e9e de huit visages, sept d'hommes et un de femme. Parmi les \u00e9l\u00e9ments iconiques, on trouve une colombe et - une fois encore - le logo avec lequel le collectif a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9. Dans aucune des deux parties de la peinture murale, le nom de la personne repr\u00e9sent\u00e9e n'est \u00e9crit, ce qui peut avoir \u00e9t\u00e9 une forme de protection pour les jeunes et leurs familles, bien qu'ils apparaissent dans les efforts ult\u00e9rieurs pour les rendre visibles. Les traits sont doux, les visages des disparus sont ceux que l'on voit habituellement dans les formulaires de recherche sur les r\u00e9seaux sociaux, les affiches, les T-shirts ou d'autres supports visuels.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me fresque est \u00e9galement divis\u00e9e en deux parties. Le segment de la rue Oriente 8, sur fond orange, comprend les visages de six personnes, parmi lesquelles se trouve \u00e0 nouveau Fernanda Rub\u00ed, cette fois avec des cheveux noirs. Dans ce cas, contrairement aux fresques de la rue Oriente 5 et de la rue Norte 38, les visages sont accompagn\u00e9s du nom et d'une colombe blanche, symbole de paix. Le logo avec lequel le Collectif s'est identifi\u00e9 r\u00e9appara\u00eet ici, et sur la partie inf\u00e9rieure de la fresque, en forme de bandeau, on peut lire l'expression : \"Ni pardon, ni oubli\". Sur l'autre mur, situ\u00e9 \u00e0 l'Oriente 10, sur un fond violet, on peut voir les visages de cinq hommes et d'une femme avec leurs noms respectifs. En dessous, toujours sous la forme d'un bandeau, on peut lire la phrase : \"V\u00e9rit\u00e9, m\u00e9moire et justice\", dans une typographie repr\u00e9sentative du style <em>graffiti<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-2.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"499x280\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1.Mural Oriente 5. Los primeros rostros.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-2.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-3.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"401x225\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2. Mural Oriente 5. Una madre nunca olvida\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-3.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Mural Oriente 5. Les premiers visages.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Source : Aracely Salcedo archive Extrait de la page Facebook du Colectivo de Familias de Desaparecidos Orizaba-C\u00f3rdoba : https:\/\/www.facebook.com\/218804322025217\/photos\/a.218807822024867\/218807755358207\/?type=3&amp;theater, consult\u00e9 le 21 juin 2021.<\/p>\n<\/div><div class=\"caption\">Une m\u00e8re n'oublie jamais.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Source : Aracely Salcedo archive Extrait de la page Facebook du Colectivo de Familias de Desaparecidos Orizaba-C\u00f3rdoba : https:\/\/www.facebook.com\/218804322025217\/photos\/a.218807822024867\/218807755358207\/?type=3&amp;theater, consult\u00e9 le 21 juin 2021.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les traits de cette peinture murale sont \u00e9galement doux et les visages expriment des sentiments de calme et de bonheur, mais, contrairement \u00e0 l'exemple pr\u00e9c\u00e9dent des bardas des propri\u00e9taires Jordi et Bea, ici deux demandes majeures li\u00e9es \u00e0 la m\u00e9moire - le th\u00e8me principal du projet - ainsi que la demande de v\u00e9rit\u00e9 et de justice ont \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9es de mani\u00e8re plus explicite. Les deux parties de cette peinture murale de l'\u00e9cole primaire Agustina Ram\u00edrez ont \u00e9t\u00e9 effac\u00e9es. Les versions diff\u00e8rent, mais il est possible qu'il y ait eu des facteurs internes et externes en relation avec le conseil des parents, l'inspection scolaire et d'autres acteurs politiques. Aracely Salcedo l'a soulign\u00e9 en 2018 :<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-4.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"404x227\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 3. Mural Oriente 10. Verdad, memoria y justicia. Fuente: Diario digital Al Calor Pol\u00edtico.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-4.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-5.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"388x218\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 4. Mural Oriente 8. Ni perd\u00f3n, ni olvido. Fuente: Diario digital E-Consulta.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-5.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Mural Oriente 10. V\u00e9rit\u00e9, m\u00e9moire et justice. Source : journal num\u00e9rique Al Calor Pol\u00edtico : Journal num\u00e9rique Al Calor Pol\u00edtico.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Mural Oriente 8 : Ni le pardon ni l'oubli. Source : journal num\u00e9rique E-Consulta : Journal num\u00e9rique E-Consulta.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"verse\">J'ai des sentiments mitig\u00e9s. Mes m\u00e8res, tr\u00e8s tristes, m'envoient des messages. Croyez-moi, en passant devant ces peintures murales et en voyant les visages de leurs fils et de leurs filles qui y \u00e9taient peints, cela m'a rappel\u00e9 chaque jour que, dans cette lutte, ils continuaient \u00e0 d\u00e9fendre chacun d'entre eux, et aujourd'hui, en voyant tout en bleu, en voyant tout en bleu sans ces yeux qui r\u00e9clament la justice, sans ces regards qui exigent que les autorit\u00e9s et que nous-m\u00eames, en tant que soci\u00e9t\u00e9, fassions des progr\u00e8s sur ces questions, aujourd'hui, ils ne sont plus l\u00e0..... Bien que cela puisse \u00eatre d\u00fb \u00e0 cela, nous n'excluons pas d'autres situations que nous avons v\u00e9cues dans le contexte de la municipalit\u00e9, parce que je trouve tr\u00e8s \u00e9trange que le directeur ne m'ait pas parl\u00e9 ou n'ait pas communiqu\u00e9 avec nous, \u00e9tant donn\u00e9 que lorsque nous avons peint les peintures murales, il nous a m\u00eame donn\u00e9 des banni\u00e8res qui disaient : \"faites un don pour la cr\u00e9ation des peintures murales\" : faites un don pour la cr\u00e9ation de <em>Leurs regards dans notre m\u00e9moire<\/em>Cela t\u00e9moigne de la sensibilit\u00e9 du r\u00e9alisateur \u00e0 l'\u00e9gard du sujet (<em>Le monde d'Orizaba<\/em>, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Lors d'une conversation ult\u00e9rieure, Aracely Salcedo a d\u00e9clar\u00e9 que la peinture murale avait \u00e9t\u00e9 effac\u00e9e \"parce qu'elle ne donnait pas une bonne image, ils se sont cach\u00e9s derri\u00e8re le fait que les parents n'\u00e9taient pas d'accord pour que les enfants voient qu'il y a des gens qui sont perdus. Je pense que ce n'est pas juste, en outre, les parents nous ont aid\u00e9s, ils nous ont aid\u00e9s, il y a des gens qui nous ont apport\u00e9 un taco lorsque nous peignions\" (conversation personnelle avec Aracely Salcedo, 29 juillet 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>Si le simple fait d'effacer la peinture murale donne d\u00e9j\u00e0 la sensation d'une conception diff\u00e9rente, voire oppos\u00e9e, de la compr\u00e9hension par le collectif de la lutte et de la question des disparitions dans la r\u00e9gion, cela devient encore plus \u00e9vident lorsqu'elle n'est pas compl\u00e8tement effac\u00e9e et que l'un des \u00e9l\u00e9ments contenus dans l'\u0153uvre est utilis\u00e9 : une seule colombe blanche parmi toutes celles que l'on pouvait voir dans la peinture murale. La colombe blanche qui a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e a vol\u00e9 dans la fresque originale sous un slogan qui disait : \"Quand quelqu'un meurt, il faut le pleurer, quand il dispara\u00eet, il faut le ramener\".<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-6.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"785x523\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 5. Trabajos previos. Las madres del Colectivo fondeando las paredes. Fuente: Archivo de Aracely Salcedo.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-6.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-7.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"785x513\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 6. Recaudando fondos. \u201c\u2026A m\u00ed me falta mi hijo que est\u00e1 desaparecido\u201d. Fuente: Archivo de Aracely Salcedo.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-7.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 5 : Travaux ant\u00e9rieurs. Ancrage des murs par les m\u00e8res du collectif. Source : Archives d'Aracely Salcedo : Archives d'Aracely Salcedo.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Image 6 : Collecte de fonds. \"...mon fils me manque, il est port\u00e9 disparu\". Source : Archives d'Aracely Salcedo : Archives d'Aracely Salcedo.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Ce message \u00e9non\u00e7ant l'objectif premier du Collectif et la force avec laquelle il entend le r\u00e9aliser a \u00e9t\u00e9 effac\u00e9 et remplac\u00e9 par celui qui dit d\u00e9sormais : \"L'\u00e9ducation est notre passeport pour l'avenir car demain appartient \u00e0 ceux qui pr\u00e9parent aujourd'hui\". Le logo du Collectif a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par les armoiries de l'\u00e9cole. Dans ce message, on peut voir une r\u00e9ponse claire et une prise de position expresse de la part des acteurs qui ont d\u00e9cid\u00e9 d'effacer la fresque. Il montre \u00e9galement que la lutte symbolique pour l'espace est forte et que les discours contre-h\u00e9g\u00e9moniques se heurtent \u00e0 une r\u00e9sistance importante de la part d'acteurs qui, bien qu'ils ne fassent pas partie du gouvernement, se consid\u00e8rent comme des d\u00e9fenseurs du discours officiel.<\/p>\n\n\n\n<p>L'allusion \u00e0 \"demain\" et \"aujourd'hui\" est frappante, renfor\u00e7ant la tentative d'effacer \"hier\", le pass\u00e9, la m\u00e9moire, l'acte violent de la disparition, repr\u00e9sent\u00e9 par les visages de ceux qui ne sont pas avec leurs familles \"aujourd'hui\" et qui ne seront peut-\u00eatre jamais avec elles \"demain\".<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-8.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"785x441\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 7. Mural intervenido. \u201cPasaporte para el futuro\u201d. Fuente: Google Maps.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/del_palacio_torres-sus_miradas-img-8.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 7 : fresque murale. \"Passeport pour l'avenir\". Source : Google Maps.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Comme le souligne Soto, la strat\u00e9gie de visibilisation employ\u00e9e par le Colectivo \u00e0 travers la peinture de fresques murales a \u00e9t\u00e9 l'une des plus puissantes et des plus r\u00e9ussies, car elle a permis aux visages des disparus de quitter les autels du foyer pour s'affirmer dans l'espace public et, ce faisant, d'exposer une partie de la r\u00e9alit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements violents survenus dans la r\u00e9gion, de remettre en question la responsabilit\u00e9 des autorit\u00e9s et de construire un espace de m\u00e9moire et de lutte pour la v\u00e9rit\u00e9 (Soto, 2018 : 221).<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il ne faut pas perdre de vue que, expos\u00e9es dans l'espace public, ces images sont vuln\u00e9rables \u00e0 des r\u00e9actions ind\u00e9sirables et inattendues, comme le sentiment d'exposition et de plus grande vuln\u00e9rabilit\u00e9 de certaines m\u00e8res ; d'autres, m\u00eame violentes, de la part d'acteurs ayant des cadres id\u00e9ologiques diff\u00e9rents, qui ont cherch\u00e9 \u00e0 criminaliser les jeunes repr\u00e9sent\u00e9s ou \u00e0 pr\u00e9server les discours officiels et le silence, dans un processus o\u00f9 les r\u00e9signations et les r\u00e9appropriations sont effectu\u00e9es \u00e0 partir de positions et de r\u00e8gles sp\u00e9cifiques dans un jeu \u00e9tabli dans le domaine de la discursivit\u00e9 (Salazar, 2011 : 271). Comme le souligne Jim\u00e9nez, il est tr\u00e8s n\u00e9cessaire de d\u00e9velopper des capacit\u00e9s sociales et interculturelles qui vont de pair avec les processus artistiques, qui nous am\u00e8nent \u00e0 \u00eatre tol\u00e9rants envers les personnes qui pensent diff\u00e9remment, ainsi qu'\u00e0 d\u00e9velopper l'empathie et la solidarit\u00e9 (Jim\u00e9nez, 2016b : 19).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9flexions finales<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Actuellement, certaines initiatives et strat\u00e9gies ont gagn\u00e9 en actualit\u00e9 et en visibilit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 des langages artistiques qui cherchent \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des exp\u00e9riences transformatrices pour les personnes et leurs environnements, bas\u00e9es sur la reconnaissance de l'art comme constructeur de la connaissance de soi et de l'environnement (Jim\u00e9nez, 2016a : 10). En ce sens, Veracruz n'est pas en reste. L'\u00c9tat abrite d'innombrables expressions artistiques qui cherchent parfois \u00e0 critiquer et \u00e0 combattre certaines formes de violence.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas de <em>Fise<\/em>Dans le cas des artistes, la collaboration \u00e0 des r\u00e9seaux ou l'appartenance \u00e0 un collectif artistique les a aid\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper certains apprentissages et une conscience critique de leur r\u00e9alit\u00e9 et de leur contexte sp\u00e9cifiques, ainsi qu'une valorisation positive de leur identit\u00e9 individuelle et collective. D'autre part, on observe une contre-r\u00e9action de la part de certains acteurs opposants qui ne peuvent \u00eatre clairement identifi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le premier point, en relation avec l'importance attribu\u00e9e \u00e0 l'identit\u00e9 individuelle et collective, il est important de r\u00e9fl\u00e9chir au r\u00f4le politique et culturel de l'artiste en tant qu'acteur social indispensable qui a le pouvoir de d\u00e9composer, recr\u00e9er, interpr\u00e9ter, transgresser ou r\u00e9inventer d'autres mondes possibles, et dans cet acte peut dire ce que le silence d'un peuple garde (Jim\u00e9nez, in L. L\u00f3pez, 2016 : 151).<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, en ce qui concerne le travail en r\u00e9seau ou par l'interm\u00e9diaire de collectifs sp\u00e9cifiques tels que X Familia et le Colectivo de Familias de Desaparecidos Orizaba-C\u00f3rdoba dans le cas du <em>Fise<\/em>souligne le pouvoir des arts et de la culture de d\u00e9velopper de nouvelles capacit\u00e9s cognitives, affectives et expressives gr\u00e2ce au travail collaboratif, en offrant la possibilit\u00e9 de s'engager avec d'autres acteurs, d'apprendre de leurs exp\u00e9riences et de combiner le d\u00e9sir avec la conscience et l'intimit\u00e9 en tant que source de connaissance (Jim\u00e9nez, 2016a : 12).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas de <em>Fise<\/em>Le fait qu'il mentionne lui-m\u00eame les opportunit\u00e9s qu'il a trouv\u00e9es dans la <em>graffiti<\/em> et comment l'art lui a ouvert des possibilit\u00e9s de se r\u00e9aliser en dehors de certains contextes violents dans lesquels elle se trouvait. Comme l'affirme L\u00f3pez, la pratique d'une activit\u00e9 artistique peut aider les individus \u00e0 \u00eatre en contact avec eux-m\u00eames et avec leurs \u00e9motions, et contribuer ainsi \u00e0 les \u00e9loigner des \u00e9tats affectifs n\u00e9gatifs et des contextes d\u00e9favorables (L. L\u00f3pez, 2016 : 149-150).<\/p>\n\n\n\n<p>Les peintures murales constituent un acte de r\u00e9sistance contre le silence, contre l'impunit\u00e9, en pr\u00e9sentant les visages des jeunes disparus dans les rues du centre-ville d'Orizaba, qui, en 2016 et les ann\u00e9es suivantes, a voulu se pr\u00e9senter comme un \"Pueblo m\u00e1gico\" pour attirer le tourisme et les investissements. Les \u00e9v\u00e9nements violents li\u00e9s \u00e0 la disparition forc\u00e9e repr\u00e9sent\u00e9s dans une fresque murale apparemment inoffensive ont \u00e9t\u00e9 une gifle pour cette version \u00e9dulcor\u00e9e de la ville progressiste, pacifique et magique. C'est ce que montrent les t\u00e9moignages des m\u00e8res qui, comme nous l'avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, n'ont pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9es \u00e0 afficher leurs posters dans les espaces publics pour rechercher leurs enfants, et la police a m\u00eame d\u00e9chir\u00e9 les prospectus qu'elles avaient coll\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n'est donc pas surprenant de voir une r\u00e9action contraire et oppositionnelle de la part de certains acteurs ayant des sch\u00e9mas id\u00e9ologiques diff\u00e9rents par rapport \u00e0 l'\u0153uvre et au travail de l'artiste et du Collectif. Ceci est clairement visible dans le marquage de la lettre Z sur les fresques murales qu'il a peintes. <em>Fise<\/em>qui montre la criminalisation des disparus, ainsi que dans l'action d'effacer la peinture murale de l'\u00e9cole primaire Agustina Ram\u00edrez sans aucun avertissement. Le fait d'utiliser un \u00e9l\u00e9ment de la m\u00eame fresque, de se l'approprier, de le resignifier, pour donner un message totalement diff\u00e9rent de l'original, avec la pleine intention d'effacer la m\u00e9moire, est profond\u00e9ment agressif : un contre-coup d'\u00c9tat dans l'espace public dans la lutte pour les m\u00e9moires collectives.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes d'accord avec Anne Huffschmid pour dire qu'aucun espace urbain n'est naturel, mais qu'il est social, constitu\u00e9 de mani\u00e8re discursive et, en tant que tel, le produit d'un conflit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">La m\u00e9moire rendue publique est d\u00e9chir\u00e9e entre l'exp\u00e9rience intime et collective, entre l'officiel et le dissident, entre l'ouvert et le restreint... il n'y a rien de stabilis\u00e9 ou de garanti pour toujours, mais une n\u00e9gociation ou un conflit et une multiplicit\u00e9 de fa\u00e7ons de marquer et de simplifier le pass\u00e9 dans le pr\u00e9sent (Huffschmid, 2012 : 11).<\/p>\n\n\n\n<p>C'est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui se passe avec les peintures murales des jeunes disparus d'Orizaba, un conflit constant sur la m\u00e9moire de ce qui doit \u00eatre m\u00e9moris\u00e9 : les jeunes disparus \u00e0 qui l'on a enlev\u00e9 le lendemain ou la fantaisie de l'avenir chez les enfants qui \u00e9tudient pour se forger un lendemain.<\/p>\n\n\n\n<p>A la suite de Miranda Cano (2016), il est convenu que l'art peut \u00eatre un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 de la pr\u00e9vention et permettre la construction de nouvelles cultures bas\u00e9es sur l'ordonnancement du monde int\u00e9rieur et la reconnaissance de l'autre. Il s'agit donc d'assumer l'alt\u00e9rit\u00e9 et de la respecter, de d\u00e9velopper l'empathie par une r\u00e9flexion continue, d'essayer de ne pas \u00eatre insensible \u00e0 la douleur de l'autre. Il s'agit de ressentir et de penser la violence qui nous entoure. Ce sont des id\u00e9es lointaines mais n\u00e9cessaires. Bien que la peinture murale ait \u00e9t\u00e9 effac\u00e9e et re-signifi\u00e9e, il est important de souligner la lutte symbolique qui a eu lieu dans cet espace comme le d\u00e9but d'un processus d'appropriation, avec ses hauts et ses bas, qui ne s'arr\u00eatera pas. Les luttes pour la m\u00e9moire dans l'espace public se poursuivront et il est n\u00e9cessaire de continuer \u00e0 analyser les efforts de tous les acteurs pour s'approprier et\/ou re-signifier le pass\u00e9, ainsi que de comprendre comment les villes se souviennent, en consid\u00e9rant la m\u00e9moire comme un fait social (Connerton, 2010), ce qui devra \u00eatre laiss\u00e9 en suspens pour des \u00e9tudes ult\u00e9rieures.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Anaya, Ricardo (2002). <em>El <\/em>graffiti<em> en M\u00e9xico, \u00bfarte o desastre?<\/em> Quer\u00e9taro: Universidad Aut\u00f3noma de Quer\u00e9taro.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Banksy (2005).<em> Wall and Piece<\/em>. Londres: Random House.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Castelman, Craig (2012). <em>Getting up. 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M\u00e9xico: Juan Pablos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Palacio, Celia del (2020). <em>Porque la lucha por un hijo no termina\u2026 Testimonios de familiares del Colectivo Orizaba-C\u00f3rdoba<\/em>. Xalapa: Universidad Veracruzana \/ Fundaci\u00f3n Heinrich B\u00f6ll.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ram\u00edrez Rodr\u00edguez, Rodolfo (2013). \u201cDiego Rivera y las im\u00e1genes de lo popular en el nacionalismo cultural\u201d. <em>Revista Tramas<\/em>, n\u00fam. 40, pp. 319-350. Recuperado de https:\/\/tramas.xoc.uam.mx\/index.php\/tramas\/article\/view\/675, consultado el 13 de junio de 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rend\u00f3n, Eunice (2016). \u201cEl arte, la cultura y la prevenci\u00f3n social de la violencia: una perspectiva pr\u00e1ctica\u201d, en Lucina Jim\u00e9nez (ed.), <em>Arte para la convivencia y educaci\u00f3n para la paz<\/em>. 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Recuperado de http:\/\/www.scielo.org.mx\/scielo.php?script=sci_arttext&amp;pid=S0187-73722011000100009, consultado el 21 de junio de 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Santiago, Violeta (2019). <em>Guerracruz. Rinconcito donde hacen su nido las hordas del mal.<\/em> M\u00e9xico: Aguilar.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Siscar, Majo (2014, 3 de noviembre). \u201cLos 20 desaparecidos en Veracruz que no est\u00e1n ni en las estad\u00edsticas\u201d. <em>Animal Pol\u00edtico.<\/em> Recuperado de https:\/\/www.animalpolitico.com\/2014\/11\/los-20-desaparecidos-en-veracruz-que-aparecen-ni-en-las-estadisticas\/, consultado el 13 de junio de 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Soto, Jos\u00e9 Luis (2018). <em>Colectivo Familias de Desaparecidos Orizaba-C\u00f3rdoba: Acci\u00f3n colectiva, identidad y comunidades de duelo<\/em>. Tesis de maestr\u00eda, Instituto de Investigaciones Dr. Jos\u00e9 Mar\u00eda Luis Mora.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Valenzuela, Jos\u00e9 Manuel (2012). <em>Welcome amigos to Tijuana. El <\/em>graffiti<em> en la frontera<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">conaculta<\/span> \/ <span class=\"small-caps\">colef \/ <\/span>Editorial <span class=\"small-caps\">rm<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Vel\u00e1zquez, Luis (1985). <em>Bamba violenta<\/em>. M\u00e9xico: Oc\u00e9ano.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Villarreal, Carlos (2016). \u201cPostales desde el infierno jarocho. T\u00e1cticas ret\u00f3ricas gr\u00e1ficas en la obra de Bruno Ferreira\u201d. <em>Revista Balaj\u00fa<\/em>, n\u00fam. 5, pp. 114-135.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Villarreal, Teresa (2014). \u201cLa desaparici\u00f3n de personas en Veracruz\u201d. <em>Clivajes. Revista de Ciencias Sociales<\/em>, n\u00fam. 5, pp. 1-29.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Villarreal, Teresa (2016). \u201cLos colectivos de familiares de personas desaparecidas y la procuraci\u00f3n de justicia\u201d. <em>Intersticios Sociales<\/em>, n\u00fam. 11, pp. 1-28.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Entrevistas<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Conversaci\u00f3n personal con Aracely Salcedo, 29 de julio de 2020.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Entrevista a la Lic. Ana\u00efs Palacios, agosto de 2019.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Aracely Salcedo, entrevista noviembre de 2018.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Entrevista con Aldo Hern\u00e1ndez, octubre de 2018.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Celia del Palacio Montiel<\/em> est titulaire d'un doctorat en histoire du <span class=\"small-caps\">unam<\/span>Membre du syst\u00e8me national des chercheurs de niveau 3, membre de l'Acad\u00e9mie mexicaine des sciences, membre du Pen Club Mexico. Chercheuse et enseignante \u00e0 plein temps au Centro de Estudios de la Cultura y la Comunicaci\u00f3n de l'Universidad Veracruzana, dont elle a \u00e9t\u00e9 coordinatrice-fondatrice (2009-2018). Ses th\u00e8mes de recherche ont \u00e9t\u00e9 : la violence contre les journalistes et les repr\u00e9sentations de la violence dans la presse subnationale actuelle ; le journalisme r\u00e9gional il y a plusieurs si\u00e8cles ; et le r\u00f4le des m\u00e9dias dans les m\u00e9dias. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Sa production acad\u00e9mique est contenue dans des articles index\u00e9s, ainsi que dans des chapitres d'ouvrages collectifs et des livres : neuf en tant qu'auteur unique et dix en tant que coordinateur. Sa production acad\u00e9mique est contenue dans des articles index\u00e9s, ainsi que dans des articles de diffusion et de vulgarisation ; dans des chapitres d'ouvrages collectifs ; et dans des livres : neuf en tant qu'auteur unique et dix en tant que coordinatrice. Elle a publi\u00e9 quatre romans historiques sur les femmes et un recueil de nouvelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>David Torres Garc\u00eda<\/em> est titulaire d'un dipl\u00f4me en sciences de la communication et d'un master en \u00e9tudes de la culture et de la communication de l'universit\u00e9 de Veracruzana. Il est doctorant en sciences sociales dans la m\u00eame universit\u00e9. Son projet de th\u00e8se s'intitule \"Agence et action collective au pied de la tombe. Las b\u00fasquedas del Colectivo Solecito, Colectivo de Familias de Desaparecidos Orizaba-C\u00f3rdoba y Buscando a Nuestros Desaparecidos y Desaparecidas Veracruz\".<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article s'attache \u00e0 pr\u00e9senter les peintures murales sur les jeunes disparus dans la r\u00e9gion d'Orizaba-C\u00f3rdoba, dans l'\u00c9tat de Veracruz, o\u00f9 les disparitions forc\u00e9es constituent un grave probl\u00e8me depuis des ann\u00e9es. L'\u0153uvre r\u00e9alis\u00e9e par l'artiste Aldo Daniel Hern\u00e1ndez, Fise, est analys\u00e9e comme un acte de r\u00e9sistance des m\u00e8res du Colectivo, comme une lutte contre l'oubli et l'impunit\u00e9, en la repla\u00e7ant dans son contexte et en analysant les r\u00e9actions des autorit\u00e9s et de la soci\u00e9t\u00e9. L'analyse est bas\u00e9e sur le cadre th\u00e9orique de la sociologie de l'art propos\u00e9 par Garc\u00eda Canclini (2006) et repris par Salazar (2011) pour les peintures murales de Ciudad Ju\u00e1rez, en se concentrant sur le processus organisationnel de la cr\u00e9ation de ces \u0153uvres, le cadre id\u00e9ologique qui a pu les conditionner et les strat\u00e9gies discursives visuelles appliqu\u00e9es. Une lutte discursive devient visible entre les victimes qui cherchent \u00e0 rendre l'injustice visible et \u00e0 pr\u00e9server la m\u00e9moire et d'autres acteurs qui cherchent \u00e0 les faire taire.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":35021,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[839,366,840,61,838],"coauthors":[551],"class_list":["post-35012","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-9","tag-arte-callejero","tag-desaparicion-forzada","tag-luchas-por-la-memoria","tag-resistencia","tag-violencia-en-veracruz","personas-del-palacio-montiel-celia","personas-torres-garcia-david","numeros-793"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>El graffiti y las desapariciones forzadas en Veracruz &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Este art\u00edculo se ocupa de presentar los murales de graffiti sobre los j\u00f3venes desaparecidos en la regi\u00f3n Orizaba-C\u00f3rdoba del, Veracruz.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/del-palacio-torres-memoria-grafitti-desapariciones-orizaba\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"El graffiti y las desapariciones forzadas en Veracruz &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Este art\u00edculo se ocupa de presentar los murales de graffiti sobre los j\u00f3venes desaparecidos en la regi\u00f3n Orizaba-C\u00f3rdoba del, Veracruz.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/del-palacio-torres-memoria-grafitti-desapariciones-orizaba\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Encartes\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2021-09-17T21:14:48+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-11-18T00:10:20+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/word-image-34.jpeg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"401\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"226\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"45 minutes\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label3\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data3\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/en\/del-palacio-torres-memoria-grafitti-desapariciones-orizaba\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/en\/del-palacio-torres-memoria-grafitti-desapariciones-orizaba\/\"},\"author\":{\"name\":\"Arthur Ventura\",\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/#\/schema\/person\/97215bba1729028a4169cab07f8e58ef\"},\"headline\":\"&#8220;Sus miradas en nuestra memoria&#8221;. 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