{"id":34918,"date":"2021-09-21T15:44:11","date_gmt":"2021-09-21T15:44:11","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=34918"},"modified":"2023-11-17T18:08:05","modified_gmt":"2023-11-18T00:08:05","slug":"simonett-historia-acordeon-europa-america","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/simonett-historia-acordeon-europa-america\/","title":{"rendered":"Les conqu\u00eates de l'accord\u00e9on : de l'ancien monde aux nouveaux horizons"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'accord\u00e9on et ses nombreuses variantes - du concertina \u00e0 l'accord\u00e9on \u00e0 boutons en passant par la vielle \u00e0 roue et le bandon\u00e9on - ont prosp\u00e9r\u00e9 et se sont enracin\u00e9s dans diverses cultures. Commun\u00e9ment appel\u00e9 \"le piano du commun des mortels\", cet instrument est devenu un support pour le d\u00e9veloppement de la musique folklorique et populaire dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du monde, en particulier entre la fin du XIXe et le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et pr\u00e9coce <span class=\"small-caps\">xx<\/span>. C'est pourquoi le fait d'\u00eatre un \"homme-orchestre\" a facilit\u00e9 son utilisation par les gens des secteurs populaires, en raison de sa capacit\u00e9 \u00e0 produire des m\u00e9lodies, des harmonies et des basses en m\u00eame temps. Il \u00e9tait \u00e9galement solide et durable, id\u00e9al pour les rassemblements en plein air. Cet article retrace l'histoire de l'accord\u00e9on, depuis ses d\u00e9buts en Europe jusqu'au Nouveau Monde, de l'autre c\u00f4t\u00e9 de l'Atlantique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/acordeon-de-botones\/\" rel=\"tag\">bouton accord\u00e9on<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/compania-hohner\/\" rel=\"tag\">Soci\u00e9t\u00e9 Hohner<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/industrializacion\/\" rel=\"tag\">industrialisation<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/invenciones-de-instrumentos-musicales\/\" rel=\"tag\">inventions d'instruments de musique<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/migracion-internacional\/\" rel=\"tag\">migration internationale<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/nacimiento-de-la-musica-popular\/\" rel=\"tag\">naissance de la musique populaire<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/proletarizacion-de-la-produccion-musical\/\" rel=\"tag\">prol\u00e9tarisation de la production musicale<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"en-title wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">les conqu\u00eates de l'accord\u00e9on. des anciens mondes aux nouveaux horizons<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">L'accord\u00e9on et ses nombreuses variantes - du concertina \u00e0 l'accord\u00e9on diatonique \u00e0 boutons, en passant par la vielle \u00e0 roue et le bandon\u00e9on - ont prosp\u00e9r\u00e9 et se sont enracin\u00e9s dans plusieurs cultures. Commun\u00e9ment appel\u00e9 \"piano de l'homme du peuple\", cet instrument est devenu un support pour le d\u00e9veloppement de la musique folklorique, et tr\u00e8s populaire dans de nombreuses r\u00e9gions du monde, en particulier \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle et au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle. De ce fait, son utilisation en tant qu'\"homme-orchestre\" a facilit\u00e9 son utilisation dans les secteurs populaires, gr\u00e2ce \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 produire simultan\u00e9ment des m\u00e9lodies, des harmonies et des sons graves. Il \u00e9tait \u00e9galement solide et durable, ce qui le rendait id\u00e9al pour les \u00e9v\u00e9nements en plein air. Cet article retrace l'histoire de l'accord\u00e9on, depuis ses d\u00e9buts en Europe jusqu'au Nouveau Monde, de l'autre c\u00f4t\u00e9 de l'Atlantique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots cl\u00e9s : accord\u00e9on diatonique \u00e0 boutons, invention d'instruments de musique, prol\u00e9tarisation de la production musicale, industrialisation, naissance de la musique populaire, migration internationale, entreprise Hohner.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Dans son article sur les musiques migrantes, populaires et r\u00e9gionales des \u00c9tats-Unis, Philip Bohlman (1998) utilise l'accord\u00e9on pour montrer les transgressions territoriales. Il affirme que l'attrait populaire de l'instrument \u00e9tait principalement d\u00fb \u00e0 \"son adaptabilit\u00e9 et \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 un large \u00e9ventail de demandes musicales au sein de la culture changeante\" du Nouveau Monde (Bohlman, 1998 : 301-302). Malgr\u00e9 sa capacit\u00e9 d'adaptation, l'accord\u00e9on a conserv\u00e9 tout au long du si\u00e8cle son image d'instrument de migrant et de symbole de la classe ouvri\u00e8re. <span class=\"small-caps\">xx<\/span>. Cependant, il n'a cess\u00e9 de transgresser ces r\u00e9f\u00e9rences culturelles tout au long de ses deux cents ans d'existence. Pendant les premi\u00e8res d\u00e9cennies qui ont suivi son invention en 1800, l'accord\u00e9on \u00e9tait un instrument g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9 par les classes moyennes et sup\u00e9rieures : ses acqu\u00e9reurs \u00e9taient de jeunes citadins ais\u00e9s soucieux de rester \u00e0 la page ; c'\u00e9taient eux qui avaient l'habitude de jouer de l'accord\u00e9on. <em>yuppies<\/em> de l'\u00e9poque. Chaque instrument \u00e9tait fait \u00e0 la main, d\u00e9licatement fabriqu\u00e9, ce qui le rendait plus cher qu'une guitare et hors de port\u00e9e de la plupart des gens. Les mat\u00e9riaux de construction ont \u00e9galement eu une influence. Les premiers accord\u00e9ons utilisaient les meilleurs mat\u00e9riaux de l'\u00e9poque : du bois d'\u00e9b\u00e8ne poli pour le cadre et de la peau de ch\u00e8vre fine pour le soufflet. Les mod\u00e8les les plus luxueux pr\u00e9sentaient \u00e9galement des d\u00e9corations minutieusement r\u00e9alis\u00e9es au cours de centaines d'heures de travail \u00e0 la main. Ils \u00e9taient orn\u00e9s de paillettes, de sculptures en bois exquises, de pierres d\u00e9coratives et de quelques pi\u00e8ces d'ivoire. Ce chapitre retrace l'histoire de l'accord\u00e9on depuis ses humbles origines au d\u00e9but du si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>Il est pass\u00e9 du statut d'instrument mondial \u00e0 celui d'instrument pr\u00e9sent dans le monde entier et s'est consolid\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que le facteur d'orgues et de pianos viennois Cyrill Demian ait \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 breveter ce nouvel instrument en 1829, d'autres inventeurs europ\u00e9ens ont con\u00e7u \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque leurs propres versions d'instruments \u00e0 anche libre.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> L'accord\u00e9on de Demian, \"une petite bo\u00eete avec des soufflets [et] cinq touches, chacune capable de produire un accord\".<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> Le nouvel instrument - d'o\u00f9 son nom - a alors stimul\u00e9 les innovations chez les fabricants ; plus tard, avec le nouvel instrument en circulation, les am\u00e9liorations n'ont pas tard\u00e9 \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, l'accord\u00e9on est lui-m\u00eame le prolongement et le perfectionnement de nombreuses exp\u00e9riences men\u00e9es au d\u00e9but du si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xviii<\/span> avec des a\u00e9rophones \u00e0 anches libres. En 1770, un musicien bavarois s'est produit \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, en Russie, sur un \"orgue chinois doux\", probablement un \"orgue \u00e0 anches libres\". <em>sheng<\/em>. Les <em>sheng<\/em> est un instrument ancien \u00e0 anche libre dont l'embouchure en bois est fix\u00e9e \u00e0 une calebasse munie de tubes de bambou de diff\u00e9rentes longueurs. On pense que les premi\u00e8res tentatives europ\u00e9ennes de cr\u00e9er des instruments \u00e0 soufflet bas\u00e9s sur le principe de l'anche libre - avec des lames qui vibrent sous l'effet d'un flux d'air - ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9riv\u00e9es de l'instrument \u00e0 anche libre. <em>sheng<\/em>. En 1779, un orgue portatif \u00e0 anche libre, appel\u00e9 \"orgue \u00e0 anche libre\", fait son apparition \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg. <em>orchestrion<\/em>L'id\u00e9e initiale de cet orgue a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par un professeur d'acoustique au Danemark et consistait \u00e0 cr\u00e9er une machine \u00e0 parler. Elle a \u00e9t\u00e9 suivie par l'invention de <em>le pys-harmonika<\/em> (Vienne, 1821) et l'\u00e4oline (Bavi\u00e8re, 1822). Plus tard, un fabricant viennois de bo\u00eetes \u00e0 musique fit breveter son \".<em>harmonika<\/em> \u00e0 la mani\u00e8re chinoise\" en 1825, se pr\u00e9sentant comme un \"fabricant certifi\u00e9 d'harmonica \u00e0 bouche et de bo\u00eete \u00e0 musique\".<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Au 20\u00e8me si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span> Les pays europ\u00e9ens \u00e9taient \u00e9troitement li\u00e9s par les voyages et le commerce. On pouvait donc s'attendre \u00e0 ce que l'accord\u00e9on de Demian apparaisse \u00e0 Paris l'ann\u00e9e suivant son invention. Le brevet prot\u00e8ge l'invention jusqu'en 1834, mais ne s'\u00e9tend pas \u00e0 l'\u00e9tranger. Les facteurs parisiens reproduisent donc imm\u00e9diatement le mod\u00e8le de l'instrument : six ans plus tard, on compte vingt fabricants d'accord\u00e9ons et d'harmonicas enregistr\u00e9s \u00e0 Paris. Avec quelques modifications du mod\u00e8le viennois, ils tentent de conqu\u00e9rir les oreilles raffin\u00e9es des Parisiens (Maurer, 1983 : 87). M. Busson ajoute l'une des adaptations les plus importantes : un clavier de piano pour la main droite de l'accord\u00e9on. <em>accord\u00e9on-orgue,<\/em> <em>fl\u00fbtina<\/em> o <em>harmonifl\u00fbte.<\/em> Avec son bois de rose et ses incrustations d'ivoire et de nacre, l'instrument \u00e9tait orient\u00e9 \"vers les dames de la meilleure soci\u00e9t\u00e9 et se rapprochait d'un objet bourgeois de distraction f\u00e9minine\" (Wagner, 2001 : 19). Lib\u00e9r\u00e9 des attentes li\u00e9es au genre, le nouvel instrument \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme adapt\u00e9 aux jeunes femmes. La nouvelle invention de Busson est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l'Exposition universelle de Paris en 1855. La popularit\u00e9 de l'accord\u00e9on ne cesse de cro\u00eetre, comme en t\u00e9moigne le nombre de livres de m\u00e9thodes publi\u00e9s, parfois en deux, voire trois langues (allemand, fran\u00e7ais et anglais). \"C'est la sonorit\u00e9 \u00e9gale de l'accord\u00e9on, consid\u00e9r\u00e9e comme nouvelle \u00e0 l'\u00e9poque, et son souffle de musique richement nuanc\u00e9e, ainsi que sa portabilit\u00e9 et son prix abordable, qui l'ont s\u00e9duit de larges populations\" (Harrington, 2001, p. 61). La production fran\u00e7aise florissante d'accord\u00e9ons s'est arr\u00eat\u00e9e pendant la guerre franco-prussienne (1870-1871), apr\u00e8s quoi les fabricants italiens de Stradella sont arriv\u00e9s sur le march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le luxueux mod\u00e8le artisanal de Stradella a \u00e9t\u00e9 l'un des deux principaux types d'accord\u00e9ons italiens \u00e0 conna\u00eetre le succ\u00e8s (Anzaghi, 1996).<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> Dans les premi\u00e8res d\u00e9cennies de l'expansion de l'accord\u00e9on, l'instrument s'est install\u00e9 dans deux villes italiennes m\u00e9lomanes : Stradella, dans la province septentrionale de Pavie, une r\u00e9gion qui \u00e9tait sous le pouvoir de l'Empire autrichien, et Castelfidardo, dans la province d'Anc\u00f4ne (r\u00e9gion des Marches), au centre-est du pays. Cette ville, caract\u00e9ris\u00e9e par son ancien ch\u00e2teau et ses murs d'enceinte, a \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre de la bataille entre les troupes pi\u00e9montaises et l'arm\u00e9e papale qui a abouti, en 1860, \u00e0 l'unification de l'Italie. Ce fait est essentiel dans l'histoire de l'accord\u00e9on, car imm\u00e9diatement apr\u00e8s l'annexion de la r\u00e9gion des Marches \"nous assistons \u00e0 la naissance des premiers accord\u00e9ons et concertinas qui ont probablement \u00e9t\u00e9 introduits parmi les Italiens par les troupes fran\u00e7aises alli\u00e9es aux \u00c9tats pontificaux. Ces instruments se sont rapidement adapt\u00e9s au go\u00fbt des Italiens\" (Bugiolacchi, n.d.).<\/p>\n\n\n\n<p>Les Italiens, dont les oreilles \u00e9taient habitu\u00e9es au son de la cornemuse ou de l'orgue de barbarie, se sont mis \u00e0 la t\u00e2che. <em>zampogna<\/em>un instrument populaire utilis\u00e9 de la Sicile \u00e0 la Lombardie, a rapidement adopt\u00e9 le nouvel instrument, qui permettait de produire des notes soutenues ressemblant au son discordant du bourdon. <em>zampogna <\/em>l'anche double traditionnelle. \u00c0 la fin du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span>Selon le directeur du mus\u00e9e de l'accord\u00e9on de Castelfidardo, Beniamino Bugiolacchi, l'accord\u00e9on a acquis une telle popularit\u00e9 que Giuseppe Verdi a soumis une proposition au conservatoire italien pour inclure l'\u00e9tude de l'accord\u00e9on. \u00c0 l'\u00e9poque, Verdi \u00e9tait pr\u00e9sident de la commission minist\u00e9rielle charg\u00e9e de la r\u00e9forme des conservatoires musicaux dans les ann\u00e9es 1870 (Bugiolacchi, n.d.). Des ateliers d'accord\u00e9on voient le jour dans toute l'Italie pour satisfaire le go\u00fbt de la population pour ce nouvel instrument. Mais comme partout ailleurs au d\u00e9but du si\u00e8cle, la s\u00e9paration des loisirs entre les classes sociales, favoris\u00e9e par l'urbanisation et la modernisation, entra\u00eene d'importants conflits. L'accord\u00e9on n'\u00e9chappe pas \u00e0 ces influences sociales. \"Le son joyeux de l'accord\u00e9on, exalt\u00e9 par la jubilation des sorties \u00e0 la campagne et des danses de basse-cour, finit bient\u00f4t par s'enrouer par endroits au grand air d'une g\u00e9ographie d\u00e9laiss\u00e9e par d'autres instruments plus anciens et plus illustres\" (Anzaghi, 1996, p. 81). Malgr\u00e9 sa popularit\u00e9, l'accord\u00e9on doit faire face \u00e0 un rival : la cornemuse italienne. Il finit par \u00eatre rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la paysannerie et est bient\u00f4t consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9mettant un \"son r\u00e9solument vulgaire\" et n'ayant gu\u00e8re \"d'aspiration \u00e0 une phon\u00e9tique noble\".<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> Des ann\u00e9es plus tard, cependant, l'accord\u00e9on a servi la politique populiste d'un r\u00e9gime fasciste. Selon Bugiolacchi, \"la propagande de l'\u00e9poque d\u00e9signait l'accord\u00e9on comme un instrument de musique invent\u00e9 en Italie, et comme la fiert\u00e9 de notre industrie et le plaisir du peuple italien\"..... En 1941, Benito Mussolini ordonne la distribution de 1 000 accord\u00e9ons aux troupes engag\u00e9es dans la Seconde Guerre mondiale\" (Bugiolacchi, n.d.).<\/p>\n\n\n\n<p>L'accord\u00e9on a connu une carri\u00e8re fulgurante similaire en Europe du Nord. Six semaines apr\u00e8s que Demian eut d\u00e9pos\u00e9 son brevet \u00e0 Vienne, le Londonien Charles Wheatstone d\u00e9posa un brevet pour une invention qu'il appela \"accord\u00e9on\". <em>symphonium<\/em>Le concertina de Wheatstone, un a\u00e9rophone dont la conception incluait un clavier et un soufflet, a servi de prototype au concertina de Wheatstone, \"un instrument hexagonal \u00e0 double action dot\u00e9 de quarante-huit touches\",<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> un brevet qu'il rendra public en 1844. Compte tenu des relations musicales \u00e9troites entre Vienne et Londres, il est probable que Wheatstone connaissait les exp\u00e9riences de Demian. Ses premiers mod\u00e8les de concertinas combinaient \"le syst\u00e8me de doigt\u00e9 \u00e0 24 touches du <em>symphonium<\/em>avec les boutons de perles apparents et les leviers en bois du premier accord\u00e9on de Demian\" (Wayne, 1991 : 132). Neil Wayne soup\u00e7onne que les premiers mod\u00e8les de concertina de Weathstone \u00e9taient \u00e0 l'origine destin\u00e9s \u00e0 ses cours d'acoustique au King's College de Londres, o\u00f9 il \u00e9tait professeur de physique exp\u00e9rimentale, plut\u00f4t qu'\u00e0 des fins commerciales. Weathstone s'int\u00e9ressait \u00e9galement aux instruments orientaux \u00e0 anche libre (le <em>sheng <\/em>Chinois, le <em>sh\u00f4<\/em> Japonais et divers instruments javanais), des harpes juives et des harmonicas allemands (orgues \u00e0 bouche) qui circulaient depuis plusieurs ann\u00e9es dans diff\u00e9rents pays. En 1821, Christian Friedrich Ludwig Buschmann, de Berlin, construisit un petit instrument \u00e0 vent \u00e0 quinze anches pour am\u00e9liorer l'accord, qu'il continua \u00e0 d\u00e9velopper (Harrington, 2001 : 61).<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> Un an plus tard, Buschmann ajoute d'autres \u00e9l\u00e9ments : le soufflet, quelques soupapes et des boutons de r\u00e9glage actionn\u00e9s \u00e0 la main : c'est le <em>Hand-\u00c4oline<\/em> o <em>Konzertina<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme d'autres personnes ayant des int\u00e9r\u00eats exp\u00e9rimentaux similaires, Wheatstone a cr\u00e9\u00e9 un certain nombre d'instruments de musique nouveaux et am\u00e9lior\u00e9s, notamment le \"concertina \u00e0 pied\" et les \"pianos \u00e0 vent\", <em>soufflet-violon<\/em> (violon combin\u00e9 \u00e0 un soufflet de concertina) et d'autres dispositifs d'accord \u00e0 anche libre. Il exp\u00e9rimente \u00e9galement dans d'autres domaines techniques et produit des machines \u00e0 \u00e9crire, des horloges \u00e9lectromagn\u00e9tiques, des dispositifs de voix artificielle et le t\u00e9l\u00e9graphe \u00e9lectrique, qui fera sa renomm\u00e9e par la suite (Wayne, 1991 : 122). La plupart des inventions musicales de Weathstone semblent absurdes, tout comme \"les nombreuses tentatives des autres facteurs d'instruments et leurs inventions pr\u00e9tentieuses, plus ou moins d\u00e9sastreuses, [...] sp\u00e9cimens inutiles tentant d'entrer dans la course aux instruments\" (Berlioz, 1858 : 233).<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a> Cette critique a \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e par un compositeur extr\u00eamement progressiste pour son \u00e9poque, Hector Berlioz. Le compositeur fran\u00e7ais aime explorer de nouvelles couleurs tonales dans ses orchestrations et n'h\u00e9site pas \u00e0 inclure le concertina anglais de Wheatstone, dont il trouve le son \"\u00e0 la fois p\u00e9n\u00e9trant et doux... [ainsi que] se mariant bien avec le ton de la harpe et du pianoforte\" (Berlioz, 1858 : 235). Malgr\u00e9 son go\u00fbt pour ce timbre particulier, il critique l'accord m\u00e9sotonique du concertina (\"selon la doctrine des acousticiens, doctrine tout \u00e0 fait contraire \u00e0 la pratique des musiciens\") qui l'emp\u00eache de se combiner avec n'importe quel instrument bien temp\u00e9r\u00e9.<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 cette limitation, le concertina a gagn\u00e9 en popularit\u00e9 gr\u00e2ce aux grands pianistes de concert qui ont interpr\u00e9t\u00e9 des solos virtuoses, des concertos et des musiques de concerto. <br>ca de c\u00e1mara. Par ailleurs, toutes les critiques n'ont pas d\u00e9courag\u00e9 l'utilisation de l'accord\u00e9on dans ces pratiques musicales. Des critiques bienveillantes \u00e9manant de critiques respect\u00e9s, tels que l'\u00e9crivain britannique George Bernard Shaw, qui a d\u00e9clar\u00e9 que <br>\"Le concertina a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 une telle perfection... [qu'il peut] jouer la musique la plus difficile pour le violon, le hautbois et la fl\u00fbte\",<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a> a renforc\u00e9 son prestige aupr\u00e8s des classes sup\u00e9rieures. En effet, parmi les principaux acheteurs du concertina dans les ann\u00e9es 1870, nombreux sont les membres de l'\u00e9lite, hommes et femmes confondus. Il est donc pr\u00e9sent dans les concerts de salon de l'aristocratie, puis progressivement adopt\u00e9 par la classe ouvri\u00e8re anglaise : le corollaire de ce parcours anglais est l'abandon du concertina par les musiciens \"s\u00e9rieux\" de l'\u00e9poque victorienne. C'est peut-\u00eatre cette voie qui a suscit\u00e9 la boutade suivante : \"Quelle est la d\u00e9finition d'un gentleman ? Quelqu'un qui sait jouer de l'accord\u00e9on, mais qui s'en abstient !\".<\/p>\n\n\n\n<p>La prol\u00e9tarisation de la cr\u00e9ation musicale dans la seconde moiti\u00e9 du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span> a \u00e9t\u00e9 stimul\u00e9e par l'importation d'Allemagne de concertinas \u00e0 bas prix, produits en masse, qui ont contribu\u00e9 \u00e0 briser l'image d'exclusivit\u00e9 du concertina. Les fabricants anglais se sont joints \u00e0 ce mouvement avec leurs mod\u00e8les de \"concertinas du peuple\", accessibles \u00e0 la classe ouvri\u00e8re. \u00c0 l'instar du <em>Laiton Marque Mouvement<\/em>,<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a> Le concertina a envahi les \u00eeles britanniques lorsque la classe ouvri\u00e8re a commenc\u00e9 \u00e0 former des milliers de clubs pour ses repr\u00e9sentations. Le concertina \u00e9tait particuli\u00e8rement adapt\u00e9 \u00e0 la musique de danse, car les mouvements de traction et de pouss\u00e9e donnaient \u00e0 la musique un rythme puissant. L'instrument \u00e9tait populaire dans les tavernes et les <em>d\u00e9bits de boissons<\/em> des villes portuaires, d'o\u00f9 il a rapidement voyag\u00e9 et conquis les colonies britanniques. Les marins et les baleiniers \u00e9taient friands de cet instrument portatif.<\/p>\n\n\n\n<p>L'accord\u00e9on \u00e9tait \u00e0 bien des \u00e9gards un instrument r\u00e9volutionnaire adapt\u00e9 aux id\u00e9es lib\u00e9rales de la fin du si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et qui ont r\u00e9ussi \u00e0 participer \u00e0 la r\u00e9volution industrielle. L'invention de l'accord\u00e9on a marqu\u00e9 la naissance de la musique populaire, \u00e0 la fois au sens de \"musique du peuple\" et de \"musique des masses\", car elle a co\u00efncid\u00e9 avec la fin de l'\u00e8re pr\u00e9industrielle et est devenue un symbole de l'industrialisation et de la culture de masse. Elle co\u00efncide avec la fin de l'\u00e8re pr\u00e9industrielle et devient un symbole de l'industrialisation et de la culture de masse (Wagner, 2001 : 9).<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Des centres de fabrication d'accord\u00e9ons (surtout de concertinas et d'harmonicas) apparaissent d'abord en Allemagne ; ils sont nombreux : Trossingen (Christian Messner, 1830), Chemnitz (Carl Friedrich Uhlig, 1834), Magdebourg (Friedrich Gessner, 1838), Berlin (J. F. Kalbe, 1840), Gera (Heinrich Wagner, 1850) et Klingenthal (Adolph Herold, 1852). Cependant, le caract\u00e8re populaire et la massification de l'instrument ont rapidement conduit des ouvriers qualifi\u00e9s \u00e0 ouvrir leurs propres ateliers dans toute l'Allemagne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"984x675\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1: Fotograf\u00eda de la producci\u00f3n en la f\u00e1brica de Hohner, alrededor de 1910. Foto cortes\u00eda de Arm\u00f3nica Alemana y Museo del Acorde\u00f3n, Trossingen.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 1 : Photographie de la production \u00e0 l'usine Hohner, vers 1910. Avec l'aimable autorisation du Mus\u00e9e allemand de l'harmonica et de l'accord\u00e9on, Trossingen.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Avant l'av\u00e8nement de la production de masse dans les ann\u00e9es 1850, toutes les pi\u00e8ces d'accord\u00e9on \u00e9taient fabriqu\u00e9es \u00e0 la main. Les facteurs d'instruments, en collaboration avec les m\u00e9tallurgistes, les serruriers, les ajusteurs, les m\u00e9caniciens et toute une s\u00e9rie d'ouvriers qualifi\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s pour d\u00e9velopper une s\u00e9rie de machines qui ont rendu possible la production industrielle de pi\u00e8ces d'accord\u00e9on. Bient\u00f4t, les languettes ne sont plus coup\u00e9es et aff\u00fbt\u00e9es \u00e0 la main, mais sont estamp\u00e9es \u00e0 l'aide d'un outil m\u00e9canique qui coupe la t\u00f4le en un seul mouvement. Ce processus a \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matis\u00e9 et sa rationalisation a \u00e9t\u00e9 programm\u00e9e dans des toupies et des fraiseuses automatis\u00e9es. L'introduction de la vapeur \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1870 a permis de r\u00e9duire consid\u00e9rablement les co\u00fbts de production de l'accord\u00e9on en embauchant des ouvriers non qualifi\u00e9s pour faire fonctionner les machines. Ce raffinement de la production a conduit les propri\u00e9taires d'usine \u00e0 sous-traiter certaines pi\u00e8ces pour les utiliser dans les syst\u00e8mes de fabrication existants de leur entreprise, qui employaient des hommes, des femmes et des enfants en tant que travailleurs \u00e0 bas salaire. Mais cela ne compromet en rien la qualit\u00e9 des instruments. Le cas suivant illustre l'ampleur, en termes de main-d'\u0153uvre, de l'impact de l'automatisation sur les usines d'accord\u00e9ons : en 1855, une usine employait quelque 400 travailleurs pour produire 100 000 accord\u00e9ons et 750 000 harmonicas, mais sept ans plus tard, elle n'employait plus que 250 travailleurs pour produire le m\u00eame nombre d'accord\u00e9ons et plus d'un million d'harmonicas (Dunkel, 1996, p. 180). La fabrication d'accord\u00e9ons et d'harmonicas \u00e9tait une activit\u00e9 dynamique et en pleine croissance, qui allait bient\u00f4t s'orienter vers les march\u00e9s d'exportation, et plus particuli\u00e8rement vers les march\u00e9s d'outre-mer. Sur plus d'un demi-million d'accord\u00e9ons fabriqu\u00e9s chaque ann\u00e9e en Allemagne, un grand nombre \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 l'exportation (Dunkel, 1996 : 174).<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les nombreux types d'accord\u00e9ons diatoniques invent\u00e9s avant les ann\u00e9es 1850, on trouve le <em>bandon\u00e9on<\/em>un concertina qui est devenu plus c\u00e9l\u00e8bre en Argentine sous le nom de bandon\u00e9on<em>.<\/em> Il s'agit d'un mod\u00e8le ant\u00e9rieur, de forme quadrangulaire, avec des notes individuelles au lieu d'accords sur le c\u00f4t\u00e9 des basses. Le bandon\u00e9on a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 Chemnitz par Carl Friedrich Uhlig au d\u00e9but des ann\u00e9es 1830. Le musicien et professeur Heinrich Band, originaire de Krefeld pr\u00e8s de D\u00fcsseldorf, a command\u00e9 un mod\u00e8le \u00e0 quatre-vingt-huit sonorit\u00e9s, en a affin\u00e9 certaines et a appel\u00e9 le nouvel instrument <em>bandon\u00e9on<\/em> (le nom est apparu pour la premi\u00e8re fois en 1856). En raison du commerce prolifique d'instruments, il a rapidement pris le pas sur le concertina ordinaire. La plupart des concertinas allemands ont \u00e9t\u00e9 produits en Saxe, o\u00f9 l'instrument \u00e9tait \u00e9galement tr\u00e8s populaire parmi la classe ouvri\u00e8re dans les ann\u00e9es 1880.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-2.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"501x675\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2: Anuncios de acorde\u00f3n Meinel & Herold en Brasil, donde la compa\u00f1\u00eda compiti\u00f3 con modelos italianos Dallap\u00e9 y fabricantes de instrumentos locales. Foto cortes\u00eda de Arm\u00f3nica Alemana y Museo del Acorde\u00f3n, Trossingen.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-2.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 2 : Publicit\u00e9 pour l'accord\u00e9on Meinel &amp; Herold au Br\u00e9sil, o\u00f9 l'entreprise \u00e9tait en concurrence avec les mod\u00e8les italiens de Dallap\u00e9 et les fabricants d'instruments locaux. Photo reproduite avec l'aimable autorisation du Mus\u00e9e allemand de l'harmonica et de l'accord\u00e9on, Trossingen.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Dans la seconde moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span> Lors de l'exposition industrielle de 1854 \u00e0 Munich, le fabricant viennois d'accord\u00e9ons Matthaus Bauer a pr\u00e9sent\u00e9 son <em>Clavierharmonika<\/em>un prototype de l'accord\u00e9on piano (Maurer, 1983 : 75). Ces premiers accord\u00e9ons chromatiques \u00e0 boutons sont rapidement devenus la coqueluche des musiciens. <em>Les chapelles de Schrammel<\/em> Viennois, des ensembles de musique folklorique pseudo-folklorique inspir\u00e9s de la musique de chambre viennoise des fr\u00e8res Schrammel (Maurer, 1983 : 76-86). L'accord\u00e9on Schrammel, dont le timbre ressemble \u00e0 celui de la clarinette, a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 \u00e0 l'ensemble de cordes pour augmenter le volume sonore.<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> Dans les tavernes des faubourgs de Vienne, l'accord\u00e9on a jou\u00e9, selon les termes de Wagner, le r\u00f4le de \"sage-femme d'un nouveau style musical \u00e9mergent\" qui fusionnait les rythmes des danses folkloriques (<em>L\u00e4ndler<\/em>) et des m\u00e9lodies tziganes hongroises avec des valses folkloriques (2001 : 32). La musique de Schrammel, avec ses virtuoses de l'accord\u00e9on, \u00e9tait tr\u00e8s populaire dans l'aristocratie autrichienne, et les compositeurs de l'\u00e9poque ont adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 cette euphorie.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme dans le reste de l'Europe, la population rurale, isol\u00e9e dans les villes, s'est efforc\u00e9e de restaurer et de maintenir ses traditions \u00e0 l'aide de nouveaux rituels, d'expositions et de diverses formes de divertissement, construits ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, invent\u00e9s. Les nouveaux contextes de la vie sociale ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 de nouvelles traditions v\u00e9ritablement urbaines. La musique folklorique n'est plus utilis\u00e9e comme symbole de la continuit\u00e9 des traditions paysannes, mais sert de support \u00e9motionnel aux personnes qui passent d'un mode de vie \u00e0 un autre. L'accord\u00e9on, plus que tout autre instrument, fait partie de ces deux mondes ; il est \u00e0 la fois traditionnel et moderne. En outre, il \u00e9tait capable de rivaliser avec le bruit des villes industrielles en pleine expansion et avec un mode de vie de plus en plus domin\u00e9 par les machines.<\/p>\n\n\n\n<p>L'accord\u00e9on a \u00e9galement gagn\u00e9 du terrain dans les r\u00e9gions plus recul\u00e9es et dans les pays dont l'\u00e9conomie est moins ax\u00e9e sur l'exportation. En Suisse centrale, la production de \"harpes \u00e0 main\" a d\u00e9but\u00e9 dans les ann\u00e9es 1830. Un plus grand nombre de types r\u00e9gionaux de <em>Schwyzer\u00f6rgeli<\/em> (petit orgue suisse) \u00e9taient fabriqu\u00e9s dans de petits ateliers, souvent familiaux, et supplantaient le violon<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a> et au dulc\u00e9mele<a class=\"anota\" id=\"anota16\" data-footnote=\"16\">16<\/a> (Roth, 2006 [1979]). Plus l'accord\u00e9on devenait populaire parmi les montagnards, plus les traditionalistes le m\u00e9prisaient. La d\u00e9nonciation suivante, publi\u00e9e dans l'annuaire du Club alpin suisse en 1868, est repr\u00e9sentative de ces plaintes :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">L'appel <em>Handharmonika<\/em> [L'harmonica \u00e0 main est appr\u00e9ci\u00e9 par les bergers et les laitiers des alpages qui, avec une obstination d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, s'obstinent \u00e0 le man\u0153uvrer, c'est-\u00e0-dire \u00e0 le pousser et \u00e0 le tirer ; une telle manipulation ne peut pas \u00eatre qualifi\u00e9e de jeu ou de musique. Si ce n'est pas encore le cas, tr\u00e8s bient\u00f4t, seuls quelques touristes seront \u00e9pargn\u00e9s par ce son torturant lorsqu'ils voyageront sur les sentiers battus vers les refuges alpins. Nos jeunes montagnards trouvent plus pratique de tirer sur un harmonica \u00e0 main ou de souffler dans un harmonica \u00e0 bouche que de faire travailler leurs bons et solides poumons avec le cor des Alpes.<a class=\"anota\" id=\"anota17\" data-footnote=\"17\">17<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Insensible \u00e0 ces d\u00e9nonciations, l'accord\u00e9on est devenu un instrument de loisir favori et, si l'on en croit une photographie de la famille de mon grand-p\u00e8re en 1899, il a peut-\u00eatre \u00e9galement servi d'instrument pour les enfants.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-3.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"834x675\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 3: Fotograf\u00eda de mi abuelo, Theodor Bucher, de once a\u00f1os, sosteniendo un acorde\u00f3n de botones. Sus hermanos menores exhiben instrumentos de juguete y utensilios escolares (1899).\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-3.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 3 : Photographie de mon grand-p\u00e8re, Theodor Bucher, \u00e2g\u00e9 de onze ans, tenant un accord\u00e9on \u00e0 boutons. Ses jeunes fr\u00e8res montrent des instruments jouets et des ustensiles scolaires (1899).<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>L'int\u00e9r\u00eat de mon grand-p\u00e8re pour l'accord\u00e9on \u00e9tait plus que musical. La petite bo\u00eete qu'il tenait si affectueusement \u00e9tait une merveille m\u00e9canique qui attisait sa curiosit\u00e9. Malheureusement, il n'a jamais eu l'occasion de r\u00e9aliser son r\u00eave, car la mort pr\u00e9matur\u00e9e de son p\u00e8re l'a contraint \u00e0 devenir chef de famille. Cependant, son esprit curieux et ses \u00e9normes comp\u00e9tences, ainsi que son esprit d'initiative, le distinguent des paysans qui l'entourent. Au lieu de travailler la terre, il a invent\u00e9 toutes sortes d'outils m\u00e9caniques pour rendre l'agriculture plus supportable, comme une construction de tuyaux pour le lisier avec un m\u00e9canisme de changement de vitesse automatique. Il parcourait de longues distances \u00e0 bicyclette pour inspecter les centrales hydro\u00e9lectriques dans les Alpes et \u00e9tait fascin\u00e9 par les chemins de fer de montagne et les t\u00e9l\u00e9ph\u00e9riques. Mon grand-p\u00e8re \u00e9tait un ing\u00e9nieur n\u00e9, mais il \u00e9tait aussi un bon musicien, m\u00eame si, pour autant que je sache, il n'a jamais gagn\u00e9 sa vie en faisant de la musique. Avec quatre de ses fr\u00e8res, il a form\u00e9 un <em>Haus-Kapelle<\/em> (assembl\u00e9e nationale) en 1910 (ou peut-\u00eatre plus t\u00f4t) : c'\u00e9tait l'une des premi\u00e8res de ce type en Suisse centrale.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-4.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"923x675\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 4: Fotograf\u00eda del conjunto familiar de mi abuelo en 1910, Inwil, Lucerna. Mi t\u00edo abuelo toca un Schwyzer\u00f6rgeli est\u00e1ndar de 18 bajos en la mano izquierda y botones dispuestos en tres filas para la mano derecha.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-4.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 4 : Photo de l'ensemble familial de mon grand-p\u00e8re en 1910, Inwil, Lucerne. Mon grand-oncle joue d'un Schwyzer\u00f6rgeli standard de 18 basses \u00e0 la main gauche et de boutons dispos\u00e9s en trois rang\u00e9es \u00e0 la main droite.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Comme la grande majorit\u00e9 des musiciens folkloriques, mon grand-p\u00e8re n'a jamais appris \u00e0 lire les partitions, m\u00eame s'il existait une tablature musicale \u00e9crite pour le <em>Schwyzer\u00f6rgeli<\/em> standard : un syst\u00e8me de notation des doigt\u00e9s, encore utilis\u00e9 aujourd'hui, pour enseigner les m\u00e9lodies populaires suisses aux analphab\u00e8tes musicaux. Pour mon grand-p\u00e8re, la radio \u00e9tait la principale source d'apprentissage pour reconna\u00eetre et jouer de nouvelles m\u00e9lodies.<\/p>\n\n\n\n<p>Les classes rurales et inf\u00e9rieures ayant fait de la musique \"\u00e0 l'oreille\" pendant des si\u00e8cles, le d\u00e9but du si\u00e8cle est marqu\u00e9 par l'apparition d'une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de musiciens. <span class=\"small-caps\">xx<\/span> l'accord\u00e9on avait largement remplac\u00e9 les instruments habituels, tels que le violon<a class=\"anota\" id=\"anota18\" data-footnote=\"18\">18<\/a> et les cornemuses, dans toute l'Europe. Il est toutefois int\u00e9ressant de noter que les formes locales d'accord\u00e9on ont souvent adopt\u00e9 les styles de jeu plus anciens qu'elles ont remplac\u00e9s, un ph\u00e9nom\u00e8ne que l'on peut \u00e9galement observer ailleurs (p. ex. Hutchinson, 2012). Ainsi, les effets sonores, les ornements et les timbres varient en fonction de l'esth\u00e9tique locale. La polyvalence de l'accord\u00e9on en termes de production sonore pourrait en fait avoir \u00e9t\u00e9 l'une de ses plus grandes qualit\u00e9s dans sa conqu\u00eate du monde. La diffusion de l'instrument a \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9e par les vagues d'immigration outre-mer, \u00e0 l'apog\u00e9e de sa popularit\u00e9 parmi les classes ouvri\u00e8res europ\u00e9ennes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 la conqu\u00eate de nouveaux horizons<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1830, les accord\u00e9ons \u00e0 boutons fabriqu\u00e9s en Saxe ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre export\u00e9s aux \u00c9tats-Unis. Les marchands d'instruments de musique saxons s'installent \u00e0 Philadelphie, o\u00f9 ils commencent leur conqu\u00eate du Nouveau Monde. Les spectacles de <em>m\u00e9nestrel<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota19\" data-footnote=\"19\">19<\/a> a ajout\u00e9 le <em>bo\u00eete \u00e0 gants<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota20\" data-footnote=\"20\">20<\/a> \u00e0 son ensemble de banjo, de violon, de tambourin et de castagnettes en os. La plus ancienne image conserv\u00e9e d'un joueur d'accord\u00e9on date du milieu des ann\u00e9es 1850 et a \u00e9t\u00e9 prise dans un studio photographique de la Nouvelle-Orl\u00e9ans (Snyder, 2012). L'image montre un homme noir assis jouant d'un accord\u00e9on de style fran\u00e7ais \u00e0 douze touches aigu\u00ebs et deux boutons de basse (probablement un Busson, connu dans la langue vernaculaire locale sous le nom de \"Busson\"). <em>flutina<\/em>). En ce qui concerne l'homme, on ne peut que supposer qu'il \u00e9tait cr\u00e9ole, accord\u00e9oniste de profession ou simplement un homme ordinaire tenant des accessoires de studio.<a class=\"anota\" id=\"anota21\" data-footnote=\"21\">21<\/a><\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-5.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"555x675\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 5: \u201cAcordeonista, daguerrotipo\u201d, circa 1855. Fot\u00f3grafo desconocido.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-5.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-6.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"488x675\" data-index=\"0\" data-caption=\"6: Anuncio de arm\u00f3nica y acorde\u00f3n Hohner para los Estados Unidos. Foto cortes\u00eda de Arm\u00f3nica Alemana y Museo del Acorde\u00f3n, Trossingen.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/simonett-accordeon-img-6.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 5 : \"Accord\u00e9oniste, daguerr\u00e9otype\", vers 1855. Photographe inconnu.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">6 : Publicit\u00e9 pour l'harmonica et l'accord\u00e9on Hohner aux \u00c9tats-Unis. Photo reproduite avec l'aimable autorisation du Mus\u00e9e allemand de l'harmonica et de l'accord\u00e9on, Trossingen.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Le Louisiana State Museum de la Nouvelle-Orl\u00e9ans date la photographie d'environ 1850, ce qui sugg\u00e8re que l'instrument est arriv\u00e9 plus t\u00f4t en Louisiane noire, dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du si\u00e8cle. Les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la popularit\u00e9 de l'accord\u00e9on deviennent de plus en plus fr\u00e9quentes dans les danses locales au tournant du si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, on sait peu de choses sur le moment et la mani\u00e8re dont le concertina s'est \u00e9tabli aux \u00c9tats-Unis (Greene, 1992). Il n'est cependant pas surprenant que le mouvement florissant des orchestres de concertina de la classe ouvri\u00e8re de l'Ancien Monde soit \u00e9galement arriv\u00e9 dans le pays, en particulier dans les r\u00e9gions d'immigration allemande, boh\u00e9mienne et polonaise. Les premiers clubs de concertina ont vu le jour dans les centres urbains de Chicago et de Milwaukee, respectivement en 1889 et 1890. James Leary affirme que les responsables de ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9taient les \"d\u00e9plac\u00e9s des villages agraires tr\u00e8s unis de l'ancien pays, les nouveaux arrivants dans le Midwest urbain, qui cherchaient une communaut\u00e9 dans d'innombrables fraternit\u00e9s et organisations culturelles, dont la plupart encourageaient les performances musicales\" (2002 : 197). Ces exploits doivent \u00e9galement \u00eatre port\u00e9s au cr\u00e9dit des entrepreneurs migrants, comme celui qui a fait la promotion du concertina allemand lors de l'Exposition universelle de Chicago en 1893. Apr\u00e8s tout, ce sont eux qui ont mis en place l'infrastructure qui a permis la diffusion du concertina dans le Midwest (Leary, 2002). Fait curieux, les 200 000 concertinas allemands import\u00e9s annuellement au d\u00e9but du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xx<\/span>\u00e9taient en fait des concertinas. Plus tard, les Am\u00e9ricains ont commenc\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er leurs propres concertinas en raison des p\u00e9nuries d'approvisionnement caus\u00e9es par la Premi\u00e8re Guerre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous l'impulsion d'un sentiment anti-allemand croissant aux \u00c9tats-Unis, des artistes germano-am\u00e9ricains tels que Whoopee John Wilfahrt, dont l'\u0153uvre a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e \u00e0 l'occasion de la Journ\u00e9e mondiale de la libert\u00e9 de la presse, se sont lanc\u00e9s dans l'aventure. <em>Orchestre Concertina<\/em> (fond\u00e9e en 1928) a popularis\u00e9 la <em>oompah-beat<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota22\" data-footnote=\"22\">22<\/a> Allemands ou N\u00e9erlandais, sont devenus la cible d'attaques verbales et de moqueries. En maintenant un \"\u00e9quilibre visuel entre le clown ethnique et le sophistiqu\u00e9 am\u00e9ricain\" (Leary et March, 1991 : 38), la repr\u00e9sentation comique imit\u00e9e par les musiciens \"hollandais\" ult\u00e9rieurs, aussi \"valorisante\" qu'elle ait pu \u00eatre, n'a pas \u00e9t\u00e9 choisie librement. Selon Bohlman, les musiques immigr\u00e9es, folkloriques et r\u00e9gionales repr\u00e9sentent la mani\u00e8re dont les Am\u00e9ricains utilisent la musique pour renforcer leur identit\u00e9 de groupe et de communaut\u00e9, ainsi que leurs liens avec l'histoire des \u00c9tats-Unis. Un examen des \"musiques de la diff\u00e9rence\" r\u00e9v\u00e8le in\u00e9vitablement le r\u00f4le central du racisme et des pr\u00e9jug\u00e9s ethniques dans le paysage musical am\u00e9ricain. Les musiques d'immigr\u00e9s sont li\u00e9es aux pr\u00e9occupations identitaires, et les musiques r\u00e9gionales r\u00e9v\u00e8lent les approches fortes mais diff\u00e9rentes de l'identit\u00e9 am\u00e9ricaine. <em>le sens du lieu<\/em> aux \u00c9tats-Unis (Bohlman, 1998 : 278). Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, les diff\u00e9rents styles de musique ethnique se sont fondus dans la musique populaire panam\u00e9ricaine et sont devenus connus sous le nom de \"musique polka\", mais le concertina a conserv\u00e9 son caract\u00e8re allemand.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l'on se tourne vers le Nouveau Monde, l'origine du premier accord\u00e9on \u00e0 avoir atteint les c\u00f4tes argentines est un sujet de controverse et de contradiction. Buenos Aires, la plus grande ville portuaire d'Am\u00e9rique du Sud, a accueilli des millions de migrants \u00e9trangers au d\u00e9but du si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> pour travailler dans des activit\u00e9s agricoles et urbaines, ainsi que les paysans de l'Argentine rurale, d\u00e9racin\u00e9s par les changements drastiques de l'\u00e9conomie ax\u00e9e sur le pastoralisme dans les ann\u00e9es 1880. L'accord\u00e9on, qui pourrait \u00eatre apparu en Argentine en 1850,<a class=\"anota\" id=\"anota23\" data-footnote=\"23\">23<\/a> s'est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre un instrument id\u00e9al pour exprimer la nouvelle r\u00e9alit\u00e9 urbaine des nouveaux arrivants de la pampa et de l'\u00e9tranger. Dans les zones frontali\u00e8res du nord-est de l'Argentine et du sud du Br\u00e9sil, les migrants allemands avaient introduit leurs danses, la polka et la mazurka, ainsi que l'in\u00e9vitable accord\u00e9on et la guitare. <em>bandon\u00e9on<\/em>qui ont \u00e9t\u00e9 rapidement int\u00e9gr\u00e9es dans la forme r\u00e9gionale de la chanson. <em>chamam\u00e9<\/em>accompagn\u00e9 d'une guitare et d'un violon. Peu apr\u00e8s le d\u00e9but du si\u00e8cle, un marin allemand a vendu des instruments de musique semblables au concertina \u00e0 La Boca, un quartier de Buenos Aires qui comptait une forte pr\u00e9sence de migrants italiens travaillant dans les entrep\u00f4ts et les usines d'emballage de viande.<a class=\"anota\" id=\"anota24\" data-footnote=\"24\">24<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Si l'on lit l'histoire du Br\u00e9sil, la musique d'accord\u00e9on dans ce pays s'est fait conna\u00eetre gr\u00e2ce au musicien-compositeur Luiz Gonzaga (1912-1989 ; Loveless, 2012). L'instrument a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 import\u00e9 par des migrants allemands et italiens qui ont r\u00e9ussi \u00e0 le fusionner avec la musique br\u00e9silienne. <em>doublure <\/em>milieu du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span>. A partir de l\u00e0, l'accord\u00e9on diatonique \u00e0 huit basses, connu sous le nom de <em>sanfona de oito baixos<\/em>a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9 dans le nord-est du Br\u00e9sil par des soldats qui avaient particip\u00e9 \u00e0 la guerre contre le Paraguay dans les ann\u00e9es 1860. Ce nouvel instrument, accompagn\u00e9 d'un triangle et d'une grosse caisse, est devenu l'accompagnement musical des c\u00e9l\u00e9brations sociales et a remplac\u00e9 les anciens fifres et tambours (Crook, 2005 : 256).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas de la Colombie, diff\u00e9rentes facettes historiques de l'accord\u00e9on convergent vers son arriv\u00e9e et sa popularisation. Dans le documentaire <em>L'accord\u00e9on du diable<\/em>r\u00e9alis\u00e9 par Stefan Schwietert, d\u00e9peint la musique de Vallenata. Le d\u00e9but s\u00e9duisant du documentaire est marqu\u00e9 par la narration de l'accord\u00e9oniste Francisco <em>Pacho<\/em> Rada, 93 ans : \"Mon histoire commence par un naufrage. C'\u00e9tait un bateau allemand. Il \u00e9tait rempli d'accord\u00e9ons. Il se dirigeait vers l'Argentine et s'est \u00e9chou\u00e9 sur notre c\u00f4te. C'est ainsi que l'accord\u00e9on est arriv\u00e9 dans notre pays\" (Schwietert, 2000). D'autres l\u00e9gendes racontent que l'arriv\u00e9e de l'instrument remonte \u00e0 plusieurs ann\u00e9es. Quoi qu'il en soit, les premiers accord\u00e9ons sont probablement arriv\u00e9s sur la c\u00f4te cara\u00efbe colombienne \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1860, mais ne sont devenus plus accessibles qu'\u00e0 partir des ann\u00e9es 1910 (Berm\u00fadez, 2012). \u00c0 partir des principales villes portuaires, il s'est rapidement r\u00e9pandu le long du fleuve Magdalena, au-del\u00e0 des r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res. Objet de contrebande tr\u00e8s recherch\u00e9, l'accord\u00e9on a commenc\u00e9 \u00e0 remplacer la gaita indig\u00e8ne, une fl\u00fbte \u00e0 conduit en roseau, dont il \u00e9tait capable de reproduire les caract\u00e9ristiques sonores. L'accord\u00e9on \u00e0 trois rang\u00e9es de douze boutons de basse \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 d'usage courant en 1945, lorsque la musique vallenato a pris son essor. La Colombie continue d'importer ces mod\u00e8les d'Allemagne, bien qu'\u00e0 leur arriv\u00e9e, ils doivent \u00eatre enti\u00e8rement accord\u00e9s pour s'adapter \u00e0 l'esth\u00e9tique du son local.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La r\u00e9sistance du symbole<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'un des principaux exportateurs europ\u00e9ens d'harmonicas sur la sc\u00e8ne internationale \u00e9tait et est toujours la soci\u00e9t\u00e9 Hohner. Fond\u00e9e \u00e0 Trossingen en 1857 par Matthias Hohner, elle est r\u00e9put\u00e9e dans le monde entier pour la qualit\u00e9 de ses harmonicas. Toutefois, ce n'est qu'en 1903 que la soci\u00e9t\u00e9 a commenc\u00e9 \u00e0 produire des accord\u00e9ons \u00e0 boutons, dans l'intention de se lancer dans l'exportation.<a class=\"anota\" id=\"anota25\" data-footnote=\"25\">25<\/a> L'un des fils de Hohner s'installe \u00e0 New York pour ouvrir un magasin et lancer une campagne publicitaire agressive \u00e0 destination du Canada et du Mexique pr\u00e9r\u00e9volutionnaire. En 1913, la succursale de Toronto domine d\u00e9j\u00e0 68% le march\u00e9 canadien de l'harmonica. L'objectif de Hohner est d'imiter ce succ\u00e8s au Mexique, qu'il consid\u00e8re comme une porte d'entr\u00e9e cruciale vers les march\u00e9s d'Am\u00e9rique centrale et d'Am\u00e9rique du Sud. Un repr\u00e9sentant de Hohner ouvre une succursale au Mexique en 1908. Le magasin ferma au bout de trois ans en raison de l'\u00e9clatement de la r\u00e9volution, ce qui obligea Hohner \u00e0 revoir temporairement son plan d'expansion. De ce Mexique violent, le repr\u00e9sentant de Hohner \u00e9crit \u00e0 New York en 1913 : \"En d\u00e9pit de toutes les r\u00e9volutions, ce pays deviendra sans aucun doute l'une des meilleures zones de distribution... Je souhaite seulement que l'oncle Sam annexe toute la r\u00e9publique\" (Berghoff, 2006 : 157).<\/p>\n\n\n\n<p>Le repr\u00e9sentant de Hohner avait raison : le march\u00e9 mexicain \u00e9tait et reste un terrain fertile pour l'importation d'accord\u00e9ons \u00e0 boutons de haute qualit\u00e9 fabriqu\u00e9s en Europe. Les premiers accord\u00e9ons sont arriv\u00e9s dans le nord-est du Mexique via le port de Tampico par des marchands allemands au milieu du 20e si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>. Comme le montre l'historien Francisco Ramos Aguirre (2016), le journal local annon\u00e7ait la vente de produits europ\u00e9ens, dans lesquels figurait l'accord\u00e9on parmi d'autres articles musicaux. D'autres preuves de l'existence pr\u00e9coce d'accord\u00e9ons dans la r\u00e9gion proviennent de transgressions de la loi document\u00e9es par divers journaux locaux. Par exemple, une nuit, on a signal\u00e9 des troubles dus au bruit d'un groupe qui jouait. Le bruit \u00e9tait caus\u00e9 par un accord\u00e9on jou\u00e9 par deux hommes noirs, probablement des travailleurs d'origine carib\u00e9enne engag\u00e9s par la compagnie ferroviaire pour construire la route Tampico-San Luis Potos\u00ed (Ramos Aguirre, 2016 : 140). L'immigration allemande dans la zone frontali\u00e8re entre le Texas et le Mexique avait donn\u00e9 naissance \u00e0 de v\u00e9ritables colonies qui ont maintenu la pratique de leurs coutumes, de leur langue et de leur musique. Au moment de la r\u00e9volution, l'accord\u00e9on \u00e0 boutons \u00e9tait devenu un \u00e9l\u00e9ment important et omnipr\u00e9sent de la vie musicale dans la zone frontali\u00e8re entre le Texas et le Mexique.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, Hohner domine la moiti\u00e9 du march\u00e9 am\u00e9ricain des harmonicas et un tiers du march\u00e9 mondial. Dans son pays, la famille Hohner pratique des strat\u00e9gies d'acquisition pour \u00e9tendre sa part du march\u00e9 mondial : en 1912, elle ach\u00e8te l'usine J. F. Kalbe \u00e0 Berlin (en raison de sa capacit\u00e9 \u00e0 fabriquer des harmonicas). <em>meilleur vendeur<\/em>L'ann\u00e9e suivante, il reprend Friedrich Gessner de Magdebourg et, entre 1928 et 1929, absorbe les concurrents de Trossingen, Messner et Andreas Koch (le deuxi\u00e8me plus grand producteur d'accord\u00e9ons au monde), ainsi qu'une demi-douzaine d'autres usines plus petites. La production d'accord\u00e9ons de Hohner augmente rapidement : d\u00e8s 1906, 100 000 accord\u00e9ons sont produits ; avant le d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, ce chiffre atteint 150 000. La guerre a contraint les usines allemandes \u00e0 interrompre leurs activit\u00e9s d'exportation en raison de la p\u00e9nurie de main-d'\u0153uvre, du manque de mati\u00e8res premi\u00e8res et des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans la gestion des transports. La production a repris apr\u00e8s la guerre et, en 1929, avant la Grande D\u00e9pression, la moiti\u00e9 des accord\u00e9ons produits en Allemagne \u00e9taient export\u00e9s vers les Am\u00e9riques : 23 % vers les \u00c9tats-Unis et 24,4 % vers l'Am\u00e9rique latine, dont les trois quarts vers l'Argentine, malgr\u00e9 des taxes \u00e0 l'importation tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es (Wagner, 2001 : 165).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la guerre, Hohner s'est lanc\u00e9 dans la production d'accord\u00e9ons pour piano. Gr\u00e2ce \u00e0 un marketing acharn\u00e9, \u00e0 des offres d'incitation financi\u00e8re pour les d\u00e9taillants, \u00e0 des plans de paiement \u00e9chelonn\u00e9 pour les clients et \u00e0 des offres sp\u00e9ciales pour les professeurs de musique, les instruments de qualit\u00e9 Hohner regagnent du terrain. Avec 4 500 employ\u00e9s en 1930, Hohner est devenu un leader mondial de la production d'accord\u00e9ons. Dans son int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique, l'entreprise cherche \u00e0 faire sortir l'instrument de la taverne bruyante pour le faire entrer dans la salle de concert. Conform\u00e9ment \u00e0 l'id\u00e9ologie officielle de l'entre-deux-guerres qui privil\u00e9gie les \"arts populaires\" - au lieu d'\u00e9loigner les masses des \"beaux-arts\", il s'agit de rendre la musique accessible \u00e0 tous -, Hohner veut am\u00e9liorer l'image de l'accord\u00e9on. Parmi ses strat\u00e9gies de marketing, on peut citer la cr\u00e9ation de clubs ax\u00e9s sur la musique communautaire et de quelques orchestres d'accord\u00e9ons.<a class=\"anota\" id=\"anota26\" data-footnote=\"26\">26<\/a> L'entreprise a construit sa propre acad\u00e9mie de musique \u00e0 Trossingen pour faciliter la formation professionnelle des professeurs et des chefs d'orchestre, et ce projet a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9 par la cr\u00e9ation d'une maison d'\u00e9dition musicale. L'\u00e9cole et la maison d'\u00e9dition ont encourag\u00e9 la composition de musique de concert pour l'instrument. Aux \u00c9tats-Unis, la strat\u00e9gie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9e (Zinni, 2012). Par ailleurs, dans les ann\u00e9es 1930, Hohner a tent\u00e9 de perfectionner l'accord\u00e9on chromatique pour piano afin de le distinguer de l'accord\u00e9on diatonique <em>Ziehharmonika<\/em> (<em>tirer l'harmonica<\/em> o <em>bo\u00eete \u00e0 gants<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Comme indiqu\u00e9 dans les sections pr\u00e9c\u00e9dentes, la production d'instruments en Allemagne a cess\u00e9 pendant les ann\u00e9es de guerre, mais a repris pour r\u00e9pondre \u00e0 la forte demande de clubs de concertinas et de bandon\u00e9ons en Allemagne et pour l'exportation vers les \u00c9tats-Unis. Bien que les organisations musicales allemandes aient men\u00e9 des activit\u00e9s exclusivement destin\u00e9es au divertissement, entre les deux guerres mondiales, leurs membres \u00e9taient favorables au mouvement ouvrier communiste. En cons\u00e9quence, ces clubs ont fait l'objet d'un examen minutieux et, en 1933, ils ont \u00e9t\u00e9 interdits par le r\u00e9gime nazi et les instruments ont \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9s (Wagner, 2001 : 85-86). La musique de l'harmonica et de l'accord\u00e9on a cependant bien servi le r\u00e9gime en propageant l'id\u00e9ologie fasciste de la communaut\u00e9 populaire et du pouvoir de l'\u00c9tat. <em>Sch\u00fctzengrabenklavier<\/em> (piano de tranch\u00e9e), comme on appelait l'accord\u00e9on, pour remonter le moral des troupes allemandes, o\u00f9 il \u00e9tait certainement admis. Cependant, le diff\u00e9rend politique sur l'utilisation de ces instruments a abouti en 1938 \u00e0 un d\u00e9cret interdisant la formation d'orchestres d'harmonicas et d'accord\u00e9ons dans toute organisation des Jeunesses hitl\u00e9riennes. Les arrangements pour accord\u00e9on des grandes \u0153uvres de compositeurs tels que Haydn, Mozart, Beethoven, Wagner et d'autres ont \u00e9t\u00e9 interdits (Eickhoff, 1999 : 165, 170, 173).<\/p>\n\n\n\n<p>Pris dans la controverse entourant l'accord\u00e9on sous le r\u00e9gime nazi, qui consid\u00e9rait l'instrument comme \"assez bon pour les danses paysannes\" mais inadapt\u00e9 pour accompagner les chants artistiques de la Jeunesse hitl\u00e9rienne, Hohner et certains p\u00e9dagogues musicaux ont d\u00e9fendu la valeur \u00e9ducative de l'instrument : cultiver l'accord\u00e9on, pr\u00e9tendaient-ils, aiderait \u00e0 combler le \"foss\u00e9 entre l'art et la musique populaire\" (Eickhoff, 1999 : 175). Cependant, les nazis pensaient que seuls les \"instruments cultiv\u00e9s\" pouvaient amener les masses \u00e0 appr\u00e9cier le \"grand art\". Il est int\u00e9ressant de noter que le critique musical antifasciste Theodor W. Adorno, dans son livre pol\u00e9mique <em>Dissonance<\/em> (1956), a \u00e9galement critiqu\u00e9 l'instrument \"inhumainement m\u00e9canique\" et \"sentimental\" qui \"ajusterait l'id\u00e9al au niveau intellectuel des non-instruits\" au lieu d'\u00e9lever les non-instruits \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur (Eickhoff, 1999, p. 149).<\/p>\n\n\n\n<p>Les compositeurs et arrangeurs affili\u00e9s \u00e0 Hohner voyaient une place pour l'accord\u00e9on piano dans l'orchestre classique. Bien que l'accord\u00e9on diatonique \u00e0 boutons ait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par des compositeurs classiques - par Tcha\u00efkovski dans son <em>Suite orchestrale num\u00e9ro 2<\/em> (1883), Umberto Giordano dans l'op\u00e9ra <em>Fedora<\/em> (1898) et Charles Ives dans <em>Ensemble orchestral num\u00e9ro 2<\/em> (1915) - pour ajouter une touche burlesque, Paul Hindemith a compos\u00e9 <em>Musique de chambre<\/em> <em>Num\u00e9ro 1<\/em> (1921) qui utilise pleinement le nouvel accord\u00e9on piano fabriqu\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 Hohner.<a class=\"anota\" id=\"anota27\" data-footnote=\"27\">27<\/a> En d\u00e9passant le \"statut social inf\u00e9rieur\" de l'accord\u00e9on, les musiciens exp\u00e9rimentaux du milieu du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xx<\/span> ont \u00e9t\u00e9 intrigu\u00e9s par les capacit\u00e9s sonores de l'instrument. Mais malgr\u00e9 ces efforts pour faire entrer l'accord\u00e9on dans le \"monde de la musique classique\", ce sont finalement ses liens \u00e9troits avec la musique folklorique et les traditions orales qui ont emp\u00each\u00e9 une transition en douceur vers le monde des concerts. Plus d'un si\u00e8cle de tradition orale et de pratique musicale ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des caract\u00e9ristiques stylistiques incompatibles avec la musique cultiv\u00e9e de l'Occident.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Au d\u00e9but du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span>La coexistence de formations \u00e9conomiques capitalistes et pr\u00e9capitalistes a entra\u00een\u00e9 une distribution in\u00e9gale des produits de base et a marqu\u00e9 le foss\u00e9 entre l'\u00e9lite et les masses, en particulier dans les espaces urbains. La modernisation s'est faite aux d\u00e9pens de la paysannerie et des pauvres des villes, qui ont \u00e9t\u00e9 encore plus marginalis\u00e9s. Dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span>La vitesse de la modernisation technologique a augment\u00e9 et les classes sont devenues plus \u00e9loign\u00e9es en termes de participation et d'expression culturelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, les classes prol\u00e9taires ont \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de certains des avantages de l'\u00e8re industrielle : plus de temps libre, plus de revenus disponibles et un meilleur acc\u00e8s aux biens mat\u00e9riels gr\u00e2ce \u00e0 la baisse des prix due \u00e0 la production de masse. Alors qu'au d\u00e9but de son histoire, l'accord\u00e9on \u00e9tait un instrument co\u00fbteux r\u00e9serv\u00e9 aux salons des classes sup\u00e9rieures, dans le dernier quart du 20e si\u00e8cle, l'accord\u00e9on est devenu un instrument des classes sup\u00e9rieures. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> s'est r\u00e9pandu dans les classes moyennes et populaires. L'accord\u00e9on du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span> \u00e9tait un symbole de progr\u00e8s et de modernit\u00e9, mais aussi de culture de masse et d'industrialisation. Cette dichotomie est pr\u00e9cis\u00e9ment l'une des raisons du malaise et de l'ambivalence de l'\u00e9lite \u00e0 l'\u00e9gard de l'accord\u00e9on.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1800, les accord\u00e9ons ont prolif\u00e9r\u00e9 dans de nombreux formats et syst\u00e8mes. Gr\u00e2ce \u00e0 diverses inventions qui ont permis de r\u00e9duire le travail manuel, la production de masse de l'instrument a commenc\u00e9 dans la seconde moiti\u00e9 du si\u00e8cle et a mis le jeune instrument \u00e0 la port\u00e9e des gens ordinaires. Bien que les mod\u00e8les les plus luxueux soient hors de port\u00e9e de beaucoup, un ouvrier de 1890 pouvait, avec seulement deux jours de salaire, acheter le mod\u00e8le le moins cher \u00e0 une rang\u00e9e de boutons (Maurer, 1983 : 80-81). Le fait qu'il s'agisse d'un \"homme-orchestre\", fort et soutenu, \u00e9tait l'un des principaux avantages de l'accord\u00e9on. Cela signifie \u00e9galement qu'il est plus rentable d'engager un accord\u00e9oniste pour une f\u00eate priv\u00e9e que d'inviter un ensemble traditionnel. Ainsi, \"l'accord\u00e9on, avec sa sonorit\u00e9 simple et joyeuse, sa facilit\u00e9 d'utilisation et de transport, \u00e9tait l'instrument id\u00e9al \u00e0 adopter, contrairement \u00e0 la musique \u00e9litiste et co\u00fbteuse des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes\" (Bugiolacchi, n.d.).<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, en s'appropriant l'accord\u00e9on dans leur propre pratique musicale, les membres des classes populaires ont commenc\u00e9 pour la premi\u00e8re fois \u00e0 \u00e9crire l'histoire de la musique pour eux-m\u00eames. Raymond Williams a soulign\u00e9 que des cat\u00e9gories telles que \"aristocratique\" et \"populaire\", \"\u00e9duqu\u00e9\" et \"non \u00e9duqu\u00e9\" avaient des bases distinctes dans la soci\u00e9t\u00e9 f\u00e9odale et imm\u00e9diatement post-f\u00e9odale, mais que de telles d\u00e9finitions sont probl\u00e9matiques depuis la p\u00e9riode d'urbanisation industrielle (1995 [1958]) : 227). N\u00e9anmoins, ces cat\u00e9gories, encadr\u00e9es par de larges descriptions culturelles, ont influenc\u00e9 le discours populaire et acad\u00e9mique sur l'accord\u00e9on. L'acceptation du tango dans la soci\u00e9t\u00e9 argentine, par exemple, n'a eu lieu que parce que les Parisiens, qui d\u00e9finissaient les tendances musicales de l'\u00e9poque, \u00e9taient fascin\u00e9s par ce genre exotique. En r\u00e9alit\u00e9, \"l'aversion des patriciens pour le tango \u00e9tait plus un \u00e9cran de fum\u00e9e destin\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger une sensibilit\u00e9 de classe de l'origine r\u00e9elle du ph\u00e9nom\u00e8ne qu'un produit de leur pudibonderie occasionnelle\" (Pe\u00f1\u00f3n et Garc\u00eda M\u00e9ndez, 1988 : 56).<\/p>\n\n\n\n<p>Si les \u00e9lites lib\u00e9rales pensaient pouvoir utiliser l'art comme un moyen d'\u00e9duquer et d'\u00e9lever les masses ordinaires pour qu'elles se conforment \u00e0 la haute culture, elles ont certainement sous-estim\u00e9 le pouvoir de la culture de la classe ouvri\u00e8re. L'attrait de la musique populaire r\u00e9side dans la transmission orale, l'improvisation et la communication face \u00e0 face, autant d'\u00e9l\u00e9ments qui renforcent le sentiment d'appartenance \u00e0 un lieu, \u00e0 une identit\u00e9 et \u00e0 une communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>J'aimerais reprendre ce que Bohlman (1998 : 307) a mentionn\u00e9 dans un cadre g\u00e9ographique plus \u00e9troit : ramener ces musiques (migrantes, folkloriques et populaires) dans l'histoire conduit \u00e0 une nouvelle signification du mot \"am\u00e9ricanisation\", non pas comme l'homog\u00e9n\u00e9isation de la culture dans un melting-pot, mais comme une c\u00e9l\u00e9bration de la diff\u00e9rence dans un monde post-ethnique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Anzaghi, Davide (1996). \u201cDoremifa: Accordions at Castelfidardo\u201d. <em><span class=\"small-caps\">fmr<\/span>: The Magazine of Franco Maria Ricci<\/em>, vol. 79, pp. 81-98.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Atlas, Allan W. 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Recuperado de http:\/\/schrammelharmonika.nonfoodfactory.org\/geschichte.html, consultado el 27 de mayo de 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Teufel, Andreas (2006). \u201cDie Schrammelharmonika\u201d [p\u00e1gina web]. <em>Die Schrammelharmonika.<\/em> Recuperado de http:\/\/schrammelharmonika.nonfoodfactory.org\/Andreas_Teufel, consultado el 27 de mayo de 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Wagner, Christoph (2001). <em>Das Akkordeon, oder die Erfindung der popul\u00e4ren Musik: Eine Kulturgeschichte.<\/em> Maguncia: Schott.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Wayne, Neil (1991). \u201cThe Wheatstone English Concertina\u201d. <em>The Galpin Society Journal<\/em>, vol. 44, pp. 113-149. https:\/\/doi.org\/10.2307\/842213<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Wenzel, Haik, Martin H\u00e4ffner, Petra Schramb\u00f6hmer y Anselm R\u00f6ssler (2004). <em>Ewig jung trotz vieler Falten. History Unfolds!<\/em> Bergkirchen: PPVMedien, Edition Bochinsky.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Williams, Raymond (1995) [1958]. <em>The Sociology of Culture.<\/em> Chicago: University of Chicago Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Zinni, Christine F. (2012). \u201cPlay Me a Tarantella, a Polka, or Jazz: Italian Americans and the Currency of Piano-Accordion Music\u201d, en Helena Simonett (ed.), <em>The Accordion in the Americas: Klezmer, Polka, Tango, Zydeco, and More!<\/em> Urbana: University Press of Illinois, pp. 156-177.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Zucchi, Oscar (1998). <em>El tango, el bandone\u00f3n y sus int\u00e9rpretes.<\/em> Buenos Aires: Corregidor.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Helena Simonett<\/em> est originaire de Suisse et titulaire d'un doctorat en ethnomusicologie de l'Universit\u00e9 de Californie \u00e0 Los Angeles (<span class=\"small-caps\">ucla<\/span>). Elle est associ\u00e9e de recherche principale au Centre de comp\u00e9tence pour la recherche et la p\u00e9dagogie musicales, \u00e0 la Haute \u00e9cole de Lucerne. Elle a publi\u00e9 plusieurs ouvrages,&nbsp;<em>Band : La vie musicale mexicaine au-del\u00e0 des fronti\u00e8res<\/em>&nbsp;(2001),&nbsp;<em>Je suis n\u00e9 \u00e0 Sinaloa : une histoire de la musique banda<\/em>&nbsp;(2004, coord.),&nbsp;<em>L'accord\u00e9on dans les Am\u00e9riques<\/em>&nbsp;(2012) y&nbsp;<em>Lecteur de musique latino-am\u00e9ricaine : points de vue du Sud<\/em>&nbsp;(2016, coord.) et de nombreux articles dans des revues scientifiques et des ouvrages sp\u00e9cialis\u00e9s sur des pays tels que les \u00c9tats-Unis, la Colombie, la France, l'Angleterre et l'Allemagne.&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L'accord\u00e9on et ses nombreuses variantes - du concertina \u00e0 l'accord\u00e9on \u00e0 boutons en passant par la vielle \u00e0 roue et le bandon\u00e9on - ont prosp\u00e9r\u00e9 et se sont enracin\u00e9s dans diverses cultures. Commun\u00e9ment appel\u00e9 \"le piano de l'homme du peuple\", cet instrument est devenu un moyen de d\u00e9velopper la musique folklorique et populaire dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du monde, en particulier entre la fin du 19e et le d\u00e9but du 20e si\u00e8cle. C'est pourquoi le fait d'\u00eatre un \"homme-orchestre\" a facilit\u00e9 son utilisation par les gens des secteurs populaires, en raison de sa capacit\u00e9 \u00e0 produire des m\u00e9lodies, des harmonies et des basses en m\u00eame temps. Il \u00e9tait \u00e9galement solide et durable, id\u00e9al pour les rassemblements en plein air. Cet article retrace l'histoire de l'accord\u00e9on, depuis ses d\u00e9buts en Europe jusqu'au Nouveau Monde, de l'autre c\u00f4t\u00e9 de l'Atlantique.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":34924,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[279],"tags":[819,823,820,818,821,822,817],"coauthors":[551],"class_list":["post-34918","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-279","tag-acordeon-de-botones","tag-compania-hohner","tag-industrializacion","tag-invenciones-de-instrumentos-musicales","tag-migracion-internacional","tag-nacimiento-de-la-musica-popular","tag-proletarizacion-de-la-produccion-musical","personas-simonett-helena","numeros-793"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>El acorde\u00f3n: del viejo mundo a nuevos horizontes &#8211; 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