{"id":34878,"date":"2021-09-06T23:37:15","date_gmt":"2021-09-06T23:37:15","guid":{"rendered":"https:\/\/encartes.mx\/?p=34878"},"modified":"2023-11-17T18:06:22","modified_gmt":"2023-11-18T00:06:22","slug":"hirai-ramos-paisajes-sonoros-migracion-texas-mexico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/hirai-ramos-paisajes-sonoros-migracion-texas-mexico\/","title":{"rendered":"Paysages sonores de la migration. Musique, \u00e9motions et consommation dans les circuits migratoires entre le Texas et le nord-est du Mexique."},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article explore le r\u00f4le de la musique et des \u00e9motions dans la construction des liens transnationaux, \u00e0 partir de deux vignettes ethnographiques li\u00e9es \u00e0 la nostalgie. D'une part, cette \u00e9motion pr\u00e9vaut dans la vie quotidienne des migrants mexicains \u00e0 Houston, \u00e0 travers leurs diverses pratiques, derri\u00e8re lesquelles la musique populaire mexicaine est pr\u00e9sente aux c\u00f4t\u00e9s d'images du terroir. D'autre part, dans le contexte de la visite des migrants et de leurs familles sur leurs lieux d'origine dans le nord-est du Mexique, la musique populaire est entendue pour exprimer leur nostalgie et induire une attitude nostalgique dans les espaces de r\u00e9union familiale et sociale, cr\u00e9ant un paysage sonore distinct de la saison de l'absence des migrants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/consumo\/\" rel=\"tag\">la consommation<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/musica-popular\/\" rel=\"tag\">musique populaire<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/nostalgia\/\" rel=\"tag\">nostalgie<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/paisaje-sonoro\/\" rel=\"tag\">paysage sonore<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/transnacionalismo\/\" rel=\"tag\">transnationalisme<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"en-title wp-block-heading\"><span class=\"small-caps\">Migration Soundscapes. Musique, \u00e9motions et consommation dans les circuits migratoires entre le Texas et le nord-est du Mexique.<\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Notre travail explore le r\u00f4le jou\u00e9 par la musique et les \u00e9motions dans la construction des liens transnationaux, \u00e0 partir de deux vignettes ethnographiques li\u00e9es \u00e0 la nostalgie. D'une part, cette \u00e9motion pr\u00e9vaut dans la vie quotidienne des migrants mexicains \u00e0 Houston, \u00e0 travers leurs pratiques, dans lesquelles la musique populaire mexicaine est pr\u00e9sente, ainsi que des images du pays d'origine. D'autre part, dans le contexte des visites des migrants et de leurs familles sur leurs lieux d'origine dans le nord-est du Mexique, ils \u00e9coutent de la musique populaire pour exprimer leur nostalgie et induire une attitude nostalgique dans les espaces de r\u00e9union familiale et sociale, cr\u00e9ant ainsi un paysage sonore diff\u00e9rent de celui que l'on trouve pendant la p\u00e9riode d'absence des migrants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : musique populaire, nostalgie, consommation, transnationalisme, paysage sonore.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">\u00c9couter de la musique populaire de diff\u00e9rents genres en espagnol est l'une des pratiques culturelles qui ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9es parmi les migrants mexicains aux \u00c9tats-Unis pour maintenir des liens symboliques et \u00e9motionnels avec le Mexique et leur pays d'origine. La musique \u00e9cout\u00e9e dans le pays d'origine n'accompagne pas seulement les migrants dans diff\u00e9rentes activit\u00e9s de la vie quotidienne dans le pays de destination, mais constitue \u00e9galement un \u00e9l\u00e9ment substantiel qui fait partie du paysage culturel des communaut\u00e9s d'origine au Mexique lorsqu'elles sont visit\u00e9es par de nombreux migrants et leurs familles pendant les p\u00e9riodes de vacances. La nostalgie est une \u00e9motion dominante et persistante que les migrants ressentent lorsqu'ils \u00e9coutent de la musique populaire mexicaine, tant dans le pays de destination que dans le pays d'origine.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9motion a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e en profondeur dans une perspective transnationale (Glick-Schiller, Basch et Blanc-Szanton, 1992) par Hirai (2009), qui a explor\u00e9 la construction, la repr\u00e9sentation et l'impact de la nostalgie autour de la migration de Jalisco vers la Californie. Il a relev\u00e9 l'omnipr\u00e9sence des images du terroir dans la vie quotidienne du pays de destination et diverses pratiques qui contribuent \u00e0 la construction de liens transnationaux. En proposant l'id\u00e9e de <em>\u00e9conomie politique de la nostalgie<\/em>Hirai d\u00e9montre que la nostalgie \u00e9merge non seulement comme une \u00e9motion construite par la distance spatiale et temporelle et le contraste socioculturel v\u00e9cus par les migrants, mais aussi comme une \u00e9motion induite par divers acteurs et institutions qui utilisent les symboles de la patrie et \u00e9noncent la nostalgie comme un discours. Cependant, Hirai s'est principalement concentr\u00e9 sur les \"images\" du terroir et la construction visuelle des liens transnationaux et n'a pas approfondi la dimension sonore de l'\u00e9conomie politique de la nostalgie, m\u00eame si la musique populaire mexicaine est une sorte de symbole du terroir qui accompagne les diverses pratiques des migrants pour se souvenir, imaginer et ressentir le terroir et qui est ancr\u00e9e dans leur vie quotidienne dans le pays de destination.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet article explore le r\u00f4le de la musique et des \u00e9motions dans la construction des liens transnationaux et cherche \u00e0 examiner le lien entre les processus \u00e9conomiques et les \u00e9motions d'un point de vue musical. L'analyse de la consommation de la musique populaire nous permet de mieux comprendre comment les processus \u00e9conomiques et les \u00e9motions sont li\u00e9s. <em>paysage sonore<\/em> (Schafer, 1977)<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> Le projet explore \u00e9galement la mani\u00e8re dont la musique, les sons et les silences sont li\u00e9s aux \u00e9motions et aux pratiques des migrants dans les lieux de destination et les lieux d'origine, et comment, au sein de ces derniers, la musique, les sons et les silences sont li\u00e9s aux \u00e9motions et aux pratiques des migrants.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la section suivante, apr\u00e8s un bref examen de certaines recherches sur les dimensions symboliques, subjectives et \u00e9conomiques de la construction de liens transnationaux autour de la migration mexicaine aux \u00c9tats-Unis, une approche globale des paysages sonores sera pr\u00e9sent\u00e9e, en se concentrant sur la relation tripartite musique-\u00e9motion-pratiques. Ensuite, deux vignettes ethnographiques sur la place de la musique dans la construction des liens transnationaux seront pr\u00e9sent\u00e9es. La premi\u00e8re vignette d\u00e9crit plusieurs sc\u00e9narios o\u00f9 l'on peut observer l'omnipr\u00e9sence des images de terru\u00f1o \u00e0 Houston, au Texas, l'une des destinations migratoires des Mexicains du nord-est du Mexique. La musique de la patrie est l'un des symboles ancr\u00e9s dans le paysage urbain et \u00e9voque la nostalgie, une \u00e9motion qui sous-tend les diverses pratiques socioculturelles des migrants sur leur lieu de destination. Le retour des migrants et de leurs familles dans leurs villes d'origine est une pratique spatiale qui se produit \u00e0 grande \u00e9chelle et qui est sous-tendue par la nostalgie. La deuxi\u00e8me vignette pr\u00e9sentera le paysage sonore qui \u00e9merge pendant la saison des f\u00eates de la communaut\u00e9 d'origine \u00e0 Los Ramones, Nuevo Le\u00f3n. La nostalgie est pr\u00e9sente dans les f\u00eates locales en tant que forme narrative dominante de la vie migratoire et en tant que base du d\u00e9sir d'acquisition des migrants qui consomment une s\u00e9rie de symboles du terroir pendant leur s\u00e9jour, l'un d'entre eux \u00e9tant la musique populaire. Dans la derni\u00e8re section, en s'appuyant sur les discussions des deux vignettes ethnographiques, quelques r\u00e9flexions finales seront pr\u00e9sent\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le transnationalisme et le lien entre la musique, les \u00e9motions et l'\u00e9conomie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Au cours des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies, de nombreuses publications universitaires sur la migration internationale ont document\u00e9 un certain nombre de cas de migration internationale. <em>transnationalisme<\/em>c'est-\u00e0-dire \"les processus par lesquels les immigrants construisent les champs sociaux qui relient les pays d'accueil aux pays d'origine\" (Glick-Schiller, Basch et Blanc Szanton, 1992 : 1). L'une des recherches pionni\u00e8res dans ce domaine d'\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par Rouse (1991), qui a propos\u00e9, \u00e0 travers le cas de la migration du Michoac\u00e1n vers la Californie, le concept d'\"immigration\". <em>les circuits de migration transnationale<\/em> pour d\u00e9signer une m\u00eame communaut\u00e9 dispers\u00e9e et r\u00e9partie de part et d'autre de la fronti\u00e8re, constitu\u00e9e de liens multiples entre le lieu de destination et le lieu d'origine par la circulation continue des personnes, des biens et de l'information.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne la dimension symbolique du transnationalisme, Boruchoff (1999) analyse la circulation des objets entre Guerrero et Chicago comme un afflux de signes repr\u00e9sentant des personnes et des lieux g\u00e9ographiquement \u00e9loign\u00e9s. Il propose le concept de <em>les objets culturels<\/em> poser la possession d'objets de l'autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re comme une pratique qui recherche la pr\u00e9sence de l'absent \u00e0 travers des symboles, ainsi que la capacit\u00e9 des migrants et des habitants des lieux d'origine \u00e0 imaginer un territoire \u00e9tendu au-del\u00e0 des fronti\u00e8res nationales.<\/p>\n\n\n\n<p>La recherche ethnographique men\u00e9e par Hirai (2009) \u00e0 Jalostotitl\u00e1n, Jalisco, et en Californie approfondit l'analyse de la dimension symbolique de la construction des liens transnationaux et de la mat\u00e9rialisation des imaginaires de la patrie en se concentrant sur la nostalgie, une \u00e9motion dominante et persistante dans la vie des migrants. Pour Hirai (2009), la nostalgie est une \u00e9motion qui est exprim\u00e9e et stimul\u00e9e par les images de la patrie qui sont produites et circulent entre le pays de destination et le pays d'origine ; elle est non seulement construite sur la base de l'exp\u00e9rience de la s\u00e9paration temporelle et spatiale et du contraste socioculturel entre la soci\u00e9t\u00e9 d'origine et la soci\u00e9t\u00e9 de destination, mais aussi gr\u00e2ce \u00e0 l'intervention des diff\u00e9rents acteurs et institutions qui entourent les migrants. En outre, la nostalgie poss\u00e8de une \"force culturelle\" (Rosaldo, 1989) qui d\u00e9clenche les diverses activit\u00e9s sociales, culturelles et spatiales des migrants. Sur la base de cette approche th\u00e9orique de la nostalgie et des processus transnationaux, Hirai (2014) a document\u00e9 le cas de la mobilit\u00e9 de retour des migrants mexicains et mexicano-am\u00e9ricains de Los Ramones, Nuevo Le\u00f3n. Dans le nord de cette municipalit\u00e9, le retour des migrants mexicains et de leurs familles est devenu un ph\u00e9nom\u00e8ne massif en hiver. Des f\u00eates locales sont organis\u00e9es pour r\u00e9int\u00e9grer ces vacanciers de retour dans la soci\u00e9t\u00e9 locale. Dans ce contexte, la nostalgie a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e comme discours pour promouvoir la visite de la ville natale et les festivit\u00e9s locales.<\/p>\n\n\n\n<p>Revenant sur cette ligne de recherche, Ramos (2016) a \u00e9galement men\u00e9 un travail de terrain \u00e0 Los Ramones et a explor\u00e9 les fonctions de la musique dans la communaut\u00e9 d'origine et l'expression de la nostalgie autour de la musique populaire dans le contexte de la visite de retour de la population mexicaine r\u00e9sidant aux \u00c9tats-Unis. L'une des contributions importantes de son travail aux \u00e9tudes migratoires dans une perspective transnationale est de construire un regard analytique qui combine la perspective de l'anthropologie des \u00e9motions et celle de l'anthropologie des \u00e9motions.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> dans la perspective des \u00e9tudes anthropologiques et sociologiques de la musique. Ramos (2016) d\u00e9crit le contexte socio-spatial, les activit\u00e9s \u00e9conomiques, les festivit\u00e9s, la socialisation et la coh\u00e9sion de la communaut\u00e9 d'origine \u00e0 partir des paysages sonores et souligne l'importance d'\u00e9couter et de percevoir les sons et les silences du terroir.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous aimerions ici reprendre le travail de Pistrick, qui a \u00e9tudi\u00e9 le cas des migrants du sud de l'Albanie et a propos\u00e9 l'id\u00e9e des \"chansons de migration\", un genre musical dont les r\u00e9pertoires sont li\u00e9s aux \u00e9motions qui surgissent lors de la migration \u00e0 l'\u00e9tranger, telles que la nostalgie, la douleur et la nostalgie de la patrie. L'auteur affirme que la nostalgie n'est pas seulement construite et exprim\u00e9e par la distance spatiale et temporelle et le contraste socioculturel entre le pays d'origine et le pays de destination, mais aussi par d'autres sens tels que l'ou\u00efe, et soul\u00e8ve la question de savoir si la nostalgie est un sentiment ou un sentiment qui n'est pas li\u00e9 \u00e0 la migration.<em> nostalgie sonique<\/em> comme inh\u00e9rente aux r\u00e9pertoires de la plupart des chants de migration, comme une \u00e9motion qui sous-tend \u00e0 la fois la cr\u00e9ation et l'interpr\u00e9tation des chants de migration (Pistrick, 2016 : 12).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00e9tablir le lien entre la musique et l'\u00e9motion dans notre cadre conceptuel, en suivant les approches analytiques propos\u00e9es par Ramos (2016) et Pistrick (2016), nous mettons en \u00e9vidence dans cet article les approches suivantes de l'anthropologie des \u00e9motions et des \u00e9tudes musicales. Selon l'approche constructiviste des \u00e9motions (Lutz et White, 1986), premi\u00e8rement, les \u00e9motions sont comprises comme un langage, donc comme un acte communicatif (Lutz et Abu-Lughod, 1990 : 1-23 ; Luzt et White, 1986 : 424) ; deuxi\u00e8mement, les \u00e9motions ont des effets et fonctionnent comme des moteurs d'actions et comme une impulsion ou une force qui oriente les individus vers certaines id\u00e9es et actions (Hirai, 2009 ; 2014 ; Rosaldo, 1989).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux approches de l'anthropologie des \u00e9motions sont compl\u00e9t\u00e9es par les approches suivantes propos\u00e9es dans les \u00e9tudes anthropologiques et sociologiques de la musique. La musique a la capacit\u00e9 de transmettre un large \u00e9ventail d'\u00e9motions au public, y compris des \u00e9motions de base ainsi que des \u00e9motions plus complexes telles que la nostalgie (Corrigal et Schellenberg, 2013 : 316). En ce sens, la musique est consid\u00e9r\u00e9e comme un \"langage des \u00e9motions\" (Corrigal et Schellenberg, 2013) et a une fonction cathartique ou de d\u00e9charge pour les \u00e9motions ressenties. De m\u00eame, la musique \u00e9meut son public et suscite des \u00e9motions, ce qui a un effet et un impact sur lui. En outre, la musique peut \u00e9voquer certains souvenirs et influer sur la formation des souvenirs, car les \u00e9motions \u00e9voqu\u00e9es par la musique renforcent les souvenirs (J\u00e4ncke, 2008). En raison de cette capacit\u00e9 \u00e0 susciter des \u00e9motions, la musique a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e comme un \"instrument \u00e9motionnel\" de diverses mani\u00e8res dans notre vie quotidienne (Frith, 2003 : 100).<\/p>\n\n\n\n<p>Afin d'explorer la dimension \u00e9conomique des circuits migratoires (Rouse, 1991), \u00e0 travers lesquels circulent des personnes et des objets culturels (Boruchoff, 1999), et qui sont travers\u00e9s par des liens affectifs (Hirai, 2009), nous reprenons l'id\u00e9e des deux sc\u00e9narios suivants de consommation culturelle li\u00e9s \u00e0 la manifestation de la nostalgie. Mendoza et Santamar\u00eda (2008) consid\u00e8rent que le d\u00e9veloppement du march\u00e9 des produits et services destin\u00e9s aux consommateurs hispaniques aux \u00c9tats-Unis est li\u00e9 au fait que la nostalgie est \u00e0 la base du d\u00e9sir d'achat des consommateurs migrants. Ils proposent l'id\u00e9e d'un \"march\u00e9 de la nostalgie\" pour d\u00e9signer ce type de march\u00e9 des consommateurs migrants. Mines et Nichols (2005) soulignent l'importance de la consommation des migrants et de leurs familles lors de leurs visites de retour au Mexique et affirment que des \"march\u00e9s paisano\" existent dans les communaut\u00e9s d'origine au Mexique, o\u00f9 ces visiteurs deviennent des consommateurs potentiels de souvenirs, de produits typiques des r\u00e9gions d'origine et de divers services locaux pendant leur s\u00e9jour.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-tab-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"733x444\" data-index=\"0\" data-caption=\"Gr\u00e1fica 1: Marcos conceptuales para explorar los nexos entre m\u00fasica, emociones y pr\u00e1cticas\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-tab-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Figure 1 : Cadres conceptuels pour l'exploration des liens entre la musique, les \u00e9motions et les pratiques<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Sur la base de cette planification th\u00e9orique (graphique 1), nous allons maintenant pr\u00e9senter deux vignettes ethnographiques o\u00f9 nous observons le lien entre la musique, les \u00e9motions et les pratiques migratoires li\u00e9es \u00e0 la consommation de symboles du terroir. Tout d'abord, nous montrerons les caract\u00e9ristiques g\u00e9n\u00e9rales du march\u00e9 de la nostalgie \u00e0 Houston, o\u00f9 les diff\u00e9rents signes du terroir sont ancr\u00e9s dans le paysage urbain, l'un d'entre eux \u00e9tant la musique populaire mexicaine qui accompagne diff\u00e9rentes pratiques migratoires. Nous pr\u00e9senterons ensuite le cas de Los Ramones, l'un des lieux d'origine de ceux qui font partie de la communaut\u00e9 mexicaine de Houston, pour montrer le r\u00f4le de la musique dans le march\u00e9 du paisano et dans l'expression collective des \u00e9motions dans le contexte festif du lieu d'origine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mat\u00e9riel ethnographique pr\u00e9sent\u00e9 dans la premi\u00e8re vignette a \u00e9t\u00e9 recueilli par Hirai lors de son travail sur le terrain \u00e0 Houston en 2012, \u00e0 l'exception de la mise \u00e0 jour de certaines donn\u00e9es par le biais d'informations secondaires. La deuxi\u00e8me vignette a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e sur la base des r\u00e9sultats de la recherche ethnographique men\u00e9e par Ramos entre 2014 et 2016 \u00e0 Los Ramones.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient de noter que la musique Norte\u00f1o<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> est un genre de musique populaire mexicaine extr\u00eamement important pour comprendre le lien culturel entre le Texas et le nord-est mexicain. Plusieurs travaux acad\u00e9miques ont soulign\u00e9 la pertinence de la dimension \u00e9conomique et le caract\u00e8re transnational de la construction historique de la musique norte\u00f1o, son lien \u00e9troit avec la migration mexicaine vers les \u00c9tats-Unis (D\u00edaz, 2015 ; Montoya, 2014a et 2014b ; Ragland, 2009) et son r\u00f4le important dans la formation des espaces sociaux et identitaires de la population d'origine mexicaine, non d\u00e9limit\u00e9s par les fronti\u00e8res politiques et g\u00e9ographiques de deux nations (D\u00edaz, 2015 ; Madrid, 2011 ; Ragland, 2009). Cet article vise \u00e9galement \u00e0 contribuer \u00e0 ces discussions autour de la musique nordique et de la r\u00e9gion culturelle transfrontali\u00e8re en se concentrant sur le lien entre la musique, l'\u00e9motion et les pratiques des migrants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L'omnipr\u00e9sence des symboles du terroir et de la musique d'ambiance \u00e0 Houston<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Bien que le nord-est mexicain ait fait s\u00e9cession du Texas dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle, le <span class=\"small-caps\">xix<\/span>Plusieurs enqu\u00eates sociologiques et anthropologiques ont d\u00e9montr\u00e9 les liens socioculturels et \u00e9conomiques forts que la r\u00e9gion du Nordeste a entretenus avec le Texas sous diverses formes, notamment les flux migratoires (Hern\u00e1ndez-Le\u00f3n, 1999), d'autres mobilit\u00e9s transfrontali\u00e8res, le commerce informel et la circulation des biens (Sandoval, 2012), les m\u00e9dias et les industries culturelles qui ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la diffusion de la musique norte\u00f1o et la construction du go\u00fbt pour ce genre musical (Olvera, 2014). Olvera affirme que le Nordeste mexicain et le Sud du Texas forment \"un ensemble de circuits de distribution et d'\u00e9change entre diff\u00e9rentes communaut\u00e9s, villes et localit\u00e9s\" (2014 : 4).<\/p>\n\n\n\n<p>La connectivit\u00e9 avec le nord-est mexicain est un aspect pertinent qui peut \u00eatre observ\u00e9 \u00e0 la fois dans l'histoire de Houston et aujourd'hui. Houston est l'une des trois grandes villes o\u00f9 la population d'origine mexicaine est la plus nombreuse.<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> Elle compte 2 569 769 \"Hispaniques\" (37,6% de la population totale), dont la population d'origine mexicaine repr\u00e9sente 73,5% (<span class=\"small-caps\">bbc<\/span>, 2019). L'une des zones o\u00f9 se concentre la population mexicaine est Magnolia Park, l'une des premi\u00e8res colonies du Second Ward, habit\u00e9e par des Am\u00e9ricains d'origine mexicaine devenus citoyens am\u00e9ricains lors de l'annexion du Texas aux \u00c9tats-Unis (Esparza, 2012). Dans cette zone, les Am\u00e9ricains d'origine mexicaine travaillaient dans diverses industries qui ont vu le jour le long du Houston Ship Channel. D\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1900 <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Le Second Ward a connu le processus de mexicanisation des espaces urbains (Trapaga, 2019 : 31). L'\u00e9glise Notre-Dame de Guadalupe a \u00e9t\u00e9 construite en 1911 dans le quartier. De m\u00eame, en 1907, la Rusk Settlement House and School a \u00e9t\u00e9 ouverte, offrant aux Am\u00e9ricains d'origine mexicaine de la nourriture, un abri et des services d'\u00e9ducation pr\u00e9scolaire (Esparza, 2012). Le parc Hidalgo, nomm\u00e9 d'apr\u00e8s le h\u00e9ros de l'ind\u00e9pendance mexicaine, a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1927 et constitue un point de rep\u00e8re dans le quartier (Trapaga, 2019). D'autres aspects de ce processus sont les commerces qui s'adressent principalement \u00e0 la population d'origine mexicaine et \u00e0 d'autres hispanophones, l'utilisation r\u00e9pandue de l'espagnol, l'offre et la consommation de symboles et de services li\u00e9s aux croyances populaires mexicaines, la pr\u00e9sence de symboles nationaux mexicains (Trapaga, 2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce processus de mexicanisation du quartier a \u00e9t\u00e9 accentu\u00e9 par le flux continu de migrants mexicains de l'autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re tout au long des d\u00e9cennies du si\u00e8cle dernier. Rodr\u00edguez <em>et al<\/em>soulignent que \" le quartier est devenu, comme il le reste aujourd'hui, une double communaut\u00e9 d'Am\u00e9ricains et d'immigrants mexicains \" (1994, p. 85). L'un des exemples de la connectivit\u00e9 de Houston avec le nord-est mexicain est l'existence, \u00e0 Magnolia Park et dans d'autres quartiers de la ville, des installations de plusieurs compagnies de bus qui proposent des trajets vers diff\u00e9rentes localit\u00e9s de Nuevo Le\u00f3n, Tamaulipas, Coahuila, San Luis Potos\u00ed et Zacatecas. L'utilisation de l'espagnol est dominante dans les installations de plusieurs compagnies (voir photo 1), \u00e9tant donn\u00e9 que la grande majorit\u00e9 des passagers sont des Mexicains qui traversent la fronti\u00e8re pour se rendre dans leur pays ou pour se rendre \u00e0 Houston ou dans d'autres parties de l'Union am\u00e9ricaine. Pendant le voyage, l'espagnol est la principale langue entendue dans les conversations des passagers, les films sur les t\u00e9l\u00e9viseurs et la musique jou\u00e9e par le chauffeur. Houston se situe dans les circuits de mobilit\u00e9 et de circulation constante des personnes entre le Mexique et les \u00c9tats-Unis, gr\u00e2ce \u00e0 ces compagnies de bus qui font partie de l'infrastructure de mobilit\u00e9 transfrontali\u00e8re (Sandoval, 2012), ce qui permet \u00e9galement de transporter les sons qui relient les passagers au Mexique.<\/p>\n\n\n\n<p><meta http-equiv=\"content-type\" content=\"text\/html; charset=utf-8\"><div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-img-1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"455x342\" data-index=\"0\" data-caption=\"Foto 1: Instalaci\u00f3n de una de las compa\u00f1\u00edas de autob\u00fas en Magnolia Park. Fuente: Shinji Hirai, Houston, 2012.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-img-1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photo 1 : Installation d'une des compagnies de bus \u00e0 Magnolia Park. Source : Shinji Hirai, Houston, 2012 : Shinji Hirai, Houston, 2012.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les images, le go\u00fbt et l'odeur du terroir<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les restaurants de cuisine mexicaine sont des entreprises qui abondent non seulement \u00e0 Magnolia Park, mais aussi dans d'autres quartiers de Houston. Ces \u00e9tablissements sont g\u00e9n\u00e9ralement g\u00e9r\u00e9s par la population mexicaine et proposent des plats mexicains provenant de diff\u00e9rentes r\u00e9gions du Mexique, ainsi qu'un service en espagnol pour r\u00e9pondre aux besoins de la population mexicaine. Outre la nourriture, son odeur et son go\u00fbt, la musique ranchera ou norte\u00f1o que l'on peut entendre,<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> l'espagnol parl\u00e9, le personnel d'origine mexicaine et les clients \u00e9galement d'origine mexicaine, ainsi que les noms des restaurants, sont les signes et les sons qui \u00e9voquent le lien avec le Mexique. \"Taqueria Mi Tierra\", \"Mi Cocina Mexicana\", \"El Pueblo Michoacano\", \"Taqueria Rancho El Jalisco\", \"Mi Rancho\", \"Los Charros\" (photo 2). Il s'agit d'exemples de noms de restaurants de cuisine mexicaine, dont certains font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des \u00c9tats d'origine des migrants et d'autres \u00e9voquent des images du terroir en tant qu'espace rural et un sentiment d'appartenance.<\/p>\n\n\n\n<p><meta http-equiv=\"content-type\" content=\"text\/html; charset=utf-8\"><div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-img-2.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"551x414\" data-index=\"0\" data-caption=\"Foto 2: Un restaurante de comida mexicana en Magnolia Park. Fuente: Shinji Hirai, Houston, 2012.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-img-2.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photo 2 : Un restaurant mexicain \u00e0 Magnolia Park. Source : Shinji Hirai, Houston, 2012 : Shinji Hirai, Houston, 2012.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div><\/p>\n\n\n\n<p>Selon V\u00e1zquez-Medina (2016), qui a men\u00e9 un travail de terrain dans des restaurants mexicains en Californie, \u00e0 Houston et \u00e0 Chicago pour explorer les pratiques et les discours des Mexicains travaillant comme cuisiniers aux \u00c9tats-Unis, les restaurants ne sont pas seulement les points d'ancrage de la main-d'\u0153uvre dans les r\u00e9seaux migratoires familiaux, mais consistent en \" une s\u00e9rie de r\u00e9seaux complexes qui relient les sujets migrants au Mexique \" (V\u00e1zquez-Medina, 2016 : 81) et sont des espaces o\u00f9 ils sont chosifi\u00e9s. <em>Mexicain<\/em>Le sentiment d'appartenance s'exprime \u00e0 travers la repr\u00e9sentation de l'identit\u00e9 alimentaire. <em>nous, les Mexicains<\/em> et <em>les Am\u00e9ricains<\/em>. Cet auteur propose l'id\u00e9e de <em>nostalgie culinaire<\/em> comme une subjectivit\u00e9 observ\u00e9e chez les migrants mexicains aux \u00c9tats-Unis, et soutient qu'il s'agit d'une \u00e9motion qui peut \u00eatre \" assum\u00e9e comme une cat\u00e9gorie sociale articul\u00e9e par des \u00e9l\u00e9ments tels que la m\u00e9moire sensorielle, la parent\u00e9, le paisanaje et les identit\u00e9s collectives associ\u00e9es \u00e0 l'alimentation au Mexique \" (V\u00e1zquez-Medina, 2016, p. 242).<\/p>\n\n\n\n<p>Les supermarch\u00e9s sont d'autres lieux fr\u00e9quent\u00e9s quotidiennement par la population mexicaine vivant \u00e0 Houston pour satisfaire leur nostalgie (Hirai, 2013). Fiesta Mart est une cha\u00eene de supermarch\u00e9s fr\u00e9quent\u00e9e quotidiennement par de nombreux consommateurs d'origine mexicaine. L'entreprise a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1972 par Donald Bonham et O.C. Mendenhall sur la base de l'exp\u00e9rience de Bonham, qui a v\u00e9cu et travaill\u00e9 dans le secteur de l'\u00e9picerie en Am\u00e9rique latine. Bonham \"a per\u00e7u le besoin de supermarch\u00e9s aux \u00c9tats-Unis qui fourniraient des produits \u00e0 la communaut\u00e9 hispanique pour satisfaire la nostalgie des articles qu'ils avaient dans leur pays d'origine\" (Sarnoff, 2015), et s'est associ\u00e9 \u00e0 Mendenhall pour ouvrir le premier magasin \u00e0 Near Northside, Houston, o\u00f9 la population \u00e9tait majoritairement hispano-am\u00e9ricaine. Parall\u00e8lement \u00e0 la croissance de cette population dans la r\u00e9gion, l'entreprise s'est d\u00e9velopp\u00e9e et, dans les ann\u00e9es 1990, a ouvert des succursales \u00e0 Austin et \u00e0 Dallas-Fort Worth. En 2015, l'entreprise comptait 34 magasins \u00e0 Houston, deux \u00e0 Austin et 24 \u00e0 Dallas-Fort Worth (Sarnoff, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Le magasin Fiesta Mart est d\u00e9cor\u00e9 de symboles qui \u00e9voquent les souvenirs et l'imagination du terroir, le d\u00e9sir de continuit\u00e9 de la culture culinaire du pays d'origine et la proximit\u00e9 avec le Mexique et d'autres pays d'Am\u00e9rique latine. Il propose une vari\u00e9t\u00e9 d'aliments frais et transform\u00e9s utilis\u00e9s dans la cuisine mexicaine, salvadorienne et guat\u00e9malt\u00e8que, ainsi que du mat\u00e9 pour les boissons typiques d'Am\u00e9rique du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>Le symbole embl\u00e9matique que cette entreprise transmet aux consommateurs est \"la f\u00eate\". \"Nos magasins ont une v\u00e9ritable ambiance de f\u00eate - venez nous rendre visite et ressentez l'excitation ! C'est l'un des slogans publicitaires pr\u00e9sent\u00e9s sur le site web des supermarch\u00e9s.<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> Dans les vid\u00e9os publicitaires, le supermarch\u00e9 est pr\u00e9sent\u00e9 comme un lieu o\u00f9 l'on retrouve les saveurs traditionnelles des plats mexicains, les liens familiaux et culturels avec le Mexique.<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> et \"un petit morceau \u00e0 nous\".<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Tant les restaurants mexicains que les supermarch\u00e9s sont des espaces compos\u00e9s de symboles qui stimulent diff\u00e9rents sens : la vue (\u00e0 travers les noms des restaurants, les images des plats et le personnel d'origine mexicaine), l'odorat et le go\u00fbt pour les aliments mexicains pr\u00e9par\u00e9s, et l'ou\u00efe (\u00e0 travers l'espagnol et la musique). Dans ces lieux de consommation de symboles du terroir, la nostalgie culinaire (V\u00e1zquez-Medina, 2016) croise la nostalgie bas\u00e9e sur le visuel et les autres sens, voire la nostalgie sonore (Pistrick, 2016).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les sons du terroir et ses f\u00eates<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les <em>march\u00e9s aux puces<\/em> (march\u00e9s aux puces) sont les lieux o\u00f9 de nombreuses familles d'origine mexicaine vivant \u00e0 Houston se rendent le week-end. L'achat d'articles courants sur les march\u00e9s le week-end, apr\u00e8s la messe, est une coutume que les Mexicains ont conserv\u00e9e malgr\u00e9 l'\u00e9loignement de leur pays d'origine. Les march\u00e9s aux puces fr\u00e9quent\u00e9s par les Mexicains sont compos\u00e9s d'\u00e9tals proposant une grande vari\u00e9t\u00e9 de produits : v\u00eatements, chapeaux, bottes, articles d'occasion, bijoux, appareils \u00e9lectriques, accessoires de t\u00e9l\u00e9phonie mobile, images religieuses, jouets, fruits, divers plats mexicains. L'espagnol parl\u00e9 par les vendeurs et les visiteurs et la musique populaire mexicaine dans les all\u00e9es sont les principaux sons des march\u00e9s.<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> Il y a \u00e9galement un support pour les disques et <span class=\"small-caps\">dvd<\/span>dans l'un des march\u00e9s et ils y ont \u00e9t\u00e9 vendus. <span class=\"small-caps\">dvd<\/span>de jaripeos film\u00e9s au Mexique, et m\u00eame des enregistrements de musique jou\u00e9e par des groupes d'Oaxaca et de Guerrero.<\/p>\n\n\n\n<p>La musique mexicaine n'est pas seulement vendue dans les march\u00e9s aux puces pour \u00eatre ramen\u00e9e \u00e0 la maison, mais aussi pour \u00eatre \u00e9cout\u00e9e en direct. Les march\u00e9s abritent des salles de danse qui, le week-end, organisent des repr\u00e9sentations de diff\u00e9rents genres musicaux tels que la norte\u00f1a, la salsa et la cumbia. Bien que certains produits de consommation courante soient plus chers que dans les supermarch\u00e9s, les march\u00e9s aux puces visent \u00e0 offrir une atmosph\u00e8re similaire \u00e0 celle des week-ends dans les provinces et les diff\u00e9rentes zones urbaines du Mexique. Aller \u00e0 la cantina et dans les discoth\u00e8ques et se rendre dans les tianguis et au march\u00e9 le week-end est une coutume dans les r\u00e9gions rurales du Mexique. Ces pratiques socioculturelles se retrouvent dans une certaine mesure dans les march\u00e9s aux puces, raison pour laquelle ces lieux sont appr\u00e9ci\u00e9s par la population d'origine mexicaine. La musique populaire mexicaine a un poids important sur les march\u00e9s, car les salles de danse occupent une surface consid\u00e9rable dans l'enceinte des march\u00e9s et attirent un grand nombre d'hommes et de femmes de tous \u00e2ges.<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les festivit\u00e9s civiques et religieuses c\u00e9l\u00e9br\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rents moments de l'ann\u00e9e sont d'autres sc\u00e9narios o\u00f9 les pratiques culturelles mexicaines sont reproduites, et la musique est une composante importante des activit\u00e9s collectives qui cr\u00e9ent l'atmosph\u00e8re. En d'autres termes, la musique traverse les diff\u00e9rents rituels que la population mexicaine c\u00e9l\u00e8bre afin de retrouver la culture locale du terroir ou la culture nationale de son lieu de destination. Par exemple, la c\u00e9l\u00e9bration du 5 mai est la plus grande f\u00eate mexicaine organis\u00e9e dans la ville, avec la participation de divers groupes musicaux, de m\u00e9dias, de groupes civiques locaux et de diff\u00e9rentes entreprises, dont Fiesta Market (photo 3).<\/p>\n\n\n\n<p><meta http-equiv=\"content-type\" content=\"text\/html; charset=utf-8\"><div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-img-3.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"542x407\" data-index=\"0\" data-caption=\"Foto 3: El anuncio de Fiesta Market sobre la celebraci\u00f3n del 5 de mayo en un bolet\u00edn local para hispanohablantes. Fuente: Shinji Hirai, Houston, 2012.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-img-3.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photo 3 : Annonce de la c\u00e9l\u00e9bration du 5 mai par Fiesta Market dans un bulletin d'information local destin\u00e9 aux hispanophones. Source : Shinji Hirai, Houston, 2012 : Shinji Hirai, Houston, 2012.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div><\/p>\n\n\n\n<p>Un autre exemple du lien entre les sons du terroir et le rituel est la c\u00e9l\u00e9bration du 12 d\u00e9cembre, la f\u00eate de la Vierge de Guadalupe, l'un des \u00e9v\u00e9nements religieux les plus importants pour de nombreuses familles d'origine mexicaine vivant \u00e0 Houston. Il y a quelques ann\u00e9es, dans une colonie situ\u00e9e au sud de la ville, s'est form\u00e9e la Danza San Mart\u00edn Caballero, un groupe de danseurs de la communaut\u00e9 mexicaine de San Mart\u00edn Caballero. <em>intimidateurs<\/em> d'enfants, de jeunes et d'adultes d'origine mexicaine. Ce groupe a accompagn\u00e9 la c\u00e9l\u00e9bration du jour de la Vierge de Guadalupe organis\u00e9e par les voisins de la colonie. L'une des raisons de la c\u00e9l\u00e9bration de cette f\u00eate religieuse et de la formation du groupe de danse est de transmettre les traditions du Mexique aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations. Les sons des tambours et les sons g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les danseurs de matachines dans leurs pas et \u00e0 travers les accessoires qu'ils utilisent sont les symboles du terroir qui sont ins\u00e9r\u00e9s dans les rues de la colonie pendant la f\u00eate et \u00e0 travers lesquels tant les danseurs que les spectateurs parviennent \u00e0 s'approprier les espaces publics comme leur territoire. Bien que de moindre envergure que la c\u00e9l\u00e9bration du 5 mai, ce type d'organisation civique et religieuse d\u00e9montre la reproduction d'une pratique culturelle du pays d'origine \u00e0 travers l'initiative des migrants mexicains et de leurs familles, qui sont \u00e9galement les g\u00e9n\u00e9rateurs des symboles et des sons du terroir dans la soci\u00e9t\u00e9 d'accueil.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Musique de fond de la reterritorialisation<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Appadurai (1991) a propos\u00e9 l'id\u00e9e de \"paysage ethnique\" comme l'une des dimensions des flux culturels mondiaux. Le paysage ethnique est un sc\u00e9nario compos\u00e9 de personnes mobiles et de leurs identit\u00e9s sociales. Dans les pages pr\u00e9c\u00e9dentes de cette section, nous avons pr\u00e9sent\u00e9 des descriptions ethnographiques de divers sc\u00e9narios du paysage ethnique de la population mexicaine de Houston, dans lesquels les symboles du terroir des migrants mexicains sont int\u00e9gr\u00e9s par le biais de pratiques sociales, \u00e9conomiques et culturelles dans leur vie quotidienne et dans des moments extraordinaires tels que les f\u00eates. L'insertion des images du terroir et la reproduction culturelle des migrants sont soutenues et motiv\u00e9es par le d\u00e9sir d'\u00eatre dans le terroir et d'\u00eatre li\u00e9 \u00e0 ce lieu. En ce sens, le paysage ethnique mexicain est un paysage de nostalgie (Hirai, 2009), c'est-\u00e0-dire un espace d'expression du d\u00e9sir de retour et de connexion avec la patrie.<\/p>\n\n\n\n<p>La nostalgie est l'\u00e9motion qui s'exprime \u00e0 travers les pratiques individuelles et collectives qui <em>reterritorialiser<\/em> (Gupta et Ferguson, 1997) la culture mexicaine, et en m\u00eame temps, elle fonctionne comme une \"force culturelle\" (Rosaldo, 1989) qui oriente les migrants vers un processus appel\u00e9 \"incorporation simultan\u00e9e\" (Levitt et Glick-Schiller, 2004), c'est-\u00e0-dire le maintien des liens sociaux et culturels avec le pays d'origine, tout en s'incorporant dans la soci\u00e9t\u00e9 de destination.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces processus, la musique populaire et d'autres sons tels que l'espagnol parl\u00e9 et les sons g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la danse ont \u00e9t\u00e9, avec les images du terro\u00f1o, \u00e0 l'origine des diverses pratiques des migrants visant \u00e0 cr\u00e9er une atmosph\u00e8re similaire \u00e0 celle de leur pays d'origine. La musique populaire et les sons du Mexique sont pr\u00e9sents dans la vie quotidienne de la population d'origine mexicaine de Houston comme s'il s'agissait d'une musique de fond. Ils sont utilis\u00e9s par diff\u00e9rents acteurs et institutions pour marquer des espaces d'appartenance et d'identification et pour animer l'atmosph\u00e8re de divers lieux, tels que les gares routi\u00e8res, les restaurants de cuisine mexicaine, les supermarch\u00e9s, les march\u00e9s aux puces, les rues de la ville, etc. Elle est reproduite dans diverses activit\u00e9s de la vie quotidienne gr\u00e2ce \u00e0 l'utilisation de disques, <span class=\"small-caps\">dvd<\/span>les souvenirs <span class=\"small-caps\">USB<\/span> L'ethnicit\u00e9 est repr\u00e9sent\u00e9e dans les m\u00e9dias (radio, t\u00e9l\u00e9vision hispanophone et internet) et dans les festivit\u00e9s par des spectacles en direct. C'est ici que le paysage de l'ethnicit\u00e9 se croise avec le paysage sonore (Schafer, 1977), dont la construction a beaucoup \u00e0 voir avec la marchandisation de la mexicanit\u00e9 et l'utilisation de divers symboles dans le cadre des services ou des produits offerts \u00e0 la population d'origine mexicaine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les sons et les silences de la migration \u00e0 Los Ramones, Nuevo Le\u00f3n<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Los Ramones est une municipalit\u00e9 rurale situ\u00e9e dans le centre-est de l'\u00c9tat de Nuevo Le\u00f3n. Elle est connue dans la r\u00e9gion pour deux raisons. D'une part, il s'agit d'une municipalit\u00e9 qui a connu un taux \u00e9lev\u00e9 de migration internationale depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle dernier. Aujourd'hui, de nombreuses familles \u00e9migrent compl\u00e8tement dans le pays voisin et maintiennent des liens importants avec leur lieu d'origine par le biais de diff\u00e9rentes activit\u00e9s. D'autre part, Los Ramones est \u00e9galement connue pour ses festivit\u00e9s, notamment pour sa musicalit\u00e9, en particulier pour sa musique norte\u00f1o. C'est dans cette commune qu'ont \u00e9merg\u00e9 certains des principaux repr\u00e9sentants de ce genre, ce qui explique qu'elle soit connue comme le \"berceau des grands musiciens\".<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1950, l'\u00e9migration vers les \u00c9tats-Unis est devenue un ph\u00e9nom\u00e8ne massif pour Los Ramones, et les Ramonenses se sont rendus dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions des \u00c9tats-Unis, comme le Texas, Washington, la Californie, la Caroline du Nord et la Caroline du Sud. Houston est l'une des destinations o\u00f9 de nombreuses familles de Los Ramones se sont install\u00e9es et avec lesquelles les circuits migratoires transnationaux se sont consolid\u00e9s (Rouse, 1991).<\/p>\n\n\n\n<p>Les migrants ont maintenu des liens les uns avec les autres dans leurs destinations am\u00e9ricaines et sont \u00e9galement en communication constante avec leurs lieux d'origine, non seulement par le biais des liens familiaux, mais aussi par le biais d'activit\u00e9s collectives. Par exemple, les migrants bas\u00e9s \u00e0 Houston ont form\u00e9 un groupe de migrants appel\u00e9 \"Ramonenses de Houston\" et ont utilis\u00e9 le 3<span class=\"small-caps\">x<\/span>1<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a> de contribuer au d\u00e9veloppement de leurs communaut\u00e9s d'origine. Ce groupe organise \u00e9ventuellement des activit\u00e9s de collecte de fonds pour soutenir les communaut\u00e9s les plus socialement d\u00e9favoris\u00e9es de la municipalit\u00e9 ; ils organisent \u00e9galement des courses d'athl\u00e9tisme et des concerts de musique ou de danse.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les migrants vivant aux \u00c9tats-Unis, les localit\u00e9s d'origine occupent une place particuli\u00e8re. C'est dans le lieu d'origine qu'ils m\u00e8nent diverses activit\u00e9s, telles que les visites \u00e0 la famille ou aux amis, la c\u00e9l\u00e9bration des f\u00eates familiales et communautaires, les d\u00e9marches administratives li\u00e9es \u00e0 la vie scolaire ou au logement, la construction, la r\u00e9novation ou l'entretien de leur maison, et le repos. Cette derni\u00e8re activit\u00e9 est tr\u00e8s importante \u00e0 la fois pour les migrants qui ont d\u00e9cid\u00e9 de rentrer d\u00e9finitivement apr\u00e8s leur retraite et pour ceux qui viennent temporairement apr\u00e8s la longue journ\u00e9e de travail de l'ann\u00e9e aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>Les visites de retour ont lieu chaque ann\u00e9e, d'octobre \u00e0 d\u00e9cembre, lorsque les migrants travaillant dans les champs agricoles sont lib\u00e9r\u00e9s de leurs activit\u00e9s apr\u00e8s la r\u00e9colte et que d'autres migrants travaillant dans d'autres secteurs prennent des vacances d'hiver. Cet afflux de personnes en provenance des \u00c9tats-Unis est un ph\u00e9nom\u00e8ne de mobilit\u00e9 massive, interg\u00e9n\u00e9rationnelle et multinationale, puisqu'en plus des migrants mexicains, il y a aussi des migrants naturalis\u00e9s am\u00e9ricains et leurs enfants n\u00e9s et\/ou \u00e9lev\u00e9s aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p><meta http-equiv=\"content-type\" content=\"text\/html; charset=utf-8\"><div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-img-4.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"518x347\" data-index=\"0\" data-caption=\"Foto 4: El paisaje de Repueblo de Oriente, Los Ramones. Fuente: Raquel Ramos, Los Ramones, 2014.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-img-4.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photo 4 : Le paysage de Repueblo de Oriente, Los Ramones. Source : Raquel Ramos, Los Ramones, 2014 : Raquel Ramos, Los Ramones, 2014.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div><\/p>\n\n\n\n<p>En cette p\u00e9riode de retour, les communaut\u00e9s d'origine commencent \u00e0 avoir un autre paysage, physique et sonore, diff\u00e9rent du reste de l'ann\u00e9e. Pendant les mois restants, lorsque les migrants sont aux \u00c9tats-Unis, peu de personnes vivent en permanence dans les localit\u00e9s d'origine, de sorte que le silence est un \u00e9l\u00e9ment tr\u00e8s important et valoris\u00e9 pour les habitants qui restent sur place. Il y a peu de circulation de voitures, peu de circulation de personnes dans les rues, peu d'\u00e9l\u00e8ves dans les \u00e9coles, des restaurants et des \u00e9piceries ferm\u00e9s, des week-ends silencieux sans festivit\u00e9s \u00e0 appr\u00e9cier. Par exemple, \u00e0 Repueblo de Oriente (photo 4), la communaut\u00e9 qui accueille la f\u00eate du 26 d\u00e9cembre,<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> Le silence r\u00e8gne une grande partie de la journ\u00e9e, et c'est gr\u00e2ce \u00e0 l'absence de bruit et d'agitation que l'on peut appr\u00e9cier les sons de la nature et de la campagne, ainsi que la m\u00e9lodie \u00e9mise par l'horloge de l'\u00e9glise catholique toutes les quelques heures (Audio 1), qui sont les principaux \u00e9l\u00e9ments du paysage sonore du village.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-aud-1.mp4\"><\/audio><figcaption>Audio 1 : La m\u00e9lodie de l'horloge de l'\u00e9glise de Repueblo de Oriente. Source : L'audio a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 par Raquel Ramos en 2015 \u00e0 Los Ramones.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Cependant, lorsque les migrants viennent passer leurs vacances en famille \u00e0 partir de l'automne, tout ce paysage sonore change, passant du silence \u00e0 divers sons g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par l'augmentation du nombre de personnes, de voitures et de v\u00e9hicules tout-terrain. La transformation de l'\u00e9coute commence sur la place et dans les maisons, qui sont remplies de l'agitation des familles et des amis qui se r\u00e9unissent. Dans les rues, on entend les bruits des v\u00e9hicules et de la ma\u00e7onnerie. Bien entendu, la musique en direct ou enregistr\u00e9e cr\u00e9e une ambiance propice aux diverses activit\u00e9s sociales qui reprennent dans les communaut\u00e9s d'origine. Par exemple, la place de Repueblo de Oriente, qui \u00e9tait vide depuis des mois jusqu'\u00e0 l'arriv\u00e9e des migrants, devient le th\u00e9\u00e2tre principal de danses et d'autres activit\u00e9s (vid\u00e9o 1).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video\"><video controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-vid-1.mp4\"><\/video><figcaption>Vid\u00e9o 1 : \"Danse \u00e0 la f\u00eate locale de Repueblo de Oriente\". Source : Vid\u00e9o enregistr\u00e9e par Raquel Ramos \u00e0 Repueblo de Oriente en d\u00e9cembre 2015.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Outre les multiples activit\u00e9s que les migrants m\u00e8nent pendant leur s\u00e9jour, leurs lieux d'origine jouent un r\u00f4le important dans le renforcement des liens affectifs. Leur terre d'origine est le lieu o\u00f9 ils retrouvent les autres membres de leur famille \u00e9largie qui, le reste de l'ann\u00e9e, vivent dispers\u00e9s au Mexique et aux \u00c9tats-Unis, c'est pourquoi la visite de retour est une pratique spatiale extr\u00eamement importante pour renforcer les liens affectifs avec leur famille. Novembre et d\u00e9cembre sont les mois o\u00f9, selon leur \"calendrier \u00e9motionnel\" (Hirai, 2009 : 125-131), ils esp\u00e8rent exprimer et r\u00e9affirmer leur affection \u00e0 travers des r\u00e9unions de famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lieux d'origine sont \u00e9galement des espaces dont le paysage d\u00e9clenche des souvenirs d'enfance et de jeunesse, des souvenirs d'\u00eatres chers aujourd'hui absents et la nostalgie du mode de vie ant\u00e9rieur.<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a> La nostalgie qui \u00e9merge chez les migrants est le r\u00e9sultat de l'\u00e9valuation ou de l'interpr\u00e9tation du contraste entre leur vie actuelle aux \u00c9tats-Unis et leur pass\u00e9 au Mexique et d'une resignification et id\u00e9alisation de ce qu'ils ont laiss\u00e9 derri\u00e8re eux par la migration (Hirai, 2009 : 164), comme le paysage g\u00e9ographique (les chemins de terre, les montagnes, le ranch, la nature), la nourriture, la libert\u00e9 de faire diverses activit\u00e9s telles que les f\u00eates tardives et la consommation de boissons alcoolis\u00e9es sans restrictions. Ce remaniement symbolique de l'exp\u00e9rience culturelle dans leur pays d'origine conduit les migrants \u00e0 rechercher un paysage sonore, id\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir du contexte des soci\u00e9t\u00e9s de destination aux \u00c9tats-Unis, compos\u00e9 de sons, de m\u00e9lodies et de paroles qui \u00e9voquent la nostalgie de leurs lieux d'origine. C'est dans ce cadre - le lieu d'origine - que le migrant fait l'exp\u00e9rience de la nostalgie sonore (Pistrick, 2016) et apporte avec lui le d\u00e9sir de revivre, \u00e0 travers les chansons de la migration (Pistrick, 2016), des souvenirs du pass\u00e9 et des \u00e9motions (J\u00e4ncke, 2008), telles que l'affection des proches, la joie des retrouvailles et le sentiment de libert\u00e9 dans les espaces ruraux.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Musique, musicien et nostalgie<\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-aud-2.mp4\"><\/audio><figcaption>Audio 2 : \"A mi pueblito\", interpr\u00e9t\u00e9 par Benito Garza. Source : Audio enregistr\u00e9 par Raquel Ramos en 2015 \u00e0 Repueblo de Oriente.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"verse\">...qu'il est agr\u00e9able d'arriver dans ma petite ville, <br>...pour se promener dans ses rues et parmi ses habitants, <br>...il a donc l'impression de retourner dans son pays d'origine, <br>...celui qui reste est r\u00e9confort\u00e9 par l'esp\u00e9rance <br>malgr\u00e9 la distance, Dieu nous r\u00e9unira \u00e0 nouveau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il s'agit d'un fragment de la chanson intitul\u00e9e \"A mi pueblito\", interpr\u00e9t\u00e9e par Benito Garza, un musicien migrant, lors de la f\u00eate du 26 d\u00e9cembre 2015 \u00e0 Repueblo de Oriente (Audio 2), dans la partie nord de la municipalit\u00e9 de Los Ramones. Il s'agit d'une chanson qui exprime la joie qu'\u00e9prouve un migrant \u00e0 son retour dans sa patrie. Ce musicien est consid\u00e9r\u00e9 comme un porte-parole de la nostalgie pr\u00e9sente chez la plupart des migrants. Selon Valenzuela (2006), la migration est un th\u00e8me r\u00e9current dans la musique nordique, dont les intrigues sont centr\u00e9es sur la nostalgie de la famille, des partenaires, des amis, des gens, de la patrie et du pays d'origine. Dans le cas du migrant Ram\u00f3n, l'identification se ferait dans la question \u00e9motionnelle, en particulier la nostalgie et la tristesse qu'il ressent lorsqu'il quitte sa patrie et la \"libert\u00e9\" que seul son lieu d'origine lui procure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Il ne reste plus que quatre milpas <br>de ce ranch qui \u00e9tait le mien <br>cette petite maison, si blanche et si jolie <br>comme c'est triste<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci est un extrait de la chanson \"Cuatro milpas\" du compositeur de Neoleon Jes\u00fas Garc\u00eda de la Garza.<a class=\"anota\" id=\"anota16\" data-footnote=\"16\">16<\/a> Selon Eugenio, un musicien de Los Ramones, c'est l'une des chansons que les musiciens locaux interpr\u00e8tent lorsque la majorit\u00e9 de leur public est compos\u00e9e d'immigr\u00e9s. Comme on peut le voir dans le sujet de cette chanson, les paroles font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la nostalgie de la terre. L'imaginaire de la campagne et de ce qu'elle implique est une repr\u00e9sentation de la vie dans le lieu d'origine qui renvoie le migrant \u00e0 son exp\u00e9rience de d\u00e9part du village, au travail et \u00e0 l'envie de le quitter pour \u00e9migrer.<\/p>\n\n\n\n<p>Hirai souligne que la nostalgie est une \u00e9motion qui comporte deux aspects :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">d'une part, l'insatisfaction, le m\u00e9contentement, l'insatisfaction, le m\u00e9contentement, la d\u00e9ception \u00e0 l'\u00e9gard des conditions de vie actuelles dans la destination de d\u00e9placement ; d'autre part, la pr\u00e9f\u00e9rence, l'attachement et la nostalgie pour le pass\u00e9 et pour le mode de vie, les paysages et les personnes qui sont absents de la vie actuelle \u00e0 l'\u00e9tranger, mais qui existent, existaient ou pourraient exister dans le pays d'origine (Hirai, 2009, p. 124).<\/p>\n\n\n\n<p>La nostalgie est une \u00e9motion ressentie par les migrants qui ont connu ce type de malaise et de nostalgie. La musique est choisie et \u00e9cout\u00e9e dans le cadre de la visite de retour comme un \"instrument \u00e9motionnel\" (Frith, 2003), qui a pour fonction d'\u00e9voquer certains souvenirs et \u00e9motions (J\u00e4ncke, 2008) et d'\"induire des attitudes\", dont l'une, en l'occurrence, est nostalgique (McAllester, 1960 : 469, cit\u00e9 dans Merriam, 2001).<\/p>\n\n\n\n<p>Si la musique a cette fonction, c'est au musicien qu'il revient de choisir la chanson \u00e0 interpr\u00e9ter et l'\u00e9motion et l'attitude \u00e0 susciter. L'empathie et la sensibilit\u00e9 des musiciens \u00e0 l'\u00e9gard de leur public sont importantes pour jouer ce r\u00f4le. La plupart des musiciens de Ram\u00f3n ont travaill\u00e9 dans la municipalit\u00e9, mais aussi dans d'autres \u00c9tats de la R\u00e9publique, et m\u00eame aux \u00c9tats-Unis. La plupart d'entre eux choisissent de s'installer dans la ville de Monterrey pour les tourn\u00e9es et les enregistrements, tandis que d'autres r\u00e9sident dans la vall\u00e9e du Texas. C'est le cas du musicien norte\u00f1o Noe Marichalar, qui retourne dans son pays d'origine, Los Ramones, pour des saisons ou pour enregistrer ses chansons sur vid\u00e9o. Noe fait des compositions sur sa patrie, son amour de la campagne et la communaut\u00e9 dont il a fait partie. Cependant, il passe une grande partie de sa vie au Texas avec sa famille. No\u00e9 mentionne que ses tourn\u00e9es musicales se d\u00e9roulent principalement aux \u00c9tats-Unis, mais qu'il suit la route des migrants. Il se rend dans les principales destinations des migrants Ramonese, comme Washington, le Dakota du Nord, le Texas, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud, etc. Comme No\u00e9, les groupes musicaux issus de Los Ramones tournent \u00e9galement entre les lieux o\u00f9 se trouvent les communaut\u00e9s de migrants aux \u00c9tats-Unis (Ramos, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>En suivant les migrants, les musiciens de Ramon ont form\u00e9 une sensibilit\u00e9 aux go\u00fbts de leur public migrant, comme l'explique No\u00e9, qui pr\u00e9sente les th\u00e8mes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de son public de la mani\u00e8re suivante :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Je chante beaucoup pour les gens, ... tout d'un coup j'ai des th\u00e8mes sur les gens qui partent, les gens qui \u00e9migrent, la souffrance qu'ils vivent quand ils quittent leur famille, c'est le th\u00e8me que les gens l\u00e0-bas aiment... tout ce qui marche l\u00e0-bas ne marche pas ici, \u00e0 moins que ce ne soit un th\u00e8me sur le fait de tomber amoureux, qui est neutre pour tout le monde, que tout le monde aime, un th\u00e8me romantique, l'amour c'est l'amour. C'est universel. Il s'agit donc de regarder ses zones de travail et ce que l'on veut faire.<a class=\"anota\" id=\"anota17\" data-footnote=\"17\">17<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>S'appuyant sur sa connaissance du contexte migratoire dans lequel vit son public, ce musicien souligne l'importance de mat\u00e9rialiser l'\u00e9motion dans son spectacle et de la susciter chez son public.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Consommation de musique et parcours musical<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le concert dans le lieu d'origine (vid\u00e9o 2) est une occasion musicale puissante et embl\u00e9matique o\u00f9 la musique porte tous les symboles des migrants de Los Ramones : la campagne ou le ranch, la nourriture traditionnelle, la consommation d'alcool \u00e0 volont\u00e9, le tout accompagn\u00e9 des chansons qui identifient le peuple et le migrant. La construction et la r\u00e9affirmation de liens affectifs est l'une des attentes des migrants lors de la visite de retour dans leur pays d'origine et de la c\u00e9l\u00e9bration des f\u00eates familiales et communautaires pendant leur s\u00e9jour au Mexique. La musique live est utilis\u00e9e pour exprimer et transmettre l'affection pour leurs proches et leur pays d'origine. L'int\u00e9r\u00eat de la consommation de musique live r\u00e9side dans le fait que les \u00e9motions ne sont pas seulement \u00e9voqu\u00e9es, ressenties et exprim\u00e9es par le son, mais aussi par d'autres sens. Les gens dansent en regardant et en embrassant l'\u00eatre aim\u00e9 et en foulant le sol de leur ville natale qui leur a tant manqu\u00e9. C'est l\u00e0 que la nostalgie sonore croise la nostalgie spatiale, la nostalgie temporelle et la nostalgie de contraste bas\u00e9e sur d'autres sens, de sorte qu'\u00e9couter des chansons de migration dans la patrie n'est pas seulement une exp\u00e9rience sonore, mais une exp\u00e9rience totale (Pistrick, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, l'expression des sentiments et la mat\u00e9rialisation de la nostalgie de la patrie \u00e0 travers la musique norte\u00f1a ou ranchera en direct impliquent un investissement mon\u00e9taire plus important dans les groupes musicaux et le ballet folklorique, ainsi qu'une plus grande participation de la part des migrants. En ce sens, la musique en direct n'est pas un instrument \u00e9motionnel \u00e9conomique. La nostalgie appara\u00eet ici comme une demande de service pour l'utilisation de cet \"instrument\" et constitue la base du d\u00e9sir d'achat.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video\"><video controls src=\"https:\/\/archive.org\/download\/enc-8-multimedia\/hirai_ramos-paisajes_sonoros-vid-2.mp4\"><\/video><figcaption>Vid\u00e9o 2 : \"Musique en direct \u00e0 la foire agricole de Los Ramones\". Source : Vid\u00e9o enregistr\u00e9e par Jos\u00e9 Juan Olvera en novembre 2015 \u00e0 Los Ramones.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, pendant leur s\u00e9jour dans leur pays d'origine, les migrants consomment \u00e9galement de la musique afin d'\u00eatre emmen\u00e9s aux \u00c9tats-Unis. Le migrant choisit d'apporter sa propre musique ou la musique de son choix au moyen de disques ou d'autres dispositifs technologiques : \"on a sa propre musique\". <span class=\"small-caps\">cd<\/span>ici, ou autre. Oui, ...a rempli le <span class=\"small-caps\">USB<\/span> J'enregistre tout sur le <span class=\"small-caps\">USB<\/span>... la st\u00e9r\u00e9o ... la <span class=\"small-caps\">USB<\/span>. Et l\u00e0, il suffit de mettre le <span class=\"small-caps\">USB<\/span> et vous \u00e9coutez...\".<a class=\"anota\" id=\"anota18\" data-footnote=\"18\">18<\/a> Cette pratique permet de \"faire migrer\" la musique du pays d'origine, qui sera utilis\u00e9e comme instrument ou objet culturel (Boruchoff, 1999) pour se souvenir des \u00eatres chers qui seront absents, pour se sentir proche de son pays d'origine et pour revivre les \u00e9motions et les sensations \u00e9prouv\u00e9es pendant la visite (J\u00e4ncke, 2008). Cette \"migration de la musique de la patrie\" qui se produit lorsque la visite de retour se termine pendant la p\u00e9riode des vacances est l'une des pratiques des migrants qui int\u00e8grent les symboles de la patrie dans leur vie quotidienne aux \u00c9tats-Unis et contribuent \u00e0 un paysage sonore qui oriente les migrants vers le maintien d'une attitude nostalgique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9flexions finales<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La premi\u00e8re r\u00e9flexion qui \u00e9merge de l'analyse de deux vignettes ethnographiques qui pr\u00e9sentent le lien entre la musique, les \u00e9motions et les pratiques des migrants est que nous observons la double nature des paysages sonores dans les circuits migratoires qui s'\u00e9tendent entre Houston et Los Ramones. D'une part, les paysages sonores sont compos\u00e9s de sons qui sont principalement ancr\u00e9s ou int\u00e9gr\u00e9s dans les routines quotidiennes et les cycles de vie de la population migrante (Rocha, 2010). Cet aspect \" naturel \" du paysage sonore est observ\u00e9 dans l'utilisation de l'espagnol, les sons g\u00e9n\u00e9r\u00e9s lors des festivit\u00e9s et la musique qui accompagne les migrants dans diverses activit\u00e9s individuelles et collectives. D'autre part, tant dans le lieu de destination que dans le lieu d'origine, il existe un autre aspect que nous pourrions qualifier d'\" artificiel \", dans le sens o\u00f9 il y a des composantes du paysage sonore, comme les \" chansons de la migration \" (Pistrick, 2016) qui ont \u00e9t\u00e9 intentionnellement produites et s\u00e9lectionn\u00e9es pour g\u00e9n\u00e9rer, r\u00e9cup\u00e9rer et commercialiser le d\u00e9sir et la nostalgie. Mais malgr\u00e9 l'intentionnalit\u00e9 de l'utilisation de la musique comme \" outil \u00e9motionnel \" (Frith, 2003) par les diff\u00e9rents acteurs qui connaissent les effets de la nostalgie en action, cet aspect artificiel du paysage sonore n'en est pas moins r\u00e9el et pertinent, \u00e9tant donn\u00e9 que le genre musical, les th\u00e8mes des chansons s\u00e9lectionn\u00e9es et les lieux et moments de consommation de la musique sont valoris\u00e9s par les migrants et pr\u00e9sentent des caract\u00e9ristiques significatives et sont importants pour eux (Schafer, 1977).<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me r\u00e9flexion que nous souhaitons tirer des deux vignettes ethnographiques concerne pr\u00e9cis\u00e9ment la pertinence des composantes du paysage sonore pour les migrants. Sur le march\u00e9 de la nostalgie \u00e0 destination comme sur le march\u00e9 du paisano \u00e0 l'origine, la nostalgie n'est pas simplement un \u00e9tat d'esprit, mais un \u00e9tat \u00e9motionnel persistant et omnipr\u00e9sent, constamment induit par les symboles qui \u00e9voquent les souvenirs associ\u00e9s \u00e0 leur pays d'origine. Les deux march\u00e9s forment une \"\u00e9conomie de signes\" (Lash et Urry, 1998), des signes divers qui stimulent les sens du migrant et induisent des impulsions et des attitudes de rattachement \u00e0 leur patrie.<\/p>\n\n\n\n<p>L'int\u00e9r\u00eat de la musique populaire consomm\u00e9e \u00e0 la fois \u00e0 destination et \u00e0 l'origine r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer les diff\u00e9rentes sph\u00e8res de la vie quotidienne, dans des moments extraordinaires et dans les diverses activit\u00e9s sociales, culturelles et \u00e9conomiques des migrants, en \u00e9tablissant des connexions entre les sens. Dans certains lieux o\u00f9 l'on observe un processus de marchandisation du d\u00e9sir et de la nostalgie, comme les restaurants de cuisine mexicaine, les supermarch\u00e9s ethniques, les march\u00e9s aux puces \u00e0 destination, les festivals c\u00e9l\u00e9br\u00e9s \u00e0 la fois dans la soci\u00e9t\u00e9 d'accueil et dans les lieux d'origine, la nostalgie sonore se croise avec d'autres nostalgies (Pistrick, 2016) fond\u00e9es sur d'autres sens. Ces lieux sont <em>espaces affectifs multisensoriels<\/em>o\u00f9 les liens transnationaux ne sont pas seulement imagin\u00e9s, mais aussi ressentis par la vue, le toucher, l'odorat, le go\u00fbt et l'ou\u00efe. L'analyse de ce cas de consommation de musique populaire nous permet de comprendre qu'il existe, des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re entre les \u00c9tats-Unis et le Mexique, une \u00e9conomie fond\u00e9e sur les signes, les \u00e9motions et les sens, ainsi qu'une culture r\u00e9gionale transfrontali\u00e8re de la population mexicaine qui ne renonce jamais \u00e0 ses go\u00fbts musicaux et \u00e0 son attitude nostalgique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Appadurai, Arjun (1991). \u201cGlobal Ethnoscapes: Notes and Queries for a Transnational Anthropology\u201d, en Richard G. Fox (ed.), <em>Recapturing Anthropology: Working in the Present<\/em>. 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La cohesi\u00f3n y construcci\u00f3n social de un pueblo en las fiestas de los Ramones, Nuevo Le\u00f3n, M\u00e9xico<\/em> (tesis de maestr\u00eda). Monterrey: <span class=\"small-caps\">ciesas<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rocha, Manuel (2010). \u201cEstructura y percepci\u00f3n psicoac\u00fastica del paisaje sonoro electroac\u00fastico\u201d. <em>Revista Perspectiva Interdisciplinaria de M\u00fasica<\/em>, n\u00fam. 03-04. pp. 78-89.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rodr\u00edguez, N\u00e9stor P., Noelia Elizondo, David Mena, Ricardo Rojas, Aldofo V\u00e1zquez y Frank Yeverino (1994). \u201cPolitical Mobilization in Houston\u2019s Magnolia\u201d, en Rodolfo de la Garza, Martha Menchaca y Louis de Sipio (eds.), <em>Barrio Ballots: Latino Politics in the 1990 Elections<\/em>. Boulder: Westview, pp. 83-114. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4324\/9780429037603-4\">https:\/\/doi.org\/10.4324\/9780429037603-4<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rosaldo, Renato (1989). <em>Culture and Truth: The Remaking of Social Analysis<\/em>. Boston: Beacon Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rouse, Roger (1991). \u201cMexican Migration and the Social Space of Postmodernism\u201d. <em>Diaspora<\/em>, vol. 1 n\u00fam. 1, pp. 8-23. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.13 53\/dsp.1991.0011\">https:\/\/doi.org\/10.13 53\/dsp.1991.0011<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Sandoval, Efr\u00e9n (2012). <em>Infraestructuras transfronterizas: etnograf\u00eda de itinerarios en el espacio social Monterrey-San Antonio.<\/em> Ciudad de M\u00e9xico y Tijuana: <span class=\"small-caps\">ciesas\/<\/span>El <span class=\"small-caps\">colef<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Sarnoff, Nancy (2015, 29 de abril). \u201cGrocery icon Fiesta has new owners\u201d. <em>Houston Chronicle. <\/em>Recuperado de <a href=\"https:\/\/www.houstonchronicle.com\/business\/retail\/amp\/Grocery-icon-Fiesta-has-new-owners-6232127.php\">https:\/\/www.houstonchronicle.com\/business\/retail\/amp\/Grocery-icon-Fiesta-has-new-owners-6232127.php<\/a>, consultado el 25 de mayo de 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Schafer, Raymond Murray (1977). <em>The Soundscape: Our Sonic Environment and the Tuning of the World.<\/em> Vermont: Destiny Books.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Trapaga, Iban. (2019). \u201cLa ciudad latina trasterrada. El caso de Magnolia Park en Houston, Texas\u201d. <em><span class=\"small-caps\">urbs<\/span>. Revista de Estudios Urbanos y Ciencias Sociales,<\/em> vol. 9, n\u00fam. 2, pp. 25-37. Recuperado de http:\/\/www2.ual.es\/urbs\/index.php\/urbs\/article\/view\/trapaga, consultado el 25 de mayo de 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Valenzuela, Jos\u00e9 Manuel (2006). <em>Adi\u00f3s paisanos queridos. La migraci\u00f3n se cuenta cantando. M\u00fasica sin fronteras. Ensayo sobre migraci\u00f3n, m\u00fasica e identidad<\/em>. Ciudad de M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">conaculta<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">V\u00e1zquez-Medina, Jos\u00e9 Antonio (2016).<em> Cocina, nostalgia y etnicidad en restaurantes mexicanos de Estados Unidos<\/em>. Barcelona: Editorial <span class=\"small-caps\">uoc<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Shinji Hirai <\/em>est un anthropologue japonais bas\u00e9 au Mexique. Il est titulaire d'un doctorat en sciences anthropologiques de l'Universidad Aut\u00f3noma Metropolitana, Iztapalapa, et est membre du syst\u00e8me national des chercheurs de niveau 1. Ses domaines de recherche sont le transnationalisme, l'anthropologie des \u00e9motions et la migration internationale. Il est l'auteur du livre <em>\u00c9conomie politique de la nostalgie. \u00c9tude de la transformation du paysage urbain dans les migrations transnationales entre le Mexique et les \u00c9tats-Unis.<\/em> (<span class=\"small-caps\">uam<\/span>\/Juan Pablos Editor, 2009). Il a \u00e9galement publi\u00e9 les ouvrages suivants : un article intitul\u00e9 \"La nostalgia. Emotions et significations dans la migration transnationale\", Nueva Antropolog\u00eda 81 (2014).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><em>Raquel Ramos Rangel<\/em> est sociologue et anthropologue sociale. Elle est titulaire d'un dipl\u00f4me en sociologie de l'Universidad Aut\u00f3noma de Nuevo Le\u00f3n et d'un master en anthropologie sociale du Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropolog\u00eda Social, unit\u00e9 Noreste. Elle est actuellement enseignante et chercheuse \u00e0 l'Universidad Pedag\u00f3gica Nacional et assistante de recherche au Proyecto <span class=\"small-caps\">conacyt<\/span>L'enfance amput\u00e9e, l'adolescence en danger. L'enfance et la violence chronique dans le nord-est du Mexique\". Elle a collabor\u00e9 \u00e0 divers projets de recherche et diagnostics pour <span class=\"small-caps\">coneval, forcan, ift <\/span>et les \u00e9tudes de march\u00e9 et de consommation. Ses domaines de recherche sont le transnationalisme, la musique et les \u00e9motions, les paysages sonores de la migration, l'enfance et la violence, ainsi que la pr\u00e9carit\u00e9 et l'\u00e9ducation.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article explore le r\u00f4le de la musique et des \u00e9motions dans la construction des liens transnationaux, \u00e0 partir de deux vignettes ethnographiques li\u00e9es \u00e0 la nostalgie. D'une part, cette \u00e9motion pr\u00e9vaut dans la vie quotidienne des migrants mexicains \u00e0 Houston, \u00e0 travers leurs diverses pratiques, derri\u00e8re lesquelles la musique populaire mexicaine est pr\u00e9sente aux c\u00f4t\u00e9s d'images du terroir. D'autre part, dans le contexte de la visite des migrants et de leurs familles sur leurs lieux d'origine dans le nord-est du Mexique, la musique populaire est entendue pour exprimer leur nostalgie et induire une attitude nostalgique dans les espaces de r\u00e9union familiale et sociale, cr\u00e9ant un paysage sonore distinct de la saison de l'absence des migrants. <\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":34897,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[279],"tags":[806,794,807,809,808],"coauthors":[551],"class_list":["post-34878","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-279","tag-consumo","tag-musica-popular","tag-nostalgia","tag-paisaje-sonoro","tag-transnacionalismo","personas-ramos-rangel-raquel","personas-hirai-shinji","numeros-793"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Paisajes sonoros de la migraci\u00f3n: Texas-noreste de M\u00e9xico &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Este trabajo explora el papel de los paisajes sonoros en la construcci\u00f3n de los v\u00ednculos transnacionales entre Texas y el noreste de M\u00e9xico.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/hirai-ramos-paisajes-sonoros-migracion-texas-mexico\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Paisajes sonoros de la migraci\u00f3n: Texas-noreste de M\u00e9xico &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Este trabajo explora el papel de los paisajes sonoros en la construcci\u00f3n de los v\u00ednculos transnacionales entre Texas y el noreste de M\u00e9xico.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/hirai-ramos-paisajes-sonoros-migracion-texas-mexico\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Encartes\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2021-09-06T23:37:15+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-11-18T00:06:22+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/encartes.mx\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/thumb-hirai.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1281\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"724\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"42 minutes\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label3\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data3\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/en\/hirai-ramos-paisajes-sonoros-migracion-texas-mexico\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/en\/hirai-ramos-paisajes-sonoros-migracion-texas-mexico\/\"},\"author\":{\"name\":\"Arthur Ventura\",\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/#\/schema\/person\/97215bba1729028a4169cab07f8e58ef\"},\"headline\":\"Paisajes sonoros de la migraci\u00f3n. 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