{"id":31806,"date":"2020-03-23T01:26:23","date_gmt":"2020-03-23T01:26:23","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/?p=31806"},"modified":"2023-11-17T18:44:59","modified_gmt":"2023-11-18T00:44:59","slug":"de-la-torre-salas-altares-religiosidad-guadalajara","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/de-la-torre-salas-altares-religiosidad-guadalajara\/","title":{"rendered":"Des autels que nous voyons, des significations que nous ne connaissons pas : la subsistance mat\u00e9rielle de la religiosit\u00e9 v\u00e9cue"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\">&lt;Ce travail consiste en un essai photographique sur les autels domestiques, accompagn\u00e9 des r\u00e9cits de leurs propri\u00e9taires, et vise \u00e0 aborder la religiosit\u00e9 catholique pratiqu\u00e9e au quotidien dans des espaces non eccl\u00e9siastiques. Le travail ethnographique (bas\u00e9 sur des enregistrements photographiques et des entretiens) se concentre sur la mat\u00e9rialit\u00e9 des autels (qui rendent les croyances visibles) et sur les r\u00e9cits qui rendent compte des significations symboliques, des appropriations et des utilisations des images catholiques dans la vie ordinaire des croyants. Nous abordons trois sc\u00e9narios dans lesquels les autels sont install\u00e9s et pratiqu\u00e9s : domestiques (ils sont g\u00e9n\u00e9ralement priv\u00e9s et individuels et se trouvent \u00e0 l&#039;int\u00e9rieur des maisons) ; semi-priv\u00e9s (dans les lieux de travail, tels que les bureaux, les \u00e9tals de march\u00e9, les cantines et les ateliers), qui, bien que pris en charge par une personne, ne sont pas \u00e0 usage exclusif, sont expos\u00e9s et sont parfois \u00e0 l&#039;origine des pratiques de ceux qui fr\u00e9quentent ce lieu ; et publics (rue ou quartier), qui sont plac\u00e9s dans des espaces ouverts (sur un trottoir, une place ou un coin) et activent des pratiques collectives, voire sont sauvegard\u00e9s par une communaut\u00e9. Nous consid\u00e9rons qu&#039;il s&#039;agit d&#039;une proposition m\u00e9thodologique nouvelle pour aborder la compr\u00e9hension des exp\u00e9riences religieuses et de leurs logiques non eccl\u00e9siastiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/altares\/\" rel=\"tag\">autels<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/catolicismo-popular\/\" rel=\"tag\">catholicisme populaire<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/estetica\/\" rel=\"tag\">l'esth\u00e9tique<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/imagenes-re-ligiosas\/\" rel=\"tag\">images religieuses<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/materialidad\/\" rel=\"tag\">mat\u00e9rialit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/religiosidad-vivida\/\" rel=\"tag\">religiosit\u00e9 v\u00e9cue<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\">Nous voyons des autels, mais leur signification est inconnue : le support mat\u00e9riel de la religiosit\u00e9 v\u00e9cue<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Ce travail consiste en un essai photographique sur les autels domestiques accompagn\u00e9 des r\u00e9cits de leurs propri\u00e9taires. Il vise \u00e0 aborder la religiosit\u00e9 catholique qui est pratiqu\u00e9e au quotidien dans des espaces non eccl\u00e9siaux. Ce travail ethnographique (bas\u00e9 sur des archives photographiques et des entretiens) est centr\u00e9 sur la mat\u00e9rialit\u00e9 des autels (qui rend visible les croyances) et sur les r\u00e9cits qui rendent compte de leurs significations symboliques ainsi que des appropriations et des usages des images catholiques dans la vie quotidienne des croyants. Nous traitons de trois sc\u00e9narios pour l'assemblage et la pratique de ces sanctuaires : domestique (ils sont g\u00e9n\u00e9ralement priv\u00e9s, individuels et situ\u00e9s \u00e0 l'int\u00e9rieur des maisons). Semi-priv\u00e9s (dans les lieux de travail tels que les bureaux, les \u00e9tals de march\u00e9, les bars et les ateliers), qui, m\u00eame s'ils sont entretenus par une seule personne, sont expos\u00e9s au public et utilis\u00e9s pour des pratiques religieuses par les personnes qui fr\u00e9quentent ces lieux. Les lieux publics (rues ou quartiers) sont plac\u00e9s dans des espaces ouverts (un trottoir, une place ou un coin de rue), activent des pratiques collectives et sont souvent prot\u00e9g\u00e9s par une communaut\u00e9. Nous consid\u00e9rons qu'il s'agit d'une proposition m\u00e9thodologique originale pour aborder la compr\u00e9hension de ces exp\u00e9riences religieuses dans leur logique non eccl\u00e9siale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : religiosit\u00e9 v\u00e9cue, autels, catholicisme populaire, images religieuses, mat\u00e9rialit\u00e9, esth\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/ensayos-fotograficos\/imagenes-vemos-creencias-no-sabemos\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1600\" height=\"1069\" src=\"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/L10208191.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-32026\"\/><\/a><figcaption><a href=\"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/ensayos-fotograficos\/imagenes-vemos-creencias-no-sabemos\/\">Cliquez pour acc\u00e9der au reportage photo<\/a><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\">&lt;La s\u00e9rie d&#039;images de l&#039;essai visuel est le r\u00e9sultat d&#039;une recherche ethnographique qui comprend la photographie et des entretiens informels avec les propri\u00e9taires et les gardiens des autels. La photographie des autels nous permet de reconna\u00eetre (rendre visible) et d&#039;enregistrer l&#039;existence d&#039;une pratique religieuse (souvent ignor\u00e9e par les anthropologues) par sa pr\u00e9sence physique dans diff\u00e9rents lieux et la mani\u00e8re dont elle intervient pour g\u00e9n\u00e9rer un territoire. La photographie nous permet d&#039;observer la relation entre l&#039;autel et le lieu. Elle nous permet \u00e9galement de reconna\u00eetre les \u00e9l\u00e9ments (objets) qui composent un autel. Un \u00e9l\u00e9ment important de cet enregistrement est la valeur de sa mat\u00e9rialit\u00e9, la production symbolique de son esth\u00e9tique et les sensibilit\u00e9s qu&#039;elle g\u00e9n\u00e8re. Quant aux entretiens (certains \u00e9taient des r\u00e9cits de la vie mat\u00e9rielle de l&#039;autel, d&#039;autres de brefs entretiens avec les propri\u00e9taires, les utilisateurs ou les gardiens centr\u00e9s sur l&#039;autel), ils nous ont permis d&#039;\u00e9tudier des aspects tels que les objets pieux qui le composent, l&#039;histoire de l&#039;autel, les mani\u00e8res dont le pouvoir ou la valeur de l&#039;image sont authentifi\u00e9s ou charg\u00e9s afin de la sacraliser, l&#039;action miraculeuse des images, la capacit\u00e9 performative de l&#039;autel dans l&#039;espace, <a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\" target=\"_self\">1<\/a> les significations, les sentiments et les \u00e9motions associ\u00e9s \u00e0 l'autel pour les utilisateurs, les rituels quotidiens qui se d\u00e9roulent autour de l'autel (pri\u00e8res, chants, m\u00e9ditations, nettoyage des images, offrandes, entretien du lieu).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous situons l'ethnographie dans la ligne et l'interaction quotidiennes qui relient les objets (autels) aux sujets (Latour, 2012). La proposition th\u00e9orico-m\u00e9thodologique reprend le concept de \"religiosit\u00e9 v\u00e9cue\" (Ammerman, 2007 et 2014 ; McGuire, 2008 ; Orsi, 2005) comme alternative pour reconna\u00eetre la pertinence de la religiosit\u00e9 quotidienne et non institutionnelle. Ce d\u00e9placement de l'\u00c9glise vers les espaces quotidiens, des sp\u00e9cialistes vers les praticiens, cherche \u00e0 contourner la signification du terme religiosit\u00e9 populaire, qui fonctionne comme un label \u00e0 partir duquel les sp\u00e9cialistes institutionnels disqualifient ses praticiens comme primitifs et ignorants, comme une religiosit\u00e9 d\u00e9grad\u00e9e ou comme des pratiques li\u00e9es \u00e0 la superstition.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame depuis la sociologie, au nom de la religiosit\u00e9 populaire, de nombreuses pratiques extra-eccl\u00e9siastiques sont constamment disqualifi\u00e9es, les r\u00e9duisant \u00e0 la magie, \u00e0 la sorcellerie, \u00e0 l'idol\u00e2trie ou \u00e0 un vil charlatanisme ou \u00e0 la superstition (De la Torre et Mart\u00edn, 2016). En revanche, la perspective de la religiosit\u00e9 v\u00e9cue ne privil\u00e9gie pas la logique institutionnelle et eccl\u00e9siocentrique (qui sous-tend des orientations dogmatiques, th\u00e9ologiques ou normatives). Elle n'est pas non plus, comme le d\u00e9veloppe la th\u00e9orie des champs religieux de Pierre Bourdieu (1971), centr\u00e9e sur l'analyse institutionnelle ou les luttes pour la d\u00e9finition. La religion, entendue comme foi, n'est pas seulement g\u00e9r\u00e9e par la monopolisation des secrets du salut, ni n'acquiert son efficacit\u00e9 symbolique par la lutte pour la classification de la religion l\u00e9gitime, ni ne se soucie de savoir si ses pratiques et croyances sont sanctionn\u00e9es en tant qu'h\u00e9r\u00e9sie. Elle op\u00e8re dans une logique beaucoup plus pragmatique, dans laquelle l'appropriation de la ritualit\u00e9 catholique permet d'adapter la foi \u00e0 ses attentes quotidiennes et mat\u00e9rielles.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la vie quotidienne des croyants ordinaires (non clercs), il n'y a pas de division nette entre les pr\u00eatres et les la\u00efcs pratiquants. Il est vrai que les ordonn\u00e9s se r\u00e9servent l'usage exclusif de certains sacrements (comme la cons\u00e9cration de l'Eucharistie), mais il est \u00e9galement vrai que les \"agents para-eccl\u00e9siastiques\" (ceux qui organisent les processions et les p\u00e8lerinages des f\u00eates populaires) sont aussi des experts dans la gestion des f\u00eates, la v\u00e9n\u00e9ration des saints et les pri\u00e8res. Comme le souligne Su\u00e1rez (2008), il s'agit de gestionnaires sp\u00e9cialis\u00e9s dans la d\u00e9votion aux saints, autonomes par rapport au pouvoir cl\u00e9rical. Dans le cas des propri\u00e9taires et des utilisateurs d'autels, que nous appellerons \"agents extra-eccl\u00e9siastiques\", nous pouvons reconna\u00eetre qu'ils con\u00e7oivent et r\u00e9alisent leur pratique de mani\u00e8re autonome par rapport aux sp\u00e9cialistes institutionnels, et qu'ils pratiquent leur foi avec des rituels d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la Vierge et aux saints dans des espaces non eccl\u00e9siastiques. Nous proposons donc de les consid\u00e9rer comme des agents sp\u00e9cialis\u00e9s dans le culte domestique de la religiosit\u00e9 populaire autour des images de d\u00e9votion : \"Ils s'approprient des symboles et les appliquent ou les r\u00e9interpr\u00e8tent dans des situations particuli\u00e8res afin de s'aider eux-m\u00eames (pour r\u00e9soudre leurs situations financi\u00e8res ou pour se gu\u00e9rir d'une maladie)\" (Rostas et Droogers, 1995 : 87).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pr\u00e9sentons un essai photographique compos\u00e9 d'images de diff\u00e9rents autels avec des images catholiques que nous avons d\u00e9tect\u00e9s lors de diff\u00e9rentes visites de diff\u00e9rents quartiers et districts de la ville de Guadalajara et de la ville de Chapala (toutes deux situ\u00e9es \u00e0 Jalisco) ou en utilisant la strat\u00e9gie de la boule de neige, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle nous avons pu d\u00e9tecter qui avait un autel dans sa maison. De cette mani\u00e8re, l'attention est port\u00e9e sur l'agence de la mat\u00e9rialit\u00e9 des images qui sont des objets de foi et de d\u00e9votion. Il convient de noter que ces objets, qui ont g\u00e9n\u00e9ralement des visages humains, sont souvent v\u00e9cus et trait\u00e9s comme des \u00eatres anim\u00e9s dot\u00e9s d'une volont\u00e9 propre, de go\u00fbts sp\u00e9cifiques, de capacit\u00e9s sensibles et communicatives et d'un pouvoir extraordinaire d'intervention dans la vie de leurs adorateurs. Le respect, la propret\u00e9, la communication et m\u00eame la protection sont donc pratiqu\u00e9s autour d'eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons choisi trois sc\u00e9narios d'assemblage et de pratique d'autels : les autels domestiques (g\u00e9n\u00e9ralement priv\u00e9s et individuels et situ\u00e9s \u00e0 l'int\u00e9rieur des maisons) ; les autels sur les lieux de travail, tels que les bureaux, les \u00e9tals de march\u00e9, les cantines et les ateliers (ces espaces sont semi-priv\u00e9s, car ils sont pris en charge par une seule personne, mais sont vus et parfois l'objet de pratiques par les personnes qui fr\u00e9quentent ce lieu) et les autels de rue ou de quartier (qui sont des espaces publics et g\u00e9n\u00e8rent des pratiques collectives, et sont situ\u00e9s sur un trottoir, une place ou au coin d'une rue).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les catholiques mexicains et la tradition des autels \u00e0 domicile<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Selon les donn\u00e9es de <span class=\"small-caps\">inegi<\/span> Selon le recensement de 2010, la majorit\u00e9 (82,7%) des Mexicains sont catholiques. Pour en savoir plus sur les croyances et les pratiques des catholiques mexicains, nous examinerons les donn\u00e9es des enqu\u00eates suivantes <span class=\"small-caps\">encreur<\/span> 2016, qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu'un peu plus de la moiti\u00e9 des catholiques sont tr\u00e8s respectueux des divers rituels et c\u00e9r\u00e9monies. Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 (43,7%) des catholiques s'identifient comme des \"croyants par tradition\", car ils sont tr\u00e8s actifs dans le maintien des coutumes, des f\u00eates et des d\u00e9votions autour des images sacr\u00e9es qui ont un poids dans la tradition populaire du catholicisme de style mexicain (Hern\u00e1ndez, Guti\u00e9rrez Z\u00fa\u00f1iga et De la Torre, 2016). Il est surprenant de constater que plus des deux tiers (63,6%) des catholiques confirment avoir un autel \u00e0 la maison. Cela nous parle d'un catholicisme \"altariste\", qui imprime \u00e0 la tradition catholique mexicaine les caract\u00e9ristiques d'une religiosit\u00e9 autour d'images quotidiennes, domestiques, familiales et extra-eccl\u00e9siales.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pratique fait partie du bagage des coutumes, et beaucoup de ses praticiens l'ont apprise par la tradition orale. Bien qu'elle repr\u00e9sente une autonomie par rapport \u00e0 l'\u00c9glise et \u00e0 ses agents sp\u00e9cialis\u00e9s, il ne s'agit pas d'une spiritualit\u00e9 de l'\u00c9glise, mais d'une spiritualit\u00e9 de l'\u00c9glise. <em>soi<\/em> ou d'une d\u00e9sinstitutionnalisation religieuse, comme le sugg\u00e8rent les th\u00e9ories des nouvelles formes de religiosit\u00e9 contemporaine. Nous pouvons ajouter que la pratique des autels domestiques encourage une religiosit\u00e9 \"\u00e0 ma fa\u00e7on\", bas\u00e9e sur la formule mat\u00e9rielle du bricolage, avec laquelle les utilisateurs assemblent leur propre espace et r\u00e9cit du sacr\u00e9 avec diff\u00e9rents objets qui ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s (ou donn\u00e9s ou h\u00e9rit\u00e9s) pour former un autel personnalis\u00e9 o\u00f9 ils effectuent une pratique rituelle quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l'a soulign\u00e9 \u00e0 juste titre Christian Parker (1993), la religiosit\u00e9 latino-am\u00e9ricaine se d\u00e9veloppe selon \"une autre logique\", qui n'est pas r\u00e9solue par les formules rationalistes avec lesquelles les Europ\u00e9ens tentent de comprendre le changement religieux. Dans la religiosit\u00e9 populaire, il existe une autre fa\u00e7on de sentir, de penser, d'agir ; une alternative qui articule constamment des dichotomies telles que institutionnel\/populaire, dominant\/domin\u00e9, \u00e9lite\/peuple, \u00e9clair\u00e9\/ignorant, en attirant l'attention sur les dynamiques complexes de la religiosit\u00e9 populaire (Parker, 1993 : 192). De m\u00eame, Ren\u00e9e de la Torre propose de comprendre la religiosit\u00e9 populaire non pas dans l'axe de la religion officielle ni dans la proposition de nouvelles formes individualis\u00e9es de spiritualit\u00e9, mais comme un espace charni\u00e8re ou un milieu interm\u00e9diaire (<em>entre les deux<\/em>) o\u00f9 le sens pratique de la religion red\u00e9finit, actualise et r\u00e9interpr\u00e8te la tradition \u00e0 travers des n\u00e9gociations cr\u00e9atives continues (De la Torre, 2013). D'autre part, la gamme d'autonomie a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente dans la religiosit\u00e9 catholique populaire ; il ne s'agit pas de l'\u00e9mergence d'une individualisation d\u00e9riv\u00e9e d'un processus de s\u00e9cularisation, mais de la continuit\u00e9 d'une tradition qui est renouvel\u00e9e, mise \u00e0 jour et maintenue ad\u00e9quate pour trouver des r\u00e9ponses symboliques dans les circonstances actuelles. Ce sont des \u00e9l\u00e9ments que les chercheurs en religion \u00e9tudient rarement et qu'ils valorisent pour comprendre la religiosit\u00e9 des Mexicains.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme pr\u00e9vu, la ritualit\u00e9 des autels est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la foi des Guadaloup\u00e9ens : pr\u00e8s des deux tiers (59,4%) des catholiques ont d\u00e9di\u00e9 leur autel \u00e0 l'image de la Vierge de Guadalupe, \u00e0 des images du Christ (18,2%), \u00e0 d'autres invocations de la Vierge Marie (8,3%), et le reste \u00e0 d'autres saints consid\u00e9r\u00e9s comme puissants (Hern\u00e1ndez, Guti\u00e9rrez Z\u00fa\u00f1iga et De la Torre, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces donn\u00e9es confirment que le catholicisme pratiqu\u00e9 au Mexique est avant tout une religion iconophile o\u00f9, comme le disent Victor et Edith Turner (2008), il y a une pr\u00e9dominance des images religieuses. Selon ces auteurs, ces images imposent leurs signifiants (c'est-\u00e0-dire leur mat\u00e9rialit\u00e9) comme des signifiants du sacr\u00e9, du pouvoir miraculeux et de l'exp\u00e9rience communicative.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu'il s'agisse de la pratique la plus fr\u00e9quent\u00e9e par les catholiques mexicains, elle n'a pas fait l'objet d'une grande attention dans les \u00e9tudes anthropologiques et sociologiques, \u00e0 l'exception des \u00e9tudes chicanos qui mettent en \u00e9vidence les autels comme une caract\u00e9ristique de la religiosit\u00e9 mexicaine (Turner, 2008). Ce manque d'\u00e9tudes acad\u00e9miques est peut-\u00eatre d\u00fb au fait que cette pratique a \u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement stigmatis\u00e9e \u00e0 la fois au sein de l'\u00c9glise catholique et par les religions iconoclastes (telles que les mouvements \u00e9vang\u00e9liques, protestants et pentec\u00f4tistes) qui condamnent la d\u00e9votion aux images comme \u00e9tant de l'idol\u00e2trie.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre aspect qui peut expliquer le manque d'attention acad\u00e9mique peut \u00eatre la vision catholicocentrique qui a maintenu une grande influence dans les premi\u00e8res \u00e9tudes sociologiques au Mexique et dans le reste de l'Am\u00e9rique latine (De la Torre et Mart\u00edn, 2016), qui, parce qu'elle provient d'intellectuels catholiques, montre un certain malaise avec les pratiques baroques du catholicisme populaire. En somme, le poids de la disqualification des figures par le catholicisme sous la nomenclature de l'idol\u00e2trie, consid\u00e9r\u00e9e comme une d\u00e9viation de la foi, a nui \u00e0 leur importance en tant qu'objet d'\u00e9tude. Au-del\u00e0 des positions th\u00e9ologiques et des sermons de certains pr\u00eatres qui signalent l'idol\u00e2trie comme une d\u00e9viation du message du Christ et qui disqualifient comme superstitieuses de nombreuses d\u00e9votions qui consid\u00e8rent les symboles chr\u00e9tiens comme des talismans, les images religieuses et leur culte sp\u00e9cifique g\u00e9n\u00e8rent dans la pratique une idiosyncrasie qui nous permettra de comprendre la \"religiosit\u00e9 v\u00e9cue\" des catholiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Cristi\u00e1n Parker (1993) a d\u00e9fini la religiosit\u00e9 populaire latino-am\u00e9ricaine comme un facteur de g\u00e9n\u00e9ration d'une autre logique, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la logique du catholicisme populaire en Am\u00e9rique latine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Dans les maisons, on trouve presque toujours des portraits et des \"petits saints\" de la Vierge, des crucifix, des images, des gravures et des m\u00e9dailles de d\u00e9votion familiale. Les rituels imp\u00e9tratoires sont nombreux et multiformes, que ce soit par des gestes (se croiser, toucher les images, placer les enfants devant les images dans les sanctuaires, etc.) ou par des pri\u00e8res (Parker, 1993 : 183).<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l'a mentionn\u00e9 Ammerman, dans la vie quotidienne, les agents de la foi conf\u00e8rent un caract\u00e8re sacr\u00e9 \u00e0 tout objet ou artefact mat\u00e9riel (Ammerman, 2014). C'est pourquoi la m\u00e9thodologie de la religiosit\u00e9 v\u00e9cue est appropri\u00e9e, car elle se concentre sur la mat\u00e9rialit\u00e9 des objets religieux et s'int\u00e9resse \u00e0 la mani\u00e8re dont la pratique de ces objets est li\u00e9e \u00e0 quelque chose de sacr\u00e9, ainsi qu'aux relations \u00e9motionnelles et affectives que les pratiquants \u00e9tablissent avec les objets.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Analyse<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Autels et territoires<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les photographies nous montrent que les autels plac\u00e9s dans les environnements domestiques, les lieux de travail ou les espaces publics nous permettent de d\u00e9centraliser les pratiques d\u00e9votionnelles des institutions et de leurs temples. Les autels constituent des coins de sacralit\u00e9 qui permettent une religiosit\u00e9 domestique et quotidienne. C'est ainsi que plusieurs personnes interrog\u00e9es l'ont exprim\u00e9 : \"Pour moi, faire ma pri\u00e8re personnelle avec lui, au quotidien, c'est avoir un dialogue avec lui\".<\/p>\n\n\n\n<p>Cette religiosit\u00e9 ne n\u00e9cessite pas de connaissances th\u00e9ologiques ; elle est plut\u00f4t v\u00e9cue comme une foi et quitte les temples pour des espaces s\u00e9culiers qui rapprochent le religieux d'une exp\u00e9rience quotidienne : \"Je n'ai pas besoin d'aller \u00e0 la messe avec les pr\u00eatres, vous m'apportez le temple\". Je n'ai pas besoin d'aller \u00e0 la messe avec les pr\u00eatres, vous apportez le temple\". Ses praticiens ne sont pas r\u00e9gis par des normes eccl\u00e9siastiques ou liturgiques, mais par la mani\u00e8re dont ils associent la tradition \u00e0 la foi : \"Avec mon autel, je perp\u00e9tue la tradition de mon village d'origine. L\u00e0-bas, on avait l'habitude de porter le saint et de veiller sur lui toute la nuit, comme s'il s'agissait d'un petit mort. Je le d\u00e9die \u00e0 saint Jude Thadd\u00e9e, parce qu'il est le plus saint des saints.<\/p>\n\n\n\n<p>Les photos montrent diff\u00e9rents lieux o\u00f9 sont plac\u00e9s et pratiqu\u00e9s les autels, qui peuvent \u00eatre priv\u00e9s, familiaux, communautaires ou publics. La d\u00e9cision de les installer dans un lieu particulier d\u00e9pend de diff\u00e9rents aspects. Il n'y a pas de recette ou de r\u00e8gle. Dans certains cas, elle est due \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de maintenir vivante une tradition familiale : \"chez moi, toute la famille est catholique, et depuis mon enfance, mes parents m'ont enseign\u00e9 cette foi et nous avons continu\u00e9\". Dans d'autres cas, il s'agit d'un \u00e9v\u00e9nement miraculeux : \"un homme est venu faire cette chapelle parce qu'il s'\u00e9tait \u00e9cras\u00e9 au coin de la rue. C'\u00e9tait une collision tr\u00e8s forte, il a r\u00e9ussi \u00e0 s'\u00e9chapper, il est parti. Tout le quartier \u00e9tait dans l'obscurit\u00e9, et lui, en remerciement, est venu installer la chapelle ; il est toujours venu chaque ann\u00e9e\". Dans d'autres cas, ils le font par n\u00e9cessit\u00e9 de transporter leur d\u00e9votion dans un espace proche.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia601401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_24.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1228x921\" data-index=\"0\" data-caption=\"Figura 1. Fotograf\u00eda de Anel Salas. Guadalajara, 25 de junio de 2018.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia601401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_24.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Figure 1 : Photographie d'Anel Salas. Guadalajara, 25 juin 2018.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>C'est vous qui apportez le temple. Jos\u00e9 Luis, chargeur au Mercado de Abastos, 52 ans.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>L'une des caract\u00e9ristiques des images catholiques est qu'elles sont portables, ce qui permet de les d\u00e9placer et de les installer n'importe o\u00f9 : \"Il voulait aller \u00e0 la basilique pour demander \u00e0 la Vierge de lui rendre la sant\u00e9. J'ai donc pens\u00e9 que, puisqu'il ne pouvait pas sortir, il valait mieux amener la Vierge ici et lui dresser un autel\". Il est ainsi possible de cr\u00e9er des liens entre les pratiques de d\u00e9votion institutionnelles, para-eccl\u00e9siales, familiales ou individuelles. La portabilit\u00e9 des images g\u00e9n\u00e8re \u00e9galement des continuit\u00e9s entre les espaces priv\u00e9s, semi-publics, publics et eccl\u00e9siaux. N\u00e9anmoins, elle articule des logiques multiples.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s que des images sont plac\u00e9es dans un espace, l'agence des images le reconvertit en territoire sacr\u00e9, les fid\u00e8les commen\u00e7ant \u00e0 ritualiser en d\u00e9posant des offrandes (j'ai vu \u00e0 une occasion comment, \u00e0 l'a\u00e9roport de Guadalajara, il y avait une exposition de sculptures en bois, et l'une d'entre elles \u00e9tait l'image de la Vierge de Guadalupe. Au moment de son montage, l'image \u00e9tait accompagn\u00e9e de plusieurs bouquets de roses d\u00e9pos\u00e9s par les passagers). Ainsi, les croyants ordinaires s'approprient les symboles et peuvent les porter et les consacrer \u00e0 travers diff\u00e9rents rituels, comme les pri\u00e8res quotidiennes qui permettent de communiquer quotidiennement avec les forces et les \u00eatres sacr\u00e9s : \"Je suis oblig\u00e9 de prier le matin et le soir. Je me l\u00e8ve, je remercie le Seigneur Dieu de m'avoir laiss\u00e9 vivre\". Je me croise en sortant et je dis : \"Mon Dieu, prot\u00e9gez-moi des mauvaises choses qui sont dans la rue, prot\u00e9gez-moi\". \"Le matin et le soir, je prie avant de m'endormir et je prie mes enfants, je les b\u00e9nis, je b\u00e9nis ma maison et je m'endors en remerciant Dieu. \"Je fais ma pri\u00e8re personnelle avec lui tous les jours, il s'agit d'avoir un dialogue avec lui. Je lui dis ce que je ressens, ce que je porte, ce qui me fait mal, ce qui ne me fait pas mal, mes difficult\u00e9s, et cela quotidiennement\".<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_10.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"696x1125\" data-index=\"0\" data-caption=\"Figura 2. Fotograf\u00eda de Ren\u00e9e de la Torre, Colonia Tepeyac, Zapopan, 19 de agosto 2019.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_10.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Figure 2 : Photographie de Ren\u00e9e de la Torre, Colonia Tepeyac, Zapopan, 19 ao\u00fbt 2019.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Mon Dieu, prot\u00e8ge-moi des mauvaises choses qui se trouvent dans la rue, prot\u00e8ge-moi. Luc\u00eda, marchande de tamales, 67 ans. Originaire du quartier d'Atemajac.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Images, communication intime et rituels quotidiens<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La rencontre quotidienne avec les saints g\u00e9n\u00e8re une interaction avec l'esth\u00e9tique, qui \u00e9voque des sentiments \u00e0 caract\u00e8re normatif (piti\u00e9, souffrance, douleur, bont\u00e9, maternit\u00e9, tendresse, pardon), qui ont un caract\u00e8re p\u00e9dagogique dans l'\u00e9ducation sentimentale des catholiques, rarement \u00e9tudi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette communication est avant tout affective et sensible. Les figures catholiques (Vierges, saints et images de J\u00e9sus) ont une esth\u00e9tique qui les humanise et g\u00e9n\u00e8re une communication personnelle. L'esth\u00e9tique des images g\u00e9n\u00e8re \u00e9galement des sentiments et des \u00e9changes communicatifs, comme l'exprime le t\u00e9moignage suivant : \"J'ai l'Enfant-Dieu et je le v\u00e9n\u00e8re tous les jours de sa naissance, pour ne pas dire plus ; on lui change ses v\u00eatements, ce qui est traditionnel\". Parfois, on les nourrit, on leur parle, on les nettoie et les baigne, on les habille, on les chante, on les caresse, on les r\u00e9jouit et on s'occupe d'eux. Mais en plus d'\u00e9tablir ce lien semi-humain, on leur reconna\u00eet des pouvoirs surnaturels (magiques ou miraculeux) qui agissent dans la vie des fid\u00e8les. Par exemple, on les paie avec des offrandes, et on humanise continuellement l'offrande en disant qu'on met des fleurs pour leur faire plaisir. Ils permettent \u00e0 l'exp\u00e9rience religieuse d'\u00eatre une communication intime qui relie le transcendantal \u00e0 l'imm\u00e9diat.<\/p>\n\n\n\n<p>Les images catholiques exercent une communication avec le monde des esprits, des morts, des absents, avec Dieu. Leur mat\u00e9rialit\u00e9 est un support pour ce que Pablo Sem\u00e1n a appel\u00e9 une perspective cosmologique, \u00e0 travers laquelle la communication avec le monde des esprits est \u00e9tablie (Sem\u00e1n, 2008).<\/p>\n\n\n\n<p>Les images religieuses catholiques n'\u00e9voquent pas seulement des significations (comme les symboles naturels), mais sont v\u00e9n\u00e9r\u00e9es comme des artefacts dot\u00e9s d'un pouvoir miraculeux : \"elle a fait beaucoup de miracles pour moi\". Elles transmettent \u00e9galement des sensations agr\u00e9ables : \"Je me r\u00e9veille en me sentant bien, heureux, joyeux\", \"Je pense que j'ai beaucoup de paix, ou de tranquillit\u00e9, comme ceci ; je me retourne, je le vois, et je dis : comme c'est beau\". Elles ont le pouvoir d'intervenir dans le destin des gens, que ce soit pour att\u00e9nuer la tristesse, encourager la joie, orienter les pri\u00e8res, accompagner les afflictions ou prot\u00e9ger et assurer la s\u00e9curit\u00e9 dans la vie quotidienne et dans la sph\u00e8re priv\u00e9e. Les images sont consid\u00e9r\u00e9es comme les protectrices de la famille et du foyer.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l'a soulign\u00e9 Gilberto Gim\u00e9nez, une interaction d'\u00e9change s'\u00e9tablit avec les images :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"verse\">Les \u00eatres sacr\u00e9s sont toujours fid\u00e8les, par d\u00e9finition, aux r\u00e8gles qui r\u00e9gissent leurs relations avec les humains, et ils ne manquent jamais d'accomplir leurs d\u00e9vots selon les termes du contrat qui les oblige moralement \u00e0 les prot\u00e9ger et \u00e0 les assister... C'est pourquoi ils sont toujours fid\u00e8les aux r\u00e8gles qui r\u00e9gissent leurs relations avec les humains. <em>performances <\/em>des destinataires sacr\u00e9s sont toujours consid\u00e9r\u00e9es comme victorieuses et ne peuvent faire l'objet que de sanctions positives telles que la reconnaissance sociale et les \" preuves de glorification \". C'est ici que le monde des f\u00eates, des apoth\u00e9oses villageoises et des c\u00e9l\u00e9brations latreutiques, qui constituent l'autre versant de la c\u00e9r\u00e9monialit\u00e9 populaire, trouve son insertion naturelle (Gim\u00e9nez, 2013 : 249).<\/p>\n\n\n\n<p>Les photos mettent en \u00e9vidence les traits humanis\u00e9s \u00e9voqu\u00e9s par les visages et les corps de ces figures et tableaux auxquels les fid\u00e8les se rattachent. Ils expriment une forme de repr\u00e9sentation humaine, incarn\u00e9e dans l'image (peinte ou non). Ces caract\u00e9ristiques esth\u00e9tiques des saints, des vierges et des christs n'\u00e9taient pas seulement faites pour \u00eatre admir\u00e9es, mais aussi pour g\u00e9n\u00e9rer des sentiments et des \u00e9changes communicatifs (Turner, 2008). L'interaction avec ces figures n'est pas seulement contemplative, mais surtout communicative, sensorielle et sensible : \"Chaque ann\u00e9e, le 2 f\u00e9vrier, j'invite des amis \u00e0 habiller l'Enfant. En fait, il fait habiller sa marraine et nous faisons tout le rituel comme nous le faisions avant. Nous pr\u00e9parons quelque chose \u00e0 manger, je mets un petit drap pour donner l'enfant \u00e0 la camarade. Nous nettoyons l'enfant avec un peu d'huile pour b\u00e9b\u00e9, puis nous l'habillons. Il a des chaussures, il a des sous-v\u00eatements, il a des sous-v\u00eatements longs. Tous ces gens qui sont super anti-religion, anti-cures, tout, mais personne ne peut r\u00e9sister \u00e0 quelque chose d'aussi beau, c'est irr\u00e9sistible, n'est-ce pas ?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_14.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1049x1125\" data-index=\"0\" data-caption=\"Figura 3. Fotograf\u00eda de Ren\u00e9e de la Torre. Guadalajara, 2 de abril de 2019.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_14.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Figure 3 : Photographie de Ren\u00e9e de la Torre. Guadalajara, 2 avril 2019.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Personne ne peut r\u00e9sister \u00e0 quelque chose d'aussi mignon, c'est irr\u00e9sistible, n'est-ce pas ? Elena Mendez de la Pe\u00f1a, styliste et r\u00e9dactrice.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Efficacit\u00e9 symbolique<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cette d\u00e9votion ne requiert que la m\u00e9diation du croyant et sa pratique habituelle avec ses images. Mais l'efficacit\u00e9 symbolique des saints d\u00e9pend de plusieurs aspects, parmi lesquels nous pouvons citer : 1) le don. Dans de nombreux cas, les saints sont particuliers parce qu'ils ont \u00e9t\u00e9 h\u00e9rit\u00e9s ou re\u00e7us (donn\u00e9s) et non achet\u00e9s directement. Cela transforme l'objet qui, lorsqu'il est re\u00e7u en cadeau, cesse d'\u00eatre une simple marchandise et acquiert une vie et cesse d'\u00eatre un artefact inerte ou jetable, comme Marcel Mauss (1979) d\u00e9crit l'efficacit\u00e9 symbolique du don. 2) L'utilisation autog\u00e9r\u00e9e de rituels de cons\u00e9cration. Un autre processus d'authentification du pouvoir de l'image consacr\u00e9e r\u00e9side dans sa ritualisation par laquelle elle se transforme d'artefact ou de marchandise en une image b\u00e9nie ou sacralis\u00e9e qui prend m\u00eame la vie de cr\u00e9ature : \"si elle n'est pas encore baptis\u00e9e, elle n'est pas encore une cr\u00e9ature, mais si elle est d\u00e9j\u00e0 baptis\u00e9e, Dieu la reconna\u00eet d\u00e9j\u00e0 comme son enfant\". Ces rituels peuvent \u00eatre vari\u00e9s, y compris le contact avec l'eau b\u00e9nite : \"avant c'\u00e9tait juste une photo, maintenant (apr\u00e8s l'avoir asperg\u00e9e d'eau b\u00e9nite) c'est la Vierge de Guadalupe\", ou avoir \u00e9t\u00e9 b\u00e9nis par une autorit\u00e9 eccl\u00e9siastique, ou avoir \u00e9t\u00e9 acquis dans un sanctuaire : \"ils me les apportent en cadeau et je les mets l\u00e0, parce que ces images sont b\u00e9nies et donc elles b\u00e9nissent ma petite boutique\". 3) L'action des images. Elles sont dot\u00e9es d'un pouvoir d'action ou d'une volont\u00e9 propre qui leur permet de choisir leur sanctuaire, l'endroit o\u00f9 elles doivent se trouver et leur gardien. Souvent, ces objets ont le pouvoir de d\u00e9cider de l'endroit o\u00f9 ils se trouvent (par exemple, le cas de Saint Michel Archange, ou le cas de la Vierge de Zapopan qui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e au capitaine Chendo), d'appara\u00eetre soudainement (c'est le cas de la Vierge de Guadalupe qui est apparue dans le tronc de la colonie de la Constituci\u00f3n et le cas de la carte de pri\u00e8re de la Vierge du Puits).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_05.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1049x1125\" data-index=\"0\" data-caption=\"Figura 4. Fotograf\u00eda de Ren\u00e9e de la Torre. Zapopan, 7 de marzo de 2018.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_05.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_20.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1239x1125\" data-index=\"0\" data-caption=\"Figura 5. Fotograf\u00eda de Ren\u00e9e de la Torre, 15 de junio 2017.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_20.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Figure 4 : Photographie de Ren\u00e9e de la Torre. Zapopan, 7 mars 2018.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>S'il est d\u00e9j\u00e0 baptis\u00e9, Dieu le reconna\u00eet d\u00e9j\u00e0 comme son fils. Donato Hern\u00e1ndez, 35 ans, de Hidalgo, caissier chez Oxxo.<\/p>\n<\/div><div class=\"caption\">Figure 5 : Photographie de Ren\u00e9e de la Torre, 15 juin 2017.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Ces images sont b\u00e9nies et b\u00e9nissent ainsi ma petite boutique. Epicerie \u00e0 Chapala.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La nature autogestionnaire des rituels<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ces rituels de sacralisation sont autog\u00e9r\u00e9s, il existe une connaissance traditionnelle des rituels charg\u00e9e d'une accumulation de repr\u00e9sentations et d'un savoir faire. <em>habitus <\/em>acquis : \"J'ai la Vierge parce que c'est la m\u00eame que celle qu'ils ont chez moi\". Ce savoir-faire, mis en \u0153uvre par un bon sens savant, permet de modifier un objet (comme l'\u00e9voquent les t\u00e9moignages de l'essai photographique), qu'il s'agisse d'une feuille de calendrier, d'une image acquise au march\u00e9 ou d'un tableau apparu myst\u00e9rieusement dans le lieu, et qui, mont\u00e9 sur un autel et ritualis\u00e9 par des offrandes et des comportements de d\u00e9votion (pri\u00e8res, communication, soins particuliers), devient un objet \u00e0 v\u00e9n\u00e9rer au quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces objets sont capables de reclasser le temps ordinaire et l'espace quotidien en temps et espace sacr\u00e9s (Durkheim, 1995). L'installation d'un autel prescrit un nouveau mode de relation avec le lieu o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 : \"Je me prie pour m'endormir et je prie mes enfants, je les b\u00e9nis, je b\u00e9nis ma maison et je m'endors, je remercie Dieu\" ; \"Je le v\u00e9n\u00e8re tous les jours o\u00f9 il na\u00eet, pour dire quelque chose, nous changeons ses v\u00eatements, ce qui est traditionnel\".<\/p>\n\n\n\n<p>Les croyants ordinaires ne sont pas apostats et ne renient pas l'institution, mais sont li\u00e9s au religieux de mani\u00e8re individuelle ou communautaire par leur appropriation de la tradition (un savoir acquis par la tradition orale de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration). Cette possibilit\u00e9 de parvenir \u00e0 une pratique autonome de la foi se fait parfois par n\u00e9cessit\u00e9 (par exemple lorsqu'une personne malade ne peut se rendre \u00e0 l'\u00e9glise), voire permet une religiosit\u00e9 individualis\u00e9e en dehors des \u00e9glises, mais en continuit\u00e9 avec la tradition catholique. Dans d'autres cas, elle renforce leur engagement dans la foi catholique, car elle devient compl\u00e9mentaire de la fr\u00e9quentation de la messe ou du p\u00e8lerinage dans les sanctuaires. Ce que nous constatons dans plusieurs des t\u00e9moignages accompagnant les photographies, c'est qu'il existe une n\u00e9gociation permanente entre l'individu, la tradition familiale et la religion institutionnalis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de souligner qu'il n'existe pas de mod\u00e8le prescrit de ce que doit contenir un autel domestique ; les photos montrent la vari\u00e9t\u00e9 de ses compositions. Mais nous pouvons affirmer que les autels sont une concr\u00e9tisation mat\u00e9rielle de la foi d'une personne (il peut y avoir un saint principal et d'autres images ou objets qui l'accompagnent). Dans certains cas, il y a un personnage central et d'autres personnages qui l'accompagnent. Les images permettent \u00e9galement d'\u00e9tablir une communication symbolique entre le ciel et la terre avec la famille (par exemple, lorsque Mme Luc\u00eda place des photos de famille et m\u00eame l'urne contenant les restes de sa petite-fille et ses jouets). De cette mani\u00e8re, les autels \u00e9tablissent une communication entre le pr\u00e9sent et l'absent, les vivants et les d\u00e9funts, les \u00eatres humains et les \u00eatres divins. Ils repr\u00e9sentent un pont entre la visibilit\u00e9 et l'invisible. Ils repr\u00e9sentent aussi symboliquement la relation entre les saints et la biographie personnelle, puisque l'on place sur l'autel des objets qui renvoient \u00e0 des moments importants dont on souhaite se souvenir ou des objets personnels de membres de la famille, voire de rendre l'absent pr\u00e9sent en pla\u00e7ant des photographies de membres de la famille, comme celles d'anc\u00eatres d\u00e9c\u00e9d\u00e9s ou d'enfants ou de petits-enfants qui vivent \u00e0 l'\u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_11.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"542x885\" data-index=\"0\" data-caption=\"Figura 6. Fotograf\u00eda Ren\u00e9e de la Torre, Colonia Tepeyac, Zapopan, 19 de agosto 2019.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_11.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Figure 6 - Photographie Ren\u00e9e de la Torre, Colonia Tepeyac, Zapopan, 19 ao\u00fbt 2019.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Je ne leur permets pas de prendre mes jouets parce que ce sont les siens. Luc\u00eda, marchande de tamales, 67 ans. Originaire du quartier d'Atemajac.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Il est, comme le d\u00e9finit Turner (2008), un instrument de perp\u00e9tuation des relations productives, car il ne symbolise pas seulement les repr\u00e9sentations de leur foi, mais il est le lieu de la communication entre les divinit\u00e9s et les humains (<em>ibid<\/em>.). On y prie : \"Je prie pour m'endormir et je prie pour mes enfants, je les b\u00e9nis, je b\u00e9nis ma maison et je m'endors, je remercie Dieu\". On y demande et on y implore la r\u00e9solution de probl\u00e8mes : \"Il a fait beaucoup de miracles pour moi\". Ou simplement pour se sentir mieux : \"Alors je me r\u00e9veille en me sentant bien, heureux, joyeux\". \"Je me retourne, je le vois et je dis : comme c'est beau ! Les images se voient attribuer le r\u00f4le de protecteurs de la famille et du foyer.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Caract\u00e8re performatif du territoire<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il est pertinent de souligner le caract\u00e8re performatif des autels dans l'espace public. Rita Segato (2007) nous invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux effets de l'iconicit\u00e9 sur la restructuration contemporaine du territoire et, en ce sens, les photographies et les t\u00e9moignages montrent que lorsqu'un autel est plac\u00e9, l'espace se transforme en un lieu religieux, dot\u00e9 d'une identit\u00e9, d'une m\u00e9moire et d'une capacit\u00e9 \u00e0 se diff\u00e9rencier du reste des espaces profanes. Les images dans les espaces publics de certains des quartiers que nous avons visit\u00e9s modifient la relation des voisins avec les lieux o\u00f9 des autels ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s. Elles parviennent \u00e0 transformer un espace sombre en un lieu \u00e9clair\u00e9, un espace abandonn\u00e9 en un lieu pratiqu\u00e9, une d\u00e9charge en un lieu propre, un lieu dangereux en un lieu de coexistence, un lieu vandalis\u00e9 en un espace respect\u00e9 et v\u00e9n\u00e9r\u00e9. Les images de la Vierge dans les rues permettent une appropriation communautaire de l'espace public. L'impact que l'autel g\u00e9n\u00e8re sur ses habitants est g\u00e9n\u00e9ralement de nature positive et harmonieuse, car dans le contexte social de violence que conna\u00eet actuellement le Mexique, il existe des quartiers et des districts qui sont endommag\u00e9s par la pr\u00e9sence du trafic de drogue ou par diff\u00e9rentes activit\u00e9s criminelles. Ces cas montrent la r\u00e9appropriation et la recomposition symbolique du territoire orient\u00e9e vers un sens religieux, capable d'\u00e9tablir d'autres logiques de coexistence, de bien-\u00eatre et d'harmonie communautaire entre les habitants.<\/p>\n\n\n\n<p>Les images plac\u00e9es dans l'espace public transforment les coins de rue, les trottoirs ou les murs en autels publics et g\u00e9n\u00e8rent m\u00eame des pratiques communautaires. L'espace change d'usage, il n'est plus graffit\u00e9, il n'est plus une poubelle, il est \u00e9clair\u00e9, il est nettoy\u00e9 et m\u00eame les passants s'arr\u00eatent pour faire le signe de croix ou prier l'image. L'endroit est transform\u00e9 en un lieu sacr\u00e9. Souvent, ces lieux \u00e9taient des lieux de vandalisme ou d'ins\u00e9curit\u00e9, et ils sont transform\u00e9s en espaces valoris\u00e9s par la communaut\u00e9. Les rituels publics g\u00e9n\u00e8rent des pratiques qui n'impliquent pas une rupture ou une d\u00e9sinstitutionnalisation de la religiosit\u00e9 v\u00e9cue et sont souvent compl\u00e9mentaires des liturgies eccl\u00e9siastiques : \"Cette chapelle est bien connue des colons, lorsqu'ils viennent ici pour la messe dans l'\u00e9glise voisine, ils disent aussi la messe ici de l'autre c\u00f4t\u00e9, parce qu'ils apportent la Vierge p\u00e8lerine de l'\u00e9glise, et la messe est dite, il y a une r\u00e9union, un d\u00eener, mais les p\u00e8lerins viennent pour apporter quelque chose\". Mais nous avons aussi vu qu'ils peuvent \u00eatre h\u00e9t\u00e9rodoxes, ouverts au syncr\u00e9tisme et au renouvellement des cultes (par exemple, lorsque d'autres images sont introduites, comme dans le cas de la Santa Muerte) et peuvent m\u00eame s'\u00e9carter des normes institu\u00e9es par les congr\u00e9gations, tout en restant li\u00e9s \u00e0 elles par la tradition (Hervieu-L\u00e9ger, 1996) et pas n\u00e9cessairement avec les sp\u00e9cialistes du sacr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_33.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1049x930\" data-index=\"0\" data-caption=\"Figura 7. Fotograf\u00eda Ren\u00e9e de la Torre. Barrio de San Miguel, Chapala, 26 de marzo de 2018.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801401.us.archive.org\/19\/items\/encartesvol3num5-multimedia\/de_la_torre_salas_anel-altares_vemos_33.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Figure 7 : Photographie Ren\u00e9e de la Torre. Barrio de San Miguel, Chapala, 26 mars 2018.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>En toi nous pla\u00e7ons toute notre esp\u00e9rance. Tu es notre vie et notre r\u00e9confort. Mme Ortiz. 53 ans. Femme au foyer et m\u00e8re du d\u00e9funt.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet essai a montr\u00e9 la mat\u00e9rialisation des croyances individuelles et collectives inscrites dans la religiosit\u00e9 quotidienne des croyants catholiques. La photographie permet de montrer la pertinence du \"material turn\" dans l'\u00e9tude de la religiosit\u00e9, de saisir la force de l'esth\u00e9tique avec les articulations symboliques qui donnent forme et sens \u00e0 l'exp\u00e9rience religieuse dans la vie quotidienne. Cependant, pour comprendre les significations et les appropriations qu'ils g\u00e9n\u00e8rent, il est n\u00e9cessaire de les inscrire dans les r\u00e9cits de leurs utilisateurs. Ceux-ci nous permettent de comprendre les significations, les usages et les effets que les mat\u00e9rialit\u00e9s religieuses ont sur la vie quotidienne des croyants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce projet sur la mat\u00e9rialit\u00e9 sacr\u00e9e inclut davantage d'expressions religieuses ; cependant, nous avons pr\u00e9sent\u00e9 une partie limit\u00e9e qui nous permet de d\u00e9voiler la richesse en tant qu'objet d'\u00e9tude et de changement de paradigme qu'offre le concept de religiosit\u00e9 v\u00e9cue. En m\u00eame temps, nous avons expos\u00e9, \u00e0 travers l'analyse photographique, la capacit\u00e9 performative et l'agence qui transforment les espaces, les comportements quotidiens, les pratiques individuelles et sociales, qui \u00e0 leur tour sont les m\u00eames qui l\u00e9gitiment la pr\u00e9sence de ces manifestations mat\u00e9rielles du sacr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La perspective de la religiosit\u00e9 v\u00e9cue nous permet d'entrer dans la compr\u00e9hension du poids et de la valeur de la foi dans la vie quotidienne. Plus que les dogmes, les normes ou les \u00e9laborations th\u00e9ologiques des institutions, ce qui donne un sens \u00e0 la religiosit\u00e9 extra-eccl\u00e9siale, c'est la communication intime avec le surnaturel et sa proximit\u00e9 avec l'entrelacement des affections, des exp\u00e9riences familiales ou de voisinage et la recherche de consolation et de solutions aux besoins ressentis. La religiosit\u00e9 v\u00e9cue nous permet de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l'action des sujets, non pas en tant que simples consommateurs de religion, mais dans le cadre d'une n\u00e9gociation constante et d'une recr\u00e9ation cr\u00e9ative du sacr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les acteurs extra-eccl\u00e9siastiques agissent en mettant en pratique une <em>habitus <\/em>acquis par la transmission orale et par la circulation des images. La reconnaissance de leurs pouvoirs ne n\u00e9cessite pas l'autorisation du cur\u00e9 ou de l'\u00c9glise, car ils ont leurs propres crit\u00e8res d'authentification et de sacralisation des images religieuses. Ils n'ont pas non plus besoin de recourir \u00e0 un manuel, mais il s'agit plut\u00f4t d'un savoir acquis par la tradition, qui est re-signifi\u00e9 et mis \u00e0 jour en fonction des attentes et des exp\u00e9riences personnelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Les photographies et les t\u00e9moignages montrent que partout o\u00f9 un autel est plac\u00e9, une exp\u00e9rience religieuse se met en place \u00e0 partir d'un savoir-faire symbolique qui \u00e9tablit une communication entre le monde physique et le monde surnaturel, entre le temps profane et le temps sacr\u00e9. Les autels et les images qui les peuplent constituent la m\u00e9diation mat\u00e9rielle et symbolique de l'exp\u00e9rience religieuse v\u00e9cue au quotidien. Une religiosit\u00e9 entre la tradition catholique et la subjectivit\u00e9 des croyants dans des espaces non institutionnalis\u00e9s. L'installation d'autels transforme la pratique religieuse en une sorte de \"zagu\u00e1n\" (espace interm\u00e9diaire d'entr\u00e9e et de sortie situ\u00e9 entre l'entr\u00e9e des habitations et la sortie de la rue dans les vieilles maisons et les quartiers du Mexique). La \"religiosit\u00e9 du zagu\u00e1n\" se mat\u00e9rialise dans les autels et g\u00e9n\u00e8re des logiques quotidiennes d'interm\u00e9diation du sacr\u00e9 entre la foi priv\u00e9e et la religiosit\u00e9 publique, entre la religiosit\u00e9 personnelle et la tradition religieuse, entre la continuit\u00e9 de la coutume et sa mise \u00e0 jour pour faire face aux nouvelles situations du pr\u00e9sent. Nous pouvons consid\u00e9rer les autels comme des charni\u00e8res qui articulent l'espace priv\u00e9 (de la maison) dans lequel ils cohabitent avec les images religieuses pr\u00e9sentes dans les chapelles et les temples, afin d'\u00e9tendre la pratique religieuse et la d\u00e9votion \u00e0 la sph\u00e8re domestique et familiale ; l'espace semi-priv\u00e9 est colonis\u00e9 par la foi personnelle qui, en pla\u00e7ant son autel, sacralise les espaces destin\u00e9s au travail (g\u00e9n\u00e9ralement les bureaux, les ateliers et les magasins), et l'espace public, qui devrait \u00eatre la\u00efque par excellence, est transform\u00e9 par les autels de rue en territoires de foi collectifs et communautaires, ayant la capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer et de transformer l'espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9tude ouvre un horizon \u00e9pist\u00e9mologique qui demande plus d'attention de la part des \u00e9tudes sur la religiosit\u00e9 ordinaire et quotidienne, sur le poids sensible de sa mat\u00e9rialit\u00e9, sur l'esth\u00e9tique qui g\u00e9n\u00e8re des sensibilit\u00e9s humanis\u00e9es, sur la communication intime qui relie l'invisible au visible, sur les sens de sacralisation et de s\u00e9curit\u00e9 ou de bien-\u00eatre qui y sont associ\u00e9s, sur l'actualisation de la tradition. Elle nous entra\u00eene dans l'\u00e9tude de la pratique de la foi dans l'actualit\u00e9 imm\u00e9diate de ses pratiquants, l\u00e0 o\u00f9 la religiosit\u00e9 est encore en vigueur pour r\u00e9soudre et accompagner leurs routines quotidiennes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ammerman, Nancy (2007). <em>Everyday Religion: Observing Modern Religious Lives<\/em>. Oxford: Oxford University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ammerman, Nancy (2014). <em>Sacred Stories, Spiritual Tribes: Finding Religion in Everyday Life<\/em>. Nueva York: Oxford University Press. https:\/\/doi.org\/10.1093\/acprof:oso\/9780199896448.001.0001<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Austin, John L.(1982). C<em>\u00f3mo hacer cosas con palabras: palabras y acciones<\/em>. Barcelona: Paid\u00f3s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bourdieu, Pierre (1971). \u201cGen\u00e8se et structure du champ religieux\u201d, en <em>Revue fran\u00e7aise de Sociologie<\/em>, vol. 12, pp.295-334. https:\/\/doi.org\/10.2307\/3320234<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Durkheim, \u00c9mile (1995). <em>Las formas elementales de la vida religiosa<\/em>. M\u00e9xico: Ediciones Coyoac\u00e1n.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Gim\u00e9nez Montiel, Gilberto (2013). <em>Cultura popular y religi\u00f3n en el An\u00e1huac.<\/em> Aguascalientes: Universidad de Aguascalientes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Hern\u00e1ndez, Alberto, Cristina Guti\u00e9rrez Z\u00fa\u00f1iga y Ren\u00e9e de la Torre (2016). <em>Informe de resultados. Encuesta Nacional sobre Creencias y Pr\u00e1cticas Religiosas en M\u00e9xico, <\/em><span class=\"small-caps\">rifrem<\/span>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">colef, coljal, ciesas, conacyt, rifreem<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Hervieu-L\u00e9ger, Dani\u00e8le (1996). \u201cPor una sociolog\u00eda de las nuevas formas de la religiosidad\u201d, en Gilberto Gim\u00e9nez (comp.), <em>Identidades religiosas y sociales en M\u00e9xico<\/em>, pp. 23-46. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ifal, iis unam<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Latour, Bruno (2012). <em>Nunca fuimos modernos. Ensayos de antropolog\u00eda sim\u00e9trica<\/em>. M\u00e9xico: Siglo <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Mauss, Marcel (1979). <em>Sociolog\u00eda y antropolog\u00eda<\/em>. Madrid: Tecnos. Primera impresi\u00f3n: 1924.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">McGuire, Meredith (2008). <em>Lived Religion. Faith and Practice in Everyday Life<\/em>. Nueva York: Oxford University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Orsi, Robert A. (2005). <em>Between Heaven and Earth: The Religious Worlds People Make and the Scholars Who Study Them<\/em>. Nueva Jersey: Princeton University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Parker, Cristi\u00e1n (1993). <em>Otra l\u00f3gica en Am\u00e9rica Latina. Religi\u00f3n popular y modernizaci\u00f3n capitalista<\/em>. Santiago de Chile: Fondo de Cultura Econ\u00f3mica.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rostas, Susanna y Andr\u00e9 Droogers (1995). \u201cEl uso popular de la religi\u00f3n popular en Am\u00e9rica Latina: una introducci\u00f3n\u201d, en <em>Revista Alteridades<\/em>, vol. 5, n\u00fam. 9, pp. 81-91.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Segato, Rita Laura (2007). <em>La Naci\u00f3n y sus otros. Raza, etnicidad y diversidad religiosa en tiempos de pol\u00edticas de la identidad<\/em>. Buenos Aires: Prometeo Libros.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Sem\u00e1n, Pablo (2008). \u201cCosmolog\u00eda holista y relacional: una corriente de la religiosidad popular contempor\u00e1nea\u201d, en Ari Pedro Oro (ed.), <em>Latinidade da Am\u00e9rica Latina: enfoques socio-antropol\u00f3gicos<\/em>, pp. 291-318. Sao Paulo: Hucitec.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Su\u00e1rez, Hugo Jos\u00e9 (2008). \u201cPeregrinaci\u00f3n barrial de la Virgen de San Juan de los Lagos en Guanajuato. 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Mexican American Altaristas in Texas\u201d, en Gast\u00f3n Espinoza y Mario Garc\u00eda (ed<em>.<\/em>)<em>, Mexican American Religions. Spirituality, Activism, and Cultures<\/em>. Durham y Londres: Duke Universitiy.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Turner, Victor y Edith Turner (2017). \u201cIconophily and Iconoclasm in Marian Pilgrimage\u201d, en Kristin Norget, Valentina Napolitano y Maya Mayblin (ed.), <em>The Anthropology of Catholicism<\/em>, pp. 71-79. Oakland: University of California Press. Primera impresi\u00f3n: 1978. https:\/\/doi.org\/10.1525\/california\/9780520288423.003.0006<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\" translation-block\">&lt;Ce travail consiste en un essai photographique sur les autels domestiques, accompagn\u00e9 des r\u00e9cits de leurs propri\u00e9taires, et vise \u00e0 aborder la religiosit\u00e9 catholique pratiqu\u00e9e au quotidien dans des espaces non eccl\u00e9siastiques. Le travail ethnographique (bas\u00e9 sur des enregistrements photographiques et des entretiens) se concentre sur la mat\u00e9rialit\u00e9 des autels (qui rendent les croyances visibles) et sur les r\u00e9cits qui rendent compte des significations symboliques, des appropriations et des utilisations des images catholiques dans la vie ordinaire des croyants. Nous abordons trois sc\u00e9narios dans lesquels les autels sont install\u00e9s et pratiqu\u00e9s : domestiques (ils sont g\u00e9n\u00e9ralement priv\u00e9s et individuels et se trouvent \u00e0 l&#039;int\u00e9rieur des maisons) ; semi-priv\u00e9s (dans les lieux de travail, tels que les bureaux, les \u00e9tals de march\u00e9, les cantines et les ateliers), qui, bien que pris en charge par une personne, ne sont pas \u00e0 usage exclusif, sont expos\u00e9s et sont parfois \u00e0 l&#039;origine des pratiques de ceux qui fr\u00e9quentent ce lieu ; et publics (rue ou quartier), qui sont plac\u00e9s dans des espaces ouverts (sur un trottoir, une place ou un coin) et activent des pratiques collectives, voire sont sauvegard\u00e9s par une communaut\u00e9. Nous consid\u00e9rons qu&#039;il s&#039;agit d&#039;une proposition m\u00e9thodologique nouvelle pour aborder la compr\u00e9hension des exp\u00e9riences religieuses et de leurs logiques non eccl\u00e9siastiques.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[60,592,595,593,594,591],"coauthors":[551],"class_list":["post-31806","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-11","tag-altares","tag-catolicismo-popular","tag-estetica","tag-imagenes-re-ligiosas","tag-materialidad","tag-religiosidad-vivida","personas-salas-anel-victoria","personas-torre-castellanos-renee-de-la","numeros-616"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Altares vemos, significados no sabemos &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Ensayo fotogr\u00e1fico sobre altares dom\u00e9sticos y tiene como objetivo abordar la religiosidad cat\u00f3lica que se practica de manera cotidiana.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/de-la-torre-salas-altares-religiosidad-guadalajara\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Altares vemos, significados no sabemos &#8211; 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