{"id":31420,"date":"2020-03-23T01:31:18","date_gmt":"2020-03-23T01:31:18","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/?p=31420"},"modified":"2023-11-17T18:44:02","modified_gmt":"2023-11-18T00:44:02","slug":"azaola-mujeres-adolescentes-delitos-violentos-mexico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/azaola-mujeres-adolescentes-delitos-violentos-mexico\/","title":{"rendered":"Les adolescentes qui commettent des crimes violents au Mexique"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"abstract wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><p class=\"no-indent translation-block\"><span class=\"dropcap\">Ce document a pour but de r\u00e9fl\u00e9chir aux caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques des crimes violents impliquant des adolescentes au Mexique. Il s'appuie sur une \u00e9tude qui a consist\u00e9 \u00e0 mener 730 entretiens avec des adolescents et adolescentes priv\u00e9s de libert\u00e9 dans 17 \u00c9tats mexicains. La question qui a motiv\u00e9 cette \u00e9tude est la suivante : existe-t-il une relation entre les conditions de vuln\u00e9rabilit\u00e9 que les adolescents ont connues dans leur petite enfance (Adverse Child Experiences) et les crimes violents qu'ils ont commis ? Dans cet article, nous citons les t\u00e9moignages de neuf adolescentes qui nous permettent d'analyser les traits qui distinguent les comportements violents qu'elles adoptent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/adolescentes\/\" rel=\"tag\">adolescents<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/delincuencia\/\" rel=\"tag\">crime<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/mujeres\/\" rel=\"tag\">femmes<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/violencia\/\" rel=\"tag\">violence<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/vulnerabilidad\/\" rel=\"tag\">vuln\u00e9rabilit\u00e9<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"en-title\"><span class=\"small-caps\">Les adolescentes qui commettent des crimes violents au Mexique<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">L'objectif de ce travail est de r\u00e9fl\u00e9chir aux caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques des crimes violents auxquels participent les adolescents au Mexique. Il est bas\u00e9 sur une \u00e9tude qui a consist\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser 730 entretiens avec des adolescents, hommes et femmes, d\u00e9tenus dans 17 \u00c9tats de la R\u00e9publique. La question qui a motiv\u00e9 cette \u00e9tude \u00e9tait la suivante : existe-t-il une relation entre les conditions de vuln\u00e9rabilit\u00e9 v\u00e9cues par les adolescents dans leur petite enfance (Adverse Child Experiences) et les crimes violents qu'ils commettent ? Dans ce travail, nous citons les t\u00e9moignages de neuf adolescentes qui permettent d'analyser les traits qui distinguent les comportements violents auxquels elles participent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots cl\u00e9s : femmes, adolescents, violence, criminalit\u00e9, vuln\u00e9rabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vuln\u00e9rabilit\u00e9 et violence<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent translation-block\"><span class=\"dropcap\">Ce document s'appuie sur une \u00e9tude que nous avons r\u00e9alis\u00e9e en 2016 sur les probl\u00e8mes rencontr\u00e9s et les circonstances pr\u00e9c\u00e9dant la commission de crimes violents par des adolescents et adolescentes priv\u00e9s de libert\u00e9 au Mexique (Azaola, 2017). Bien que notre objectif dans cet article soit d'analyser les caract\u00e9ristiques qui distinguent les crimes commis par les femmes, nous ferons d'abord bri\u00e8vement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l'approche et aux r\u00e9sultats de cette \u00e9tude, afin de pouvoir placer les r\u00e9sultats concernant les adolescentes dans leur contexte.<\/p>\n\n\n\n<p>Un nombre consid\u00e9rable d'\u00e9tudes ont montr\u00e9 de mani\u00e8re empirique les effets des exp\u00e9riences n\u00e9gatives v\u00e9cues par les enfants, <span class=\"small-caps\">as<\/span>) sur la sant\u00e9 physique et mentale des personnes (Felitti et Anda, 2014 : 203-215), ainsi que sur le comportement criminel \u00e0 des stades ult\u00e9rieurs (Reavis, Looman, Franco et Rojas, 2013 : 44-48).<\/p>\n\n\n\n<p>Notre \u00e9tude se concentre sur les conditions de vuln\u00e9rabilit\u00e9 v\u00e9cues pendant la petite enfance en tant qu'ant\u00e9c\u00e9dents possibles des crimes violents commis par des adolescents et des adolescentes. Nous tentons de montrer ce que ces conditions sont susceptibles de produire lorsque les m\u00e9canismes qui auraient d\u00fb prot\u00e9ger les enfants et les emp\u00eacher d'en arriver aux extr\u00eames qu'ils ont atteints, avec des dommages et des cons\u00e9quences graves pour eux-m\u00eames et pour la soci\u00e9t\u00e9, n'existent pas ou ne fonctionnent pas de mani\u00e8re ad\u00e9quate.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre \u00e9tude r\u00e9cente sur les conditions auxquelles sont confront\u00e9s les adolescents au Mexique souligne que l'abandon scolaire, les emplois de mauvaise qualit\u00e9, le manque et la mauvaise qualit\u00e9 des services essentiels, l'absence de protection sociale, les grossesses pr\u00e9coces et la reproduction du cycle de la pauvret\u00e9 ne sont que quelques-uns des impacts qui affectent les adolescents \u00e0 vie, et plus encore ceux qui, en raison de leurs caract\u00e9ristiques ethniques, de genre et\/ou d'exclusion, courent un plus grand risque de tomber dans de telles conditions ou de les perp\u00e9tuer. Selon la m\u00eame source, ces conditions sont destructrices et sapent la confiance, la coh\u00e9sion sociale, la croissance \u00e9conomique et la paix (Save the Children, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>L'\u00e9tude que nous avons r\u00e9alis\u00e9e tente de rendre visible et, dans la mesure du possible, intelligible la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par les adolescents priv\u00e9s de libert\u00e9 pour avoir commis des d\u00e9lits graves, en particulier ceux dans lesquels ils ont fait usage de violence. Un autre objectif de l'\u00e9tude \u00e9tait de pouvoir \u00e9couter les voix et les t\u00e9moignages d'adolescents qui sont en d\u00e9tention et n'ont donc pas la possibilit\u00e9 de se faire entendre. Un pr\u00e9c\u00e9dent important pour une \u00e9tude similaire est le rapport de 2012 du procureur g\u00e9n\u00e9ral des \u00c9tats-Unis, qui a ordonn\u00e9 la formation d'un groupe de travail sp\u00e9cial pour enqu\u00eater sur les effets de la violence sur les enfants qui y ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s. Le rapport note que la grande majorit\u00e9 des enfants impliqu\u00e9s dans le syst\u00e8me judiciaire ont surv\u00e9cu \u00e0 l'exposition \u00e0 la violence et vivent avec le traumatisme de cette exp\u00e9rience. Le fait d'avoir \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rents types de violence au cours de leur vie et d'\u00eatre entre les mains du syst\u00e8me judiciaire n'est pas une co\u00efncidence. Selon le rapport, l'exposition \u00e0 la violence conduit souvent \u00e0 la m\u00e9fiance, \u00e0 l'hypervigilance, \u00e0 un comportement impulsif, \u00e0 l'isolement, \u00e0 la toxicomanie, au manque d'empathie ou \u00e0 la difficult\u00e9 \u00e0 s'occuper des autres, et \u00e0 l'agression comme moyen d'autoprotection. Lorsque les enfants et les adolescents subissent des violences r\u00e9p\u00e9t\u00e9es ou prolong\u00e9es, leur corps et leur cerveau s'adaptent pour se concentrer sur la survie, ce qui r\u00e9duit leur capacit\u00e9 \u00e0 contr\u00f4ler leurs impulsions et \u00e0 retarder la satisfaction. \"Les adolescents qui tentent de se prot\u00e9ger de la violence ou qui ne savent pas comment faire face \u00e0 leur exp\u00e9rience de la violence peuvent adopter un comportement criminel pour avoir un sentiment de contr\u00f4le sur leur vie chaotique et pour faire face aux troubles \u00e9motionnels et aux obstacles \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 la r\u00e9ussite que la violence cr\u00e9e\" (Department of Justice, 2012, p. 171-172).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9thodologie<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Nous avons utilis\u00e9 un ensemble de m\u00e9thodes et de techniques de recherche quantitatives et qualitatives. Nous avons men\u00e9 une enqu\u00eate et recueilli, par le biais de questions ouvertes, les histoires et les t\u00e9moignages d'adolescents et d'adolescentes plac\u00e9s dans des centres de d\u00e9tention dans 17 \u00c9tats de la R\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats de notre \u00e9tude portent sur un total de 730 adolescents et adolescentes interrog\u00e9s entre 2014 et 2016. Ce nombre de r\u00e9pondants repr\u00e9sente 19% de la population totale. <br>(3 761) des adolescents qui ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s de libert\u00e9 en 2016, ce qui nous a permis d'avoir une image tr\u00e8s compl\u00e8te des adolescents qui commettent des crimes violents dans notre pays. Sur les 730 adolescents interrog\u00e9s, 631 sont des hommes (86%) et 99 sont des femmes (14%). Bien que les filles ne repr\u00e9sentent que 4% de la population totale d'adolescents priv\u00e9s de libert\u00e9, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de les surrepr\u00e9senter dans notre \u00e9chantillon afin d'avoir une id\u00e9e plus d\u00e9taill\u00e9e des probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques auxquels elles sont confront\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La combinaison d'outils quantitatifs et qualitatifs nous a donn\u00e9 la possibilit\u00e9 d'obtenir deux types de connaissances tr\u00e8s pr\u00e9cieuses et compl\u00e9mentaires. L'enqu\u00eate nous a permis de nous faire une id\u00e9e tr\u00e8s pr\u00e9cise des caract\u00e9ristiques de la population dans son ensemble dans les centres de d\u00e9tention pour adolescents des institutions que nous avons \u00e9tudi\u00e9es. D'autre part, les r\u00e9cits que nous avons reconstruits \u00e0 partir des questions ouvertes nous ont permis d'approfondir les sp\u00e9cificit\u00e9s et les trajectoires de vie individuelles des adolescents ayant commis des crimes violents. Tout cela - que nous ne pouvons pr\u00e9senter ici que de mani\u00e8re tr\u00e8s synth\u00e9tique - peut \u00eatre consult\u00e9 plus en d\u00e9tail dans le rapport de l'\u00e9tude (Azaola, 2017).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Principales conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Nous passerons bri\u00e8vement en revue certaines des donn\u00e9es les plus importantes de l'\u00e9tude, puis nous nous int\u00e9resserons aux adolescentes.<\/p>\n\n\n\n<p>L'une des conclusions les plus importantes est que, parmi les adolescents priv\u00e9s de libert\u00e9, nous avons trouv\u00e9 des donn\u00e9es sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 qui, dans tous les indicateurs, sans exception, d\u00e9passent celles de la population adolescente moyenne au Mexique. Les donn\u00e9es suivantes sur ceux qui ont particip\u00e9 \u00e0 notre \u00e9tude illustrent ce point.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>62% avait des parents s\u00e9par\u00e9s<\/li><li>60% a un ou plusieurs membres de sa famille qui ont \u00e9t\u00e9 en prison<\/li><li>43% a quitt\u00e9 le domicile temporairement ou d\u00e9finitivement<\/li><li>31% a quitt\u00e9 le domicile familial en raison de probl\u00e8mes familiaux<\/li><li>22% n'a pas connu son p\u00e8re<\/li><li>40% a subi des violences physiques fr\u00e9quentes<\/li><li>34% avait fr\u00e9quemment subi des insultes ou des humiliations<\/li><li>12% a \u00e9t\u00e9 victime d'abus sexuels<\/li><li>57% a v\u00e9cu avec des adultes consommant fr\u00e9quemment de l'alcool<\/li><li>30% a v\u00e9cu avec des adultes consommant fr\u00e9quemment des drogues<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne la scolarisation et les conditions socio-\u00e9conomiques, \u00e9galement nettement inf\u00e9rieures \u00e0 la moyenne des adolescents au Mexique, nous constatons ce qui suit :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>4% n'est jamais all\u00e9 \u00e0 l'\u00e9cole<\/li><li>15% n'a suivi qu'un enseignement primaire incomplet<\/li><li>17% a termin\u00e9 l'\u00e9cole primaire<\/li><li>28% enseignement secondaire incomplet<\/li><li>20% a termin\u00e9 l'\u00e9cole secondaire<\/li><li>16% a fr\u00e9quent\u00e9 l'\u00e9cole secondaire \u00e0 un niveau quelconque<\/li><li>53% a dit qu'il n'aimait pas l'\u00e9cole<\/li><li>51% a qualifi\u00e9 la situation \u00e9conomique de sa famille de \"correcte\".<\/li><li>31% a d\u00e9crit la situation \u00e9conomique de sa famille comme \"mauvaise\" et a d\u00e9clar\u00e9 qu'il n'y avait pas assez de nourriture \u00e0 la maison.<\/li><li>89% avaient travaill\u00e9 avant d'\u00eatre priv\u00e9s de libert\u00e9<\/li><li>37% ont commenc\u00e9 \u00e0 travailler avant d'avoir atteint l'\u00e2ge de 12 ans<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Il convient de souligner la plus grande vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 laquelle les adolescents ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s en abandonnant l'\u00e9cole et en entrant sur le march\u00e9 du travail \u00e0 un \u00e2ge pr\u00e9coce, toujours dans des conditions tr\u00e8s pr\u00e9caires. Dans les sections suivantes, nous aborderons la situation sp\u00e9cifique des femmes qui ont particip\u00e9 \u00e0 notre \u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Caract\u00e9ristiques des crimes violents commis par des femmes<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Comme on le sait, la litt\u00e9rature sur la d\u00e9linquance f\u00e9minine est apparue tardivement en droit p\u00e9nal et en criminologie, puisqu'elle ne s'est d\u00e9velopp\u00e9e que pratiquement dans les ann\u00e9es 80 du si\u00e8cle dernier, \u00e0 la suite d'\u00e9tudes men\u00e9es dans une perspective de genre. Cependant, en peu de temps, elle est devenue l'un des sujets les plus int\u00e9ressants de la criminologie, mais pas avant d'avoir s\u00e9rieusement remis en question le parti pris avec lequel cette discipline s'est comport\u00e9e en laissant les femmes de c\u00f4t\u00e9 pendant pr\u00e8s d'un si\u00e8cle. Une abondante litt\u00e9rature sur le sujet a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre produite dans les d\u00e9cennies suivantes (Del Olmo ed., 1998 ; Carlen, 1985 ; Larraurri, 1994 ; Smart, 1989 ; European Union, 2005 ; Franklin, 2008 ; Heidensohn, 1995 ; Zaffaroni, 1993 ; Springer, 2000).<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd'hui, les \u00e9tudes sur la criminalit\u00e9 f\u00e9minine s'int\u00e9ressent de plus en plus \u00e0 la d\u00e9linquance des adolescentes (Zahn, 2008, 2009 ; Department of Justice, 2012 ; Carrington, 2013 ; Monahan, 2013). <em>et al.<\/em>2009 ; MacArthur, 2015 ; Steimberg <em>et al.<\/em>2015 ; Cauffman et Steimberg, 2000 ; Bonnie, Johnson, Chemers et Schuck, 2013 ; Mulvey, 2011).<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tudes sur la criminalit\u00e9 f\u00e9minine ont mis en \u00e9vidence un ensemble de traits que l'on retrouve fr\u00e9quemment dans le comportement criminel des femmes, au-del\u00e0 de leur appartenance \u00e0 des groupes ethniques, sociaux, \u00e9conomiques ou religieux, et qui produisent des diff\u00e9rences dont il faut toujours tenir compte.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi ces \u00e9tudes, celle r\u00e9alis\u00e9e dans six pays de l'Union europ\u00e9enne (France, Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie et Hongrie) se distingue. Cette \u00e9tude souligne que la population carc\u00e9rale f\u00e9minine a augment\u00e9 dans des proportions bien sup\u00e9rieures \u00e0 celles des hommes, ce qui s'explique par une s\u00e9rie de facteurs qui ont un impact plus important sur les femmes soumises \u00e0 des processus de criminalisation, notamment le ch\u00f4mage croissant, le ch\u00f4mage de masse qui touche davantage les femmes et les jeunes, la pr\u00e9carit\u00e9 de l'emploi, le manque de soutien institutionnel, le manque d'\u00e9ducation, le manque de revenus, la d\u00e9sint\u00e9gration familiale, les familles monoparentales, le manque de s\u00e9curit\u00e9 sociale, le manque de protection sociale, le manque d'\u00e9ducation, le manque de s\u00e9curit\u00e9 sociale, le manque d'\u00e9ducation, le manque de revenus, la d\u00e9sint\u00e9gration familiale, les familles monoparentales, et le manque de s\u00e9curit\u00e9 sociale, une mauvaise \u00e9ducation, un manque de revenus, l'\u00e9clatement de la famille, les familles monoparentales, l'absence de r\u00e9seaux sociaux, les processus de migration, le trafic de drogue, la prostitution, l'appartenance \u00e0 des minorit\u00e9s ethniques, ainsi que des facteurs personnels tels que les variables critiques que sont l'\u00e2ge et le sexe, la maladie, la d\u00e9pendance \u00e0 la drogue, la violence et les abus (Union europ\u00e9enne, 2005). En Allemagne, par exemple, des liens ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis entre les trajectoires de consommation pr\u00e9coce de drogues, la pauvret\u00e9, la violence, l'automutilation et le manque de ressources. Ils ont \u00e9galement constat\u00e9 que les personnes les plus expos\u00e9es au risque de commencer une trajectoire de consommation de drogue \u00e0 un jeune \u00e2ge sont celles dont les parents sont toxicomanes, celles qui ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es ou qui ont subi des abus sexuels (Union europ\u00e9enne, 2005).<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre facteur fr\u00e9quemment relev\u00e9 dans la litt\u00e9rature sur la d\u00e9linquance f\u00e9minine est la violence domestique subie pr\u00e9c\u00e9demment par les femmes d\u00e9tenues. Le rapport de l'Angleterre note, par exemple, que plus de la moiti\u00e9 des d\u00e9tenues ont d\u00e9clar\u00e9 avoir subi des violences domestiques et qu'une sur trois a d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 victime d'abus sexuels. Les rapports de l'Espagne, de la France et de la Hongrie soulignent \u00e9galement que les exp\u00e9riences de violence grave ont marqu\u00e9 la vie des femmes de mani\u00e8re d\u00e9cisive. Souvent, leur carri\u00e8re criminelle commence lorsqu'elles quittent le domicile familial apr\u00e8s avoir subi des violences physiques ou sexuelles. De m\u00eame, un autre trait caract\u00e9ristique est le lien de d\u00e9pendance que ces femmes abus\u00e9es \u00e9tablissent avec leur partenaire, d\u00e9pendance qui conduit \u00e0 une trajectoire criminelle \u00e0 laquelle elles participent souvent pour se couvrir ou en tant que complices plus ou moins volontaires (Union europ\u00e9enne, 2005).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans notre \u00e9tude, nous avons trouv\u00e9 les traits suivants qui caract\u00e9risent le comportement criminel des adolescentes au Mexique, qui sont tr\u00e8s similaires \u00e0 ceux identifi\u00e9s par d'autres \u00e9tudes :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Dans la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des cas, les victimes de divers types de mauvais traitements, d'abus et de violences, y compris de violences sexuelles, ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es. Ces ant\u00e9c\u00e9dents sont \u00e9galement directement li\u00e9s \u00e0 la consommation probl\u00e9matique de drogues, qui conduit souvent \u00e0 d'autres d\u00e9lits.<\/li><li>Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de commettre des d\u00e9lits en compagnie d'une personne avec laquelle elles ont un lien romantique, qu'elles aient \u00e9t\u00e9 incit\u00e9es \u00e0 le faire ou vice versa. En ce sens, les d\u00e9linquantes semblent plus d\u00e9pendantes de ce type de lien que les hommes.<\/li><li>Il est \u00e9galement plus fr\u00e9quent que les victimes de crimes violents commis par des femmes, par rapport \u00e0 la majorit\u00e9 des crimes violents commis par des hommes, soient des personnes avec lesquelles elles ont eu un lien affectif fort.<\/li><li>Parmi les adolescentes que nous avons interrog\u00e9es, il \u00e9tait \u00e9galement plus fr\u00e9quent que les gar\u00e7ons de constater qu'elles \u00e9taient attir\u00e9es par les r\u00e9seaux sociaux (Facebook) pour commettre des d\u00e9lits. Les femmes ont donc d'abord \u00e9t\u00e9 s\u00e9duites par les r\u00e9seaux, puis invit\u00e9es ou forc\u00e9es \u00e0 commettre des d\u00e9lits.<\/li><li>L\u00e0 encore, par rapport aux hommes, il est plus fr\u00e9quent de trouver des femmes motiv\u00e9es par des conflits interpersonnels avec des personnes avec lesquelles elles ont un lien affectif \u00e9troit, ayant v\u00e9cu de tels conflits pendant longtemps dans des circonstances qui ne leur ont pas permis de les r\u00e9soudre.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Histoires d'adolescentes<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Voici une s\u00e9rie de courts t\u00e9moignages d'adolescents que nous avons interrog\u00e9s et qui pr\u00e9sentent clairement un ou plusieurs des traits mentionn\u00e9s ci-dessus.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> Bien que ces caract\u00e9ristiques puissent \u00eatre observ\u00e9es dans pratiquement tous les cas, nous avons class\u00e9 les t\u00e9moignages en deux groupes : a) ceux qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 des adolescentes ayant commis des crimes typiquement et traditionnellement commis par des femmes et b) ceux dans lesquels des adolescentes ont commis des crimes dans le cadre d'un groupe criminel organis\u00e9, une activit\u00e9 dans laquelle elles se sont impliqu\u00e9es plus r\u00e9cemment, alors qu'elle \u00e9tait auparavant presque toujours r\u00e9serv\u00e9e aux gar\u00e7ons.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir pr\u00e9sent\u00e9 les t\u00e9moignages, nous \u00e9voquerons les diff\u00e9rences que nous avons constat\u00e9es entre les deux groupes, que nous aborderons dans les conclusions de ce document.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cas de crimes g\u00e9n\u00e9ralement commis par des femmes<\/h4>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Nous nous pencherons sur les cas de Lisa, Julieta et Yolanda, qui ont commis des infractions r\u00e9pondant \u00e0 de nombreuses caract\u00e9ristiques du comportement criminel dans lequel les femmes sont le plus souvent impliqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Lisa<\/em> est une jeune fille de 15 ans, n\u00e9e dans l'\u00c9tat d'Oaxaca et d'origine indig\u00e8ne ; elle parle le chinanteco. C'est une fille qui, bien qu'elle n'ait pas connu ses parents et qu'elle ait v\u00e9cu dans la rue, s'exprime de mani\u00e8re tr\u00e8s claire et articul\u00e9e. Elle dit : \"Je ne connais pas mes vrais parents. Ma m\u00e8re m'a confi\u00e9e \u00e0 d'autres personnes quand j'avais 20 jours et je suis pass\u00e9e de main en main jusqu'\u00e0 ce qu'un commer\u00e7ant me recueille et s'occupe de moi\".<\/p>\n\n\n\n<p>Il explique \u00e9galement : \"Je ne suis all\u00e9 qu'en troisi\u00e8me ann\u00e9e d'\u00e9cole primaire. J'ai abandonn\u00e9 l'\u00e9cole parce qu'un gar\u00e7on m'a coup\u00e9 le doigt avec une paire de ciseaux. La dame qui m'a recueilli a alors demand\u00e9 \u00e0 sa fille de m'inscrire et, lorsque la dame est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, je suis all\u00e9 vivre avec sa fille, mais comme son mari me maltraitait, la dame n'a pas voulu que je continue \u00e0 vivre dans sa maison et m'a jet\u00e9 dehors. Je suis donc all\u00e9e vivre seule dans la rue et j'ai commenc\u00e9 \u00e0 me droguer et \u00e0 voler pour pouvoir acheter de la drogue. C'est dans la rue que j'ai rencontr\u00e9 mon partenaire et que je suis tomb\u00e9e enceinte. Il me battait et me maltraitait beaucoup et nous volions tous les deux. Nous avons \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s pour avoir vol\u00e9 un passant. Ce jour-l\u00e0, nous nous sommes disput\u00e9s parce que je n'aimais pas qu'il fume autant de rock et il m'a piqu\u00e9e.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> Comme c'\u00e9tait mon anniversaire ce jour-l\u00e0, il a vol\u00e9 un chiot et me l'a offert. J'ai pris son t\u00e9l\u00e9phone et mon partenaire a pris 60 pesos qu'il portait sur lui et des verres de 25 pesos. Cinq minutes plus tard, la voiture de patrouille est arriv\u00e9e et nous a arr\u00eat\u00e9s. Ils n'ont pas pu me rel\u00e2cher parce que l'homme que nous avons vol\u00e9 ne s'est pas pr\u00e9sent\u00e9 pour t\u00e9moigner. Ils ont plac\u00e9 mon partenaire en d\u00e9tention parce qu'il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 pour vol, mais cette fois ils l'ont enferm\u00e9 parce qu'il avait \u00e9galement vol\u00e9 quelqu'un d'autre ce jour-l\u00e0\".<\/p>\n\n\n\n<p><em>Juliette<\/em> est une jeune femme de 20 ans qui a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9e \u00e0 Tabasco pendant quatre ans et \u00e0 qui il reste encore une demi-ann\u00e9e pour terminer sa peine.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> Elle n'a jamais v\u00e9cu avec ses parents, mais avec ses grands-parents, et dit n'avoir rencontr\u00e9 sa m\u00e8re que lorsqu'elle a \u00e9t\u00e9 admise au centre de d\u00e9tention. Elle a quitt\u00e9 la maison de ses grands-parents en raison de la violence et des probl\u00e8mes familiaux qu'elle avait avec eux et est all\u00e9e vivre avec des amis. Elle a un fils de cinq ans. Julieta a commenc\u00e9 l'\u00e9cole secondaire et a r\u00e9ussi \u00e0 la terminer au centre de d\u00e9tention. Elle raconte que dans son \u00e9cole, les camarades de classe se battaient entre eux, qu'on leur volait leurs affaires et que les plus \u00e2g\u00e9s maltraitaient les plus jeunes. Elle dit aussi que les enseignants n'aidaient pas \u00e0 r\u00e9soudre les conflits et que certains enfants \u00e9taient moqu\u00e9s ou maltrait\u00e9s. Elle a quitt\u00e9 l'\u00e9cole parce qu'elle pr\u00e9f\u00e9rait y aller avec ses amis.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle dit que ses parents ne sont jamais all\u00e9s \u00e0 l'\u00e9cole et que sa m\u00e8re travaille comme employ\u00e9e de maison. Julieta a \u00e9galement travaill\u00e9 comme femme de m\u00e9nage \u00e0 partir de l'\u00e2ge de 15 ans et, en m\u00eame temps, comme voleuse \u00e0 l'\u00e9talage. Elle \u00e9tait pay\u00e9e 1 800 pesos par quinzaine pour son travail. Elle est la cinqui\u00e8me d'une fratrie de six enfants et, avant d'\u00eatre arr\u00eat\u00e9e, elle vivait avec son compagnon et la famille de celui-ci. Elle consid\u00e8re que son grand-p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 la personne qui lui a apport\u00e9 le plus de valeur et de soutien, tandis qu'un cousin avec lequel elle vivait et qui l'a maltrait\u00e9e depuis l'\u00e2ge de huit ans est la personne qui lui a fait le plus de mal. Elle signale \u00e9galement qu'elle a subi des violences physiques et psychologiques de la part de sa famille. Elle souligne que son p\u00e8re, sa m\u00e8re et ses oncles ont tous \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s pour des d\u00e9lits contre la sant\u00e9 et qu'ils consommaient fr\u00e9quemment de l'alcool et des drogues. Julieta a \u00e9galement consomm\u00e9 de l'alcool et affirme avoir consomm\u00e9 de la marijuana, de la coca\u00efne, des solvants, de l'h\u00e9ro\u00efne, des champignons et des pilules, certains plus fr\u00e9quemment que d'autres. En ce qui concerne la situation \u00e9conomique de sa famille, elle dit qu'elle est mauvaise et qu'il y a parfois un manque de nourriture \u00e0 la maison, et qu'ils n'ont pas tout ce dont ils ont besoin pour vivre correctement.<\/p>\n\n\n\n<p>Julieta a \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9e de meurtre et de vol avec violence. Elle raconte : \"Mon ami m'a invit\u00e9e \u00e0 voler un homme qui aimait abuser des enfants. J'ai invit\u00e9 mon partenaire, qui a poignard\u00e9 l'homme et nous l'avons d\u00e9pouill\u00e9 de tout. La personne que nous avons tu\u00e9e achetait des filles pour un g\u00e9n\u00e9ral de l'arm\u00e9e \u00e0 la retraite ; tous deux aimaient abuser des filles. Elle a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 que son partenaire faisait partie d'un groupe qui volait, ex\u00e9cutait et vendait de la drogue, mais elle a ajout\u00e9 qu'elle n'avait aucun lien avec ce groupe.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Yolanda<\/em> est une jeune femme qui se trouve dans le centre pour adolescents de la ville de Chihuahua depuis trois ans et qui est condamn\u00e9e \u00e0 quatorze ans de prison pour avoir tu\u00e9 ses parents adoptifs. Elle a \u00e9tudi\u00e9 jusqu'\u00e0 la premi\u00e8re ann\u00e9e de lyc\u00e9e avant d'entrer au centre de d\u00e9tention et dit qu'elle aimait beaucoup \u00e9tudier. Son p\u00e8re biologique est un homme qui mendie dans les rues de la ville. Sa m\u00e8re biologique est morte de <span class=\"small-caps\">les aides<\/span> lorsqu'elle est n\u00e9e. \u00c0 l'\u00e2ge d'un an, elle a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par un couple dont le p\u00e8re \u00e9tait \u00e2g\u00e9 de 65 ans et la m\u00e8re de 45 ans. Il s'agissait du deuxi\u00e8me mariage de l'homme, qui avait six enfants d'une union pr\u00e9c\u00e9dente. Yolanda explique : \"Les enfants de mon p\u00e8re adoptif n'\u00e9taient pas comme mes fr\u00e8res et s\u0153urs, ils ne cherchaient pas leur p\u00e8re, sauf pour lui demander de l'argent, et cela me d\u00e9rangeait beaucoup. Ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 grands quand j'\u00e9tais petite. Elle parle de son p\u00e8re adoptif comme de son \"beau-p\u00e8re\" et affirme avoir \u00e9t\u00e9 maltrait\u00e9e, humili\u00e9e et abus\u00e9e sexuellement par lui lorsqu'elle \u00e9tait enfant. Elle note \u00e9galement que sa m\u00e8re adoptive avait peur de son beau-p\u00e8re et ne l'a donc pas d\u00e9fendue. Le beau-p\u00e8re consommait fr\u00e9quemment de l'alcool et poss\u00e9dait plusieurs bars et pubs dans la localit\u00e9, ainsi que plusieurs propri\u00e9t\u00e9s et comptes bancaires, de sorte qu'il \u00e9tait bien loti.<\/p>\n\n\n\n<p>Je voulais de l'amour\", dit Yolanda, \"et ils ont tout achet\u00e9 avec de l'argent, mais ils n'ont jamais montr\u00e9 leur affection avec humilit\u00e9. Personne ne comprendra ce que j'ai endur\u00e9 pendant de nombreuses ann\u00e9es ; je ne l'ai pas fait juste parce que je le voulais, j'avais mes raisons. Depuis l'\u00e2ge de dix ans, j'avais beaucoup de col\u00e8re contre eux deux \u00e0 cause des coups, des r\u00e9primandes, des pressions, des humiliations, et leur \u00e2ge n'a pas aid\u00e9, nous avions une tr\u00e8s mauvaise relation. Lorsque j'ai \u00e9t\u00e9 plus \u00e2g\u00e9e, je n'ai fait confiance qu'\u00e0 mon partenaire et, un jour, je lui ai demand\u00e9 s'il voulait m'aider \u00e0 les tuer, ce \u00e0 quoi il a r\u00e9pondu par l'affirmative. Il en a parl\u00e9 \u00e0 l'un de ses amis, qui lui aussi a dit qu'il voulait participer pour pouvoir vivre cette exp\u00e9rience. Mon ami et son ami avaient 18 ans et ils sont maintenant en prison avec une peine de 37 ans. J'ai tout planifi\u00e9, je leur ai dit \u00e0 quelle heure ils devaient venir chez moi, je leur ai dit que je voulais que mes parents meurent d'une mort rapide et non sanglante, alors l'ami de mon petit ami a \u00e9trangl\u00e9 ma m\u00e8re et mon petit ami a \u00e9touff\u00e9 mon p\u00e8re. Le lendemain, nous sommes all\u00e9s br\u00fbler les corps dans le nord de la ville et nous avons \u00e9galement br\u00fbl\u00e9 la camionnette dans laquelle nous les avions emmen\u00e9s. J'ai pr\u00e9tendu qu'ils les avaient kidnapp\u00e9s et ils ont commenc\u00e9 \u00e0 enqu\u00eater sur tous mes oncles et je ne pensais pas qu'ils allaient m'interroger et ils ont \u00e9galement interrog\u00e9 mon petit ami et comme nous sommes tomb\u00e9s dans des contradictions, ils ont compris et je me suis pratiquement rendue. J'\u00e9tais en <em>choc<\/em>Je n'ai rien assimil\u00e9 et je n'arrivais pas \u00e0 croire ce qui s'\u00e9tait pass\u00e9, je n'ai pas pleur\u00e9, j'ai r\u00e9pondu \u00e0 tout calmement, sans m'\u00e9nerver.<\/p>\n\n\n\n<p>Yolanda affirme que la police ne l'a pas maltrait\u00e9e, mais qu'au cours du proc\u00e8s, elle s'est sentie mal parce que, bien que la peine qui lui a \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9e ait sembl\u00e9 juste, \"la juge m'a dit des choses tr\u00e8s laides, elle a dit que je n'\u00e9tais pas normale ou sociable, que j'\u00e9tais une psychopathe parce qu'elle ne m'avait jamais vue pleurer\".<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant son internement, Yolanda a retrouv\u00e9 sa relation avec son p\u00e8re biologique, qui lui rend visite chaque semaine et la soutient. Elle affirme que son s\u00e9jour en d\u00e9tention l'a aid\u00e9e \"\u00e0 apprendre de nouvelles choses, \u00e0 se d\u00e9fendre et \u00e0 apprendre \u00e0 appr\u00e9cier les choses \u00e0 leur juste valeur. Maintenant, j'ai pu regretter mes parents adoptifs et pleurer pour eux\", dit-elle. Lorsqu'elle retrouvera sa libert\u00e9, ce qu'elle aimerait le plus, c'est devenir danseuse professionnelle ; ce serait son plus grand r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cas d'adolescentes impliqu\u00e9es dans des groupes criminels organis\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Nous allons maintenant examiner quelques cas qui, comme nous l'avons expliqu\u00e9, ne correspondent pas aux mod\u00e8les de crimes traditionnellement commis par les femmes, bien que de nombreux ant\u00e9c\u00e9dents de comportement criminel dans ce groupe soient similaires \u00e0 ceux du groupe pr\u00e9c\u00e9dent, comme nous pouvons le voir dans les t\u00e9moignages. Il s'agit des histoires de six adolescentes : Maribel, Ely, Katy, Leticia, Guadalupe et Sandra. Pour conclure, nous ferons une br\u00e8ve analyse de ces cas dans le cadre des conclusions de l'\u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Maribel <\/em>est d\u00e9tenue depuis deux ans dans l'\u00c9tat de Puebla et il lui reste encore plus de trois ans \u00e0 purger. Elle d\u00e9clare qu'elle vivait \u00e0 Ciudad Ju\u00e1rez avec ses parents, mais qu'elle a quitt\u00e9 le domicile familial en raison de probl\u00e8mes familiaux et qu'elle est all\u00e9e vivre avec son petit ami, avec lequel elle a commis le crime d'enl\u00e8vement dans l'\u00c9tat de Puebla. Elle a \u00e9tudi\u00e9 jusqu'en premi\u00e8re ann\u00e9e de lyc\u00e9e ; son p\u00e8re a \u00e9galement fr\u00e9quent\u00e9 le lyc\u00e9e, tandis que sa m\u00e8re n'a fr\u00e9quent\u00e9 que l'\u00e9cole primaire. Son p\u00e8re est charpentier et sa m\u00e8re travaille comme femme de m\u00e9nage. Apr\u00e8s son arrestation, ses parents ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 dans l'\u00c9tat de Puebla pour pouvoir lui rendre visite au centre de d\u00e9tention. Elle raconte que, lorsqu'elle \u00e9tait enfant, un oncle a abus\u00e9 d'elle, mais qu'elle n'en a pas parl\u00e9 \u00e0 ses parents, m\u00eame si elle ne cessait d'y penser et qu'elle avait du mal \u00e0 se concentrer. Cela l'a amen\u00e9e \u00e0 rechercher des relations avec certaines personnes parce qu'elle avait l'id\u00e9e de se venger de son oncle.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a rencontr\u00e9 son petit ami sur Facebook et il lui a propos\u00e9 un emploi, raison pour laquelle elle s'est d'abord install\u00e9e dans l'\u00c9tat de Guerrero, car il faisait partie, avec trois autres personnes, d'un groupe sp\u00e9cialis\u00e9 dans les enl\u00e8vements. \"Nous avons enlev\u00e9 une femme et sommes venus \u00e0 Puebla pour commettre ce crime. Lorsque nous sommes all\u00e9s chercher la ran\u00e7on, nous avons \u00e9t\u00e9 pris tous les quatre. Je me suis occup\u00e9 de la femme que nous avions enlev\u00e9e, je l'ai nourrie, je l'ai emmen\u00e9e aux toilettes ; je ne l'ai pas fait pour l'argent, mais parce que je voulais que ce groupe m'aide \u00e0 me venger de mon oncle qui avait abus\u00e9 de moi\". L'une des personnes du groupe \u00e9tait une ancienne militaire. Elle raconte que lorsqu'elle a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, la police minist\u00e9rielle l'a maltrait\u00e9e : \"ils m'ont touch\u00e9e, ils m'ont mouill\u00e9e, ils m'ont gifl\u00e9e. Ils voulaient que je leur dise avec qui nous travaillions, mais je ne connaissais pas leur nom, seulement leur surnom\". En ce qui concerne le soutien qu'elle a re\u00e7u de son avocat, elle a d\u00e9clar\u00e9 : \"ce sont des avocats terribles, celui que j'ai eu ne m'a pas d\u00e9fendue\".<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne le traitement qu'il re\u00e7oit dans le centre de d\u00e9tention, il d\u00e9clare : \"s'ils \u00e9taient bons ici, les enfants en sortiraient bien r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s, mais non, ce n'est pas comme \u00e7a, s'ils faisaient plus attention \u00e0 nous, nous ne serions pas comme \u00e7a. Je n'aime pas la fa\u00e7on dont nous sommes trait\u00e9s par les gardiens, parce que nous sommes battus... Les enfants sortent de l'institution plus mal en point ; lorsque nous l'apprenons, ils ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s ou sont de nouveau enferm\u00e9s\".<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu'elle recommanderait pour am\u00e9liorer l'institution est le suivant : \"Tout d'abord, je demanderais aux d\u00e9tenus ce qu'ils pensent des gardiens et du personnel ; je mettrais en place des ateliers qui les aideraient et leur donneraient davantage de soins psychologiques et un bon lit ; je remettrais en \u00e9tat toute l'infrastructure du centre. Je soutiendrais ceux qui n'ont pas de visite, je leur donnerais des produits pour leur hygi\u00e8ne personnelle et j'essaierais de leur trouver un emploi, sans les forcer \u00e0 faire quelque chose qu'ils ne veulent pas faire.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ely<\/em> a 18 ans et est en prison depuis pr\u00e8s de deux ans ; il lui reste encore un peu plus de quatre ans \u00e0 purger. Elle est n\u00e9e \u00e0 Guadalajara et n'a jamais quitt\u00e9 la ville. D\u00e8s l'\u00e2ge de dix ans, elle a abandonn\u00e9 l'\u00e9cole parce qu'elle s'ennuyait, ne comprenait ni les professeurs ni les livres, et a fini par se d\u00e9sint\u00e9resser de l'\u00e9cole. Il n'a pas connu son p\u00e8re ; sa m\u00e8re, qui n'a pas termin\u00e9 l'\u00e9cole primaire, est aujourd'hui femme au foyer. Lorsqu'elle a quitt\u00e9 l'\u00e9cole, elle n'avait aucune activit\u00e9 et a commenc\u00e9 \u00e0 se faire des amis dans la colonie. Elle est l'a\u00een\u00e9e de cinq demi-fr\u00e8res et s\u0153urs. Elle raconte que, lorsqu'elle \u00e9tait petite, ils d\u00e9pendaient \u00e9conomiquement des partenaires de sa m\u00e8re, mais que la situation \u00e9conomique \u00e9tait mauvaise et qu'ils n'avaient pas assez pour vivre. Sa m\u00e8re la soutenait autant qu'elle le pouvait, mais elle avait peu de temps pour s'occuper d'elle. Elle dit que les personnes qu'elle consid\u00e8re comme les plus pr\u00e9cieuses dans sa vie sont sa m\u00e8re et sa fille, bien qu'elle dise qu'elle ne fait confiance \u00e0 personne. Son beau-p\u00e8re est la personne qui l'a le plus bless\u00e9e parce qu'il l'insultait et l'humiliait constamment. Ely a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e par son oncle, le fr\u00e8re de sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle se souvient que son beau-p\u00e8re a consomm\u00e9 de l'alcool ou des drogues lorsqu'elle \u00e9tait jeune et qu'il \u00e9tait violent envers toute la famille. Pour sa part, Ely a commenc\u00e9 \u00e0 consommer de l'alcool et diverses drogues d\u00e8s l'\u00e2ge de onze ans et le faisait quotidiennement avant d'entrer au centre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ely a \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9e d'un meurtre et de deux tentatives de meurtre. Elle d\u00e9clare : \"Lorsque j'ai quitt\u00e9 l'\u00e9cole, j'ai commenc\u00e9 \u00e0 boire et \u00e0 fumer de la marijuana avec mes amis du quartier. L'une de mes amies, de quatre ou cinq ans mon a\u00een\u00e9e, m'a pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 son p\u00e8re, commandant de la police minist\u00e9rielle, et a demand\u00e9 \u00e0 mon amie de m'emmener chez elle pour me voir. A quinze ans, j'ai entam\u00e9 une relation avec le p\u00e8re de mon amie, puis il m'a convaincue de vivre ensemble et peu \u00e0 peu il m'a int\u00e9gr\u00e9e dans ses activit\u00e9s. Mon travail consistait \u00e0 surveiller les camions qui arrivaient avec de l'essence et \u00e0 l'accompagner pour d\u00e9placer les ventes dans diff\u00e9rents quartiers de Guadalajara. Plus tard, j'ai appris qu'il travaillait pour le cartel Milenio. Ils apportaient l'essence et nous devions la vendre dans diff\u00e9rents quartiers de la ville. Je l'accompagnais \u00e9galement pour me faire payer la protection qu'il offrait \u00e0 divers trafiquants de drogue et, lorsqu'ils le payaient avec de la marchandise, il me donnait des cristaux de m\u00e9thamph\u00e9tamine ou des pilules. Il me soutenait, me donnait de l'argent de temps en temps et s'occupait de tout.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 propos du crime pour lequel elle a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, Ely d\u00e9clare : \"J'avais des probl\u00e8mes avec sa femme, de temps en temps il se montrait avec mon amie pour me menacer et me demander de quitter son mari, et une fois ils m'ont m\u00eame battue et j'ai perdu mon premier b\u00e9b\u00e9. Parfois, il voulait \u00eatre avec moi, puis il retournait aupr\u00e8s de sa femme. Une fois, il est venu me chercher pour vendre la marchandise, nous \u00e9tions en route lorsque sa femme l'a appel\u00e9 pour lui demander d'emmener l'une de ses filles \u00e0 l'h\u00f4pital et il a accept\u00e9 de la rejoindre \u00e0 mi-chemin. Lorsqu'ils m'ont vu dans la voiture, la femme a commenc\u00e9 \u00e0 m'insulter et \u00e0 insulter la fille qui \u00e9tait mon amie. Quand ils se sont approch\u00e9s de moi, il a essay\u00e9 de m'enlever l'arme, mais dans la bagarre, je l'ai tu\u00e9 sur le coup ; ensuite, ils ont essay\u00e9 de m'attaquer et j'ai \u00e9galement tir\u00e9 sur eux et les ai laiss\u00e9s bless\u00e9s\".<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'on lui a demand\u00e9 si la police l'avait maltrait\u00e9e, Ely a d\u00e9clar\u00e9 : \"la police municipale m'a remise aux ministres. Ils m'ont couvert la t\u00eate pour commencer \u00e0 me battre, puis ils ont mis le sac sur ma t\u00eate pour m'\u00e9touffer, ils m'ont tir\u00e9 les cheveux jusqu'\u00e0 ce qu'ils les arrachent presque et m'ont menac\u00e9e de me violer. Ils voulaient des informations sur mon partenaire, mais j'ai refus\u00e9, j'ai seulement accept\u00e9 que je vivais \u00e0 moiti\u00e9 avec lui et qu'il \u00e9tait le p\u00e8re de ma fille. Je leur ai dit qu'il s'agissait d'une bagarre entre femmes et c'est seulement ainsi qu'ils m'ont laiss\u00e9e tranquille.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Katy<\/em>\u00c0 l'\u00e2ge de 18 ans, elle a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e d'avoir enlev\u00e9 une jeune fille de 15 ans. Elle est en prison depuis moins d'un an et il lui reste un peu plus de quatre ans \u00e0 purger. Elle est n\u00e9e dans l'\u00c9tat de Zacatecas et a r\u00e9ussi \u00e0 terminer ses \u00e9tudes secondaires, car elle aimait l'\u00e9cole, m\u00eame si elle \u00e9tait maltrait\u00e9e par les enseignants. Elle vivait avec son p\u00e8re et sa m\u00e8re, qui n'avaient pas termin\u00e9 leurs \u00e9tudes secondaires. Lorsqu'elle a quitt\u00e9 l'\u00e9cole par peur des Zetas qui la mena\u00e7aient, elle a d\u00e9cid\u00e9 de suivre sa s\u0153ur \u00e0 Chihuahua, car elle \u00e9tait \u00e9galement poursuivie par ce groupe. Katy est la plus jeune d'une fratrie de trois enfants et a \u00e9galement trois demi-fr\u00e8res et s\u0153urs qu'elle consid\u00e8re comme ses fr\u00e8res et s\u0153urs, bien qu'ils soient issus du pr\u00e9c\u00e9dent mariage de son p\u00e8re. Elle raconte que lorsqu'elle \u00e9tait enfant, la situation \u00e9conomique de sa famille \u00e9tait bonne car ils avaient de quoi vivre et ses parents s'occupaient d'elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle consid\u00e8re que la personne la plus pr\u00e9cieuse qu'elle poss\u00e8de est sa fille, et elle fait \u00e9galement confiance \u00e0 sa m\u00e8re, bien qu'elle ne fasse pas confiance \u00e0 son ex-partenaire. \u00c0 l'\u00e2ge de 16 ans, elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e par son partenaire, qui \u00e9tait membre des Zetas.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle signale que l'un des fr\u00e8res de sa m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 aux \u00c9tats-Unis pour trafic de drogue. Son p\u00e8re consomme de l'alcool et un fr\u00e8re de la drogue, tous deux tr\u00e8s fr\u00e9quemment. Pour sa part, Katy dit avoir commenc\u00e9 \u00e0 boire de l'alcool \u00e0 l'\u00e2ge de 14 ans, mais n'a jamais consomm\u00e9 de drogues.<\/p>\n\n\n\n<p>Katy a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e d'enl\u00e8vement. Elle raconte : \"Lorsque j'\u00e9tais au lyc\u00e9e, j'ai rencontr\u00e9 un ami de son partenaire par l'interm\u00e9diaire de ma s\u0153ur. Nous sortions toutes les quatre, nous buvions et elles consommaient de la marijuana. Par la suite, ma s\u0153ur est all\u00e9e vivre avec son partenaire et je suis rest\u00e9e avec son ami, mais nous avons d\u00e9couvert qu'ils \u00e9taient tous deux membres des Zetas. Le partenaire de ma s\u0153ur \u00e9tait commandant de zone et mon ami \u00e9tait commandant de pieu. Nous avons pu constater que tous deux \u00e9taient bien trait\u00e9s par la police municipale et m\u00eame par la police minist\u00e9rielle, alors que tout le monde \u00e9tait au courant de leurs activit\u00e9s. Ma s\u0153ur et moi avions peur de mettre fin \u00e0 notre relation avec eux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 propos du crime pour lequel elle a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, Katy d\u00e9clare : \"\u00c0 l'\u00e9poque, j'avais quatorze ans, je terminais le lyc\u00e9e, j'avais entam\u00e9 une relation, mon petit ami \u00e9tait un commandant de pieu pour les Zetas et ma s\u0153ur, qui avait 16 ans, \u00e9tait avec le commandant de la place. Ils ont enlev\u00e9 une de nos amies, une camarade de classe du lyc\u00e9e, et l'ont emmen\u00e9e \u00e0 Rio Grande. Je le savais parce que nous les avions rencontr\u00e9s dans un h\u00f4tel de cette ville. Lorsque je lui ai demand\u00e9 ce qui \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 notre amie, elle m'a dit qu'ils l'avaient enferm\u00e9e dans une chambre du m\u00eame h\u00f4tel, mais qu'ils allaient venir la chercher dans peu de temps. Apr\u00e8s cela, je n'ai plus rien entendu. Comme j'\u00e9tais avec eux, la m\u00e8re de la femme kidnapp\u00e9e nous a accus\u00e9s, ma s\u0153ur et moi, mais je n'ai plus entendu parler de cette accusation pendant plusieurs ann\u00e9es. Puis j'ai quitt\u00e9 cet endroit parce que les Zetas ont chang\u00e9 de commandants et que les nouveaux qui sont arriv\u00e9s voulaient nous forcer \u00e0 travailler, alors ma s\u0153ur et moi sommes all\u00e9es \u00e0 Chihuahua avec un fr\u00e8re. Quand j'ai vu que tout \u00e9tait calme, puisque trois ans s'\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e9coul\u00e9s, je suis revenu et le lendemain ils m'ont arr\u00eat\u00e9\".<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'on lui a demand\u00e9 si la police l'avait maltrait\u00e9e \u00e0 cette derni\u00e8re occasion, Katy a r\u00e9pondu : \"Ils m'ont gifl\u00e9e, m'ont tir\u00e9 les cheveux, m'ont attach\u00e9e pour me frapper dans les c\u00f4tes et m'ont mis un sac sur la t\u00eate. Ils se reposaient et revenaient avec la m\u00eame chose. Ils voulaient des noms, mais je ne savais rien des Zetas.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Leticia <\/em>est une jeune fille de 19 ans qui est d\u00e9tenue dans le centre de d\u00e9tention d'Oaxaca et qui a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 une peine de dix ans. Elle est originaire de Coatzacoalcos, dans l'\u00c9tat de Veracruz, mais a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 dans l'\u00c9tat d'Oaxaca avec ses parents lorsqu'elle \u00e9tait enfant. \u00c0 l'\u00e2ge de quinze ans, elle a d\u00e9cid\u00e9 de quitter la maison et de s'installer avec son compagnon parce qu'elle se disputait trop avec son p\u00e8re. Leticia n'a termin\u00e9 que l'\u00e9cole primaire et n'a pas poursuivi ses \u00e9tudes parce qu'elle n'aimait pas l'\u00e9cole. Elle vendait des disques sur le march\u00e9 central et travaillait \u00e9galement comme vendeuse dans un magasin de chaussures et dans un magasin de produits naturels. Son p\u00e8re est gardien et n'a pas termin\u00e9 l'\u00e9cole secondaire ; sa m\u00e8re est femme au foyer et n'a pas termin\u00e9 l'\u00e9cole primaire. Ses parents se sont s\u00e9par\u00e9s et remis ensemble plusieurs fois. Leticia a un fr\u00e8re et deux demi-fr\u00e8res et elle est la plus jeune de tous. Peu avant son entr\u00e9e au centre, elle \u00e9tait retourn\u00e9e vivre avec ses parents.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle n'identifie personne comme \u00e9tant la personne qui l'a le plus aid\u00e9e dans sa vie, tandis qu'elle identifie son p\u00e8re comme \u00e9tant la personne qui l'a le moins soutenue. Elle d\u00e9signe ses fr\u00e8res et s\u0153urs comme les personnes en qui elle a le plus confiance. Elle raconte que lorsqu'elle \u00e9tait enfant, elle \u00e9tait battue et maltrait\u00e9e et qu'elle n'avait pas l'impression que quelqu'un la soutenait. Elle mentionne \u00e9galement que son p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 en prison pendant un certain temps et que la situation \u00e9conomique de sa famille \u00e9tait mauvaise et qu'il y avait parfois un manque de nourriture.<\/p>\n\n\n\n<p>Leticia est accus\u00e9e d'enl\u00e8vement. Elle raconte que, par l'interm\u00e9diaire de Facebook, elle a \u00e9t\u00e9 contact\u00e9e par une jeune femme qui lui a dit qu'elle et son compagnon venaient de Mexico et qu'ils aimeraient qu'elle les emm\u00e8ne dans des bo\u00eetes de nuit \u00e0 Oaxaca. Leticia a accept\u00e9 et est sortie avec eux plusieurs fois jusqu'\u00e0 ce qu'ils lui demandent de les aider \u00e0 r\u00e9aliser un enl\u00e8vement. \"Comme je n'avais pas d'argent, j'ai accept\u00e9. Je ne savais m\u00eame pas qui nous allions kidnapper et les agents anti-kidnapping m'ont arr\u00eat\u00e9e au moment o\u00f9 nous allions chercher l'argent. C'est moi qui leur ai dit o\u00f9 se trouvait la victime, un gar\u00e7on de 24 ans que nous avons d\u00e9tenu pendant trois jours. Elle raconte que lorsqu'elle a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, on ne lui a pas dit de quel crime elle \u00e9tait accus\u00e9e, ni quels \u00e9taient ses droits, ni qu'elle pouvait avoir un avocat. Elle dit avoir \u00e9t\u00e9 bien trait\u00e9e par la police et par le juge, bien que son avocat lui ait conseill\u00e9 de ne pas t\u00e9moigner. Elle estime que la peine de dix ans est juste.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne le centre de d\u00e9tention, elle dit se sentir bien, bien qu'elle consid\u00e8re que le traitement et l'attention qu'elle re\u00e7oit sont \"r\u00e9guliers\", car si certains gardiens \"sont stricts et humains, d'autres sont stricts et pas humains\". Elle souligne \u00e9galement que, comme elle est la seule femme du centre, elle n'a pas d'activit\u00e9s et n'est autoris\u00e9e \u00e0 participer qu'\u00e0 l'\u00e9cole, ce qui fait qu'elle se sent tr\u00e8s seule et qu'elle s'ennuie. Lorsqu'on lui demande ce qu'elle changerait au centre, elle r\u00e9pond : \"Tout d'abord, qu'il y ait une \u00e9galit\u00e9 dans les activit\u00e9s et les opportunit\u00e9s offertes aux hommes et aux femmes. Et aussi, que plus de gens s'int\u00e9ressent \u00e0 nous et nous apportent plus d'ateliers\".<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'elle sortira, elle dit qu'elle aimerait pouvoir \u00e9tudier le droit. Elle pense qu'il est pr\u00e9judiciable pour les femmes d'\u00eatre intern\u00e9es car elles n'ont pas les m\u00eames opportunit\u00e9s que les hommes. Quant aux hommes, elle dit que \"la plupart d'entre eux ne s'en sortent pas pour le mieux, car lorsqu'ils partent, personne ne les attend...\".<\/p>\n\n\n\n<p><em>Guadeloupe,<\/em> 19 ans, est en prison depuis pr\u00e8s de deux ans et doit encore purger quatre ans pour recouvrer sa libert\u00e9. Elle est n\u00e9e dans l'\u00c9tat de Durango. Elle n'a pas r\u00e9ussi \u00e0 terminer l'\u00e9cole secondaire car, en plus de s'ennuyer, elle \u00e9tait maltrait\u00e9e par ses professeurs, \u00e9chouait dans ses mati\u00e8res et tombait enceinte \u00e0 l'\u00e2ge de quinze ans, ce qui l'a pouss\u00e9e \u00e0 abandonner l'\u00e9cole. Elle vit avec sa grand-m\u00e8re maternelle depuis son enfance. Comme Guadalupe, sa m\u00e8re \u00e9tait tomb\u00e9e enceinte \u00e0 l'\u00e2ge de quinze ans et ne voulait pas s'occuper d'elle. Elle raconte que, lorsqu'elle \u00e9tait petite, leur situation \u00e9conomique n'\u00e9tait pas mauvaise et qu'ils avaient de quoi vivre. Elle consid\u00e8re que sa grand-m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 la personne la plus pr\u00e9cieuse et la plus solidaire de sa vie, tandis que son p\u00e8re est la personne qui lui a fait le plus de mal : \"J'avais besoin de mon p\u00e8re et il n'\u00e9tait jamais l\u00e0 ; je voulais \u00eatre comme mes camarades de classe et cela me faisait mal de ne pas le voir. Aujourd'hui encore, je pense qu'il ne se soucie pas de moi\". En ce qui concerne sa m\u00e8re, elle dit que lorsqu'elle lui rendait visite, elle la frappait toujours ou l'insultait.<\/p>\n\n\n\n<p>Il signale que certains de ses cousins ont \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s pour vol et homicide en bande. Elle se souvient que son grand-p\u00e8re buvait souvent de l'alcool et qu'elle le voyait parce qu'il devenait violent et battait sa grand-m\u00e8re. Pour sa part, elle d\u00e9clare : \"J'ai commenc\u00e9 \u00e0 boire \u00e0 l'\u00e2ge de treize ans, je buvais avec des amis du quartier, mais plus tard, c'est devenu facile pour moi et je suis devenue alcoolique. Lorsque j'\u00e9tais enceinte, j'ai consomm\u00e9 de la drogue et de l'alcool, et ce jusqu'\u00e0 l'\u00e2ge de 16 ans, apr\u00e8s avoir perdu mon b\u00e9b\u00e9 lors de ma deuxi\u00e8me grossesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Guadalupe a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e de meurtre. \"Quand j'\u00e9tais au lyc\u00e9e, j'ai rencontr\u00e9 le p\u00e8re de ma fille, c'\u00e9tait un voisin du quartier et je suis tomb\u00e9e enceinte de lui, \u00e0 l'\u00e9poque je buvais et j'ai commenc\u00e9 \u00e0 consommer de la drogue... quand j'ai eu quatorze ans, j'ai commenc\u00e9 \u00e0 vendre de la drogue pr\u00e8s de chez moi. Heureusement, j'ai r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper plusieurs fois \u00e0 l'arrestation par les militaires... Une fois, une personne est arriv\u00e9e en demandant de la drogue, nous avons r\u00e9alis\u00e9 qu'elle n'\u00e9tait pas d'ici et nous avons pens\u00e9 qu'elle appartenait \u00e0 un autre groupe, nous l'avons arr\u00eat\u00e9e pour l'interroger. J'ai t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 mes chefs pour savoir ce qu'il fallait faire, ils nous ont donn\u00e9 l'ordre de le tuer, mais comme nous n'avions pas d'armes, nous lui avons jet\u00e9 une pierre \u00e0 la t\u00eate. Quelques minutes plus tard, un groupe de soldats est arriv\u00e9 et nous avons compris que la personne appartenait \u00e0 l'arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'on lui a demand\u00e9 si elle occupait une quelconque fonction au sein du groupe, elle a r\u00e9pondu : \"Je coordonnais un groupe de 17 jeunes dont le travail consistait \u00e0 surveiller, \u00e0 ramasser et \u00e0 confronter d'autres groupes qui voulaient vendre. Je vendais de la drogue, j'\u00e9tais la patronne de l'endroit, je distribuais de la marijuana, de la coca\u00efne et du rock. Elle rendait compte \u00e0 une personne dans la m\u00eame ville qui, \u00e0 son tour, recevait les communications des autres et avait pour t\u00e2che de s'assurer que personne d'autre ne commen\u00e7ait \u00e0 vendre dans la zone qui lui avait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e\".<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'on lui a demand\u00e9 si la police l'avait maltrait\u00e9e \u00e0 cette derni\u00e8re occasion, Guadalupe a d\u00e9clar\u00e9 : \"la police m'a arr\u00eat\u00e9e dans ma maison, o\u00f9 elle a commenc\u00e9 \u00e0 me battre, puis elle m'a emmen\u00e9e au poste de police. L\u00e0, ils m'ont pendue par les bras pour me donner des d\u00e9charges \u00e9lectriques sur les pieds, puis ils m'ont jet\u00e9 de l'eau froide et ont fini par me frapper sur tout le corps avec une planche. Ils ont r\u00e9p\u00e9t\u00e9 cela de temps en temps pendant deux jours, puis ils m'ont remise aux militaires... Dans la caserne militaire, ils m'ont encore battue et m'ont aussi menac\u00e9e de me violer, ils m'ont m\u00eame dit qu'ils me donnaient le privil\u00e8ge de choisir qui allait me p\u00e9n\u00e9trer en premier... Suite aux tortures, j'ai perdu mon b\u00e9b\u00e9, j'\u00e9tais enceinte de deux mois et demi...\".<\/p>\n\n\n\n<p><em>Sandra,<\/em> est une adolescente de 18 ans originaire de C\u00e1rdenas, Tabasco, qui est en prison depuis moins d'un an et doit purger une peine de quatre ans suppl\u00e9mentaires. Elle a quitt\u00e9 le domicile familial \u00e0 l'\u00e2ge de quinze ans \"parce qu'elle voulait partir \u00e0 l'aventure\". Elle s'est ensuite install\u00e9e \u00e0 Cancun, o\u00f9 elle s'est principalement prostitu\u00e9e. Elle a termin\u00e9 le lyc\u00e9e, mais elle s'ennuyait, ne comprenait ni les professeurs ni les livres, \u00e9tait recal\u00e9e et n'aimait pas l'\u00e9cole. Son p\u00e8re est mort de la tuberculose et n'a pas v\u00e9cu longtemps avec elle ; sa m\u00e8re, qui a termin\u00e9 l'\u00e9cole primaire, a travaill\u00e9 pendant un certain temps dans un centre de formation professionnelle. <span class=\"small-caps\">pemex<\/span>Cela l'a oblig\u00e9e \u00e0 passer plusieurs mois loin de chez elle. Lorsqu'elle a quitt\u00e9 l'\u00e9cole, Sandra n'avait aucune activit\u00e9 et a commenc\u00e9 \u00e0 fr\u00e9quenter des jeunes de son quartier, ce qui l'a amen\u00e9e \u00e0 quitter le domicile familial \u00e0 l'\u00e2ge de treize ans. Elle est la plus jeune d'une fratrie de deux enfants et a un demi-fr\u00e8re. Sa m\u00e8re l'a soutenue autant qu'elle le pouvait, bien qu'elle ait eu peu de temps \u00e0 cause de son travail \u00e0 l'h\u00f4pital. <span class=\"small-caps\">pemex<\/span>. Sandra consid\u00e8re que la personne la plus pr\u00e9cieuse qu'elle poss\u00e8de est sa fille, la personne en qui elle a le plus confiance est son grand-p\u00e8re, tandis qu'elle pense que son p\u00e8re est celui qui lui a caus\u00e9 le plus de tort en raison de son absence. Dans son environnement familial, elle ne rapporte pas avoir \u00e9t\u00e9 abus\u00e9e, battue ou maltrait\u00e9e, bien que sa famille ait consomm\u00e9 de l'alcool et des drogues, ce qu'elle a commenc\u00e9 \u00e0 faire \u00e0 l'\u00e2ge de treize ans. Elle dit aussi que des fr\u00e8res, des oncles et des cousins ont \u00e9t\u00e9 en prison.<\/p>\n\n\n\n<p>Sandra a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e de meurtre et d'enl\u00e8vement. Elle raconte : \"Je travaillais comme prostitu\u00e9e \u00e0 Canc\u00fan depuis l'\u00e2ge de 15 ans ; j'en ai eu assez de tant d'abus, un client m'a viol\u00e9e et je suis tomb\u00e9e enceinte, alors je suis retourn\u00e9e \u00e0 Tabasco\". Plus tard, par l'interm\u00e9diaire de quelques connaissances, elle a rejoint un groupe criminel organis\u00e9 : \"une personne qui appartenait aux Zetas m'a propos\u00e9 de travailler comme faucon ; plus tard, j'ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 la t\u00eate des faucons et j'ai fini par participer \u00e0 des enl\u00e8vements, des s\u00e9questrations et \u00e0 l'ex\u00e9cution des personnes s\u00e9questr\u00e9es. Mon groupe \u00e9tait compos\u00e9 de 53 personnes. Ils m'ont attrap\u00e9 lors du dernier enl\u00e8vement que j'ai effectu\u00e9 alors que j'allais chercher la ran\u00e7on. Lorsqu'on lui a demand\u00e9 s'il avait un grade au sein du groupe, il a r\u00e9pondu : \"en tant que commandant, j'\u00e9tais responsable de nombreuses personnes et je devais donner l'exemple lorsque nous devions agir, m\u00eame si je me consacrais aux enl\u00e8vements et aux ex\u00e9cutions, et \u00e0 rien d'autre\".<\/p>\n\n\n\n<p>Sandra vit aujourd'hui avec sa fille dans le centre de d\u00e9tention et raconte qu'\u00e0 l'origine, ils voulaient lui infliger une peine de dix ans, \"mais ils l'ont ramen\u00e9e \u00e0 cinq ans parce que nous avons donn\u00e9 de l'argent au minist\u00e8re public pour qu'il la r\u00e9duise\".<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h3>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Sans vouloir \u00e9puiser les multiples pistes d'analyse et d'interpr\u00e9tation qui pourraient \u00eatre tir\u00e9es des t\u00e9moignages ci-dessus, nous souhaitons en mentionner quelques-unes qu'il nous semble important de mettre en exergue.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Si l'on observe certaines diff\u00e9rences entre le premier groupe, celui des crimes traditionnellement commis par des femmes, et le second, caract\u00e9ris\u00e9 par la participation d'adolescentes \u00e0 des groupes criminels organis\u00e9s, on constate \u00e9galement d'importantes co\u00efncidences. Parmi celles-ci, le contexte de vuln\u00e9rabilit\u00e9 dans lequel les adolescentes des deux groupes ont grandi - qui comprend la maltraitance, les abus sexuels et les grossesses pr\u00e9coces - ne diff\u00e8re pas beaucoup. Un groupe ne se distingue pas non plus de l'autre par le fait que, dans les deux cas, les adolescentes \u00e9taient impliqu\u00e9es dans des activit\u00e9s criminelles auxquelles elles participaient aux c\u00f4t\u00e9s de leurs partenaires intimes, comme l'ont montr\u00e9 la plupart des \u00e9tudes sur la criminalit\u00e9 f\u00e9minine. En fait, quatre des six filles qui ont rejoint des groupes criminels organis\u00e9s (Maribel, Ely, Katy et Guadalupe) l'ont fait \u00e0 la suite de leur partenaire.<\/li><li>Parmi les diff\u00e9rences qui peuvent \u00eatre soulign\u00e9es, on peut citer (a) dans certains cas (Maribel et Leticia), les filles qui ont rejoint le crime organis\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 contact\u00e9es par le biais de Facebook ; b) les adolescentes qui faisaient partie de groupes criminels organis\u00e9s ont fait preuve d'une plus grande capacit\u00e9 d'action et de leadership, au point que deux d'entre elles (Guadalupe et Sandra) ont atteint des positions de commandement au sein de l'organisation et \u00e9taient \u00e0 la t\u00eate d'un groupe d'assassins engag\u00e9s, et c) bien que les crimes puissent \u00eatre aussi graves dans le cas des adolescents des deux groupes (homicide, enl\u00e8vement), ce qui distingue ceux qui ont particip\u00e9 au crime organis\u00e9 est la nature syst\u00e9matique de leurs actes, l'escalade vers des crimes de plus en plus graves et violents et le plus grand nombre de victimes qu'ils ont affect\u00e9es.<\/li><li>Une autre diff\u00e9rence, qui ne semble pas substantielle mais plut\u00f4t circonstancielle, est que les adolescentes du deuxi\u00e8me groupe \u00e9taient plus susceptibles d'\u00eatre recrut\u00e9es par des groupes criminels organis\u00e9s, \u00e0 la fois parce que ces groupes \u00e9taient pr\u00e9sents et exer\u00e7aient une certaine domination dans l'environnement o\u00f9 elles vivaient et parce qu'il n'y avait personne ayant suffisamment d'int\u00e9r\u00eat ou de force pour les prot\u00e9ger ou contrecarrer l'influence que ces groupes exer\u00e7aient sur elles, puisqu'ils profitaient de leur immaturit\u00e9 et de leur manque de soutien pour les recruter et obtenir des avantages.<\/li><li>Les r\u00e9cits des adolescentes font appara\u00eetre plusieurs th\u00e8mes inqui\u00e9tants concernant le r\u00f4le des diff\u00e9rentes autorit\u00e9s charg\u00e9es de la s\u00e9curit\u00e9 et de l'application de la loi, notamment : a) leur participation active ou leur complicit\u00e9 avec certains groupes criminels organis\u00e9s ; b) le non-respect des normes en mati\u00e8re de proc\u00e9dure r\u00e9guli\u00e8re, tant au moment de l'arrestation que pendant le proc\u00e8s ; et c) la pratique syst\u00e9matique et aveugle de la torture, ind\u00e9pendamment du fait qu'il s'agissait de mineures.<\/li><li>Les adolescentes ont \u00e9galement signal\u00e9 d'importantes lacunes institutionnelles dans les \u00e9tablissements o\u00f9 elles sont d\u00e9tenues. Il convient de noter que, par rapport aux hommes, les femmes sont beaucoup plus sensibles et perspicaces quant \u00e0 ce qui se passe dans ces centres. Elles ont ainsi d\u00e9nonc\u00e9 le manque d'attention et d'opportunit\u00e9s dont souffrent les femmes qui, \u00e9tant une petite minorit\u00e9, ne sont pas autoris\u00e9es \u00e0 participer aux programmes \u00e9ducatifs, sportifs ou de formation destin\u00e9s aux hommes. Seule une minorit\u00e9 de centres ont des programmes sp\u00e9cifiques pour les femmes.<\/li><li>Au-del\u00e0 des diff\u00e9rences constat\u00e9es entre les deux groupes, il est clair que dans les deux groupes, nous avons observ\u00e9 des adolescentes dot\u00e9es d'un pouvoir d'action, qui ont pris le contr\u00f4le de leurs actions au-del\u00e0 des circonstances qui ont pu influencer leurs d\u00e9cisions.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>En conclusion, nous voudrions souligner que dans ce document, nous avons essay\u00e9 de rendre compte des situations de vuln\u00e9rabilit\u00e9 auxquelles les adolescents ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s et qui, dans une large mesure, ont contribu\u00e9 \u00e0 leur implication dans des activit\u00e9s criminelles. Il s'agit, pour ainsi dire, des conditions primaires de vuln\u00e9rabilit\u00e9 auxquelles ils ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s dans leur environnement. \u00c0 ces conditions de vuln\u00e9rabilit\u00e9 primaire s'ajoutent celles qui surviennent lorsque les adolescentes entrent en contact avec les institutions de s\u00e9curit\u00e9 et de justice. C'est ce que nous appelons les conditions de vuln\u00e9rabilit\u00e9 secondaire. Nous faisons ici r\u00e9f\u00e9rence aux difficult\u00e9s que rencontrent ces syst\u00e8mes pour fonctionner, dans toutes leurs phases, dans le cadre de la loi, dans une perspective de genre qui parvient \u00e0 prendre en compte et \u00e0 surmonter les d\u00e9savantages sp\u00e9cifiques auxquels les femmes sont confront\u00e9es. Il est donc urgent que ces institutions con\u00e7oivent et mettent en \u0153uvre des programmes de soins qui promeuvent l'\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas contraire, le passage des adolescentes par le syst\u00e8me judiciaire non seulement ne leur fournit pas les \u00e9l\u00e9ments n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 leurs conditions de vuln\u00e9rabilit\u00e9 primaire, mais g\u00e9n\u00e8re \u00e9galement de nouveaux dommages ou conditions de vuln\u00e9rabilit\u00e9 secondaire qui r\u00e9duisent leurs possibilit\u00e9s de s'int\u00e9grer dans la soci\u00e9t\u00e9 en tant qu'individus comp\u00e9tents, responsables et autonomes, capables de prendre des d\u00e9cisions qui favorisent leur bien-\u00eatre et celui de leur communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des adolescentes dont nous avons pu entendre les t\u00e9moignages dans ce document ont v\u00e9cu des exp\u00e9riences difficiles et douloureuses qui leur ont caus\u00e9 un pr\u00e9judice important et qu'elles ont \u00e0 leur tour reproduit contre d'autres. Dans la plupart des cas, leur exp\u00e9rience au sein des institutions judiciaires ne leur permet pas d'assumer leurs responsabilit\u00e9s, de comprendre pleinement leur situation ou d'\u00eatre en mesure de r\u00e9parer les dommages physiques et \u00e9motionnels qu'elles ont subis et qu'elles ont fait subir \u00e0 d'autres. Il y a beaucoup \u00e0 faire pour que les syst\u00e8mes judiciaires mexicains soient en mesure de fournir aux adolescents les \u00e9l\u00e9ments et les outils dont ils ont besoin pour passer \u00e0 l'\u00e2ge adulte dans des conditions qui leur permettent de r\u00e9duire leur situation d\u00e9favorable par rapport aux autres jeunes du pays. Faute de quoi, ils seront condamn\u00e9s \u00e0 vivre en permanence dans des conditions d\u00e9favorables.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Azaola, Elena (2017). <em>Informe Especial. Adolescentes: Vulnerabilidad y Violencia. <\/em>Ciudad de M\u00e9xico: Comisi\u00f3n Nacional de Derechos Humanos, disponible en http:\/\/www.cndh.org.mx\/sites\/all\/doc\/Informes\/Especiales\/Informe_adolescentes_20170118.pdf, consultado el 19 de diciembre de 2019.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bonnie, Richard J., Robert L. Johnson, Betty M. Chemers y Julie A. Schuck (eds.) (2013). <em>Reforming Juvenile Justice: A Developmental Approach. <\/em>Washington: National Academies Press. Disponible en http:\/\/nap.edu\/catalog\/14685\/reforming-juvenile-justice-a-develpmental-aproach, consultado el 19 de diciembre de 2019.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Carlen, Pat y Diana Christina (1985). <em>Criminal Woman<\/em>. 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Monahan (2015). \u201cPsychosocial Maturity and Desistance from Crime in a Sample of Serious Juvenile Offenders\u201d, en <em>Juvenile Justice Bulletin, <\/em>marzo. Washington: <span class=\"small-caps\">ojjdp<\/span>, Department of Justice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Zaffaroni, Ra\u00fal (1993). \u201cLa mujer y el poder punitivo\u201d, en <em>Sobre patriarcas, jerarcas, patrones y otros varones<\/em>. Costa Rica: <span class=\"small-caps\">ilanud<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Zahn, Margaret (2009). <em>The Delinquent Girl<\/em>. Philadelphia: Temple University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Zahn, Margaret, A. Hawkins, J. Chaincone y A. Whitworth (2008), <em>The Girl\u2019s Study Group. Understanding and Responding to Girl\u2019s Delinquency<\/em>, Office of Justice Programs, US Department of Justice, <a href=\"http:\/\/www.ojp.usdoj.gov\/ojjdp\">www.ojp.usdoj.gov\/ojjdp<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\" translation-block\"><span class=\"dropcap\">Ce document a pour but de r\u00e9fl\u00e9chir aux caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques des crimes violents impliquant des adolescentes au Mexique. Il s'appuie sur une \u00e9tude qui a consist\u00e9 \u00e0 mener 730 entretiens avec des adolescents et adolescentes priv\u00e9s de libert\u00e9 dans 17 \u00c9tats mexicains. La question qui a motiv\u00e9 cette \u00e9tude est la suivante : existe-t-il une relation entre les conditions de vuln\u00e9rabilit\u00e9 que les adolescents ont connues dans leur petite enfance (Adverse Child Experiences) et les crimes violents qu'ils ont commis ? Dans cet article, nous citons les t\u00e9moignages de neuf adolescentes qui nous permettent d'analyser les traits qui distinguent les comportements violents qu'elles adoptent.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[586,587,585,256,588],"coauthors":[551],"class_list":["post-31420","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-9","tag-adolescentes","tag-delincuencia","tag-mujeres","tag-violencia","tag-vulnerabilidad","personas-azaloa-elena","numeros-616"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Mujeres adolescentes que cometen delitos violentos en M\u00e9xico &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Este trabajo tiene por objeto reflexionar sobre las caracter\u00edsticas espec\u00edficas de los delitos violentos en los que participan las adolescentes en M\u00e9xico.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/azaola-mujeres-adolescentes-delitos-violentos-mexico\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Mujeres adolescentes que cometen delitos violentos en M\u00e9xico &#8211; 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