{"id":31251,"date":"2019-09-23T13:51:43","date_gmt":"2019-09-23T13:51:43","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=31251"},"modified":"2023-11-17T18:52:03","modified_gmt":"2023-11-18T00:52:03","slug":"mujeres-indigenas-violencia-extractivismo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/mujeres-indigenas-violencia-extractivismo\/","title":{"rendered":"Les femmes indig\u00e8nes en temps de guerre : anciennes et nouvelles expressions de la violence"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\">&lt;Tout au long de l&#039;histoire, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que dans un grand nombre de conflits, il existe une constante : la violence dirig\u00e9e contre les femmes, qui sont utilis\u00e9es comme butin de guerre pour d\u00e9nigrer et blesser les opposants, qu&#039;il s&#039;agisse de peuples, de groupes ou d&#039;individus. Il en va de m\u00eame dans les conflits contemporains auxquels sont confront\u00e9es les femmes des peuples indig\u00e8nes, en particulier dans les cas li\u00e9s \u00e0 la lutte pour la construction, la d\u00e9fense et le renforcement des mod\u00e8les autonomes de leurs peuples et communaut\u00e9s, ainsi que dans ceux li\u00e9s \u00e0 l&#039;opposition des peuples aux m\u00e9gaprojets extractivistes qui menacent de les d\u00e9poss\u00e9der de leurs territoires. Dans ce contexte, les femmes indig\u00e8nes sont soumises \u00e0 une violence suppl\u00e9mentaire, non seulement en tant que butin de guerre, mais aussi en raison de leur activisme politique, que ce soit en tant qu&#039;autonomistes, dirigeantes d&#039;organisations, suffragettes, f\u00e9ministes ou anti-extractivistes. Dans ce contexte, cet article donnera un aper\u00e7u des diff\u00e9rentes intersections de genre, de classe et d&#039;ethnicit\u00e9 qui, dans un contexte d&#039;extraction n\u00e9olib\u00e9rale, violent les hommes et les femmes des peuples indig\u00e8nes, remettant en question le pouvoir, l&#039;(in)justice et le mod\u00e8le \u00e9conomique actuel, en se concentrant sur les continuit\u00e9s et les nouvelles expressions de la violence \u00e0 l&#039;\u00e9gard des femmes indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/extractivismo-neoliberal\/\" rel=\"tag\">l'extractivisme n\u00e9olib\u00e9ral.<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/genero\/\" rel=\"tag\">genre<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/interseccionalidad\/\" rel=\"tag\">intersectionnalit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/mujeres-indigenas\/\" rel=\"tag\">femmes autochtones<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/violencia-contra-las-mujeres\/\" rel=\"tag\">Violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes<\/a><\/p>\n\n\n<p class=\"en-title\">Les femmes autochtones dans la guerre : expressions de la violence, nouvelles et anciennes<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\"><a id=\"post-31251-__DdeLink__2823_2442626947\"><\/a>L'histoire r\u00e9v\u00e8le une constante dans de nombreux conflits : la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes, qui les traite comme un butin de guerre, comme un moyen de d\u00e9nigrer et de blesser les adversaires, qu'il s'agisse de peuples, de groupes ou d'individus. La situation n'est pas diff\u00e9rente dans les conflits actuels auxquels les femmes des communaut\u00e9s indig\u00e8nes doivent faire face, en particulier dans les cas li\u00e9s \u00e0 la lutte pour la construction, la d\u00e9fense et le renforcement des mod\u00e8les autonomes de ces peuples et communaut\u00e9s, ainsi que dans ceux li\u00e9s \u00e0 l'opposition des communaut\u00e9s aux m\u00e9gaprojets d'extraction qui menacent de les d\u00e9placer de leur terre natale. Dans de tels sc\u00e9narios, les femmes indig\u00e8nes sont l'objet d'une violence suppl\u00e9mentaire, non seulement en tant que butin de guerre, mais aussi en tant que r\u00e9sultat direct de leur activisme politique en tant que d\u00e9fenseuses de l'autonomie, dirigeantes d'organisations, suffragistes, f\u00e9ministes ou anti-extractionnistes. La pr\u00e9sente \u00e9tude offre un panorama des nombreuses intersections - genre, classe, ethnicit\u00e9 - qui, dans le contexte de l'extraction n\u00e9olib\u00e9rale, violent les hommes et les femmes indig\u00e8nes qui remettent en question le pouvoir, l'(in)justice et le mod\u00e8le \u00e9conomique actuel. Je me concentre \u00e9galement sur les continuit\u00e9s et les nouvelles expressions de la violence \u00e0 l'encontre des femmes indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots cl\u00e9s : Violence contre les femmes, instersectionnalit\u00e9, genre, femmes indig\u00e8nes, extractivisme n\u00e9olib\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\">&lt;La violence exerc\u00e9e \u00e0 l&#039;encontre des femmes indig\u00e8nes au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies pr\u00e9sente certaines caract\u00e9ristiques qu&#039;il est important de souligner ; nous commencerons par souligner qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un probl\u00e8me de longue date qui renvoie \u00e0 la culture patriarcale de longue date qui a travers\u00e9 l&#039;histoire du monde. Cependant, \u00e0 chaque moment historique, cette violence pr\u00e9sente des particularit\u00e9s ; par cons\u00e9quent, dans cet article, je voudrais me concentrer sur la violence structurelle exerc\u00e9e contre les femmes indig\u00e8nes qui rompent avec les &quot;mandats de genre&quot; (Segato, 2003),<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\" target=\"_self\">1<\/a> femmes activistes qui luttent non seulement contre l'exclusion et la discrimination, mais aussi pour exercer leurs droits de citoyennes et leur identit\u00e9 en tant que membres d'un peuple indig\u00e8ne. Je ferai sp\u00e9cifiquement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la violence contre les femmes dirigeantes et les activistes sociaux qui luttent avec leurs peuples pour d\u00e9fendre leur autonomie et arr\u00eater l'avanc\u00e9e d\u00e9vastatrice des projets extractivistes qui ont \u00e9t\u00e9 promus dans toute l'Am\u00e9rique latine depuis trois d\u00e9cennies maintenant.<\/p>\n\n\n\n<p>J'aborde la question de la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes indig\u00e8nes sous deux angles compl\u00e9mentaires pour comprendre les nouvelles formes de violence qui affectent le Mexique et le reste de l'Am\u00e9rique latine. La premi\u00e8re est la perspective intersectionnelle en tant que proposition th\u00e9orique et m\u00e9thodologique g\u00e9n\u00e9rale qui nous permet de comprendre les diff\u00e9rentes dimensions de la domination, de la discrimination, de l'exclusion et de la violence exerc\u00e9es \u00e0 l'encontre des femmes indig\u00e8nes en raison de leur appartenance ethnique, de leur sexe et de leur classe dans un environnement social, \u00e9conomique, politique et juridique qui alimente et amplifie la discrimination. Je r\u00e9cup\u00e8re le d\u00e9bat entrepris par Mara Viveros lorsqu'elle affirme que l'intersectionnalit\u00e9 est devenue l'expression utilis\u00e9e pour d\u00e9signer la perspective th\u00e9orique et m\u00e9thodologique qui cherche \u00e0 rendre compte d'une r\u00e9alit\u00e9 travers\u00e9e ou imbriqu\u00e9e par des relations de pouvoir, dans un contexte et un moment historique sp\u00e9cifiques (Viveros, 2016). Dans ce cas, le cadre contextuel que j'analyse est celui des nouvelles expressions de violence contre les peuples indig\u00e8nes en g\u00e9n\u00e9ral, et les femmes indig\u00e8nes en particulier, dans cette p\u00e9riode contemporaine d\u00e9crite par Harvey (2004) comme un nouvel imp\u00e9rialisme, caract\u00e9ris\u00e9 par une forme d'accumulation bas\u00e9e sur l'exploitation des mati\u00e8res premi\u00e8res dans les pays p\u00e9riph\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, la deuxi\u00e8me perspective analytique se r\u00e9f\u00e8re aux points de vue critiques du tournant extractiviste qui laisse dans son sillage une d\u00e9vastation \u00e9cologique, ainsi que des conflits et de nouvelles exclusions (Zibechi, 2015 ; Gudynas, 2009). L'extractivisme, dont l'expression est la multiplication d'activit\u00e9s telles que les activit\u00e9s p\u00e9troli\u00e8res, mini\u00e8res, hydrauliques, agricoles ou touristiques qui entra\u00eenent la d\u00e9possession de territoires, le d\u00e9placement de populations ou la g\u00e9n\u00e9ration de conflits interethniques, et qui sont contest\u00e9es par de vigoureux mouvements sociaux et indig\u00e8nes sur le continent.<\/p>\n\n\n\n<p>Il m'int\u00e9resse de souligner comment, malgr\u00e9 les critiques exprim\u00e9es par des universitaires, des biologistes, des g\u00e9ographes, des politologues, des anthropologues, des sociologues, des \u00e9conomistes, entre autres, ainsi que la prolif\u00e9ration de vastes mouvements sociaux contre ce mod\u00e8le \u00e9conomique, les \u00c9tats c\u00e9l\u00e8brent l'arriv\u00e9e de millions de dollars d'investissements, arguant qu'ils cr\u00e9eront des emplois et r\u00e9activeront les \u00e9conomies nationales, En m\u00eame temps, ils invisibilisent la violence qu'ils g\u00e9n\u00e8rent contre les peuples indig\u00e8nes, les mouvements autonomistes et leurs dirigeants, hommes et femmes, qui d\u00e9noncent les menaces qui p\u00e8sent sur leurs territoires, leurs cultures ancestrales, leurs visions du monde et leurs modes de vie. Dans ce sens, le gouvernement mexicain a exprim\u00e9 \u00e0 grand renfort de publicit\u00e9 l'augmentation des investissements \u00e9trangers, puisque durant l'administration gouvernementale actuelle (2012-2018), les investissements directs \u00e9trangers (<span class=\"small-caps\">ied<\/span>) \u00e9tait de l'ordre de 156 194,3 millions de dollars, soit 51,9% de plus que le montant d\u00e9clar\u00e9 il y a six ans. Sur ce montant, 11,7% sont all\u00e9s \u00e0 l'exploitation mini\u00e8re (<span class=\"small-caps\">\u00e0<\/span>, 2017). Bien que les investissements dans le secteur minier semblent modestes, il existe un fort int\u00e9r\u00eat pour l'expansion de ce secteur, comme le montre le programme de d\u00e9veloppement minier 2013-2018 (<span class=\"small-caps\">dof<\/span>2014), qui indique que le Mexique dispose de ressources min\u00e9rales prouv\u00e9es sur 70% de son territoire, et qu'il existe une \"\u00e9volution g\u00e9ologique positive\" permettant d'envisager l'expansion de cette activit\u00e9, de sorte qu'un plan a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli pour continuer \u00e0 d\u00e9livrer des concessions aux investisseurs int\u00e9ress\u00e9s.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Selon les chiffres officiels, l'exploitation mini\u00e8re n'est pas le principal contributeur au PIB. <span class=\"small-caps\">PIB<\/span>Elle ne cr\u00e9e pas un nombre important d'emplois et ne g\u00e9n\u00e8re pas davantage de profits pour le pays. En revanche, elle est \u00e0 l'origine d'un grand nombre de conflits socio-environnementaux et a port\u00e9 atteinte \u00e0 l'autonomie des peuples indig\u00e8nes reconnue par la Constitution, mena\u00e7ant leur survie en tant que peuples culturellement et politiquement diff\u00e9renci\u00e9s. Tout semble indiquer que cette tendance se poursuivra dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, l'exploitation mini\u00e8re ayant \u00e9t\u00e9 positionn\u00e9e comme un secteur strat\u00e9gique pour le d\u00e9veloppement national. Dans ce m\u00eame sens, l'actuelle loi mini\u00e8re (2014) d\u00e9clare, dans son sixi\u00e8me article, que l'exploitation mini\u00e8re est une activit\u00e9 <em>d'utilit\u00e9 publique<\/em> et \u00e9tablit que l'exploration, l'exploitation et le b\u00e9n\u00e9fice des min\u00e9raux ou substances vis\u00e9s par la loi sont d'utilit\u00e9 publique et priment sur toute autre utilisation ou exploitation de la terre, sous r\u00e9serve des conditions \u00e9tablies par la loi.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux donn\u00e9es quantitatives aideront \u00e0 montrer l'ampleur du processus en cours : selon Eckart Boege (2013), l'exploitation mini\u00e8re affectait au moins 42 des 62 peuples indig\u00e8nes jusqu'\u00e0 il y a cinq ans. Il a document\u00e9 qu'entre 2000 et 2012, sur les 28 millions d'hectares identifi\u00e9s comme le noyau dur des territoires indig\u00e8nes, environ 2 173 141 hectares ont \u00e9t\u00e9 conc\u00e9d\u00e9s, principalement pour l'exploitation de mines de m\u00e9taux. Cela signifie qu'au cours de ces douze ann\u00e9es, les peuples autochtones ont perdu 7% de leur territoire au profit des seules concessions mini\u00e8res. Leurs recherches montrent que la plupart des concessions sur le territoire national ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es en vertu de la loi mini\u00e8re adopt\u00e9e en 1992, pendant le mandat de six ans de Carlos Salinas de Gortari (1988-1994). Rien qu'entre 2000 et 2012, 2 814 concessions ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es pour l'exploitation de l'or, 71 de l'argent et 25 du cuivre. Il ne fait aucun doute que le processus de d\u00e9possession des territoires indig\u00e8nes progresse \u00e0 un rythme effr\u00e9n\u00e9 en raison de la politique mini\u00e8re de l'Union europ\u00e9enne. <em>fl\u00e8che <\/em>L'exploitation mini\u00e8re a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9e l\u00e9galement et fiscalement depuis les ann\u00e9es 1990, avec la politique n\u00e9olib\u00e9rale en vogue (L\u00f3pez et Eslava, 2011 ; L\u00f3pez, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Svampa (2012), au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, l'Am\u00e9rique latine est pass\u00e9e du consensus de Washington, bas\u00e9 sur la valorisation financi\u00e8re, au consensus de l'Union europ\u00e9enne. <em>commodities<\/em>La strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement de l'UE est bas\u00e9e sur l'exportation de produits primaires \u00e0 grande \u00e9chelle. Il affirme \u00e0 juste titre que si l'exploration et l'exportation de biens naturels ne sont pas des activit\u00e9s nouvelles dans la r\u00e9gion, elles sont devenues, au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es du XXe si\u00e8cle, une source majeure de revenus pour la r\u00e9gion. <span class=\"small-caps\">xx<\/span> et dans un contexte de changement de mod\u00e8le d'accumulation, l'expansion des projets visant \u00e0 contr\u00f4ler, extraire et exporter des biens naturels, sans plus de valeur ajout\u00e9e, s'est intensifi\u00e9e. De telle sorte que le consensus actuel de la<em> commodities <\/em>Le nouvel ordre \u00e9conomique et politique, soutenu par l'Union europ\u00e9enne, est en train de se mettre en place. <em>fl\u00e8che <\/em>Les prix internationaux des mati\u00e8res premi\u00e8res et des biens de consommation, qui sont tr\u00e8s demand\u00e9s dans les \u00e9conomies centrales et \u00e9mergentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour que ce mod\u00e8le s'impose, il \u00e9tait important de transformer l'\u00c9tat en un \u00c9tat s\u00e9curitaire, ce qui a chang\u00e9 la raison d'\u00eatre de l'\u00c9tat social en d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques des soci\u00e9t\u00e9s transnationales qui dirigent et contr\u00f4lent le secteur extractif. Selon des auteurs comme Gledhill (2014), nous nous dirigeons vers un mod\u00e8le d'\u00c9tat de s\u00e9curit\u00e9. <em>titrisation<\/em> de politiques publiques, dans le cadre d'un \u00c9tat fant\u00f4me, tandis que Giorgio Agamben (2016) parle de la constitution d'un \u00c9tat de s\u00e9curit\u00e9 ou d'exception. De son c\u00f4t\u00e9, le Tribunal des Peuples (<span class=\"small-caps\">tpp<\/span>) qualifie ces \u00c9tats d'\u00c9tats faillis. En d'autres termes, il existe une s\u00e9rie de ph\u00e9nom\u00e8nes, de processus, de contextes et de circonstances qui nous permettent de parler de mod\u00e8les politiques et \u00e9conomiques violents qui, afin de maintenir le mod\u00e8le \u00e9conomique et sous l'argument de la s\u00e9curit\u00e9 nationale et sociale, ont recours \u00e0 l'\u00e9tablissement d'\u00e9tats d'exception, qui criminalisent et r\u00e9priment la juste protestation de vastes secteurs sociaux, g\u00e9n\u00e9rant ce que l'on a appel\u00e9 de nouvelles victimes du d\u00e9veloppement, laissant une trace d'assassinats, y compris de femmes, sur l'ensemble du territoire national (Belausteguigoitia et Salda\u00f1a, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, la violence g\u00e9n\u00e9r\u00e9e contre les femmes indig\u00e8nes s'est intensifi\u00e9e, car bien qu'elle ait \u00e9t\u00e9 constante (Hern\u00e1ndez, 2015), nous constatons qu'\u00e0 mesure qu'elles sont devenues des acteurs politiques qui prennent position sur les probl\u00e8mes de leurs peuples et luttent pour leurs droits en tant que femmes, la violence s'est intensifi\u00e9e. Il me semble qu'\u00e0 pr\u00e9sent, elles ne sont pas seulement attaqu\u00e9es pour punir et nuire \u00e0 leurs hommes, c'est-\u00e0-dire \u00e0 leurs peuples et \u00e0 leurs projets politiques, mais comme les femmes jouent un r\u00f4le de premier plan dans ces luttes, que ce soit dans le cadre du mouvement anti-extractiviste, en tant que d\u00e9fenseurs des droits de l'homme, conseillers ou consultantes, elles sont victimes d'une violence excessive, comme je le montrerai plus loin.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Violence sans limites : violence structurelle - violence fond\u00e9e sur le sexe<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les donn\u00e9es officielles montrent que la violence s'\u00e9tend \u00e0 tout le continent contre les femmes qui d\u00e9noncent la d\u00e9possession extractiviste et\/ou la violation des droits de l'homme universels, qu'elles soient dirigeantes, autorit\u00e9s villageoises ou communautaires, journalistes ou d\u00e9fenseurs des droits de l'homme. Des cas tels que l'assassinat de l'avocate Digna Ochoa le 19 octobre 2001, \u00e9minente d\u00e9fenseuse des droits de l'homme et membre du Centre des droits de l'homme Miguel Agust\u00edn Pro Ju\u00e1rez, ont scandalis\u00e9 le pays. Un autre des cas les plus choquants a \u00e9t\u00e9 l'assassinat, en mars 2016, de la dirigeante du peuple indig\u00e8ne Lenca du Honduras, Berta C\u00e1ceres, qui menait la campagne contre un projet hydro\u00e9lectrique controvers\u00e9 appartenant \u00e0 des Chinois et visant \u00e0 construire le barrage Agua Zarca dans le nord-est du pays sur la rivi\u00e8re Gualcarque, un territoire sacr\u00e9 et un lieu de reproduction du peuple Lenca. La campagne de protestation de ce militant social a permis d'obtenir que Sinohydro, le plus grand constructeur de barrages chinois appartenant \u00e0 l'\u00c9tat, retire sa participation ; il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame pour l'autre investisseur, la Banque mondiale. En reconnaissance de sa lutte inlassable, il s'est vu d\u00e9cerner le prix Goldman pour l'environnement. Cependant, cette reconnaissance et ce triomphe n'ont rien pu faire pour l'emp\u00eacher d'\u00eatre assassin\u00e9e.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> Dans le cadre de la r\u00e9sistance \u00e0 l'extractivisme, deux autres femmes indig\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9es par le prix Goldman : la P\u00e9ruvienne M\u00e1xima Acu\u00f1a, pour sa d\u00e9fense acharn\u00e9e de son territoire o\u00f9 la compagnie mini\u00e8re Yanacocha a l'intention d'exploiter une mine d'or et de cuivre \u00e0 ciel ouvert dans les hauts plateaux du d\u00e9partement septentrional de Cajamarca, en d\u00e9truisant les sources d'eau.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> Cette ann\u00e9e, le prix a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Francia M\u00e1rquez, militante colombienne et dirigeante communautaire de la ville de La Toma, dans le d\u00e9partement du Cauca (sud-ouest), pour sa lutte contre l'exploitation mini\u00e8re l\u00e9gale et ill\u00e9gale.<span class=\"small-caps\">ocmal<\/span>, 2018). Toutefois, ces reconnaissances n'ont eu pratiquement aucun impact sur l'arr\u00eat du maelstr\u00f6m minier qui continue \u00e0 semer la terreur et la violence.<\/p>\n\n\n\n<p>Les chiffres placent le Mexique parmi les pays les plus violents d'Am\u00e9rique latine, une situation qui s'est aggrav\u00e9e depuis 2006, lorsque le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a d\u00e9clar\u00e9 une guerre frontale contre le trafic de drogue. Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie (2006-2016), le nombre de d\u00e9c\u00e8s de civils a atteint 175 000. L'ann\u00e9e 2011 a \u00e9t\u00e9 la pire, avec 27 200 morts, et en 2017, 26 502 personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es jusqu'en novembre. Des chiffres similaires ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s pour cette ann\u00e9e 2018. Il s'agit d'une moyenne mensuelle de plus de 2 000 homicides volontaires.<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> Cependant, cette lutte contre le trafic de drogue cache d'autres dimensions de la violence qu'il est important de souligner, comme la violence perp\u00e9tr\u00e9e par la criminalit\u00e9 commune et organis\u00e9e, qui s'exprime par des vols, des agressions et des viols, et qui met les citoyens \u00e0 cran au quotidien. Il convient de noter que dans un grand nombre de cas, la violence est li\u00e9e non seulement \u00e0 l'impunit\u00e9 judiciaire, mais aussi \u00e0 l'\u00e9norme in\u00e9galit\u00e9 sociale qui pr\u00e9vaut dans le pays et qui pousse de nombreux jeunes \u00e0 rejoindre les rangs des trafiquants de drogue ou des groupes criminels en l'absence d'opportunit\u00e9s d'emploi ou d'\u00e9ducation. C'est un paradoxe, car malgr\u00e9 l'in\u00e9galit\u00e9 qui pr\u00e9vaut et les niveaux \u00e9lev\u00e9s de corruption et de violence, notre pays est class\u00e9 15e au monde en ce qui concerne le nombre de jeunes qui rejoignent les rangs des trafiquants de drogue ou des groupes criminels. <em>classement <\/em>des \u00e9conomies mondiales.<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> Par ailleurs, en termes d'indices d'in\u00e9galit\u00e9, selon les chiffres fournis par la Commission \u00e9conomique pour l'Am\u00e9rique latine et les Cara\u00efbes (<span class=\"small-caps\">eclac<\/span>2016), la mauvaise r\u00e9partition des richesses atteint un chiffre tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, puisque 80% d'actifs financiers sont concentr\u00e9s dans seulement 10% des m\u00e9nages, tandis que 10% des entreprises du pays concentrent 93% d'actifs physiques.<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> \u00c0 cette violence s'ajoutent la criminalisation, la pers\u00e9cution, la privation de libert\u00e9 et l'assassinat des dirigeants des peuples autochtones, hommes et femmes, qui m\u00e8nent des luttes contre la d\u00e9possession ou la menace de d\u00e9possession de leurs territoires.<\/p>\n\n\n\n<p>L'in\u00e9galit\u00e9, la diff\u00e9rence, la racialisation, la violence fond\u00e9e sur le genre et les f\u00e9minicides sont des cat\u00e9gories et des ph\u00e9nom\u00e8nes qui se croisent et dessinent les nouvelles formes de violence auxquelles sont soumises de nombreuses militantes sociales sur le continent. Signe de la criminalisation, une d\u00e9claration r\u00e9cente d'Amnesty International a not\u00e9 que, rien qu'au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es (2016-2017), 437 militants des droits de l'homme ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s dans 22 pays, et que 751 de ces cas ont eu lieu en Am\u00e9rique latine et \u00e9taient directement li\u00e9s \u00e0 des activit\u00e9s extractivistes (<span class=\"small-caps\">ai<\/span>, 2017).<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne les donn\u00e9es disponibles pour acc\u00e9der aux chiffres officiels sur la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes, au cours du mois de novembre 2017, la ventilation en diff\u00e9rentes cat\u00e9gories li\u00e9es \u00e0 la violence de genre a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie. Le minist\u00e8re de l'Int\u00e9rieur a publi\u00e9 une liste avec une ventilation de 31 nouveaux crimes, comptabilis\u00e9s au cours des ann\u00e9es 2014-2017. Avec cette nouvelle classification, il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 que 1 500 enqu\u00eates ont \u00e9t\u00e9 ouvertes pour f\u00e9micide (tableau 1).<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/archive.org\/download\/encartesvol2num4\/tab_laura_valladares_mujeres_indigenas_entre_guerras_1.png\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1515\u200a\u00d7\u200a384\" data-index=\"0\" data-caption=\"Tabla 1. Investigaciones abiertas por las autoridades judiciales relacionadas con la violencias contra las mujeres en M\u00e9xico 2014-2017. Fuente: ADN40 2017.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/archive.org\/download\/encartesvol2num4\/tab_laura_valladares_mujeres_indigenas_entre_guerras_1.png\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Tableau 1. Enqu\u00eates ouvertes par les autorit\u00e9s judiciaires li\u00e9es \u00e0 la violence contre les femmes au Mexique 2014-2017. Source : ADN40 2017.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Parmi les donn\u00e9es ventil\u00e9es, le nombre de plaintes d\u00e9pos\u00e9es pour violence domestique se distingue \u00e9galement, avec plus de 40 000, soit plus que n'importe quelle autre section au cours des trois ann\u00e9es en question. Les autres d\u00e9lits pour lesquels des chiffres sont d\u00e9j\u00e0 disponibles sont : les d\u00e9lits commis par des fonctionnaires (36 478), la corruption de mineurs (5 489), les d\u00e9lits \u00e9lectoraux (1 840), l'avortement (1 540), la traite des \u00eatres humains (1 034), la traite des mineurs (467) et l'inceste (76).<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Bien que ces chiffres soient inqui\u00e9tants en soi, ils se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 des cas signal\u00e9s pour lesquels une enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 ouverte ; cependant, selon les donn\u00e9es fournies par l&nbsp;<em>M\u00e9diateur<\/em>&nbsp;Luis Ra\u00fal Gonz\u00e1lez P\u00e9rez, la tendance est \u00e0 l'augmentation de la violence f\u00e9minicide ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Dans cette voie, les donn\u00e9es pr\u00e9sent\u00e9es par l'Institut national de la femme (Inmujeres) indiquent que les f\u00e9micides ont atteint 12 811 pour la seule ann\u00e9e 2017. Il est pr\u00e9cis\u00e9 qu'il s'agit de \"d\u00e9c\u00e8s de femmes pr\u00e9sum\u00e9s \u00eatre des homicides\", ce qui a fait de 2017 l'ann\u00e9e la plus violente \u00e0 l'\u00e9gard des femmes (<span class=\"small-caps\">adn<\/span>40 : 2017). On ignore toutefois quelle proportion de femmes autochtones ont \u00e9t\u00e9 victimes de f\u00e9micides et de disparitions forc\u00e9es, car les donn\u00e9es ne sont pas ventil\u00e9es par appartenance ethnique.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, les chiffres relatifs \u00e0 la violence \u00e0 l'encontre des d\u00e9fenseurs des droits de l'homme, des \u00e9cologistes et des dirigeants sociaux et indig\u00e8nes sont tout aussi alarmants pour le Mexique que pour le reste de l'Am\u00e9rique latine, par exemple au Honduras, o\u00f9 Chis Moye (<span class=\"small-caps\">bbc<\/span> News, 2016), Global Witness a indiqu\u00e9 qu'entre 2002 et 2014, cent onze d\u00e9fenseurs de l'environnement avaient \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s au Honduras, dont quatre-vingts en seulement trois ans (2012-2014). Au Mexique, entre 2010 et 2016, quarante et une femmes d\u00e9fenseurs des droits de l'homme ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es, selon les donn\u00e9es fournies par le R\u00e9seau national des femmes d\u00e9fenseurs des droits de l'homme au Mexique, dont onze journalistes (<span class=\"small-caps\">rnddhm<\/span>, 2014). C'est dans ce sc\u00e9nario que les dirigeants et les organisations de femmes autochtones luttent pour mettre fin \u00e0 la violence et \u00e0 la d\u00e9possession de leurs corps-territoires, comme nous le verrons plus loin.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La r\u00e9sistance des femmes autochtones \u00e0 l'extractivisme en Am\u00e9rique latine<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">\u00c0 partir de ce vaste sc\u00e9nario de violence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 l'encontre des femmes indig\u00e8nes, je voudrais pr\u00e9senter quelques donn\u00e9es sur le Mexique et l'Am\u00e9rique latine. Je voudrais souligner que les femmes luttent aux c\u00f4t\u00e9s de leurs peuples, en tant que victimes directes, en tant qu'acteurs politiques et pas seulement en tant qu'accompagnatrices ; dans de nombreux cas, elles ont d\u00e9montr\u00e9 leur capacit\u00e9 d'action politique en dirigeant des mouvements de r\u00e9sistance, en d\u00e9masquant les injustices et en construisant des organisations d'abord avec leurs peuples et, parall\u00e8lement, en cr\u00e9ant des organisations de femmes, en consolidant des positions, des r\u00e9flexions et des propositions \u00e9pist\u00e9mologiques. Cet activisme, comme nous le montrerons, les a plac\u00e9es au centre de la violence pr\u00e9f\u00e9rentielle et cibl\u00e9e, dans des actions allant de la criminalisation \u00e0 la violence sexuelle (Hern\u00e1ndez, 2015) et du d\u00e9placement au meurtre.<\/p>\n\n\n\n<p>C'est dans ce contexte que les femmes organis\u00e9es politiquement expriment dans leurs agendas une s\u00e9rie de revendications qui vont de la d\u00e9fense de leurs droits en tant que femmes \u00e0 une position politique connue sous le nom de f\u00e9minisme culturellement situ\u00e9 (S\u00e1nchez, 2005) ; on peut \u00e9galement parler d'un f\u00e9minisme anti-extractiviste et de f\u00e9minismes territoriaux (Ulloa, 2016a et 2016b). Certains se situent dans les f\u00e9minismes populaires et communautaires, d'autres partent des \u00e9cof\u00e9minismes et beaucoup ne se reconnaissent pas explicitement comme f\u00e9ministes. Mais toutes, dans leur diversit\u00e9, partagent l'horizon d'une lutte anti-extractiviste ou post-extractiviste, d\u00e9colonisatrice et anti-patriarcale, et s'autonomisent dans le cadre de la r\u00e9sistance. Leur principale contribution, selon Miriam Gartor (2014), a \u00e9t\u00e9 de rendre visibles les liens \u00e9troits entre extractivisme et patriarcat.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les organisations de femmes contre l'extractivisme, le r\u00e9seau des Femmes tisseuses de territoires d'Am\u00e9rique latine se distingue en Am\u00e9rique centrale. Elles ont entrepris une caravane entre le 7 et le 17 janvier 2018 qui a travers\u00e9 le Guatemala, le Honduras et le Salvador pour d\u00e9noncer les effets des industries extractives sur les femmes, et elles ont d\u00e9clar\u00e9 que<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">En tant que femmes participant \u00e0 cet effort, nous avons confirm\u00e9 que dans nos pays, la logique extractiviste menace gravement les territoires et les populations qui y vivent (Gartor, 2014).<\/p>\n\n\n\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les membres du R\u00e9seau des communaut\u00e9s affect\u00e9es par l'exploitation mini\u00e8re au Honduras, par la voix de Xiomara Gait\u00e1n, affirment que \" la majorit\u00e9 des projets extractivistes promeuvent un contexte de violence, de stigmatisation et de criminalisation \u00e0 l'encontre des leaders communautaires, en particulier des femmes qui luttent depuis les territoires d'Am\u00e9rique centrale, o\u00f9 de multiples violations des droits de l'homme sont commises \" (Gartor, 2014).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, ils se sont regroup\u00e9s au sein de r\u00e9seaux et d'organisations continentales, par exemple la derni\u00e8re r\u00e9union a eu lieu \u00e0 Montr\u00e9al, au Canada, en avril 2018, sous le nom de <em>Rencontre internationale \"Les femmes en r\u00e9sistance contre l'extractivisme\".<\/em>Elles ont d\u00e9nonc\u00e9 les agressions subies par les peuples indig\u00e8nes et les femmes en particulier dans leurs ethno-territoires. Elles ont parl\u00e9 des enclaves p\u00e9troli\u00e8res en Amazonie \u00e9quatorienne, de l'exploitation mini\u00e8re de Cajamarca au P\u00e9rou ou de la route du soja en Argentine, en d\u00e9non\u00e7ant qu'elles subissent les impacts de l'arriv\u00e9e massive de travailleurs, qui a entra\u00een\u00e9 une augmentation du march\u00e9 sexuel. L'alcool, la violence et la traite des femmes et des filles \u00e0 des fins d'exploitation sexuelle s'installent dans le quotidien des populations comme une expression de la violence machiste (Gastor, 2014 ; Comunicaciones Aliadas, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de ces r\u00e9unions, d'autres dimensions et impacts de l'arriv\u00e9e des entreprises ont \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9s, comme la militarisation qui accompagne certaines r\u00e9gions mini\u00e8res. Il s'agit d'un probl\u00e8me pr\u00e9sent depuis plusieurs ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0 ; par exemple, en 2011, dans le cadre de l'initiative de la<em> Rencontre latino-am\u00e9ricaine des femmes et de l'exploitation mini\u00e8re<\/em>femmes de trente-quatre organisations, r\u00e9seaux, comit\u00e9s et associations \u00e0 Bogota, en Colombie, ont d\u00e9nonc\u00e9 le fait que<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Les grandes exploitations mini\u00e8res s'accompagnent de bases militaires, d'une pr\u00e9sence accrue de tous les acteurs arm\u00e9s et d'une surveillance priv\u00e9e renforc\u00e9e, ce qui rend les femmes plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">La sant\u00e9 des femmes et des jeunes filles est \u00e9galement gravement affect\u00e9e par les m\u00e9gaprojets. Les maladies sexuellement transmissibles (MST) sont en augmentation (<span class=\"small-caps\">ets<\/span>), les maladies respiratoires, mentales et cutan\u00e9es, les troubles de l'audition et tous ceux qui d\u00e9coulent des activit\u00e9s mini\u00e8res extractives et des fumigations. En outre, on constate une augmentation des avortements, des malformations, des cancers et des grossesses pr\u00e9coces, entre autres probl\u00e8mes de sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">C'est avec douleur et indignation que nous affirmons la demande permanente de services sexuels de la part des fonctionnaires et des travailleurs de l'industrie mini\u00e8re et \u00e9nerg\u00e9tique, la servitude, la traite des \u00eatres humains, la migration des femmes, ainsi que la stigmatisation des femmes dans le travail du sexe promue par ce type d'activit\u00e9 \u00e9conomique (Acci\u00f3n Ecol\u00f3gica, \"La demande de services sexuels de la part des fonctionnaires et des travailleurs de l'industrie mini\u00e8re et \u00e9nerg\u00e9tique, la servitude, la traite des \u00eatres humains, la migration des femmes, ainsi que la stigmatisation des femmes dans le travail du sexe promue par ce type d'activit\u00e9 \u00e9conomique\"). <em>et al<\/em>., 2011).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, la terre et le corps des femmes sont con\u00e7us comme des territoires sacrifi\u00e9s. Sur la base de ce parall\u00e9lisme, les mouvements f\u00e9ministes contre les projets d'extraction ont construit un nouveau discours et une nouvelle lutte politiques qui se concentrent sur le corps des femmes en tant que premier territoire \u00e0 d\u00e9fendre. La r\u00e9cup\u00e9ration du territoire-corps est une premi\u00e8re \u00e9tape ins\u00e9parable de la d\u00e9fense du territoire-terre. Il s'agit d'une r\u00e9interpr\u00e9tation dans laquelle le concept de souverainet\u00e9 et d'autod\u00e9termination des territoires est \u00e9largi et li\u00e9 au corps des femmes. De ce point de vue, nous pouvons faire allusion au f\u00e9minisme communautaire des femmes Xinka en r\u00e9sistance contre l'exploitation mini\u00e8re dans la montagne Xalap\u00e1n (Guatemala), qui soutiennent que la d\u00e9fense d'un territoire-terre contre l'exploitation sans prendre en compte le corps des femmes qui sont viol\u00e9es serait inad\u00e9quate. Par exemple, en juin 2008, Gregoria Crisanta P\u00e9rez et sept autres femmes de la communaut\u00e9 d'Agel, \u00e0 San Miguel Ixtahuac\u00e1n, ont sabot\u00e9 l'approvisionnement en \u00e9lectricit\u00e9 de l'entreprise mini\u00e8re Montana Exploradora, filiale de l'entreprise canadienne Goldcorp Inc. Finalement, en mai 2012, les poursuites p\u00e9nales ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es et les femmes ont pu r\u00e9cup\u00e9rer une partie des terres de Gregoria, qui avaient \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es de mani\u00e8re irr\u00e9guli\u00e8re par l'entreprise, remportant ainsi une importante victoire.<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les rencontres et les r\u00e9seaux de femmes latino-am\u00e9ricaines contre l'extractivisme rev\u00eatent une importance consid\u00e9rable, tant parce qu'ils constituent des espaces de d\u00e9nonciation que pour la cr\u00e9ation et l'\u00e9change de strat\u00e9gies de lutte et de r\u00e9sistance. Ce sont des espaces \u00e0 partir desquels les femmes proposent des formes alternatives de vie communautaire en harmonie avec la nature, leurs cultures et leurs cosmovisions, et r\u00e9fl\u00e9chissent \u00e0 de nouveaux accords entre les sexes, avec des logiques qui rompent avec le mod\u00e8le capitaliste actuel. Dans ce sens, les propositions exprim\u00e9es dans le <em>Rencontre r\u00e9gionale des f\u00e9minismes et des femmes populaires<\/em> tenue en \u00c9quateur en juin 2013, o\u00f9 les participants ont propos\u00e9 une autre fa\u00e7on d'organiser la vie \u00e9conomique. Une \u00e9conomie bas\u00e9e sur la gestion des biens communs qui garantit la reproduction quotidienne de la vie ; en d'autres termes, il ne s'agit pas seulement de luttes de r\u00e9sistance, mais aussi de recherches et de constructions visant \u00e0 l'exercice de nouvelles \u00e9conomies solidaires et durables avec une nouvelle logique \u00e0 la fois en termes d'identit\u00e9 ethnique et socio-environnementale, et donc de d\u00e9fense de leurs territoires, de leurs vies en tant que communaut\u00e9s et en tant que peuples (Su\u00e1rez, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>Les co\u00fbts de la r\u00e9sistance \u00e0 ce mod\u00e8le \u00e9conomique de d\u00e9possession ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s, longs et on\u00e9reux en termes \u00e9conomiques, sociaux et politiques, mais ils ont \u00e9galement g\u00e9n\u00e9r\u00e9 de nouveaux et vigoureux processus de construction organisationnelle, ainsi que des r\u00e9flexions th\u00e9oriques et la construction de paradigmes alternatifs ; en cours de route, certains triomphes ont \u00e9t\u00e9 remport\u00e9s contre les grandes entreprises extractivistes et contre les \u00c9tats qui les soutiennent. C'est le cas, par exemple, du peuple Sarayaku en \u00c9quateur, o\u00f9 les femmes ont jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la lutte contre l'entreprise Yanacocha, qui a acquis le projet minier Conga en 2001. Comme chacun sait, les femmes du peuple Sarayaku, dans l'Amazonie \u00e9quatorienne, ont men\u00e9 la r\u00e9sistance contre la compagnie p\u00e9troli\u00e8re argentine Compa\u00f1\u00eda General de Combustibles (<span class=\"small-caps\">cgc<\/span>), qu'ils ont r\u00e9ussi \u00e0 expulser de leurs terres en 2004. Dans ce cas, l'\u00c9tat \u00e9quatorien avait conc\u00e9d\u00e9 60% de son territoire \u00e0 l'entreprise, sans proc\u00e9der \u00e0 aucun processus d'information ou de consultation pr\u00e9alable des populations concern\u00e9es. Ce sont les femmes qui, d\u00e8s le d\u00e9but, ont pris l'initiative. Lorsque l'arm\u00e9e a envahi leur territoire, militarisant la zone en faveur de la compagnie p\u00e9troli\u00e8re, elles se sont empar\u00e9es de leurs armes. L'arm\u00e9e a m\u00eame voulu n\u00e9gocier la restitution des armes en secret. Les habitants de Sarayaku, pouss\u00e9s par les femmes, ont fait appel \u00e0 la presse \u00e9quatorienne pour porter l'affaire \u00e0 l'attention du public. Finalement, en 2012, apr\u00e8s une d\u00e9cennie de proc\u00e9dure, la Cour interam\u00e9ricaine des droits de l'homme (<span class=\"small-caps\">cidh<\/span>) a d\u00e9clar\u00e9 la responsabilit\u00e9 de l'\u00c9tat \u00e9quatorien dans la violation des droits du peuple Sarayaku (Gartor, 2014).<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas de l'extractivisme, des chercheurs comme Eduardo Gudynas (2009) parlent de l'existence d'un mod\u00e8le post-extractiviste pour faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des pays \"progressistes\" comme le Venezuela, l'\u00c9quateur et la Bolivie, qui se sont positionn\u00e9s comme post-n\u00e9olib\u00e9raux et ont entrepris la construction de nouvelles constitutions multiethniques et plurinationales, reconnaissant les droits de leurs peuples indig\u00e8nes, y compris, dans le cas de la Bolivie, les droits de la nature ; Cependant, il reste de grands d\u00e9fis \u00e0 relever pour parvenir \u00e0 une relation \u00e9quitable et respectueuse des droits de ces peuples.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cas de l'exploitation mini\u00e8re est \u00e9loquent car il nous permet de voir les co\u00efncidences ou les continuit\u00e9s avec le mod\u00e8le n\u00e9olib\u00e9ral. La plus grande diff\u00e9rence avec le reste des pays du monde est peut-\u00eatre le r\u00f4le beaucoup plus actif jou\u00e9 par les \u00c9tats progressistes dans l'orientation du mod\u00e8le \u00e9conomique, qui s'exprime, par exemple, dans l'imposition de taux d'imposition \u00e9lev\u00e9s et dans le fait qu'une grande partie de ces ressources est investie dans diff\u00e9rents domaines et programmes sociaux. Cependant, les d\u00e9g\u00e2ts \u00e9cologiques, la violation des droits et la r\u00e9sistance des peuples et de leurs femmes, ainsi que la criminalisation et la violence qu'ils engendrent, sont une constante partag\u00e9e sur tout le continent, quel que soit l'\u00c9tat qui les promeut.<\/p>\n\n\n\n<p>Je prends ici comme exemple le cas de l'Arc minier au Venezuela, qui remonte \u00e0 2016, lorsque le gouvernement de Nicol\u00e1s Maduro a accord\u00e9 des concessions mini\u00e8res sur 112 000 kilom\u00e8tres carr\u00e9s, couvrant une partie de la r\u00e9gion nord de l'\u00c9tat de Bol\u00edvar et de l'Amazonas, au sud du fleuve Or\u00e9noque. Sur ce territoire, les entreprises nationales et \u00e9trang\u00e8res peuvent l\u00e9galement exploiter le coltan, l'or et les diamants. Cela signifie que le gouvernement v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien a ouvert les portes au d\u00e9veloppement de l'exploitation mini\u00e8re dans 12% du territoire national, avec l'intention que cette activit\u00e9 remplace le p\u00e9trole et devienne une nouvelle source de revenus pour l'\u00c9tat (Mongabay Latam, 2018). D\u00e8s le d\u00e9but, les \u00e9cologistes et les scientifiques se sont oppos\u00e9s \u00e0 cette d\u00e9cision, soulignant que le gouvernement v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien ne s'\u00e9tait pas conform\u00e9 \u00e0 une \u00e9tude d'impact environnemental, ni \u00e0 une consultation libre, pr\u00e9alable et inform\u00e9e des peuples autochtones, comme le pr\u00e9voient la Constitution et les instruments de droit international, tels que la Convention 169 de l'ONU. <span class=\"small-caps\">ilo<\/span>. Dans le processus d'opposition, l'un des groupes les plus actifs a \u00e9t\u00e9 celui des femmes indig\u00e8nes d'Amazonie, qui font partie de l'organisation Wanaaleru, et qui ont d\u00e9nonc\u00e9 l'\u00e9cocide en cours dans cette r\u00e9gion, avec la destruction de milliers d'hectares de for\u00eat amazonienne et la contamination concomitante des eaux de surface et des eaux souterraines caus\u00e9e par l'oxydation des min\u00e9raux sulfur\u00e9s. Ils ont \u00e9galement d\u00e9nonc\u00e9 le projet comme \u00e9tant ethnocidaire, car il y a eu des arrestations, des pers\u00e9cutions et des meurtres de dirigeants indig\u00e8nes. En ce qui concerne les effets sur la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre des femmes amazoniennes, elles ont d\u00e9nonc\u00e9 la violence caus\u00e9e par l'augmentation de la traite des femmes et l'expansion de la prostitution, ainsi que les dommages caus\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 maternelle et infantile par l'abandon des cultures traditionnelles, la migration et l'augmentation de la mortalit\u00e9 infantile, ainsi que les concentrations \u00e9lev\u00e9es de produits chimiques dans le sang qui provoquent des fausses couches (Wanaaleru, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>En bref, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 un panorama extr\u00eamement pr\u00e9occupant de la violence, de la d\u00e9composition sociale et des factions que les op\u00e9rations mini\u00e8res g\u00e9n\u00e8rent parmi les peuples indig\u00e8nes, ainsi qu'\u00e0 de nouveaux sc\u00e9narios d'agression \u00e0 l'encontre des femmes. Malheureusement, ce mod\u00e8le semble devoir se poursuivre dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, car pratiquement tous les pays d'Am\u00e9rique latine continuent de parier sur l'arriv\u00e9e de grands investissements de la part d'entreprises nationales et \u00e9trang\u00e8res, malgr\u00e9 le d\u00e9sastre social et environnemental qu'ils laissent dans leur sillage. Par exemple, dans le cas de l'\u00c9quateur, l'ancien pr\u00e9sident Rafael Correa a affirm\u00e9 qu'il n'\u00e9tait pas possible d'avoir un peuple pauvre assis sur des sacs d'or, faisant allusion aux richesses min\u00e9rales du pays qui devaient \u00eatre exploit\u00e9es pour d\u00e9clencher le d\u00e9veloppement \u00e9conomique. En d'autres termes, son projet post-n\u00e9olib\u00e9ral \u00e9tait bas\u00e9 sur un mod\u00e8le n\u00e9o-extractiviste qui cherchait \u00e0 \"transformer le mod\u00e8le de sp\u00e9cialisation de l'\u00e9conomie afin de parvenir \u00e0 une insertion strat\u00e9gique et souveraine dans le monde\".<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a> Il semblerait que tous les pays d'Am\u00e9rique latine aient repris \u00e0 leur compte cette vieille affirmation du si\u00e8cle dernier. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> par le naturaliste, g\u00e9ographe et explorateur italien Antonio Raimondi, dont les recherches l'ont amen\u00e9 \u00e0 affirmer que \"le P\u00e9rou est un mendiant assis sur un banc d'or\" (Villacorta, 2006).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce mod\u00e8le \u00e9conomique, appel\u00e9 par euph\u00e9misme \"d\u00e9veloppement\", progresse malgr\u00e9 des dizaines d'\u00e9tudes qui ont soulign\u00e9 que le repositionnement en tant qu'exportateurs de mati\u00e8res premi\u00e8res ne g\u00e9n\u00e8re pas de bien-\u00eatre, mais au contraire des d\u00e9pendances \u00e9conomiques et des in\u00e9galit\u00e9s r\u00e9gionales avec la cr\u00e9ation d'enclaves extractives. En termes politiques, cela implique une diminution de la souverainet\u00e9 nationale, car le destin \u00e9conomique de nos pays est c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la logique des grandes entreprises extractives. Il est \u00e9galement inqui\u00e9tant de constater que les dizaines de proc\u00e9dures de contestation, que ce soit par des moyens juridiques ou par des mobilisations sociales et des protestations vigoureuses, ne parviennent pas \u00e0 arr\u00eater les processus d'expropriation ou de d\u00e9possession de vastes territoires riches en ressources bio\u00e9nerg\u00e9tiques. Comme je l'ai soulign\u00e9, les femmes jouent un r\u00f4le central dans l'activisme anti-mines, o\u00f9 diff\u00e9rentes organisations et collectifs documentent, d\u00e9noncent et cartographient ces processus. <em>Atlas de la justice environnementale<\/em>qui vise \u00e0 montrer les diff\u00e9rentes fa\u00e7ons dont les personnes et les femmes sont affect\u00e9es par l'exploitation mini\u00e8re, et leur r\u00f4le dans la construction d'alternatives \u00e0 ce mod\u00e8le \u00e9conomique d\u00e9vastateur.<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Je termine ce r\u00e9cit de la r\u00e9sistance \u00e0 l'extractivisme par un t\u00e9moignage de l'expression la plus r\u00e9cente qui a eu lieu au Mexique les 11 et 12 octobre 2018 dans la ville de Oaxaca, o\u00f9 s'est tenu un \" proc\u00e8s communautaire populaire contre l'\u00c9tat et les entreprises mini\u00e8res \", qui avait \u00e9t\u00e9 convenu lors de l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies. <em>Deuxi\u00e8me r\u00e9union nationale des peuples, communaut\u00e9s et organisations \"Ici, nous disons oui \u00e0 la vie, non \u00e0 l'exploitation mini\u00e8re\".<\/em>qui s'est tenue dans la communaut\u00e9 zapot\u00e8que de Magdalena Teitipac les 23 et 24 f\u00e9vrier 2018. Environ 60 communaut\u00e9s et 36 organisations ont particip\u00e9 \u00e0 la r\u00e9union (Colectivo Oaxaque\u00f1o en Defensa de los Territorios, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de ce proc\u00e8s populaire, 22 cas d'entreprises violant les droits des peuples indig\u00e8nes dans l'\u00c9tat ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s. Des t\u00e9moignages de diverses communaut\u00e9s et organisations ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 recueillis, document\u00e9s et diffus\u00e9s. Je voudrais souligner ceux pr\u00e9sent\u00e9s par des organisations de femmes indig\u00e8nes en d\u00e9fense de leurs territoires, qui ont produit une courte vid\u00e9o pour rendre compte de la situation de leurs droits ; il s'agit des cas des femmes d\u00e9fenseurs de la terre de San Jos\u00e9 del Progreso.<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> et celle des Defensoras del Territorio de San Mart\u00edn de los Cansecos,<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a> qui constituent un t\u00e9moignage des luttes des peuples indig\u00e8nes o\u00f9 les femmes, aux c\u00f4t\u00e9s des hommes, jouent un r\u00f4le important.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Defensoras del Territorio: San Mart\u00edn de los Cansecos\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/3DsUmK3qbVo?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Les cas ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s devant un jury compos\u00e9 d'\u00e9minents militants sociaux, d\u00e9fenseurs des droits de l'homme et avocats de grande exp\u00e9rience et de renom : Blanca Chancoso, vice-pr\u00e9sidente d'Ecuarunari en \u00c9quateur ;<a class=\"anota\" id=\"anota16\" data-footnote=\"16\">16<\/a> Jakeline Romero Epiayu, membre de l'organisation Fuerza de Mujeres Wayuu et laur\u00e9ate du prix national colombien des droits de l'homme ;<a class=\"anota\" id=\"anota17\" data-footnote=\"17\">17<\/a> Daniel Cerqueira, avocat br\u00e9silien et expert en droits indig\u00e8nes \u00e0 la Due Process of Law Foundation (<span class=\"small-caps\">dplf<\/span>) ; Ignacio Henr\u00edquez, titulaire d'une ma\u00eetrise en administration publique et ayant une exp\u00e9rience de la coop\u00e9ration avec Oxfam au Salvador ; Miguel \u00c1lvarez, pr\u00e9sident de l'ONG <span class=\"small-caps\">serapaz<\/span> et du Prix national des droits de l'homme du Mexique ; Abel Barrera, directeur du Centre des droits de l'homme de Tlachinollan, Mexique ; Beatriz Guti\u00e9rrez, d\u00e9fenseur communautaire du peuple Ikoots de San Mateo del Mar, Oaxaca ; Carmen Herrera Garc\u00eda, de Abogados y Abogadas por la Justicia de los Derechos Humanos A.C. ; Francisco L\u00f3pez B\u00e1rcenas, avocat mixt\u00e8que et expert en droits des populations autochtones. Le jury a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du soutien des experts Ana de Ita, directrice du Centro de Estudios para el Cambio del Campo Mexicano (<span class=\"small-caps\">ceccam<\/span>) ; Sa\u00fal Rosado Zaidi, du Colectivo Multidisciplinario por las Alternativas Locales (<span class=\"small-caps\">comal<\/span>) et l'Assembl\u00e9e nationale des personnes affect\u00e9es par l'environnement (<span class=\"small-caps\">anaa<\/span>), et Sa\u00fal Aquino, citoyen de Capul\u00e1lpam de M\u00e9ndez.<a class=\"anota\" id=\"anota18\" data-footnote=\"18\">18<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Blanca Chancosa: por una educaci\u00f3n con identidad\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/NrP1FJI4Y44?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 les t\u00e9moignages et examin\u00e9 la documentation envoy\u00e9e par les peuples et les autorit\u00e9s communautaires, le jury a rendu un verdict final en neuf points, dans lequel il demande \u00e0 l'\u00c9tat mexicain de respecter le droit \u00e0 l'autod\u00e9termination des peuples indig\u00e8nes, de d\u00e9clarer l'\u00c9tat d'Oaxaca exempt de projets miniers et d'annuler les concessions qui ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es en violation flagrante des droits des peuples indig\u00e8nes et des paysans.<a class=\"anota\" id=\"anota19\" data-footnote=\"19\">19<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Jakeline Romero - Fuerza de Mujeres Way\u00fau (Interview Espa\u00f1ol\/English)\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/zh7NRj0xVSo?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Bien qu'il s'agisse d'un arr\u00eat non contraignant, il sera envoy\u00e9 aux autorit\u00e9s mexicaines afin de les sensibiliser \u00e0 ce probl\u00e8me et de plaider pour que des mesures soient prises afin de mettre un terme \u00e0 la d\u00e9possession territoriale et \u00e0 la violation des droits qui se multiplient sur l'ensemble du territoire national.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9flexions finales sur la violence \u00e0 l'encontre des femmes autochtones dans le contexte extractiviste<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'\u00e9tude de la situation des femmes autochtones victimes de diverses formes de violence a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e selon diff\u00e9rentes perspectives, dont l'une des plus suggestives est celle qui propose le concept de \"femmes autochtones\". <em>intersectionnalit\u00e9<\/em>Ce terme a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 par l'activiste et universitaire afro-am\u00e9ricaine Kimberle Crenshaw en 1991. Dans son article intitul\u00e9 \"Mapping the margins : Intersectionality, Identities Politics and Violence against Women of Color\", elle r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la marginalit\u00e9 des femmes de couleur, pr\u00e9sente \u00e0 la fois dans le mouvement antiraciste, dont le sujet d'\u00e9nonciation est l'homme noir, et dans le mouvement f\u00e9ministe, dont le r\u00e9f\u00e9rent (sujet) d'\u00e9nonciation est la femme blanche. Elle fait donc appel \u00e0 l'importance de rendre visible la mani\u00e8re dont les multiples formes de violence sont li\u00e9es de mani\u00e8re intersectionnelle et vise \u00e0 repenser les marges qui vont de la violence domestique \u00e0 la violence structurelle, qui \u00e0 son tour est travers\u00e9e par la construction historique racialis\u00e9e d'identit\u00e9s en marge de la soci\u00e9t\u00e9 dominante (De Marinis, sous presse).<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, les f\u00e9ministes latino-am\u00e9ricaines ont soulev\u00e9 les multiples formes d'oppression subies par les femmes indig\u00e8nes en raison de leur classe, de leur sexe et de leur appartenance ethnique, et la mani\u00e8re dont ces multiples formes d'oppression ont \u00e9t\u00e9 ni\u00e9es par les mouvements de gauche et indig\u00e8nes au Mexique (Espinosa, 2010). Il s'agit l\u00e0 de contributions centrales en provenance d'Am\u00e9rique latine. Comme l'affirme Natalia de Marinis (sous presse), situer le concept d'intersectionnalit\u00e9 \u00e0 travers la colonialit\u00e9 et \u00e0 partir de l'approche du territoire et des droits collectifs devient un \u00e9l\u00e9ment important \u00e0 incorporer pour penser la r\u00e9alit\u00e9 des femmes indig\u00e8nes. Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, Mara Viveros (2016) nous invite \u00e0 analyser les r\u00e9seaux de violence \u00e0 partir d'approches historiques et politiquement situ\u00e9es afin de ne pas perdre leur potentiel politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre \u00e9l\u00e9ment qu'il est important de souligner dans le contexte extractiviste actuel qui viole les droits collectifs des hommes et des femmes indig\u00e8nes est le changement politique en Am\u00e9rique latine, dans lequel des gouvernements conservateurs de droite sont dangereusement install\u00e9s, qui r\u00e9priment fortement les mouvements sociaux critiques \u00e0 l'\u00e9gard du n\u00e9olib\u00e9ralisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pouvons constater qu'avec l'expansion du capital extractiviste, le discours et les pratiques n\u00e9ocoloniales qui portent atteinte \u00e0 la terre et aux territoires des peuples indig\u00e8nes et, par cons\u00e9quent, aux conditions de vie de leurs membres, se renouvellent. L'implantation des industries extractives a entra\u00een\u00e9 une plus grande violence dans les r\u00e9gions indig\u00e8nes et afro-descendantes, et a un impact plus important sur la vie des femmes, soit par l'arriv\u00e9e de groupes paramilitaires qui cherchent \u00e0 inhiber la protestation sociale, soit parce que leur fonctionnement entra\u00eene la prolif\u00e9ration d'entreprises, l\u00e9gales et ill\u00e9gales, telles que les bars, les maisons closes, la prostitution et la traite des \u00eatres humains, activit\u00e9s qui affectent la vie et les droits des filles et des femmes, comme l'ont d\u00e9nonc\u00e9 diverses organisations, dont Amnesty International (Damiano, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, en ce qui concerne la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes au Mexique, comme dans le reste du continent, leurs propres t\u00e9moignages montrent qu'elle couvre un large spectre social, car elle ne touche pas seulement les femmes indig\u00e8nes, bien qu'elles fassent partie des secteurs les plus vuln\u00e9rables. Chaque jour, le nombre de meurtres haineux augmente face \u00e0 l'incapacit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 endiguer ce fl\u00e9au. L'impunit\u00e9 avec laquelle les criminels agissent, souvent en complicit\u00e9 avec les autorit\u00e9s, parle d'un \u00c9tat en faillite, rong\u00e9 par la corruption et infiltr\u00e9 par le crime. Un \"\u00c9tat fant\u00f4me\", comme l'appelle Gledhill (2000), qui s'est d\u00e9velopp\u00e9 sous la protection des r\u00e9formes n\u00e9olib\u00e9rales. C'est pourquoi A\u00edda Hern\u00e1ndez (2010 : 95-96) affirme que les analyses de genre dans les r\u00e9gions militaris\u00e9es, telles que celles men\u00e9es par Diana Nelson (1999) au Guatemala, Davida Wood (1995) en Palestine ou Dette Denich (1995) \u00e0 Sarajevo, indiquent que dans les contextes de conflit politico-militaire, la sexualit\u00e9 f\u00e9minine tend \u00e0 devenir un espace symbolique de lutte politique et le viol est instrumentalis\u00e9 comme un moyen de d\u00e9montrer le pouvoir et la domination sur l'ennemi. Des cas comme ceux des \u00c9tats mexicains du Chiapas, d'Atenco, de Guerrero et d'Oaxaca n'ont pas fait exception ; la militarisation et la paramilitarisation ont sp\u00e9cifiquement affect\u00e9 les femmes dans une guerre sale non d\u00e9clar\u00e9e. Dans une id\u00e9ologie patriarcale, qui continue \u00e0 consid\u00e9rer les femmes comme des objets sexuels et des d\u00e9positaires de l'honneur familial, le viol, la torture sexuelle et les mutilations corporelles sont une attaque contre tous les membres du groupe ennemi.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est regrettable que, bien qu'il existe une \u00e9norme quantit\u00e9 d'informations sur l'Am\u00e9rique latine montrant les impacts du tournant extractiviste, peu de choses aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es pour y mettre un terme. Il suffit de dire que la Commission interam\u00e9ricaine des droits de l'homme (<span class=\"small-caps\">cidh<\/span>) a publi\u00e9 dix-sept rapports sur le fond entre 2000 et 2016, pointant du doigt l'\u00c9tat mexicain pour des violations de divers instruments interam\u00e9ricains. Entre 2007 et 2014, 39 mesures de pr\u00e9caution ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es pour des individus et des communaut\u00e9s dont les droits sont menac\u00e9s. De son c\u00f4t\u00e9, la Cour interam\u00e9ricaine des droits de l'homme (<span class=\"small-caps\">cidh<\/span>) a prononc\u00e9 sept condamnations \u00e0 l'\u00e9gard du Mexique, dont trois concernent des femmes.<a class=\"anota\" id=\"anota20\" data-footnote=\"20\">20<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, dans le dernier rapport de la rapporteuse sp\u00e9ciale des Nations unies sur sa visite au Mexique en 2017, il a \u00e9t\u00e9 not\u00e9 que le Mexique a grandement contribu\u00e9 \u00e0 faire avancer l'agenda autochtone au niveau international, notamment par l'adoption de la D\u00e9claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Au niveau national, la reconnaissance des droits des peuples autochtones \u00e0 l'autonomie et \u00e0 l'autod\u00e9termination \u00e0 l'article 2 de la Constitution du pays constitue une \u00e9volution importante, tout comme les initiatives visant \u00e0 faciliter leur participation politique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Toutefois, il reste encore beaucoup \u00e0 faire pour que ces initiatives soient efficaces et pour s'attaquer aux causes profondes de la marginalisation des peuples autochtones.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Au cours de sa visite dans le pays, le rapporteur sp\u00e9cial a observ\u00e9 de graves situations d'exclusion et de discrimination \u00e0 l'encontre des peuples autochtones [et a d\u00e9clar\u00e9 que] les politiques de d\u00e9veloppement actuelles, qui favorisent les \"m\u00e9gaprojets\" dans les secteurs de l'extraction, de l'\u00e9nergie, du tourisme, de l'agro-industrie et autres, repr\u00e9sentent un obstacle majeur \u00e0 la jouissance des droits de l'homme par les peuples autochtones. Il y a eu une augmentation significative de ces projets d'investissement, qui sont mis en \u0153uvre sur les terres et territoires des peuples autochtones sans consultation ad\u00e9quate pour obtenir leur consentement libre, pr\u00e9alable et \u00e9clair\u00e9. Cette situation a entra\u00een\u00e9 l'expropriation de terres, des impacts environnementaux n\u00e9gatifs, des conflits sociaux et la criminalisation des membres des communaut\u00e9s autochtones qui s'opposent aux projets. En outre, lorsqu'ils tentent d'acc\u00e9der \u00e0 la justice pour d\u00e9noncer les violations des droits de l'homme li\u00e9es \u00e0 ces projets d'investissement, les peuples autochtones se heurtent \u00e0 de s\u00e9rieux obstacles, tels que l'\u00e9loignement physique des institutions charg\u00e9es de l'administration de la justice, les barri\u00e8res linguistiques, le manque d'assistance juridique ad\u00e9quate, la crainte de repr\u00e9sailles en cas de d\u00e9p\u00f4t d'une plainte et l'absence de m\u00e9canismes de protection appropri\u00e9s (<span class=\"small-caps\">onu<\/span>, 2018: 9).<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette violence, les hommes et les femmes indig\u00e8nes ont men\u00e9 divers processus de d\u00e9fense des territoires et de la nature, exigeant la reconnaissance du droit de prendre des d\u00e9cisions par le biais d'un consentement libre, pr\u00e9alable et \u00e9clair\u00e9, ou g\u00e9n\u00e9rant de nouveaux espaces de participation tels que des processus de consultation autonomes, communautaires ou populaires (Ulloa, 2016a et 2016b), comme le proc\u00e8s populaire qui s'est tenu dans l'\u00c9tat d'Oaxaca. Il est \u00e9galement important de souligner qu'\u00e0 travers les protestations et les actions de r\u00e9sistance entreprises par les femmes indig\u00e8nes, afro-descendantes et paysannes, des critiques et des propositions alternatives sont avanc\u00e9es par rapport aux territoires et d'autres visions du d\u00e9veloppement (alternatives au d\u00e9veloppement) sont positionn\u00e9es ainsi que des constructions culturelles du genre dans le contexte de l'extractivisme, telles que l'\u00e9thique de l'attention et la justice environnementale. Astrid Ulloa a appel\u00e9 ces dynamiques politiques que les femmes m\u00e8nent non seulement en Colombie, mais aussi en Am\u00e9rique latine, des \"f\u00e9minismes territoriaux\" dans la mesure o\u00f9 il s'agit de luttes territoriales-environnementales qui se concentrent sur la d\u00e9fense de l'attention au territoire, au corps et \u00e0 la nature, et sur la critique ouverte des processus de d\u00e9veloppement et de l'extractivisme. Face \u00e0 ces sc\u00e9narios, il restera fondamental de combiner les strat\u00e9gies de d\u00e9fense des territoires, \u00e0 partir de la pression sociale, des manifestations collectives, de l'int\u00e9gration d'une perspective de genre qui rende visible l'impact diff\u00e9rentiel de la violence contre les militantes sociales indig\u00e8nes et non indig\u00e8nes, ainsi que du maintien d'une lutte juridique vigoureuse : face aux horreurs, la loi ; face \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration de l'environnement, la construction de projets alternatifs qui cherchent \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer ou \u00e0 construire des soci\u00e9t\u00e9s harmonieuses o\u00f9 pr\u00e9valent les droits de l'homme, les droits collectifs et les droits de genre. Nous le m\u00e9ritons tous en tant que citoyens engag\u00e9s dans la construction de mondes meilleurs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Acci\u00f3n Ecol\u00f3gica <em>et al<\/em>. (2011, 12 de octubre). \u201cPronunciamiento p\u00fablico de las Mujeres Campesinas, Ind\u00edgenas y Afrocolombianas de Am\u00e9rica Latina\u201d, en <em>Yo amo Colombia, nuestra gente, nuestros ind\u00edgenas<\/em>. Recuperado de http:\/\/yoamocolombia.blogspot.com\/2012\/01\/pronunciamiento-publico-de-las-mujeres.html, consultado el 26 de junio de 2019.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><span class=\"small-caps\">adn<\/span>40 (2017, 28 de diciembre). \u201cEn 2017 se registraron m\u00e1s de 12 mil feminicidios en M\u00e9xico\u201d, en <em><span class=\"small-caps\">adn<\/span>40<\/em>. 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(2003). <em>Las estructuras elementales de la violencia: ensayos sobre g\u00e9nero entre la antropolog\u00eda, el psicoan\u00e1lisis y los derechos humanos<\/em>. Buenos Aires: Universidad Nacional de Quilmes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><span class=\"small-caps\">segob-cdpim<\/span> (2013). <em>Estudio de la Miner\u00eda en M\u00e9xico. Un an\u00e1lisis comparado con Canad\u00e1<\/em>. Recuperado de https:\/\/justiceprojectdotorg1.files.wordpress.com\/2017\/08\/estudio-de-la-mineria-en-mexico-report.pdf, consultado el 9 de julio de 2019<em>. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Su\u00e1rez, Paola (comp.) (2017). <em>Di\u00e1logos, reflexiones y desaf\u00edos en Colombia. Hacia un feminismo popular.<\/em> Bogot\u00e1: Red Popular de Mujeres de la Sabana.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Svampa, Maristella (2012). \u201cEl consenso de los <em>commodities<\/em>, giro ecoterritorial y pensamiento cr\u00edtico en Am\u00e9rica Latina\u201d, en <em>Observatorio Social en Ame\u0301rica Latina, <\/em>vol. 32. Buenos Aires: <span class=\"small-caps\">clacso,<\/span> pp. 15-38. Recuperado de http:\/\/biblioteca.clacso.edu.ar\/clacso\/osal\/20120927103642\/<span class=\"small-caps\">osal32<\/span>.pdf, consultado el 10 de septiembre de 2017.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Tabares, Gema (2018). \u201cDilemas y rupturas entre Yachaks y la figura del poncho dorado en Ecuador\u201d, en <em>Alteridades<\/em>, n\u00fam 55. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uam-i<\/span>. pp. 37-48. Disponible Recuperado de http:\/\/alteridades.izt.uam.mx\/index.php\/Alte\/article\/view\/946\/905, consultado el 10 de septiembre de 2018. https:\/\/doi.org\/10.24275\/uam\/izt\/dcsh\/alteridades\/2018v28n55\/Tabares<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ulloa, Astrid (2016a). \u201cFeminismos territoriales en Am\u00e9rica Latina: defensas de la tierra frente a los extractivismos\u201d, en <em>N\u00f3madas, <\/em>n\u00fam. 45, octubre. Bogot\u00e1: Universidad Central. Recuperado de http:\/\/www.scielo.org.co\/pdf\/noma\/n45\/n45a09.pdf , consultado el 10 de octubre de 2018. https:\/\/doi.org\/10.30578\/nomadas.n45a8<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ulloa, Astrid (2016b). \u201cExtractivismos y desigualdades de g\u00e9nero\u201d, en <em>Voces en el F\u00e9nix, <\/em>n\u00fam. 60. Recuperado de http:\/\/www.vocesenelfenix.com\/sites\/default\/files\/pdf\/11_36.pdf, consultado el 15 de octubre de 2018.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Villacorta, Luis F. (2006). \u201cAntonio Raimondi y el departamento de \u00c1ncash: historia y construcci\u00f3n de un v\u00ednculo cient\u00edfico, personal y simb\u00f3lico\u201d, en Antonio Raimondi, <em>El departamento de Ancash y sus riquezas minerales.<\/em> Lima: Universidad Nacional Mayor de San Marcos. Recuperado de https:\/\/bit.ly\/2kVgRsl, consultado el 3 de octubre de 2018.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Viveros, Mara (2016). \u201cLa interseccionalidad: una aproximaci\u00f3n situada a la dominaci\u00f3n\u201d en <em>Debate Feminista<\/em>, vol 52, n\u00fam. C. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, pp 1-17. https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.df.2016.09.005<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Wanaaleru (2016, 23 de julio). \u201cEl costo del arco minero para los pueblos indios\u201d. Recuperado de https:\/\/wanaaleru.wordpress.com\/ 2016\/07\/23\/el-costo-del-arco-minero-para-los-pueblos-indigenas\/, consultado el 3 de octubre de 2018.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Zibechi, Ra\u00fal (2015, 2 de diciembre). \u201cLa miner\u00eda, un mal negocio\u201d, en <em>America Latina en Movimiento.<\/em> Recuperado de http:\/\/www.alainet.org\/es\/articulo\/173976, consultado el 26 de junio de 2019.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\" translation-block\">&lt;Tout au long de l&#039;histoire, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que dans un grand nombre de conflits, il existe une constante : la violence dirig\u00e9e contre les femmes, qui sont utilis\u00e9es comme butin de guerre pour d\u00e9nigrer et blesser les opposants, qu&#039;il s&#039;agisse de peuples, de groupes ou d&#039;individus. Il en va de m\u00eame dans les conflits contemporains auxquels sont confront\u00e9es les femmes des peuples indig\u00e8nes, en particulier dans les cas li\u00e9s \u00e0 la lutte pour la construction, la d\u00e9fense et le renforcement des mod\u00e8les autonomes de leurs peuples et communaut\u00e9s, ainsi que dans ceux li\u00e9s \u00e0 l&#039;opposition des peuples aux m\u00e9gaprojets extractivistes qui menacent de les d\u00e9poss\u00e9der de leurs territoires. Dans ce contexte, les femmes indig\u00e8nes sont soumises \u00e0 une violence suppl\u00e9mentaire, non seulement en tant que butin de guerre, mais aussi en raison de leur activisme politique, que ce soit en tant qu&#039;autonomistes, dirigeantes d&#039;organisations, suffragettes, f\u00e9ministes ou anti-extractivistes. Dans ce contexte, cet article donnera un aper\u00e7u des diff\u00e9rentes intersections de genre, de classe et d&#039;ethnicit\u00e9 qui, dans un contexte d&#039;extraction n\u00e9olib\u00e9rale, violent les hommes et les femmes des peuples indig\u00e8nes, remettant en question le pouvoir, l&#039;(in)justice et le mod\u00e8le \u00e9conomique actuel, en se concentrant sur les continuit\u00e9s et les nouvelles expressions de la violence \u00e0 l&#039;\u00e9gard des femmes indig\u00e8nes.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[503,315,336,485,502],"coauthors":[551],"class_list":["post-31251","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-9","tag-extractivismo-neoliberal","tag-genero","tag-interseccionalidad","tag-mujeres-indigenas","tag-violencia-contra-las-mujeres","personas-valladares-de-la-cruz-laura-r","numeros-439"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Mujeres ind\u00edgenas entre guerras: viejas y nuevas expresiones de la violencia &#8211; 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