{"id":30994,"date":"2019-03-21T15:02:14","date_gmt":"2019-03-21T15:02:14","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=30994"},"modified":"2024-04-24T11:42:53","modified_gmt":"2024-04-24T17:42:53","slug":"ver-con-los-otros","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/ver-con-los-otros\/","title":{"rendered":"Voir avec les autres. Une approche dialogique et horizontale de la recherche"},"content":{"rendered":"<p class=\"abstract translation-block\"><span class=\"dropcap\">V<\/span><em>To Be with Others. Comunicaci\u00f3n intercultural<\/em> est un travail de r\u00e9flexion, r\u00e9alis\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 un heureux croisement devenu une amiti\u00e9 et une complicit\u00e9 intellectuelle entre Jes\u00fas Mart\u00edn Barbero et Sarah Corona Berkin. Quatre d\u00e9cennies plus tard, le croisement des perspectives et des trajectoires nous offre un travail important et une plateforme critique sur : \"l'h\u00e9g\u00e9monie de l'Occident sur les fa\u00e7ons de voir, \u00e0 la fois par sa science transform\u00e9e en une fa\u00e7on de savoir-contr\u00f4ler, et par sa technologie - photographie, cin\u00e9ma, t\u00e9l\u00e9vision, vid\u00e9o - transform\u00e9e en une fa\u00e7on de voir-int\u00e9grer les autres, les autres cultures\" (p. 9). Les r\u00e9f\u00e9rents communs sont la construction socioculturelle de l'image, les visualit\u00e9s et les fa\u00e7ons de voir. Barbero et Corona construisent une proposition interculturelle \u00e9labor\u00e9e avec les personnes, mettant en \u00e9vidence l'endroit d'o\u00f9 elles regardent et pr\u00e9tendent \u00eatre vues, ainsi que les cadres th\u00e9oriques \u00e0 partir desquels elles (re)construisent leur interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p>  La vigilance \u00e9pist\u00e9mique et la double herm\u00e9neutique encadrent le cadre dialogique de ce livre, construit avec des exp\u00e9riences de recherche re-signifi\u00e9es dans l'horizontalit\u00e9, des anecdotes qui marquent les biographies intellectuelles, des discussions th\u00e9oriques et une forte conviction que la recherche est men\u00e9e avec solvabilit\u00e9 et imagination, pr\u00e9figurant un monde meilleur. <em>\u00e9m\u00e9tique, <\/em> (Valenzuela, 2015) o\u00f9 les fronti\u00e8res entre l'etic et l'emic, l'int\u00e9rieur et l'ext\u00e9rieur, le chercheur qui enqu\u00eate et l'objet de l'\u00e9tude, le soi normalis\u00e9 et l'autre exotique, le savoir l\u00e9gitim\u00e9 et le savoir d\u00e9valoris\u00e9 sont viol\u00e9es et floues.<\/p>\n<p>Les th\u00e8mes g\u00e9n\u00e9raux d\u00e9finis par les auteurs eux-m\u00eames d\u00e9coulent de l'interrogation sur les facteurs qui affectent et d\u00e9finissent les images que nous avons et reproduisons, ainsi que le type de communication que nous pouvons avoir avec des cultures et des groupes diff\u00e9rents. Ce faisant, ils examinent les perspectives acad\u00e9miques influenc\u00e9es par l'approche de l'Union europ\u00e9enne. <em>mauvais \u0153il<\/em>Le mal incub\u00e9 dans les pr\u00e9jug\u00e9s qui nous emp\u00eachent de reconna\u00eetre et de nous reconna\u00eetre dans les autres, les pauvres, les enfants, les nacos, les indig\u00e8nes, les secteurs populaires. Comme le soulignent Barbero et Corona, le mauvais \u0153il, dans ses diff\u00e9rentes versions, est une expression du pouvoir et : \"une m\u00e9taphore du regard qui exclut et invisibilise\" (p. 12).<\/p>\n<p>Le livre se compose de trois chapitres dans lesquels Barbero et Corona pr\u00e9sentent les trajectoires, les lectures et les exp\u00e9riences qui leur ont permis de r\u00e9orienter leur regard et leurs lieux d'interpellation afin de pouvoir voir <em>avec les autres<\/em>L'objectif est de modifier leurs propositions th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques et, enfin, de red\u00e9finir les jalons qui identifient les pratiques de recherche \u00e0 partir d'images et de perspectives inclusives, dialogiques et horizontales.<\/p>\n<p><em>Voir avec les autres<\/em> est une \u0153uvre qui nous invite \u00e0 d\u00e9construire et \u00e0 restructurer notre \u00eatre avec les autres, \u00e0 sentir et \u00e0 expliquer avec eux, \u00e0 (re)cr\u00e9er nos regards \u00e0 partir des autres qui nous regardent aussi, \u00e0 d\u00e9placer nos lieux habituels d'observation et d'interpr\u00e9tation avec ceux qui nous observent et nous interpr\u00e8tent, \u00e0 <em>\u00eatre touch\u00e9<\/em> par eux, pour relocaliser les multiples sens \u00e0 partir desquels ils nous nomment et sont (re)signifi\u00e9s lorsque nous les nommons. Nous sommes eux et ils nous chargent de sens, nous invitant \u00e0 partager leur regard.<\/p>\n<p>Barbero et Corona nous invitent \u00e0 nous d\u00e9sancrer pour r\u00e9inventer les images, le regard et les modes de perception. <em>mauvais \u0153il<\/em> \u00e0 travers ce que Barbero d\u00e9finit comme la transformation des modes de perception, une mutation qui se construit \u00e0 travers des frissons visuels et \u00e9pist\u00e9mologiques. Dans ce d\u00e9fi intellectuel et \u00e9motionnel, les m\u00e9diations m\u00e9diatiques sont analys\u00e9es, mais pas seulement, les auteurs discutent des changements dans les interpr\u00e9tations du cin\u00e9ma, de la t\u00e9l\u00e9vision, de l'enfance et du jeu, de la radio ou des feuilletons, o\u00f9, au-del\u00e0 du m\u00e9dia, Jes\u00fas Mart\u00edn Barbero souligne que ce qui s'y passe aide les gens \u00e0 raconter leur propre vie. Pour sa part, Corona Berkin oriente son exp\u00e9rience et sa trajectoire de recherche vers la rencontre avec l'autre et la recherche d'autres formes de communication \u00e0 partir de son travail sur le jeu t\u00e9l\u00e9vis\u00e9, la r\u00e9ciprocit\u00e9 avec l'autre, la rencontre avec l'autre dans l'\u00e9criture et l'oralit\u00e9, exp\u00e9riences qui l'am\u00e8nent \u00e0 conclure que : ''tout processus communicatif implique une forme de traduction des cadres de r\u00e9f\u00e9rence vers ceux de l'autre'' (40).<\/p>\n<p>Les agendas de recherche propos\u00e9s par les auteurs sont des constructions situ\u00e9es et processuelles dans lesquelles le dialogue r\u00e9ciproque d\u00e9finit et est d\u00e9fini par l'horizontalit\u00e9 du processus. C'est la base de leur proposition de communication interculturelle avec les autres, dont la possibilit\u00e9 est conditionn\u00e9e par le fait que cette communication est politique : \"c'est-\u00e0-dire comme une entreprise de reconnaissance de l'autre tel qu'il souhaite \u00eatre con\u00e7u dans l'espace public, d'\u00e9coute horizontale et de construction du dialogue dans son aspect le plus fertile : le m\u00e9tissage\" (p. 74).    La proposition conceptuelle de Corona comprend des termes fertiles et suggestifs tels que : le conflit fondateur, l'autonomie du regard, l'\u00e9galit\u00e9 discursive et la paternit\u00e9 entre les voix.<\/p>\n<p>Corona discute de la production et de la consommation d'images suppos\u00e9es dans les postulats th\u00e9oriques sur le regard, la m\u00e9moire et la fragmentation, utilis\u00e9s dans l'analyse de la photographie et du cin\u00e9ma, et le fait en les confrontant \u00e0 son propre travail de recherche dans les communaut\u00e9s Wix\u00e1rikas de Nayarit et de Jalisco. Apr\u00e8s avoir r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les images photographiques g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par les Huicholes eux-m\u00eames et leurs interpr\u00e9tations des photos qu'ils ont prises, Corona souligne : \"La publicit\u00e9 nous a rendus experts dans la compr\u00e9hension des yeux sans visages, des jambes sans corps, des d\u00e9pliants sans voitures, et m\u00eame des marques et de leurs logos sans objets. Les toiles de fond photographiques qui donnaient du r\u00eave et de la fantaisie dans les photos de studio sont aujourd'hui d\u00e9mod\u00e9es. Ce que dit le portrait se limite au visage et au geste de la personne et le contexte est peu expos\u00e9. Les pages sociales des journaux ou de Facebook le d\u00e9montrent. Mais dans le regard qui n'est pas disciplin\u00e9 par l'image, la photographie enregistre tous les \u00e9l\u00e9ments possibles\". (121) Et ces \u00e9l\u00e9ments possibles s'\u00e9loignent de l'image fragment\u00e9e et des cadres dominants, l\u00e9gitim\u00e9s et normalis\u00e9s qui encadrent le regard dans les soci\u00e9t\u00e9s occidentales, optant pour une large incorporation d'\u00e9l\u00e9ments contextuels, non pas consid\u00e9r\u00e9s comme p\u00e9riph\u00e9riques, mais comme constitutifs de l'identit\u00e9, non seulement des Huicholes, mais de nombreux peuples et groupes indig\u00e8nes.<\/p>\n<p>Les cadres mis en \u00e9vidence par Corona d\u00e9finissent la mani\u00e8re de voir, car c'est \u00e0 travers le regard que se construisent les couleurs qui peignent le monde. Corona fait allusion \u00e0 cette relation lorsqu'il indique : \"Les couleurs sont apprises avec leur signification sociale. Chez les Huichols, les couleurs les plus vives sont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es, peut-\u00eatre parce que ce sont celles qui ressemblent le plus \u00e0 la vision avec le peyotl... Pour les Huichols, voir a une importance fondamentale pour la connaissance. Les enfants ou les adultes qui se rendent \u00e0 la mer pour la premi\u00e8re fois et \"vont la conna\u00eetre\" ont les yeux band\u00e9s et se d\u00e9couvrent jusqu'\u00e0 ce qu'ils soient sur la plage, face \u00e0 l'immensit\u00e9 du Pacifique\" (p. 90). Cette information me rappelle une exp\u00e9rience que j'ai v\u00e9cue il y a quelques ann\u00e9es et que j'int\u00e8gre aujourd'hui pour illustrer la position de l'auteur :<\/p>\n<p>En octobre 1994, \u00e0 partir de la Coordination R\u00e9gionale Nord des Cultures Populaires, nous avons co-organis\u00e9 avec les groupes Yuman de Basse Californie (Kiliwuas, K'miai, Paipai et Cucap\u00e1), la rencontre <em>Auca Maj cuar cuar<\/em> (bonjour ou bon apr\u00e8s-midi, parlons-en), \u00e0 laquelle ont particip\u00e9 tous les groupes indig\u00e8nes des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re entre le Mexique et les \u00c9tats-Unis. Une rencontre de cultures, de sentiments, de langues, de voix et de points de vue. Des sommets et des ravins de la Sierra Madre Occidental sont partis des femmes et des hommes Rar\u00e1muri, des personnes qui n'avaient jamais quitt\u00e9 leur lieu d'origine, compos\u00e9 de villages et de ranchs des municipalit\u00e9s de Chihuahua de Balleza, Batopilas, Bocoyna, Carich\u00ed, Ch\u00ednipas, Guachochi, Guadalupe y Calvo, Guazaparez, Maguarichi, Morelos, Moris, Nonoava, Ocampo, Tem\u00f3sachi, Urique et Uruachi. Apr\u00e8s un long voyage de plusieurs jours, ils sont arriv\u00e9s de nuit dans la ville magique de Tecate, en Basse-Californie, ville h\u00f4te de la r\u00e9union. On m'a alors inform\u00e9 que les femmes Rar\u00e1muri demandaient \u00e0 \u00eatre emmen\u00e9es voir la mer. Nous les avons inform\u00e9es que Tecate n'avait pas de plage, mais elles ont insist\u00e9 et argument\u00e9 qu'elles n'avaient jamais quitt\u00e9 leurs communaut\u00e9s et n'avaient jamais vu la mer et qu'elles savaient qu'il y en avait une pr\u00e8s de chez nous. Face \u00e0 cet argument, nous nous sommes mobilis\u00e9s et avons obtenu qu'un bus les emm\u00e8ne le soir m\u00eame \u00e0 Rosarito, en Basse-Californie, pour qu'elles puissent voir l'oc\u00e9an Pacifique, mais elles devaient revenir le matin \u00e0 la premi\u00e8re heure pour participer aux travaux de la r\u00e9union. Le lendemain matin, les femmes \u00e9taient tr\u00e8s impressionn\u00e9es par les couleurs qu'elles observaient, des couleurs vives et intenses d\u00e9finies \u00e0 partir d'autres cadres culturels et d'autres fa\u00e7ons de regarder, et elles parlaient des tons polychromes d'une mer que, apr\u00e8s les avoir \u00e9cout\u00e9es, un \u00e9clair de m\u00e9moire m'a permis de reconna\u00eetre qu'une fois, dans mon enfance, j'avais pu percevoir ces couleurs mais que je les avais oubli\u00e9es, alors j'ai incorpor\u00e9 de nouveaux cadres dans ma fa\u00e7on d'observer ou, simplement, j'ai cess\u00e9 de les regarder. Les femmes ont dit qu'elles avaient pass\u00e9 toute la nuit \u00e0 accompagner la mer et ont d\u00e9clar\u00e9 avec enthousiasme : \"nous avons poursuivi la mer et la mer nous a poursuivis, nous avons poursuivi la mer et la mer nous a poursuivis, nous avons poursuivi la mer et la mer nous a poursuivis, et vous savez quoi, la mer ne se lasse jamais\". Depuis lors, j'aiguise mon regard en essayant de retrouver les polychromes stridents de la mer que j'ai connue dans mon enfance et j'imagine les r\u00e9cits qui ont s\u00fbrement marqu\u00e9 la m\u00e9moire des Rar\u00e1muri \u00e0 partir de la voix et du t\u00e9moignage des femmes qui racontent sans cesse, avec l'\u00e9clat de leurs yeux, l'exp\u00e9rience inoubliable du jour o\u00f9 elles ont connu la mer.<\/p>\n<p>Barbero et Corona pr\u00e9sentent les risques, les pi\u00e8ges et les dangers du travail de recherche et les enjeux m\u00e9thodologiques, et mettent en garde contre les \u00e9cueils politiques, reprenant Ranci\u00e8re, qui distingue les politiques visant \u00e0 reproduire l'ordre social in\u00e9galitaire et les politiques \u00e9mancipatrices. Sur ce point, les auteurs d\u00e9finissent leur position comme fond\u00e9e sur la recherche d'un \"mieux vivre ensemble par l'expression de la diversit\u00e9 en termes d'\u00e9galit\u00e9\" (p. 136). Ils mettent \u00e9galement en garde contre les pi\u00e8ges \u00e9pist\u00e9miques, en adoptant une perspective qui ne r\u00e9fl\u00e9chit pas seulement sur les connaissances g\u00e9n\u00e9r\u00e9es, mais aussi sur le processus critique de construction de ces connaissances. Enfin, ils pr\u00e9sentent les pi\u00e8ges de la pratique de la recherche, o\u00f9 ils remettent en question la relation sujet-objet ou sujet de recherche et sujet recherch\u00e9. Face \u00e0 ces relations asym\u00e9triques et in\u00e9gales, ils proposent de travailler dans un dialogue horizontal, o\u00f9 les deux parties de la relation enqu\u00eatent et sont enqu\u00eat\u00e9es. Cette relation permet de produire des connaissances communes. Corona l'exprime \u00e0 partir de son exp\u00e9rience de travail avec les peuples Wix\u00e1rika \u00e0 l'int\u00e9rieur et \u00e0 l'ext\u00e9rieur de leurs communaut\u00e9s : \"J'ai appris que <em>\u00e0 voir avec l'autre<\/em>c'est reconna\u00eetre une distance entre ce qu'ils savent et ce que je ne comprends pas\" (p. 140). Puis il ajoute ses implications : \"\u00c9couter, voir l'autre, voire \u00eatre empathique, si cela ne me d\u00e9stabilise pas, cela ne me transforme pas ; mon savoir ne cesse pas d'\u00eatre it\u00e9ratif de mon propre savoir. Voir avec l'autre, comprendre avec l'autre, c'est se laisser toucher par l'autre ; quand notre regard a chang\u00e9, c'est ne plus jamais voir la m\u00eame chose\" (p. 140). Voir avec les autres et \u00eatre touch\u00e9 par les autres, dans cette perspective, implique un positionnement explicite \u00e0 partir duquel les sens de voir, sentir, construire, comprendre et expliquer sont red\u00e9finis : \"\u00catre touch\u00e9 signifie \u00eatre secou\u00e9, subir un frisson, \u00eatre entra\u00een\u00e9 par l'autre \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. L'exp\u00e9rience d'\u00eatre de l'autre c\u00f4t\u00e9 n'est pas possible sans l'autre. Voir avec lui, comprendre avec lui, construire avec lui... Voir avec les autres, c'est sentir et aussi expliquer\" (p. 141).<\/p>\n<p><em>Voir avec les autres. Communication interculturelle<\/em> est un ouvrage puissant qui ouvre de nouvelles perspectives dans les d\u00e9bats acad\u00e9miques concernant le r\u00f4le de l'universit\u00e9 dans la (re)production de l'ordre colonial et de l'in\u00e9galit\u00e9 sociale. Il s'engage \u00e9galement en faveur d'une recherche critique qui vise \u00e0 transformer le monde avec ceux qui sont subalternis\u00e9s dans le processus de recherche et rendus invisibles du fait de leur condition suppos\u00e9e d'objets ou de simples transmetteurs de connaissances. \u00c0 partir de la proposition de recherche horizontale pr\u00e9sent\u00e9e par Barbero et Corona, ils deviennent des producteurs de connaissances qui pr\u00e9figurent des mondes dans lesquels les probl\u00e8mes, les pr\u00e9occupations, les connaissances et les sentiments des autres sont r\u00e9ellement int\u00e9gr\u00e9s, une complicit\u00e9 qui nous permettra de comprendre que, au-del\u00e0 des jeux de pouvoir p\u00e9riph\u00e9riques auxquels nous participons, dans les cadres socioculturels qui d\u00e9finissent la condition humaine, nous sommes les autres et les autres sont nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>Je recommande vivement la lecture de ce livre \u00e0 toute personne sensible et int\u00e9ress\u00e9e par les questions sociales et culturelles, et en particulier \u00e0 ceux qui travaillent dans le domaine des sciences sociales et humaines.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\n  Valenzuela Arce, Jos\u00e9 Manuel  (coord.) (2015). <em>El Sistema es antinosotros. Cultura, movimientos y resistencias juveniles<\/em>. M\u00e9xico: edisa\/UAM\/El Colef, p. 508.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\" translation-block\"><em><span class=\"dropcap\">V<\/span>er con los otros. La communication interculturelle<\/em> est un ouvrage puissant qui ouvre de nouvelles perspectives dans les d\u00e9bats acad\u00e9miques concernant le r\u00f4le de l'universit\u00e9 dans la (re)production de l'ordre colonial et de l'in\u00e9galit\u00e9 sociale. 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Una propuesta dial\u00f3gica y horizontal en la investigaci\u00f3n &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/ver-con-los-otros\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Ver con los otros. Una propuesta dial\u00f3gica y horizontal en la investigaci\u00f3n &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Ver con los otros. Comunicaci\u00f3n intercultural es una obra potente que abre nuevos caminos en los debates acad\u00e9micos preocupados por el papel de la academia en la (re)producci\u00f3n del orden colonial y la desigualdad social. Tambi\u00e9n apuesta por una investigaci\u00f3n cr\u00edtica que se proponga transformar el mundo en conjunto con aquellas y aquellos que son subalternizados en el proceso de investigaci\u00f3n, e invisibilizados desde una supuesta condici\u00f3n de objetos o meros transmisores de conocimiento.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/ver-con-los-otros\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Encartes\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2019-03-21T15:02:14+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2024-04-24T17:42:53+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"10 minutes\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label3\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data3\" content=\"Arthur Ventura\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/ver-con-los-otros\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/ver-con-los-otros\/\"},\"author\":{\"name\":\"Arthur Ventura\",\"@id\":\"https:\/\/encartes.mx\/#\/schema\/person\/97215bba1729028a4169cab07f8e58ef\"},\"headline\":\"Ver con los otros. 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