{"id":30964,"date":"2019-03-21T15:08:17","date_gmt":"2019-03-21T15:08:17","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=30964"},"modified":"2023-11-17T19:00:25","modified_gmt":"2023-11-18T01:00:25","slug":"tuba-mexico-filipinas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tuba-mexico-filipinas\/","title":{"rendered":"Fabrication de tubas au Mexique et aux Philippines. Quatre si\u00e8cles d'histoire commune"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Fabrication de tubas au Mexique et aux Philippines. Quatre si\u00e8cles d&#039;histoire commune\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/dYjIGLxF1XM?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\">&lt;L&#039;objectif principal de ce documentaire est de montrer l&#039;art de la fabrication du tuba dans deux endroits g\u00e9ographiquement \u00e9loign\u00e9s mais li\u00e9s par l&#039;histoire : Colima, dans l&#039;ouest du Mexique, et Bohol, aux Philippines. Le tuba est une boisson fabriqu\u00e9e \u00e0 partir de la s\u00e8ve du palmier (<em>Cocos nucifera L.<\/em>), dont la technique a \u00e9t\u00e9 introduite dans l'ouest du Mexique au XVIIe si\u00e8cle, gr\u00e2ce aux Philippins arriv\u00e9s \u00e0 bord du galion de Manille. Le public pourra d\u00e9couvrir, dans une perspective comparative, les processus de son \u00e9laboration, ses formes de consommation et de commercialisation, ainsi que son importance culturelle dans leurs contextes respectifs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/bohol\/\" rel=\"tag\">Bohol<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/colima\/\" rel=\"tag\">Colima<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/filipinos\/\" rel=\"tag\">Philippins<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/galeon-de-manila\/\" rel=\"tag\">Galion de Manille<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/tuba\/\" rel=\"tag\">tuba<\/a><\/p>\n\n\n<p class=\"en-title\">La fabrication de tubas au Mexique et aux Philippines : quatre si\u00e8cles d'histoire commune<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">L'objectif principal de ce documentaire est de pr\u00e9senter l'art de l'art... <em>tuba-<\/em>dans deux zones g\u00e9ographiques disparates mais historiquement li\u00e9es : Colima, dans l'ouest du Mexique, et la ville de Bohol, aux Philippines. <em>Tuba<\/em> est un vin \u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir de la s\u00e8ve du <em>Cocos nucifera<\/em> <em>L<\/em>Cette technique a \u00e9t\u00e9 introduite dans l'ouest du Mexique \u00e0 bord des galions de Manille de l'Espagne imp\u00e9riale au XVIIe si\u00e8cle. Sur la base d'une perspective comparative, le public apprend ses processus de production, comment il est consomm\u00e9 et vendu et son importance culturelle dans ses contextes respectifs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\"><strong>Mots cl\u00e9s : <\/strong><em>Tuba<\/em> (vin de palme), Philippins, Colima, Bohol (Philippines), le galion de Manille<strong>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le contexte : les d\u00e9buts de l'immigration asiatique au Mexique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\">&lt;Il y a plus de quatre si\u00e8cles, des milliers d&#039;Asiatiques ont travers\u00e9 le Pacifique \u00e0 bord du galion de Manille pour s&#039;installer en Nouvelle-Espagne (aujourd&#039;hui le Mexique). Nombre d&#039;entre eux - des Philippins pour la plupart - se sont install\u00e9s de mani\u00e8re permanente le long de la c\u00f4te mexicaine du Pacifique. Parall\u00e8lement, un autre \u00e9v\u00e9nement a accompagn\u00e9 ce ph\u00e9nom\u00e8ne migratoire : l&#039;introduction de plantes tropicales en provenance d&#039;Asie, qui se sont acclimat\u00e9es tr\u00e8s rapidement l\u00e0 o\u00f9 se trouvaient les Philippins. C&#039;est ainsi qu&#039;un type d&#039;interaction homme-nature a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 sur le sol de la Nouvelle-Espagne, o\u00f9 l&#039;utilisation et la gestion du cocotier par les Philippins se sont rapidement enracin\u00e9es de ce c\u00f4t\u00e9-ci du Pacifique.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon D\u00e9borah Oropeza, entre 1565 et 1700, environ 7 200 Asiatiques sont entr\u00e9s en Nouvelle-Espagne, dont environ 5 000 y sont rest\u00e9s de mani\u00e8re permanente, principalement dans trois r\u00e9gions : <em>a<\/em>) Mexico et ses environs, <em>b<\/em>) la c\u00f4te de la mer du Sud (de Colima \u00e0 Zacatula) ; et <em>c<\/em>) Acapulco (Oropeza, 2007 : 80-104). Bien entendu, l'immigration des \"Indiens chinois\" - comme on appelait la plupart des Asiatiques \u00e0 leur arriv\u00e9e en Nouvelle-Espagne - n'a rien \u00e0 voir avec l'afflux de la population africaine, car si l'on tient compte du fait qu'entre 1594 et 1674, environ 72 100 esclaves africains sont entr\u00e9s par Veracruz (Vega, 1984 : 186), cela signifie que la population asiatique repr\u00e9senterait, au maximum, 10%. Malgr\u00e9 cette proportion moindre, l'importance de la population asiatique \u00e9tait \u00e9vidente dans les zones rurales de la c\u00f4te pacifique mexicaine, o\u00f9 elle a laiss\u00e9 son empreinte dans l'alimentation, l'architecture, la culture mat\u00e9rielle et m\u00eame dans certaines pratiques symboliques de la religion et du jeu (Machuca et Calvo, 2012 ; Machuca, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, dans le cas des Philippins en Nouvelle-Espagne, nous sommes face au ph\u00e9nom\u00e8ne migratoire indig\u00e8ne transcontinental le plus important dans le cadre de l'empire espagnol - \u00e0 l'exception du cas des esclaves africains - pour au moins trois raisons : <em>a<\/em>) la distance parcourue entre le lieu d'origine et le lieu de destination, <em>b<\/em>) le nombre d'individus qui ont travers\u00e9 le Pacifique et surtout le nombre d'individus qui ont travers\u00e9 le Pacifique, <em>c<\/em>) l'empreinte culturelle qu'ils ont laiss\u00e9e sur les lieux o\u00f9 ils se sont install\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une histoire, un documentaire<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'un des objectifs du documentaire \u00e9tait de mettre en lumi\u00e8re l'h\u00e9ritage des Philippins dans la soci\u00e9t\u00e9 de Colima, \u00e0 travers leur travail en tant que producteurs et vendeurs de produits alimentaires. <em>tuba<\/em> (tuberos). L'un de ses transferts historiques est encore conserv\u00e9 dans la ville de Colima, capitale de l'\u00c9tat du m\u00eame nom, situ\u00e9 sur la c\u00f4te pacifique du Mexique. L\u00e0, le r\u00e9sultat le plus \u00e9vident et le plus rapide a \u00e9t\u00e9 la production d'une boisson d'origine philippine, appel\u00e9e <em>tuba <\/em>-Le mot est d'origine malaise, ce qui constitue aujourd'hui l'un des \u00e9l\u00e9ments les plus importants de l'identit\u00e9 de Colima, \"la ville des palmiers\". Mais au fil du temps, l'empreinte de cet h\u00e9ritage asiatique s'est effac\u00e9e dans la m\u00e9moire des habitants de Colima : pour eux, le cocotier est autochtone, et le cocotier est un arbre. <em>tuba<\/em> remonte \u00e0 l'\u00e9poque pr\u00e9hispanique, o\u00f9 l'on dit que le \"roi Coliman\", chef mythique pr\u00e9hispanique, selon l'histoire locale, avait d\u00e9j\u00e0 l'habitude d'emporter avec lui de l'argent. <em>tuba. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Qu'est-ce que la <em>tuba<\/em>? J'y ai d\u00e9j\u00e0 fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 plusieurs reprises, il est donc temps de clarifier le terme. Il est donc temps de clarifier ce terme. <em>tuba<\/em> est une boisson \u00e0 base de s\u00e8ve de palmier. Les tubercules coupent d\u00e9licatement le bourgeon ou l'inflorescence du palmier, d'o\u00f9 \u00e9mane un liquide visqueux, recueilli dans de petits r\u00e9cipients en terre cuite, en bois ou en plastique, selon les r\u00e9gions, que les tubercules suspendent et gardent jalousement. Ces coupes sont effectu\u00e9es deux fois par jour, une fois le matin et une fois l'apr\u00e8s-midi. Au total, environ 1,5 litre de <em>tuba<\/em> par palmier en une journ\u00e9e. \u00c0 Colima, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 collect\u00e9e, la <em>tuba<\/em> Cette derni\u00e8re implique tout un processus de pr\u00e9paration, d\u00e9taill\u00e9 dans le documentaire, et est propos\u00e9e comme boisson rafra\u00eechissante et m\u00e9dicinale.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux Philippines, le <em>tuba<\/em> est une boisson ancestrale, probablement vieille de plusieurs milliers d'ann\u00e9es. Elle est bien connue dans ses trois r\u00e9gions (Luzon, Bisayas et Mindanao) et est produite et consomm\u00e9e dans les quartiers populaires de Luzon, Bisayas et Mindanao. <em>barangays<\/em>. Le processus d'extraction y est presque le m\u00eame qu'\u00e0 Colima, ce qui change, c'est la fa\u00e7on dont il est consomm\u00e9 : apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 recueilli, il est laiss\u00e9 \u00e0 fermenter pendant quelques jours pour devenir une boisson alcoolis\u00e9e qui atteint 7-8 degr\u00e9s de volume alcoolique. Cependant, les Philippins ignorent actuellement que ce vin est fabriqu\u00e9 au Mexique. <em>tuba<\/em> et que ce sont leurs anc\u00eatres qui l'ont introduit ici. Dans l'archipel aussi, une partie de la m\u00e9moire historique a \u00e9t\u00e9 effac\u00e9e, et ni le galion de Manille ni les liens avec le Mexique n'ont leur place dans l'histoire nationale racont\u00e9e dans l'enseignement public, tandis que la pratique de l'espagnol a disparu.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de ces \u00e9l\u00e9ments du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent, j'ai senti qu'il y avait une histoire \u00e0 raconter et que le message devait atteindre un public plus large que les sp\u00e9cialistes universitaires. La r\u00e9alisation de ce documentaire, <em>Fabrication de tubas au Mexique et aux Philippines<\/em>est le produit de cet effort. Les br\u00e8ves pages qui suivent ont pour but de pr\u00e9senter les \u00e9l\u00e9ments centraux qui ont entour\u00e9 ce produit. D'une part, il traite d'un sujet peu \u00e9tudi\u00e9 par l'historiographie : les mouvements transcontinentaux des populations indig\u00e8nes et les premi\u00e8res migrations asiatiques vers les Am\u00e9riques. L'approche oscille entre la microhistoire et la macrohistoire et les <em>m\u00e9thodologie<\/em> prend en compte l'histoire dite r\u00e9gressive (Wachtel, 2014), dans laquelle les outils de l'anthropologie, tels que les ethnographies, associ\u00e9s \u00e0 la documentation du pass\u00e9 permettent une vision beaucoup plus large et m\u00eame plus pr\u00e9cise.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Approches et m\u00e9thodologies : un jeu d'\u00e9chelles entre le micro et le macro<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'histoire d'aujourd'hui, pr\u00e9occup\u00e9e par la g\u00e9opolitique, par les grandes interactions entre blocs et attentive \u00e0 la construction et \u00e0 la dislocation des empires, n'accorde apparemment que peu d'attention aux destins minuscules. Lorsqu'elle les aborde, sous la forme de la microhistoire, elle ne se rattache gu\u00e8re \u00e0 la grande, \u00e0 la \"globale\". C'est pourtant ce que tentent de faire les nouveaux courants historiographiques, pour parvenir \u00e0 une compr\u00e9hension des ph\u00e9nom\u00e8nes \"macro\" dans leur ensemble, \u00e0 partir des r\u00e9alit\u00e9s \"d'en bas\", o\u00f9 l'individu vit, se d\u00e9place, agit dans son environnement, ce que l'on a appel\u00e9 le \"macro\". <em>Microhistoire mondiale<\/em>. Le fait que plusieurs centaines de Philippins soient arriv\u00e9s sur la c\u00f4te de Colima \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 du XVIe si\u00e8cle, avec certaines de leurs semences de plantes asiatiques, qui ont transform\u00e9 le paysage, le mode de vie, la r\u00e9alit\u00e9 du peuple de Colima aujourd'hui, peut-il \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme de la macro-histoire ? ou plut\u00f4t de la micro-histoire ? Peut-\u00eatre l'imbrication des deux dans le creuset de l'histoire. Ce qui compte, c'est la tension d'un fil qui s'unit \u00e0 l'autre, qui fait que la vie du Colima du XVIIe si\u00e8cle trouve son aboutissement dans le Colima du XXIe si\u00e8cle, dans cette \"ville des palmiers\" chaude et tropicale.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre l'approche historiographique, un deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment \u00e0 prendre en compte est d'ordre m\u00e9thodologique, car \u00e9crire l'histoire des \u00e9changes culturels entre le Mexique et les Philippines \u00e0 l'\u00e9poque du Galion de Manille n\u00e9cessite n\u00e9cessairement l'utilisation des outils propres \u00e0 l'historien - les archives - mais aussi \u00e0 l'anthropologue - le travail ethnographique. Les documents historiques ne fournissent que des informations partielles ou rares sur ces ph\u00e9nom\u00e8nes socioculturels, tandis que le travail de terrain refl\u00e8te les r\u00e9alit\u00e9s du pr\u00e9sent dans lequel une partie de la m\u00e9moire du pass\u00e9 a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e. Il s'agit, \u00e0 sa mani\u00e8re, d'une histoire r\u00e9gressive. <em>\u00e0 la<\/em> Wachtel (2014), o\u00f9 il s'agit de retrouver le pass\u00e9 dans le pr\u00e9sent. C'est aussi ce que l'on appelle dans l'historiographie anglo-saxonne la <em>remont\u00e9e<\/em>c'est-\u00e0-dire l'utilisation d'\u00e9tudes ethnologiques contemporaines pour interpr\u00e9ter les soci\u00e9t\u00e9s du pass\u00e9 (White, 2009 : 27).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un r\u00e9cit \u00e0 partir du visuel : les d\u00e9fis de la r\u00e9alisation de films documentaires<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Passer d'un langage \u00e9crit \u00e0 un langage visuel n'est pas une t\u00e2che facile pour un historien. En g\u00e9n\u00e9ral, il dispose de peu de moyens mat\u00e9riels, mais la principale motivation est que le travail doit \u00eatre effectu\u00e9 selon une modalit\u00e9 diff\u00e9rente de la modalit\u00e9 habituelle, c'est-\u00e0-dire passer d'un livre ou d'un article scientifique \u00e0 un travail audiovisuel ; passer d'un public acad\u00e9mique \u00e0 un public plus g\u00e9n\u00e9ral. Ce documentaire a eu quatre supports principaux : le travail d'archives, le travail sur le terrain, la recherche de financement et la production audiovisuelle.<\/p>\n\n\n\n<p><em>a) Travail d'archivage.<\/em> Les archives historiques de la municipalit\u00e9 de Colima constituent les archives documentaires les plus importantes pour le soutien acad\u00e9mique de la recherche. C'est l\u00e0 que se trouvent les informations les plus d\u00e9taill\u00e9es sur la vie des \"vinateros\" philippins, bien que les archives historiques de l'\u00c9tat de Colima et les archives g\u00e9n\u00e9rales de la nation (Mexico) m'aient permis de compl\u00e9ter l'information. \u00c0 partir de ces sources, j'ai publi\u00e9 quelques articles et chapitres de livres, dans lesquels j'ai r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 l'insertion des Philippins dans la soci\u00e9t\u00e9 de Colima au XVIIe si\u00e8cle (Machuca, 2014 ; Machuca, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p><em>b) Travail ethnographique. <\/em>Le travail ethnographique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rents moments. Entre 2012 et 2013, j'ai men\u00e9 des entretiens approfondis avec des tuberculeuses \u00e0 Colima (Mexique) et \u00e0 Bohol (Philippines), ce qui m'a permis d'en apprendre davantage sur les aspects suivants <em>in situ<\/em> le processus de d\u00e9veloppement <em>tuba<\/em>. L'environnement de Colima m'\u00e9tait bien s\u00fbr plus familier. Celui de Bohol, dans le Bisayas central des Philippines, posait de plus grands d\u00e9fis : de nombreux tubercules (appel\u00e9s <em>tuyaux<\/em>) ne parlait pas l'anglais mais seulement le baya, j'ai donc fait appel \u00e0 des coll\u00e8gues de l'universit\u00e9 Ateneo de Manila pour certaines traductions.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>c) Financement. <\/em>Il existe peu de sources de financement pour la r\u00e9alisation de documentaires, du moins pour les non-professionnels dans le domaine de la production multim\u00e9dia. Ce documentaire a entra\u00een\u00e9 des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s, tant pour le voyage aux Philippines que pour le tournage \u00e0 Colima avec tout le mat\u00e9riel de production multim\u00e9dia. Sans parler de la post-production. Les ressources limit\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 compens\u00e9es gr\u00e2ce au soutien de diverses institutions : mes voyages aux Philippines entre 2012 et 2013 ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s en partie gr\u00e2ce \u00e0 l'Acad\u00e9mie mexicaine des sciences, qui m'a d\u00e9cern\u00e9 la bourse pour les femmes en sciences humaines en 2011. Les enregistrements \u00e0 Colima ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un projet du PACMYC et du Secr\u00e9tariat de la Culture du Gouvernement de l'Etat de Colima en 2013, et la post-production n'aurait pas \u00e9t\u00e9 possible sans l'Espace de Production Multim\u00e9dia de El Colegio de Michoac\u00e1n, en collaboration avec la Municipalit\u00e9 de Colima (2012-2015).<\/p>\n\n\n\n<p><em>d) Plates-formes num\u00e9riques.<\/em> Le documentaire a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 en DVD \u00e0 partir de d\u00e9cembre 2013, avec une production de 500 exemplaires. Il a \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 dans certains cin\u00e9mas de Colima, Jalisco et Michoac\u00e1n, et les copies ont \u00e9t\u00e9 rapidement \u00e9puis\u00e9es. Par cons\u00e9quent, en 2017, El Colegio de Michoac\u00e1n a d\u00e9cid\u00e9 de le t\u00e9l\u00e9charger sur la plateforme YouTube, afin qu'il puisse \u00eatre visionn\u00e9 \u00e0 l'\u00e9chelle internationale. Un projet est en cours pour le sous-titrer en anglais, afin qu'il puisse toucher un public plus large.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">En conclusion : les processus d'identit\u00e9 locale ou \"l'invention de la tradition\".<\/h2>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia601404.us.archive.org\/6\/items\/vol2-num3-imgs\/Indio%20tubero.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3240x4320\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 1: Hugo Fierros (padre), el \u201cindio tubero\u201d. Fotograf\u00eda de Paulina Machuca (2013).\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia601404.us.archive.org\/6\/items\/vol2-num3-imgs\/Indio%20tubero.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Photographie 1 : Hugo Fierros (p\u00e8re), l'\"indien des tubercules\". Photographie de Paulina Machuca (2013).<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il y a quelques ann\u00e9es, M. Hugo Fierros, tuyauteur dans la rue Madero de la ville de Colima, a d\u00e9cid\u00e9 de se d\u00e9guiser en \"Indien\", avec un costume de couverture et un mouchoir rouge. Pour lui, c'\u00e9tait une fa\u00e7on de lier son travail \u00e0 la tradition de Colima : la <em>tuba<\/em> et l'\"Indien\", le natif. C'\u00e9tait aussi un moyen d'attirer l'attention des passants, ce qui s'est av\u00e9r\u00e9 payant. Il est surnomm\u00e9 le tubercule \"indien\" (photo 1). Mais lorsqu'on lui demande s'il sait que le <em>tuba<\/em> \u00e9tait une boisson d'origine philippine, il a donn\u00e9 sa propre version : m\u00eame le roi Coliman en buvait. <em>tuba<\/em> \u00e0 l'\u00e9poque pr\u00e9hispanique. L'opinion de M. Fierros est partag\u00e9e par de nombreux Colimenses, pour qui la boisson est un \u00e9l\u00e9ment autochtone, qui pourrait bien remonter \u00e0 la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant l'arriv\u00e9e des Espagnols. Cela rappelle la phrase bien connue d'Eric Hobsbawm, pour qui les traditions \"semblent ou pr\u00e9tendent \u00eatre anciennes, sont souvent d'origine r\u00e9cente, et sont parfois invent\u00e9es\" (Hobsbawm, 1987). C'est l'une des r\u00e9flexions finales du documentaire, que l'\u00e9quipe de l'Observatoire de l'environnement et du d\u00e9veloppement durable (OEDD) a pr\u00e9sent\u00e9 au public. <em>tuba<\/em> a \u00e9t\u00e9 naturalis\u00e9 par les habitants de Colima, au m\u00eame titre que le cocotier. Les <em>tuba<\/em> et les tuberos de Colima ont aussi leurs chansons, leurs corridos, et m\u00eame leur monument dans le Jard\u00edn N\u00fa\u00f1ez central de la capitale de Colima. \u00c0 Bohol, en revanche, il s'agit d'une boisson plut\u00f4t discr\u00e9dit\u00e9e, une \"boisson des pauvres\", associ\u00e9e \u00e0 la marginalit\u00e9, peut-\u00eatre comme le pulque au Mexique.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Cinq ans apr\u00e8s le documentaire<\/h3>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801404.us.archive.org\/6\/items\/vol2-num3-imgs\/Indio%20tubero%20puesto%20actual.JPG\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2048x1536\" data-index=\"0\" data-caption=\"Fotograf\u00eda 2. 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Photographie de Paulina Machuca (2018).<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">En f\u00e9vrier 2018, je me suis promen\u00e9e dans la rue Madero, o\u00f9 les principaux stands de vente d'articles de sport et d'artisanat ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s. <em>tuba<\/em> dans la ville de Colima. C'est quelque chose que je fais souvent, mais j'ai remarqu\u00e9 que quelque chose avait chang\u00e9 : il n'y avait plus ces petites tables de fortune en bois avec leurs nappes en plastique color\u00e9es, mais des \u00e9tals fixes et festonn\u00e9s, d\u00e9cor\u00e9s avec des motifs typiques de la r\u00e9gion de Rangel (photo 2).<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> Apr\u00e8s une br\u00e8ve conversation avec le jeune tuber Hugo Fierros (fils), il m'a expliqu\u00e9 que la mairie de Colima les avait soutenus avec ces structures, en reconnaissance de leur travail et pour attirer plus de tourisme. Je lui ai demand\u00e9 s'il savait d'o\u00f9 venait l'id\u00e9e, car dans le documentaire <em>Fabrication de tubas au Mexique et aux Philippines<\/em> Nous avons utilis\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments de Rangel dans l'iconographie et dans certaines animations, ce qui m'a fait penser qu'il y avait peut-\u00eatre un lien. Il m'a dit que l'id\u00e9e venait des autorit\u00e9s et qu'il n'en savait pas plus ; mais il a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu'apr\u00e8s le documentaire, des clients \u00e9trangers sont venus le voir, il s'est souvenu d'Allemands et surtout d'Am\u00e9ricains, qui lui ont dit qu'ils l'avaient vu sur YouTube.<\/p>\n\n\n\n<p>J'ai dit \u00e0 Hugo que j'\u00e9crirais un texte sur l'exp\u00e9rience du documentaire, et il m'a demand\u00e9 avec insistance de mentionner qu'on ne lui avait pas donn\u00e9 son poste de Rang\u00e9e, car celui qu'il utilisait \u00e9tait celui de son p\u00e8re. \"Je ne sais pas pourquoi ils ne m'ont pas donn\u00e9 mon poste, je l'ai demand\u00e9 plusieurs fois\". Hugo pensait que si je lui faisais part de son inqui\u00e9tude, il obtiendrait plus rapidement sa stalle de tubercules, me donnant ainsi une autorit\u00e9 qu'il n'avait pas, selon ses propres crit\u00e8res. Cela m'a fait r\u00e9fl\u00e9chir sur le r\u00f4le des universitaires dans notre travail, sur les implications sociales de notre travail, sur notre positionnement face aux demandes d'un groupe, au-del\u00e0 des r\u00e9flexions th\u00e9orico-m\u00e9thodologiques de notre propre travail scientifique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Sp\u00e9cifications techniques<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">R\u00e9alisation : Paulina Machuca<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Production : El Colegio de Michoac\u00e1n, PACMYC Colima, H. Ayuntamiento de Colima (2012-2015).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Montage, post-production, conception et animation : Nery Prado<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Producteur ex\u00e9cutif : Carlos Antarami\u00e1n<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Assistants de production : Eva Alc\u00e1ntar<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">D.R. Paulina Machuca, 2013<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dur\u00e9e : 47'37 minutes \/ Mexique, 2013<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Langue : espagnol<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Vid\u00e9o : DVD NTSC Full HD<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Hobsbawm, Eric (1987). \u201cInventando tradiciones\u201d. <em>Historias<\/em>, n\u00fam. 19, octubre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Machuca, Paulina (2016). \u201cTras las huellas del mestizaje cultural entre M\u00e9xico y Filipinas\u201d,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">en Thomas Calvo y Paulina Machuca (eds.). <em>M\u00e9xico y Filipinas: Culturas y memorias sobre el Pac\u00edfico<\/em> . Zamora: El Colegio de Michoac\u00e1n\/ Ateneo de Manila University, pp. 384-401.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">_____________ (2015) \u201cLes&nbsp;\u2018Indiens chinois\u2019 vinateros de Colima: processus d\u2019insertion sociale dans les haciendas de palmes du XVII\u00e8 si\u00e8cle\u201d. <em>Diasporas. Histoire et soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, n\u00fam. 25, pp. 121-137.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">______________ (2014) \u201cEl arte de hacer tuba en M\u00e9xico y Filipinas: una aproximaci\u00f3n etnohist\u00f3rica\u201d, en Angela Schottenhammer (coord.), <em>Tribute, trade, and smuggling: commercial, scientific and human interaction in the Middle Period and Early Modern World<\/em>. Wiesbaden: Harrassowitz Verlag, pp. 247-267.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">______________ y Thomas Calvo (2012). \u201cEl Santo Ni\u00f1o de Ceb\u00fa entre costa y costa: de Filipinas a Nueva Espa\u00f1a (1565-1787)\u201d. <em>Lusitania Sacra<\/em>, 2a S\u00e9rie, t. XXV, enero-junio, pp. 53-72.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Vega Franco, Marisa (1984). <em>El tr\u00e1fico de esclavos con Am\u00e9rica (Asientos de Grillo y Lomel\u00edn, 1663-1674).<\/em> Sevilla: Escuela de Estudios Hispanoamericanos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Wachtel, Nathan (2014). <em>Des archives aux terrains. Essais d\u2019anthropologie historique<\/em>. Par\u00eds: Le Seuil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">White, Richard (2009). <em>Le middle ground. Indiens, empires et r\u00e9publiques dans la r\u00e9gion des Grands Lacs, 1650-1815. <\/em>Tolouse&nbsp;: Anacharsis.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\" translation-block\">&lt;L&#039;objectif principal de ce documentaire est de montrer l&#039;art de la fabrication du tuba dans deux endroits g\u00e9ographiquement \u00e9loign\u00e9s mais li\u00e9s par l&#039;histoire : Colima, dans l&#039;ouest du Mexique, et Bohol, aux Philippines. Le tuba est une boisson fabriqu\u00e9e \u00e0 partir de la s\u00e8ve du palmier (<em>Cocos nucifera L.<\/em>), dont la technique a \u00e9t\u00e9 introduite dans l'ouest du Mexique au XVIIe si\u00e8cle, gr\u00e2ce aux Philippins arriv\u00e9s \u00e0 bord du galion de Manille. 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