{"id":30682,"date":"2018-09-21T13:10:21","date_gmt":"2018-09-21T13:10:21","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=30682"},"modified":"2023-11-17T19:09:51","modified_gmt":"2023-11-18T01:09:51","slug":"roles-genero-totonaca-zongozotla","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/roles-genero-totonaca-zongozotla\/","title":{"rendered":"Les r\u00f4les de genre dans la culture Totonaca au sein de la production de caf\u00e9. Le cas de Zongozotla"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\">&lt;Dans cette \u00e9tude, nous analysons les r\u00f4les de genre assum\u00e9s par certains hommes et femmes d&#039;origine Totonaco qui cultivent le caf\u00e9 dans la municipalit\u00e9 de Zongozotla, dans la Sierra Norte de l&#039;\u00c9tat de Puebla, afin de voir quelles sont les pratiques traditionnelles encore observ\u00e9es et de mettre en \u00e9vidence les valeurs et les croyances qui ont \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9es. En utilisant la technique de l&#039;observation participante, nous avons r\u00e9alis\u00e9 quinze entretiens avec des femmes parlant le Totonaco, accompagn\u00e9es de leurs maris. Nous avons interpr\u00e9t\u00e9 nos r\u00e9sultats dans une perspective de genre, tout en respectant la vision du monde indig\u00e8ne des personnes interrog\u00e9es. Nous avons trouv\u00e9 des mod\u00e8les de comportement traditionnels et certains \u00e9l\u00e9ments qui nous obligent \u00e0 repenser le genre du point de vue des populations indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/cafe\/\" rel=\"tag\">caf\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/cosmovision\/\" rel=\"tag\">vision du monde<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/genero\/\" rel=\"tag\">genre<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/pueblos-originarios\/\" rel=\"tag\">peuples indig\u00e8nes<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/totonacos\/\" rel=\"tag\">Totonacs<\/a><\/p>\n\n\n<p class=\"en-title\">Totonaco R\u00f4les des hommes et des femmes dans la production de caf\u00e9 : Zongozotla<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">L'\u00e9tude analyse les r\u00f4les de genre assum\u00e9s par certains hommes et femmes d'origine Totonaco qui cultivent le caf\u00e9 dans la juridiction municipale de Zongozotla, dans la Sierra Norte de Puebla, afin de voir quelles sont les pratiques traditionnelles encore observ\u00e9es et de mettre en lumi\u00e8re les valeurs et les croyances qui se sont modernis\u00e9es. Pour atteindre notre objectif, nous avons utilis\u00e9 la technique de l'observation participante et r\u00e9alis\u00e9 quinze entretiens avec des femmes parlant le Totonaco, en compagnie de leurs maris. Nous interpr\u00e9tons les r\u00e9sultats dans une perspective de genre, tout en respectant les visions du monde indig\u00e8nes de toutes les personnes interrog\u00e9es, hommes et femmes confondus. Nous avons d\u00e9couvert des mod\u00e8les de comportement traditionnels et certains \u00e9l\u00e9ments qui nous obligent \u00e0 repenser le genre du point de vue des peuples premiers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\"><strong>Mots cl\u00e9s : <\/strong>genre, Totonaco, peuples premiers, caf\u00e9, visions du monde.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\"><span class=\"dropcap\">A<\/span> Tout au long du d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9, les gens ont appris, par le biais du processus de socialisation, comment se comporter selon qu'ils sont hommes ou femmes. Cette diff\u00e9renciation englobe des normes de comportement, des attitudes, des valeurs, des t\u00e2ches, etc. Historiquement, cependant, le masculin a \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9 par rapport au f\u00e9minin.<\/p>\n\n\n\n<p>Les syst\u00e8mes de sexe\/genre ont \u00e9t\u00e9 l'objet d'\u00e9tude le plus vaste pour comprendre et expliquer la subordination des femmes et la domination des hommes. La cat\u00e9gorie du genre reconna\u00eet une dimension de l'in\u00e9galit\u00e9 sociale, diff\u00e9rente de la dimension \u00e9conomique, des th\u00e9ories des classes et de la stratification sociale (De Barbieri, 1993).<\/p>\n\n\n\n<p>Le f\u00e9minisme postcolonial soutient que des situations particuli\u00e8res doivent \u00eatre \u00e9tudi\u00e9es afin de fournir des explications fond\u00e9es sur des sp\u00e9cificit\u00e9s contextualis\u00e9es (Brunet et Pizzi, 2011). Il n'y a pas une seule fa\u00e7on d'\u00eatre un homme ou une femme, car leurs activit\u00e9s, contraintes et possibilit\u00e9s varient d'une culture \u00e0 l'autre (Lamas, 1986). On ne peut analyser le genre sans le contextualiser dans une \u00e9poque, un lieu et une soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiques, car ses caract\u00e9ristiques sont \u00e9tablies par des mod\u00e8les culturels, des normes, des valeurs et la division du travail entre les sexes \u00e9tablie par chaque soci\u00e9t\u00e9 (Alberti, 1999).<\/p>\n\n\n\n<p>C'est pourquoi, depuis les ann\u00e9es 1970, et avec une intensit\u00e9 accrue dans les ann\u00e9es 1980, des \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es en int\u00e9grant la cat\u00e9gorie du genre afin de d\u00e9crire la mani\u00e8re dont les relations entre les hommes et les femmes sont construites et conceptualis\u00e9es dans les syst\u00e8mes de valeurs et de croyances des groupes ethniques (S\u00e1nchez et Goldsmith, 2000).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les peuples indig\u00e8nes, la tradition et la modernit\u00e9 sont deux constantes en interaction constante. La modernit\u00e9 peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme un concept purement relatif dont le sens r\u00e9side dans le fait d'\u00eatre le contraire de la \"tradition\" ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, de la \"non-tradition\". La modernit\u00e9 est comprise comme un facteur externe qui affecterait les cultures indig\u00e8nes traditionnelles (Pitrach et Gemma, 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>C'est ainsi que les femmes et les hommes indig\u00e8nes donnent de la valeur aux \u00e9l\u00e9ments de la modernit\u00e9, en acqu\u00e9rant certains et en rejetant d'autres. L'appartenance \u00e0 un groupe ethnique d\u00e9finit le genre ; les femmes sont incluses dans un groupe ethnique et, \u00e0 partir de leurs r\u00e9f\u00e9rents symboliques, elles comprennent les autres, le monde et elles-m\u00eames (Alberti, 1999).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette \u00e9tude, nous analysons les r\u00f4les de genre assum\u00e9s par certains hommes et femmes d'origine Totonaco impliqu\u00e9s dans la culture du caf\u00e9 dans une municipalit\u00e9 de la Sierra Norte de l'\u00c9tat de Puebla, afin de voir quelles pratiques traditionnelles sont encore observ\u00e9es et de mettre en \u00e9vidence les valeurs et les croyances qui ont \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9es, ainsi que les facteurs qui les modifient.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9thodes et techniques de recherche<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le travail de terrain a eu lieu au premier semestre 2016, dans le cadre des journ\u00e9es de sensibilisation de la communaut\u00e9 de l'Universit\u00e9 interculturelle de l'\u00c9tat de Puebla (Universidad Intercultural del Estado de Puebla (<span class=\"small-caps\">uiep<\/span>) dans le village de Zongozotla. La brigade \u00e9tait compos\u00e9e des \u00e9l\u00e8ves de l'\u00e9cole de la <span class=\"small-caps\">uiep<\/span> Ambrosio Ju\u00e1rez Esteban, Alejandra V\u00e1zquez Guzm\u00e1n, Alfredo Bautista Ju\u00e1rez et Luz Yaneth Esteban Cruz, tous bilingues (parlant le Totonac et l'espagnol) sous la direction du Dr Luis Roberto Canto. Les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es par le biais de l'observation des participants. Au total, quinze entretiens ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s avec des femmes en langue Totonac. La transcription et la traduction de ces entretiens ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par Luz Yaneth Esteban, \u00e9tudiante en langues et cultures.<\/p>\n\n\n\n<p>L'\u00e2ge de ces femmes se situait entre 40 et 50 ans. Les t\u00e9moignages ont \u00e9t\u00e9 recueillis en suivant les femmes sur leur lieu de travail. Beaucoup d'entre elles nous ont permis de refaire le trajet qu'elles suivent quotidiennement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9cits des femmes ont \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9s dans une perspective de genre en tenant compte de leur vision du monde, de leur histoire et de leurs traditions nationales, communautaires et familiales. La cat\u00e9gorie du genre est appropri\u00e9e pour analyser et comprendre la condition f\u00e9minine et la situation des femmes, et elle est \u00e9galement appropri\u00e9e pour observer la condition masculine et la situation vitale des hommes. En d'autres termes, le genre permet de comprendre tout sujet social dont la construction repose sur la signification sociale de son corps sexu\u00e9 avec le poids des devoirs et des interdits assign\u00e9s \u00e0 vivre, et sur la sp\u00e9cialisation vitale \u00e0 travers la sexualit\u00e9 (Lagarde, 1996).<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan g\u00e9ographique, la commune de Zongozotla est limitrophe de Zapotitl\u00e1n de M\u00e9ndez et Camocautla au nord, de Zapotitl\u00e1n de M\u00e9ndez et Huitzilan de Serd\u00e1n \u00e0 l'est, de Cuautempan au sud, et de Tepango de Rodr\u00edguez et Teptzintla \u00e0 l'ouest (www.zongozotla.com).<em>Enciclopedia de los Municipios y Delegaciones de M\u00e9xico<\/em>, 2018). C'est l'une des 217 municipalit\u00e9s de Puebla, un territoire o\u00f9 l'on cultive et r\u00e9colte principalement du caf\u00e9. Cette r\u00e9gion est froide 365 jours par an. Les contreforts des montagnes, et les montagnes elles-m\u00eames, sont \"l'arr\u00eat\" des cultures. On y produit \u00e9galement des p\u00eaches, du ma\u00efs et des haricots. La principale activit\u00e9 \u00e9conomique est l'agriculture (<em>Enciclopedia de los Municipios y Delegaciones de M\u00e9xico<\/em>, 2018). Des ruisseaux de la rivi\u00e8re Zempoala traversent \u00e9galement cette municipalit\u00e9. Le froid est plus intense pendant l'hiver et les pr\u00e9cipitations sont fr\u00e9quentes dans la commune pendant une bonne partie de l'ann\u00e9e, surtout \u00e0 partir du mois d'ao\u00fbt. Les rues de la commune sont variables, certaines \u00e9tant escarp\u00e9es et d'autres tr\u00e8s escarp\u00e9es. Pendant les pluies, la rivi\u00e8re Zempoala, qui traverse plusieurs municipalit\u00e9s de la r\u00e9gion Totonacapan de Puebla, prend souvent de l'ampleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le Conseil national pour la politique de d\u00e9veloppement et l'\u00e9valuation (<span class=\"small-caps\">coneval<\/span>La population totale de cette municipalit\u00e9 se compose de 2 258 hommes (49%) et de 2 341 femmes (51%), et seulement 721 personnes parlent le Totonac (16%). Parmi la population, 56,5% vivent dans une pauvret\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e, tandis que 29,9% sont dans une pauvret\u00e9 extr\u00eame et 11,6% sont vuln\u00e9rables en raison de la privation sociale. En termes de scolarisation, le niveau moyen de scolarisation de la population \u00e2g\u00e9e de 15 ans et plus dans la municipalit\u00e9 de Zongozotla \u00e9tait de 5,9 en 2010, contre un niveau moyen de scolarisation de 8 dans l'\u00c9tat (<span class=\"small-caps\">coneval<\/span>, 2010).<\/p>\n\n\n\n<p>En moyenne, la taille des m\u00e9nages est de 4,5 personnes (<span class=\"small-caps\">coneval<\/span>, 2010). En 2010, le pourcentage d'individus ayant d\u00e9clar\u00e9 vivre dans des logements dont les mat\u00e9riaux sont de mauvaise qualit\u00e9 et l'espace insuffisant \u00e9tait de 23,4% (1 019 personnes) (<span class=\"small-caps\">coneval<\/span>, 2010). Dans le cadre de notre travail anthropologique sur le terrain, nous avons constat\u00e9 que les habitations ont g\u00e9n\u00e9ralement pu \u00eatre dot\u00e9es d'un toit et d'un sol en b\u00e9ton gr\u00e2ce aux programmes \"piso digno\" et \"techo digno\" du gouvernement de Puebla au cours des sept derni\u00e8res ann\u00e9es, mais qu'il reste encore beaucoup \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<p>La vie s'y d\u00e9roule sans trop de surprises, presque tout le monde se conna\u00eet dans la communaut\u00e9. La pr\u00e9sidence municipale dispose d'un haut-parleur \u00e0 partir duquel des annonces ou des appels sont lanc\u00e9s dans la langue locale, le tutunak\u00fa, ainsi qu'en espagnol.<\/p>\n\n\n\n<p>La place communautaire fait partie de la vie des habitants car c'est le principal lieu de socialisation, les diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations de la population de Zongozotla s'y rendent pour diff\u00e9rentes raisons (l'une d'entre elles est le signal internet qui permet aux jeunes d'entrer dans le \"cyberespace\" avec leurs t\u00e9l\u00e9phones portables). L'\u00e9glise regroupe les catholiques, mais il existe \u00e9galement une pluralit\u00e9 de croyances chr\u00e9tiennes. Les spectacles culturels sont fr\u00e9quents dans les \u00e9coles et sur la place principale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Hommes et femmes. La routine quotidienne<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Comme nous l'avons observ\u00e9 sur le terrain, les hommes marchent partout devant les femmes, laissant la femme derri\u00e8re eux sur le chemin qu'ils r\u00e9p\u00e8tent \u00e0 l'aller comme au retour. Ce fait \u00e9tait perceptible partout o\u00f9 nous avons vu les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le seul moyen d'en savoir plus que ce qui a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans le journal de terrain est de le compl\u00e9ter par des entretiens avec les informateurs. Les femmes interrog\u00e9es sont g\u00e9n\u00e9ralement d'accord pour dire que \"l'homme doit montrer la voie, c'est sa place, c'est comme \u00e7a que nous nous prot\u00e9geons\".<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que les femmes ne nous ont pas dit lors des entretiens, c'est que parmi tous les dangers auxquels les hommes doivent faire face lorsqu'ils traversent, le plus courant est la pr\u00e9sence de serpents venimeux, comme le nauyaca et le coralillo, dont le venin ne peut \u00eatre soign\u00e9 que dans les h\u00f4pitaux de Puebla.<\/p>\n\n\n\n<p>Une femme qui s'est identifi\u00e9e comme Do\u00f1a Mary<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e marchant avec son mari pr\u00e8s de la sortie de la municipalit\u00e9 o\u00f9 se trouve la source d'eau douce pr\u00e8s de la rivi\u00e8re. La femme a \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9e sur la route ; nous lui avons demand\u00e9 si nous pouvions l'interroger et, avant de r\u00e9pondre, elle a regard\u00e9 son mari, qui a baiss\u00e9 la t\u00eate en agitant son chapeau de bas en haut en signe d'approbation.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme les autres femmes, elle a r\u00e9pondu : \"Nous marchons main dans la main avec notre homme, car il est le soutien de notre foyer.<\/p>\n\n\n\n<p>Do\u00f1a Mary, comme les autres femmes sur les rives du fleuve, ramassait du bois de chauffage qu'elle portait sur ses \u00e9paules, car les mules et les \u00e2nes ne peuvent pas p\u00e9n\u00e9trer sur ce terrain difficile, dit-elle :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Sans l'homme, la famille ne fonctionne pas... c'est pourquoi je me l\u00e8ve t\u00f4t pour faire chauffer le caf\u00e9, et la table est garnie de pain chaud, de haricots et d'un petit \u0153uf brouill\u00e9... c'est \u00e0 cela que ressemble l'aube de chaque jour pour nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de nos recherches, nous avons observ\u00e9 que le travail dans les champs commence tr\u00e8s t\u00f4t le matin ; les femmes doivent se lever bien avant que le soleil ne se l\u00e8ve et les hommes se r\u00e9veillent, car le caf\u00e9 doit \u00eatre pr\u00eat en m\u00eame temps que les premiers aliments.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes jouent un r\u00f4le dans la production de caf\u00e9, car non seulement elles accompagnent leurs maris, mais elles les aident aussi \u00e0 labourer le sol humide et \u00e0 y d\u00e9poser les graines qui finiront par germer et donner un produit. Les femmes travaillent aux c\u00f4t\u00e9s des hommes, elles ne leur laissent pas tout le travail ; en effet, tout comme les hommes portent le bois de chauffage sur leur dos, les femmes font de m\u00eame. De m\u00eame qu'ils prennent la charrue et la machette pour labourer la terre, elles font de m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes estiment que la majeure partie du travail incombe \u00e0 l'homme qui, traditionnellement dans ce village de Totonacapan, a pour r\u00f4le de subvenir aux besoins du m\u00e9nage et de le prot\u00e9ger. Cependant, lors de notre travail sur le terrain, nous avons observ\u00e9 que les femmes participaient \u00e9galement aux travaux des champs avec les hommes, qui effectuent certes la plus grande partie du travail, mais pas la totalit\u00e9. Les femmes ne consid\u00e8rent pas cela comme une charge, mais comme une partie de leur contribution \u00e0 la famille. En outre, les femmes se consacrent davantage \u00e0 l'\u00e9ducation des enfants et aux t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res. Elles doivent donc assumer plusieurs r\u00f4les qu'elles doivent alterner.<\/p>\n\n\n\n<p>Les enfants grandissent souvent en regardant leurs parents cultiver la terre, mais lorsqu'ils sont jeunes, ils quittent la maison pour diverses raisons. Deux des femmes ont indiqu\u00e9 que leurs fils et leurs filles ne vivaient plus avec elles :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Elles ont grandi... elles sont parties, elles ont oubli\u00e9 leurs racines, elles vivent en ville parce qu'elles sont d\u00e9j\u00e0 des professionnelles, l'une est m\u00e9decin et les deux autres sont ing\u00e9nieurs... mes deux filles ont eu des relations avec des hommes mari\u00e9s et ont d\u00e9j\u00e0 fond\u00e9 une famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mal du pays est un sentiment que l'on retrouve dans les t\u00e9moignages de ces femmes, qui regardent vers le bas et perdent ensuite leur regard dans le ciel. Elles savent que leurs fils et leurs filles sont d\u00e9j\u00e0 partis, qu'elles ont form\u00e9 une famille et qu'elles ont m\u00eame oubli\u00e9 leurs racines.<\/p>\n\n\n\n<p>La migration est un ph\u00e9nom\u00e8ne humain tr\u00e8s courant dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s, souvent li\u00e9 au d\u00e9part des filles et des fils vers de nouveaux horizons, qui sont presque toujours li\u00e9s \u00e0 la recherche d'opportunit\u00e9s de travail qui ne sont pas disponibles au sein de la communaut\u00e9. Avec nostalgie, l'homme et la femme, en haut de la montagne, ont dit qu'ils \u00e9taient les propri\u00e9taires l\u00e9gaux de la terre. Une femme a dit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Ici, nos enfants jouaient quand ils plantaient du caf\u00e9 et des p\u00eaches avec leurs fr\u00e8res et s\u0153urs, leurs jouets \u00e9taient des branches, du bois de chauffage et des outils agricoles, ils voulaient tous \u00eatre comme leur m\u00e8re et leur p\u00e8re, mais l'\u00e9cole a chang\u00e9 tout cela. Ils ont \u00e9tudi\u00e9 et sont partis, c'est la loi de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>C'est pour cette raison qu'\u00e0 l'heure actuelle, les \u00e9coles sont consid\u00e9r\u00e9es avec une certaine m\u00e9fiance par certaines des femmes interrog\u00e9es, car avec l'\u00e9tude, beaucoup de leurs filles et de leurs fils ont chang\u00e9 de mentalit\u00e9 et ont vu la campagne et la vie rurale avec m\u00e9pris, pr\u00e9f\u00e9rant l'occident \u00e0 la mode. Le lien qui existe dans la famille se dilue avec la distance et, avec le temps, les visites des filles et des fils \u00e0 leurs parents se perdent.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre ph\u00e9nom\u00e8ne que l'on peut observer lorsque les enfants quittent leur village d'origine est l'oubli de la langue d'origine, comme le montrent les t\u00e9moignages de deux femmes interrog\u00e9es :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Ils ont d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9 de parler comme leurs grands-parents, comme nous le faisons dans notre langue.<br>Ils ne parlent plus \u00e0 leur m\u00e8re dans notre langue, ils nous disent m\u00eame \"maman\". Mon fils est parti aux \"gringolandias\" (Etats-Unis).<\/p>\n\n\n\n<p>Selon certains r\u00e9cits, la migration am\u00e8ne toujours les filles et les fils dans la capitale de Puebla ou dans la capitale du pays. Ceux qui n'ont pas \u00e9tudi\u00e9 ou qui n'ont pas de terres ou la possibilit\u00e9 d'en h\u00e9riter quittent le pays et vont aux \u00c9tats-Unis pour chercher d'autres opportunit\u00e9s et n'ont pas de documents l\u00e9gaux pour prouver leur s\u00e9jour dans le pays voisin. \u00c0 cet \u00e9gard, l'une de nos personnes interrog\u00e9es a d\u00e9clar\u00e9 ce qui suit :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Je ne me souviens plus beaucoup de son visage... Je regarde sa vieille photo de quand il \u00e9tait jeune gar\u00e7on pour me souvenir de lui... mon fils est bon et que le ciel veille sur lui... Je ne sais pas grand-chose de lui, je sais qu'il est vivant parce qu'il m'envoie un peu d'argent qu'il n'a pas cess\u00e9 de m'envoyer... Je le re\u00e7ois le 10 mai... donc je sais qu'il est vivant... Je ne sais pas quel genre de dangers mon gar\u00e7on affronte... mais je sais qu'il va bien parce que je l'ai \u00e9duqu\u00e9 avec beaucoup de discipline pour qu'il devienne un homme bon comme ses autres fr\u00e8res et s\u0153urs.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant les entretiens, les hommes continuaient \u00e0 travailler mais \u00e9taient attentifs \u00e0 leurs femmes, et intervenaient parfois dans l'entretien, non pas pour interrompre mais plut\u00f4t pour soutenir l'histoire des femmes. Nous avons observ\u00e9 que le contact visuel est tr\u00e8s important entre eux. \u00c0 la fin, les femmes s'allongeaient sur le sol pour se ceindre le front d'un ruban tress\u00e9 qui les aidait \u00e0 descendre la pente avec tout le bois de chauffage sur le dos. Les hommes portaient \u00e9galement une charge similaire, ainsi que des outils agricoles.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous nos entretiens se sont termin\u00e9s plus ou moins de la m\u00eame mani\u00e8re : le retour \u00e0 la maison avec le bois de chauffage, le corps fatigu\u00e9 par le travail agricole qui commence d\u00e8s que le soleil montre ses premiers rayons d'aube. Le retour \u00e0 la maison commence \u00e9galement lorsque l'\u00e9toile royale est enti\u00e8rement positionn\u00e9e dans le ciel. Une pause est normale, puis vient le d\u00e9jeuner.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Violence \u00e0 la maison<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il y a toujours des difficult\u00e9s entre les hommes et les femmes dans les relations affectives. En ce sens, les femmes, dans leur r\u00f4le d'\u00e9pouses, doivent souvent \u00eatre le soutien de leurs maris, qui causent parfois des probl\u00e8mes \u00e0 l'int\u00e9rieur et \u00e0 l'ext\u00e9rieur de la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Six des femmes interrog\u00e9es ont explicitement d\u00e9clar\u00e9 avoir subi des violences \u00e0 la maison de la part de leurs maris lorsqu'ils \u00e9taient ivres. Elles ne se plaignent pas, gardent le silence et n'osent pas le signaler pour \u00e9viter les ragots du village ; par cons\u00e9quent, la violence domestique n'est g\u00e9n\u00e9ralement pas port\u00e9e \u00e0 l'attention des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes de Zongozotla. Une femme qui se trouvait sur les pentes inf\u00e9rieures de la montagne a dit quelque chose de tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9lateur :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Le mari nous frappe, nous gifle ou nous frappe avec un chapeau, mais si nous le d\u00e9non\u00e7ons il peut aller en prison, et s'il va en prison nous perdons le soutien de notre famille, que ferons-nous sans notre homme, parfois il a une autre femme, et nous le savons, mais nous ferions mieux de ne rien dire parce qu'il peut aussi nous r\u00e9primander... nous ne perdons pas notre place de femme l\u00e9gitime devant les autres... l'autre est l'autre et nous sommes b\u00e9nies sur l'autel devant les yeux de Dieu en tant que juge ultime.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette personne a indiqu\u00e9 que ce type de probl\u00e8me est r\u00e9solu au sein de la famille afin qu'il ne prenne pas d'autres dimensions. En d'autres termes, les fr\u00e8res et le p\u00e8re de la femme parlent au mari pour lui demander de ne plus se comporter ainsi avec elle et de la traiter plus cordialement. L'homme assimile g\u00e9n\u00e9ralement cette demande et modifie son comportement, jusqu'\u00e0 ce que \"l'eau de la vigne de la canne\" rencontre \u00e0 nouveau son palais et que les actes violents se r\u00e9p\u00e8tent.<\/p>\n\n\n\n<p>L'homme exerce la violence envers sa compagne, mais il la prot\u00e8ge \u00e9galement, car c'est g\u00e9n\u00e9ralement lui qui ouvre la voie. Ce sont les hommes qui affrontent les dangers que la nature cache, tels que les serpents et les voleurs, et qui, la machette \u00e0 la ceinture, s'avancent sur la route pour les affronter.<\/p>\n\n\n\n<p>Les hommes sont charg\u00e9s de discipliner leurs enfants et, lors des querelles, ils ont le \"sang chaud\", car ils sont toujours pr\u00eats \u00e0 r\u00e9pondre de mani\u00e8re agressive \u00e0 un intrus ou \u00e0 une invasion, surtout lorsqu'ils sont accompagn\u00e9s d'alcool.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes interrog\u00e9es affirment que, chez les hommes, la force est souvent une ressource importante pour dire \"qui commande\", et qu'elle est \u00e9galement essentielle pour le choix d'une partenaire :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">La quantit\u00e9 de bois de chauffage qu'ils soul\u00e8vent, ce qu'ils peuvent porter et ce qu'ils peuvent faire... cela d\u00e9termine beaucoup de choses pour nous... et aussi pour ceux qui ont une relation avec nos hommes... les fils se connaissent et le savent, mais ils ne disent rien pour ne pas accro\u00eetre notre chagrin ou le leur. L'homme ne sera pas jug\u00e9 par nous. (Lantla xlilhuwa sakkgoy xtasakgnikan, lantla xlilhuwa kukanankgoy, chu tuku katsini tlaway... lhuwa tuku kinkalimasiyaniyan.... chu nachuna ukxilhkgoy wantiku xakgatlikgoy kilakchixkuwinkan... lalakgapaskgoy kamanin chu katsikgoy kaxman pi nitu wankgoy xpalakata ni nakinkamakgalipuwankgoyan chu ni nalipuwankgoy. Ni akxniku ktilichuwinaw chixku).<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut souligner qu'entre la traduction et la traduction d'une langue \u00e0 l'autre, un fait important peut \u00eatre relev\u00e9. Le mot juzgar se r\u00e9f\u00e8re, en espagnol, \u00e0 la prononciation d'une phrase. Mais dans le Tutunaku, il n'y a pas d'\u00e9quivalence en tant que telle, la seule chose qui est dite est qu'ils ne peuvent pas dire, de la bouche vers l'ext\u00e9rieur, quoi que ce soit qui \u00e9value la conduite de l'homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient de mentionner qu'un tel t\u00e9moignage est \u00e9galement r\u00e9v\u00e9lateur car il montre que les femmes de cette communaut\u00e9 attendent des hommes qu'ils soient forts, ce qui est un symbole \u00e9vident de masculinit\u00e9, et que cela conf\u00e8re \u00e0 l'homme un certain statut aux yeux des autres femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, nous nous sommes \u00e9galement demand\u00e9 si les femmes \u00e9taient violentes \u00e0 l'\u00e9gard de leur partenaire. Apr\u00e8s avoir parl\u00e9 \u00e0 une femme sur les rives de la rivi\u00e8re, loin de la pr\u00e9sence des hommes, nous avons recueilli des informations tr\u00e8s int\u00e9ressantes qui peuvent nous aider \u00e0 comprendre que les femmes appliquent la violence, mais d'une mani\u00e8re diff\u00e9rente.<\/p>\n\n\n\n<p>La violence perp\u00e9tr\u00e9e par les femmes, selon le t\u00e9moignage de trois des personnes interrog\u00e9es, est une vengeance pour ce qu'elles subissent, mais elles ont demand\u00e9 que cette information ne soit pas enregistr\u00e9e, nous avons donc pris des notes sur le terrain pour sauver une partie de ce qu'elles ont dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes ont indiqu\u00e9 que la nourriture est parfois mal pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 dessein, pour perturber l'estomac de l'homme, ou qu'elles cachent ses affaires pour le mettre en col\u00e8re et lui faire perdre son temps. Un autre recours consiste \u00e0 ab\u00eemer les v\u00eatements ou d'autres objets qui plaisent \u00e0 l'homme. Selon le t\u00e9moignage de l'une de nos interlocutrices, l'alcoolisme des hommes leur offre \u00e9galement une autre possibilit\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Lorsque les hommes sont ivres, ils ne savent pas ce qui se passe autour d'eux, alors nous les insultons... nous leur tirons aussi les cheveux ou nous les frappons au visage... et le lendemain, ils pensent que c'est \u00e0 cause de la crudit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut d\u00e9duire de ce qui pr\u00e9c\u00e8de qu'au sein du m\u00e9nage, il y a toute une s\u00e9rie d'\u00e9v\u00e9nements qui impliquent de la violence entre les deux parties. Un homme a d\u00e9clar\u00e9 que la violence \"est le sel d'une relation... elle lui donne de la saveur\" (Wa xli maskgokgenat uyma talakxtumit... maxki liskamat).<\/p>\n\n\n\n<p>La diff\u00e9rence dans l'exercice de la violence entre les hommes et les femmes est que certains d'entre eux exercent \u00e9galement la violence, mais ils le font d'une mani\u00e8re diff\u00e9rente, silencieuse et inaper\u00e7ue.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Discussion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">D'apr\u00e8s nos r\u00e9sultats, nous avons trouv\u00e9 diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui doivent \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s dans une perspective de genre. En m\u00eame temps, nous essaierons de les analyser \u00e0 partir d'une vision qui respecte la cosmovision indig\u00e8ne Totonaca ; comme D\u00edaz (2014) le mentionne \u00e0 juste titre, filer les cat\u00e9gories d'ethnicit\u00e9 et de genre cherche \u00e0 d\u00e9voiler le contexte symbolique des particularit\u00e9s et des processus de construction et de signification indig\u00e8ne, en plus de revoir leur transcendance pour les femmes et les hommes (D\u00edaz, 2014).<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00f4le de l'homme \u00e0 Zongozotla reste traditionnel, puisqu'il est consid\u00e9r\u00e9 comme le pourvoyeur et le protecteur du foyer et de la famille. Plus il est fort, plus il est un homme. Un fait pr\u00e9sent dans la communaut\u00e9 est l'alcoolisme des hommes, \"parce que lorsqu'ils sont ivres, ils ne savent pas ce qui se passe autour d'eux\". C'est un facteur qui contribue \u00e0 la violence contre les femmes et qui est une constante dans les communaut\u00e9s indig\u00e8nes (Valladares, 2007).<\/p>\n\n\n\n<p>L'une des actions contre la violence consiste \u00e0 ce que les fr\u00e8res et le p\u00e8re de la femme fassent comprendre au mari sa mauvaise conduite afin qu'il la corrige. Cela confirme que le syst\u00e8me patriarcal est toujours en place. Les hommes sont \u00e9galement violents dans les querelles, face aux intrus et au danger, surtout lorsqu'ils sont sous l'influence de l'alcool.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, dans l'exercice de la masculinit\u00e9 Totonaca, les hommes risquent leur int\u00e9grit\u00e9 physique (Secretar\u00eda de Salud, 2006), mais pour le bien-\u00eatre de leur famille. Ils prennent la route non pas pour d\u00e9nigrer les femmes, mais pour affronter les dangers de la montagne.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la femme est encore g\u00e9n\u00e9ralement soumise, exigeant l'approbation et l'accompagnement de son mari dans tous ses d\u00e9placements. Les t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res incombent \u00e0 la femme, ce qui co\u00efncide avec plusieurs \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es dans d'autres r\u00e9gions productrices de caf\u00e9 (C\u00e1rcamo <em>et al<\/em>., 2010). Nos interlocuteurs interpr\u00e8tent leur travail au sein du m\u00e9nage comme une contribution positive au bon fonctionnement de celui-ci. L'homme doit travailler pour subvenir aux besoins du m\u00e9nage et la femme doit cuisiner pour lui afin qu'il puisse aller aux champs pour manger.<\/p>\n\n\n\n<p>La participation des femmes \u00e0 la production de caf\u00e9 est un sujet peu explor\u00e9 au Mexique (Vargas, 2007). Les femmes de Zongozotla n'imaginent pas leur participation \u00e0 la production de caf\u00e9 en tant que telle, mais elles travaillent la terre et s\u00e8ment aux c\u00f4t\u00e9s de leurs maris, et participent activement aux travaux des champs ; elles sont pr\u00e9sentes depuis des temps tr\u00e8s anciens, non seulement en tant que compagnes, mais aussi en tant qu'\u00e9pouses et m\u00e8res, car toute la famille participe au processus de production.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd'hui, nous observons que les femmes doivent jouer diff\u00e9rents r\u00f4les tout au long de la journ\u00e9e et qu'elles r\u00e9p\u00e9teront cette routine tout au long de leur vie, en acceptant les changements que le temps leur impose. Un r\u00f4le qu'elles ne quitteront qu'\u00e0 cause du veuvage est celui d'\u00e9pouse, car elles auront le r\u00f4le de m\u00e8re tout le temps jusqu'\u00e0 ce que leurs enfants \u00e9migrent vers un autre endroit \u00e0 la recherche d'un travail ou dans l'espoir d'une vie meilleure.<\/p>\n\n\n\n<p>La migration a un impact non seulement sur ceux qui sont rest\u00e9s dans leur village, mais aussi sur ceux qui l'ont quitt\u00e9 (Klein et V\u00e1zquez, 2013). Il est int\u00e9ressant de noter que certaines m\u00e8res per\u00e7oivent leurs enfants migrants comme ayant d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9 leurs racines.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre facteur qui influence le changement de comportement des filles et des fils est l'\u00e9ducation, car les coutumes qui viennent de l'ext\u00e9rieur sont plus valoris\u00e9es ; non seulement ils abandonnent la campagne, mais ils oublient leurs familles et abandonnent \u00e9galement leur langue maternelle.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, d'autres recherches ont confirm\u00e9 que les principaux facteurs influen\u00e7ant les nouvelles identit\u00e9s des jeunes sont la migration, l'\u00e9ducation et les m\u00e9dias (Gavil\u00e1nez et Pilaguano, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne la violence de leurs maris, les femmes ne les d\u00e9noncent pas pour \u00e9viter d'\u00eatre dans les commentaires du village. Le silence face \u00e0 la violence est une pratique courante dans de nombreuses communaut\u00e9s Totonacapan, comme l'ont montr\u00e9 d'autres \u00e9tudes ; dans la Sierra Norte de Puebla, le mod\u00e8le g\u00e9n\u00e9rique et familial conf\u00e8re au chef le pouvoir de \"discipliner\" les autres membres de la famille, en les punissant physiquement lorsqu'ils ne respectent pas les obligations de service et d'ob\u00e9issance qui leur sont assign\u00e9es par le mod\u00e8le, de sorte que les coups sont consid\u00e9r\u00e9s comme une pr\u00e9rogative l\u00e9gitime des p\u00e8res et des maris (Gonz\u00e1lez, 2009).<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines femmes ont d\u00e9clar\u00e9 que si le mari va en prison, la famille perd ses moyens de subsistance. Les infid\u00e9lit\u00e9s sont pardonn\u00e9es afin de maintenir la famille, tant que l'homme subvient aux besoins du m\u00e9nage et reste fort, les femmes ne semblent pas s'inqui\u00e9ter de \"partager\" leur mari si elles sont les \u00e9pouses l\u00e9gitimes.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, certaines des femmes interrog\u00e9es utilisent \u00e9galement la violence contre les hommes, apparemment pour se venger des mauvais traitements qu'elles ont re\u00e7us. Elles leur font de la mauvaise cuisine, cachent des choses pour les mettre en col\u00e8re ou m\u00eame les battent, profitant qu'ils soient ivres pour leur tirer les cheveux ou les frapper au visage. Il semble que les pratiques violentes des femmes r\u00e9pondent \u00e0 des contextes difficiles, et sont souvent le r\u00e9sultat de violences de genre r\u00e9currentes dans la famille (Beltr\u00e1n, 2012).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Dans cette recherche, nous analysons les r\u00f4les de genre assum\u00e9s par certains hommes et femmes Totonac impliqu\u00e9s dans la culture du caf\u00e9 dans la municipalit\u00e9 de Zongozotla, Puebla, pour voir quelles pratiques traditionnelles sont encore observ\u00e9es et pour mettre en \u00e9vidence les valeurs et les croyances qui ont \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9es, ainsi que les facteurs qui les modifient. Nous avons observ\u00e9 que les femmes et les hommes Totonac impliqu\u00e9s dans la production de caf\u00e9 adoptent des r\u00f4les de genre diff\u00e9rents. La culture est d'une importance capitale dans les r\u00f4les que chaque sexe est cens\u00e9 jouer, afin que les hommes et les femmes, en grandissant, sachent ce qu'ils ont \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les hommes conservent le r\u00f4le de pourvoyeur et de protecteur du foyer. Il est int\u00e9ressant d'analyser la perception qu'ont les femmes de la force des hommes. C'est cette force qui les attire, mais c'est aussi cette force qui les soumet aux coups de leurs maris lorsqu'ils sont sous l'influence de l'alcool. \u00c0 cet \u00e9gard, nous ne voyons aucune action de la part des autorit\u00e9s respectives ou de la soci\u00e9t\u00e9 civile pour rem\u00e9dier \u00e0 la forte consommation d'alcool dans les communaut\u00e9s de Totonacapan, c'est pourquoi il est recommand\u00e9 de s'attaquer \u00e0 ce probl\u00e8me de sant\u00e9 publique.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre ph\u00e9nom\u00e8ne qui reste \u00e0 \u00e9radiquer est la violence \u00e0 l'\u00e9gard des femmes, qui dans ce cas semble \u00eatre directement li\u00e9e \u00e0 l'alcool, puisque les femmes ont d\u00e9clar\u00e9 que leurs maris ne les battaient que lorsqu'ils \u00e9taient ivres. Un fait int\u00e9ressant \u00e0 souligner est que les hommes marchent devant les femmes pour une raison : les prot\u00e9ger des dangers de la montagne ; ils le font parce que, pour eux, les femmes sont tr\u00e8s importantes et qu'ils doivent donc les prot\u00e9ger de toute menace. Ils le font parce que les femmes sont tr\u00e8s importantes \u00e0 leurs yeux et qu'ils doivent donc les prot\u00e9ger de toute menace. \u00c0 cet \u00e9gard, ils soulignent que c'est ce que l'on attend d'un homme. Cette pratique diff\u00e8re du mode de pens\u00e9e occidental, o\u00f9 les deux hommes marchent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te en affrontant les m\u00eames dangers en m\u00eame temps.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, la femme repr\u00e9sente la soumission. Dans sa vie quotidienne, elle assume le r\u00f4le de m\u00e8re, d'\u00e9pouse, d'employ\u00e9e de maison et d'agricultrice. Sa participation \u00e0 la production de caf\u00e9 est active, bien qu'elle minimise elle-m\u00eame son r\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes de Zongozotla subissent des violences de la part de leurs maris, mais cela reste secret. Le fardeau social impos\u00e9 aux femmes est important : elles ne portent pas plainte car elles craignent le jugement de la communaut\u00e9 et la perte de leur famille. Certaines femmes ont cr\u00e9\u00e9 des moyens de se venger de leur mari, ce qui confirme que la violence engendre d'autres violences. Les moyens d'ex\u00e9cution sont diff\u00e9rents, presque imperceptibles, \"silencieux\". Nous pensons que ces nuances doivent \u00eatre prises en compte dans l'\u00e9valuation des mod\u00e8les culturels. La question qui se pose est la suivante : les filles et les fils sont-ils \u00e9galement touch\u00e9s par un syst\u00e8me de violence cr\u00e9\u00e9 au sein de la cosmovision Totonac ?<\/p>\n\n\n\n<p>Nous distinguons deux facteurs qui modifient les interactions au sein des familles et, de fait, les relations entre les hommes et les femmes : la migration et l'\u00e9ducation.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la base de ces r\u00e9sultats, nous encourageons la poursuite des recherches afin d'analyser et d'explorer plus en profondeur les relations hommes-femmes des populations d'origine autochtone et les facteurs qui modifient ces liens.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Alberti Manzanares, Pilar (1999). \u201cLa identidad de g\u00e9nero y etnia. Un modelo de an\u00e1lisis\u201d, en <em>Nueva Antropolog\u00eda<\/em>, junio, pp. 105-130.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Barbieri, Teresita de (1993). \u201cSobre la categor\u00eda g\u00e9nero: una introducci\u00f3n te\u00f3rico-metodol\u00f3gica\u201d, en <em>Debates en Sociolog\u00eda<\/em>, n\u00fam. 18, pp. 2-19.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Beltr\u00e1n G\u00e1lvez, Mar\u00eda (2012). \u201cLa otra cara de la moneda: mujeres que practican violencia\u201d, en <em>Revista Punto G\u00e9nero,<\/em> 0 (2), pp. 71 &#8211; 92.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Brunet, Ignasi y Alejandro Pizzi (2011). \u201cEmpobrecimiento y exclusi\u00f3n de g\u00e9nero en Espa\u00f1a\u201d, en <em>Actores del desarrollo en la primera mitad del siglo xxi: Innovaci\u00f3n y Cambio,<\/em> Montevideo, Ateneo Ayu\u00ed de Ciencias Sociales, pp. 594-615.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">C\u00e1rcamo Toal\u00e1, Naima Jaz\u00edbi, Ver\u00f3nica V\u00e1zquez Garc\u00eda, Emma Zapata Martelo y Austreberta Nazar Beutelspacher (2010). \u201cG\u00e9nero, trabajo y organizaci\u00f3n: mujeres cafetaleras de la Uni\u00f3n de Productores Org\u00e1nicos San Isidro Siltepec, Chiapas\u201d, en <em>Estudios Sociales <\/em>18(36), 155-176. Recuperado de: http:\/\/www.scielo.org.mx\/scielo.php?script=sci_arttext&amp;pid=S0188-45572010000200007&amp;lng=es&amp;nrm=iso&gt;. ISSN 0188-4557.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><span class=\"small-caps\">coneval<\/span> (2010), \u201cMunicipio de Zongozotla, Puebla\u201d. Recuperado de https:\/\/www.gob.mx\/cms\/uploads\/attachment\/file\/40690\/Puebla_215.pdf<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">D\u00edaz Cervantes, Rufino (2014). \u201cLa perspectiva de g\u00e9nero en la comprensi\u00f3n de la masculinidad y la sobrevivencia ind\u00edgena en M\u00e9xico\u201d, en <em>Agricultura, sociedad y desarrollo<\/em>, 11(3), pp. 359-378.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\"><em>Enciclopedia de los Municipios y Delegaciones de M\u00e9xico<\/em> (2018). \u201cZongozotla\u201d. 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Revista de Ciencias Sociales<\/em>, 16 (50), 165-185.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Herrera Santi, Patricia (2000). \u201cRol de g\u00e9nero y funcionamiento familiar\u201d, en <em>Revista Cubana de Medicina General Integral<\/em>, 16(6), pp. 568-573.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Klein, Alejandro y \u00c9rika V\u00e1zquez-Flores (2013). \u201cLos roles de g\u00e9nero de algunas mujeres ind\u00edgenas mexicanas desde los procesos migratorios y generacionales\u201d, en <em>Journal of Behavior, Health &amp; Social Issues,<\/em> mayo-octubre, pp. 25-39.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Lagarde, Marcela (1996). \u201cEl g\u00e9nero\u201d, en <em>G\u00e9nero y feminismo. 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Estudios sobre las mujeres ind\u00edgenas en M\u00e9xico\u201d, en <em>Pol\u00edtica y Cultura,<\/em> n\u00fam. 14, 2000, pp. 61-88.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Secretar\u00eda de Salud (2006). \u201cBolet\u00edn de pr\u00e1ctica m\u00e9dica efectiva\u201d. Secci\u00f3n: factores poblacionales de riesgo para las its. Abril, M\u00e9xico: ssa. insp.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Valladares, Laura (2007). \u201cTransgredir y construir una vida digna: el encuentro de la doctrina de los derechos humanos entre las mujeres ind\u00edgenas en M\u00e9xico\u201d, en E. Olavarr\u00eda (coord.) <em>Simbolismo y poder<\/em>, uam\/Porr\u00faa, M\u00e9xico.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Vargas Vencis, Perla (2007). \u201cMujeres cafetaleras y producci\u00f3n de caf\u00e9 org\u00e1nico en Chiapas\u201d, en <em>El Cotidiano<\/em>, vol. 22, n\u00fam. 142, marzo-abril, pp. 74-83.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"translation-block\">&lt;Dans cette \u00e9tude, nous analysons les r\u00f4les de genre assum\u00e9s par certains hommes et femmes d&#039;origine Totonaco qui cultivent le caf\u00e9 dans la municipalit\u00e9 de Zongozotla, dans la Sierra Norte de l&#039;\u00c9tat de Puebla, afin de voir quelles sont les pratiques traditionnelles encore observ\u00e9es et de mettre en \u00e9vidence les valeurs et les croyances qui ont \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9es. 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