{"id":30539,"date":"2018-09-21T13:13:53","date_gmt":"2018-09-21T13:13:53","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=30539"},"modified":"2023-11-17T19:08:30","modified_gmt":"2023-11-18T01:08:30","slug":"imagen-mujeres-penal-jalisco","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/imagen-mujeres-penal-jalisco\/","title":{"rendered":"Reconstruire l'image des femmes dans la prison de Puente Grande, Jalisco"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le r\u00f4le que jouent les femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle est le r\u00e9sultat d'une assignation ancestrale ; cependant, ce r\u00f4le est de plus en plus remis en question par les femmes elles-m\u00eames, et il semble que plus il est remis en question, plus la violence est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e \u00e0 leur encontre, les pla\u00e7ant dans une situation o\u00f9 elles oscillent entre le statut de victime et celui d'auteur. Il s'agit d'un projet qui s'int\u00e9resse \u00e0 la construction de l'identit\u00e9 f\u00e9minine \u00e0 travers des photographies de femmes ayant subi diverses formes de violence ; il s'agit d'une proposition exp\u00e9rimentale men\u00e9e avec les d\u00e9tenues du centre de r\u00e9habilitation pour femmes de Puente Grande, \u00e0 Jalisco (Mexique), dans le but de permettre aux participantes de reconstruire leur identit\u00e9 et de la relier \u00e0 l'environnement violent dans lequel elles ont grandi. Nous avons pris en compte les \u00e9tudes subalternes et les \u00e9tudes de genre, ainsi que la recherche et la m\u00e9thodologie fond\u00e9es sur l'art. <em>Entre les voix<\/em>L'objectif \u00e9tait que cet accompagnement soit horizontal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/fotografias\/\" rel=\"tag\">photographies<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/identidad\/\" rel=\"tag\">l'identit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/mujer\/\" rel=\"tag\">femme<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/prision\/\" rel=\"tag\">prison<\/a><\/p>\n\n\n<p class=\"en-title\">Reconstruction de l'image des femmes \u00e0 la prison de Puente Grande \u00e0 Jalisco<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Le r\u00f4le que les femmes jouent dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle est le r\u00e9sultat d'une attribution ancestrale, cependant, de plus en plus souvent, ce r\u00f4le est remis en question par les femmes elles-m\u00eames, et il semble que lorsque la plupart des questions sont pos\u00e9es, la violence est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e contre elles, les pla\u00e7ant dans une situation instable entre \u00eatre une victime ou un agresseur. Il s'agit d'un projet qui explore la construction de l'identit\u00e9 f\u00e9minine par le biais de photographies comme une proposition pour les femmes du Centre de R\u00e9habilitation de Puente Grande (Mexique) ont \u00e9t\u00e9 en mesure de reconstruire leur identit\u00e9. Nous consid\u00e9rons les subordonn\u00e9es et les \u00e9tudes de genre ainsi que l'art et les m\u00e9thodologies bas\u00e9es sur la recherche. <em>Entre les voix<\/em> afin que ce soutien sorte de l'horizontalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\"><strong>Mots-cl\u00e9s :<\/strong> femme, prison, identit\u00e9, photographies.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\">&lt;L&#039;identit\u00e9, le r\u00f4le de genre et l&#039;image que chaque individu construit de lui-m\u00eame et projette dans l&#039;espace public d\u00e9pendent de nombreux facteurs, circonstances et contextes, de sorte que chaque soci\u00e9t\u00e9 s&#039;attend \u00e0 ce que, conform\u00e9ment au st\u00e9r\u00e9otype qui lui a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 la naissance (homme ou femme), la personne se comporte et assume son r\u00f4le et ses responsabilit\u00e9s conform\u00e9ment \u00e0 ce qui est politiquement autoris\u00e9 au sein de cette soci\u00e9t\u00e9 ; mais que se passe-t-il lorsque ces r\u00f4les attribu\u00e9s entrent en conflit avec l&#039;identit\u00e9 et l&#039;image de l&#039;individu ? Mais que se passe-t-il lorsque les circonstances \u00e9conomiques, politiques et sociales poussent les femmes \u00e0 jouer un r\u00f4le autre que celui qui leur a \u00e9t\u00e9 assign\u00e9, et qu&#039;elles perdent temporairement la dimension de leur identit\u00e9, celle qui vous dit qui vous \u00eates et \u00e0 quelle soci\u00e9t\u00e9 vous appartenez ?<\/p>\n\n\n\n<p>Traditionnellement, la masculinit\u00e9 et la f\u00e9minit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 conceptualis\u00e9es comme des extr\u00eames oppos\u00e9s dans une dimension bipolaire qui place l'individu d'un c\u00f4t\u00e9 ou de l'autre de la classification dichotomique (Bem, 1981). Historiquement, il y a \u00e9galement eu une division des emplois, des devoirs, des responsabilit\u00e9s, des attentes, etc., o\u00f9 les diff\u00e9rences physiques ont d\u00e9fini notre passage dans la soci\u00e9t\u00e9, ce qui a cr\u00e9\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 gouvern\u00e9e par les hommes et o\u00f9 les femmes \u00e9taient le compl\u00e9ment, la partie maternelle et sentimentale de la relation ; cependant, de nombreux facteurs ont entra\u00een\u00e9 un changement dans le r\u00f4le des femmes aujourd'hui. On pourrait parler des nouvelles r\u00e9formes, de l'int\u00e9gration des femmes dans la vie professionnelle, de l'alphab\u00e9tisation, des caract\u00e9ristiques de chaque syst\u00e8me politique, des changements politiques et \u00e9conomiques \u00e0 l'\u00e9chelle mondiale, des m\u00e9dias et de bien d'autres choses encore, autant d'\u00e9l\u00e9ments qui pourraient expliquer ce changement lent mais progressif.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, il convient de s'interroger sur l'impact de chacun des facteurs pr\u00e9cit\u00e9s sur l'image de la femme aujourd'hui. Mais cela ne peut se faire sans passer par l'histoire de chaque soci\u00e9t\u00e9, et les explications et interpr\u00e9tations ne manquent pas. Parmi toutes ces explications, dans le cadre de cet article, nous nous attacherons \u00e0 comprendre les changements contextuels qui ont pouss\u00e9 les femmes mexicaines, en particulier celles qui vivent temporairement en prison, \u00e0 construire ou \u00e0 d\u00e9construire leur image et, par l\u00e0 m\u00eame, leur nouvelle identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n'est qu'\u00e0 cette condition que nous pourrons percevoir la direction que prendront les changements de genre, dont de nombreux auteurs affirment qu'ils se produiront \u00e0 court terme ; pour ce faire, il est important d'identifier les diverses visions du monde en mati\u00e8re de genre qui coexistent dans chaque soci\u00e9t\u00e9, chaque communaut\u00e9 et chaque personne, comme l'affirme Lagarde (1996) :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Il est possible pour une personne de changer sa vision du monde en mati\u00e8re de genre simplement en vivant, parce que la personne change, parce que la soci\u00e9t\u00e9 change et qu'avec elle, les valeurs, les normes et les fa\u00e7ons de juger les faits peuvent \u00eatre transform\u00e9es\" (Lagarde, 1996 : 2).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de cette perspective de genre, nous pourrions ensuite approfondir les statistiques pour comprendre ce qui se passe au Mexique et quelles sont les diff\u00e9rences marqu\u00e9es qui apparaissent ; par exemple : les femmes titulaires d'un dipl\u00f4me universitaire sont toujours \u00e0 la tra\u00eene par rapport aux hommes. \"Selon les chiffres du minist\u00e8re de l'\u00e9ducation publique (<span class=\"small-caps\">sep<\/span>), pour l'ann\u00e9e scolaire 2015-2016, 49,9% correspondent aux femmes inscrites au niveau de base ; au niveau secondaire, la proportion de femmes inscrites est faible mais plus \u00e9lev\u00e9e (50,2%) contre 49,8% d'hommes, tandis qu'au niveau sup\u00e9rieur, seules 49,3% de femmes sont inscrites dans des \u00e9tudes professionnelles\" (<span class=\"small-caps\">inegi<\/span>, 2017) (<span class=\"small-caps\">sep<\/span>, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces chiffres pourraient \u00eatre encourageants, mais lorsqu'on les compare aux possibilit\u00e9s d'emploi et \u00e0 l'\u00e9cart salarial entre les hommes et les femmes, la situation est plut\u00f4t tragique. \"Le taux de participation \u00e9conomique est de 43,9%, ce qui signifie qu'environ la moiti\u00e9 des femmes en \u00e2ge de travailler ont un emploi, mais ce pourcentage de femmes actives d\u00e9clare un revenu inf\u00e9rieur d'environ 30 % \u00e0 celui des hommes\", selon les statistiques de la Journ\u00e9e internationale de la femme (<span class=\"small-caps\">inegi<\/span>, 2017).<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de mieux contextualiser et de se concentrer sur la situation que cette \u00e9tude vise \u00e0 exposer, il est n\u00e9cessaire de parler d'autres formes de violence structurelle, moins visibles mais tout aussi pr\u00e9sentes. Nous faisons r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la violence \u00e9conomique, car ce type de violence d\u00e9clenche une s\u00e9rie de facteurs li\u00e9s \u00e0 la discrimination. La violence \u00e9conomique et au travail est consid\u00e9r\u00e9e comme le paiement d'un salaire inf\u00e9rieur aux femmes pour un travail identique \u00e0 celui des hommes (<em>Mill\u00e9naire<\/em>, 2017). Ce type de violence est \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 l'in\u00e9galit\u00e9, car il s'agit de savoir qui a le contr\u00f4le de l'argent et des ressources \u00e9conomiques, ou de l'acc\u00e8s \u00e0 ces ressources et de leur distribution. De telles situations cr\u00e9ent des tensions, car lorsque les r\u00f4les de genre affectent le contr\u00f4le et l'acc\u00e8s aux ressources et r\u00e9duisent la capacit\u00e9 des femmes \u00e0 agir et \u00e0 prendre des d\u00e9cisions, cela augmente leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la violence, creusant ainsi l'\u00e9cart entre les sexes et l'in\u00e9galit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on a observ\u00e9 une hausse des statistiques directement li\u00e9e aux femmes victimes d'agressions physiques, car elles ont d\u00fb chercher d'autres sources de travail illicites, soit par solidarit\u00e9 avec leur partenaire, soit par n\u00e9cessit\u00e9, d'apr\u00e8s les rapports de l'Institut national de la statistique, de la g\u00e9ographie et de l'informatique (INSA).<span class=\"small-caps\">inegi<\/span>), de 2000 \u00e0 2015, 28 710 meurtres violents de femmes ont \u00e9t\u00e9 commis, soit cinq meurtres par jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Les chiffres refl\u00e8tent une augmentation de 85% de ces crimes. Sept femmes sur dix sont victimes de violences ; selon la m\u00eame source, toutes les quatre minutes, une femme est viol\u00e9e ou victime d'abus sexuels au Mexique. Nombre de ces homicides et crimes sont directement li\u00e9s \u00e0 la criminalit\u00e9 organis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La cat\u00e9gorisation et l'analyse des donn\u00e9es ci-dessus refl\u00e8tent 400% une augmentation du nombre de femmes emprisonn\u00e9es pour divers d\u00e9lits, et mettent en \u00e9vidence le lien \u00e9troit entre la violence \u00e0 l'encontre de ce secteur de la population, selon les donn\u00e9es de l'Agence europ\u00e9enne pour la s\u00e9curit\u00e9 et la sant\u00e9 au travail (ESA). <span class=\"small-caps\">un<\/span>. En d'autres termes, selon Hern\u00e1ndez (2009), les femmes sont li\u00e9es \u00e0 des crimes parce qu'elles sont elles-m\u00eames victimes de la violence de genre, une composante qui n'a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e en profondeur et qui ne fait pas partie des enqu\u00eates minist\u00e9rielles, ni de l'int\u00e9gration des proc\u00e8s p\u00e9naux \u00e0 leur encontre.<\/p>\n\n\n\n<p>La lecture des donn\u00e9es expos\u00e9es s\u00e8me un doute raisonnable sur le lien qui existe entre la violence, le crime, l'emprisonnement, les victimes et les auteurs ; c'est-\u00e0-dire des mots et des chiffres qui montrent que quelque chose se passe dans notre pays et que le r\u00f4le des femmes change ou qu'elles sont pouss\u00e9es dans des relations plus dangereuses, qui menacent non seulement leur propre s\u00e9curit\u00e9 mais aussi leur vie, avec l'onde de choc que cela g\u00e9n\u00e8re. Mais avant de poursuivre, il est n\u00e9cessaire de jeter un coup d'\u0153il sur l'histoire pour comprendre d'o\u00f9 viennent le r\u00f4le, l'image et l'identit\u00e9 des femmes mexicaines d'aujourd'hui.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L'image des femmes mexicaines<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Pour parler de la construction ou de la transformation de l'identit\u00e9 des femmes mexicaines, il est n\u00e9cessaire d'examiner l'histoire comme toile de fond pour expliquer les probl\u00e8mes contemporains. Il n'est pas facile de reconstruire la situation historique des femmes au Mexique \u00e0 partir de leur image, car il existe peu d'\u00e9tudes s\u00e9rieuses dans ce domaine. Cependant, pour ce travail, je prendrai comme r\u00e9f\u00e9rence quatre \u00e9v\u00e9nements cruciaux qui ont laiss\u00e9 une marque ind\u00e9l\u00e9bile sur la soci\u00e9t\u00e9 mexicaine et qui ont donn\u00e9 lieu \u00e0 une remise en question du r\u00f4le des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9. Il s'agit de la r\u00e9volution (1910), du mouvement \u00e9tudiant de 1968, du soul\u00e8vement de l'arm\u00e9e zapatiste de lib\u00e9ration nationale (1994) et de la r\u00e9pression \u00e0 Atenco (2006).<\/p>\n\n\n\n<p>L'\u00e9pigraphe en particulier, et l'article en g\u00e9n\u00e9ral, n'ont pas la pr\u00e9tention d'\u00eatre une v\u00e9rit\u00e9 absolue, mais plut\u00f4t de donner des indices \u00e0 partir des images de ce qui est arriv\u00e9 aux femmes mexicaines. Nous partons du principe qu'il existe une grande vari\u00e9t\u00e9 de perspectives \u00e0 partir desquelles nous pouvons aborder ou construire une image, mais dans ce cas, il est important d'approfondir les \u00e9l\u00e9ments ou les circonstances qui ont pouss\u00e9 les femmes \u00e0 participer \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements cruciaux de l'histoire du pays, afin d'ancrer cette construction dans l'image que les femmes ont projet\u00e9e au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Nous pensons qu'il existe une relation directe entre le contexte socio-politique, \u00e9conomique et culturel qui affecte les statistiques croissantes des femmes et de la violence (\u00e0 la fois victimes et auteurs).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous partons donc du principe que les faits sont d\u00e9limit\u00e9s par les espaces, les r\u00f4les, les attitudes et les valeurs des hommes et des femmes ; cependant, certains faits d\u00e9finissent les nuances dans les identit\u00e9s de genre qui fa\u00e7onnent largement la vie de ceux qui sont immerg\u00e9s dans un monde criminel par choix, par n\u00e9cessit\u00e9 ou par conviction. Bien entendu, ces constructions n'impliquent pas que les personnes s'y conforment en tant que telles, mais elles d\u00e9terminent les d\u00e9cisions que beaucoup d'entre elles prennent, et leurs actions et discours sont fa\u00e7onn\u00e9s par les relations de pouvoir et de violence qui affectent la vie de milliers de femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, nous commencerons par d\u00e9finir les st\u00e9r\u00e9otypes des femmes mexicaines apr\u00e8s la r\u00e9volution (1910), qui ont vu le jour gr\u00e2ce aux centaines de films, de photographies et d'images qui ont caract\u00e9ris\u00e9 pendant de nombreuses ann\u00e9es le Mexique postcolonial. L'image embl\u00e9matique de cette \u00e9poque est \"la Adelita\", cette femme aux tresses soigneusement peign\u00e9es, \u00e0 la robe impeccablement repass\u00e9e, guerri\u00e8re et pr\u00eate \u00e0 tout pour \u00eatre \u00e0 la hauteur de son homme ; en m\u00eame temps, elle est compatissante, soumise et casani\u00e8re. L'image des femmes soldats dans le train est un exemple photographique. L'image enti\u00e8re est un groupe de femmes avec des paniers. L'histoire raconte (sans certitude) que les soldates \u00e9taient ces femmes qui se battaient aux c\u00f4t\u00e9s de leurs hommes dans la bataille, le cas \u00e9ch\u00e9ant en tenant le fusil \u00e0 la main et l'enfant sur le dos.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a fallu de nombreuses ann\u00e9es pour que l'image des femmes mexicaines soit actualis\u00e9e, ce qui ne signifie pas n\u00e9cessairement qu'il n'y a pas eu d'\u00e9volution, qu'elles n'ont pas d\u00e9fendu et fait progresser leurs droits ou qu'elles n'ont pas particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9mocratisation du Mexique ; au contraire, leur participation a \u00e9t\u00e9 importante et, bien que l'incursion des femmes n'ait pas \u00e9t\u00e9 importante dans les universit\u00e9s, le mouvement \u00e9tudiant de 1968 a \u00e9t\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement dans lequel la participation des femmes a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisive. Le mouvement s'est d\u00e9roul\u00e9 dans un climat international o\u00f9 les protestations ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sentes tout au long des ann\u00e9es 1960.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Il ne s'agissait pas seulement de la lutte politique dans les rues, les places et les \u00e9coles, mais surtout de la bataille culturelle des jeunes et des femmes pour rompre avec la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle autoritaire et oppressive des gouvernements, des hommes d'affaires, du clerg\u00e9, de la famille, de l'\u00e9cole et du parti au pouvoir. <span class=\"small-caps\">usa<\/span>France, Allemagne, Tch\u00e9coslovaquie, Mexique ; diff\u00e9rentes parties du monde ont partag\u00e9 des manifestations et un code commun, comme l'amour libre, le psych\u00e9d\u00e9lisme et la libert\u00e9 (Cruz, 2011 : 2).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que peu de choses aient \u00e9t\u00e9 \u00e9crites sur le r\u00f4le jou\u00e9 par les femmes dans le mouvement de 68, on sait que, d\u00e8s le d\u00e9but, la participation des femmes \u00e9tait empreinte de solidarit\u00e9 et de camaraderie ; mais apr\u00e8s le massacre, la soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 engloutie dans un sentiment de col\u00e8re, de rage et d'impuissance, des \u00e9motions qui ont pouss\u00e9 les m\u00e8res, les s\u0153urs et les \u00e9pouses \u00e0 prendre du pouvoir et \u00e0 descendre dans la rue pour r\u00e9clamer leurs hommes. La r\u00e9alisatrice Ver\u00f3nica Gonz\u00e1lez (dans Delgado, 2013) affirme que dans les nombreux entretiens qu'elle a men\u00e9s pour son documentaire <em>Les femmes de 68 : des papillons dans un monde de mots<\/em> a d\u00e9couvert que<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Des m\u00e8res sans aucune formation politique se sont impliqu\u00e9es dans le mouvement en raison de ce sentiment de protection et de solidarit\u00e9 avec leurs enfants, partageant le m\u00eame int\u00e9r\u00eat : la recherche de la justice. La grand-m\u00e8re, la s\u0153ur ou la m\u00e8re se sont politis\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 ce lien de solidarit\u00e9 avec leur fils ou leur fille. On peut le constater, peu apr\u00e8s, lors de la cr\u00e9ation du Comit\u00e9 des parents ou, par exemple, les \u00e9tudiants qui ont planifi\u00e9 et r\u00e9alis\u00e9 les brigades d'information sur le mouvement, la collecte mon\u00e9taire de la propagande (Delgado, 2013 : 1).<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les images qui ont circul\u00e9 dans l'espace public de juin \u00e0 octobre 1968, 60% montre des femmes en action. <em>A posteriori<\/em>Dans leurs d\u00e9clarations, les femmes qui ont particip\u00e9 au mouvement affirment que leur participation a \u00e9t\u00e9 cruciale ; bien qu'elles n'aient pas n\u00e9cessairement d\u00fb se distinguer en tant que leaders, elles affirment que leur travail a \u00e9t\u00e9 tout aussi important que celui des hommes, qu'elles ont particip\u00e9 \u00e0 la diffusion de l'information, \u00e0 l'\u00e9laboration de la politique et \u00e0 la mise en \u0153uvre du plan d'action, et qu'elles ont \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9es dans le processus d'\u00e9laboration de la politique. <em>boteo <\/em>pour obtenir des ressources et dans la m\u00e9moire, parce qu'il \u00e9tait tr\u00e8s important que ce qui s'est pass\u00e9 pendant ce mois d'octobre noir ne soit pas oubli\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De loin, le mouvement de 1968 a marqu\u00e9 un tournant dans l'histoire des femmes au Mexique et a cr\u00e9\u00e9 un pr\u00e9c\u00e9dent, puisqu'au milieu des ann\u00e9es 80, dans la clandestinit\u00e9, est n\u00e9 le mouvement connu sous le nom de soul\u00e8vement des peuples indig\u00e8nes, avec la formation de l'Arm\u00e9e zapatiste de lib\u00e9ration nationale (EZLN).<span class=\"small-caps\">ezln<\/span>), qui a \u00e9t\u00e9 rendue publique le 1er janvier 1994 et a proclam\u00e9 la D\u00e9claration de la jungle lacandone, qui exigeait notamment la justice, la libert\u00e9 et l'honn\u00eatet\u00e9 pour les peuples indig\u00e8nes et d\u00e9clarait la guerre au gouvernement et \u00e0 l'arm\u00e9e mexicains.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mouvement, d\u00e8s son origine, a \u00e9t\u00e9 une demande d'\u00e9galit\u00e9, et ce sont les femmes indig\u00e8nes, principalement mayas, qui ont cherch\u00e9 \u00e0 \u00eatre prises en compte. Dans ce contexte, elles ont lutt\u00e9 pour s'int\u00e9grer dans les nouvelles conditions qui ont vu le jour dans les communaut\u00e9s ; pour ce faire, elles ont construit un r\u00e9seau d'actions et de revendications au sein de leurs propres communaut\u00e9s, qui \u00e9taient r\u00e9ticentes \u00e0 changer les relations entre les femmes et les hommes ; ce processus a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 travail de revendication vocale dans la grammaire communautaire (Padierna, 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis lors, les femmes se sont organis\u00e9es et ont r\u00e9dig\u00e9 la loi r\u00e9volutionnaire des femmes de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">ezln<\/span>.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> Ce sont les femmes indig\u00e8nes du sud du Mexique qui, par leur exemple et leur organisation, ont montr\u00e9 au monde que l'\u00e9galit\u00e9 des sexes n'est pas seulement analys\u00e9e et discut\u00e9e dans les congr\u00e8s, mais qu'elle est aussi pratiqu\u00e9e et transform\u00e9e dans leur vie quotidienne. Je suis d'accord avec l'auteure Silvia Marcos (2013) lorsqu'elle explique que \"les luttes des femmes zapatistes et les revendications de leurs droits ne s'inscrivent pas dans une th\u00e9orie ou une pratique f\u00e9ministe ; elles les transcendent et les englobent toutes\" (Marcos, 2013 : 18).<\/p>\n\n\n\n<p>Les images qui ont fait le tour du monde sont celles de femmes zapatistes au visage recouvert d'une cagoule, v\u00eatues de leurs habits traditionnels et portant des armes. Elles \u00e9taient les protagonistes, et bien qu'au cours des premi\u00e8res ann\u00e9es du soul\u00e8vement, la presse n'ait pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e \u00e0 entrer, certaines photos t\u00e9moignent de la solennit\u00e9 et de l'importance du moment, et les zapatistes se sont laiss\u00e9s photographier lors de leur entra\u00eenement militaire et dans leur travail quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, la manifestation des habitants d'Atenco en 2001 a fait exploser l'administration du pr\u00e9sident Vicente Fox, qui a d\u00e9cid\u00e9 de construire un grand a\u00e9roport sans consulter la population. Les protestations pour la d\u00e9fense des terres ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sentes d\u00e8s le premier jour de l'annonce du projet. Au d\u00e9part, un groupe de plus de 500 paysans d'Atenco et de Texcoco, hommes et femmes, sont descendus dans la rue, et rapidement des centaines de sympathisants se sont joints \u00e0 leur lutte. Parall\u00e8lement \u00e0 la mobilisation sociale, il y a eu une lutte juridique et l\u00e9gale pour le droit \u00e0 la terre et au territoire ; finalement, apr\u00e8s cinq longues ann\u00e9es de manifestations, les paysans ont gagn\u00e9, mais pas avant que le peuple ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9prim\u00e9 par une s\u00e9v\u00e8re bastonnade qui a fait l'objet d'une couverture m\u00e9diatique internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, le triomphe des villageois d'Atenco s'est traduit par des centaines d'hommes battus et emprisonn\u00e9s avec des peines allant jusqu'\u00e0 65 ans, ainsi que par des dizaines de femmes viol\u00e9es, battues et emprisonn\u00e9es,<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a> des cas qui, bien que port\u00e9s devant la Cour interam\u00e9ricaine des droits de l'homme, n'ont \u00e0 ce jour donn\u00e9 lieu \u00e0 aucune condamnation pour de telles atrocit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la r\u00e9pression, les femmes ont pris le pouvoir et ont d\u00fb passer cinq ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires (jusqu'\u00e0 ce que la derni\u00e8re personne soit lib\u00e9r\u00e9e de prison), au cours desquelles elles n'ont pas cess\u00e9 de r\u00e9clamer justice, de participer et de manifester activement dans tous les coins du pays et dans d'autres pays pour raconter ce qui leur \u00e9tait arriv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les images qui ont fait le tour du monde sont celles de femmes portant des chapeaux de paysannes, des machettes \u00e0 la main et des expressions de lassitude et de fatigue sur le visage. Les femmes ont fait la une de tous les m\u00e9dias et des r\u00e9seaux sociaux ; le leadership n'est pas revenu \u00e0 une seule d'entre elles, toutes ensemble, elles ont \u00e9t\u00e9 les porte-parole, unies, elles ont obtenu des changements et ont reconnu dans leurs actions la saveur de l'autonomisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l'indique Lagarde (2007), lorsque les formes d'oppression et de violence se concentrent ou augmentent dans la soci\u00e9t\u00e9, les femmes se retrouvent dans une situation de vuln\u00e9rabilit\u00e9, car elles sont pouss\u00e9es et forc\u00e9es par les circonstances \u00e0 agir en faisant preuve de courage, de caract\u00e8re, de d\u00e9vouement, d'ind\u00e9pendance et de sororit\u00e9. Dans de nombreux cas, l'importance sociale de l'intervention des femmes est rejet\u00e9e avec l'argument que les femmes devraient rester \u00e0 la maison, parce que l'ordre social, c'est-\u00e0-dire l'organisation de la vie sociale, est patriarcal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Il s'agit d'une construction solide de relations sociales, de pratiques et d'institutions (y compris celles de l'\u00c9tat) qui g\u00e9n\u00e8rent, pr\u00e9servent et reproduisent les pouvoirs de domination masculine (acc\u00e8s, privil\u00e8ges, hi\u00e9rarchies, monopoles, contr\u00f4le) sur les femmes, qui doivent \u00e9galement subir l'imposition de pouvoirs sociaux (sexuels, \u00e9conomiques, politiques, juridiques et culturels) (Lagarde, 2007 : 147).<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce panorama mondialis\u00e9, nous pouvons constater que l'image actuelle des femmes mexicaines a d\u00fb s'adapter \u00e0 chaque situation sociopolitique et culturelle, comme celle de n'importe quel membre de la soci\u00e9t\u00e9. Un retour sur les moments forts de l'histoire mexicaine nous permet d'entrevoir que la pr\u00e9sence des femmes a toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0, bien que l'histoire et les \u00e9v\u00e9nements de la vie ne les aient pas suffisamment mentionn\u00e9es ; les femmes ne se distinguent que lorsqu'elles ont d\u00fb montrer de quoi elles \u00e9taient capables.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre aspect qui est \u00e9galement rest\u00e9 dans l'ombre est la violence voil\u00e9e dont les femmes ont toujours \u00e9t\u00e9 victimes. Si l'on n'en parle pas assez, de nombreuses histoires risquent de rester invisibles, et ce n'est qu'en les cherchant qu'elles apparaissent au grand jour, comme ces derniers temps, par exemple, les statistiques sur les femmes viol\u00e9es, emprisonn\u00e9es et assassin\u00e9es ne sont pas faciles \u00e0 taire.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet article vise \u00e0 se concentrer sur l'identit\u00e9 des femmes mexicaines en tant que processus de construction sociale, dans lequel les changements historiques structurels, sociaux et \u00e9conomiques influencent l'identit\u00e9 de l'individu dans la sph\u00e8re micro-sociale en raison des ruptures du syst\u00e8me lui-m\u00eame, o\u00f9 l'\u00e9volution d'une identit\u00e9 positive et plus \u00e9quitable pour les femmes est consid\u00e9r\u00e9e ; pour cette raison, il est important de cr\u00e9er des pr\u00e9c\u00e9dents pour entrer dans des histoires plus complexes, qui, bien qu'elles ne soient pas la majorit\u00e9, sont un nombre important qui doit \u00eatre pris en compte.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Identit\u00e9, image de soi et r\u00f4le des femmes dans une perspective th\u00e9orique.<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Comme nous l'avons vu, la situation sociopolitique du pays a eu un impact particulier sur les femmes mexicaines, qui ont d\u00fb se transformer et s'adapter \u00e0 chaque situation historique. Pour approfondir le r\u00f4le, l'identit\u00e9 et l'image que les femmes mexicaines ont construits tout au long de leur vie, il est n\u00e9cessaire de contextualiser et de nuancer leur environnement, faute de quoi nous risquons de faire ce que le gouvernement a fait lorsqu'il a prononc\u00e9 des sentences : rendre la \"justice\" sans tenir compte du contexte qui entoure la situation de chaque d\u00e9tenu.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une perspective de genre, cette recherche opte pour une conception \u00e9pist\u00e9mologique qui aborde la r\u00e9alit\u00e9 sous l'angle du genre et de ses relations de pouvoir, et des in\u00e9galit\u00e9s qui se refl\u00e8tent dans tous les domaines de la culture, tels que le travail, la famille, la politique, les organisations, l'art, l'entreprise, la sant\u00e9, la science, la sexualit\u00e9, l'histoire, etc. (Gamba, 2008).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous comprenons le genre comme l'expression culturelle de ce qui est naturellement masculin ou f\u00e9minin et qui, par cons\u00e9quent, peut varier en fonction du temps et du lieu. L'utilit\u00e9 de la perspective de genre est large, comme on peut le constater tout au long de ce texte, car elle concerne non seulement la mani\u00e8re dont la symbolisation culturelle de la diff\u00e9rence sexuelle affecte les relations entre les hommes et les femmes, mais aussi la mani\u00e8re dont sont structur\u00e9s la politique, l'\u00e9conomie, le syst\u00e8me juridique, les institutions \u00e9tatiques, la vie priv\u00e9e, l'intimit\u00e9, les id\u00e9ologies, la science et d'autres syst\u00e8mes de connaissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9bat th\u00e9orique sur le genre a souvent abord\u00e9 la mani\u00e8re dont les identit\u00e9s de genre se construisent, se fixent ou se transforment en cours de route, sous l'influence du pouvoir ou des conflits par lesquels les individus incarnent, s'approprient, actualisent ou rejettent les r\u00f4les et les st\u00e9r\u00e9otypes l\u00e9gitim\u00e9s comme f\u00e9minins et masculins, comme dans le cas des femmes r\u00e9volutionnaires, des zapatistes, des femmes de 1968 et des femmes d'Atenco ; Il est donc important de tenir compte de cette perspective, car elle permet de sauver un aspect plus neutre de la vie sociale et de faire les distinctions n\u00e9cessaires sur ce qui arrive aux femmes aujourd'hui, mais pas \u00e0 toutes les femmes, mais \u00e0 celles qui sont en prison, dont l'importance n'a pas \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e avec suffisamment d'attention.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes dont le r\u00f4le est remis en question ont un probl\u00e8me, et nombre d'entre elles ont \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9es vers d'autres r\u00f4les par des situations contextuelles. Le probl\u00e8me survient lorsqu'elles sont interrog\u00e9es sur ce qu'on attend d'elles socialement, sans tenir compte des ressources ou des aspects contextuels. Elles ne tiennent pas compte de ce qui est devenu \u00e9vident au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, \u00e0 savoir qu'il n'existe pas de r\u00f4les f\u00e9minins universellement \"appropri\u00e9s\" pour toutes les femmes, mais que ceux-ci d\u00e9pendent de facteurs tels que la race et la classe sociale, facteurs qui, dans une soci\u00e9t\u00e9 patriarcale, affectent chaque femme diff\u00e9remment (Lagarde, 1998).<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque nous parlons de r\u00f4les, nous parlons de genre, de comportements, de diff\u00e9rences et d'acceptation collective, des termes qui convergent dans l'identit\u00e9 sociale en tant que partie de l'individu et qui sont d\u00e9riv\u00e9s de la connaissance de l'appartenance \u00e0 un groupe social ou \u00e0 des groupes, ainsi que de la signification \u00e9valuative et \u00e9motionnelle associ\u00e9e \u00e0 cette appartenance (Tajfel, 1981). En d'autres termes, comme le souligne Cirense :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">L'identit\u00e9 ne se r\u00e9duit pas \u00e0 un ensemble de donn\u00e9es objectives ; elle est plut\u00f4t le r\u00e9sultat d'une s\u00e9lection op\u00e9r\u00e9e subjectivement. C'est une reconnaissance de soi dans [...] quelque chose qui ne co\u00efncide peut-\u00eatre que partiellement avec ce que l'on est r\u00e9ellement. L'identit\u00e9 r\u00e9sulte de la transformation d'une donn\u00e9e en valeur. Elle n'est pas ce que l'on est r\u00e9ellement, mais l'image que l'on se donne (Cirense, 1987 : 13).<\/p>\n\n\n\n<p>L'identit\u00e9, dans le cas des femmes mexicaines, comme l'explique Marcela Lagarde, a \u00e9t\u00e9 construite et adapt\u00e9e \u00e0 chaque moment : \"[ce sont] les personnes soumises \u00e0 des formes particuli\u00e8res d'exploitation, d'oppression et de marginalisation qui, en recr\u00e9ant leurs propres histoires et identit\u00e9s, r\u00e9alisent la critique de la modernit\u00e9 et de sa promesse la plus pr\u00e9cieuse : le d\u00e9veloppement\" (Lagarde, 1999 : 6).<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, chaque sujet est le reflet de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il a v\u00e9cu \u00e0 trois niveaux : \"le niveau de la pens\u00e9e, des sentiments et du comportement. Chaque femme pense, ressent et agit en fonction de la mani\u00e8re dont le font ceux qui l'entourent et avec lesquels elle est en relation permanente\" (Lagarde, 1999 : 129).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous savons donc que derri\u00e8re chaque femme se cache un univers de sentiments, d'attachements, de coutumes, de traditions, d'emplois, d'activit\u00e9s, de r\u00f4les, de groupes de pr\u00e9f\u00e9rence, de pouvoirs, de sym\u00e9tries, d'acc\u00e8s, de religions, de connaissances, de loyaut\u00e9s, de communications, une myriade de choses et de raisons \u00e0 travers lesquelles elles \u00e9valuent leur monde, et dans cet univers, il y a peut-\u00eatre un sentiment qui, en apparence, peut sembler contradictoire, mais qui est le d\u00e9nominateur commun qui est apparu au cours du travail avec les femmes en prison : l'amour. Oui, l'amour est le sentiment qui les pousse \u00e0 commettre des d\u00e9lits : l'amour qu'elles ressentent pour leurs enfants, pour leur partenaire ou pour les personnes qui les poussent souvent \u00e0 enfreindre la loi. Nous expliquerons plus loin la contradiction de ce sentiment.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque les femmes entrent en prison, leur monde change, leur estime de soi est vuln\u00e9rable et leur image se ternit aux yeux de la soci\u00e9t\u00e9. Il n'est pas facile de travailler \u00e0 la reconstruction de l'image corporelle (physique) des femmes apr\u00e8s leur incarc\u00e9ration, car il faut d'abord faire une r\u00e9trospective de leur vie afin de se r\u00e9inventer, non seulement dans le processus de cr\u00e9ation de leur image actuelle, mais aussi dans le processus plus large de reconnaissance, d'identification et de reconstruction d'elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>L'objectif de cette \u00e9tude \u00e9tait que, par le biais de photographies, les femmes, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 de nombreuses ann\u00e9es sans se voir repr\u00e9sent\u00e9es, r\u00e9alisent une s\u00e9rie d'images afin de faire le point sur leur vie et de se projeter dans l'avenir. Cet objectif est expliqu\u00e9 plus en d\u00e9tail ci-dessous.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous partons du fait que l'image corporelle d\u00e9finie par Rodr\u00edguez est \"une photographie mentale que chaque individu a de l'apparence de son corps, ainsi que les attitudes et les sentiments relatifs \u00e0 cette image corporelle\" (Rodr\u00edguez, 2000 : 73) ; cependant, d'autres facteurs interviennent dans la construction d'une image de soi, c'est-\u00e0-dire que s'il est vrai que l'image corporelle part du biologique et du physique, d'autres d\u00e9tails permettent de transcender cette image, entre autres, l'image refl\u00e9tera la mani\u00e8re dont chaque individu se per\u00e7oit lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, l'image de soi est fondamentale dans notre vie, car elle d\u00e9termine en grande partie la mani\u00e8re dont nous nous rapportons \u00e0 nous-m\u00eames, aux autres, et la mani\u00e8re dont nous affrontons la vie. C'est pourquoi il est essentiel de travailler sur cette question avec les femmes, car pour beaucoup d'entre elles, la derni\u00e8re image dont elles se souviennent d'elles-m\u00eames est celle de la d\u00e9linquante qui est apparue dans les journaux ou avec laquelle leur dossier a \u00e9t\u00e9 ouvert en prison.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons donc que l'appr\u00e9ciation que chaque personne d\u00e9veloppe d\u00e9pend de l'image qu'elle a d'elle-m\u00eame. Il faut comprendre que chaque personne se construit (en fonction de son histoire personnelle) un id\u00e9al \u00e0 atteindre. L'image de soi peut \u00eatre proche ou \u00e9loign\u00e9e de cet id\u00e9al, ou prendre des directions tr\u00e8s diff\u00e9rentes : elle peut \u00eatre constructive pour le d\u00e9veloppement personnel ou destructive pour celui-ci (tous les id\u00e9aux construits par les individus n'ont pas de connotations positives ; ce peut \u00eatre le cas de personnes qui poursuivent des id\u00e9aux qui impliquent des risques pour leur propre int\u00e9grit\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, en fonction de la construction de l'image de soi, et donc en grande partie en fonction du contexte et d'une s\u00e9rie d'attachements (entre autres) survenus dans l'enfance et plus tard dans la jeunesse, chaque individu s'estimera plus ou moins, g\u00e9n\u00e9rant ainsi une s\u00e9rie d'actions, de pens\u00e9es et de sentiments qui ont un impact direct sur la plus ou moins grande vuln\u00e9rabilit\u00e9 de cet individu.<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, l'estime de soi n'est pas n\u00e9cessairement li\u00e9e \u00e0 ce que l'on est r\u00e9ellement, mais \u00e0 ce que l'on pense \u00eatre, et cela se construit tout au long de la vie. Les gens apprennent \u00e0 s'estimer et parviennent \u00e0 surmonter les moments difficiles avec suffisamment d'estime de soi pour r\u00e9pondre \u00e0 leurs besoins, se d\u00e9velopper et se construire une vie plus \u00e9panouissante.<\/p>\n\n\n\n<p>Souvent, cependant, certaines femmes d\u00e9tenues ont subi de telles violences que leur estime de soi s'en est trouv\u00e9e affect\u00e9e. Des retrouvailles qui leur permettent de s'accepter et de se respecter avec leurs qualit\u00e9s et leurs d\u00e9fauts et qui leur permettent d'essayer d'am\u00e9liorer et de changer ce qui peut l'\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La photographie comme interm\u00e9diaire<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Partant du lien entre image et estime de soi, l'id\u00e9e \u00e9tait de r\u00e9aliser un projet dont l'objectif serait bas\u00e9 sur la reconstruction de l'identit\u00e9, \u00e0 partir de l'exp\u00e9rience, et qui devrait r\u00e9pondre directement \u00e0 deux questions : qui suis-je, et qui suis-je par rapport \u00e0 l'autre ? Cependant, pour bien comprendre le processus, il ne suffit pas de reconna\u00eetre sa propre sp\u00e9cificit\u00e9 par rapport \u00e0 \"l'autre\". Il faut \u00e9tudier comment cette sp\u00e9cificit\u00e9 se construit et se recr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L'id\u00e9e centrale \u00e9tait de plonger dans le contexte de leur vie afin de d\u00e9m\u00ealer l'image qu'elles projettent, dans le but que lorsqu'elles se voient refl\u00e9t\u00e9es en prison, elles puissent se voir dans le miroir et reprendre cette image pour se projeter dans l'avenir. Afin d'approfondir cette question, nous avons propos\u00e9 un projet exp\u00e9rimental qui, au-del\u00e0 des entretiens, nous permettrait de d\u00e9couvrir comment les femmes se voient, mais pas comme n'importe quelles femmes, mais comme des femmes qui ont \u00e9t\u00e9 agress\u00e9es, emprisonn\u00e9es et victimis\u00e9es. Des femmes qui, peut-\u00eatre en cours de route, \u00e0 cause de circonstances \u00e9conomiques, sentimentales ou sociales, ont perdu leur essence, leur identit\u00e9 et, sans y penser, leur libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur cette base, le travail avec des photographies, la dramatisation et la narration nous permet de revenir \u00e0 leur vie, de r\u00e9fl\u00e9chir aux effets et au poids de leurs d\u00e9cisions sur eux et aux effets d'entra\u00eenement qu'elles g\u00e9n\u00e8rent, et de regarder l'avenir d'un \u0153il nouveau. Les voix et les images offrent une alternative importante tant dans le domaine de la photographie que dans celui de l'analyse et de la narration.<\/p>\n\n\n\n<p>Le processus de prise de photos dans l'environnement carc\u00e9ral est devenu une occasion de d\u00e9velopper des histoires personnelles et collectives qui avaient \u00e9t\u00e9 tues, ou plut\u00f4t racont\u00e9es en priv\u00e9 \u00e0 des avocats ou \u00e0 des juges qui, en fin de compte, ne prendraient en compte que les faits pour les juger.<\/p>\n\n\n\n<p>L'utilisation de la photographie dans ce projet nous a permis d'approfondir les histoires de vie de ces femmes, de visualiser certains probl\u00e8mes sociaux, de d\u00e9couvrir des dysfonctionnements familiaux et m\u00eame de provoquer une action sociale. \u00c0 l'instar de De Miguel et Ponce (1998), nous pensons que la photographie contribue de mani\u00e8re substantielle \u00e0 la construction de la r\u00e9alit\u00e9 sociale. L'image joue un r\u00f4le de plus en plus important dans l'id\u00e9e que les gens se font de la soci\u00e9t\u00e9, des r\u00f4les sociaux et des normes sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le sociologue Jes\u00fas M. de Miguel (1998), il existe trois types de photographies : la photographie de fen\u00eatre, la photographie de r\u00e8gle et la photographie de miroir. Les photographies \u00e0 fen\u00eatre repr\u00e9sentent la r\u00e9alit\u00e9 telle qu'elle est vue, c'est-\u00e0-dire que l'image reproduit fid\u00e8lement la r\u00e9alit\u00e9. Elles sont souvent utilis\u00e9es dans les affaires criminelles comme preuve ou pour montrer un beau paysage. Les photos de r\u00e8gle sont celles qui sont utilis\u00e9es dans la publicit\u00e9, celles qui sont produites \u00e0 partir d'un monde irr\u00e9el. Ces photos n'ont pas seulement un sens, elles en produisent aussi. Enfin, les photos miroirs projettent les sentiments du photographe \u00e0 l'\u00e9gard d'une r\u00e9alit\u00e9 sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les photos miroirs,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">le photographe tente de persuader le spectateur de quelque chose. Les miroirs sont utilis\u00e9s pour \u00e9tudier la nature humaine, les valeurs vitales des gens. La r\u00e9alit\u00e9 n'est pas aussi importante que ce qu'elle communique. Le miroir peut alors \u00eatre utilis\u00e9 comme mat\u00e9riau autobiographique, voire pour l'analyse psychanalytique d'une personne ou d'un groupe social (De Miguel, 1998 : 90).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cas, les femmes devaient construire une image miroir qui puisse refl\u00e9ter leurs sentiments. Le groupe, quant \u00e0 lui, devait non seulement regarder la photo mais aussi l'analyser attentivement et expliquer les sentiments qu'elle suscitait. Ce n'est pas la m\u00eame chose de regarder une photographie que de s'y arr\u00eater pendant plusieurs minutes ; on d\u00e9couvre alors d'autres significations, et lorsque les d\u00e9tails des photographies sont verbalis\u00e9s \u00e0 haute voix, l'image prend une autre dimension qui est souvent li\u00e9e \u00e0 l'\u00e9tat d'esprit, \u00e0 ce que la personne pense ou \u00e0 ce qu'elle vit \u00e0 ce moment-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Les images fig\u00e9es facilitent les processus d'exploration de nouveaux aspects de la personne, parfois ni\u00e9s, rel\u00e9gu\u00e9s dans un oubli \u00e9motionnel dont on ne conna\u00eet pas l'origine, somm\u00e9s de se retirer au profit d'une identit\u00e9 floue. Nous rejoignons Serrano lorsqu'il \u00e9voque le potentiel th\u00e9rapeutique des m\u00e9dias artistiques, dont la photographie : \" Nous consid\u00e9rons que ce potentiel, mis au service d'une relation th\u00e9rapeutique et d'un cadre d\u00e9fini par l'art-th\u00e9rapie, peut favoriser des processus de changement qui r\u00e9sonneront dans toutes les dimensions vitales de la personne \" (Serrano, 2014 : 158).<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, cette pause est tr\u00e8s longue, douloureuse et injuste et, du moins dans le cas du Mexique, elle n'est pas accompagn\u00e9e d'ateliers, de th\u00e9rapies, d'activit\u00e9s ou de cours qui permettent de r\u00e9ajuster les rancunes, les sentiments ou les \u00e9checs, ce qui contribue \u00e0 la reconstruction de l'identit\u00e9. Il est donc important de comprendre ce qu'il advient de l'identit\u00e9 de ces femmes qui, tout au long de leur vie, se sont consacr\u00e9es \u00e0 satisfaire l'image que les autres veulent voir, c'est-\u00e0-dire qu'elles se sont pr\u00e9occup\u00e9es de projeter une image d'elles-m\u00eames que seuls les autres veulent ou souhaitent voir, sans mettre en avant leurs propres sentiments, d\u00e9sirs ou besoins. C'est le cas des femmes qui, pour diverses raisons, sont en prison.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Description de l'atelier, th\u00e8mes, exemples et t\u00e9moignages<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il n'est pas facile d'acc\u00e9der au Centro de Readaptaci\u00f3n Femenil avec un projet exp\u00e9rimental qui explore l'int\u00e9rieur des prisonniers avec des techniques artistiques et des photographies. Bien qu'il ait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part de travailler avec l'accompagnement du d\u00e9partement de psychologie de la prison elle-m\u00eame, l'ouverture n'a jamais \u00e9t\u00e9 confortable, tout a toujours \u00e9t\u00e9 remis en question et surveill\u00e9. Peindre, sculpter, dessiner, faire <em>collage<\/em>Parler, parler, \u00e9crire est tol\u00e9r\u00e9, mais prendre des photos est un grand mot. Les photos doivent toujours \u00eatre prises ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9lection des participantes s'est faite sur une base volontaire. Vingt femmes \u00e2g\u00e9es de 23 \u00e0 50 ans ont particip\u00e9 \u00e0 ce projet, dont trois seulement ont d\u00e9cid\u00e9 de ne pas exposer leur travail et leurs t\u00e9moignages. Les d\u00e9lits pour lesquels les participantes ont \u00e9t\u00e9 poursuivies sont les suivants : 45% pour crime organis\u00e9, 35% pour vente de drogues ou de stup\u00e9fiants, 30% pour vol de maisons, de banques, de commerces ou de voitures, 10% pour parricide, 10% pour fraude, 5% pour homicide, 5% pour traite des femmes, 5% pour tentative d'homicide et 25% pour port d'arme \u00e0 l'usage exclusif de l'arm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les autres sont tomb\u00e9es enceintes tr\u00e8s jeunes (vers l'\u00e2ge de 16 ans, elles ont eu leur premier enfant), \u00e9taient des m\u00e8res c\u00e9libataires, n'avaient plus de relation avec leur partenaire ou avaient des enfants de p\u00e8res diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>Les caract\u00e9ristiques du groupe recueillies au cours des premiers mois de travail par le biais d'entretiens et d'enqu\u00eates nous ont donn\u00e9 une id\u00e9e du groupe auquel nous avions affaire. Pour cette recherche, lier la d\u00e9linquance \u00e0 la maternit\u00e9, au pass\u00e9 et au contexte social \u00e9tait d'une importance vitale ; nous avons d\u00e9couvert qu'environ 75% venaient de familles bris\u00e9es, que 82% avaient eu une enfance violente, que 93% n'avaient re\u00e7u aucune orientation sexuelle, morale ou \u00e9ducative dans leur vie, et que seulement 3% avaient re\u00e7u des visites \u00e0 la prison.<\/p>\n\n\n\n<p>En fouillant dans le pass\u00e9 de ces femmes, on d\u00e9couvre de nombreuses circonstances familiales, sociales, politiques, \u00e9conomiques et culturelles att\u00e9nuantes qui les ont pouss\u00e9es \u00e0 prendre des d\u00e9cisions irr\u00e9fl\u00e9chies, mais qui nous renseignent surtout sur l'\u00e9tat \u00e9motionnel dans lequel elles ont v\u00e9cu toute leur vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la premi\u00e8re fois, l'atelier a permis aux femmes de raconter leur histoire et leur intimit\u00e9 devant d'autres personnes sans se sentir jug\u00e9es. Elles ont d\u00e9couvert des limites, des convergences et des similitudes que, bien que vivant ensemble, elles n'avaient pas d\u00e9couvertes ; elles ont reconnu les absences et la pauvret\u00e9 affective qu'elles ont connues tout au long de leur vie et qui sont exacerb\u00e9es par l'isolement dans lequel elles vivent.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour qu'une personne puisse se r\u00e9ins\u00e9rer, elle doit d'abord prendre conscience de sa situation, des comportements inappropri\u00e9s, des limites \u00e0 ne pas franchir et de celles qu'elle doit conna\u00eetre pour \u00e9viter les transgressions envers elle-m\u00eame. Un atelier artistique est utile pour que les participants puissent se \"repenser\" et se projeter de mani\u00e8re plus int\u00e9gr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les discours g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la cr\u00e9ation artistique ou par la recherche bas\u00e9e sur l'art permettent de revoir \" l'imaginaire et d'acc\u00e9der \u00e0 l'univers symbolique de chaque individu. Ils permettent \u00e9galement \u00e0 la personne en situation d'exclusion sociale de prendre conscience de ses difficult\u00e9s, d'\u00e9laborer ses conflits et de s'engager sur la voie de l'autonomie \" (Moreno, 2010 : 2).<\/p>\n\n\n\n<p>La construction m\u00e9thodologique permet d'assembler des r\u00e9cits, des discours, des sentiments et des images <em>Entre les voix<\/em> a permis aux acteurs sociaux, en l'occurrence les femmes, de d\u00e9cider et d'affirmer leurs positions, puisque l'important est la communication. \"Il ne s'agit pas de dominer la m\u00eame r\u00e9alit\u00e9, ni d'avoir les m\u00eames connaissances, ni de se comporter de la m\u00eame mani\u00e8re, ni de faire la m\u00eame chose, mais simplement de savoir et de pouvoir transmettre ce que je suis et ce que je veux, ainsi que de savoir \u00e9couter et dialoguer\" (Corona, 2009 : 17).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette optique, nous avons propos\u00e9 d'aborder les aspects formels et techniques, ainsi que les aspects expressifs, qui leur permettraient d'explorer le sens esth\u00e9tique des \u0153uvres ou des productions, afin de renforcer l'imaginaire et d'encourager la capacit\u00e9 critique de chacun et la libre communication.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l'atelier, diff\u00e9rents artistes visuels ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 enseigner diff\u00e9rentes disciplines. Dans le domaine de la photographie, Aldo Ruiz Dom\u00ednguez et Natalia Fregoso Centeno ont particip\u00e9, tous deux ayant une carri\u00e8re exceptionnelle dans la photographie anthropologique et documentaire au niveau national et international. Leur exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante pour initier les femmes \u00e0 la litt\u00e9ratie visuelle, leur travail pouvant \u00eatre class\u00e9 dans la cat\u00e9gorie de la photographie miroir.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que le th\u00e8me central de l'atelier soit la photographie, au cours des six mois, nous avons fait appel \u00e0 d'autres techniques artistiques, telles que la peinture, la sculpture et les sculptures. <em>collage<\/em>Le voyage \u00e0 travers les diff\u00e9rentes expressions artistiques a permis aux femmes de se familiariser avec le monde de la communication visuelle. Le voyage \u00e0 travers les diff\u00e9rentes expressions artistiques les a initi\u00e9es au monde de la communication visuelle ; cela a permis de clarifier la cr\u00e9ation de photographies en miroir, de sorte que lorsqu'elles se sont vues, elles se sont non seulement reconnues, mais ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 en mesure d'inclure dans leurs images des \u00e9l\u00e9ments qui les ont aid\u00e9es \u00e0 communiquer leurs messages.<\/p>\n\n\n\n<p>La culture visuelle est d\u00e9finie par Hortin (1981) comme la capacit\u00e9 de comprendre et d'utiliser des images, y compris la capacit\u00e9 de penser, d'apprendre et de s'exprimer en termes d'images. Elle implique la capacit\u00e9 de d\u00e9coder et d'interpr\u00e9ter des messages visuels et d'encoder et de composer des communications visuelles significatives, c'est-\u00e0-dire de porter des jugements \u00e9valuatifs sur chaque lecture de la r\u00e9alit\u00e9 qui est pr\u00e9sent\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cours avaient lieu deux fois par semaine et nous n'avions le droit d'utiliser qu'une petite pi\u00e8ce dans la zone de soins ; un gardien \u00e9tait toujours pr\u00e9sent, de sorte que les \u00e9tudiants devaient faire preuve d'imagination et utiliser les quelques objets qu'ils avaient le droit d'avoir pour construire leurs photographies.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons abord\u00e9 trois th\u00e8mes principaux avec les d\u00e9tenus, en essayant de faire en sorte que dans chacun d'entre eux, ils puissent approfondir et lier leurs \u00e9motions autant que possible en utilisant des objets, des angles, des lumi\u00e8res et des expressions. Il convient de noter que les t\u00e9moignages pr\u00e9sent\u00e9s dans cet article ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s sous leur nom d'origine avec l'enti\u00e8re autorisation de l'auteur ; seul l'un d'entre eux a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 appara\u00eetre sous un pseudonyme.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Reconna\u00eetre et nommer<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Par le biais de divers exercices, nous avons \u00e9tabli un lien entre le soi et l'image que les d\u00e9tenus projettent. Ils ont re\u00e7u des instructions de base sur l'utilisation des cam\u00e9ras et ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 se repr\u00e9senter comme ils le souhaitaient, afin de cr\u00e9er une premi\u00e8re esquisse d'eux-m\u00eames. Au cours de l'exercice, les participants ont d'abord \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 choisir une image qui les repr\u00e9sentait, puis, en groupe, \u00e0 dire comment cette image \u00e9tait per\u00e7ue, quelles \u00e9motions elle suscitait en eux.<\/p>\n\n\n\n<p>L'id\u00e9e \u00e9tait de travailler avec les informations g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par le subconscient, car c'est \u00e0 partir de l\u00e0 que les participants peuvent se montrer tels qu'ils sont par rapport aux cha\u00eenes et aux personnes qui les entourent. L'objectif \u00e9tait qu'ils prennent conscience de leur pr\u00e9sent, de ce qui les soutient, afin de comprendre ce qu'ils peuvent r\u00e9soudre \u00e0 ce moment pr\u00e9cis. Leurs inqui\u00e9tudes ne doivent pas porter sur le pass\u00e9 ou l'avenir, car c'est quelque chose que l'on ne peut pas changer.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme c'\u00e9tait le premier exercice, il y avait beaucoup d'excitation ; les femmes \u00e9taient impatientes d'\u00eatre prises en photo et couraient dans tous les sens : elles prenaient des photos de fleurs, elles se jetaient par terre, elles faisaient de l'esprit. Normalement, ce genre de travail refl\u00e8te l'humeur et l'attitude de la personne qui le r\u00e9alise \u00e0 ce moment-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Les images \u00e9taient diverses, certaines photographi\u00e9es assises dans une pose m\u00e9ditative, adoss\u00e9es \u00e0 un arbre, tenant une fleur dans leurs mains, pointant vers le ciel ou simplement lisant ou \u00e9crivant. Mais en y regardant de plus pr\u00e8s, les compagnons ont pu trouver des dizaines de messages, d'expressions et de sentiments qu'une photographie particuli\u00e8re leur renvoyait et qui co\u00efncidaient avec l'humeur et la situation qu'ils vivaient.<\/p>\n\n\n\n<p>La photographie choisie par Marichuy est celle o\u00f9 elle appara\u00eet assise, les mains jointes, se tenant le visage et regardant l'appareil photo. En la pr\u00e9sentant, elle a expliqu\u00e9 qu'elle avait choisi cette photo parce qu'elle aimait son apparence. Ses coll\u00e8gues ont estim\u00e9 qu'il s'agissait d'une photo o\u00f9 elle avait l'air morte dans la vie, sans aucune expression. Bien qu'elle regarde l'appareil photo, ses pens\u00e9es semblent \u00eatre ailleurs. Elle finit par admettre : \"Je ne traverse pas une bonne p\u00e9riode, je suis en d\u00e9pression depuis des mois et je me suis inscrite \u00e0 l'atelier en qu\u00eate d'espoir. Je ne vois pas de fin \u00e0 cette peine et je ne pense pas pouvoir supporter les 35 ans qu'ils m'ont impos\u00e9s \" (M. Lomel\u00ed, communication personnelle, 19 f\u00e9vrier 2015).<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia601509.us.archive.org\/3\/items\/imagen-mujeres-penal-puente-grande-jalisco\/Marichuy.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2048x\u20061536\" data-index=\"0\" data-caption=\"Marichuy y Pera. Archivo Marichuy. Autor: Ileana Landeros. Ti\u0301tulo: Los pensamientos de Marichuy. 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An\u0303o 2016.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801509.us.archive.org\/3\/items\/imagen-mujeres-penal-puente-grande-jalisco\/Pera.JPG\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Marichuy et Pera. Archives de Marichuy. Auteur : Ileana Landeros. Titre : Los pensamientos de Marichuy. Ann\u00e9e 2016.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Archives Pera. Auteur : Ileana Landeros. Titre : \u00c1ngel y Demonio. Ann\u00e9e 2016.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Un autre cas est celui de Tere<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> (qui a demand\u00e9 l'anonymat en raison du crime dont elle est accus\u00e9e). Elle appara\u00eet derri\u00e8re un grillage, la moiti\u00e9 du visage couverte par ses cheveux, le regard dirig\u00e9 vers le sol et tenant une rose dans une main. Elle a expliqu\u00e9 qu'elle trouvait la photo tr\u00e8s belle, d'autant plus qu'elle n'avait jamais pos\u00e9 ainsi auparavant : \"comme tr\u00e8s romantique\". Ses camarades de classe ont dit que la photo leur faisait penser \u00e0 quelqu'un qui avait un d\u00e9doublement de personnalit\u00e9, une moiti\u00e9 ressemblant \u00e0 une femme tr\u00e8s jolie et gentille, et l'autre \u00e0 un \u00eatre plus sombre et effrayant. Ces commentaires ne lui ont pas plu et il lui a fallu quelques minutes pour retrouver sa voix ; lorsqu'elle l'a retrouv\u00e9e, elle a expliqu\u00e9 : \"Oui, j'ai deux personnalit\u00e9s, j'ai fait des choses tr\u00e8s horribles, dont je ne suis pas fi\u00e8re et je m\u00e9rite peut-\u00eatre d'\u00eatre ici, mais au fond, je suis bonne et je veux toujours \u00eatre bonne, plus que tout pour mes filles\" (Tere, communication personnelle, 5 mars 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis son enfance, l'environnement imm\u00e9diat de Tere est le crime organis\u00e9. Elle est issue d'une famille de <em>capos<\/em> o\u00f9 ses oncles, ses fr\u00e8res, ses cousins et son p\u00e8re sont les seuls points de r\u00e9f\u00e9rence qu'elle a comme mod\u00e8les ; inutile de dire qu'elle a \u00e9t\u00e9 victime de la violence contextuelle qui l'entoure depuis sa naissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pourrions analyser le comportement de Tere \u00e0 travers le prisme de la th\u00e9orie comportementale de Ronald Akers (1968), qui sugg\u00e8re que le comportement criminel, comme tout autre comportement, est fa\u00e7onn\u00e9 par les stimuli ou les r\u00e9actions des autres \u00e0 ce type de comportement. Dans le cas pr\u00e9sent, Tere rapporte elle-m\u00eame que le renforcement positif et n\u00e9gatif provenait de l'influence la plus puissante : les pairs et la famille.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Objets et contexte<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'objectif de cette pratique \u00e9tait de leur permettre de commencer \u00e0 se retrouver. Reconna\u00eetre que des choses d\u00e9cisives se sont produites dans leur vie, qu'ils ont eu des r\u00e9sultats et des pertes, et que l'important est de commencer \u00e0 travailler pour construire un avenir diff\u00e9rent et retrouver l'essence (parfois l'enfermement, la tristesse, la d\u00e9pression et la solitude les isolent de leurs souvenirs et de leurs forces) qui fait d'eux des \u00eatres humains.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pratique a oblig\u00e9 les femmes \u00e0 se cr\u00e9er des souvenirs. Bien que plusieurs exercices aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s, le plus important consistait \u00e0 faire le portrait de leurs biens et \u00e0 \u00e9tablir une relation entre leurs biens et leur environnement, c'est-\u00e0-dire que chaque objet devait les renvoyer \u00e0 un contact, un \u00e9v\u00e9nement ou une personne qui fait ou a fait partie de leur vie. Ils \u00e9taient libres de faire une composition dans laquelle ils expliquaient pourquoi il valait la peine de prendre une photo et pourquoi il \u00e9tait important de la conserver parmi leurs affaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes ont eu du mal \u00e0 se confier et \u00e0 reconna\u00eetre les relations n\u00e9fastes qu'elles entretiennent simplement en regardant un num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone. Certains objets leur ont rappel\u00e9 la pr\u00e9sence agr\u00e9able des visites familiales, qu'elles ont qualifi\u00e9es de visites honn\u00eates et sinc\u00e8res, car elles ont convenu que tr\u00e8s peu de personnes restent \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s lorsqu'elles sont en prison.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu'il s'est agi d'attribuer une signification aux objets repr\u00e9sent\u00e9s, certains ont fait preuve d'une grande rigueur, beaucoup d'entre eux ont pu verbaliser avec aisance, tandis que d'autres ont trouv\u00e9 le processus difficile. Eli, par exemple, \u00e9tait capable de nommer, d'identifier, de se souvenir et d'expliquer la signification de chaque objet. Mais lorsqu'elle a d\u00fb expliquer le miroir et sa relation avec son sac \u00e0 main, elle a commenc\u00e9 par dire que c'\u00e9tait un objet qu'elle n'utilisait jamais. Eli n'\u00e9tait pas pr\u00eate \u00e0 se voir dans le miroir et a fondu en larmes en disant : \"Je ne peux pas me voir ; tout est tr\u00e8s significatif et je ne peux pas voir mon visage dans un miroir. Les miroirs me rappellent les choses que j'ai faites de travers et les personnes que j'ai bless\u00e9es dans ma vie\" (E. Padilla Muro, communication personnelle, 26 mai 2015).<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801509.us.archive.org\/3\/items\/imagen-mujeres-penal-puente-grande-jalisco\/Cosas%20de%20Eli.JPG\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2048x1536\" data-index=\"0\" data-caption=\"Archivo Eli. Autor: Adriana B. Ti\u0301tulo: Mis cosas. An\u0303o: 2016.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801509.us.archive.org\/3\/items\/imagen-mujeres-penal-puente-grande-jalisco\/Cosas%20de%20Eli.JPG\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801509.us.archive.org\/3\/items\/imagen-mujeres-penal-puente-grande-jalisco\/Bolso%20Domerica.JPG\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3872x2592\" data-index=\"0\" data-caption=\"Archivo Dome\u0301rica. Autor: Socorrito. Ti\u0301tulo: Ahi\u0301 esta mi vida. An\u0303o: 2016.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801509.us.archive.org\/3\/items\/imagen-mujeres-penal-puente-grande-jalisco\/Bolso%20Domerica.JPG\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Eli Archive. Auteur : Adriana B. Titre : My things. Ann\u00e9e : 2016.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Archive Dom\u00e9rica. Auteur : Socorrito. Titre : Ah\u00ed esta mi vida. Ann\u00e9e : 2016.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Dom\u00e9rica, quant \u00e0 elle, n'avait que tr\u00e8s peu d'affaires ; malgr\u00e9 cela, elle a fait le portrait de son sac peint \u00e0 la main et a d\u00e9clar\u00e9 que ce sac contenait un dessin qui r\u00e9sumait sa vie : \"Les roses sont mes enfants, l'horloge le temps qu'il me reste pour \u00eatre ici. La t\u00eate de mort, les \u00e9toiles et les d\u00e9s sont mon destin, c'est le hasard, ce que la vie me r\u00e9serve, ce que le destin me r\u00e9serve. Mais je suis s\u00fbre d'une chose : je ne veux plus jamais revenir ici, et je ne veux plus jamais \u00eatre s\u00e9par\u00e9e de mes enfants \" (D. L\u00f3pez, communication personnelle, 17 juin 2015).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Projections<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La photographie \u00e9tait la porte qui leur permettait de se reconstruire, de se visualiser dans le futur, de se reconna\u00eetre tels qu'ils sont et de d\u00e9finir comment ils veulent appara\u00eetre. Pour cette pratique, les d\u00e9tenus ont utilis\u00e9 leurs quelques objets personnels, ainsi que l'espace limit\u00e9 mis \u00e0 leur disposition, les photographies \u00e9tant strictement interdites \u00e0 l'int\u00e9rieur du centre de r\u00e9insertion. Pour les participants, le simple fait de se revoir en images apr\u00e8s quelques ann\u00e9es les a motiv\u00e9s \u00e0 se repenser ; c'\u00e9tait le coup de pouce dont ils avaient besoin pour stimuler leur cr\u00e9ativit\u00e9 et imaginer une vie en dehors de la prison.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un long parcours de sentiments et de confrontations avec elles-m\u00eames, l'atelier a permis aux femmes de nommer leurs douleurs, leurs lacunes et leurs ressentiments. Ce fut comme une secousse avec laquelle elles ont finalement analys\u00e9 tout ce qu'elles portaient et il \u00e9tait temps de d\u00e9cider de ce qu'il leur restait pour avancer dans leur vie. L'un des derniers exercices consistait \u00e0 imprimer cinq photographies qu'ils avaient pr\u00e9alablement choisies et qu'ils devaient placer \u00e0 leur guise sur une feuille de papier rigide, comme une sorte de \"carte de visite\". <em>collage<\/em>. Le message \u00e9tait qu'ils devaient se reconstruire et se reconna\u00eetre dans cette <em>collage<\/em> photographique ; ils pouvaient le gratter, le peindre, le d\u00e9couper, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les cas \u00e9taient frappants. Par leurs styles diff\u00e9rents, par leurs images et leurs r\u00e9flexions finales, nous avons pu voir que l'espoir et les r\u00eaves refont surface. Par exemple dans le cas de Marichuy, accus\u00e9e de parricide et condamn\u00e9e \u00e0 35 ans de prison. Son travail \u00e9tait une r\u00e9trospective qui, comme elle le dit, montre avec plus de certitude que jamais qu'elle est innocente, dit-elle :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Pendant ces huit ann\u00e9es, j'ai \u00e9t\u00e9 en col\u00e8re \u00e0 cause de l'injustice, parce qu'il n'y a pas eu de bonne enqu\u00eate et parce que je n'avais pas d'argent pour engager un bon avocat. Mais maintenant, je comprends que ma vie n'est pas finie. Le voyage de ma vie (tout au long de l'atelier) m'a confort\u00e9 plus que jamais dans l'id\u00e9e que je n'\u00e9tais pas en tort, que c'\u00e9tait un accident, et que ce que je vis ici n'est que temporaire (M. Lomel\u00ed, communication personnelle, 26 juillet 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Le site <em>collage<\/em> montre des photographies de ses effets personnels sur l'herbe, et un seul pied pos\u00e9 sur le sol, son visage souriant, ses mains caressant un bouton de rose, et explique : \" Bien que mon corps soit ici, mes pens\u00e9es, mon amour et mes r\u00eaves appartiennent \u00e0 un autre monde, un monde dans lequel je n'abandonne pas \" (M. Lomel\u00ed, communication personnelle, 26 juin 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre cas est celui de Samantha qui, tout au long de l'atelier, s'est montr\u00e9e herm\u00e9tique et peu expressive ; cependant, sa composition \u00e9tait un voyage d'images tr\u00e8s r\u00e9fl\u00e9chies et soigneusement ordonn\u00e9es (presque toutes en noir et blanc). La seule chose que je puisse dire, c'est que j'ai fait une b\u00eatise. J'esp\u00e8re seulement avoir une seconde chance d'utiliser toute mon intelligence pour terminer un doctorat. Je n'ai jamais pens\u00e9 que je finirais au Mexique et dans un endroit comme celui-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cas, il est important de dire que l'absence de couleurs dans ses photographies et compositions refl\u00e8te \u00e9galement son \u00e9tat \u00e9motionnel. En photographie, elle a sp\u00e9cifiquement d\u00e9cid\u00e9 de n'utiliser que le noir et blanc, car c'est ainsi qu'elle voyait sa vie : \" Il n'y a pas de couleurs parce qu'en ce moment, ma vie est sombre, comme lorsque le ciel est nuageux. Les couleurs ne sont pas les m\u00eames quand le soleil brille\" (S. Smith, communication personnelle, 26 juin 2015).<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia601509.us.archive.org\/3\/items\/imagen-mujeres-penal-puente-grande-jalisco\/Marichuy%202.JPG\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"2048x1536\" data-index=\"0\" data-caption=\"Archivo Marichuy 2. Autor: Ileana Landeros. Ti\u0301tulo: Libre. An\u0303o: 2016\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia601509.us.archive.org\/3\/items\/imagen-mujeres-penal-puente-grande-jalisco\/Marichuy%202.JPG\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801509.us.archive.org\/3\/items\/imagen-mujeres-penal-puente-grande-jalisco\/Samantha.JPG\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1920\u2006\u00d7\u20061080\" data-index=\"0\" data-caption=\"Archivo Samantha. Autor: Margie Novelo. Ti\u0301tulo: Mi pasio\u0301n. An\u0303o: 2016\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801509.us.archive.org\/3\/items\/imagen-mujeres-penal-puente-grande-jalisco\/Samantha.JPG\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Archivo Marichuy 2 Auteur : Ileana Landeros. Titre : Libre. Ann\u00e9e : 2016<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Archives Samantha. Auteur : Margie Novelo. Titre : Mi pasi\u00f3n. Ann\u00e9e : 2016<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Lier la photographie \u00e0 la prise de d\u00e9cision personnelle est un pas vers la capacit\u00e9 des femmes \u00e0 s'imaginer vivre de mani\u00e8re autonome et socialement int\u00e9gr\u00e9e. Nous d\u00e9couvrons \u00e0 travers cette pratique qu'il leur est possible de se projeter dans l'avenir comme s'il s'agissait d'un but, et donc d'orienter leurs aspirations vers celui-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>Les discours visuels accompagn\u00e9s d'une th\u00e9rapie ad\u00e9quate peuvent \u00eatre une alternative pour repenser la r\u00e9insertion r\u00e9ussie des femmes. Le sport, les c\u00e9r\u00e9monies religieuses et les loisirs occasionnels auxquels les femmes ont acc\u00e8s ne sont pas une option, car ils ne font que rendre la vie en prison supportable pour elles, mais ne leur fournissent pas d'autres outils pour repenser leur vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pseudo-ateliers (principalement de couture) dans lesquels travaillent les femmes, que les autorit\u00e9s p\u00e9nitentiaires d\u00e9finissent comme une \"th\u00e9rapie occupationnelle\", comme l'explique A\u00edda Hern\u00e1ndez (n\/d), ne sont rien d'autre qu'une nouvelle alternative d'exploitation l\u00e9gale \u00e0 l'int\u00e9rieur de la prison, qui est loin d'\u00eatre une strat\u00e9gie de r\u00e9adaptation ; au contraire, cela leur lie les mains, car elles n'ont pas d'autre alternative de r\u00e9mun\u00e9ration, et au lieu de cela, elles doivent continuer \u00e0 envoyer de l'argent \u00e0 leurs foyers et \u00e0 payer leurs d\u00e9penses \u00e0 l'int\u00e9rieur de la prison.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour certaines de ces femmes, la vie en prison n'est pas pire qu'\u00e0 l'ext\u00e9rieur ; certaines ont avou\u00e9 qu'au moins \u00e0 l'int\u00e9rieur de la prison, elles se sentaient en s\u00e9curit\u00e9 et en paix :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Il est plus difficile de survivre \u00e0 l'ext\u00e9rieur, lorsque vous \u00eates une m\u00e8re c\u00e9libataire, il y a toujours des hommes qui vous harc\u00e8lent, et ma vie depuis que j'ai 9 ans \u00e9tait comme \u00e7a, je devais me d\u00e9fendre contre les hommes qui voulaient abuser de moi, et j'\u00e9tais toujours inqui\u00e8te de savoir comment subvenir aux besoins de mes enfants ; au moins maintenant, m\u00eame si c'est peu, mais je les envoie (M. Novelo, communication personnelle, 2 juin 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce t\u00e9moignage, l'un des derniers que nous ayons recueillis, d\u00e9crit le stress et la violence subis par ce groupe de femmes d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge ; nous avons \u00e9galement d\u00e9couvert que depuis leur arrestation et pendant leur proc\u00e9dure judiciaire, la violence n'a cess\u00e9 que lorsqu'elles ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 la prison pour femmes, o\u00f9 elles ont pu trouver un havre de paix.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L'image des femmes en prison<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">D\u00e9finir l'image des femmes mexicaines en g\u00e9n\u00e9ral est une grande responsabilit\u00e9, car il existe une grande vari\u00e9t\u00e9 de nuances. Pour les d\u00e9finir, il faudrait tenir compte de la situation contextuelle \u00e0 laquelle elles sont soumises, de l'endroit o\u00f9 elles vivent, de leurs racines, de leur \u00e9conomie, de la couleur de leur peau, de leur niveau socio-\u00e9conomique et de leur \u00e9ducation scolaire, pour ne citer que quelques points.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque nous parlons de l'image des femmes mexicaines, nous trouvons des similitudes et des convergences qui r\u00e9v\u00e8lent un cadre contextuel pitoyable et discriminatoire. La participation des femmes \u00e0 diff\u00e9rents moments de l'histoire est n\u00e9e de mouvements g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la violence, la non-conformit\u00e9 et la r\u00e9pression. Leur pr\u00e9sence n'a \u00e9t\u00e9 prise en compte que lorsqu'elles ont d\u00fb lever la voix, les poings, les machettes et les fusils pour faire valoir leurs droits.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes r\u00e9volutionnaires, les participantes au mouvement de 1968, les zapatistes et les femmes d'Atenco ont un d\u00e9nominateur commun qui les a unies et leur a donn\u00e9 une place dans l'histoire : la \"justice forc\u00e9e\". Leur participation, souvent sanglante, a \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9e par l'\u00c9tat ; c'est l'\u00c9tat qui a exerc\u00e9 une force brutale contre eux lors de ces \u00e9v\u00e9nements. C'est l'\u00c9tat qui a discrimin\u00e9 et assujetti les femmes alors qu'il est cens\u00e9 leur apporter facilit\u00e9s, \u00e9quit\u00e9 et protection.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce cadre sert ensuite \u00e0 analyser l'image des femmes en prison. Comme nous l'avons d\u00e9crit dans les paragraphes pr\u00e9c\u00e9dents, la plupart de ces femmes sont en rupture sociale ; il s'agit de femmes qui repr\u00e9sentent le maillon le plus faible de la cha\u00eene sociale criminelle. Elles sont constamment victimes de violences et victimes d'un syst\u00e8me judiciaire aberrant, produit d'un syst\u00e8me \u00e9conomique injuste.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne pouvons pas g\u00e9n\u00e9raliser en disant que toutes les femmes au Mexique sont victimes de violence, mais nous devons reconna\u00eetre qu'un grand nombre d'entre elles, qui r\u00e9pondent \u00e0 certaines caract\u00e9ristiques, sont aujourd'hui des histoires r\u00e9elles qui nous explosent \u00e0 la figure et nous am\u00e8nent ironiquement \u00e0 nous demander pourquoi l'augmentation du nombre de femmes en prison, alors que la vraie question devrait \u00eatre de savoir ce qui se passe dans la soci\u00e9t\u00e9 et ce que le gouvernement, les institutions et tous les organes qui la composent font pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 et l'\u00e9galit\u00e9 des chances pour les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut scruter l'image que chacun de nous projette de lui-m\u00eame pour se rendre compte que l'image des femmes en prison n'est rien d'autre que le reflet du grand miroir de notre soci\u00e9t\u00e9. D\u00e9couvrir les vraies histoires \u00e0 travers une photographie permet de comprendre qu'au-del\u00e0 d'une pose, il y a des non-conformit\u00e9s non r\u00e9solues, des r\u00f4les alt\u00e9r\u00e9s et des identit\u00e9s qui se chevauchent.<\/p>\n\n\n\n<p>L'image que la soci\u00e9t\u00e9 conna\u00eet et reconna\u00eet des femmes en prison est peut-\u00eatre celle qui est apparue dans les m\u00e9dias o\u00f9 elles sont pr\u00e9sent\u00e9es comme pr\u00e9tendument coupables ; ces photographies ne sont pas si diff\u00e9rentes des images dont nous nous souvenons des femmes qui ont particip\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rents mouvements. \u00c0 l'\u00e9poque, elles ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 jug\u00e9es, il a fallu s'efforcer de d\u00e9m\u00ealer le contexte et de leur donner une r\u00e9alit\u00e9 et une place dans l'histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Construire, d\u00e9construire et reconstruire une image comporte de nombreux aspects et, dans tous les cas, les pr\u00e9jug\u00e9s ou st\u00e9r\u00e9otypes li\u00e9s au genre sont les plus vuln\u00e9rables, car nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 patriarcale. \u00c0 partir de cette approche, nous supposons qu'il est essentiel de comprendre les positions d\u00e9favorables dans lesquelles les femmes commettent les crimes qui les condamnent \u00e0 passer de longues p\u00e9riodes de temps ou le reste de leur vie en prison.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re image que les femmes d\u00e9tenues se rappelaient d'elles-m\u00eames \u00e9tait celle des dossiers juridiques dans lesquels elles \u00e9taient enregistr\u00e9es en tant que criminelles ; si nous comparons ces photographies avec les images qu'elles ont elles-m\u00eames prises, nous remarquerons de grandes diff\u00e9rences. Les photographies prises par le syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire sont celles que la soci\u00e9t\u00e9 voit et juge, tandis que celles qu'elles ont construites \u00e0 l'int\u00e9rieur de la prison sont celles qui leur donnent de l'espoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes de la r\u00e9volution se sont battues aux c\u00f4t\u00e9s de leurs hommes par amour pour eux et pour leur pays. Les sympathisantes du mouvement de 1968 \u00e9taient des camarades, des s\u0153urs, des m\u00e8res et des \u00e9pouses qui, par amour, ont cherch\u00e9 et demand\u00e9 justice pour le massacre des jeunes de Tlatelolco. Les zapatistes ont su exiger, par amour, au bon moment, leurs droits au m\u00eame titre que les hommes avec lesquels ils sont all\u00e9s au coude \u00e0 coude pour semer, combattre et vivre. Et les m\u00e8res, les \u00e9pouses, les s\u0153urs et les centaines de femmes sympathisantes du peuple d'Atenco ont exig\u00e9 par amour la libert\u00e9 et la fin des pers\u00e9cutions d'un gouvernement indolent. Les femmes en prison, par amour, ont permis et accept\u00e9 de commettre des actes ill\u00e9gaux, la plupart du temps pour tenter de r\u00e9soudre rapidement des probl\u00e8mes \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Rappelons que l'objectif de cette recherche \u00e9tait que les participants puissent reconstruire leur identit\u00e9 et la relier \u00e0 l'environnement violent dans lequel ils ont grandi, et ainsi se projeter dans l'avenir ; or, retrouver son identit\u00e9 n'est pas chose ais\u00e9e, il s'agit de reconstruire l'estime de soi, de s'aimer \u00e0 nouveau, de reconna\u00eetre ce que l'on a fait de bien dans sa vie et ce que l'on a fait de mal, les limites que l'on a transgress\u00e9es et les raisons de ces transgressions.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce sens, nous reconnaissons que la photographie a favoris\u00e9 le travail de reconstruction de l'image des femmes en prison, car elle a favoris\u00e9 l'\u00e9mergence de l'estime de soi, a renouvel\u00e9 la participation de l'\u00e9quipe et les connaissances techniques ont \u00e9veill\u00e9 la conscience critique. Cette \u00e9tude ne nous permet pas d'affirmer que ces \u00e9l\u00e9ments ont \u00e9merg\u00e9 uniquement gr\u00e2ce \u00e0 cette m\u00e9thodologie, mais nous pensons que la prise d'images photographiques permet de transmettre une situation d'injustice au reste de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La prise de photos (choix des lieux, composition des \u00e9l\u00e9ments, cadrage, etc.) et la cr\u00e9ation de l'image elle-m\u00eame ont stimul\u00e9 des souvenirs ainsi que des conversations qui ont permis une nouvelle construction du sens vers lequel les femmes orientent leur vie, ce qui est important pour les personnes en g\u00e9n\u00e9ral, mais surtout pour les personnes qui traversent ou ont travers\u00e9 des moments de rupture sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les femmes en prison, reconstruire leur image, c'\u00e9tait red\u00e9couvrir leur essence, retrouver leur m\u00e9moire, comprendre qu'elles sont confront\u00e9es \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 un syst\u00e8me indolents o\u00f9 la situation \u00e9conomique est pressante et o\u00f9 il n'y a pas d'autre alternative que de se battre comme l'ont fait les femmes soldats pour reconna\u00eetre un pays libre, ou comme les femmes de 1968 pour obtenir l'\u00e9galit\u00e9 des droits, ou comme les zapatistes qui, \u00e0 partir de leurs racines et de leurs traditions, veulent une coexistence \u00e9galitaire, ou comme les femmes d'Atenco qui, en plus de lutter pour que leur terre ne leur soit pas enlev\u00e9e, ont emp\u00each\u00e9 qu'on leur enl\u00e8ve la s\u00e9curit\u00e9 d'une famille construite et enracin\u00e9e dans les traditions de cette ville. Les femmes en prison luttent pour une justice contextualis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cas, les images et l'accompagnement ont montr\u00e9 la possibilit\u00e9 de revoir leur vie d'un autre point de vue, o\u00f9 la r\u00e9int\u00e9gration est consid\u00e9r\u00e9e comme une r\u00e9ussite, \u00e0 condition qu'il y ait une conscience claire de ce qu'ils ont fait de mal par leur propre d\u00e9cision. Nous pensons que ce projet exp\u00e9rimental peut fonctionner, car il ne s'agit pas d'une alternative professionnelle, mais d'une excuse pour revoir et repenser s\u00e9rieusement ce qu'elles veulent faire de leur vie. Les femmes qui ont particip\u00e9 \u00e0 cet atelier ont des connaissances visuelles, de sorte que les images seront toujours un rappel pour leur donner de l'espoir ou leur montrer ce qu'elles peuvent corriger.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Burgess, Robert y R. 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Cambridge: Cambridge University Press.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le r\u00f4le que jouent les femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle est le r\u00e9sultat d'une assignation ancestrale ; cependant, ce r\u00f4le est de plus en plus remis en question par les femmes elles-m\u00eames, et il semble que plus il est remis en question, plus la violence est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e \u00e0 leur encontre, les pla\u00e7ant dans une situation o\u00f9 elles oscillent entre \u00eatre victimes et auteurs. Il s'agit d'un projet qui s'int\u00e9resse \u00e0 la construction de l'identit\u00e9 f\u00e9minine \u00e0 travers des photographies de femmes ayant subi diverses formes de violence ; il s'agit d'une proposition exp\u00e9rimentale men\u00e9e avec les d\u00e9tenues du centre de r\u00e9habilitation pour femmes de Puente Grande, \u00e0 Jalisco (Mexique), dans le but de permettre aux participantes de reconstruire leur identit\u00e9 et de la relier \u00e0 l'environnement violent dans lequel elles ont grandi. 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