{"id":30536,"date":"2018-09-21T13:16:53","date_gmt":"2018-09-21T13:16:53","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=30536"},"modified":"2023-11-17T19:07:06","modified_gmt":"2023-11-18T01:07:06","slug":"fotografia-antropologia-mexico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/fotografia-antropologia-mexico\/","title":{"rendered":"Trois instantan\u00e9s de la relation entre la photographie scientifique et l'anthropologie au Mexique"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article pr\u00e9sente une vue d'ensemble de l'utilisation de la photographie comme ressource m\u00e9thodologique dans le travail scientifique de l'anthropologie mexicaine. Il couvre la p\u00e9riode allant de 1840 \u00e0 nos jours, en mettant l'accent sur trois p\u00e9riodes. Dans la premi\u00e8re, il est indiqu\u00e9 comment les premiers photographes itin\u00e9rants qui sont arriv\u00e9s dans le pays ont \u00e9tabli une relation avec l'anthropologie. Dans la deuxi\u00e8me, trois projets qui ont abouti aux premi\u00e8res cartes ethnographiques de la population indig\u00e8ne du Mexique sont pass\u00e9s en revue. La troisi\u00e8me partie mentionne quelques recherches du XXIe si\u00e8cle qui examinent et critiquent les multiples nuances et formes que cette relation a adopt\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/antropologia\/\" rel=\"tag\">Anthropologie<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/fotografia\/\" rel=\"tag\">photographie<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/investigacion\/\" rel=\"tag\">recherche<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/metodologia\/\" rel=\"tag\">m\u00e9thodologie<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/practicas-cientificas\/\" rel=\"tag\">pratiques scientifiques<\/a><\/p>\n\n\n<p class=\"en-title\">Trois instantan\u00e9s de la relation entre la photographie scientifique et l'anthropologie au Mexique<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Cet article pr\u00e9sente une vue d'ensemble de l'utilisation de la photographie comme ressource m\u00e9thodologique pour le travail scientifique en anthropologie mexicaine. Trois p\u00e9riodes allant des ann\u00e9es 1840 \u00e0 nos jours sont mises en \u00e9vidence. Une premi\u00e8re section examine comment les premiers photographes itin\u00e9rants venus au Mexique ont cr\u00e9\u00e9 un lien avec l'anthropologie. La deuxi\u00e8me section passe en revue trois projets qui ont abouti aux premi\u00e8res cartes ethnographiques des populations indig\u00e8nes du Mexique. La troisi\u00e8me section porte sur les recherches du XXIe si\u00e8cle qui examinent et critiquent les multiples formes et nuances que cette relation a prises.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots cl\u00e9s : Photographie, anthropologie, m\u00e9thodologie, recherche, pratiques scientifiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9sentation<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\"><span class=\"dropcap\">Cet article est issu des recherches que j'ai men\u00e9es dans le cadre de ma th\u00e8se de doctorat.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\" target=\"_self\">1<\/a> Dans cette th\u00e8se, j'ai cherch\u00e9 \u00e0 rendre compte des utilisations m\u00e9thodologiques de la photographie dans la recherche scientifique dans certains domaines des sciences sociales et humaines au Mexique. Pour construire la recherche, j'ai \u00e9tabli un aper\u00e7u historique de la relation entre la photographie, comprise comme un outil scientifique, et les sciences sociales et humaines dans notre pays, en plus de passer en revue les travaux publi\u00e9s dans les disciplines s\u00e9lectionn\u00e9es qui indiquent express\u00e9ment l'utilisation m\u00e9thodologique de la photographie. En d'autres termes, ni dans la th\u00e8se ni dans cet article, je n'ai inclus des travaux purement photographiques ou des publications de nature essayiste sur les relations avec la photographie ou l'image en g\u00e9n\u00e9ral, mais ceux qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l'utilisation de la photographie scientifique ou \u00e0 l'utilisation scientifique de la photographie et des disciplines \u00e9tudi\u00e9es, dans le cas de cet article, l'anthropologie.<\/p>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9crirai maintenant trois p\u00e9riodes que je consid\u00e8re pertinentes pour expliquer, sous la forme d'un sch\u00e9ma historique, les caract\u00e9ristiques de la liaison, de la compr\u00e9hension et de l'utilisation de la photographie (scientifique ou \u00e0 des fins scientifiques) dans l'anthropologie mexicaine, depuis ses origines pr\u00e9scientifiques jusqu'aux explorations critiques contemporaines ou aux r\u00e9visions r\u00e9centes de ces premiers travaux d'aventuriers ou d'artistes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le lien anthropologie-photographie au Mexique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">La relation entre l'anthropologie et la photographie est aussi ancienne que l'\u00e9mergence de cette technique. D\u00e8s sa pr\u00e9sentation \u00e0 l'Acad\u00e9mie des sciences de Paris, l'un des avantages mis en avant \u00e9tait son potentiel en tant qu'outil d'accompagnement scientifique, qui s'est d\u00e9velopp\u00e9 depuis son invention.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers travaux de renomm\u00e9e mondiale utilisant la photographie dans les sciences sociales sont les recherches de Franz Boas, Margaret Mead et Gregory Bateson. Plus tard, la contribution m\u00e9thodologique de John Collier (1986) rappelle et attire l'attention sur la photographie en tant que ressource \u00e9l\u00e9mentaire en anthropologie. Dans ces recherches, la photographie est utilis\u00e9e dans les limites et les attentes \"traditionnelles\" de la discipline, en r\u00e9pondant aux besoins de son domaine d'\u00e9tude, c'est-\u00e0-dire en tant que notation visuelle du champ.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Mexique, aucun ouvrage n'a eu la p\u00e9n\u00e9tration et la diffusion des r\u00e9f\u00e9rences pr\u00e9c\u00e9dentes, qui ont jet\u00e9 les bases du d\u00e9veloppement d'un grand nombre de travaux r\u00e9alis\u00e9s ult\u00e9rieurement non seulement par des anthropologues, mais aussi par des sp\u00e9cialistes des sciences sociales en g\u00e9n\u00e9ral. Cependant, la relation entre la photographie et l'anthropologie au Mexique est beaucoup plus ancienne. Dans ce domaine, Samuel Villela a soulign\u00e9 le r\u00f4le primordial jou\u00e9 par les photographes voyageurs dans l'\u00e9tablissement d'une relation plus \u00e9troite, puisque<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Anim\u00e9s par le d\u00e9sir de documenter le visage de peuples inconnus et exotiques, ils p\u00e9n\u00e9treront dans les passages les plus inhospitaliers et fourniront des informations qui seront recoup\u00e9es avec de nouvelles approches th\u00e9oriques de la diversit\u00e9 culturelle de l'humanit\u00e9 et, \u00e0 travers le crible de la m\u00e9thode comparative et des techniques de recherche, seront mises \u00e0 la disposition de la communaut\u00e9 internationale. <em>in situ<\/em>Les nouvelles recherches jetteront les bases d'une meilleure compr\u00e9hension du d\u00e9veloppement humain (1998 : 106).<\/p>\n\n\n\n<p>Debroise (2005) d\u00e9signe Fran\u00e7ois Aubert comme le premier \u00e0 photographier la population mexicaine dans ses diff\u00e9rentes activit\u00e9s et \u00e0 produire ainsi un ouvrage sur les \" types populaires \" ; cependant, Villela (1998) place comme pr\u00e9d\u00e9cesseur C. Th\u00e9odore Tifereau qui, d\u00e8s 1845, commen\u00e7a \u00e0 photographier les populations du Mexique.<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/c\/cb\/Architectural_Study_in_Mexico_MET_DP-388-028.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"3911x2888\" data-index=\"0\" data-caption=\"Aubert, Fran\u00e7ois (1864\u201369), Architectural Study in Mexico. Recuperado de: https:\/\/www.metmuseum.org\/art\/collection\/search\/285901 v\u00eda Wikimedia Commons. Dominio p\u00fablico.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/c\/cb\/Architectural_Study_in_Mexico_MET_DP-388-028.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Aubert, Fran\u00e7ois (1864-69), \u00c9tude architecturale au Mexique. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de : https:\/\/www.metmuseum.org\/art\/collection\/search\/285901 via Wikimedia Commons. Domaine public.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Il convient d'\u00e9tablir clairement que certaines des images fondamentales de ce lien entre la science et la photographie ont \u00e9t\u00e9 produites \u00e0 cette fin en utilisant le nouveau m\u00e9dium, mais que d'autres ont depuis \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme des sources pr\u00e9cieuses pour l'analyse scientifique des ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>L'int\u00e9r\u00eat de ces explorateurs s'est traduit par une grande contribution \u00e0 des disciplines telles que l'arch\u00e9ologie et s'est \u00e9tendu \u00e0 l'ethnographie ; dans ce domaine, nous trouvons le travail de Lumholtz, l'un des principaux repr\u00e9sentants de l'int\u00e9r\u00eat ethnographique scientifique par le biais d'images (Del Castillo, 2005). Entre 1890 et 1910, Lumholtz, financ\u00e9 par le Mus\u00e9e am\u00e9ricain d'histoire naturelle de New York, a \u00e9tudi\u00e9 certains groupes indig\u00e8nes du nord-ouest du Mexique, tels que les Coras, les Yaquis, les Tepehuanes, les Huicholes et les Tarahumaras. Del Castillo (2005) constate que dans ses images, il est all\u00e9 au-del\u00e0 du registre et a montr\u00e9 un contexte large qui a plac\u00e9 les personnages dans leur environnement culturel, suivant la ligne de l'\u00e9tude compl\u00e8te de Franz Boaz. Cependant, l'int\u00e9r\u00eat pour la photographie en tant qu'outil scientifique appara\u00eet d\u00e8s sa d\u00e9couverte.<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/8\/83\/Carl_Lumholtz_Tarahumara_Woman_Being_Weighed%2C_1892.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1459x1673\" data-index=\"0\" data-caption=\"Lumholtz, Carl (1892). Tarahumara Woman Being Weighed. Barranca de San Carlos (Sinforosa), Chihuahua. Recuperado de http:\/\/www.nybooks.com\/articles\/2016\/11\/24\/indians-slaves-and-mass-murder-the-hidden-history\/ v\u00eda Wikimedia Commons. Dominio p\u00fablico.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/8\/83\/Carl_Lumholtz_Tarahumara_Woman_Being_Weighed%2C_1892.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Lumholtz, Carl (1892). Tarahumara Woman Being Weighhed, Barranca de San Carlos (Sinforosa), Chihuahua. Extrait de http:\/\/www.nybooks.com\/articles\/2016\/11\/24\/indians-slaves-and-mass-murder-the-hidden-history\/ via Wikimedia Commons. Domaine public.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>D\u00e8s les premiers voyages d'exploration, des soci\u00e9t\u00e9s scientifiques ont \u00e9t\u00e9 fond\u00e9es pour financer ou promouvoir un enregistrement plus technique et intentionnel. La m\u00eame ann\u00e9e que l'introduction officielle de la photographie, la Soci\u00e9t\u00e9 ethnologique de Paris a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e (1839) et a publi\u00e9 un guide pour le travail sur le terrain. En 1842, l'American Ethnological Society est cr\u00e9\u00e9e et en 1869, la Geserchaft f\u00fcr Anthropologie, Ethnologie und Urgeschichte est fond\u00e9e (Guti\u00e9rrez, cit\u00e9 dans Villela, 1998 : 113).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, dans diff\u00e9rents textes de l'\u00e9poque, comme le <em>Instructions g\u00e9n\u00e9rales pour les recherches anthropologiques <\/em>En 1879, il est possible de trouver des instructions sur la mani\u00e8re de prendre des photos pour des \u00e9tudes ethnographiques :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">La photographie reproduira : 1\u00b0 des t\u00eates d\u00e9couvertes, qui doivent toujours et sans exception \u00eatre prises \" exactement de face \", ou \" exactement de profil \", les autres points de vue \u00e9tant peu utiles ; 2\u00b0 des portraits en pied, pris exactement de face, le sujet \u00e9tant debout, si possible nu, et les bras pendants de part et d'autre du corps. Cependant, les portraits en pied dans le costume caract\u00e9ristique de la tribu sont \u00e9galement importants (Broca in Naranjo, 2016 : 80).<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/4\/42\/Sierra_Madre_indian_-_Carl_S._Lumholtz_1895.png\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"1513x2055\" data-index=\"0\" data-caption=\"Lumholtz, Carl (1895). Native american from the Sierra Madre mountains in Mexico. Recuperado de https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Sierra_Madre_indian_-_Carl_S._Lumholtz_1895.png. Dominio p\u00fablico.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/4\/42\/Sierra_Madre_indian_-_Carl_S._Lumholtz_1895.png\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/7\/76\/Tarahumaras1.jpg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"546x739\" data-index=\"0\" data-caption=\"Lumholtz, Carl (1892). Dos varones tarahumaras. Tuaripa, Chihuahua, M\u00e9xico. Recuperado de https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Tarahumaras1.jpg. Dominio p\u00fablico.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/7\/76\/Tarahumaras1.jpg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Lumholtz, Carl (1895). Am\u00e9rindien des montagnes de la Sierra Madre au Mexique. Extrait de https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Sierra_Madre_indian_-_Carl_S._Lumholtz_1895.png. Domaine public.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div><div class=\"caption\">Lumholtz, Carl (1892). Deux hommes Tarahumara. Tuaripa, Chihuahua, Mexique. Extrait de https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Tarahumaras1.jpg. Domaine public.<\/div><div class=\"image-analysis\"><\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>La grande vari\u00e9t\u00e9 ethnique du Mexique offrait un espace id\u00e9al pour mettre en pratique ce nouvel instrument, et les visions de ce qui \u00e9tait \"photographiable\" d'un point de vue scientifique se manifestaient dans des instructions telles que celles \u00e9nonc\u00e9es dans la citation de Broca, o\u00f9 l'on insiste sur l'enregistrement \"objectif\" (et objectivant) des t\u00eates et des corps nus, m\u00eame si \"avec les v\u00eatements caract\u00e9ristiques de la tribu, ils sont \u00e9galement importants\", car on caract\u00e9rise \"l'autre\" et avec lui \"l'autre\". En ce sens, Dorotinsky (2013) attire l'attention sur le travail ethnographique r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l'aide de la photographie sur les peuples lacandons \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>et est donc ant\u00e9rieure au c\u00e9l\u00e8bre travail de Malinowski dans les \u00eeles Trobriand en 1915 :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Les recherches de Maler ont \u00e9t\u00e9 suivies par celles de Karl Sapper vers la fin du si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>et entre 1902 et 1905 ceux d'Alfred Tozzer [...] C'est ce travail de Tozzer,<em> Une \u00e9tude comparative des Mayas et des Lacandones<\/em>publi\u00e9e en 1907, la premi\u00e8re \u00e9tude ethnographique scientifique de ce groupe. Dans le cadre de cette \u00e9tude ethnographique comparative, c'est-\u00e0-dire plus ax\u00e9e sur les pratiques culturelles que sur la mesure anthropom\u00e9trique, le calcul statistique ou la somatologie, les photographies et illustrations constituent une part importante de l'\u00e9tude, car elles t\u00e9moignent des appr\u00e9ciations de l'ethnologue (Dorotinsky, 2013 : 81-83).<\/p>\n\n\n\n<p>C'est \u00e9galement le cas de Frederick Starr, qui a travaill\u00e9 entre 1895 et 1901 avec des fonds du Mus\u00e9e national et de l'Universit\u00e9 de Chicago, o\u00f9 il a fond\u00e9 le d\u00e9partement d'anthropologie (Del Castillo, 2005). Un autre exemple est celui du naturaliste Le\u00f3n Diguet qui, entre 1896 et 1898, financ\u00e9 par le minist\u00e8re fran\u00e7ais de l'Instruction publique, a \u00e9tudi\u00e9 divers groupes indig\u00e8nes, bien que son travail principal ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 avec les Huichols : \"La photographie a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans ses textes, con\u00e7us comme un support m\u00e9thodologique pour l'enregistrement des donn\u00e9es, avec une pr\u00e9dominance des images pos\u00e9es et du regard anthropom\u00e9trique\" (Del Castillo, 2005 : 66).<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Del Castillo (2005), les travaux photographiques de ces premiers scientifiques ont contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9flexion acad\u00e9mique, puisqu'ils ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9s dans les revues anthropologiques les plus importantes, telles que le<em> Journal de la Soci\u00e9t\u00e9 des Am\u00e9ricanistes <\/em>de Paris, le <em>Scientific American<\/em>le site <em>Archivio de la Societ<\/em>\u00e0<em> Italiana di Antropollogia e di Etnologia <\/em>et le <em>Archiv f\u00fcr Anthropologie und V\u00f6lkerforschung (Archives d'anthropologie et de recherche sur les animaux)<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Une grande partie de ces travaux constitue ce que Roussin appelle \"une seconde d\u00e9couverte de l'Am\u00e9rique\" (1993 : 98) d\u00e9velopp\u00e9e au cours du XIXe si\u00e8cle, qui commence avec l'ouverture de l'empire espagnol et s'ach\u00e8ve avec les fouilles des sites mayas du Yucatan \u00e0 la fin du si\u00e8cle, et dans laquelle l'intervention de la photographie et des voyageurs photographes a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet aper\u00e7u des d\u00e9buts de l'utilisation de la photographie dans les sciences sociales, en particulier en anthropologie, Villela (1998) propose trois p\u00e9riodes du lien entre la photographie de voyage et l'anthropologie mexicaine :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Pionniers, photographes voyageurs tout au long du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xix<\/span>.<\/li><li>Les photographes qui, apr\u00e8s la r\u00e9volution, ont \u00e9tabli les \u00e9l\u00e9ments symboliques de ce qui est mexicain.<\/li><li>Ceux qui ont apport\u00e9 de nouvelles approches esth\u00e9tiques et influenc\u00e9 le travail des photographes mexicains (Paul Strand, Cartier-Bresson, Edward Weston, Tina Modotti).<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Quels sont les photographes tels que Paul Strand ou Tina Modotti, piliers de la photographie documentaire au 20e si\u00e8cle ? <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Le travail de ces artistes au Mexique \u00e0 partir des ann\u00e9es 1930 rompt avec la tradition pictorialiste et avec toute une forme de repr\u00e9sentation d'un pays idyllique, et ouvre la voie \u00e0 de nouveaux apports esth\u00e9tiques qui placent la photographie dans d'autres forums et la font commencer \u00e0 \u00eatre prise en compte comme une forme d'expression artistique. N\u00e9anmoins, l'\u0153uvre de ces auteurs est \u00e9galement reprise pour l'\u00e9tude des populations indig\u00e8nes de notre pays et il est aujourd'hui possible de la trouver dans les collections qui s'y consacrent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les premi\u00e8res cartes ethnographiques au Mexique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Trois grands projets ont marqu\u00e9 le d\u00e9veloppement de la photographie ethnographique au Mexique. Le premier, l'exposition am\u00e9ricano-historique de Madrid \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span>Outre les objets historiques et arch\u00e9ologiques, une partie importante des expositions \u00e9tait constitu\u00e9e de photographies montrant des lieux et la diversit\u00e9 ethnique des populations indig\u00e8nes du pays. Selon Casanova (2008), Francisco del Paso y Troncoso, directeur du mus\u00e9e national et commissaire du projet, \u00e9tait membre de la Soci\u00e9t\u00e9 photographique mexicaine et donc sensible aux possibilit\u00e9s offertes par la photographie, raison pour laquelle il a activement encourag\u00e9 son utilisation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Les photographies qui ont particip\u00e9 \u00e0 cette exposition et les informations qui leur sont consacr\u00e9es dans le catalogue r\u00e9v\u00e8lent des utilisations significatives de ce m\u00e9dium et son interpr\u00e9tation en tant qu'outil d'enregistrement pour l'ethnographie mexicaine \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 celle-ci n'\u00e9tait pas encore immerg\u00e9e dans la pratique de la photographie anthropom\u00e9trique (Rodr\u00edguez, 1998 : 125).<\/p>\n\n\n<div class=\"iframe-left\"><a title=\"Exposition historique am\u00e9ricaine de Madrid 1892\" href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/bibliotecabne\/7830094208\/in\/album-72157631174049584\/\" data-flickr-embed=\"true\" data-footer=\"true\" data-context=\"true\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/farm8.staticflickr.com\/7255\/7830094208_bf6ed63462_n.jpg\" alt=\"Exposici\u00f3n Hist\u00f3rico-Americana de Madrid 1892\" width=\"320\" height=\"251\"><\/a><script async=\"\" src=\"\/\/embedr.flickr.com\/assets\/client-code.js\" charset=\"utf-8\"><\/script><\/div>\n\n\n\n<p>Georgina Rodr\u00edguez (1998) souligne que l'exposition avait un caract\u00e8re acad\u00e9mique, ce qui repr\u00e9sentait une occasion de faire conna\u00eetre le Mexique dans cette sph\u00e8re europ\u00e9enne et, en m\u00eame temps, elle a donn\u00e9 lieu \u00e0 plusieurs projets de recherche nationaux, tels que des exp\u00e9ditions et l'acquisition de collections priv\u00e9es qui ont directement profit\u00e9 \u00e0 l'anthropologie et \u00e0 l'ethnographie, surtout gr\u00e2ce \u00e0 l'utilisation de documents photographiques dans la recherche sur le terrain. Pour l'exposition de Madrid, le Mus\u00e9e national a \u00e9t\u00e9 le centre op\u00e9rationnel de la commission et a \u00e9t\u00e9 responsable de la recherche, pour laquelle il a \u00e9galement mis en place l'atelier de photographie, ce qui a signifi\u00e9 l'incorporation d'une technique de soutien qui a \u00e9merg\u00e9 en m\u00eame temps que l'anthropologie et qui a \u00e9t\u00e9 inscrite comme un outil pr\u00e9cieux dans sa consolidation (Ram\u00edrez, 2009).<\/p>\n\n\n\n<p>Les photographies pr\u00e9sent\u00e9es dans l'exposition ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es ou prises par des photographes commerciaux mandat\u00e9s par les gouverneurs des \u00c9tats qui ont r\u00e9pondu \u00e0 l'appel de Del Paso y Troncoso, ou obtenues lors d'exp\u00e9ditions scientifiques sp\u00e9ciales, comme l'exp\u00e9dition scientifique Cempoala \u00e0 Veracruz, qui a document\u00e9 pendant huit mois l'environnement de la r\u00e9gion et ses habitants,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Et s'ils ont cherch\u00e9 \u00e0 objectiver les sujets photographi\u00e9s en les d\u00e9pouillant de leur individualit\u00e9, ils ne sont pas all\u00e9s jusqu'\u00e0 les \" cosmifier \", comme dans le relev\u00e9 anthropom\u00e9trique. Prises en ext\u00e9rieur, elles enregistrent l'environnement et, en s'appuyant sur les descriptions, probablement faites ou fournies pour le catalogue directement par les photographes, le r\u00e9sultat offre une approche ethnographique assez compl\u00e8te (Rodr\u00edguez, 1998 : 131).<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, Rodr\u00edguez (1998) mentionne l'existence d'un autre groupe de photographies proches de l'enregistrement anthropom\u00e9trique, qui annoncent une forme d'enregistrement photographique anticipant une forme de contr\u00f4le et une pratique scientifique pour l'enregistrement ethnique qui sera r\u00e9alis\u00e9 au Mexique. Del Castillo (2005) et Ram\u00edrez (2009) reprennent les propos de Rodr\u00edguez (1998) lorsqu'il indique qu'il s'agit l\u00e0 des origines de la premi\u00e8re carte ethnographique r\u00e9alis\u00e9e au Mexique, \u00e0 l'aide de la photographie, qui montrait la diversit\u00e9 ethnique. En outre, \"il convient de souligner que l'exposition historico-am\u00e9ricaine de Madrid a \u00e9t\u00e9 l'une des premi\u00e8res \u00e0 laquelle le Mexique a particip\u00e9 avec une pr\u00e9sentation massive de mat\u00e9riel photographique documentant et illustrant des aspects arch\u00e9ologiques et ethnologiques, une pratique qui est devenue courante \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0\" (Casanova, 2008, p. 78).<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me projet qui a renforc\u00e9 la relation entre la photographie et l'anthropologie au Mexique a \u00e9t\u00e9, en 1895, la <span class=\"small-caps\">xi<\/span> Americanist Congress, qui a pr\u00e9sent\u00e9 au Mus\u00e9e national une exposition bas\u00e9e sur le travail et le mat\u00e9riel utilis\u00e9s pour l'exposition en Espagne. Selon Del Castillo (2005), cet \u00e9v\u00e9nement a \u00e9t\u00e9 plus important au Mexique que l'Exposici\u00f3n Hist\u00f3rico-Americana, non seulement parce qu'il s'est d\u00e9roul\u00e9 dans le pays, mais aussi en raison de la couverture que lui a accord\u00e9e la presse de l'\u00e9poque, et une fois de plus, dans l'exposition mont\u00e9e \u00e0 l'occasion de ce congr\u00e8s, la photographie a jou\u00e9 un r\u00f4le important, puisque 500 images de diff\u00e9rents groupes ethniques ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Ram\u00edrez (2009) estime que ces expositions ont d\u00e9fini les lignes directrices qui ont guid\u00e9 les d\u00e9buts de l'anthropologie dans notre pays, puisque ces \u00e9v\u00e9nements ont permis d'obtenir une importante collection d'objets arch\u00e9ologiques, qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s lors de l'exposition en Espagne, ainsi qu'un grand nombre de photographies qui ont constitu\u00e9 les archives de ce qui allait devenir la premi\u00e8re cartographie ethnographique du pays et, en outre, la mise en place de l'atelier de photographie qui allait continuer \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9 par la suite. En outre, \u00e0 la suite de l'Exposition historique am\u00e9ricaine et de la <span class=\"small-caps\">xi<\/span> Lors du Congr\u00e8s am\u00e9ricaniste, le d\u00e9partement historique et arch\u00e9ologique a \u00e9t\u00e9 remodel\u00e9 et de nouvelles salles ont \u00e9t\u00e9 ouvertes, dont une pour l'anthropologie et l'ethnographie. D'autre part, une nouvelle collection photographique a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e, qui comprenait \"1 645 images, dont 478 repr\u00e9sentaient des types indig\u00e8nes et des aspects culturels de divers groupes ethniques du pays et 1 167 enregistraient certains aspects de la culture mat\u00e9rielle de ces groupes, ainsi que des animaux, des plantes, des formations rocheuses et des vues panoramiques de communaut\u00e9s et de ranch\u00edas\" (Ram\u00edrez, 2009 : 299) (Ram\u00edrez, 2009 : 299). Le mus\u00e9e a ainsi ouvert ses portes aux \u00e9tudes anthropologiques qui compl\u00e9taient les \u00e9tudes arch\u00e9ologiques et historiques. Ram\u00edrez (2009) souligne qu'il s'agit l\u00e0 de la graine qui a permis l'institutionnalisation, le d\u00e9veloppement et la professionnalisation de l'anthropologie mexicaine, dont l'espace de consolidation est le mus\u00e9e national, que le minist\u00e8re de l'\u00e9ducation publique a habilit\u00e9 en 1905 comme centre d'enseignement officiel o\u00f9 l'on enseigne l'histoire, l'arch\u00e9ologie, l'ethnographie et la langue mexicaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me grand projet directement li\u00e9 \u00e0 la photographie ethnographique dans notre pays est l'exposition ethnographique de l'Institut de recherche sociale (Instituto de Investigaciones Sociales (<span class=\"small-caps\">iis<\/span>) de l'Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique (<span class=\"small-caps\">unam<\/span>).<\/p>\n\n\n\n<p>En 1939, Lucio Mendieta y N\u00fa\u00f1ez prend la direction de l'Institut de recherche et de d\u00e9veloppement de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">iis<\/span> de la <span class=\"small-caps\">unam<\/span> et, parmi les changements et les lignes d'action, il pr\u00e9vient que l'Institut aura pour priorit\u00e9 de r\u00e9aliser une sociologie appliqu\u00e9e \u00e0 l'environnement social mexicain, complexe et \u00e9tendu ; \u00e0 cette fin, l'organisation de l'Institut comprendra cinq sections, dont la premi\u00e8re sera la sociologie, et il est d\u00e9clar\u00e9 que \"des \u00e9tudes et des recherches sociologiques au sens le plus large [...] des \u00e9tudes de nature ethnologique, ethnographique, statistique et d\u00e9mographique\" (Mendieta, 1939 : 9) seront r\u00e9alis\u00e9es (Mendieta, 1939 : 9). Lucio Mendieta (1939) annonce \u00e9galement \u00e0 cette \u00e9poque un grand projet ethnographique \u00e0 r\u00e9aliser avec l'aide de la photographie, l'Exposici\u00f3n Etnogr\u00e1fica del <span class=\"small-caps\">iis<\/span> de la <span class=\"small-caps\">unam<\/span>. L'objectif \u00e9tait d'\u00e9tablir une enqu\u00eate syst\u00e9matique sur ce qui, pour lui, \u00e9tait encore un sujet inconnu dans le pays : la population indig\u00e8ne du Mexique. \"L'exposition consistera en une s\u00e9rie de lots de photographies du type physique, de l'habitat, des v\u00eatements, des petites industries, des instruments de production et des objets produits par toutes les races indig\u00e8nes qui habitent le territoire mexicain\" (<em>Revista Mexicana de Sociolog\u00eda<\/em>, 1939 : 63). Ce travail donnera lieu \u00e0 un mat\u00e9riel m\u00e9thodiquement obtenu et ordonn\u00e9 qui sera aussi une contribution \u00e0 l'\u0153uvre indig\u00e9niste du pr\u00e9sident C\u00e1rdenas, \u00e0 qui le projet est envoy\u00e9 et qui sera le parrain de l'exposition qui sera pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la fin de l'ann\u00e9e 1939. Cette exposition pr\u00e9voyait \u00e9galement de faire appel aux \"petits industriels aborig\u00e8nes\" pour organiser un concours de leurs produits dans le but de faire conna\u00eetre leur travail, car \"l'humble activit\u00e9 \u00e9conomique des indig\u00e8nes\" a toujours \u00e9t\u00e9 sous-\u00e9valu\u00e9e et oubli\u00e9e (<em>Revista Mexicana de Sociolog\u00eda<\/em>1939 : 64), des intellectuels int\u00e9ress\u00e9s par l'\u00e9tude des \"probl\u00e8mes\" ethniques ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 donner des conf\u00e9rences sur des sujets sociologiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L'Institut, d\u00e9clare Lucio Mendieta (1939), aspire avec l'Exposition \u00e0 cr\u00e9er les bases d'un mus\u00e9e ethnographique qui n'existait pas jusqu'alors. Pour Dorotinsky (2007), ce projet cristallise la valeur de la photographie \u00e0 l'\u00e9poque et justifie la cr\u00e9ation d'archives pour remplir la fonction de conservation face \u00e0 une id\u00e9e d'extinction :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Ces finalit\u00e9s scientifiques, typologiques, de collection, mus\u00e9ales et promotionnelles d\u00e9coulent de la valeur accord\u00e9e \u00e0 l'image photographique dans son r\u00f4le de document [...] elles expriment clairement l'objectif d'exposer, de montrer et d'articuler devant les yeux d'un public non autochtone cette r\u00e9alit\u00e9 du Mexique inconnu avec un double projet : garder et montrer, conserver et exposer (Dorotinsky, 2007 : 69).<\/p>\n\n\n\n<p>L'exposition n'a pas eu lieu \u00e0 la fin de l'ann\u00e9e 1939, mais le projet s'est poursuivi jusqu'en 1946, date \u00e0 laquelle il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 pendant vingt jours au Palais des Beaux-Arts. Auparavant, le lieu de pr\u00e9sentation des images du projet, qui \u00e9tait l'exposition ethnographique, \u00e9tait le Palais des Beaux-Arts. <em>Revista Mexicana de Sociolog\u00eda<\/em>a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1939 en tant qu'organe de diffusion de l'image de marque de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">iis<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>L'exposition a \u00e9t\u00e9 parrain\u00e9e par la <span class=\"small-caps\">unam<\/span> en 1946. Selon Mendieta, pour des raisons budg\u00e9taires, seule une partie minime de la collection obtenue par les chercheurs de l'Institut dans le cadre de ce projet a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">L'exposition ethnographique <em>Mexique indig\u00e8ne<\/em> est constitu\u00e9 d'une collection de photographies et de donn\u00e9es organis\u00e9es en tableaux synth\u00e9tiques sur les quarante-huit groupes ethniques qui habitent le territoire de la R\u00e9publique mexicaine, afin de donner, de mani\u00e8re graphique, plastique et objective, une id\u00e9e approximative de l'\u00e9tat de la culture de ces groupes raciaux \u00e0 l'heure actuelle, du probl\u00e8me social qu'ils repr\u00e9sentent et de leurs solutions possibles (Mendieta, 1946a : 315).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Mendieta, le mat\u00e9riel de la collection est unique, \"abondant et riche en suggestions scientifiques et artistiques\" (1946a : 315), bien que les photographies pr\u00e9sent\u00e9es aient \u00e9t\u00e9 choisies pour leur valeur documentaire afin de lancer un appel national pour rappeler que \"dans les entrailles vivantes de la patrie, il existe de multiples groupes humains de culture primitive ou arri\u00e9r\u00e9e qui v\u00e9g\u00e8tent en marge de la civilisation et constituent, pour cette raison m\u00eame, un grave probl\u00e8me racial, \u00e9conomique et culturel qui doit \u00eatre r\u00e9solu\" (Mendieta, 1946 : 457).<\/p>\n\n\n\n<p>Dorotinsky (2007) a soulign\u00e9 que les archives photographiques cr\u00e9\u00e9es dans le cadre du projet d'exposition ethnographique ont connu diff\u00e9rents moments et diff\u00e9rentes lectures, puisqu'elles ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es pour la premi\u00e8re fois lors de l'exposition de 1946, puis en 1989, lors d'une nouvelle exposition intitul\u00e9e \"L'histoire de l'Europe\". <em>Signes d'identit\u00e9<\/em>dont un livre-catalogue a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Quarante ans plus tard, l'Instituto de Investigaciones Sociales de l'Universidad Nacional Aut\u00f3noma de M\u00e9xico revient au m\u00eame endroit pour exposer un nouvel \u00e9chantillon de ces archives ethnographiques compos\u00e9es de pr\u00e8s de cinq mille n\u00e9gatifs. La pers\u00e9v\u00e9rance des photographes Ra\u00fal E. Discua et Enrique Hern\u00e1ndez Morones, qui ne se sont pas content\u00e9s de suivre les indications des chercheurs dans leur tour du pays, mais qui, avec l'objectif de l'appareil photo, ont couvert bien plus que ce qui \u00e9tait demand\u00e9 et ont montr\u00e9 une r\u00e9alit\u00e9 qu'aujourd'hui, \u00e0 distance, nous pouvons voir avec un regard diff\u00e9rent : un regard qui nous permet d'aller au-del\u00e0 de son objectif initial de donner un point de vue contraint, parce que sans la m\u00e9diation des mots et avec le langage des images, il est possible de changer notre vision du monde indig\u00e8ne (Mart\u00ednez, 1989 : 9).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces forums ont sans aucun doute jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la sensibilisation aux travaux de recherche de la Commission europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">iis<\/span>bien que, comme indiqu\u00e9 plus haut, un premier moment de diffusion ait eu lieu dans la r\u00e9gion de l'Union europ\u00e9enne. <em>Revista Mexicana de Sociolog\u00eda <\/em>et la discussion qu'elle a suscit\u00e9e, constitue \u00e9galement un point de d\u00e9part important pour le travail scientifique sur les images et exerce une grande influence sur l'un des types d'approche ult\u00e9rieurs, qui a construit l'alt\u00e9rit\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par l'exotisation, l'objectivation et les st\u00e9r\u00e9otypes d'une administration qui a pr\u00e9valu au cours des ann\u00e9es suivantes.<\/p>\n\n\n\n<p>La consultation des archives photographiques permet d'identifier, \u00e0 distance, des formes, des contenus et des pratiques qui fournissent aujourd'hui des informations non seulement sur les images elles-m\u00eames, mais aussi sur leurs producteurs et leur environnement. Une autre collection tr\u00e8s importante est celle qui se trouve actuellement dans la phototh\u00e8que Nacho L\u00f3pez de l'Institut national indig\u00e9niste (INI).<span class=\"small-caps\">ini<\/span>), aujourd'hui la Commission nationale pour le d\u00e9veloppement des peuples autochtones (<span class=\"small-caps\">cdi<\/span>), qui a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e, comme nous le verrons plus loin.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La critique de la photographie ethnographique dans la recherche du nouveau si\u00e8cle<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Au d\u00e9but du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xxi<\/span> En anthropologie et en sciences sociales, une critique de la photographie ethnographique des deux si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents s'impose. Les formes de repr\u00e9sentation utilis\u00e9es dans les travaux ethnographiques ont homog\u00e9n\u00e9is\u00e9 des populations tr\u00e8s diverses, cr\u00e9ant ainsi des imaginaires sur la base desquels ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es les recherches sur le monde indig\u00e8ne dans notre pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Du point de vue de la communication et de la culture, Sarah Corona (2007, 2011) a r\u00e9alis\u00e9 des recherches critiques sur la photographie des peuples indig\u00e8nes dans diff\u00e9rents domaines. L'un de ces travaux est bas\u00e9 sur une analyse discursive des photographies qui \"nomment\" les indig\u00e8nes dans les domaines de l'art, de l'\u00e9cole et de la science, d'o\u00f9 l'on peut d\u00e9duire l'usage principalement anthropologique qui a \u00e9t\u00e9 fait de la photographie (Corona, 2007). La chercheuse observe les \u00e9l\u00e9ments contenus dans les images et les relie aux traditions photographiques et artistiques : \"les m\u00eames v\u00eatements et accessoires... les portraits ont \u00e9t\u00e9 pris en studio... pos\u00e9s de trois quarts, de face\" (Corona, 2007 : 86), \"dans ses photos du corps indig\u00e8ne sectionn\u00e9 et sans visage, avec un gros plan des d\u00e9tails...\" (Corona, 2007 : 90). Corona estime donc qu'il est n\u00e9cessaire de r\u00e9aliser des \u00e9tudes permettant de r\u00e9fl\u00e9chir et d'analyser les propositions communicatives, en l'occurrence visuelles, qui permettent de \"nommer correctement\" les personnes repr\u00e9sent\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme cela a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9, la relation entre l'anthropologie et la photographie dans notre pays peut \u00eatre retrac\u00e9e dans diff\u00e9rentes collections, telles que celle de la Fototeca del <span class=\"small-caps\">ini-cdi<\/span> que Corona (2011) a \u00e9galement \u00e9tudi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L'Instituto Nacional Indigenista a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1948, dans la lign\u00e9e de l'anthropologie nationaliste qui dominait la pens\u00e9e acad\u00e9mique et les dispositions politiques du pays \u00e0 l'\u00e9poque. D'\u00e9minents anthropologues tels que Manuel Gamio, Julio de la Fuente, Alfonso Caso et Gonzalo Aguirre Beltr\u00e1n ont particip\u00e9 \u00e0 ce processus, et leurs travaux ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de ce qui allait devenir la phototh\u00e8que de l'institution (Corona, 2011).<\/p>\n\n\n\n<p>Corona (2011) analyse les archives photographiques de cette institution et se concentre sur les images contenues dans cinq publications comm\u00e9moratives. Les photographies publi\u00e9es sont artistiques ou anthropologiques et semblent suivre une forme unique de photographie, avec des cadrages et des \u00e9l\u00e9ments similaires dans le contenu, et elles ne pr\u00e9sentent pas de donn\u00e9es contextuelles ou techniques. Sous cette ligne directrice, il trouve des donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9riques qui ne fournissent pas d'autres indices sur les images : \"956 photos de Lacandones, 378 de Mayos, 631 de Tzotziles, 2 937 de Pur\u00e9pechas, 3 068 de Huicholes, 5 117 autres\" (Corona, 2011 : 124). Dans ce r\u00e9cit, Corona observe que l'auteur des images est le <span class=\"small-caps\">ini-cdi<\/span> Les noms des auteurs ne sont mentionn\u00e9s que lorsqu'il s'agit d'artistes, de fonctionnaires ou de chercheurs connus, mais la plupart des photographies ne comportent aucune information \u00e0 leur sujet. La localisation territoriale ou les donn\u00e9es techniques de l'image, la situation photographi\u00e9e ou les commentaires du photographe n'apparaissent pas non plus ; ce qui appara\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement, c'est la date, m\u00eame s'il n'y a pas de r\u00e9f\u00e9rence pr\u00e9cise (elle est pr\u00e9cis\u00e9e par l'acronyme c.a.o.s.f.) parce que \"la date simule une qualit\u00e9 objective\", si importante dans la tradition scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la p\u00e9riode initiale de la phototh\u00e8que (1948 \u00e0 1976), les photographies provenaient de dons et du travail que diff\u00e9rents anthropologues ont r\u00e9alis\u00e9 dans le cadre de leurs projets pour l'institution au cours de ces ann\u00e9es (Corona, 2011). L'auteur constate dans l'analyse des images que durant cette p\u00e9riode, les prises de vue pr\u00e9dominantes sont des prises de vue g\u00e9n\u00e9rales dans lesquelles les indig\u00e8nes sont observ\u00e9s dans des activit\u00e9s promues par l'Institut avec une intention modernisatrice : \"En privil\u00e9giant le travail institutionnel, les images montrent l'indig\u00e8ne comme conqu\u00e9rant et incorporable dans la nation moderne : un sujet qui peut \u00eatre \u00e9duqu\u00e9, model\u00e9 et modernis\u00e9. En d'autres termes, l'indig\u00e8ne qui s'int\u00e8gre \u00e0 l'institution est photographi\u00e9 et expos\u00e9 \" (Corona, 2011 : 112). Cette s\u00e9lection et ce traitement des images qui ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es r\u00e9v\u00e8lent en m\u00eame temps les objectifs d'enregistrement qu'elles avaient et nous permettent d'interpr\u00e9ter le fondement id\u00e9ologique des motivations et des documents photographiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce sens, l'anthropologue Scott Robinson (1998) t\u00e9moigne de la colonialit\u00e9 de l'anthropologie visuelle mexicaine, qui s'est consacr\u00e9e, sans en \u00eatre pleinement consciente, \u00e0 la construction de l'alt\u00e9rit\u00e9 et au maintien des distances sociales en faveur des puissants. Pour Robinson, le champ tr\u00e8s mal d\u00e9fini de l'anthropologie visuelle mexicaine a pratiqu\u00e9, surtout \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970, une anthropologie officialiste, parrain\u00e9e par des entit\u00e9s gouvernementales qui ont fix\u00e9 les limites th\u00e9matiques et esth\u00e9tiques des alt\u00e9rit\u00e9s culturelles mexicaines :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Nous constituions une guilde \u00e0 fonction institutionnelle : Nous \u00e9tions des expropriateurs de l'image de cette alt\u00e9rit\u00e9, et certains d'entre nous ont construit leur profession en fonction de ces images expropri\u00e9es, des repr\u00e9sentations suppos\u00e9es du Mexique indien, cit\u00e9es parmi une certaine \u00e9lite, et en soi une construction sociale qui na\u00eet en fonction des coordonn\u00e9es culturelles des publics r\u00e9cepteurs et de l'obsession humaine de repr\u00e9senter l'autre comme un exercice pour r\u00e9affirmer le pouvoir et l'auto-identification (Robinson, 1998 : 96).<\/p>\n\n\n\n<p>Corona (2011) reprend une publication de l'Institut d'\u00e9tudes de march\u00e9 de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">ini<\/span> En 1978, dans un deuxi\u00e8me temps, un espace d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l'enregistrement audiovisuel des diff\u00e9rents aspects de la population indig\u00e8ne a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 au sein de l'Institut, et le r\u00f4le de la photographie a \u00e9t\u00e9 reconnu \u00e0 cette occasion :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Vers la fin des ann\u00e9es 1970, le r\u00f4le de la photographie en tant qu'enregistrement du patrimoine national a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli, et elle a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un moyen de contribuer \u00e0 la sensibilisation des groupes ethniques du pays en g\u00e9n\u00e9ral aux valeurs du patrimoine culturel indig\u00e8ne, ainsi qu'\u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de le pr\u00e9server, de le diffuser et de le d\u00e9fendre (Corona, 2011 : 114).<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00eame motivation exprim\u00e9e dans la citation se retrouve, il y a quarante ans, dans le projet de l'Institut d'\u00e9tudes de march\u00e9 de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">iis<\/span> de la <span class=\"small-caps\">unam<\/span> mat\u00e9rialis\u00e9e par la carte ethnographique du pays qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 l'Exposition ethnographique pr\u00e9sent\u00e9e en 1946 au Palais des Beaux-Arts. D'autre part, \u00e0 l'heure o\u00f9 l'indig\u00e9nisme est repens\u00e9, Corona (2011) identifie dans une publication de 1988 la pr\u00e9occupation de l'Institut d'ethnographie de l'Union europ\u00e9enne pour la protection de l'environnement. <span class=\"small-caps\">ini<\/span> Pour Robinson (1998), cette pr\u00e9occupation s'est accentu\u00e9e au cours de la p\u00e9riode de six ans allant de 1988 \u00e0 1994 et, selon lui, c'est l'un des moyens de d\u00e9coloniser l'anthropologie visuelle, mais cela impliquerait de produire avec des ressources ind\u00e9pendantes ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 partir des universit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La critique exprim\u00e9e dans le travail de Corona (2011) sur la reconnaissance de l'indig\u00e8ne dans la photographie anthropologique repose en partie sur l'absence d'approches th\u00e9oriques et le manque de remise en question de discours visuels homog\u00e8nes qui, ensemble, n'ont pas permis le d\u00e9veloppement d'une proposition propre \u00e0 cette discipline. De m\u00eame, la r\u00e9flexion de Robinson (1996) sur ces directives officielles qui ont biais\u00e9 les images cr\u00e9\u00e9es par les anthropologues institutionnels refl\u00e8te clairement les pr\u00e9occupations pr\u00e9sent\u00e9es par certains autres ouvrages anthropologiques du d\u00e9but du si\u00e8cle, parmi lesquels je mentionnerai ci-dessous deux publications collectives qui se sont concentr\u00e9es sur l'analyse de la photographie anthropologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier est <em>De fot\u00f3grafos y de indios <\/em>(Bartra, Moreno et Ram\u00edrez, 2000), qui pr\u00e9sente une r\u00e9flexion sur les photographies prises dans le cadre des concours de photographie anthropologique organis\u00e9s par l'Institut d'anthropologie de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">enah<\/span> depuis 1981. La ligne institutionnelle dans le travail de l'anthropologie visuelle mexicaine soulign\u00e9e par Robinson (1996) peut d'une certaine mani\u00e8re \u00eatre observ\u00e9e dans ces concours de photographie de l'Institut de recherche sur les sciences de la vie. <span class=\"small-caps\">enah<\/span>En fin de compte, le fait de se r\u00e9unir autour d'un certain th\u00e8me biaise les mat\u00e9riaux qui sont collect\u00e9s et \u00e9tiquet\u00e9s en tant qu'images anthropologiques et qui, plus tard, dans le cadre d'une analyse historique, sont ceux qui seront repris \u00e0 la suite du travail de recherche de certaines p\u00e9riodes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lignes directrices de l'analyse des r\u00e9flexions des auteurs s'articulent autour des th\u00e8mes des 20 ann\u00e9es du concours (1981-2000). Au-del\u00e0 des lignes directrices impos\u00e9es par l'institution, elles passent en revue les pr\u00e9sences et les absences dans les photographies, les mani\u00e8res de photographier, les imaginaires refl\u00e9t\u00e9s, les constantes th\u00e9matiques, formelles et id\u00e9ologiques que l'on peut trouver et, comme le souligne Ram\u00edrez, \"la distance entre la r\u00e9alit\u00e9 et sa repr\u00e9sentation\" (2000 : 111). En ce sens, nous discutons du concept d'Indien, de la mani\u00e8re dont son \"image-concept\" a \u00e9t\u00e9 historiquement fa\u00e7onn\u00e9e (Bartra, 2000 : 103) et de la mani\u00e8re dont, dans le cas sp\u00e9cifique de la photographie ethnographique, jusqu'\u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle, ce n'est pas avant la fin du XXe si\u00e8cle que le concept d'Indien a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 (Bartra, 2000 : 103). <span class=\"small-caps\">xx<\/span> l'indig\u00e8ne est un \"objet\" de recherche culturelle et artistique, jamais un sujet avec une voix active et auteur d'une image propre. Dans ce sens, par exemple, Moreno (2000) se demande si le monde indig\u00e8ne de la fin des ann\u00e9es 90 est le m\u00eame que celui d'il y a cent ans, ou s'il n'y a pas d'indig\u00e8nes qui participent au monde artistique ou politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les auteurs de ce livre observent l'intemporalit\u00e9 comme une constante dans cette collection d'images. Pour Moreno (2000 : 15), ces images semblent \u00eatre \"d'une autre \u00e9poque\" et pourraient \u00eatre de n'importe quel lieu et de n'importe quel temps ; ce qui les unit est \"la nostalgie de paradis naturels vierges, paisibles et harmonieux, de traditions et d'identit\u00e9s cycliques \u00e0 l'\u00e9preuve des bouleversements, de temps immobiles qui acc\u00e8dent \u00e0 une vie quotidienne paisible, de r\u00e9sistance - malgr\u00e9 les douleurs -, de survie obstin\u00e9e, d'un pass\u00e9 possible, d'une enfance perdue et fondatrice\" (Ram\u00edrez, 2000 : 57).<\/p>\n\n\n\n<p>L'intemporalit\u00e9 observ\u00e9e tient en partie au fait que les populations indig\u00e8nes sont homog\u00e9n\u00e9is\u00e9es, qu'elles sont \"des hommes-chapeaux, des visages sans \u00e2ge et sans temps\" (Moreno, 2000 : 15). Pour Bartra, les indig\u00e8nes \"ont \u00e9t\u00e9 construits plastiquement, mais aussi comme objets sociologiques et anthropologiques, comme mat\u00e9riel pictural, filmique et litt\u00e9raire, comme marchandise culturelle et butin politique\" (2000 : 105). Ram\u00edrez (2000) souligne qu'\u00e0 la fin du si\u00e8cle <span class=\"small-caps\">xx<\/span>Dans la soci\u00e9t\u00e9 et ses pratiques, les distances identitaires se r\u00e9duisent, mais cela ne semble pas \u00eatre le cas dans la photographie, car il y a une r\u00e9sistance \u00e0 s'\u00e9loigner d'une image arch\u00e9typique de l'indig\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>L'intention de faire passer les peuples indig\u00e8nes du statut d'objets visuels \u00e0 celui de cr\u00e9ateurs de leurs propres repr\u00e9sentations est en phase avec les crises postmodernes des sciences sociales et la remise en question de leurs fa\u00e7ons de faire, et avec cela, finalement, une nouvelle vision inclusive r\u00e9pond aux nouveaux courants scientifiques que nous ne pouvons pas encore \u00e9valuer aujourd'hui ; les critiques viendront \u00e0 l'avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les changements d'id\u00e9ologies, de mentalit\u00e9s et d'objectifs institutionnels identifi\u00e9s, il existe une h\u00e9g\u00e9monie visuelle dans les images photographiques des peuples indig\u00e8nes, une situation \u00e9galement identifi\u00e9e plus tard par Corona (2011). Les p\u00e9riodes clairement d\u00e9finies que Corona (2011) signale dans le travail de la <span class=\"small-caps\">ini<\/span> co\u00efncident avec la description de la photographie indig\u00e8ne faite par Ram\u00edrez (2000) dans les observations tir\u00e9es de l'examen des archives des concours de photographie de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">enah<\/span>d'abord l'image idyllique de l'indig\u00e8ne comme repr\u00e9sentant d'un pass\u00e9 glorieux, puis l'indig\u00e8ne assimilable, en voie d'int\u00e9gration, et enfin l'indig\u00e8ne qui commence \u00e0 s'exprimer \u00e0 travers les moyens audiovisuels.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est pertinent de souligner qu'\u00e0 travers la photographie et son d\u00e9veloppement en tant que discipline, nous pouvons analyser non seulement les courants de pens\u00e9e dominants dans cette discipline \u00e0 certaines \u00e9poques, mais aussi l'amalgame entre les secteurs politiques-institutionnels-scientifiques et leurs changements dans un pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me exemple auquel je ferai r\u00e9f\u00e9rence est une \u0153uvre issue d'une exposition sur la photographie ethnographique de Frederick Starr organis\u00e9e au Centro Fotogr\u00e1fico Manuel \u00c1lvarez Bravo \u00e0 Oaxaca, qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 la publication d'un livre en 2012, coordonn\u00e9 par les anthropologues Deborah Poole et Gabriela Zamorano, Ce livre a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 2012 sous la coordination des anthropologues Deborah Poole et Gabriela Zamorano, dans le but de susciter une r\u00e9flexion sur la valeur historique et esth\u00e9tique d'images qui ont \u00e9t\u00e9 prises \u00e0 l'origine dans une optique scientifique. Il s'agit, selon les \u00e9diteurs, d'une \"exp\u00e9rience de dialogue entre l'art et la recherche anthropologique\" (Poole et Zamorano, 2012 : 10). Cette compilation a rassembl\u00e9 des textes d'historiens, d'historiens de l'art, de chercheurs en beaux-arts et en esth\u00e9tique et d'anthropologues, dans lesquels chacun a \u00e9crit sur un aspect de l'\u0153uvre photographique de Starr, sur lui en tant que personnage et sur son travail scientifique. Outre certaines photographies de Starr, le livre comprend des \"r\u00e9ponses visuelles\" contemporaines, des portraits contemporains intervenus par deux femmes photographes de Oaxaca invit\u00e9es pour l'exposition.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9flexions men\u00e9es dans les articles ont pour constante l'id\u00e9e d'aborder un corpus qui refl\u00e8te les mani\u00e8res de faire de la science \u00e0 la fin du si\u00e8cle. <span class=\"small-caps\">xix<\/span> et pr\u00e9coce <span class=\"small-caps\">xx<\/span>L'\u00e9tude des courants colonialistes, comme l'anthropom\u00e9trie, aujourd'hui tomb\u00e9s en d\u00e9su\u00e9tude et fortement critiqu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Poole (2012), l'examen des photographies de Frederick Starr montre la tentative d'\u00e9tablir un imaginaire d\u00e9sir\u00e9, une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans la population indig\u00e8ne qui s'adapterait aux id\u00e9es de l'anthropologie de l'\u00e9poque et de trouver dans les courants de l'anthropologie physique la mani\u00e8re d'\u00e9tudier les groupes indig\u00e8nes, d'\u00e9tablir le ph\u00e9notype oaxaqu\u00e9nien ; Cependant, la recherche raciste de la typicit\u00e9 n'a pas abouti et aujourd'hui, cent ans plus tard, ces images repr\u00e9sentent d'autres possibilit\u00e9s, car l'anthropologie visuelle les analyse comme des \u00e9chantillons d'un pass\u00e9 qu'elle tente de ne pas r\u00e9p\u00e9ter.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette ligne, P\u00e9rez (2012) souligne l'ambigu\u00eft\u00e9 impliqu\u00e9e par le terme \"anthropologie visuelle\", car avec cette distinction, il semblerait que toute anthropologie qui n'est pas visuelle n'impliquerait pas l'observation qui a la vue comme pont. Quant \u00e0 la collection de Frederick Starr, il consid\u00e8re que lorsque nous regardons des images, elles nous renvoient notre regard, puisque \" la photographie nous aide \u00e0 comprendre et \u00e0 regarder l'autre, mais elle nous aide aussi \u00e0 comprendre ce que nous regardons et pourquoi \" (P\u00e9rez, 2012 : 37).<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9thode anthropom\u00e9trique pour laquelle la photographie raciale \u00e9tait une ressource fondamentale a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9e par Frederick Starr avec pr\u00e9cision, dit V\u00e9lez (2012), puisque sa fa\u00e7on de travailler consistait \u00e0 mesurer 125 personnes de la population \u00e9tudi\u00e9e afin de s\u00e9lectionner parmi elles celle qui repr\u00e9sentait les \"types tribaux\" et de les repr\u00e9senter ensuite de face et de profil, dans un format de cinq par sept pouces. Ce sont ces photographies qui permettent aujourd'hui d'autres lectures et interrogent une autre \u00e9poque, sa soci\u00e9t\u00e9, ses chercheurs et les individus enqu\u00eat\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>D'autre part, Dorotinsky r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la fa\u00e7on dont nous repensons ces images, qui sont un \u00e9chantillon d'un projet non autochtone d'\u00e9tude des cultures ethniques, et non pas tant une repr\u00e9sentation des cultures visuelles, o\u00f9 l'implication a \u00e0 voir avec leur \u00e9tude afin de comprendre nos pr\u00e9occupations intellectuelles plut\u00f4t que de pointer vers ce qui \u00e9tait une anthropologie colonialiste, et en outre, \"tourner notre regard vers des photographies documentaires du pass\u00e9 implique une s\u00e9rie de r\u00e9flexions qui se rapportent \u00e0 la recherche en histoire des id\u00e9es, aux modes de vision et \u00e0 la r\u00e9vision historiographique\" (Dorotinsky, 2012 ; 79).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Poole et Zamorano, ce projet proposait une r\u00e9flexion sur \" dans quelle mesure nos diff\u00e9rentes approches de l'image photographique de l'indig\u00e8ne sont \u00e9galement teint\u00e9es par les st\u00e9r\u00e9otypes, les id\u00e9alisations esth\u00e9tiques et les genres picturaux avec lesquels l'imaginaire des peuples indig\u00e8nes mexicains a \u00e9t\u00e9 construit \" (2012 : 13).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L'horizon<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Ces projets r\u00e9cents s'inscrivent dans une r\u00e9vision critique de l'utilisation de la photographie comme outil m\u00e9thodologique au sein de l'anthropologie et dans d'autres domaines des sciences sociales. La r\u00e9flexion au sein de la discipline anthropologique est per\u00e7ue comme une forme d'apologie des pratiques d'une science colonialiste, mais surtout comme une tentative d'\u00e9tablir une division entre les courants qui en sont \u00e0 l'origine (aujourd'hui en d\u00e9su\u00e9tude, du moins dans le discours) et les approches actuelles, ce qui, dans certains des travaux mentionn\u00e9s, n'est pas tout \u00e0 fait clair. Dans cette ligne, on peut observer l'absence d'horizons d\u00e9finis, et avec elle l'exploration de nouvelles voies qui permettent le d\u00e9veloppement et la compr\u00e9hension d'outils visuels, et pas seulement de la photographie, qui sont d'un grand soutien pour la discipline.<\/p>\n\n\n\n<p>L'adoption d'une approche communicative pourrait peut-\u00eatre contribuer \u00e0 ces nouvelles lignes directrices recherch\u00e9es dans le travail visuel anthropologique. Une approche communicative de la photographie implique de la comprendre comme un m\u00e9dium qui permet de communiquer \u00e0 diff\u00e9rents niveaux. La photographie porte un message en elle-m\u00eame, mais un message fait par quelqu'un avec une certaine intention (ou sans), et au-del\u00e0 d'essayer d'aller au fond de sa signification, nous devrions consid\u00e9rer que l'acte m\u00eame d'\u00e9tablir une approche \u00e0 travers ce m\u00e9dium est d\u00e9j\u00e0 analysable \u00e0 des fins de recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>Une grande partie de la critique des anciennes mani\u00e8res de faire de la photographie ethnographique est li\u00e9e \u00e0 une objectivation des \" autres \" qui ne leur permettait pas de se voir refl\u00e9t\u00e9s dans les mat\u00e9riaux produits \u00e0 leur sujet, et dans ce tour de page, les nouveaux courants ont pour axe de leur donner une voix, d'enqu\u00eater avec eux et non sur eux, en cherchant \u00e0 \u00e9tablir un dialogue horizontal (Corona, 2012). Dans ce panorama, la photographie devient, plus qu'une image avec des significations \u00e0 d\u00e9chiffrer, un outil pour donner la parole et \u00e9tablir une communication bas\u00e9e sur le message partag\u00e9 \u00e0 travers ce m\u00e9dium, \u00e0 travers les formes visuelles choisies par les personnes impliqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Travailler avec la photographie \u00e0 partir d'une approche communicative avec les communaut\u00e9s indig\u00e8nes n'est pas un terrain inexplor\u00e9 au Mexique ; il existe des exemples solides depuis la fin des ann\u00e9es 90 du si\u00e8cle dernier (Duarte, 2001 ; Corona, 2002 et 2011a). Reprendre ces propositions pour en explorer une qui nous est propre et qui est adapt\u00e9e aux int\u00e9r\u00eats de recherche particuliers de chaque discipline fournira une nouvelle perspective qui continuera \u00e0 contribuer \u00e0 ce domaine dans la construction d'un travail de recherche qui utilise la photographie comme outil m\u00e9thodologique pour l'anthropologie et les sciences sociales en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bartra, Armando, A. Moreno y E. Ram\u00edrez (2000). <em>De fot\u00f3grafos y de indios<\/em>. M\u00e9xico: Ediciones Tecolote.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Broca, Paul (1879). <em>Instrucciones generales para las investigaciones antropol\u00f3gicas<\/em>, en J. Naranjo (ed.) (2006). <em>Fotograf\u00eda, antropolog\u00eda y colonialismo (1845-2006)<\/em>, pp. 80-81. 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Albuquerque: University of New M\u00e9xico Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Corona, Sarah (2002). <em>Miradas entrevistas: aproximaci\u00f3n a la cultura, comunicaci\u00f3n y fotograf\u00eda huichola<\/em>. Guadalajara: UdeG.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2007). \u201cFotograf\u00edas de ind\u00edgenas. 150 a\u00f1os de visibilidad \u201ccorrecta\u201d, <em>Versi\u00f3n, Estudios de comunicaci\u00f3n y pol\u00edtica,<\/em> n\u00fam. 20, pp. 77-96. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uam<\/span>-Xochimilco.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2011). \u201cLa fotograf\u00eda de ind\u00edgenas como patrimonio nacional. La fototeca del <span class=\"small-caps\">ini-cdi<\/span>\u201d, en G. de la Pe\u00f1a (coord.). <em>La antropolog\u00eda y el patrimonio cultural de M\u00e9xico<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">conaculta<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2011).<em> Postales de la diferencia<\/em>. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">conaculta<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2012). \u201cNotas para construir metodolog\u00edas horizontales\u201d, en S. Corona y O. Kaltmeier. <em>En di\u00e1logo. Metodolog\u00eda de investigaci\u00f3n horizontal en ciencias sociales y culturales<\/em>, pp. 85-110. M\u00e9xico: Gedisa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Debroise, Olivier (2005). <em>Fuga Mexicana. Un recorrido por la fotograf\u00eda en M\u00e9xico.<\/em> Barcelona: Gustavo Gili.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Dorotinsky, Deborah (2007). \u201cLa puesta en escena de un archivo indigenista: El archivo M\u00e9xico Ind\u00edgena del Instituto de Investigaciones Sociales de la <span class=\"small-caps\">unam<\/span>\u201d, <em>Cuicuilco<\/em>, vol. 14, n\u00fam. 41. M\u00e9xico: Escuela Nacional de Antropolog\u00eda e Historia. Disponible en: https:\/\/revistas.inah.gob.mx\/index.php\/cuicuilco\/article\/view\/4433\/4387<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2013): <em>Viaje de sombras. Fotograf\u00edas del desierto de la soledad y los indios lacandones en los a\u00f1os cuarenta<\/em>. <span class=\"small-caps\">unam<\/span>-Instituto de Investigaciones Est\u00e9ticas. M\u00e9xico.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Duarte, Carlota (coord.) 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Disponible en: http:\/\/revistadeindias.revistas.csic.es\/index.php\/revistadeindias\/article\/view\/687\/758revisado el 14 de septiembre de 2016.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Robinson, Scott (1998). \u201cDilemas de la antropolog\u00eda visual mexicana\u201d, <em>Cuicuilco Nueva \u00c9poca<\/em>, vol. 5, n\u00fam. 13, pp. 93-104. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">enah<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Rodr\u00edguez, Gina (1998). \u201cRecobrar la presencia. Fotograf\u00eda indigenista mexicana en la Exposici\u00f3n Hist\u00f3rico-Americana de 1892\u201d, <em>Cuicuilco Nueva \u00c9poca<\/em>, vol. 5, n\u00fam. 13, pp. 123-144. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">enah<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Roussin, Philippe (1993). \u201cFotografiando el segundo descubrimiento de Am\u00e9rica\u201d, en C. Naggar y F. 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