{"id":30445,"date":"2018-09-21T13:14:33","date_gmt":"2018-09-21T13:14:33","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=30445"},"modified":"2023-11-17T19:08:07","modified_gmt":"2023-11-18T01:08:07","slug":"imagenes-del-cuerpo-pandillero","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/","title":{"rendered":"Images du corps des gangs. Repr\u00e9sentations de l'identit\u00e9 \u00e0 partir d'un dialogue collaboratif"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Le texte pr\u00e9sente les conditions g\u00e9n\u00e9rales et certains des r\u00e9sultats de trois enqu\u00eates avec des gangs violents dans la zone m\u00e9tropolitaine de Guadalajara men\u00e9es entre 2013 et 2016, dans le but de contextualiser les repr\u00e9sentations identitaires du corps du gang par les jeunes appartenant \u00e0 ces groupes de coin. Sur la base d'un dialogue collaboratif, r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 travers des entretiens de groupe et la construction conjointe des id\u00e9es centrales pr\u00e9sent\u00e9es ici, nous mettons en \u00e9vidence les questions li\u00e9es \u00e0 la masculinit\u00e9, aux embl\u00e8mes du pouvoir, \u00e0 l'apparence physique et \u00e0 la loyaut\u00e9 envers le gang, ainsi que les accords auxquels nous sommes parvenus dans la construction conjointe de leurs conceptions du corps et de son utilisation au sein du gang. Nous consid\u00e9rons que, bien que cela repr\u00e9sente un danger et une agression constants, leurs corps doivent toujours exprimer clairement leur appartenance \u00e0 un groupe et une affiliation culturelle, leur force pour les confrontations physiques directes, leur capacit\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger les leurs et la d\u00e9monstration qu'ils sont des hommes avant tout.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/cuerpo-pandillero\/\" rel=\"tag\">corps des gangsters<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/guadalajara\/\" rel=\"tag\">Guadalajara<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/identidad\/\" rel=\"tag\">l'identit\u00e9<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/tatuajes\/\" rel=\"tag\">tatouages<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/violencia\/\" rel=\"tag\">violence<\/a><\/p>\n\n\n<p class=\"en-title\">Images des corps des gangs : les repr\u00e9sentations identitaires comme produit d'un dialogue collaboratif<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">L'essai pr\u00e9sente les conditions g\u00e9n\u00e9rales ainsi que certains des r\u00e9sultats de trois enqu\u00eates sur les gangs violents du m\u00e9tro de Guadalajara, entreprises en 2013 et 2016, con\u00e7ues pour contextualiser les repr\u00e9sentations identitaires du corps des gangs de la part des jeunes adultes qui appartiennent \u00e0 ces groupes de la rue. Le dialogue collaboratif est le point de d\u00e9part, via des entretiens de groupe, qui construisent conjointement les principales id\u00e9es exprim\u00e9es ici, notamment les questions de masculinit\u00e9, d'embl\u00e8mes de pouvoir, d'apparence physique et de loyaut\u00e9 au gang comme accords atteints dans la construction partag\u00e9e des concepts corporels et de leur utilisation au sein des gangs. Sachant que ce ph\u00e9nom\u00e8ne est source de dangers et d'agressions constants, les corps des gangs doivent toujours \u00e9noncer clairement l'appartenance au groupe ainsi que les inscriptions culturelles, la force pour les confrontations physiques directes, la capacit\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger les siens et, surtout, d\u00e9montrer ce que c'est que d'\u00eatre un homme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\"><strong>Mots-cl\u00e9s : <\/strong>corps des membres de gangs, identit\u00e9, tatouages, violence, Guadalajara.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Paroles d'ouverture<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract translation-block\"><span class=\"dropcap\">Entre 2012 et 2015, j'ai \u00e9t\u00e9 contact\u00e9 par les autorit\u00e9s de pr\u00e9vention de la criminalit\u00e9 de trois des quatre municipalit\u00e9s de la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de Guadalajara (<span class=\"small-caps\">zmg<\/span>)<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\" target=\"_self\">1<\/a> pour mener une recherche sur les exp\u00e9riences de violence et son augmentation dans certains des quartiers les plus marginalis\u00e9s de ces municipalit\u00e9s. L'objectif \u00e9tait de concevoir des activit\u00e9s d'intervention aupr\u00e8s des jeunes membres de gangs afin de r\u00e9duire les taux de violence et d'\u00e9viter qu'ils ne s'impliquent dans les activit\u00e9s de la criminalit\u00e9 organis\u00e9e, dont les op\u00e9rations avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es dans certaines zones. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments devaient \u00eatre pris en compte. En premier lieu, les exigences du programme <span class=\"small-caps\">subsemun<\/span> indiquent que les colonias<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\" target=\"_self\">2<\/a> dans lesquelles le travail d'investigation\/intervention doit \u00eatre effectu\u00e9 doivent \u00eatre d\u00e9finies par les bureaux de s\u00e9curit\u00e9 publique et de pr\u00e9vention de la criminalit\u00e9 en fonction de leurs propres indicateurs de la pr\u00e9sence de gangs violents ;<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\" target=\"_self\">3<\/a> indices de violence domestique, de rue, scolaire et de voisinage ; cas d'actes criminels affectant les personnes et les biens ; pr\u00e9sence de criminalit\u00e9 organis\u00e9e ; des conditions n\u00e9gatives dans la fourniture de services urbains (pavage, \u00e9clairage public, drainage, manque de voies de transport urbain et d'espaces r\u00e9cr\u00e9atifs, faiblesse des liens du \"tissu social\", manque de centres \u00e9ducatifs et de sources d'emploi, entre autres), et ainsi de suite. Les quartiers de San Juan de Ocot\u00e1n, Santa Ana Tepetitl\u00e1n, Lomas de la Primavera et Mesa de los Ocotes (Zapopan) ; Los Puestos, Francisco Silva Romero et Tateposco (Tlaquepaque) ; et Oblatos, Santa Cecilia, Lomas del Para\u00edso, Miravalle, El Sauz et El Zalate (Guadalajara) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis pour ce travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats de la recherche et des interventions aupr\u00e8s des jeunes membres de gangs ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans Marcial et Vizcarra (2014, 2015 et 2017) pour les cas de Zapopan et Guadalajara ; tandis que pour Tlaquepaque, dans le rapport <em>D\u00e9mosk\u00f3pika<\/em> (2015). Mais ces publications acad\u00e9miques ont \u00e9t\u00e9 soutenues par des campagnes visant \u00e0 influencer les niveaux de violence juv\u00e9nile dans les municipalit\u00e9s par le biais d'activit\u00e9s culturelles et r\u00e9cr\u00e9atives (concerts, th\u00e9\u00e2tre, musique et danse). <em>hip-hop<\/em>enregistrement de <span class=\"small-caps\">cd<\/span>Le projet comprenait \u00e9galement l'enregistrement de clips vid\u00e9o de certaines chansons et leur diffusion sur Facebook, la diffusion \u00e0 la radio des projets musicaux, des expositions de graffitis, des concours canins, etc. <em>pitbull<\/em>(par exemple, \u00e9laboration de manuels et d'ateliers, exposition photographique, mise en relation de jeunes graffeurs et rappeurs avec des sources d'emploi potentielles, et enregistrement et diffusion de deux longs m\u00e9trages documentaires sur les exp\u00e9riences de l'intervention).<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Immersion sur le terrain : \u00e0 l'\u00e9picentre des quartiers<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Les visites de terrain de l'\u00e9quipe de recherche dans les quartiers choisis dans la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de Guadalajara pour ces \u00e9tudes ont servi de base aux contacts avec les informateurs cl\u00e9s (membres de gangs, jeunes non membres de gangs, repr\u00e9sentants institutionnels, membres d'associations civiles et voisins), dont l'objectif \u00e9tait de recueillir leurs opinions sur les probl\u00e8mes qu'ils identifiaient dans leurs quartiers et sur les alternatives possibles. Une autre fa\u00e7on de r\u00e9unir et d'entrer en contact sp\u00e9cifiquement avec les jeunes membres de gangs afin d'appliquer une enqu\u00eate et de rechercher des jeunes qui pourraient \u00eatre des leaders dans leurs quartiers a \u00e9t\u00e9 d'organiser des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cr\u00e9atifs dans chaque quartier. Nous avons d\u00e9fini le th\u00e8me de ces \u00e9v\u00e9nements en fonction de ce que nous ont dit les jeunes des quartiers eux-m\u00eames. Les <em>rap<\/em>,<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> surtout, mais aussi les graffitis, les chiens <em>pitbull<\/em>musique <em>circuit<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> et regaet\u00f3n, ainsi que la pratique de ce que l'on appelle le <em>contact complet<\/em> ou les arts mixtes,<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> \u00e9taient ce qu'ils pr\u00e9f\u00e9raient. L'appel \u00e0 ces \u00e9v\u00e9nements, en plus de l'invitation directe lors de notre travail sur le terrain dans les colonias, a \u00e9t\u00e9 fait par le biais d'affiches sur les cl\u00f4tures et les poteaux. L'un de ces \u00e9v\u00e9nements consistait en une pr\u00e9sentation par des professionnels des soins aux chiens.<em> pitbull<\/em> l'appartenance \u00e0 l'association <span class=\"small-caps\">abkc<\/span> Club canin et r\u00e9dacteurs de magazines <em>Atomic Dogg<\/em>.<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> Une exposition canine a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e avec eux dans chaque colonie, un concours pour les m\u00e2les adultes, un pour les femelles et un pour les chiots \u00e2g\u00e9s de deux mois \u00e0 un an.<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a> Les m\u00e2les ayant remport\u00e9 les trois premi\u00e8res places dans chaque colonie ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s dans l'Association. <span class=\"small-caps\">abkc<\/span> Kennel Club, dont la reconnaissance leur permet d'obtenir une sorte de pedigree,<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> le r\u00e9cent num\u00e9ro du magazine <em>Atomic Dogg<\/em>Le chien a re\u00e7u un collier \u00e0 haute valeur commerciale et un sac de croquettes de 25 kg. Par la suite, un atelier a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 avec les propri\u00e9taires de chiens afin de les sensibiliser au fait qu'avec l'enregistrement des chiens, ils seraient en mesure d'enregistrer leurs chiens dans la base de donn\u00e9es de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">abkc<\/span> Ils pourraient proposer leurs m\u00e2les comme reproducteurs et vendre leurs chiots \u00e0 des prix \u00e9lev\u00e9s, transformant ainsi une activit\u00e9 ill\u00e9gale qu'ils aiment en une activit\u00e9 l\u00e9gale, \u00e9thique et productive, tout en ne mettant pas leurs animaux en danger. Il va sans dire que ces jeunes utilisent leurs chiens comme des armes, que ce soit pour agresser des passants, pour des confrontations avec des bandes rivales, ou m\u00eame pour des combats clandestins avec des paris.<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Nous organisons \u00e9galement des concours lors de chaque camp musical. <em>rap<\/em>avec la pr\u00e9sentation de rappeurs reconnus localement, tels que <em>l'Azt\u00e8que noir<\/em> et <em>Pousser le tueur<\/em>.<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a> Pour le concert de <em>rap <\/em>ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 soumettre leurs propositions avec deux caract\u00e9ristiques : il devait s'agir de cr\u00e9ations auto-\u00e9crites et les jeunes devaient apporter leurs propres morceaux de musique.<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a> Le th\u00e8me des chansons \u00e9tait libre, mais il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 que, pour le concours, une plus grande attention serait accord\u00e9e aux cr\u00e9ations ne traitant pas de violence, de substances ill\u00e9gales ou de sexe explicite. Chaque projet gagnant a re\u00e7u un enregistrement professionnel de quatre chansons, ainsi que des s\u00e9ances professionnelles dans un studio photographique pour l'emballage de l'album. <span class=\"small-caps\">cd<\/span>Ils ont \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d'un atelier pour apprendre \u00e0 faire des enregistrements num\u00e9riques professionnels avec du mat\u00e9riel peu co\u00fbteux. Ils ont \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d'un atelier pour apprendre \u00e0 r\u00e9aliser des enregistrements num\u00e9riques professionnels avec du mat\u00e9riel peu co\u00fbteux. Enfin, nous avons soutenu la diffusion de leurs projets par le biais de leurs pages Facebook personnelles et collectives ; nous avons collabor\u00e9 \u00e0 la mise en relation de ces jeunes rappeurs avec des stations de radio, des agences gouvernementales (Instituts de la jeunesse, etc.), et avec les m\u00e9dias, <span class=\"small-caps\">diff<\/span>Nous avons \u00e9galement suivi certaines initiatives visant \u00e0 \u00e9quiper des studios d'enregistrement (tr\u00e8s \u00e9l\u00e9mentaires) dans leurs propres maisons afin qu'ils puissent r\u00e9aliser davantage de projets musicaux parmi les membres de leurs propres groupes ou, dans quelques cas, en invitant des rappeurs d'autres gangs \u00e0 se produire sur des \"acoplados\".<\/p>\n\n\n\n<p>Le concours de graffitis a \u00e9galement permis de faire appel aux membres des gangs de ces quartiers. Les projets personnels ou en \u00e9quipe \u00e9taient autoris\u00e9s et les plus remarquables ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9s par des outils de dessin et de peinture. Non seulement ils ont re\u00e7u des bo\u00eetes de conserve, mais ils ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9s par des outils de dessin et de peinture. <em>pulv\u00e9riser<\/em>Les enfants ont \u00e9galement re\u00e7u des carnets de croquis, des couleurs, des pinceaux, etc. Ils ont travaill\u00e9 avec eux dans le cadre d'ateliers sur la production de <em>bandes dessin\u00e9es<\/em>Ils ont \u00e9t\u00e9 mis en relation avec d'\u00e9ventuelles entreprises \u00e0 louer, telles que des carrossiers et d'autres entreprises qui fabriquent des publicit\u00e9s dans les rues, des affiches, des d\u00e9pliants, etc. La musique <em>circuit<\/em> et le regaeton n'\u00e9taient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s que par les jeunes membres des gangs de Guadalajara, en plus du <em>rap<\/em>. A Tlaquepaque et Zapopan, il n'y a de go\u00fbt que pour la <em>rap<\/em>. Nous avons donc organis\u00e9 des concours de danse dans ces genres, \u00e9tant donn\u00e9 qu'il n'y avait pas de projets li\u00e9s \u00e0 la cr\u00e9ation et \u00e0 l'enregistrement de musique dans ces cas.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, le sujet des arts martiaux n'avait aucune chance, \u00e9tant donn\u00e9 le refus des autorit\u00e9s municipales d'encourager ce sport, qu'elles consid\u00e8rent comme \"violent\". L'id\u00e9e que nous avons d\u00e9velopp\u00e9e a \u00e9t\u00e9 de cr\u00e9er des salles de sport \u00e0 co\u00fbt r\u00e9duit pour leur permettre de s'entra\u00eener, en les mettant en contact avec des instructeurs agr\u00e9\u00e9s et en am\u00e9nageant des espaces dans les installations de la mairie ou en cherchant des alternatives. Nous avons reconnu que cette pratique est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la possibilit\u00e9 de d\u00e9velopper des comp\u00e9tences pour des confrontations physiques directes comme forme d'autoprotection contre les conditions d'ins\u00e9curit\u00e9 dans leurs quartiers, mais en tant que sport, elle pourrait \u00eatre une activit\u00e9 qui les conduirait \u00e0 une discipline et \u00e0 la possibilit\u00e9 de s'y consacrer professionnellement. Nous avons rappel\u00e9 aux autorit\u00e9s l'histoire de la boxe mexicaine, qui remonte \u00e0 au moins un demi-si\u00e8cle et qui a produit des champions du monde issus pr\u00e9cis\u00e9ment de nombreux quartiers populaires connaissant de telles situations de violence de rue, et il leur a \u00e9t\u00e9 dit que cette exp\u00e9rience serait reproduite dans le cas de ce sport. Malheureusement, la conception de la nature violente de cette pratique et le fait que c'est ce que nous voulions \u00e9viter ont fait que cette alternative n'a pas \u00e9t\u00e9 soutenue avec les ressources correspondantes. Enfin, nous avons organis\u00e9 d'autres ateliers sur la sensibilisation aux aspects n\u00e9gatifs de la violence, l'importance des droits de l'homme dans la vie quotidienne, la formation aux droits sexuels, la construction de masculinit\u00e9s et de paternit\u00e9s alternatives, l'\u00e9ducation \u00e0 la paix et les moyens de r\u00e9soudre les conflits par le dialogue, le respect et la paix.<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 ces activit\u00e9s culturelles, un travail de terrain a \u00e9t\u00e9 men\u00e9 dans les quartiers s\u00e9lectionn\u00e9s par le biais de visites permanentes et d'observations et d'analyses ethnographiques. Chaque gang comptait entre 25 et 150 membres.<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a> Ils ont entre 12 et 32 ans et, selon leurs propres d\u00e9signations, il existe d'importantes rivalit\u00e9s entre \"norte\u00f1os\" et \"sure\u00f1os\", ainsi qu'entre les gangs originaires de Los Angeles et form\u00e9s \u00e0 partir de l'Union europ\u00e9enne. <span class=\"small-caps\">mm, nf<\/span>le B-18 et le B-13. La division entre \"nordistes\" et \"sudistes\" d\u00e9coule de l'histoire du cholismo d'il y a 40 ans et est li\u00e9e \u00e0 deux grandes organisations criminelles de \"gangs\" ou \"pandillas\" mexicains command\u00e9s par leurs chefs depuis les p\u00e9nitenciers californiens, la Mafia mexicaine (<span class=\"small-caps\">mm<\/span>) et Notre famille (<span class=\"small-caps\">nf<\/span>) (Marcial, 2011). Un cas similaire est celui du Barrio 13 (B-13) de Los Angeles, qui, au Salvador et apr\u00e8s l'expulsion de milliers de jeunes de Californie vers leur pays, a form\u00e9 ce qui est aujourd'hui connu sous le nom de Mara Salvatrucha ; et ses rivaux \u00e0 mort, le Barrio 18 (B-18) (Valenzuela, Nateras et Reguillo, 2007 ; Nateras, 2011 et Cerbino 2011). Bien que les noms, les chiffres et les couleurs n'impliquent pas n\u00e9cessairement un lien direct avec ces organisations criminelles, ils sont repris comme des symboles distinctifs dans les affrontements pour le territoire et le prestige. Lors des \u00e9v\u00e9nements musicaux, des graffitis et des combats de chiens, la pr\u00e9sence de ces groupes \u00e9tait \u00e9vidente gr\u00e2ce \u00e0 leurs v\u00eatements rouges (nordistes) et bleus (sudistes). Parmi les jeunes interrog\u00e9s, environ 70% ont reconnu appartenir ou avoir appartenu \u00e0 un groupe de jeunes du quartier appel\u00e9 \"pandilla\", \"barrio\" ou \"barrio\". <em>\u00e9quipage<\/em>. La participation des femmes \u00e0 ce type de groupe est tr\u00e8s faible et tend \u00e0 dispara\u00eetre \u00e0 l'\u00e2ge de 20 ans. D'apr\u00e8s notre travail ethnographique, il y a plusieurs raisons \u00e0 cela. Tout d'abord, la pr\u00e9sence des femmes dans ce type de groupes de voisinage est souvent \"d\u00e9corative\". Les femmes qui approchent et vivent avec les hommes de ces groupes, dans la plupart des cas, ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es par ces jeunes hommes comme des membres (de plein droit) de la bande. Certes, leur participation est bien moindre que celle de leurs homologues masculins, mais plus encore, elles sont largement invisibles pour eux car elles ne sont consid\u00e9r\u00e9es que comme des \"ressources sexuelles\" pour certains membres du groupe. Ainsi, beaucoup de ces filles ne se consid\u00e8rent pas comme faisant partie du gang, m\u00eame si elles vivent avec eux, car il n'est pas si facile d'\u00eatre membre en tant que femme. Il convient \u00e9galement de noter qu'il existe des cas o\u00f9, face \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 de l'exclusion, les femmes forment leurs propres groupes auxquels les hommes ne participent pas. Nous connaissons le cas des Zorras 14, de Santa Ana Tepetitl\u00e1n, comme le seul de ce type que nous ayons d\u00e9tect\u00e9 avec certitude.<a class=\"anota\" id=\"anota16\" data-footnote=\"16\">16<\/a> D'autre part, l'arriv\u00e9e d'enfants, principalement due \u00e0 des grossesses non planifi\u00e9es, est l'une des principales causes de l'arr\u00eat de la participation des femmes \u00e0 ces groupes \u00e0 un \u00e2ge plus avanc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L'emploi du temps des jeunes de ces quartiers est principalement consacr\u00e9 au travail, puis \u00e0 l'\u00e9cole, et tr\u00e8s rarement aux deux. Le pourcentage de jeunes qui travaillent est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, en particulier entre 16 et 20 ans, et l'activit\u00e9 professionnelle est pr\u00e9sente tout au long de la vie des jeunes (de 10 \u00e0 36 ans). L'\u00e9cole est l'activit\u00e9 principale entre 10 et 15 ans, mais \u00e0 partir de 16 ans, elle dispara\u00eet chez les jeunes de ces quartiers. Enfin, l'inactivit\u00e9 (ni \u00e9cole ni travail) dispara\u00eet apr\u00e8s 20 ans, lorsque tous ces jeunes ont une activit\u00e9 professionnelle, surtout dans le secteur informel et dans le secteur parajuridique. En termes d'\u00e9ducation, l'abandon scolaire est une crise au cours du secondaire, o\u00f9 pr\u00e8s de 70% de ces jeunes abandonnent l'\u00e9cole. En ce qui concerne les arrestations par la police, 37,7% des jeunes interrog\u00e9s appartenant ou ayant appartenu \u00e0 des \"barrios\" reconnaissent avoir \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s au moins une fois. Le d\u00e9sordre sur la voie publique, les bagarres de rue, la possession de substances ill\u00e9gales et l'agression de passants en sont les principales causes. 54% des jeunes arr\u00eat\u00e9s avaient entre 16 et 20 ans. Les p\u00e9riodes de d\u00e9tention pour ces jeunes allaient d'une nuit \u00e0 une semaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les jeunes membres de gangs interrog\u00e9s ont fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 quatre types de privations dans leur quartier, que l'on peut diviser en deux sous-groupes en raison de leurs implications. Dans l'un de ces deux sous-groupes, nous trouvons deux lacunes qui ont trait \u00e0 des politiques de plus grande envergure concernant la n\u00e9cessit\u00e9 pour les jeunes des quartiers pauvres d'avoir un meilleur acc\u00e8s \u00e0 l'\u00e9ducation (\u00e9coles) et \u00e0 l'emploi (centres pour l'emploi). Comme nous le savons, il s'agit d'actions gouvernementales, dans une large mesure plus structurelles et plus ambitieuses. Dans le deuxi\u00e8me sous-groupe, nous pla\u00e7ons les d\u00e9ficiences que les jeunes membres de gangs ont identifi\u00e9es dans leurs quartiers et qui sont li\u00e9es \u00e0 des actions de moyenne envergure. Il s'agit du manque d'espaces de loisirs et de d\u00e9tente, qu'il s'agisse d'espaces sportifs, culturels ou d'int\u00e9gration dans le quartier. En plus de leurs pr\u00e9f\u00e9rences sportives et musicales, avant de les interroger sur cette question, nous avons recueilli leur avis sur le type d'activit\u00e9s (en g\u00e9n\u00e9ral) qu'ils estiment n\u00e9cessaires dans leur quartier. La musique <em>rap<\/em> l'emporte \u00e9galement sur tout autre type d'activit\u00e9 culturelle, \u00e0 l'exception de la musique, et ce de mani\u00e8re tr\u00e8s marqu\u00e9e dans les groupes d'\u00e2ge les plus jeunes (10-15 et 16-20), tout en restant le plus important dans les groupes d'\u00e2ge les plus \u00e9lev\u00e9s (21-36). Si l'on ajoute \u00e0 cela la deuxi\u00e8me variable la plus importante (<em>Disc Jockey<\/em> \"<span class=\"small-caps\">dj<\/span>\"En plus de la production musicale, qui est \u00e9galement li\u00e9e \u00e0 leur musique pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, trois jeunes membres de gangs sur quatre sont int\u00e9ress\u00e9s par l'existence d'espaces pour cette activit\u00e9 musicale. Le dessin et le design, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la pratique du graffiti, ainsi que la formation \u00e0 l'\u00e9levage et au dressage de chiens sont les autres activit\u00e9s mentionn\u00e9es. Nous sommes convaincus qu'en r\u00e9pondant \u00e0 ces demandes sp\u00e9cifiques, nous serons en mesure de r\u00e9parer ou de reconstruire le tissu social qui est actuellement si disloqu\u00e9 dans ces quartiers, comme la possibilit\u00e9 la plus viable d'avoir de meilleures conditions communautaires pour la r\u00e9silience sociale et le d\u00e9veloppement des quartiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais maintenant me concentrer sur la construction de l'identit\u00e9 \u00e0 travers le \"corps du gang\". Dans le cadre du travail susmentionn\u00e9 sur les gangs violents de la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de Guadalajara, nous avons engag\u00e9 des photographes professionnels pour documenter notre travail ethnographique. Selon les sp\u00e9cifications des programmes f\u00e9d\u00e9raux qui ont financ\u00e9 notre travail de recherche\/intervention, nous \u00e9tions oblig\u00e9s de soumettre des photographies et des vid\u00e9os pour prouver que nous \u00e9tions sur le terrain en train de faire le travail. Miguel Vizcarra et moi-m\u00eame ne voulions pas que ces produits soient simplement class\u00e9s dans des dossiers dans un tiroir de bureau des municipalit\u00e9s, mais plut\u00f4t qu'ils fassent partie d'une campagne en faveur de la r\u00e9solution pacifique des conflits et contre toutes les formes de violence (exposition photographique, livre d'images et documentaires cin\u00e9matographiques). Mais en m\u00eame temps, les vid\u00e9os et les images ont contribu\u00e9 dans une large mesure en tant qu'objets de connaissance que nous avons interrog\u00e9s et analys\u00e9s afin de documenter nos r\u00e9sultats et nos propositions.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cet essai, je r\u00e9cup\u00e8re certaines de ces images pour analyser, en collaboration avec les jeunes membres de gangs, ce que leurs corps repr\u00e9sentent pour eux en tant que r\u00e9f\u00e9rents identitaires et v\u00e9hicules de leur projection en tant que membres d'un gang, d'un quartier ou d'une communaut\u00e9. <em>\u00e9quipage<\/em>. Je comprends avec Strong (2011) le dialogue collaboratif comme une v\u00e9ritable alternative au \"dialogue professionnel bas\u00e9 sur des preuves\", \u00e0 partir d'une proposition constructionniste bas\u00e9e sur les id\u00e9es germinales de Socrate, Schutz, Mead, Ricoeur et Lyotard, parmi d'autres. Il interpelle l'intersubjectivit\u00e9 de ceux qui interviennent dans un dialogue pour exprimer et \u00e9changer des id\u00e9es, afin de r\u00e9fl\u00e9chir de mani\u00e8re critique \u00e0 la mani\u00e8re de construire des visions sur des sujets sp\u00e9cifiques. Con\u00e7us comme \"un contre-r\u00e9cit historique\", les participants au dialogue sont des cr\u00e9ateurs actifs de sens sur la mani\u00e8re dont les ph\u00e9nom\u00e8nes qui affectent directement la vie quotidienne des personnes impliqu\u00e9es sont structur\u00e9s, pr\u00e9sent\u00e9s et font l'objet d'interventions (Strong, 2011 : 111). De leur c\u00f4t\u00e9, les r\u00e9flexions collaboratives sur l'utilisation du corps des gangs se sont toujours concentr\u00e9es sur les r\u00e9f\u00e9rents de groupe qui sont construits et reproduits au sein des gangs. Ces r\u00e9f\u00e9rents culturels renvoient \u00e0 la mani\u00e8re dont les membres de ces groupes de coin construisent collectivement des divisions claires entre ceux qui sont \u00e0 l'int\u00e9rieur (\" nous \") et ceux qui ne le sont pas (\" les autres \"). Pour reprendre les termes de Gim\u00e9nez (2010 : 4),<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">L'identit\u00e9 peut \u00eatre d\u00e9finie comme un processus subjectif (et souvent autor\u00e9flexif) par lequel les sujets d\u00e9finissent leurs diff\u00e9rences par rapport aux autres sujets (et \u00e0 leur environnement social) en s'attribuant un r\u00e9pertoire d'attributs culturels fr\u00e9quemment valoris\u00e9s et relativement stables dans le temps. Mais il faut imm\u00e9diatement ajouter une pr\u00e9cision cruciale : l'auto-identification du sujet de la mani\u00e8re susmentionn\u00e9e doit \u00eatre reconnue par les autres sujets avec lesquels il\/elle interagit afin d'exister socialement et publiquement.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, ce sont les th\u00e8mes de la masculinit\u00e9, du pouvoir, de la capacit\u00e9 \u00e0 se battre et de la loyaut\u00e9 envers le groupe qui ont \u00e9merg\u00e9 de l'analyse collaborative des corps des gangs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le corps des gangs sur sc\u00e8ne : repr\u00e9sentations de l'identit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Il y a quelques ann\u00e9es, Laura Loeza, une coll\u00e8gue estim\u00e9e du Centro de Investigaciones Interdisciplinarias en Ciencias y Humanidades (<span class=\"small-caps\">ceiich<\/span>) de la <span class=\"small-caps\">unam<\/span>et moi avons parl\u00e9 de l'importance des images comme source d'information sur nos objets d'\u00e9tude, mais surtout des personnes avec lesquelles nous avons discut\u00e9 pendant notre travail sur le terrain pour g\u00e9n\u00e9rer les informations n\u00e9cessaires \u00e0 nos analyses. Je me souviens que nous \u00e9tions d'accord sur le fait qu'en tant que chercheurs, beaucoup d'entre nous \u00e9taient des photographes \"tent\u00e9s\" et que, dans certains cas, beaucoup de nos images de terrain avaient tendance \u00e0 rester sur nos appareils mobiles, m\u00eame si certaines d'entre elles m\u00e9ritaient des interpr\u00e9tations d\u00e9taill\u00e9es. C'est ainsi qu'est n\u00e9e l'id\u00e9e, qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 une publication (Marcial, 2010), de r\u00e9unir des coll\u00e8gues ayant les m\u00eames intentions, afin de monter une exposition d'images anthropologiques li\u00e9es \u00e0 la migration, accompagn\u00e9es de brefs textes pour les contextualiser. Avec ces images, des expositions ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es \u00e0 El Colegio de Jalisco, au <span class=\"small-caps\">unam<\/span> et \u00e0 l'Universit\u00e9 de Montr\u00e9al en 2010. L'exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 si enrichissante que des ann\u00e9es plus tard, en 2013, nous avons r\u00e9it\u00e9r\u00e9 l'initiative d'une exposition photographique \u00e0 l'Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. <span class=\"small-caps\">unam<\/span> et \u00e0 l'Universit\u00e9 de Guadalajara, bien que cette fois-ci nous n'ayons pas obtenu les ressources n\u00e9cessaires pour le publier dans un livre.<a class=\"anota\" id=\"anota17\" data-footnote=\"17\">17<\/a> Depuis lors, je suis convaincue que les images peuvent \u00eatre des outils tr\u00e8s efficaces pour le travail ethnographique, en particulier lorsque les sujets impliqu\u00e9s participent aux d\u00e9cisions relatives \u00e0 la prise de vue, aux compositions, aux lieux et aux choses \u00e0 consid\u00e9rer comme faisant partie des photographies.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n'a pas \u00e9t\u00e9 difficile de trouver un soutien \u00e0 cette utilisation ethnographique de la photographie dans les recherches men\u00e9es sur le sujet. La photoethnographie, entendue comme une ressource bas\u00e9e sur l'image pour la construction d'un r\u00e9cit ethnographique (Achutti, 1997), op\u00e8re \u00e0 travers le r\u00e9cit qui se construit \u00e0 partir d'une image photographique pour collaborer de mani\u00e8re pr\u00e9pond\u00e9rante \u00e0 la recherche et \u00e0 l'explication des significations culturelles des groupes sociaux \u00e0 petite \u00e9chelle. Et si ces micro-groupes sociaux sont invisibilis\u00e9s, r\u00e9duits au silence et sous-\u00e9valu\u00e9s par l'ordre institutionnel, la photoethnographie peut devenir une voie d'analyse privil\u00e9gi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Il convient de noter que la photoethnographie, en tant qu'\u00e9tude des microcultures, est une voie int\u00e9ressante \u00e0 la fois pour le travail historique sur les pratiques sociales et pour le travail sur les conditions actuelles des diff\u00e9rents groupes ethniques (scolaires, urbains, sportifs, ruraux, g\u00e9n\u00e9rationnels, de genre, etc.) Dans notre activit\u00e9 photo-ethnographique, en suivant les lignes directrices d'une recherche qui privil\u00e9gie les voix opprim\u00e9es et l'appel de l'anthropologie visuelle \u00e0 ne pas n\u00e9gliger la subjectivit\u00e9 autochtone, des strat\u00e9gies sont d\u00e9velopp\u00e9es dans lesquelles des inventaires et des syst\u00e9matisations sont r\u00e9alis\u00e9s sur la base d'une cat\u00e9gorisation d\u00e9ductive et inductive, ainsi que des strat\u00e9gies dans lesquelles les chercheurs et les recherch\u00e9s participent \u00e0 la prise de la photo et \u00e0 l'explication (Moreno, 2013 : 132).<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les nombreuses d\u00e9marcations culturelles choisies par les jeunes, telles que la musique, l'habillement, la litt\u00e9rature, les pr\u00e9f\u00e9rences en mati\u00e8re de loisirs, les expressions artistiques, les formes d'organisation, les conceptions de la d\u00e9mocratie, de la tol\u00e9rance et de l'\u00e9galit\u00e9 sociale, etc., le corps a pris une importance radicale au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies en tant que vecteur d'identit\u00e9 permettant de mettre en \u00e9vidence la diff\u00e9rence culturelle. Le corps est en effet l'une des ressources les plus appropri\u00e9es en raison de sa capacit\u00e9 \u00e0 montrer\/cacher des marques, \u00e0 les porter sur soi et \u00e0 en jouir au quotidien, que ce soit individuellement, \u00e0 deux ou en groupe. De plus, le corps est la derni\u00e8re ressource embl\u00e9matique pour de nombreux jeunes face au contr\u00f4le, \u00e0 la d\u00e9sapprobation et au manque d'espaces de jeunesse propices \u00e0 l'expression culturelle ; c'est la derni\u00e8re redoute identitaire la moins susceptible de discipliner, de contr\u00f4ler et de punir l'expressivit\u00e9 politico-culturelle et l'inscription d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e dans des modes d'\u00eatre alternatifs et dissidents dans la soci\u00e9t\u00e9 (Foucault, 2002).<\/p>\n\n\n\n<p>Et face aux expressions corporelles, toujours selon Foucault,<a class=\"anota\" id=\"anota18\" data-footnote=\"18\">18<\/a> les discours sociaux construisent des cat\u00e9gories de personnes sur la base de leur corps dans le cadre de strat\u00e9gies historiques de contr\u00f4le et de domination.<a class=\"anota\" id=\"anota19\" data-footnote=\"19\">19<\/a> La soci\u00e9t\u00e9 Tapatia, notamment \u00e0 travers les discours institutionnels et les m\u00e9dias, con\u00e7oit le corps des gangs comme la manifestation de pratiques associ\u00e9es \u00e0 la d\u00e9linquance, \u00e0 la consommation de substances illicites, \u00e0 la perte de temps productif, \u00e0 la violence et \u00e0 l'ins\u00e9curit\u00e9. Pourtant, gr\u00e2ce aux diverses pratiques contemporaines des jeunes qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 l'utilisation du corps comme vecteur d'identit\u00e9, de nombreux stigmates sociaux concernant certaines formes de d\u00e9coration permanente du corps (tatouages, piercings, etc.) ont \u00e9t\u00e9 \u00e9rod\u00e9s, <em>image de marque<\/em>, <em>scarification<\/em>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le discours institutionnel a chang\u00e9, mais il existe encore une pr\u00e9valence des conceptions du XIXe si\u00e8cle qui associent, par exemple, les tatouages \u00e0 des personnes qui passent beaucoup de temps dans l'\"oisivet\u00e9\", comme les prisonniers, les marins et les membres de gangs.<a class=\"anota\" id=\"anota20\" data-footnote=\"20\">20<\/a> En outre, les jeunes membres de gangs construisent un \"contre-discours\" (Foucault, 1998) qui renverse le discours officiel de contr\u00f4le et de punition du corps du gang.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Le corps, autant qu'il s'assimile aux mod\u00e8les h\u00e9g\u00e9moniques par la socialisation, r\u00e9siste aussi aux pressions de l'environnement social et du moi, mais c'est dans son entrelacement par la culture que se trouvent les formes d\u00e9riv\u00e9es de cette r\u00e9sistance et de cette adaptation [...] Bien que le tatouage cherche aussi \u00e0 communiquer avec les autres [...], les inscriptions tatou\u00e9es sont presque toujours des formes de singularisation, de trouver - se r\u00e9v\u00e9lant dans leurs recherches et explorations - les marques de l'identit\u00e9 individuelle ou communautaire. [...] le tatouage peut \u00eatre un jeu permanent pour \u00e9chapper au pouvoir, pour jouer avec lui, pour s'approprier le corps, et parfois pour affronter le pouvoir afin de l'atteindre (Mor\u00edn et Nateras, 2009 : 12).<\/p>\n\n\n\n<p>En travaillant en collaboration avec certains jeunes membres de gangs dans les \u00e9tudes mentionn\u00e9es ci-dessus, nous avons identifi\u00e9 au moins quatre th\u00e8mes principaux li\u00e9s \u00e0 l'utilisation communicative et collective du corps du gang, qui a fait l'objet d'une intervention par le biais de tatouages.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Masculinit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">L'une des conceptions que ces jeunes hommes ont de leur corps est \u00e9troitement li\u00e9e aux r\u00f4les traditionnels des hommes et des femmes. Parmi d'autres comp\u00e9tences li\u00e9es \u00e0 la masculinit\u00e9 traditionnelle (\u00eatre pourvoyeur, ne pas exprimer ses sentiments, ne pas faire semblant d'\u00eatre beau, ne pas avoir peur, \u00eatre expert dans l'exercice de la sexualit\u00e9, etc. Il s'agit l\u00e0 d'un \u00e9l\u00e9ment essentiel des interactions quotidiennes au sein de la bande ou du quartier, car la s\u00e9curit\u00e9 de chacun d\u00e9pend de la capacit\u00e9 de tous \u00e0 prot\u00e9ger l'autre. <em>homie<\/em>,<a class=\"anota\" id=\"anota21\" data-footnote=\"21\">21<\/a> le coin, le quartier et la terre.<a class=\"anota\" id=\"anota22\" data-footnote=\"22\">22<\/a> En dehors de ces groupes, la capacit\u00e9 de protection s'\u00e9tend \u00e0 la famille et au partenaire. La possibilit\u00e9 d'\u00eatre un \"bon protecteur des siens\" est souvent associ\u00e9e \u00e0 une caract\u00e9ristique du corps du membre du gang : les \"marques de guerre\", exprim\u00e9es par les tatouages qu'il a acquis. Cependant, si la raison principale est li\u00e9e \u00e0 la place que l'on occupe au sein du groupe de quartier, elle a aussi des implications sur les relations sentimentales et sexuelles avec les \"jainas\" de leur quartier.<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia601506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/Ima%CC%81genes%20del%20cuerpo%20pandillero\/img1.png\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"364x546\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 1. Tlaquepaque, abril de 2016. Autor: Miguel Vizcarra D\u00e1vila. 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Le sujet de l'image a d\u00e9cid\u00e9 de montrer la s\u00e9curit\u00e9 dans le sens d'\"avoir tout sous contr\u00f4le\". L'accent est mis sur la couleur rouge des tatouages, car elle fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l'effusion de sang dans la d\u00e9fense du quartier contre des sujets ext\u00e9rieurs. La larme qui \"tombe\" de l'\u0153il est \u00e9galement li\u00e9e au fait de \"devoir une ou plusieurs vies\" qui ont \u00e9t\u00e9 prises pour le bien du groupe. Les \u00e9toiles sur le col \u00e9voquent les \"m\u00e9dailles\" obtenues lors de batailles de rue. Le porteur est ainsi pr\u00e9sent\u00e9 comme un \"homme\", un protecteur s\u00fbr du quartier et de la communaut\u00e9. <em>hommies<\/em>.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Sim\u00f3n, \u00e9coute, elles cherchent une protection parce qu'ici, dans le quartier, les choses vont vraiment mal. Elles veulent \u00eatre avec un type qui les prot\u00e8ge, qui ne les tabasse pas, qui est un vrai salaud quand il s'agit de se battre. Donc elles te voient avec un tatouage et se disent \"ce mec est macho, je veux \u00eatre avec lui\". <em>wevo<\/em>C'est pourquoi il y a de plus en plus de vieilles femmes qui se prom\u00e8nent comme \u00e7a\" [tatou\u00e9es] (Florence 13, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que le discours officiel insiste pour d\u00e9nigrer le corps des membres de gangs parce qu'il est orn\u00e9 de tatouages, ce qui est g\u00e9n\u00e9ralement une raison suffisante pour se voir refuser un emploi ou \u00eatre d\u00e9tenu arbitrairement par des officiers de police, dans leur vie quotidienne, cela leur permet d'avoir plus de succ\u00e8s aupr\u00e8s des femmes. Les implications de ce ph\u00e9nom\u00e8ne renforcent dans une large mesure la construction d'une masculinit\u00e9 traditionnelle associ\u00e9e au fait d'\u00eatre d\u00e9sir\u00e9 par le plus grand nombre de femmes possible (Ram\u00edrez et Uribe, 2008). En ce sens, dans l'\u00e9tude sur les gangs de Guadalajara, nous avons constat\u00e9 que beaucoup de ces jeunes hommes ont recours \u00e0 au moins deux moyens pour renforcer leur image masculine face \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration qu'elle subit en raison du manque d'emploi. Le r\u00f4le de pourvoyeur au sein de cette masculinit\u00e9 traditionnelle est de la plus haute importance. Beaucoup de ces jeunes hommes ont de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s \u00e0 trouver un emploi formel avec un bon revenu pour aider financi\u00e8rement leur m\u00e9nage, et ils sont donc consid\u00e9r\u00e9s comme \"non virils\" s'ils ne remplissent pas leur r\u00f4le de pourvoyeur. Le fait d'\"\u00eatre un homme\" renforce donc cette masculinit\u00e9 \"d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e\" par le nombre de \"jainas\" qu'ils ont, comme nous l'avons vu ici. L'autre fa\u00e7on de redresser leur masculinit\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 l'utilisation de la violence physique et psychologique. Ici, \"\u00eatre un homme\" est \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9 comme le fait de crier le plus fort, de se battre le plus, d'agresser le plus, de violer le plus (au sein du groupe du coin, contre d'autres groupes similaires ou contre des policiers, et m\u00eame \u00e0 l'int\u00e9rieur de sa propre maison et de son \u00e9cole lorsqu'on va \u00e0 l'\u00e9cole).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un embl\u00e8me de puissance<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Comme je l'ai mentionn\u00e9 dans la section pr\u00e9c\u00e9dente, le corps du gang, \u00e0 travers le tatouage, est directement li\u00e9 \u00e0 la place que chaque jeune occupe au sein du groupe du coin. En effet, chaque tatouage est li\u00e9 \u00e0 certaines exp\u00e9riences et situations li\u00e9es aux pratiques du groupe (bagarres, migration, emprisonnement ou \"attachement\"),<a class=\"anota\" id=\"anota24\" data-footnote=\"24\">24<\/a> toxicomanie, \"jainas\", etc.) Mais chaque tatouage se \"m\u00e9rite\" et n'est pas fait pour le seul plaisir du jeune. Cette pratique corporelle est r\u00e9glement\u00e9e et ritualis\u00e9e au sein du groupe : ils ne doivent pas se faire tatouer \"juste pour le plaisir\", juste pour le plaisir. Le groupe lui-m\u00eame d\u00e9cide si le tatouage est m\u00e9rit\u00e9, s'il a \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9, et a donc des implications pour la hi\u00e9rarchie interne du groupe qui se traduit par un prestige personnel aux yeux des pairs et des membres des groupes rivaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">C'est que le<em> tatouages <\/em>[Les tatouages sont comme les m\u00e9dailles des g\u00e9n\u00e9raux. Ils se m\u00e9ritent, pas comme les jeunes cool qui se les font juste pour le plaisir. Ici, il faut le m\u00e9riter [...]. <em>tatouages<\/em> et les blessures des broncas sont comme les m\u00e9dailles des batailles gagn\u00e9es, et ainsi votre prestige vous accompagne [<em>sic<\/em>],<a class=\"anota\" id=\"anota25\" data-footnote=\"25\">25<\/a> \u00bf<em>ed\u00e1<\/em>(Florence 13, 2015).<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia601506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/img2.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"814x457\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 2. Guadalajara, octubre de 2015. Autor: Jon\u00e1s Gonz\u00e1lez Illoldi. Descriptores: Tatuajes, Poder.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia601506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/img2.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia601506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/img3.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"743x418\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 3. Guadalajara, noviembre de 2015. Autor: Charlie Uribe.Descriptores: Tatuajes, Peleas.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia601506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/img3.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 2 : Guadalajara, octobre 2015. Auteur : Jon\u00e1s Gonz\u00e1lez Illoldi. Descripteurs : Tatouages, Pouvoir.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Le tatouage est principalement repr\u00e9sent\u00e9 dans le coin qui est domin\u00e9, dans le \"te rre\" et avec le <em>hommies<\/em>. Chaque tatouage fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un accomplissement, il doit \u00eatre m\u00e9rit\u00e9 et approuv\u00e9 par le groupe pour pouvoir \u00eatre port\u00e9. Ce n'est qu'ainsi qu'il est possible de le montrer \u00e0 ses pairs. Le gars de la photo a choisi le lieu de rencontre le plus embl\u00e9matique du gang. Il se montre avec ses tatouages et des signes de la main, faisant r\u00e9f\u00e9rence au quartier auquel il appartient, o\u00f9 les embl\u00e8mes de pouvoir qu'il \"porte\" sur son corps \u00e0 travers ses tatouages ont un sens pour lui.<\/p>\n<\/div><div class=\"caption\">Image 3 : Guadalajara, novembre 2015. Descripteurs : Tatouages, Bagarres.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Les tatouages envoient m\u00eame des messages aux adversaires lors de rencontres physiques directes. Les images de l'affiliation des Sure\u00f1os sont pr\u00e9sent\u00e9es avec le nom de famille paternel comme r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une famille, mais entre les deux, une menace est prof\u00e9r\u00e9e : \"Seuls les faibles nous traitent de cruels\". L'objectif est de faire comprendre que l'utilisation de la force est li\u00e9e \u00e0 cette d\u00e9monstration de puissance et que les Sure\u00f1os ne sont pas intimid\u00e9s par une quelconque menace ext\u00e9rieure.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Cette pr\u00e9sentation du corps des gangs est li\u00e9e \u00e0 la capacit\u00e9 de se distinguer parmi les autres membres du groupe et face aux rivaux. Et dans les formes d'interaction de ces jeunes, le prestige individuel ou collectif est d'une importance capitale pour la vie quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L'apparence physique<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Au-del\u00e0 des tatouages et autres d\u00e9corations corporelles, la pr\u00e9sentation du corps de ces jeunes est \u00e9galement li\u00e9e \u00e0 une projection de la \"solidit\u00e9\" effective n\u00e9cessaire pour s'imposer dans les confrontations physiques directes. Depuis l'entr\u00e9e dans le gang ou le quartier, en passant par le rituel de la \"brincada\", la capacit\u00e9 \u00e0 faire face aux coups est l'un des aspects primordiaux que chacun doit poss\u00e9der. Dans les bandes, la \"brincar\" est un rite d'acceptation dans le groupe de jeunes du coin. Il consiste en ce que celui qui aspire \u00e0 rejoindre le gang doit \"sauter\" (affronter) trois ou quatre membres du groupe pendant un certain nombre de secondes. Ce temps est li\u00e9 \u00e0 l'identit\u00e9 du groupe, sp\u00e9cifi\u00e9e dans le nom du groupe. Dans ce nom, il y a g\u00e9n\u00e9ralement un chiffre qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l'assignation identitaire selon la lettre qu'il repr\u00e9sente dans l'alphabet (Florencia 13, Lacras 51, Warriors <span class=\"small-caps\">xviii<\/span>Une autre famille du Sud 13 (<span class=\"small-caps\">de<\/span>13), Barrio Los Destroyes 32 (<span class=\"small-caps\">bld<\/span>32), Pobreros 13, Callej\u00f3n 21). En d'autres termes, si vous voulez rejoindre la Florencia, il vous faudra 13 secondes, tandis que si vous voulez rejoindre les Lacras, vous devrez r\u00e9sister \u00e0 51 secondes de coups. La fonction du rite est de permettre \u00e0 l'aspirant de faire preuve d'endurance et de loyaut\u00e9 envers le groupe de mani\u00e8re illimit\u00e9e. En d'autres termes, sa signification est li\u00e9e au fait que, tout comme le jeune homme ou la jeune femme est battu(e) par les membres de la bande, de la m\u00eame mani\u00e8re, la personne soumise au rituel doit d\u00e9montrer qu'elle aura le courage, l'audace et la force de d\u00e9fendre sa bande contre les rivaux d'autres bandes ou contre la police.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Il ne s'agit pas d'aller \u00e0 la salle de sport pour se faire \"exploser\", pour se muscler. Nous nous entra\u00eenons et faisons des exercices, mais c'est pour savoir comment frapper fort et devenir plus fort pour r\u00e9sister aux coups. Comme on dit, il vaut mieux \u00eatre dur que \"mamey\" ; il vaut mieux \u00eatre vrai et ne pas se contenter de l'apparence (Cannabis 52, 2013).<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sentation du corps du membre de gang a \u00e0 voir avec son efficacit\u00e9 pour gagner des combats individuels et collectifs et non avec des questions d'esth\u00e9tique virile bas\u00e9e sur le marquage et l'exaltation des muscles et des formes d'un corps athl\u00e9tique. Comme nous l'avons vu dans l'une des \u00e9tudes mentionn\u00e9es ici (Marcial et Vizcarra, 2014), les jeunes membres de gangs sont d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9s d'une violence symbolique rarement et rituellement mise en \u0153uvre dans la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 une violence r\u00e9elle qu'ils ne se soucient plus de repr\u00e9senter symboliquement, mais plut\u00f4t d'exercer pratiquement (Marcial, 2016).<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia601506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/Ima%CC%81genes%20del%20cuerpo%20pandillero\/img4.png\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"638x424\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 4. Guadalajara, noviembre de 2015. Autor: Charlie Uribe.Descriptores: Tatuajes, Peleas.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia601506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/Ima%CC%81genes%20del%20cuerpo%20pandillero\/img4.png\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 4 : Guadalajara, novembre 2015. Descripteurs : Tatouages, Bagarres.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Le corps du gang doit se montrer pr\u00eat et capable d'affronter des combats physiques \u00e0 tout moment et en tout lieu. \u00c0 cette fin, le sujet de l'image a d\u00e9cid\u00e9 de se projeter pr\u00eat pour \"los chingadazos\", dans une position de combat qui projette clairement l'appartenance au groupe (gang) et \u00e0 la culture (sudistes). Il voulait faire comprendre que, bien qu'il n'ait pas un corps de \"suceur\" qui exalte une musculature exceptionnelle, il peut \u00eatre per\u00e7u comme quelqu'un de \"dur\" qui fera certainement preuve de force et de capacit\u00e9 \u00e0 se battre : \"ce n'est pas n'importe quel pendejo qui va me mettre \u00e0 terre, neta\".<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Cela fait partie des processus culturels d'augmentation de la violence sociale dans la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de Guadalajara. Selon les tenants de la \"vieille \u00e9cole\",<a class=\"anota\" id=\"anota26\" data-footnote=\"26\">26<\/a> Un \u00e9l\u00e9ment important du changement g\u00e9n\u00e9rationnel est pr\u00e9cis\u00e9ment l'utilisation indiscrimin\u00e9e et non ritualis\u00e9e de la violence de groupe par les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations. Il n'est plus important de \"para\u00eetre\" violent, aujourd'hui il est plus important pour eux de \"l'\u00eatre\" (Marcial et Vizcarra, 2017).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Loyaut\u00e9 envers les gangs<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Enfin, les membres du gang doivent \u00e0 tout moment repr\u00e9senter leur affiliation au gang ou au quartier auquel ils appartiennent. Ils ne voient pas d'inconv\u00e9nient \u00e0 ce que cela soit visible, par le biais de leurs tatouages, pour la police ou les membres de gangs rivaux, m\u00eame s'ils n'ont pas le soutien du groupe parce qu'ils se trouvent en dehors de leurs territoires et sans leur compagnie. Ce concept d'\"annonce\" de l'appartenance \u00e0 un gang \u00e0 tout moment et en tout lieu (y compris en prison) par le biais de tatouages comme d\u00e9coration corporelle a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 \u00e0 ses cons\u00e9quences ultimes ces derni\u00e8res ann\u00e9es par les \"maras\" au Salvador, qui exigent de leurs membres qu'ils portent le num\u00e9ro ou le nom du gang sur leur visage : MS-13, MS, B13 ou B13. <span class=\"small-caps\">xiii<\/span> pour la Mara Salvatrucha, et B18 ou <span class=\"small-caps\">xviii<\/span> pour ceux du Barrio 18 (Nateras, 2015). La loyaut\u00e9 envers le groupe passe avant tout, parfois m\u00eame avant sa propre famille. La trahison est fortement punie par le groupe, allant jusqu'\u00e0 la mort en cas de rupture. C'est pourquoi il n'est pas facile de sortir de ces groupes de jeunes. Il y a aussi des rituels pr\u00e9cis qui le sanctionnent et qui doivent \u00eatre respect\u00e9s par ceux qui choisissent de quitter ces groupes de quartier.<\/p>\n\n\n<div class=\"image-slider\">\n                <div class=\"frame\">\n                    <div class=\"picture\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageGallery\">\n                        <figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/img5.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"606x402\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 5. Guadalajara, junio de 2015. Autor: Charlie Uribe. Descriptores: Tatuajes, Fidelidad pandillera.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/img5.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure><figure itemprop=\"associatedMedia\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/ImageObject\" class=\"slider-element\">\n                              <a href=\"https:\/\/ia801506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/img6.jpeg\" itemprop=\"contentUrl\" data-size=\"682x452\" data-index=\"0\" data-caption=\"Imagen 6. Guadalajara, octubre de 2015. Autor: Charlie Uribe. Descriptores: Tatuajes, Fidelidad pandillera.\" >\n                                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ia801506.us.archive.org\/27\/items\/imagenes-del-cuerpo-pandillero\/img6.jpeg\" itemprop=\"thumbnail\">\n                                <i class=\"fa fa-expand expand\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\n                            <\/a>\n                            <\/figure>                    <\/div>    \n                <\/div>\n                    <div class=\"caption\">Image 5 : Guadalajara, juin 2015. Auteur : Charlie Uribe. Descripteurs : Tatouages, Fidelidad pandillera.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>\"Je veux qu'ils voient que je suis F13, aussi loin que je peux aller\". Le sujet choisit de montrer son appartenance \u00e0 un groupe avec le tatouage et la r\u00e9f\u00e9rence aux Sure\u00f1os, le chiffre 13 avec ses mains. Ces tatouages ne doivent pas \u00eatre recouverts devant les adversaires, ni devant la police. L'honneur de l'appartenance est clairement affirm\u00e9, en assumant toutes les cons\u00e9quences possibles. La position du corps, nous dit-il, est li\u00e9e \u00e0 une attitude de \"je suis l\u00e0 pour tout ce qu'on me propose\" (je ne me cache pas).<\/p>\n<\/div><div class=\"caption\">Image 6 : Guadalajara, octobre 2015. Auteur : Charlie Uribe. Descripteurs : Tatouages, Fidelidad pandillera.<\/div><div class=\"image-analysis\"><p>Debout sur la \"terre\", le coin de la r\u00e9union, ils enl\u00e8vent leurs tee-shirts et leurs chemises pour montrer leurs tatouages. Ceux-ci ont \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9s devant le groupe et sont mis en sc\u00e8ne \u00e0 chaque r\u00e9union du groupe, affichant fi\u00e8rement leur appartenance \u00e0 un gang, quel qu'il soit.<\/p>\n<\/div>                <div class=\"bullets\"><\/div>\n            <\/div>\n\n\n\n<p>Les jeunes membres des gangs estiment que le fait de ne pas toujours afficher le nom du quartier ou l'identit\u00e9 des Norte\u00f1os ou des Sure\u00f1os constitue une trahison manifeste du pacte du groupe et de la philosophie du \"paro\" qui lie le groupe et donne de la coh\u00e9rence \u00e0 ses actions quotidiennes. Mais comme nous l'avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 dans ce travail, ces marques d'identit\u00e9 que sont les tatouages doivent \u00eatre gagn\u00e9es par chacun des membres. Oser porter un tatouage avec l'une de ces significations alors qu'il n'a pas \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 par le groupe est per\u00e7u comme un affront au groupe dans son ensemble, et le groupe doit \"remettre \u00e0 sa place\" celui qui ose le faire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Derniers mots<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">On sait d\u00e9j\u00e0 que l'utilisation du corps est une strat\u00e9gie culturelle et politique des diff\u00e9rentes cultures de jeunes. Cela nous confronte \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de regarder les jeunes pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 o\u00f9 ils se rendent visibles, et non pas l\u00e0 o\u00f9 l'\u00c9tat et la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9tendent les \"trouver\" pour les localiser, les surveiller, les contr\u00f4ler et les r\u00e9primer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">Les cultures de la jeunesse deviennent visibles. Les jeunes, organis\u00e9s ou non, deviennent un \"thermom\u00e8tre\" pour mesurer l'ampleur de l'exclusion, le foss\u00e9 qui se creuse entre ceux qui s'adaptent et ceux qui ne s'adaptent pas, c'est-\u00e0-dire les \"invivables\", ceux qui ne peuvent pas acc\u00e9der \u00e0 ce mod\u00e8le et n'obtiennent donc pas le statut de citoyen (Reguillo, 2000 : 148).<\/p>\n\n\n\n<p>L'une des fa\u00e7ons de se rendre visible, culturellement et politiquement, est la performance corporelle \u00e0 travers diverses pratiques. Il existe \u00e9galement d'autres formes de visibilisation politique, telles que les f\u00eates, les concerts, les graffitis, les tianguis culturels, les blogs virtuels, les collectifs culturels, la publication d'articles de presse, etc. <em>fanzines<\/em>La cr\u00e9ation de leurs propres espaces d'expression ou l'adaptation des espaces existants en fonction de leurs int\u00e9r\u00eats, etc. Certains jeunes de Guadalajara sont l\u00e0 et dans d'autres r\u00e9alit\u00e9s ; et ils sont fortement pr\u00e9sents. Ils y utilisent de nouvelles pratiques ou reconfigurent celles qui existent d\u00e9j\u00e0. Mais \u00e9troitement li\u00e9e au th\u00e8me du corps et de ses expressions, la r\u00e9alisation par ces jeunes de l'affirmation de Butler (1990), si nouvelle il y a 27 ans, selon laquelle nous ne devrions pas croire l'histoire selon laquelle le corps peut \u00e9chapper aux cat\u00e9gories classificatoires et aux discours qui le dominent et lui assignent des positions hi\u00e9rarchiques et des positions, des embl\u00e8mes et des stigmates, ainsi que des contr\u00f4les et des domestications, pratiquement \u00e0 partir du moment o\u00f9 le sujet na\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes membres de gangs, selon leurs arguments, se d\u00e9tachent cat\u00e9goriquement des conceptions esth\u00e9tiques traditionnelles du corps et de son utilisation parce qu'il s'agit d'int\u00e9r\u00eats tr\u00e8s diff\u00e9rents de ceux qui sont dict\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9. Comme le dit le proverbe, \"pour \u00eatre, il faut ressembler\", et nombre des id\u00e9es qui entourent ces conceptions du corps des gangs ont pr\u00e9cis\u00e9ment trait \u00e0 cela : s'annoncer comme membre d'un gang d'un groupe sp\u00e9cifique \u00e0 tout moment et en tout lieu. Bien qu'ils sachent que cela leur vaut souvent de s\u00e9rieux ennuis avec les groupes rivaux et la police, le gang n'est pas seulement port\u00e9 \"dans le c\u0153ur\" en tant que repr\u00e9sentation d'une \"famille de la rue\" (et non d'une famille de sang), mais il est \u00e9galement port\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rents endroits visibles sur leur corps, avec fiert\u00e9 et en d\u00e9pit de toutes les cons\u00e9quences.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Achutti, Luiz E. (1997). Fotoetnograf\u00eda: um estudo sobre antropologia visual sobre cotidiano, lixo e trabalho. Porto Alegre: Palmarinca.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Butler, Judith (1990). Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity. Nueva York: Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Cannabis 52 (2013). Entrevista colectiva con miembros de la pandilla Cannabis 52 de Santa Ana Tepetitl\u00e1n, Zapopan, realizada el 3 de septiembre de 2013 en su esquina de reuni\u00f3n.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Cerbino, Mauro (coord.) (2011). M\u00e1s all\u00e1 de las pandillas: violencias, juventudes y resistencias en el mundo globalizado (2 tomos). Quito: <span class=\"small-caps\">flacso<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Demosk\u00f3pika (2015). L\u00edricas de Tlaquepaque. Guadalajara: Demosk\u00f3pika, A.C. [documento interno de trabajo].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Florencia 13 (2015). Entrevista colectiva con miembros de la pandilla Florencia 13 de Santa Cecilia, Guadalajara, realizada el 20 de marzo de 2015 en su esquina de reuni\u00f3n.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Foucault, Michel (1998). Historia de la sexualidad. La voluntad del saber. M\u00e9xico: Siglo <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2002). Vigilar y castigar. El nacimiento de la prisi\u00f3n. Buenos Aires: Siglo <span class=\"small-caps\">xxi<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Gim\u00e9nez, Gilberto (2010). Cultura, identidad y procesos de individualizaci\u00f3n. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">iis-unam<\/span> [http:\/\/conceptos.sociales.unam.mx\/conceptos_final\/625trabajo.pdf].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Marcial, Rogelio (2006). \u201cEl cholismo en Guadalajara: or\u00edgenes y referentes culturales\u201d, J\u00f3venes en la mira: revista de estudios sobre juventud(es), vol. 1, n\u00fam. 4. Guadalajara: Instituto Jalisciense de la Juventud, julio-diciembre de 2006, pp. 37-56.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2009). \u201cCuerpo significante: emblemas identitarios a flor de piel. El movimiento fetichista en Guadalajara\u201d, Relaciones. Estudios de historia y sociedad, n\u00fam. 117, vol. 30. Zamora: El Colegio de Michoac\u00e1n, invierno, pp. 159-179.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2011). \u201cNorte\u00f1os vs Sure\u00f1os: adscripciones identitarias y rivalidades de grupo a partir del fen\u00f3meno migratorio entre j\u00f3venes cholos de Guadalajara\u201d, en Gloria Brice\u00f1o (coord.), Memorias del Simposio Internacional M\u00e9xico-Alemania 2010: migraci\u00f3n, desaf\u00edos y posibilidades. Guadalajara: Prometeo Editores\/Instituto Goethe de Guadalajara\/<span class=\"small-caps\">aperfa\/daad<\/span>, pp. 63-73.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2016). \u201cJ\u00f3venes, violencias y barrios en la capital jalisciense\u201d, en Alfredo Nateras (coord.). Juventudes sitiadas y resistencias afectivas (t. <span class=\"small-caps\">i<\/span>: \u201cViolencias y Aniquilamiento\u201d). M\u00e9xico: Gedisa, 2016, pp. 111-141.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 ed. (2010). Identidades de mexicanos dentro y fuera de M\u00e9xico: exposici\u00f3n colectiva. Zapopan: El Colegio de Jalisco.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 y Miguel Vizcarra (2014). \u201cPorque as\u00ed soy yo\u201d: identidad, violencias y alternativas sociales entre j\u00f3venes pertenecientes a \u201cbarrios\u201d o \u201cpandillas\u201d en colonias conflictivas de Zapopan. Zapopan: H. Ayuntamiento de Zapopan.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2015). Graf\u00edas urbanas contempor\u00e1neas: cicatrices en piel y muros. Guadalajara: H. Ayuntamiento de Guadalajara.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2017). Puro loko de Guanatos: masculinidades, violencias y cambio generacional en grupos de esquina de Guadalajara. Guadalajara: H. Ayuntamiento de Guadalajara.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Moreno, William (2013). \u201cFotoetnograf\u00eda educativa: una ruta para comprender la cultura corporal escolarizada\u201d, Revista Iberoamericana de Educaci\u00f3n, n\u00fam. 62. Madrid: Organizaci\u00f3n de Estados Iberoamericanos para la Educaci\u00f3n, la Ciencia y la Cultura, pp. 119-141 [rieoei.org\/rie62a07.pdf].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Morin, Edgar y Alfredo Nateras, coord. (2009). Tinta y carne: tatuajes y piercings en sociedades contempor\u00e1neas. M\u00e9xico: Contracultura.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Nateras, Alfredo (2002). \u201cJ\u00f3venes y cuerpos en resistencia: tatuajes y perforaciones\u201d, Revista de la Universidad. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">unam<\/span>, marzo, pp. 71-75, [http:\/\/www.revistadelauniversidad.unam.mx\/ojs_rum\/files\/journals\/1\/articles\/15280\/public\/15280-20678-1-PB.pdf.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2006). \u201cViolencia simb\u00f3lica y significaci\u00f3n de los cuerpos\u201d, Temas Sociol\u00f3gicos, n\u00fam 11. Santiago de Chile: Universidad Cat\u00f3lica Silva Henr\u00edquez, pp. 71-101 [https:\/\/es.scribd.com\/document\/217306572\/Violencia-simbolica-y-significacion-de-los-cuerpos-Tatuajes-en-jovenes-Alfredo-Nateras-Dominguez].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2011). \u201cNarrativas identitarias al l\u00edmite: la Mara Salvatrucha (MS-13) y la pandilla del Barrio 18 (B-18)\u201d, en Laura Loeza y Martha P. Casta\u00f1eda (coord.). Identidades: teor\u00edas y m\u00e9todos para su an\u00e1lisis. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">ciich-unam<\/span>, pp. 43-62.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2015). Vivo por mi madre y muero por mi barrio: significados de la violencia y la muerte en el Barrio 18 y la Mara Salvatrucha. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uam<\/span>-Iztapalapa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Pi\u00f1a, Cupatitzio (2004). Cuerpos posibles\u2026 cuerpos modificados: tatuajes y perforaciones en j\u00f3venes urbanos. M\u00e9xico: Instituto Mexicano de la Juventud.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ram\u00edrez, J. Carlos y Griselda Uribe (coord.) (2008). Masculinidades: el juego de g\u00e9nero de los hombres en el que participan mujeres. M\u00e9xico: Plaza y Vald\u00e9s\/Universidad de Guadalajara\/<span class=\"small-caps\">piege\/amegh\/ajc\/unfpa<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Reguillo, Rossana (2000). Emergencia de culturas juveniles. Estrategias del desencanto. Bogot\u00e1: Grupo Editorial Norma (col. Enciclopedia Latinoamericana de Sociocultura y Comunicaci\u00f3n).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Strong, Tom S. (2011). \u201cDi\u00e1logo colaborativo\u201d, International Journal of Collaborative Practices, n\u00fam. 2, \u00e9poca 1, pp. 109-120.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Valenzuela, Jos\u00e9 Manuel, Alfredo Nateras y Rossana Reguillo (2007). Las maras: identidades juveniles al l\u00edmite. M\u00e9xico: <span class=\"small-caps\">uam<\/span>\/Juan Pablos\/El Colegio de la Frontera Norte.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le texte pr\u00e9sente les conditions g\u00e9n\u00e9rales et certains des r\u00e9sultats de trois enqu\u00eates avec des gangs violents dans la zone m\u00e9tropolitaine de Guadalajara men\u00e9es entre 2013 et 2016, dans le but de contextualiser les repr\u00e9sentations identitaires du corps du gang par les jeunes appartenant \u00e0 ces groupes de coin. Sur la base d'un dialogue collaboratif, r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 travers des entretiens de groupe et la construction conjointe des id\u00e9es centrales pr\u00e9sent\u00e9es ici, nous mettons en \u00e9vidence les questions li\u00e9es \u00e0 la masculinit\u00e9, aux embl\u00e8mes du pouvoir, \u00e0 l'apparence physique et \u00e0 la loyaut\u00e9 envers le gang, ainsi que les accords auxquels nous sommes parvenus dans la construction conjointe de leurs conceptions du corps et de son utilisation au sein du gang. 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A partir de un di\u00e1logo colaborativo, llevado a cabo mediante entrevistas grupales y construyendo conjuntamente las ideas centrales expuestas aqu\u00ed, se destacan cuestiones relacionadas con la masculinidad, los emblemas de poder, la apariencia f\u00edsica y la fidelidad pandillera, as\u00ed como aquellos acuerdos a los que llegamos en la construcci\u00f3n conjunta de sus concepciones del cuerpo y su uso desde la pandilla. 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