{"id":29937,"date":"2018-03-21T11:46:44","date_gmt":"2018-03-21T11:46:44","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=29937"},"modified":"2024-04-24T11:29:24","modified_gmt":"2024-04-24T17:29:24","slug":"la-ley-de-seguridad","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/la-ley-de-seguridad\/","title":{"rendered":"Divergences autour de la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure"},"content":{"rendered":"<p><p class=\"no-indent translation-block\">&lt;En d\u00e9cembre 2006, le pr\u00e9sident mexicain Felipe Calder\u00f3n a d\u00e9clar\u00e9 une &quot;guerre contre la drogue&quot; et a fait intervenir l&#039;arm\u00e9e dans les rues pour affronter les groupes criminels. Cette t\u00e2che de s\u00e9curit\u00e9 publique ne correspond pas sp\u00e9cifiquement aux fonctions des forces arm\u00e9es et, entre autres cons\u00e9quences, a entra\u00een\u00e9 une augmentation disproportionn\u00e9e des homicides et des disparitions dans le pays. Malgr\u00e9 cela, la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, qui institutionnalise ce processus de militarisation et justifie, r\u00e9glemente et l\u00e9galise le r\u00f4le des forces arm\u00e9es dans la lutte contre le crime organis\u00e9, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e. Sa promulgation a \u00e9t\u00e9 retard\u00e9e au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es jusqu&#039;\u00e0 sa formalisation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e \u00e0 la fin de 2017 - \u00e0 l&#039;approche des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2018. Face \u00e0 l&#039;opposition nationale et internationale et aux plaintes pour inconstitutionnalit\u00e9, la loi a \u00e9t\u00e9 suspendue pendant qu&#039;elle est valid\u00e9e par la Cour supr\u00eame de justice.<\/p>\n<p>L'\u00e9ventualit\u00e9 d'une loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure met \u00e0 jour l'incompr\u00e9hension entre l'arm\u00e9e et l'ex\u00e9cutif et la soci\u00e9t\u00e9, suscitant craintes, discussions et conflits. De nombreuses questions se posent dans ce contexte, et nous esp\u00e9rons que les invit\u00e9s de cette rubrique Divergences contribueront \u00e0 animer le d\u00e9bat, voire \u00e0 le clarifier.<\/p>\n\n    <div class=\"discrepancia tres\">\n        <h2>De quel mod\u00e8le d'\u00c9tat la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure parle-t-elle ?<\/h2>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"madrazo\">\n        <p class=\"nombre\">Alejandro Madrazo<\/p>\n        <p class=\"llamada\">repr\u00e9sente la possibilit\u00e9 de suspendre m\u00eame le constitutionnalisme<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"monarrez\">\n        <p class=\"nombre\">Julia Mon\u00e1rrez<\/p>\n        <p class=\"llamada\">Je propose de l'appeler un \u00c9tat n\u00e9cropolitique patriarcal.<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"maldonado\">\n        <p class=\"nombre\">Salvador Maldonado<\/p>\n        <p class=\"llamada\">est un instrument de pouvoir qui ouvre la porte \u00e0 toute possibilit\u00e9 de surveillance et d'invasion de la vie sociale.<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n      <div class=\"respuesta madrazo\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent translation-block\">&lt;La loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure \u00e9tablit, \u00e0 toutes fins pratiques, un r\u00e9gime constitutionnel parall\u00e8le au Mexique. Il s&#039;agit d&#039;un mod\u00e8le d&#039;\u00c9tat que l&#039;on peut qualifier de &quot;centralis\u00e9 discr\u00e9tionnaire et autoritaire&quot;. La loi autorise le pouvoir ex\u00e9cutif, \u00e0 sa discr\u00e9tion, \u00e0 mettre entre parenth\u00e8ses le syst\u00e8me constitutionnel et \u00e0 d\u00e9ployer l&#039;appareil r\u00e9pressif du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral l\u00e0 o\u00f9 il le souhaite, aussi longtemps qu&#039;il le souhaite et aux fins qu&#039;il souhaite, sans contr\u00f4le et sans obligation de rendre des comptes. Notre Constitution \u00e9tablit un r\u00e9gime f\u00e9d\u00e9ral bas\u00e9 sur le principe de la division des pouvoirs. En revanche, la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure permettra \u00e0 l&#039;ex\u00e9cutif d&#039;agir ind\u00e9finiment dans les parties du territoire o\u00f9 il d\u00e9cide unilat\u00e9ralement de le faire, sans les contrepoids qu&#039;implique l&#039;existence des autres pouvoirs de l&#039;Union et sans les limites qu&#039;implique la r\u00e9partition des comp\u00e9tences entre les trois niveaux de gouvernement \u00e9tablis par la Constitution. La militarisation que nous avons connue jusqu&#039;\u00e0 pr\u00e9sent - inconstitutionnelle, sans aucun doute, au moins depuis 2008 - a \u00e9t\u00e9 possible gr\u00e2ce \u00e0 la participation active ou passive des gouvernements des \u00c9tats et des municipalit\u00e9s, et \u00e0 la passivit\u00e9 du pouvoir judiciaire. La loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure permet \u00e0 l&#039;ex\u00e9cutif - et m\u00eame, dans des cas larges et ind\u00e9termin\u00e9s, aux forces arm\u00e9es directement, sans avoir besoin d&#039;une d\u00e9cision pr\u00e9sidentielle - d&#039;exercer son autorit\u00e9 sans le consentement ou la collaboration des autorit\u00e9s locales. Cela implique une transformation profonde de notre syst\u00e8me constitutionnel et la d\u00e9faite historique du f\u00e9d\u00e9ralisme au Mexique.<\/p>\n<p>Dans un sens tr\u00e8s r\u00e9el, la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure repr\u00e9sente la possibilit\u00e9 de suspendre m\u00eame le constitutionnalisme. Au cours des deux derniers si\u00e8cles et demi, le constitutionnalisme a cherch\u00e9 \u00e0 limiter l'exercice de la puissance publique en d\u00e9sagr\u00e9geant les espaces de d\u00e9cision et d'exercice du pouvoir (f\u00e9d\u00e9ralisme et s\u00e9paration des pouvoirs) et en accordant aux citoyens une sph\u00e8re intouchable pour les autorit\u00e9s (droits fondamentaux). Le second de ces \u00e9l\u00e9ments, le syst\u00e8me des droits fondamentaux garantis par l'ordre juridique, d\u00e9pend du bon fonctionnement de la s\u00e9paration des pouvoirs. Si la premi\u00e8re est d\u00e9faillante, la seconde l'est aussi. En permettant \u00e0 l'ex\u00e9cutif d'utiliser l'appareil r\u00e9pressif de l'\u00c9tat de mani\u00e8re discr\u00e9tionnaire et ind\u00e9termin\u00e9e, sans contrepoids ad\u00e9quat pour contenir ou contr\u00f4ler l'exercice de ce pouvoir, les droits fondamentaux deviennent des d\u00e9clarations sans m\u00e9canismes r\u00e9els pour les rendre effectifs ; ils deviennent des droits de papier mouill\u00e9, avec \u00e0 peine plus de force symbolique. Avec la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, c'est tout le constitutionnalisme qui est assi\u00e9g\u00e9.<div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n      <div class=\"respuesta monarrez\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent\"><span class=\"dropcap\">P<\/span>Je propose de l'appeler \u00c9tat n\u00e9cropolitique patriarcal. Cette \" politique de la mort \", ce \" droit de tuer \" (Achille Mbembe), de donner la vie ou la mort aux populations - en particulier celles qui n'ont pas le statut de sujets de droit et sont facilement rempla\u00e7ables - a \u00e9t\u00e9 formellement d\u00e9voil\u00e9e en 2006 et \u00e9mane de l'\u00c9tat, d'autres pouvoirs non \u00e9tatiques et de la criminalit\u00e9 de droit commun. En lien avec le patriarcat (Kate Millet), un ordre social guerrier s'est mis en place qui prend en compte les multiples structures d'oppression \u00e0 l'encontre des femmes et des hommes priv\u00e9s de pouvoir. Cette connexion des pouvoirs a favoris\u00e9 un \u00e9tat d'exception et un \u00e9tat de si\u00e8ge. Les populations hi\u00e9rarchis\u00e9es par des valeurs inf\u00e9rieures, de sexe, de genre, de classe, d'ethnie, de racisme et de lieu d'origine, ont \u00e9t\u00e9 contraintes dans des espaces g\u00e9ographiques o\u00f9 l'application de la loi est une chim\u00e8re. Dans ces zones, les ordres militaires et les pouvoirs diffus les maintiennent comme cibles de la politique de la mort. Avec cette loi, l'\u00c9tat mexicain reconna\u00eet qu'il a un probl\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 citoyenne ; cependant, en privil\u00e9giant l'action militaire, il utilise la m\u00eame r\u00e9ponse qui aggravera et ralentira le processus d\u00e9mocratique. Il ignore les actions politiques, cr\u00e9atives, inclusives et enrichissantes auxquelles un \u00c9tat doit r\u00e9fl\u00e9chir et qu'il doit mener avec la soci\u00e9t\u00e9 civile. Elle ne comprend pas non plus le risque de faire face \u00e0 la violence qui nous accompagne avec une approche unidimensionnelle qui ne requiert que la pr\u00e9sence d'agents militaires dans les rues - mais aussi dans la sph\u00e8re priv\u00e9e. Elle ignore d'autres dimensions structurelles dans le continuum de la violence : le syst\u00e8me socio-\u00e9conomique capitaliste, qui donne lieu \u00e0 une guerre contre la drogue qui nous a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e de l'ext\u00e9rieur, la macro-criminalit\u00e9, la corruption, l'impunit\u00e9, un mod\u00e8le de masculinit\u00e9 violente et l'\u00e9norme in\u00e9galit\u00e9 sociale qui creuse de plus en plus le foss\u00e9 entre ceux qui ont le plus et ceux qui n'ont que peu ou presque rien pour mener une vie digne.<div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n      <div class=\"respuesta maldonado\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent\"><span class=\"dropcap\">L<\/span>a construction et la repr\u00e9sentation du crime organis\u00e9 comme un probl\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 nationale a transform\u00e9 l'\u00c9tat mexicain en un \u00c9tat policier qui, par le biais de la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, acquiert des pouvoirs extraordinaires pour r\u00e9guler l'ordre social. Il ne fait aucun doute que cette loi ne se contente pas d'\u00e9tendre les pouvoirs des forces arm\u00e9es et f\u00e9d\u00e9rales pour faire face \u00e0 la violence, malgr\u00e9 les co\u00fbts humains consid\u00e9rables engendr\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Plus important encore, la loi se traduit par le d\u00e9ploiement d'une strat\u00e9gie de s\u00e9curisation visant \u00e0 transformer tout probl\u00e8me ou conflit social en un objet de s\u00e9curit\u00e9. Il s'agit d'un dispositif de pouvoir qui ouvre la porte \u00e0 toutes les possibilit\u00e9s de surveillance et d'invasion de la vie sociale, de la militarisation et\/ou du maintien de l'ordre au renseignement. La s\u00e9curisation de la vie sociale impose des limites \u00e0 la d\u00e9mocratie et, en ce sens, \u00e9voque l'exception comme une technique r\u00e9guli\u00e8re. La loi est donc con\u00e7ue comme un dispositif et une strat\u00e9gie qui accro\u00eet et centralise les pouvoirs de l'\u00c9tat, avec le risque de fa\u00e7onner un nouveau r\u00e9gime post-autoritaire. Lorsque tel ou tel probl\u00e8me est d\u00e9fini comme une menace ou un risque pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale, nous sommes indubitablement confront\u00e9s \u00e0 l'extension d'un mode de vie s\u00e9curitaire, dans lequel les droits de l'homme sont le premier \u00e9l\u00e9ment en jeu. En outre, le risque et la menace se situent \"en dehors\" de l'\u00c9tat et sont objectiv\u00e9s dans des zones g\u00e9ographiques et des groupes sociaux particuliers, souvent pauvres et marginalis\u00e9s, ce qui laisse intacts la criminalit\u00e9 politique et les r\u00e9seaux transnationaux de corruption, de blanchiment d'argent, etc. En r\u00e9sum\u00e9, la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure r\u00e9glemente certes la fonction de l'\u00c9tat, mais l'imp\u00e9ratif de s\u00e9curit\u00e9 nationale constitue d'une autre mani\u00e8re un \u00c9tat policier qui, \u00e0 travers des strat\u00e9gies de s\u00e9curisation (plans militaires et policiers, militarisation de l'ordre, supplantation des fonctions l\u00e9gales, programmes gouvernementaux, intervention f\u00e9d\u00e9rale, coordination interinstitutionnelle, intelligence, rapports, etc.), va approfondir un processus de surveillance de la vie publique et priv\u00e9e, attaquant de fait le principe le plus \u00e9l\u00e9mentaire du droit universel : la libert\u00e9.<div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n    <\/div>\n    \n\n    <div class=\"discrepancia tres\">\n        <h2>Quelles sont les implications en mati\u00e8re de droits de l'homme et de justice pour les milliers de victimes civiles de la \"guerre contre la drogue\" ?<\/h2>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"madrazo\">\n        <p class=\"nombre\">Alejandro Madrazo<\/p>\n        <p class=\"llamada\">Il existe une v\u00e9ritable \u00e9pid\u00e9mie de violations des droits de l'homme au Mexique. La loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure faciliterait de telles pratiques<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"monarrez\">\n        <p class=\"nombre\">Julia Mon\u00e1rrez<\/p>\n        <p class=\"llamada\">Le pouvoir \u00e9conomique, politique, militaire, macro-criminel et criminel de droit commun est plus susceptible d'\u00eatre renforc\u00e9.<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"maldonado\">\n        <p class=\"nombre\">Salvador Maldonado<\/p>\n        <p class=\"llamada\">toute pratique de la s\u00e9curit\u00e9 est inversement li\u00e9e \u00e0 la pratique de la d\u00e9mocratie et des droits de l'homme<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n      <div class=\"respuesta madrazo\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent\"><span class=\"dropcap\">A<\/span> u cours des douze derni\u00e8res ann\u00e9es, nous avons assist\u00e9 \u00e0 une explosion massive des violations des droits de l'homme commises par les autorit\u00e9s. Aujourd'hui, les \"\u00e9l\u00e9ments\" appartenant aux organes r\u00e9pressifs de l'\u00c9tat d\u00e9ploy\u00e9s sur l'ensemble du territoire national et effectuant des patrouilles civiles sont beaucoup plus nombreux qu'en temps de paix. En l'absence de contr\u00f4les civils efficaces pour contenir ou superviser leurs actions, il est naturel qu'un plus grand nombre de violations des droits de l'homme soit enregistr\u00e9 en termes absolus. En l'absence d'enqu\u00eates s\u00e9rieuses et syst\u00e9matiques men\u00e9es par les procureurs f\u00e9d\u00e9raux et d'\u00c9tat, il est difficile de savoir \u00e0 quelle fr\u00e9quence les droits de l'homme sont viol\u00e9s par les autorit\u00e9s mexicaines. Cependant, les donn\u00e9es dont nous disposons - et qui constituent certainement une sous-d\u00e9claration significative des cas de violation des droits de l'homme - indiquent que non seulement les violations des droits de l'homme ont augment\u00e9 quantitativement, mais que qualitativement le comportement des forces publiques - tant militaires que civiles - s'est consid\u00e9rablement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 depuis que la \"guerre contre la drogue\" a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e. Certains indicateurs, tels que les taux de l\u00e9talit\u00e9, indiquent qu'il est probable et fr\u00e9quent que la force publique soit utilis\u00e9e de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e, voire qu'elle soit d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment utilis\u00e9e \u00e0 mauvais escient, dans des cas tels que les ex\u00e9cutions extrajudiciaires. Toutefois, ces indicateurs doivent \u00eatre compl\u00e9t\u00e9s par d'autres donn\u00e9es qui t\u00e9moignent de la d\u00e9t\u00e9rioration des pratiques des forces de l'ordre, telles que l'utilisation syst\u00e9matique de la torture. L'\u00e9crasante majorit\u00e9 des preuves existantes fait \u00e9tat d'une v\u00e9ritable \u00e9pid\u00e9mie de violations des droits de l'homme au Mexique. La loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure faciliterait ces pratiques en supprimant les obstacles juridiques \u00e0 l'utilisation incontr\u00f4l\u00e9e de la force publique, sans la r\u00e9glementer (bien que ses d\u00e9fenseurs affirment que l'existence de la loi elle-m\u00eame est une r\u00e9glementation, son contenu n'\u00e9tablit pas de limites concr\u00e8tes mais des permissions g\u00e9n\u00e9riques). Son approbation est un signal pour les fonctionnaires qui effectuent des t\u00e2ches op\u00e9rationnelles, l\u00e9gitimant cette d\u00e9t\u00e9rioration des pratiques. Ce signal se refl\u00e9tera certainement avec une fr\u00e9quence et une intensit\u00e9 accrues dans l'abus de la force publique, ce qui implique des violations des droits de l'homme de plus en plus cons\u00e9quentes, non seulement l\u00e0 o\u00f9 des d\u00e9clarations de s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure sont faites, mais aussi l\u00e0 o\u00f9 les forces militaires r\u00e9alisent ce que la loi appelle des \"actions permanentes\", qui ne requi\u00e8rent pas une telle d\u00e9claration.<\/p>\n<p><div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n      <div class=\"respuesta monarrez\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent translation-block\"><span class=\"dropcap\">V<\/span> nous devons nous rappeler que, douze ans apr\u00e8s le maintien de la pr\u00e9sence de l'arm\u00e9e dans les t\u00e2ches de s\u00e9curit\u00e9 publique, un nombre important d'organisations internationales ont soulign\u00e9 les graves violations des droits de l'homme, telles que les disparitions forc\u00e9es, la torture, la torture sexuelle des femmes et les ex\u00e9cutions extrajudiciaires. Ces crimes contre l'humanit\u00e9 sont devenus une pratique r\u00e9pandue et sont un exemple clair d'une pr\u00e9sence d\u00e9faillante et d'un manque de strat\u00e9gie militaire. Il en va de m\u00eame de la faiblesse institutionnelle des trois pouvoirs - dont certains sont de connivence avec les pouvoirs diffus de la criminalit\u00e9 - qui restent absents et indolents face aux lamentations des milliers de victimes qui, dans ce contexte de violence de guerre, r\u00e9clament justice. L'impunit\u00e9 r\u00e8gne sur tout le territoire national face \u00e0 un \u00c9tat d\u00e9sarticul\u00e9 qui ne pr\u00e9vient pas, n'enqu\u00eate pas, ne punit pas et encore moins ne r\u00e9pare. Les citoyens mexicains subissent, de mani\u00e8re diff\u00e9renci\u00e9e et in\u00e9gale, une violation de leurs droits sur leur corps, de leurs droits sur l'utilisation et la jouissance des espaces, de leurs droits sur leur patrimoine et de leurs droits en tant que sujets politiques qui exercent leur citoyennet\u00e9 dans l'espace public. Dans ce Mexique, avec les vicissitudes de son syst\u00e8me politique et \u00e9conomique, la pr\u00e9sence militaire n'inversera pas ces pertes ; au contraire, elles s'intensifieront g\u00e9ographiquement et deviendront une strat\u00e9gie de contr\u00f4le des citoyens et une nouvelle \u00e9rosion de la justice. Cette situation est plus susceptible de renforcer le pouvoir \u00e9conomique, politique, militaire et macro-criminel et la criminalit\u00e9 commune - o\u00f9 dans un nombre important de segments de la soci\u00e9t\u00e9, nous trouvons des familles qui participent et\/ou prot\u00e8gent des membres qui commettent des crimes et profitent des b\u00e9n\u00e9fices - qui d\u00e9vastent la vie des femmes et des hommes.<\/p>\n<p><div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n      <div class=\"respuesta maldonado\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent translation-block\">&lt;D&#039;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, toute pratique de la s\u00e9curit\u00e9 est inversement proportionnelle \u00e0 la pratique de la d\u00e9mocratie et des droits de l&#039;homme. Huysmans souligne que la d\u00e9mocratie est politiquement contrainte par l&#039;imp\u00e9ratif de s\u00e9curit\u00e9, non seulement parce que les droits de l&#039;homme peuvent \u00eatre viol\u00e9s au nom de la s\u00e9curit\u00e9, mais aussi parce que la pratique de la s\u00e9curit\u00e9 organise intrins\u00e8quement les relations politiques et sociales autour des ennemis, des risques, des craintes ou des angoisses (Huysmans, 2014 : 4). En ce sens, si l&#039;on consid\u00e8re la loi de s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure comme une strat\u00e9gie de s\u00e9curisation au sens large du terme, les droits de l&#039;homme, bien que rh\u00e9toriquement reconnus dans la loi, ouvrent en pratique, par les formes d&#039;intervention f\u00e9d\u00e9rale (arm\u00e9e, administrative ou politique), un champ \u00e9norme d&#039;espaces d&#039;impunit\u00e9 et de violation de ces derniers. Au lieu de cela, nous observons la conception juridique d&#039;une plate-forme d&#039;interventions f\u00e9d\u00e9rales administratives, arm\u00e9es et polici\u00e8res qui, par le recours \u00e0 la d\u00e9claration de protection de la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure (\u00e9tat d&#039;urgence), et m\u00eame sans cette d\u00e9claration, toute menace ou tout risque consid\u00e9r\u00e9 comme une question de s\u00e9curit\u00e9 activera un puissant appareil bureaucratique et arm\u00e9 qui met en jeu les droits de l&#039;homme, la justice et la d\u00e9mocratie. La production et l&#039;utilisation de renseignements par les forces arm\u00e9es et f\u00e9d\u00e9rales, ind\u00e9pendamment des agences f\u00e9d\u00e9rales oblig\u00e9es de r\u00e9pondre \u00e0 toute demande, deviennent une ressource tr\u00e8s dangereuse entre les mains de ceux qui n&#039;ont aucune obligation s\u00e9rieuse de responsabilit\u00e9 et d&#039;utilisation confidentielle des informations parce que, en fait, toutes les informations seront class\u00e9es comme relevant de la s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p><div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n    <\/div>\n    \n\n    <div class=\"discrepancia tres\">\n        <h2>Quelles r\u00e9ponses la soci\u00e9t\u00e9 et les communaut\u00e9s peuvent-elles apporter \u00e0 l'expansion du contr\u00f4le militaire ?<\/h2>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"madrazo\">\n        <p class=\"nombre\">Alejandro Madrazo<\/p>\n        <p class=\"llamada\">Les citoyens doivent se tourner vers le public pour qu'ils sentent que ces processus ont l'attention du public.<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"monarrez\">\n        <p class=\"nombre\">Julia Mon\u00e1rrez<\/p>\n        <p class=\"llamada\"> soutenir ceux qui ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \"sujets alternatifs de justice\".<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"maldonado\">\n        <p class=\"nombre\">Salvador Maldonado<\/p>\n        <p class=\"llamada\">remettre en question de mani\u00e8re critique le faux dilemme qui a \u00e9t\u00e9 construit autour de la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n      <div class=\"respuesta madrazo\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent translation-block\"><span class=\"dropcap\">A ce stade, il ne reste plus grand-chose. Comme jamais auparavant, la soci\u00e9t\u00e9 civile organis\u00e9e, la communaut\u00e9 internationale et l'opposition politique se sont mobilis\u00e9es contre la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure. Comme au football, nous avons jou\u00e9 comme jamais auparavant, mais nous avons perdu comme (presque) toujours. Il reste \u00e0 r\u00e9soudre - et c'est crucial - les actions en justice. Les actions en inconstitutionnalit\u00e9 et les controverses constitutionnelles qui doivent \u00eatre r\u00e9solues par la Cour supr\u00eame de justice ne laissent gu\u00e8re de place \u00e0 l'espoir. En ce sens, les citoyens doivent se tourner vers le public pour faire sentir \u00e0 ces processus qu'ils ont l'attention du public, car la Cour supr\u00eame a tendance \u00e0 d\u00e9lib\u00e9rer plus prudemment et \u00e0 prendre des d\u00e9cisions plus s\u00e9rieuses lorsqu'elle est fortement expos\u00e9e \u00e0 l'opinion publique. Les citoyens peuvent \u00e9galement utiliser l'amparo, un instrument juridictionnel du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, co\u00fbteux et maladroit, mais en fin de compte le seul proc\u00e8s constitutionnel dont disposent les citoyens pour au moins essayer de contenir les abus et les violations des droits fondamentaux. Le recours massif \u00e0 l'amparo permettra \u00e0 une pluralit\u00e9 de juges de se prononcer sur cette loi, ce qui maximisera la possibilit\u00e9 que le pouvoir judiciaire f\u00e9d\u00e9ral, \u00e0 ses diff\u00e9rents niveaux, devienne actif dans la d\u00e9fense de la Constitution.<\/p>\n<p>Avant tout, c'est \u00e0 nous, citoyens, d'exercer notre droit de vote en tant que m\u00e9canisme de contr\u00f4le, de r\u00e9compense et de punition des autorit\u00e9s. C'est notre premier r\u00f4le constitutionnel. Dans le cas pr\u00e9sent, \u00e9tant donn\u00e9 qu'il s'agit clairement d'une loi adopt\u00e9e par le gouvernement, son parti et certains alli\u00e9s facilement identifiables, il nous incombe d'exercer notre droit de vote de mani\u00e8re \u00e0 envoyer un signal clair : le non-respect de la Constitution a un co\u00fbt politico-\u00e9lectoral. C'est pourquoi j'ai l'intention d'\u00e9viter de voter pour les partis - en tant que groupe - et les l\u00e9gislateurs - en tant qu'individus qui peuvent \u00eatre candidats - qui ont fait passer cette loi. En outre, nous devons exiger des autres candidats qu'ils s'engagent clairement \u00e0 abroger la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure s'ils acc\u00e8dent au pouvoir \u00e0 l'issue des \u00e9lections.<\/p>\n<p><div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n      <div class=\"respuesta monarrez\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent\"><span class=\"dropcap\">E<\/span>Il s'agit d'une question d'une grande complexit\u00e9 et je ne pense pas avoir de r\u00e9ponse appropri\u00e9e. Je la d\u00e9velopperai en trois temps. L'expansion du contr\u00f4le militaire s'inscrit dans \"la matrice herm\u00e9neutique de la souffrance sociale\" (Nancy Pineda-Madrid), qui n'est rien d'autre que la cha\u00eene structurelle cumulative - politique, \u00e9conomique, sociale et criminelle - qui endommage et d\u00e9truit des vies humaines. Cette matrice de souffrance et de vie indigne a d\u00e9fini et rendu possible les param\u00e8tres de la d\u00e9possession de la citoyennet\u00e9 et de la fragmentation des communaut\u00e9s sur le territoire national. 2) Dans ce contexte de d\u00e9sespoir, nous trouvons \"l'homme de la rue\" (Leonardo Boff) qui passe le plus clair de son temps \u00e0 essayer de survivre aux dures crises \u00e9conomiques, avec un travail rare et mal pay\u00e9, et qui r\u00eave d'un Mexique meilleur. C'est de l\u00e0 que vient le plus grand nombre de victimes (et leurs familles) qui ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es de mani\u00e8re inhumaine. Ce sont beaucoup d'entre eux qui, face aux catastrophes sociales et naturelles, nous ont montr\u00e9 leur sens de la vie, mais ce sont ces communaut\u00e9s qui ont \u00e9t\u00e9 stigmatis\u00e9es et, par cons\u00e9quent, ferm\u00e9es \u00e0 leur souffrance. 3) Engager un chemin vers la v\u00e9rit\u00e9 et la justice pour arr\u00eater l'expansion militaire n\u00e9cessite de soutenir ceux que l'on appelle \"les sujets alternatifs de la justice\" (Saskia Sassen). Il s'agit de milliers de femmes et d'hommes : victimes, familles de victimes, organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile et universitaires, qui exigent, entre autres, un projet \u00e9conomique qui rende la vie possible, l'application de la loi et le contr\u00f4le du territoire par l'\u00c9tat, l'arr\u00eat des approvisionnements financiers du crime organis\u00e9, la responsabilisation d'une classe politique corrompue, des d\u00e9lais pr\u00e9cis pour la formation d'une force de police professionnelle et le retrait de l'arm\u00e9e dans ses casernes.<\/p>\n<p><div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n      <div class=\"respuesta maldonado\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent translation-block\"><span class=\"dropcap\">F<\/span>Depuis mon champ de r\u00e9flexion, la premi\u00e8re chose \u00e0 faire est de remettre en question de mani\u00e8re critique le faux dilemme qui a \u00e9t\u00e9 construit autour de la s\u00e9curit\u00e9 et qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 politiquement pour justifier la guerre contre la drogue et des initiatives telles que la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure. En effet, face \u00e0 la violence aberrante et \u00e0 la puissance du crime organis\u00e9, nous avons besoin d'une plus grande s\u00e9curit\u00e9 publique. En cons\u00e9quence, certains secteurs de la soci\u00e9t\u00e9 demandent aux forces arm\u00e9es et \u00e0 la police d'effectuer davantage de surveillance, de travail de renseignement, etc. L'exemple le plus \u00e9vident du dilemme de la fausse s\u00e9curit\u00e9 est la relation qui a \u00e9t\u00e9 historiquement construite entre les drogues et l'ins\u00e9curit\u00e9, criminalisant les secteurs les plus pauvres. Les programmes de maintien de l'ordre et de militarisation reposent sur l'hypoth\u00e8se que les classes dangereuses sont celles qui vivent dans des zones g\u00e9ographiques marginales qui doivent \u00eatre contr\u00f4l\u00e9es et r\u00e9prim\u00e9es, laissant intactes les formes de criminalit\u00e9 transnationale et les liens de la corruption avec le blanchiment d'argent, loin du regard des pauvres. Ce sont l\u00e0 quelques-unes des id\u00e9es fausses qui ont \u00e9t\u00e9 reproduites dans le discours acad\u00e9mique et politique, nous amenant \u00e0 placer la s\u00e9curit\u00e9 comme un imp\u00e9ratif n\u00e9cessaire, alors que la chose la plus importante est de commencer \u00e0 d\u00e9-s\u00e9curiser nos probl\u00e8mes sociaux de violence. La deuxi\u00e8me question que je vois est de tirer des le\u00e7ons de l'exp\u00e9rience d'autres pays en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 et de justice. Le Guatemala et le P\u00e9rou, mais aussi peut-\u00eatre la Colombie, repr\u00e9sentent des cas paradigmatiques dans lesquels les proc\u00e8s contre les hauts fonctionnaires, l'installation de commissions d'enqu\u00eate, etc. ont ouvert des d\u00e9bats publics tr\u00e8s importants sur les poursuites contre la corruption et la commission de crimes. Ces exp\u00e9riences doivent \u00eatre traduites dans les organisations civiles, les collectifs, les mouvements et m\u00eame les fonctionnaires qui font un travail honn\u00eate.<\/p>\n<p><div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n    <\/div>\n    \n\n    <div class=\"discrepancia tres\">\n        <h2>Quelles propositions pourriez-vous faire pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ces faits ?<\/h2>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"madrazo\">\n        <p class=\"nombre\">Alejandro Madrazo<\/p>\n        <p class=\"llamada\">il est essentiel d'abroger la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure.<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"monarrez\">\n        <p class=\"nombre\">Julia Mon\u00e1rrez<\/p>\n        <p class=\"llamada\">reconna\u00eetre que la vie est le premier droit<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n    <button class=\"discrepante-btn\" data-slug=\"maldonado\">\n        <p class=\"nombre\">Salvador Maldonado<\/p>\n        <p class=\"llamada\">d\u00e9construction du discours h\u00e9g\u00e9monique sur la s\u00e9curit\u00e9<\/p>\n        <p class=\"open-content\"><span class=\"on\">voir la r\u00e9ponse compl\u00e8te<\/span><span class=\"off\">fermer r\u00e9ponse<\/span><\/p>\n    <\/button>\n      <div class=\"respuesta madrazo\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent\"><span class=\"dropcap\">L<\/span>La s\u00e9curit\u00e9 publique s'am\u00e9liorera lorsque nous disposerons d'une police professionnelle enracin\u00e9e dans sa localit\u00e9, de parquets professionnels et prestigieux capables de mener des enqu\u00eates de base et de se concentrer sur les crimes les plus pr\u00e9judiciables \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 - c'est-\u00e0-dire lorsqu'ils poursuivront les homicides, les enl\u00e8vements, les extorsions, etc. et donneront la priorit\u00e9 \u00e0 l'arr\u00eat du trafic d'armes par rapport au trafic d'herbe - et lorsque les espaces publics et les services publics inviteront les citoyens \u00e0 coexister et \u00e0 avoir confiance en leurs voisins et en les autorit\u00e9s. Cela n\u00e9cessite d'investir des ressources, du temps et du capital politique. Mais les autorit\u00e9s sont incit\u00e9es \u00e0 promettre des solutions rapides par des mesures drastiques, telles qu'une militarisation accrue. Ces mesures sont tr\u00e8s visibles mais inefficaces dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Il est essentiel d'abroger la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure. Tant que cette loi reste en vigueur, la menace d'une suppression soudaine du r\u00e9gime constitutionnel est latente et le d\u00e9tournement des ressources de l'endroit o\u00f9 elles serviraient r\u00e9ellement - la police, les parquets et les services publics - vers l'endroit o\u00f9 elles font le plus de mal - avec un plus grand d\u00e9ploiement militaire et davantage d'armements sur le territoire national - se poursuivra.<\/p>\n<p>Dans l'imm\u00e9diat, nous devrions concentrer les ressources dont nous disposons aujourd'hui sur la poursuite du trafic d'armes et non sur la circulation des stup\u00e9fiants. Si les points de contr\u00f4le qui recherchent actuellement la drogue sur les routes qui vont du sud au nord recherchaient les armes qui circulent du nord au sud, nous aurions une autre histoire. \u00c0 court terme, il convient d'\u00e9tablir un diagnostic s\u00e9rieux qui rende compte de ce qui a \u00e9t\u00e9 fait au cours des douze derni\u00e8res ann\u00e9es, des r\u00e9sultats obtenus et des besoins de chaque localit\u00e9 o\u00f9 op\u00e8rent actuellement les forces f\u00e9d\u00e9rales, afin de mettre en place des forces de police locales professionnelles et fiables. Un accent particulier devrait \u00eatre mis sur l'identification des villes o\u00f9 les institutions civiles de s\u00e9curit\u00e9 publique ont fonctionn\u00e9, afin d'essayer de reproduire ces exemples ailleurs. \u00c0 plus long terme, les syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 publique et d'application de la loi doivent \u00eatre repens\u00e9s et renouvel\u00e9s, en mettant l'accent sur le renforcement des capacit\u00e9s locales, la pr\u00e9vention et les enqu\u00eates. Tout au long du processus, il est essentiel de programmer de mani\u00e8re responsable le retrait des forces militaires afin qu'elles cessent d'effectuer des t\u00e2ches de s\u00e9curit\u00e9 publique et de patrouille au sein de la population civile, pour lesquelles elles ne sont pas form\u00e9es. De nombreuses propositions concr\u00e8tes de r\u00e9formes et de politiques publiques sp\u00e9cifiques ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es par des universitaires et des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile. J'ai notamment esquiss\u00e9 l'architecture du changement l\u00e9gislatif dont nous avons besoin. Mais pour entreprendre ces efforts, il faudra d'abord limiter les d\u00e9g\u00e2ts d\u00e9j\u00e0 caus\u00e9s, et cela commence par l'abrogation compl\u00e8te de la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure.<\/p>\n<p><div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n      <div class=\"respuesta monarrez\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent\"><span class=\"dropcap\">P<\/span>Premi\u00e8rement, reconna\u00eetre que la vie est le premier droit ; si elle est perdue, les autres n'ont pas de sens ; \u00e0 partir de cette pr\u00e9misse, l'existence doit \u00eatre soutenue par des conditions mat\u00e9rielles qui permettent d'\u00e9radiquer la faim de nourriture et la faim de justice. Deuxi\u00e8mement, reconna\u00eetre qu'il existe une pluralit\u00e9 de victimes qui ont besoin de l'abri de la soci\u00e9t\u00e9. La pluralit\u00e9 qui n'est pas rendue visible cache les injustices de ceux qui ont subi la violence et sont consid\u00e9r\u00e9s comme les \"autres\", les \u00e9trangers, les diff\u00e9rents : les femmes et les hommes, les enfants, les personnes transgenres, les migrants, les personnes sans territoire, les personnes sans statut, les enfants orphelins et les personnes sans soins ; par cons\u00e9quent, ceux qui ont une vie nue et pr\u00e9caire. L'ignorance de leurs pertes cache l'impunit\u00e9 des auteurs. Reconna\u00eetre que nos communaut\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9es par cette lutte guerri\u00e8re, divisant la soci\u00e9t\u00e9 en \"bons et m\u00e9chants\", en ceux qui \"m\u00e9ritent ce qui leur arrive\" ou qui font partie des \"dommages collat\u00e9raux\". Les vies que nous avons perdues - physiquement et socialement - ont rompu le contrat social. Pour r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts, il faut au moins deux r\u00e9parations : comprendre que le traumatisme caus\u00e9 par l'horreur de la violence n'est pas seulement individuel, mais aussi collectif. Les atrocit\u00e9s commises sur les victimes portent un message aux \"spectateurs subjugu\u00e9s\" (Fionnuala Ni Aoilin). La violence a \u00e9galement endommag\u00e9 la g\u00e9ographie et la culture de notre territoire. Troisi\u00e8mement, d\u00e9voiler la contradiction que cette guerre nous a impos\u00e9e. Une guerre permanente contre la drogue, au nom de la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, alors que notre pays est en t\u00eate de liste pour les flux de capitaux illicites (Global Financial Integrity). Quatri\u00e8mement, nous avons besoin que les gouverneurs accus\u00e9s de corruption dans plus de la moiti\u00e9 des \u00c9tats du pays rendent des comptes et que la justice soit appliqu\u00e9e. La d\u00e9possession de la richesse sociale au profit d'un pouvoir despotique a \u00e9galement entra\u00een\u00e9 une augmentation de la violence. Cinqui\u00e8mement, la formation de forces de police communautaires prot\u00e9g\u00e9es (Lisa Marie Cacho) \"de la violence de l'\u00c9tat et de sa n\u00e9gligence\". Je crois que tout cela permettra de maintenir la vie, d'exercer la pleine citoyennet\u00e9 et de restaurer la dignit\u00e9 de la carri\u00e8re militaire, dans ses \u00e9coles et dans ses casernes.<\/p>\n<p><div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n      <div class=\"respuesta maldonado\"><\/p>\n<p><p class=\"no-indent\"><span class=\"dropcap\">C<\/span>ous nageons \u00e0 contre-courant d'une tendance dominante qui consiste \u00e0 utiliser la s\u00e9curit\u00e9 nationale et int\u00e9rieure comme une forme de contr\u00f4le politique et pas n\u00e9cessairement pour construire des soci\u00e9t\u00e9s plus s\u00fbres. Certes, le recours \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 existe depuis longtemps, mais le niveau de surveillance devient de plus en plus microphysique, avec des r\u00e9sultats abominables. D\u00e9construire le discours h\u00e9g\u00e9monique sur la s\u00e9curit\u00e9, rendre publiques les cons\u00e9quences des programmes de s\u00e9curit\u00e9 mis en \u0153uvre par l'\u00c9tat et mettre en \u00e9vidence les implications pour la vie quotidienne des gens sont autant d'id\u00e9es qui peuvent nous aider \u00e0 s\u00e9parer ou \u00e0 maintenir \u00e0 une distance relativement critique la gestion des probl\u00e8mes publics de l'utilisation de la s\u00e9curit\u00e9 en tant que forme de r\u00e9solution. Lorsqu'une vision s\u00e9curitaire de la politique s'infiltre, comme c'est le cas, il est toujours tentant de transformer les probl\u00e8mes publics en termes de s\u00e9curit\u00e9. En termes analytiques, nous n'avons pas besoin d'\u00eatre des apprentis sorciers pour comprendre la violence sociale comme une dimension de la nature du pouvoir. Il nous faut d'abord examiner s\u00e9rieusement les configurations de pouvoir qui sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es en dehors de notre vision traditionnelle, leur l\u00e9gitimit\u00e9 et leurs liens entre le monde du l\u00e9gal et de l'ill\u00e9gal. Lorsque nous clarifions certaines coordonn\u00e9es de l'exercice du pouvoir et ses liens avec le monde criminel, nous pouvons comprendre certaines formes d'utilisation de la violence d'\u00c9tat et le r\u00f4le du crime organis\u00e9 dans la configuration de certains r\u00e9gimes criminels, tels que ceux qui subsistent dans des \u00c9tats comme Guerrero, Veracruz, Tamaulipas, Michoac\u00e1n ou Colima. Il convient de noter que tout cela a des cons\u00e9quences \u00e9thiques, politiques et sociales sur lesquelles nous devons r\u00e9fl\u00e9chir davantage.<\/p>\n<p><div class=\"close-content\">fermer r\u00e9ponse<\/div>\n      <\/div>\n      \n    <\/div>\n    \n<h2>Bilbiographie<\/h2>\n<p><p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Huysmans, Jef (2014). <em>Security Unbound. Enacting democratic limits.<\/em> Londres y Nueva York: Routledge.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\" translation-block\">&lt;En d\u00e9cembre 2006, le pr\u00e9sident mexicain Felipe Calder\u00f3n a d\u00e9clar\u00e9 une &quot;guerre contre la drogue&quot; et a fait intervenir l&#039;arm\u00e9e dans les rues pour affronter les groupes criminels. Cette t\u00e2che de s\u00e9curit\u00e9 publique ne correspond pas sp\u00e9cifiquement aux fonctions des forces arm\u00e9es et, entre autres cons\u00e9quences, a entra\u00een\u00e9 une augmentation disproportionn\u00e9e des homicides et des disparitions dans le pays. Malgr\u00e9 cela, la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e institutionnalise ce processus de militarisation et justifie, r\u00e9glemente et l\u00e9galise le r\u00f4le des forces arm\u00e9es dans la lutte contre le crime organis\u00e9. De nombreuses questions se posent dans ce contexte et nous esp\u00e9rons que les invit\u00e9s de cette section des divergences contribueront \u00e0 animer le d\u00e9bat, voire \u00e0 le clarifier.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":29968,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[258,255,24,257,256],"coauthors":[551],"class_list":["post-29937","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1","tag-derechos-humanos","tag-ley-de-seguridad-interior","tag-mexico","tag-militarizacion","tag-violencia","personas-madrazo-lajous-alejandro","personas-monarrez-fragoso-julia-estela","personas-camus-bergareche-manuela","personas-maldonado-aranda-salvador","numeros-217"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Discrepancias en torno a la Ley de Seguridad Interior &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/la-ley-de-seguridad\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Discrepancias en torno a la Ley de Seguridad Interior &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"En diciembre del 2006 el presidente de Me\u0301xico, Felipe Caldero\u0301n, declar\u00f3 la \u201cguerra contra el narco\u201d y sac\u00f3 al Eje\u0301rcito a enfrentar a los grupos criminales en las calles. 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