{"id":29594,"date":"2018-03-21T11:54:10","date_gmt":"2018-03-21T11:54:10","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=29594"},"modified":"2023-11-17T19:15:53","modified_gmt":"2023-11-18T01:15:53","slug":"conocimiento-y-politica","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/conocimiento-y-politica\/","title":{"rendered":"Anthropologie : connaissance et politique"},"content":{"rendered":"<p class=\"no-indent translation-block\"><span class=\"dropcap\">A<\/span>Je suis reconnaissant \u00e0 la revue Encartes de m'avoir invit\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 son premier num\u00e9ro avec un commentaire sur l'article de Gustavo Lins Ribeiro, car je partage la pr\u00e9occupation de son coll\u00e8gue et ami sur le retour des r\u00e9gimes autoritaires dans de nombreuses parties du monde (non seulement dans la politique formelle de tous les pays, mais aussi dans beaucoup de leurs institutions, y compris acad\u00e9miques) qui avaient \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme d\u00e9j\u00e0 surmont\u00e9s et dont les expressions sont souvent li\u00e9es \u00e0 des strat\u00e9gies de discrimination ethno-culturelle, de genre et de classe. Je trouve significatif que son appel \u00e0 remettre en question le r\u00f4le actuel de l'anthropologie dans la soci\u00e9t\u00e9 soit en bonne compagnie avec l'appel lanc\u00e9 r\u00e9cemment par le comit\u00e9 \u00e9ditorial de Nueva Antropolog\u00eda (Comit\u00e9 \u00e9ditorial, 2016 : 9-10) \u00e0 initier une r\u00e9vision profonde de notre discipline au regard de la situation sociale g\u00e9n\u00e9rale et de celle des disciplines sociales et humaines charg\u00e9es de son \u00e9tude ; pour leur part, les revues Relaciones (El Colegio de Michoac\u00e1n) et Estudios sobre las Culturas Contempor\u00e1neas (Programa Cultural, Centro Universitario de Ciencias Sociales, Universidad de Colima) ont r\u00e9cemment profit\u00e9 de leurs anniversaires respectifs pour promouvoir et contribuer \u00e0 une telle r\u00e9vision, toujours n\u00e9cessaire, des sciences sociales mexicaines, au sein desquelles l'anthropologie a occup\u00e9 une place significative.<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\" target=\"_self\">1<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le premier de mes trois commentaires, j'aborde et d\u00e9veloppe certaines des affirmations de Gustavo concernant la visibilit\u00e9 et la pr\u00e9sence publique de l'anthropologie au Mexique aujourd'hui. Dans le deuxi\u00e8me, je relie cette situation \u00e0 la transformation en cours du syst\u00e8me scientifique et technologique, qui combine la refonctionnalisation et la marchandisation de l'institution universitaire avec des changements profonds dans le type de connaissance appel\u00e9 science, et que Gustavo a, je pense, \u00e0 l'esprit lorsqu'il parle de la d\u00e9sintellectualisation actuelle. Le th\u00e8me du troisi\u00e8me et dernier commentaire reprend une de ses id\u00e9es sur l'\u00e9thique de l'anthropologie et l'analyse d'une mani\u00e8re quelque peu diff\u00e9rente.<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">a) Sur le manque de pertinence de l'anthropologie actuelle<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">On a souvent d\u00e9plor\u00e9 le fait que \"l'anthropologie\" - au sens des d\u00e9clarations des guildes, des d\u00e9partements, des anthropologues, de la circulation des r\u00e9sultats de recherche et des (contre-)propositions, de la pr\u00e9sence des anthropologues dans les m\u00e9dias - semble moins visible et influente dans le pays aujourd'hui que par le pass\u00e9. Parmi les raisons de cette comparaison d\u00e9favorable, on peut citer la croissance de la population nationale et du syst\u00e8me universitaire, la transformation des m\u00e9dias g\u00e9n\u00e9raux et sp\u00e9cialis\u00e9s, et l'augmentation du nombre d'institutions anthropologiques et de disciplines sociales dans le pays.<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a> N\u00e9anmoins, il est vrai que la science anthropologique au sens large et l'anthropologie socioculturelle en particulier ne semblent pas avoir la place qu'elles pourraient et devraient avoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, cette observation s'applique principalement au niveau national, car aux niveaux national et r\u00e9gional et dans certaines villes, la pr\u00e9sence de ces \u00e9l\u00e9ments anthropologiques est parfois beaucoup plus perceptible. Il convient \u00e9galement de garder \u00e0 l'esprit que la participation des anthropologues en tant que tels - bien que parfois en dehors de leurs institutions d'affiliation et assez souvent \u00e0 titre honorifique et pendant leur temps libre - aux mouvements sociaux, aux organisations populaires et aux cristallisations r\u00e9centes, fr\u00e9quentes mais inefficaces, des protestations publiques des citoyens n'est pas tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9e.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>De plus, il faut consid\u00e9rer que cette situation contraste paradoxalement avec la pr\u00e9sence croissante de l'anthropologie dans les institutions acad\u00e9miques : au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, il ne s'est pratiquement pas pass\u00e9 de r\u00e9union biannuelle de la Redmifa sans qu'un nouveau programme d'\u00e9tudes universitaires (de premier ou de deuxi\u00e8me cycle) ne soit annonc\u00e9 au Mexique. Pour l'ensemble de l'Am\u00e9rique latine, on observe depuis les ann\u00e9es 80 une croissance constante du nombre d'institutions universitaires et de programmes d'\u00e9tudes et, comme au Mexique, du nombre de congr\u00e8s et autres r\u00e9unions.<\/p>\n\n\n\n<p>L'augmentation exponentielle des revues et des livres d'anthropologie (la m\u00eame chose peut \u00eatre observ\u00e9e dans d'autres sciences sociales) au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, c'est-\u00e0-dire pr\u00e9cis\u00e9ment depuis la date que Gustavo d\u00e9crit comme la fin de l'\u00e2ge d'or, m\u00e9rite une mention sp\u00e9ciale.<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> Il est clair que ces publications s'adressent avant tout aux autres membres de la communaut\u00e9 anthropologique, aux \u00e9tudiants de premier et deuxi\u00e8me cycles et aux coll\u00e8gues d'autres disciplines sociales, puisqu'elles pr\u00e9sentent et discutent des r\u00e9sultats de recherche scientifique que seuls d'autres sp\u00e9cialistes de la m\u00eame branche de connaissance et du m\u00eame niveau acad\u00e9mique peuvent \u00e9valuer et utiliser pour d'autres processus de production de connaissances sp\u00e9cialis\u00e9es. Mais il est \u00e9vident que beaucoup de nos revues esp\u00e8rent trouver des lecteurs. <em>\u00e9galement<\/em> parmi les non-sp\u00e9cialistes int\u00e9ress\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9, l'histoire et la culture, et m\u00eame parmi les fonctionnaires et les d\u00e9cideurs des institutions publiques et priv\u00e9es. Malgr\u00e9 cela, on peut soup\u00e7onner que l'augmentation constante du nombre de revues est davantage due aux int\u00e9r\u00eats de ceux qui y \u00e9crivent qu'\u00e0 la demande r\u00e9elle ou estim\u00e9e des lecteurs potentiels. D'autre part, combien de ces revues publi\u00e9es dans le pays, en Am\u00e9rique latine et ailleurs dans le monde un anthropologue ordinaire consulte-t-il, et avec quelle r\u00e9gularit\u00e9 le fait-il chaque mois ou chaque ann\u00e9e ? Et que dire de la circulation et de l'utilit\u00e9 des quelques dizaines de livres anthropologiques publi\u00e9s chaque ann\u00e9e (dont certains appartiennent \u00e0 la cat\u00e9gorie des \"livres Promep\", comme certains organismes d'\u00e9valuation en sont venus \u00e0 appeler des collections de textes de qualit\u00e9 variable transform\u00e9s en chapitres par la gr\u00e2ce de budgets exc\u00e9dentaires et introduits non rarement par des tentatives acrobatiques de revendiquer un lien organique entre les parties qui composent le livre) ?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9norme masse de publications contraste fortement avec l'existence de seulement deux revues anthropologiques - bien qu'excellentes - destin\u00e9es \u00e0 un lectorat plus large : <em>Arch\u00e9ologie mexicaine<\/em> et <em>Ojarasca<\/em>Le premier est en vente dans de nombreuses villes du pays et le second, bien qu'il n'appartienne plus formellement \u00e0 la communaut\u00e9 anthropologique en tant que telle,<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a> pr\u00e9sent partout sous la forme d'un suppl\u00e9ment mensuel de la version num\u00e9rique du journal <em>La Jornada.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, il convient \u00e9galement de mentionner le grand nombre de mus\u00e9es qui non seulement exposent les r\u00e9sultats des travaux anthropologiques (au sens large des \"quatre domaines\", toujours li\u00e9s \u00e0 l'ethnohistoire-histoire), mais qui constituent pour de nombreux enfants mexicains leur premi\u00e8re rencontre directe avec d'importantes preuves mat\u00e9rielles et graphiques de leur milieu social et culturel, \u00e0 la fois proche et lointain. Par cons\u00e9quent, nos mus\u00e9es d'anthropologie et d'histoire ne m\u00e9ritent-ils pas une plus grande attention de la part des organismes d'\u00e9ducation et de diffusion, ainsi qu'une prise en compte dans les programmes scolaires ?<\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation de nombreux<em> blogs<\/em> et les sites Internet appartenant \u00e0 ce que l'on appelle les \"r\u00e9seaux sociaux\" num\u00e9riques n'ont jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent pas r\u00e9solu les probl\u00e8mes de communication, ni au sein de la communaut\u00e9 anthropologique (dont les membres, en outre, sont souvent li\u00e9s et int\u00e9ress\u00e9s par d'autres disciplines scientifiques li\u00e9es \u00e0 leurs sujets de recherche), ni avec des publics non sp\u00e9cialis\u00e9s plus larges, mais les ont plut\u00f4t augment\u00e9s. D'une part, il faut de plus en plus d'efforts et de m\u00e9canismes pour attirer l'attention des internautes sur ces sites web (dont un grand nombre sont d\u00e9pass\u00e9s) et, d'autre part, la plupart d'entre eux ne constituent pas une nouveaut\u00e9, mais se contentent de transf\u00e9rer des formes imprim\u00e9es de communication et de publication (souvent en copiant des textes et des images tels quels) vers la sph\u00e8re num\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, il est frappant de constater qu'en d\u00e9pit du fait que la science anthropologique dispose d'une \u00e9norme richesse de probl\u00e8mes, de donn\u00e9es, de d\u00e9bats et de propositions sur des sujets tels que la famille et la parent\u00e9, la nature et la culture, le sexe et le genre, il n'y a eu pratiquement aucune participation significative de la part de la profession anthropologique ou des groupes ou institutions anthropologiques mexicains. <em>de l'anthropologie <\/em>dans les r\u00e9centes controverses nationales sur l'\u00e9galit\u00e9 du mariage ou sur les questions de bio\u00e9thique. Il en va de m\u00eame pour le th\u00e8me omnipr\u00e9sent de la mondialisation, avec lequel notre discipline est entr\u00e9e dans son \"\u00e2ge d'or\", et o\u00f9 l'abandon des courants diffusionnistes de l'enseignement anthropologique et des formes de changement culturel traditionnellement examin\u00e9es comme des combinaisons d'innovation et de transmission ind\u00e9pendantes a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement frappant.<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a> De m\u00eame, les exp\u00e9riences et les liens du grand nombre d'anthropologues mexicains ayant une formation acad\u00e9mique ou des s\u00e9jours longs ou r\u00e9p\u00e9t\u00e9s aux \u00c9tats-Unis n'ont pas \u00e9t\u00e9 refl\u00e9t\u00e9s dans le d\u00e9bat public. Tout ceci n'est-il pas \u00e9galement vrai pour la quantit\u00e9 consid\u00e9rable d'\u00e9tudes anthropologiques mexicaines r\u00e9centes sur des sujets aussi cruciaux et fr\u00e9quemment discut\u00e9s dans la presse, \u00e0 la radio et \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision que la migration, les relations soci\u00e9t\u00e9-environnement (y compris le contraste entre anthropoc\u00e8ne et capitaloc\u00e8ne mentionn\u00e9 par Gustavo), la violence publique ou le ch\u00f4mage r\u00e9cemment aggrav\u00e9 par les soi-disant r\u00e9formes de l'\u00e9nergie et de l'\u00e9ducation, pour ne citer que quelques-uns des exemples les plus pertinents ?<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il faut aussi reconna\u00eetre que ce manque de pr\u00e9sence de l'anthropologie n'est pas seulement d\u00fb \u00e0 des probl\u00e8mes techniques de communication tels que ceux mentionn\u00e9s et imputables aux professionnels, \u00e0 la corporation et \u00e0 ses institutions. Il faut \u00e9galement garder \u00e0 l'esprit que la nature m\u00eame du savoir anthropologique est probl\u00e9matique et entrave souvent sa diffusion et sa vulgarisation. Le \"caract\u00e8re \u00e9minemment subversif\" de l'anthropologie, comme l'appelle Gustavo, est certainement une caract\u00e9ristique qui distingue \u00e0 l'avance les attentes que de larges secteurs de la population nourrissent \u00e0 l'\u00e9gard des d\u00e9clarations des anthropologues. Contrairement aux d\u00e9clarations des m\u00e9decins ou des astronomes, par exemple, qui sont souvent spontan\u00e9ment et \u00e0 l'avance consid\u00e9r\u00e9es comme utiles ou au moins non mena\u00e7antes pour les opinions, les valeurs ou les normes de comportement \"naturelles\" habituelles et m\u00eame respect\u00e9es, les d\u00e9clarations anthropologiques sont souvent redout\u00e9es comme inconfortables ou, dans un certain sens, comme un d\u00e9fi (Krotz, 2009 : 96-99).<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu'il en soit - je reviendrai sur cette question dans mon troisi\u00e8me et dernier commentaire - nous sommes confront\u00e9s \u00e0 une situation qui exige une r\u00e9vision des crit\u00e8res r\u00e9els de s\u00e9lection des sujets de recherche dans les institutions acad\u00e9miques publiques, des crit\u00e8res r\u00e9els d'allocation des ressources aux \u00e9tudes et aux publications, et des processus d\u00e9cisionnels correspondants, l'\u00e9cart entre tant de publications (et l'on pourrait dire la m\u00eame chose de l'augmentation frappante des s\u00e9minaires, congr\u00e8s et autres r\u00e9unions acad\u00e9miques et professionnelles) et leur impact public r\u00e9duit (sp\u00e9cialis\u00e9 et g\u00e9n\u00e9ral), ainsi que les options disponibles et souhaitables pour faire parvenir les r\u00e9sultats de nos recherches aux destinataires et aux utilisateurs potentiels.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">b) Sur la pr\u00e9dominance d'une anthropologie acad\u00e9mique qui n'est pas (suffisamment) r\u00e9flexive<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">L'une des raisons de la situation d\u00e9crite ci-dessus pourrait-elle \u00eatre la pr\u00e9dominance de l'anthropologie acad\u00e9mique au Mexique, qui est si excessive qu'elle occulte pratiquement l'anthropologie du segment plus large des anthropologues professionnels, c'est-\u00e0-dire ceux qui travaillent dans d'autres institutions publiques et priv\u00e9es ? En effet, ce deuxi\u00e8me type d'anthropologie n'appara\u00eet pratiquement pas dans les nombreuses publications anthropologiques du pays, n'est pas pr\u00e9sent dans les programmes de formation de premier ou de deuxi\u00e8me cycle (o\u00f9 il n'est parfois m\u00eame pas mentionn\u00e9 lorsque les programmes sont cr\u00e9\u00e9s ou r\u00e9organis\u00e9s pour \"former\" ces professionnels), et n'est que marginalement repr\u00e9sent\u00e9 dans les congr\u00e8s (presque toujours organis\u00e9s par des institutions acad\u00e9miques et en fonction de leurs modes de fonctionnement et de communication) et dans les associations professionnelles. Plus r\u00e9cemment, le Colegio de Etn\u00f3logos y Antrop\u00f3logos Sociales (ceas) et le Colegio de Antrop\u00f3logos de Yucat\u00e1n (cayac), qui, malgr\u00e9 leur nom androcentrique, regroupent tous deux des anthropologues, ont montr\u00e9 des signes de volont\u00e9 de s'int\u00e9resser davantage \u00e0 ce secteur professionnel.<a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> Il est frappant de constater que cela se produit pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 un moment o\u00f9 le foss\u00e9 entre l'anthropologie acad\u00e9mique et l'anthropologie de la plupart des dipl\u00f4m\u00e9s en anthropologie semble se creuser :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"large-quote\">La transformation des programmes d'enseignement de l'anthropologie \u00e0 la lumi\u00e8re des crit\u00e8res impos\u00e9s par les organismes d'\u00e9valuation de l'enseignement sup\u00e9rieur s'est clairement ajust\u00e9e au manque d'emploi et au manque de soutien \u00e0 la science et \u00e0 la technologie dans les politiques publiques contemporaines de notre pays. Le r\u00e9sultat de ce processus entra\u00eene, parmi de nombreux autres ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux, la restriction de l'acc\u00e8s aux programmes universitaires, la simplification de la formation acad\u00e9mique et l'\u00e9limination de l'esprit critique des dipl\u00f4m\u00e9s (Krotz et De Teresa, 2012 : 54).<a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Un aspect critique de cette simplification est apparu il y a vingt ans dans le volume 2 de l'annuaire <em>Inventaire anthropologique<\/em> (1996 : 405 ; voir les m\u00eames informations d\u00e9taill\u00e9es dans le volume 3, 1997 : 495), o\u00f9 est apparu le premier dipl\u00f4me d'anthropologie sociale, qui permet d'obtenir un dipl\u00f4me sans th\u00e8se ou autre travail \u00e9crit final. Vu d'aujourd'hui, ce moment ne doit-il pas \u00eatre compris comme un sympt\u00f4me de l'avanc\u00e9e de ce que Pablo Gonz\u00e1lez Casanova (2000) a appel\u00e9 peu apr\u00e8s l'arriv\u00e9e de la \"nouvelle universit\u00e9\" ? Bien qu'elle ait provoqu\u00e9 la longue gr\u00e8ve \u00e9tudiante de 1999 \u00e0 l'Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique contre le Plan Barn\u00e9s, la strat\u00e9gie de transformation de l'universit\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9e, semble-t-il, par l'Institut d'\u00e9tudes et de recherches de l'Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique (IUAM) a \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s. <em>Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques <\/em>(ocde), a n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e au Mexique et \u00e0 d'autres pays d'Am\u00e9rique latine.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Mexique, comme dans tout le sous-continent latino-am\u00e9ricain, on peut observer deux tendances de coexistence plus ou moins pacifique dans la communaut\u00e9 anthropologique. L'une se fonde avant tout sur l'attachement aux d\u00e9bats, approches, termes et publications les plus r\u00e9cents qui ont \u00e9merg\u00e9 dans les pays d'origine de l'anthropologie et qui sont encore h\u00e9g\u00e9moniques dans la discipline mondiale, tandis que l'autre semble se pr\u00e9occuper davantage des probl\u00e8mes pratiques, politiques et th\u00e9oriques de la situation socioculturelle \"de chez nous\", c'est-\u00e0-dire \"du Sud\". Le fait que les soi-disant \"\u00e9valuations acad\u00e9miques\" - en r\u00e9alit\u00e9 des mod\u00e8les coercitifs de planification, de recherche et de communication de la connaissance calqu\u00e9s sur les institutions du Nord suppos\u00e9es universelles - nous incitent de plus en plus \u00e0 suivre la premi\u00e8re tendance mentionn\u00e9e ci-dessus, d\u00e9courage, bien s\u00fbr, la r\u00e9flexion sur notre propre situation, sur les expressions m\u00e9ridionales des transformations en cours.<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> et sur la contribution th\u00e9orique <em>de<\/em> le Sud (Comaroff et Comaroff 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre racine de ce que Gustavo qualifie d'\"anti-intellectualisme\" me semble r\u00e9sider dans ce que l'on appelle l'anthropologie postmoderne, qui a exerc\u00e9 une influence d\u00e9sastreuse depuis les ann\u00e9es 1990. Bien qu'elle ait initialement g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des points de d\u00e9part int\u00e9ressants pour l'examen de la m\u00e9thodologie anthropologique, elle s'est rapidement transform\u00e9e en une mode pour laquelle \"il n'y a pas de paradigmes privil\u00e9gi\u00e9s. La science n'est pas plus proche de la v\u00e9rit\u00e9 que toute autre \"lecture\" d'un monde inconnaissable et ind\u00e9cidable. La v\u00e9rit\u00e9 est relative, locale, plurielle, ind\u00e9finie et interpr\u00e9tative. Par cons\u00e9quent, la tentative d'obtenir des donn\u00e9es ethnographiques objectives doit \u00eatre abandonn\u00e9e\" (Harris, 1995 : 63). Il faut se rendre compte de ce que signifie pour la discipline acad\u00e9mique et pour le monde professionnel le fait qu'un dipl\u00f4m\u00e9 en anthropologie sociale qui, dans son premier emploi r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, obtenu avec difficult\u00e9, remet \u00e0 son employeur l'\u00e9tude command\u00e9e sur les causes d'un ph\u00e9nom\u00e8ne quelconque (migration, discrimination, conflit agraire, ch\u00f4mage, culture politique, etc.) en faisant remarquer que son travail ne repr\u00e9sente pas la r\u00e9alit\u00e9, mais seulement sa v\u00e9rit\u00e9 personnelle, une v\u00e9rit\u00e9 parmi de nombreuses autres possibles.....<\/p>\n\n\n\n<p>N'y a-t-il pas un lien entre la large diffusion de ces id\u00e9es - mise en \u00e9vidence, d'ailleurs, par le fameux \"....\" - et le fait qu'il s'agit d'un ph\u00e9nom\u00e8ne de soci\u00e9t\u00e9 ?<em>affaire<\/em> Sokal\" en 1996<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a> et les nombreuses inexactitudes et fausset\u00e9s facilement d\u00e9celables dans le d\u00e9bat politique qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le r\u00e9f\u00e9rendum sur le Brexit et pendant la campagne \u00e9lectorale am\u00e9ricaine ? De telles situations, prolong\u00e9es par la d\u00e9nonciation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e des pr\u00e9tendues \"fake news\" par l'actuel pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis, ont conduit \u00e0 l'\u00e9laboration d'un projet de loi sur l'information. <em>Dictionnaire anglais d'Oxford<\/em> pour choisir en dernier novembre l'expression <em>post-v\u00e9rit\u00e9<\/em> -parfois traduite par <em>post-pratique-<\/em> comme mot anglais de l'ann\u00e9e 2016.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre les mensonges et les simples erreurs dont sont truff\u00e9s de nombreux discours politiques (ainsi que de nombreuses informations diffus\u00e9es sur le web), ne sommes-nous pas confront\u00e9s ici \u00e0 un nouveau niveau du probl\u00e8me de l'id\u00e9ologie en tant que partie et cause de la promotion d'une pens\u00e9e non scientifique, voire anti-scientifique, et donc de l'anti-intellectualisme que d\u00e9plore Gustavo ?<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, la question rev\u00eat une dimension plus profonde. Le web ne se contente pas de fournir passivement des informations ; il alerte d\u00e9sormais les gens sur les informations susceptibles de les int\u00e9resser, leur donne des recommandations et les incite \u00e0 \u00e9tablir des relations de collaboration avec d'autres personnes ayant des opinions similaires\", note le cyber-sp\u00e9cialiste Francis Heylighen (2011 : 274), qui a appel\u00e9 ce processus l'\u00e9mergence du \"web de l'information\" (2011 : 274), et l'a appel\u00e9 l'\u00e9mergence du \"web de l'information\".<em>cerveau mondial<\/em>qui est la m\u00e9taphore de ce r\u00e9seau \u00e9mergent, dot\u00e9 d'une intelligence collective, constitu\u00e9 des habitants de cette plan\u00e8te et de leurs ordinateurs, de leurs banques de connaissances et des liens de communication qui les relient. Que l'on accepte cette hypoth\u00e8se dans tous ses d\u00e9tails, que l'on adh\u00e8re davantage \u00e0 la th\u00e9orie de Ga\u00efa ou que l'on pr\u00e9f\u00e8re le concept teilhardien de \"no\u00f6sph\u00e8re\" pour comprendre le stade \u00e9volutif actuel de l'esp\u00e8ce humaine, n'est-il pas frappant de constater que c'est pr\u00e9cis\u00e9ment au moment o\u00f9 ce r\u00e9seau de communication v\u00e9ritablement plan\u00e9taire \u00e9merge comme un potentiel de l'esp\u00e8ce humaine jamais vu auparavant pour examiner et affronter des probl\u00e8mes communs \u00e0 l'\u00e9chelle plan\u00e9taire, que la transformation susmentionn\u00e9e de l'esp\u00e8ce humaine est impos\u00e9e, la transformation susmentionn\u00e9e de l'universit\u00e9 est impos\u00e9e, les m\u00e9canismes abondent pour induire de mille mani\u00e8res la banalisation de la communication sur le net, les modes de fonctionnement des principaux r\u00e9seaux et moteurs de recherche sont tenus cach\u00e9s, et des quantit\u00e9s gigantesques d'informations personnelles sont collect\u00e9es sans contr\u00f4le par les citoyens dans des mains priv\u00e9es ?<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de est \u00e9videmment un appel aux organes d\u00e9cisionnels et repr\u00e9sentatifs unipersonnels et coll\u00e9giaux de nos institutions universitaires (dans le cadre desquels, avec l'Institut national d'anthropologie et d'histoire et quelques autres organes du nouveau minist\u00e8re de la Culture, presque toutes les activit\u00e9s de diffusion et de vulgarisation anthropologiques du pays sont r\u00e9alis\u00e9es) \u00e0 d\u00e9velopper des m\u00e9canismes efficaces d'\u00e9tude et d'autoformation des processus et des facteurs d\u00e9terminants de la g\u00e9n\u00e9ration, de la transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle et de la diffusion des connaissances anthropologiques.<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">c) Sur l'\u00e9thique et l'\u00e9pist\u00e9m\u00e8<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Compte tenu de la situation g\u00e9n\u00e9rale, l'appel de Gustavo \u00e0 \"reprendre notre r\u00f4le politique\" n'a pas besoin d'\u00eatre justifi\u00e9 davantage, \u00e9tant donn\u00e9, en outre, que les anthropologues de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, les \u00e9volutionnistes du 19\u00e8me si\u00e8cle, \u00e9taient largement convaincus de l'utilit\u00e9 de leur nouvelle science pour am\u00e9liorer la soci\u00e9t\u00e9 existante, et que bon nombre d'entre eux ont particip\u00e9, bien que loin de l'impulsion des socialistes utopiques qu'ils avaient \u00e9limin\u00e9s de la production de connaissances socio-anthropologiques, \u00e0 diverses strat\u00e9gies orient\u00e9es vers ce but. Cependant, hier comme aujourd'hui, la question de savoir ce qu'il faut am\u00e9liorer et comment l'am\u00e9liorer a plusieurs r\u00e9ponses rationnelles possibles. En effet, l'appel \u00e0 l'action politique est un d\u00e9fi \u00e0 prendre des d\u00e9cisions \u00e0 l'int\u00e9rieur ou \u00e0 l'ext\u00e9rieur de certains canaux \u00e9tablis \u00e0 cette fin dans une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e et \u00e0 un moment historique donn\u00e9, et les crit\u00e8res et les d\u00e9tails pratiques d'une telle action ne peuvent pas \u00eatre d\u00e9riv\u00e9s directement de la connaissance anthropologique elle-m\u00eame, mais d\u00e9pendent \u00e9galement de choix \u00e9thiques, politiques, philosophiques ou religieux plus g\u00e9n\u00e9raux. Bien s\u00fbr, personne ne peut s'opposer \u00e0 ce que des anthropologues s'associent \u00e0 d'autres anthropologues dans des entreprises, des coop\u00e9ratives, des associations civiles, des mouvements, etc. pour mettre leurs connaissances au service de la lutte contre l'autoritarisme, le racisme et la discrimination et de la promotion de la d\u00e9mocratie et des droits des indig\u00e8nes. Mais dans une institution d'enseignement ou de recherche scientifique (qui est le seul cas que je puisse traiter en connaissance de cause) ?<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de ne pas en rester \u00e0 des d\u00e9clarations g\u00e9n\u00e9rales et en d\u00e9pit d'\u00e9ventuels malentendus, je me risquerai dans le cadre de ce bref commentaire \u00e0 esquisser quatre pistes d'action concr\u00e8tes, qui seraient justifi\u00e9es dans une institution de type universitaire pr\u00e9cis\u00e9ment non pas par l'invocation des valeurs des universitaires et des \u00e9tudiants (consid\u00e9rant d'ailleurs que l'in\u00e9galit\u00e9 de pouvoir entre les uns et les autres transforme assez facilement ces derniers en \"clients\" politiques), mais par r\u00e9f\u00e9rence aux propri\u00e9t\u00e9s du processus m\u00eame de production de la connaissance anthropologique. Par co\u00efncidence, dans les quatre pistes, la question de l'instrumentalisation de la connaissance anthropologique est \u00e9clips\u00e9e, et la g\u00e9n\u00e9ration de la connaissance anthropologique elle-m\u00eame, qui par sa nature implique souvent la remise en question de la mani\u00e8re habituelle de voir et de comprendre les ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux, est maintenue au centre.<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Le premier indice est la recherche non seulement sur les <em>\u00e0 propos de<\/em> mais <em>en partenariat<\/em> avec certains secteurs de la soci\u00e9t\u00e9 qui sont victimes du d\u00e9sordre social ambiant, ou avec des organisations qui agissent pour la d\u00e9fense et la promotion des premiers. De telles recherches sont men\u00e9es dans de nombreuses r\u00e9gions d'Am\u00e9rique latine, comme l'a r\u00e9cemment d\u00e9montr\u00e9 le volumineux travail compil\u00e9 par X\u00f3chitl Leyva (2015). Cependant, une telle proc\u00e9dure n'est souvent pas r\u00e9alisable pour diverses raisons. En outre, il existe toujours une perte potentielle de cr\u00e9dibilit\u00e9 lorsque les collaborateurs se rendent compte que les avantages de la collaboration qu'ils re\u00e7oivent sont moindres ou moins visibles que ceux re\u00e7us par leurs homologues universitaires.<a class=\"anota\" id=\"anota16\" data-footnote=\"16\">16<\/a> ou lorsque la m\u00eame institution m\u00e8ne \u00e9galement des recherches de signe oppos\u00e9, m\u00eame contract\u00e9es et pay\u00e9es dans des conditions peu claires par des entreprises publiques ou priv\u00e9es, des fondations ou des organismes gouvernementaux plus orient\u00e9s vers l'exploitation du travail humain, la d\u00e9pr\u00e9dation de l'environnement et la reproduction de l'in\u00e9galit\u00e9 sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Un deuxi\u00e8me indice est la r\u00e9action \u00e0 certaines situations \u00e9conomiques, sociales, politiques ou culturelles extr\u00eamement critiques, o\u00f9 il peut \u00eatre d\u00e9montr\u00e9 que l'action de recherche stricte - et donc l'obligation sociale de cette action de recherche - doit r\u00e9pondre directement \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de prot\u00e9ger les droits fondamentaux de l'homme, en particulier le droit \u00e0 la vie et l'int\u00e9grit\u00e9 physique et psychologique de certains \u00eatres humains, qui sont tous, par ailleurs, des objets r\u00e9els ou potentiels de la recherche sociale. L'ouvrage collectif <em>Alzando la voz por Ayotzinapa<\/em> (Ju\u00e1rez et Aduna, 2015) peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un exemple de ce type d'action, qui, peut-\u00eatre en raison de la difficult\u00e9 \u00e0 lui d\u00e9nier sa l\u00e9gitimit\u00e9, a un potentiel plus important que ce qui a \u00e9t\u00e9 reconnu jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me indice r\u00e9side dans l'examen de l'organisation de nos \u00e9coles et de nos centres de recherche. La question cl\u00e9 concernant l'enseignement peut facilement \u00eatre adapt\u00e9e \u00e0 la relation entre les universitaires, leurs repr\u00e9sentants et leurs sup\u00e9rieurs : ces institutions sont-elles organis\u00e9es et fonctionnent-elles de mani\u00e8re \u00e0 ce que, sans beaucoup de mots, mais \u00e0 travers leur fonctionnement quotidien et ce que l'on appelle \"l'enseignement\", elles soient en mesure d'apporter le soutien n\u00e9cessaire \u00e0 la communaut\u00e9 universitaire. <em>curriculum cach\u00e9<\/em> La pens\u00e9e critique est-elle r\u00e9ellement encourag\u00e9e, l'exploration cr\u00e9ative d'alternatives sociales sans exploitation, discrimination et domination est-elle stimul\u00e9e, l'apprentissage et le libre exercice d'une argumentation \u00e0 la fois tranchante et respectueuse sont-ils promus ? Ces questions peuvent \u00eatre scind\u00e9es en deux : les d\u00e9clarations solennelles des programmes correspondent-elles \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 observable ou ne peuvent-elles pas cacher le fait que, d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e de cours, il est entendu qu'il vaut mieux ne pas contredire les professeurs ou citer des auteurs ou poser des questions qui \"ne leur plaisent pas\" et ne pas insister sur des propositions une fois qu'elles ont \u00e9t\u00e9 refus\u00e9es ? Les discriminations ethnoculturelles et de genre sont-elles \u00e9radiqu\u00e9es uniquement au niveau verbal ou \u00e9galement dans les actions quotidiennes et dans la mise en \u0153uvre des politiques institutionnelles ? L'\u00e9lection et la conduite des repr\u00e9sentants, la transparence des budgets et le traitement des subordonn\u00e9s sont-ils coll\u00e9giaux, participatifs et d\u00e9mocratiques ou r\u00e9p\u00e8tent-ils les st\u00e9r\u00e9otypes habituels ?<\/p>\n\n\n\n<p>La quatri\u00e8me piste relie plusieurs des \u00e9l\u00e9ments mentionn\u00e9s dans ce troisi\u00e8me commentaire aux \u00e9l\u00e9ments mentionn\u00e9s dans les deux pr\u00e9c\u00e9dents. Ne vaudrait-il pas mieux essayer de faire comprendre aux citoyens qui n'ont pas re\u00e7u une formation sp\u00e9cialis\u00e9e en sciences sociales ce qu'elles sont et quel sens elles ont pour eux, comment on peut \u00e9tudier des ph\u00e9nom\u00e8nes appartenant \u00e0 la dimension socioculturelle de la r\u00e9alit\u00e9 et comment on peut penser sur cette base \u00e0 des alternatives au d\u00e9sordre social qui pr\u00e9vaut ? En d'autres termes, ne vaudrait-il pas mieux, au lieu de chercher \u00e0 traduire les \" r\u00e9sultats \" de nos recherches, les utiliser pour induire et introduire la pens\u00e9e socio-scientifique elle-m\u00eame ? Ne s'agirait-il pas d'une \" vulgarisation \" (Krotz, 2016 : 62-63) de l'anthropologie qui ne constituerait pas sa simplification plate, mais sa conversion en instrument de la lutte anti-id\u00e9ologique - et du point de vue des Anthropologies du Sud, d\u00e9colonisatrice - dans les diff\u00e9rents domaines de la production, de la diffusion et de la vulgarisation des savoirs sur l'\u00eatre humain en soci\u00e9t\u00e9 ?<a class=\"anota\" id=\"anota17\" data-footnote=\"17\">17<\/a> Peut-\u00eatre un nouvel \"\u00e2ge d'or\" se profile-t-il \u00e0 l'horizon, o\u00f9, sans pouvoir \u00e9liminer la division du travail dans le domaine de la connaissance, l'anthropologie contribuera \u00e0 la cr\u00e9ation d'une soci\u00e9t\u00e9 de l'information. <em>comprendre<\/em> Il n'y a pas de meilleur moment que maintenant pour faire conna\u00eetre aux citoyens ce qu'elle est, pourquoi elle est telle qu'elle est, et comment la soci\u00e9t\u00e9 in\u00e9galitaire actuelle pourrait \u00eatre transform\u00e9e en un foyer pour tous les peuples.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Ab\u00e9l\u00e8s, Marc (2012). <em>Anthropologie de la globalisation.<\/em> Par\u00eds: Payot (2\u00aa ed.).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Assange, Julian (2013). <em>Cypherpunks.<\/em> M\u00e9xico: Planeta.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Bonfil, Guillermo (1988). \u201cLa teor\u00eda del control cultural en el estudio de procesos \u00e9tnicos\u201d. url: http:\/\/www.ciesas.edu.mx\/Publicaciones\/Clasicos\/articulos\/TeoriadelControl.pdf [publicado originalmente en <em>Anuario Antropol\u00f3gico\/86<\/em>, pp. 13-53, Editora Universidade de Brasilia \/ Tempo Brasileiro, Brasilia]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Consejo Editorial (2016). \u201cEditorial\u201d, <em>Nueva Antropolog\u00eda<\/em>, vol. 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Madrid: Trotta\/Consejo Superior de Investigaciones Cient\u00edficas (Enciclopedia Iberoamericana de Filosof\u00eda, 28).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2015). \u201cAlgunos elementos presentes en las evaluaciones del Consejo Nacional de Ciencia y Tecnolog\u00eda (conacyt) que producen una apreciaci\u00f3n desfavorable de proyectos y especialistas en ciencias sociales e impactan negativamente en su desempe\u00f1o\u201d, en <em>Portal-e del Consejo Mexicano de Ciencias Sociales, <\/em>19 de enero de 2015. url: http:\/\/www.comecso.com\/?p=4819#more-4819.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2016). \u201cDos retos para las antropolog\u00edas latinoamericanas: orientalizarse y popularizarse\u201d, <em>Bolet\u00edn del Colegio de Etn\u00f3logos y Antrop\u00f3logos Sociales, A. C. [Los debates te\u00f3ricos sobre las antropolog\u00edas latinoamericanas \u2013 40\u00ba aniversario del ceas], <\/em>2016, pp. 59-64.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 y Ana Paula de Teresa (2012). \u201cA modo de introducci\u00f3n: antropolog\u00eda de la antropolog\u00eda en las instituciones Redmifa\u201d, en Esteban Krotz y Ana Paula de Teresa (ed.), <em>Antropolog\u00eda de la antropolog\u00eda mexicana: instituciones y programas de formaci\u00f3n<\/em>, vol. ii, pp. 11-64. M\u00e9xico: Red Mexicana de Instituciones de Formaci\u00f3n de Antrop\u00f3logos \/ Juan Pablos \/ uam-Iztapalapa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Leyva, X\u00f3chitl, y otros (ed.) (2015). <em>Pr\u00e1cticas otras de conocimiento(s): entre crisis, entre guerras<\/em>, 3 vol. San Crist\u00f3bal de Las Casas: Cooperativa Retos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">\u2014 (2015). \u201cHacia la investigaci\u00f3n descolonizada: nuestra experiencia de co-labor\u201d, en Xochitl Leyva y otros (ed.), <em>Pr\u00e1cticas otras de conocimiento(s): entre crisis, entre guerras<\/em>, t. i, pp. 451-480. San Crist\u00f3bal de Las Casas: Cooperativa Retos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">L\u00f3pez Austin, Alfredo (2016). <em>El conejo en la cara de la luna: ensayos sobre mitolog\u00eda de la tradici\u00f3n mesoamericana.<\/em> M\u00e9xico: Era (col. Bolsillo).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Murdock, George P. (1987). <em>Cultura y sociedad<\/em>. M\u00e9xico: fce.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Sahlins, Marshall D. (1997). \u201cEvoluci\u00f3n: espec\u00edfica y general\u201d, en Paul Bohannan y Mark Glazer (ed.), <em>Antropolog\u00eda: lecturas<\/em>, pp. 370-389. Madrid: McGraw-Hill (2\u00aa. ed.).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Sokal, Alan y Jean Bricmont (1999). <em>Imposturas intelectuales.<\/em> Barcelona: Paid\u00f3s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Varela, Roberto (2005). <em>Los trabajos y los d\u00edas del antrop\u00f3logo: ensayos sobre educaci\u00f3n, cultura, poder y religi\u00f3n.<\/em> M\u00e9xico: uam-Iztapalapa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Vargas Lozano, Gabriel (2014). <em>Filosof\u00eda \u00bfpara qu\u00e9?: desaf\u00edos de la filosof\u00eda para el siglo XXI. <\/em>M\u00e9xico: uam-Iztapalapa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Wade, Peter (ed.) (2011). <em>Los estudios culturales ser\u00e1n la muerte de la antropolog\u00eda.<\/em> Popay\u00e1n: Universidad del Cauca \/ Envi\u00f3n.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Wolf, Eric R. (1997). \u201cPerspectivas globales de la antropolog\u00eda: problemas y prospectivas\u201d, en Lourdes Arizpe (ed.), <em>Dimensiones culturales del cambio global<\/em>, pp. 43-64. Cuernavaca: Centro Regional de Investigaciones Multidisciplinarias-unam.<\/p>\n\n\n<div class=\"notas invisible\" id=\"notas-fixed\"><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote1\">1&nbsp;<em>Anthropologie socioculturelle, crise et antagonisme<\/em> (G\u00f3mez Carpinteiro, 2016) est le volume le plus r\u00e9cent de la collection \" Textos escogidos \", anthologies d'articles centr\u00e9s sur un th\u00e8me et revus depuis et pour l'actualit\u00e9 de la discipline. Plusieurs des (vid\u00e9o-)conf\u00e9rences des \u00e9v\u00e9nements comm\u00e9moratifs du Programa Cultura de la Universidad de Colima (url : http:\/\/eventos.ucol.mx\/cuis\/30aniversariorevistaculturascontemporaneas\/programa.htm) et les \u00e9ditoriaux des num\u00e9ros 42, 43 et 44 de la revue <em>\u00c9tudes sur les cultures contemporaines<\/em> contiennent des \u00e9l\u00e9ments pour un examen prospectif... <\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote2\">2 Dans tous les cas, je me limiterai \u00e0 la situation mexicaine, que j'ai pu conna\u00eetre en profondeur gr\u00e2ce \u00e0 ma participation aux projets \"Antropolog\u00eda de la Antropolog\u00eda\" (Red Mexicana de Instituciones de Formaci\u00f3n de Antrop\u00f3logos, Redmifa) et \"Las ciencias sociales en M\u00e9xico : un enfoque regional\" (Consejo Mexicano de Ciencias Sociales, Comecso). <\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote3\">3 Dans ce contexte, il convient de faire r\u00e9f\u00e9rence, aux niveaux international et national, \u00e0 ce que l'on appelle les \"\u00e9tudes culturelles\" qui, dans certains endroits, semblent avoir \u00e9clips\u00e9 ce que l'on appelait autrefois la \"science de la culture\" (voir \u00e0 ce sujet l'int\u00e9ressant ensemble de textes rassembl\u00e9s par Peter Wade (2011)), <em>Les \u00e9tudes culturelles seront la mort de l'anthropologie,<\/em> o\u00f9 l'approche int\u00e9grale de cette derni\u00e8re est oppos\u00e9e \u00e0 la premi\u00e8re, identifi\u00e9e comme une approche esth\u00e9tis\u00e9e) et l'appropriation par d'autres disciplines sociales d'\u00e9l\u00e9ments centraux des m\u00e9thodologies qualitatives longtemps identifi\u00e9es \u00e0 l'anthropologie. Il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de tenir compte de la diversification des cours de premier et de deuxi\u00e8me cycle dans le pays, o\u00f9 des domaines tels que la gestion culturelle, la g\u00e9ographie humaine, l'histoire culturelle, les \u00e9tudes environnementales ou la philosophie de la culture ont fusionn\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments traditionnels des sciences anthropologiques avec des lignes th\u00e9matiques d\u00e9riv\u00e9es d'autres disciplines sociales et humaines.<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote4\">4 Un exemple frappant, qui semble toutefois avoir eu peu d'impact sur les \u00e9coles d'anthropologie du pays, est la pr\u00e9sence tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9e d'anthropologues l\u00e9gistes argentins \u00e0 Ayotzinapa.<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote5\">5 Malheureusement, les efforts de Redmifa n'ont pas encore \u00e9t\u00e9 suffisants pour rassembler en un seul lieu les archives des publications anthropologiques nationales, ce qui faciliterait l'\u00e9tude comparative des th\u00e8mes et des segments de population abord\u00e9s par l'anthropologie mexicaine r\u00e9cente. Peut-\u00eatre que la tentative en cours au ciesas de rassembler en un seul lieu public les donn\u00e9es de base num\u00e9ris\u00e9es de toutes les th\u00e8ses de licence et de master et la prochaine publication num\u00e9rique des index de toutes les revues et bulletins anthropologiques publi\u00e9s au cours des vingt ou trente derni\u00e8res ann\u00e9es (et rassembl\u00e9s en grande partie dans les dix premiers volumes de l'anuario <em>Inventaire anthropologique<\/em>) nous permettent de reconna\u00eetre les tendances et les fr\u00e9quences \u00e0 cet \u00e9gard.<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote6\">6 Comme on le sait, le magazine est n\u00e9 au sein de l'Instituto Nacional Indigenista pour succ\u00e9der \u00e0 la revue <em>Mexique indig\u00e8ne<\/em>mais a ensuite \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par l'institution.<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote7\">7 Ceci en d\u00e9pit du fait que les textes classiques et facilement accessibles de Murdock (1987 : 109-134), Sahlins (1997), Wolf (1997) et Bonfil (1988) figurent g\u00e9n\u00e9ralement dans les programmes scolaires.<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote8\">8 La Commission interg\u00e9n\u00e9rationnelle sur la pratique professionnelle de l'anthropologie (ciepa), mise en place par le ceas et soutenue par la Redmifa, a donn\u00e9 une impulsion importante en r\u00e9alisant un diagnostic de la pratique professionnelle de l'anthropologie au Mexique au 21e si\u00e8cle. Les discussions sur le projet de code de d\u00e9ontologie au sein du ceas et du cayac ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 \u00e9largir dans un premier temps le regard sur le secteur professionnel de l'anthropologie mexicaine.<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote9\">9 Dans le m\u00eame ordre d'id\u00e9es, un philosophe mexicain bien connu souligne dans son domaine que \"depuis les derni\u00e8res d\u00e9cennies du 20e si\u00e8cle et la premi\u00e8re d\u00e9cennie du 21e si\u00e8cle, nous avons assist\u00e9 \u00e0 la destruction de tout ce qui \u00e9tait enracin\u00e9 dans l'histoire de l'humanit\u00e9. <em>paideia<\/em> et son remplacement par une s\u00e9rie d'instructions orient\u00e9es vers le productivisme et le consum\u00e9risme, sans m\u00eame tenter la formation d'une conception harmonieuse et int\u00e9grale de l'\u00eatre humain et de sa relation avec la nature\" (Vargas 2014:11).<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote10\">10 D\u00e8s 1992, Roberto Varela (2005:45 ff.) a analys\u00e9 l'homog\u00e9n\u00e9isation des mod\u00e8les d'\u00e9valuation institutionnelle comme l'un des premiers sympt\u00f4mes les plus visibles de la nouvelle situation. Voir \u00e9galement Krotz 2011 et Krotz 2015 pour une analyse.<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote11\">11 Outre les nombreuses \u00e9tudes sur ce <em>affaire<\/em>se souvenir du livre <em>Impostures intellectuelles <\/em>(Sokal et Bricmont, 1999).<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote12\">12 Une r\u00e9action int\u00e9ressante \u00e0 l'\u00e9chelle de la plan\u00e8te est la convocation du <em>Marche pour les sciences<\/em>qui, aux \u00c9tats-Unis, est explicitement li\u00e9e \u00e0 la conduite du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral actuel, mais qui, ailleurs, englobe plus largement le m\u00e9pris de la science et de la pens\u00e9e rationnelle (https:\/\/www.marchforscience.com\/ ; http:\/\/marchforscience.de\/ ; https:\/\/www.facebook.com\/events\/178591835959 723\/.).<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote13\">13 Trois aspects \u00e9troitement li\u00e9s, qu'une \u00e9laboration syst\u00e9matique de la situation ne saurait \u00e9viter, ne peuvent \u00eatre mentionn\u00e9s que dans le contexte du pr\u00e9sent commentaire. D'une part, la na\u00efvet\u00e9 et l'ang\u00e9lisme parfois incroyables avec lesquels les \"r\u00e9seaux sociaux\" virtuels, les moteurs de recherche et les bases de donn\u00e9es - propos\u00e9s en grande majorit\u00e9 par des entreprises priv\u00e9es dont l'objectif principal est, comme il ne peut en \u00eatre autrement dans un syst\u00e8me capitaliste, de g\u00e9n\u00e9rer des profits - sont \u00e9galement utilis\u00e9s dans les universit\u00e9s, sans r\u00e9aliser que le paiement de ce qui est obtenu \"gratuitement\" est la livraison d'informations gratuites et incontr\u00f4lables sur les personnes, les groupes, les institutions et toutes sortes de processus sociaux et culturels, et o\u00f9 l'on ne tient pas compte du fait que l'utilisation de technologies telles que celles mentionn\u00e9es \"augmente la connexion et la solidarit\u00e9 autant qu'elle augmente l'espionnage et le contr\u00f4le\" (Garc\u00eda Canclini, 2016 : 100). D'autre part, l'histoire des d\u00e9nonciations des abus et des m\u00e9canismes de contr\u00f4le dans et \u00e0 travers ce r\u00e9seau plan\u00e9taire, que parfois m\u00eame les d\u00e9cideurs dans les universit\u00e9s ignorent, et qui sont li\u00e9es aux biographies de Julian Assange, Edward Snowden et Chelsea Manning, montre l'hypersensibilit\u00e9 du syst\u00e8me lorsqu'il est interrog\u00e9 sur ses fondements. Car cette remise en question r\u00e9v\u00e8le la face cach\u00e9e, ces fondamentaux. <em>\u00e9galement<\/em> de la m\u00eame mani\u00e8re que l'avanc\u00e9e des forces productives gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9volution industrielle a permis d'am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de la vie. <em>\u00e9galement<\/em> s'est manifest\u00e9e dans les orgies destructrices de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Mais ces aspects sont cach\u00e9s \"derri\u00e8re le secret, la complexit\u00e9 et l'ampleur de cette \u00e9volution. L'internet, notre plus grand outil d'\u00e9mancipation, est devenu le plus dangereux catalyseur de totalitarisme jamais vu\" (Assange, 2013 : 17). Enfin, l'imposition de plus en plus forte des modes de planification et de r\u00e9alisation des processus de recherche et d'enseignement en sciences sociales et humaines sur des mod\u00e8les emprunt\u00e9s aux sciences naturelles et exactes et \u00e0 l'organisation factorielle et industrielle entra\u00eene une sorte de d\u00e9naturalisation de nos sciences qui d\u00e9passe les probl\u00e8mes techniques de \" l'\u00e9valuation acad\u00e9mique \".<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote14\">14 Dans le cadre du IIIe Congr\u00e8s mexicain d'anthropologie sociale et d'ethnologie, un symposium a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 \u00e0 l'intention des anthropologues ayant r\u00e9cemment particip\u00e9 \u00e0 des comit\u00e9s d'\u00e9valuation acad\u00e9mique, en particulier dans des organes multidisciplinaires au sein d'universit\u00e9s et d'agences du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, afin de discuter de leurs exp\u00e9riences et de les confronter \u00e0 leurs propres attentes et \u00e0 celles de leurs coll\u00e8gues. Les r\u00e9ponses \u00e0 l'appel ont \u00e9t\u00e9 relativement modestes, et ce n'est sans doute pas la meilleure fa\u00e7on de discuter de ces questions en public, mais comment \u00e9tudier le fonctionnement r\u00e9el de ces instances et fournir \u00e0 la communaut\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments pour \u00e9valuer les \u00e9valuateurs ?<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote15\">15 L'anthropologue politique Marc Ab\u00e9l\u00e8s (2012 : 266), si je l'ai bien compris, utilise dans ce contexte le terme d'\" espace de libert\u00e9 \". <em>d\u00e9placement<\/em> (\"d\u00e9placement\", \"\u00e9loignement\")<em>,<\/em> par lequel il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la lecture typiquement diff\u00e9rente que fait l'anthropologie des ph\u00e9nom\u00e8nes socioculturels - en tant que science de l'alt\u00e9rit\u00e9 (Krotz, 2012) - qu'elle oppose au regard des organes reproducteurs de l'ordre de pouvoir existant, pr\u00e9occup\u00e9s principalement par le maintien des structures institutionnelles, des hi\u00e9rarchies sociales et des centrismes politiques.<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote16\">16 Voir pour cette contradiction importante, qui est rarement explicit\u00e9e dans ce contexte, Leyva et Speed 2015 : 469.<\/div><br \/>\n<div class=\"nota invisible\" id=\"footnote17\">17 Une id\u00e9e suggestive en ce sens est formul\u00e9e par Alfredo L\u00f3pez Austin (2016 : 17) lorsqu'il dit que dans ses articles sur la mythologie m\u00e9soam\u00e9ricaine, il veut \" impliquer le lecteur dans les probl\u00e8mes, lui faire prendre conscience de certaines hypoth\u00e8ses plausibles et lui fournir des \u00e9l\u00e9ments de jugement \".<\/div><br \/>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le premier de mes trois commentaires, j'aborde et d\u00e9veloppe certaines des affirmations de Gustavo concernant la visibilit\u00e9 et la pr\u00e9sence publique de l'anthropologie au Mexique aujourd'hui. Dans le deuxi\u00e8me, je relie cette situation \u00e0 la transformation en cours du syst\u00e8me scientifique et technologique, qui combine la refonctionnalisation et la marchandisation de l'institution universitaire avec des changements profonds dans le type de connaissance appel\u00e9 science, et que je pense que Gustavo a \u00e0 l'esprit lorsqu'il parle de la d\u00e9sintellectualisation actuelle. Le th\u00e8me du troisi\u00e8me et dernier commentaire reprend une de ses id\u00e9es sur l'\u00e9thique de l'anthropologie et l'analyse d'une mani\u00e8re quelque peu diff\u00e9rente.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[28,251,267,268,250],"coauthors":[551],"class_list":["post-29594","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-34","tag-antropologia","tag-debate-publico","tag-desintelectualizacion","tag-mercantilizacion","tag-universidades","personas-krotz-esteban","numeros-217"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Antropolog\u00eda: conocimiento y pol\u00edtica &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/conocimiento-y-politica\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Antropolog\u00eda: conocimiento y pol\u00edtica &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"En el primero de mis tres comentarios bordo y profundizo algunas afirmaciones de Gustavo sobre la visibilidad y presencia pu\u0301blica de la antropologi\u0301a actual en Me\u0301xico. 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