{"id":29569,"date":"2018-03-21T11:59:02","date_gmt":"2018-03-21T11:59:02","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=29569"},"modified":"2023-11-17T19:14:38","modified_gmt":"2023-11-18T01:14:38","slug":"revisar-el-mandato-antropologico","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/revisar-el-mandato-antropologico\/","title":{"rendered":"R\u00e9examen du mandat anthropologique"},"content":{"rendered":"<p class=\"no-indent\"><span class=\"dropcap\">R<\/span>l est assez facile de partager le m\u00e9contentement de notre coll\u00e8gue Gustavo Lins Ribeiro. Je dis \"notre\" en faisant r\u00e9f\u00e9rence au coll\u00e8gue anthropologue des \"anthropologies du monde\", au coll\u00e8gue latino-am\u00e9ricain, au Br\u00e9silien form\u00e9 dans les acad\u00e9mies du Br\u00e9sil et des \u00c9tats-Unis et, surtout, au coll\u00e8gue qui est venu en Argentine pour effectuer son travail de doctorat sur le barrage binational de Yacyret\u00e1 et son personnel technique, connu sous le nom de \"bichos de obra\". D\u00e8s le d\u00e9but de sa carri\u00e8re universitaire, Gustavo a particip\u00e9 \u00e0 divers d\u00e9bats, a publi\u00e9 dans les revues anthropologiques argentines naissantes et a fortement soutenu la renaissance et le renforcement institutionnel de l'anthropologie sociale au cours de la p\u00e9riode d\u00e9mocratique, Gustavo a fait partie d'un groupe d'anthropologues sociaux qui sont rest\u00e9s en Argentine pendant la derni\u00e8re dictature militaire et qui ont r\u00e9ussi \u00e0 maintenir, avec des variations, une anthropologie utile et actuelle li\u00e9e aux principaux courants anthropologiques de l'Atlantique Nord, ce que l'on appelait alors, \u00e0 la suite d'Eric Wolf, le grand professeur de Gustavo \u00e0 Cuny, \"l'anthropologie des soci\u00e9t\u00e9s complexes\".<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 cette histoire commune, je peux \u00eatre s\u00fbr que l'appel de Gustavo est sinc\u00e8re. Et en raison de son int\u00e9r\u00eat pour les courants de la mondialisation et de son travail au sein d'organisations anthropologiques nationales et internationales, je suis convaincu que son point de vue r\u00e9sulte d'une vaste connaissance de la mani\u00e8re dont les anthropologues de diff\u00e9rents horizons comprennent et pratiquent ce qu'ils appellent l'\"anthropologie\". C'est dans cet esprit que j'aimerais vous faire part de quelques r\u00e9flexions tir\u00e9es de mon humble exp\u00e9rience en tant que l'un de vos nombreux coll\u00e8gues.<\/p>\n\n\n\n<p>Les anthropologues de nos pays, c'est-\u00e0-dire ceux d'entre nous qui se trouvent en dehors de l'Atlantique Nord, terme qui me semble plus appropri\u00e9 que celui d'\"Occident\", se consid\u00e8rent comme une caisse de r\u00e9sonance th\u00e9orique, m\u00e9thodologique et th\u00e9matique de ce qui se passe dans les pays \"centraux\". Comme Gustavo l'avait pr\u00e9venu, les crises locales de ces pays, et de leurs anthropologies, prennent imm\u00e9diatement un caract\u00e8re global qui implique les pays des \"autres anthropologies\" (Boscovich), \"p\u00e9riph\u00e9riques\" (Cardoso de Oliveira), \"secondes anthropologies\" ou \"du Sud\" (Krotz). Cependant, et bien que nous soyons tous dans le m\u00eame monde dont les dynamiques r\u00e9pondent fortement aux dictats de ses puissances \u00e9conomiques et aussi de ses gouvernements, l'anthropologie nous a appris qu'il est tout aussi important de savoir ce que vit un habitant de Miami que ce que vit un citoyen de Kinshasha, de Santiago du Chili ou de Sofia. Elle nous a \u00e9galement appris que m\u00eame un village, p\u00e9riph\u00e9rique s'il en est, comme l'\u00e9tait autrefois l'archipel m\u00e9lan\u00e9sien des \u00eeles Trobriand, avait beaucoup \u00e0 apprendre aux Europ\u00e9ens qui se sont massacr\u00e9s lors de la Grande Guerre de 14, non seulement sur la variabilit\u00e9 de l'esp\u00e8ce humaine, mais aussi sur le large spectre culturel, qui m\u00e9rite tous dignit\u00e9 et respect. Les Trobriandais et Malinowski (qui n'\u00e9tait pas britannique mais polonais) enseignaient \u00e0 l'Europe ce qu'\u00e9tait la soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne. Les anthropologues n'ont jamais perdu le contact avec leurs indig\u00e8nes respectifs et c'est la pierre de touche de leur place dans les sciences sociales et humaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a sans aucun doute des questions aujourd'hui qui nous interpellent en tant qu'agents de la connaissance mondialis\u00e9e et globalisante. Nombre d'entre elles sont des questions difficiles et urgentes qui requi\u00e8rent le positionnement humanitaire et professionnel des anthropologues. Cependant, ces deux positions ne sont pas identiques et ne vont pas n\u00e9cessairement dans la m\u00eame direction.<\/p>\n\n\n\n<p>Lins Ribeiro d\u00e9crit la position des anthropologues dans le monde d'aujourd'hui comme une perte de pertinence (intellectuelle) dans les d\u00e9bats nationaux et mondiaux face \u00e0 un \"glissement vers la droite\" qui s'exprime par un racisme croissant et une discrimination anti-immigr\u00e9s expansive. Les raisons ? Elles sont \u00e0 la fois endog\u00e8nes et exog\u00e8nes. En ce qui concerne les premi\u00e8res, M. Lins attribue notre perte de pertinence \u00e0 notre enchev\u00eatrement dans des \"discussions internes et dans nos sp\u00e9cialit\u00e9s comme moyen de montrer notre \u00e9rudition et de faire carri\u00e8re\". Il ne pr\u00e9cise pas \u00e0 quelles discussions internes il fait r\u00e9f\u00e9rence, ni \u00e0 quels moyens de faire carri\u00e8re, o\u00f9 et \"contre qui\". Veut-il dire que nos fa\u00e7ons de faire carri\u00e8re et de d\u00e9velopper l'\u00e9rudition sont plus proches de la science fondamentale que de la science appliqu\u00e9e et visible ? Entend-il par \"discussions internes\" les langues et les questions th\u00e9oriques sp\u00e9cifiques \u00e0 nos d\u00e9veloppements acad\u00e9miques, ou suppose-t-il que cette \"internalit\u00e9\" n'est pas seulement interne, mais aussi non pertinente ? Lorsqu'il \u00e9voque des raisons exog\u00e8nes, il parle de courants et de ph\u00e9nom\u00e8nes globaux, tels que l'\"anti-intellectualisme\", l'\"empire des \u00e9crans\" et le savoir fragment\u00e9 et apparemment imm\u00e9diat fourni par l'internet, ainsi que l'avanc\u00e9e du n\u00e9olib\u00e9ralisme dans l'acad\u00e9mie et la fermeture de nombreux programmes d'anthropologie. Il parle \u00e9galement de l'entr\u00e9e concurrentielle d'autres disciplines - les \u00e9tudes culturelles, je suppose - lorsqu'elles cherchent \u00e0 se prononcer sur le concept de \"culture\", si cher et apparemment si propre et inh\u00e9rent \u00e0 la trajectoire anthropologique, mais que nous, anthropologues, avons abandonn\u00e9 en m\u00eame temps que l'\u00e9volutionnisme. Ensuite, Lins Ribeiro nous demande, \u00e0 travers la d\u00e9claration d'octobre 2016 des anthropologues polonais, de prendre des positions politiques plus claires et plus publiques face \u00e0 la x\u00e9nophobie et au racisme nord-atlantique et europ\u00e9en. M\u00eame si nous nous sommes positionn\u00e9s du \"bon c\u00f4t\u00e9\" de l'histoire, Lins appelle \u00e9galement \u00e0 des prises de position plus pr\u00e9cises sur la \"crise de civilisation que nous vivons et les orientations du capitalisme hyper-flexible\", en d\u00e9passant les \"m\u00e9ta-r\u00e9cits pastoraux et communautaires\" dans lesquels nous avons tendance \u00e0 nous \"conforter\". Ce ne sont pas seulement les anthropologues polonais qui peuvent inspirer ce mouvement, mais aussi le formidable exemple de Franz Boas.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette affirmation semble plus appropri\u00e9e lorsqu'elle s'applique \u00e0 l'acad\u00e9mie d'anthropologie du grand nord, celle du tournant postmoderne, celle de l'\u00e9cole de l'art et de la culture, celle de l'\u00e9cole de l'art et de la culture, celle de l'\u00e9cole de l'art. <em>fardeau de l'homme blanc<\/em>Les r\u00e9sultats de la derni\u00e8re \u00e9lection pr\u00e9sidentielle, celle de l'acad\u00e9mie o\u00f9 lui et moi avons fait nos \u00e9tudes de doctorat, que dans d'autres pays, comme le mien et peut-\u00eatre Lins lui-m\u00eame. Dans l'Argentine hyperpolitis\u00e9e, qu'ils soient universitaires ou non, les anthropologues sont porteurs d'une discipline missionnaire. Non seulement en raison des sujets que nous \u00e9tudions, des auteurs que nous lisons, de la rh\u00e9torique que nous utilisons, mais aussi et surtout (en termes de visibilit\u00e9 et de qualit\u00e9) en raison du caract\u00e8re politique de l'anthropologie sociale, \u00e9tablie comme la sous-discipline anthropologique dominante dans les institutions universitaires argentines depuis 1984, et en raison du caract\u00e8re judiciaire et compensatoire de l'anthropologie m\u00e9dico-l\u00e9gale depuis quelques ann\u00e9es. Les anthropologues argentins estiment que l'anthropologie sociale est une discipline \u00e9minemment progressiste, engag\u00e9e en faveur des classes subalternes et des minorit\u00e9s ethniques, et bien que le racisme n'ait pas \u00e9t\u00e9 un th\u00e8me constant ou r\u00e9current dans notre production, les anthropologues sociaux argentins consid\u00e8rent que notre discipline sert principalement, comme le demande Lins, \u00e0 d\u00e9noncer l'injustice, l'exclusion et la spoliation. C'est pour cette raison que les th\u00e8mes privil\u00e9gi\u00e9s sont principalement les questions li\u00e9es \u00e0 la discrimination, \u00e0 l'in\u00e9galit\u00e9 sociale, \u00e0 l'ethnocide et aux crimes contre l'humanit\u00e9 commis par l'\u00c9tat pendant la derni\u00e8re dictature militaire (1976-1983). Les migrants, en particulier ceux des pays voisins, mais aussi, et plus r\u00e9cemment, ceux d'origine africaine et asiatique, font partie de cette mission.<\/p>\n\n\n\n<p>Il va sans dire que la relation de l'\u00e9quipe argentine d'anthropologie m\u00e9dico-l\u00e9gale ne devrait pas rendre son engagement explicite, \u00e9tant donn\u00e9 qu'elle est n\u00e9e en tant que groupe de jeunes \u00e9tudiants en anthropologie - socioculturelle, arch\u00e9ologique et biologique - qui ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s pour identifier des restes humains sans nom (\"nn\") trouv\u00e9s dans des tombes creus\u00e9es par ces m\u00eames \u00eatres lorsqu'ils avaient encore des noms et des pr\u00e9noms et qu'ils \u00e9taient sur le point d'\u00eatre fusill\u00e9s, ou alors qu'ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 des morceaux de chair morte dans des interrogatoires horribles visant \u00e0 obtenir un grand nombre de d\u00e9nonciations pour d\u00e9sarmer les cellules et r\u00e9seaux de sympathisants, militants et dirigeants d'organisations arm\u00e9es de gauche ayant opt\u00e9 pour la tactique foquista, pour d\u00e9manteler les organisations syndicales et sociales qualifi\u00e9es de \"subversives\", et pour d\u00e9courager l'ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 par l'exemplarit\u00e9 de ces ch\u00e2timents. Le si\u00e8cle actuel a \u00e9galement vu les arch\u00e9ologues \u00e0 la recherche d'une arch\u00e9ologie publique, plus proche des populations vivant autour des sites.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, cela fait longtemps, disons depuis le milieu des ann\u00e9es 80, que les anthropologies argentines qui sont aujourd'hui pratiqu\u00e9es, pens\u00e9es et discut\u00e9es dans ce coin du monde ont assum\u00e9 publiquement diverses missions contre l'injustice, le g\u00e9nocide, l'in\u00e9galit\u00e9 et la discrimination. L'affirmation de Lins ne tiendrait donc pas la route ici (tiendrait-elle la route au Br\u00e9sil ?). Et pourtant, ce biais n'\u00e9limine pas la pertinence de certaines questions, comme par exemple : ces anthropologies engag\u00e9es et progressistes ont-elles une influence sur la conception de politiques publiques justes, d\u00e9mocratiques et pluralistes ? Ou encore : ces anthropologies influencent-elles et affectent-elles les climats politiques et sociaux de l'opinion dans le pays, dans quels secteurs et dans quelles classes sociales ? Ou peut-\u00eatre devrions-nous nous demander, plus simplement : ces anthropologies engag\u00e9es, publiques, pluralistes et pr\u00e9tendument utiles sont-elles de la \"bonne anthropologie\" ? Chacune de ces questions admet des r\u00e9ponses diff\u00e9rentes en fonction, bien s\u00fbr, de la fa\u00e7on dont nous d\u00e9finissons des termes tels que \"influent\", \"bon\", \"juste, d\u00e9mocratique et pluraliste\", etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les nombreux probl\u00e8mes que ces questions soul\u00e8vent, je voudrais simplement mettre en garde contre le fait qu'\u00eatre dans l'ar\u00e8ne publique ne signifie pas \u00eatre cr\u00e9dible, et \"\u00eatre cr\u00e9dible\" ne signifie pas \u00eatre cr\u00e9dible en tant qu'anthropologue. On l'est probablement en tant que citoyen, activiste ou fonctionnaire, mais pas n\u00e9cessairement en tant qu'universitaire dans cette discipline (qui, \u00e0 mon avis, est la plus proche de toutes les sciences sociales des personnes qui l'\u00e9tudient). La situation des anthropologues sociaux diff\u00e8re de celle des anthropologues m\u00e9dico-l\u00e9gaux, dont les proc\u00e9dures sont caract\u00e9ris\u00e9es par la r\u00e9solution d'une identit\u00e9 effac\u00e9e ou l'\u00e9tablissement de la cause d'un d\u00e9c\u00e8s. Certes, on peut \u00eatre d'accord ou non avec la d\u00e9cision d'exhumer des restes humains et de les identifier, comme c'est actuellement le cas pour les \"nn\" morts lors du conflit de l'Atlantique Sud aux Malouines en 1982 et qui reposent dans le cimeti\u00e8re de Darwin, \u00e0 l'ouest de l'\u00eele de Soledad, dans l'archipel des Malouines. Mais le verdict final sera cr\u00e9dit\u00e9 par les partisans et les d\u00e9tracteurs de l'op\u00e9ration. L'\u00e9quipe argentine d'anthropologie m\u00e9dico-l\u00e9gale a obtenu une reconnaissance qui, gr\u00e2ce \u00e0 son expertise techno-scientifique, nous permet, \u00e0 nous Argentins (et \u00e0 d'autres citoyens du monde lorsque l'\u00e9quipe op\u00e9rait en Yougoslavie, en Bolivie, au Rwanda et au Mexique, entre autres destinations), d'acqu\u00e9rir des connaissances qui nous \u00e9taient refus\u00e9es sous l'\u00e9tiquette de \"disparus\".<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la situation des anthropologues sociaux me semble moins claire et lin\u00e9aire, en partie parce que l'agenda professionnel et intellectuel qui consiste \u00e0 s'occuper des questions \"pertinentes\" que nous, anthropologues argentins, nous sommes impos\u00e9es, semble l'avoir emport\u00e9 sur la complexit\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 socioculturelle, la pluralit\u00e9 des approches et des questions qui sont \u00e9galement dignes d'attention. Qu'est-ce que je veux dire par l\u00e0 ? Que si tout ce qui passe par mes archives de terrain doit \u00eatre lu en termes de discrimination, de g\u00e9nocide ou d'ethnocide, et que c'est cela et seulement cela le message que recevront mes lecteurs, il est tr\u00e8s probable que ma production ne sera pas enti\u00e8rement cr\u00e9dible. Pourquoi ? Parce que mon interpr\u00e9tation en tant qu'anthropologue ne serait pas li\u00e9e \u00e0 l'exp\u00e9rience de mes lecteurs et parce que mon interpr\u00e9tation (politiquement correcte, vertueuse et d\u00e9nonciatrice) donnerait une image unilat\u00e9rale et probablement caricaturale des sujets d'\u00e9tude. Peut-\u00eatre cette image est-elle endoss\u00e9e par mes interlocuteurs (que nous appelons habituellement \"informateurs\"), m\u00eame pour nettoyer leur mauvaise image publique. Mais cela n'implique pas qu'eux-m\u00eames et les lecteurs (fonctionnaires, universitaires d'autres disciplines ou profanes) croient \u00e0 mon interpr\u00e9tation. Il faut entendre par \"croire\" le fait de se voir v\u00e9ritablement refl\u00e9t\u00e9 dans cette production ou de trouver ma peinture socioculturellement plausible.<\/p>\n\n\n\n<p>L'esprit de d\u00e9nonciation adopt\u00e9 par de nombreux anthropologues latino-am\u00e9ricains peut avoir plusieurs effets. Le premier est que la philosophie des droits de l'homme et des droits sociaux en tant que pan-humanitaire s'impose \u00e0 la reconnaissance des r\u00e9alit\u00e9s, des syst\u00e8mes de valeurs et des normes qui contredisent ou reconfigurent ces pr\u00e9ceptes. Le chercheur devient un observateur de la non-r\u00e9alisation des droits tels qu'ils sont formul\u00e9s par le droit international. Dans le m\u00eame mouvement, un deuxi\u00e8me effet se produit : les interlocuteurs de nos \u00e9crits apparaissent comme de purs objets d'exploitation, de discrimination et d'injustice, perdant la dimension de leur propre agence, leur capacit\u00e9 de man\u0153uvre et de r\u00e9action, et les explications qu'elles suscitent. Le troisi\u00e8me effet est la priorit\u00e9 absolue de certains sujets au d\u00e9triment d'autres, qui sont mis de c\u00f4t\u00e9 parce que leurs protagonistes ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de la sympathie politique ou socioculturelle du monde auquel appartient le chercheur (un monde que je limite au monde universitaire), ou parce qu'ils sont responsables de la diminution des droits des subalternes et\/ou des pers\u00e9cut\u00e9s. Le r\u00e9sultat de cet \u00e9vitement est un corpus de recherche qui aseptise les pauvres et les minorit\u00e9s ethniques, en ignorant leurs c\u00f4t\u00e9s sombres, cruels et m\u00eame immoraux.<\/p>\n\n\n\n<p>C'est pr\u00e9cis\u00e9ment ce point qui nous interpelle, nous anthropologues, face aux meurtres et aux attentats produits par diff\u00e9rents complots organisationnels qui, loin de suivre et de pr\u00e9tendre affirmer les \"fondamentaux\" des \u00e9critures divines, g\u00e9n\u00e8rent une pr\u00e9dication exacerb\u00e9e, r\u00e9calcitrante et absolument post-moderne, comme l'a magistralement montr\u00e9 Talal Asad dans <em>Sur les attentats suicides <\/em>(2007). Que le pays qui produit et concentre le plus d'anthropologues au monde risque de devenir le Trumpistan ; que les r\u00e9publiques issues des prometteuses guerres de lib\u00e9ration des ann\u00e9es 50 et 60 soient devenues des royaumes absolutistes, bien loin des pr\u00eaches des premiers id\u00e9ologues r\u00e9volutionnaires ; que la r\u00e9volution russe, vieille d'un si\u00e8cle, se soit transform\u00e9e en une r\u00e9publique belliciste avec une formidable concentration de pouvoir ; que quelques millions d'habitants de ce monde vivent sous la f\u00e9rule de cliques aux pr\u00eaches gauchistes, certaines dot\u00e9es d'une extraordinaire puissance nucl\u00e9aire ; ou encore que quelques millions d'habitants de ce monde vivent sous la f\u00e9rule de cliques aux pr\u00eaches gauchistes, certaines dot\u00e9es d'une extraordinaire puissance nucl\u00e9aire ; ou qu'un peuple fond\u00e9 sur la m\u00e9moire de l'un des plus grands g\u00e9nocides du XXe si\u00e8cle applique \u00e0 ses voisins les m\u00eames mesures que celles que ses bourreaux lui ont appliqu\u00e9es au XXe si\u00e8cle ; tout cela et bien d'autres choses encore nous obligent \u00e0 nous demander, trop s\u00e9rieusement, quelle est la ligne qui s\u00e9pare le bon c\u00f4t\u00e9 du mauvais c\u00f4t\u00e9 de l'humanit\u00e9 et de l'histoire, et quel serait le lieu le plus proprement anthropologique pour apporter des contributions qui rendent notre production utile, visible, plausible et compr\u00e9hensible.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, et si nous suivons Lins Ribeiro dans sa d\u00e9finition excessive de la p\u00e9riode anthropologique \u00e9volutionniste en fonction de l'esprit essentiellement optimiste de ses adeptes, je crois que la foi \u00e9volutionniste reposait sur un point qui est souvent n\u00e9glig\u00e9 et qui est brutalement \u00e9vident dans le monde d'aujourd'hui. Dans nos histoires de l'anthropologie, nous avons tendance \u00e0 oublier que le grand interlocuteur des \u00e9volutionnistes n'\u00e9tait pas le \"monde primitif\", ni les \"sauvages\". C'est cette autre puissance de la pens\u00e9e et du savoir qui a concurrenc\u00e9 la science s\u00e9culi\u00e8re, au point de nier ses r\u00e9sultats et de proscrire ses crit\u00e8res, pour d\u00e9fendre la foi et ses doctrines. Que penseraient aujourd'hui ces \u00e9volutionnistes (j'inclus ici Karl Marx et Frederick Engels) du sens de l'histoire et de la culture ? Comment expliqueraient-ils la destruction des monuments m\u00e9sopotamiens ? Quelles similitudes pourraient \u00eatre \u00e9tablies avec les XVIe et XVIIe si\u00e8cles, et certainement avant, lorsque les restes d'hominid\u00e9s \u00e9taient cach\u00e9s ou refus\u00e9s \u00e0 l'\u00e9tude ?<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, je suis loin de pr\u00e9tendre que Lins Ribeiro et les anthropologues polonais, ainsi que la plupart d'entre nous, ses coll\u00e8gues, ne devraient pas prendre la d\u00e9fense de diverses causes que nous croyons justes et \u00e0 la connaissance et \u00e0 la diffusion desquelles nous avons tant contribu\u00e9. Mais si Claudio Lomnitz a raison (et je le crois) lorsqu'il dit que nous manquons de cat\u00e9gories pour caract\u00e9riser ce qui se passe aujourd'hui, c'est parce qu'il faut autre chose. Renforcer ce que nous faisons d\u00e9j\u00e0 et de la mani\u00e8re dont nous le faisons ne fera que nous rendre plus r\u00e9calcitrants et imperm\u00e9ables \u00e0 ce que les r\u00e9alit\u00e9s nous crient au visage. En tant que citoyens, nous continuerons \u00e0 nous exprimer dans l'ar\u00e8ne publique. En tant qu'anthropologues, nous devons repenser, \u00e9tudier s\u00e9rieusement et inventer de nouvelles m\u00e9thodes. Et pour cela, nous devons faire des recherches plus nombreuses et de meilleure qualit\u00e9.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les anthropologues de nos pays, c'est-\u00e0-dire ceux d'entre nous qui se trouvent en dehors de l'Atlantique Nord, terme qui me semble plus appropri\u00e9 que celui d'\"Occident\", se consid\u00e8rent comme une caisse de r\u00e9sonance th\u00e9orique, m\u00e9thodologique et th\u00e9matique de ce qui se passe dans les pays \"centraux\". Comme Gustavo l'avait pr\u00e9venu, les crises locales de ces pays, et de leurs anthropologies, prennent imm\u00e9diatement un caract\u00e8re global qui implique les pays des \"autres anthropologies\" (Boscovich), \"p\u00e9riph\u00e9riques\" (Cardoso de Oliveira), \"secondes anthropologies\" ou \"du Sud\" (Krotz).<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[37,39,40,38],"coauthors":[551],"class_list":["post-29569","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-34","tag-antropologia-latinoamericana","tag-antropologias-del-sur","tag-antropologos-comprometidos","tag-politica-cientifica","personas-guber-rosana","numeros-217"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Revisar el mandato antropol\u00f3gico &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/revisar-el-mandato-antropologico\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Revisar el mandato antropol\u00f3gico &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Los antropo\u0301logos de nuestros pai\u0301ses, esto es, los que estamos fuera del Atla\u0301ntico Norte, calificativo que me parece ma\u0301s adecuado que el de \u201cOccidente\u201d, nos concebimos como una caja de resonancia teo\u0301rica, metodolo\u0301gica y tema\u0301tica de lo que ocurre en los pai\u0301ses \u201ccentrales\u201d. 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