{"id":29529,"date":"2018-03-21T11:53:13","date_gmt":"2018-03-21T11:53:13","guid":{"rendered":"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/?p=29529"},"modified":"2023-11-17T19:16:29","modified_gmt":"2023-11-18T01:16:29","slug":"de-canibal-a-diosa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/encartes.mx\/fr\/de-canibal-a-diosa\/","title":{"rendered":"L'esth\u00e9tique des religions afro-cubaines dans la r\u00e9fraction des sc\u00e9narios transatlantiques"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Cet article montre comment l'esth\u00e9tique des religions afro-am\u00e9ricaines, en particulier la danse et la musique de la Santeria afro-cubaine,<a class=\"anota\" id=\"anota1\" data-footnote=\"1\">1<\/a> est ins\u00e9r\u00e9 dans un r\u00e9pertoire gestuel, musical et corporel \"noir\" qui a \u00e9t\u00e9 construit dans les interconnexions transatlantiques depuis au moins le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle. Je soutiens que dans ce va-et-vient, les sc\u00e9narios des repr\u00e9sentations de ce r\u00e9pertoire deviennent une plateforme qui prend un caract\u00e8re \"r\u00e9fractif\" (Grau, 2005), c'est-\u00e0-dire qu'ils d\u00e9composent une id\u00e9e du \"noir\" en de multiples r\u00e9f\u00e9rents symboliques et interpr\u00e9tatifs qui peuvent m\u00eame \u00eatre oppos\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Mots cl\u00e9s : <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/blackface\/\" rel=\"tag\">blackface<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/cuba\/\" rel=\"tag\">Cuba<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/mexico\/\" rel=\"tag\">Mexique<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/religiones-afrocubanas\/\" rel=\"tag\">Religions afro-cubaines<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/rumberas\/\" rel=\"tag\">rumberas<\/a>, <a href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/tag\/santeria\/\" rel=\"tag\">Santeria<\/a><\/p>\n\n\n<p class=\"en-title\">L'esth\u00e9tique des religions afro-cubaines dans la r\u00e9fraction des sc\u00e9narios transatlantiques<br \/>\n<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Cet article montre comment l'esth\u00e9tique des religions afro-am\u00e9ricaines, en particulier la danse et la musique de la Santeria afro-cubaine, fait partie d'un vaste r\u00e9pertoire gestuel, musical et corporel \"noir\" qui a \u00e9t\u00e9 construit en tant que tel par le biais d'interconnexions transatlantiques depuis au moins le XIXe si\u00e8cle. Je soutiens que ce va-et-vient transforme les sc\u00e9narios des repr\u00e9sentations de ce r\u00e9pertoire en une plateforme qui rev\u00eat un caract\u00e8re \"r\u00e9fractif\" (Grau, 2005). En d'autres termes, ils d\u00e9composent les id\u00e9es de ce que signifie \u00eatre \"noir\" en de multiples r\u00e9f\u00e9rents symboliques et interpr\u00e9tatifs qui peuvent m\u00eame se contredire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"abstract en-text\">Mots-cl\u00e9s : religions afro-cubaines, blackface, <em>rumbera<\/em>Santeria, Mexique, Cuba.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\"><span class=\"dropcap\">C<\/span>orsque je parle d'un r\u00e9pertoire gestuel, musical et corporel \"noir\", je ne fais pas r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une essence qui naturalise ou racialise un style. Je me r\u00e9f\u00e8re, en suivant la r\u00e9flexion de Stuart Hall (2008 : 221), \u00e0 des r\u00e9pertoires culturels qui sont le produit de transmissions historiques et culturelles transatlantiques et d'exp\u00e9riences de la diaspora africaine et de ses descendants. Cependant, la repr\u00e9sentation de ce r\u00e9pertoire \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle et dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle impliquait souvent une racialisation qui, sur la base de caract\u00e9ristiques corporelles ou de comportements et d'aptitudes suppos\u00e9s, distinguait un \"autre\" comme \"noir\", le caricaturait, le diminuait ou l'exotisait. Parall\u00e8lement, une \u00e9valuation du \"noir\" a \u00e9galement \u00e9merg\u00e9 dans le regard des artistes et des intellectuels des premi\u00e8res d\u00e9cennies du XXe si\u00e8cle, qui ont cherch\u00e9 \u00e0 renverser une d\u00e9valorisation ancienne, opposant ainsi une repr\u00e9sentation du \"noir\" tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle de l'homme de la rue. <em>blackface<\/em>Les m\u00e9diateurs de la transmission des diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations du \" noir \" sont divers et leurs significations prennent des particularit\u00e9s qui se d\u00e9finissent dans le cadre de contextes et de moments historiques. Les m\u00e9diateurs de la transmission des diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations du \"noir\" sont divers et leurs signifiants prennent des particularit\u00e9s qui se d\u00e9finissent dans le cadre de contextes et de moments historiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L'esth\u00e9tique (mais pas la dimension spirituelle et rituelle) des religions afro-cubaines, en particulier leur musique et leur danse, a \u00e9t\u00e9 valoris\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9but de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, tant dans la sph\u00e8re artistique que dans le discours anthropologique. Une valorisation articul\u00e9e \u00e0 un processus dans lequel l'\" afro \", li\u00e9 \u00e0 la population d'origine africaine de l'\u00eele, \u00e9merge comme un \u00e9l\u00e9ment fondamental de la cubanit\u00e9 (Karnoouh, 2012 : 98). Ce r\u00e9pertoire sonore et corporel a \u00e9galement circul\u00e9 au Mexique, bien que m\u00e9diatis\u00e9 par d'autres canaux tels que le cin\u00e9ma. D'un point de vue g\u00e9n\u00e9ral, de nombreux marqueurs historiquement imprim\u00e9s dans ses repr\u00e9sentations ont \u00e9t\u00e9 reproduits dans les films du cin\u00e9ma dor\u00e9 mexicain, en particulier dans le genre des cabareteras et du cine de arrabal, o\u00f9 le \" noir \" est associ\u00e9 \u00e0 une Afrique m\u00e9diatis\u00e9e par les Cara\u00efbes, en l'occurrence Cuba, et qui, en m\u00eame temps, est exclue de la \" mexicanit\u00e9 \".<\/p>\n\n\n\n<p>Jorge Grau (2005) propose comme l'un des crit\u00e8res d'analyse de la r\u00e9flexion anthropologique sur les produits audiovisuels fictionnels le caract\u00e8re r\u00e9fractif, qu'il comprend comme une strat\u00e9gie narrative permettant de comprendre la distorsion intentionnelle d'une repr\u00e9sentation et simultan\u00e9ment son ancrage et sa signification dans un contexte donn\u00e9. Ainsi, pour cet auteur, l'accent des repr\u00e9sentations dans ces documents visuels doit \u00eatre mis sur leur configuration r\u00e9fractive et non sur un reflet suppos\u00e9 fid\u00e8le de la r\u00e9alit\u00e9. Cette approche permet de mettre en \u00e9vidence que la r\u00e9fraction est un processus intentionnel qui int\u00e8gre \"diverses strat\u00e9gies narratologiques qui ne se focalisent pas seulement sur l'image, mais qui int\u00e8grent aussi le son, la sc\u00e9nographie, la construction des personnages, l'utilisation des couleurs, le dialogue, les r\u00e9f\u00e9rences subliminales...\".<a class=\"anota\" id=\"anota2\" data-footnote=\"2\">2<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Bien que l'auteur se concentre sur les m\u00e9dias cin\u00e9matographiques, je crois que sa proposition peut \u00eatre utile pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont ce r\u00e9pertoire \"noir\" est d\u00e9compos\u00e9 dans diff\u00e9rents sc\u00e9narios sur la base de multiples r\u00e9f\u00e9rents symboliques et interpr\u00e9tatifs qui peuvent m\u00eame \u00eatre oppos\u00e9s. Une r\u00e9fraction que l'on peut observer dans les images et les mises en sc\u00e8ne qui circulent dans diff\u00e9rents sc\u00e9narios transatlantiques (th\u00e9\u00e2tres, salles de spectacle, etc.), <em>spectacles<\/em>La circulation et la massification des repr\u00e9sentations du \"noir\" dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, ainsi que les r\u00e9pertoires gestuels et corporels qui lui sont associ\u00e9s, ont souvent \u00e9t\u00e9 volontairement d\u00e9form\u00e9s. Ainsi, la circulation et la massification des repr\u00e9sentations du \"noir\" dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, et les r\u00e9pertoires gestuels et corporels qui lui sont associ\u00e9s, ont souvent \u00e9t\u00e9 volontairement d\u00e9form\u00e9s. Leurs m\u00e9diations impliquent non seulement la reproduction de st\u00e9r\u00e9otypes n\u00e9gatifs, mais aussi celles qui cherchent \u00e0 les renverser, sur la base d'un h\u00e9ritage revaloris\u00e9. C'est dans ces conditions que l'esth\u00e9tique des religions afro-cubaines a circul\u00e9 dans les circuits transatlantiques reliant le Mexique \u00e0 Cuba, mais aussi aux \u00c9tats-Unis et \u00e0 la France. Bien que cet espace ne me permette pas d'approfondir chaque contexte, mon intention est de cartographier de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale la circulation de ce r\u00e9pertoire \u00e0 travers Cuba, la France, les \u00c9tats-Unis et surtout le Mexique, en soulignant les r\u00e9fractions du \"noir\" implicites dans le r\u00e9pertoire rituel afro-cubain, mais adapt\u00e9es \u00e0 un sc\u00e9nario de consommation culturelle de masse tel que le cin\u00e9ma d'or mexicain.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Du march\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre<\/h2>\n\n\n\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"840\" height=\"622\" class=\"wp-image-30002 size-full\" src=\"https:\/\/encartesantropologicos.mx\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/blackface-e1520443454319.jpg\" alt=\"\"><div class=\"leyenda\"><p>Affiche d'un spectacle de m\u00e9nestrels, par Strobridge &amp; Co. Lith (http:\/\/hdl.loc.gov\/loc.pnp\/var.1831) [Public domain], via Wikimedia Commons.<\/p><\/div><\/p>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Des historiens comme W. T. Lhamon (2008) soulignent, contrairement \u00e0 la version dominante, que c'est sur les march\u00e9s du XIXe si\u00e8cle et non sur les sc\u00e8nes de th\u00e9\u00e2tre que l'on peut retracer la premi\u00e8re circulation atlantique du r\u00e9pertoire gestuel et corporel noir. Ceci est illustr\u00e9 par l'histoire de la <em>March\u00e9 de Catherine<\/em> \u00e0 New York, consid\u00e9r\u00e9 comme une \" zone de tol\u00e9rance \" favorisant \" l'\u00e9change et la s\u00e9duction \" entre jeunes travailleurs, marchands, Noirs libres et esclaves de Long Island, qui dans les ann\u00e9es 1820 se r\u00e9unissaient en ce lieu pour une comp\u00e9tition appel\u00e9e Eel Dance, dans laquelle les esclaves noirs \u00e9taient pay\u00e9s pour se produire (Lhamon, 2008 : 18-24). Ces espaces sont, pour cet auteur, les \"anc\u00eatres des sc\u00e8nes de th\u00e9\u00e2tre\" du <em>M\u00e9nestrel<\/em> o <em>Blackface<\/em>Le \"r\u00e9pertoire noir\" sera interpr\u00e9t\u00e9 par des humoristes blancs sous le couvert d'un racisme caricatural, non sans certaines ambigu\u00eft\u00e9s et contradictions qui t\u00e9moignent d'une fascination et d'un d\u00e9sir de s'approprier et de \"s'affilier\" aux \"gestes noirs\". Les spectacles commerciaux du <em>Blackface <\/em>des ann\u00e9es 1940<em>,<\/em> dont les ant\u00e9c\u00e9dents remontent au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, a r\u00e9ussi \u00e0 se positionner comme l'un des styles de divertissement les plus remarquables sous ces latitudes g\u00e9ographiques, bien que dans ce processus, affirme l'historien, \" c'est la culture noire et non les Noirs qui a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e \" (Lhamon, 2008 : 32).<\/p>\n\n\n\n<p>C'est dans ce contexte qu'est n\u00e9e une ic\u00f4ne culturelle du blackface : <em>Jim Crow, <\/em>jou\u00e9 par Thomas D. Rice, un New-Yorkais issu d'une famille anglo-am\u00e9ricaine qui engendre Crow \u00e0 partir d'une inspiration collective large et multiple qui va au-del\u00e0 du n\u00e8gre de plantation et qui a connu un grand succ\u00e8s entre les ann\u00e9es 1930 et 1950 dans des spectacles destin\u00e9s \u00e0 un public mixte (pas seulement blanc) et qui repr\u00e9sentaient, selon ce m\u00eame auteur, l'interaction intense de la classe ouvri\u00e8re blanche et des Noirs de cette ville (Lhamon, 2008 : 236-237). Ce symbole embl\u00e9matique est interpr\u00e9t\u00e9 dans les <em>Sauter Jim Crow,<\/em> ex\u00e9cut\u00e9 par Rice lui-m\u00eame, \u00e9galement connu sous le nom de \"com\u00e9dien \u00e9thiopien\".<a class=\"anota\" id=\"anota3\" data-footnote=\"3\">3<\/a>.<\/p>\n\n\n<div class=\"iframe-wrap\"><div class=\"threehalves\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/archive.org\/embed\/JimCrowImage40891\" width=\"600\" height=\"500\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div><\/div>\n\n\n<div class=\"leyenda\"><p>Letras y partitura de <em>Sauter Jim Crow<\/em> par Rice, Tom (Thomas Dartmouth) et Godbe, S. (1836). Licence <a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc\/3.0\/\">CC-Attribution-NonCommercial 3.0<\/a>, via <a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/JimCrowImage40891\">archive.org<\/a>.<\/p><\/div>\n\n\n\n<p>Jim Crow implique une id\u00e9ologie anti-abolitionniste, et les lois s\u00e9gr\u00e9gationnistes contre les Afro-Am\u00e9ricains aux \u00c9tats-Unis \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle \u00e9taient \u00e9galement appel\u00e9es par ce nom. Nederveen consid\u00e8re Jim Crow comme une variante de la figure du <em>Sambo<\/em> am\u00e9ricain, c'est-\u00e0-dire le bouffon, la t\u00eate vide, l'homme noir insouciant, ou la fausse id\u00e9e de \" l'esclave satisfait \" (Nederveen, 2013 : 174).<\/p>\n\n\n\n<p>Les spectacles <em>M\u00e9nestrel<\/em> Les th\u00e9\u00e2tres de Mexico et de Veracruz ont \u00e9galement fait leur apparition dans la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1940, leurs repr\u00e9sentants \u00e9tant arriv\u00e9s avec l'arm\u00e9e am\u00e9ricaine pendant l'occupation (S\u00e1nchez, 2012 : 163 ; 2014 : 160). Cependant, ce n'est qu'\u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle que le go\u00fbt pour un th\u00e9\u00e2tre pr\u00e9sentant des personnages noirs, mais originaires des Cara\u00efbes, a fait irruption sur la sc\u00e8ne mexicaine. Je me r\u00e9f\u00e8re au Teatro Bufo Habanero n\u00e9 \u00e0 Cuba, un th\u00e9\u00e2tre populaire au ton parodique et alternatif au th\u00e9\u00e2tre bourgeois (Podalsky, 1999 : 158-159). Ce genre a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par les ressources sc\u00e9niques du Mexique. <em>M\u00e9nestrel<\/em>dont les compagnies ont \u00e9galement travers\u00e9 l'\u00eele, mais dans la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1860, pendant la guerre civile aux \u00c9tats-Unis (D\u00edaz Ayala et Leal, cit\u00e9s par Pulido, 2010 : 50). Le premier groupe de Noirs recens\u00e9 \u00e0 Cuba s'appelait les \"bufo-<em>m\u00e9nestrel<\/em>\"qui a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960 \u00e0 La Havane (Leal, cit\u00e9 dans Pulido, 2010 : 51). Les personnages caricatur\u00e9s sont l'Espagnol (Galicien) et le Noir libre, et non le Noir des plantations. Au milieu du XIXe si\u00e8cle, le personnage du <em>N\u00e9grito<\/em> \u00e9tait au c\u0153ur de la production sc\u00e9nique cubaine et sa repr\u00e9sentation oscillait entre com\u00e9die, violence et sorcellerie. Au Mexique, ses repr\u00e9sentations sont reproduites \u00e0 travers les zarzuelas des compagnies cubaines.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le nouveau n\u00e8gre<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Le tournant du si\u00e8cle a fini par consolider un march\u00e9 culturel international qui a trouv\u00e9 dans le r\u00e9pertoire musical, gestuel et artistique \" noir \" (li\u00e9 \u00e0 l'\" africain \", \u00e0 l'\" afro-am\u00e9ricain \" et \u00e0 l'\" afro-carib\u00e9en \") un filon riche o\u00f9 se nourrir et se dynamiser dans des performances \u00e0 l'\u00e9chelle transatlantique. Mais on observe aussi une circulation et des rencontres d'intellectuels et d'artistes d'Am\u00e9rique, d'Europe et d'Afrique qui ont conduit \u00e0 la \" d\u00e9couverte d'une n\u00e9gritude commune \" (Capone, 2012 : 221). En Europe, des mouvements d'avant-garde \u00e9mergent dans le domaine artistique qui trouvent leur inspiration dans l'Afrique et ses descendants. En t\u00e9moigne le \" primitivisme \" \u00e0 travers lequel l'\" art noir \" est d\u00e9couvert et r\u00e9cup\u00e9r\u00e9.<a class=\"anota\" id=\"anota4\" data-footnote=\"4\">4<\/a> dont l'empreinte restera ind\u00e9l\u00e9bile dans l'\u0153uvre de Paul Gaugin, Matisse, C\u00e9zanne et surtout Picasso qui, avec le reste des repr\u00e9sentants du cubisme, r\u00e9volutionnera les canons esth\u00e9tiques pour donner naissance \u00e0 la premi\u00e8re avant-garde artistique du d\u00e9but du si\u00e8cle (Viatte, 2007 : 113-114).<\/p>\n\n\n\n<p>Entre-temps, de ce c\u00f4t\u00e9-ci de l'Atlantique, en 1925, l'anthologie <em>Le nouveau n\u00e8gre<\/em> et avec elle \u00e9merge l'\u00e8re dite de la Renaissance de Harlem, de la Renaissance noire ou du New Negro Movement. Les repr\u00e9sentations de la <em>Nouveau noir<\/em> ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9fract\u00e9es ici dans la sonorit\u00e9 du jazz, dans les voix de Louis Armstrong, de Gladys Bentley, dans la po\u00e9sie de Langston Hughes, dans la lutte politique volcanique de Marcus Garvey et de nombreux autres Afro-Am\u00e9ricains qui ont jet\u00e9 les bases des mouvements politiques qui ont lutt\u00e9 pour la conscience et la fiert\u00e9 \"raciales\" des Noirs dans les ann\u00e9es 1960 et 1970.<\/p>\n\n\n\n<p>La reproduction de ces premiers mouvements culturels a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e \u00e0 Cuba, o\u00f9, au d\u00e9but de la m\u00eame d\u00e9cennie, l'\"afro-cubanisme\" est apparu dans un contexte o\u00f9 de nombreux artistes cubains, apr\u00e8s leur exil en France et leur contact avec les surr\u00e9alistes et les intellectuels de la n\u00e9gritude, ont revaloris\u00e9 dans leurs \u0153uvres \"l'esth\u00e9tique de leurs racines\", atteignant le domaine de l'ethnologie et ses principaux repr\u00e9sentants tels que Fernando Ortiz, Lydia Cabrera et R\u00f3mulo Lachata\u00f1er\u00e9 (Argyriadis, 2006 : 49-50, Men\u00e9ndez, 2002). Cette valorisation des racines africaines de la cubanit\u00e9 a sans doute impliqu\u00e9 les religions d'origine africaine \u00e0 Cuba, affectant la perception de celles-ci, jusqu'alors confin\u00e9es au domaine de la criminologie, de la sorcellerie (Brandon, 1993 : 93) et des atavismes suppos\u00e9s d'une \"race\" ind\u00e9sirable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Spectacle et exotisme ambivalent<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">La musique et la danse appartenant \u00e0 l'univers liturgique des religions afro-cubaines sont deux \u00e9l\u00e9ments de leur esth\u00e9tique qui ont circul\u00e9 en dehors de la matrice religieuse et ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9adapt\u00e9s \u00e0 de nouveaux sc\u00e9narios de divertissement. \u00c0 Cuba, les versions de la \"n\u00e9gritude\" v\u00e9hicul\u00e9es par les spectacles, selon Moore, \"s'abaissaient \u00e0 un fantasme exotique et raciste, avec d'immenses toiles de fond d\u00e9cor\u00e9es de melons, de cueilleurs de coton, de sc\u00e8nes cannibales, de clowns grotesques et de com\u00e9dies \u00e0 visage noir\" (Brandon, 1993, p. 180).<\/p>\n\n\n\n<p>En France, l'\u00e9toile de la <em>Nouveau Cirque<\/em> de la <em>Belle \u00c9poque,<\/em> Rafael Padilla, un ancien esclave cubain qui s'est \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l'adolescence pour devenir le premier clown noir de l'histoire de Cuba - o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 en tant qu'enfant.<em> Chocolat-,<\/em> repr\u00e9sentaient le \"bouffon inn\u00e9\" dans le cadre d'un marquage corporel, c'est-\u00e0-dire la couleur de sa peau et les st\u00e9r\u00e9otypes qui y sont associ\u00e9s. Le contexte plus large dans lequel s'inscrit leur repr\u00e9sentation est le m\u00eame que celui dans lequel les zoos humains, ainsi que les expositions ethnographiques dans les jardins d'acclimatation, les cirques et les parcs, ont servi de laboratoire scientifique \u00e0 l'anthropologie naissante, dont le caract\u00e8re taxonomique a eu un impact fondamental sur la repr\u00e9sentation hi\u00e9rarchis\u00e9e (et racialis\u00e9e) de ces \" autres \" dans les colonies, comme le rappellent Bo\u00ebtsch et Ardagna (2011 : 112-113). C'est dans ces sc\u00e9narios d'\" acclimatation \" que l'on a \u00e9galement d\u00e9couvert des danses jusqu'alors inconnues en Europe, impliquant l'ambivalence de l'exotisme. D\u00e9core-Ahiha souligne \u00e0 cet \u00e9gard que sous le syntagme \"danse exotique\" se cache une distance \u00e0 la fois g\u00e9ographique, culturelle et \"m\u00eame ontologique\" (2004 : 11). Cet autre lointain, inf\u00e9rioris\u00e9, mais fascinant, r\u00e9active des images chim\u00e9riques et produit des fantasmes \"irr\u00e9sistibles\".<\/p>\n\n\n\n<p>La \"n\u00e9gromanie\" de l'entre-deux-guerres \u00e0 Paris est repr\u00e9sent\u00e9e par l'afro-am\u00e9ricaine Jos\u00e9phine Baker, une figure qui, dans ce contexte, incarne une animalit\u00e9, une sensualit\u00e9 et un primitivisme africains imaginaires, en rupture avec les normes esth\u00e9tiques de la danse de l'\u00e9poque. La mise en sc\u00e8ne de ses spectacles de danse semi-nus r\u00e9v\u00e9lait, comme le souligne ce m\u00eame auteur, \"un corps exotique qui incarnait les fant\u00f4mes sexuels de la femme africaine, cens\u00e9e \u00eatre d\u00e9pourvue des normes morales de la sexualit\u00e9 blanche\" (D\u00e9core-Ahiha, 2004 : 161, 164). Cette ambivalence a \u00e9t\u00e9 bien exploit\u00e9e et recr\u00e9\u00e9e par les entrepreneurs de la <em>la curiosit\u00e9<\/em>. De cette mani\u00e8re, le <em>performances<\/em> de Baker dans le style de <em>clown<\/em> et les strabismes qui l'ont rendue c\u00e9l\u00e8bre aux yeux des Europ\u00e9ens ont \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9s comme un suppos\u00e9 \"naturel africain\", \u00e9galement r\u00e9fract\u00e9 dans le jazz et le charleston comme faisant partie des styles et des rythmes de Baker et du r\u00e9pertoire \"noir\" de l'\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video\"><\/figure>\n\n\n<div class=\"leyenda\"><p>Jos\u00e9phine Baker ex\u00e9cute sa \"danse de la banane\" (1927-1931). Permis de conduire <a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/publicdomain\/mark\/1.0\/\">CC-Domaine public 1.0<\/a>, via <a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/JosephineBakerDanceClips1927-1931\/Mp4_apr04_202556_0-Trimmed.mp4\">archive.org<\/a>.<\/p><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La rhapsodie carib\u00e9enne et la continuit\u00e9 avec l'Afrique<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">En 1937, un groupe de chor\u00e9graphes afro-am\u00e9ricains fait ses d\u00e9buts sous la direction de Katherine Dunham avec l'\u0153uvre <em>Soir\u00e9e de danse noire<\/em>La compagnie de Dunham visait \u00e0 \u00e9tablir le genre artistique de la danse noire (<em>Danse noire<\/em>) (Kraut, 2004 : 446). Sa muse \u00e9tait les Cara\u00efbes,<a class=\"anota\" id=\"anota5\" data-footnote=\"5\">5<\/a> o\u00f9 elle a effectu\u00e9 son travail de terrain dans les ann\u00e9es 1930, inspir\u00e9e par la vision anthropologique de R. Redfield et de Melville Herskovits - fondateur des \u00e9tudes afro-am\u00e9ricaines - une exp\u00e9rience qui a marqu\u00e9 sa v\u00e9ritable passion dans la vie : la danse. C'est gr\u00e2ce \u00e0 l'interm\u00e9diation de Herskovits qu'elle a rencontr\u00e9 Fernando Ortiz - le p\u00e8re des \u00e9tudes afro-cubaines - au milieu des ann\u00e9es 1930, qui l'a introduite dans le monde des religions d'origine africaine \u00e0 Cuba, selon Marquetti ; Elle souligne \u00e9galement que c'est gr\u00e2ce \u00e0 ce lien qu'elle a rencontr\u00e9 deux percussionnistes cubains qui ont fait partie de sa compagnie pendant plusieurs ann\u00e9es, donnant une touche d'\"authenticit\u00e9\" \u00e0 ses propositions sc\u00e9niques dans lesquelles elle incorporait des \u00e9l\u00e9ments des religions afro-carib\u00e9ennes, y compris la Santer\u00eda (Marquetti, 2015 : 107). Dunham a forg\u00e9 un style artistique qu'il a transmis \u00e0 travers l'\u00e9cole de danse qu'il a fond\u00e9e \u00e0 New York au milieu des ann\u00e9es 1940 (Kraut, 2004 : 449).<\/p>\n\n\n\n<p>Sa qu\u00eate allait au-del\u00e0 de l'enrichissement d'un r\u00e9pertoire de danse ; il s'agissait de renouer avec ses racines. Ha\u00efti \u00e9tait l'une de ses destinations favorites et le vaudou, avec ses danses et sa musique, une source d'inspiration centrale. Lorsqu'elle \u00e9voque une partie de son exp\u00e9rience dans ce pays, elle d\u00e9clare : \"Je me suis sentie chez moi, je ne me suis jamais sentie \u00e9trang\u00e8re, surtout lorsque j'ai \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e au vaudou... J'ai senti que j'avais ma place ici... qu'il y avait des ponts et des liens que j'\u00e9tais cens\u00e9e franchir... Je voulais que ces gens fassent davantage partie de nos vies, je voulais qu'ils fassent partie de tout ce qui fait que l'on est noir [en Am\u00e9rique]...\"<a class=\"anota\" id=\"anota6\" data-footnote=\"6\">6<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La combinaison de sa formation d'anthropologue, de chor\u00e9graphe et de danseuse portera ses fruits dans une danse contemporaine qui est aujourd'hui reconnue comme un h\u00e9ritage de la forme artistique. Contrairement \u00e0 Baker, Dunham \u00e9tait la directrice de sa propre version du \"primitif\" et sa propre repr\u00e9sentante artistique. Son approche performative, telle qu'elle appara\u00eet par exemple dans <em>Temp\u00eate en Ha\u00efti<\/em>Le \"primitif\" \u00e9tait une repr\u00e9sentation du \"primitif\" stylis\u00e9 par une danse moderne.<a class=\"anota\" id=\"anota7\" data-footnote=\"7\">7<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sa vision du \"noir\" a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9e par les discussions des th\u00e9ories afro-am\u00e9ricaines dans le cadre de l'anthropologie culturelle de cette p\u00e9riode, dont l'int\u00e9r\u00eat \u00e9tait de trouver des continuit\u00e9s entre l'Afrique de l'Ouest et le Nouveau Monde. Dans cette optique, la religion \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme l'un des domaines les plus repr\u00e9sentatifs de cette continuit\u00e9, ce qui permettait de r\u00e9futer le mythe selon lequel les Noirs n'avaient ni pass\u00e9 ni histoire. C'est ici que l'esth\u00e9tique des religions afro-am\u00e9ricaines prend tout son sens dans ces sc\u00e9narios culturels et identitaires.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Industries culturelles, cabaret et d\u00e9esses tropicales<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Dans les premi\u00e8res d\u00e9cennies du XXe si\u00e8cle, les changements technologiques li\u00e9s surtout aux moyens de communication tels que la radio ont eu une influence importante sur la consommation culturelle de l'\u00e9poque. Ces v\u00e9hicules, ainsi que l'industrie du disque naissante, ont jou\u00e9 un r\u00f4le fondamental dans la diffusion et l'\u00e9change de divers genres musicaux entre le Mexique, Cuba et les \u00c9tats-Unis. Dans les d\u00e9cennies qui ont suivi, le succ\u00e8s musical cubain s'est accompagn\u00e9 d'une augmentation de la migration de ses artistes \u00e0 l'\u00e9tranger (Acosta, 2001 : 42). Ceux qui sont arriv\u00e9s au Mexique dans les ann\u00e9es 40 ont d'abord d\u00e9but\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre, sous les chapiteaux, dans les salles de danse, \u00e0 la radio et dans diverses bo\u00eetes de nuit, plates-formes qui les ont ensuite propuls\u00e9s sur le grand \u00e9cran.<\/p>\n\n\n<div class=\"audiobox\"><h3>Babal\u00fa<\/h3><h4>Miguelito Vald\u00e9s et Maragarita Leucona<\/h4><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/archive.org\/embed\/78_babalu_miguelito-valdes-and-his-orchestra-miguelito-valdes-margarita-lecuona_gbia0030465a\/\" width=\"320\" height=\"32\" frameborder=\"0\" align=\"left\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><div class=\"leyenda\"><p>Audio de \"Babal\u00fa\", de Miguelito Valdes et son orchestre, paroles de Margarita Lecuona (1946). Num\u00e9ris\u00e9 par <span class=\"value\"><a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/kahleaustinfoundation\">Fondation Kahle\/Austin<\/a><\/span>, via <a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/78_babalu_miguelito-valdes-and-his-orchestra-miguelito-valdes-margarita-lecuona_gbia0030465a\/Babalu+-+Miguelito+Valdes+and+his+Orchestra.flac\">archive.org<\/a>. <\/p><\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Au Mexique, les industries du divertissement et de la musique ont \u00e9t\u00e9 d'importants agents m\u00e9diateurs de la culture afro-cubaine. Plusieurs musiciens et chanteurs cubains, li\u00e9s au monde religieux afro-cubain, ont inclus dans leur r\u00e9pertoire et de mani\u00e8re stylis\u00e9e des compositions ou des th\u00e8mes d\u00e9di\u00e9s aux divinit\u00e9s de la Santeria, dont certains sont devenus de grands succ\u00e8s commerciaux. C'est le cas du Cubain Miguelito Vald\u00e9s, avec son interpr\u00e9tation l\u00e9gendaire de \"Babal\u00fa\" (en l'honneur des divinit\u00e9s de la Santeria). <em>orisha<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota8\" data-footnote=\"8\">8<\/a> de la Santeria connue sous le nom de <em>Babal\u00fa Ay\u00e9<\/em>), de Margarita Lecuona, ce qui lui a valu le surnom de <em>Monsieur Babalu<\/em><a class=\"anota\" id=\"anota9\" data-footnote=\"9\">9<\/a> dans le monde entier. Il \u00e9tait connu pour ses talents d'interpr\u00e8te de la musique afro-cubaine, que beaucoup reconnaissent dans son style gestuel,<a class=\"anota\" id=\"anota10\" data-footnote=\"10\">10<\/a> un style repris par Pedro Infante quelques ann\u00e9es plus tard dans le film Angelitos Negros (1948). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, je me r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la sc\u00e8ne de la \"Danse sacr\u00e9e\", dans laquelle il est caract\u00e9ris\u00e9 comme noir dans un sc\u00e9nario qui recr\u00e9e les tropiques et la mangrove.<a class=\"anota\" id=\"anota11\" data-footnote=\"11\">11<\/a> En chantant, il fait explicitement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une sonorit\u00e9 qu'il appelle \"un rythme noir\" et \u00e0 l'\u00e9vocation d'un \"rituel \u00e9trange\" du monde yoruba et de ses divinit\u00e9s Chang\u00f3.<a class=\"anota\" id=\"anota12\" data-footnote=\"12\">12<\/a> et Yemay\u00e1.<a class=\"anota\" id=\"anota13\" data-footnote=\"13\">13<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, c'est le genre de la rumba qui a \u00e9tabli au Mexique une repr\u00e9sentation du \"noir\" m\u00e9diatis\u00e9e par le st\u00e9r\u00e9otype cubain. La rumba, n\u00e9e dans les parcelles urbaines de La Havane et de Matanzas au XIXe si\u00e8cle et dans l'univers religieux afro-cubain, a d'abord \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre et au cabaret, espaces o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e dans sa version la plus stylis\u00e9e, ou comme Moore l'appelle : \"rumba de fantas\u00eda\" (2000-2002 : 189). La m\u00e9diation commerciale a permis de la promouvoir - et de l'adapter - \u00e0 l'\u00e9chelle internationale en tant que symbole de la cubanit\u00e9, bien que ses genres de rue soient rest\u00e9s supprim\u00e9s ou discr\u00e9dit\u00e9s (Knauer, 2001 : 14). La rumba a d'abord \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e aux r\u00e9pertoires musicaux des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre buffo de La Havane et a souvent servi de cadre sc\u00e9nographique \u00e0 la repr\u00e9sentation des personnages classiques du genre, tels que l'homme noir et la femme mul\u00e2tre. C'est l\u00e0 que les st\u00e9r\u00e9otypes ont \u00e9t\u00e9 nourris et diffus\u00e9s.<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> associ\u00e9es \u00e0 la f\u00eate et au rel\u00e2chement sexuel qui les caract\u00e9risent et qui sont ensuite adapt\u00e9es de mani\u00e8re plus \"sophistiqu\u00e9e\" au cin\u00e9ma (Pulido, 2002 : 35-36).<\/p>\n\n\n\n<p>La circulation des artistes, des musiciens et des danseurs s'est dynamis\u00e9e au sein d'un vaste circuit d'\"inter-influence de mod\u00e8les corporels entre le cin\u00e9ma, le th\u00e9\u00e2tre de revue et les salles de danse, dont la courroie de transmission \u00e9tait assur\u00e9e par une industrie culturelle pleinement consolid\u00e9e\" (Sevilla, 1998 : 232), mais aussi par un march\u00e9 qui exigeait le style dit tropical d'ascendance clairement cubaine.<a class=\"anota\" id=\"anota15\" data-footnote=\"15\">15<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>C'est \u00e0 partir de ce que l'on appelle l'\u00e2ge d'or du cin\u00e9ma mexicain que l'on peut voir comment, dans ce pays, l'univers religieux \"afro-cubain\" est d\u00e9fragment\u00e9 et d\u00e9sacralis\u00e9 pour la consommation culturelle. L'image de la femme mul\u00e2tre dans les films de cette p\u00e9riode reproduit g\u00e9n\u00e9ralement une grande partie de l'exotisme ambivalent et de l'animalit\u00e9 sensuelle naturalis\u00e9s chez la noire, sauf qu'au Mexique, elle est transf\u00e9r\u00e9e de la mangrove au cabaret, cadre id\u00e9al pour les m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res, le vice, la mauvaise vie et le m\u00e9lodrame des bidonvilles. Le cabaret \u00e9tait une sc\u00e8ne embl\u00e9matique pour la mise en sc\u00e8ne du r\u00e9pertoire sonore et corporel des religions afro-cubaines, repr\u00e9sent\u00e9 par des danses stylis\u00e9es, souvent d\u00e9form\u00e9es et incarn\u00e9es dans les inoubliables rumberas cubaines de l'histoire du cin\u00e9ma national, les soi-disant d\u00e9esses tropicales.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces rumberas cubaines, toutes \u00e0 la peau claire, n'\u00e9taient pas cod\u00e9es racialement par leur couleur de peau mais, comme le souligne \u00e0 juste titre Ortiz, par leurs costumes, leur attirail et leurs mouvements sexuellement provocants, li\u00e9s \u00e0 l'imaginaire des \"Cara\u00efbes\" dans le cin\u00e9ma mexicain (2005 : 134) et clairement illustr\u00e9s dans des films tels que <em>Victimes du p\u00e9ch\u00e9<\/em> (1951), <em>Le roi du quartier <\/em>(1949) o<em> Courgettes miniatures<\/em> (1949). La repr\u00e9sentation du \"noir\" li\u00e9e \u00e0 la nature et ses implications symboliques avec le sauvage, ou avec l'imaginaire de la libido et des tropiques, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 reproduite dans ces films. Un exemple parmi d'autres <em>Sandra, la femme de feu<\/em> (1952) avec la Cubaine Rosa Carmina. Dans une partie du film, une voix en <em>off<\/em> Le film insinue cet \u00e9lan sexuel non domestiqu\u00e9 qui est activ\u00e9 par le son des tambours et des chants en \"langue\", c'est-\u00e0-dire le langage rituel des religions afro-cubaines. La protagoniste r\u00e9pond \u00e0 cet appel irr\u00e9sistible et, au milieu de la jungle, danse devant une foule dans laquelle elle \u00e9veille, par ses mouvements, un app\u00e9tit tel que, sans son amant, il aurait abouti \u00e0 un viol tumultueux.<a class=\"anota\" id=\"anota16\" data-footnote=\"16\">16<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans les coproductions Mexique-Cuba des ann\u00e9es 1950, on incorpore des sc\u00e8nes de rituels, de divinit\u00e9s et de chants du monde afro-cubain, destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre montr\u00e9es au public comme \u00e9tant plus \"attach\u00e9es\" et \"plus authentiques\" que les rites des descendants africains \u00e0 Cuba. En plus de <em>Mul\u00e2tre <\/em>(1954), illustr\u00e9 tr\u00e8s clairement par le film <em>Yamba\u00f3<\/em> (1956), film\u00e9 \u00e0 Cuba et interpr\u00e9t\u00e9 par la plus embl\u00e9matique des rumberas : Nin\u00f3n Sevilla. Le titre du film rappelle le c\u00e9l\u00e8bre roman d'Alejo Carpentier<em> Ecu\u00e9 Yamba'\u00d3. Histoire afro-cubaine<\/em> (1933), celui de Lucumi <a class=\"anota\" id=\"anota17\" data-footnote=\"17\">17<\/a> signifie \"Dieu, lou\u00e9 sois-tu\". Le monde de la Santeria joue un r\u00f4le central dans ce film. La musique rituelle est utilis\u00e9e pour reproduire les danses \u00e0 la <em>orisha,<\/em> mais avec une gestuelle exag\u00e9r\u00e9e et r\u00e9invent\u00e9e, bas\u00e9e sur les repr\u00e9sentations qui accompagnent souvent ces religions, et qui les placent dans la cat\u00e9gorie de la sorcellerie, avec des rituels qui g\u00e9n\u00e8rent une ambigu\u00eft\u00e9 qui oscille entre la peur et l'attirance. Ici aussi, la mul\u00e2tresse \"sauvage\" Yambao s'oppose \u00e0 la femme domestiqu\u00e9e du propri\u00e9taire blanc, qui succombe \u00e0 son attirance \u00e9rotique avec l'aide d'Och\u00fan, <em>orisha<\/em> Yambao se retrouve sous le joug du pouvoir myst\u00e9rieux et dangereux de sa grand-m\u00e8re santera, qui incarne la \"sorci\u00e8re noire\", une femme am\u00e8re et mal\u00e9fique qui finit par \u00eatre malheureuse. Yambao se retrouve sous le joug du pouvoir myst\u00e9rieux et dangereux de sa grand-m\u00e8re santera, qui incarne la \"sorci\u00e8re noire\", une femme am\u00e8re et mal\u00e9fique qui finit par \u00eatre malheureuse.<a class=\"anota\" id=\"anota18\" data-footnote=\"18\">18<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes de fin d'ouvrage<\/h2>\n\n\n\n<p><p class=\"no-indent\">Dans ces balancements transatlantiques, la cat\u00e9gorie \" noir \" exprime souvent une condition sociale d'in\u00e9galit\u00e9 au sein d'une pens\u00e9e hi\u00e9rarchique et de relations de pouvoir, dans laquelle la vision de celui qui \u00e9tiquette et repr\u00e9sente recouvre celle de celui qui est \u00e9tiquet\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9 (Nederveen 2013 : 256-257). Il ne s'agit donc pas de qualit\u00e9s immanentes aux corps d\u00e9termin\u00e9es par des marques, comme la couleur de la peau, mais ces marques, en se superposant \u00e0 la hi\u00e9rarchie sociale et \u00e9conomique, avec leur traduction dans l'ordre juridique, ent\u00e9rinent depuis le milieu du XVIIIe si\u00e8cle ce que Bonniol d\u00e9finit comme le \" pr\u00e9jug\u00e9 de couleur \" et la mani\u00e8re dont il ordonne la diversit\u00e9 humaine (2008 : 139-144). Les changements technologiques, la circulation des images de l'alt\u00e9rit\u00e9 dans un contexte colonial et les industries culturelles de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle ont \u00e9t\u00e9 des moteurs importants de ces repr\u00e9sentations hi\u00e9rarchiques de la \"noirceur\" et de ses liens avec une Afrique imagin\u00e9e et construite comme myst\u00e9rieuse, sombre, sauvage, dangereuse et exotique.<\/p>\n\n\n\n<p>La com\u00e9die est l'un des aspects m\u00e9diateurs de l'image des Noirs dans le monde du spectacle et de la publicit\u00e9 qui vont de pair. De la <em>Sambo <\/em>aux \u00c9tats-Unis, en passant par <em>clown<\/em> de la <em>Belle \u00c9poque<\/em> en France, \u00e0 <em>el negrito<\/em> \u00e0 Cuba, assignent une place aux hommes noirs dans ces sc\u00e9narios : bouffons, amuseurs, idiots et inoffensifs, peut-\u00eatre en signe manifeste de maintien \u00e0 distance de la menace pos\u00e9e par le pouvoir sexuel, la force et le caract\u00e8re violent qui leur \u00e9taient \u00e9galement attribu\u00e9s, dans un contexte qui, du moins en Am\u00e9rique, passait de l'esclavage \u00e0 l'\u00e9mancipation.<a class=\"anota\" id=\"anota14\" data-footnote=\"14\">14<\/a> Au Mexique, bien qu'il y ait eu ces repr\u00e9sentations \u00e0 travers le th\u00e9\u00e2tre buffo et les zarzuelas, en r\u00e9alit\u00e9, vers le milieu du XXe si\u00e8cle, l'attraction visuelle \u00e9tait surtout suscit\u00e9e par la femme \"noire\" ou mul\u00e2tre et tout l'imaginaire de la libido non domestiqu\u00e9e \u00e0 laquelle elle \u00e9tait associ\u00e9e. En France aussi, cet aspect ou cette marque racialis\u00e9e a fait l'objet d'un int\u00e9r\u00eat particulier, comme le montre le cas de Jos\u00e9phine Baker. Cet exotisme ambivalent et sexualis\u00e9, tr\u00e8s embl\u00e9matique des femmes mul\u00e2tres dans le cin\u00e9ma mexicain du milieu du XXe si\u00e8cle, renforce la mythologie du bin\u00f4me chr\u00e9tien noir-blanc \" associant la blancheur \u00e0 la puret\u00e9 et la noirceur au p\u00e9ch\u00e9... \" (Bonniol, 2008 : 141).<\/p>\n\n\n\n<p>Le monde des esprits est \u00e9galement m\u00e9diatis\u00e9 par une tension entre la r\u00e9pulsion et l'attraction. On attribuait aux hommes et aux femmes noirs des pouvoirs magiques et curatifs. Une repr\u00e9sentation qui, bien qu'elle ne soit pas nouvelle au Mexique (surtout \u00e0 l'\u00e9poque coloniale), recr\u00e9e dans le cin\u00e9ma d'or une image de Cuba, surtout avec ses religions d'origine africaine, consid\u00e9r\u00e9es \u00e0 cette \u00e9poque comme de la sorcellerie et des \"trucs noirs\".<\/p>\n\n\n\n<p>L'approche des rumberas et du cin\u00e9ma de coproduction Mexique-Cuba a donc contribu\u00e9 \u00e0 une construction du noir \u00e0 partir de la m\u00e9diation des Cara\u00efbes, plus pr\u00e9cis\u00e9ment de l'afro-cubain (Ju\u00e1rez Huet, 2014), sauf que dans notre pays, elle n'a pas cherch\u00e9 \u00e0 faire le lien avec ces racines. Cuba, contrairement au Mexique des charros et des femmes sexuellement domestiqu\u00e9es et soumises, a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e comme africaine (Podaslky 164) et noire. Dans ce cin\u00e9ma, le Mexique est repr\u00e9sent\u00e9 comme une nation m\u00e9tisse compos\u00e9e d'Indiens et d'Espagnols, dans laquelle la blancheur \u00e9tait - et est toujours - maintenue en tant qu'id\u00e9al esth\u00e9tique et de statut (Lomnitz, 1995 : 359). Dans ce cin\u00e9ma, le \"noir\" est r\u00e9fract\u00e9, parmi des r\u00e9f\u00e9rents qui oscillent entre le primitif, le bon sauvage, la femme noire docile et le mul\u00e2tre hypersexualis\u00e9. Document ethnographique et source historique, ce film permet d'observer comment l'univers des religions afro-cubaines est implicite dans ces repr\u00e9sentations qui, gr\u00e2ce aux circonstances de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, ont rendu possible leur circulation transatlantique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Acosta, Leonardo (2001). \u201cInterinfluencias y confluencias en la m\u00fasica popular de Cuba y de los Estados Unidos\u201d, en Rafael Hern\u00e1ndez y John H. Coastworth (ed.), <em>Culturas encontradas: Cuba y los Estados Unidos<\/em>. La Habana: cidcc Juan Marinelo-drclas Universidad de Harvard, pp. 33-51.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Argyriadis, Kali (2006). \u201cLes bata deux fois sacr\u00e9s&nbsp;: la construction de la tradition musicale et chor\u00e9graphique afro-cubaine\u201d, en <em>Civilisations<\/em>, vol. 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M\u00e9xico: ciesas\/uv\/colmich.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Karnoouh, Lorraine (2012). \u201cLo \u2018afro\u2019 en el imaginario nacional cubano y el contrapunteo caribe\u00f1o entre La Habana y Santiago de Cuba\u201d, en F. \u00c1vila Dom\u00ednguez, R. P\u00e9rez Montfort y C. Rinaudo (ed.), <em>Circulaciones culturales. Lo afrocaribe\u00f1o entre Cartagena, Veracruz y La Habana<\/em>. M\u00e9xico: ciesas-ird-Universidad de Cartagena-afrodesc, pp. 95-112<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Knauer, Lisa Maya (2001). \u201cAfrocubanidad translocal: la rumba y la santer\u00eda en Nueva York y La Habana\u201d, en Rafael Hern\u00e1ndez y John H. Coastworth (coord.), <em>Culturas encontradas: Cuba y los Estados Unidos<\/em>. 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M\u00e9xico: Joaqu\u00edn Mortiz.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Marquetti, Rosa (2015). \u201cKatherine Dunham y los percusionistas cubanos\u201d, en <em>Catauro<\/em>, La Habana, pp. 104-113<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Men\u00e9ndez, L\u00e1zara (2002). <em>Rodar el coco. Proceso de cambio en la santer\u00eda<\/em>. 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M\u00e9xico: Universidad Aut\u00f3noma Metropolitana-Grijalbo, pp.&nbsp;220-269.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Tu\u00f1\u00f3n, Julia (2000). \u201cPor su brillo se reconocer\u00e1: La Edad Dorada del cine mexicano\u201d, en <em>Somos<\/em>, a\u00f1o&nbsp;11, n\u00fam.&nbsp;194, M\u00e9xico: Televisa, pp.&nbsp;9-28.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"bibliography\" data-no-auto-translation=\"\">Viatte, Germain (2007). \u201cPrimitivisme et Art Moderne\u201d, <em>Le D\u00e9bat<\/em>, n\u00fam. 147, pp. 112-123.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\" translation-block\">&lt;Cet article montre comment l&#039;esth\u00e9tique des religions afro-am\u00e9ricaines, en particulier la danse et la musique afro-cubaines de la Santeria, s&#039;ins\u00e8re dans un r\u00e9pertoire gestuel, musical et corporel &quot;noir&quot; qui a \u00e9t\u00e9 construit dans les interconnexions transatlantiques depuis au moins le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle. Je soutiens que dans ce va-et-vient, les sc\u00e9narios des repr\u00e9sentations de ce r\u00e9pertoire deviennent une plateforme qui prend un caract\u00e8re &quot;r\u00e9fractif&quot; (Grau, 2005), c&#039;est-\u00e0-dire qu&#039;ils d\u00e9composent une id\u00e9e du &quot;noir&quot; en de multiples r\u00e9f\u00e9rents symboliques et interpr\u00e9tatifs qui peuvent m\u00eame \u00eatre oppos\u00e9s.<\/p>","protected":false},"author":4,"featured_media":29814,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[21,25,24,20,22,23],"coauthors":[551],"class_list":["post-29529","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-9","tag-blackface","tag-cuba","tag-mexico","tag-religiones-afrocubanas","tag-rumberas","tag-santeria","personas-juarez-huet-nahayeilli","numeros-217"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v22.2 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>La este\u0301tica de las religiones afrocubanas en la refraccio\u0301n de escenarios trasatla\u0301nticos &#8211; Encartes<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/encartes.mx\/fr\/de-canibal-a-diosa\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"La este\u0301tica de las religiones afrocubanas en la refraccio\u0301n de escenarios trasatla\u0301nticos &#8211; Encartes\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"El presente art\u00edculo muestra la forma en la que la est\u00e9tica de las religiones afroamericanas, en particular la danza y m\u00fasica de la santer\u00eda afrocubana, se inserta como parte de un repertorio gestual, musical y corporal \u201cnegro\u201d que se construye en las interconexiones trasatl\u00e1nticas desde al menos el siglo XIX. 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